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 Hiding Behind The Moon {PV}

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Féminin
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MessageSujet: Hiding Behind The Moon {PV}    Ven 21 Sep - 21:37


Rafael & Azzura
Hiding Behind The Moon
« I see your faces and I do not understand why. Each time I dream you standin there, right by my side. Why do you make me, you take my pride. I have no place to run and hide. You want to touch me to see what's in my eyes. Why do you make me remember all the hate all this shame. Don't you hate me, sometimes ? I don't know where to run, so come on follow me ».

Les fragments de cristal restaient ancrés symboliquement dans ses iris. Ils étaient à l’origine de son aveuglement. Nouvel acte irraisonné qui signerait une descente aux enfers irréversible. La fumée de cigarette intoxiquait sa sphère personnelle, alors qu’elle contemplait avec nonchalance ce sourire torve dessiné sur le visage de cet être altéré par la stupidité. Il s’agissait de Judas. Machinalement, elle écrasa le mégot contre le bitume avant d’extirper son paquet et d’en allumer une seconde. « Je croyais que tu avais arrêté… », maugréa t-il à la manière d’un serpent venimeux feignant un certain détachement, un gobelet en main. Persécuté par son silence dédaigneux, il trouva le moyen de surenchérir : « Et ta perruque ? Dois-je te rappeler que je te paye ? En retour, tu as le devoir de les émoustiller. Fais un effort. Sois plus alléchante. ». Ses prunelles parcoururent sa silhouette d’un œil expert et soupçonneux. Il devint l’incarnation d’un homme austère, dévoré par un appétit sexuel insatiable. Flagellation responsable de l’émergence d’une humeur particulièrement maussade. Ses organes s’enflammèrent, imprégnés par ce tison de haine et ces tendances d’insoumise qui devinrent ses pires fardeaux. Son briquet glissa entre ses doigts, alors qu’elle fut prise d’hésitation. L’appel des pulsions vengeresses. Celui de la raison. Elle le défia du regard. Il était hors de question de ressembler à ces crétins conformistes et disciplinés qui prônaient les valeurs issue de cette communauté satanique. Elle rétorqua, sur la défensive : « Si je te balançais ton café bouillant à la gu*ule, est-ce que tu arrêterais de me traiter comme tes potiches écervelées ? ». Elle déversa son courroux dévastateur telle une reine de feu imprévisible, l’acide s’immisçant dans ses veines, lui imposant de se confronter à ces facettes obscures qui émanaient d’elle. Elle lui tourna le dos, pleine d’assurance, arpentant le Paradisio d’un pas décidé. Elle regretta amèrement de ne pas avoir brûlé cette chevelure rosée artificielle lorsqu’elle s’engouffra dans cette cage de danse divulguant une symphonie de couleurs flamboyante. Contrainte de dévoiler ses courbes au grand jour, cette obéissance lui tirailla les nerfs. Elle se jura de mettre rapidement un terme à ses tourments, ayant fermement l’intention de déjouer les plans de ces dictateurs sournois et de leur infliger un châtiment bien mérité.

Paupières lourdes à son réveil, se perdant sur ce plafond délavé, en piteux état, imbibé de saleté. Ses pas se fracassèrent contre ce plancher terreux. Ils se firent pressants. Elle s’aspergea d’eau avec pour volonté de dire adieu à ces illusions assassines qui dévastaient son monde intérieur. Il s’était une nouvelle fois imposé à elle par l’intermédiaire de ses songes. Durant toute une nuit, elle avait eu l’opportunité de se délecter de Ses Azurs. Eléments insensés qu’elle ne parvenait pas à déchiffrer. Ses mains se fondaient parfois dans la fourrure d’un loup porteur de Son regard. Passé funeste qui était à l’origine du flou résidant dans son esprit. Son instinct lui avait souvent joué des tours, et cela même lorsqu’elle se trouvait à Darkness Falls. Elle avait eu cette impression déconcertante de le sentir en vie. Durant des siècles, elle avait recherché Leur dépouille, confrontée incessamment à des carcasses animées. Monde infernal. Sanctuaire de ses hallucinations et de sa déchéance psychologique. Alors qu’elle l’avait enfin retrouvé sur cette surface parallèle, il était devenu son Bourreau personnel. Il lui avait fait subir milles supplices, enfilant le masque d’un monstre cadavérique impassible. Pourtant, après sa libération, elle était toujours revenue à Lui, prise d’élans masochistes. Si elle s’était attendue aux tortures et aux gestes emplis de tendresse, elle ne s’était jamais attendue au Néant.

Désireuse d’oublier ses démons intérieurs, son tempérament de révoltée la conduisit jusqu’à la Mairie. Au bord de l’asphyxie, elle se jeta dans la gueule du loup sans crier garde, fonçant tête baissée, ses pieds s’écrasant violemment contre le bitume au fur et à mesure de sa quête, telle une femme victime de douleur chronique anesthésiée. Elle avait le besoin oppressant d’oublier leur visage et les cris stridents de Zaira. Paradoxalement, elle désirait plus que tout au monde empêcher que de tels actes de cruauté soient reproduits. Victime de ses débordements et de cette dissociation persistante. Circuler d’une zone à l’autre était un véritable parcours du combattant. Ainsi, le pass dont elle usait dans le but de se rendre au Paradisio lui avait été d’une grande utilité et lui avait permis d’accéder à la zone 1 sans trop de difficultés. En tant que créatrice d’illusions infernale, les fioles dont elle disposait lui avaient permis de distraire l’attention des policiers restants. Engendrant une douleur lancinante chez l’un d’entre eux, elle s’était approprié sa tenue vestimentaire afin de diminuer les risques de suspicion. Ce jour était réservé aux grandes réunions composées des membres du jury, des ministres, de quelques hôtesses et bien entendu du Gouverneur. Information capitale transmise par Connor. Ainsi, elle était pratiquement sûre de pouvoir approcher le bureau du Président sans risquer de l’observer dans le blanc des yeux. Première étape : fouiner dans ses dossiers en vue de récolter les plans détaillés de chaque arène et des circuits électroniques séparant chaque territoire. Pénétrant dans cette Antre Infernale telle une sorcière dotée de tendances suicidaires, elle fut plongée dans des documents non officiels.

Elle fut finalement désarmée lorsque l’alarme retentit, signalant la présence d’une intruse. Incapable de forcer la moindre serrure. Paralysée. Prunelles larmoyantes, peur qui vint secrètement nouer son estomac. A croire que cette dégénérescence intérieure lui avait fait perdre toute once d’ingéniosité. Elle était devenue une tête brûlée, à la manière de Noah. Un sourire teinté d’angoisse s’étira sur ses lèvres à cette pensée. Où était-il, alors qu’elle allait être forcée de rejoindre Rikers Island ou de subir une sentence plus extrême et définitive ? La porte s’ouvrit soudainement, et elle s’attendit à une confrontation avec le gouverneur, sachant pertinemment qu’elle n’aurait aucune chance de s’échapper, il serait probablement accompagné par des camarades tels que Wayne. Il était hors de question de courber l’échine. Enfilant le masque de la désinvolture, elle s’empara de l’une de ses mèches de cheveux, mettant en avant ses atouts de séduction. Timbre de voix sensuel. En son fort intérieur, elle pensa aux propos de Judas. Diable qu’il aurait usé de ses répliques ironiques et mordantes en contemplant cette scène absolument grotesque.

« Je n’ai pas la tenue adéquate, certes, mais je suis venue pour vous offrir une danse privée. Avec les salutations des patrons du Paradisio ! Trêve de plaisanterie ! On m’a donné pour mission de veiller à la sécurité des locaux…»

Bougonna t-elle en simulant une attitude quasi professionnelle, l’une de ses mains s’abandonnant dans la poche de son pantalon. Sa potion serait peut-être sa dernière issue. Elle ignorait que derrière elle se tenait sa véritable Antidote intoxiquée.



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MessageSujet: Re: Hiding Behind The Moon {PV}    Dim 23 Sep - 13:50

You loved me and I froze in time

    Sur le qui-vive, toujours. Scanner chaque visage, mettre un nom sur chaque identité, identifier les permissions, les rangs, les degrés d’autorités. Repérer les failles dans le système. Ne pas baisser sa garde, jamais. Ce travail nécessitait une attention de chaque instant, la moindre défaillance pouvant être fatale. Il avait obtenu la plus grande responsabilité à laquelle n’importe quel habitant des zones extérieures pouvait prétendre un jour, et il se devait d’en être digne. Il était reconnu, on lui faisait confiance. Et en retour, il protégeait les personnes les plus importantes du pays. Elles évoluaient autour de lui, affairées à discuter des modalités des prochains Hunter’s Seasons, se réunissant pour trouver des solutions aux lacunes dans la sécurité des zones, pour garantir une vie meilleure aux habitants du pays. Il entendait les conversations mais les mots ne signifiaient rien pour lui, il n’était pas là pour écouter, pour espionner ou pour juger. Il était une ombre, qu’on remarquait à peine et qu’on oubliait aussi vite, mais toujours présente. Aux côtés du Président, personne ne lui jetait la moindre attention, preuve qu’il faisait son travail correctement. Mais si quoi que ce soit arrivait, tous se souviendraient qu’il était là. Il serait le premier à réagir. En attendant, et en espérant que rien de tel ne se produise, il restait immobile, seuls ses yeux restaient en mouvement constant. Il connaissait le nom de tous les dirigeants dans la pièce, il savait également tous ceux qui devaient se trouver dans les salles de réunions adjacentes, et il connaissait chaque membre de la garde. Il se les répétait mentalement, inlassablement. Ce n’était pas uniquement du zèle, ni même de la conscience professionnelle. Certes, il avait à cœur de fournir toujours le meilleur de lui-même, de ne jamais rien laisser passer. Mais cet acharnement était également un moyen parfait pour occuper son esprit, pour ne jamais se laisser tenter par des pensées parasites. La moindre seconde de répit qu’il s’accordait était toujours contaminée par le passé, broyant son cœur avec toujours autant d’efficacité que si tout s’était déroulé la veille. Et dans cet état d’esprit, il n’était plus capable de rien faire correctement … Il avait depuis longtemps passé le stade de la prostration, il se devait d’avancer puisqu’il ne pouvait pas revenir en arrière, mais la douleur était toujours là, intacte. Le seul moyen de ne pas y penser, était de se concentrer sur quelque chose de complètement extérieur. Servir, obéir, protéger. C’était l’unique voie qu’il connaissait, et jusque là, c’était d’une efficacité appréciable. Il n’y avait que le soir, quand, libéré de ses obligations, il se retrouvait face à face avec ses vieux démons … Mais il n’était pas temps d’y penser. Il protégeait le Président et les dirigeants.

    Soudain, une alarme retentit dans sa poche. Il en sortit vivement un petit ordinateur de poche, où clignotait un numéro, ainsi qu’une inscription signifiant qu’une intrusion avait été décelée dans le bureau même du Président. Il leva les yeux pour interpeller deux gardes, afin qu’ils se rendent dans le bureau, mais le Président l’arrêta d’un geste. « Non. Allez voir, Rafael. Je reste avec ces deux là. » Rafael fronça les sourcils. Il n’était pas question qu’il quitte le Président. « Monsieur, il vaut mieux que je reste avec vous pour … » « Je serais en sécurité, ici. C’est une intrusion isolée, vous serez plus discret que les gardes. Je ne veux aucune vague. » Ajouta-t-il en lui jetant un regard entendu. Rafael hocha la tête. « Bien, Monsieur. » Il détestait l’idée de devoir s’éloigner, mais le Président lui faisait entièrement confiance, et il ne songea pas à discuter plus longtemps ses ordres. Il fit signe aux deux gardes de s’approcher, leur donna quelques ordres secs, leur promettant d’avoir leur peau si quoi que ce soit arrivait au Président en son absence, puis disparut en de grandes enjambées vers le bureau qui avait été ouvert. Dans les couloirs, il croisa des gardes qui prenaient la même direction que lui, mais il les arrêta dans un sifflement autoritaire. « Restez à vos postes ! C’est un ordre ! » Personne ne devait savoir que le bureau personnel du Président avait été forcé, ce n’était pas le moment d’avoir un mouvement d’hommes armés qui convergeaient vers le même point ! Ils devaient conserver les apparences, régler le problème dans la plus grande discrétion. La confiance des dirigeants venait de leur capacité à gérer les problèmes en silence, sans que personne ne s’en rende compte. Il devait donc être le seul à agir, et c’est seul qu’il ouvrit la porte du bureau. Sa main gauche poussa la porte, tandis que la droite pointait son arme vers l’intrus, quel qu’il soit, prêt à faire feu au moindre signe de danger. Il sentit que c’était une femme avant de voir ses traits, mais cela ne l’ébranla pas une seconde : les femmes pouvaient être bien plus dangereuses que les hommes, et il ne ferait pas l’erreur de la sous-estimer. « Je n’ai pas la tenue adéquate, certes, mais je suis venue pour vous offrir une danse privée. Avec les salutations des patrons du Paradisio ! Trêve de plaisanterie ! On m’a donné pour mission de veiller à la sécurité des locaux…» Il ne s’attendait pas aux paroles qui l’accueillirent, et qui le frappèrent avec une violence inouïe, malgré leur côté badin. Les mots, la voix, l’intonation, et puis … La propriétaire de cette voix. Pendant une seconde, il resta figé sur le seuil de la porte, incapable de penser à quoi que ce soit. Son professionnalisme si parfait l’avait quitté en reconnaissant la femme qui se trouvait dans la pièce, et il était encore à s’en étonner, mais cela n’avait-il pas toujours été ainsi ? Dès qu’il posait les yeux sur elle, il en oubliait ses serments, son honneur, ses devoirs. C’est le bipeur dans sa poche intérieure qui le ramena sur la terre ferme. En quelques gestes précis dus à des mois de pratique, il se dirigea vers l’ordinateur principal, pianota un code sur le clavier, et instantanément son bipeur se tut. Toutes les alarmes s’arrêtèrent, signe pour les autres gardes qu’il avait maîtrisé l’intrus et supprimé le danger. Pendant ces quelques secondes où il s’affaira à effacer toute trace d’effraction sur l’ordinateur, effaçant les pages qui avaient été ouvertes sans autorisation, supprimant les historiques, il ne jeta pas un seul regard à la personne qui se trouvait à côté de lui. Il ne voulait pas, il ne pouvait pas la regarder. Mais il ne pouvait pas repousser ce moment plus longtemps, et il se retourna lentement pour lui faire face. Sa main droite se releva, pointant son revolver sur son visage. Un visage qu’il avait tant chéri, mais qui était également responsable de tous ses maux. Un visage qu’il avait soigneusement évité depuis des mois, tout en le suivant à la trace pour se gorger de sa beauté angélique. Un visage qu’il était décidemment furieux de croiser ici et maintenant. « Si tu es là pour la sécurité des locaux, alors moi je suis le Père Noël … » Grinça-t-il à contrecœur. « C’est en faisant ton petit numéro de séduction que tu es arrivée jusque là ? » Il ne put empêcher une note de jalousie de transparaître dans sa voix, e qu’il regretta immédiatement. Elle était en infraction et il était là pour l’arrêter, pourtant il venait de se laisser aller à une faiblesse qui aurait du être supprimée depuis des siècles …
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MessageSujet: Re: Hiding Behind The Moon {PV}    Sam 29 Sep - 16:56

Ses yeux ne clignaient plus. Pupilles asséchées. Regard hypnotique. Muscles contractés à l’extrême. Tremblements de ses membres incessants. Gorge nouée. Absence de salive. Elle attendait son heure. Incapable de se retourner, elle imaginait déjà sa sentence. L’homme qui se tenait derrière elle la reconnaîtrait en un clin d’œil. Ils la connaissaient pour ses excès, ayant pris un malin plaisir en l’envoyant croupir à Rikers Island. Inconsciemment, elle frémissait, victime des sifflements incendiaires meurtrissant ses tympans. Murmures assassins dont elle était la seule propriétaire. Cora. Elle flairait ses sarcasmes. Tu mourais d’envie de retourner vivre dans ta crasse. Tu fais preuve d’un masochisme déconcertant. Voilà où vont te mener ton insoumission et ton inaptitude. Elle savait pertinemment que les phrases venimeuses qu’Elle aurait pu prononcer à son égard auraient été appropriées en cette situation. Secrètement, elle en esquissa un sourire torve et ironique. Culpabilité ardente l’obligeant à refermer ses poings. Si elle avait parfois endossé le rôle d’une héroïne, elle était persuadée de ne pas être digne du culte qu’Elle lui vouait. Contrairement à ce qu’Il avait toujours prétendu, elle était humaine. Détermination qui avait été mise à mal à plusieurs reprises. Désormais, l’agencement des prisons n’avait aucun secret pour elle. Fierté qui aurait pu être bafouée, à condition que l’orgueil soit un trait de caractère prédominant chez elle. Il n’en était rien. Baignant dans la médiocrité, elle se satisfaisait de sa condition. Quelque part, elle se laissait suffoquer, abandonnant la bravoure qui s’accrochait habituellement à ses veines. A quoi bon continuer ? Elle était persécutée par l’absence de son souffle s’échouant d’ordinaire sur sa peau satinée. Un sentiment de lassitude avait délabré sa psyché dès l’instant où elle avait saisit qu’elle ne la reverrait jamais plus dans son état d’origine. Zaira. Parallèlement, elle risquait sa vie dans le but de mettre la main sur des papiers grotesques, avec pour espoir de devenir la spectatrice d’une once de changement. Masochiste et intrépide.

En cet instant, ses prunelles auraient pu être saisies d’une pluie larmoyante, alors qu’elle laissait ces images lancinantes pénétrer dans son esprit. Toutefois, elle fut semblable à une charogne inanimée, dépourvue de réactions. Absence de professionnalisme qui la déconcerta, alors que le clignotement rougeâtre des alarmes cessa de l’aveugler. Elle haussa un sourcil. Le président avait-il décidé de profiter de ses faux élans de générosité et de ses courbes alléchantes ? Grimace amère. Besoin irraisonné de rejoindre l’Antre Infernale de Darkness Falls. Là bas, les créatures possédaient un seul visage. Ce rêve inouïe prit forme à nouveau. La stupeur la brisa sous Ses yeux. Illusion d’être confrontée à son double démoniaque. Celui qu’elle avait chérit malgré les sévices. Celui qui l’avait aidé à combler le manque. Elle se retourna, ne demandant qu’à contempler ses Azurs et se délecter de sa voix de velours. Symboliquement, il enfonça sa seringue dévastatrice profondément dans ses chairs, incarnant une drogue momentanément rassasiante. Elle cligna des yeux plusieurs fois, espérant retrouver un semblant de lucidité lorsque ses iris se perdirent sur la vitrine ensorcelée et imposante destinée à encombrer cet espace olympien. Elle aperçut un reflet familier. Hallucinations foudroyantes causant de nouvelles fissures. Un sourire carnassier se dessinait sur les lèvres de son propre double machiavélique. Elle l’encourageait à la dépravation. Elle reporta son attention sur Sa silhouette, persuadée de se situer face à sa dépouille.

« J’avais espéré que ce départ de Darkness Falls te serait profitable. Je me suis trop emballée. Tu es toujours aussi disjoncté. Toutefois, ton teint s’est amélioré. Tu es un petit peu moins défraichi ».

Désinvolture utilisée à des fins défensives ? Elle débordait, victime de cette décadence intérieure, le poison se répandant dans l’intégralité de son organisme, dévorant son échine. Son regard s’assombrit lorsque Ses déchirures le trahirent, mutilant les Azurs. Verbalement, elle faiblit : « Tu…aide moi ! ». Le supplia t-elle, craignant un évanouissement et une perte de contrôle. Il n’était pas celui qu’elle imaginait. Il ne s’agissait pas d’un monstre insensible. Non, il était question de Rafael. Un homme qui trainait des souffrances endolories. Son âme happait la sienne. Les mêmes scènes se rejouèrent dans son esprit, l’immobilisant durant un court laps de temps. Le loup la pourchassait. Son propre corps se décomposait, succombant aux flammes de l’enfer. Une pluralité de questions l’assassina. Les révélations l’étourdirent. Qui était à l’origine de cette métamorphose ? Pourquoi se manifestait-il seulement maintenant ? Etait-ce le fruit de son imagination ? Blessée par son courroux dévastateur, elle élabora ses propres réponses. Goût métallique du sang et de la déloyauté. Il n’était pas Lui. Son Autre avait chassé ses pulsions meurtrières et ses idées catégoriques. Constatations qui lui tiraillaient les nerfs et provoquaient son dégoût, à mesure qu’elle réalisait qu’Il était bien réel.

« Etant donné que tu tiens ton arme braquée sur moi, je dois en conclure que mes charmes ne me seront d’aucune utilité face à toi. Tu as sorti le grand jeu. J’avais imaginé que tu m’annoncerais ton retour d’une façon moins théâtrale. J’ai deux hypothèses à te faire partager. Numéro 1 : tu couches avec le président. Ton amour fausse ton jugement. Numéro 2 : tu aurais pris un malin plaisir à trancher la gorge de Zaira à sa place. Quel genre d’animal es-tu ? A première vue j’aurais opté pour un âne mais…»

Aboya t-elle, alors qu’elle aurait probablement du baisser la tête en vue d’éviter d’alimenter sa colère furibonde. Elle marcha sur le brasier d’émotions passionnelles, destructrices et ambivalentes. Elle retint un soupir de soulagement, ne pouvant se résoudre à lui montrer qu’elle avait retrouvé l’une de ses raisons de vivre. Son cœur fut comme propulsé de sa poitrine, alors qu’elle chercha à être dépositaire de ces lèvres à présent retrouvées. Pour combien de temps ? Son esprit délirant semblait lui faire une faveur. Moue provocatrice, timbre de voix sensuel. Reine de glace se transformant en reine de feu imprévisible et ambitieuse. Quelles étaient ses intentions ? Echapper à la prison, se servir de son statut élevé ou envisager des retrouvailles ?

« Tu ne m’embrasses pas ? ».


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MessageSujet: Re: Hiding Behind The Moon {PV}    Lun 1 Oct - 21:32

Depuis des mois il la regardait de loin, parcourant des kilomètres rien que pour l’apercevoir, s’accordant ce plaisir qui lui avait été refusé pendant des siècles, alors qu’il croyait ne plus jamais la revoir. Mais pas une seule fois il n’avait signalé sa présence, veillant toujours à rester à une distance suffisante pour qu’elle ne puisse pas le voir. Et même si elle l’avait vu, de toute façon, qu’est-ce que cela aurait changé ? Sous sa forme animale, elle ne l’aurait jamais reconnu. Pour elle, il était mort, et il n’avait pas voulu que ça change. Même si devoir rester loin d’elle était une torture, ce ne serait jamais pire que la souffrance qu’il ressentirait pendant leurs retrouvailles. Il en était persuadé, et c’était ce qui l’avait tenu loin d’elle depuis son retour de Darkness Falls. La honte, la haine, la colère, la douleur … Il ne voulait pas vivre ça, il préférait donc la laisser dans l’ignorance de sa présence. Se gorgeant de son image sans jamais s’approcher. Tous ses efforts venaient d’être réduits à néant à cause d’elle, qui s’était jetée – pourquoi ?? – tête la première dans les ennuis en tentant de pirater le bâtiment le plus sécurisé du pays. Le destin avait voulu que ce soit lui qui soit amené à la trouver en premier, lui qui doive l’arrêter, la punir. Le destin ne semblait pas au courant qu’il n’en était pas capable, qu’il n’en avait jamais été capable et qu’il ne le serait jamais. Le destin aurait mieux fait de choisir n’importe quel autre membre de la sécurité dans le bâtiment, plutôt que lui, pour qu’elle n’apprenne jamais qu’il était en vie et qu’il n’ait pas à subir cette situation qui promettait d’être difficile … Mais avec n’importe qui d’autre, elle serait sans doute déjà morte, ou en passe de l’être. Et comme il était ironique de voir qu’avec lui, cette fois, elle était en sécurité. Cela n’avait pas si bien marché par le passé.

Le moment de surprise passé, il reprit contrôle de lui-même. L’arme pointée sur elle, il n’avait qu’à se glisser à nouveau dans le rôle de la machine-soldat. Le visage vide, pour ne rien dévoiler. Mais sans rien manquer de ses réactions à elle, qu’il aurait préféré observer dans d’autres circonstances, s’il avait pu les choisir … Il ressentit une vague de déception en voyant le rictus qu’elle afficha. Ce n’était finalement pas surprenant, mais il aurait préféré la voir réagir autrement … Furieux contre lui-même, il tenta de se battre contre cette réaction idiote. Il devait rester une machine, sans émotions. Cela rendrait les choses plus faciles. « J’avais espéré que ce départ de Darkness Falls te serait profitable. Je me suis trop emballée. Tu es toujours aussi disjoncté. Toutefois, ton teint s’est amélioré. Tu es un petit peu moins défraichi » Le coin de ses lèvres se relevèrent légèrement en une moue ironique. Que croyait-elle ? Qu’il l’avait suivie aux enfers ? Elle savait pourtant bien qu’il aurait préféré mourir plutôt que de réaliser le moindre rituel magique, la voir brûler sur le bûcher après avoir assisté à la mise à mort de leur fille n’avait fait que renforcer ce sentiment. La magie n’était qu’une source de désespoir. « Désolé de te décevoir, mais je n’ai toujours pas rejoins tes rangs. Je n’ai jamais eu le malheur de fouler les limbes de Darkness Falls. Toi, par contre … Mais tu n’en as pas été bien affectée. Aussi magnifique qu’à nos derniers jours ensemble. » Bien qu’il le pensait réellement, il prononça le compliment sur le même ton monocorde que le reste. Mettre de trop de sentiments dans cette phrase aurait été une erreur, une faille où elle pouvait se glisser. A chaque fois qu’il s’y était fait prendre, il l’avait regretté. Cela n’enlevait rien au fait : elle était la plus belle femme que la terre ait portée. « Tu…aide moi ! » La supplique le prit par surprise, et ses reflexes ressurgirent : d’un pas, il franchit la distance qui les séparait, et il l’attrapa par les bras pour lui éviter de tomber. Il la soutint un instant, puis la lâcha soudain, et recula, personnalisant à nouveau la machine sans émotions. Mais c’était bien trop tard pour effacer le geste protecteur qu’il avait eu, et qu’il ne pouvait pas renier. Il détourna les yeux une seconde, ne revenant vers elle que quand elle reprit la parole.

« Etant donné que tu tiens ton arme braquée sur moi, je dois en conclure que mes charmes ne me seront d’aucune utilité face à toi. Tu as sorti le grand jeu. J’avais imaginé que tu m’annoncerais ton retour d’une façon moins théâtrale. J’ai deux hypothèses à te faire partager. Numéro 1 : tu couches avec le président. Ton amour fausse ton jugement. Numéro 2 : tu aurais pris un malin plaisir à trancher la gorge de Zaira à sa place. Quel genre d’animal es-tu ? A première vue j’aurais opté pour un âne mais…» Il tiqua à peine quand elle évoqua le Président, cette supposition étant trop fantasque pour avoir la moindre réalité. Mais quand le nom de Zaira franchit ses lèvres, il se glaça et son visage se crispa violemment en une expression de rage brute. Ses doigts se crispèrent sur la crosse de son revolver et il retint un geste malheureux qu’il aurait pu regretter par la suite. Si n’importe qui d’autre avait prononcé cette phrase, il ne se serait pas contenté de lui loger une balle entre les deux yeux. Cette mort là était bien trop douce. Non, il se serait servi de son arme d’une toute autre façon, pour arracher au visage du coupable toute trace d’humanité, fracassant les os et écrasant les chairs, jusqu’à ce qu’il ne reste plus sous ses coups qu’une masse sanguinolente et sans vie. La violence aurait primé, les techniques subtiles de tortures ou de mort rapide n’auraient pas eues leur place face à la colère d’un père privé de sa fille. Mais si le premier reflexe de Rafael avait été de frapper Azzura pour lui faire ravaler ses paroles, il n’en fit rien. Elle ne méritait pas qu’il se défoule sur elle pour une faute qui ne lui incombait pas. Elle était là, elle aussi, quand la petite leur avait été enlevée, quand elle avait été portée sur la place publique, quand le sang avait coulé. Une toute petite enfant, traitée comme un animal. Une scène que Rafael ne pourrait pas oublier, qui s’était imprimée sur ses pupilles, et qui pouvait faire de lui le plus grand monstre de cruauté que la terre ait porté, pour peu qu’on lui serve les coupables de sa douleur. Azzura n’était pas coupable, pas de cela en tout. Mais ses mots étaient tout de même un poison qui le brûlait, son insinuation était la pire de toutes, et ça, ce n’était pas pardonnable. « Depuis quand utilises-tu la mort de Zaira comme une plaisanterie ? J’ai commis un fratricide pour sauver ta vie, j’aurais fait pire encore pour sauver la sienne, si on m’en avait donné l’occasion. » Il tremblait de colère, il ne parvenait plus à retrouver son impassibilité qui aurait pu le sauver. Mais au lieu de ça, il était consumé par les souvenirs. Laissant de côté la question d’Azzura sur l’animal qu’il incarnait, il préféra trouver de quoi décharger sa colère. « Que fais-tu ici ? Tu es venue tester tes talents de séductrice sur l’homme le plus influent du pays ? Tu as fini une fois au bûcher pour ce genre de comportement, cela ne t’a pas encore servi de leçon ? »

Mais une nouvelle fois, elle le prit par surprise. Alors qu’il était persuadé qu’elle lui en voulait pour la mort de Zaira, pour avoir survécu pendant tout ce temps, pour être un métamorphe … Elle reprit la parole, sur un ton tout à fait différent. « Tu ne m’embrasses pas ? » Cette simple question avait les accents du passé, et raviva en lui des souvenirs bien moins désagréables, cette fois, diminuant sa colère pour réveiller autre chose. Un sentiment qui l’avait quitté depuis de très longs siècles … Mais qu’il devait étouffer comme le reste. « Tu as toujours eu le don pour trouver les pires moments pour me demander de t’embrasser. » Commença-t-il avec un mince sourire. « Mais qui te dis que j’en ai envie, cette fois ? » Termina-t-il en retrouvant son ton vide de tout sentiment. Une machine. Et une machine ne pouvait pas désirer une femme. Il fallait juste qu’il puisse s’en convaincre lui-même …
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MessageSujet: Re: Hiding Behind The Moon {PV}    Mer 10 Oct - 18:18

Impression déroutante d’être victime d’une machination exorbitante. Asphyxiée par la douleur, elle contempla chaque recoin, chaque fenêtre, désireuse de mettre un terme à ses tourments. Elle ne percevait qu’une solution possible : la fuite. Malheureusement, les membres du gouvernement ne plaisantaient pas lorsqu’il s’agissait de la sécurité des locaux. Au moindre faux pas, elle finirait dans les griffes d’une poignée d’hommes armés. Ce n’était pas ce qui l’inquiétait au premier abord. Ses pouvoirs lui donnaient un avantage indéniable. La création d’illusions lui permettrait de venir à bout des plus valeureux combattants. Toutefois, elle n’était pas naïve. Elle savait pertinemment qu’ils s’étaient probablement préparés à l’intrusion d’individus de son espèce. Elle présageait l’apparition d’un sorcier tel que Wayne. Colère muette qui l’étreignit lorsqu’elle songea à leur collaboration emplie de sournoiserie. Actes sanglants déloyaux et vomitifs qui s’engluaient dans ses poumons. Les regrets s’accumulaient. Ses rougissements trahissaient l’existence d’une honte sous jacente qui crucifiait son être dans son intégralité. La simple idée de prôner des idéaux communs avec l’un d’entre eux lui donnait envie de s’enfouir sous terre. Comment avait-elle pu en arriver là ? Comment pouvait-elle épargner Rafael, à présent ? Ses doigts se refermèrent sur l’une des fioles avec une violence inouïe. Le serrement écorcha sa peau doucereuse au point d’engendrer un écoulement de sang. Atteinte portée à sa propre personne, alors qu’elle réalisait qu’elle était incapable de laisser ses doigts courir le long de Son gosier dans le but de tenter une première attaque. Elle pouvait sentir Ses azurs se frayer un chemin sur chaque parcelle de son anatomie. Froideur qui aurait pu la faire blêmir et complexer. Sa cruauté était sans limites. Besoin oppressant de dévorer et de pleurer Son cœur mort. Elle aurait du se sentir hors de danger. Pourtant, Il semblait désirer la conduire jusqu’à la guillotine le plus tôt possible. Il n’était pas si différent de la charogne abominable qui l’avait martyrisée à Darkness Falls. Ses mots et ses gestes insolents lapidaient ses tympans. Elle avait oublié ses principes macabres et catégoriques, se laissant happer par l’affliction liée à la perte. Elle eut une pensée pour Noah, songeant au sourire torve qu’il aurait esquissé en ces circonstances et à ses mots dédaigneux. « Qu’est-ce que tu crois ? Il s’en prendra à ta sœur comme il s’en est pris aux miens. La suite est tracée d’avance. Ton odeur même l’insupporte » . Mains tremblantes. Vérité qui s’imposait à son esprit et qui enveloppait sa moelle épinière. Ses songes étaient réels. Ils laissaient transparaître l’évidence. Ainsi, elle en arrivait à une conclusion qui incendiait sa poitrine. Il ne s’était pas manifesté car elle lui donnait la nausée. Compliments insignifiant qui la laissèrent de marbre.

« Merci. Dommage que ça ne t’ait pas empêché d’opter pour le célibat. Depuis quand dure ce petit manège ? »

Lâcha t-elle avec une pointe d’animosité. Autrefois, elle était parvenue à fermer les yeux sur ses actes de prédateur et son immoralité. Elle n’avait pas seulement perçu le Bourreau. Elle avait décelé son innocence datant de l’enfance, cette sensibilité émanant de Lui qui avait été profitable au Seigneur Renzacci. Elle lui avait accordé sa confiance. De nombreux siècles étaient passés depuis. Ainsi, il n’était plus l’homme qu’elle avait connu. Peut-être l’avait-il définitivement chassée de son existence, un éclat de jouissance englobant son crâne. Elle imaginait des femelles intégrées à sa vie et elle s’apercevait qu’elle était méconnaissante vis-à-vis du monde animal. Un univers qu’elle avait pourtant contribué à créer avec les autres membres de son espèce en engendrant des métamorphes. Etait-il parvenu à l’oublier en se glissant dans la peau d’un canidé ? Etait-il devenu un être absolument dénué de ressentis ? Les hostilités lancées ne faisaient qu’accentuer sa méfiance. Elle examina son uniforme avec un air méprisant teintant ses prunelles, plissant son front englouti de sueur. Elle examina le sien propre. Celui qu’elle avait volé pour pénétrer plus facilement dans cet endroit. Ses dents se serrèrent lorsqu’il manqua de l’achever physiquement et psychiquement. Elle remercia le Seigneur de ne pas avoir permis à Zaira de devenir la contemplatrice de son propre assassinat. Ses paupières se fermèrent. Elle se sentit partir. Comment avait-il pu tout oublier ? Etait-elle la seule à souffrir ? Elle fit face à ses propos ironiques et à ses sourires machiavéliques, réalisant par ses paroles qu’il avait finalement décidé de l’épargner, ses yeux se rouvrant sous le poids de la stupeur.

« Parce que tu étais l’homme le plus influant du pays ? Tu as toujours été un simple mouton obéissant. Épargne-moi tes leçons de moral. Ta fille a fini la gorge tranchée et tu as rejoint les rangs de ses assassins. C’est abominable. Peu importe la raison. On sait tous les deux ce qui m’attend. Je vais retourner à Rikers Island. Peut-être même pire. Qu’est-ce que tu attends ? Préviens-les ! Je n’aurai plus à supporter la présence d’un satané menteur ! »

Sa voix fut enrouée par la rage, alors que la scène du bûcher redéfila dans sa tête, ses blessures funestes la parsemant de parts et d’autres. Bientôt, elle allait regretter l’absence de Son double démoniaque. Un éclat de rire résonna au sein de cette pièce sinistre –le sien-, intoxiquée par l’odeur pernicieuse de son propriétaire tant ces retrouvailles lui semblaient gâtées, pourries, inattendues. Elle eut la sensation de rejoindre un ailleurs lorsque pour la première fois depuis plusieurs décennies, elle sentit Ses mains s’enrouler autour de ses bras durant un bref instant. Souffle coupé. Elle retint un soupir charnel, ne songeant qu’à retrouver cette utopie qu’ils avaient créé à deux. Elle lutta pour ne pas céder à ses pulsions, l’image de leur corps enchevêtrés manquant de lui faire perdre tout contrôle. Poils hérissés sous le poids du désir. Atmosphère érotique qui ne l’avait plus condamnée au rang de simple esclave depuis une éternité. Elle fut prise de violents remords, hantée par le venin qu’elle venait de répandre dans Son organisme.

« Je suis désolée. Pourquoi je ne parviens pas à me distancier ? Je n’aspire qu’à te vouloir. »

Voix doucereuse qui aurait fait pouffer le président en lui-même. La frustration l’enchaînait à ces lieux symboliquement insalubres. Durant un court laps de temps, elle oublia les sentences qui l’attendaient et le mépris installé. Elle fit quelques pas vers Lui, suppliante, esclave de cette relation et de ses fantasmes impétueux. Elle lui aurait donné son âme s’il lui avait promis un nouveau rapprochement physique en retour. Ayant toujours souhaité que ses sens se réveillent en Sa présence.

« Peut-être parce que justement, tu as tué Pirro pour me sauver. Peut-être parce que j’apparais fréquemment dans tes toiles. Peut-être parce que tu m’as poursuivi pendant des centaines et des centaines d’années. Je crois que c’est écrit. » . Elle ne prêta plus attention à son arme, le poussant machinalement contre le bureau. Murmures sensuels qui échouèrent dans son oreille. « Je suis sûre que tu ressens aussi ce manque. Cela fait trop longtemps. Qu'en penserait le président ? » . Lui lança t-elle, un mince sourire trahissant l’émergence d'un nouveau parfum: celui du défi.

_________________
    burn let it all burn
    There is a fire inside of this heart and a riot about to explode into flames. No matter how many breaths that you took you still couldn't breath. No matter how many nights that you'd lie, wide awake to the sound of poison rain.
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MessageSujet: Re: Hiding Behind The Moon {PV}    Sam 13 Oct - 20:28

Leur relation n’avait jamais été facile. Une fois que leurs camps avaient été définis, et qu’ils avaient été clairement opposés, ils avaient perdu la simplicité de leur enfance. Même dans les meilleurs moments, quand le bonheur réussissait à recouvrir leurs différences, au fond il restait toujours ce rappel qu’ils n’étaient pas fait pour être ensemble, que rien ne durerait jamais. Il y avait cru, pourtant … Mais cela n’avait effectivement pas duré. Mais à côté de ce qui s’était passé ensuite, ces moments là avaient le goût aussi doux qu’amer d’un bonheur définitivement révolu. Elle l’avait rendu le plus heureux des hommes, même quand il ne cessait de se dire qu’il faisait une erreur, il était si bien avec elle … Ce n’était qu’un souvenir. Et aujourd’hui, il semblait que plus rien ne ferait revenir ce bonheur d’antan. Ils avaient surmonté leurs différences si souvent, malgré les disputes déchaînées qui les avaient déchirés, ils avaient toujours su se retrouver. Cette fois, ce n’était pas une dispute qui les avait séparés, mais la mort et des siècles d’enfer ou de solitude … Cette fois ils n’avaient pas voulu cette séparation, mais cette fois Rafael n’avait pas cherché les retrouvailles comme il l’aurait fait par le passé. Fuyant même, s’inclinant devant sa lâcheté, pour ne pas refaire les mêmes erreurs que dans leur première vie. Toujours aussi attaché à elle, incapable de briser ce lien, mais décidé à ne rien tenter pour la reconquérir. Il aurait aimé conserver ce choix, ne jamais être mis devant le fait accompli, mais il était trop tard. Et il la contemplait à présent … Essayant de lire à travers son regard, de déchiffrer les lignes qui se creusaient sur son front, les ombres qui recouvrirent soudain ses yeux. Il n’avait plus le choix, il devait faire face à sa colère, à sa déception. « Merci. Dommage que ça ne t’ait pas empêché d’opter pour le célibat. Depuis quand dure ce petit manège ? » Il cru un instant, et plutôt stupidement, qu’elle déplorait qu’il n’ait pas trouvé de compagne pour la remplacer. Mais elle lui reprochait tout simplement de ne pas l’avoir approchée, elle. Ce reproche formulé avec tant de violence dans la voix lui procura un étrange sentiment, presque du soulagement. Et pourtant, il était loin de se sentir fier de ses actes … Mais comme toujours, il les assumait. « Depuis que je sais qu’aucun sorcier n’est mort quand il l’aurait du. Aurais-tu préféré que je revienne dès que j’ai appris l’ouverture de Darkness Falls ? Cela ne t’aurait pas empêchée de me regarder de cette façon. Comme si c’était moi, le traître. Pour nous deux, il valait mieux que tu ignores … ce qui m’était arrivé. » Ajouta-t-il avec une légère grimace. Il avait passé sept siècles dans la peau d’un loup mais il ne parvenait toujours pas à accepter ce statut. Il était devenu un monstre, rien de plus, et il était persuadé que c’était également comme ça qu’elle le voyait. Le monstre qui avait vécu tranquillement loin d’elle, oubliant tout de sa vie passée … Mais rien ne s’était effacé, et il aurait préféré mourir plutôt que de vivre avec ses souvenirs jusqu’à aujourd’hui.

« Parce que tu étais l’homme le plus influent du pays ? Tu as toujours été un simple mouton obéissant. Épargne-moi tes leçons de moral. Ta fille a fini la gorge tranchée et tu as rejoint les rangs de ses assassins. C’est abominable. Peu importe la raison. On sait tous les deux ce qui m’attend. Je vais retourner à Rikers Island. Peut-être même pire. Qu’est-ce que tu attends ? Préviens-les ! Je n’aurai plus à supporter la présence d’un satané menteur ! » Cette nouvelle attaque en règle lui fit serrer les dents. Il avait beau reconnaître n’être qu’un mouton, ce qu’elle lui avait déjà reproché toute sa vie et ce qu’elle continuerait à faire encore longtemps, le reste était d’une injustice criante. « Quels assassins ? Ce n’est pas ce gouvernement qui a fait tuer Zaira ! Nous n’avons jamais été d’accord sur notre camp et visiblement ça ne changera pas dans ce siècle, mais ne viens pas me mettre son meurtre sur le dos. Il y avait longtemps que j’avais abandonné ceux qui ont œuvré pour la faire tuer. » Sa colère était évidente, il n’y avait plus trace du contrôle de ses nerfs, comme à chaque fois qu’on évoquait Zaira devant lui. Poings serrés, les yeux froids comme de la glace, il ne supportait pas qu’elle puisse le dénigrer de cette façon. Mais un autre mot qu’elle avait prononcé le fit réagir, d’une toute autre façon cette fois. « Rikers Island ? Tu as déjà été envoyée là-bas ? » Cela n’aurait même pas du être une surprise … Après tout, il venait de la surprendre en train d’essayer de pirater le bureau du Président lui-même. Pourtant, cette idée le gêna au plus haut point. Il ne pouvait pas l’imaginer, enfermée à nouveau … Comme par le passé. Il détourna les yeux à cette pensée, sourcils froncés. « Tu me crois encore capable de te dénoncer ? Je ne t’enverrais pas à Rikers Island … Ai-je jamais été capable de le faire, de toute façon ? » Ajouta-t-il avec un sourire ironique, qui montrait clairement à quel point son propre comportement le dégoûtait. Incapable de trancher entre elle et son devoir. Toujours à balancer entre les deux … Si faible.

Et une nouvelle fois son hésitation fut mise en lumière quand il l’attrapa, le temps de quelques secondes. S’il ne ressentait plus rien pour elle, comme il avait tenté de s’en convaincre, comme il avait tenté de la convaincre … Il n’aurait même pas du la toucher. Il mit fin à ce contact, troublé, mais elle sembla aussi perturbée que lui. Son regard avait changé, il la retrouva telle qu’elle avait été, des siècles plus tôt, et son cœur se gonfla douloureusement à cette vision. « Je suis désolée. Pourquoi je ne parviens pas à me distancier ? Je n’aspire qu’à te vouloir. » Il détourna une nouvelle fois les yeux, se refusant à répondre à une telle ouverture. Il ne désirait qu’une seule chose, s’approcher et franchir la dernière distance qui les séparait, et la retrouver, pleinement. N’était-ce pas ce à quoi il avait rêvé depuis le jour de sa mort ? Revoir son doux visage, entendre ces mots, savoir qu’elle l’aimait encore et qu’il avait encore le droit de la toucher … Il serra les poings, luttant contre cette envie dévastatrice. « Peut-être parce que justement, tu as tué Pirro pour me sauver. Peut-être parce que j’apparais fréquemment dans tes toiles. Peut-être parce que tu m’as poursuivi pendant des centaines et des centaines d’années. Je crois que c’est écrit. » Elle avait effacé les mètres qui les séparaient, et il se laissa aller à la douceur de cette proximité. Sa main se leva pour se poser délicatement contre sa joue, son pouce caressant sa peau satinée, seul contact qu’il s’autorisait pour le moment. Elle avait raison, bien entendu. Il ne l’avait jamais oubliée, et n’avait jamais abandonné son amour pour elle, tout en lui le criait et il était le seul encore à avoir essayé de le nier. Une délicieuse tension s’était installée, allumant un feu en lui qu’il croyait ne plus voir brûler un jour. Il la désirait tant … « Je suis sûre que tu ressens aussi ce manque. Cela fait trop longtemps. Qu'en penserait le président ? » Il retira sa main de son visage comme s’il venait de se brûler, et aurait reculé si elle ne l’avait pas acculé contre le bureau. Le visage du Président s’était imposé dans son esprit, douchant immédiatement sa soif d’Elle. Elle était hors la loi et son devoir était de l’arrêter, pas de se laisser aller au vice dans le bureau de l’homme qu’il servait. Pourtant … Pourtant il avait encore envie d’elle, il s’en rendait compte à mesure qu’il la contemplait. Le dégoût et le désir se battaient pour avoir le dessus et il ne savait plus que faire. Fermant les yeux un instant, il les rouvrit avec détermination, et attrapa les poignets d’Azzura. La faisant pivoter, il échangea leur place et la poussa contre le bureau, ses doigts se serrant contre sa peau avec force. Il avança son visage contre le sien, jusqu’à ce que leurs fronts se frôlent. « Il penserait que tu es une espionne venue distraire son garde du corps, que tu as réussi à me corrompre, que sa sécurité est mise en péril, que nous méritons un aller simple pour Rikers Island. Et je ne serais pas loin de lui donner raison. » Il la poussa plus brutalement contre le bureau, laissant sa colère le submerger pour ne plus prêter attention à l’envie d’Elle. « Tu sais très bien que je ne le ferais pas, pas ici, pas comme ça ! Pourquoi venir tester mes limites ? A chaque fois que tu as réussi à me faire fermer les yeux sur mes devoirs, il n’en est ressorti que du malheur, pour nous deux ! C’est ce que tu veux ? Que l’histoire se répète ? » Sa voix était montée en puissance, et il cria la dernière question, avant de la lâcher et de reculer de quelques pas, le visage défait. « Ne me fais pas ça … S’il te plaît. » Lâcha-t-il dans un souffle.
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MessageSujet: Re: Hiding Behind The Moon {PV}    Jeu 1 Nov - 17:24

Son antre silencieux lui apparaissait comme inaccessible. Il la dépossédait de son impassibilité. Traits fatigués et endurcis par la colère. Impression morose d’être confrontée à des Azurs étrangers. Elle replongeait dans une époque révolue. Parallèlement, l’empire romain était teinté d’illusions fantasques et mirobolantes. Elle intégrait ce monde chimérique dénué de sens, l’ombre prenant le dessus sur les lampées de feu. Ses promesses incertaines s’étaient glissées dans les tréfonds de Son être dès l’instant où la séparation avait eu lieu. Les souvenirs s’étaient dissipés rapidement et toutes Ses résolutions s’étaient envolées. Il incarnait un serpent venimeux désinvolte et catégorique, l’influence de son grand père incendiant sa sphère, meurtrissant sa poitrine. La texture éclatante du meuble en osier qui lui faisait face capturait son regard. Néanmoins, elle prêtait surtout attention à la bouteille de verre qui avait trouvé refuge sur celui ci, contenant un liquide ambré dont la qualité n’était probablement pas à négliger. « Je suppose que tu ne me servirais pas à boire si je te le demandais ». Maugréa t-elle, désireuse de se détacher de ces pensées dévastatrices par le biais de cette substance nocive. Elle hocha amèrement la tête, devinant d’avance quelle serait Sa réaction. Il ne ferait jamais d’offrande à son sang. Cette constatation tortueuse s’imprima dans son épiderme, alors que les pleurs de Zaira vinrent symboliquement briser ses tympans. Sa mâchoire se crispa lorsqu’elle prit conscience de la distance qui les séparait. Ses prunelles se perdirent sur Ses poings. Vague de mépris dissimulée qui lui donnait l’envie d’esquisser un geste malvenu et dédaigneux à son encontre. « Tu n’es pas comme lui ». Lui souffla t-elle dans des élans doucereux. Voix presque inaudible qui ne fut pas employée à des fins sournoises. C’était comme si elle tentait de se convaincre elle-même qu’elle ne s’était pas entichée d’un être démoniaque. Pourtant, il lui refusait l’accès à la moindre parcelle de son anatomie et de sa psyché. Ainsi, elle était dans l’incapacité de connaître l’homme qu’Il était devenu. La confiance qu’elle lui portait s’éteignait à mesure que les mots glissaient entre Ses lèvres. Combien de sorciers achèverait-il sous ordres du nouveau dictateur dont il prônait les pratiques ? Combien d’individus subiraient le même sort que celui réservé à sa propre fille ? Une colère sourde anéantit son territoire et elle n’eut pas la possibilité de répliquer. Ne voyait-il aucun point commun entre ces deux gouvernements ? Aurait-il fini par mépriser Zaira, le fruit d’un amour terni par son sang divin ? Avait-il basculé dans l’indifférence ? Ses mains se mirent à trembler, alors qu’elle réalisa que le Seigneur Renzacci était sorti vainqueur de cette lutte. Il l’avait choisi lui. Il semblait avoir définitivement perdu cette pureté qu’il avait camouflée dans son monde intérieur depuis l’enfance. Secrets auxquels elle avait eu accès. Ceux qui lui avaient permis d’oublier que le sang se répandait régulièrement sur le tissu qui le revêtait. Alors qu’elle était confrontée au Néant, en quête de savoirs, ses organes semblèrent en tension permanente.

« Excuse-moi. Je ne suis pas une charogne inanimée. Je suis profondément désolée d’empoisonner l’air que tu convoites. Je ne suis pas comme toi, ni comme Noah ! Ne cherche pas à m’inculquer tes souhaits et tes valeurs ! Ou plutôt ceux de leurs successeurs. Je ne serai jamais un pantin entre tes mains. Tu n’as aucune idée de ce qui se serait passé si tu ne m’avais pas renié. Je t’aimais. J’imaginais que…laisse ! »

Aboiements transcendants s’échappant de ses lèvres. Discours au goût d’inachevé. J’imaginais que tous ces siècles passés n’auraient pas effacés notre histoire. Que tu avais changé. Que tu aurais tout donné pour que tes prunelles s’ancrent à nouveau dans les miennes. Malgré tout cela, je t’aime encore. Ces révélations restèrent coincées dans sa gorge, comme si elle craignait une contre attaque, des moqueries dérisoires ou une indifférence scandée au grand jour. Mystère et incompréhension démantibulés. Diable qu’elle aurait souhaité avoir un pouvoir sur l’espace temporel. Réintégrer son corps enfantin et le sauver de la perversion égratignant sa peau. Profiter de Ses faiblesses passagères adolescentes et arriver à une satisfaction jouissive. Cette passion avait été insuffisante à Ses yeux. Encre non consommée jusqu’à sa date de péremption. Pour cela, elle lui en voulait. Tu ne mérites plus de l’entendre. Pensa t-elle lorsqu’Il évoqua son séjour en prison. Elle plissa les yeux, surprise par cette absence soudaine de détachement. Une félicité temporaire l’étreignit comme en témoigna le sourire extatique qu’elle ne parvint pas à contenir. Il la métamorphosa en animal réduit à un état servitude sentimentale à son égard. Elle ne savait pas sur quel pied danser, son état d’esprit oscillant en fonction de cette pluralité de réactions.

« Qu’est-ce que tu comptes faire ? »

Lui demanda t-elle en cherchant Son regard. Instabilité chronique qui le caractérisait. Dire que sa survie dépendrait de Ses envies. Il avait le pouvoir de déterminer si elle reverrait Cora. Responsabilité d’aînée mal assumée qu’elle n’était pas en mesure d’ignorer. Besoin permanent de la revoir, de la protéger, de gagner son pardon avant de l’excuser à son tour. Désirs irraisonnés de continuer à subir le martyr à Son contact. Elle frémit sous Ses caresses, aspirant à ce qu’il redécouvre ses courbes, les affres du vice, bercée par cette odeur dont elle avait souhaité se délecter à Darkness Falls. Souffle coupé, incendies dans sa poitrine. Réminiscences qui la firent revivre. Il y mit un terme très rapidement, maltraitant sa chair sans lui accorder un seul moment de répit. Elle grimaça sous le poids de la douleur, échappant un léger cri de surprise lorsqu’il la poussa contre le bureau de ce maître idolâtré. Soumission vomitive qui n’eut pas raison de cette excitation sensuelle qu’il avait fait grimper chez elle. Ses lèvres cherchèrent les Siennes lorsque leurs fronts se frôlèrent. Pourtant, elles ne parvinrent jamais à se plaquer. Ses hurlements persécutèrent ses organes auditifs. Néanmoins, elle était désireuse de tester l’emprise qu’elle pouvait avoir sur Lui, ses mains ensanglantées se frayant un chemin au niveau de Son entre jambes, tâchant le vêtement. Elle s’inventa un tempérament d’aguicheuse qui ne lui correspondait pas. Il était trop tard pour que la raison prenne le dessus sur la passion. Provocatrice dans l’âme, elle usa de ses talents dans le but de lui faire cracher la Vérité. Craignant secrètement qu’Il fasse naître en elle une jalousie destructrice et qu’Il l’assassine de par ses propos.

« Qu’est-ce que tu exiges ? Un dîner aux chandelles ? Je n’ai jamais été vénale. Cependant, quitte à participer au génocide, autant me faire profiter de ton argent. Je présume que j’ai été assez méritante ! Ceci dit, tu as probablement raison. Cette seconde vie est à envisager comme une bénédiction. Après tout, nous n’avons jamais été unis par les liens sacrés du mariage. Nous avons la possibilité de nous tourner vers de nouveaux prétendants. T’es-tu remis à peindre ? L’une de tes modèles a-t-elle su te redonner l’inspiration ? »

Ses lèvres frôlèrent les siennes avec bien plus d’insistance, tandis qu’Il lui arracha des murmures emplis d’amertume. Ses palabres la reconduisirent tout droit dans ses songes. Elle tenta de recoller les morceaux du puzzle, le loup observateur s’imposant à elle à nouveau. Ses mains pénétrèrent à nouveau dans ses poches intérieures. Elle s’empara de cette fiole machiavélique conçue par ses soins et la projeta contre le sol avec une violence inouïe. S’en suivi la prononciation d’un rituel incompréhensible. Créatrice d’illusions infernale. Un troupeau de canidés à l’allure furibonde les encerclèrent. Elle le mit au pied du mur en lui scandant des ordres déraisonnés étant donné les lieux et les enjeux.

« Je ne suis plus ton style de femmes, certes. Qu’en est-il de ces prédatrices ? Transforme-toi ! Je veux savoir qui tu es. Livre-toi ! ».

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MessageSujet: Re: Hiding Behind The Moon {PV}    Dim 11 Nov - 16:09

    « Je suppose que tu ne me servirais pas à boire si je te le demandais » Il avait du mal à la suivre. Il en était encore à essayer de surmonter la surprise de la voir aussi, ainsi que la honte qu’il ressentait à se trouver devant elle, et elle … Lui demandait de lui servir un verre. Il regarda distraitement par-dessus son épaule, notant la bouteille de bourbon qu’il avait si souvent vu ouvrir par le Président, mais qu’il n’avait pas un seul instant – jamais – songé à consommer lui-même. Bien obéissant, presque inhumain, comment aurait-il pu formuler une telle pensée ? Cela appartenait au Président, la question ne se posait pas. Et bien, visiblement elle se posait pour Azzura, et cela le prit de court. Il poussa un grognement qui ressemblait à s’y méprendre à ceux du loup, et détourna son regard de la bouteille ambrée. « Et tu ne voudrais pas que je te donne les codes d’accès du système de sécurité, tant qu’on y est à demander des faveurs ? Tu as l’air d’oublier où tu te trouves. Si ce n’était pas sur moi que tu étais tombée, tu serais morte. Ou pire encore. » Il était bien placé pour connaître les châtiments infligés aux rebelles de son genre, et il en avait la nausée en imaginant ce qui se serait passé si le Président ne l’avait pas forcé à aller voir, lui, plutôt que d’envoyer un garde lambda. Mais dans sa tête se mélangeaient ce qu’il avait vu au Moyen-âge, ce qu’il avait fait même, et ce qui se faisait maintenant. La limite entre ses souvenirs et la réalité devenait floue, comme s’il ne savait plus faire la part des choses. Pourtant, ses souvenirs étaient si lointain … Mais il avait l’impression qu’ils faisaient partie d’un rêve – un très mauvais rêve – dont il se serait réveillé en sursaut avec l’apparition d’Azzura, si perturbé qu’il ne parvenait plus à déterminer où commençait la réalité, et où s’arrêtait le rêve. « Tu n’es pas comme lui » Il fronça les sourcils, incertain quant à la façon dont il devait prendre cette soudaine affirmation. Pas comme qui ? Cela aurait pu sonner comme une insulte, mais le ton qu’elle avait employé n’y ressemblait pas, et il fut tenté de prendre ça comme une espèce de compliment … Bien qu’il ne comprenne pas vraiment où elle voulait en venir. « Comme qui ? » Souffla-t-il, confus mais désireux d’avoir une réponse à cette question. Avec qui le comparait-elle ? Il en voyait, des réponses … Et il n’avait pas envie de les voir. Il savait très bien à qui il pouvait être comparé, ce n’était pas forcément flatteur, même si c’était souvent mérité.

    « Excuse-moi. Je ne suis pas une charogne inanimée. Je suis profondément désolée d’empoisonner l’air que tu convoites. Je ne suis pas comme toi, ni comme Noah ! Ne cherche pas à m’inculquer tes souhaits et tes valeurs ! Ou plutôt ceux de leurs successeurs. Je ne serai jamais un pantin entre tes mains. Tu n’as aucune idée de ce qui se serait passé si tu ne m’avais pas renié. Je t’aimais. J’imaginais que…laisse ! » La violence avait repris le pas sur la douceur, l’air étrangement mélancolique dans les yeux d’Azzura s’était effacé au profit de la colère, le ressentiment qu’elle pouvait avoir envers lui et qu’il ne comprenait pas totalement. Elle évoquait soudain Noah, et un doute s’alluma dans son esprit. Etait-ce avec lui qu’elle le comparait ? Avait-elle encore des liens avec lui ? Il ne l’avait pas revu, depuis des siècles. Il ne savait pas ce qu’il était devenu après la mort d’Azzura, mais sans doute que lui aussi avait été envoyé à Darkness Falls … Et était revenu. Rafael ne voulait plus entendre parler de lui, il faisait partie du passé, encore une erreur à mettre sur la liste déjà bien trop longue des relations qui s’étaient révélées être de vrais nids de serpents. Azzura l’évoquait comme elle évoquait leurs différences d’opinion, et cela, Rafael ne pouvait le comprendre. Comme pouvait-elle les comparer ? Noah était un traître. Et lui … Etait un traître également. Pas de la même trempe, mais un traître assurément. Il avait trahi ses convictions en choisissant Azzura plutôt que son grand-père, il avait trahi Azzura en ne revenant pas vers elle dès qu’il avait su qu’elle était vivante. « Tu m’aimais. » Répéta-t-il d’un ton tranchant. L’usage du passé était plus douloureux que le reste de ses paroles. Pour lui, leur amour n’était pas au passé, il existait toujours, et faisait toujours partie de cette brûlure intense qui le consumait encore chaque jour. « Qu’est-ce que tu imaginais ? Qu’avoir passé toutes ces années à ressasser nos derniers moments ensemble auraient fait de moi un autre homme ? J’ai compris mes erreurs et je n’ai pas l’intention de les reproduire ! Tu crois que j’essaye de te convaincre à embrasser mes idées mais tu fais exactement la même chose. Ne compte pas sur moi pour accepter ça, s’il y a bien une chose que j’ai compris en les voyants tuer Zaira, c’était que rien ne serait arrivé sans la magie. Alors oui, je vais continuer à être de l’autre côté, et tu n’y pourras rien. Je t’aimais moi aussi, j’ai tout abandonné pour toi, et c’est parce que je t’aime encore aujourd’hui que je vais éviter de reproduire tout ça ! »

    Quand elle lui demanda ce qu’il comptait faire, il garda le silence. Il n’avait aucune idée de ce qu’il allait faire, à dire vrai. Comme toujours avec elle, d’ailleurs … Parce qu’il savait ce qu’il devait faire, ce que son devoir lui dictait, mais que son cœur refusait de s’y plier. Il ne voulait pas l’envoyer à Rikers Island, il ne voulait plus être le responsable de sa douleur, de son emprisonnement … Ni de sa mort. Elle l’avait cherché en venant ici, avec bien plus de chances de se faire prendre que de parvenir à pirater les lieux en toute impunité, mais cela ne réussissait pas à le convaincre de sa culpabilité. Du moins, même s’il voyait clairement sa culpabilité, il ne voulait pas la punir pour cela … Mais cela n’enlevait en rien son sens du devoir toujours hurlant en lui, et qui se révolta quand elle tenta de l’aguicher. Dans un autre lieu, un autre temps, il se serait laissé aller avec délice à cet acte de luxure, de péché même si l’on en croyait toute son éducation, mais il devait garder en tête qu’il n’avait plus le droit de goûter à ce fruit défendu … Et surtout pas dans ces circonstances. Mais elle était là, terrifiante tentatrice, à tenter de happer ses lèvres quand il faisait de son mieux pour l’éviter, à poser ses mains là où il ne pouvait pas cacher ses réactions si humaines … Ses pupilles s’étaient dilatées sous l’effet du désir qu’il ressentait pour elle, mais ses mains se crispèrent de plus belle sur ses poignets, quitte à lui faire mal. Il ne pouvait pas céder. « Qu’est-ce que tu exiges ? Un dîner aux chandelles ? Je n’ai jamais été vénale. Cependant, quitte à participer au génocide, autant me faire profiter de ton argent. Je présume que j’ai été assez méritante ! Ceci dit, tu as probablement raison. Cette seconde vie est à envisager comme une bénédiction. Après tout, nous n’avons jamais été unis par les liens sacrés du mariage. Nous avons la possibilité de nous tourner vers de nouveaux prétendants. T’es-tu remis à peindre ? L’une de tes modèles a-t-elle su te redonner l’inspiration ? » Le ressentiment dans sa voix était clair, tout comme la jalousie, mais il entendit également bien plus que ça, et c’est sa propre jalousie qui s’en retrouva attisée. Ils n’avaient jamais pu se marier à cause de la nature secrète et réprouvée de leur relation, mais il s’était toujours considéré comme lié à elle de façon irrémédiable. « Qu’est-ce que tu veux, une pension ? Tu l’as dit, nous n’étions pas mariés, je n’ai aucun devoir envers toi. Mais ne me fais pas croire que tu attendais ma permission pour avoir d’autres hommes dans ta vie … Vu la joie exubérante que tu as montré en apprenant que je n’étais pas mort il y a des siècles, j’ai du mal à croire que tu as pleuré mon absence très longtemps. » Il esquiva délibérément la question sur sa peinture, un sujet sensible qu’il n’estimait absolument pas digne d’apparaître en cet instant, où il ne ressentait que colère et amertume, alors que l’art était source de plénitude et de joie. Surtout quand il s’agissait d’elle, qui avait toujours été sa seule Muse, sa plus grande source d’inspiration …

    Pourtant habitué à combattre la magie et à déceler les actes maléfiques avant qu’ils n’apparaissent, il ne vit pas venir le geste perfide d’Azzura. Il se sentit soudain oppressé, trahi, quand elle lança la fiole et récita ses incantations démoniaques. L’apparition soudaine d’une meute de loups, autour de lui, hurlant à ses oreilles en un son si familier, ajouté à la violence des sentiments qu’il ressentait, lui fit oublier tout sens des réalités. Les murs autour de lui s’effacèrent, le Président disparu de son esprit, Azzura même se fondit dans un brouillard informe, il ne voyait plus que les loups, et cette voix impérieuse qui jaillit soudain du néant … « Je ne suis plus ton style de femmes, certes. Qu’en est-il de ces prédatrices ? Transforme-toi ! Je veux savoir qui tu es. Livre-toi ! » Il n’eut absolument pas conscience qu’il se transformait. C’était naturel, tout autant que respirer, et il ne se posa aucune question. Ses frères l’appelaient, et cette voix humaine retentissait encore dans sa tête, irrésistible. Il était de retour dans le rêve, dans cette réalité distordue, où le loup avait plus de pouvoir que l’humain. Sa peau se couvrit de fourrure, ses os s’allongèrent, se plièrent, ses crocs apparurent dans sa bouche. Une sensation de soulagement immense l’envahit alors qu’il retrouvait le loup et qu’il oubliait Rafael, durant cet instant où l’humain ne parvenait pas à prendre le contrôle sur l’animal, mais immédiatement après qu’il eut terminé sa transformation, ses oreilles se couchèrent sur son crâne et il dévoila ses crocs en grognant. Il percevait toujours les loups autour de lui, mais également une autre présence … Délaissant les loups, qui semblaient étrangement altérés à ses sens aiguisés, il s’avança vers l’être humain, la menace. Mais quand il reconnut son visage, le grognement cessa au fond de sa gorge. C’était Elle, l’humaine qu’il était allé visiter si souvent et qu’il n’avait jamais eu le droit d’approcher, celle qui avait hanté tous ses rêves sans exception et qu’il n’avait pourtant jamais rencontrée. Celle qu’il désirait tant aborder sans comprendre pourquoi, et qui se trouvait devant lui, qui le fixait pour la première fois … Il était un loup et elle était humaine, mais il la trouvait magnifique et il s’approcha encore, poussé par cette étrange affection qu’il ressentait pour elle. Il s’arrêta avant de pouvoir la toucher, cependant, ses yeux jaunes toujours fixés sur elle, attendant qu’elle bouge, qu’elle confirme qu’elle n’était pas une menace.
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MessageSujet: Re: Hiding Behind The Moon {PV}    Ven 23 Nov - 16:02

Tempête dévastatrice qui avait fait naître en elle des pulsions mortifères. La reine de la bienveillance reposait sous terre depuis plusieurs siècles. Elle l’imprégnait de son nouvel univers marqué par la dissociation. Ses yeux couleur ambre balayèrent Sa silhouette, désireux de se perdre dans les affres du désir. Un flot de désinvolture s’immisçait dans ses chairs. Désormais, elle incarnait une créature préoccupée par des torsions rénales. Elle ne lui proposait plus des séjours à l’église mais des danses endiablées. Air du changement qui avait intoxiqué ses poumons peu de temps après Leur mort. Amertume qui inversait la balance. Elle soulevait le voile épais et permettait à la nuit de briller telle une émeraude ombrageuse. Ainsi, elle lui faisait découvrir de nouveaux traits de sa personnalité, s’éloignant avec plus d’insistance de Ses idéaux perfides. Elle pouvait sentir le souffle glacé de la mante religieuse se répandre sur sa peau décharnée, altérée par son venin. Ses murmures emplis de férocité avaient représenté le pire de ses fardeaux. Esprit vengeur qui continuait probablement de penser qu’Il se devait de réduire en cendres celle qui pervertissait son âme. Elle avait perçue la haine viscérale qu’il lui portait. Elle n’avait jamais envisagé le fait qu’il parviendrait à Le contaminer. Elle anticipait le craquement incessant qu’Il ferait subir à ses membres. L’affrontement terrestre de sphères à la fois semblables et distanciées. Le Seigneur était-il l’unique responsable de ce chaos ? Avait-il fait de lui un animal épris de ses instincts primaires, noyant la Connexion dans les tréfonds de son âme ? L’aliénation et la méfiance obscurcissaient son jugement. Il incarnait une entité terrifiante ayant pour objectif de briser les dernières étincelles illuminant ses prunelles. Un démon abject transperçant sa peau par le biais de ses lames acérées. Qu’avait-elle imaginé ? Qu’il deviendrait un serviteur impérissable ? Que leurs états d’esprit continueraient d’être en miroir ?

Ses joues devenaient rougeoyantes, alors que son regard fixait malencontreusement la dégénérescence incrustée sur son corps. La familiarité, la sérénité se dissimulaient dans la pénombre. Elle avait la sensation d’être intégrée à un passé renié, se fondant dans les entrailles d’une période enfantine révolue. Ses chairs étaient teintées d’innocence. Elle ne parvenait pas à cacher le trouble qui subsistait en elle, alors que cet étranger était pris d’un désir impérieux la concernant. Elle s’était parfois rendue au fin fond de ce précipice gelé à l’époque où leur âme leur apparaissait comme aimantée. Secrets inavouables qui engendrèrent l’émergence d’un sourire indéchiffrable. Elle devint détentrice de leurs voyages, brutalisée par ces reviviscences cendrées. La félicité associée à leurs étreintes avait donné naissance à des gémissements d’horreur. Draps de soie tachetés de sang. Celui de Ses victimes. Marques de trahison empoisonnant Son sang. Elle n’avait pas honte de son essence de sorcière mais de Sa démence criminelle. La nuit ayant suivie le trépas de ses congénères, elle avait été réveillée par leurs hurlements de douleur. Sursauts qui furent les témoins d’une divergence inébranlable. Cauchemars funestes qui intoxiquaient l’antre de leur amour. Elle le voyait générer les flammes, les consumant sous ses yeux. Elle pleurait la mutation de ces charognes, métamorphosées en un tas de poussière. L’air qui s’infiltrait dans leurs poumons avait toujours été infectée de regrets et de culpabilité dont elle était la seule propriétaire. Elle était hantée par des meurtres sanglants qu’elle n’avait pas commis. Etre irraisonné qui n’avait jamais été traumatisé par l’odeur associée à la décomposition de leurs membres. Une vengeance macabre grondait en elle. Pourtant, le Lien qui les unissait l’empêchait de décharger son courroux ravageur. Il méritait pourtant mille offenses. Elle avait lu la rancœur dans le cœur de Ses victimes, lors de son séjour à Darkness Falls, mourant dans la couche du Bourreau. Elle se devait d’accepter son offrande. En effet, en l’évinçant, il estompait sa culpabilité. Elle ne baisserait pas les yeux face à Cora. Elle n’aurait pas d’aveux à lui faire. Elle ne la décevrait pas une nouvelle fois. Des belles résolutions qui s’envolèrent en fumée lorsqu’elle prit conscience des facettes qu’il tentait en vain de lui dissimuler. Une lueur cynique se dessina au creux de ses palabres. Elle était envahie par des élans de stupidité, prête à jeter tous ses idéaux au placard dans le but de gagner Son affection ainsi qu’un brin d’attention. Mentalement, elle était en quête d’une argumentation pertinente, tentant de mettre des mots sur les paradoxes. Inutilement, étant donné qu’il n’y en avait point. L’aveuglement s’intensifia, causé par cette proximité dégradante. Il était vivant. Elle se retrouvait en face à face avec la réalité, alors qu’il serrait ses poignées avec force, tantôt glacial, tantôt brûlant. Refusant que le brasier s’éteigne à tout jamais, elle fit en sorte que les jeux sensuels refassent surface.

« Pourquoi pas. Ton secret serait bien gardé. Ma survie pourrait t’être avantageuse. Ceci dit, je serais également tentée de refuser ton offre. Si j’avais eu le code d’accès, j’aurais échappé à ton numéro de charme que j’affectionne tant. Tu es très ingénieux mon chéri. Prendre un air d’homme inaccessible pour faire grimper le désir… »

Une fraction de secondes fut nécessaire pour la ramener vers le droit chemin. Elle avait cette sensation irréelle d’entrer en communication avec Sa sœur. « Après tout ce qu’il nous a fait… » . Elle était en train de rompre les promesses silencieuses qu’elle s’était résolue à lui faire. Elle l’encourageait dans l’exécution de ses victimes. Elle ne facilitait pas l’unification de sa personnalité. Elle ferma les yeux sur la déclaration de son amour et contint cette euphorie momentanée, se mordant la lèvre inférieure pour s’empêcher de lui révéler ce flot d’émotions dévastateur. Il était parti. Il ne mettrait jamais un terme à ses pratiques barbares. Il haïssait son sang. Il la tuerait s’il apprenait sa dépendance à la magie noire. Elle n’était pas parvenue à le changer. « Tu ne mérites pas d’entendre la vérité. Tu es parti. Il a finalement gagné… ». Néanmoins, en tant qu’enragée -peut-être trop idéaliste-, elle n’abandonna pas ses projets. Il s’agissait de Lui.

« Lorsque tu les tues, c’est nous que tu vises. J’aimerais retrouver l’homme qui s’est enfuit avec moi. Celui qui s’est mis à regretter ses actes de cruauté. Le luxe et ces principes ingurgités n’avaient plus aucune importance à tes yeux. Je sais qu’il te reste une parcelle d’humanité. Montre la moi. »

Murmures presque suppliants qui furent à présent destinés au loup qu’Il incarnait. Celui qu’elle avait vu dans ses songes. Celui qui apparaissait toujours derrière le tamis nocturne. Etat de stupeur momentané qui permit à une vague de paix de s’installer. Il n’y avait aucune crainte qui lui nouait l’estomac. Elle offrait sa confiance à l’animal. Elle tendit sa main vers le loup, en vue de la plaquer contre son museau. Marque d’affection grandissante. La Vérité s’était inconsciemment imposée à elle dès son retour sur Terre. Malheureusement, ses dons ne lui permirent pas d’anticiper la survenue d’un nouveau drame. Un deuxième homme chargé de la sécurité fit irruption dans le bureau du président. Elle eut à peine le temps de se rendre compte de sa présence que son fusil fut braqué sur l’animal. « Non ! » . Elle s’interposa, lapidée par la perfection de cette arme à feu. Liquide rougeâtre se répandant sur le sol. Le sien. Incendie dans sa poitrine. Bruit funèbre flagellant ses tympans. Inconscience. Ce qui devait arriver arriva.

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