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  Nothing ever lasts forever [PV Leksi]

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MessageSujet: Nothing ever lasts forever [PV Leksi]   Dim 13 Juil - 23:56

Belle ambition, tourner le dos à l’inévitable. S’enfoncer dans des eaux troubles jusqu’à ne plus percevoir la surface, le ciel et la berge. S’isoler au fond d’un gouffre ne change rien. Mais quelle solution alors ? Les alternatives s’habillent de vices récemment dans l’esprit dérangé du norvégien. Comme un spectre qui se joue de lui, son besoin d’abandon se fait oppressant. Rendre les armes au pied de ses vertus, une fatalité héréditaire qu’il ne peut ni calculer, ni tolérer. Mauvaise orientation pour un prêcheur vantant la qualité de sa vision. De toute manière, cette direction est aussi dangereuse que celle des dernières semaines qui le pousse à braver son idéologie alimentaire. Autant revenir en arrière, reprendre le troc énergie et moral qui le décevait au moins à part égale. Déficit de bénéfice dans cette cause perdue d’avance. Ne pas se nourrir affaiblit davantage son état psychologique. Il ne désire pas remonter de ses abimes cela dit. Peut-être n’est-ce qu’un suicide moins abrupt, doux à entretenir, peut-être est-ce un appel de détresse. Mais à qui serait-il adressé ? Personne sur sa droite, personne sur sa gauche. Sa solitude ne s’est jamais autant égosillée qu’en ces moments de déroute asphyxiante. Ce passage par la case prison pour ne jamais retomber sur la case départ. Effondrement de ses dernières murailles de volonté et d’endurance. Il ne tient plus la distance et blâmer les barreaux est d’un ridicule consommé. La vérité, c’est qu’il ne voit plus l’intérêt de se supporter si même Sanjana préfère Kyran au reste du Monde. Pourquoi en aurait-il été autrement de toute façon ? L’urgentiste ne l’a jamais pensée au-dessus des autres, au contraire. C’est évident qu’elle a de mauvais goûts en matière d’amant ou peu importe l’appellation qui sied mieux à cette relation. Pourquoi a t-il accordé la moindre once de crédit à cette histoire peu surprenante au fond ? Il préfère l’ignorer. Il préfère croire que c’est surtout cette catastrophique vidéo dans ce parc traitant de son méfait qui le condamne à se détester un peu plus ardemment encore.

La nuit a été longue à l’hôpital et les tentations, multiples. Combien en a-t-il gaspillé aujourd’hui ? Tant d’âmes en route pour l’absolution, tant de possibilités discrètes de ne plus souffrir de cette faim. Il n’en a saisie aucune. Peu louable, cette crainte de finir par se trancher lui-même la gorge s’il reprend son activité là où il l’a arrêté. Arrêt relatif, de toute façon, vu qu’il guette en rêve, les songes d’Enya afin de survivre. L’instinct de survie surpasse la conscience morale, il en est malade. Quitte à déguster de sa fièvre, autant en retirer le positif. Un cheminement parmi un millier d’autre tandis qu’il reprend le chemin de son appartement. Ses horaires décalés dérèglent son cycle nocturne alors que seules ses nuits répondent à ses besoins primaires. Cette journée déjà entamée semble le narguer. Et dire, qu’il lui suffit de se pencher, d’attraper ce poignet qui dépasse, cette nuque qui s’incline. Il suffit de se laisser aller, de ne pas réfléchir et d’être pour une fois. Simplement d’exister et peu importe la nature de cette entité, humaine, animale, monstre. Ezra est proche de son point de rupture. Sa respiration s’emballe. Pesante, déjà décomposée par ce qu’il est, presque primitive. Ses doigts frôlent un homme, ses muscles se contractent, sa veine palpite et… Et cet étranger se retourne, les mains sur la poche de sa veste qui renferme sûrement son argent. Les mortels croient qu’ils n’ont que ça à protéger. Leurs possessions matérielles sont dérisoires, ils ne pensent pas à leur valeur humaine. Le jeune homme le toise un instant du regard. Sa faute est entière pourtant, il a voulu s’en prendre à bien pire qu’à son portefeuille. Il finit par bifurquer à l’intersection avant que son opposant ne lui manifeste son mécontentement.

Proche. Trop proche du rebord, à deux millimètres du précipice, il s’est vu lui dérober de son essence pour mieux avancer. Il doit rentrer et précipitamment. La créature s’anime dans sa cage thoracique, lui déchire les entrailles quand il se met à marcher à vitesse effrénée. La fatigue plombe sa démarche à quelques reprises et ses pulsations peinent à maintenir un rythme cohérent. Son corps est à bout. Quand on le bouscule, il se voit agripper la gorge de l’étourdie. Les images se succèdent avec violence et brutalité. Dangereuse anomalie poursuivant sa course. Dans la tiédeur de son immeuble, il se surprend à stopper ses pas pour reprendre son souffle manquant. D’un revers de main, il dissipe la sueur sur son front et grimpe lourdement, un à un les escaliers jusqu’au troisième étage. Une silhouette se dessine non loin de sa porte. Assez familière pour que l’inquiétude s’allonge au milieu de son harassement. Il en oublie cet épuisement pour se consacrer à cette apparition pour le moins surprenante. Quelques enjambées et il est devant lui, plus livide que jamais, anticipant forcément la nouvelle tragédie. Ses salutations prennent alors la forme d’une question empressée. « Que s’est-il passé ? » La gravité des faits lui échappe mais jamais son ami ne se serait présenté sans un motif valable. Le pessimisme en bandoulière et cette propension à penser aux prochains drames. Aleksi est suffisamment relié à son frère pour craindre le pire malheureusement. A quoi s’attend-il ? Il ne sait à quelle appréhension se ranger. Qu’il soit arrivé à quelque chose à son invité surprise ou qu’il se soit produit quoique ce soit pour son aîné. Il en est toujours à ce stade où il pense qu’il ne pourra digérer la mort du mafieux. Il aurait dû être prêt à entendre une telle révélation pourtant entre les dégâts au passé et au présent. Mais qui est le blessé ? Les prunelles décharnées de l’ancien peacekeeper se fixent dans celles de l’informaticien. La peur irrationnelle qui le ronge, le fait froncer les sourcils tandis que déjà, ses doigts jouent avec ses clés. Il ne le fera entrer que lorsqu’il saura qu’il ne doit pas faire demi-tour pour n’importe quel motif invoqué. Il s’attend à peu près à tout. Mais peut-être pas à ce qui se mijote réellement.

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Dernière édition par Ezra S. Reilly le Dim 10 Mai - 18:10, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Nothing ever lasts forever [PV Leksi]   Lun 14 Juil - 20:49


La porte a été claquée. Refermée sur un tas d’infamies et d’ignominies qui me blessent encore et me transpercent la gorge. Mes propres paroles résonnent dans mon crâne, alors que je reste planté là. Assis sur ce matelas miteux, à regarder sans vraiment le voir le décor environnant. J’ai mal. Physiquement, mes plaies ne se sont pas totalement résorbées, l’énergie absorbée n’était pas suffisante pour réparer l’étendue des dégâts. Mentalement, je me détruis de l’intérieur. Morceau par morceau le système est en train d’être démantelé. Quelque chose s’est brisé, quelque part sous la chair, je le sens. La colère grouille encore et toujours, impassible elle me dévore le cœur. Les images immondes que j’ai pu récolter dans la mémoire du norvégien n’ont de cesse de me hanter. Elles me donnent la nausée et l’envie irrépressible de forcer mes pouces à me crever les yeux. M’aplatir le crâne jusqu’à ce que tout s’arrête. Mes mains tremblent lorsque je les contrains à se lever, légèrement. Un infime rire nerveux m’échappe, et j’abandonne l’horrible idée dans un coin de mon cerveau détraqué. Un massacre de plus, en si peu de temps, même sur ma propre personne, cela serait de trop. Le silence qui règne dans cette pièce est lugubre. J’ai froid malgré la chaleur étouffante. Après un raclement de gorge, je me lève enfin, et farfouille dans les affaires étalés dans un coin quelque chose à me mettre sur le dos. Il avait prévu son coup. Préparé ma sortie depuis suffisamment longtemps pour que tout soit parfait. Le geek qui resterait enfermé dans une chambre sordide, encerclé par ses amis les drogués, les dealers et les catins. Il avait prévu son coup. Comme à chaque fois. Le simple fait de penser à Lui fait revivre ma colère. Elle me titille la trachée, pousse mon poing à se serrer et mon cœur à se comprimer violemment dans ma poitrine. J’en retiens un soupir, et reste là, à genoux dans la poussière, la main posée sur le misérable sac à dos qui contient à lui seul toute mon existence. Et maintenant, que vais-je faire ?

L’agitation du centre-ville me détruit. Tout cet afflux d’énergie qui n’a de cesse de se heurter contre moi. Ces odeurs, et tous ces cœurs qui battent à des rythmes différents pour jouer la plus enivrante des mélodies à mes oreilles. Fou que je suis d’être venu me perdre ici. Je ne sais même pas ce que je fais là. Je me suis irrémédiablement éloigné du nord de la ville, et par-dessus tout de ce maudit quartier qui m’aura abrité pendant des mois. Pendant un temps, la pensée de rejoindre mon ancien appartement m’a frôlé l’esprit. Avant d’être bien vite avortée : il n’y a plus rien. Vendu, peu de temps après mon embauche clandestine et la mort de Fanny. Je ne supportais plus de rester là-dedans. Et après ce que j’ai pu voir, ce que j’ai appris dans les tréfonds de la mémoire de Kyran, je n’aurais pas pu rester entre ces murs sans voir mes nerfs se liquéfier. Ma sœur. Elle a été mon second choix. Avec un peu de bonne volonté, j’aurais facilement pu trouver son adresse. Et après ? Frapper à sa porte et lui demander de l’aide m’est impossible. Autant aller me réfugier chez le premier inconnu croisé, le résultat serait le même. Non. Il a été mon premier choix. Malgré toutes les autres options qui sont venues parasiter ma décision, c’est à lui que j’ai pensé en premier. Le frère de mon ancien tyran. L’ironie de la chose me fait esquisser un infime sourire alors que j’extirpe un papier chiffonné sur lequel se trouve griffonnée une adresse. Mon cœur s’emballe lorsque je franchis la porte et grimpe les marches jusqu’au troisième étage. A nouveau, le silence m’entoure. Et je commence à me dire que je viens de faire une énorme erreur. Pourquoi m’ouvrirait-il ? Après ce qui s’est passé dans le parc. La révélation du stupide journaliste qui accuse Ezra d’un meurtre qu’il n’a pas commis. Je m’en veux plus encore d’avoir été aussi félon. Aucune réponse ne me parvient lorsque je frappe contre le panneau de bois. L’attente me parait interminable et lorsque je me décide enfin à faire demi-tour, des bruits de pas viennent se glisser contre mes oreilles. Inconsciemment, je retiens mon souffle et fixe le bout du couloir. La pression se relâche et la machinerie reprend son cours lorsqu’une silhouette familière se dessine enfin. La question me prend de cours. Je n’avais pas prévu la suite. Je ne sais pas quoi lui répondre. Je cille, stupidement, regarde ailleurs un instant tout en essayant d’assembler des explications logiques et concises.

« - J’ai eu des problèmes avec le Gouvernement. Et je viens de perdre mon boulot. » Un rapide résumé de la situation. S’il a vu l’émission du pantin comique, il sait. Il sait de quoi on m’accuse. Ce que j’ai fait. Et la nature de l’emploi que je viens de perdre. Je me sens affreusement ridicule et vulnérable. Je m’échine à triturer mes doigts, bêtement, évitant son regard depuis qu’il est arrivé. Après une profonde inspiration, je me décide enfin à croiser ses prunelles et à lâcher dans un soupir : « - Kyran m’a viré. » Que c’est douloureux de l’entendre une nouvelle fois. Que c’est pathétique de se sentir à ce point vidé, et détruit par un renvoi. Viré à tous les niveaux. Je L’ai rejeté aussi, laissant une impulsivité d’ordinaire sous contrôle prendre le dessus sur ma raison. Je ne sais pas ce que j’espérais en venant ici. Je secoue la tête, fatigué par ma propre bêtise, le poids de ce dernier mois pesant de nouveau sur mes épaules. La satiété n’aura duré qu’un temps, et devoir reprendre mon rôle de misérable voleur me retourne l’estomac.

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MessageSujet: Re: Nothing ever lasts forever [PV Leksi]   Dim 20 Juil - 11:08

Il analyse ses yeux pensant y trouver son âme en chemin mais il se butte à cette vulnérabilité qui engendre sa propre déroute. Aleksi a toujours été en grande partie un reflet dans un miroir rayé et rongé par le passé. Figée, cette image continue de se fissurer à mesure que le temps passe. Il voit les craquelures, peut en déguster la profondeur, en admirer la détérioration des teintes et il ne pense pas que ça soit lié à une quelconque disparation des symptômes. Le finlandais ne s’évapore pas parce qu’il s’écarte de son sentiment, il se ternit comme lui. La respiration d’Ezra semble pesante quand il agrippe l’air. Ses poumons s’alourdissent dans sa cage thoracique comme habités par des poids d’une valeur inconnue. Il porte en lui les fractures du temps et une inquiétude qui dépasse l’entendement. Crainte qui se dissipe et croît pourtant aussi vite. Pas de mort, certes. Sa main s’étale lentement sur son visage pour y ôter vainement toute trace d’angoisse tandis qu’il jauge son ami avec un peu plus de compassion.  Personne n’a été épargné par cette mascarade. Adepte du gouvernement, oui mais pas tout  à fait aveuglé pour en approuver tous les travers. Les médias sont une chose puissante de ce Siècle et il l’a appris plus d’une fois à ses dépens. Ce petit show n’a finalement servi que leur cause et n’a aidé personne. Sûrement qu’ils n’ont eu que ce qu’ils méritaient, lui et l’informaticien. Il ne le blâme pas pour son opinion érodée et ce mauvais jugement qui l’a poussé à comploter contre l’autorité comme le dit la rumeur médiatique. Il sait qui tire les ficelles derrière ce genre d’acte et il sait à quel point il est perdu. Tellement similaire à Sven. A moins que ce dernier ne passe son temps à se focaliser sur les ressemblances sans réaliser toute l’ampleur de la situation. Il oublie qu’ils restent sensiblement différents. A tel point qu'il ne soupçonne aucunement la nature de cette relation qui unit son frère à ce jeune homme alors que la vérité est réellement déductible. Peut-être refuse-t-il de la constater.

Le norvégien fait quelques pas dans sa direction  et s’arrête quand il complète sa pensée. Son regard tombe enfin sur le sac qu’il transporte et il se mord l’intérieur de la joue comme pour se punir de partager du sang avec quelqu’un d’aussi insensible. Insensibilité héréditaire et il ne se cache pas d’en démontrer les nuances à plusieurs reprises. Mais pour l’heure, il est loin de la malédiction familiale tout en goûtant cependant, toujours aux conséquences. Il ne dit pas un mot quand il passe devant la silhouette pour glisser les clés dans la serrure. A la moindre contraction musculaire, son corps semble prêt à défaillir. Sa main gronde quand il sert avec un peu trop de force son trousseau. Sa fatigue ne sera pas immédiatement apaisée pourtant. Le visiteur inattendu mérite toute son attention. Il lui avait promis d’être là le jour où il aurait besoin de lui. Il lui délivre son antre et l’invite à y entrer le premier d’un geste de la tête. L’urgentiste attrape la lanière de sa sacoche et la passe au-dessus de sa tête afin de la poser dans son coin habituel, près de l’entrée. Simple mouvement qui lui arrache un long soupir. Ce geste lui a grillé un peu plus d’énergie. Être en vie est éprouvant.

Son studio a beau abriter un certain confort et une certaine modernité dans le design austère qu’il doit à ses économies antérieures, il est plutôt étroit. Deux pièces seulement. La cuisine se présente à eux directement sur leur gauche quand ils passent le pas de la porte. Il s’oriente automatiquement vers la table qui trône tout près des fourneaux et tire une chaise ignorant si ses jambes pourront le soutenir indéfiniment. « Assieds-toi. » Ce n’est pas un ordre, juste une proposition. Les tons qui se déclinent dans les gris offrent à l’atmosphère déjà morose, un peu plus de relief. Épuré, rangé dans les moindres détails et surtout glacial autant par ses teintes froides que par l’absence évidente de décoration murale, son modeste logis est aussi impersonnel que strictement bien entretenu. Le fauteuil un peu plus loin se délecte de la baie vitrée qui longe tout le pan gauche et si il ne sait pas proposé de le hanter, c'est bien parce que la chaleur des rayons risquent d'amplifier sa propension à la somnolence. L’ancien métamorphe s’assied dos à la cuisine et à la porte d’entrée, s’offrant une vue quasi parfaite sur son lit tout au fond à droite du lieu. Morphée le tente donc un peu plus mais il ignore ses appels incessants pour se concentrer sur son interlocuteur.

Il fronce les sourcils durant quelques secondes en cherchant des mots qui ne parviennent à émerger au milieu de sa confusion. « Tu as bien fait de venir… » Soudainement mal à l’aise d’être devenu l’hôte, il conscientise qu’il n’a rien à lui offrir. Il ne remplit évidemment plus son frigo depuis qu’un zombie a cru bon de lui déchiqueter le flanc droit. Ses placards sont aussi déserts que sa carcasse. Embarrassé devant ce constat, il se passe une main sur son avant-bras. « Ça fait longtemps qu’il t’a mis à la porte ? » Lui offrir son oreille et un peu de réconfort compensera peut-être l’absence des coutumes conventionnelles. Au milieu de tout ce patchwork pour des considérations multiples, il réalise que lui aussi sait désormais le lien qui l’unit au mafieux. Etrange de venir le voir, non ? Il ne l’associe pas à lui ? Ou peut-être que si, justement. Le propriétaire des lieux ne sait à quel avis se ranger et préfère, pour une fois, prendre les devants à ce propos. « Les médias ont semé la pagaille... »  Il redresse les yeux dans sa direction mais les mots ne parviennent finalement pas à franchir sa bouche. Il n’a pas envie de souligner l’évidente affiliation, ni de savoir ce qu’en pense son ami. Il finit par grimacer et recommence à glisser sa paume sur ses traits tirés. Peut-être pourra t‘il lui trouver un petit boulot à l’hôpital bien qu’il doute que qui que ce soit veuille engager un résistant et encore moins écouter un assassin devenu le pariât de sa profession. Un léger rire un peu inquiétant s’égare dans sa gorge le temps de quelques secondes. Ils forment un beau tableau, le meurtrier et le hacker. Au milieu de son incohérence interne, il se surprend à murmurer « Je suppose qu’on échappe jamais tout à fait à ce qu’on fait ou ce qu’on est. »  C’est ce que le gouvernement a voulu leur rappeler avec son émission. Quant à savoir si il peut aider Aleksi… Il l’espère tout en réalisant que de bien des façons, il est la plus mauvaise personne pour remplir ce rôle.

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MessageSujet: Re: Nothing ever lasts forever [PV Leksi]   Mar 22 Juil - 21:27

Les neurones en pagaille, la machinerie tourne à plein régime. Triture des phalanges qui n’ont rien demandées, si ce n’est d’être laissées tranquilles dans leur coin. Je me demande encore ce qu’il m’a pris de venir ici. Pourquoi ai-je pris le risque insensé de venir demander l’aide de Son frère ? Quand le plus judicieux aurait été de m’éloigner de tout ce qui pourrait me rappeler Kyran. Il lui ressemble, un peu. Maintenant que je suis là, à détailler la silhouette de l’urgentiste. Ses traits tirés ont quelque chose de commun avec la glace qui habite ceux de Kyran. Je ne m’attendais pas vraiment à ce qu’il me laisse entrer. La discussion aurait pu s’arrêter là, ou s’éterniser sur le palier. La clé tourne, le bruit qu’elle émet me met mal à l’aise et fait courir de légers frissons le long de mon échine. Mes doigts se resserrent contre le sec que j’agrippais déjà avec hargne. Par crainte de sombrer peut-être. Je lui emboîte le pas une fois la porte ouverte. Me glisse à l’intérieur avec la prudence d’un invité qui ne se sent pas vraiment à sa place. Ma simple présence en ces murs me donne la sensation de troubler un ordre bien établi. De n’avoir rien à faire ici. Le nœud coulant qui enserrait ma gorge avant que je ne franchisse la porte devient encore plus présent. Il m’étouffe et m’oblige à avaler ma salive avec difficulté. L’inspection des lieux est rapide. Infime. Je me fiche de savoir à quoi ressemble son appartement. Je sais seulement que l’on est loin du luxe indécent qui règne dans la forteresse de Kyran. Je suis tombé sur le mauvais norvégien. La pensée me fait esquisser un infime sourire et je me décide enfin à m’installer sur la chaise qu’il m’a présentée. Laissant tomber au passage mon sac à côté de moi. La lassitude revient au galop, comme si cette pause soudaine venait de me vider d’une partie de mon énergie. Le trajet jusqu’ici s’était déjà chargé de grignoter mes forces. Prendre la décision de demander de l’aide à Ezra a aussi fait partie de cette chute de vigueur. Je suis en train de m’enfermer dans une lugubre mélancolie. Je me laisse submerger par une situation qui me dépasse et qui m’affecte bien plus que je ne l’aurais jamais pensé.

Le silence qui s’installe entre nous renforce mon malaise. Et même si l’envie de dire quelque chose, la moindre petite chose qui me passe par l’esprit devient pressante, les mots refusent de franchir mes lèvres. Ils se heurtent contre mes dents qui restent insensiblement hermétique à la détresse des paroles qui meurent sur ma langue. Je ne sais par où commencer à vrai dire. M’épancher ne servirait à rien. Et il y a des choses qu’il ne doit pas savoir. Je me mords la langue, et une vague de surprise se glisse sur mes traits lorsque les paroles d’Ezra se glissent jusqu’à mes oreilles. Bien fait de venir ? Ces simples mots m’arrachent un léger sourire. Une légèreté de passage qui s’efface dès que la question est posée. Longtemps ? Quelques heures ? Une journée ? Un mois ? Je n’en sais rien. L’annonce date de ce matin, c’est une certitude. Mais je sais pertinemment que mon sort a été scellé dès l’instant où la vidéo  diffamatoire a été diffusée. Il n’attendait que cela. Un faux pas de ma part pour justifier mon renvoi, et éloigner l’ignoble tentation que je pouvais représenter de Sa vue. Ma mâchoire se crispe un peu plus, les dents grincent et je serre le poing. Le geste est mécanique, presque instinctif. Les envies de meurtres éprouvées lorsque je Lui dérobais son énergie reviennent me hanter. Elles poussent mon cœur à accélérer la cadence et mon souffle se perd quelque seconde dans les limbes d’un rythme erratique.

« - Officiellement depuis ce matin. Officieusement, il préparait ma sortie depuis des mois… » La froideur acerbe avec laquelle je m’exprime me surprend. Le détachement qui est aussi venu se glisser dans mes mots a quelque chose d’effrayant. Je m’efforce de me convaincre que le mieux est de Le rayer totalement de mon existence. Et je constate que l’exercice se révèle, pour le moment, moins ardu que prévu. Je sais pourtant que la chute sera vertigineuse. Une fois la rancœur et la colère dissipées, il ne restera plus qu’un champ de ruines juste bon à me dévorer de l’intérieur. Je ne peux qu’acquiescer en entendant la suite. Le malaise se renforce, et je m’en veux avec encore plus d’ardeur d’avoir laissé Ezra porter le sombre chapeau de ma folie. J’ouvre la bouche, à peine, et la referme aussitôt. Ravalant l’aveu venu se coller sur mon palais. Pas maintenant. « - C’est là leur fonction première. La vie serait tellement banale sans tout le venin qu’ils peuvent distiller. » La prétendue désinvolture refait surface et s’accompagne d’un infime haussement d’épaules dans sa direction. Je soutiens son regard, malgré l’envie de fuir ses prunelles et de m’abimer dans la contemplation stupide du décor. Je le savais, depuis bien longtemps, qu’il partageait le même sang et les mêmes gênes que Kyran. L’avantage de pouvoir se changer en fantôme et se faire oublier du reste du monde : on entend des choses qui ne devraient jamais être entendues. L’annonce du journaliste n’a fait que renforcer ma certitude. Je ne m’étendrais pas sur le sujet, le simple fait de faire trotter Son prénom dans les méandres de mon cerveau ravagé, me serre le cœur.

« - Je n’en suis pas totalement sûr. » Mon regard se perd dans le vague, quelque part sur la table entre nous. « - Dans mon cas, je sais qu’il m’est impossible d’échapper à mes travers. » La lassitude perce, fait trembler légèrement ma voix. En m’éloignant de Lui, j’espérais pouvoir me défaire de mon addiction. Si je parviens en m’en défaire, elle sera immédiatement remplacée par une autre. Bien plus meurtrière que toutes celles existantes. Sous la lave en fusion de la colère, le fossé de l’absence est déjà en train de se creuser.

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MessageSujet: Re: Nothing ever lasts forever [PV Leksi]   Jeu 24 Juil - 16:37

Les secondes s’engrangent et il y a dans ce silence d’ordinaire si impersonnel, une dimension intime qui coud méthodiquement la bouche de l’hôte de la ficelle la plus fragile – celle de l’embarras. Témoin régulier des peines que son frère cultive dans les plaies des autres, ouvrant parfois la chair lui-même pour mieux pulvériser les terres stériles d’engrais chimique, infectant son porteur qui développe instantanément les germes de cette tragédie. La récolte est fructueuse et la racine de ce mal sillonne la rétine éteinte de cet homme tellement désorienté qu’il a fini par atterrir chez le benjamin de son bourreau. Ezra espère qu’il est là pour les bonnes raison, que son amitié donne du sens à cette scène improbable. Si dans le cas contraire, il est installé à cette table pour tout le reste, il risque d’aggraver les dommages. Le norvégien situe aisément ce point de rupture qui semble tellement proche dans la voix de son interlocuteur. L’acrimonie se délecte de sa gorge, s’allonge contre les parois et tisse son nid. Lui aussi abrite un essaim du même acabit dans son larynx. Il est doué dans ce domaine le tyran, agriculteur du désespoir, éleveur de déception. L’urgentiste sait qu’on ne peut être désappointé que par les personnes que l’on estime et quelque part, sous cette carapace que le crime et les vices ont constitué, il reste des traces de cet être qu’il a autrefois idéalisé. Il se garde bien de l’avouer. Néanmoins, il lui faut reconnaître cette vocation à Kyran de parvenir à insuffler le chaos partout où il pose le bout de sa semelle. A croire qu’il en est réduit à perpétrer le schéma paternel. Au moins, aucun d’eux n’aurait engendré la descendance de cette lignée malsaine, au moins, la boucle serait coupée à leur mort. Les Hogan et leurs méfaits s’éteindront quand ils auraient rendu leur dernier souffle. Une chance pour l’humanité et un réconfort réel pour Sven.

Le mutisme de l’ancien métamorphe se prolonge quand son comparse poursuit. Inutile d’étreindre un débat stérile qui viserait à les séparer à propos du gouvernement. La politique n’a pas sa place entre eux aujourd’hui. Il doit garder Aleksi proche après tout. Par attachement mais aussi sûrement par besoin de réussir là où le mafieux a échoué. Il est tout aussi certain de ne pas pouvoir rabibocher l’informaticien que de parvenir à au moins, l’éloigner de cette influence néfaste. Il remercie d’un regard son acolyte pour ne pas avoir soulevé l’évidence concernant ce chapitre sur Danny Clocker et ses petites confidences. Il se redresse un peu alors soulagé et réalise d’un même mouvement que le poids de cette entrevue, exerce sur ses épaules assez de pression pour qu’il se soit tassé sur sa chaise. Sa lassitude le fait légèrement sourire avec ironie quand son interlocuteur répond avec  la même fatalité dans le timbre à sa remarque tout à fait rhétorique. Sont-ils aussi fichus que ça ? Sûrement et pourtant, le scandinave refuse de le reconnaître à voix haute. Comme si le déposer de l’air risquait d’attirer leurs démons. Ce n’est pas tout à fait l’heure de la chasse. Plus tard, peut-être. « Bien sûr que si. Il n’y a rien d’impossible, c’est toi qui t’impose tes propres limites, Aleksi. Tu n’es pas aussi condamné que tu le crois. » Son optimisme est aplati par son manque de convictions évident. Pas en lui directement mais plutôt face à tout. Découragement journalier qui se répète depuis qu’il a fait la connaissance de zombies affamés.

Les tic-tacs dérangeants de l’horloge perchée à quelques pas de là rythment l’absence de discussion avec une régularité qui d’ordinaire calme l’esprit tourmenté du jeune homme. Pour l’instant, il semble seulement lui faire remarquer qu’il s’obstine à la passivité alors qu’on réclame sa main. Il relève prudemment les yeux alors  vers son invité et finit par se relever avec lenteur. La pièce tangue quelques instants, le forçant à fermer les paupières une poignée de secondes et se fige assez ensuite pour envisager quelques enjambées vers la fenêtre la plus proche. C’est plus facile d’attaquer les sujets sensibles loin des prunelles troublées du finlandais. «  Kyran n’a jamais été un modèle de … » Les doigts de l’infirmier coulissent sur son visage cherchant la lucidité autour des contours austères de sa mâchoire. « Stabilité. Forcément… ça ne pouvait finir que de cette façon. J’en étais toujours persuadé, c’est ça que je craignais. C’est pour ça que j’ai tenté de t’en parler à plusieurs reprises.  » Parce qu’il a toujours su, parce qu’il connaît son frère. « Il n’a jamais réussi à garder les bonnes personnes près de lui. C’est un peu une malédiction. » Un léger rictus triste se dessine sur ses lèvres tandis qu’il s’adosse à un meuble pour rationaliser le peu d'énergie restante et faire par la nouvelle occasion à nouveau face à son complice. « Mais tu n’es pas venu ici pour m’entendre te sermonner ou détériorer l’image de mon… » Il déglutit soudainement et aspire un peu d’air en effaçant à nouveau la sueur qui dérange son front d’un revers de main. Sa langue claque quand il reprend. « De Kyran. » Le spectre de la vérité rôde et il ne veut surtout pas tomber sur ce terrain. C’est pourquoi il recentre les enjeux. « Si tu as besoin d’un endroit où rester… Bien que mon canapé est loin du luxe que tu as pu connaître mais je pense qu’il fera l’affaire. Enfin, si tu le souhaites bien entendu. » Son regard se fait interrogateur avant de s’adoucir quand il cueille à nouveau une plaque de tristesse dans les yeux voisins. « Je t’avais promis que je serais là le jour où tu en aurais besoin. J’honore toujours mes promesses. » Son ton solennel tranche avec la douceur de ses traits. Il a l’impression de ne plus savoir être humain depuis qu’il est devenu cette créature infâme. C’est pourquoi il apprécie à leur juste valeur ces moments particuliers et rares où il peut encore se prouver ne pas être dénué de compassion. C’est en côtoyant  des personnes comme Aleksi qu’il peut s’améliorer. Chose que Kyran n’a, semble-t-il, jamais compris.

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MessageSujet: Re: Nothing ever lasts forever [PV Leksi]   Dim 17 Aoû - 20:53


La réplique a quelque chose d’amusant. Une pointe d’ironie qui vient teinter la voix de l’urgentiste alors qu’il ne semble pas convaincu par ce qu’il vient de me lancer. Je ne suis pas totalement idiot. Je me suis condamné le jour où je me suis assis devant un ordinateur. Le jour où j’ai fourré mon nez dans les entrailles d’une machine pour en comprendre le fonctionnement et en faire un engin de guerre. Je me bride, me force à rester dans les règles imposées par la normalité pour ne pas sombrer encore un peu plus. Mais au fond, j’ignore mes limites. J’ignore ce qu’il adviendrait si je lâchais la bride pour laisser libre cours à mes délires informatique. D’irrépressibles frissons se glissent le long de mon échine, les doigts glacés de la crainte me caressant la nuque avec une douceur qui me met encore plus mal à l’aise que je ne pouvais déjà l’être. Je m’agite sur ma chaise, tente au passage de trouver une posture capable de me donner un semblant d’aplomb sans m’être trop inconfortable. C’est indéniable : il m’intimide. Trop de choses se glissent dans le tableau chaotique de la relation qui m’unit à Ezra. Trop de choses qui viennent glisser son très cher frère entre nous. Le malaise s’accroit encore un peu et je me racle la gorge tout en secourant légèrement la tête. Pas aussi condamné… Dix ans derrière des barreaux. Et une peine que je continuerais à purger si le monde ne s’était pas effondré. Le jugement prononcé il y a onze années en arrière continue de me vriller les tympans. Les mots assassins et tout ce qui put les accompagner n’ont de cesse de me hanter depuis les révélations du maudit journaliste. Je ne réponds rien. A vrai dire je ne sais quoi répondre. M’enliser dans mon défaitisme permanent ne servirait à rien. Ce n’est pas pour cela que je suis venu devant sa porte. Malgré le malaise, la présence d’Ezra a quelque chose d’apaisant. La solitude m’aurait rendu fou. Rester dans un coin perdu et ruminer n’a jamais été mon fort. Et j’aurais certainement fini par faire quelque chose de stupide.

Un léger rire m’échappe. Nerveux, il reste coincé dans ma gorge serrée. Il a tenté de me mettre en garde. Et je me suis enlisé dans mon aveuglement. Borné à croire que les erreurs resteraient sagement enfermées dans la boite que je traîne derrière moi, où que j’aille. « - Je m’y attendais aussi d’une certaine manière. Vu sa tendance à faire régulièrement le ménage autour de lui, je suis surpris d’avoir tenu aussi longtemps. » J’accompagne le sarcasme d’un infime haussement d’épaules se voulant désinvolte mais qui tombe à plat. Une misérable erreur et c’est toute une existence qui s’effondre. La mienne. Piteuse et ridicule, elle n’est là que pour être piétiner avec allégresse. Jetée dans un coin pour être ramassée par un autre qui recommencera dès que l’envie lui traversera le crâne. Mes doigts se crispent, agrippent la table. Je suis le pantin de mes pulsions, habité par des envies honteuses et monstrueuses. La rancœur me pousse à serrer les dents et  détourner le regard un instant. Il va payer. Je lui ai cherché des excuses pendant trop longtemps. Masquant Ses sublimes défauts derrières de piètres qualités. « - Le peu de bonne personnes qui pouvait encore survivre est en train de se faire bouffer par toutes les horreurs qui traînent au-dehors. » Je fronce les sourcils un instant, l’ombre de la fatigue venant assombrir mes traits. Je n’ai rien d’une bonne personne. Juste la surface, l’enveloppe agréable qui amadoue les regards et suscite la pitié. En profondeur, les entrelacs et autres amas d’immondices n’ont rien d’agréables. Pourri de l’intérieur, dévoré par un… Un quoi au juste ? Un virus ? Une malédiction ? Bouffé par rôdeur, ou je ne sais quoi, je suis en train d’en devenir un. La faim qui me dévore les entrailles me le rappelle sans cesse. Je suis mort. Et maintenant je suis en train de me décomposer. L’ignominie de la chose me fait plisser le nez.

« - Tout ce qui peut m’éloigner du luxe et de l’opulence est parfait pour moi. » Etais-je venu pour ça ? Trouver un refuge entre les murs de son appartement et me terrer là ? Peut-être oui. Inconsciemment. Consciemment, je ne sais plus vraiment ce qui a pu me passer par la tête dans cette chambre misérable. Trop de choses. Contradictoires et affreuses, elles ont réussi à griller une partie des neurones et à perturber le système. Ses mots me gênent. Me poussent à baisser légèrement la tête pour m’abandonner dans la contemplation de mes doigts à présent à plats sur la table. La culpabilité m’envahie, me caresse la langue et m’oblige à me sentir misérable. Monstrueux et ignoble. « - Merci. » Le remerciement est ridicule, il m’échappe avant que je n’ai le temps de formuler quelque chose de plus sérieux. De plus constructif surtout. Et pourtant dans ce simple mot, se trouvent toute ma reconnaissance et ma sympathie son égard. J’ai pris le risque de reposer mon regard sur l’urgentiste, accompagnant le pauvre mot d’un sourire des plus sincère. Bien fade et faiblard, certes, mais malgré tout bien présent.

« - Je suis désolé pour les révélations du journaliste. C’était de ma faute… » La faute à moitié avouée. Cachée derrière un semblant de vérité. Si je ne m’étais pas retrouvé à accomplir les transactions de son aîné, il ne se serait jamais retrouvé là. N’aurais jamais été le jouet de mon ombre et de son machiavélisme.

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MessageSujet: Re: Nothing ever lasts forever [PV Leksi]   Ven 5 Sep - 0:34

Y a –t-il une façon correcte de dire au revoir ? C’est une question lancinante, qui bat dans ses tempes depuis une éternité. Son existence n’a été, après tout, qu’une succession d’adieu. Entre culpabilité et rancœur, subsiste donc cette simple interrogation. Peut-on réussir à se séparer de quelqu’un avec assez de tact et de délicatesse pour ne la froisser si peu qu’elle reste intacte après le départ ? Ezra n’est pas naïf, il connaît la réponse. Peut-être qu’en s’engageant sur ce genre de cheminement, il ne tente finalement que d’offrir à son brasier, un peu plus de matière combustible. Ou peut-être cherche-t-il à pardonner curieusement avec l’évidence ? De chaque séparation, il restera une douleur abdominale qui sillonnera son être au moindre rappel que le temps placera judicieusement sur son parcours. Aujourd’hui, c’est Aleksi qui porte le stigmate de son passage, producteur de tempête, plongeant le norvégien dans un tourbillon sans faille et sans fin.  Les vertiges ne proviennent pas que de cette apparition. La maladie qui le ronge porte un nom mais le citer est interdit. Son humanité peut être blâmée pour ce choix autant qu’elle peut être applaudie. Mais les bonnes intentions pavent les enfers et il n’est pas sans le savoir. Kyran en est là pour cette raison. L’informaticien semble se perdre quelque part entre la table et la chaise, distance relative qui n’a aucune échelle réelle, elle semble s’allonger pour devenir démesurée. A tel point que sa réponse ne semble destinée qu’à des ombres ou à la sienne. Le propriétaire des lieux n’ose plus s’immiscer dans cette conversation. Il a l’impression de n’avoir prêter qu’un peu de ses succubes et qu’il les observe maintenant jaser avec celles de son ami. C’est un peu inconvenant au fond. Trop intime, la douleur l’est toujours. Surtout si elle prend ses racines au pied de l’arbre généalogique.

Le fatalisme du finlandais fait échos à ce qui se terre dans les méandres de son esprit, ses mots titillent sa propre amertume et son propre combat contre la résignation. Il a envie de surenchérir, d’approuver mais il ne peut pas. Parce que le devoir le rappelle au front. Il doit aider cet homme, pas l’enfoncer. Il le doit s’il veut lui prouver que les Hogan possèdent une autre facette que celle du mépris et de la décadence. Pourquoi s’associer au nom ? Sûrement parce qu’il n’a plus rien à cacher maintenant et surtout, parce que le hacker lui offre l’opportunité de se différencier de son frère. Cette chance ne se représentera peut-être jamais, il doit la saisir. Au moins une fois. Courir après une illusion. Il n’a plus que ce genre de joies éphémères pour survivre désormais. « C’est un peu réducteur et facile de penser ça. C’est en se contraignant à croire en une sorte de fatalité qu’on devient des horreurs. » Ou parfois, c’est en étant simplement malchanceux. L’héritage lui colle à la peau avec âpreté et il l’ignore sciemment pour reprendre.  « Rien n’est figé, Aleksi. Rien. Rien n’est fait pour durer, rien n’est éternel. On est tous en mouvement. De façon permanente. Alors ne crois pas que tout est fichu. Rien ne reste même au même point. » L’optimisme qu’il énonce, est tiré de son bon sens parce qu’il se met à sa place. Il lui dit ce qu’il aurait lui-même voulu entendre ces dernières années. Il n’y croit plus pour son cas. Mais cet humain peut être sauvé, repêché de ses abysses en utilisant le bon hameçon, le plus affûté, celui qui se cramponne aux vêtements et pas à la chair. Il ne se pense pas habile à ce point mais il a foi dans les capacités du noyé. Il finira par sortir la tête de l’eau. Il est déjà sur la bonne voie. Loin du mafieux.

Un sourire triste s’agite sur la bouche de l’hôte quand son invité décline le luxe pour ce modeste endroit. Il trouve un chagrin particulier dans sa façon d’approuver le peu de moyens possédés. Et son merci qui suggère et engendre forcément le « Pas de quoi. » mécanique mais néanmoins sincère. S’il savait qu’il l’oblige à progresser. Qui est en train de porter une main secourable à l’autre ? L’ancien métamorphe n’en est plus très certain. Aussi quand son interlocuteur s’excuse, il se sent davantage embarrassé. La culpabilité doit se trouver un autre maître. Le scandinave n’aurait jamais dû se mêler de ses oignons en premier lieu après tout. « Non… Ne t’en fais pas pour… ça.  C’est moi qui avais le doigt sur la gâchette… C’est ma faute. Je n’aurais pas dû intervenir… » Il hoche la tête, tente de grappiller un peu d’oxygène. Sa lassitude traîne derrière sa faim et il se sent de plus en plus engourdi. C’est inconvenant  de perdre autant d’altitude en étant pourtant accolé au plancher. « Je n’aurais pas dû me montrer excessif… Mais tu sais, tu vaux bien mieux que lui. Et ça ne m’a jamais semblé … Juste de te voir descendre le même chemin. » Encore un reflet. Encore et toujours. Et il ignore encore à quel point, ce miroir est aussi froid et proche de lui au point de discerner la buée qu’il projette sur la surface lisse. «  Mais on a assez parlé de lui. Tu comptes faire quoi concrètement maintenant ? » Si il a bien retenu une leçon, c’est celle-là. Parvenir à se projeter ne fusse que sur deux heures, ça permet de ne pas laisser filer sa santé mentale. Il a fait l’erreur de l’oublier pendant quelques temps. Et lui aussi, il a failli crever le nez dans la neige. Il doute pouvoir produire la moindre lueur pour l’éloigner de ce schéma dans cette nuit éternelle. Il est aussi ébène que ce qui l’entoure déjà. Une tâche obscure sur l’encre. Il est presque invisible. Combien de temps avant qu'Aleksi ne s’en rende compte ?

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MessageSujet: Re: Nothing ever lasts forever [PV Leksi]   Dim 7 Sep - 11:21


Ses paroles me font esquisser d’infimes sourires. J’ai la sensation de me tenir devant un grand-frère moralisateur, qui tente d’éviter à son cadet de faire les mêmes erreurs que lui. Ses mots me rassurent pourtant d’une certaine façon, distille quelque part dans les fibres pourris de mon cœur une infime chaleur. Je ne sais quoi répondre, la parole me semble inutile face à lui. Dérisoire, ma répartie s’envole en fumée et me laisse seul au milieu de cette cuisine. Je me sens misérable, encore un peu plus et je m’oblige à me recroqueviller d’avantage sur mon siège. Le parasite reprend son rôle, libéré de son hôte précédent, il est en train de s’agripper à un autre. Le pathétisme de la situation m’aurait fait hurler de rire à un autre moment. Il n’y a rien de drôle dans tout ce qui s’étale devant mes yeux. Ce qui s’est passé et ce qui arrivera dans les jours qui suivront. Depuis le début, rien n’est drôle dans ce ramassis d’erreurs qui me sert de curriculum vitae. La nervosité me gagne à nouveau, monte d’un cran quand les excuses viennent frôler mon oreille. Les siennes, quand c’est moi qui devrait continuer à tenter de me racheter une ligne de conduite. Je m’en mords la lèvre et détourne le regard. En apparence, Ezra avait le doigt sur la gâchette. Les choses sont pourtant toutes autres. Ce sont pourtant mes propres phalanges qui ont appuyé sur la détente. Celles, traitresses d’une ombre qui l’est toute autant. Où est-elle en ce moment d’ailleurs ? Un froncement de sourcil accompagne le regard que je lance sur le sol, autour de moi. Elle est bien là, sagement collée à terre, dans une position similaire à la mienne. Ma mâchoire se crispe et mes dents s’entrechoquent. Une raison de plus qui me pousse à détester ce que je suis devenu. Ce côté aléatoire, et affreusement dangereux, des manifestations d’une entité que je ne contrôle pas. Et qui devrait se tenir tranquille, et restée sagement coller à mes pieds. J’en pousse un soupir et me masse la tempe du bout des doigts, comme pour parvenir à faire le tri entre toutes les pensées parasites qui me grillent les neurones.

« - Mais ce n’est pas ta volonté qui t’as poussé à appuyer sur la détente. C’est mon ombre qui t’as poussé à agir. » L’aveu fait mal. Des lames acérées me déchirent la langue et cœur. Je me sens ridicule, de lui balancer une chose pareille alors qu’il vient de m’offrir l’hospitalité. Plus ridicules encore sont les mots que j’ai laissé flotter entre nous. Mon ombre… Même un môme trouverait une meilleure explication pour justifier sa faute. Je me remets stupidement à jouer avec mes doigts, la nervosité poussant d’irritants frissons à courir le long de mon échine. Elle grouille sous ma peau et me donne envie de gratter jusqu’à atteindre la couche la plus profonde. Celle couverte de sang et de salissure. Gratter, avec le fol espoir de tout faire disparaître. Le sang n’est pas le genre de couleur qui se lave… La voix qui résonne dans mon crâne m’horripile tant ce qu’elle me peut me murmurer est juste. J’ai beau ne plus rien avoir sur la peau, l’écarlate reste pourtant bien présent. A chaque fois que je fixe pendant trop longtemps mes mains, les tâches vermeilles reviennent. Me hantent, me dévorent et me tiraillent. Ma faiblesse me pousse à me retrouver déchirer entre deux envies diamétralement opposées. Les frissons s’intensifient, se muent en un grelottement. Je me redresse sur ma chaise, croise les jambes et nouent mes doigts sur la table.

« - Je l’avais choisi tu sais. Les anciens taulards font de bons alliés et n’attirent généralement pas les bonnes personnes. » Comme si c’était marqué son mon front, gravé au fer rouge, que derrière la façade de petit geek se dissimulent plus de dix années d’horreur derrière des barreaux. Je me disais avoir échappé au pire. Une fois encore, je me leurrais. J’en arrive même à me demander si tout n’aurait pas été plus simple si j’étais resté sagement enfermé. Si mon quotidien n’avait pas été chamboulé de la sorte. Je continuerais à trembler au moindre bruit trop fort, au moindre souffle contre ma nuque. En fin de compte, je n’ai fait que troquer une angoisse pour une autre, beaucoup plus pernicieuse. La question me prend de cours. Je cille, hébété. Faire quoi… Je n’en ai aucune idée. J’ai agis par instinct, pris dans le vif du sujet, l’adrénaline à fleur de peau. Je me suis laissé guider par le besoin de survivre. Et maintenant que ce mélange d’étonnant vient de disparaître, j’ai l’impression d’émerger après une intense soirée de beuverie. Rester caché et ne pas faire de vague pendant un moment serait la meilleure option. « - Je n’en sais rien. » Le soupir ne fait que frôler mes lèvres, faiblard au possible comme si je craignais que ma réponse ne soit pas celle escomptée. « - Je vais tenter de me trouver un nouveau boulot, laisser les choses se tasser et rayer les mois qui viennent de passer de mon existence. » Sauf que ça, je le sais bien, c’est impossible. Même si je parviens effectivement, à tout reprendre à zéro, il restera toujours une trace de ce qui aura pu précéder ce nouveau départ. Indélébile, elle hante ma mémoire et marque ma peau.

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MessageSujet: Re: Nothing ever lasts forever [PV Leksi]   Mer 10 Sep - 0:35

Ce point d’équilibre est une quête qu’il mène avec acharnement depuis que Kitty l’a déniché dans son tas de neige, la mort aux talons et le regard déjà offert à Satan. Son moteur, c’est d’être à la hauteur du second souffle qu’elle lui a accordé, c’est de pouvoir savoir qu’il a saisi cette main pour les bonnes raisons. Être différent de ce qu’il a pu être, être ce qu’il a toujours voulu embrasser – l’opposé de ses géniteurs, l’opposé de son frère. Il veut être droit, censé, raisonnable et juste. Pouvoir s’observer dans une vitre sans avoir l’atroce impression de se consumer sur un bûcher que son estime lui aurait préparé. Mais plus il court après cette image forte et idyllique, plus elle s’éloigne à toute allure. Sa cadence lui a permis de la garder à portée de vue et pourtant, les concepts de bien et de mal ne cessent de se disperser, de se réarranger et de s’enchevêtrer. Parfois, il ne sait plus où il en est. Souvent, il ignore ce qu’il fait exactement. Toute une vie sur les bras, un tas de désirs mais une capacité bancale à appliquer des volontés. Le Destin a voulu qu’il soit victime d’une horde de zombies. Sa bonne étoile a dû se tromper de galaxie dès sa naissance de toute façon. La fatalité ne l’habite que lorsque la déception ne parvient plus à se contenter de sa cage thoracique comme terrain de jeu. Alors elle atteint ses méninges et les encrasse. La suie noircit les réalités, déculpabilise le porteur de cette existence et la mélodie reprend. C’est de la survie au fond. S’il s’avoue sa haine pour la personne qu'il a été, qu'il devient et est, il va tout arrêter. Et l’œuvre de la sorcière sera réduit à néant. C’est pour Elle qu’il se tient encore là et peut-être un peu pour Lui aussi. Parce que malgré le discours qu’il porte au finlandais, il éprouve un étrange réconfort à être abrité du même ciel. Même si il préférerait s’écorcher le visage plutôt que de se l’avouer.

C’est donc un but, de parvenir à contrebalancer négatif et positif, d’être celui qu’il dessine, cet idéal à pourchasser. Et Aleksi en est le premier témoin. Spectateur et premier cobaye de cette rédemption mais pas que tout de même. Il est bien des choses, l’informaticien mais sûrement pas ce qu’il lui énonce soudainement. Ezra est encore debout quand il tente de le rassurer, encore perché sur ses deux jambes pourtant affaiblies par un manque évident d’énergie. S’il se permet de rester dans cette posture envers et contre tout, c’est parce que l’amitié qu’il porte au hacker lui accorde cet effort afin d’être crédible, afin de donner du poids à ses mots. Il y croit. Il y croit à son potentiel retour en arrière, il pense qu’il peut aider le scandinave à se reprendre et à vivre la vie que lui ne peut plus atteindre. Il y a toujours un mais et celui-là lui tombe dessus sans s'annoncer.

Mais finalement, tout son joli rêve se défait, il se fige avant de craqueler et de tomber sur ses pieds. Les doigts du norvégien trouve le fauteuil à temps et il s’y laisse choir quand toutes ses forces l’abandonnent d’une seule onde. Son corps a compris avant sa tête. Qu’est-ce qu’il vient de dire déjà ? Son ombre l’a incité ? Non, il y a erreur. Et pourtant. Pourtant, il se souvient ne pas avoir compris. Pourtant, il se rappelle qu’il n’a pas voulu appuyer. Pourtant, il se sait au fond de lui innocent. Et il a compris ce que ça signifiait.

Le choc allonge un mutisme perturbant fait d’inspirations lourdes, saccadées et il n’écoute même pas la suite du discours. Le fait qu’il ait déposé l’information avec normalité dans l’air, comme une banalité dans une conversation amicale, amplifie la collision entre sa belle illusion et la dure réalité. Comme si… C’était normal. Lui aussi est condamné. Lui aussi est infecté. Lui aussi est voué à la malédiction. Et rien de tout ça n’est normal. L’infirmier se prend la tête entre les mains et tente d'aspirer l'air pour canaliser cette rage sans nom qui accompagne la nouvelle. Pourquoi lui ? Comment ? Qu’est-ce qu’il a fait pour mériter ça aussi ? Kyran. C’est sa faute. Forcément. Tout est plus simple s’il le pointe du doigt, tout est facile. Cette rancœur-là, il la connait et la maîtrise. Il ne peut même plus en vouloir à son interlocuteur. Il ne peut même plus… « Depuis quand ? » Sa voix est atrocement rude, grave et intransigeante tandis qu’il redresse la nuque pour cueillir ses yeux. « Depuis quand est-ce que tu es… » Un monstre ? Il rejette sa tête en arrière et se mord la lèvre en peinant toujours plus à retenir son affolement et sa hargne. « C’est sa faute, je suppose ? Pourquoi tu ne m’as rien dit ? » Et lui alors ? Il n’est pas le mieux placé pour lui faire la morale. Mais au moins, il ne lui a jamais fait porter le chapeau d’un assassinat, même s'il garde en mémoire sa propre stupidité. Retourner l’arme contre l’agresseur, se mêler d’une confrontation qui n’était pas la sienne. Oui, il lui trouve encore des excuses. Il refuse de le catégoriser dans les rangs des instigateurs de chaos. « C’est une façon particulièrement absurde de l’annoncer… » Pendant une micro seconde, il se voit se confier. Il se voit lui parler de la succube, de la horde et du résultat. Il veut faire ce pas. Il veut se délivrer de ça au moins une fois, au moins une seule fois. Mais il ne le fait pas. Parce que le dire soulignerait un double échec. Le sien et celui de son invité. Et il ne peut pas l’encaisser actuellement. Son timbre jusque-là écorché, perd en densité sonore et c’est un murmure qui pousse la prochaine interrogation « Qu’est-ce qu’il s’est passé ? » Et il n’a rien vu. Son hémoglobine était si proche pourtant. L’idée de lui entailler la peau pour être certain de ce qu’il avance, traverse même sa conscience fragmentée mais il s’abstient de sombrer dans cette paranoïa morbide. C’est dérangeant. Bien plus dérangeant de le savoir à son image. Comme si on lui arrachait toujours la moindre lueur à même la rétine, comme si l’ironie n’était pas déjà assez évidente. La déception et l’anéantissement se juxtaposent dans sa carcasse pour mieux harasser un organisme déjà éprouvé. Il a envie de tout plaquer et de s’allonger dans son lit mais même se relever lui demanderait trop de force. Alors il reste là et attend. Attend de comprendre à défaut de pouvoir l’accepter ou même le tolérer.

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MessageSujet: Re: Nothing ever lasts forever [PV Leksi]   Ven 12 Sep - 21:20


En avouant ma lâcheté, j’ai aussi dévoilé à l’infirmier ma véritable nature. Les mots m’ont échappé sans que je n’y pense. Sans que je me retienne de balancer une telle vérité comme si je lui donnais l’heure. La nature de l’essence qui ronge ses veines ne m’est pas inconnue. Lui aussi est comme nous, comme son cher frère dont le sang est devenu noir à cause des siècles passés. Sur mes rétines vient se coller la vision de ce liquide ignoble sur mes doigts et sur Sa peau, et j’en frissonne. Partagé entre une affreuse répulsion et une exécrable fascination. Je me déteste. Déteste le monstre que je suis devenu et pourtant j’en suis réduit à trouver cet affreux détail fascinant chez un autre. Je regarde mon hôte s’installer dans un fauteuil. Et le malaise qui me chatouillait le cœur s’accroit face à sa réaction. Sans Kyran, je n’aurais jamais su qu’ils n’étaient pas aussi humains que peut le laisser penser leur apparence. Sans Lui, je ne me retrouverais pas à lutter contre ma propre humanité. Détruite par des pulsions et des instincts qui me dépassent. Qui me hantent et m’obsèdent plus que je ne veux bien le laisser croire. Il ne finit pas sa phrase, et j’en esquisse un infime sourire. A peine une ébauche, emplie d’une tristesse et d’une certaine répulsion.

« - Une aberration de la nature ? Un monstre ? » Je risque peut être de le blesser en usant de pareils termes. Et l’acide avec lequel j’ai prononcé ces simples mots montrent bien mon ressentiment envers ce qui peut me ronger les veines. Ce n’est pas lui que je cherche à blesser, que j’exècre. Mais seulement moi. Seulement ce changement qui me range dans une catégorie s’éloignant de la normale. Malgré tout, sa question me gêne. Mes paupières se ferment un instant, et lorsque je recouvre la vue, mon regard se perd dans le vide. Depuis quand ? Mes cauchemars me forcent parfois à revivre les événements avec une telle force que j’ai l’affreuse sensation que tout date d’hier. Une semaine, un mois, qu’est-ce que cela peut changer ? Pas grand-chose, j’en suis resté au-même stade. Me nourrir me rebute, et la liste de mes victimes peut tenir sur une simple feuille. Kyran aura pratiquement été à lui seul, mon unique source d’énergie. La pensée fait monter la honte et la gêne sur la pâleur de mes joues et je me dérobe. Un froncement de sourcils accompagne ma réflexion. « - Depuis… Seigneur, déjà… Depuis plus d’un an. » Le murmure m’arracha la langue. La vérité me transperce, s’introduit sous la peau pour venir triturer mes entrailles. Et la nausée me gagne. Un an. Je me doutais que mes années en prison m’avaient fait perdre la notion du temps, mais à ce point-là. Je secoue légèrement la tête face à la suite de ses interrogations. Sa faute… Non, c’est la mienne. J’ai été celui qui a signé mon arrêt de mort. Celui qui a enclenché la machine infernale lorsque je me suis risqué à flirter avec le diable.

« - Non… » Je marque une pause, hausse légèrement les épaules au passage avant de reprendre. « - Enfin si, bien sûr qu’il est mêlé à cette histoire… Et s’il n’avait pas été là, je ne serais pas en face de toi en ce moment. » Encore une fois, la vérité m’est affreuse à entendre. S’Il n’avait pas été là, je serais certainement en train de pourrir dans une boite en bois, six pieds sous terre. Ou pire, en train de traîner des rues glacées de New York à la recherche d’un pauvre mortel à dévorer. Des doigts de glace dévalent le long de mon échine, je me fige l’espace d’un instant, les dents serrées. Mon souffle s’arrête, reprend sa course mais trébuche sur de nombreuses inspirations. Et comme pour parfaire le tableau des tourments qui me dévorent, mon cœur s’emballe. Bute lui aussi contre des obstacles invisibles, et il s’épuise à frapper avec une telle force contre mes côtes qui refusent de lui céder le passage. « - Tu as tes soucis, et je déteste tellement ce que je suis que moins j’y pense, mieux je me porte. » Et au fond, ce n’est pas le genre de révélation que l’on peut glisser entre deux tasses de thé. C’est pourtant ce que je viens de faire. A quelques détails près, j’ai lancé la bombe sans m’en rendre compte. Et l’effet qu’elle a pu avoir sur Ezra me laisse un trou à la place du cœur. Moi qui voulais me servir de lui. En faire un pion qu’il m’aurait été facile de manipuler ensuite pour mieux blesser Kyran. Je me suis bêtement fourvoyé, et il ne m’aura pas fallu longtemps pour voir mes propres plans se retourner contre moi. J’ai perdu un moyen de pression des plus redoutables, pour gagner une amitié qui parvient encore à renforcer cette infime lueur qui subsiste quelque part sous la couche de noirceur. La question reste en suspens. Volette au-dessus de ma tête. Ma langue s’assèche, craquèle et lorsque je tente de déglutir, je ne fais qu’avaler du vide. Tant de choses se sont passées. Ce ne fut qu’un enchaînement d’événements, une suite logique à la manière de dominos qui se bousculent les uns les autres pour mieux s’aider à chuter. Je ne sais que répondre à cela. J’hésite, retourne les choses dans tous les sens pour cacher certain détail à mon interlocuteur.

« - J’ai buté… Je marque une infime pause, fronçant les sourcils tout en cherchant mes mots, contre la possessivité maladive de l’Indienne qui sert d'ombre à Kyran et contre les crocs de ma… fiancée. Pour faire bref. » Je joins le geste à la parole. Fébriles, mes doigts viennent tirer sur le col de mon t-shirt, écartent le tissu sombre avec une dangereuse incertitude, pour afficher sous la lumière la trace de morsure qui me dévore le cou. Cicatrisée depuis longtemps, un autre aurait fini par l’oublier, par s’y habituer. Elle me rebute à chaque fois que j’ai le malheur de l’apercevoir. Je m’arrange pour éviter les miroirs, rechigne à faire face à ma propre réflexion tant tout ce qu’elle peut me renvoyer me brise et me peine. Et à cette vision d’horreur s’ajoute parfois la dérangeante impression de sentir encore les dents ravagées par la mort s’incruster dans ma chair. J’en frissonne, et sens le froid recouvrir ma peau et me geler le cœur. Un an déjà, et les fantômes de cet événement continuent de me hanter. Ma réponse est stupide, trop évasive pour être vraiment satisfaisante. Elle m’arrache au passage un infime sourire, l’ombre d’un amusement éphémère provoqué par la mention de Sanjana. Ou bien serait-ce à cause du ridicule de la situation ? Un peu des deux très certainement.


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MessageSujet: Re: Nothing ever lasts forever [PV Leksi]   Mar 16 Sep - 1:36

La ligne mélodique qui froisse l’horreur pour la première fois lui arrache un début de spasme aortique qui s’effondre pourtant à mi-chemin, lui laissant un malaise inavoué dans la poitrine. Les syllabes se décrochent de sa bouche avec une rigidité qui ne sied pas à cet homme. La trace des notes se juxtaposent à l’effroi et redore un peu l’aura qu’Ezra brode fictivement autour de son ami. Lui non plus. Lui non plus ne s’accepte pas dans cette peau. Et ce simple rejet démontre sa valeur, son humanité, même si l’ironie s’amoncelle dans son crâne au choix du terme. L’injustice le consume entre chaque creux sonore quand le silence fait vibrer l’appartement d’une normalité qui jure avec l’instant présent. Le norvégien éprouve l’envie de hurler durant ces brefs instants de quiétude mais il n’a même pas l’énergie pour ça. Il se contente de regarder et de fuir à intervalles quasi réguliers la silhouette de son interlocuteur comme une chasse entre sa conscience et le gouffre sous-jacent. Son besoin d’éclairer chaque recoin d’obscurité  endommage  aussi sûrement l’urgence de l’ignorance, le désir de s’immerger sous l’eau pour n’observer que la surface trouble, les événements en différé, déformée aux bruits assourdis par le ressac. Il n’a pas envie de comprendre. Mais il ne peut pas consciemment refuser la vérité alors qu’il ne jure que par elle. Alors qu’il aurait rêvé consacrer sa misérable existence à ce seul et simple concept d’honnêteté. Il doit l’écouter. Parce que c’est ce qu’il lui reste à faire. Parce que de toute façon, il ne peut ni inverser le processus, ni s’égosiller sur la fatalité. Alors, passif, il endure le récit qui prend des allures de récif contre lequel il se ramasse sans grand mal. Il s’attend à encaisser la place de choix que son frère occupe dans la mascarade. Toujours le premier à enfiler son masque et à entraîner les autres dans son cauchemardesque carnaval après tout.

Sauf que les termes du finlandais défie son anticipation et la disloque même. Kyran l’aurait sauvé ? Sa joue tressaute sans jamais s’arrêter sur un réel rictus. L’ironie coule et le fait émettre un seul « Ah bon. » qui s’achève d’un demi rire étranglé. Il ne sait pas pourquoi ce seul fait lui reste en travers de la gorge. Aleksi n’écarte pas ses interrogations, il ne cherche pas à se défiler et il y répond dans l’ordre sans détour, confirmant son aversion pour cette condition. Quelque part au milieu de ses remparts de pierre, une flèche atteint le propriétaire des lieux. Peut-être pas en pleine poitrine mais elle le touche et il se voit plier. Mais il attend pourtant, il reste là avec un trait plongé quelque part dans sa chair. La description des faits reste vague, incohérente et minimaliste mais l’ancien peacekeeper comprend qu’il ne cherche pas à en dire plus, il respecte ça. A l’évocation de Sanjana, il ne peut empêcher l’agitation abdominale lui offrant le loisir de sentir son pouls vibrer dans sa gorge. Sa possessivité. C’est elle la responsable ? Il le sous-entend. L’ancien métamorphe ferme les paupières et grogne à moitié avant de balayer tous ces détails pour son bien. Il observe ensuite sa marque et se redresse alors au prix d’un effort colossal. Il vacille jusqu’à la table et s’y soutient. Les traits tirés, fatigués et le teint malade, il le jauge sans la moindre animosité. « Vous  avez été maudit le même jour alors… Je vois. » Il se rappelle du discours de l’indienne et se retient de s’esclaffer pour soulager sa nervosité soudaine. Décidément, elle partage tout avec son aîné. La même malédiction proférée le même jour. Ce trio improbable piégé dans les mêmes conditions. Ce regroupement pourtant de trois des seules personnes qui comptent à ses yeux. Risible.

Ses doigts s’agrippent doucement à sa propre parcelle de tissu. Il se refuse à la montrer d'ordinaire. Il passe son temps à la comprimer de son bras dès qu’il a un doute, effrayé à l’idée que quelqu’un l’aperçoive. Encore plus inquiet à l’idée de la contempler. Le concret de l’abstrait, ça commence par ça. Et s’il ne voulait pas l’avouer auparavant, les confessions de l’informaticien lui ont donné assez de volonté pour briser ce rempart. Il n’y a qu’Enya qui sache. Même Aeryn ne connaît pas les tenants et aboutissants de cette cicatrice. Même celui qui partage son sang est ignorant. Et lui sera le premier qu’il aura choisi pour partager sa tragédie - ce n’est pour autant pas un honneur. Mais il sait  qu’Il ne va pas le juger, qu’Il le comprend. Parce qu’ils sont au même point. Dans un cul-de-sac. Il lui fait confiance malgré l'assassinat ou surtout à cause de ça. Il fait remonter lentement le tissu qui recouvre son flanc droit et dévoile la profonde empreinte, souvenir du zombie qui lui a déchiqueté la peau. Il ponctue son aveu d’une réplique morose « Il faut croire qu’on est plus nombreux qu’on ne le pense. » Il redescend son vêtement, honteux lui-même d’être devenu cette chose. En baissant la tête, il reprend néanmoins « Kyran ne sait rien. Et je ne veux pas qu’il l’apprenne. Je suppose que lui s’est adapté comme un prince à ça. » La fin de sa phrase claque sur sa langue comme une insulte. Ce qu’ils sont, l’est assurément. A bout de force, il tire une chaise à nouveau et s’y laisse tomber. Les coudes sur la table, la tête entre les mains, il marmonne un « Quelle ironie. » et conclut en se passant rapidement les paumes sur le visage avant de revenir porter son attention sur son invité. « Au moins, tu m’épargnes les explications que j’aurais dû inventer pour justifier les  placards vides… » Un ricanement lugubre qu’il accompagne pourtant d’un « Je suis désolé, Aleksi. De ce qu’il t’est arrivé à cause ou non de mon frère. » Les briques se défont une à une et le mur succombe au besoin de sincérité. Il n’y a plus besoin de se cacher. Il n’a plus rien à protéger de toute façon.

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MessageSujet: Re: Nothing ever lasts forever [PV Leksi]   Jeu 18 Sep - 21:23


La première bombe a été lâchée. Pour exploser à la figure de l’urgentiste. Epuisé dès son entrée dans l’appartement, je vois bien que mes mots viennent peser encore un peu plus lourdement sur ses épaules. Je m’en veux, terriblement. De lui infliger ça. De lui imposer ma présence. Et presque immédiatement, je ressens le besoin de me lever. Prendre mon sac et disparaître. Rayer d’un trait tout ce qu’il vient de se passer et me couper la langue pour éviter les nouvelles bavures. Ses paroles passent au-dessus de ma tête. Mes tempes se muent en des récifs acérés contre lesquels mon sang n’a de cesse de venir se briser. Les vagues me brisent le crâne, et le bruit assourdissant qu’elles émettent atténue le timbre de sa voix. Je me fais violence, secoue la tête pour tenter de calmer la tempête qui y sévit. Le calme commence à revenir et je repose mon regard en face de moi au moment où Ezra se relève. Le malaise se renforce, le nœud qui se coule autour de ma gorge se resserre, la corde tressée par la honte et la gêne me coupe la peau. Mes pupilles ne parviennent pas à se détacher de sa silhouette défaite. Elles le scrutent sans le moindre ménagement, avec une légère pointe d’incompréhension. Et ce qui suit me laisse sans voix. Sous le tissu, la peau se dévoile. Et devant moi se dessine alors les contours d’une cicatrice similaire à la mienne. Je frissonne, bat en retraite et reste immobile. Figé dans la contemplation morbide de ce stigmate. Blafard face à une évidence qui me retourne l’estomac. Je le savais et pourtant. L’effet de cette révélation n’est pas le même qu’avec Kyran. Avec lui, les choses semblaient plus naturelles. Plus normales. Avec Ezra, c’est différent. L’injustice vient assombrir le tableau. Et me laisse un goût amer sur la langue. Un léger rictus agite le coin de mes lèvres, et se voit suivit par l’ébauche d’un éclat de rire. Nerveux, un brin forcé. « - Il faut croire oui. Les épidémies de ce genre ne se voient pas forcément de suite. » Et dire qu’il y a quelques mois encore, je ne croyais que d’un œil à toutes ces histoires. Le monde s’écroule et les règles de la normalité sont en train d’être réécrites en lettres de sang sur un papier pourrit jusqu'à la trame. Les règles de mon propre jeu sont en train de se modifier, changeant au fil des événements pour me faire marcher encore un peu plus près du précipice.

Kyran ne sait rien… Je hoche légèrement la tête. Répondant en silence à sa requête, laissant les mots s’assembler avant de me décider à prendre la parole. « - Le silence est un bon allié, ne t’inquiète pas pour ton… Secret. Comme un prince… je n’aurais pas dit mieux. Il s’en délecte. » Je ne parviens pas à masquer le sarcasme qui teinte ma voix. Ni l’amertume corrosive qui me détruit la langue. Et moi stupide, je me délecte de la facilité avec laquelle il s’est adapté à sa nouvelle condition pour mieux lui dérober ses forces. Le coin de mes lèvres s’affaisse, mes doigts tremblent et je finis par croiser les bras contre ma poitrine pour calmer l’hémorragie. Epancher au mieux le flot de sang qui s’échappe de mon cœur en morceaux. Ereinté, il l’est aussi. Plus que moi c’est une évidence. Et je reste planté là comme un imbécile à gaspiller son temps et son énergie. Je m’affaisse encore un peu plus sur mon siège, piteux comme un môme qui viendrait de se faire sermonner par son père. Son sarcasme m’arrache malgré tout un infime sourire, et me pousse à hocher légèrement de la tête. « - Ce sera bien le seul bon côté de notre… malédiction. La cohabitation en sera plus simple. » Un haussement d’épaule furtif accompagne mes paroles. Le temps d’un battement de cœur, et l’allégresse factice disparaît déjà. Qu’Ezra se sente désolé me plonge dans un inconfort certain. Je devrais être celui qui s’excuse. L’affabilité dont il peut faire preuve envers moi me dérange autant qu’elle me touche. Je n’ai plus l’habitude de susciter ce genre de sentiment chez autrui.

« - Tu n’as pas à te sentir désolé, j’ai toujours été doué pour accumuler les emmerdes. Ni à t’excuser pour ses actes. C’est le prix à payer quand on s’entiche du Diable et qu’on le laisse se glisser sous nos draps… » La sanction est immédiate. A peine les mots eurent dépassés le seuil de mes lèvres que je me mords déjà la langue. Je retiens mon souffle, le force à rater quelques inspirations avant de le laisser reprendre sa course. La bêtise dans laquelle je m’englue depuis mon arrivée ici atteint des sommets. Je m’apprête à lui dire d’oublier ce que je viens de prononcer, me ravise au dernier instant en renforçant la prise de mes dents contre l’organe du parjure. L’aveu caché me coûte, affreusement. Sous la peau, les battements deviennent frénétiques, erratiques. Mes neurones s’engluent dans un mécanisme d’auto-flagellation et imaginent déjà les représailles si jamais Kyran venait à apprendre que son ancien employé n’a pas su tenir sa langue et a balancé ses divergences lascives dans une simple conversation. A son propre frère qui plus est. Me faire embaucher à la morgue serait une sage reconversion, ma place y serait déjà réservée. Le silence s’installe, implacable. Les battements de mon cœur résonnent contre mon crâne, et plus l’absence de paroles s’éternise, plus j’ai l’impression qu’il peut entendre le raffut qui règne entre mes côtes. Je resserre l’emprise de mes bras contre ma poitrine, le malaise gagnant en force. Et comme pour me donner du courage, je me racle la gorge. Bêtement. Le son me cingle, déchire mes oreilles tant il me parait assourdissant.

« - Navré pour le dérangement. Tu devrais aller te reposer » Ils me paraissent bien dérisoire, ces petits mots, prononcés d’une voix étranglée. Retenue prisonnière contre mon palais, engluée par la gêne. Une part de moi se persuade qu’il n’y a pas de raison de se sentir si mal en Sa présence. Il sait plus de chose à mon sujet que ma propre sœur. Les liens du sang ne sont pas faits pour conserver leur éclat. Même les plus forts.

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MessageSujet: Re: Nothing ever lasts forever [PV Leksi]   Lun 22 Sep - 22:45

La surprise ne ment même pas. Elle ne se simule guère sur les traits blafards de l’informaticien. Ezra croit qu’il révèle un secret terriblement intact. Tout dans l’attitude du hacker laisse transparaître un malaise certain et une stupéfaction morbide. Le fait de sentir le poids de son regard horrifié sur cette parcelle de peau atrophiée lui donne presque envie de se planquer sous la table pour ne plus avoir à le subir. Mais il l’a choisi alors il assume jusqu’au bout avant que le tissu ne retombe mollement sur la marque clandestine qu’il traine depuis plusieurs mois. La honte s’insinue malgré lui quand il se laisse choir sur la chaise dans toute la confusion affective que cette discussion a suscité. Il ose à peine revenir poser ses yeux sur la silhouette voisine mais la façon dont son comparse accuse la nouvelle démonte ses dernières réserves. Le terme qu’il a judicieusement employé, lui donne envie de sourire. Une pandémie. Oui, c’est sûrement un peu le cas mais ce n’est pas qu’une maladie. C’est pire que ça. Il n’y a même pas de terme pour qualifier ce qu’ils sont et il ne compte pas en trouver un. Le fait que cet état soit innomé lui offre davantage de prestance, amplifie la crainte et le mystère macabre qui l’entoure. Elle sublime l’horreur. Elle lui rend justice. Aucune suite de syllabe ne pourrait être à la hauteur de cette monstruosité. Le norvégien n’a pas envie de penser à la vitesse de la contagion alors il laisse le reste de la conversation suivre son chemin. Sa confiance n’éprouve pas la nécessité d’être rassurée sur la révélation offerte. Il sait que son ami taira les faits. Il n’est pas sûr d’avoir envie de connaître les autres travers du mafieux mais il écoute néanmoins. Ses mots le font frissonner et il ferme les yeux justes assez pour voir le visage déformé par la haine de leur paternel. Est-ce à ça qu’il ressemble désormais ? Le scandinave rouvre son champ visuel pour que la question meurt. Ou du moins, pour qu’elle s’évapore pour quelques temps.

Cela ne le surprend pas, que son allié d’infortune partage cette aversion pour cette nature qu’ils n’ont pas réclamée. Maudits, ils le sont, en effet. Éreinté, l’infirmier songe à écourter leur entrevue pour glaner un peu de sommeil, retrouver un semblant de lucidité avant de poursuivre sur d’autres débats. Mais maintenant qu’ils ont ouvert une brèche, les succubes se complaisent à la traverser, pressées de libérer leurs porteurs, du silence accablant qu’ils s’imposent. L’urgentiste ressent un certain soulagement à avoir expulsé cette vérité mais cette sensation de quiétude vole en éclats la seconde suivante. Les débris se logent dans la gorge de son interlocuteur avant de voyager jusqu’à la rétine de l’ancien peacekeeper. Au début, il refuse de comprendre. Il se contente de balbutier des paupières en fixant avec insistance Aleksi, l’observe attentivement se martyriser la lèvre aggravant de ce seul mouvement la gravité du moment. L’ancien métamorphe tente d’y trouver un autre sens que le premier, le plus évident. Mais il doit très vite abandonner sa quête d’illusion. Il ne peut pas y avoir d’autres alternatives. Ce n’est pas une métaphore. Son frère… Lui qui aurait été la première personne à rire des mœurs divergentes des autres. Une forme d’ironie s’articule autant qu’une immense incompréhension. Il n’arrive pas à assimiler. Il ouvre la bouche, la referme. Il ne sait pas quoi penser, quoi ressentir. Le brouillard s’amorce à tous les niveaux et il bat des bras dans le vide pour dissiper l’insoluble.  Il attend durant quelques secondes une explication, quelque chose qui prouverait le mirage auditif mais rien. Rien que le silence lourd de conséquences et alimenté par les causes palpables. Il est forcé de reconnaître l’évidence déguisée par les circonstances. Cela explique l’état du finlandais et tout ce qui échappait inconsciemment au cadet. Kyran a eu une liaison avec Aleksi. L’image s’impose d’elle-même, tellement dérangeante qu’il ne peut plus soutenir les prunelles de son visiteur. Il baisse le regard comme si il venait d’assister à une scène intime, comme si il avait regardé à travers le trou d’une serrure et qu’il était fautif. Et c’est sûrement vrai. Il veut déjà oublier ce qu’il lui a dit. Sauf que c’est impossible.

Il ne sait toujours pas où il en est. Son mutisme se prolonge encore après que son acolyte ait tenté de sauver les meubles. Il fixe ses mains en ne les voyant même pas pourtant. Hébété, choqué, il repense alors à Sanjana et une colère titanesque lui broie les entrailles. Il lui faut décidément tout et tout le monde. Est-ce une façon de s’approprier la fidélité d’autrui ? Non, il ne peut pas réduire son frère à ça. Il ne le veut pas. S’Il a dépassé cette frontière, ce n’est pas juste par abus de pouvoir, par manipulation. Il doit forcément se passer quelque chose entre eux pour qu’il ait bafoué sa si belle fierté, écraser l’image factice qu’il a articulé autour de lui ces dernières années. Quelque chose que son aîné ne doit pas pouvoir supporter- lui et son égo surdimensionné. Et donc le rejet. Et donc, sa présence ici. Il ne l’a jamais soupçonné, pas une seule fois. Tout ça tourne en rond dans son crâne jusqu’à lui donner envie de se cogner la figure contre la table mais il n’en fait rien. A la place, il se redresse, encore plus fébrile. Il ne peut pas se faire une opinion, il ne peut pas l’accepter non plus pour le moment. Il a besoin de se déconnecter. C’est trop d’un seul coup pour quelqu’un d’aussi faible physiquement et psychologiquement. Sa lividité fait échos à celle de son ami et son timbre hachée tient à peine la route. « Tu ne me déranges pas. Reste autant que tu le souhaites. Tu as raison, je vais me reposer. Fais comme chez toi. » Il ne veut même pas faire de commentaire, juste se mentir encore quelques minutes avant de trouver Morphée. Il aura le loisir de se torturer avec ça pour les jours à venir.

Ezra se traîne jusqu’au lit, retire ses chaussures avant de s’enrouler dans les couvertures. Les yeux déjà fermés, il dérive encore longuement sur cette révélation improbable. Il n’arrive pas à réaliser. Trop égoïste, il ne songe quasiment qu’à ça - au fait qu’il n’a rien vu venir, au fait qu’il s’agisse de son grand frère et que quelque part dans l’image qu’il s’est construite, quelque chose vient encore de se décrocher. Une statue, un édifice qui perd de sa matière première, se dissout dans un raz-de-marée. Il se sent au fond trahi. Parce qu'il n'a jamais su., qu'il aurait dû savoir. Il a l’impression de ne plus le connaître du tout. Un étranger qui souille les autres, les rabaisse et les démonte à sa guise. Il éprouve encore plus de peine pour Aleksi bien que son chaos interne lui empêche réellement de la manifester à l’heure actuelle. Il lui faudra un moment pour digérer ça, pour le conscientiser, l’accepter. Une éternité sans doute. Mais déjà, le sommeil l’emporte et l’anesthésie. Il aimerait ne jamais devoir se réveiller pour affronter à nouveau cette réalité insensée.

- Sujet terminé -

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Nothing ever lasts forever [PV Leksi]

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