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 Dead Hearts [PV]

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↳ Opinion Politique : Anti-Gouvernement
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THE ROLLING STONES - satisfaction | PUSCIFER - the undertaker | 30 STM - the kill | PAPA ROACH - getting away with murder | DEPECHE MODE - wrong | LINKIN PARK - castle of glass | IMAGINE DRAGONS - shots | THE KILLERS - shot at the night | HURTS - somebody to die for | BLACK LAB - this night

↳ Citation : « Nous sommes tous frères sous la peau, et j'aimerais écorcher l'humanité pour le prouver. »
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MessageSujet: Dead Hearts [PV]   Sam 12 Juil - 4:02

Tell me everything that happened. Tell me everything you saw. They had lights inside their eyes. Did you see the closing window? Did you hear the slamming door? They moved forward, my heart died. Please, please tell me what they look like. Did they seem afraid of you? They were kids that I once knew. I could say it, but you won't believe me. You say you do, but you don't deceive me. It's hard to know they're out there. It's hard to know that you still care. Dead hearts are everywhere. Did you touch them, did you hold them? Did they follow you to town? They make me feel I'm falling down. Was there one you saw too clearly? Did they seem too real to you?. They were kids that I once knew. Now they're all dead hearts to you --------------------------------------
Dead Hearts Are Everywhere
They make me feel I'm falling down

Les plaintes du vent se répercutent dans les feuillages, dansent entre les pierres tombales. Les exhalations de la mort le frôlent, le glacent, puis s’évanouissent dans l’obscurité. L’air semble presque humide l’espace d’un instant, avant d’imprégner à nouveau l’atmosphère de sa chaleur suffocante. L’odeur âcre du bayou remonte jusqu’à ses narines, prend le pas sur le reste. Le dos lourdement appuyé contre l’écorce d’un vieux chêne, il jette des œillades inquisitrices et assassines aux fourmis en train de s’agiter. Juste pour leur mettre la pression et leur intimer à distance de ne pas trainer. Des camionnettes remplies d’armes et d’alcool stationnent entre les murs de pierre, moteur vrombissant au cas où il faille déguerpir en quatrième vitesse. Il tire sur le cylindre qui brûle ses lèvres, prend de longues bouffées à mesure que le trafic s’éternise. Tout a déjà été conclu et marchandé, il ne s’agit que de déplacer les marchandises d’un cercueil ambulant à un autre. Le norvégien serait bien resté dans son manoir à s’occuper d’affaires plus plaisantes, mais depuis certains fâcheux évènements récents, il ne fait plus confiance à personne. Il veut s’assurer en personne que le travail est bien fait, pour s’éviter un énième ulcère. S’il est présent, ses employés lui épargneront au moins les excuses risibles qui jaillissent systématiquement de leurs lippes à chaque échec. Il pourra liquider les incompétents sans l’ombre d’une hésitation ou d’un regret. Et il a à vrai dire un plan très particulier en tête. Le malfrat aspire la fumée avec une nonchalance parfaitement étudiée, mais reste aux aguets du moindre bruissement insolite. Ils ne sont après tout pas à l’abri de l’arrivée intempestive d’une patrouille de miliciens, même si l’endroit semble pour l’instant désertique. Il attend que la basse besogne finisse d’être effectuée, s’avance pour payer. Mais au lieu d’une liasse de billets, c’est un silencieux qu’il sort de sa poche. Sans crier gare, il descend le trafiquant d’une balle en pleine tête. Le sang jaillit de son crâne, vient perler de traces écarlates sa propre carcasse à des multiples endroits. Ses acolytes en font de même avec le chauffeur et l’homme de main, afin d’éviter de laisser en vie le moindre témoin. Kyran pousse du pied le cadavre ensanglanté, s’assure inutilement qu’il est bien réduit à l’état de pourriture pour les insectes. Pour lui avoir vendu de la drogue mal coupée lors d’un précèdent échange, et avoir ainsi cherché à l’entuber, il a payé le prix fort. On ne l’arnaque jamais deux fois.

« - Nettoyez-moi tout ça. » Grogne-t-il à ses employés, sur un ton autoritaire qui n’appelle pas à la discussion. Il est de ces tyrans qui n’ont pas pour habitude qu’on leur résiste et il ne s’en cache pas. Mais alors qu’il se recule pour leur laisser le champ libre, un bruit suspect attire son attention. Le bruit de pas de quelqu’un qui esquisse plusieurs pas en arrière, trébuche dans la précipitation sur plusieurs branches mortes avant de se ruer en une cavalcade effrénée vers les profondeurs du lugubre cimetière. Ses sphères métalliques s’écarquillent et il n’hésite qu’un millième de seconde avant de se lancer à la poursuite de l’intrus. Ses sens se décuplent, percent le mystère du plus infime son déchirant le silence obséquieux de la nuit. Il ne tarde pas à repérer l’échine de ce qui semble de toute évidence être une femme à quelques mètres. Il ne prend pas la peine de crier pour l’arrêter, il a conscience que ce serait vain. Il accélère sa course, vise la biche aux abois de son arme à feu. Quelques billes d’acier la frôlent, mais aucune ne parvient à la faire chuter.

Mais la belle inconnue ne négocie pas suffisamment bien ses virages pour le semer, et se retrouve bien vite dans une impasse entre plusieurs caveaux. Il la rattrape, pointe son pistolet sur son dos. « - Plus un geste ! » Siffle t’il, arrogant et impérieux, avant de s’avancer vers celle qu’il prend encore pour une étrangère. Il se rapproche, positionne le métal glacial contre sa nuque pour la dissuader de faire preuve d’un élan de courage suicidaire. Puis sans une once de douceur, il glisse ses phalanges sur ses hanches enjôleuses pour la forcer à se retourner. La distance qui sépare leurs deux visages devient alors dérisoire. Son souffle pantelant calcine sa peau, et il lui faut quelques secondes pour la reconnaitre à travers les ténèbres. Ses prunelles translucides se heurtent d’abord aux contours aguicheurs de sa bouche charnue, dévient vers le charmant nez en trompette, avant de venir poignarder son regard candide. Il se sent tomber de plusieurs étages. A l’affreuse impression qu’un train de marchandises vient de lui rentrer dedans. Hébété, profondément stupéfait, il relâche sa prise. Il s’éloigne, manque de s’affaler lamentablement en ne prenant pas garde aux racines derrière ses talons. « - Qu’est-ce que… Théodora ? C’est toi ? » Un simple murmure, énoncé si faiblement que sa voix ressemble à celle d’un pauvre oisillon tombé du nid. Sa mâchoire s’ouvre, se referme, se resserre. Il s’attarde à nouveau sur les courbes voluptueuses de sa plus vieille amie, de sa pire ennemie. Il tique malgré lui sur la blondeur de sa chevelure, rendue argentée par la lumière de la lune. « - Qu’est ce que tu as fait à tes cheveux ? » Quelle importance franchement ? Ridicule. Pitoyable. Pathétique. Presque deux siècles sans la voir, sans s’abreuver de sa présence, et c’est tout ce qu’il trouve à dire. Ce n’est pourtant qu’un détail, il s’en moque. Il ne s’attendait seulement pas à ce qu’Elle existe encore, à ce qu’Elle ait échoué également dans cette époque encore plus malsaine et viciée que la précédente. Sa salive acide l’écorche, remonte péniblement le long de sa trachée. Et dans un éclair de lucidité, il l'identifie enfin à sa dernière identité. Le visage du Gouvernement. Celui qu’il cherche justement tant à abattre et à éradiquer. Aveuglé par la certitude qu’elle était décédée dans des draps de satin, il n’a pas su la reconnaitre sur les écrans de télévision. Il n’y a vu qu’une séduisante potiche, répétant comme un robot les paroles qu’on devait lui dicter. Rien n’a finalement changé, il se sent propulsé de plein fouet dans leur lugubre et sordide Scandinavie. Elle incarne toujours la princesse. Et lui, le bouffon du roi.

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MessageSujet: Re: Dead Hearts [PV]   Ven 18 Juil - 18:57

Let me go
Kyran & Theodora - You're my curse. You always come back to me and destroy me... In the same time.


Le rythme la tenait en alerte. Dans cet endroit qu'on préférait oublier à la nuit tomber, elle pouvait librement courir, laisser ses instincts la devancer. Oublier qu'elle était aussi une humaine, redevenir la louve de Tasmanie qui sommeillait depuis que la malédiction avait été levée. Traquer, jouer, grogner. Agir de la seule manière qu'elle l'avait fait pendant plus d'un siècle. Renouer le contact avec cette part de sa nature qu'elle devait oublier une fois le masque de la porte-parole enfilé. Elle n'avait ni caméra qui la filmait, ni journaliste pour rapporter le moindre de ses faits et gestes. Ange redevenait peu à peu Theodora. Cette femme détruite par le rejet de ses proches, mais qui avait survécu en se cachant derrière cet amour inconditionnel pour toutes personnes vivantes... Si l'on oubliait cet ours mal léché qui avait eu le malheur de croiser sa route. Inconsciemment, elle retournait sans cesse vers cet individu pour mieux évacuer les sentiments négatifs, qu'elle aurait dû ressentir pour ceux et celles qui la côtoyaient. Elle aurait dû, elle ne pouvait pas.
Natascia, Andreas, Nikolay et même, ce frère qu'elle n'avait croisé qu'une seule fois et qui refusait de la reconnaître comme tel... Ils étaient tous importants à ses yeux. Elle était incapable de leur en vouloir, elle avait tellement peur qu'il la rejette pour de bon. Elle voulait tellement obtenir l'amour de ceux qui l'avaient conquise. Était-elle si désespéré? Curieusement, la question ne lui venait jamais à l’esprit. Encore moins, lorsqu’elle prenait de la vitesse et contournait quelques pierres tombales. La louve était bien moins charitable, elle laissait ressortir la violence, la rancœur, l’extrémiste de la demoiselle. Créant un équilibre bancal sans pour autant être non moins nécessaire à la femme. Souriant de sa gueule d’animal, elle s’apprêtait à prendre en chasse un chien errant, lorsqu’elle s’arrêta soudainement. Brutalement, si on jouait sur les mots.

Une odeur chatouillait ses narines, la laissant tremblante d’une rage mal contenu. Elle voulait le goût du sang et de la chaire qui allait naturellement avec cette odeur insupportable. Effectuant un 180 degrés, la louve s’élança dans sa course contre sa proie. Elle n’avait qu’une idée en tête, le détruire et obtenir vengeance. Le regarder supplier sous ses crocs acérés. La distance diminuer rapidement, lui laissant percevoir cette présence qui venait tout droit de son passé. Les mètres diminuaient, jusqu’à lui permettre de vraiment prendre conscience de la personne qui était présente dans ce cimetière. « - Nettoyez-moi tout ça. » Ce fut suffisant pour éveiller l’ange sous cette allure bestiale. Ralentissant, le cœur sur le bord de l’explosion, une douleur sourde le faisant vibrer, elle alla se cacher là où ses vêtements attendaient. Sa transformation fut brève et éprouvante pour son corps qui ne ressentait aucune douleur. Pour plusieurs membres de sa race, une telle rapidité était impossible, mais pour Ange la douleur ne faisait aucun obstacle.  

Enfilant rapidement une chemise et sa culotte, cherchant désespérément ses pantalons, elle ressentit l'attention de son cauchemar, jusqu'à l'intérieur de ses os. Avait-elle fait un quelconque bruit? Trébuchant malencontreusement, la femme se releva en vitesse et déguerpis. Courant plus vite que n'importe quelle proie. Il ne devait pas la rattraper, elle ne le supporterait pas. Pas cette semaine, pas après tout ce qu'elle venait de subir. Les détonations l'affole et la désoriente. Son ouïe souffrant de ce bruit insupportable. Elle n'a aucune idée de si elle a été touchée. Elle sait ne pas avoir le temps de s'en assurer. Inquiète, Ange ne peut véritablement se concentrer et termine sa route devant une impasse. Une grille métallique délimitant le terrain du cimetière entourer par des caveaux particulièrement traite à ses yeux. « - Plus un geste ! »
Ange céda le terrain à la crainte. Il ignorait qu’elle avait survécu, elle l’avait à peine compris depuis que son autre frère lui avait indiqué ce détail. Sa respiration s’accéléra, tandis qu’il braquait son arme sur sa personne. La froideur du métal contre sa nuque l’immobilisa et elle n’offrit aucune résistance à son grand-frère. Se préparant au choc, elle le subit tout de même de plein fouet une fois que son visage se retrouva si près du sien. L’air refusant d’entrer dans ses poumons, Ange laissa place à Theodora. La frêle femme qu’il avait abandonnée.

Lorsqu'il la relâche enfin, qu'il s'éloigne en panique, la femme ne bougea pas d'un centimètre. Figé sur place par les images qui envahissent son esprit. Des souvenirs malvenus d'une personne qu'elle avait profondément aimée. D'un ami d'enfance qui se révéla être son demi-frère et qui choisit de la laisser aux requins plutôt que de l'aimer. Le cœur en morceau de ce deuil qu'elle n'avait jamais pu faire, Theodora restait muette. Le laissant se battre avec ses propres démons. « - Qu’est-ce que… Théodora ? C’est toi ? » Sa gorge aurait voulu hurler que non ce n’était pas elle. Qu’elle était morte la seconde où il lui avait tourné le dos et qu’elle avait été vendue au plus offrant. Qu’il fût la cause de son malheur et de son alcoolisme passé, mais son cœur était tendre et elle ne pouvait dire ses paroles à la personne qu’elle ne pourrait jamais cesser d’aimer.
« - Qu'est ce que tu as fait à tes cheveux ? » Elle n'aurait pu avoir plus grande surprise. Après autant de temps, il ne pouvait que passer un commentaire sur ses cheveux? Oubliant la frêle demoiselle surprotégée, Theodora s'approcha de Kyran. Le fixant de son regard bleu azure envouteur. Contrôlé par la fureur qu'il n'ait aucune autre chose à dire, Ange le gifla si fort que le bruit claqua férocement dans la nuit. « Mes cheveux? Mes pauvres et pathétiques cheveux?! C'est tout ce que tu trouves à dire? Après plus d'un siècle?! Je suis quoi une Barbie que tu aurais mis de côté et que tu voulais retrouver parfaitement identique! » Prise d'une fureur qui lui venait sans doute de la même part génétique de son vis-à-vis, elle alla droit vers le mur d'un caveau et abattu son poing contre sa dureté. Le sang marqua sa peau, autant que les blessures. Elle ne voyait pas la balle qui était passé au travers de son bras, elle n'avait aucune conscience de la douleur. Déposant son front contre la pierre, elle lui jeta un coup d'œil qui camouflait mal ses larmes. Pourquoi avait-elle réagi aussi violemment, ce n'était pas dans sa personnalité.

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Lose You
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MessageSujet: Re: Dead Hearts [PV]   Dim 20 Juil - 16:08

Ses azurs inquisiteurs le fixent, passent à travers son enveloppe comme une lame aiguisée. Elle le dévisage sans une once d’indulgence, lui donne envie de se tasser pour disparaitre dans un trou de souris. Ébranlé par cette vision d’outre-tombe, il n’entend rien, à part le bourdonnement qui cogne contre ses tempes. Pendant quelques secondes, rien que quelques unes, il régresse. A l’impression d’être redevenu ce pauvre gosse aux genoux amochés. Ce gamin timide et craintif qui ne pensait même pas possible qu’une fille comme elle daigne adresser la parole à un indigent comme lui. Honteux de s’être fait rosser par l’ivrogne supposé être son père, dans un état piteux. Machine à paroles, puits sans fond de gentillesse, la noble l’impressionnait. Il n’avait pas l’habitude de côtoyer des enfants de son âge, ni qui que ce soit tout court. Son monde se résumait uniquement à son frère, et ça lui suffisait. Pour autant, il s’était mis à avoir besoin d’elle aussi. Rayon de soleil perçant l’obscurité, elle parvenait à lui faire oublier sa misère en un seul sourire. Avec sa tendre chaleur, elle rendait son morne quotidien un peu plus supportable. Elle l’embellissait le temps d’une éclaircie éphémère, et lui offrait de quoi atténuer ses idées noires en son absence. Elle n’appartenait pas à sa famille, ni à son univers rongé par la crasse et le vice. Du moins, le croyait-il naïvement. Il aurait aisément pu devenir fou d’elle, s’il n’avait jamais appris leur lien de parenté. Mais l’amour enfantin et sans tâche qu’il lui vouait n’a pas mué. Englouti dans la gueule du monstre engendré par l’atrocité de sa révélation, recraché en lambeaux difformes et visqueux. Et si son penchant pour elle ne représentait finalement qu’une vulgaire escarbille en comparaison du brasier criminel et insatiable allumé par Aleksi, une profonde répugnance le persécute chaque fois qu’il y repense.

Il la regarde comme une étrangère, comme s'il la voyait pour la première fois. Comme s'il découvrait ses traits fins, son teint de nacre. Ses courbes devenues celles d’une femme séduisante. Et ses prunelles menaçantes. La fillette qu'il connaissait jadis sur le bout des doigts semble avoir changé. Elle a l’air d’avoir gagné en assurance, ou d’avoir fini par se laisser grignoter par le ressentiment et la fureur. Elle a été écorchée, et l’océan de ses pupilles n’est plus aussi limpide qu’auparavant. Il est orageux, tourmenté. Les vagues se fracassent contre sa propre carcasse, et le glacent jusqu’à la moelle. La gifle claque contre sa mâchoire avec une telle violence que sa joue est projetée sur le côté. Ça non plus, ça ne ressemble pas à la Théodora de son enfance. Autrefois, jamais elle n’aurait levé la main sur lui. Ses phalanges sont brûlantes, et il sent sa pommette partir en cendres sous l’impact. Emprunter des nuances écarlates fort déplaisantes. Le retour à la réalité s’opère de plein fouet, et la tendresse chétive des premiers instants disparait au profit de la rancœur sempiternelle. Il se souvient maintenant, pourquoi il déteste le bleu éclatant de ses rétines autant qu’il chérit celui qui inonde celles de son cadet. Pourquoi il l’abhorre, Elle. Ses sphères polaires se transforment, retrouvent leur dureté et se figent sur sa silhouette galbée avec un mélange de provocation et d’animosité. « - Qu’est ce que tu aurais préféré entendre ? Que j’espérais que tu sois morte et enterrée ? Insinuer que je te préférais sans ton allure de potiche blonde peroxydée me paraissait moins brutal. » Persifle t’il, sans savoir s’il pense réellement toutes les horreurs qu’il débite ou non. Sans doute en partie. Sans doute pas aussi cruellement que ses railleries ne le suggèrent.

Loin de l’attendrir, son manège puéril contre la pierre lui fait lever les yeux au ciel. Une hystérique, il ne manquait plus que ça… Il se calfeutre dans son aigreur pour ne pas laisser la cicatrice en travers de son palpitant se rouvrir. La balafre n’est pas belle à voir, l’entaille sur toute sa longueur et se gorge de sang à l’occasion. Mais il a appris à vivre avec, et aime mieux se leurrer que d’admettre qu’elle le tiraille encore. « - Si tu essaies de te casser la main, je crois que tu es bien partie. » Susurre-t-il, se moquant ouvertement de son excès disproportionné de rage. « - Franchement, il est inutile de te mettre dans tous tes états. Tu es mal placée pour m’en vouloir. » Trouve t’il judicieux d’ajouter, incisif. Il n’est pas le traitre qui l’a prise en pitié pendant des années, avant de lui lancer comme une bombe à l’âge adulte leur lien écœurant de parenté. Elle n’a pas le droit de lui en vouloir autant qu’il lui en veut, dans la logique décousue de son esprit détraqué. Il perd cependant son expression dédaigneuse en apercevant la cavité formée dans sa chair affable, perforée par l’une de ses balles d’argent. Ses sourcils se froncent et bien malgré lui, une pointe d’anxiété et de culpabilité vient lacérer son torse. Il pensait qu’elle avait réussi à esquiver ses tirs à l’aveuglette. « - Tu devrais… Peut être… Me laisser regarder. » Raclement de gorge. « - Ta blessure au bras. » Lance t’il, sa voix rauque entrecoupée par une hésitation palpable. S’inquiéter du malheur des autres, tranche pourtant avec sa personnalité habituelle. Mais pas avec celle qu’il possédait plus jeune, pas avec le Kyran d’antan. Il ignore ce qu’elle est. Une sorcière ? Une voleuse morte-vivante comme lui ? De là où il est, sous la nuit noire, il ne peut pas vraiment distinguer si son hémoglobine est d’ébène comme la sienne. A moins qu’il ne s’agisse d’un animal ? Dans le premier cas, elle a du souci à se faire. Dans le second, elle est déjà sauvée, ou trop condamnée pour que cela change grand-chose selon le point de vue. Dans le dernier, c’est encore pire, car le poison contenu dans le pistolet risque de s’infiltrer dans ses veines. Il regrette déjà son élan déraisonnable de considération pour elle mais sent néanmoins une angoisse sourde le titiller. Il se rapproche d’elle comme il s’aventurerait à proximité d’une bête sauvage. C’est l’effet qu’elle lui fait. Un gibier traqué et prêt à dévoiler ses crocs s’il osait rompre la distance. Il tend sa main vers elle, effleure son épaule en attendant l’autorisation de la toucher plus avant. Neuf chances sur dix qu’elle recule farouchement, et lui retourne une nouvelle mandale dans la figure. Les statistiques ne jouent pas en sa faveur.

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MessageSujet: Re: Dead Hearts [PV]   Dim 20 Juil - 22:41

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Sa voix est comme un coup de tonnerre qui résonne dans son crâne. Éveillant la douleur qu'elle n'a jamais pu ressentir physiquement. Elle se souvenait de ces premières heures passées sans lui. Nue et recroqueviller contre le sol, déconnecter de la réalité pendant que ses parents en profitaient pour la vendre. Elle ne lui avait jamais pardonné cette trahison, elle n'avait jamais cessé de l'aimer, de lui être loyal au plus profond de son cœur. Pour lui, que n'aurait-elle pu faire? Après tout, Ange était allé jusqu'à ignorer son autre frère pour le lui laisser. À quoi bon? Aujourd'hui, elle se retrouvait à ses côtés cherchant à combattre sa première impulsion par un accès de colère. Un acte qu'elle regrettait, tandis qu'elle sentait les larmes s'écouler en silence et retenu par sa volonté. Un combat, qu'elle souhaitait gagner. « - Qu'est ce que tu aurais préféré entendre ? Que j'espérais que tu sois morte et enterrée ? Insinuer que je te préférais sans ton allure de potiche blonde peroxydée me paraissait moins brutal. » Il aurait tout aussi pu lui ouvrir la gorge et la laisser se vider de son sang. Elle aurait préférée, ainsi... Jamais, Theodora n'aurait eu le sentiment qu'elle perdait son dernier espoir qu'il puisse l'aimer. Juste assez, pour l'avoir secrètement regretté.
Silencieuse et avalant difficilement les paroles de la seule personne pour qui Ange aurait été prête, à tourner le dos à son Nikolay; elle se demanda pourquoi il avait encore autant d'influence sur la femme qu'elle était devenue. Qu'avait-il de si spécial pour la rendre aussi faible? À l'exception de leur passé et de son cœur de roc, la porte-parole ne trouvait aucune réponse. « J'étais ta potiche à l'époque, j'aurais tout donné pour toi. Pas parce que tu attirais l'intérêt sexuel de toutes les femmes que je connaissais, pas pour tes yeux, pas pour ton sourire. Juste pour toi. La personne que j'ai connue. Alors, honnêtement.. Oui, j'aurais préféré que tu m'avoues me préférer morte et décomposer. Plutôt que te voir me reprocher d'être devenue la potiche d'un autre. » Là où le choc, qui était la cause du sang qu’elle déversait, aurait dû lui remettre les idées aux claires, elle n’eut le droit qu’à une légère pression. « - Si tu essaies de te casser la main, je crois que tu es bien partie. » Les mains pauser à plat contre le caveau, levant les yeux vers le ciel qui se trouvait recouvert de nuages, la blonde respirait difficilement. Ne comprenant pas réellement d’où pouvait lui venir ce soudain malaise. « - Franchement, il est inutile de te mettre dans tous tes états. Tu es mal placée pour m'en vouloir. » Pourtant, ce n'est pas ce sentiment d'oppression qui capta l'entièreté de son attention. Mais, bien les nouvelles paroles de son, si charmant, frère aîné. De sa seule famille encore vivante, qui... Non, elle ne pouvait même pas le considérer comme sa famille, il avait refusé de la considérer ainsi. Theodora entend le dégoût dans sa voix, qui autrefois la rassurait, son corps en frisonne de surprise. Que lui reprochait-on à nouveau? De l'avoir aimé pendant des années, puis d'avoir découvert leur lien de sang? Que pouvait-elle faire d'autre? Ses sentiments avaient toujours été purs et innocent, il avait été le premier à le lui reprocher.

Le regard toujours tourné vers le ciel, elle ne pu retenir le rire jaune qui s'éleva dans les airs. Elle aurait dû mourir de la main de son époux. Il aurait dû l'achever au lieu de lui faire vivre un enfer des siècles durant. Elle était trop faible pour affronter ceux qui survivaient dans ce monde. « Mal placée? Explique-moi pourquoi je ne serais pas dans tous mes états? Je t'ai avoué que ton père était le mien, j'en étais heureuse. J'avais finalement une raison de rester à tes côtés. Mais non... Toi, tu as préférés devenir distant, cruel et froid. Avant de fuir à toutes jambes en me laissant à la dérive. Je ne vois pas où j'ai mal agi. » Tournant de nouveau son visage vers le sien, Theodora avait parlé avec toute la douceur qui lui appartenait. Elle se sentait si fatiguée. Elle n'en pouvait plus de se battre contre ceux, qu'elle aimait. Ils avaient peut-être eu raison d'elle aujourd'hui. « - Tu devrais… Peut être… Me laisser regarder. Ta blessure au bras. » Fronçant les sourcils, Ange semble reprendre le contrôle sur Theodora. Observant le sang qui coule de son bras, sa fatigue et l’inconfort dans ses poumons semblent s’expliquer. Elle allait mourir de ces retrouvailles. Tremblant, elle sait que si l’argent est dans son sang, elle n’a presque aucune chance. « Et bien… Il va me tuer, si je ne le suis pas avant. » Sursautant à son approche, ses jambes cédèrent sous son poids, la laissant se recroqueviller sur le sol. Un grognement sourd roulant le long de sa gorge, sa louve s’agita cherchant à montrer sa dominance. Inutilement, en un tel moment.  
La présence de Kyran la rend nerveuse, elle ne veut pas qu’il la touche et c’est ce qu’elle veut lui avouer. Quoi qu’Ange n’eut d’autre choix qu’attendre une seconde ou deux avant d’en être capable. « Ne me touche pas!! Si tu le fais, je vais me mettre à sangloter et si je me fis à ce que tu es devenu, tu ne m’en verras que plus pathétique encore. »

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MessageSujet: Re: Dead Hearts [PV]   Mer 23 Juil - 11:45

Sa machinerie interne déraille, implose dans sa cage thoracique. Son cœur de pierre semble n’être plus fait que de verre et se brise, coupant et déchirant tout sur son passage. Il sent peser sur ses épaules tout le poids du sentiment d’inachevé qui le tiraille depuis des années. Il a tiré un trait sur Elle et il lui arrive de ne plus vraiment savoir pourquoi. Qu’elle soit son amie ou sa sœur, qu’est ce que ça changeait à leur routine au fond ? Il l’aimait déjà comme telle au fond de lui. Il aurait pu s’en réjouir, y voir l’explication de la complicité innocente qui étreignait leurs myocardes à l’unisson. Mais l’annonce de leur lien de parenté lui avait fait l’effet d’un énième coup de poing de son géniteur dans les gencives. Une ultime bassesse qu’il n’avait pas vue venir. S’il parvenait à voir Sven comme un cadeau du ciel, comme son unique raison de respirer, il en allait autrement de la cadette. Tout ce qu’il voyait de bon en elle avait été souillé. Il la considérait enfant comme une délivrance, alors qu’elle n’était que le fruit des vices libidineux du patriarche. Même mort, le monstre continuait de cracher ses tripes sur lui, de l’éclabousser de sang et de lui rendre la vie impossible. Il n’avait purement et simplement pas supporté qu’elle débarque toute guillerette devant lui et lance une telle bombe à ses pieds. Petite fille noble inconsciente de la réalité sordide dans laquelle ils pataugeaient comme des porcs dans leur fange. Prête à leur donner l’aumône, à les faire vivre son frère et lui à son crochet. Il avait farouchement refusé qu’ils dépendent d’elle. C’était sans doute là, que son ego avait gonflé pour atteindre un poids disproportionné, alors qu’il atteignait à peine la taille d’un vulgaire grain de raisin auparavant. Au moment précis où sa fierté s’était rebellée. Où son orgueil avait décidé de ne plus se faire piétiner impunément, et de ne plus rien devoir à personne. Ils l’auraient distraite un temps, et ensuite ? Les parents de Théodora auraient bien fini par lui intimer de cesser cette folie, en supposant de manière fantaisiste qu’ils l’auraient laissée en entamer la toile de toute façon.

Irrité, il balaie d’un geste de main exaspéré sa longue tirade, pourtant touchante au demeurant. Il la rejette comme le reste, peu désireux de se laisser attendrir par une déclaration qui vient un siècle trop tard. « - Je ne te reproche rien. Je n’y suis pour rien si tu ne vois ton épanouissement personnel que de cette manière, que par le biais d’un homme, si tu n’as pas plus de jugeote que ça. Tu peux bien être la potiche de qui tu veux, ça m’est complètement égal. Tu peux minauder devant les caméras si ça te chante, susurrer des mots doux au peuple pour mieux les endormir, que ces imbéciles acceptent de se faire tyranniser sans rechigner et même avec le sourire. » Siffle-t-il, les nerfs effilés au couteau par une colère latente. « - Mais ne viens pas me raconter que tu étais ma potiche à l’époque. Tu étais mon amie, et c’était bien différent. » La dernière phrase a presque été murmurée, chuchotée tout bas tant il en a honte. Mais il tient à rétablir la vérité. Ils étaient sur un pied d’égalité, quand elle ne le dépassait pas. Il ne l’a pas manipulée, il n’a pas cherché à la plier à ses moindres désirs. Il l’a très certainement fait avec d’autres femmes ensuite, mais il n’y a jamais eu de ça entre eux. Certainement car comme elle l’a souligné, leur relation était purement platonique. Non, elle n’était pas sa potiche. Elle n’était pas une marionnette dont il tirait sournoisement les fils. Elle était douce, drôle, expansive, d’une intelligence vive. Elle lui faisait oublier sa misère, l’élevait pour lui donner l’impression salvatrice de n’être qu’un gamin normal évoluant avec une fillette de son âge. Un feu follet qui transperçait les ténèbres, et donnait un peu de gaieté à son sombre monde en perdition. Mais il n’avait plus vu la lumière, dès l’instant où il avait compris que son sang avarié coulait également dans ses veines. Ne le savait-elle pas, depuis toujours ? Ne s’était-elle pas joué de lui, en venant le sortir de temps à autre comme un chien galeux qu’on promène pour se donner bonne conscience et auquel on concède généreusement un semblant d’affection ? Je ne vois pas où j’ai mal agi. Mais lui le voyait, lui ne voit que ça y compris aujourd’hui.

« - Une raison de rester à mes côtés ? Parce qu’il t’en fallait une ? » Interroge t’il, blessé dans son amour propre. « - C’était facile pour toi n’est ce pas ? Petite fille de riches sans problèmes, qui se découvre une autre famille à cause de sa trainée de mère et veut les recueillir chez elle comme des cabots pouilleux. Comment j’aurais pu en être heureux, que tu aies été épargnée pendant qu’on crevait la gueule ouverte depuis tout ce temps dans le quartier malfamé ? A la dérive… Tu ne sais même pas ce que ça veut dire. » Les paroles arrogantes se déversent hors de sa bouche comme des amoncellements d’ordures, un flot discontinu de reproches et d’injures qu’il ne parvient plus à endiguer. Sa rancune a eu le temps de couver, et même de faire des petits. « - Et puis peut rien ne me dit que tu n’as pas tout inventé après tout, que tu ne l’as pas juste sorti du chapeau. » A force de tourner et de retourner les pans de leur histoire dans sa tête, il s’est persuadé avec un relatif succès qu’elle avait tout inventé. Qu’il n’y avait aucune preuve, qu’elle mentait. Que ce n’était pas possible, pas plausible.

Un soupir de mécontentement traverse ses lippes lorsqu’elle l’esquive, se laisse tomber contre le marbre froid. Ses suppliques manquent de le faire ricaner. L’inquiétude le ravage, calcine jusqu’à la plus infime parcelle de son être. Le mafieux voudrait lui être indifférent, mais s’angoisse malgré lui. L’évidence surgit, palpite et se dresse devant lui. Il a peur de la perdre une seconde fois. Il s’accroche au souvenir de leur enfance, et s’y écorche. « - Tu es déjà ridicule par terre de toute façon. Relève-toi et cesse un peu de réagir comme une enfant. » Et sans lui laisser le choix, il s’avance et agrippe son épaule saine avec détermination. Il la force brutalement à se remettre sur ses pieds, et la maintient contre sa propre carcasse pour être certain qu’elle ne trébuche pas. Le scandinave la garde plus ou moins proche, temporairement à court de haine. Il veut seulement s’assurer que l’argent ne lui sera pas fatal. Qu’elle va continuer à respirer quelque part, même s’il souhaite encore que ce soit loin de lui. Même s’il ne pourra jamais vraiment se comporter comme son ainé, ni se faire pardonner pour la fuite drastique et l’absence injustement imposée. Ses phalanges se glissent contre la plaie à vif, l’inspectent, l’effleurent. « - Je pense que la balle a juste frôlé la peau. » Assure-t-il, sourcils froncés, sans être tout à fait sûr de lui.

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MessageSujet: Re: Dead Hearts [PV]   Lun 4 Aoû - 3:34

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« Je ne te reproche rien. Je n’y suis pour rien si tu ne vois ton épanouissement personnel que de cette manière, que par le biais d’un homme, si tu n’as pas plus de jugeote que ça. Tu peux bien être la potiche de qui tu veux, ça m’est complètement égal. Tu peux minauder devant les caméras si ça te chante, susurrer des mots doux au peuple pour mieux les endormir, que ces imbéciles acceptent de se faire tyranniser sans rechigner et même avec le sourire. Mais ne viens pas me raconter que tu étais ma potiche à l’époque. Tu étais mon amie, et c’était bien différent. » Tant de mots s'écoulaient, au point de l'étourdir. Son souffle était court, autant de cette douleur qu'elle ne ressentait pas, que des émotions qui l'envahissaient. Elle la pathétique louve. Qu'avait-elle fait, si ce n'était, l'attendre toutes ses années? Se laisser percuter par la vie, par les décisions d'autrui. Elle était incapable de se libérer de cette manière de vivre. Cherchant à plaire à ceux qui voulaient bien d'elle. S'accrochant à un bourreau qui ne faisait que la torturer. Depuis qu'elle le savait en vie, n'avait-elle pas décidé de la fuir? Ne pas le revoir, lui, aurait permis de l'oublier. D'ici une vingtaine d'année. Kyran était sa faiblesse la plus flagrante. Sans le vouloir, un rire lui échappa. Dérogeant à son habitude de contrôler chacune de ses réactions devant les caméras. Seulement, Ange avait actuellement appelé pour se faire porter pâle. Théodora avait remplacé cette blonde. « Tu as raison. On était ami. Je le croyais et j'avais tellement peur de te perdre que j'ai préféré faire de toi le centre de mon univers. Je me suis moi-même rendu cette idiote qui pensait vieillir à tes côtés. C'était idiot de ma part. Mais, tu es bien placé pour savoir que je ferais n'importe quoi pour ceux que j'aime. » Sa voix dérailla sur la fin de sa phrase. Quelque chose n'allait pas, elle le sentait dans ses veines.

Pinçant ses lèvres pour mieux s'empêcher de verser les larmes qui semblaient s'entêter, la femme se demandait comment elle pouvait se montrer aussi pathétique. « Une raison de rester à mes côtés ? Parce qu'il t'en fallait une ? C'était facile pour toi n'est ce pas ? Petite fille de riches sans problèmes, qui se découvre une autre famille à cause de sa trainée de mère et veut les recueillir chez elle comme des cabots pouilleux. Comment j'aurais pu en être heureux, que tu aies été épargnée pendant qu'on crevait la gueule ouverte depuis tout ce temps dans le quartier malfamé ? A la dérive... Tu ne sais même pas ce que ça veut dire. Et puis peut rien ne me dit que tu n'as pas tout inventé après tout, que tu ne l'as pas juste sorti du chapeau. » SI son cœur n'avait pas été occupé à pomper tout le sang empoisonné de son cœur, il aurait certainement hurlé au scandale. L'arrogance paraissait jusque dans la façon de bouger la mâchoire de son frère. Un instant, elle se vit même arracher cette partie de son anatomie, pousser par la férocité de l'animal qui couvait en permanence. Même son regard se transforma, prenant des teintes sauvages qui n'apparaissaient qu'à l'approche d'un grand changement dans sa vie. Elle était peut-être mourante, mais la femme soumise commençait à voir rouge. Comment pouvait-elle encore de soucier de ce qu'il ressentait? Parce que oui, elle se demandait si c'était sa propre personne le problème et non pas l’abîme destructrice se trouvant devant elle. Respirant l'air qui aurait mieux fait de le fuir. « Réduit l'arrogance de tes paroles, morveux! Ma mère a peut-être écarté les jambes comme une traînée et j'en suis peut-être la preuve, mais le seul pouvant se permettre de la traiter ainsi préférait de loin te maltraiter jour après jour, plutôt que de lui extorquer de l'argent pour subvenir à tes besoins! Alors, ne t'attaque pas à cette garce pour expliquer tes malheurs! NE M'EN VEUX PAS D'EXISTER! JE N'Y SUIS ABSOLUMENT POUR RIEN! » Avant qu'il ne puisse réagir, elle reprit. « Je sais parfaitement ce que c'est de souffrir, malgré les apparences. J'ai passé des années à survivre à un homme qui m'ouvrait la peau pour le plaisir de jouir de mon incapacité à ressentir quoi que ce soit. Tandis que la seule personne que je croyais sincèrement intéressé à moi avait préféré tourner les talons en parfait petit lâche! Tu es né pauvre, tu as été maltraité toute ton enfance et bien, tant pis! Je m'en lave les mains. J'en ai assez de me sentir coupable d'être celle qui eue la chance de naître riche. Aujourd'hui tu manipules et violente comme ton père. Moi, je joue de mes charmes sans écarter les jambes. On est exactement ce que nos familles voulaient qu'on soit. HALLELUJAH! »

L'argent a finalement raison de ses forces, lorsqu'elle préfère s'effondrer contre le sol que de le toucher. Elle a peur de perdre le peu de contenance qui lui reste, tandis qu'il tient bon. Lui démontrant un intérêt cruel. « Tu es déjà ridicule par terre de toute façon. Relève-toi et cesse un peu de réagir comme une enfant. » L'instant suivant, elle se retrouvait contre lui, ses larmes s'écoulant en silence. Theo ne lui en voulait plus. Il pouvait lui dire encore bien des méchancetés, elle ne voyait que son Kyran prenant le temps de s'assurer qu'elle allait survivre. « Je pense que la balle a juste frôlé la peau. » Elle grimace par principe. Habituée d'imiter les réactions normales. « Je l'espère, je n'ai jamais été très résistante à ce type de balle. » Voulant marcher, avancer, bouger, faire quelque chose, la pauvre se retrouva encore plus près de son bourreau préféré. Lui lançant son regard fatigué, elle ne pu se retenir. Parlant dans cette langue qui leur était maternelle. « Je suis bien des choses Kyran, mais jamais je ne t'ai menti. Alors, déteste-moi pour une autre raison. »

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MessageSujet: Re: Dead Hearts [PV]   Lun 11 Aoû - 18:24

Autrefois, elle était tout ce dont il avait besoin. La douceur, la délicatesse qui tranchait avec les violentes bousculades et les moqueries acerbes. Elle apaisait les brûlures, réparait les meurtrissures. Pendant quelques heures, il oubliait ses malheurs. Il n’était plus une erreur de la nature, un gosse qui n’aurait même pas dû survivre à sa naissance. Il n’était plus l’ainé impuissant à protéger correctement son petit frère, qui doit se contenter de gestes aimants à défaut d’avoir le pouvoir d’empêcher les coups. Il n’était plus le pestiféré, le soumis, l’humilié. Il n’était que l’ami d’une jolie brunette qui semblait voir à travers de toutes les étiquettes poisseuses collées sur son front. Il profitait d’une accalmie salvatrice avant de retourner se geler les os sous une pluie glaciale. Désormais, elle incarne cependant tout ce qu’il fuit comme la peste. Tout ce qui l’horripile, tout ce qui lui donne des envies de meurtre. Elle parle d’amour, étale sans vergogne ses failles. Sensible et entière, elle ne cherche pas à masquer qu’il l’a profondément blessée. Elle montre même que la plaie ne s’est toujours pas refermée. Mais si elle reste l’une de ses faiblesses cachées, il ne parvient pas réellement à en être attendri. Sa tendresse ne le fait plus fondre. Ses larmes l’écœurent, ses membres qui s’alanguissent lui donnent envie de la secouer comme un prunier. Il est infiniment plus facile de haïr tout ce qu’elle est que de s’avouer qu’elle lui a cruellement manqué. Il préfère donc laisser entrer par une oreille et ressortir par l’autre les paroles touchantes de son amie d’enfance. Se dire qu’elles sont bien trop mielleuses, et les repousser odieusement du pied. Il se laisse bouffer par sa rancune, pour faire diversion avec la souffrance qui fendille lentement mais surement son palpitant. L’inutile organe se craquelle, se remplit de sang comme une vulgaire éponge. Les coutures de la vieille cicatrice gonflent, menacent de déborder et de faire imploser le forcené dans sa cage thoracique. Mais il ignore délibérément les signaux d’alerte, et aggrave le péril imminent en se focalisant sur sa colère arbitraire.

Les immondices qui se répandent hors de ses lippes atteignent cependant leur cible en plein dans le mille. Il assiste à l’étonnante transformation de la louve, la voit passer de la femme docile à la fureur pure en un quart de seconde. Il se surprend même à reculer d’un pas, lorsqu’elle déverse son courroux sur lui et lui hurle ses quatre vérités. Enfants, ils ne se disputaient pas. Ils n’avaient pas la moindre raison de hausser le ton, et même lorsqu’il s’était détourné d’elle, l’affrontement était resté à sens unique. Elle ne l’avait pas incendié, ne l’avait pas traité de tous les noms, sans doute trop sonnée et choquée pour se montrer vraiment incisive. Il découvre ainsi une facette de sa personnalité qui lui est inconnue, et comprend qu’il ignore bien des choses à propos de ce qu’elle est devenue. Il ne sait pas comment elle a survécu, ni avec qui, ni à quel point les épreuves ont pu la heurter et la changer. Pas plus que les raisons obscures qui la poussent à participer activement à la dictature en place. Littéralement enragée, la furie lui écorche les tympans, parvient à l’ébranler. Ne m’en veux pas d’exister… Il sent un terrible malaise le gagner lorsque le reproche teinte dans l’oxygène souillé. Les mots résonnent, tournoient, l’assourdissent. Ils tourbillonnent devant ses yeux. Il a la douloureuse impression de ne pas s’être comporté mieux avec elle que leur géniteur infect. Aujourd’hui, tu manipules et violentes comme ton père. Elle enfonce la lame jusqu’à la garde dans son torse, appuie et fracasse ses côtes au passage. Comme ton père, qu’elle crie dans son esprit détraqué, qu’il aimerait serrer de ses mains jusqu’à le pulvériser. Elle a parfaitement raison, le malfrat le sait. Toutes les routes empruntées l’ont mené à reproduire le désastreux schéma paternel. Barbares, éclaboussées de pourriture et d’écarlate. Qu’il évite de toucher à l’alcool - sauf rares mais remarquables écarts de conduite - n’est qu’un infime détail. Par bien des aspects le dépravé est effroyablement pire. Le scélérat se contentait de mener sa petite vie sordide sans réelles ambitions ni aspirations. Il n’était que l’ivrogne, le larbin, la brute fracassant ses fils. Si sa descendance n’était pas là pour se rappeler ses méfaits, personne ne se serait souvenu de ce pauvre type sans envergure, à l’image de tant d’autres raclures échouées sur le bitume. Il n’a fait que saccager sa famille proche. Peut-il en dire autant ? Non. Il a brisé un nombre bien plus considérable d’êtres humains. Qu’il soit capable de s’attacher, à la différence de cette vermine, ne fait pas de lui quelqu’un de plus respectable. Cela fait au contraire de lui un monstre incroyablement plus dangereux. « - Ce n’était pas l’argent le problème, t’as pas compris que j’en voulais pas de ta putain de charité ? Ni de la tienne, et encore moins de celle de ta mère. C’est que tu aies vécu sans ce parasite et pas nous qui me rend fou... C’est sans doute irrationnel de t’en vouloir pour cette injustice, mais c’est comme ça. Même après tout le temps écoulé, je sens toujours la nausée monter et mes nerfs se déchirer. » Siffle t’il à la fin du monologue de la métamorphe, agacé. Narquois, il se remémore la façon dont il a appris leur lien de parenté, l’expression joyeuse et épanouie qui marquait les traits de son amie. « - Quand je repense à ton air niais et guilleret quand tu me l’as annoncé, comme si on allait tous vivre ensemble et former une grande et belle famille. Comme s’il était possible de s’en réjouir, qu’on ait pataugé dans la misère la plus totale Sven et moi pendant que des domestiques brossaient tes boucles et vidaient tes pots de chambre. Mais bordel mais dans quel monde mièvre est-ce que tu vivais pour penser que ça pouvait être une bonne chose de partager ses gènes ? » Un ricanement furtif s’échappe de ses lèvres avant qu’il ne s’avance à nouveau, et la dévisage de haut en bas avec un flagrant mépris. Crachant sa bile pour ne pas se laisser empoisonner par l’affliction et les remords. L’automatisme est si solidement ancré qu’il ne peut rien faire pour le contrer. « - Et puis ne compte pas sur moi pour plaindre la vie que tu as mené ensuite. Quelle importance qu’il t’ait charcutée, tu ne ressentais rien de toute manière. D’ailleurs, je m’en fous royalement, de tout ce qui a bien pu t’arriver après. Du parcours initiatique de la reine des plantes vertes, toujours tirée à quatre épingles devant les caméras. »

Il aurait voulu que les inepties débitées n’en soient pas. Se moquer véritablement de son sort, et tourner les talons sans s’attarder sur la blessure par balle. Mais il ne peut s’empêcher de se rapprocher, de la relever et de la maintenir dans ses bras. De resserrer son étreinte, en glissant ses phalanges autour de sa taille. « - Le mécanisme de guérison devrait fonctionner, ça va seulement être plus lent… » Souffle-t-il dans sa chevelure dorée, se rassérénant de ce contact réconfortant avant de se reculer à l’entente de leur langue maternelle. L’une de ses mains se pose sur le ventre de la porte-parole, la repoussant relativement gentiment de sa propre carcasse. Sa paume libre vient néanmoins effacer les perles salées échouées sur son visage de porcelaine. « - Je ne te... » Commence t’il, avant de se raviser. Il a failli lui murmurer qu’il ne la détestait pas, mais il n’en est pas certain. Il est totalement incapable de cerner son ressenti, de définir nettement où il en est. La haine et l’affection se sont mélangées puis diluées, au point qu’elles sont devenues indissociables. Il tient encore à elle autant qu’il souhaite la garder à distance. « - Est-ce que tu seras capable de tenir ta langue ? Sur ce que tu as vu ce soir ? » Interroge t’il finalement, ses doigts déviant vers sa mâchoire pour forcer les retrouvailles de ses prunelles azurées avec ses sphères d’acier. En se maudissant de songer à laisser s’enfuir un membre si haut-placé du Gouvernement, et surtout le témoin d’un de ses crimes, alors qu’il devrait lui briser la nuque sèchement.

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MessageSujet: Re: Dead Hearts [PV]   Jeu 28 Aoû - 15:10

Let me go
Kyran & Theodora - You're my curse. You always come back to me and destroy me... In the same time.


La blessure sur sa peau, brûlante et écarlate, humide et béante, lui importait peu. C'était son reflet dans ses pensées qui semblaient le plus dévastateur. Ange souffrait de ces retrouvailles, d'autant plus que son corps ne pouvait pas la soutenir. Elle devrait être aidée par son aîné, par son ancien ami et confident. Une torture, pour la blonde qui ne supportait pas qu'il la touche. La douleur prenait des teintes de réel à son contact. D'autant plus, qu'à chaque attaque faiblarde de la louve, il s'enorgueillissait de lui faire encore plus mal. Préférant jeter de la haine et du poison au visage de cette pauvre loque qui avait été une femme, avant le désastre de Kyran et de ses suivants. « Ce n'était pas l'argent le problème... » Cette phrase fut à l'image de la balle qui l'avait frôlé, mais celle-ci fit touche. La laissant béante d'une mort douloureuse. Elle n'en pouvait plus. Un siècle et des poussières en animal avec cette impression de rechercher quelqu'un et lorsqu'elle le trouvait enfin, Ange se rendait compte qu'il aurait préféré la retrouver à l'état de cadavre. Sa propre loyauté n'avait-elle pas de fin? Il était un bourreau, un monstre aux émotions handicapé et son frère qui ne voulait pas de ce titre. Il était un personnage froid et un salopard de première. Il était là pour anéantir le peu qu'elle avait reconstruit de sa personnalité. Si, elle ne réagissait pas, il l'emmènerait dans un abîme sans fond de désastre. Et pour lui, Ange aurait volontiers sauté tête première. Après tout, elle était Théodora la pathétique poupée de chiffon que les hommes avaient usé avec le temps. « Quand je repense à ton air niais et guilleret quand tu me l’as annoncé, comme si on allait tous vivre ensemble et former une grande et belle famille… » Elle savait avoir parlé pour le blesser, elle avait conscience d'avoir réagi à sa présence. Lui, ne semblait qu'incapable de sortir sa tête de ses épaules. Il ne voyait que son point de vue et n'avait jamais tort. Avait-elle seulement conscience de ce qu'il faisait à l'abaissant au titre de parasite? Fébrile, elle tremblait à présent. Tant de l'argent l'infectant, que des chaînes de ses espoirs qui les étouffaient davantage. La porte-parole entendait ses rêves gémir sous cette attaque surprise. « - Et puis ne compte pas sur moi pour plaindre la vie que tu as mené ensuite. Quelle importance qu'il t'ait charcutée, tu ne ressentais rien de toute manière. D'ailleurs, je m'en fous royalement, de tout ce qui a bien pu t'arriver après. Du parcours initiatique de la reine des plantes vertes, toujours tirée à quatre épingles devant les caméras. » La louve se mit à hurler dans ses entrailles. Théo, elle, resta là... à le dévisager. Sans ajouter un mot. Le silence tombant sur lui et sa manière de l'observer avec horreur. Le dégoût transpirait dans sa gestuelle, dans ses paroles. Dans ses retrouvailles simplement. Elle était celle qu'on avait rejeté et abandonner autrefois. Aujourd'hui, elle se voyait cantonner au rôle d'une stupide riche et cruelle par sa volonté d'agir en idiote. Elle l'avait aimé. Elle l'avait soigné. Elle l'avait suivi. Elle l'avait cajolé. Elle l'avait nourri. Par amour, par loyauté, parce qu'il était la seule personne à compter à ses yeux et il la réduisait à ce rôle répugnant? Que pouvait-elle lui dire? Si, elle n'avait pas été aussi faible et aussi éprise de leur relation passée, sa part sauvage lui aurait arraché les yeux.

Figé à cet instant, ne pouvant faire autre chose que de le regarder tandis que ses larmes s'atténuaient, Ange sentait la fatigue s'emparer d'elle. À peine quelques minutes en sa compagnie et la mort la guettaient de son œil vicieux. Lorgnant sur ce qu'elle pouvait lui offrir et lui, se rapprochait dans toute sa cruauté pour mieux la soutenir et se montrer presque prévenant à son encontre. Message contradictoire et bourreau de son cœur. Il aurait pu l'achever tout de suite, plutôt que de laisser traîner son plaisir. Avec leurs paroles, elle en était venue à chercher la solitude. Elle ne voulait voir personne, ne plus entendre sa voix et se faire oublier de ce monde qui ne lui appartenait pas. « Le mécanisme de guérison devrait fonctionner, ça va seulement être plus lent... » Cette quiétude, qu'elle avait ressenti un jour à chaque rencontre, se transformait en ouragan d'émotions aussi contradictoire que lui. Lui... Qui, à peine la réchauffait-il, mettait de nouveau une distance avec son corps. Ne laissant que son ventre et ses joues à ses côtés. « Je ne te... » Une autre flèche qui s'enfonçait pour mieux la trouer. Il voulait la transformer en passoire, maintenant elle en était certaine. Il ne quoi? Il avait voulu contredire cette impression qu'elle avait, d'être détestée? Perte de temps. Son amour n'était qu'une haine dissolue dans une savoureuse sauce d'humiliation. Être aimé de Kyran, ou l'aimer était devenu une malédiction. La sienne, qu'elle porterait sûrement toute sa vie. Jusqu'à ce qu'il lui offre son dernier souffle. « - Est-ce que tu seras capable de tenir ta langue ? Sur ce que tu as vu ce soir ? » Le chemin de ses doigts ressemblaient à une lame aiguisée marquant sa mâchoire de leur présence.

Ses joues avaient eu le temps de sécher, tout comme ses yeux. Incapable de dire quoi que ce soit, la femme tituba en s'éloignant de lui. Repoussant à son tour son contact. Préférant souffrir de l'infection qui se répandait dans ses veines plutôt que de souffrir de lui. Ses limites masochiste était atteinte en cette nuit sans lune et sans espoir. Ravalant l'orgueil qui aurait pu naître de cette rencontre, Ange lui lança un dernier regard. « Je ne suis qu'une chose appartenant à un sadique et qui n'a pas le droit de protester lorsqu'on me charcute. Sous prétexte que je ne ressens rien. Je ne suis pas ta sœur cadette, ni même une fillette qui aurait grandi dans le même milieu que toi. Alors, oh grand maître de l'enfer oui... Oui, je peux tenir ma sale petite langue de politicienne. Je ne dirai rien, je ne t'ai pas vu. Je ne t'ai pas entendu. À mes yeux, ton corps est sûrement entièrement dévoré par les vers à l'heure qui est et en Slovaquie. Tu n'existes pas dans cette réalité. C'est ce que tu voulais entendre n'est-ce pas? » Prenant une respiration, elle s'éloigna encore. Allant s'adosser au mur d'un des caveaux. « Bien, maintenant que j'ai mis en évidence le fait, que ce soir n'a jamais existé et que tu peux avoir confiance en ma parole; Parce que je ne t'ai jamais trahi, ni répéter aucun des secrets qui nous ont lié autrefois... Tire-toi. Dégage! Je vais terminer ce spectacle que tu adores sans doute et me rouler en boule dans un coin le temps que ta balle arrête d'essayer de me tuer. Et parler toute seule, puisque, évidemment, c'est ce que je fais déjà. » Son regard était fixé sur le caveau lui faisant face. Ange ne pouvait le regarder. Quelque chose s'était brisé, elle ne savait pas quoi encore.

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Lose You
I woke up in tears, With you by my side. A breath of relief And I realized... No, we're not promised tomorrow.
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MessageSujet: Re: Dead Hearts [PV]   Jeu 18 Sep - 16:30

Il ne sait pas pourquoi il se montre si ignoble avec elle. Pourquoi il a tant besoin de la détruire, de la mutiler. De piétiner allègrement le souvenir tendre de leur passé. A moins qu’il ne le sache justement que trop bien. Les crachats qu’il déverse impunément s’amoncellent, s’agglutinent en un tas visqueux et gluant. Il lance des couteaux, alors qu’il en crèverait si les lames atteignaient leur cible de manière mortelle. Comme tous ceux qui ont un jour compté pour lui, il l’aime mal, bancalement. En dents de scie : un arrondi presque empreint de douceur pour faire illusion, ensuite un creux profond, puis le rebord incroyablement tranchant. C’est toujours la même rengaine, la même découpe barbare. Il ne peut pas s’en empêcher. Il n’a pas la moindre intention d’exaucer son attente, nourrie par des espoirs malsains. Il tire au contraire sur les fils fragiles qu’elle a tissés, déchire les cicatrices qui forment sur son cœur de larges plaies. Et arrache les siens par la même occasion. Les lambeaux n’étaient de toute manière pas faits pour tenir soudés, si maladroitement recollés. Que peut-il faire d’autre ? Il n’est voué qu’à orchestrer la destruction. La sienne, et plus encore celle de ses proches.

La louve féroce le regarde pourtant encore avec ses yeux innocents, et il se sent défaillir face à ses étoiles mourantes. Alors, c’est plus fort que lui. Il se contredit et se rapproche. Cadavre ambulant feignant les émotions, il éprouve à nouveau la chaleur bienfaitrice de son étreinte, mais ne parvient pas à y puiser la consolation tant escomptée. En plus d’avoir pris la rouille, le mécanisme est cassé. Inévitablement, sa cadette s’écarte et se dégage de l’emprise de ses phalanges rêches. Son monologue en dit long sur ce qu’elle ressent. Il l’a grièvement blessée. Si leur frère était là, il pourrait commenter la scène. Siffler à Théodora qu’en plus d’être un bon à rien, il est mauvais à tout. Et lui intimer de ne surtout pas se laisser abattre par ne serait-ce qu’un seul de ses traitres mots. Mais s’ils ne se connaissent pas, c’est aussi par sa faute, et la changeuse de peau n’a même pas à sa portée ce point d’appui. Il n’y a qu’eux dans ce cimetière, les témoins sont aux abonnés absents. Il n’y a personne aux alentours pour lui affirmer qu’il ne pense pas toutes les horreurs qu’il débite, qu’il en est même très loin. Personne à part lui. Sauf que la fierté, le déni et la méchanceté qui l’habitent l’en rendent tristement incapable. Egal à lui-même, seule la pérennité de son trafic semble lui importer. Il n’oppose ainsi aucune résistance quand elle s’éloigne. Ce n’est pourtant pas son secret qui lui ronge les os et en entame la moelle. C’est d’avoir frôlé un fantôme du bout des doigts qui le glace, c’est l’impression que le passé sur ses talons a fini par le rattraper. Ils n’ont plus rien des gamins d’autrefois, mais revoir son ancienne amie rouvre une brèche qu’il pensait depuis longtemps scellée et condamnée.

L’esprit hagard, il ne doit son salut et sa perte qu’à la colère qui le consume tout entier. Elle n’a même plus de nom tant elle est dotée de visages différents. Au gré des humeurs, des rencontres et des contrariétés. Elle prend le dessus sur ses scrupules. Le venin figé dans ses veines recommence à s’écouler, huile à nouveau le moindre recoin de la machine. Ange avait raison. Le scandinave lui en veut d’exister. « -  Tu voulais dire en Norvège je présume... » Ne peut-il s’empêcher de ricaner lorsqu’elle va jusqu’à mélanger ses repères géographiques. Le misérable bougre se sent sans doute plus malin en la rabaissant, plutôt qu’en esquissant un geste mature vers la réconciliation. Il n’a pas d’excuse à lui offrir de toute manière, il ne se replie que derrière de fausses justifications. Refuse d’admettre ouvertement qu’il a saccagé sans raison valable leur ancienne complicité, et en beauté de surcroit. A croire qu’il ne peut décidément rien faire ni ressentir à moitié. « - C’est exactement ce que je voulais entendre. » Assène-t-il en hochant la tête, ravalant ses restes de bile et de considération pour elle, quitte à ce que les palabres perdues lui étranglent la tranchée. Peu désireux de relancer la joute verbale qui les menait droit dans le gouffre. Il ignore s’il peut véritablement lui faire confiance, en dépit de ce qu’elle affirme. La rancœur est propice aux trahisons en tous genres, il le sait mieux que personne. Mais il n’a d’autre choix que de serrer la mâchoire, il ne peut pas achever sa basse besogne. Le vide  que son absence a creusé dans sa piètre existence est suffisamment oppressant pour qu’il n’aille pas jusqu’à creuser sa tombe, et s’enterrer avec sa dépouille injustement malmenée. Soigneusement, il esquive son regard d’acier pour éviter d’y plonger et de s’y noyer. Ce bleu acéré dont les Hogan héritent malgré eux, et qui peut être porteur d'infectes souillures comme d'un profond réconfort. « - Tu ferais mieux de rentrer chez toi au lieu d’errer ici comme une âme en peine. Personne ne te demande de t’apitoyer sur ton sort à ce point-là. » Souffle t’il en reculant de quelques pas, avant de tourner les talons et de bifurquer entre deux stèles. Hors de la vue de la blonde. Accaparé par la politicienne, il en avait oublié ses sbires, qui doivent maintenant considérablement s’impatienter. L’entretien n’a duré que quelques minutes, et il a néanmoins l’horrible sensation qu’il a eu le temps de régresser de plusieurs siècles.


| TOPIC TERMINÉ.

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