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 a ticket to anywhere (pv)

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MessageSujet: a ticket to anywhere (pv)   Dim 27 Juil - 13:14


A ticket to Anywhere
You got a fast car. I want a ticket to anywhere. Maybe wa can make a deal. Maybe together we can get somewhere. Any place is better. Starting from zero, got nothing to lose. Maybe we'll make something. But me, myself, I got nothing to prove. You got a Fast Car, I got a plan to get us out of here. You got a fast car. Is it fast enough that we can fly away ? We gotta make a decision, leave tonight or live and die this way. I remember we were driving, driving in your car. The speed so fast I felt like I was drunk. City lights lay out before us. And your arm felt nice wrapped 'round my shoulder. And I had a feeling that I belonged. And I had a feeling I could be someone.




Autour d’elle, le crissement des armes que l’on recharge lui arrache des frissons désagréables. Dans la boutique, un silence pesant s’est installé. Comme indéfectible, le mutisme dans lequel elle se retrouve plongée l’apaise - la rassure - lui permettant de se tenir à l’affut du moindre signe d’agression dont elle pourrait être la cible. Elle concentre son attention sur l’atmosphère hostile qui règne en tenancière dans l’échoppe. Une odeur de souffre lui caresse les narines, elle retient un haut le coeur et soupire longuement pour se redonner une contenance. Elle pose alors des yeux ternes, moroses - à l’image des cernes balayant son visage blême - sur les murs délabrés de la boutique d’armes. Tapissés de toutes sortes d’équipement, ils n’en restent pas moins usés par le temps. Certaines pièces de cette impressionnante artillerie fond froid dans le dos. La sorcière connaît tous les attributs de cette officine. C’est un repère essentiel pour les résistants en devenir à la recherche de l’arme d’attaque et de défense parfaite. Mais pas seulement. Pour les connaisseurs, on trouve ici des instruments barbares visant à détruire les sorciers, les réduire en poussière ou les priver de leurs pouvoirs. De tels jouets sont des pièces rares et chères. Natascia  hausse un sourcil et se satisfait de cette dernière observation. Elle divague un instant et contemple  de ses yeux ombrageux l’arsenal qui s’offre à elle, bien qu’elle ne soit pas venue pour faire une nouvelle acquisition. Une voix rauque la surprend. Elle fait volte-face et se retrouve nez à nez avec le responsable de cet immense réserve meurtrière. Elle connaît cet homme. Sa stature impressionnante lui donne des airs de baroudeurs. C’est à lui qu’elle a acheté l’arme qu’elle porte à sa ceinture et qui ne la quitte plus depuis quelques temps. C’est un homme droit, la cinquantaine, pas bavard. Mais peu importe. La sorcière, comme tout ces autres clients, ne lui demandent rien de plus que ses précieux conseils et autres services indispensables. D’un hochement bref de la tête, il l’invite à le suivre jusqu’à son comptoir. Sans rechigner, elle lui emboîte le pas et le regarde passer derrière l’établi en bois massif. Il pose sur elle un regard vide de toute émotion et elle ne tarde pas avant de se saisir de son arme, dissimulée sous les pans de sa veste en cuir sombre. L’italienne la pose sur la table et toisant le vendeur, immobile. « J’ai besoin de recharges », annonce-t-elle sur un ton détaché. Il ne dit mot, se redresse et part s’enfoncer dans les méandres de son arrière boutique. Il en revient quelques secondes plus tard avec un paquet de balles en cuivre correspondantes à la référence. Toujours muet, il les pousse vers la sorcière qui s’en saisit du bout des doigts et les porte vers le sac qu'elle tient en bandoulière. Tu dois faire peur à voir ma pauvre fille, pense-t-elle en remarquant le regard conciliant que le bonhomme lui adresse. Elle n’ajoute rien, range son arme à sa cordelière, paie son dû au responsable et sort de la boutique sans tarder. La nuit est déjà tombée sur la Nouvelle-Orléans. Elle n’y avait même pas prêté attention.

Comme une ombre, elle avance en laissant sa raison la guider. Le chemin vers son appartement, elle le connaît par coeur. Ce quartier, elle en a apprit les moindres replis, elle se repère aisément dans toutes ces sinuosités et ne s’effraie plus de tout ces coins sombres. L’odeur de charogne flottant dans l’air, elle s’y ai faite. Dans toute l’horreur que cela puisse être, elle ne fait plus attention aux filles de joie sur le bord des routes. Mortes ou vives, elle ne les voit plus. Leurs teints d’albâtre leur donnant des aires de cadavre, quelque soit leur fin. Storyville n’est plus qu’un vivier de pourriture et de déchéance. Et lorsque le Soleil termine sa course folle et que ses rayons abandonnent le quartier malfamé, les fantômes apparaissent. Les vieux démons resurgissent, des créatures infernales prêtes à sauter à la gorge du premier passant se présentant à eux. Des sangsues affamées, violentes, brutales. Dévastatrices. La sorcière devrait courir, se hâter pour rejoindre sa pitoyable demeure. Mais elle ne s’en trouve pas la force. Malgré le fait qu’elle craigne à chaque instant pour sa vie, elle préfère se rassurer en se rappelant à chaque instant qu’elle n’est pas humaine. Elle est sorcière. Et au fond d’elle, elle tente de se convaincre que ses dons pourront la sauver en cas de représailles de la part des résistants qu’elle a trahi contre son gré. Une situation bien compliquée, qui lui donne la migraine. L’italienne secoue la tête pour chasser son mal être, relève la tête, observe la rue qui se vide autour d’elle. Les pires heures de la nuit ne vont pas tarder à arriver, apportant avec elles leurs lots d’abominations. Elle projette ses sens au lointain, une manière comme une autre pour elle de se rassurer. Mais ce qu’elle trouve, rôdant derrière elle comme un rapace guettant sa proie, provoque l’effet contraire. Son bon sens lui hurle de ne pas s’arrêter de marcher. Alors elle continue son inspection invisible du chasseur qui semble l’avoir prise pour cible. Il n’est pas humain, elle en est certaine. Mais ses capacités se troublent soudain, elle se retrouve comme submergée par un flot d’émotions auxquelles elle ne s’attendait pas. Les pas, lourds sur le bitume, se rapprochent doucement. Elle retient son souffle bien qu’elle ne comprenne pas vraiment pourquoi. Le regard posé sur elle, elle peut le sentir comme si elle le voyait. Il pèse sur ses épaules et paraît même la ralentir. C’est insensé. Les enjambées de son agresseur se font plus insistantes et elle songe de plus en plus à concentrer ses pouvoirs pour les arrêter. Mais cela s’avèrerait bien inutile car elle ne peut identifier clairement la nature de celui qui la poursuit. Alors, prise de folie ou n’ayant juste plus rien à perdre, elle porte sa main droite à sa ceinture, se retourne brutalement et pointe son arme en direction de la créature. La sorcière suffoque. Les battements de son coeur n’en finissent plus d’accélérer. Ses yeux ténébreux s’ouvrent et se ferment comme si eux-mêmes ne voulaient pas croire à ce qu’ils voient. Car ce qu’ils voient, c’est ce que Natascia redoute le plus. Bien avant les résistants en quête de vengeance, bien avant les zombies, bien avant le Gouvernement. Adriel.  
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MessageSujet: Re: a ticket to anywhere (pv)   Mar 29 Juil - 19:03

Assis sur un banc public, Nolan est immobile, pensif. Le seul mouvement qui persiste est sa respiration lente qui soulève lentement son torse pour ensuite le laisser s’affaisser dans un mouvement langoureux. Mains posées sur ses genoux, assis bien droit, il prend conscience des choses qu’on ignore normalement : il sent l’air passer dans ses narines, apprécie les sensations olfactives qui transmettent des informations à son cerveau. Il sent son souffle s’introduire dans sa gorge, assécher légèrement sa cavité buccale, puis qui pénètre ses poumons en lui apportant cet élément dont il dépend. La température ambiante est agréable, mais il a froid. Il tourne vivement le regard vers son bras, observe les poils qui se dressent lentement sur son épiderme. Il sent qu’un frisson va bientôt le parcourir, et c’est avec délice qu’il ressent cette petite décharge qui le traverse de la nuque jusqu’au bas du dos. Il cligne lentement des paupières, inspire plus profondément, et sort enfin de sa torpeur pour fouiller dans sa poche et en sortir un paquet de cigarette et un briquet. Une fois de plus, il observe le parcours de l’air, maintenant empoisonné, alors qu’il procède au parcours entre ses lèvres et ses poumons. La nicotine lui fait du bien, lui apporte un calme supplémentaire qui n’aurait pas été nécessaire.

Puis, soudain, il se redresse, tous ses sens en alerte. Il la sent plus qu’il ne la voit, cette présence qu’il adore mais déteste à la fois. Sa drogue, son héroïne. Il ignore ce qu’elle fait ici, pourquoi il arrive à sentir sa présence avant même que ses yeux ne se soient posés sur elle. Une partie de lui-même cherche à ignorer cette information, parce que l’état de plénitude dans lequel il était plongé une fraction de seconde plus tôt était tellement paisible… Espace d’un court instant, il avait échappé à sa réalité afin de se concentrer sur son présent, et durant ces quelques secondes, il a pu ressentir un profond bien-être, comme un accord total entre son esprit et son corps. Fatigué de se torturer face au passé, il avait pu entreprendre ce que certain appelleraient un exercice de méditation, et il ne désire qu’une chose : se replonger dans cette béatitude et se fermer au monde extérieur. Retrouver l’extase éphémère. Il ferme les paupières, respire une nouvelle bouffée de nicotine, tentant d’ignorer cette présence qu’il désire et rejette à la fois… Et il se lève. Son esprit n’est plus maître de son corps, celui-ci s’exécute sans qu’il lui donne des ordres, sans qu’il ne décide quoi que ce soit. Il se voit jeter sa cigarette sur le sol, remonter sa capuche afin de se fondre dans l’ombre qui est apparue en même temps que le soleil s’est couché. Un sourire mauvais se dresse sur son visage alors qu’il se met à courir, rapidement mais silencieusement. Tous ses sens sont en alerte, mais son esprit ne semble pas être en symbiose avec les actes qu’il pose. Il devrait s’arrêter, rentrer chez lui ou aller ailleurs, mais ne pas la suivre. Parce qu’il sait que cela ne mènera à rien, il sait que malgré son obsession il doit la laisser partir. Mais il ne le peux pas, parce que son corps refuse d’écouter sa logique et continue à traquer celle qui obsède toutes ses pensées.

Si au départ il marchait d’un pas vif, désormais il court, mettant à profit ces longues années d’entraînement alors qu’il était la star sportive des institutions dans lesquelles il faisait ses études. Il pourra la rattraper rapidement, il le sait, parce que ses enjambées sont longues, ses muscles puissant lui offrent une rapidité appréciable. Elle le fuit, il le sait, et cela ne rend la course que plus agréable pour cette traque qui s’est imposée à lui-même. D’ici une ou deux minutes, elle sera à sa portée, et il pourra enfin la voir, lui parler, peut-être même la toucher. Retrouver ne serait-ce qu’une seconde les sensations d’autrefois, pouvoir croiser son regard ou observer son visage est une éventualité beaucoup trop intéressante pour que sa logique prenne le contrôle sur ses actes. « Natascia… », murmure-t-il en augmentant la vitesse. Il peut désormais voir sa silhouette, reconnaître ses formes. Il a l’impression erronée que, s’il tendait la main, il pourrait caresser cette chevelure. Peut-être même lui caresser la nuque. Attirer son visage vers le sien, poser ses lèvres sur celles de la sorcière. Effleurer sa joue, posséder son regard.

Sa rêverie est interrompue alors qu’elle se retourne, braquant vers lui une arme qui le pousse à s’arrêter net. Sa respiration est saccadée, ses muscles l’élancent légèrement, n’appréciant pas cette course alors qu’ils étaient au repos depuis plusieurs heures. La peur qu’il lit dans le visage de Natascia lui fait mal, parce qu’il sait qu’elle le reconnaît et que c’est précisément sa présence qui provoque cette terreur. « Natascia. », répète-t-il, d’une voix plus sonore cette fois. Très lentement, il lève les mains, descend cette capuche qui cache son visage, révélant alors ses traits. Il semble plus maigre qu’à leur dernière rencontre, des cernes sont apparues sous ses yeux qui semblent désormais éteints, comme si la flamme qui les avaient autrefois rendus si vifs était désormais étouffée. Il pince les lèvres, descend légèrement les bras en les laissant suffisamment relevés pour révéler une position de paix. Il n’a pas d’arme sur lui, et même s’il en avait une il ne chercherait pas à se défendre où à effrayer la jeune femme. « Baisse cette arme… » Il ne s’agit pas d’un ordre, mais bien d’une demande formulée d’un ton timide, presque enfantin.
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MessageSujet: Re: a ticket to anywhere (pv)   Ven 1 Aoû - 13:43




Le souffle coupé, immobile, elle toise le ténébreux de ses yeux neurasthéniques. Soudain incapable de se mouvoir, d'articuler ou de s'enfuir. Elle reste plantée là, le bras tendu au bout duquel une main frêle tient fébrilement une arme. Braquée sur celui qu'elle aime. La situation a tout d'une scène de tragédie grecque. La sorcière peine à respirer convenablement. La fraîcheur du soir lui cisaille les joues mais elle n'y prête plus attention. Tout ce qu'elle voit, à présent, c'est cet homme dressé en face d'elle. Celui qu'elle ne veut plus voir. Pas après ce qu'il lui a infligé. Mais le fait est qu'il l'a suivie et que maintenant, elle ne peut échapper à cette confrontation. Elle aurait aimé se rendre invisible et partir, rentrer chez elle et s'y enfermer, comme toujours ces derniers temps. Elle aurait aimé avoir eu le bon sens de partir plus tôt de la boutique d'armes et de n'avoir jamais croisé le regard de celui qui l'a tant fait souffrir. Elle aurait aimé qu'il ne l'ai pas frappée, finalement. Tout aurait été beaucoup plus simple. Aujourd'hui ils seraient certainement en train de vivre cette passion qui la ronge de l'intérieur. C'est un combat contre elle-même que la sorcière mène à présent. Partagée entre la crainte de revivre cette nuit funeste où leur relation à définitivement prit un tournant malsain, et l'amour qu'elle ne peut s'empêcher d'éprouver pour cet homme. L'homme bon, infiniment bienveillant qu'il reste malgré la jalousie qui le dévore injustement et qui causa leur perte. Elle se maudit de penser cela. Elle ne devrait pas éprouver encore autant de choses pour lui après ce qu'il lui a fait. Elle s'efforce de lui en vouloir car c'est ce que la raison lui dicte de faire. Mais son coeur a des ambitions bien différentes. Dans sa poitrine, il lui hurle de lui sauter au cou et de l'étreindre jusqu'à l'étouffement, de se laisser aller à ses lèvres délicieuses et surtout d'oublier leur passé. Elle en meurt d'envie. Et pire encore. Mais pour une fois dans sa pitoyable existence, elle s'est promit d'être prudente et de ne pas agir sous l'effet de son impulsivité légendaire. Alors elle reste là, immobile mais pas impassible, tremblant sous le regard poignant de son ancien amant. La sorcière retient un soupir d'ivresse en entendant la voix lascive du bellâtre prononcer son prénom. Le manque qu'il a creusé dans ses entrailles de magicienne la transperce de part en part et son coeur se met à battre de plus belle. Manquant de suffoquer, elle plante un regard effarouché dans les yeux de Nolan - bien décidée à lui faire comprendre qu'elle ne se laissera pas faire. Bien qu'en vérité, elle ne demande que ça. Un chant mélodieux retentit de nouveau à ses oreilles tandis qu'elle détend ses muscles petit à petit. Comme si la voix de son immémorial  soupirant la possédait, elle ne se sent absolument plus la force de maintenir son arme en l'air et baisse doucement le bras vers le sol en ne quittant pas l'humain des yeux. Elle prolonge son geste en replaçant son petit arsenal à sa ceinture, osant espérer que le Daybreaker ne lui joue pas un mauvais numéro pour ensuite lui sauter à la gorge. Perdue dans le flot d'émotions qu'elle ne contrôle plus, Natascia fait un pas en arrière. Submergée par la vague, elle aurait préféré s'y noyer, plutôt que de devoir l'affronter. Se confronter à cet être de malheur. Lui, le centre de son monde et le pilier de ses tourments.

« Tu ne devrais pas être là... », souffle-t-elle, usant d'une voix tendre malgré tout ses efforts pour demeurer froide et repoussante. « Vas t'en. Reste loin de moi », proteste l'italienne. Elle ne pense pas un mot de ce qu'elle dit mais elle se fait pourtant violence pour que ses paroles aient l'air réelles et sincères. Devoir le chasser de cette manière la révulse. Elle se déteste encore plus de devoir le bousculer, l'exclure, le balayer de sa vie alors qu'il est le seul qu'elle voudrait vraiment voir rester auprès d'elle. La cruauté de l'affaire est évidente pour la sorcière. Elle refuse toutefois de se permettre un quelconque rapprochement. Alors, comme une compensation de ce dont elle se prive délibérément, elle se met à le détailler, scrutant le moindre petit détail de sa personne, pour se redonner une contenance devant lui. Toutes ces choses qui font de lui ce qu'il est et qu'elle pouvait toucher, caresser, sans devoir craindre pour sa vie. Les traits du Daybreaker sont tirés, son visage fatigué laisse apparaître des cernes bleuâtres juste en dessous de ses yeux cobalt. Il n'a rien perdu de son charme pour autant. Bien au contraire. Et cela rend la tâche de la sorcière encore plus compliquée, lui demandant des efforts presque surhumains pour se maîtriser et ne pas fondre devant lui. « Je t'en prie, Nolan, laisse moi... », supplie-t-elle tandis que ces jambes commencent à céder sous elle, emportées par le poids de cette rencontre. La brune tente vainement de se reprendre mais la douleur fend sa poitrine. Ce même déchirement qu'elle éprouva le soir où le ténébreux avait levé la main sur elle. Les souvenirs remontent tristement à la surface, embrouillant encore un peu plus l'esprit traumatisé de l'italienne. Fatiguée de se battre contre des démons qui la hante depuis trop longtemps, des abominations bien trop puissantes pour elle, les épreuves de la vie qu'elle peine à traverse la détruise. Réduisant son coeur en miettes et piétinant les morceaux. La géhenne s'empare de tout son être, à bout de souffle, elle suffoque. Prisonnière de cet affrontement, elle fronce les sourcils et ferme les yeux un instant comme pour retrouver cette force intérieure qui l'avait jusque là sauvée. Cependant, elle se confronte au néant. Nolan semble provoquer chez elle ce qu'elle redoute le plus chez un ennemi. Il la perturbe, la bouleverse, lui empoisonne l'esprit. Jusqu'à lui faire oublier ce qu'elle est, ce dont elle est capable. Mais est-il lui-même son adversaire ou reste-t-il son complice ? Tout ce bouscule dans tête et tout n'est plus que contradiction. Alors incapable d'agir raisonnablement, elle lui tourne le dos en priant les dieux auxquels elle ne croit pas de le faire disparaître de la route.
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MessageSujet: Re: a ticket to anywhere (pv)   Sam 2 Aoû - 20:53

C’est avec satisfaction qu’il la voit ranger son arme. Tout n’est peut-être pas perdu : si elle lui fait suffisamment confiance pour supporter d’être près de lui dans devoir se munir d’une protection, elle pourra peut-être supporter une conversation. Depuis cette nuit où il a perdu le contrôle, il ne désire qu’une chose : pouvoir échanger avec elle, pouvoir comprendre ce qui les a rendus là, et peut-être réussir à réparer ce qui a volé en éclat il y a trop longtemps déjà. Il n’est qu’à quelques mètres d’elle. En deux ou trois enjambées, il pourrait franchir la courte distance qui les sépare et tendre la main vers son visage pour le cueillir entre ses mains. Il reste pourtant paralysé, parce que la distance qui les séparent n’a rien de physique, il s’agit au contraire d’un éloignement beaucoup plus profond, qui réside au centre même de leurs âmes. Peu importe si son corps n’est qu’à quelques pas d’elle, il sait bien qu’ils n’ont jamais été si éloignés, pas même cette nuit où tout a dérapé. Il soupire, renonce à l’envie malsaine qu’il éprouve d’allumer une nouvelle cigarette. Comme il vient tout juste d’en terminer une, ce n’est pas le manque de nicotine qui le pousse à vouloir fumer, mais simplement une envie de s’occuper les mains et l’esprit en posant une succession de gestes anodins qui pourraient certainement lui donner une contenance. Tout plutôt que de rester là, face à elle, incapable de faire un pas vers elle, incapable de reculer. Il voudrait tellement qu’elle agisse différemment, qu’elle comprenne que ce n’est pas vraiment lui qui l’a attaqué, mais plutôt une ombre mauvaise qui vit en lui et qui prend de plus en plus souvent le dessus sur ses actes… Il voudrait pouvoir lui expliquer à quel point il tient à elle, et surtout, il voudrait pouvoir exprimer tous les regrets qu’il éprouve sincèrement. Combien de fois a-t-il formulé des excuses dans sa tête, alors qu’il pensait continuellement à elle? Combien de fois s’est-il tourné et retourné dans son lit marqué par l’absence de l’Italienne, n’arrivant pas à trouver le sommeil, se torturant en rejouant différentes scènes vécues auprès d’elle? « Je voudrais t’exaucer, te laisser tranquille. » Sa voix est rauque, son ton est grave. « Mais je ne peux pas. Je n’y arrive pas, Natascia… » Comment lui faire comprendre que chaque minute passé loin d’elle le fait souffrir davantage qu’une vie de supplice? L’apogée de sa douleur est de savoir qu’il est l’unique responsable de cet éloignement. Chaque jour, il réfléchit à cette nuit, chaque jour il se torture en se demandant comment les choses auraient pu être s’il avait pu contrôler sa pulsion s’approchant de la folie. « Comment as-tu pu te libérer de moi aussi facilement? », demande-t-il, sa voix se brisant sur le dernier mot. Natascia l’obsède depuis si longtemps, jamais il n’a été si vulnérable. Il serait prêt à faire la paix avec ce passé qu’il refoule parce que ses nombreuses pertes sont trop douloureuses, à accepter son nouvel état, voire même à endurer de nouveau les conséquences de sa maladie, ne serait-ce que pour vivre de nouveau avec elle, près d’elle. Il donnerait absolument tout ce qu’il possède pour qu’elle pose de nouveau sur lui un regard amoureux, pour qu’elle puisse lui faire à nouveau une place dans sa vie. Tout, plutôt que l’indifférence et l’absence qu’elle lui impose depuis trop longtemps déjà. Sans elle, il n’est rien. Il se renferme de plus en plus sur lui-même, et rares sont les personnes qui arrivent à lui arracher un sourire. Même s’il a quelques amis sur qui il peut compter et avec qui il lui arrive de passer de bons moments, tout lui semble désormais fade, parce qu’il a franchement perdu goût à tout dès l’instant où il a levé la main sur elle.

Elle lui tourne le dos, ce qui à la fois apporte douleur et soulagement à Nolan. Douleur, parce qu’il ne peut profiter pleinement de ce que ses sens oculaires lui offrent. Il aurait voulu pouvoir la regarder encore, parce que malgré ses traits fatigués et son teint blafard, elle reste à ses yeux l’image même de la perfection. Il pourrait observer ces lèvres délicates et ce nez fin durant des heures, et ne saurait se lasser de son regard pâle et de sa chevelure sombre. Soulagement, parce qu’enfin il peut laisser la douleur paraître sur son visage, il peut laisser ses yeux s’embuer de larmes. Face à elle, il refuse de se laisser aller, n’affichant qu’un masque neutre, la laissant deviner sa fragilité dans des détails infimes plutôt que l’afficher pleinement. Désormais, il a le regard humide, les sourcils froncés, les lèvres pincées pour retenir sa respiration de plus en plus douloureuse. « M’as-tu seulement déjà aimé? » Cette fois, il murmure, parce que l’émotion l’empêche de parler normalement. Il s’est déjà posé cette question des centaines de fois, ne trouvant jamais de réponse satisfaisante. Si elle répond par l’affirmative, il n’y croira pas réellement. Il ne conçoit simplement pas qu’elle ait pu l’abandonner si elle éprouvait pour lui des sentiments aussi puissants que ceux qui le rongent de l’intérieur, qui l’obsèdent et qui le guident dans chacune de ses décisions. Si elle répond par la négative, il sera tout simplement anéanti, pour de bon cette fois. Dans tous les cas, il redoute la réponse de Natascia, parce qu’il sera blessé peu importe l’issue. Dans un cas, l’espoir renaîtra indéniablement. Dans l’autre, il ne voudra qu’une chose : disparaître définitivement.
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MessageSujet: Re: a ticket to anywhere (pv)   Lun 4 Aoû - 16:28




Troublée, elle ne sait plus quoi faire. Complètement perdue entre ce que sa raison lui dicte de faire et ce que son coeur désire véritablement. Incapable de prendre une décision quant à son destin, fortement remis en cause ces derniers temps. Blessée au plus profond de son être, la sorcière se trouve dans le brouillard le plus complet. Se retrouver face à lui sans pour autant s’autoriser le moindre geste d’affection peut s’apparenter à de la torture. Pour elle tout du moins, c’est définitivement le pire des supplices. Un sentiment douloureux, destructeur, décuplé par le son de sa voix éraillée, masculine, venant caresser ses tympans. Un chant auquel l’italienne se laisse volontiers aller, se permettant même de fermer les yeux en l’écoutant. Comme bercée par l’élocution du bellâtre et au travers de laquelle elle peut déchiffrer toute son émotion. Les souvenirs des moments heureux qu’ils ont passés tous les deux lui reviennent en mémoire, comme une gifle à laquelle elle ne s’attendait pas. Derrière ses paupière closes, défilent les images d’un passé qui semble révolu à jamais. Leur première rencontre, leur premier baiser, leur première nuit ensemble.  Un frisson la parcourt de part en part et elle fronce légèrement les sourcils. Puis vient la première crise de jalousie, la première dispute. Et enfin la dernière, la pire de toute. Celle qui leur a coûté leur couple. Cette nuit de malheur qu’elle ne voulait qu’oublier. Le sentir aussi meurtri lui donne envie de s’enfuir en courant, vite et loin de cette vie chaotique. La sorcière ouvre subitement les yeux, interpellée. Un sentiment de colère prend naissance dans sa gorge et elle voudrait hurler, déchaîner vents et marrées contre ce monde, le détruire, définitivement. Tout au long de sa vie, elle n’a connu que la débauche, la déception, la mort, l’Enfer. Et le chaos. Pourquoi continuer finalement ? Les éléments semblent s’acharner sur elle, s’accordant entre eux pour qu’elle ne connaisse jamais le bonheur. Pire. Qu’elle côtoie cet état d’enivrement quelques instants avant que tout ne lui soit retiré, repris, enlevé. Touchée en plein sur son point faible, elle peine à retenir des larmes amères. Se libérer de lui, dit-il ? Comment peut-il penser une chose pareil ? Comment ose-t-il prononcer de telles paroles, de manière délibérée ?
 
« Tu parles comme si je n’étais qu’une chose que l’on possède, encore une fois… », insinue-t-elle en secouant doucement la tête. Comme déçue par ce qu’elle vient d’entendre, elle prend sa tête entre ses mains et se masse les tempes quelques secondes. « Mais tu te trompes » , continue la brune en proie à de profonds remords. Sa voix déraille. Une perle salée roule sur sa joue crayeuse et elle s’empresse de l’essuyer d’un revers de manche en espérant que le Daybreaker ne s’aperçoive de rien. Ils étaient si proches avant que tout bascule. Et maintenant, elle se refuse même de céder à l’émotion devant lui. Allant jusqu’à se forcer à arborer un masque neutre lorsque leurs deux visages se font face. Elle paraîtrait certainement froide et odieuse d’agir de cette manière mais peu importe. Elle veut se protéger avant tout. Ne pas paraître faible devant celui qui a le pouvoir de lui redonner le sourire en toutes circonstances. Ne pas lui montrer que sans lui, elle se sent vide, inutile. Ne pas laisser voir qu’il lui manque à chaque instant et que les jours sans lui s’écoulent plus douloureusement que jamais. Ne surtout pas lui laisser penser qu’il est irremplaçable et qu’elle n’avait jamais  aimé personne comme elle l’a aimé lui. Comme elle l’aime toujours. Et c’est pour toutes ces raisons que la blessure ne se refermera jamais et qu’elle continuera de saigner. Jusqu’à ce qu’elle trouve le moyen de la faire cicatriser. Pour le moment elle n’est sûre de rien. Et par dessus tout, elle ne veut pas croire que le remède à son mal être réside juste là, dressé dans son dos. Elle ne veut pas croire que celui qui pourrait la guérir est celui là même qui l’a blessée.

« Ta question est complètement stupide », souffle-t-elle, totalement exaspérée en réponse à l’absurdité prononcé par le ténébreux. Féline, elle se retourne, lui faisant de nouveau face. Pour mieux appuyer ses mots, elle plante son regard des mauvais jours dans les yeux embués de larmes de Nolan. Les jambes de la sorcière ne vont pas tarder à céder sous le poids de l’émotion si il ne se reprend pas rapidement. Épuisée de sa battre contre lui, elle avance de quelques pas abruptes résonnant sur le bitume. Elle se campe devant le bellâtre, se redresse vivement. Violente, elle saisit le visage du ténébreux d’une main ferme, le forçant à la regarder droit dans les yeux. « Si tu me faisais un tant soit peu confiance comme moi je te faisais confiance, tu saurais, Nolan », exhorte-t-elle d’une voix assurée, à deux doigts d’imploser sous l’effet de cette confrontation brutale. « Je ne devrais pas avoir besoin de te rappeler ce que tu m’as fais », insiste l’italienne, comblant le silence par des mots lourds de sens. « Ce que tu crois avoir vu n’était rien. Tu m’entends Nolan ? Rien du tout », explique-t-elle en appuyant chaque syllabe comme si elle s’adressait à un enfant. Elle termine son sermon en poussant le Daybreaker en arrière, le forçant à reculer. Elle en fait de même et jette sur lui toute la colère qu’elle peut faire apparaître dans ses yeux d’ébène. Elle ne doit pas être bien convaincante. Le costume de veuve noire ne lui a jamais plu. L’homélie qu’elle vient de prononcer lui apparaît soudain comme un exploit compte tenu de son état mental. Bien qu’elle ne s’en félicite absolument pas. Comme elle ne se félicite pas d’avoir violenté Nolan. Même si lui, n’a pas eu toute cette retenue lors de leur dernière entrevue. Il l’avait surprise dans la rue, complice avec un autre que lui. Mais cet autre n’était personne. Personne qui avait la moindre importance aux yeux de la sorcière. Il s’était laissé guidé par sa jalousie maladive, la peur de la voir s’enfuir au bras d’un autre homme. Soit. Elle s’était toujours montrée patiente, attentive. Elle l’avait toujours rassuré à ce sujet, lui assurant qu’il ne devrait pas s’en faire, lui murmurant des « je t’aime » à l’oreille pour le lui faire comprendre. Mais cela ne l’a pas empêché de tout gâcher. « Maintenant… », commence-t-elle, volontaire. Mais elle est soudain rattrapée par leur passé commun et se laisse submergée. Aucun son ne sort de sa bouche. Les mots restent bloqués au fond de sa gorge. Elle baisse alors la tête pour mieux camoufler cette autre larme qui vient effleurer son épiderme glacé.
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MessageSujet: Re: a ticket to anywhere (pv)   Dim 10 Aoû - 18:43

Silencieux, il observe longuement Natascia. Son cœur est si lourd qu’il se demande comment il fait pour battre avec tellement d’intensité. Il sent chacun des battements percuter sa poitrine, lui offrant une pression régulière qu’il ressent dans chacun de ses membres, qui résonne dans sa tête comme une sourde percussion lancinante, obsédante. Il a mal. Rien de physique, tous ses membres sont en bon état et les picotements qu’il ressentait dans ses jambes suite à sa course sont maintenant disparus. Il s’agit plutôt d’une douleur qui l’habite tout entier, qui l’envahit peu à peu, s’insinuant dans chacune de ses veines, glaçant son corps et son esprit. Une douleur qui part de l’âme, qui le possède régulièrement, mais qui atteint actuellement son apogée, alors que l’aimée se trouve près de lui, le rejetant et le détestant simultanément. Il l’aime… il l’aime tellement. À un point tel que l’amour s’est transformé en obsession, l’obsession en folie. Pourquoi disons-nous « je suis fou de toi », lorsqu’on aime ? La folie n’a rien du sentiment amoureux dont on se vante d’être transi, la folie est meurtrière et dangereuse, et si c’est d’abord Natascia qui en a souffert sous les coups de Nolan, il en est également victime. Le déséquilibre ne le quitte plus depuis cette soirée. Il ne cesse de ressasser le passé, le modifiant à sa guise, afin de se créer un univers fictionnel plus doux, plus calme. Si seulement il avait su se contrôler, s’il avait su avoir confiance en la femme qu’il aime… Il voudrait échapper à la réalité, mais ignore comment s’y prendre. Le suicide reste une option pour lui, une évidence qui s’est imposée à son esprit quelques jours après cette soirée. Bien qu’il ait souvent porté une arme à sa tempe, il n’a jamais su trouver le courage d’appuyer sur la gâchette, préférant se mentir, se faire croire qu’il devait bien y avoir encore quelque chose qui valait la peine d’être vécu. Mais à quoi bon continuer, si elle n’est plus là ? Tout est fade, sans elle. La vie a perdu ses couleurs, ses odeurs, ses saveurs. Natascia était celle qui le faisait devenir l’homme qu’il était, et en la perdant, il n’est devenu qu’une pâle ombre de lui-même. Il voudrait simplement disparaître, n’ayant pas le courage de poser le geste qui donnerait ce résultat.

Il l’écoute, à la fois blessé et fasciné. Car peu importe l’adversité qui s’impose naturellement entre elle et lui, peu importe la fureur et le dégoût qu’elle éprouve à l’égard de sa personne, elle est là. Enfin, il peut la dévorer du regard, il peut même deviner l’odeur qu’elle dégage. Juste pour cela, il ne regrette plus de s’être transformé en Daybreaker, car sans ses nouveaux sens surdéveloppés, les particules olfactives dégagées par la sorcière n’auraient eu aucun impact sur lui. Sa vision acérée capte cette larme qui s’échappe du regard noir de Natascia, et avant même qu’il ne puisse esquisser un geste pour venir la cueillir du bout des doigts, elle l’essuie furieusement. Cette unique goutte salée provoque un tumulte émotionnel chez lui, parce qu’il se déteste d’être la cause de cette larme, mais également parce qu’il s’en réjouit. Elle tient à lui, indéniablement. Peut-être ne veut-elle plus de lui, peut-être le fuit-elle comme la peste. Mais il provoque encore chez elle des émotions puissantes, il n’est pas qu’un caillou dans sa chaussure dont elle ne peut se débarrasser.

Le froid qui pénètre son corps et les sentiments qui dérangent son âme l’engourdissent, et c’est avec surprise qu’il voit Natascia s’avancer vers lui, violente. Il n’a pas le temps de réagir qu’elle pose les mains sur son visage, encadrant celui-ci sans la moindre douceur. Qu’importe, quand même aurait-il eu le temps de contrer cette attaque inoffensive, l’aurait-il voulu ? Sentir la peau de Natascia contre la sienne ne fait qu’augmenter son rythme cardiaque. Épiderme contre épiderme, yeux dans les yeux. Comme autrefois. Un tout autre contexte, certes : aucune chaleur ou tendresse dans cette nouvelle proximité, que de la colère, de la rage, de la furie. Il recule sous l’assaut de l’Italienne, au final bien déboussolé par cette rencontre. « Tu as raison. », dit-il de sa voix rauque. « Je n’ai jamais su avoir confiance en notre relation, mais tu te trompes sur un point. Ce n’est pas envers toi que je doutais, mais envers moi. » Il fait un pas vers elle, parce qu’après le court contact physique qu’ils ont eu, être loin d’elle lui paraît désormais impossible. « Je n’ai jamais compris pourquoi tu restais avec moi, et plus les jours passaient, plus je devenais fou à l’idée de te perdre. Nous avons été témoin du résultat… Je ne pourrai jamais comprendre ce qui m’a pris, ce soir là. Il n’y a pas une seule seconde où je n’y ai pas réfléchi, depuis. Tu habites chacune de mes pensées, Nat… » Il soupire, longuement. À quoi bon se perdre dans un discours qui, au final, sera probablement inutile ? « Je te demande pardon… J’ai eu tord. » Voilà. Ces mots sont les seuls qu’il peut désormais prononcer, parce que tous les discours du monde ne sauront le racheter aux yeux de Natascia. Il ne désire finalement qu’une unique chose : qu’elle comprenne à quel point il regrette tout, et même si elle ne lui accorde pas nécessairement le pardon qu’il ne mérite pas, il saura qu’il lui aura au moins présenté ses plus sincères excuses.

Alors qu’elle baisse de nouveau la tête, Nolan tend une main, lentement. C’est avec une douceur infinie qu’il pose celle-ci sur le menton de Natascia, relevant doucement sa tête, cherchant à nouveau son regard. Lui-même a le regard embué, et si une partie de lui voudrait chasser ces larmes pour afficher un masque plus masculin, il n’en fait rien. Il se présente à elle tel qu’il est, un homme qui se languit d’elle et qui l’aime à un point où tout ce qui n’est pas elle est douleur. « Maintenant quoi ? », murmure-t-il.
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MessageSujet: Re: a ticket to anywhere (pv)   Sam 16 Aoû - 12:58




La nouvelle proximité du bellâtre la rend nerveuse. Elle peut sentir le souffle chaud et rassurant émanant des lèvres du Daybreaker qui vient frôler ses joues irritées, rougies, par le froid ambiant. Après avoir été aussi complices que deux personnes peuvent l’être, ils sont aujourd’hui aussi proches que des étrangers. Bien qu’elle regrette la situation dans laquelle ils se trouvent à présent, la sorcière ne peut s’empêcher de penser que c’est une impasse dont ils ne sortiront jamais. La blessure est trop profonde. Elle ne guérira jamais vraiment. Et rien ne pourra venir combler le vide que Nolan a laissé derrière lui en commettant l’irréparable. Elle ne lui fera plus jamais assez confiance pour le laisser entrer dans l’espace vital qu’elle s’est inconsciemment crée autour d’elle. Peu importe ce qu’il pourra dire ou faire, rien ne sera plus jamais comme avant. S’en est fini de leur belle histoire. S’en est fini de l’amour et de la jalousie. Elle se maudit de l’avoir laissé la faire souffrir autant. Elle s’était pourtant juré que cela ne se reproduirait plus. Mais la force de ses sentiments fut telle que la sorcière s’est laissée aller à sa tendresse. Elle aurait mieux fait de se tirer une balle dans le pied ce jour-là. Si elle avait pu prédire la fin de leur idylle, elle serait partie en courant. Sans aucun doute. Elle aurait ainsi évité cette confrontation stupide. Elle aurait épargné à son coeur toute cette peine et cette géhenne qui la rend folle. Son esprit tourmenté contre sa volonté divague. Elle s’imagine alors saisir la main de Nolan et l’attirer vers elle. Dans une étreinte refoulée depuis longtemps, elle se voit lui murmurer à l’oreille que rien de tout ça n’est réel. Qu’ils peuvent partir et marcher toute la nuit. S’enfuir loin des horreurs dont ils sont toujours les acteurs. Tout abandonner, définitivement, et recommencer ailleurs. Elle se voit même lui avouer tout ce qu’elle a toujours redouté. Que sa voix l’apaise, que son sourire suffit à lui faire tout oublier, que ses mots sont comme un remède à ses oreilles et qu’elle ne s’imagine pas un instant sans lui, sans leurs doigts entrelacés, sans leurs corps mêlés dans les draps, sans tout ce qu’il représente pour elle. Elle voit leurs lèvres se sceller en un baiser intense, quelques larmes salées parsemant leurs joues. Elle voit leurs sourires fendre leurs deux visages. La voix rauque de Nolan la ramène à la réalité en une seconde. L’esprit de l’italienne réintègre son corps, perturbé par ses divagations internes. Elle secoue la tête, peinant toujours à croire que rien n’était réel. Elle fronce les sourcils, comme pour se forcer à rester attentive, alors qu’elle voudrait plus que jamais retrouver les bras rassurants du ténébreux. Se contenir, ne pas céder à la passion, devient encore plus compliqué lorsqu’il avance d’un pas vers elle. Un soupir désespéré lui échappe inconsciemment. Elle ne peut rien dire. Ses lèvres refusent de s’ouvrir. Ses mots restent douloureusement bloqués au fond de sa trachée. Cette sensation désagréable l’envahit, celle qui vous prend à la gorge et qui vous donne l’impression, qu’à la moindre parole, vous allez vous effondrer, littéralement. La sorcière ne peut se permettre de se montrer ainsi devant cet homme qu’elle croyait connaître. Alors elle se tait, plongée dans un mutisme lourd, pesant. Elle laisse les paroles de Nolan chanter contre ses tympans. Quelque chose s’apparentant à de la colère, ou de la rancoeur, prend naissance au fond de ses entrailles. Pathétique, pense-t-elle en l’écoutant débiter son discours sur la confiance. Elle n’y croit pas. Pas un mot. Elle reste persuadée qu’il ment. Butée, son sang d’italienne l’habite plus qu’elle ne veut bien l’admettre. Orgueilleuse, elle refuse de céder la première à ce petit jeu des excuses. Même si voir le bellâtre torturé ainsi et surtout déboussolé, la rend particulièrement vulnérable et sensible.

« Évidemment que tu as eu tort… », soupire la sorcière dans un murmure presque inaudible. Elle en serait presque agacée de l’entendre demander pardon. Elle ne sait même plus à quoi s’attendre, elle ne sait plus ce qu’elle veut de lui. Elle perd tout sens de la raison. Elle n’a plus aucune idée de ce qu’elle est censée faire ou dire. Elle en devient presque aliénée, aliénée tout court. Perdue dans ses propres sentiments, elle se dégoûte elle-même. La brune aurait tellement voulue ressembler à quelqu’un d’autre, juste pour cette fois. Quelqu’un qui n’aurait pas hésité un instant. Quelqu’un qui se serait contenté de balancer toute sa colère au visage de Nolan et serait partie, sans se retourner. Quelqu’un d’assez froid et antipathique pour ignorer sa douleur, leur douleur à tous les deux. Mais le fait est qu’elle reste qui elle est et qu’elle n’est pas de cette trempe là. Affaiblie par le flot d’émotions qui la submerge, elle ne se sent même pas la force de protester lorsque la main du ténébreux se pose sur son visage devenu blafard. La délicatesse dont il fait preuve la surprend. Il a l’air de vouloir se racheter encore une fois en lui montrant qu’il est capable de faire preuve de douceur envers elle. Le message, elle l’a compris, mais cela ne signifie pas qu’elle est prête à l’accepter pour autant. Les yeux neurasthéniques de la brune se perdent dans le regard embué de larmes de Nolan. Face au désarroi de l’homme, le coeur de la sorcière se serre encore un peu plus. La tension qui s’exerce entre leurs deux corps lui provoque un frisson désagréable. Elle frémit mais la main de Nolan lui interdit de baisser à nouveau les yeux.

« Maintenant… », reprend-t-elle en cherchant ses mots. « Maintenant rien », continue la brune, un masque glacial s’emparant de ses traits. Sa voix directive et douce à la fois ne résonne même pas dans la rue complètement vide, témoignant du peu de conviction dont la sorcière avait fait preuve. D’un geste félin de la main, elle se défait de l’emprise du bellâtre, à contre coeur. La sorcière le force ensuite à reculer en pressant sa main frêle contre sa poitrine masculine. Elle peut sentir son organe palpiter au creux de sa cage thoracique. Le regard de la brune se perd alors sur ce corps qu’elle a tant apprécié. Avant de céder, elle relève la tête et soupire à nouveau, se forçant elle-même à faire un pas vers l’arrière. Instaurant ainsi une nouvelle fois une certaine distance entre leurs âmes meurtries. « Va-t’en… », laisse-t-elle échapper sans vraiment s’en rendre compte. « Je t’en prie… Enfin… », souffle-t-elle ensuite, complètement perturbée. Elle passe une main dans ses cheveux d’ébène en essayant de se redonner une contenance mais rien n’y fait. « Tu devrais rentrer, il y a le couvre-feu et… C’est dangereux », prononce-t-elle enfin après avoir inspiré longuement. Tu mens très mal ma pauvre, chuchote une voix dans sa tête. Un couvre-feu, oui, certes. Mais pas avant plusieurs heures. Minuit ne sonnerait pas tout de suite alors cette histoire ne tient pas debout. Peu importe, c’est la première chose qui lui a traversé l’esprit. La première excuse à peu près valable pour mette un terme à cette entrevue aussi poignante pour elle qu’affreusement douloureuse. L’italienne espère simplement que Nolan se laisse avoir et disparaisse aussi rapidement qu’il a surgit dans la nuit. Voilà. Tout ce qu’elle veut maintenant, c’est qu’il disparaisse, définitivement. Et qu’il ne vienne plus la troubler comme il l’a fait ce soir. Tu mens très mal, répète la voix dans sa tête.
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