AccueilAccueil  CalendrierCalendrier  FAQFAQ  RechercherRechercher  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  

Partagez | 
 

 La Musique adoucit les moeurs [Isis Whitefield]

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
Aller à la page : 1, 2  Suivant
AuteurMessage

Invité
Invité






MessageSujet: La Musique adoucit les moeurs [Isis Whitefield]   Mer 9 Juil - 12:22

Faith rentra de son travail un peu lasse. Il ne s’était rien passé de bien intéressant aujourd’hui au cabinet, juste des visites de routine et des propriétaires anxieux de boutons bénins apparus sous le pelage de leur chihuahua favori. Heureusement, le vendredi soir était là, et le week-end avec lui.
Faith soupira. Les deux jours à venir allaient être vides, elle le savait. Elle n’avait rien de prévu, et ne savait pas si on allait lui proposer quelque chose pour combler le vide. Elle allait être très seule…
Mais en même temps, elle n’avait pas vraiment envie de voir ceux avec qui elle avait passé du temps par le passé. Il était hors de question qu’elle voie Wayne, et elle repoussait le moment où elle reverrait Sanjana. Quant à Adriel, elle se sentait trop fatiguée pour supporter les ténèbres qu’il portait en lui.
Faith aurait voulu voir des gens face auxquels elle n’aurait pas à se poser dix mille questions. Des gens simples, avec lesquels elle entretiendrait une relation simple. Tout était trop compliqué en ce moment…
Elle se résigna donc à cet état de fait, s’assit dans son canapé et prit un livre. Mais à peine eut-elle parcouru quelques pages qu’elle s’arrêta. Décidément, le silence était trop oppressant dans son appartement vide. Elle avait besoin de chaleur humaine. Elle avait besoin de s’enrouler dans la présence réconfortante de personnes, quelles qu’elles soient. Même si c’étaient des étrangers. Le bourdonnement de leurs conversations lui ferait du bien. Elle se sentirait plus vivante, plus existante lorsqu’elle serait entourée de voix…
L’idéal serait qu’elle s’installe dans un bar qu’elle ne connaissait pas. Aucun risque d’y être seule ; mais également peu de risques d’y croiser quelqu’un dont la présence lui serait indésirable. Peut-être même trouverait-elle quelqu’un pour parler de tout et de rien, voire même un homme pour lui tenir compagnie lorsque les heures sombres de la nuit arriveraient. Elle irait à l’ouest de la ville : dans ces quartiers policés, peu de risques de faire de mauvaises rencontres…
Elle se prépara donc, maquillant face à son miroir ce reflet qu’elle avait encore du mal à considérer comme totalement sien. Quelques dizaines de minutes plus tard, elle marchait dans les rues de La Nouvelle Orléans, errant comme un oiseau qui cherche l’arbre idéal pour se poser. Un nom de bar attira soudain son regard : le Masquerade.

** Parfait. Ce soir je ne cherche pas de sentiments profonds, juste un masque de bonheur. Entrons ici… **

Elle poussa donc la porte et s’installa. Il y avait relativement peu de monde pour un vendredi soir, ce qui lui permit de commander assez tôt. Puis, sa boisson en main, elle examina plus en détail l’endroit où elle venait d’atterir…
Les gens qui étaient là avaient plutôt bon genre. Pas étonnant étant donné le quartier où elle se trouvait… Ils étaient installés par petits groupes : Faith chercha du regard une éventuelle proie masculine, mais ne vit personne qui soit à son goût. Tant pis. De toute façon, l’atmosphère générale la détendait suffisamment pour qu’elle n’ait pas besoin de cette distraction supplémentaire…
Elle reporta donc son attention sur la musique. Une pianiste, en effet, jouait des morçeaux en direct. C’étaient des mélodies comme on en entend dans tous les cabarets, un peu anciennes, mais toujours familières. Le genre de celles qui répandent une douce chaleur autour d’elles et font sourire…
Faith laissa dériver ses pensées le long des notes. L’alcool aidant, elle commençait à se sentir moins angoissée. Le vide qu’elle avait ressenti tout à l’heure à son appartement se dissipait lentement. La vie pouvait être simple, juste assise là, au chaud, un verre à la main, de la bonne musique dans les oreilles. Les blessures guériraient. Les liens se noueraient et se dénoueraient, sans conséquences…
Faith se concentra sur la pianiste. Voir s’agiter ses doigts sur le clavier la fascinait. Ses mains volaient, à droite et à gauche, laissant derrière elles une traînée de notes virevoltantes. La musicienne était de dos, mais la vétérinaire voyait ses cheveux blonds qui s’agitaient au gré des mouvements de leur propriétaire. Faith ne pensait plus à rien, à part à cette musique et à cette musicienne. Et cela faisait du bien…
Tout à coup, la musique cessa. La pianiste devait sûrement prendre sa pause. On ne peut pas jouer des heures sans se fatiguer. Faith décida d’engager la conversation avec elle : elle recherchait une discussion simple et sans prise de tête, cela semblait une bonne opportunité… Elle se leva donc, s’approcha de la pianiste et lui dit :

- Merci pour la musique, Mademoiselle. J’ai beaucoup apprécié.

Faith espérait que la pianiste serait d’humeur loquace : en tout cas, ces compliments, qui étaient sincères, lui semblaient un bon moyen de la mettre dans de bonnes dispositions pour discuter…


Dernière édition par Faith Ziegler le Sam 6 Sep - 11:13, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas

Invité
Invité






MessageSujet: Re: La Musique adoucit les moeurs [Isis Whitefield]   Ven 11 Juil - 16:53

    Cette soirée s'annonçait comme tant d'autres soirées, ordinaire, mais toujours un minimum plaisante pour mon être. Parce que oui, ce soir était le soir où j'allais jouer du piano, pas pour que les danseuses se trémoussent dessus, non, pour le plaisir auditif de chaque personne ici présente. Cela ne se produisait plus qu'une fois par semaine ces derniers temps. Le restant, je jouais pour que la température augmente dans le Masquerade, pour que les danseuses fassent leur show, pour qu'elles montrent un maximum de peau, pour qu'elles se dénudent au possible. C'était un habitude que ce spectacle là arrivent une fois par semaine, mais ce soir, ce ne serait pas le cas, les lumières seraient sur moi, sur ma tenue, mes mélodies, ma façon de jouer de cet instrument si particulier, si cher à mon coeur, celui qui me faisait voyager loin d'ici, dans un autre monde, un monde où je vivais sans tellement de contraintes, sans peur du lendemain, avec insouciance. Alors à chaque fois, je profitais des notes qui sortaient du gosier de ce piano avec joie car je savais que l'instant serait bien trop éphémère mais jouissif. Je sortais donc de l'hôpital, l'état de ma grande soeur était plus que jamais stationnaire. Pas d'amélioration, mais pas de détérioration non plus, comme depuis trop longtemps, pourtant, je n'arrivais pas à me résoudre à l'envoyer définitivement dans un autre monde. Je ne pouvais pas m'empêcher d'aller la voir et de lui raconter mes journées, de lui prendre la main comme si elle allait me la serrer en retour. Je lui murmurais le tout à l'oreille, pour qu'elle soit la seule à entendre ce que j'avais à dire, pour que personne d'autres ne puisse en profiter car cela ne les regardez pas le moins du monde. Puis, j'étais partie, directement pour le travail comme les soirs où je dois jouer du piano. Je m'entraîne à chaque fois sur les chansons que je connais le moins même si pour moi, ceci est d'une facilité assurée. Mais nous sommes au Masquerade, alors je ne peux pas jouer tout ce que je désirerais, surtout lors de mon numéro et que le cabaret est plein à craquer. Quand la majorité des personnes ne sont plus là, qu'il ne reste que quelques piliers et que Ruby ou Aiden ne sont pas là, je sais que je peux me permettre de prendre mon piano et de faire quelques fantaisies, en petit comité. Mais quand il y a énormément de monde, je sais que ce n'est pas possible malheureusement.

    Ce soir, je ne servirais pas un seul verre, c'était une bien maigre consolation par rapport à ce que je peux faire en temps normal. Ce n'est pas que je n'aime pas servir à boire aux personnes, mais ce n'est pas mon métier. Mon véritable métier et de jouer d'un instrument, notamment le piano, mais en prenant ce travail, j'ai du faire cette concession qui n'était pas très lourde à première vue. Et elle le devient quand Ruby est sur mon dos comme l'autre jour. Mais ce soir, elle n'est pas là. Nous sommes 4 présentes pour gérer le cabaret. Je vais me contenter de jouer du piano, il y a deux barmaid, et le videur, enfin, celui qui est en charge de la sécurité si besoin. Il est 19h, le cabaret ouvre enfin ces portes. De mon piédestal, je regarde les personnes affluer dans l'espace et prendre place sur les chaises ou les tabourets qui sont là. La bonne humeur jaillit de la plupart d'entre eux. Certains ont une mine bien plus terne, comme si leur journée avait été la plus pénible au monde et qu'ils étaient ici pour mettre fin à leur jour, ou simplement pour essayer de se détendre quelques instants. L'heure tourne, alors je vais dans ma loge, je mets ma tenue qui laisse entrevoir le haut de ma poitrine, mes cuisses ainsi que mes bras et mes épaules. C'est une tenue minimaliste, constituée de plumes et de paillettes. Une fois celle-ci sur mon dos, je me maquille en conséquence. J'essaye de ne pas en faire trop, un peu de fond de teint, du rouge sur mes lèvres et un peu de noir autour de mes yeux, et du mascara sur mes yeux. Il n'en faut pas plus pour sublimer mon visage dans cette tenue mettant mes courbes en valeur. L'heure fatidique de mon numéro arrive enfin. L'intensité de la lumière baissa légèrement, annonçant l'arrivée de mon show. L'une des barmaid allait jouer avec les lumières histoire de me mettre le plus possible en valeur. Les conversations se firent moins fortes pour la plupart. Certains n'étaient pas venus pour me voir jouer, d'autres si. Je jetais un regard à la foule qui avait été déjà plus nombreuses qu'en ce vendredi soir mais je n'en avais que faire. La foule ne me faisait plus peur depuis un petit moment déjà. Je voyais des personnes qui étaient là presque tout le temps quand elles savaient que je jouais du piano, d'autres que je ne connaissais pas vraiment. Peu importe si je connaissais mon public ou pas, je jouais pour leur plaisir, mais surtout pour le mien. Il était aux alentours de vingts heures quand je commençais et je finirais environ deux heures plus tard. Mes doigts glissèrent sur les touches, puis presque aussitôt s'arrêtèrent. Du moins, c'était la sensation que j'avais. Je venais de finir mon carnet de notes se trouvant devant moi, je jouais depuis déjà deux heures, alors que j'avais ce sentiment de débuter seulement. Mais c'était toujours ainsi, le plaisir était intact, mais il ne semblait jamais durer assez longtemps. Il faut dire que plus petite, il m'arrivait de finir pratiquement avec les doigts en sang en ayant jouer des heures et des heures pour me perfectionner. Je ne pouvais pas faire les choses à moitié, ce n'était pas dans ma nature. Alors que je finissais à peine depuis quelques minutes, une jeune femme vint me trouver. Il ne me semblait pas la connaître, même si son visage ne m'était pas entièrement inconnu. Peut être l'avais-je déjà vu, sans la voir dans la rue ou ici même, je ne saurais dire. Je lui faisais une petite révérence pour la remercier.

    " Merci, j'espère que vous n'avez pas été la seule à apprécier la musique. "

    Et je lui servais un petit sourire. Je regardais dans son dos quelques secondes. Les habituels semblaient avoir le sourire, choses normales, mais on ne sait jamais. Mon numéro étant fini, j'invitais la jeune femme à rejoindre le bar avec moi.

    " Puis-je vous offrir un verre ? "

    C'était une chose que je faisais souvent aux nouvelles personnes qui venaient me dire qu'elles avaient appréciées mon spectacle et ma musique. Ne vous détrompez pas, ils ne sont pas si nombreux que ça à me le dire de cette façon, mais le sourire sur leur visage est ma plus belle récompense, je peux vous l'assurer.
Revenir en haut Aller en bas

Invité
Invité






MessageSujet: Re: La Musique adoucit les moeurs [Isis Whitefield]   Mer 16 Juil - 11:33

Visiblement, les compliments de Faith avaient plu à la pianiste : cette dernière fit une effet une petite révérence. Un peu vieux jeu, comme réaction, mais la vétérinaire trouva cela plein de charme : c'était un geste empli d'une grâce ancienne et respectable. Faith sourit : peut-être que la musicienne allait réussir à prolonger le bien-être que lui avait procuré ses morçeaux par une personnalité chaleureuse. Peut-être même que si les mélodies étaient aussi envoûtantes, c'était parce que celle qui les jouait mettait un peu de son âme dedans.
Faith chassa loin d'elle ces idées romanesques. Elle ne devait pas se faire d'illusions. Depuis l'accident, elle se les interdisait. Se penser invulnérable, par exemple. Elle avait bien vu où cela l'avait menée...
En tout cas, la pianiste confirma son caractère sympathique en la remerciant, avec le sourire :

- Merci, j'espère que vous n'avez pas été la seule à apprécier la musique.

Puis, accompagnant ses paroles d'un petit geste du bras, la pianiste proposa à Faith :

- Puis-je vous offrir un verre ?

A vrai dire, la vétérinaire était sur le point de faire la même proposition à la pianiste. La musique lui avait fait plaisir, c'était à elle de la remercier en lui offrant de quoi boire. Mais apparemment, son sourire avait suffi.
Son sourire. Son si beau sourire. Il marchait bien, maintenant qu'il était réparé. Il faisait plaisir aux gens... Faith eut un flash-back de son visage, avant. Des cicatrices, de sa laideur. Personne ne lui aurait proposé de verre, à l'époque. Elle aurait fait trop peur aux gens... Ils se seraient sentis mal à l'aise et auraient préféré s'éclipser rapidement.
Mais cette période était révolue. Elle ne devait plus y penser. Elle devait vivre au présent, dans ce présent où elle s'apprêtait à boire un verre avec une sympathique musicienne. A propos de cela, elle tenait à donner à la pianiste plus qu'un simple sourire. Elle accepta donc sa proposition en précisant :

- D'accord, mais seulement si je vous paye le vôtre !

Cela revenait à l'égalité de dépenses, mais le symbole y était. Ceci mis au point, il ne restait plus aux deux jeunes femmes qu'à trouver une table disponible pour s'y installer. Faith laissa donc courir son regard sur la salle du Masquerade, à la recherche de l'emplacement idéal. Puis elle pensa que comme la pianiste travaillait ici, elle devait mieux s'y connaître qu'elle à ce sujet... Elle reporta donc son attention vers la musicienne. Puisqu'elle s'apprêtait à passer une partie de la soirée avec elle, en connaître un peu plus sur elle serait une bonne chose... Et les présentations étaient un passage obligé qu'il lui tardait de remplir... Elle tendit donc la main à la pianiste et déclara :

- Je m'appelle Faith, au fait. Faith Ziegler. Et vous ?

Faith aimait pouvoir mettre un nom sur les gens qu'elle côtoyait. Cela lui permettait de leur créer une case dans son esprit, un espace où elle pourrait ranger le reste des informations qu'elle collecterait ensuite sur eux. Le tiroir de la musicienne contenait déjà "Pianiste au Masquerade" et "sympathique" : il ne manquait plus que l'étiquette à lui apposer...
Revenir en haut Aller en bas

Invité
Invité






MessageSujet: Re: La Musique adoucit les moeurs [Isis Whitefield]   Jeu 24 Juil - 16:26

    J'avais fait une petite révérence, comme à chaque personne qui venait me complimenter pour la première fois après le spectacle, comme pour leur signifier que le cabaret était une vieille institution qui tenait toujours debout malgré le chaos qui avait remplis le monde depuis plusieurs années. Cela faisait toujours son petit effet en tout cas, surtout concernant les hommes, ils trouvaient cela fort charmant en général, et comme mon physique va avec le charme du geste, ils essayaient toujours de me séduire. Je les laissais faire sauf si le jeu de la séduction était trop lourd, et accompagné de gestes mal placés comme des mains aux fesses, car oui, ceci m'était déjà arrivé. On touche la marchandise avec les yeux, surtout cette partie là. Après, il m'était arrivé de succomber au charme d'un prétendant, mais jamais la première fois. Si l'homme était un minimum intéressé, il revenait systématiquement à la charge, quelques temps après, c'était une obligation, car le personnage que j'étais les intriguait grandement. Mais aujourd'hui, ce n'était pas un homme qui venait me louer pour mon spectacle. C'était une jeune et belle femme qui n'avait rien à m'envier au contraire. Je la remerciais donc comme il le fallait. Si elle venait pour la première fois, j'espérais qu'elle reviendrait, au moins les soirs où je jouerais du piano de façon officielle, où il n'y aura que moi sur scène et aucune danseuse. D'un geste du bras, je lui proposais donc un verre pour nous nous dirigions au comptoir. Nous allions peut être avoir de nombreuses choses à nous dire, ou alors la conversation tournerait court, je ne pouvais rien assurer par rapport à cela. La jeune femme accepta alors ma proposition, me disant qu'elle acceptait que je lui offre un verre seulement si elle me payait le mien. Je ne pouvais pas avoir de la boisson à volonté, mais les quelques verres que je pouvais boire après mes spectacles m'étaient normalement gracieusement offert, mais je ne voulais nullement contredire cette jeune femme. Et puis, elle ne devait pas forcément le savoir si elle venait ici pour la première fois ou de façon sporadique. Elle sembla chercher une table pour s'asseoir mais le mieux serait directement au comptoir, sur le bord, à ma place habituelle, à ma place presque attitrée, car je me mettais souvent sur ce tabouret qui devait avoir l'emprunte de mes fesses sur lui. La jeune femme brune se présenta alors à moi me tendant la main. Elle s'appelait Faith, Faith Ziegler. Ce nom de famille était à consonance allemande, n'est ce pas ? Possible, je ne savais pas trop, mais cela sonnait bien comme ceci. Après, peut être n'y avait-elle jamais mis les pieds, peut être avait-elle seulement de lointains descendants originaire de ce pays ou d'un pays proche de celui-ci. Je lui poserais sans doute la question, plus tard dans la soirée si j'y pense encore. Elle m'avait tendu la main, et je la prenais donc dans la mienne lui répondant simplement :

    " Isis Whitefield, enchantée. "

    Puis, nous nous installions au comptoir, là où j'ai l'habitude de me poser. Ainsi, les gens me voyaient clairement, j'étais là, accessible et souriante, toujours souriante. Si j'aime ce que je fais, c'est tout un business a entretenir vous savez. Si un jour je viens que je tire la tronche, les gens vont se demander ce qui se passe, ce qui pourrait donner une mauvaise image du Masquerade. Une fois posé sur nos sièges respectifs, je lui posais une nouvelle question, la question habituelle.

    " Dites moi Faith. Qu'est ce qui vous a amené au Masquerade ? "

    Les réponses à cette question étaient en général peut variées, mais peut être que miss Ziegler pourrait m'étonner. Je verrais rapidement si c'est une femme hors du commun, ou si elle est simplement là par hasard.
Revenir en haut Aller en bas

Invité
Invité






MessageSujet: Re: La Musique adoucit les moeurs [Isis Whitefield]   Jeu 24 Juil - 19:30

La pianiste prit la main de Faith sans hésitation et se présenta à son tour :

- Isis Whitefield, enchantée.

Isis... Un beau prénom. Faith savait que c'était celui d'une déesse égyptienne, celle de la nature, si les souvenirs de la jeune femme était bons. Dommage qu'il ne se soit pas agi de celui de la déesse de la musique... Mais celle là, c'était Hathor. Tout cela, elle le savait parce que c'étaient des noms qui étaient souvent donnés aux chiens qu'on lui apportait à son cabinet pour qu'on les examine, et les propriétaires étaient souvent loquaces concernant l'origine du nom qu'ils avaient donné à leur animal. Pour leurs enfants, ils essayaient de trouver un prénom qui restait dans le rang, mais avec leurs chiens, ils se permettaient l'originalité. Les parents d'Isis avaient été plus courageux que la moyenne en appelant leur fille ainsi. Quoique, Isis était tout de même relativement commun.
Faith garda ces réflexions pour elle. La pianiste ne serait sans doute pas ravie de la comparaison qu'elle venait d'établir, et elle ne voulait pas froisser une jeune femme dont la compagnie s'annonçait charmante. Elle la suivit donc plutôt au comptoir, où elle s'installa. Faith se percha sur l'un des hauts tabourets, retrouvant les sensations de son enfance, quand, même assise sur une chaise normale, ses pieds étaient désespérément loin du sol et se balançaient dans l'air. Elle aimait bien cette sensation. Elle avait l'impression d'être sur un piédestal, et malgré la hauteur, cela lui permettait de se sentir en sécurité...
Isis arborait toujours un sourire sympathique et chaleureux, et posa à Faith une question qui partait d'un bon sentiment :

- Dites moi Faith. Qu'est ce qui vous a amené au Masquerade ?

Mauvaise pioche. Faith eut un mouvement involontaire de la bouche, et passa machinalement la main sur sa joue, à l'emplacement de ses anciennes cicatrices. Ce pour quoi elle avait décidé de passer la soirée ici, elle voulait justement l'oublier. Ses problèmes sentimentaux, ses incertitudes, les transformations inexpliquées de son corps, elle voulait les ranger au placard, pour une fois. C'était une fuite, et non la recherche d'un but précis.
Mais au Masquerade, comme son nom l'indiquait, on pouvait mentir. Ou tout du moins masquer suffisamment la vérité pour que les paroles semblent anodines. Isis n'avait pas posé sa question pour déstabiliser Faith, la vétérinaire le sentait bien. Elle se contenta donc d'une réponse banale, auquelle la pianiste devait sûrement s'attendre :

- Rien en particulier. J'avais juste envie de sortir ce soir.

Elle se força à sourire pour accentuer son propos et lui donner l'allure de légèreté dont elle voulait le teinter. Elle avait de la chance de pouvoir sourire à volonté, même quand le coeur n'y était pas. Les gens ne faisaient pas la différence, et c'était fort pratique pour éviter les questions indésirables. D'ailleurs, elle orienta Isis vers un autre sujet, de l'autre côté de la ligne, dans la vie privée de la pianiste et non dans la sienne :

- Et vous, je suppose que vous travaillez ici ? Ou vous n'êtes là que pour la soirée ?

Revenir à la musique semblait une bonne idée. C'était un terrain neutre, apaisant. Et c'était de cela dont Faith avait besoin ce soir-là.
Revenir en haut Aller en bas

Invité
Invité






MessageSujet: Re: La Musique adoucit les moeurs [Isis Whitefield]   Jeu 24 Juil - 22:58

    Elle m'avait donné son prénom, alors j'en faisais de même, je ne voyais pas pourquoi je ne devais pas le faire, ou pourquoi je devrais en dire plus pour le moment. Nous nous serions simplement la main, nous n'étions pas encore intime au point de nous faire une bise comme je pouvais le faire avec certains, mais peut être que cela viendrait avec le temps si je la fidélisais et qu'elle venait de trouver de la sorte après les spectacles. Nous nous installions donc au comptoir à ma place habituelle pour boire un petit verre. Je ne savais ce qu'elle prenait, mais je lui ferrais choisir, afin qu'elle ne se sente pas gênée de prendre ou non de l'alcool. Je savais que j'en prenais toujours un petit cocktail après mes représentations, mais si Faith en voulait un sans alcool ou alors simplement un jus de fruit, c'était tout à fait possible. Je lui demandais donc ce qui l'avait amener ici, dans notre si beau cabaret. Étais-ce moi ? Je veux dire, savait-elle que j'allais jouer du piano et donc était-elle venue pour cela ? Ma question était assez anodine pourtant, elle ne semblait pas l'être tant que ça pour Faith. Je ne saurais dire pourquoi mais si elle était ici, avait une valeur bien plus grande que je ne le pensais, elle semblait vouloir fuir le monde qui l'entoure, comme si venir ici allait créer une petite bulle d'euphorie. Elle pouvait donc tout oublier et simplement s'amuser un peu. Elle se passa une main sur la joue comme pour enlever un poil ou quelques choses qui serait venue se greffer dessus alors qu'il n'y avait rien. Mais sa réponse fut finalement tout ce qu'il y a de plus ordinaire. Elle avait eu envie de sortir ce soir et pour cela le Masquerade est un très bon choix.

    " Et bien, vous avez choisi le bon endroit pour vous divertir Faith. "

    Je disais cela toujours avec le même sourire accroché à mes lèvres, comme depuis qu'elle était venu me trouver à proximité de mon piano. Si je ne travaillais pas ici, il est certains que j'y viendrais de temps en temps pour me délasser après une dure journée de labeur plus ou moins intéressante. Mais je travaillais ici, alors la saveur du divertissement n'était pas la même. Faith me demanda alors si je travaillais ici ou si je n'étais là que pour la soirée.

    " Je travaille essentiellement ici, mais je ne me produis pas chaque soir, seulement un ou deux selon les semaines. Le reste du temps, soit je ne suis pas là, soit je fais la barmaid. D'ailleurs nous n'avons pas commandé nos boissons. Qu'est ce qui vous ferrez plaisir ? "

    Ainsi donc, elle en savait un peu plus sur moi, mais pas trop non plus, juste ce qu'il fallait à vrai dire. J'en profitais pour lui dire que lorsque je ne jouais pas du piano j'étais barmaid pour enchaîner sur la boisson à boire. Je la laissais choisir et en fonction de son choix, je prendrais la même chose ou quelques choses d'autres, je verrais.
Revenir en haut Aller en bas

Invité
Invité






MessageSujet: Re: La Musique adoucit les moeurs [Isis Whitefield]   Lun 28 Juil - 14:35

Isis approuva le choix de Faith en matière de lieu de divertissement :

- Et bien, vous avez choisi le bon endroit pour vous divertir Faith.

Elle répondit ensuite à sa question concernant ce qu'elle faisait dans la vie :

- Je travaille essentiellement ici, mais je ne me produis pas chaque soir, seulement un ou deux selon les semaines. Le reste du temps, soit je ne suis pas là, soit je fais la barmaid.

Son talent n'était donc pas suffisamment reconnu pour qu'elle puisse en vivre... Faith trouva cela dommage, mais ne s'en étonna pas. Dans les récents bouleversements, les métiers qui n'étaient pas strictement utilitaires avaient moins de besogne. Les gens voulaient se divertir, c'est vrai, mais lorsqu'ils le faisaient, c'était pour tout oublier, pas pour être plongés dans leurs pensées par la musique. Même elle avait moins d'animaux à soigner : les gens n'en prenaient plus la responsabilité, ne sachant pas s'ils pourraient assurer leur subsistance. Mais elle voyait de plus en plus de gros chiens, censés assurer la protection de leurs propriétaires. En revanche, elle savait que ses collègues de la fourrière recueillaient de plus en plus d'animaux abandonnés...
Ces pensées avaient traversé l'esprit de Faith en une fraction de seconde, et Isis les dissipa en disant :

- D'ailleurs nous n'avons pas commandé nos boissons. Qu'est ce qui vous ferait plaisir ?

Faith réfléchit quelques instants. Ce choix était devenu compliqué depuis qu'elle avait été guérie mystérieusement. Depuis, ses goûts avaient changé. La plupart des mets et des boissons avaient perdu pour elle toute saveur. Les prendre forts était risqué : ou bien elle les trouvait écoeurants, ou bien elle pouvait en ressentir le goût grâce à la saturation de ce dernier. Mais, devant Isis, elle ne voulait pas commander quelque chose qu'elle serait incapable de terminer, ni donner une mauvaise image d'elle en prenant quelque chose de très alcoolisé. Elle joua donc la carte de la sécurité en disant :

- Un verre de vin, ça ira. N'importe lequel, j'aime bien tout.

Ce n'était pas tout à fait exact : en fait, ils avaient désormais tous goût d'eau pour elle. Mais elle savait qu'elle pouvait en boire sans avoir envie de le vomir. C'était donc parfait. Puis, par politesse, elle demanda :

- Et vous, que prendrez-vous ?

On pouvait en apprendre en écoutant les commandes des gens... Faith avait gardé ce talent du temps d'avant son accident, et était bien heureuse de s'en servir encore de temps à autres...
Revenir en haut Aller en bas

Invité
Invité






MessageSujet: Re: La Musique adoucit les moeurs [Isis Whitefield]   Jeu 31 Juil - 18:47

    Pour se divertir sans trop réfléchir, mais en avoir surtout plein les oreilles et aussi les yeux, le Masquerade était l'endroit parfait pour cela alors Faith avait bien eu raison de venir ici pour cela même si ce n'était peut être pas tout, car nous avons tous des choses à cacher. Aux autres, mais aussi à nous même, c'était plus qu'une certitude. Je me réfugiais dans le travail pour ne pas trop penser à ma soeur qui était dans le coma depuis tellement longtemps que j'avais arrêté de compter les jours, les mois, même les années. Que pouvait bien cacher Faith ? Je ne le savais pas, mais il était certain qu'elle cachait quelques choses même si cette chose là n'était pas aussi grande qu'on pouvait le croire, ou alors qu'elle était au contraire, encore plus énorme que son visage ne le montrait. Mais je n'étais pas là pour chercher la petite bête, ni pour tout savoir sur celle qui venait de congratuler à propos de ma prestation du soir. Ce soir, je ne regarderais que les apparences, comme presque toujours. Si elle revenait vers moi après d'autres prestations, ou qu'elle me trouvait en dehors du Masquerade, peut être que je me poserais des questions, mais là, je n'avais aucune raison de m'en poser. Faith sembla cependant un peu déçue d'apprendre que je ne faisais pas que ça, que je jouais la barmaid le reste du temps, mais mon contrat l'impliquait, alors je n'avais fait que le suivre et rapidement, j'avais aimé servir les clients, sauf quand ceux-ci sont un peu trop remplis d'alcool et croyez moi, cela arrive très souvent, trop souvent même, mais la vie est comme ça. Faith n'y était pour rien du tout, et je ne comptais pas l'embêter avec cela même si elle pourrait le comprendre. Je n'étais pas reconnue à ma juste valeur mais quelle importance si je pouvais occupé ma vie avec des choses qui me plaisait même si ce n'était pas tout le temps ? Je ne savais quel métier faisait la brune, mais peut être qu'elle m'en parlerait plus tard ? Si la conversation revenait sur cela, elle m'en parlerait assurément mais pour le moment celle-ci partait en direction de nos consommations. Faith réfléchit quelques instants avant de demander du vin, qu'il soit blanc, rosé ou rouge, une demande assez intéressante et je dirais même un peu bizarre. Rare était les clients qui nous demandait du vin, mais il y en avait toujours quelques bouteilles au comptoir, du moins quand je servais les clients. Puis, elle me retourna la question, comme si ma réponse avait une importance capitale pour la suite. Après mes représentations, je prenais systématiquement le même cocktail, celui qu'on appelait Cabaret. Il était composé de Gin, de Pernod, de Dubonnet rouge et d'Angostura bitters.

    " Comme toujours après une représentation, je prendrais mon cocktail Cabaret. Vous le connaissez Faith ? "

    Je doutais qu'elle ne le connaisse mais peut être serais-je agréablement surprise de ces connaissances en matière de cocktail. On lui servit alors immédiatement un verre de vin blanc. Il semblerait que cela soit la première bouteille de vin qui soit tombée sous la main de notre barmaid du soir. Mon cocktail étant un alliage de différents alcools, cela prendrait un peu plus de temps avant qu'il n'arrive entre mes mains connaisseuses.
Revenir en haut Aller en bas

Invité
Invité






MessageSujet: Re: La Musique adoucit les moeurs [Isis Whitefield]   Dim 3 Aoû - 22:14

Isis n'hésita pas une seule seconde avant de donner son choix :

- Comme toujours après une représentation, je prendrais mon cocktail Cabaret. Vous le connaissez Faith ?

Un cocktail. Faith aimait beaucoup cela, avant. Du temps où elle faisait la fête, quand elle était belle et insouciante. Elle trouvait que c'était une manière très féminine de boire de l'alcool : cela avait un certain raffinement que n'avaient pas les boissons pures, à quelques exceptions près, bien entendu. Le champagne, par exemple. Nul n'oserait dire qu'il ne s'agissait pas d'une boisson élégante.
Cela dit, elle ne connaissait pas le Cabaret. Ce n'était pas un de ceux qu'elle prenait autrefois, et il n'était pas assez répandu pour qu'elle se souvienne malgré tout de sa composition. Isis avait donc des goûts assez précis et relativement peu communs. Faith en déduisit que la pianiste avait un fort esprit de décision. Bien sûr, elle ne pouvait pas en être certaine, mais elle réviserait son jugement plus tard si elle se trompait. Ce n'était pas d'une importance capitale. En tout cas, elle lui répondit :

- Non, je ne le connais pas. En tout cas, son nom est approprié vu l'endroit où nous nous trouvons. Vous n'animez pas seulement le cabaret, vous le buvez également à ce que je vois.

Faith espérait que sa plaisanterie serait bien reçue par son interlocutrice, et qu'elle n'y verrait pas l'image du calice à boire jusqu'à la lie... Elle avait l'air d'aimer son travail. Et puis, une blague, cela détendait toujours l'atmosphère, non ?
En tout cas, sa commande ne mit que peu de temps à arriver. La barmaid déposa rapidement un verre de vin blanc devant elle. Faith sourit. En général, elle supportait mieux son goût que celui du vin rouge. C'était parfait. Et puis, il était moins sinistre. Avec le rouge, elle avait l'impression de boire du sang, ce qui la perturbait au vu des dernières transformations de son corps. Elle ne savait pas trop ce qu'elle était à présent, et elle ne voulait pas avoir l'air d'un vampire. Et si, d'un coup, elle se retrouvait à vouloir attaquer Isis ?
A cette pensée, ce fut comme si une bête intérieure affamée s'agitait en elle. Depuis que la nourriture n'avait plus de goût pour elle, elle ressentait régulièrement cette sensation étrange de faim psychologique. Comme si elle était assoiffée d'autre chose que d'eau...
Prise d'une impulsion subite, elle attrapa la main d'Isis. Ce fut comme si elle aspirait un flux à travers les doigts de la pianiste, qui la rassasiait comme elle ne l'avait plus été depuis longtemps. Mais elle ne s'abandonna pas à cette sensation bienfaisante. Au contraire, elle prit peur. Cela lui rappelait le baiser de Sanjana. Elle détestait perdre le contrôle sur elle-même ainsi. Elle se força à retirer sa main, puis, confuse, bafouilla :

- Excusez-moi, je ne sais pas ce qui m'a pris. Oubliez cela, s'il-vous-plaît.

Et voilà, elle était venue pour passer une soirée sans problèmes relationnels et elle s'en créait un nouveau. Elle n'était absolument pas attirée par Isis, comme par aucune femme en général, et voilà qu'elle était prise par une impulsion venue de nulle part. Elle avait envie de disparaître six pieds sous terre. Ou, plus simplement, de quitter le Masquerade. Mais elle sentait le besoin de se justifier auprès de la pianiste, quitte à se retrouver dans une situation gênante...
Revenir en haut Aller en bas

Invité
Invité






MessageSujet: Re: La Musique adoucit les moeurs [Isis Whitefield]   Lun 4 Aoû - 20:59

    Je prenais presque toujours ce cocktail après une représentation de ma part, même si parfois, il m'arrivait de changer mes habitudes, cela restait rare. C'était un petit plaisir qui m'était accordé alors je ne m'en priverais nullement. J'aimais mon travail ici, surtout ces soirées là, mais il n'était pas toujours aussi plaisant malheureusement, en partie à cause de Ruby, mais elle savait à qui elle le faisait, j'en étais persuadé. Elle savait que ma patience était sans limites ou presque, qu'il m'en fallait énormément pour me mettre en colère, d'ailleurs, elle n'avait jamais du me voir en colère, jamais, car je savais me contenir mais surtout parce qu'elle n'avait jamais réussi à me mettre à bout. Peut être qu'un jour avec la fatigue accumulée depuis que je suis ici, elle y arrivera mais ce jour n'arrivera pas encore, croyez-moi. Faith ne semblait donc pas connaître ce cocktail qui n'était à vrai dire pas très connu non plus mais il correspondait si bien à ce lieu et était si délicieux que je ne pouvais pas m'en passer, du moins, c'était un plaisir dont je ne me passerais pour rien au monde, n'allez pas croire que je suis une alcoolique, non, non. La remarque de Faith me fit sourire. Je la sentais un peu sur la tangente, ne sachant pas tellement comment elle devait agir avec moi, mais elle n'avait rien à craindre, ou presque.

    " Et oui, quand on travaille ici, on change carrément de mode de vie Faith. Si vous saviez tout ce qui tourne autour du mot cabaret, vous pourriez y passer des jours, enfin surtout vos nuits. "

    En plaisantant à mon tour, j'espérais sincèrement qu'elle puisse se détendre complètement avec moi, car mine de rien, même si ça allait, je sentais un peu de tension dans son regard, dans ses façons de faire, comme si elle craignait que quelques choses de véritablement mauvais n'arrive par ici. J'avais mon cocktail, elle avait son verre de vin blanc, tout semblait bien se passer, jusqu'à ce moment où elle me toucha la main. Je pensais qu'elle était enfin à l'aise, mais en réalité, c'était tout le contraire. J'eus une terrible sensation, ramenant à moi de terribles souvenirs, ceux d'une ruelle où j'avais failli perdre la vie, celle d'une ruelle où j'avais eu une conversation assez incroyable. Peut être que cette conversation m'avait sauvé la vie ce jour là, peut être que Li Mei avait eu le bon sens de ne pas m’ôter toute once de vie parce que finalement au fond d'elle, il y avait encore un peu de bon. Faith était-elle ce genre de personne là ? Elle retira sa main après m'avoir pris un peu d'énergie, je l'avais sentie. Ce n'était pas grand chose, mais c'était suffisant pour que je le sente. Elle voulait que j'oublie, mais pourquoi ? Voulait-elle simplement que j'oublie le fait qu'elle m'a pris la main comme si elle était intéressée par moi ? Ou voulait-elle que j'oublie cette énergie qu'elle m'avait prise plus particulièrement ? La situation prenait ainsi un tournant que je n'attendais pas.

    " Pourquoi devrais-je oublier Faith ? Qu'est ce qu'il y a de si horrible que je devrais oublier ? "

    Et je la regardais en profondeur, dans les yeux, avec un petit sourire de compassion. Était-elle aussi atteinte que Li Mei ? Je ne le savais pas, mais si elle avait envie de me répondre, de se confier à moi, elle le pouvait à présent, je lui en laissais en tout cas l'opportunité.
Revenir en haut Aller en bas

Invité
Invité






MessageSujet: Re: La Musique adoucit les moeurs [Isis Whitefield]   Mer 13 Aoû - 11:17

Autant le contact avec la main d'Isis avait fait du bien à Faith, même si elle ignorait pourquoi, autant la pianiste sembla se sentir mal au cours de ce bref échange, ce qui renforça la culpabilité de la vétérinaire. Ca y est, elle avait gâché sa soirée par un geste impulsif.
Cependant, malgré la grimace qui venait de se peindre sur son visage, Isis ne sembla pas fâchée contre elle. Au contraire, elle la regarda intensément, comme si elle tentait de comprendre les mécanismes qui venaient de s'agiter dans sa tête, et qu'elle-même ne parvenait pas à reconstituer entièrement. Elle lui demanda, avec un sourire sûrement destiné à la mettre en confiance :

- Pourquoi devrais-je oublier Faith ? Qu'est ce qu'il y a de si horrible que je devrais oublier ?

Pourquoi, oui, en effet ? Rien de grave ne s'était passé, après tout. Les gens s'effleuraient les mains tous les jours, sans la moindre arrière-pensée, juste parce qu'ils s'appréciaient ou parce que la proximité entre eux était importante... Alors, pourquoi Faith était-elle tant bouleversée ?
Peut-être parce que tous les contacts physiques qu'elle connaissait depuis quelques temps étaient érotisés... Elle ne touchait personne d'autre que ses amants. Pouvait-elle imaginer que des peaux se frôlent dans un autre but que celui de la séduction ?
Le problème venait d'elle. Qu'est-ce qui n'allait pas avec elle ? Pourquoi était-elle incapable d'avoir des relations normales avec les gens, des relations sans ambiguité ?
Ses pensées vinrent affleurer sur ses lèvres et elle s'entendit prononcer :

- Il n'y a rien, il n'y a rien, c'est juste moi...

Elle sentit quelque chose se briser en elle, comme un barrage sur lequel l'eau aurait appuyé trop longtemps. Peut-être que même si elle n'en sentait plus le goût, l'alcool agissait sur elle, finalement. Elle soupira. Faillit sangloter. Se retint. Elle était devant une inconnue, après tout.
Mais elle ne pouvait résister à la déferlante en elle, qui montait depuis le début de la soirée et qu'elle avait vainement tenté d'endiguer en quittant son domicile pour se rendre dans un quartier inconnu de la Nouvelle Orléans. Chassez vos problèmes et ils reviendront au galop.
Elle regarda Isis. Etait-elle digne de confiance ? Faith l'espérait. Elle avait besoin de parler, de toute façon, et la pianiste était là, alors qu'il n'y avait personne d'autre chez elle que le silence. Ce n'était pas son amie, même pas une vague connaissance, mais comme toute personne, elle dégageait une chaleur humaine.
Alors Faith laissa la vague sortir, lentement, comme un soupir, comme une écume qui plane sur la surface du sable encore sec :

- C'est juste que ma vie est trop compliquée en ce moment. Je ne sais plus où j'en suis.

Et comme la mer se retire en laissant la désolation, Faith eut un mouvement de recul. Elle ne pouvait pas se permettre de baisser sa cuirasse. Qu'avait-elle fait ? Etait-elle tombée si bas qu'elle se confiait à des inconnus ? Elle tenta de reprendre le contrôle d'elle-même et s'excusa :

- Excusez-moi, je ne veux pas vous ennuyer avec cela. Vous avez sûrement vos propres problèmes à gérer.

Et pourtant elle ne fit aucun mouvement pour partir. Etait-ce de l'espoir ? De l'espoir qu'une autre puisse l'aider à voir plus clair dans le tourbillon où elle était plongée ?
Oui, ça y ressemblait bien...
Revenir en haut Aller en bas

Invité
Invité






MessageSujet: Re: La Musique adoucit les moeurs [Isis Whitefield]   Ven 15 Aoû - 2:21

    Sa main, le contact qu'il y avait eu contre la mienne, je savais ce que cela représentait. Devais-je m'amuser à la confronté à sa nature hostile à la vie humaine ? Ou bien devais-je faire comme si rien ne s'était passé ? Son âme était-elle aussi noire que celle de Li Mei ? Faith allait-elle me vider de mon énergie vitale ? Allait-elle s'amuser à me prendre un souvenir en me laissant pour morte devant toutes ces personnes ? Non, elle ne le ferrait pas de toute évidence, ce n'était pas son genre, ce contact lui avait du bien, c'était une certitude, mais je n'étais pas pas sûre qu'elle l'ait véritablement désiré. Je ne savais pas du coup comment lui parler de cela, alors je lui avais demandé simplement ce qu'elle voulait que j'oublie, pourquoi je devrais oublié le passage de sa main sur la mienne. Avait-elle envie de moi ? De mon corps ? Faith était très désirable pour les yeux, il n'y avait pas à en douter, elle était physiquement merveilleuse, mais voulait-elle que je perçoive ce genre de signaux émanant de son être tout entier ? Voulait-elle plus d'intimité entre elle et moi ? Possible, je ne saurais dire, mais je n'étais pas certaine de vouloir savoir à vrai dire. Elle me dit que ce n'était rien, vraiment rien que cela venait d'elle pourtant, je ne la sentais pas sereine, pas du tout même. Je voulais vraiment l'inviter à s'exprimer, mais si elle n'en avait pas envie, je ne la forcerais pas. Je sentais pourtant clairement qu'elle était au bord des larmes. Son regard n'en était pas remplis mais je pouvais le voir, ces yeux étaient humides. Je ne savais pas de quelle origine était ces potentielles larmes : joie, tristesse, nervosité, peur ? Peut être un peu tout ça, n'est ce pas ? Je n'étais rien pour elle, une inconnue qu'elle croisait pour la première fois au Masquerade, mais ma musique l'avait eu en plein cœur, et peut être qu'inconsciemment, elle avait tissé un lien avec ce que je représentais, avec mes mains qui glissaient il y a encore peu de temps sur le clavier du piano. Etais-ce seulement cela ? Ou le mal était plus profond, plus encré dans sa chair ?

    Puis finalement, elle lâcha la phrase, sortant de sa bouche comme une sentence, comme si on la menait à la mort, mais elle n'avait rien à craindre, j'étais là pour la guider, pour l'aider si j'en avais la possibilité, même si je n'en étais guère certaine. Sa vie était donc trop compliquée. Elle était pour ainsi dire perdue dans les méandres de sa vie. Mon regard à son égard se fit doux et compatissant. Moi-même j'avais connu ceci, moi-même je me sentais parfois perdue dans ce monde que je ne reconnaissais plus. Mais ce n'est pas une fin en soi, il faut savoir se remettre en question et aller de l'avant. C'est ce que je faisais, je me regardais à travers le miroir de la vie, et je faisais le point sur ce que j'étais devenue, le parcours que j'avais fait pour en arriver là. Je me disais que je pourrais peut être faire mieux, mais que je n'avais pas à rougir de mon parcours. J'étais à ma place, ici au Masquerade et bien que cela ne soit pas tous les jours simple, j'avais un travail qui me plaisait et qui me permettait de vivre sans penser aux lendemains. Quel était le travail de Faith ? Son physique ne m'indiquait en rien son travail. Ces mains étaient douces, elle ne devait pas faire un métier trop manuel. Contrairement à mes doigts, il n'y avait aucune callosité sur les siens. Puis, alors que j'allais lui donner quelques conseils, elle se ravisa. Elle ne voulait pas m'ennuyer avec ces histoires. Alors, oui, j'avais mes propres problèmes à gérer, mais si je pouvais aider quelqu'un qui me semblait gentil et qui était sensible à ma musique, alors je le ferrais avec plaisir. Cela me faisait penser une nouvelle fois à Li Mei et à la conversation que nous avions eu. Faith semblait n'en être qu'au début, elle n'était pas ainsi depuis très longtemps, elle n'était pas habituée à ces changements.

    " Tous nous avons une vie parfois compliquée Faith. La mienne ne fait pas exception, mais la vôtre semble depuis peu être bien différente de ma simple vie d'humaine. C'est difficile de nous comprendre nous même bien souvent. Dans ces cas là, je me regarde dans un miroir et je fais le bilan de ma vie. Je regarde là où je suis passée, et là où je suis arrivée. Et systématiquement, je me dis qu'il y a pire que moi, quelques parts dans le monde, que je ne suis pas la plus à plaindre. J'ai un travail qui me permet de vivre. Je suppose que vous avez vous aussi un travail, n'est ce pas ? "

    Est ce que cela lui irait ? Est ce qu'avec ça, elle s'ouvrirait véritablement à moi ? Peut être que mon discours la fermerait comme une huître ? Peut être qu'elle le trouverait complètement grotesque, je ne saurais le dire. J'attendais sa réaction et sa réponse, si elle voulait m'en donner une. Peut être que nous allions partir dans un débat dont moi seul a le secret ...
Revenir en haut Aller en bas

Invité
Invité






MessageSujet: Re: La Musique adoucit les moeurs [Isis Whitefield]   Lun 25 Aoû - 10:17

Faith attendit pendant quelques secondes ténues, se demandant avec angoisse si Isis allait la repousser ou non. Mais ses craintes étaient injustifiées, car c'est avec une voix douce que la pianiste lui tint un long discours :

- Tous nous avons une vie parfois compliquée Faith. La mienne ne fait pas exception, mais la vôtre semble depuis peu être bien différente de ma simple vie d'humaine. C'est difficile de nous comprendre nous même bien souvent. Dans ces cas là, je me regarde dans un miroir et je fais le bilan de ma vie. Je regarde là où je suis passée, et là où je suis arrivée. Et systématiquement, je me dis qu'il y a pire que moi, quelques parts dans le monde, que je ne suis pas la plus à plaindre. J'ai un travail qui me permet de vivre. Je suppose que vous avez vous aussi un travail, n'est ce pas ?

Faith se laissa porter par ces mots qui s'enchaînaient, ne comprenant pas immédiatement toutes leurs implications. Elle en saisissait simplement l'esprit : Isis tentait de la rassurer, et son ton même l'apaisait. Elle semblait si calme, si solide... Ce qu'elle disait faire, cela semblait si simple lorsqu'elle le restituait en un tissu de mots soyeux...
Mais Faith se demandait si elle était capable d'en faire autant. Se regarder dans un miroir. La jeune femme avait des difficultés à le faire réellement, même maintenant qu'elle avait retrouvé sa beauté. Si elle était incapable de regarder en face son propre visage, pouvait-elle trouver la force d'inspecter son âme ? Elle en doutait.
Qu'elle n'était pas la plus à plaindre ? Oui, sûrement. Il y avait des douleurs pires que la sienne. Il y avait son état passé où elle avait peur que les gens la regardent, où elle restée murée dans la solitude. C'était pire que maintenant. Mais était-ce parce que d'autres connaissaient de plus grands malheurs qu'on pouvait se dire heureux ? De cela aussi, elle en doutait.
Ainsi, sous les mots apaisants d'Isis se cachaient des épines, lot incontournable des relations humaines. Faith n'avait pas envie de les relever, bien sûr. Elle savait que la pianiste était pleine de bonnes intentions et qu'elle ne voulait pas la blesser. Argumenter contre elle était inutile et ne ferait que briser le début de sympathie qui s'installait entre elle. La jeune femme répondit donc à la question facile qui avait conclu son discours, cette question qu'on lui posait souvent et dont elle pouvait donner la réponse sans réfléchir :

- En effet. Je suis vétérinaire. J'ai un cabinet en ville, je m'occupe essentiellement d'animaux de compagnie.

Au moment de se spécialiser, Faith avait tout naturellement fait ce choix. Les animaux de la ferme ne lui inspiraient rien. Le regard vide des bovins ne lui inspirait aucune sympathie. Les animaux domestiques, eux, et tout particulièrement les chiens, lui semblaient... humains. Bien plus que leurs maîtres, parfois. Ils ne s'arrêtaient pas à l'apparence mais savaient reconnaître l'amour véritable et étaient capable d'une fidélité sans faille. Eux seuls l'avaient soutenue lors des années sombres, lorsqu'elle-même se sentait rejetée par ses frères humains.
A cette pensée, elle se souvint d'une phrase qu'Isis avait prononcée au tout début de son long discours. La mienne ne fait pas exception, mais la vôtre semble depuis peu être bien différente de ma simple vie d'humaine. Ces mots semblaient impliquer clairement que la pianiste pensait qu'elle n'était pas humaine...
Des souvenirs récents lui revinrent en mémoire. La rapidité avec laquelle ses cicatrices s'étaient résorbées, après des années de désespoir. Sa perte de goût pour toute nourriture. Ses pulsions qui la poussaient à effleurer des inconnus. Elle n'avait jamais vraiment compris ce qui lui arrivait, et ne s'était jamais posé la question.
Des flashs de l'attaque qu'elle avait subie à New York lui revinrent. L'homme qui l'avait touchée n'était peut-être pas un vulgaire agresseur, comme elle l'avait supposé depuis. Comme elle s'était obligée à penser.
En ces temps troublés où les humains n'étaient plus seuls à dominer la Terre, était-elle devenue... autre chose ?
Et elle ne put s'empêcher de se demander, dans un murmure :

- Qu'est-ce que je suis ?

Elle regarda ses mains, puis Isis, une expression incrédule sur son visage. Les pièces du puzzle se mettaient en place. Elle connaissait déjà la réponse à sa question. Non, elle n'était plus humaine. Comment avait-elle pu ne se rendre compte de rien, alors que même une inconnue était capable de voir qu'elle n'appartenait plus à la communauté des mortels ?
Parce qu'elle ne pouvait toujours pas se regarder dans un miroir, même après tout ce temps...
Revenir en haut Aller en bas

Invité
Invité






MessageSujet: Re: La Musique adoucit les moeurs [Isis Whitefield]   Lun 25 Aoû - 17:03

    Faire le bilan de sa vie n'est pas toujours quelques choses d'aisée vous pouvez me croire, mais avec ce que j'endurais parfois, je me devais de le faire de temps en temps. Ma vie n'est pas simple, bien au contraire, mon enfance a été tronquée, elle a été abîmée par des parents trop protecteurs, parents que je ne vois pratiquement jamais à présent, car je me suis rendue compte que je n'avais pas besoin d'eux pour vivre la vie qui me plaisait, ou plutôt la vie dont je me satisfaisais. Parce que oui, ma vie était bien, mais j'aurais pu rêver de quelques choses de bien mieux, n'est ce pas ? Je pourrais être comme ma mère, parcourant le monde, parce que mon piano est divin et que j'en suis la déesse. N'étais-je pas prédestiné à un destin comme celui-ci avec un prénom pareil ? Pourtant, ce n'est pas ce qui m'arrive, j'ai une vie assez simple, elle n'a rien de grandiose, mais elle me convient tout à fait. Je pourrais me dire que je devrais quitter le Masquerade pour un endroit meilleur, mais suis-je certaine de le trouver ? Non, car bien souvent, on se dit que l'herbe est plus verte ailleurs, mais est ce que c'est véritablement le cas ? Je ne le pense pas, même si cela est évidemment possible de trouver un endroit plus propice pour notre petite vie. Que pensait Faith de ce que je venais de dire ? Je ne savais pas trop, elle n'avait pas fait de commentaires, comme si elle était d'accord, à moins que ce ne soit l'inverse et qu'elle ne voulait pas me contredire. Je ne savais pas, et elle ne me donna pas l'occasion de plus rebondir que cela sur ces propos.

    Elle était donc vétérinaire. Ce métier me semblait être en perdition total. Qui avait encore des animaux chez lui ? Je n'avais plus vraiment vue d'animaux de compagnie chez mes voisins, mais il faut dire que je ne sors pas tellement en dehors de chez moi, en tout cas, je ne vois plus vraiment de chats, ni de chiens, à part peut être pour les personnes ayant les moyens, ayant un certain niveau de vie que je ne possède évidemment pas même si je ne suis pas à plaindre à ce niveau là évidemment. Pourtant Faith possédait un cabinet en ville et s'occupait essentiellement des animaux de compagnies alors qu'ils s'étaient raréfiés avec le temps mais peut être que je me faisais des idées à ce niveau, je ne saurais le dire réellement. Pourtant, je n'allais pas avoir l'occasion de lui en demander plus, pas tout de suite en tout cas. La jeune femme en face de moi murmura à peine une phrase dont je n'avais pas une réponse complète. Je savais qu'elle était comme Li Mei, qu'elle était devenue une voleuse d'énergie vitale, mais je n'avais pas cherché à en savoir plus, pour le moment. J'évitais au possible Li Mei qui m'avait laissé pour morte, alors que Faith ne semblait pas s'être résolue à simplement cela, elle était encore en partie humaine, elle n'était pas pleinement un monstre comme ma collègue de travail. Elle se demandait ce qu'elle était ce qui me prouvait que son état actuel était assez récent. M'avait-elle seulement posée la question ? Elle l'avait dit comme si elle pensait tout haut, mais j'allais essayé de lui apporter un semblant de réponse.

    " Je ne sais pas pleinement ce que vous êtes Faith, mais une chose est sûre vous êtes quelqu'un de bien. Vous ne devez pas vous refermer sur vous même, vous devez aller de l'avant. Vous ne devez pas rester seule, vous devez vous entourer de personnes qui vous aime. "

    Des conseils sages et avisés ? Peut être, je ne saurais le dire. Peut être que j'avais tout faux la concernant, peut être que le mal qui la rongeait de l'intérieur était en train de la transformer en quelqu'un de définitivement mauvais. Pourtant, j'étais persuadée qu'elle ne l'était pas encore, et qu'elle pouvait lutter contre cette nature pécheresse. Le voulait-elle seulement ? Je n'étais pas dans sa tête, alors je ne pouvais pas le savoir, elle seule avait la réponse.
Revenir en haut Aller en bas

Invité
Invité






MessageSujet: Re: La Musique adoucit les moeurs [Isis Whitefield]   Mar 26 Aoû - 11:37

Faith ne se rappela avoir formulé sa dernière question tout haut que lorsqu'Isis ouvrit la bouche pour répondre. Apparemment, la pianiste avait pris son étrange interrogation au sérieux... Mais pas dans le sens où Faith l'entendait. En effet, au lieu de lui révéler ce qu'elle était depuis qu'elle n'était plus une humaine, au lieu de lui donner une réponse providentielle qui aurait tout éclairé, elle lui servit un nouveau discours apaisant qui, même s'il était réconfortant, ne contenait pas la réponse que la jeune femme cherchait :

- Je ne sais pas pleinement ce que vous êtes Faith, mais une chose est sûre vous êtes quelqu'un de bien. Vous ne devez pas vous refermer sur vous même, vous devez aller de l'avant. Vous ne devez pas rester seule, vous devez vous entourer de personnes qui vous aime.

Après tout, c'était logique. Si Isis était bien, comme elle le prétendait, une humaine, elle ne pouvait pas en savoir beaucoup plus que la vétérinaire...
Quant à ce qu'elle disait ensuite, cela ne laissait pas à Faith une impression très différente de ce qu'elle avait dit auparavant. Les grands principes exposés étaient louables, mais inapplicables pour elle. D'accord, elle était peut-être quelqu'un de bien. Elle en avait la conviction, mais elle était également persuadée que tous, au fond, pensaient être des personnes dignes d'amour. On ne pourrait pas vivre sans cette idée. Elle, en tout cas, ne le pourrait pas... Alors ce n'était pas concluant. C'était gentil de la part d'Isis de dire cela, mais elle ne la connaissait que depuis un petit quart d'heure. Et, Faith le savait, c'était une durée trop courte pour se faire une idée correcte des gens. L'image qui se formait de l'âme était bien trop influencée par l'apparence physique, et celle de Faith jouait en sa faveur. Autrefois c'était différent. Autrefois elle était rejetée immédiatement. Maintenant, non. Alors elle avait appris que le jugement des inconnus était tout relatif, et à prendre avec des pincettes...
Quant aux personnes qui l'aimaient... D'accord, leur avis aurait été plus pertinent. Le problème, c'est que Faith ne savait pas de qui elle pouvait vraiment dire que ces personnes l'aimaient. Wayne ? Ils avaient passé leur temps à se déchirer, jusqu'à ce qu'elle ne le supporte plus et s'éloigne. Sanjana ? Leur relation avait été fragilisée en un instant par un baiser malencontreux. Adriel ? C'était elle qui tentait de le rassurer, plutôt que l'inverse...
On en revenait toujours au même problème, celui qui avait chassé Faith de chez elle ce soir-là pour se rendre au Masquerade. Elle était seule. Les relations humaines qu'elle s'était efforcée de bâtir s'effondraient une à une comme des châteaux de cartes. Il n'y avait qu'elle pour affronter ses démons, et la solitude lui pesait, renforçant les noirceurs, la piégeant dans un cercle vicieux qui tombait dans l'obscurité.
Heureusement, elle était force. Le temps et les épreuves avaient trempé l'acier de son esprit. Elle pliait parfois, mais n'avait pas encore craqué. Même lorsque, comme ce soir, elle était au bord de la chute, elle n'était jamais tombée...
Malgré cela, elle ne se referma pas sur elle-même. Elle formula à voix haute la terrible vérité qui planait sur elle depuis le début de la soirée :

- C'est un bon conseil, mais à vrai dire les personnes qui m'aiment ne se bousculent pas au portillon.

Pourquoi ? S'était-elle attachée aux mauvaises personnes ? Avait-elle commis des erreurs ? Elle ne le savait pas. Le monde était bizarre actuellement, de toute façon. Pas étonnant qu'il soit difficile d'y trouver une place... Elle poursuivit :

- Ma famille habite loin, et mes amis... Diverses circonstances font que mes relations avec eux sont tendues en ce moment.

Faith s'ouvrait plus qu'à son habitude. Mais après tout, Isis était une inconnue. Elle ne la reverrait sans doute jamais. Alors, pourquoi pas ? Tout ce qu'elle lui dirait resterait perdu dans le souvenir de cette soirée et ne s'en envolerait pas, ne reviendrait pas sur elle pour la blesser...
Revenir en haut Aller en bas
 

La Musique adoucit les moeurs [Isis Whitefield]

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 2Aller à la page : 1, 2  Suivant

 Sujets similaires

-
» La musique adoucit les moeurs (Aliny)
» besion d'aide language html lecteur de musique !! (Résolu)
» Quel est votre style de musique???
» Plus capable de sa "foutu" musique.. désolé le terme...
» Téléchargement de musique légal et éthique

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
CONSIGN TO OBLIVION .} :: The Fifth Chapter :: Memories-