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 Drunk and driven by a devil’s hunger [PV Kyran]

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MessageSujet: Drunk and driven by a devil’s hunger [PV Kyran]   Ven 18 Juil - 0:13

( Italique = Norvégien )

Ses mains cessent de trembler dès l’instant où elles rencontrent la bouteille. Abandonner les fauxsemblants fait donc cet effet-là. La nuit, en créature insoluble, témoigne des ratés et en délivre des nuances obscures qui se répertorient déjà sur la peau du criminel. Elle inonde les contours anguleux  de son visage. Tracé de pinceau précis et réaliste de ce qu’il est. Le creux de ses joues semble sans fond dans cette pénombre qu’il ne compte pas gâcher en exerçant  la moindre pression sur le premier interrupteur à sa portée. Il y a une heure, il a pris un pickpocket en chasse. Il y a soixante-cinq minutes, il a placé ses paumes sur sa nuque. Il y a trois mille neuf cent secondes, sa retenue s’est fissurée jusqu’à l’irréparable. Il y a plus d’un milliard d’inspirations en arrière, il s’est officiellement perdu.  Ses restants d’âme se sont évaporés quand sa victime est retombée froidement au sol. Un bruit unique pour une agonie multiple. Tout est revenu en un instant fugace. Vive, la douleur l’a presque cloué au sol près du cadavre. Ce n’est pas la première fois qu’il tue et la racine du problème se situe sûrement dans ces alentours. Si la violence a toujours eu un prix salé, l’addition, quant à elle, semblait presque payée par d’autres quand justifiée par sa fonction antérieure. La vérité, c’est qu’il porte en lui un héritage qu’il a tenté de renier. La vérité, c’est qu’il ne peut se battre éternellement contre ce qu’il est par le sang, par la chair. Détruit par cette évidence, il n’a dès lors plus cherché à s’imposer ce nom qui ne lui a jamais convenu. La souffrance trouve toujours une réponse et elle est souvent bien cruelle à l’image de l’émotion qui tiraille.  

Afin de se rouler dans l’ironie et de rire au nez de la fatalité, il a opté pour le faux remède. Le goût qui longe son œsophage, développe cette répugnance habituelle pour un être damné comme lui. Les cendres galvanisent son sentiment d’écœurement qui n’a de cesse de croître mais il continue jusqu’à vider le premier récipient ainsi que le second. Les verres s’enchainent et il finit par abolir le contenant de son espace en l’écrasant à terre pour boire directement au goulot. L’enivrement survient petit à petit rendant ses gestes moins précis, ses raisonnements de plus en plus anarchiques, primaires. Le barrage instauré par la sobriété, cède peu à peu et les souvenirs ressurgissent comme un millier d’insectes venant se repaître de son épiderme, rongeant jusqu’à sa rétine. Nuée qui ne tarde pas à pénétrer dans sa gorge pour la saboter de dards empoisonnés. Sa capacité à inhaler est mâchée, défectueuse. Il tousse à trois reprises et recrache l’alcool même dans l’évier. Il cherche l’air mais il n’y en a aucun ici. Parce qu’ici, il n’y a que lui et il ne parvient plus à endurer cette mauvaise compagnie. Son chaos s’agrandit toujours plus, il pousse dans sa poitrine, s’étend à chaque partie de son corps et puis, irradie la pièce. Il n’a aucune limite ce soir. Aucune construction cognitive ne peut l’arrêter quand le norvégien s’échappe de son appartement et qu’il se met à courir dans les rues avoisinantes. Il tente de semer le néant, il accélère. Mais aussi rapide, aussi déterminé qu’il soit, il sait que son ombre mange toujours ses traces de pas sur le bitume. Pourtant, il n’abandonne pas. Remonter les chemins, remonter les époques. Clé d’horloge rouillée mais obstinée, elle s’emboîte et les aiguilles jubilent en sens contraire. C’est aussi naturellement que dans son ivresse, il prend la mauvaise direction. Celle qui le ramène où tout a commencé.

Sa cadence ralentit quand il est aux abords de sa demeure. Sa crainte tend ses griffes et lui lacère les chevilles. Pourquoi avoir peur ? Ce qu’il appréhende se produit de toute façon et de façon répétée. Il est devenu comme lui, comme eux. Dépossédé de toute valeur, dépouillé de toute humanité, de quoi pourrait-il être encore atrophié désormais ? Cette enveloppe peut pourrir au fond d’un lac. Pas d’acte, pas de tombe mais assurément un décès – celle de son essence même. Alors à quoi bon ? Petit pantin satanique, il se débrouille pour pénétrer dans l’endroit sans se faire prendre à l’entrée. Il atteint même la porte. Il trébuche sur les marches et se rattrape au dernier instant. Il jure, il s’écorche à l’oxygène en plusieurs inspirations et finit par poser son poing sur le bois qui le domine. Un coup. Il pense à son père automatiquement, à leur père qui ne s’est jamais contenté d’une seule collision. Son second poing retrouve le premier et il enchaîne les frappes avec la même frénésie qui avait pu animer le patriarche Hogan, se rappelant jusqu’aux marques qu’il a laissé sur lui, à sa voix qui lui donne la nausée. Chaque tambourinement réveille une autre plaie – de celles qui ne guérissent jamais, de celles qui finissent par appartenir au tableau pour le souiller et pour l’embellir à la fois. La blessure la plus féroce, celle qui rappelle à un homme qu’il est et sera toujours un enfant sans défense, égaré dans un Monde trop grand, trop sale et trop dur. Il a mal physiquement  tant cette  peine psychique ne trouve plus de place à l’intérieur de son corps. Il a envie de hurler sur cet homme qu’il devient, de se stopper mais quand ses intonations rauques se manifestent enfin, c’est pour appeler la seule personne au Monde qui ne l’écoute pas et ne l’écoutera sûrement jamais. « Sors de là. » Il continue à cogner contre la paroi tandis que ses cris sont oppressifs, même pour ses oreilles. « Sors de là tout de suite ! Arrête de te cacher ! » Pourquoi ?  Discuter ? Régler ses comptes ? Non.

Ce qu’il est venu chercher n’est pas une réponse, ce n’est même pas un besoin d’épancher sa colère. Il est là car sa solitude a toujours porté son nom. Il est là parce qu’il est faible et parce qu’il se sent capable de tout. Surtout du pire. Peut-être que son frère représente à lui seul ce qu’il ne peut et ne veut pas être, peut-être que c’est la dernière personne sur cette Terre qu’il devrait voir et pourtant. Pourtant, il est le premier à pouvoir restreindre cette pulsion suffocante qui aurait pu tout aussi bien l’amener à en finir pour de bon ce soir. Quand des silhouettes menaçantes, font leur apparition, Ezra ne prend même pas le temps de s’immobiliser.  On lui attrape un bras, on le fait reculer. Il se débat, fiche ses phalanges dans la tête du premier venu et fait quelques mètres. Rattrapé, on tente de le plaquer à terre. Le molosse est rejoint de son comparse. L’urgentiste lance ses poings vers eux avec toute cette rage qu’il ne canalise plus du tout, ses pieds rejoignent ses coups en des gestes mécaniques, connus et assimilés lors de son entraînement de peacekeeper. L’un des vigiles est sonné mais le second lui retourne une droite qui le fait rencontrer le sol. Il essuie le sang au coin de sa bouche en se redressant. Son regard fou toise son opposant qui s’apprête déjà à revenir à la charge. Dans sa démence, dans son infinie arrogance, il se surprend à sourire. Heureux à la perspective d’être battu ? Non. Réjoui à l’idée que Kyran le trouve amoché ou mieux tué par ses prétendus hommes de main. Quelle serait sa fureur ? Veut-il à ce point le voir malheureux ? Il veut qu’il sache, qu’il comprenne pleinement ce que ça fait de perdre la dernière personne qui partage son sang. C’est donc une vengeance et avec un peu plus de ruse, il pourrait provoquer ce type pour qu’il ne le ménage pas du tout. Sauf que sous influence, son cerveau ne cherche plus à réfléchir mais bien à agir. Il veut extirper de ses entrailles tout ce qui s’y avarie. Il veut se laver de cette haine. Et pourquoi ? Il ne croit plus aux lendemains ou au rétablissement. Il est fichu et c’est ça qu’il vient clamer au pied de cette bâtisse.

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MessageSujet: Re: Drunk and driven by a devil’s hunger [PV Kyran]   Sam 19 Juil - 23:55

Ses mains tremblent plus qu’à l’accoutumée alors qu’il se les écorche sous l’eau froide, tente vainement d’effacer l’hémoglobine qui mord sa chair comme la gangrène. Lavant les marques visibles de ses plus récents méfaits, un règlement de comptes qui a mal tourné. Ravagé, il évite soigneusement son regard d’acier dans le miroir. Peu enclin à voir s’y refléter les innombrables imperfections qui grouillent sous sa peau. Peu désireux de constater qu’il ressemble à une loque, qui aurait grandement besoin d’une nuit réparatrice de sommeil. Trop paranoïaque pour se reposer réellement, trop tourmenté pour ne pas se tourner et se retourner entre ses draps. Une sensation de manque le dévore, le tiraille. Gagne en force à mesure que les jours passent. Ce qui n’était d’abord qu’un léger picotement s’est mué en une pique acérée, qui remue au creux de sa cage thoracique à chaque inspiration. La plaie s’étend, s’infecte, empire. L’impossible retour en arrière le terrasse qu’il ne l’aurait cru. Il n’arrive tout simplement pas à le digérer. Ayant peut être trop pris l’habitude qu’on cède à ses pires caprices pour supporter qu’autrui lui impose les siens. Je démissionne. Ça ne voulait rien dire, ça n’avait aucune valeur quand on savait qu’il avait limogé Aleksi le premier. Mais ça l’empêche néanmoins désormais de revenir sur sa décision, ça bafouerait son code éthique du parfait connard insensible. Il ne peut pas s’y résigner. Absolument misérable, il réagit comme un gosse qui aspire à tout puis la minute d’après à son exact contraire par pur esprit de contradiction. Croiser la nouvelle informaticienne dans l’ancienne aile du finlandais ne fait qu’aggraver les choses. Il est proprement insupportable que Son fantôme erre de jour comme de nuit dans les couloirs, et plus encore qu’elle piétine Ses plates-bandes. Contre toute attente, le hacker a lamentablement échoué dans ses prédictions, celles qui lui affirmaient qu’il ne résisterait pas à une énième tentation féminine. Moins il la croise, mieux il se porte en vérité.

Occupé à frotter et à s’égratigner, comme un obsessionnel compulsif tentant de soigner un mal par un autre, il ne prête d’abord pas attention au raffut à l’extérieur. Habitué à ce que ses vigiles nettoient l’entrée des pauvres suicidaires qui osent venir l’y défier, il ne perçoit pas l’utilité de se déplacer. Il n’entend pas l’orage se profiler, gronder au loin. Il n’entend pas le vacarme, ni les cris de fureur de son frère. Autrefois, il incarnait pourtant celui qui s’extirpait systématiquement des bras de Morphée pour apaiser Ses terreurs nocturnes. Celui qui se réveillait au premier gémissement plaintif, même lorsque ses pensées s’envolaient à mille lieux du taudis qui les avait vus naitre. Constamment en alerte, sans s’en rendre compte. Il en a perdu l’habitude depuis qu’Il l’a éjecté sans une once d’indulgence. Depuis qu’Il lui a fait comprendre qu’il n’était qu’un paria, qu’Il était fermement décidé à éviter comme la peste. Et ce, jusqu’à son ultime soupir. Ezra a achevé avec panache son exécution lors de leur dernière confrontation, l’a noyé dans une hémorragie interne de chagrin. Arrachant d’un coup sec le poignard qu’Il avait lui-même planté en plein milieu de son palpitant. L’agonie est lente, l’agonie est interminable. S’il n’a pas eu d’échos depuis le coup bas de Danny Clocker, il n’était pas nécessaire d’être présent aux côtés de son cadet durant l’annonce pour visualiser sa réaction. Il imagine parfaitement le dégoût qui a dû couler dans sa gorge comme de l’acide, ses pupilles injectées de honte à l’idée que son terrible secret soit ainsi éventé. Tous ces efforts déployés pour nier tout lien de parenté, réduits à néant en l’espace d’une poignée de secondes. Il y avait de quoi être encore plus déchaîné à son encontre qu’auparavant. Tristement lâche, le scandinave n’a pas trouvé le courage de retourner vers Lui. A quoi bon l’affronter ? Pour qu’Il vomisse allègrement leur enfance dissolue, leur complicité piétinée ? Pour qu’Il l’accuse de tous les torts, lui reproche tous ses maux ? Il a décidé de céder plusieurs tours avant de retourner se faire déchiqueter dans la fosse aux lions, et de laisser à l’abri dans sa tour d’ivoire ce qui lui reste d’illusions.

Mais le raffut s’éternise, vrille son organe auditif d’un brouhaha indistinct et agressif. L’agacement et la curiosité l’emportent finalement sur l’indifférence et la paresse. Il repousse la porte de la salle de bains avec véhémence, descend quatre à quatre les escaliers en se jurant que les inopportuns qui brisent son semblant de sérénité vont manger le pavé. Il ronchonne, rumine, après ces imbéciles pas fichus d’accomplir correctement leurs basses besognes. C’est une notion qui l’obnubile, le travail bien fait, alors qu’il passe les trois quarts de son temps à déléguer sans lever le petit doigt. « - C’est pourtant pas si compliqué… » Siffle t’il entre ses dents serrées, d’une mauvaise foi affolante. Irrationnellement exigeant, à croire que ce trait de personnalité appartient à l’héritage génétique désastreux des Hogan. La bagarre emprunte des allures de grand capharnaüm et embrumé par son exaspération, il ne repère pas immédiatement Sa silhouette dégingandée. Le tyran remarque uniquement la supériorité numérique évidente de ses gardes, et le fait que malgré tout ils ne s’en sortent pas. « - Vous vous foutez du monde ? Putain vous avez vraiment besoin de vous y mettre à deux et d’autant de temps pour faire déguerpir un seul type ? » Siffle t’il, la voix rongée par la colère, en tirant par le col le gorille avachi et salement amoché. L’autre est trop occupé pour lui prêter la moindre attention. Ce n’est qu’en relevant ses sphères métalliques qu’il L’aperçoit enfin. Stupide statue de marbre, il tombe des nues. Son myocarde se fige dans son cruor et il lui faut plusieurs battements pour daigner repartir. Il n’a toutefois pas à réfléchir plus avant pour se jeter sur la brute qui Le malmène. Pris dans le feu de l’action, l’armoire à glace lui adresse un sérieux revers en riposte et entaille jusqu’au sang sa lippe inférieure. Le norvégien titube, peine à retrouver un équilibre précaire, presque assommé par l’impact. La sentinelle ne se rend compte que trop tard de son erreur, ouvre la bouche pour balbutier des excuses mais Kyran lui assène un violent coup de poing plutôt que de lui en laisser l’occasion. Enragé, il les enchaine. Fait chuter le cabot à terre et l’immobilise entre ses flancs. Son employé se protège comme il le peut en renvoyant ses assauts, essaie d’encaisser le passage à tabac sans riposter pleinement contre l’homme qui le paye grassement. La hiérarchie rend forcément le combat inégal mais le bourreau insiste, s’acharne sauvagement. Le forcené réduit quasiment en bouillie son visage et finit par se reculer lorsque le craquement de ses propres os vient souiller l’atmosphère putride. Relâchant le captif, faiblement vivant, le mafieux contemple son œuvre sinistre puis l’écarlate qui grignote ses articulations. Echappe un râle d’affliction. « - Dégagez de là… En vitesse… » Ses ordres sont hachés mais suffisants pour que les deux molosses comprennent le message et ne se fassent pas prier. Il compte sur le plus en forme pour trainer son malheureux comparse à l’intérieur de la bâtisse sans rechigner.

Haletant, ses rétines furibondes poignardent Sven. Il détaille longuement Ses blessures ouvertes, brise la frêle distance qui les sépare d’une démarche chancelante. Ses phalanges ensanglantées glissent doucement contre Sa nuque, prennent en coupe Ses pommettes. S’autorisant un geste tendre sans doute trop familier à Son goût. L’odeur de la liqueur mortifère inonde aussitôt ses narines, retourne ses viscères. L’estomac au bord des lèvres, son nez se plisse. Tous les vices plutôt que celui-ci. Ils en ont trop souffert pour le tolérer. « - Tu empestes l’alcool… » Murmure réprobateur, empreint d’un profond dégoût qu’il ne parvient pas à dissimuler. Les serpents qui l’agrippaient s’éloignent, brûlés à vif. Un ricanement acerbe s’extirpe hors de ses barrières de nacre alors qu’il esquisse deux pas en arrière, face à l’ironie et au comique de la situation. Le dépravé notoire qui fait la morale à l’urgentiste irréprochable. Les icebergs qui lui servent d’iris le toisent, déchirés par des éclats de douleur. « - T’es venu pour me casser la gueule ? T’as picolé pour me montrer combien mes tares de dépravé me rendent minable ? Vas-y, cogne. T’en prive pas, soulage-toi. Des années que t’attends que ça, t’as qu’à en terminer. » Il tend sa mâchoire vers Lui, écarte légèrement les paumes en signe de reddition, accompagnant ses paroles. Exténué, il ne plaisante pas, ne compte pas esquiver. S’Il en est réduit à tapisser son œsophage de poison, c’est selon lui que le trop-plein de ressentiment déborde et doit être évacué. Tiraillé de frissons, c’est un maelstrom de sentiments exacerbés qui le clouent au pilori. L’amour. La haine. La déception. Le désarroi. La compassion. La peur. L’échec. Il s’était juré de Le préserver à tout prix, et n’a réussi qu’à l’enfoncer dans les immondices qui régissent son existence corrompue. Les représailles probablement réclamées lui paraissent amplement méritées.

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MessageSujet: Re: Drunk and driven by a devil’s hunger [PV Kyran]   Mar 22 Juil - 0:51

( Italique = Norvégien )

D’autres coups, d’autres plaies et ce refus de continuer à contrer. Il s’est déjà offert à la seule idée d’être une masse ensanglantée quand le propriétaire des lieux daignerait se montrer. Il crache de l’hémoglobine à terre et redresse la nuque pour recevoir un nouveau choc mais la collision ne se fait que visuellement avec une stature familière. Cet instant lui échappe immédiatement, groupuscule de secondes qui l’immobilise dans un espace relatif. L’aiguille hésite, il sent le temps tergiverser. L’horloge prête à feindre l’ignorance pour assurer sa survie face à la révolte silencieuse de cette mémoire qui n’en peut plus de se taire. Les sons garrottés, dégradent assurément son présent. Début de surdité qui se prolonge quand son regard accroche enfin le sien. Il se sent abandonner, il se voit relâcher sa rancœur. Il pourrait courir vers lui, rattraper le vide sous ses pieds pour le retrouver enfin, réapprendre à rire même quand le malheur désagrège leurs joues. Il a envie de se relever de cette immense indifférence pour être à nouveau à ses côtés et ne plus subir cette charge indomptable qui lui lamine les épaules, lui écorche les doigts et brise ses os.  Etre son frère avant d’être son ennemi. Toujours figé dans cet intraitable sentiment, il le voit se jeter sur cette brute qui le domine toujours de sa hauteur. Ses oreilles s’évertuent à ne lui faire entendre que sa respiration bruyante. Sa cage thoracique bat toujours la mesure avec encombres aortiques tandis que Kyran le protège juste là. La situation décide de le laisser être son cadet encore quelques minutes tandis que sous ses yeux, il assiste impuissant à cette bataille qui n’était pas La sienne en premier lieu. Le norvégien étouffe un cri étranglé quand l’autre homme frappe son employeur. Il s’apprête à faire un pas dans cette direction mais sa tétanie lui engourdit les jambes. Il s’en fiche de la suite. Le mafieux peut tuer le molosse devant lui qu’il n’arriverait même pas à s’en soucier. Il ne voit pas la violence. Il le voit seulement lui - celui qui partage son sang, son enfance et ses travers. Cette proximité psychique est si intense qu’il n’arrive même pas à en avoir honte ou à en être écœuré.  Presque fier qu’il mette en déroute son opposant dans un combat pourtant bien inégale de par ces circonstances. Ezra a toujours su qu’il était facile de justifier la brutalité de son aîné pour accepter son affection. C’est pour ça qu’il s’emmure dans des convictions extrêmes. Pour oublier que c’est simple.

Le vermeil se joue encore en monochrome sur les phalanges du scandinave, l’urgentiste a décidé d’être aveugle. Son sauveur s’approche et il ne souhaite pas reculer malgré cette conscience qui va et vient à la manière d’un ressac incessant. La digue imposée par l’ivresse empêche les vagues de le submerger toutefois. L’inquiétude qu’il cueille dans Sa gestuelle broie toute tentative d’acharnement à la colère. Il percute Sa tendresse, engloutit la ligne temporelle et expérimente ses neuf ans à nouveau quand après la tempête parentale, son allié de toujours venait panser ses plaies évidentes et celles qu’ils ne l’étaient pas tout autant. Les paumes du tyran rassemblent son expression fragmentée et un léger rictus surprend la bouche fendillé de l’ancien peacekeeper. Rien d’ironique cette fois-ci. Quelque part au milieu de sa confusion, de son ébriété et de sa douleur, il effleure un peu de félicité dans cette fraternité qui signe le début et qui engendre la fin de ce qu’il est. Il ne vit que dans cet espace et pour cet espace. Pendant cet instant qui lui échappe, Sven est à ses pieds, prêt à se confesser. La première considération verbale de son complice d’autrefois lui fait fermer les yeux néanmoins et assèche sa cavité buccale de vérité. Le reproche étend le linge au-dessus de sa tête, il ne reste plus qu’à le laisser tomber pour mieux l’asphyxier en l’enveloppant, en le liant. Il croit qu’il va le gronder et baisse la tête en conséquence. N’est-il pas qu’un gosse en fugue perpétuelle ? Il se sent tellement sale d’avoir consommé à excès ce breuvage, tellement dégouté de lui-même qu’il pourrait rejeter le contenu de son estomac immédiatement. Quand le ténor de son interlocuteur le désarçonne à nouveau, il rouvre son champ de vision et peut ainsi contempler cette joue qu’il lui présente en offrande. Sacrifice facial qui brime bien des valeurs de l’ancien métamorphe.

Il balbutie silencieusement des paupières, clignement nerveux  qu’il ne peut contrôler alors qu’incrédule, il finit par reculer juste assez pour chasser le benjamin de l’assemblée. Un rire étranglé éclate dans sa gorge et se fissure aussi vite.  « Je sais que tu tiens absolument à me faire ressembler à notre prère, bror mais tout de même… » La tristesse se peint sur ses traits crispés et son état éthylique continue le balancement entre passé et présent incessamment. Comme un pendule qui ne sait à quel côté se ranger et qui poursuit cette course indifféremment. Instabilité exacerbée. Chaque carte qu’il a dans les mains est une émotion qu’il manie avec maladresse, il les aligne, les mélange et ne les comprend pas. Ricanement sournois qui succède au chagrin dans sa voix. « Rassure-toi donc, je ne suis pas ici pour jouer ce rôle tant désiré… Bien que tu le mérites cruellement. » Son sérieux tranche avec sa démarche bancale liée au tournis de cette ivrognerie. Sa mâchoire se serre quand il reprend. « Elle m’a trouvé. Elle m’a trouvé l’autre soir. Je ne l’ai pas reconnue tout de suite parce qu’elle ne m’avait pas parue importante à cette époque-là. Tu avais bien joué le jeu jusqu’au bout. On peut te reconnaître cette qualité de comédien. Je me demande de qui tu la tiens. Notre mère, peut-être ? » Sa paume s’étend sur son visage malade, ranime les blessures qui y dansent encore et annihile un peu de sueur, d’hémoglobine. Ses propos décousus ont du mal de trouver une finalité dans sa boîte crânienne anesthésiée par un trop plein de liqueur.  « Elle s’appelle Ange Dalton dans ce Siècle mais je suis sûr que tu le sais ça aussi. Pas vrai, bror ? » Ce sujet se déroule tout seul, de lui-même. Le déshonneur d’avoir cédé à la boisson doit être pallié et quoi de mieux que la faute la plus grave dont il ait pris acte.

Son regard s’isole dans le sien avec prudence. Ses intonations s’extirpent avec une douceur insensée de ses lèvres « C’est vraiment sa fille ? » Son placide détachement  se mue alors en une colère muette qu’il transmet par sa rétine avant de la dissiper aussi vite par un autre sentiment tout aussi furtif, l’accablement. Il pointe son doigt accusateur et l’enfonce dans Sa poitrine en deux gestes répétés et hachés. « Ne t’avise pas de me mentir, Kyran ! J’ai toujours réussi à discerner tes mensonges. Alors, tu as intérêt à faire preuve d’un peu d’honnêteté pour une fois, est-ce qu’elle est notre… » Le spectre du mot le fait tituber sur place et il balance une main dans le vide pour se rattraper au néant. Il parvient à rencontrer l’équilibre néanmoins mais il perd patience. « Est-ce qu’elle partage notre sang ? » L’espoir perdure, celui de la négation. Flou gaussien sur ces quelques rencontres avec la jolie blonde. Il préfère ne pas ajouter cette omission à la liste des réprimandes, il préfère ne pas avoir de sœur plutôt que d’en avoir été privé aussi longtemps selon le bon vouloir de cet égoïste qu’il jauge avec sévérité et tendresse de façon alternée ce soir - comme deux faces qu’il fait tourner jusqu’à en avoir torticolis et nausée. Il est toutes ses identités et il n’en est aucune. Ce vice a ce pouvoir de décomposer les hommes et de les rassembler pièce après pièce sans cohérence pour les faire devenir ce qu’ils ne sont pas tout en exacerbant leurs défauts latents, en expulsant les pensées inavouées, en offrant des ailes aux démons qu’ils pouvaient abriter. Au fond, n’est-ce pas un procédé plus malsain que ça ? N’est-ce pas sur les fondements de leur personnalité que ce changement s’opère ? Et si au fond, ils ne restaient qu’eux-mêmes, révélés dans toutes leurs nuances une fois les inhibitions abolies ? Et si c'était leur vraie visage? Ezra tremble à ce seul songe. Pas pour lui en particulier mais pour l’autre qui s’apprête à le détruire d’une nouvelle réalité. Celle où il a raté ses chances de grandir avec cette jeune femme aux cheveux d’orge. A deux, ils auraient eu plus de chance de sauver leur aîné, non ? Un gâchis qu’il contemple avec souffrance.  

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MessageSujet: Re: Drunk and driven by a devil’s hunger [PV Kyran]   Sam 26 Juil - 15:36

(Italique = Norvégien)

Il a à peine le temps de se rassasier de cette rare proximité que déjà la trêve s’échappe, lui file entre les doigts. Étonnamment, c’est lui qui y met un terme, qui préfère instaurer une distance de sécurité. L’automatisme le dépasse. Il a beau vouloir plus que tout retrouver les réflexes d’antan, la pénombre les chasse et lui rappelle qu’un champ de mines les sépare. Elles sont toutes sagement alignées, prêtes à leur exploser à la gueule au moindre mouvement brusque. Et à réduire tous leurs organes vitaux en charpie. Qu’Il puisse embrasser les vices du géniteur lui retourne les tripes, lui rappelle la fatalité mortifère qui coule dans leurs veines comme de l’acide. Ils ne sont que de grotesques assemblages de particules démembrées, gorgées de tares génétiques. Leur déchéance a été programmée dans l’œuf. Il entrevoit dans un éclair de lucidité ce que l’ancien milicien doit subir, en constatant qu’il reste cloué à ses dépendances infectes. Pire encore, le mafieux n’a même jamais cherché à se défaire de ses ignobles addictions, en dépit de toutes Ses savantes mises en garde. Contradictoire quand on sait qu’il n’estime pourtant pas être une mauvaise influence pour Lui, et qu’il encaisse chacun de Ses rejets comme une terrible et cruelle injustice. Le diable et l’avocat du diable, réunis dans le même corps. Convaincu qu’il n’existait pas de meilleure voie pour leur assurer un quotidien décent, mais décidé à ce qu’Il ne sombre à son tour pas dans cette décadence moribonde. Dans cette spirale infernale. « - Je n’y tiens pas. C’est toi qui te présente ivre mort devant ma porte et qui déclenche une bagarre générale. » Gronde t’il, glacial. Il ne hausse pas le ton, ne Lui assène pas de reproches directs mais absolument tout dans son attitude signale qu’il désapprouve Sa conduite débauchée. Même si une part infime de lui trouve en cet instant à la liqueur empoisonnée une vertu insoupçonnée. Sans elle, Il n’aurait pas échoué sur son palier. Il a fallu qu’elle Le désinhibe entièrement, pour que la décision de s’y trouver jaillisse sous les innombrables couches de rancœur et d’amertume. C’est encore elle qui Lui fait répéter dans leur langue maternelle leur lien inaliénable de parenté, cette marque naturelle d’affection qui a le don de l’apaiser. Ou est-ce seulement parce que bafouer la réalité ne mène plus à rien, maintenant que le monde entier est au courant qu’il est affilié à un tel énergumène ? Il en doute fortement. Il sait que le mentionner ouvertement comme son grand frère restera une épreuve jusqu’à ce qu’il en crève.

Prêt à se faire battre, à ce qu’Il vomisse son surplus d’animosité sur sa piteuse carcasse, il comprend bien rapidement qu’Il n’a pas l’intention de lui régler son compte de cette manière-là. Il lui réserve un sort bien plus affreux que le traitement auquel ses vigiles ont eu droit. Le détruire par des mots est incroyablement plus aisé que de le démolir par des coups, que de lui asséner des blessures physiques qui auraient cicatrisé sans aide. Ses yeux se dessillent, et la réelle raison de Sa présence le terrasse comme une onde de choc. Ses dents claquent, alors qu’une vague de froid le percute violemment. Toute son hémoglobine afflue à son cerveau, grille les neurones qui s’y battent en duel. Encore debout, raide, juste avant que l’édifice entier ne s’écroule avec perte et fracas. Le givre cède bientôt sa place à une remontée brûlante de lave, et il sent aussitôt les géhennes lécher son épiderme comme dans l’épicentre de l’Enfer. Qu’importe vos efforts pour la tuer, l’enterrer, l’écarteler, la vérité finit invariablement par éclater. Et plus elle reste dans l’obscurité, plus elle a le temps de prendre des proportions monstrueuses et de causer des dégâts meurtriers. Marionnette de chiffon, petit soldat de plomb, il se mure dans son silence comme entre les portes étanches d’un paquebot. Prêt à couler à pic. En face, son cadet s’égosille, s’agite. Il le houspille, lui ordonne de cracher ce qu’il a délibérément dissimulé durant plus d’un siècle. Le doigt de la justice se plante dans son torse, cause des douleurs démesurées à l’endroit de l’impact. L’urgentiste lui perfore la poitrine, y creuse un trou acéré. D’abord de la taille d’une cigarette, la plaie incandescente progresse, s’étend. Un souffle du vent, et c’est toute sa cage thoracique qui s’éparpillera en cendres à Ses pieds.

Il ne voulait plus d’Elle, et il ne voulait son frère que pour lui. C’est aussi simple et impardonnable que ça. Mais comment le reconnaitre sans Le perdre définitivement ? Alors, il opte pour ce qu’il sait faire de mieux : se terrer dans son orgueil, se servir de son arrogance comme d’un rutilant bouclier. Il se permet même de ricaner, le pauvre fou, riant du danger que son insolence pourrait engendrer. « - Sinon quoi ? Tu vas partir ? M’incendier ? Me fuir comme la peste ? Nier farouchement tout lien fraternel entre nous et m’ordonner de ne plus jamais m’approcher de toi ? Ah non, j’oubliais… C’est déjà fait. » Sarcastique, il dévoile ses ecchymoses et ses meurtrissures psychiques sans gêne, espérant peut être attendrir celui dont il a tellement besoin pour respirer. Pour avancer. « - Je ne vois pas ce qui pourrait m’arriver de pire mais je t’en prie, surprends-moi avec une de ces redoutables menaces dont tu as le secret. » Mais même lorsqu’on se croit au fond du gouffre, il est encore possible de creuser pour atteindre les abimes. En cet instant, il sacrifierait tout pour pouvoir changer de peau, pour muer. Pour se l’arracher à mains nues, et pouvoir en jeter les résidus usagés à la poubelle. Il n’est plus qu’un déchet, qui ne fait plus illusion sur cette terre jonchée de détritus. Piteux myocarde pressé comme un fruit trop mûr, la substance en fusion se déverse sur le lit de ses entrailles. Jusqu’à lui tordre littéralement le ventre.

Gamin tristement pris en faute, il jette finalement un piteux regard à ses chaussures éclaboussées d’écarlate. Sa bouche entaillée s’ouvre, se referme, censure ses propos. Qu’il est compliqué d’avouer l’impensable. Un soupir traverse la barrière de ses lippes, et il se renfrogne alors que ses épaules se tassent. Un poids invisible appuie sur ses omoplates, lui lacère l’échine. La teinte de ses prunelles empreinte celle d’une mer déchainée, disloquée en rafales contre les récifs tranchants. L’écume s’accumule jusque sous ses paupières, s’y niche et prospère à l’intérieur de ses sphères bleutées. Membrane humide dégoulinante de sel, irritante à l’excès. La honte le frappe comme un boomerang crasseux, suinte par tous ses pores. Obnubilé par cette vermine cuisante qui grouille dans sa chair accueillante, il en oublie de la détester elle. Cette sale délatrice qui n’a pensé qu’à elle, qui voudrait lui voler cette famille à laquelle elle ne peut prétendre seulement parce que sa mère a ouvert ses cuisses à un pervers en puissance. A un scélérat de la pire espèce. « - Je ne sais pas, Sven. Je ne l’ai pas crue à l’époque et je ne veux toujours pas le faire. » Murmure t’il, butant presque sur leur langage natal. Le norvégien est un dialecte qu’il s’est échiné à éclipser en beauté, bercé par les roulements exotiques de sa compagne indienne et rompu à l’anglais devenu universel après l’apocalypse. « - Et puis quelle importance ça a, hein ? Tu crois que les liens du sang conditionnent l’attachement ? Si c’était le cas, notre enfance aurait eu une toute autre saveur. Tu crois que tu dois la regretter juste parce qu’elle prétend être la fille du dégénéré qui nous a tabassés pendant des années ? » Reprend t’il, déterminé et acerbe en dépit des nuances tremblotantes sur lesquelles son ton trébuche et s’écorche impitoyablement. Poigne métallique enserrant sa jugulaire avec hargne, triturant ses poumons de ses tenailles d’acier. « - Nous n’avions pas besoin de cette illuminée. » Assure le malfrat, austère, comme pour clore le débat. Mais tout ce qu’il pourra bien affirmer ou taire n’y changera rien. Ce n’est pas qu’elle soit ou non leur sœur qui est véritablement important. Il n’est pas nécessaire d’amener une analyse du cruor de celle qui se fait désormais appeler avec prétention Ange, de prouver scientifiquement ses dires. Non, ce qui condamne le nordique, c’est de ne pas Lui avoir laissé le choix. D’avoir décidé à Sa place qu’il n’y avait pas lieu de L’informer. De l’avoir privé d’une présence salutaire, qui aurait pu lui apporter le réconfort que la belle lui a dispensé tout au long de son adolescence. Il a commis l’irréparable, il s’est comporté en enfant unique alors qu’ils étaient deux. Il a voulu blanchir son misérable chagrin en le reléguant aux oubliettes, mais il vient de ressortir de la machine noir comme la suie.

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MessageSujet: Re: Drunk and driven by a devil’s hunger [PV Kyran]   Lun 28 Juil - 0:48

( Italique = norvégien )

Les faits se placent, nattent le ressenti qu’il accuse. Ezra défie sa réalité en soufflant avec ironie dans la nuit déjà bien trop noire pour être encore hypocrite. Détenu de la pire prison – celle du passé, il toise son compagnon de cellule avec beaucoup d’arrogance. Jusqu’à quand vont-ils subir les conséquences sans fin et sans failles ? Sûrement n’y a-t-il aucune échéance. Ils sont condamnés à perpétuité, un verdict apposé dès leur premier cri. Le norvégien se cache derrière son Ordre ultime pour trouver un sens mais malgré tout, il n’a jamais été un fervent adorateur des extrêmes. Ainsi la peine capitale se range dans la liste de ce qu’il conclut d’excessif. Et pourtant, en cet instant, précipité dans l’ivresse, il trouve une forme de réconfort à cette sentence, la préférant à la réclusion perpétuelle. Kyran aime sa pièce exigüe, il a appris à aimer ses chaînes et à les retourner contre les circonstances pour dominer les autres tandis que le benjamin tente de s’échapper encore, toujours. A chaque interstice de lumière, le béton revient boucher la vue aussitôt et il sait exactement quel genre de maçon se charge de ça. Il porte Ses yeux et ce sale sourire qui frappe sa rétine autant que ses poings s’en prennent à sa chair. Après un siècle, ce traumatisme les poursuit. C’est leur fondation. Du bois avarié que les expériences n’ont de cesse de faire craquer. Finalement qui s’en sort le mieux ? Ses prunelles s’arrangent pour ne discerner que le regard de son frère au milieu d’un brouillard sensoriel.  La marée redescend et grimpe autour de ces pupilles si imperturbables, quand il ose finalement passer le pas du déni à la réalité. Il y voit l’impact si clairement qu’il en oublie les nuages au-dessus de l’océan tumultueux. Bam. La balle atteint de plein fouet le centre de sa cible. Pendant une micro seconde, il en est irrévocablement satisfait. Mais dans celle qui suit, il sème de l’oxygène bruyamment quand il apprend du silence troublé de son interlocuteur, qu’il détient au moins une pièce de vérité.

C’est avec cette peur au ventre qu’il avance et appuie son doigt contre lui avec l’espoir fou qu’il lui jure l’ineptie. Il veut le mensonge qu’il espère croire grâce aux relents d’alcool qui étreignent toujours vivement sa carcasse. Demain, il aura oublié ce fugace moment où le mafieux s’est pris le pied dans ses mots et s’est fait désarmer. Il ne verrait plus que les réactions à venir. Alors il faut qu’il mente. Mais son aîné l’a habitué à ne pas remplir ses attentes et il le prouve, une fois de plus. Les reproches pleuvent et l’urgentiste ne cherche même pas à s’abriter. Il sait exactement le mal qu’il lui cause. Il se l’inflige aussi après tout mais de ça, le tyran n’en a sûrement aucune conscience parce qu’il joue trop bien son rôle pour qu’il en soit autrement. La provocation pourchasse l’incendie offrant d’autres arbres à contaminer en terres arides. Le jeune homme serre la mâchoire quand l’idée germe aussi simplement, doué dans l’art de trouver les méthodes pour torturer cet homme. Mais il ne la partage pas. Pas si il peut l’éviter, ce n’est pas un concours de blessures et exhiber de nouveaux couteaux reviendrait à marchander sa place sur un podium qui n’a lieu d’être. Contrairement aux apparences, il ne veut pas abimer le peu d’humanité persistant dans la carcasse du trafiquant et il a déjà assez bousculé les dieux sataniques ce soir pour en appeler d’autres. Malgré ça, le rituel se poursuit pourtant à leurs dépens.

De l’affrontement, son comparse revient au déshonneur en glissant le coin de ses cils vers le sol. Sven se demande ce qu’il voit quand il admire depuis ses hauteurs, le bitume, son ennemi. Leur langue maternelle coule avec allégresse dans les oreilles du scandinave qui y retrouve la berceuse de son enfance – celle qui chasse le diable, répare les insomnies et les douleurs enfouies. Un baume musical qui suffit à fendiller ce masque de rigidité qu’il impose à ses traits depuis une éternité. Qu’il associe son vrai  prénom de cette manière ne l’incommode pas. Au contraire, il se sent rappelé  à la maison. Pas au foyer dysfonctionnel mais à celui qu’ils ont construit à eux deux pour échapper au reste. Croisade contre la tempête,  expédition à risque, il se laisse prendre au jeu des si. Et s’il n’avait fait que réagir de la même façon que lui devant cette aberration ? Refusant de voir les choses comme il lui présente actuellement ? Le doute s’accorde mais s’isole à l’imparfait parce qu’il continue mais revient à cet anglais sale, détestable de cette nouvelle phase de dégénérescence historique. Manipuler les termes, arranger sa réalité, il ne lui épargne rien de ce spectacle conventionnel. Comme un mauvais clown à qui on fait rejouer cent fois la même scène. Il se jettera toujours un seau d’eau sur le front parce que ça le rassure de savoir qu’il maîtrise au moins ce show. Le vrai chagrin se répand sur ce maquillage qui ondule, coule avec habitude sur ses tempes pour dissoudre assez de ce faux sourire grotesque, superflu et malsain. Il le voit se débattre avec son attirail de bouffon pour lui faire avaler de nouvelles couleuvres.

L’ancien peacekeeper le prend presque en pitié quand il se met à applaudir à la fin de son speech qu’il ose signer dans ce dialecte sacré. Le nordique joint réellement ses paumes pour le féliciter et le souligne même un rire déformé par sa rage. C’est donc vrai. Mais il ne l’entend pas encore réellement. Il dissipe son ironie d’une grimace tandis que son ténor vole un peu de gravité à cette ébène épais qui leur tient lieu de voûte céleste. « J’étais quoi pour toi au juste, Kyran ? Le petit frère écervelé qu’il fallait traîner de mauvais coup en mauvais coup pour mieux l’endurcir ? Je ne méritais pas de savoir, c’est ça ? Tu as toujours tout décidé pour moi et  tu ne m’as jamais écouté d’ailleurs. Et pourquoi ? Parce que tu jugeais que j’étais qu’un gosse débile qui n’arrivait pas à ouvrir ses yeux? » De qui, de quoi l’a t-il vraiment protégé au final ? Ce genre de questions le tient éveillé des heures entières et ce sujet inépuisable ne peut se résumer qu’à une suite de réponses logiques. Son timbre devient plus frêle, se mue en murmure vulnérable qui s’additionne à la tiédeur nocturne. «  Non… Ce n’est pas pour ça que tu ne m’as rien dit à son sujet. Il doit y avoir autre chose. Et je ne sais même pas si j’ai envie de savoir. » La nausée contracte son estomac alors que ses doigts glissent sur son front humide par le malaise qu’il éprouve. L’ébriété l’a toujours rendu malade. Comme si son corps ne pouvait accepter ça, comme si il rejetait ce phénomène pour des raisons évidentes. Il veut nier à nouveau qu’il n’est qu’un débris sur sa route.

Il camoufle son trouble derrière ses cordes vocales encore assez fortes pour porter l’illusion. « J’en ai marre que tu me donnes toujours plus de raisons de te haïr.  De toute façon, on sait qu’on finira comme Lui. Toi et moi. Je suis aussi pourri et tu n’attendais que ça que je te le dise, alors content ? Je reconnais ma défaite.» Ses paumes signent sa réédition tandis qu'il reprend d'une courbette. Il faut bien que lui aussi participe à la mascarade ce soir et offre du divertissement. « Bonsoir, je suis Sven Hogan et je vais sûrement crever d’une manière tout aussi conne que mon père, avec la même foutue certitude de n’avoir été qu’un sale rat au milieu des autres. Tout le monde n’a pas l’honneur de mourir avec des convictions, cela dit. On peut le remercier pour ça.» Il lève symboliquement une main pour marquer cette remarque de grâce avant de tanguer à nouveau. Il pense alors à ses petits bras qui l’ont retenu à plusieurs reprises ce soir-là. Elle donnait la sensation de n’avoir rien entre les doigts à part lui et il s’était moqué de son état alors qu’ils partagent tous trois la décadence paternelle. Étranglé par cette révélation, il balbutie « On ferait mieux de ne pas l’approcher cette fille. Elle ne mérite pas de subir ce qu’on est. » Ses yeux se relèvent vers les siens. « Et je préfère me dire que c’est pour ça que tu n’as rien dit. Pour la préserver.» Sa paume lisse à nouveau ses paupières tellement lourdes. « Je m’en fous de ce que tu penses. Si elle fait partie de notre famille, elle est peut-être tout aussi siphonnée. Il y a même des chances plutôt fortes. Et pourtant… » Les phrases s’emmêlent, reviennent, partent. Il hallucine entre deux morceaux de cheminement. « Pourtant de quel droit as-tu pu me tenir éloigné ? » La solidité du plancher devient relative et quand le décor se décale pour mieux remuer,  il se déplace en vacillant vers un mur pour s’y adosser juste à temps. Il respire plusieurs goulées d’air et ne peut empêcher, à la suite, sa bouche de s’attarder en liaisons syllabiques dérangeantes « Pourquoi faut-il toujours que tu nous retires le peu de choses qu'on possède ? C’est quoi ton problème ?  T’aimes ça, te saboter, nous saboter ?» Un haut le cœur le surprend et toute la force qu’il mobilise de façon inconsciente pour réparer ce corps avec sa malédiction, achève le reste. Il se laisse glisser contre la paroi et une fois, plus bas que terre, il articule avec beaucoup trop de nonchalance « Ah j’oubliais, le penchant pour l’autodestruction… On y revient toujours à cet héritage décidément.  » Un rire froid et bref se désarticule dans sa gorge avant qu’il ne pose son coude sur son genou relevé afin d’attraper sa tête d’une main. Il a presque envie que Kyran le laisse pourrir là afin de ne pas détruire d’un seul mouvement ce qu’il a cherché à bâtir ces dernières années. L’éloignement.

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MessageSujet: Re: Drunk and driven by a devil’s hunger [PV Kyran]   Dim 10 Aoû - 16:16

(Paroles en Italique = Norvégien)

Il pourrait mentir. Feindre l’ignorance. Endosser le rôle du benêt effaré qui ne comprend même pas de quoi, de qui il s’agit. Mais il en est incapable. Convaincu que son silence l’a de toute manière bien plus trahi que toutes les déclarations spontanées qui auraient pu se jucher sur ses lèvres meurtries. A son frère, il ne sait dérouler des mensonges que par omission. Il se contente de ne pas mentionner certains faits, d’enjoliver certaines réalités. Il déforme parfois mais s’abstient toujours de nier. Il faut croire que la comédie, ce n’est pas tant son domaine que ça, au fond. Et l’intruse a marqué de manière bien trop irrémédiable son esprit pour qu’il puisse se rabattre sur cette mémoire sélective qui lui fait éclipser des pans entiers de son enfance. Il les a jetés aux ordures, ces lambeaux de vie où il n’était qu’un être introverti, accumulant les émotions dans son for intérieur. Il préfère ne se souvenir que de l’adulte qui a basculé, épris de revanche et de liberté. De celui qui donne toujours les premiers coups pour éviter que l’adversaire ne le fasse, qui n’a pas trouvé de meilleure défensive. Avec plus ou moins de succès. Mais il n’est pas aussi doué ni fort qu’il le souhaiterait pour faire le ménage, et les résidus putrides reviennent inlassablement le hanter. Plus encore quelques jours seulement après avoir croisé entre des tombes le spectre de cette demi-sœur indésirable. Il visualise beaucoup trop clairement les contours de sa silhouette scandaleuse pour jouer à l’amnésique. Alors il se retrouve là, à trembler de peur, de dégout. Il appréhende comme un gamin de dix ans à l’annonce de sa punition, se demande à quelle sauce il va être mangé. Pour l’heure, ce sont des mâchoires de glace qui le dévorent cru. La peur rampe dans ses veines et palpite contre ses nerfs. Il redoute la confrontation avec la terrible sentence qu’il a prise d’instinct un siècle auparavant. Celle de couper les ponts avec Elle. Au détriment du benjamin, qui n’a même pas eu son mot à dire sur la question.

Un frisson détraqué lui lacère la tempe lorsqu’Il se met à applaudir, lorsque Son courroux déferle en un éclat de rire tapageur. Le norvégien se sent soudainement affreusement minable, mesure la portée de ses actes sans vraiment réussir à en peser les conséquences. Il se persuade qu’Il ne pourra pas empirer la situation, qu’Il ne pourra pas piétiner davantage leur promesse de gosses de rester soudés. Le serment rouillé a déjà été déchiré et éparpillé au gré des quatre vents. Le pacte du sang a été bafoué, trainé dans la boue. Le malfrat ne devrait donc plus rien redouter. Et pourtant. Il sent bien qu’il n’a fait que s’auto-persuader qu’il n’avait plus rien à perdre, tout à regagner. Que ce n’est pas si simple ni tracé. Il connait suffisamment son cadet pour percevoir les failles à travers le jeu de l’inconnu intraitable qui a pris sa place, et qui prétend ne plus rien avoir à faire avec lui. Il sait que Sven est encore là, quelque part à trépasser sous les décombres de leur proximité détruite. Il sait que l’ancien milicien a encore quelqu’un à tuer, et que ce quelqu’un est niché à l’intérieur de Lui. Il le voit osciller, batailler entre les deux. Renfermé dans un monde où tout devrait être blanc ou noir, mais où l’ensemble s’embrouille néanmoins et emprunte toutes les nuances de gris. Dépassé par ce mélange tourbillonnant, accéléré par les ravages de l’ivresse. Les personnalités distinctes s’additionnent dans la débâcle des sentiments. Se divisent en fragments pour mieux s’entrelacer et se reformer, avec une telle hargne que Kyran ne parvient plus à les différencier. Dans la mêlée, le duel s’est estompé. C’est entier qu’Il se révolte et se relève d’un même élan pour lui asséner de tonitruants reproches. Le long monologue lui donne la sensation cruelle de passer sous un rouleau compresseur, lui ratatine les tympans et fait de sa cervelle aliénée de la bouillie. L’alcool qui fusionne avec l’hémoglobine rend Son raisonnement décousu, Le fait chanceler d’un langage à l’autre avec une hâte désarmante. Un danseur absurde en train de tanguer dangereusement sur le fil ténu de sa propre existence. Equilibriste soûl vacillant sur une corde raide, en se retenant de justesse au néant. Les tambours battants qui lui martèlent le crâne lui donnent le vertige, lui font perdre des bribes de Sa course effrénée droit dans le mur. Son frère disjoncte, mais il est impuissant. Il ne peut que Le regarder s’électrocuter, les doigts dans la prise, en attendant que la fumée noirâtre qui s’accumule autour Le débranche de force. Tous les câbles grillent, les uns après les autres. Rongés par une haine si viscérale que le trafiquant en a la nausée. Macabre, le spectacle du pantin désarticulé par ses sombres méfaits le tétanise. En quelques secondes, Il lui en assène plus qu’Il ne l’a fait en l’espace d’une année complète. Il recrache les accusations soigneusement mastiquées, le magma écœurant coincé dans Ses entrailles depuis sa renaissance. Celles qui étaient passées sous silence, qui se traduisaient jusqu’alors par un flagrant mépris et une indifférence de façade. Il s’égare dans les dédales d’un passé honteux, tortueux. En quête de repères qui se sont depuis longtemps esquivés. Qu’Il se compare à leur père lui tord violemment le palpitant, et l’ainé secoue négativement la tête à défaut de pouvoir dialoguer.  

Et je préfère me dire que c’est pour ça que tu n’as rien dit. Pour la préserver. Lui aussi voudrait ne retenir que ça, au milieu de Son sermon. Le fait qu’Il puisse encore lui octroyer un semblant de noblesse, quand tout a été pourri jusqu’à la moelle. Mais Il ne fait que se leurrer. Il ne fait que se débattre avec l’incompréhensible, tituber pour finalement se laisser tomber contre le bitume. Le scandinave s’emmure dans son mutisme, freine au bord du gouffre en se demandant si la prochaine bourrasque va l’envoyer rejoindre les pierres que ses jambes ont jeté dans l’abime. L’amas imposant de pierres, amoncelées frasque après frasque, qui lui fracassera la nuque à coup sûr s’il plonge. Un râle d’affliction s’échappe de ses lippes, alors que ses prunelles d’acier dévient vers Sa carcasse repliée. Les interrogations claquent comme des coups de tonnerre. Il n’a jamais été très doué pour ça, les excuses et les explications. Il doit néanmoins essayer. Espérer qu’elles se montreront conciliantes, et finiront par s’évader. Il se sent infirme, cherche bêtement ses mots. Il ne sait pas justifier les mauvais choix, ni la douleur, ni la rancœur. Il préfèrerait fuir lâchement. « - Et pourquoi elle ne le mériterait pas, hein ? Pourquoi est-ce qu’elle est d’office plus digne que nous d’être épargnée par les tares dégueulasses de ce salopard ? Parce qu’elle a eu la chance de naitre dans un quartier moins malfamé ? De quel droit ça fait d’elle quelqu’un de meilleur, tu ne la… » Connais même pas. Le sifflement rageur et empreint d’une jalousie maladive s’arrête net, lorsqu’il réalise qu’il est en train de tendre le bâton pour se faire battre. Il ne la connait pas oui, c’est bien ça le problème. Alors le trafiquant se ravise, et articule dans un souffle : « - Tu ne comprends pas ? Tu es pourtant le mieux placé pour le faire, je lui ai fait exactement ce que tu m’infliges depuis des mois. » Sa gorge est écorchée, déchiquetée par la peine et la lassitude. Il sort difficilement de sa torpeur, des souvenirs qui l’assaillent comme la marée. « - Je te connaissais. » Conjugue-t-il tristement à l’imparfait, renouant avec le dialecte des hommes du Nord. Deux inspirations avant de reprendre, de repousser l’étau qui enserre sa jugulaire juste assez pour s’exprimer. « - Je savais que tu m’imposerais de revenir sur ma décision. Peut être pas immédiatement, mais t’aurais fini par le faire, t’aurais insisté. T’aurais cherché à la connaitre, tu te serais forcément attaché à elle. T’aurais probablement même accepté son argent, et qu’elle nous nourrisse comme des chiens galeux. T’aurais pris pour des sourires, pour de l’affection, ce qui n’était rien d’autre que de la pitié avilissante et la lubie passagère d’une enfant gâtée. »

La vérité, c’est qu’il n’a pas vraiment réfléchi à l’époque. Il ne se rappelle pas s’il a hésité, s’il a guetté vainement le bon moment pour Lui annoncer qu’ils n’étaient pas tout à fait orphelins. Il était trop aveuglé par la colère pour se comporter autrement qu’égoïstement. Il était trop ravagé par son propre chagrin pour songer qu’il démunissait son petit frère de quelque chose. Que Théodora provienne des reins malpropres de leur géniteur avait souillé toute la tendresse qu’il ressentait à son égard. Il n’y avait décelé que l’œuvre du diable, maquillée par un comportement faussement angélique. Elle se drapait dans des draps de soie pendant qu’ils agonisaient la bouche ouverte, maltraités et affamés. La révélation l’avait profondément choqué et entaillé, maculant de crasse et d’horreur le béguin innocent envers une adolescente de toute évidence sur un piédestal. C’était sans doute ce qui l’avait révulsé le plus. Avoir failli tomber amoureux de l’engeance du dégénéré qui leur servait de patriarche. Être conscient qu’un rien aurait suffit, qu’il avait frôlé cette atrocité de nature à retourner l’estomac. S’éloigner d’elle revenait à échapper aux démons qui griffaient l’intérieur de sa cage thoracique. « - Et puis je n’avais pas l’impression de te priver de quoi que ce soit, puisque tu ne la connaissais pas. Tu ne pouvais pas ressentir le vide, elle n’a pas pu te manquer… » Comme elle m’a manqué à moi. Cet aveu-là, il préfère le taire, le broyer sous ses dents acérées. « - C’était plus facile de l’oublier, tant qu’elle restait une étrangère pour toi. C’était plus simple de haïr la prétendue bâtarde de cette crevure aussi, tant que j’étais le seul à savoir. »

Ses rétines claires reviennent balayer le sol répugnant. Ses talons viennent jouer avec les cailloux échoués par terre, pour se donner un simulacre de contenance. « - J’aurais pas supporté que tu me l’impose, ou que tu me fasses culpabiliser de te séparer d’elle, alors que tout ce que je voulais c’était la rayer de notre existence sans me retourner. C’était elle ou moi, et je crevais bien trop de trouille que tu la choisisses elle pour te laisser le choix. » Aussi apeuré autrefois qu’en cet instant, avec la certitude effrayante que le pardon est désormais définitivement hors de portée. L’ultime espoir d’absolution s’est évaporé. La solide carapace forgée au fil des crimes pour se protéger se dissout dans l’acide, se répand à Ses pieds. Il soupire, s’accroupit à Ses côtés en sentant que ses piètres guiboles ne vont pas tarder à flancher. Il cueille Ses pupilles bleutées, les sonde avec anxiété. Sa main se pose contre Son genou, doucement. Il ne s’y appuie pas vraiment, de crainte qu’Il ne s’écarte brutalement. « - C’était si terrible ? » Murmure-t-il. « - C’était si horrible que ça de ne rester qu’avec moi ? Je t’ai rendu malheureux à ce point-là ? » Sa voix est blanche, délestée du timbre autoritaire habituel. Presque fragilisée et nécessairement abimée par tout ce qu’il a été contraint d’évoquer. Le tyran s’est effacé, ne reste plus que Son grand frère, asphyxié par le poids écrasant de ses erreurs.  

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MessageSujet: Re: Drunk and driven by a devil’s hunger [PV Kyran]   Mer 13 Aoû - 0:43

( Italique = norvégien )

Il se tient toujours là. Stature fière, droite qui ne semble flancher qu’en déclinaisons sonores parfois, quand les points deviennent tranchants et que les virgules rallongent son propre cauchemar. Cette attitude défiant l’Univers avec une arrogance surfaite, elle impose toujours le respect. A une époque, il aimait l’admirer dans cette position de force, cette place tracée à la craie, ce carré qu’il s’octroyait sur chaque lopin de terre qu’il convoitait. L’ambition était belle à ses prémices. L’espoir possédait encore cette grandeur prometteuse parce que la rage dominait et qu’elle n’avait d’égal que son ennemie, l’apathie. La colère prévalait donc, de n’être né qu’avec des tares et d’avoir été éduqué au poing levé. Autrefois, Ezra avait pris cette insolence pour de la bravoure. Désormais tandis qu’il redresse péniblement sa nuque, il n’observe plus que l’expression décomposée d’un homme brisé qui peine à rejoindre sa ligne d’arrivée. Parce que s’il y a bien un domaine pour lequel Il est toujours certain de réussir, c’est bien de se tirer dans le pied avant de cibler ceux des autres. Le norvégien sent fondre sur sa poitrine le pire glacier qu’il ait eu à surmonter cette dernière heure. Sa peine se décuple avant que Kyran n’ouvre à nouveau la bouche. Il souffre pour deux, pour leur siècle d’existence traversé à reculons. Sa haine pour leurs spectres invisibles fait onduler son souffle dans la nuit et il se met à blâmer les étoiles d’un regard féroce, vorace.  Il veut engloutir visuellement ces belles traînées lumineuses, poudre stellaire destinée à arracher à des squelettes déjà bien trop désossés d’autres chimères pour mieux les observer s’user les phalanges en grimpant vers des cieux inatteignables. Conquérir la Lune. Et puis quoi encore ? Qui étaient-ils pour prétendre à un tel dessein ? Si ce n’est des empiècements de chair assemblés selon le bon vouloir d’une physique étrange, soumis à une gravité qui les pousse toujours plus à retrouver le sol pour y laisser leur vie. Un autel pour la mort, le vrai visage de cette planète. Offrandes à une terre qu’ils souillent pour se venger d’avoir été repris au néant, jeter en pâture dans une fosse géante pour être déchiqueté  par la loi du plus fort.

C’est de cette manière qu’il se voit sûrement l’autre scandinave. Le plus fort. Son cadet déniche l’ironie. Tandis qu’il reconnait la supercherie de leur destinée, attablé au bitume, son aîné se hisse sur ses jambes, pointant vers les astres comme tous les autres ahuris. Il le plaint alors qu’il est le seul à démontrer son pathétisme dans sa plus belle démesure. Au moins, il ne se voile pas la face. Au moins, il sait se cracher dessus contrairement à ce que son frère en pense. Il sait ce qu’il vaut, c’est-à-dire pas grand-chose. L’urgentiste rigole encore sous la forme d’un gargouillement primitif qui jalonne sa gorge avec âpreté pour s’évanouir brutalement. C’est là que le tyran reprend la danse, ce magnifique ballet de mots qui veulent sauter par-dessus la sentence en y sombrant pourtant à chaque mètre parcouru. L’ancien peacekeeper ponctue son discours de soupirs et de haussements d’épaule. Sa nonchalance longe son accablement et quand les réprimandes s’amusent à valser autour de son crâne, son dos se courbe davantage pour devenir carapace.  Au moins une vérité au milieu du canular gigantesque. Oui, étranger pour tout le monde, même pour sa propre personne. Reilly n’est qu’un simulacre et cet arrondi mélodique s’ébroue dans son œsophage pour entretenir cette nausée existentielle.  Lui continue, il range les termes comme ça lui chante. Il a toujours été plutôt ordonné dans sa façon de justifier ses actes, maniaque quand il s’agit de se discréditer et de semer la culpabilité. Au moins le convie-t-il pour une fois à la réalité et non à ses fantasques excuses qu’il tire de raisonnements erronés. Sa compréhension demeure partielle pourtant. Un ricanement trouble son mutisme plus d’une fois mais il ne réplique pas encore. Il attrape au vol la situation et se donne le temps de la contempler comme il admire leurs blessures communes. De belles ecchymoses au coin des lèvres, les empêchant tous deux de sourire avec l’insouciance des autres. Différents. Tellement différents du Monde et tellement similaires par ce fait. L’ancien changeur éprouve l’urgence de partager ses anomalies, de ne pas être seul face à son aberration génétique.

C’est ce moment que le mafieux choisit pour l’approcher. Comme si il avait toujours su à quel instant attaquer. Peut-être est-ce aussi facile d’anticiper alors qu’il est toujours écrasé à terre. Une épave venue s’échouer sur des rivages risqués de la cité interdite. Et le maître des lieux n’a jamais semblé plus vulnérable qu’à cet endroit, dans cette posture, avec ce timbre de voix. Il ne reste déjà plus que ce qu’ils sont, sans détour, sans faux papiers et surtout sans comédie. L’alcool aide Sven en ce sens. Le rideau se ferme et dans les loges, ils se pressent. A deux, à deux contre le Monde. Ses paupières se compriment à quelques reprises, son cœur suit la logique balbutiante tandis que son ténor flirte avec une douceur passée mais néanmoins détériorée par les événements. Il souffle plus qu’il ne parle comme pour se convaincre que la discussion demeure abstraite, dissolue dans un air rare, glacé mais il sait qu’Il entend pourtant. « Bien sûr que non… Même quand tu étais… Même quand tu as commencé à être ce que tu es… » Son ébriété dissout ses cheminements et son vocabulaire comme on sème à tous les vents les graines d’une flore sauvage, destinée à n’être qu’un brouillon végétale.  « C’est ta mort qui a été insupportable. » Ton dur, visage crispé. Il se passe les doigts sur les traits pour abjurer ce sentiment mais il persiste. Il n’est pas sur sa tête, il est dans sa poitrine.

Cohabitation illégale qui se poursuit par de dérangeants flash-backs assez insoutenables pour le tenir éveillé régulièrement, assez intolérables pour lui arracher la suite des confessions. « J’ai dû pousser ton corps dans un trou que j’ai creusé, seul. » Définitivement seul. Ses yeux se retirent des siens. La maladie le ronge - la honte d’être encore bouleversé par ce seul souvenir. Monotone son timbre abrite pourtant bien plus de fragilité que de dégoût. « Je l’ai recouvert ensuite en étant forcé de te contempler étendu, couvert de sang, sans vie. A chaque coup de pelle, j’affrontais ton cadavre. J’avais dû la voler d’ailleurs. Je ne voulais pas te brûler alors que c’était plus facile. C’était stupide. Tellement stupide… J’ai cru que ça te… Que tu serais encore… Que … » Son oxygène déserte, il rejette sa tête en arrière en tentant de stabiliser ses intonations, éjectant avec frémissement sa respiration pour attirer la nuit dans son être. « Tu ne sais pas ce que ça fait… De te perdre. » Sa main part sans qu’il ne s’en aperçoive et agrippe Son bras en un geste familier. «  Et si tu le savais, tu ne voudrais pas me faire revivre ça et pourtant… » La pression s’intensifie, il n’a plus que ça pour continuer à avancer, pour ne pas s’allonger sur l’asphalte et se laisser percuté par le premier véhicule qui y passerait. Son anéantissement roucoule avec son taux d’alcoolémie. «  Pourtant… Tu es ici. A gouverner sur ce que tu penses être ton Empire. » Un rictus triste. « On a plus notre place ici, bror. On devrait peut-être en finir, toi et moi. » Ensemble. Pour de bon. Sa conclusion macabre lui tord la bouche et il dissipe ses propos aussi tacitement en embrayant sur le thème réellement préoccupant.  « Cette fille ne vaut peut-être pas mieux que nous mais elle ne m’a jamais semblé mauvaise pour autant. Pourquoi faudrait-il qu’elle soit aussi pourrie de toute façon ? » De l’optimisme déplacé, il en a conscience.

Sa paume libre s’épanche dans sa chevelure emmêlée et son regard se risque jusqu’au Sien. « Tu as eu peur de ça alors ? Qu’elle te remplace à mes yeux ? Pourquoi as-tu toujours douté de moi à ce point ? Je me serais tailladé les poignets pour toi à l’époque. Personne n’aurait pu prendre ta place. Je croyais que tu me connaissais… » L’ironie s’amoncelle sur sa bouche et s’estompe aussi vite. « Tu n’as jamais réalisé que j’étais bien plus lucide que toi. Mais je n’ai plus envie qu’on se lance dans un procès encore une fois. J’ai envie que tu m’expliques. Que tu m’expliques tout. Quand tu l’as su ? Comment ? Explique-moi, s’il te plait. J’ai besoin de tout savoir. J’ai besoin de comprendre. Elle m’a aidée. Elle m’a vraiment aidée, Kyran, que ça te plaise ou non et je ne sais pas si ses intentions sont honorables ou non. Mais j’ai une dette. » Alors, il faut qu’il lui parle comme il aurait dû le faire. Il faut qu’il se rattrape.  Il sait qu’il lui donne trop d’occasions, il sait qu’il baisse toutes ses défenses. Mais aujourd’hui, plus que jamais, il a besoin de son frère et pas de son ennemi fictif tissé par la rancœur, le chagrin. Surtout par l’absence.

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MessageSujet: Re: Drunk and driven by a devil’s hunger [PV Kyran]   Lun 25 Aoû - 13:56

(Paroles en Italique = Norvégien)

Les armes sont déposées aux pieds de son cadet, comme de plates excuses. Il va chercher des lames au plus profond de sa gorge, les fait remonter lentement le long de leur cavité précaire. Le cheminement lui taillade la trachée, arrache des morceaux de peau sanguinolents qui pendent là comme des branches mortes. Puis il les recrache, à Sa portée pour qu’Il puisse l’achever dans le sens inverse avec les réponses à ses interrogations. Affreusement vulnérable, il n’est pas certain d’avoir envie de le savoir, combien Il a souffert de ses tares et de ses frasques. Il est bien plus simple de se leurrer et de minimiser la portée de ses actes. Ce n’est pas comme s’il pouvait revenir en arrière ou se faire pardonner, de toute façon. L’immolation est sans issue. Il a passé beaucoup trop de temps à regarder le ciel trop grand, trop encombrant, après la mort de leurs géniteurs. Il s’est laissé bouffer par ce bleu saisissant, ce bleu qui le ronge encore aujourd’hui de l’intérieur. Il a bêtement cru que l’horizon était devenu accessible, mais à trop chercher à emprunter des chemins détournés, il s’est perdu dans les abysses. Il s’est enfoncé dans les caniveaux, là où plus aucune lumière ne perce la surface de crasse. Ses grandes ambitions ont avalé tout ce qu’il était, tout ce qu’il restait de bon en lui-même en ayant grandi au milieu du chaos. Il le voulait, plus que n’importe quoi d’autre au monde. Effacer la terreur pour l’insuffler aux autres. Mais pas s’Il se retirait de l’équation, pas si cela signifiait qu’il devait Le perdre. Son appétit était si vorace, qu’il a cru qu’il pouvait tout avoir, tout concilier. Il s’est lamentablement trompé.

Pour la toute première fois, Sven lui raconte. Ce qui s’est passé après. Ce qu’Il a fait de son cadavre. Il l’a enterré. Il avait fini par en douter, à force de se heurter de plein fouet au mur de Son indifférence. A cette façade en béton armé. Il n’a jamais voulu lui infliger une telle peine, laisser derrière lui un tel fardeau. Le succès de ses larcins l’avait rendu borné, arrogant. Il se croyait presque invincible, capable de se tirer du moindre faux pas. Loin de s’imaginer à l’époque qu’il se ferait poignarder si stupidement en pleine rue, sans crier gare. Le souffle écorché de son frère le fait frémir, arrête le temps. Il visualise la scène. La terre qui l’a recouvert comme un linceul. A choisir, il aurait pourtant préféré qu’Il le brûle. Que ses cendres soient éparpillées aux quatre vents, plutôt que d’enfouir sa dépouille maculée de sang en profondeur. Juste bonne à être grignotée par les vers. Songer aux restes de son squelette en train de pourrir quelque part dans leur lugubre Scandinavie le fait frissonner de répulsion. Lui rappelle que son enveloppe actuelle n’est qu’une vulgaire copie de l’ancienne, zébrée de cicatrices imitant grossièrement les anciennes. Les fractures mal consolidées, lorsque leur père l’envoyait valser sauvagement contre les meubles. Les brûlures de ses mégots, lorsque l’ivrogne confondait son épiderme avec un cendrier. Les coups de couteau issus de règlements de comptes avec divers malfrats, lorsqu’il n’était encore qu’un jeune subordonné obéissant aux ordres dans l’espoir de graver ensuite les échelons. Toutes les affaires louches dans lesquelles il a trempé ont laissé des traces, des stigmates blanchâtres. Il possède même encore celles qui ont précipité son trépas, balafres disgracieuses barrant son torse comme pour lui susurrer qu’il n’est qu’un insignifiant mortel. Une pression s’exerce contre son bras, le tire de ses pensées morbides pour le ramener au moment présent. Ses prunelles d’acier viennent sonder les Siennes, y découvrent un attachement auquel il n'osait plus croire. On devrait peut être en finir, toi et moi. La proposition macabre le fait tressaillir. L’ordre des choses, c’est qu’Il lui survive, encore et toujours. Il ne supporterait pas qu’Il le suive dans la tombe, ou qu’Il trépasse avant lui. Mais il a à peine le temps d’entrouvrir la bouche pour exprimer l’horreur qui lui vrille les tripes qu’Il embraye déjà sur un autre sujet. Il se contente de secouer négativement la tête, avec horreur et empressement.

Elle. Comme la marée, elle revient se fracasser sur les récifs, sur le roc qu’il est supposé incarner. Il a l’impression de boire la tasse, et se sent nauséeux après avoir ingurgité de force tant d’eau salée. Qu'Il puisse se sentir redevable d’elle le terrasse. Il aurait dû la tuer de ses propres mains, lorsqu’il en a eu l’occasion. Aspirer son énergie, jusqu’à ce qu’elle s’effondre vidée de tout son oxygène, les traits émaciés. Il aurait dû tirer une seconde balle en argent, en plein cœur cette fois pour ne surtout pas la rater. Mais il en a été incapable, plus soucieux de sa santé que d’une querelle ancestrale. Pour quelqu’un qui se veut sans attaches, il est loin du compte. Il l’a prouvé en épargnant Aleksi, qui en sait pourtant beaucoup trop sur son organisation et ses travers douteux pour ne pas être dangereux. Loin d’en tirer la leçon, il réitère son erreur avec elle. Faible et ridicule.

« - Je regrette. » Murmure-t-il difficilement, en posant sa paume contre Sa pommette écorchée par les poings de ses vigiles. Le geste est fébrile, hésitant, furtif. « - De t’avoir laissé. Je n’ai… je n’ai pensé qu’à ça, tu sais. Pendant les heures qui ont suivi la blessure, dans le froid glacial. A me faire contourner et piétiner par les passants, à sentir toutes mes forces partir. Je ne savais pas ce qui m’attendait après, dans quel genre d’Enfer j’allais basculer. J’étais terrifié, j’avais mal mais la seule chose vraiment intolérable, vraiment atroce, c’était de ne plus jamais être avec toi. Aucun supplice ne peut rivaliser avec ton absence, encore maintenant. » L’aveu s’extirpe douloureusement de ses lèvres, les égratigne. Il a perdu l’habitude de se livrer à qui que ce soit. De reconnaitre ses torts. S’épancher sur son ressenti lui laisse un goût âcre, sonne faux à ses oreilles. « - Mais c’était dans l’ordre des choses. C’est comme ça que ça finira à nouveau, que je précipite ma chute ou pas. Je suis supposé partir avant toi. Et je t’interdis d’avoir ce genre de pensée suicidaire. Tu m’entends ?! Bordel, je crois que tu passes beaucoup trop de temps avec mon informaticien… » Peste t’il, ses sphères électriques rivées aux Siennes. Ancien. Ancien informaticien tu devrais dire, après l’avoir viré comme un malpropre. Il ne parvient pas encore à se délier du pronom possessif, à chasser tout court le souvenir du finlandais. Comme une rage de dent, l’affliction lancinante le torture et se fait ressentir chaque fois qu’il avale sa salive. Les aiguilles acérées transpercent son palpitant chaque fois qu’il inspire, depuis qu’il a claqué la porte derrière Lui. « - Qu’est ce que je devrais faire ? Me cacher quelque part comme un pestiféré, dans un quelconque trou à rats ? Faire profil bas dans l’espoir que l’orage m’épargne, comme avant ? Ça ne l’a jamais empêché de nous tomber dessus pour autant… » Les âpres réminiscences d’antan se mélangent aux menaces actuelles. Les rétines floues, il ne sait lui-même plus vraiment qui il vise. La dictature, qui traque les êtres comme lui. Ou de la brute qui leur servait de patriarche, et dont les pas titubants résonnaient dans tout leur taudis quand le monstre décidait de se défouler sur un de ses fils.

« - Tu ne sais pas… C’est simple, c’est facile de prétendre que tu n’aurais pas hésité, sans savoir comment elle était. Tu l’aurais aimée, forcément. Aussitôt. Parce qu’elle était ce genre de personne-là. » Il ressasse, contredit les horreurs débitées férocement sur elle. Elle n’était pas sa meilleure amie, sa seule véritable amie, pour rien. Et devoir s’en rappeler l’épuise, ranime de vieilles souffrances qu’il croyait ensevelies sous des décombres de colère et d’amertume. Son frère l’oblige à attaquer à la machette sa carapace insensible. « - Pourquoi ? A quoi ça te sert de savoir tout ça ? Qu’est ce que ça peut bien t’apporter ? » Siffle t’il soudain, dans un sursaut, les pupilles déchirées par le ressentiment et la crainte. Les imaginer tous les deux, en train de rattraper le temps perdu. De le dénigrer, ou d’éviter au contraire le sujet qui fâche. Ne pas évoquer le mouton noir de la famille surtout, pour maintenir la bonne humeur à table. Une telle vision lui déchire les nerfs, pulvérise ses entrailles à l’acide. « - Une dette envers elle… J'ignore ce qu’elle a fait pour t’aider, mais qu’est ce que ça représentait au juste hein ? Vu son poste au Gouvernement, à part risquer de se faire une entorse au poignet en saisissant son téléphone… » Assène t’il, avant de reculer pour se relever sur ses jambes et s’écarter de Sa carcasse abimée. « - Une dette… » Répète t’il dans sa langue natale, empli d’animosité. Le mot l'assourdit, prend une ampleur démesurée dans le plus infime recoin de son crâne. « - Et envers moi t’en as pas ? Moi tu peux me rayer de ton existence sans sourciller, faire comme si tout ce qu’on avait enduré n’avait jamais existé. Tu peux oublier qui prenait soin de toi, qui te consolait, qui te nourrissait, qui … » Le criminel s’interrompt avant d’achever l’interminable liste, la voix éraillée. Un souffle, avant de reprendre hargneusement. La respiration haletante. « - Mais cette fille, cette pauvre fille, juste parce qu’elle prétend être ta sœur, juste parce qu’elle t’a accordé une infime faveur, tu es prêt à la laisser entrer ta vie ? » Interroge t’il nerveusement, des paillettes de glace en travers de ses cordes vocales. Il fait les cents pas, de grands mouvements avec ses mains, pour ponctuer son récit d’un arrêt théâtral et d’une œillade courroucée à chaque fin de réplique. « - Pourquoi tu ne vas pas lui demander à elle ? Vous avez déjà un sacré point commun pour animer vos soirées, vous allez pouvoir cracher ensemble sur l’ainé indigne. Elle est venue me l’annoncer en personne, peu de temps après la mort de l’autre crevure. Et je lui ai dit d’aller au diable. » La brûlure échauffe son épiderme, mord sa chair et s’étend. Le benjamin va aller vers elle, tôt ou tard, et il est impuissant à l’en empêcher. Théodora représente pour lui un éloignement supplémentaire, un obstacle de plus pour les séparer.

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MessageSujet: Re: Drunk and driven by a devil’s hunger [PV Kyran]   Dim 7 Sep - 13:42

( Italique = norvégien )

La fracture s’étend dans sa pupille, une brèche qui ondule dans l’ébène et appelle un peu de lumière. Ezra sait qu’il ne regarde pas du bon côté pour ça. Mais entre le vide du gouffre et la sollicitude à demi-rongée de reproches, de son frère, il ne peut pas en être autrement. Sa main s’accroche toujours à la seule branche encore atteignable. A cette distance, avec si peu de points d’appui pourtant, il a l’impression qu’ils se retrouvent finalement à mi-chemin de leurs enfers personnels. Le norvégien ne craint plus les dommages et les intérêts en cet instant parce que de toute façon, il est déjà à terre, à l’implorer de lui fournir une explication.  Ils pourrissent tous deux dans leur mare de sang, souffrant des vies antérieures. Le scandinave rêve de pouvoir tout effacer. Alors qu’il a franchi ses frontières, il suffirait que son aîné franchisse l’autre partie de la route, qu’il traverse sans se soucier du trafic pour le retrouver. A ce stade, ça n’a plus d’importance qu’il emprunte ou non les passages cloutés, il veut seulement qu’il soit assez fou pour venir moissonner le début de cette fraternité clamée. Parce qu’il prend sur lui, parce qu’il embrasse sa faiblesse et qu’il ne veut pas que tout ça soit vain. L’alcool chemine toujours dans ses veines et donne sans cesse une dimension gargantuesque à ses démons. Aujourd’hui, ils le contaminent suffisamment pour lui faire réaliser que Kyran n’en fait pas partie. Pas aujourd’hui, peut-être. Pas maintenant, sûrement mais ça ne serait tarder. Le tyran passe son temps à saboter toutes les occasions qu’il lui offre. Rancunier, têtu et surtout blessé aussi profondément que peut l’être son cadet. Quand ils ne sont plus parvenus à gérer leurs émotions, quand ils ont été dépassés par leur attachement alors ils ont définitivement perdu leur complicité en se confondant en rancœur et en attente irréalisable, parce qu’ils attendent le meilleur de l’autre, parce qu’ils croient qu’ils la méritent. Mais durant le silence qui précède sa voix, il en retrouve un peu le goût. Un avant-goût de ce qu’ils ont pu être.

Cette illusion se maintient quand son interlocuteur amorce l’ébauche d’excuses sous la forme d’un noble sentiment. Le regret ne justifie pas tout, il n’annihile pas la peine mais au moins, la rend-t-il légitime. L’ancien peacekeeper ferme docilement les paupières quand il ramasse sa joue fragmentée. C’est un geste presque naturel bien que chétif et il fait plus que le tolérer, il l’accepte et l’apprécie. Après autant de détours et d’animosité recrachée, pouvoir jouir du privilège de retrouvailles, de pouvoir à nouveau profiter de sa famille et même de retrouver son foyer semble insensé. Mais l’ébriété ne filtre pas le bon et le mauvais, elle le pousse dans le sens où il ne doit pas évoluer. Un retour à la maison. Et il peut compter sur le mafieux pour lui rappeler qu’ils ont dépavés les routes, qu’ils ont brûlé la chaumière et éparpillé les fondations aux quatre coins du globe. Ils n’ont plus de toit depuis longtemps, plus d’endroit, plus de sécurité. Ils sont deux orphelins qui perdus au milieu des bois, se contentent de se rayer les bras contre les écorces qui se multiplient et les écartent. Et si l’un se fait dévorer par les coyotes, l’autre arrache aux arbres les mauvaises baies. Désorientés, voilà ce qu’ils sont. Paumés dans une époque délirante aux déclinaisons anguleuses  et à la débauche sournoise. Le propriétaire des lieux l’emboutit de ses mots et il s’écrase au sol. Il ose même mentionner Aleksi durant l’homicide aortique. Accidenté, il l’observe depuis l’asphalte avec toute la hargne qu’il a refoulé pour laisser place à cette tendresse encore incomprise de son organisme.

Ses doigts relâchent si vivement le bras de son comparse que son dos s’égare vers l’arrière juste assez pour qu’il en soit déséquilibré. Il est forcé d’enfoncer ses ongles à nouveau dans la chair du trentenaire pour se stabiliser. Sa voix siffle alors. « Tu n’es qu’un sale égoïste, Kyran ! Je dois forcément te voir crever encore une fois ? Depuis le moment où tu es mort, j’ai… » Son expression se durcit puis se décompose en deux mouvements cycliques. « Tu crois que c’est facile ? Tu crois que je suis heureux d’avoir survécu jusqu’ici ? Tu crois que c’est un cadeau d’être en vie ? Non, je suis sûr que tu penses qu’à toi. A ta putain de douleur et celle des autres, elle t’est complétement égale. Si ça que tu me souhaites, de continuer à respirer en me sachant définitivement seul alors tu démontres là le peu de considération que tu as à mon égard. Quand tu sais que ton absence est tout autant source de supplice pour moi. L’ordre des choses ? Quel ordre ? T’en vois un toi ? T’es qu’un lâche. »  Ses yeux alimentent cette rage vivace qu’Il a extirpé de ses tripes en évoquant aussi simplement sa prochaine mort. L’urgentiste finit par ôter sa prise sur lui et replie ses bras autour de sa poitrine. « Ce que tu devrais faire ? Je ne sais pas, je crois qu’il est trop tard pour ça. Mener une autre vie, que tu fasses d’autres choix. Que tu arrêtes de te détruire, de détruire tout ce que tu possèdes. L’orage, c’est toi qui le crée, il n’existe que dans ta tête. » Mais ils en reviennent toujours à ça et ça ne mène nulle part.

La contradiction s’élance dans son ténor et construit un temple de colère au pied de l’ancien métamorphe. Il lui fait à moitié pitié mais c’est cette  brûlure fielleuse qui la supplante, grésille dans sa cage thoracique avant d’infecter ses iris. « Qu’est-ce que tu ne comprends pas quand je te dis que ta place a toujours été ta place ? Tu crois qu’on ne peut aimer qu’une personne ?  Tu crois que… Mais qu’est-ce que tu crois à la fin ? Que je t’aurais renié pour cette femme ? Tu me prends pour qui ? C’est trop facile. Trop facile de me dire que je… » Encore un étrange gloussement qui remet en cause sa santé mentale avant de revenir lui porter ce regard sévère, celui qui le juge  et le cloue sur sa croix. « Tu es immature. A faire tes caprices et à jalouser cette pauvre fille sous prétexte qu’elle était plus riche, sous prétexte que j’allais… » Ses paupières balbutient et il se tait parce qu’Il reprend lui. Il réajuste les remparts de son dédain, les extrêmes pour initier toute sa culpabilité, à la mauvaise foi. Non, à ce stade, il doit sans doute simplement l’affûter. L’infirmier reçoit une bonne dose d’électricité dans le crâne quand il descend toujours plus les paliers de son égocentrisme. Et là, il n’a pas dévalé les escaliers, il a carrément loupé une marche et se rattrape sur la suivante avec peu de finesse en se brisant la jambe.

Les paumes du benjamin s’emparent des épaules de son aîné soudainement et l’agitent en deux grands mouvements d’avant, arrière. «  Comment oses-tu ? » Ses doigts dégringolent pour atteindre son col et forcer son visage à se rapprocher du sien afin qu’il y lise tout ce qui semble lui échapper. « C’est vrai que je ne m’occupais pas de ta petite personne suffisamment. Pardon, Majesté.  Je t’ai réparé combien de fois ? Je t’ai porté secours combien de fois ? Mon réconfort, ma main, mon aide, ma vie, je t’ai TOUT donné, Kyran. Tout. C’est toi qui m’a tout repris en te foutant dans les emmerdes et en me laissant seul. Tu sais ce que j’ai eu en échange de tout ce que je t’ai apporté ? Le vide. Ton absence. Et j’allais crever pour toi. J’allais vraiment crever parce que c’était mieux que de devoir la supporter. Et maintenant, on est là tous les deux. Et c’est ta présence que je ne supporte plus, ta façon de t’autodétruire en continu. Je ne sais pas ce que tu es devenu, bror. Mais je n’arrive plus à savoir qui tu es vraiment, s’il reste encore en toi la moindre parcelle du grand frère avec qui j’ai grandi que j’ai aimé et admiré. Tu veux qu’on fasse les comptes ?  Tu veux savoir qui a une dette ? » Il retire ses mains du textile brutalement et le repousse avant de se recroqueviller un peu plus. La tétanie le fait baisser la nuque et il fixe son ombre au sol pour être certain qu’elle ne va pas faire quelque chose de stupide. Tout son corps tremble avec empressement. Il est au bout de sa fureur, à un autre point de rupture. Il aboie les syllabes plus qu’il n’articule. « Cette "infime" faveur a été la chose la plus généreuse qu’on m’est témoigné depuis un Siècle mais tu ne voudras pas l’entendre parce que tu n’es qu’un foutu peureux. » Ses dents se mettent à grignoter sa lèvre inférieure pour canaliser toute cette énergie néfaste qui lui vrille le cerveau, le retourne et le consume.

Finalement, il répond quand même après en avoir fini de lui soumettre de nouveaux procès-verbaux sans jamais lui donner la note finale pourtant. Il n’a pas à tenir la banque quand on sait qu’il est le premier cambrioleur des deux. Ezra relève ses yeux et ses intonations grimpent avec elle vers ce ciel ébène qui  encrasse encore leurs prunelles. « Elle allait nous aider ? Elle allait nous… Et tu lui as dit d’aller se faire voir ? » Il rejette la tête en arrière et ricane douloureusement. « C’est typique ça. Ta fierté. J’espère qu’elle te console bien la nuit maintenant que t’as plus rien pour toi. Ah non, j’oubliais, tu as sans doute cette chère Sanjana  comme lot de consolation. » Ah. Il pensait avoir oublié ce détail piquant mais il est sorti sans son accord comme toujours présent en arrière-plan, tapis dans un coin de son esprit. L’indienne le hante et il ne veut même pas s’en rendre compte. «  Arrête de jouer la victime. Tu crois que t’es le seul à souffrir ? » Sa paume passe sur ses paupières. Il en a assez dit ce soir. Il veut partir et arrêter de choir de façon perpétuelle mais il n’a pas assez de force, ni de lucidité pour se hisser sur ses jambes. Il doute parvenir à marcher droit et encore moins à retrouver son chemin. « Appelle-moi un taxi. Et je dégagerai de ton précieux plancher comme ça je te laisserai seul avec ta grande souffrance immuable et tu pourras aussi me mépriser autant que tu veux, me traiter d’ingrat. C'est comme ça que t'es heureux pas vrai? Figé dans ta tragédie. »

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MessageSujet: Re: Drunk and driven by a devil’s hunger [PV Kyran]   Mer 24 Sep - 20:56

Ils ont failli faire une trêve. Failli croire que c’était possible. Mais la sordide réalité à leurs talons ne manque pas de les rattraper, et en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire, ils retournent se fracasser contre le bitume. Leurs deux caractères font comme toujours mal à entendre, se percutent hargneusement. Les vieilles rancœurs se rembobinent seconde après seconde, viennent ternir la pellicule déjà noircie à l’encre de leurs parjures. Ils sont allés beaucoup trop loin pour parvenir à se retrouver. La distance entre eux est faite pour perdurer, comme du verre séparant la pulpe de leurs doigts d’une photographie jaunie par le temps. Les sourires révolus sont éternellement figés, mais le temps a inexorablement continué sa folle course. Ils ne sont plus que ça. Les silhouettes fort ressemblantes de mômes déchus, encore piégées dans le passé quand le monde n’a cessé d’accélérer. Les regards autrefois plein de malice se sont mués en pierre, la rancune a rongé tout ce qu’il restait d’eux. Toutes ces années passées à s’aimer, se soutenir. Ils avaient l’habitude d’être soudés, ensemble contre tous. Désormais, ils sont seuls contre l’autre. L’unique chose qu’ils partagent encore hormis la liqueur mortifère qui coule dans leurs veines – leurs souvenirs défaits – ne sert qu’à remuer le couteau dans la plaie. Des morceaux de puzzle éparpillés dans tous les sens, et qui ne pourront plus jamais se recoller et reformer un ensemble net et structuré. Ils en ont perdu des bouts, d’autres ont fini maculés de sang et de crasse. Ou ont été déchirés, purement et simplement. Il a perdu chez Lui ce petit quelque chose faussement dérisoire, qui faisait d’eux un tout. Il ne saurait pas vraiment dire quoi, mais le rouage en moins le bloque, le gêne. Leur complicité, peut-être. A moins qu’il ne s’agisse de l’estime qu’Il lui portait. Cette lueur pétillante qui brillait dans Ses rétines claires lorsqu’ils étaient gosses, qui lui donnait la sensation d’être utile, de ne pas être un moins que rien. Ce petit quelque chose qui lui donnait l’impression d’exister, et que la vie valait la peine d’être supportée voire même vécue. Son absence, remplacée par un flagrant mépris, lui vide l’âme et lui retourne les tripes.

N’est-il qu’un sale égoïste de ne pas vouloir survivre sans son petit frère ? Il n’a pas envisagé ça de la sorte. Il considère que c’est plus qu’un devoir, que c’est une obligation. Le protéger, coûte que coûte, qui à se mettre soi-même en péril. Même si finalement c’est de lui-même qu’il faudrait Le protéger. De lui et de ses ignobles travers. Mais il ne va pas suffisamment loin dans l’autocritique pour l’assimiler. L’estomac noué, au bord des lèvres, il laisse Ezra déblatérer sans sourciller. Il n’y a très certainement que Lui pour s’offusquer du fait qu’il préfère de très loin partir en premier. Quoi qu’il fasse ou quoi qu’il dise, il sera toujours en tort. Il restera l’absent, celui qui est parti le premier. Même si c’est sous la forme d’un cadavre qu’il a quitté le monde des vivants. Ils ne sont plus que deux étrangers qui n’ont plus rien à partager, même pas de vieilles histoires à se raconter. Plus d’un siècle les sépare, et ce n’est pas le genre de gouffre qui se traverse avec des excuses bien pensées ou un changement de conduite. Le dialogue de sourds déraille, alors qu’ils se blessent mutuellement à coups de tirades cruelles et affutées. Jeté au sol, le drapeau blanc n’est plus bon qu’à être sali et piétiné. Ils s’enfoncent dans les méandres d’un débat aussi inutile que stérile. « - T’as pas la moindre idée de ce qui nous attend une fois qu’on sera morts alors me parle pas de lâcheté. » Grogne-t-il pour seule réponse, sans compter les points que le plus jeune a indéniablement marqués. Il n’y plus d’ordre. Aucune justice. Il n’y en a jamais eu. Il n’y a que le chaos qui les avale et recrache leurs os sur l’asphalte lorsqu’ils sont réduits à l’état de loques putrides. Ils sont voués à redevenir poussière. Le malfrat ne veut pas admettre qu’il a entièrement mérité Ses rejets. Qu’il ne s’est concentré que sur sa petite personne, le besoin de prendre de l’importance et de gravir rapidement les échelons. Pour ça, il a été prêt à tout, y compris à vendre son âme au Diable. « - Que je parte avant toi, je ne vois pas quelle différence ça ferait. Tu m’as rejeté d’emblée, ça ne ferait que formaliser la situation. T’as besoin d’être ivre pour réussir à me parler, t’as besoin de t’empoisonner et de te mettre minable pour cesser de te comporter comme une machine que rien n’atteint. Tu serais soulagé... » Il en a la terrible certitude. Il a perdu l’habitude de Le voir s’animer, dévoiler Ses fêlures et s’enflammer. Depuis son retour d’entre les damnés, il se heurte à une surface lisse, gelée. Il ne lit plus en Lui comme dans un livre ouvert. Les pages froissées ont été scellées. Si limpide autrefois, le recueil de Son inavouable ressenti a été verrouillé, et la clef jetée au fin fond de ce lac givré dans lequel il n’a plus le droit de plonger.

Presque docile, il se laisse secouer et malmener. Le malaise le gagne et son cœur se fait empaler sur la pique meurtrière de Son amertume. Il ne sait pas comment réagir à un tel déferlement de mépris, parfait reflet de sa propre colère. Il s’attend quasiment à se faire cogner. Par ce frère qui a pourtant toujours été plus sage et cérébral que lui. La culpabilité le cloue au pilori, et c’est sans conviction qu’il déglutit la bile qui lui ravage le palais. Et c’est ta présence que je ne supporte plus. Qu’Il crie, qu’Il hurle à l’infini dans le moindre recoin de son crâne. Ses phalanges agitées daignent enfin le relâcher, et son équilibre précaire s’en retrouve ébranlé. Il recule contraint et forcé, manque de justesse de trébucher. Ses prunelles défaites balaient le sol, piteusement. Il expérimente à nouveau ses huit ans, retrouve dans les intonations sévères du cadet celles maudites du patriarche. Sauf qu’il a pleinement conscience de les mériter. Il est prêt à déclarer forfait, à admettre qu’il a tout faux, lorsqu’un prénom singulier lui écorche sournoisement les oreilles. Muet, ses sphères d’acier Lui jettent une œillade de travers. Il tente de ravaler l’arsenic qui lui brûle la langue mais c’est en vain. Il aura tout entendu. « - Alors c’est ça? C’est ça qui te rend si rageux au fond, pas vrai ? » Un ricanement nerveux s’extirpe de ses lippes. « - Une femme ? Tous tes beaux discours, tes interminables leçons de morale, ta putain de condescendance… C’est juste la jalousie qui te bouffe de l’intérieur. Et après c’est moi que tu traites de gamin capricieux et immature ?! C’est pitoyable. » Siffle-t-il, venimeux. Il refuse d’analyser, de songer à l’indienne et à l’urgentiste en train de froisser les mêmes draps. Les images obscènes viendront, inévitablement. Mais en attendant, il déguste le déni et se complait dans son cynisme. « - Je vais demander à l’un des vigiles de te raccompagner. L’un de ceux que t’as pas amoché. » Son ton n’appelle pas à la discussion et il commence à s’éloigner, avant de s’arrêter puis de réduire sensiblement l’espace entre eux. Il pousse même le vice jusqu’à se rapprocher de Son organe auditif, comme pour y murmurer un secret. « - Si tu la veux, je te conseille vivement de lui porter un peu plus de respect. C’est pas en la considérant comme un lot de consolation que tu t’attireras ses faveurs, elle ne pourra jamais être rangée dans cette case-là. » Il ne rajoute rien de plus avant de s’engouffrer dans sa demeure pour de bon, ne met pas d’étiquette sur ce qui le lie à Sanjana. Convaincu qu’Il ne sera pas en mesure de comprendre. Qu’elle est tout pour lui, mais qu’il ne s’agit pas réellement d’amour au sens où on l'entend. Pas celui qui détruit, qui déchire les reins. Pas cette passion malsaine qui le lie au finlandais et met son palpitant à l’agonie. Les ébats charnels sont superflus, ne représentent strictement rien. Elle incarne sa meilleure amie bien avant d’être quoi que ce soit d’autre pour lui. Même s’il a envie de l’étriper pour avoir osé faire tourner la tête de Sven, elle qui a tout de la mangeuse d’hommes sans attaches. Pour avoir jeté de l’huile sur le feu qui calcinait déjà leur complicité fraternelle, pour contribuer à ce qu’il n’en perdure que de vulgaires cendres.

| TOPIC TERMINÉ.

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There's a reckoning a'comin. And it burns beyond the grave. With lead inside my belly. Cause my soul has lost its way.
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Drunk and driven by a devil’s hunger [PV Kyran]

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