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 I have lost myself again (pv)

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MessageSujet: I have lost myself again (pv)   Lun 14 Juil - 20:39


I have lost myself again
Help, I have done it again. I have been here many times before. Hurt myself again today. And, the worst part is there's no-one else to blame. Be my friend, Hold me, wrap me up, Unfold me, I am small, And needy, Warm me up, And breathe me. Ouch I have lost myself again. Lost myself and I am nowhere to be found, Yeah I think that I might break. I've lost myself again and I feel unsafe.  



Gravés dans sa mémoire, les souvenirs éternels de l'Enfer la hantent. La monstruosité de ce monde - qu'elle vient à peine de quitter - lui coupe encore le souffle à chaque instant de sa nouvelle vie urbaine. Les nuits sont longues lorsque l'on reste les yeux rivés sur l'horloge à guetter chaque minute qui s'écoule, lentement, jusqu'à l'approche tant espérée des tout premiers rayons de lumière. Traumatisée par son séjour dans les méandres de la Terre, dont elle garde des séquelles aussi bien physiques que psychologiques, la sorcière peine à se reconstruire. De peur que cette liberté nouvellement acquise lui soit de nouveau retirée. Bien qu'elle ne le soit pas totalement, car à la solde d'un Gouvernement digne d'une dictature, dont elle ne saisit, pour le moment, pas toutes les subtilités. La malédiction qui pesait sur elle a été levée il y a de cela maintenant deux mois. Et chaque jour qui passe est une épreuve de plus pour Natascia. Les créatures et les immondices qu'elle a pu côtoyer dans les abysses de son existence continuent de la visiter dans des cauchemars qui lui semblent permanents. Sa sensibilité de sorcière lui offre des visions de malheur où elle s'imagine dévorée par un de ces monstres, sous le regard médusé des passants, immobiles et impassibles devant le spectacle qui s'offre à eux, assistant avec dévotion à son supplice. Elle se ressaisit au bout de quelques instants, tremblante, chancelant sur ses maigres jambes, regarde autour d'elle pour finalement se rendre compte qu'elle se trouve bien à New York.

Mais la ville ne lui sied guère plus que l'Enfer. Les grattes-ciel qui l'entourent lui donnent l'impression d'étouffer. La pollution, la foule, le bruit. Tout cela la rend nerveuse. Irritable. Sensible. Elle découvre rapidement un moyen de s'en échapper. La drogue, son nouvel eldorado. Elle se contente d'une dose tous les trois ou quatre jours. Suffisant pour qu'elle se sente moins frustrée par sa nouvelle vie. Si certains sont tout de suite parvenus à commencer leur troisième vie ici, Natascia éprouve, pour le moment, beaucoup de difficultés à s'y sentir chez elle. Et le Gouvernement n'y aide en rien. Alors, de temps à autres, elle s'offre un moment de répit, seule. Et absorbe cette poudre blanche, fine. Pour que, presque instantanément, tout son corps se relâche. Et plane. Son système nerveux se détend. Et pendant quelques jours, l'impression de mal être qui l'habite se dissipe. Mais ce jour-là est un jour sans. Et c'est agitée que la sorcière se décide à marcher pour se calmer. Marcher longtemps.

Elle avait franchit les frontières de la ville il y a déjà de longues minutes. Pensive, elle marche sans vraiment regarder où elle va. Tout ses sens en alerte, elle sonde l'air ambiant flottant autour d'elle à chaque instant. D'un climat tortueux et pesant, elle se dirige maintenant vers une atmosphère plus paisible, douce et surtout plus pure. Préservée de toute animosité. Attirée comme un aimant vers ce cocon de tranquillité, la sorcière déambule en tentant de se vider l'esprit de toutes ces pensées abominables, innommables, de ces visions d'horreur qui la poursuivent jusqu'aux tréfonds de son âme déchirée. Elle fronce les sourcils, manifestation visible de son combat intérieur, rassemble son courage et parvient enfin à se sentir plus légère, plus libre. Débarrassée de douloureux songes, elle relève la tête et pose ses yeux sur le mirage semblant se dessiner devant elle. Un forêt verdoyante dont l'imperturbable silence paraît exercer une forte attraction sur Natascia. Encore quelques pas, motivés par le désir de pénétrer au cœur de cet écrin fragile, et voilà que ses pieds foulent la douceur d'une herbe encore jeune.

Une odeur de bois humide et de jonquille plane aux alentours. Elle s'enfonce un peu plus dans la sylve qui s'offre à elle, sursautant à chaque craquement de branches dont elle n'est pas la source. Aux antipodes de la vie qu'elle a connut à peine quelques mois plus tôt, elle peine à croire qu'un tel endroit puisse exister. A l'orée d'une clairière baignée par quelques rayons du doux Soleil d'après midi, elle considère la splendeur de l'endroit parsemé de fleurs jaunes orangées dont l'odeur douceâtre effleure ses narines. Absorbée par sa contemplation, elle en est pourtant tirée par des bruissements de feuilles encore lointains. Alerté, le cœur de la sorcière commence à s'emballer. Des crissements résonnent sur le plancher moelleux du taillis et affolent un peu plus encore la demoiselle. Le paysage chaotique dont elle sort tout juste réapparaît soudain devant ses yeux sombres, étouffant un cri de peur au fond de sa gorge meurtrie. Elle s'avance un peu plus dans la clairière, choisissant de se positionner sous la lumière pour réfuter la tentative de son potentiel agresseur. Elle se voit déjà affronter un de ces morts vivants assoiffés de chaire et de sang, quand l'approche se fait de plus en plus ressentir. Mais c'est une toute autre sorte de créature que la belle voit enfin sortir du bois.
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MessageSujet: Re: I have lost myself again (pv)   Dim 20 Juil - 15:43



(parole en italique = vieil italien)

Un sursaut. Me voilà accroupi, face au danger. La respiration calme et posée, mes muscles tendus pour sauter à la gorge de l’intrus. Un grognement s’échappe de ma gueule et je m’étonne de l’ensemble aussi faible. Je me rends alors compte qu’aucun duvet, qu’aucune fourrure ne recouvre mes pattes. Mes mains. Des mains ! Je fais un bond en arrière, pour me coller au mur le plus proche en observant la pièce dans lequel je viens de me réveiller. Je la connais cette pièce, je dois m’y réveiller depuis un certain temps maintenant, pourtant. Mais la panique me prend encore souvent. Je ne suis pas chez moi. Cette sensation, cette certitude, ne veut se déloger de mon subconscient. Cette pièce, cette habitation qu’ils nomment appartement… tous les objets qui m’entourent… je me sens étranger parmi tout cela. J’en ai oublié dans mon décontenancement la personne qui m’a réveillé. Son mouvement pour se rapprocher de moi le rappelle à mon bon souvenir et avant d’avoir compris ce que je fais, je suis sur lui, mon avant-bras placé en travers de sa carotide, sentant sa carotide rythmée, et la déglutition pénible de la personne. « Qui êtes vous, que faites vous ici ? » L’italien franchit mes lèvres en premier. Je mets quelques secondes avant de me souvenir des termes adéquats dans leur langue actuelle, et cela leur suffit pour reprendre le contrôle. La douleur qui pulse d’un coup dans tout mon bras, puis tout mon corps, me projette sur le côté où je me recroqueville. Pitoyable, je suis pitoyable. Deux lunes qu’ils m’ont asservi comme on dompte un chien sauvage. Deux mois, comme ils nomment ces laps de temps. Deux mois, donc, que mon avant-bras me brûle régulièrement sans que je n’y puisse rien faire. Je n’étais pas réveillé depuis plus de quelques nuits qu’ils étaient sur moi, à m’injecter quelque chose dans le bras, pour me garder sous contrôle. Avec cela, à ce que j’ai compris, ils peuvent me faire souffrir, me repérer. Me maîtriser. C’est une magie, bien plus vicieuse que celle des sorciers. Ils m’ont expliqué pourtant que ça n’avait rien de surnaturel, comme leurs machines puantes et sonores, comme les nombreux écrans lumineux qui parsèment les habitations et les moindres recoins de la ville, mais j’ai peine à les croire. On ne passe pas des bougies et chandeliers à ces… ampoules sans pactiser avec le diable, telle est mon opinion et je ne vois pour le moment rien qui puisse la faire changer.

Finalement, la douleur s’estompe, et je me relève péniblement. Qu’il est loin le Prince italien, alors que je fixe l’homme du Gouvernement qui a interrompu mon sommeil. Ils ne savent pas qu’ils n’ont pas un simple péquenot face à eux. Ils ne savent pas que je ne suis pas un simple caniche. Et malheureusement, je suis bien trop perdu pour le leur faire comprendre. Le retour à l’humanité est bien loin d’être simple. Le retour à l’humanité alors qu’elle en a profité pendant mes siècles – des siècles ! – d’absence pour faire pas un mais bien vingt bonds en avant, est dur, surtout pour un homme comme moi qui avais tout. Ou presque. Avec une force qui me dépasse, le souvenir de mes dernières secondes d’être humain s’impose. Je n’ai qu’une conscience diffuse de ma vie de loup ; un loup n’a pas la même conception de la mémoire qu’un homme, rangeant les événements en deux sections : passé proche et passé lointain. Pas de notion de chronologie, pour le loup. Et j’ai l’impression que c’était hier encore que je me vidais de mon sang par le biais de ces deux coupures à mes poignets. Je ne comprends pas comment je suis devenu loup, ni pourquoi me voilà encore en vie. Ils disent que je suis un skinchanger. Qu’un sorcier a fait de moi ce que je suis. La haine du loup prend brutalement le pas sur l’homme, et je me surprends à grogner à nouveau. C’est comme un ronflement continu dans ma gorge qui s’échappe entre mes dents serrées, bien moins impressionnant que s’il était sorti d’une gueule aux crocs immaculés. J’entends d’une demi oreille l’homme qui essaye de se faire comprendre, parle vite, sort de la pièce après avoir déposé des habits et quelques livres sur la table basse. Ils m’invitent à coopérer. Oui, sûrement mais avec qui ? Pourquoi ? Ce n’est pas mon époque, ce n’est presque plus mon monde. Pendant un bref instant, je ferme les yeux pour faire le point. Oublier que je n’ai rien à faire ici, oublier la haine qui me ronge, la colère qui m’aveugle. Oublier, aussi, que je ne suis pas un loup même si je ne suis plus tout à fait un humain. Au bout de plusieurs respirations, je me redresse. J’ai l’impression de vivre le même rituel tous les matins. Il faut que je m’adapte si je veux survivre, même si je n’ai aucune raison de le faire. Azzura est morte. Orfeo est mort. Tous ceux que j’ai pu connaître son mort depuis des siècles, rien ne reste de leur souvenir, rien ne subsiste de ceux qu’ils ont pu être. Je suis seul, irrémédiablement seul. Mais il faut pourtant que je m’adapte. Que je m’acclimate à cette évolution, que je m’intègre à cette société.

Mes quelques pas à l’extérieur du bâtiment qui m’héberge me perdent déjà. Trop de bruits, trop de foules, trop de surnaturel autour de moi, je me retrouve à fuir dans la forêt la plus proche, attiré comme un aimant par ce qui m’est le plus familier ici. Deux lunes, et chaque matin, c’est comme si je viens de sortir d’un long rêve – ou cauchemar. J’ai beau essayer de me remémorer ce qu’il s’est passé pendant plus de sept siècles, tout est flou. Ponctué de couleurs, de sensations, d’odeurs et de craintes. Des forêts – beaucoup – mêlées de neige – énormément. Le Loup Gris que je suis préféré les forêts glacées à la chaleur méditerranéenne. De ce que j’ai réussi à comprendre, le loup est monté au Nord. Toujours plus haut, toujours plus loin de mon pays natal. Puis il a… changé de continent. Voilà qui m’a perturbé lorsqu’on m’a montré la première fois une carte du monde. J’ai mis longtemps à comprendre que je venais de cette petit botte, de l’autre côté d’une étendue d’eau si grande que je ne pouvais la concevoir. Je n’y parviens d’ailleurs toujours pas. Dès que l’ombre des arbres se dépose délicatement sur mes épaules, me voilà qui soupire. Me détend. Le tissu de mes habits m’irrite la peau, les chaussures me serrent bien trop. Ces cheveux, un peu longs, me perturbent. Je ferme les yeux pour inspirer le plus possible de cette atmosphère aux saveurs multiples. Ma peau me démange, je veux me fondre dans le loup que j’héberge. Aussi étonnant que cela puisse paraître, si j’ai du mal à me faire à tout ce qui m’entoure, le loup est tellement ancré en moi à présent que je trouve bien plus naturel d’entendre les craquements de mes os à chaque transformation que le simple fait d’écrire. Je respire les odeurs et les catalogue bien plus facilement que ce que je m’exprime, que ce soit en anglais ou en italien. C’est d’ailleurs pour cela qu’au premier craquement, tous mes muscles réagissent avant ma réflexion. Je suis tendu. Quelques pas d’humain, bien plus bruyant que ceux du loup qui ricane, me conduisent vers la source du bruit. Danger ? Je respire l’odeur étrangère à la forêt. Ca pue l’humain. L’humaine, plus précisément. Je fronce les sourcils. Que fait-elle ici ? Non pas que sa sécurité m’intéresse – je n’en ai que faire – mais… elle n’a pas à être ici. A cette époque. Si c’est une hallucination, j’aurai grandement préféré que ce fusse Azzura qui m’apparaisse ainsi, au beau milieu d’une clairière. Je m’adosse à un arbre, en prenant grand soin de ne pas abimer la tunique râpeuse qu’ils m’ont fournie. Un peu trop grande pour ma carrure de gringalet – malgré les muscles que le loup a soigneusement dessinés – elle flotte de manière désagréable ; et pourtant, je rechigne à y faire le moindre accroc. Mes yeux clairs se posent sur la silhouette, et inconsciemment, je penche la tête sur le côté, comme un loup intrigué. « Tu… Tu es réelle ? » Je ne maîtrise pas suffisamment l’anglais pour qu’il vienne naturellement à mes lèvres. C’est l’italien de ma naissance qui résonne un peu trop fort dans la clairière, alors que je me concentre pour faire le tri entre mes souvenirs d’homme et de loup, à la recherche d’un nom. « Aurora, tu n’es… pas… » Je plisse les yeux à la recherche d’une explication logique. « Morte ? » Et toi alors, Rafaele, pourquoi n’es tu pas qu’une masse d’os que l’on a réduit en poussière ? Parce qu’on m’en a empêché. Est-elle, elle aussi… damnée tout comme moi ? Quatre solutions s’imposent à mon esprit: c’est soit une vision, soit une skinchanger, comme moi – bien que je ne sente pas d’odeur animale sur elle – soit une étrangère. Soit… une sorcière. Un frisson me parcourt. Ca me désolerait que la dernière solution soit la bonne, puisque je me verrais aussitôt dans l’obligation de mettre fin à ses jours.


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MessageSujet: Re: I have lost myself again (pv)   Sam 26 Juil - 13:51



(dialogues en italique = paroles en italien)


Un autre craquement de branche un peu plus conséquent que les précédents. Un homme, inconnu, fait irruption de la sylve. Il s’adosse à un arbre, certainement âgé de plusieurs dizaines d’années déjà, et pose sur la sorcière un regard intrigué. La tête ainsi penchée sur le côté lui donne des airs enfantins bien qu’il semble avoir quitté cette période de la vie il y a bien longtemps. Un silence pesant s’installe entre la brune et l’étranger. Entraînant un certain malaise chez la damnée qui reste muette, laissant à son interlocuteur tout le loisir de la dévisager. Un odeur étrange se dégage de l’humain en face d’elle bien qu’elle ne puis pas encore en identifier l’origine. Tout comme elle se trouve dans l’incapacité totale de mettre un nom sur ce visage qui ne lui est pourtant pas si inconnu que cela. Persuadée de l’avoir déjà croisée dans son autre vie - cela paraît plus plausible - elle ne parvient pas à retrouver l’endroit, le moment où les circonstances dans lesquelles elle aurait pu le rencontrer une première fois. Et l’accoutrement qu’il arbore ne l’aide en rien. La tunique pastel qu’il porte ne lui appartient pas, elle pourrait le jurer. A y regarder de plus près, elle lui fait penser à ces morceaux de toile distribués par les médecins de Gouvernement. Des carrés de tissus hideux qu’ils vous fournissent gracieusement au moment où ils vous récupèrent, tout juste sortis de l’Enfer. Elle y a goûté aussi. Il n’y a pas si longtemps. On lui a même offert de travailler pour ces grands manitous. Quelle chance elle a. Un proposition impossible à refuser. Marche ou crève. Son choix était vite fait. Bien qu’elle exècre de conspirer avec une institution qu’elle aurait préféré voir à terre. Mais pour le moment, elle ne peut se permettre de faire des vagues. Et après avoir passé plus de sept longs siècles dans les méandres de la Terre, et surtout, être parvenue à en sortir indemne, elle refuse catégoriquement d’abandonner. Espérant pouvoir se dégager de leur emprise rapidement. Même si ses plans ont l’air délicieusement compromis par la jolie puce qu’on lui a implantée dans la nuque récemment. Elle n’est même pas certaine d’être autorisée à quitter l’enceinte de la ville comme elle l’a fait. L’absence de décharge électrique la rassurant soudain, elle se dit qu’elle devrait envisager ce genre d’escapade plus souvent. Tirée de sa rêverie lointaine par quelques mots maladroits prononcés en italien, elle secoue doucement la tête et pose sur l’étranger des yeux curieux. Natascia fronce légèrement les sourcils, témoins de sa surprise. La première personne qu’elle rencontre dans cette forêt à les mêmes origines qu’elle. Le hasard fait parfois bien les choses.

« Aussi réelle qu’on puisse l’être, en effet… », répond la sorcière en employant également sa langue maternelle, étonnée par la question. Elle s’était habituée à utiliser l’anglais à Darkness Falls. La majorité de ces connaissances damnées, comme elle, parlaient couramment cette langue alors elle s’y était faite. Mais retrouver sa langue natale, douce et chantante, lui faisait le plus grand bien. Les mots lui étaient revenus d’eux-mêmes, sans le moindre effort. Tout comme elle retrouvait aisément ses facultés de sorcière à mesure qu’elle les employaient de nouveau. Guidée par son instinct, la magicienne sonda l’humain à l’aide de tout ses sens. Sa sensibilité lui indiquant que quelque chose chez n’était plus tout à fait normal. L’humain n’en était peut être pas un, au final. Au bout de quelques secondes, imperceptibles, ses pouvoirs lui donnèrent raison. Et l’odeur qu’elle avait d’ores et déjà perçue émanant de lui prouvait qu’il était habité par autre chose. Un animal. Une bête sommeil en lui. Mais les facultés de la brune ne lui permettent pas d’en savoir d’avantage sur la nature de la créature animée qui se meut en lui. L’italienne relève doucement la tête et pose sur le métamorphe un regard inquiet. Et puis tout bascule. Le prénom de son aînée retentit à ses oreilles comme une plainte sourde. L’évocation de sa soeur, celle en qui la sorcière avait vu un avenir et tout un monde se dessiner, mais qui avait finalement choisi - délibérément - de l’abandonner aux mains d’un père incestueux, provoque chez elle l’apparition d’une indescriptible rancune. De la colère, pure et dure. Des sentiments destructeurs amplifiés depuis que Natascia a surprit sa soeur blottie dans les bras de celui qui était venu pour la tuer des années auparavant, Lorenzo. Une trahison qu’elle ne peut accepter. La haine l’envahit, et cela la détruit. Car elle aurait préféré ne jamais devoir détester sa tendre ainée ainsi. Et au fond, ce n’est pas le cas. Mais peu importe. Entendre ainsi le prénom d’Aurora sortir de la bouche d’un étranger lui semble peu probable. A moins qu’il ne lui soit pas si inconnu que cela, en fin de compte.

« Je ne suis pas Aurora », réfute sèchement la sorcière en luttant de toutes ses forces pour ne pas céder à la rancoeur. Elle serre les dents, les poings, soupire longuement et finit par délier ses membres crispés, à commencer par ses doigts fins. « Mais ma soeur n’est pas morte non plus », ajoute-t-elle ensuite en posant des yeux neurasthéniques sur le skinchanger. La sorcière ne sait plus trop quoi penser de cette rencontre. Elle fouille dans ses souvenirs les plus lointains, tentant de se remémorer l’instant où elle aurait pu croiser le ténébreux. Elle procède à reculons, cela lui évitera de se replonger dans des souvenirs douloureux pour rien. Depuis la levée de la malédiction, impossible. Si c’est un métamorphe, il n’était pas à Darkness Falls. Alors leur rencontre doit dater de sa première vie. Avant que son humanité lui soit arrachée par une vulgaire maladie. Il est italien. Voilà la réponse qu’elle attendait. Le brouillard se disperse, la brume de ses souvenirs se lève peu à peu. Laissant place à une nouvelle clarté. La sorcière laisse échapper un souffle glacé et se concentre de nouveau sur le visage de cette vieille relation. Il ne ressemble plus à celui qu’elle a connu en méditerranée. Surtout avec cette tunique infâme sur les épaules. Son regard se perd et ses yeux bleus perçants divaguent souvent. Mais c’est bien lui. Les certitudes prennent forme dans l’esprit de la damnée. A mesure que les secondes s’égrènent, sa mémoire replace les traits tirés du bel italien. Le retrouver ici semble presque irréel. En pleine forêt, son odeur à dù le pousser vers elle. Elle se concentre d’avantage sur l’expression qu’il arbore depuis quelques minutes et s’aperçoit qu’il est absorbé par la réflexion. Peut-être cherche-t-il, lui aussi, à retrouver des souvenirs perdus. Les séquelles physiques et psychologiques qu’ils ont du garder, l’un comme l’autre, de leur terrible calvaire n’arrangeant rien dans leur quête de vérité.

« Rafaele ? C’est toi n’est-ce pas ? », suggère l’italienne en adoucissant sa voix. Elle détend progressivement ses muscles, espérant que sire Renzacci en fasse autant après s’être rendu compte qu’elle n’était pas aussi agressive qu’elle l’avait laissé transparaître. La sorcière toise un peu plus encore Rafael - qui ne lui rappelle en rien celui qu’elle a connu en Italie des siècles avant aujourd’hui - mais donne à ses yeux sombres une expression plus tendre. Elle n’est pas encore certaine de pouvoir se sentir rassurée du fait que ce soit bien lui, juste là, en face d’elle. Dans sa tête, des mots résonnent et lui arrachent une plainte sourde. Un sentiment la déchire. Imprévisible. Le hasard fait parfois bien les choses. Ou pas.
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MessageSujet: Re: I have lost myself again (pv)   Dim 27 Juil - 22:55



(parole en italique = vieil italien)

Des réminiscences d’un passé qui me semble étrangement proche, traversant les siècles avec une facilité déconcertante, me revienne en mémoire. Des échos. Des images. Des odeurs, aussi. Faibles, les odeurs, aussi pitoyables que celles captées par l’humain que j’étais. C’est déroutant d’avoir ainsi des souvenirs d’humains. Ils ne ressemblent en rien à ceux du loup. Plus réfléchis, moins lumineux… trop… fade de sensations et trop riche d’émotion. J’ai presque l’impression que ceux du loup sont plus simples à porter, plus faciles à appréhender. Et ça me terrifie. Je refuse d’être un loup, je veux être un homme. Je veux être un père. Je veux être un amant. Et je ne suis rien d’autre qu’un rescapé échoué sur une île dont j’ignore les règles et les convenances, loin de ma vie et de mes connaissances. Pas si loin que cela, Rafaele, de toute évidence. Un frisson supplémentaire gravit ma colonne vertébrale avec une lenteur sadique et calculée. Il m’empêche presque de respirer, lorsque je penche la tête, fronce les sourcils, questionne et me perd dans mes pensées et mes souvenirs d’homme. Des noms, des visages, trop de choses à savoir et à trier pour trouver ce que je cherche. Mais avant tout, il faut que je sache. Ce qu’elle est. Une illusion ? Une simple question devrait balayer cette possibilité. Sa réponse, dans un italien qui frôle mes oreilles avec la douceur d’une caresse, fait mieux que cela : elle la piétine pour qu’il n’en reste plus rien. « Aussi réelle qu’on puisse l’être, en effet… » Bien. Un poing s’abat sur mes poumons, sous l’arrivée d’une flopée d’images et de mots. Des visages défilent à nouveau. Sa voix a débloqué de nouveaux souvenirs qui s’imposent avec une force et une précision qui m’assomment. Qui étourdissent le loup, aussi. Après une hésitation, je m’égare à tenter un nom. Un prénom qui m’évoque des souvenirs épars, des émotions illogiques. Aurora ? Je complète mon intervention en lui demandant, assez intelligemment sous les sarcasmes du loup, si elle est en vie. Ses poings serrés, ses mots coupant d’une colère que je ne comprends pas vraiment, répondent à toutes mes questions, et j’aurai fait un pas en retrait si l’arbre contre lequel je suis adossé ne m’en avait pas empêché. « Je ne suis pas Aurora. Mais ma soeur n’est pas morte non plus » Mes yeux ne flanchent pas lorsqu’elle pose les siens sur les miens. Sa sœur. Aurora donc. J’ai envie de me prendre la tête entre les mains pour faire cesser immédiatement le chaos qui agite mon esprit. Trop d’éléments se battent pour reprendre leur place légitime dans un esprit teinté de bestialité. Ils ont quitté les pensées bien établis du Seigneur Renzacci, ils réinvestissent une place marbrée de violence animale, salie de magie, et peuplée à présent des sens et des émotions d’un Loup sept fois centenaire. Ce n’est simple ni pour eux, ni pour moi. Et mon froncement de sourcil, ma respiration un peu rapide, ma recherche accélérée d’information… tout cela se mélange dans un seul but : reprendre le contrôle. Au moins, voilà quelque chose de ma personnalité qui ne me semble pas étrangère. Je me suis endormi seigneur, je me réveille perfectionniste. Maniaque. Assoiffé d’ordre et de clarté. Le seul imprévisible que j’accepte et admets, c’est moi-même. Natascia. Mes poumons se relâchent, et respirent pleinement l’air frais de la clairière. Son prénom m’est revenu au moment où sa voix veloutée de l’Italie prononce le mien. « Rafaele ? C’est toi n’est-ce pas ? ». Un léger acquiescement, et je me détache de l’arbre. Est-ce l’humain qui agit, ou le loup ? Sûrement les deux, et leur curiosité, alors que je m’avance vers la jeune femme. Jeune. « Oui… » m’entends-je murmurer, incertain. Qu’est-ce qu’elle est devenue ? Pourquoi est-elle encore ici, tout comme Aurora ? Je reste à distance raisonnable, écoutant le grognement du loup qui me prévient d’être prudent. On ne sait pas ce qu’il peut se passer. Un peu de ma prestance de Seigneur refait surface, à proximité d’un vestige de mon passé. « Les siècles n’ont guère marqué ton visage, Natascia » Et pourtant, je ne t’ai pas reconnue. Te doutes-tu de l’abomination qu’un inconnu a fait de moi ? Je suis un monstre, un survivant qui aurait du mourir, qui voulait mourir. Je suis échoué dans cette époque dont je ne veux pas, et je ne peux même pas mettre fin à mes jours aussi simplement que la première fois. Ils m’en empêchent par le biais de cette puce qui me brûle les veines comme un venin. Elle paralyse mes muscles. Sais-tu, Natascia, qu’ils ont emprisonné la magie pour l’enfermer dans tous les objets de leur quotidien ? Sais-tu, Natascia, dans quelle déchéance s’est plongé le monde pour mieux précipité son extinction ? Je retiens tous les mots et les phrases qu’ils forment, pour le moment. Je fais à nouveau un pas, tendant une main prudente vers son épaule, que j’effleure pour en vérifier la consistance. « Comment se fait-il que… que tu sois… » Que m’a-t-elle dit un peu plus tôt ? Que sa sœur non plus n’était pas morte. Au moins trois, trois italiens, qui se sont perdus dans le temps. Et pas Azzura. Le loup hurle à l’injustice. L’humain se perd dans une rancœur et une colère qu’il met pour le moment de côté. Ne pas s’en soucier pour le moment. Essayer d’éclaircir le présent. Tu penses trop ricane l’animal que je suis devenu. Je ne me fis pas assez à mon instinct, à mes émotions primaires qui me soufflent de me contenter du soulagement que j’ai à ne pas être seul ici. Ma main se perd à nouveau sur son épaule, un peu plus insistante, un peu plus pressante, comme pour tester à nouveau sa tangibilité. Oui, elle est bien réelle. Mais ça ne me rassure pas, loin de là. « Qu’est ce que tu es, au juste ? » Cesse donc de réfléchir. Je fronce les sourcils un peu plus, avant de faire un pas en arrière pour mieux rajouter. « Tu es comme moi ? » Mes yeux deviennent ceux d’un loup, lorsque je rajoute, bien plus menaçant. « Ou tu es autre chose… » Que j’aimerai orienter mes oreilles, ma queue, sortir les crocs pour mieux l’intimider, mais seul un sourd grognement cherche à s’échapper de ma gorge.


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MessageSujet: Re: I have lost myself again (pv)   Mer 30 Juil - 23:45


(dialogues en italique = paroles en italien)


Des crissements, la douce plainte de quelques feuilles qu'on piétine. Le métamorphe déplie ses membres et détache son corps de la souche à laquelle il s'était adossé. Comme un aigle guettant sa future proie, il s'avance vers la sorcière, redevenue muette. Elle ne le quitte pas des yeux, allant jusqu'à scruter le moindre de ses pas sur l'herbe tendre de la clairière. L'italienne inspire à pleins poumons, pour mieux ressentir les intentions du bellâtre. Et à mesure que sa voix masculine résonne à ses tympans - révoquant par la même occasion toute la vie de la brune passée en Méditerranée -  la méfiance dont il fait preuve à son égard la transperce de part en part. Lui apparaissant soudain comme une évidence, elle ricane intérieurement, amusée par sa propre bêtise. Tu t'attendais à quoi ? À ce qu'il te saute dans les bras ?, pense-t-elle en fronçant inconsciemment les sourcils. Elle aurait préféré. Cent fois même. Mais il n'en sera jamais ainsi avec ce Renzacci. Il n'était pas de ce genre là avant et, vu son comportement à cet instant précis, il ne l'est certainement toujours pas. La sorcière baisse les épaules, soulagée de le voir arrêter son chemin quelques pas en amont de sa personne. Lui laissant une certaine marge de manoeuvre, bien que faible mais, qu'importe. Le temps et les horreurs qu'ils ont connues chacun de leur côté semble avoir laissé des séquelles évidentes. L'un comme l'autre ont l'air d'avoir oublié que ce n'est pas de cette manière que l'on engage une conversation civilisée. Surtout pas avec une vieille connaissance. L'italienne maîtrisait parfaitement les rouages de la société Vénitienne à l'époque où elle vivait en harmonie totale avec l'amour de sa vie. Le premier. Celui qui lui fut fatal. Darkness Falls, elle y a passé sept siècles. Sept cent ans de torture, d'abominations et de terreur quotidienne. Après cela, les bonnes manières, on les oublie. Et on les remplace par l'envie de vivre. L'instinct de survie. C'est tout ce qui compte maintenant. Rester en vie, même dans ce monde là. Cet univers où les humains contrôlent les sorciers et leurs skinchangers avec une puce électronique. Rappelée à la réalité par le chant de sa langue natale, l'italienne secoue la tête, imperceptiblement. Juste pour accommoder ses iris sombres à la nouvelle luminosité de la sylve. La créature prononce son prénom. Il se souvient d'elle. Acceptera-t-il ce qu'elle est devenue ? Car, pour le moment, elle n'arrive pas à décider si elle peut se permettre de se réjouir de cette observation où si, au contraire, cela va lui attirer des ennuis. Les arguments se bousculent dans son esprit traumatisé et elle ne parvient pas à y mettre de l'ordre. Elle se contente de garder le silence, en attendant que tombe le verdict. Puis, Rafaele avance de nouveau. Il tend un bras affaibli vers elle, un bras qu'elle suit du regard, prête à user de magie s'il s'avérait utile pour elle de le faire. La main, froide - elle peut le sentir à travers l'épaisseur de la chemise fluide qu'elle porte - se pose sur son épaule, arrachant un frisson d'appréhension à la sorcière. Elle dirige de nouveau ses yeux d'ébène vers ceux du métamorphe. A cet instant, elle ignore qu'elle bête habite le corps et l'âme de l'italien, mais elle se surprend à penser qu'elle aurait vraiment aimé qu'il ait la capacité de se transformer en insecte. Vulnérable et décadent. Mais, de ce qu'elle connaît de cet homme, il est peu probable - impossible - qu'il en soit ainsi.

« Je crois que tu connais déjà la réponse à cette question, Rafaele... », assure la brune en essayant de contenir le volcan en ébullition dans ses entrailles. Elle s'éfforce de ne pas paniquer. Garder son calme face à tant de suspicion lui demande beaucoup de volonté. Elle espère peut être parvenir à changer l'attitude du seigneur envers elle grâce à la magie opérant dans sa voix. Elle ignore les raisons qui le pousse à se tenir ainsi devant elle, plein de défiance dans le regard. Percer le secret du skinchanger pourrait certainement l'aider. Mais pas maintenant, pas tout de suite. Pour le moment, la sorcière se contente de plonger son regard suave dans celui de l'italien. Elle sent de nouveau la pression sur son épaule, une main qui se referme un peu plus fort autour de ses os fragiles. Elle retient son souffle alors qu'un gémissement de géhenne cherche à passer la frontière de ses lèvres. Elle ne veut pas le laisser penser qu'il détient le pouvoir de l'effrayer. Elle n'est pas totalement sotte. Alors Natascia relève le menton plante ses deux jambes dans le sol, cherchant la stabilité dans le sol moelleux de la plaine. Une stabilité que ses muscles ont perdue à force de sévices obscènes. L'étreinte forcée s'achève et la créature recule. La brune souffle silencieusement, apaisée qu'une certaine distance s'installe de nouveau entre eux. Rassurée par la présence d'oxygène entre leurs deux auras insalubres.

« Non, je ne suis pas comme toi », réfute la brune en accompagnant son objection par un geste de la main, en bonne italienne. « Je suis sorcière... », continue-t-elle, usant de sa douce voix pour atténuer la force de ses propos. « Mais je l'étais déjà lors de notre première rencontre, et tu ne t'étais pas montré aussi méfiant envers moi pour autant à l'époque », l'informe-t-elle ensuite en insistant sur les quelques derniers mots. Le grognement sourd qu'il laisse échapper la laisse pantoise. Elle fige son regard pour ne pas céder à la tentation de crier au secours. Son instinct lui dicte que la solution ne réside pas dans la fuite. Que pourrait-elle bien faire contre l'animal qui le possède de toute manière ? Elle n'a toujours aucune idée de ce qu'il est réellement et rien ne peut le lui indiquer avec précision alors autant continuer sur la voie la plus sûre. Bien qu'elle ne soit elle-même sûre de rien. « Que s'est-il passé depuis, Rafaele ? », questionne l'italienne en modelant son accent vénitien. Les mots échappent à sa réflexion mais au final, elle ne le regrette pas. C'est un regard duveteux qu'elle porte alors vers le métamorphe, aspirant à lui faire oublier sa condition de magicienne. Tout du moins, espérant amoindrir les conséquences que cette révélation pourrait avoir sur son propre sort. Elle voudrait lui poser des dizaines d'autres questions. Des interrogations qui lui bouleversent l'esprit et restent calfeutrées au fond de sa gorge nouée. Elle se contrôle, inspire et se redresse. « Que t'es-t-il arrivé pour que tu sembles me haïr aujourd'hui ? », poursuit-elle, toujours en quête de cette réponse qui ne vient pas. Sa voix s'adouci encore un peu. Sa question lui paraît soudain absurde. Elle sait qu'il a dû vivre dans la peau d'une bête pendant de longues années. N'est-ce pas déjà suffisant pour justifier l'attitude du bellâtre ? Si. Bien sûr que si. Mais la brune est plus impulsive que cela et quelque chose lui hurle que la raison pour laquelle il se défie d'elle se cache ailleurs que dans sa condition de skinchanger.
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MessageSujet: Re: I have lost myself again (pv)   Dim 3 Aoû - 13:00



(parole en italique = vieil italien)

Natascia. Les souvenirs que je peux avoir d’elle sont excessivement maigres. Des images éparses, beaucoup d’indifférence saupoudrée de cette morgue qui caractérise si bien mes pensées. J’essaye de rassembler tout ce que m’évoque sa présence, mais je ne recueille guère plus que de la déception. Je me contente de vérifier sa présence, suspicieux. Quelles sont les chances que ce soit effectivement elle aussi une rescapée ? Je l’ignore. Je n’ose pas croire à la chance, il y a trop de ténèbres dans ce que j’ai été et ce que j’ai traversé pour que je m’abaisse à cela. Le hasard, le sort, le destin… ce ne sont que des foutaises, après tout. Ce en quoi que je crois, c’est en l’abomination. La justice. La vengeance. La rancœur. Le calcul et la préméditation. Il n’y a pas de hasard. Si elle est en vie, c’est parce qu’elle s’est battue pour l’être. Si je suis en vie, c’est parce qu’on m’a volé ma mort. Et même si les plaies sur mes poignets sont depuis longtemps résorbées, je les sens encore, ouvertes, avec une douleur exacerbée. Que fait-elle ici, alors, si ce n’est pas une coïncidence. Encore un concept en lequel je refuse de croire. Je ne veux pas être encore en vie, et face à elle, alors qu’Azzura n’est plus, avec pour seule justification que l’on a eu plus, ou moins, de chance qu’elle. Le loup grogne, lorsque je pose une main sur son épaule, exerçant une pression de brume, m’attendant presque à ce qu’elle se volatilise sous mon toucher. Je n’ai jamais été quelqu’un de très tactile. L’éducation d’un Seigneur n’en fait pas une priorité, et je me retrouvais plus dans des touchers légers et volés que dans de grandes embrassades. Le loup n’a rien arrangé à cela. Je suis plus craintif qu’avant, plus agressif, plus vindicatif. Si ma patience est restée la même, elle s’est aussi muée en patience carnassière. Je crois. Je n’arrive pas à savoir à quel point le loup et ma nature de skinchanger ont changé ma manière d’être et j’ai peur de m’apercevoir que cette influence est nulle. Que j’étais déjà ainsi avant. Que fait-elle encore en vie, donc ? Puisque son existence est désormais plus qu’avérée. Je ne vois pas beaucoup de solutions. Et je n’ai pas envie qu’elle choisisse la mauvaise, ou le mensonge. Mon aversion pour la sorcellerie n’était pas cachée à l’époque. Elle a enflé, s’est nourrie de la rage bestiale qui m’habite, a grandi pour passer de l’arbuste fragile capable d’aimer une Azzura à un chêne imposant aux racines impossibles à abattre. Rien en peut ôter, désormais, cette haine bien ancrée en moi. Alors oui, s’il te plait, Natascia, dis moi que tu es maudite, comme moi, et non que tu maudis les autres. « Je crois que tu connais déjà la réponse à cette question, Rafaele... » Je fronce les sourcils. Si je te pose la question, idiote, c’est que je ne la connais pas. Ou que je veux te l’entendre dire. Mais ça revient au même : ne tourne pas autour du pot, répond au loup. Je m’écarte, mes yeux clairs s’obscurcissant à chaque seconde. Exceptionnellement, je prends le temps d’expliciter ma question. Et de lui enlever toute possibilité de fuite. Es-tu comme moi ? Elle n’a pas le choix, toute absence de réponse la condamnerait. Et effectivement, elle ne tarde pas à réagir. « Non, je ne suis pas comme toi. Je suis sorcière... » Mon visage se durcit légèrement mais je reste impassible. Immobile. Incertain. « Mais je l'étais déjà lors de notre première rencontre, et tu ne t'étais pas montré aussi méfiant envers moi pour autant à l'époque » Parce qu’elle pense que ça peut la sauver ? Elle aussi était plongée dans le mensonge. Est-ce une tare propre à tous ceux qui manipulent la gangrène qu’est la magie, ou suis-je simplement particulièrement malchanceux ? Ne disais-tu pas ne pas croire à la chance ? Si, et voilà qui règle la question. C’est une tare. Juste une tare. Une de plus. SI j’avais été loup, j’aurai déjà pris une attitude menaçante. Un lourd grognement naît dans ma gorge et s’en échappe. « Que je l’aie ignoré auparavant ne change rien à cette pourriture qui te ronge. » grogné-je. Ca ne change strictement rien. D’autant plus que nous ne nous connaissions pas plus que cela. Il me semble. Je peine encore à rassembler correctement mes souvenirs, qui vont et viennent selon leur volonté propre et non la mienne. Le combat entre l’homme et le loup refuse de cesser depuis mon réveil, à celui qui prendra le plus, et le plus longtemps, l’ascendant sur l’autre. Je m’attends à ce qu’elle part, je ne suis pas un vulgaire caniche, et certainement plus que ceux qui me dirigent elle sait de quoi je suis capable et d’où vient cette couleur andrinople qui macule mes mains. On ne la voit pas, mais je ne peux que sentir cette crasse déposée par les meurtres que j’ai pu commettre dans que le moindre regret ne m’atteigne, encore maintenant. Ce qu’elle fait encore ici, donc, m’intrigue. Je reste à une certaine distance de l’Italien, peu enclin à choisir si je la déteste, ou si je fais abstraction de cette provocation qu’elle m’a jeté au visage.

« Que s'est-il passé depuis, Rafaele ? » Sa question me fait à nouveau froncer les sourcils. Mes yeux se perdent sur le côté. depuis ? Depuis quoi ? Ma mort, sa mort, qui n’est pas arrivé bien longtemps avant la mienne si mes souvenirs sont bons – mon réveil ? Sois plus précise, Natascia, je ne suis pas un monstre comme toi, j’appartiens à une autre espèce d’abominations et elle ne me permet pas de lire dans tes pensées. « Que t'est-il arrivé pour que tu sembles me haïr aujourd'hui ? » Je frémis. Ce qu’il est arrivé ? Ne le voit-elle pas ? On a fait de moi une bête. On a fait de moi un être contre nature, on a fait de moi ce que j’ai toujours appris à haïr, mépriser, détester et détruire. Je suis ce que je voulais faire disparaître. Et pour me faire devenir ainsi, on m’a même interdit de mourir. Ce qu’il est arrivé ? Mes poings se serrent, et je regrette cette forme humaine qui ne me permet pas de retrousser les babines pour dévoiler des crocs et un grondement sourd. Au bout d’un temps qui me semble incroyablement long, je finis par cracher d’une voix acerbe dont je ne parviens pas à ôter toute la douleur. « Ils l’ont tuée. Voilà ce qu’il s’est passé. Ils les ont tuées toutes les deux, et un de tes semblables m’a transformé en bête. » Je fais un pas en avant, rompant ma promesse de contenir ma violence et la distance entre nous deux. Du plat de mes mains, je la pousse violemment en arrière, cherchant à la faire reculer et même tomber, si jamais elle m’accorde cette grâce. « Et que ce soit toi ou un autre, ça ne change rien au fait que vous avez détruit ma vie. Et je suis certain que tu te réjouis que moi, Rafaele Renzacci, sois devenu le jouet d’un de tes précieux camarades. Tu veux savoir pourquoi je te hais ? » C’est amusant comme je garde un contrôle parfait sur ma voix. Je ne crie pas : je susurre, acide. « Je te hais, parce que quand je te vois en vie, ça me rappelle que je le suis aussi alors que nous n’avons rien à faire ici. Strictement rien. »


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MessageSujet: Re: I have lost myself again (pv)   Ven 8 Aoû - 18:31


(dialogues en italique = paroles en italien)


Candide. Elle se sent tellement stupide sur l'instant. Naïve d'avoir cru bon de s'éloigner de la ville alors qu'elle ne connaît rien du nouveau monde dans lequel elle doit évoluer. Bien assez niaise d'avoir pensé que la méthode douce avait la moindre chance de fonctionner avec le métamorphe. Elle ne pense qu'à sauver sa propre vie. Encore une fois. Bien que l'histoire de son assaillant l'intrigue tout de même. Les grognements sourds qui s'échappent de la gorge du bellâtre ne la rassure en rien. Tout les muscles de la sorcière se tendent. Les nerfs à vif, elle reste sur ses gardes. Prête à bondir au moindre signe de véhémence de la part du skinchanger. Ses doigts fins se recroquevillent instantanément au creux de ses paumes, maintenant meurtries par le bout de ses ongles. Elle devient rigide, inflexible. À mesure que les mots de la créature la transperce, comme des dizaines de petite aiguilles empoisonnées, son coeur accélère la cadence de ses battements. Comme pour prévenir ce qu'elle redoute le plus désormais. La fin. Une autre fin, bien moins douloureuse mais tout aussi fatale et égoïste que la première. Celle-ci n'en serait que plus définitive. Un frisson pénible et incommode germe dans le bas de sa colonne vertébrale et remonte jusque sa nuque, lui arrachant un souffle qu'elle aurait préféré ne pas pousser. Son regard, elle le darde sur le Renzacci en essayant de se donner des airs invulnérables. Mais c'est une petite fille blessée qui hurle à l'intérieur de sa poitrine. Cette pourriture dont il parle avec dédain, peut être la trouvera-t-il moins repoussante lorsque le besoin s'en fera sentir. Ses poings se serrent encore un peu plus. Elle se pince la lèvre inférieure pour mieux retenir un flot de paroles qu'elle aurait eu tôt fait de regretter amèrement. Elle reste muette face à cet être qui semble brisé et complètement hors des réalités. Son Enfer à lui, il n'en est peut être pas tout à fait sorti. Et cette aversion pour les sorciers, lui vient-elle seulement du fait que s'en est un qui l'a fait devenir ce qu'il est aujourd'hui ? La blessure est-elle si peu profonde ou quelque chose d'autre reste-t-il enfouit dans le coeur et les tripes de la bête ? La bête qui ne demande qu'à sortir et respirer l'air frais de la sylve. La bête qui voudrait planter ses crocs acérés dans la gorge frêle de l'italienne et la déchiqueter comme un vulgaire morceau de viande. Elle peut le sentir jusque dans la manière dont il l'observe. S'il avait pu l'éventrer sur place il l'aurait fait. Sans aucun doute.

Il frémit et la sorcière relève la tête pour mieux se plonger dans ses yeux lupins. Il crache de nouveau un venin acerbe et les poumons de l'italienne arrêtent leur bal d'allées et venues d'oxygène pendant une fraction de seconde. Lorsqu'elle reprend son souffle, ses yeux se voilent un instant et elle secoue la tête pour dissiper le brouillard qui lui enveloppe l'esprit. De qui parle-t-il ? Elle n'en a pas la moindre idée. Ses souvenirs sont tellement vagues et disjoints qu'elle ne comprend pas, elle ne comprend plus. Qui sont-elles ? La sorcière ne parvient pas à se remémorer l'italien en compagnie de deux femmes. Deux filles ? Tout se mélange. Et la douleur transmise dans la voix du métamorphe la confond. Elle repense à ses deux petites soeurs brûlées vives. Toute son enfance lui éclate au visage et elle revit inconsciemment la scène atroce sans pouvoir laisser échapper la moindre parole. Elle revoit même le visage de celui qui était venu pour la tuer et qui l'avait finalement épargnée. Elle s'est souvent dit qu'il aurait mieux valu qu'elle se consume avec le reste de sa famille ce jour-là. Surtout lorsqu'elle était parvenue à identifier l'assassin. Et qu'elle avait surprit son aînée dans ses bras. Tout son monde s'était écroulé ce jour-là. Et la géhenne que le ténébreux exprime dans sa complainte la ramène à sa propre déchéance. Sans qu'elle puisse s'y opposer, le bellâtre avance subitement, réduisant dangereusement la distance qui les sépare. Pris de colère, il la pousse en arrière, violemment, du plat de ses mains masculines et rêches. Au pied du mur, la brune se laisse aller à son supplice. Elle recule de quelques pas, contrainte oblige. Elle ne cherche pas à s'y dérober. Cela ne lui attirerait que plus d'ennuis et si par malheur elle venait à se retrouver au sol, son heure serait venue, pour de bon. Attentive, elle le laisse débiter la cigüe qui lui brûle les lèvres, sans jamais céder à la terreur qu'il lui inspire.

« Qu'est ce tu crois ? Que les sorciers sont une grande et belle famille ? Que nous nous connaissons tous et que nous passons le temps en changeant des gens comme toi en créature qu'ils n'ont pas choisie ? », souffle-t-elle, amère. D'un geste vif, elle repousse les mains de Rafaele et se redresse. Retrouvant peu à peu un certain équilibre. « Si tu es en vie contre ta volonté, fais en sorte que cela te serves à quelque chose, au lieu de ressasser tes idées noires », continue l'italienne en plongeant des yeux critiques dans le regard du ténébreux. Après tout, elle non plus n'avait pas demandé à revenir sur Terre. Mais elle voit les choses différemment. Tirant profit de ce cadeau qu'une malédiction lui offre bien injustement, après des siècles de sévices dans le ventre des Enfers. « Faire des amalgames peut s'avérer dangereux Rafaele », poursuit la sorcière en adoucissant sa voix de nouveau. « Tu n'es certes plus le seigneur d'autrefois ici, mais ça ne veut pas dire que tu n'es plus rien du tout », murmure-t-elle impassible. Ses propres paroles résonnent dans son esprit comme une ritournelle insupportable. Elle n'est même pas capable de se convaincre elle-même de ce qu'elle dit alors comment quelqu'un comme monsieur Renzacci peut y croire ? Elle a au moins gagné quelques secondes de répit pour reculer à nouveau dans la clairière, se laissant gagner par la lumière qui perce la cime des arbres autour d'elle. Elle ne quitte plus le bellâtre des yeux. Troublée par tout ce qu'il représente. Essentiellement par le fait qu'il engendre chez elle une éruption de souvenirs aussi doucereux que terriblement douloureux. « Ils nous contrôlent avec ces choses là... », commence la brune en désignant sa nuque du bout des doigts. « Tu en as une aussi ? Ou as-tu été épargné ? », enchaîne-t-elle rapidement en laissant retomber son bras dans un mouvement contrôlé. Sa question est fondée et absolument pas désintéressée. Si elle travaille pour le Gouvernement, elle n'en reste pas moins qu'un vulgaire pion sur leur grand échiquier. Elle n'est de ce fait au courant de rien concernant leurs plans. Si elle connaît leurs intentions pour les sorciers, elle ignore tout de ce qu'ils réservent aux métamorphes. Ses poings se relâchent doucement, ses sourcils se froncent. L'espoir de repartir vers New York en un seule morceau renaît peu à peu. Mais la sentence n'est pas encore tombée pour autant.
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MessageSujet: Re: I have lost myself again (pv)   Lun 18 Aoû - 23:20



(parole en italique = vieil italien)

Je ne sais pas si je suis déçu. Je n’arrive pas à faire le point. Tout ce que je comprends, lorsque le mot qui atteste de sa nature monstrueuse éclot entre nous, c’est qu’elle est potentiellement la seule de mon époque – avec sa sœur – qui a survécu jusqu’à moi, et qu’elle est tout ce que je dois abhorrer. Je suis partagé. Déçu ? Non, simplement partagé. Mon devoir m’impose de la brûler, de l’écorcher, d’extraire de ses veines la moindre goutte de sang perverti parce ce pouvoir immonde qui l’anime et qui lui a permis d’être encore en vie plus de… combien m’ont-ils dit ? Sept cent cinquante ans après son décès. Notre décès. Déçu ? Non, simplement en colère. La voir respirer me rappelle que je respire moi aussi. La voir me parler, entendre l’italien, m’affirme à chaque seconde que moi non plus je n’ai rien à faire ici. Mes mots franchissent mes lèvres comme une sentence, établissant clairement ce qui est. Ce qu’elle est. Une abomination. Une pourriture. Elle ne vaut guère mieux que ces morts et ce terreau qui sont tout ce qui subsiste de ma fille et de ma femme. Elles sont mortes. Et elle ose me demande ce qu’il s’est passé ? Ce qui fait que je la hais ? Mon regard se glace, mon corps se crispe, Un frémissement remonte lentement le long de ma colonne vertébrale pour se lover dans mon coup, et je continue de cracher mon venin. Ce qu’il s’est passé ? Il se passe que tu es tout ce que je peux haïr, Natascia. Tu es un songe matériel, un rappel constant de ce que je ne pourrai plus jamais frôler de la pulpe de mes doigts. Tu n’es rien d’autre qu’un ectoplasme venu me hanter, qui ne daigne même pas prendre ses traits pour le donner l’illusion que je ne suis pas seul. Il se passe que je suis un mort-vivant. Il se passe que je te hais, parce que quand je te vois en vie, ça me rappelle que je le suis aussi alors que nous n’avons rien à faire ici. Strictement rien. Toi vivante, ça concrétise que je le suis aussi. Et peut être que si je te tue, alors je mourrai à mon tour. Natascia ne semble pas apprécier que je sois aussi franc. Elle ne semble pas comprendre à quel point sa place est six pieds sous terre. Que me reproche t elle au final ? D’énoncer clairement ce dont on est conscient tous les deux ? Ce dont je suis conscient, du moins. Je ne suis pas responsable de son déni et de ses faux semblants après tout. Un nouveau frisson me parcourt, lorsqu’elle rétorque. « Qu'est ce tu crois ? Que les sorciers sont une grande et belle famille ? Que nous nous connaissons tous et que nous passons le temps en changeant des gens comme toi en créature qu'ils n'ont pas choisie ? Si tu es en vie contre ta volonté, fais en sorte que cela te serves à quelque chose, au lieu de ressasser tes idées noires » Je serre les dents. Pour qui se prend-elle à ainsi tenter de me faire la leçon ? Son regard est posé dans le mien, et je me contente de laisser le grondement s’intensifier dans ma gorge. Elle n’a pas fini, ce n’est pas à moi de l’interrompre. Qu’elle s’enfonce dans la gangrène, dans le mensonge, dans le déni. Peu m’en chaut. « Faire des amalgames peut s'avérer dangereux Rafaele. Tu n'es certes plus le seigneur d'autrefois ici, mais ça ne veut pas dire que tu n'es plus rien du tout » S’en est trop. Elle va trop loin. « Suffit ! Je ne suis pas un enfant qu’il te faut rassurer, Natascia. Je ne suis pas un enfant que l’on se doit de sermonner lorsqu’il dit crûment ce que tous savent véridique. Je ne suis pas un enfant auquel tu dois faire la leçon. Je sais ce qu’il en est, je sais que la magie n’apporte que perversion, que ça n’a rien d’un don, que ce n’est qu’un poison malsain qui réduit à néant les faibles constructions que l’on peut parvenir à élever. » Elle recule, je m’avance. Je ne suis certes en rien vêtu des fastes et luxueux habits que je revêtais auparavant, le tissu m’irrite et m’insupporte, mais je n’ai en rien perdu de ma superbe. De ma prestance. C’est du moins ce que j’espère. Si je suis loin de la surplomber, nous faisons à peu près la même taille, je crisse entre mes dents serrées : « Ce que je crois ? Je crois que sans les sorciers, sans votre magie, sans vous, j’aurai vécu avec ma femme. J’aurai vu ma fille grandir. Je ne serai actuellement plus qu’un Seigneur des temps passés, avec une descendance, un prestige, un nom. Ce que je crois ? C’est que des êtres comme toi ont leur place dans une mare de sang. N’essaye pas de t’inquiéter pour moi, contente toi de retrouver ta place. »

Pourquoi Je sursaute. Manque de sursauter, plutôt. Pourquoi, pourquoi quoi ? Pourquoi suis-je aussi agressif envers elle, alors que, comme je ne fais que me le répéter depuis un certain temps, elle est un vestige inespéré d’un passé que le loup avait oblitéré de ma mémoire ? Pourquoi je ne parle que de la haïr et de la voir morte, alors qu’il ne faut pas me leurrer, je n’ai qu’une seule envie, la prendre dans mes bras pour pouvoir constamment m’assurer de sa tangibilité, chercher dans son accent et dans son odeur celle d’Azzura dont le parfum a depuis longtemps été remplacé par la senteur des pins et des sapins couverts de neige ? Je suis stupide. Je suis perdu. Je ne sais plus ce que je veux. Il serait tellement plus simple de faire table rase, mais je ne veux pas aller ainsi contre des principes et des convictions qui me suivent, ou plutôt me suivaient, depuis tant d’années. Je ne peux leur tourner le dos à présent, ce sont mes seuls repères. Et pourtant… elle est un repère elle aussi.

C’est à mon tour de reculer. Un pas. Mes épaules s’affaissent légèrement. Je secoue la tête dans un soupir. « Natascia… » Un tremblement naît dans la paume de ma main. J’ignore ce que je m’apprête à lui dire. Mes mots meurent sur mes lèvres, alors que mes yeux clairs se perdent dans des feuillages alentours. Natascia, Natascia… que veux-tu donc entendre ? Que je n’ai aucune raison de vivre mais que je suis bien trop lâche pour tenter à nouveau de mourir ? Que je lâché dans un monde où les gens nomment technologie ce qui n’est que magie, et que… que quoi, au juste ? Je l’ignore. Encore. « Ce n’est pas toi que je hais. C’est ce que tu es. » Est-ce suffisant pour me rattraper ? Et le veux-je réellement ? Je déglutis, perdant pied. Je voudrais pouvoir m’effondrer, mais j’en suis incapable. Je ne suis qu’un désert lacrymal, et je m’en accommode. Natascia change de sujet, déviant sur un thème qui semble nous rapprocher. Encore. « Ils nous contrôlent avec ces choses là... Tu en as une aussi ? Ou as-tu été épargné ? » Je fronce les sourcils d’incompréhension, alors que mon doigt glisse à son tour vers ma propre nuque, épargnée. De quoi parle-t-elle ? De contrôle. Ma main glisse vers mon avant-bras. Je remonte la manche de mon habit, une marque rouge s’étire sur ma peau diaphane. Ma voix est hésitante. Je m’aventure vers leur langue. « Oui. Enfin… je… pense. Je crois. Tu parles de la… chose, par laquelle ils… » Le souvenir de la douleur franchit les barrières brisées de ma mémoire pour s’immiscer dans mon présent. J’hésite, je balbutie, mes épaules s’affaissent un peu plus, chassant mon assurance. Je suis seul dans un monde que je ne comprends pas. S’il faut qu’elle meure, c’est une certitude, j’ai besoin d’elle. Je sais que je ne suis pas humble. Loin, très loin de là. Mon orgueil, le sang des Renzacci qui coule dans mes veines, mon arrogance, ma prétention… je n’ai jamais fait preuve d’humilité, sauf peut être en présence d’Azzura et de Zaïra. Ca ne m’est pas naturel. Et je m’enfonce un couteau dans une plaie suppurante lorsque mes yeux deviennent suppliants et que je m’assoie dans la clairière, comme une invitation à la trêve. « Depuis combien de…mois es-tu… réveillée ? As-tu du… dois tu toi aussi… réapprendre à être humaine ? » Je ne sais pas exactement si nous sommes dans la même situation elle et moi. J’ignore, en fait, ce qu’elle a fait pendant ses sept cent cinquante ans. Les miens, je les ai perdus en loup. Mais elle, elle n’est pas une bête. Ils ont parlé de Darkness Falls, mais je ne sais rien de plus. Mais si elle a survécu parce qu'elle est une sorcière, y-a-t-il une possibilité pour qu'elle ne soit pas la seule ?


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MessageSujet: Re: I have lost myself again (pv)   Mer 27 Aoû - 19:17


(dialogues en italique = paroles en italien)


Il perd patience. En témoignent ses éclats de voix poussés à travers la sylve. Les vibrations de son organe puissant faisant trembler les feuilles des arbres tout autour d'eux. Et elle, perd toute contenance. Elle redevient cette gamine fragile et impuissante, dominée par son manque de volonté. Elle se laisse sermonner. Ses yeux neurasthéniques raclent le sol comme pour y chercher un quelconque réconfort. En vain. Elle se sent tellement mal, en danger. La peur s'empare de tout ses nerfs, tous à vifs et à sang. Les battements de son coeur lui arrachent la poitrine. Elle voudrait s'enfuir. Mais cela lui serait bien inutile, le métamorphe la rattraperait bien assez tôt pour la réduire en poussière. Guidée par son instinct, elle recule. Mais lui choisi de suivre ses pas et de s'avancer un peu plus. Elle ne s'attendait pas à autant d'acharnement. Son regard quitte les feuilles brunies tapissant le sol de la forêt, rien qu'un instant, pour se poser dans celui de la bête agacée. Cela ne dure qu'une fraction de seconde mais elle aurait juré voir le regard de son père remplacer celui de Rafaele. Tout dans son expression lui rappelle son défunt bourreau. Sa manière d'articuler chaque mot précautionneusement. Et ce vieil italien qui résonne à ses oreilles. Plus que jamais, elle se sent oppressée. Comprimée dans un étau inviolable. Prisonnière de ce regard réprobateur qui la si souvent épiée dans son enfance. Et ces yeux colériques qui la toisaient juste avant que le boucher passe à l'acte. Elle tremble. Secoue la tête. Son esprit refuse de revenir à lui. La laissant une fois de plus, livrée à elle même en proie à ses vieux démons. Elle fuit son regard, du mieux qu'elle peut. Elle ne veut pas avoir à l'affronter. Jamais. Le visage des deux hommes se confondent à nouveau et elle suffoque. À bout de souffle, de nerfs, de courage, de tout, elle prend sa tête entre ses mains, clos ses paupières. Rien n'y fait. Quelques dixièmes de secondes n'auront pas suffit mais la voix de l'italien la ramène finalement à la réalité. Elle ouvre à nouveau les yeux et se confronte à la prestance du skinchanger. Il n'abandonnera jamais. Il ne la laissera jamais partir, se sauver. Les mots l'assaillent et elle ne sait plus quoi faire. Alors elle ne fait rien d'autre qu'écouter. Ma femme, ma fille dit-il. Elle n'est plus que confusion. Mais il n'est pas seul à avoir perdu des êtres chers dans cette bataille. Ma place ? Les mots traversent sa pensée sans même qu'elle ne s'en rendre compte. « Ma place est au milieu des flammes », souffle-t-elle de manière complètement inconsciente, sans même adresser un regard à l'instigateur de son supplice. « Les flammes qui ont emporté mes soeurs et auxquelles je n'ai réchappée que parce que celui qui était venu pour me tuer n'en a plus trouvé la force le moment venu », continue-t-elle sans pouvoir contrôler les mots s'échappant d'entre ses lèvres glacées. Ils viennent comme un flot de vagues trop puissantes pour que sa piètre volonté puisse les contenir au fond de sa gorge.

Elle se sent perdue. En gagnant le centre de la clairière, alors baignée d'une douce lumière, elle pense perdre pieds. Cette rencontre avec son passé l'a plus bouleversée qu'elle ne l'aurait imaginé. Bien plus qu'elle ne l'aurait voulu. Si le moyen d'effacer sa mémoire et tout ses souvenirs avait existé, elle s'y serait employé. Sans hésiter. Mais même la sorcière qu'elle est ne peut prétendre à ce caprice. L'expression de sa haine la fait frémir, une fois de plus. Elle qui ne s'est jamais vraiment servit de ses dons pour de mauvaises raisons peine à admettre que le bellâtre puisse réellement maudire sa condition. Mais il n'a certainement pas la même définition de ces mauvaises raisons. Et c'est là que réside tout la subtilité de leur entrevue. Leurs existences respectives semblent vouloir les rapprocher mais leurs personnalités n'en restent pas moins aux antipodes l'une de l'autre. Pourtant ils se sont retrouvés là, les deux italiens déchus, attirés l'un par l'autre comme les pôles opposés d'une aimant. Dans ce nouveau monde, il n'est rien de plus précieux que le pouvoir, d'après ce qu'elle a pu entendre. Le pouvoir et la domination. Et elle, s'est toujours retrouvée en bas de l'échelle. Elle finit par trouver la force d'articuler quelque chose d'audible. Sa question provoque chez le métamorphe un froncement de sourcils soupçonneux. Elle n'y prête pas attention et souffle longuement. Comme soulagée. Soulagée que la conversation prenne ce tournant. Un virage plus rassurant. Il relève la manche du morceau de tissus qui lui fait office d'habit, laissant apparaître une cicatrice encore rougie et boursoufflée. Récente. Les quelques mots qu'ils prononce dans notre langue moderne ne sont guère convaincants mais elle choisit de ne pas relever son hésitation. Bien l'en garde. Pour sa peau à elle. C'est à son tour de froncer les sourcils. Surprise de voir l'effet que cette question - banale à ses yeux - peut avoir sur le skinchanger. Elle retient un souffle lorsque qu'il fini par s'asseoir au beau milieu de la clairière, un air suppliant et des yeux exténués parcourant son visage de méditerranéen.

« En quelques sortes », répond la sorcière en essayant de contrôler sa voix chevrotante. « Ce que nous... Ce que j'ai subi pendant sept siècles n'a rien d'humain, mais je n'ai pas changé de forme comme toi... », explique-t-elle ensuite en se risquant quelques pas plus avant. « Je suis sortie de Darkness Falls il y a trois mois à peine, et toi Rafaele ? », continue-t-elle en prenant garde à ne pas prononcer un mot plus haut qu'un autre. « Depuis combien de temps es-tu... réveillé ? ». Des questions, elle en a des tas à lui poser. Mais une petite voix dans son esprit lui hurle que ce n'est absolument pas le moment de les lui poser. Pas après leur altercation. Il est trop changeant, trop instable. Et elle aussi. Depuis qu'elle a quitté l'Enfer, elle a cette impression désagréable qu'elle ne contrôle plus rien. Pas même ses propres sentiments. Pas même ses propres souvenirs. On lui a octroyé une nouvelle vie à laquelle elle doit se raccrocher sans protester. Sans quoi sa vie serait mise en danger. Elle est tout juste libérée d'une malédiction qui la retenait prisonnière d'un monde de déchéance. Mais celui dans lequel on l'a renvoyée n'est peut être pas si différent. Il n'est, en tout cas, pas synonyme de liberté. Loin de là. Perturbée, elle fronce un peu plus les sourcils et pose sur l'italien un regard meurtri. Épuisée par le seul fait d'avoir dû se remémorer son macabre passé, elle soupire longuement et envisage une large souche de bois mort. Avant que d'autres viennent la hanter, elle inspire une grande bouffée d'air parsemée d'arômes floraux, puis prend place sur cette assise improvisée. Acceptant - par la même occasion - l'invitation à la trêve lancée par le ténébreux. « Je ne sais pas... », commence-t-elle dans sa seconde langue. « Je ne sais pas exactement comment ni pourquoi ils veulent se servir de nous... », poursuit-elle en s'effrayant elle-même. Rien qu'en déduisant la perspective de cette décadence à laquelle ils ne pourront pas échapper. Aucun d'entre eux. Après tout, elle ne connaît rien de ce monde, de ceux qui le peuple ou de ceux qui comme elle, l'ont un jour peuplé et refont surface. Les puissants ont su tirer profit de leur ignorance, mais cet état de béatitude ne durera pas toujours et les roue risque de tourner. Cette impression l'habite, au fond d'elle-même. Comme un pressentiment. Le pressentiment que quelque chose va arriver et que l'équilibre qu'ils pensent parfait va s'écrouler. « Mais je sais que ça ne va pas durer ».



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MessageSujet: Re: I have lost myself again (pv)   Sam 30 Aoû - 11:21



(parole en italique = vieil italien)

Je ne sais pas où j’en suis et cela se ressent dans mon comportement, dans mon hésitation qui bouscule et entrechoque mes mots, dans cette force qui me fait ployer et m’asseoir dans la clairière, sans considération pour les vêtements que je porte et qui risquent d’être souillé par la terre et l’herbe. Je suis perdu, et pas seulement physiquement. Pas seulement temporellement, non plus. Je suis perdu, en mon âme et conscience. Je suis perdu, loin de mon pays, de mon temps, d’Azzura et de mon petit âge dont un fin trait rouge sang est venu tâcher le portrait. Je suis perdu, et rien ne semble vouloir m’aider à retrouver mon chemin. De toute manière, existe-t-il, ce chemin ? Je bégaye. Elle parle de contrôle, elle parle de ceux qui m’ont relevé, de ceux qui m’ont offert un foyer et de ceux qui me considèrent comme un vulgaire larbin, une marionnette dont ils ont réussi à prendre le contrôle. Alors oui, Natascia. Oui j’en ai une de ces choses qu’ils nous ont injectés. Je n’ai pas compris ce que c’était. Ils parlent d’une puce, une puce électronique. J’imagine la petite bête accrochée à mon os, à pomper mon sang pour se maintenir en vie. J’imagine cette gangrène, ce parasite, s’agiter en moi, remonter le long de mes muscles et de mes veines, pour m’infliger des douleurs sans pareil de l’intérieur. Oui, Natascia, oui. Je ne suis rien de plus qu’un de leur caniche. Que puis-je être d’autre après tout ? Je leur ai demandé quel était le Seigneur de cette terre. Je leur ai demandé quelle lignée avait survécu aux siècles, qui était au pouvoir. Un éclat de rire m’a répondu et j’ai compris que rien de ce que je connaissais n’avait perduré. Ni la terre, ni le sang, ni les règles et les lois ; ni mon nom, ni mon rang encore moins ma foi. Tout n’est que cendre et ruines plongées dans un oubli obscur. Natascia semble perdue, elle aussi, mais pas forcément pour les moments raisons que moi. Il me semble même que c’est mon propre décontenancement qui lui pose ainsi problème ; je n’y peux rien dans ce cas, si ce n’est retrouver un support stable où poser mes pieds pour cesser cette chute dans un gouffre dont j’ignore la profondeur et l’origine. Un souffle, et je cherche des réponses, et des explications. Pour moi, c’est clair et simple. Pendant plus de sept siècles, rien de l’être humain n’a subsisté dans ma conscience, et ce n’est qu’un loup qui a parcouru, immortel, une terre dont il goûtait toutes les saveurs mais en évitait avec adresse une compréhension quelconque. Il y avait le Présent, Ce-qui-avait-été, et Ce-qui-sera. Et seul le Présent reflétait le moindre intérêt. Alors oui, pour moi, c’est relativement simple. Mais elle, où a-t-elle dilapidé ses années d’immortelles, si elle ne s’est pas égarée dans conscience bestiale achronologique ?

« En quelques sortes » Je lève un regard interrogateur à son intention. « Ce que nous... Ce que j'ai subi pendant sept siècles n'a rien d'humain, mais je n'ai pas changé de forme comme toi... » Je secoue la tête, peu convaincu, peu satisfait. Ce n’est pas cela que je veux savoir. Je le sais bien que je suis le seul à être maudit, dans l’affaire. Elle, malgré cette gangrène qui lui pourrit l’âme, est toujours une humaine. Moi, je n’en suis plus un, et en dehors du choc difficile à avaler que cela me fait, je ne peux rien faire d’autre qu’accepter, ce qui me semble impossible pour le moment. Elle se rapproche, mes yeux grands ouverts se refusent à la quitter du regard. Approche, Natascia. Je ne suis plus une menace. Je ne suis plus l’homme que tu as pu connaître, je ne suis pas l’homme d’il y a quelques minutes. Le fait de comprendre que nous sommes tous les deux aussi égarés, le fait de me rendre compte que tu es la seule trace de mon passé, et de tout ce que cela implique, a détruit cet homme ou du moins l’a suffisamment assommé pour qu’il n’ait plus la force de s’exprimer. Alors profite en, Natascia. J’ai le pressentiment que ça ne va pas durer, et je me sais suffisamment imbu de moi-même pour que cela ne dure pas.

« Je suis sortie de Darkness Falls il y a trois mois à peine, et toi Rafaele ? Depuis combien de temps es-tu... réveillé ? ». Mes yeux se perdent dans la forêt qui nous entoure. Je ne peux que noter sa prudence dans ses propos, et la forte satisfaction que cela éveille en moi. Elle me craint, elle a peur de mes réactions. Et la peur, c’est un contrôle. C’est un signe que je n’ai peut être pas tout perdu, finalement. Depuis combien de temps suis-je… réveillé ? Je l’ignore, vraiment. Cela fait deux cycles lunaires que je suis au milieu des humains, que j’ai cette puce qui marque mon bras, mais… cela fait certainement plus. Si mon réveil est dû à ce qui a fait sortir Natascia de ce Darkness Falls alors… le mien doit dater d’à peu près la même époque, non ? Je me mordille la lèvre, sans parvenir à poser mon regard sur elle. Est-ce de la honte ou de la gêne de ne pas parvenir à quitter le système chronologique ternaire du loup qui me fait ainsi détourner le regard ? C’est fort probable. Je hais ce que je suis, je hais l’animal qui veille dans mon esprit, mais nos pensées sont si inextricablement liées que je ne conçois plus le contraire. Je n’arrive pas à imaginer clairement ce que pourrait impliquer l’absence des sons et des odeurs du loup, l’absence de ses sarcasmes et de son instinct primaire. « Hum…. » J’inspire. Mes doigts jouent avec un brin d’herbe qu’ils torturent sans scrupule avant de l’émietter dans des lambeaux verts. « Assieds toi, Natascia. C’est… » Ce n’est pas perturbant de la voir ainsi me surplomber, après tout le loup a l’habitude de ce champ de vision, mais ce n’est pas agréable pour l’humain. Je ne termine pas ma phrase, c’est inutile, et m’attache plus à répondre à sa question. Je suis prudent lorsque je commence à articuler soigneusement : « Je… je crois que je suis avec eux depuis… deux… deux mois. » Ca m’est pénible de poser un chiffre sur un laps de temps qui s’est perdu dans un passé atemporel. « Mais… j’étais déjà là… avant. Depuis… je ne sais pas. Je rends les armes dans un soupir qui pourrait faire penser à de l’épuisement. J’imagine que je me suis retransformé lorsque… en… quand celui des tiens qui m’a maudit est sorti lui aussi de… des Falls ? » Je secoue la tête, perdu. Epuisé. Etrangement, je me sais vulnérable mais dans un même temps, cela me fait du bien de me confier ainsi à une personne qui me connait sans me connaître. Le fait qu’elle soit une sorcière et non une métamorphe importe peu, au final. Son espérance de vie est comptée, comme la mienne, alors autant profiter de cette coïncidence qui nous a fait nous rencontr… non.

Non. L’humain que je suis raisonne et vient de noter quelque chose ; il n’y a pas de coïncidence. Si nous sommes là, tous les deux, dans cette forêt, sans qu’ils ne nous en empêchent via ce petit animal injecté dans nos veines… c’est parce qu’ils le veulent. Cette hypothèse croît en certitude. Ce serait logique. Deux personnes de la même époque, les faire se rencontrer œuvrerait à leur stabilisation. Et en quoi est-ce important ? En rien, pour le moment. L’important c’est juste… c’est juste qu’il faut que je profite de ce laps de temps hors de tout le reste, de la fragilité de mon arrogance, pour partager avec Natascia les doutes que je ne pouvais jusque là que garder pour moi. Elle s’assoit, finalement, et je sens que je me décrispe imperceptiblement. C’est bien. Je m’apprête à lui confier à quel point je suis égaré dans mes pensées et même dans ma manière d’être, devant réapprendre à être humain, à réfléchir comme un humain. A quel point il m’est pénible de devoir faire le tri entre les souvenirs de l’homme et ceux plus diffus du loup. A quel point je ne sais plus qui je suis, ce que je suis, ce que je dois faire ici. Mais elle profite de ce silence pour parler, et je ravale mes mots, si douloureux à prononcer, assez satisfait de m’en tirer à si bon compte. « Je ne sais pas... Je ne sais pas exactement comment ni pourquoi ils veulent se servir de nous... ». Je fronce les sourcils, laissant mes doigts quitter les brins d’herbe torturés pour se réfugier sur le poignet de Natascia, afin d’attirer son regard. « Mais je sais que ça ne va pas durer ». Achève-t-elle, le temps que je trouve comment formuler mes pensées, et surtout dissocier celles agressives du loup de celles, plus posées, de l’homme. En effet, ça ne va pas durer. J’ai l’impression que le monde dans lequel nous sommes a vu son équilibre être déjà perturbé une fois, et que sur le fil de la stabilité, il est en funambule sans point de repère et sans aide pour se stabiliser. « Ca ne va pas durer, non. Il y a quelque chose de perverti dans la Seigneurie au pouvoir, et les serfs vont se rebeller. » Je me rattache à ce que je connais pour expliquer ce que je ressens. « Je pense que c’est pour ça qu’ils ont besoin de nous. Je ne comprends peut être rien à ce… à ce temps, mais les hommes n’ont pas changé. Ils sont toujours aussi… faibles, manipulables, et stupides. Le pouvoir en place doit… » A nouveau, je cherche mes mots. Assis en tailleur, le dos droit, malgré ces habits pauvres et inconfortables, malgré mes cheveux mi-longs, malgré cette barbe qui ponctue mes joues dans un pelage rêche et gênant, je suis toujours un Seigneur. C’est trop ancré en mois pour que quelques siècles et un loup aient pu le faire disparaître. Et ma manière d’analyser la situation politique à partir des bribes d’information que j’ai fait ressortir toute mon éducation d’héritier. « Je pense… nous sommes des armes. Ils vont nous utiliser pour ramener l’ordre, pour asseoir leur pouvoir sur la population, pour éviter la guerre civile et mâter les rebelles. » Une pause. Et je conclus en déviant le regard sur mes mains, sur mon avant-bras rouge, légèrement marqué par cette puce qui m’irrite. « C’est ce que je ferais, du moins. » Parler ainsi me permet de structurer mes pensées, et je m’aperçois que je n’ai pas réussi à raisonner aussi distinctement depuis mon réveil. J’en remercierai presque Natascia. Presque. « Ce sont des stratèges, qui prennent parti de tout imprévu. Ils ont utilisé notre… vulnérabilité pour nous mettre sous leur contrôle et faire de nous leurs esclaves. Mais je pense… que… ils nous sous-estiment. Ils me sous-estiment, du moins. » Je ne compte pas me prononcer quant à Natascia. C’est une pécore, c’est une paysanne à mes yeux, et même si je suis suffisamment diplomate pour ne pas le lui dire de vive voix, je n’en pense pas moins. « Et je compte faire en sorte que ça change. » Le contraste entre ces mots et ceux que j’ai pu penser, prononcer, avant me sidère. Suis-je à ce point versatile et surtout depuis quand le suis-je ? Je préfère ne pas m’attarder sur la question. Dans tous les cas, comme un écho, une des premières phrases prononcées par Natascia me revient en mémoire. « Si tu es en vie contre ta volonté, fais en sorte que cela te serves à quelque chose, au lieu de ressasser tes idées noires » Elle a raison, finalement. Mais il faudrait me mettre un couteau sous la gorge pour que je l’avoue. Dans tous les cas… j’ai un objectif à présent. Quelques mots, quelques pensées, quelques réflexions… Faut-il que je remercie la jeune femme face à moi ? Ma main quitte son poignet pour se réfugier, bras croisés, contre ma poitrine. Non, pas de remerciement. Je ne suis pas assez vulnérable pour cela. Et j’ai un ego à préserver. C’est la seule chose qu’il me reste, après tout.

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MessageSujet: Re: I have lost myself again (pv)   Lun 15 Sep - 16:35


(dialogues en italique = paroles en italien)


C’est le visage crispé, rongé par les incertitudes et le doute, qu’elle prend place aux côtés du métamorphe. Quelques minutes à peine avant cela, jamais elle ne se serait imaginée en arriver là. À  ce niveau de familiarité. Pas avec lui. Pas après qu’il l’ai bousculée, menacée. Ou peu importe le nom que cela porte. Le changement d’attitude du bellâtre envers elle la laisser perplexe. Doit-elle vraiment s’y fier ? Ou devrait-elle en profiter pour prendre ses jambes à son cou ? Une chose est sûre, c’est qu’elle ne peut pas se permettre des excès de confiance en la présence d’un tel personnage. Alors elle plie les genoux, cambre le dos et fini par s’asseoir. Oui. Mais ne se laisse pourtant pas totalement aller. Non. Les traits d’Aurora commencent à se dessiner devant ses yeux à demi clos. Elle chasse son aînée d’un hochement de tête en espérant qu’elle ne vienne plus la hanter. Deux mois que le skinchanger a repris conscience. Deux mois dont il garde des souvenirs du moins. Il a certainement dû s’éveiller au même moment qu’elle est sortie de l’Enfer. Son Enfer. Certaines choses se précisent dans son esprit tourmenté. Mais beaucoup trop restent encore troubles, comme perdues sur une route brumeuse dont on ne voit pas la fin. Le soupir poussé par Rafaele l’a ramène brusquement vers l’instant présent. Bien qu’elle ne puisse pas se vanter de connaître son interlocuteur sur le bout des doigts, ses yeux en disent long sur son état physique. Et ils paraissent justement fatigués. C’est de l’épuisement que la sorcière parvient à traduire de ce que l’ancien Seigneur laisse transparaître. Qu’a-t-il fait pour se sentir ainsi ? Qu’a-t-il du subir de plus qu’elle ? Que lui ont-il fait endurer qu’il n’a pas supporté ? Eux qui les contrôlent désormais avec leurs machines. « Tu as sûrement raison », souffle-t-elle doucement comme une réponse à la fausse question du ténébreux. Un commentaire bien inutile. Évidemment qu’il a raison. Le Renzacci ne se trompe jamais. Même lorsqu’il a tort. Mais il s’avère qu’à ce moment précis, son observation est véridique. Du moins, c’est ce qu’elle pense aussi. Le fait que les sorciers aient été libérés de Darkness Falls a engendré la libération des métamorphes de leur forme animale. C’est ainsi que la malédiction fut conçue. La malédiction est brisée. Le voile est levé. Et voilà qu’ils se retrouvent tous de nouveau prisonniers. Qu’on se retrouve prisonniers. Comme un éternel recommencement. Seul le décor et les acteurs changent. Mais le scénario reste le même. Les mots qu’elle se voit prononcer lui brûlent les lèvres. Elle se déchire entre la peur des représailles et l’agacement de se trouver constamment en position de proie. Elle frisonne au contact de la paume de Rafaele sur son poignet frêle. Surprise par le geste, son regard part à la rencontre de celui du loup. Elle n’y trouve aucune agressivité et cela l’étonne encore plus mais qu’importe. Elle continue en ajoutant quelques mots, des mots qui s’échappent de sa gorge au fil de ses pensées. C’est à son tour de soupirer. Un instant elle a l’impression que ses idées s’organisent enfin. Mais ce sentiment s’évapore aussitôt et le brouillard reprend immédiatement sa place.

C’est la voix et l’accent chantant du métamorphe qui la tire de sa piètre rêverie. Son analyse de la situation est peut être la bonne après tout. Il parle de rébellion. Alors qu’ils viennent à peine de franchir les porte de ce monde. Il est un peu tôt pour en venir à une rébellion. Mais au fond d’elle, la sorcière espère qu’il a raison. Que cette situation ne durera pas et que l’ordre se verra renversé. Pas question d’évoquer ses désirs personnels enfouis. Pas maintenant. Pas avec lui. Elle ne sait rien de sa véritable allégeance. Peut être joue-t-il la comédie après tout. Peut être a-t-il été envoyé dans cette forêt pour la traquer. La surveiller. L’espionner. La tester. Peut être n’est-il rien de moins qu’un skinchanger acheté par le gouvernement pour ses services. Elle fronce les sourcils. Perdue. Elle en devient paranoïaque. Pourquoi l’aurait-il attaquée comme il l’a fait s’il avait voulu gagner sa confiance ? C’est stupide. Non il n’en n’est rien. Il se tient là, le dos droit, se rappelant à chaque instant le Seigneur qu’il était autrefois. Encore une fois, elle se dit qu’il n’a rien perdu de sa prestance malgré les loques qu’il porte sur les épaules. L’analyse politique continue. Il semble inspiré par la réflexion. Et malgré tout, son esprit semble plus sain que celui de l’italienne.  Elle se contente de hocher la tête de temps à autres. Ce qu’il dit clairement la sidère de vérité. Et ce qu’il pense implicitement, elle n’est pas sûre d’approuver. Elle n’est pas sûre de penser de même. Elle n’est plus sûre de le comprendre. De se comprendre elle-même. Elle n’est plus sûre de rien. Lui semble satisfait de son sermon. Elle doute plus que jamais. Elle n’a rien prévu. Rien sur le long terme. Elle s’étonne encore d’être en vie à l’heure qu’il est alors demain est une autre histoire pour elle. La sorcière préfère vivre au jour le jour. C’est ce qu’elle s’est obstinée à faire pendant plus de sept siècles. Bien qu’à Darkness Falls, il n’y ai pas vraiment de jour. Le sommeil est mortel là-bas et chaque pas, chaque mouvement maladroit, chaque souffle peut vous coûter la vie. Les créatures rôdent partout, affamées, assoiffées ou peu importe ce dont elles ont besoin. Finalement, le parallèle est aisément fait entre les deux mondes. Pas si différents l’un de l’autre.

« Que ça change ? », questionne-t-elle en prenant soin de garder son opinion pour elle. Elle n’est toujours pas certaine de pouvoir vraiment faire confiance au métamorphe alors elle ne prend aucun risque. Elle ne va pas étaler ses états d’âmes en présence d’un homme qu’elle redoute toujours, en quelques sortes. Et dont elle ne peut que se méfier, encore et toujours. « Comment comtes-tu faire changer ça Rafaele ? », ajoute-t-elle ensuite, curieuse de connaître les ambitions du loup. Bien qu’elle n’ait jamais vraiment douté qu’il devait en avoir. Même dans sa situation. Même en se trouvant perdu dans un monde dont il ignore encore beaucoup. Il est tout le contraire de la sorcière. Leurs deux personnalités sont aux antipodes l’une de l’autre. Il le sait. Mais elle n’a pas les mêmes projets dans cette histoire. Elle veut survivre, encore une fois. C’est tout. Soudainement, il retire sa paume du poignet de la brune et croise les bras sur son torse. Son expression change légèrement mais toujours pas d’agressivité. Bien. Elle ne peut que s’en satisfaire. Pour le moment. « Tu sembles d’ores et déjà décidé à redevenir le Seigneur que tu étais », constate-t-elle en esquissant un demi-sourire. Elle ne s’est même pas rendue compte que de telles paroles avaient passé la barrière de ses lèvres. « Tu pourrais commencer par leur demander de te donner autre chose à porter qu’une tunique de la sorte », ajoute-t-elle sur un ton plus léger. « Je sais qu’elle est très désagréable à porter », achève la sorcière en concluant par un souffle teinté d’amertume. Les souvenirs de son arrivée  dans ce monde refont surface. Des souvenirs qu’elle préfèrerait ne pas avoir à revivre. Les laboratoires aseptisés dans lesquelles elle fut traitée comme une bête ne la réjouisse guère. Et le moment ou l’aiguille disproportionnée est entrée en contact avec la peau de sa nuque pour lui injecter cette abomination électronique lui donne la nausée. Comme un réflexe, elle porte sa main à son cou et frictionne cette partie toujours légèrement sensible - après cette intervention minime mais traumatisante - de son corps meurtri. Juste au moment ou de légers picotements se font ressentir sous son épiderme. Est-ce là un avertissement ? Certainement. Mais pas question de rentrer, pas maintenant. « Qu’est-ce qu’ils t’ont dit Rafaele ? », demande l’italienne, ignorant la douleur naissante au niveau de ses cervicales. « Est-ce qu’ils t’ont promis quelque chose ? », continue-t-elle. Car ils lui en ont promis des tonnes. Et ne pas être la seule dans ce cas la conforterait dans son idée que ce qu’ils veulent, c’est leurs facultés. Leurs dons. Peu importe le nom que l’on donne à ses pouvoirs de sorcière ou encore aux aptitudes des skinchanger. Le gouvernement se sert d’eux, et continuera jusqu’à ce que quelqu’un ou quelque chose les prive de l’emprise qu’ils ont sur leur chaire.

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MessageSujet: Re: I have lost myself again (pv)   Sam 20 Sep - 16:29



(parole en italique = vieil italien)

Serfs, seigneur, rébellion… les termes que j’emploie sont impropres, je le devine, puisqu’ils font partie de mon temps et non de celui qui m’accueille. Mais ce sont les seuls que j’ai pour exprimer ce que je pense alors il faut bien faire avec. « Tu as sûrement raison » a-t-elle dit devant ma question rhétorique quant à mon retour à l’humanité. Oui, c’est bel et bien la sortie des sorciers de Darkness Falls qui a entraîné la métamorphose inverse des Skinchangers. Et oui, ainsi, il est certain que mon créateur, quel qu’il soit, est en vie et attend ma vengeance. Je ne sais pas ce qu’il risque de se produire si je le tue, mais je compte bien essayer pour voir. Je n’ai plus rien à perdre dans tous les cas. Azzura est morte. Zaïra est morte. Mon humanité s’est enflammée au bûcher de ma bestialité. Je ne suis plus qu’un animal perdu et errant dans un monde qui n’est pas le sien, une âme damnée et condamnée à l’exil à travers le temps, asservi par des forces et une magie que je ne comprends pas, enchaînée à un loup aussi violent et assoiffé de sang que le bourreau que j’étais. Je suis condamné à regarder en face ce que j’ai fait et pire, ce que je suis, sans pouvoir détourner le regard comme je le faisais si bien. Un frisson la parcourut lorsque j’ai posé ma paume sur son poignet, avec de lui offrir mon analyse de la situation politique de cette époque. Les monarques sont des tyrans, le peuple est un amas arrogant de moutons et de mécontents qui projettent une rébellion. Cette tension est palpable, et un homme comme moi accoutumé à la juguler ne peut que la sentir. « Que ça change ? » finit-elle par demander.  Je fronce les sourcils. Oui, je compte faire en sorte que cet état de fait, qui me rabaisse au rang de larbin alors que je suis né pour diriger et contrôler, ne dure pas et mute au plus vite pour que lorsque je sortirai de ma chrysalide d’incompréhension je suis l’homme que j’ai toujours dû être et que ploient les genoux devant moi.

« Comment comptes-tu faire changer ça Rafaele ? » rajoute-t-elle, profitant certainement de mon silence. J’ai du mal à comprendre les sous-entendus de son ton. Curiosité se mêle à interrogation. Je ne perçois pas de dubitatif, juste de la curiosité, et le loup arrogant s’apaise légèrement devant ce constat. Qu’elle ne remette pas en question ma certitude garde loin de moi ma colère et mon impulsivité naissantes. Car s’il était courant de me voir agacé, me voir perdre mes moyens et le contrôle implacable que j’exerçais sur mon être l’était bien moi et l’arrivée du Loup l’a réveillé sans que je ne le veille. Je suis devenu plus agressif que jamais, plus instable, plus… le seul mot que je trouve et qui m’écœure est celui de bestial, mais il me faut regarder la vérité en face. Je suis désormais un animal et même si tout en moi me pousse à me tuer pour éviter de salir un peu plus le nom de mes ancêtres je m’en sais incapable. Etre réduit une fois à cette extrémité m’aura suffi pour comprendre que je n’en aurais pas le courage une deuxième fois. Mon regard clair se perd sur les feuillages qui nous entourent à la recherche d’un soutien, mais reviennent bien vite sur Natascia qui n’a pas bougé d’un pouce. Je retire ma main, toujours posée sur son poignet, et la réfugie contre ma poitrine. « Tu sembles d’ores et déjà décidé à redevenir le Seigneur que tu étais ». Son sourire est contagieux, je lui en concède un timide. « Tu pourrais commencer par leur demander de te donner autre chose à porter qu’une tunique de la sorte. Je sais qu’elle est très désagréable à porter » Ce sourire s’accentue, déridant mon visage. Elle n’a pas tout à fait tort, ces défroques sont bonnes pour des paysans et des loqueteux et ne conviennent en aucun cas à un prince, même déchu. Je repense à ses paroles, et commence d’une voix douce, toute tension s’étant désormais envolée sous sa prudence et son humilité face à mon sang noble. « Est-ce un tort de vouloir retrouver la place qui est la sienne ? Oui, je compte bien redevenir celui que j’étais. » Il n’y a rien d’agressif dans mes propos, juste de l’arrogance et de l’assurance. « Je suis ce que je suis, on ne peut pas me forcer à me renier et si jamais quelqu’un essaye… » J’hausse les épaules en conclusion de ma phrase inachevée. Si quelqu’un essaye, il se heurtera à un échec. J’étais vulnérable, mais cette conversation avec un fantôme de mon passé a le mérite de m’avoir forcé à me rappeler de qui je suis. De qui j’étais. Je ne suis peut être plus un homme, mais je reste Rafaele. Je secoue légèrement mes cheveux mi-longs qui tombent dans ma nuque, avant de les remettre en place pour qu’ils cessent de glisser sur mes yeux. Une respiration. Deux. Le silence reprend ses droits. Je ne sais que penser de tout cela, même si j’ai désormais un objectif à court terme et que des bribes et des idées commencent déjà à s’entrelacer dans mon esprit hybride. Mes pensées humaines se teintent des conceptions bien rangées du loup sur ce qui est à lui (à peu de chose près : tout) et ce qui ne l’est pas (à peu de chose près : rien). J’ai du mal à faire la part des choses ; je me dégoûte de penser comme un loup.

« Qu’est-ce qu’ils t’ont dit Rafaele ? Est-ce qu’ils t’ont promis quelque chose ? » Je manque de sursauter lorsqu’elle m’extirpe à nouveau de mes pensées sans la moindre douceur. Ce qu’ils m’ont promis ? Je fronce les sourcils, rassemblant les réponses plausibles, triant les fausses des probables, les vraies des hypothèses. Ce qu’ils m’ont dit ? « Beaucoup de choses… » Ce qu’ils m’ont promis ? « … mais rien en réalité. » Je suis dans une situation bien plus inconfortable que ces loques que je porte. Un instant de doute : j’hausse les épaules de reddition. « A dire vrai… ils n’ont pour le moment rien à me promettre. Ils se contentent de m’instruire sur ce qu’est cette époque, sur ce qu’ils appellent technologie… Ils n’ont rien eu à me promettre, je ne suis qu’un jouet entre leurs mains, une arme… un animal domestique » finis-je par cracher de dégoût. Je me relève pour me dégourdir les jambes, ma main posée sur mon avant-bras pucé pour mieux le masser et faire disparaître ces pointes de douleur qui me rappellent à l’ordre. Je me tourne vers Natascia que je surplombe à présent. « Pourquoi, que t’ont-ils promis à toi ? Des humains à transformer, des familles à éradiquer ? Des innocents à gangrener de ta pourriture ? » L’amertume est ressortie sans crier gare. Elle suinte de mon agressivité, de cette trahison que j’ai subie. Ai-je réellement été entouré de sorciers toute ma vie ? D’Azzura à Noah en passant par Orfeo dont les cris me lacèrent encore les tympans ? La liste est trop longue pour que je puisse en faire abstraction. Ma vie n’a-t-elle été jusque là que trahison et mensonge ? Mon grand-père avait il raison ? Je crache entre mes dents « Pourquoi ne m’as-tu pas menti, tout à l’heure, lorsque je t’ai demandé ce que tu étais ? Tu le savais, pourtant, que ta nature même m’écoeurait par le passé et que je ne peux que l’abhorrer un peu plus à présent, que durant ces siècles ma haine a mûri dans le terreau de la vengeance… » Je serre les poings pour ne pas l’étrangler. Je susurre entre mes crocs pour ne pas commencer à avoir le goût de son sang dans ma gorge. Je me dégoûte. Ce sont encore les pensées du loup qui viennent de prendre le dessus, et j’ai envie de me complaire en elle.


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