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 You know that I'm no good [PV Aeryn]

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MessageSujet: You know that I'm no good [PV Aeryn]   Lun 14 Juil - 1:22

Cette belle boucle possède une cadence enivrante. Au début, elle l’emporte. Euphorie du premier tour de manège, musique entraînante, arôme sucré, relent de barbe à papa pour seul horizon olfactif. Et puis, les lumières se confondent, éblouissantes,  les rires se déforment, tonitruants et la mélopée déraille pour devenir terrifiante. La nausée succède au tournis et puis, le dégoût pur et simple qui prend aux tripes. Son quotidien ne s’approche pas tellement de cette désillusion. Depuis le début, il n’a été épargné. Aucune sucrerie dans les mains, il a toujours été question de se casser les dents contre le béton. Non, ce sublime cycle, il l’accorde à celle qui lui dérobe en un simple regard, pudeur et contraintes vertueuses. Répugné à l’idée de partager ses draps ? Il ne remet pas en cause sa compagnie à elle mais davantage la sienne. En continuant d’emmêler leurs désirs charnels, il multiplie les risques de la lier au danger qu’il représente. Cette déchéance, il risque de lui soumettre. Et cette composante n’a jamais semblé plus réelle et plus menaçante que depuis sa sortie de prison. L’a-t-elle vu à la télévision abattre cet homme de sang froid ? Cette seule pensée a manqué de provoquer un repli sec et net. Sa conscience souhaite toujours annuler cet énième rendez-vous d’ailleurs. Mais il n’est pire faiblesse que celle de la chair. Dans son empire bâtit de givre et d’absence, elle y trouve sa place avec une aisance déconcertante. Centre névralgique de cette atmosphère, elle se contente de lui fournir tout ce qui lui fait défaut. Chaleur humaine, douce issue vers l’oubli, promesse d’éternité dans des étreintes effrontées. Les démons abandonnés au pas de la porte, il n’est plus qu’un homme entre ses bras, plus qu’une addition de sensations. La revoir au milieu de cette récente décadence lui procure un réconfort inqualifiable et inquantifiable. Si le jugement est exempt de leurs échanges, il n’en sera pourtant peut-être plus de même actuellement, avec ces faits avérés. Il compte prendre le risque et le mesure d’autant plus quand les aiguilles de l’horloge se resserrent dans sa rétine.

Il lui laisse généralement l’occasion de fuir, d’abandonner cette folie en arrivant le premier. Elle a toujours répondu présente pourtant mais comment aurait-il pu la comprendre ? Il ignore tout d’elle, il n’a qu’une envolée de lettres comme identité et une série de courbes à chérir pour un temps offert. Leur relation est une énigme qu’ils ne tentent pas de résoudre.  Bien au contraire, ils la parsèment d’intrigues en feignant l’étrangeté des approches et l’amnésie volontaire. Si les scènes se déclinent en une belle farce, ses mains finissent toujours par retrouver son corps avec la même régularité. Ses paumes ont beau emprunter un millier de voies différentes, elles finissent par définir avec toujours plus de précision ces arrondis familiers. Il peut la redessiner dans ses moindres détails rien qu’en voilant sa vue de ses paupières. Cela fait trop longtemps qu’ils se complaisent de leurs petits jeux et chaque nouvelle entrevue semble alimenter l’addiction du norvégien pour ces écarts de conduite. De bien des façons, la métamorphe le déloge de la normalité. Rêve éveillé au milieu du cauchemar permanent, trêve au milieu de ses combats internes. Se sentir vivant, délaisser sa solitude mais en dehors de ses apports, la jeune femme réveille en lui quelque chose d’autant plus viscéral que rassurant. Son indifférence grandissante pour le Monde et les gens qui le traversent, se craquelle quand elle apparait. Comme une belle incohérence au milieu de la laideur, comme un beau désordre auquel il se surprend à adhérer. Ce magnétisme détruit son verdict austère à l’égard du genre humain comme si il pouvait pardonner tous les défauts possibles quand elle se présentait à lui. Quelque chose a du sens en sa présence et ce n’est que parce qu’il éprouve des sentiments humains, désir, attrait. Elle est un catalyseur pour lui et il en a pleinement conscience.

Pour elle, il a été jusqu’à déroger à ses habitudes les plus conventionnelles et a osé bafouer ses derniers principes ainsi que sa lutte acharnée des dernières semaines. Il a pillé sur les corps de mourant en phase terminale, assez d’énergie pour ne pas faillir durant leur petite rencontre. Son aversion pour lui-même lui a coupé la volonté de réitérer cette expérience et il s’est juré secrètement que ce serait la dernière fois qu’il la voyait. Une dernière fois – il se le dit presque à chaque fois mais il a l’impression qu’il ne plaisante pas cette fois-ci. Elle le pousse autant vers la lumière qu’elle peut le bousculer dans d’autres ténèbres. En cela, elle est néfaste mais il s’en contrefiche aujourd’hui encore. A croire qu’il devient autre pour pouvoir lui plaire, pour pouvoir se plaire également au moins quelques heures. Vivre au lieu de survivre, juste quelques instants volés aux circonstances. Quand il approche de l’hôtel, il se surprend à vérifier son reflet dans la vitre la plus proche. Ses cernes sont moins marqués depuis qu’il s’est nourri et sa peau a gagné en jeu de teintes. Il n’a pas retrouvé toute sa superbe mais au moins est-il suffisamment présentable pour dire de franchir le seuil de l’établissement sans baisser la tête de honte. Il prend place au bar et commande comme toujours pour la forme, un alcool qu’il ne consomme jamais – c’est l’unique rituel suivi. Pas uniquement par perte de goût évident lié à sa condition d’être maudit mais surtout à sa dépendance passée ainsi qu’à toute la symbolique qui l’accompagne. Ses doigts se nouent devant lui tandis qu’il guette déjà les allers et venues avec une fausse nonchalance, l’air distrait et rêveur. S’il s’égare dans ses pensées, ce n’est déjà plus que pour la retrouver. Elle et cette somme de souvenirs sensoriels qu’elle laisse dans son sillage. La dernière fois se répète t-il et il n’y croit déjà plus qu’à moitié.

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MessageSujet: Re: You know that I'm no good [PV Aeryn]   Mar 15 Juil - 2:24


Il y a dans ses entrailles comme une envie de lutter. Vaine. Si faible qu’elle en vient à devenir un murmure au cœur d’un océan qui se déchire ; c’est toute une tempête qui fait rage entre le cœur et la volonté de la brune. Son regard, accroché à son reflet dans le miroir, elle se surprend à s’inspecter, le noir impénétrable de sa tenue engloutissant la faible lumière autour d’elle. Elyatis ne prête généralement guère attention à quoique ce soit d’autre qu’aux apparences qu’elle porte, droite et fière, accrochées à son visage. Aeryn l’indomptable, celle qui glisse entre les doigts de tous ceux qui chercheraient à la posséder. Aeryn l’amas de fumée qui virevolte, flotte, s’élève dans l’inatteignable. Sous les épais traits de crayon qui donnent splendeur et profondeur à son regard, le premier abord froid et distant semble être sauvegardé ; Aeryn ne veut pas faiblir plus qu’elle ne l’a déjà fait. Aeryn voudrait fuir pourtant, rester ici, pieds fixés sur le sol, devant son miroir, à fixer son reflet. Et rien d’autre, certainement pas les profondeurs de ces ténèbres en lesquels elle se perd volontiers. Dans les traits de son visage, elle devine la présence de Letan, un aimant à ses songes qui l’appelle dans une litanie doucereuse ; Letan, Letan. Elle avait ces beaux cheveux blonds, ces boucles indisciplinées, pourtant le même œil brillant que son aînée, les mêmes cicatrices visibles au fond de la pupille ; toutes deux, elles avaient assisté aux mêmes horreurs, elles avaient ressenti la même sensation glaciale d’une lame dans leur cœur en découvrant les cadavres de leurs parents. Mais Letan n’était plus là que dans les songes de sa sœur, la survivance qu’elle se forçait à voir à chaque fois qu’elle croisait un miroir ; elle en venait à détester les miroirs, vouloir s’écorcher jusqu’au sang son visage énigmatique pour certains – si clair, si familier pour elle. La bile au ventre, un juron passant entre ses lèvres, Aeryn délaissa le miroir pour oublier, ne serait-ce qu’un instant, la boucle vicieuse dans laquelle elle s’apprêtait à plonger. C’était comme une habitude qu’elle ne parvenait pas à chasser, une désagréable démangeaison à son bras qui la travaillait. Aeryn avait besoin de fuir, d’oublier ; laisser Letan ici, entre ces quatre murs, dans le reflet du miroir. Exister, d’une certaine manière. Sans sa sœur, sans les siens, Aeryn n’était qu’une ombre, vaquant à la surface de la terre, flottant parmi les vivants comme une âme en peine – il n’était qu’au bras de l’infâme qu’elle parvenait à se sentir vivante. Vivante. Pourquoi ? Avec la même force qu’elle revoyait sa sœur agoniser, blessée ; elle revoyait dans ses cauchemars l’homme arracher la vie d’un autre sans sourciller. L’homme ; à son amant, Aeryn se refusait à affubler un autre nom que celui-ci – sous ses mains, elle avait frissonné de délice, senti la vie la parcourir du bout des orteils jusqu’au sommet du crâne. Mais qui était-il pourtant ? Etait-elle damnée à ce point, condamnée à exister sous le joug d’un meurtrier ?

A l’extérieur, en quelques pas éloignée du souvenir de Letan, mais les remords toujours dans son sillage, Aeryn laissa la chaleur de l’endroit lui caresser le visage, lui fouetter les sens. La Nouvelle Orléans la fait baigner dans une courte seconde de complaisance, d’oubli grandiose avant que tout ne revienne – ici, il flotte dans les rues une atmosphère qui la rendrait presque absence, happée par une valse des sens, une transe grandiose. Connaissant comme le dos de sa main le trajet qu’elle avait à accomplir, la brune sauvage laissa ses pieds la guider – au moins, ici, toujours en plein contrôle des mètres qu’elle franchissait pour se rapprocher de lui, pouvait-elle se persuader qu’elle pourrait encore faire demi-tour. Demi-tour – la volonté rebelle de se soustraire à leur rendez-vous la suivit sur plusieurs ruelles, les murs de la ville lui renvoyant l’écho de ses pas : même ici, elle se sentait seule, seule à la dérive avec ses doutes. Allait-elle faire ça ? Etait-elle folle ? A quelques pas de là, reconnaissant la devanture de l’hôtel qui se dressait dans un coin de rue, Aeryn se stoppa, soudainement aussi froide et rude que du marbre ; les bras enroulés autour de sa taille, elle aurait voulu fuir tout questionnement éthique sur ce qu’elle faisait. Ce qu’elle ferait. S’enivrer, consommer au creux d’une gorge un désir inavouable, une gourmandise qui relevait du péché pur et dur ; si tant est qu’un Paradis et un Enfer existent dans l’au-delà, elle finirait, pour sûr, à rôtir dans des flammes rouges et brûlantes pour l’éternité. Elle n’en était pas là, lui dicta cette petite voix coupable au fond de son esprit, et Aeryn poussa la porte pour pénétrer dans l’endroit ; par rapport à d’autres, elle revêtait parfois l’image d’une grande faucheuse morbide, annonciatrice d’une mort prochaine pour tous ceux qu’elle croisait, tant le noir lui collait à la peau : les pas réflexes, familiarisés à ces entrevues, l’amenèrent au bar, à quelques tabourets du visage connu, reconnu. Du visage de bien de ses songes. Mais Aeryn n’attarda sur lui pas le moindre regard, pas le moindre égard ; ni un quelconque signe de bonjour, d’attention particulière – jamais sans doute, n’aurait-il pu deviner qu’elle était là pour lui, exclusivement pour lui, si seulement ce manège n’était pas froidement répétitif entre eux. Une danse de leurs charmes, une danse de leurs corps, leurs volontés. Elle ne fit signe qu’au serveur pour qu’il lui amène un verre, un alcool fort de préférence, à même de noyer sa raison dans un sommeil profond. Aeryn agissait de manière démesurée, elle flirtait avec le danger comme une folle ce soir, elle préférait oublier largement tous les risques qui s’étaient fichés dans son dos à l’instant même où Ezra avait posé ses yeux sur elle. Elle les sentait, brûlants, flatteurs – déstabilisants pour un instant. Ce n’était pourtant guère encore de ses mains qu’il venait caresser les contours de sa silhouette ; ces mêmes mains qui avaient ôté la vie – ôtaient la vie depuis des lustres. Pourquoi était-elle, elle, en vie ? Quelque part, depuis qu’elle savait ce qu’il était, la brune s’était posé mille fois la question, se persuadant par la même occasion qu’elle jouait avec le feu, que survivre était trop important pour qu’elle ose encore s’approcher de la sorte, aux abords d’un fil de rasoir prêt à lui trancher la gorge. Elle était revenue cependant, elle revenait ce soir encore ; obéissait encore à un brin d’orgueil à ne pas l’avoir encore regardé – pour combien de temps cependant, car aussi friable que du sable fin, Aeryn cédait toujours. Aeryn était sans cesse attirée vers cet endroit, sur ce tabouret, dans ce destin funeste.
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MessageSujet: Re: You know that I'm no good [PV Aeryn]   Dim 20 Juil - 12:55

Un parfum inonde son atmosphère. Pas celui escompté mais l’arôme lui arrache le peu d’attention qu’il mobilise pour l’environnement. Ses yeux se relèvent, ondulent sur la chevelure ébène qui traverse la pièce tel un oiseau de mauvaise augure. Il ne la connaît pas du tout et ne la poursuit du regard que pour combler l’attente qui le cloue au lieu. Sens picotés par sa prestance naturelle, il observe cette étrangère  tisser lentement une tentation qui n’a pourtant aucun but charnel. Comme un flux indomptable, sa faim n’a de cesse de le tirailler avec plus de férocité depuis qu’il s’est autorisé un massacre contrôlé à l’hôpital.  Revoir Aeryn dans ces conditions démontre son égoïsme sans faille. Il sait qu’il n’est ici que pour lui. Dans son intérêt à elle, il devrait fuir tant qu’elle n’a pas encore franchi le seuil. Le verre d’alcool qui se pose devant son nez, souligne d’autant plus le surréalisme de cette situation. Les effluves du whisky lui nouent la gorge. Un supplice qu’il perpétue depuis le début comme pour retenir la leçon, réussir à contenir ses vices et à être maître de son propre corps. Cela n’a pas qu’un but purement esthétique dans le tableau qu’ils s’offrent mutuellement, ce n’est pas que pour duper. Ses doigts viennent machinalement entourer le récipient et comme à chaque fois, le doute s’insinue. A plusieurs reprises, il a manqué de le porter à ses lèvres. Pour une seule gorgée, une seule et unique. Mais ses penchants ont une extrémité caractéristique, un excès machinal. Une seule goutte entraîne la dérive certaine. Il ne peut maîtriser cette addiction autant qu’il la répugne de par son passé et des abus subis. L’alcoolisme est une tare qui semble se transmettre de père en fils. Réglé comme du papier à musique comportant pourtant des parties vierges car prompt à l’improvisation, cette rencontre semble se dérouler comme toutes les autres. A l’instant où il se voit relever le bras pour dérober du nectar interdit, elle apparait dans son champ de vision.

Sauveuse de la dernière minute, archange des âmes déchues, elle sollicite toute sa fascination quand elle brime la beauté du lieu par son évanescente démarche. Tout semble morose à côté de cette progression. Hypnotisé, il veille à respecter le code tacite cependant en ne vissant jamais tout à fait ses yeux sur elle. Mais elle est là et cette évidence grandit jusqu'à devenir matière. L’attraction se transforme en une chose palpable, concrète, brute. Ses paumes épousent toujours le contenant alors qu’il a déjà oublié le contenu. Il fait semblant de trouver encore le moindre intérêt chez l’inconnue qui lui a volé fugacement de sa concentration un peu plus tôt. Mais la vérité, c’est qu’il n’y pense même plus à sa nature, déjà absorbé par le jeu qui démarre. Les dés sont jetés et le premier tour a débuté. C’est à lui d’avancer bien qu'il ignore encore sur quelle case atterrir. La salle regorge d’esseulés dans leur genre, des histoires par millier qui finiront  leur soirée sûrement de la même façon en s’abandonnant dans un lit impersonnel pour inscrire leurs peines sur la bouche d’un étranger. Facile. L’atmosphère légère qui soutient l’endroit est factice, ils le savent tous au fond. Ezra glisse quelques billets à l’attention du barman et se relève avec son réceptacle encore dans les doigts. Sans se tourner vers l’emplacement qui pourtant, le sollicite toujours plus, il fuit le centre du cyclone en quittant l’endroit. Chassé-croisé complétement inventé dans l’impulsivité, le norvégien tente d’attiser la curiosité de son amante. Il gagne alors le hall sans attendre et trouve une plante à arroser de ce liquide qu’il ne compte pas consommer. Discrètement, il renverse son verre et laisse la terre gagner en ivresse à sa place. Son soupir exprime son soulagement tandis qu’il revient lentement sur ses pas en savourant le potentiel chaos qu’il a, il l’espère, provoqué chez la jeune femme comme un repli qu’il aurait pu observer mais dont  il est incapable pourtant.

Quand la chaleur du bar lèche son épiderme, il n’est pas surpris de voir son ancien siège occupé. Il n’en reste aucun, c’est pourquoi, il lui ait d’autant plus évident que simuler la mascarade est aisé. Toutes les forces de la nature semblent se rassembler pour qu’ils se détruisent dans cette petite conquête ponctuelle. Se faufilant entre deux tabourets pour atteindre le comptoir, il laisse son bras effleurer très subtilement celui de la brune tandis qu’il dépose son récipient devant lui pour le rendre à qui de droit. Nonchalance marquée et toujours résigné à ne pas la fixer, ne fusse qu’un peu, il est cependant en train de flirter avec son propre sang-froid. Maintenant qu’il se régale de la mélodie jouée par sa fragrance, il est difficile de ne pas suivre cette même mélopée et de se laisser bousculer par ce désir exaltant de l’approcher d’un peu plus près encore. Pas besoin du chant de la sirène pour qu’il soit déjà dans ses filets. Comme un combat entre fierté et orgueil, c’est à celui qui cédera le premier. L’urgentiste s’assure de prendre de l’avance en continuant à multiplier les contacts succincts. Quand le client sur sa gauche se relève, il dévie un peu plus sur sa droite laissant sa hanche frôler la cuisse de la métamorphe. Chaque légère collision alimente les flammes, étincelle qui éclate et s’évanouit aussitôt quand il recule aussi rapidement. Il reste debout malgré la place libre. L’employé lui propose un second verre mais il décline d’une voix grave et pourtant posée, calculée. Il serait simple de remonter ses doigts le long de sa colonne vertébrale à cette distance, d’attraper sa nuque pour retourner cet insolent visage dans sa direction et de s’approprier cette bouche qui le nargue au coin de l’œil. Il n’en fait rien, se contentant de glisser son coude contre le sien juste assez pour penser qu’il le fait exprès et pas assez pour qu’on puisse penser que ça soit tout à fait le cas. Tout est dans la mesure pour cette démesure. Battre un temps, garder la cohérence dans la rythmique, on peut penser que tout est travaillé mais l’instinct est le seul chef d’orchestre. L’esprit n’importe pas entre eux. Bénédiction d'une malédiction.

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