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 This one's for the torn down, the experts at the fall [PV Aimée]

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MessageSujet: This one's for the torn down, the experts at the fall [PV Aimée]   Jeu 31 Juil - 0:54

Prenait-il au moins le temps d’admirer son reflet ? Bien sûr que non.  Qu’allait-il donc y voir ? Fatigue ou mieux encore déprime ? Des traces indélébiles du passage d’Abigaëlle. Toujours les mêmes symptômes qu’il trainait depuis si longtemps maintenant. Oh peut-être bien qu’à une époque, il distinguait davantage l’euphorie sur ses traits chaque matin, le même ébahissement à partager le quotidien de ce qu’il jugeait être la femme la plus sensationnelle du Monde. Mais soyons honnête, quand avait-il pour la dernière fois été dans un état aussi extatique à son propos ? Il ne parvenait même plus à s’en souvenir. Il devait être épuisé à force de fouiller sa mémoire pour combler les ratés de la sorcière. Toujours revenir en arrière, toujours y trouver des raisons de continuer à se heurter à ses défauts. Dire qu’il était parti, dire qu’il avait décroché au moins physiquement de cette histoire. Il avait fallu qu’elle traverse son appartement une seule et unique fois pour que tout s’effondre. Une simple bourrasque et voilà donc. Sa volonté avait toujours été en carton. Mais après tout, il était pauvre. Pauvre en détermination et en ambition. Pathétique petit Shepard. Ses nombreuses recherches pour la retrouver menaient encore à une impasse. Cinq jours déjà. Cinq maudits jours. Bastien savait qu’il avait besoin d’un peu de recul, de sortir un peu sa tête de l’eau pour avoir une meilleure vue d’ensemble. Son calendrier et son millier de mémo apposés, lui avait rappelé qu’il n’avait pas revu Aimée depuis un moment et ce fût sa meilleure opportunité pour se distraire. Même pour ce genre de choses, il parvenait à être distrait et vu son trouble récent, il ne fût pas surprenant que sa capacité à tout oublier s’accroisse naturellement. Ses aide-mémoires s’avéraient plus salvateurs que jamais. Il avait pris le temps de reprendre un visage plus ou moins humain avant de quitter son appartement ce jour-là. L’oiseau pensait donc à épargner les autres du triste spectacle qu’il offrait. Quelle âme généreuse.

Ses doigts coursèrent son portefeuille tandis qu’il dévalait les marches de son immeuble. Il avait pioché dans sa cagnotte secrète, résultat de ses larcins. Une belle liasse de billets qu’il caressa du bout des yeux. Il espérait que ça suffise pour la contenter quelques temps. Il allait devoir redoubler ses petites activités s’il comptait encore  entretenir la jeune Wolf longtemps. A la base, le français s’était juré de n’être que sa transition financière et finalement, il se laissait prendre au jeu – comme toujours. Que pouvait-il faire de plus pour cette petite ? La pousser à rencontrer des patrons et à enrichir un gouvernement qui se moquait de son peuple ? Ah il se débattait toujours avec sa morale et ses idéaux mais il savait qu’Aimée devait apprendre à se réaliser de façon honnête. Ce n’était pas en lui glissant de l’argent tous les x du mois qu’elle allait s’en sortir.  D’ailleurs pourquoi jouer ce rôle ? Il n’était pas son père après tout ! Allez savoir quel lien tordu se tissait dans les méninges du métamorphe. A vrai dire, c’était plutôt limpide. Il ne fallait pas avoir décroché son master en psychologie pour le déduire. La rouquine lui rappelait une certaine personne. Tout revenait à elle, c’en devenait pire que décourageant. Pourtant, à part la situation précaire dans laquelle il l’avait retrouvée et désormais une couleur de cheveux, elles n’avaient rien en commun. Heureusement d’ailleurs. Son affection pour la délinquante ne devait pas devenir encore plus malsain. Cela étant dit, au-delà des similitudes qu’il pouvait leur trouver, il ne supportait pas être témoin de la pauvreté.  C’était son grand Combat et revoir la jeune femme l’aidait très certainement à garder le bon cap à ce niveau. Bénéfique ou néfaste ? Ni l’un, ni l’autre au fond. Les forces s’équilibraient et elle faisait partie intégrante de son histoire maintenant. Advienne que pourra.

Sa protégée, donc. Oh il ne l’appelait jamais comme ça et ne l’envisageait même pas sous cet angle mais pourtant, c’était bien de ça dont il s’agissait. Comme une petite sœur qu’il aurait choisie, il voulait veiller sur elle. Il n’avait même pas cherché à lui cacher la nature de ses crimes bien qu’elle n’était pas au courant du but ultime derrière les vols qui ne se limitaient guère à sa propre satisfaction et survie. Peut-être aurait-il dû la sensibiliser à ça mais cela reviendrait à vouloir la transformer en Robin alors qu’il n’avait jamais été question d’être Batman. Non, il devait garder une certaine distance et jusqu’ici, il s’en sortait bien. De toute manière, elle allait sûrement lui rire au nez s’il lui exposait son plan bancal pour rééquilibrer les richesses du Monde. Son regard s’accrocha à quelques voitures qui passèrent à côté du trottoir qu’il foulait, avec indifférence. Un poids se logea dans sa poitrine et il ne fallut pas attendre très longtemps avant que le malaise ne s’étende à tout son corps. Sa démarche s’en ressentit. Sentiment de suffocation amplifié depuis les révélations de l’américaine. Quand il arriva devant la bâtisse convoité, il fût presque soulagé et heureux d’échapper au brouhaha de la rue qui remuait de bien sombres souvenirs. Il n’eut pas le temps de franchir la porte de l’immeuble car il aperçut Aimée au loin arrivant en sens contraire. Il continua alors son chemin, jusqu’à elle. Il se mit alors à la saluer d’un simple «  Hey ! » en gardant ses mains dans ses poches avec une désinvolture faussée. « Comme je passais dans le coin… Je venais prendre de tes nouvelles... » Quel piètre menteur, vraiment. Il s’apprêtait à reprendre la marche avec elle quand une ombre sembla s’avancer avec rage dans leur direction. Sûrement une coïncidence. Allons, elle était aussi douée que lui pour se foutre dans les emmerdes. Pour sûr que ça n’était pas qu’un mauvais présage.

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MessageSujet: Re: This one's for the torn down, the experts at the fall [PV Aimée]   Jeu 31 Juil - 23:13


Le monde est mort à ce qu’il paraît, je n’ai aucun remord à t’y emmener. Notre faute est d’y survivre.

Elle était bien là la vérité, dépeinte devant ses yeux, filant entre ses doigts fins si frêles et elle ne pouvait échapper à son appel. Cela n’avait jamais été son point fort de toute façon, elle n’était pas faite pour suivre une danse. Elle les observait silencieusement, admirait les pas calculés qui faisaient que tout fonctionnait ou semblait fonctionner. La mélodie d’un monde bancal. Depuis combien de temps Aimée marchait-elle à contresens ? Avait-elle un jour marché droit au moins ?
Elle n’aimait pas longtemps restée enfermée et l’appartement où elle vivait lui paraissait parfois sinistrement vide et glauque au point qu’elle s’y sentait parfois en cage. C’était certes un lieu de refuge aussi mais elle n’aimait pas les murs sans vie qui lui rappelait trop de souvenirs et faisaient parfois remonter des angoisses qu’elle préférait taire. Au moins quand l’endroit était rempli de semblants de vie, elle oubliait sans remords que le passé existait bien. C’est bien beau d’être libre mais elle était un peu livrée à ses propres pensées, à ses propres monstres et ça on ne s’en débarrasse pas de suite. Elle passait beaucoup de temps en dehors de chez elle, elle préférait déambuler dans les rues et se trouver des occupations. Pas forcément les meilleures qui soient d’ailleurs mais elle n’était pas très douée pour les passe-temps classiques. C’était évident qu’elle aurait du se trouver un emploi, par exemple, afin de subvenir à ses besoins toute seule … comme une grande ? Elle ne savait pas vers quoi se diriger pour commencer une fausse vie qui de toute façon ne siérait nullement à la demoiselle qu’elle était. Elle n’en avait pas la moindre envie non plus : être enchaînée à des tâches qu’on vous impose, obéir à une personne censée être votre supérieur. Le supporterait-elle alors qu’elle était maîtresse de ces journées. Quand bien même on lui répéterait qu’on ne peut pas s’en sortir sans situation stable, Aimée n’en voyait pas l’intérêt mais c’est vrai que sans aide… elle ne s’en serait pas aussi bien sortie. Elle n’était pas bien fière quand elle se souvenait comment elle avait atterrit ici. Elle savait d’ailleurs pertinemment que sans lui, elle ne s’en tirerait pas de la sorte mais elle n’aimait pas avouer ce genre de chose. En gros, elle se servait de lui n’est-ce pas ? Il n’était que le garant de sa survie précaire dans un univers particulièrement complexe pour elle. Pourquoi il continuait de l’aider, elle n’en savait rien et d’ailleurs, elle ne demandait pas de comptes. Elle ne cherchait pas à comprendre tant que ça fonctionnait comme cela. Est-ce que ce n’était pas cruel de le considérer seulement ainsi ? Il n’était pas seulement cela, non, elle s’était habituée à le voir débarquer de temps en temps. Cela faisait un bout de temps d’ailleurs qu’elle ne l’avait pas vu. Elle s’était demandé ce qu’il devenait : par un intérêt ou parce qu’au fond, elle l’appréciait un minimum ? Peu importe, elle ne se doutait pas qu’elle le croiserait aujourd’hui et elle commençait à être un peu ennuyée ces derniers temps, alors elle avait ouvert la porte de sa cage.

Une âme errante voilà parfois ce à quoi elle pouvait ressembler parce qu’elle n’avait pas de destination précise. Elle marchait souvent dans les rues pour aller dans les autres quartiers, elle trouvait de quoi divertir sa bêtise.  Ce n’était pas spécialement lié à ses années en centre de détention puisqu’elle était déjà un petit monstre sur pattes auparavant. C’était des souvenirs mélancoliques et trop douloureux pour les évoquer innocemment, il n’empêche que ses mauvaises habitudes ne dataient pas d’hier.  Elle était déjà reconnue comme délinquante juvénile quand elle n’avait que dix ans pour du vol et vous savez quoi ? L’expression dit « old habits die hard : les vieilles habitudes ne meurent jamais » et c’était totalement… vrai ! Elle n’avait pas trouvé mieux que de faire les poches de cet homme, le plus discrètement possible mais bon, elle n’était pas particulièrement douée, ou du moins chanceuse. Pourquoi avait-il fallu que ce type la bouscule pendant qu’elle dérobait le portefeuille de cet homme. Oh, elle avait rapidement pris la fuite en se faufilant dans la foule : petite et frêle, elle n’avait pas trop de mal à passer entre les gens. Elle s’était suffisamment éloignée et ne voyant plus personne la poursuivre, elle avait récupéré la monnaie en espèce. Elle avait aussi trouvé une bague dans les plis de cuir : un anneau doré et gravé, elle ne comprenait pas du tout les inscriptions qui avaient l’air d’être une langue fictive. Aimée n’avait pas cherché bien loi, elle l’avait pris avec elle et avait jeté la carcasse du porte-monnaie dans une poubelle. Elle devait retourner en direction de son appartement, elle passa d’abord par un coin qu’elle connaissait un peu mieux que le reste et trouva quelqu’un à qui elle s’empressa de refiler cette bague qui elle, lui était inutile. Pourquoi garder sur soi des preuves d’un larcin ? Elle s’éloigna sans plus attendre et fila vers son appartement. La jeune Wolf était presque arrivée et ne s’était pas rendue compte qu’on la talonnait. Elle reconnut aisément une silhouette familière qui s’avança vers elle, dégaine décontracté. Elle sourit : il allait bien évidemment. Elle tiqua un peu sur ces paroles : il passait par hasard, bien entendu…  « Bastien. Tu t’ennuyais tant que ça ? » Elle aurait du continuer sa route avec lui pour atteindre l’appartement mais un homme l’interpela. Il n’y avait qu’elle de rousse dans la rue à ce moment. Elle se tourna et pâlit : elle n’aurait pas pu savoir si elle n’avait pas autant marqué sur ses habits mais lui semblait avoir imprimé son visage dans son esprit. C’était l’homme à qui elle avait dérobé l’argent tout à l’heure et il avait l’air furieux. ‘Comme on se retrouve...’. Aimée déglutit, elle comptait fuir mais Bastien était juste là et elle ne fut pas assez rapide car l’homme était bien trop près. Il bouscula le jeune homme, attrapa la rouquine par le cou. ‘Rends-moi ce que tu m’as pris ! Sale petite fouine, rends-moi cette fichue bague.’ Pas les sous, le putain d’anneau. Il suffirait d’un coup de genou pour qu’il lâche prise, pour qu’il ne la touche plus. Elle était suffisamment proche et il avait plus l’air d’un homme… d’un homme d’affaires. La jeune Wolf dirait à Bast’ de courir. Les retrouvailles allaient être sympas. Il voulait de ses nouvelles : elle allait bien … à sa façon. "Bast !" prononça-t-elle et sans parler, elle espéra qu'il lirait la suite sur ses lèvres : prépares-toi à courir.

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MessageSujet: Re: This one's for the torn down, the experts at the fall [PV Aimée]   Sam 2 Aoû - 13:27

Bien entendu, elle se doutait que son excuse tout à fait ridicule ne déliait aucunement un semblant de vérité. A sa remarque sur l’ennui, il se contenta de hausser des épaules en signe évident de nonchalance qu’il continuait de feindre.  Insouciance qui se craquela quand une silhouette se cala dans son champ de vision.  Y avait-il cru ? A sa propre persuasion ? Que cet homme allait forcément filer tout droit, ne pas les importuner ? Ah Bastien et sa foi inébranlable, on pourrait en rédiger un roman de mille pages. Il serait assommant à lire cela dit. Non seulement, la menace se révéla réelle mais en plus, elle entra en scène avec théâtralité. Il se figea quand l'autre hua la rouquine et observa cette dernière avec intérêt. Les couleurs s’évanouirent sans mal des joues de la mortelle et son malaise certain entraîna automatiquement l’angoisse du volatile. Il revint poser son attention sur l’autre être et tenta de démêler la vérité de la situation. Le français ne dit un mot quand l’agresseur s’adressa à sa protégée. Pire, il le laissa le bousculer quand il chercha à atteindre la jeune femme. Le métamorphe l’observa avec effroi attraper la gorge d’Aimée. Au moins, il n’avait pas besoin d’analyse extrêmement poussée pour comprendre ce qu’il se passait. Les pickpockets avaient la vie rude en Nouvelle-Orléans et il s’étonnait toujours qu’on privilégie cette forme de vol à une autre. Mais ce n’était pas le moment de tomber dans un débat avec sa propre conscience. L’américaine avait peut-être légèrement besoin de lui. Son apathie finit par se dissiper quand cette dernière scanda son nom. Il revint un peu à la réalité et s’activa alors à trouver une façon de s’en aller sans effusion de sang. Si il avait compris le message implicite de la victime ? Absolument pas. Il n’envisageait même pas la fuite immédiate. Offrons-lui le bénéfice du doute.

Son souci premier fût de faire relâcher la prise de leur opposant. Il avança donc pour être à sa hauteur avec toute l’urgence que nécessitait la situation, et tenta d’écarter les mains du molosse de la nuque de la voleuse tout en expliquant à cet homme « Relâchez-la. On peut discuter calmement. » Ah ce pacifisme légendaire - tout à fait risible. Il insista en amplifiant la force exercée pour écarter ses doigts de la peau diaphane de la délinquante. « Je peux sûrement vous aider. » Il réussit à le faire reculer au bout d’une minute et se plaça machinalement entre la criminelle et l’assaillant. Hors de question qu’il revienne à la charge.  D’un coup d’œil rapide à la rousse, il s’assura qu’elle allait relativement bien avant de réintégrer sa position initiale face à leur interlocuteur. « J’ignore le tort que vous a causé ma petite sœur mais je suis sûr que je peux peut-être… » Son élan diplomatique fût cassé net. « Je veux ma bague. »  Bien, la bague. L’oiseau se tourna très lentement vers l’intéressée et l’interrogea du regard avant de venir souligner l’évidence verbalement. Toujours trop posé pour être en adéquation avec la rage de l’inconnu, il articula « Où elle est cette bague ? »  Il attendit quelques secondes avant de comprendre rien qu’en plantant ses yeux dans ceux de son amie, qu’elle ne l’avait sûrement déjà plus en sa possession. Et quand bien même ça serait le cas, elle ne risquerait pas de la lâcher. Parfait. Le changeur retint un soupir et se retourna à nouveau en extirpant de l’argent de son portefeuille. Elle aura un peu moins de fric cette fois-ci, tant pis pour elle.

Toujours sereinement, le corbeau tendit quelques billets à leur adversaire. Il détestait régler des problèmes comme ça. Comme si il suffisait de balancer une liasse sur la tête de quelqu’un pour que tous ses soucis s’effacent. Et pourtant, n’était-ce pas ce qu’il faisait quotidiennement pour aider les pauvres ? Pas la même chose ? Il avait de gros soucis à réaliser les défauts de son propre plan par-dessus le marché. Décidément, il était irrécupérable. « Je peux vous dédommager pour… » A nouveau, il fût interrompu et à voir la fureur de l’étranger, il avait fait pire que mieux. « Je m’en fous de votre fric, je veux ma bague. »  Ses petites tentatives d’arrangement à l’amiable échouèrent donc radicalement.  Son léger sourire désolé se fissura d’autant plus quand il vit au loin un policier faire sa ronde dans le quartier. Il ne manquait plus que ça. L’autre homme enfonça son doigt dans sa poitrine avec insistance. « Vous avez intérêt à me la rendre tout de suite sinon… »  Il n’attendit pas la fin de la menace à vrai dire pour agripper le poignet d’Aimée et se mettre à courir aussi soudainement car le flic venait déjà dans leur direction, alerté par les intonations puissantes de l’inconnu dépouillé. Il les entendit les appeler tandis qu’il accélérait la cadence, forçant sa comparse à faire de même, ses doigts s’incrustant toujours plus sur son bras afin de ne pas la perdre en chemin. Réalisait-il qu’en agissant de la sorte, il se plaçait en parfait complice ? Oh bien sûr que oui mais avait-il eu le choix ? Protéger l’humaine à tout prix, ça ne passait justement pas que par la rente mensuelle. A croire qu’il ne choisissait jamais les bonnes fréquentations. Il n’en était pas une lui-même de toute façon.

Il bifurqua à deux reprises, cogna dans une ou deux poubelles jonchant les trottoirs pour ralentir leur poursuivant et en se reposant sur son instinct animal, il réussit à dénicher une ruelle étroite où un escalier de secours en fer rouillé put les accueillir. Il orienta vite la jeune femme dans cette direction et grimpa avec elle deux à deux les marches grinçantes pour se réfugier au second étage. En hauteur, ils auraient moins de chance d’être visible. En reprenant son souffle, les mains sur les genoux, il réussit à prononcer un « On peut dire qu’on s’ennuie jamais avec toi. » Pas vraiment amusé, pas vraiment contrarié. De quelle humeur était-il alors ? Indifférente ? Neutre ? Il ne savait pas le déterminer à vrai dire. Encore inquiet sûrement car ils pouvaient toujours se faire rattraper et remarquer. Le danger n’était pas encore tout à fait écarté.

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MessageSujet: Re: This one's for the torn down, the experts at the fall [PV Aimée]   Dim 3 Aoû - 22:23


Le monde est mort à ce qu’il paraît, je n’ai aucun remord à t’y emmener. Notre faute est d’y survivre.

Bon sang, encore plus à côté de la plaque que lui, ça ne devait pas exister. C’était peut-être même un délit d’être aussi lent à la détente parfois. Elle aurait sans douter et le voir venir gros comme une maison mais non, elle avait espéré de toute son âme que le message passe. Eh bien non, il savait pourtant comme elle réagissait en temps normal alors pourquoi était-il incapable de faire la part des choses ? En rien ce n’était un appel au secours, elle avait juste voulu le prévenir. Depuis quand lui demandait CE genre d’aide ? Non jamais et malgré cela voilà qu’il tentait désormais de discuter gentiment avec l’homme qui la tenait par la gorge. Pour le coup, elle l’aurait bien traité de crétin mais elle n’en dit pas un mot. Il était mignon à tenter de faire lâcher prise à ce type - elle ne voyait pas d’autres termes – mais qu’espérait-il ? Que ça marche peut-être puisqu’apparemment à force, elle sentit l’étreinte se desserrer et fit aussitôt un pas en arrière, laissant le pacifique continuer ses discours pendant qu’elle massait sa gorge. Non pas qu’il l’ait étranglé mais cette sensation d’être coincée lui évoquait toujours de mauvais souvenirs. Elle souffla un peu, attendant de voir ce que donnerait la situation. Elle restait vigilante parce que si ça tournait mal, elle n’avait pas l’intention de la fermer.  Elle avait commis une grosse erreur et oui c’était de sa faute mais elle ne pensait pas croiser Bastien sur le chemin alors ça n’aurait peut être pas tourné de la sorte qui sait. « J’ignore le tort que vous a causé ma petite sœur mais je suis sûr que je peux peut-être… ». Aimée sursauta net : quoi ? Oh il y allait fort, ce n’était rien qu’un petit larcin et puis lui n’était pas tellement mieux. Ah elle était belle la petite sœur ! Ils ne se ressemblaient tellement pas en plus. Elle grimaça quand il lui demanda où était la bague de sa pauvre victime et vérifiant que l’homme ne la verrait pas faire, elle finit par lui adresser un magnifique sourire innocent : ça répond à ta question mon cher ? Elle avait l’air d’une gamine et pour tout vous dire, elle s’en fichait royalement. Il voulait régler le problème avec diplomatie ? Qu’il tente ! Elle se contenta de croiser les bras dans le dos en attendant la suite comme devant un spectacle. C’était aussi une vengeance intérieur parce qu’il n’avait pas réussi à la comprendre et qu’elle était frustrée. Ben oui, elle était vexée ! Ne vous méprenez pas, s’il s’attire trop d’ennuis, si ça devient dangereux, elle évitera qu’il se prenne un coup. Trop attentionnée n’est-ce pas ?

« Je peux vous dédommager pour… ». Aimée leva les yeux au ciel d’un air exaspéré mais il ne savait pas qu’elle avait volé un porte-monnaie entier et que ce mec semblait uniquement porté sur ce bijou. Qu’avait-elle de si important cette bague pour qu’il en fasse tout un drame d’ailleurs.  La rouquine vit l’homme tourner au rouge et trouva que la situation devenait critique mais si elle observa son camarade pour lui faire signe de se barrer, il regardait un peu plus loin et elle suivit son regard. Un flic manquait plus que ça ! Et l’autre qui continuait de gueuler, si bien que la jeune femme finit par lui répondre sans réfléchir  pendant qu’il les menacait : « putain j’l’ai pas ta bague alors arrête de chialer ! » Elle ne rajouta rien parce que Bastien venait de lui saisir le poignet et l’entraînait à sa suite, en voyant qu’ils avaient attirés les autorités. Elle poussa un grondement incompréhensible et le suivit alors qu’elle était furieuse « merde mais c’était tout à l’heure qu’il fallait courir ! ». Elle avait du mal à fuir au même rythme que lui et elle supportait difficilement qu’il la tire par le bras. Il lui faisait même mal en serrant si fort son poignet et elle sur le coup, elle lui en voulut terriblement mais il essayait de la protéger n’est-ce pas ? Enfin, … elle pouvait le faire toute seule, elle ne lui demandait pas de la suivre quand elle faisait des conneries. Pourtant elle l’avait laissé faire sans un mot et elle allait pourtant se plaindre parce qu’elle ne savait pas s’exprimer autrement dans ce genre de situation. «  Tu me fais mal Bastien !!! » Elle n’avait même pas compris où il avait tourné, elle avait un peu perdu ses rares repères classiques et ils se retrouvaient à escalader une cage d’escalier qu’elle grimpa comme il le suggéra. Ils s’arrêtèrent enfin et elle se laissa tomber assise sur les marches, massant ses poignets et respirant comme elle le pouvait. Elle releva sa remarque et se demanda si elle devait considérer qu’il s’agissait d’un reproche ou bien juste pour faire la conversation. Elle ne répondit rien pour le moment trop occupée à observer la rue, voir si quelqu’un s’y engouffrerait. Pour le moment, personne. Peut-être avaient-ils réussi à semer ce gars ou peut-être que ce n’était qu’une question de temps. Aimée devrait sans doute se faire plus de souci que cela. Arrêter également de se comporter comme elle le faisait mais elle ne le pouvait pas et ce n’était pas Bastien qui pourrait lui faire la leçon, ses propos n’auraient rien de convaincant aux yeux de la jeune femme puisqu’il n’était pas des plus honnêtes également. Elle ne savait pas trop quoi dire … elle était un peu… comme une enfant prise sur le fait : boudeuse !  «  Il faut bien que j’m’occupe non ? Je… j’trouvais ça marrant. » Et maintenant ?

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MessageSujet: Re: This one's for the torn down, the experts at the fall [PV Aimée]   Lun 4 Aoû - 22:07

Aussi civilisé qu’il se prêtait à le croire, le jeune homme démontrait en quelques occasions ponctuelles qu’il n’était plus tout à fait humain. Sa part animale s’éveillait au danger et son instinct de survie semblait s’être amplifié de façon drastique. Réaction primitive qui le rendait bien plus brutal qu’il ne l’aurait été en temps normal. Il n’entendit dès lors pas les plaintes d’Aimée et ne se rendit même pas compte de la pression qu’il exerçait. C’était à peine si il avait conscience qu’il la tenait encore à vrai dire tant sa concentration ne se limitait qu’à la fuite pure et simple. Une fois perchés sur leur escalier de secours, il retrouva néanmoins ses esprits. La rouquine ne semblait pas se sentir forcément coupable et Bastien ne pouvait sûrement pas la blâmer pour ça. Il était lui-même terriblement mal placé pour tenter de la recadrer. A quoi cela rimerait de s’offusquer pour un comportement qu’il répétait depuis maintenant dix ans ? Le français aspira un peu plus d’air avant de se laisser retomber doucement près de sa protégée. S’amuser ? Elle comblait l’ennui d’une drôle de façon tout de même. Parce que lui faisait mieux, forcément... Avec sa grande âme et son projet surréaliste. Il était tout aussi puéril qu’elle mais ne l’assumait même pas. Pire, devons-nous noter leur différence d’âge ? Tellement décourageant. Le voleur essuya son front d’un revers de main avant de chercher automatiquement ses cigarettes dans les poches de son blouson. Tandis que ses mains tapotaient nerveusement contre le textile pour trouver la forme carrée à droite ou à gauche, il articula un « Y en a qui pratique un sport sinon pour s’amuser…» Un rictus un peu amusé pointa sur sa bouche tandis qu’il glissait son filtre à la commissure de ses lèvres. « Cela dit, c’en est un en soi, je pense qu’on a brûlé pas mal de calories là. On a même droit au danger qui suit quand on pratique ça à haut niveau. Tu pourrais presque plaider ta cause avec ce genre de remarque finalement. »  Divaguait-il complètement ? Il semblerait, en effet.

Que croyait-il faire d’ailleurs en fumant alors qu’ils n’étaient même pas encore tout à fait sortis d’affaire ? Il n’eut même pas le temps d’enclencher son briquet que l’inconnu déboula dans leur ruelle précisément. Le métamorphe resta en suspens dans son geste et n’osa même plus respirer. Il invita sa comparse à faire de même d’un regard. Mais c’était sans compter sur une des habitantes de l’immeuble qui passa sa tête par la fenêtre deux étages plus haut pour leur demander de dégager de cet escalier. Le changeur se releva d’un bond alors et se jeta sur la fenêtre la plus proche. En quelques coups habiles, il réussit à l’ouvrir – l’habitude à n’en pas douter. Il ne l’avait même pas abimée. Avant de passer par-dessus la balustrade, il attrapa à nouveau l’américaine pour qu’elle file droit. « Pas le temps de réfléchir ou de parler, tu traverses cet appartement et on se retrouve à la porte d’entrée. » Il la poussa vers l’intérieur du building en ignorant sciemment les protestations de la voisine du dessus. Il talonna de près sa complice et fût soulagé de constater qu’il n’y avait personne dans cet endroit. Il évita un divan, cogna malheureusement contre une plante qui se renversa et atteignit bon port. Il crocheta très rapidement la porte – au lieu de la fracturer, notons qu’il se montrait encore trop courtois pour une situation qui ne le nécessitait pas, et l'ouvrit ensuite. Une fois dans le couloir, il continua à bousculer un peu sa comparse pour qu’elle continue. Ils dévalèrent les escaliers et atterrirent dans une autre rue.  Il eut le réflexe d’arrêter un taxi et d’emporter son amie à l’intérieur. Tout s’était passé si vite qu’il en avait le tournis.

Une fois assis dans l’habitacle, il dût donner une adresse et fournit la sienne machinalement avant de réaliser qu’il ne l’avait jamais invité chez lui. Un pied de plus vers une intimité dérangeante qu’il regretta déjà et pourtant, il s’entendit lui expliquer très calmement. « On va se planquer chez moi pour discuter. Je pense pas que des montagnes de bordel t’effraient, pas vrai ? » Il soupira en jetant un regard par la fenêtre et aperçut au loin leur poursuivant les chercher frénétiquement de tous les côtés de la route. Son attention se reposa bien vite sur la passagère et il ne savait déjà plus quoi lui dire. Lui faire des reproches serait effectivement déplacés mais il s’inquiétait pour elle tout de même. Quelle étrange relation vraiment. « La prochaine fois, cible quelqu’un de moins énergique, ça aidera. » Il haussa des épaules ensuite pour marquer toujours son insouciance derrière laquelle il cachait une réelle angoisse à son sujet. Comment la dévier de ce genre d’activités ? Sans doute, ne le pourrait-il pas et il le conscientisait assez pour ne pas se lancer sur cette voie. Du moins, se laissait-il le temps de réfléchir à la manière de le faire. Tant qu’il n’avait pas trouvé de solutions, il se tairait. Un énième soupir froissa son atmosphère tandis qu’il calait son coude contre l’encadrement de la vitre et fermait à demi les yeux. Décidément, ses journées n’étaient pas de tout repos et avec le manque de sommeil des derniers jours, il risquait de finir sur ses rotules avant la fin de la semaine.

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MessageSujet: Re: This one's for the torn down, the experts at the fall [PV Aimée]   Sam 9 Aoû - 18:29


Le monde est mort à ce qu’il paraît, je n’ai aucun remord à t’y emmener. Notre faute est d’y survivre.


Il s’attendait à quoi quand il avait le dos tourné honnêtement. S’il croyait qu’elle était capable de mener une vie à peu près normale, dans ce cas il était bien dupe mais finalement ça n’avait rien d’étonnant. Parfois Aimée se demandait carrément si cet homme n’était pas aveugle, ou bien s’il ne fermait pas un œil sur deux tant il semblait toujours voir les choses meilleures qu’elles ne l’étaient en vrai. Au fond, il devait pourtant se douter qu’elle n’était pas du genre à avoir une vie simple : pas besoin d’être perspicace pour le comprendre. Elle ne savait pas s’accommoder de la plupart des arts quotidiens et elle ne comprenait pas l’intérêt parfois. Et s’il ne comprenait pas, il n’était qu’un imbécile dans ce cas. Elle lui en voulait, oh oui… elle lui en voulait de l’avoir agrippé si fort le bras et de ne pas avoir prêté la moindre attentions à ses plaintes. Elle se serait montrée rancunière si ce n’était pas un minimum pour la protéger et si ce n’était pas lui. Il n’empêche qu’elle s’écarta au plus possible quand il s’assit à côté d’elle. Se comporter de la sorte était très enfantin mais Aimée n’était pas la personne la plus adulte qui existe dans les environs sinon elle se serait sans doute souciée un peu plus des conséquences de ces actes. Sans doute aurait-elle pris ces responsabilités ou tout simplement n’aurait-elle pas volé cet homme. Toujours est-il que le passé était fait et que la rouquine ne s’en mordait pas vraiment les doigts. Elle l’aurait refait volontiers si elle avait de nouveau le choix. Il faudrait qu’elle apprenne à se débrouiller toute seule… Elle était cependant totalement incapable de travailler dans cette société décadente, de se trouver une place sur le marché alors si jamais un jour ou l’autre Bastien n’était plus là ? On ne sait jamais si les gens vont revenir, s’ils le voudront ou s’ils le pourront. Et lui, il croyait qu’elle allait gérer sa vie comment ? Le légal et elle ça fait mille. L’autorité et elle, pareil… elle se voyait mal suivre les ordres d’un patron alors forcément… elle finirait par trafiquer dans l’illégal, il ne fallait pas se leurrer. Elle le regarda chercher dans sa veste et constata à quel point il était fébrile, c’en était exaspérant. Elle ne comprenait pas qu’il soit aussi alarmé. Elle aussi la situation l’angoissait mais il la mettait encore plus sur les nerfs à se comporter de la sorte. Il transmettait sa nervosité à la jeune femme. Elle haussa les épaules sans dire quoi que ce soit à propos de sa connerie sur le sport. Elle n’était pas trop partante pour ce genre d’expérience en collectivité et puis dépenser des sous pour courir sur un tapis, quel intérêt. Là encore il y aurait quelqu’un pour donner des ordres. Inutile, ennuyeux, passablement inintéressant. Là elle avait couru aussi en quelques sortes et puis ça rapporte plus que l’on ne dépense. Pour conclure, argument final : l’adrénaline liée au danger est un petit plus. Bon la peur, ça c’est le gros moins mais c’est passager… et si ça ne dégénère pas… ben il n’y a pas les effets secondaires et les gros risques. Effectivement, on avait du perdre les calories du repas précédent…Il faisait de l’humour en somme : est-ce que ça le faisait déstresser un peu ? Aimée le regarda d’un air blasée avant de soupirer lourdement. Eh bien dans ce cas, tu viens de jouer mon avocat et de défendre ce point de vue avec brio. Elle n’eut pas le temps de développer plus que l’homme en costard avait retrouvé leur pas et elle regarda dans sa direction sans broncher, espérant qu’il ne chercherait pas plus haut.

Bastien la suppliait du regard de ne pas faire le moindre bruit mais elle avait naturellement choisi l’option de faire profil bas. Ça aurait pu marcher à merveille si une grognasse n’avait pas pointé le bout de son nez pour déguerpir. La rouquine la fusilla du regard avant de jeter un coup d’œil en contrebas où l’inconnu se dirigeait déjà vers la cage d’escalier pour venir les chercher tandis qu’elle laissait échapper un juron. Elle se tourna vers son camarade qui…ne prit que quelques minutes pour ouvrir une fenêtre sans même avoir besoin de la casser. Bon là pour le coup, elle le trouvait bien utile mais elle n’eut pas le temps de faire de remarque ni même quoi que ce soit d’autres que le voleur était reparti au quart de tour. La jeune femme grogna un coup quand il la tint et s’adressa à elle. Elle fronça les sourcils mais au lieu de lui dire ces quatre vérités et de se calmer un peu, elle laissa couler et obéit sagement. Ce qu’elle ne faisait pratiquement jamais mais déjà il la poussa à l’intérieur et elle s’avança à l’aveuglette dans un appartement heureusement désert. Elle se doutait que le poursuivant soit en train de gravir rapidement la cage d’escalier mais tout ce qui lui importait pour le moment c’était le stress que provoquait la présence de Bastien derrière elle et quand ils arrivèrent devant la porte, elle s’écarta pour le laisser faire, toujours muette ce qui était un exploit et qui ne dura pas. Elle en avait marre qu’il la presse, la pousse et elle commença à lui sortir une flopée de juron qui résonna tout le long de la cage d’escalier tandis qu’il la descendait. Aimée était trop pressée par son compagnon pour réagir autrement et quand elle posa ses fesses sur la banquette d’un taxi, elle resta un moment figée. Elle se tourna vers l’extérieur, regarda l’entrée du bâtiment en s’attendant à voir débouler le type mais elle ne le vit pas tout de suite. Il mit un peu de temps à sortir énerver de les avoir perdus de vue. Maintenant que la pression retombait, elle était pleinement capable de réaliser la situation et quand Bastien commença à lui parler d’un ton calme, c’est elle qui s’emporta. Oubliant totalement le chauffeur à l’avant. « Tu te paies ma tronche Bast’ ? Pourquoi tu l’as joué diplomate tout à l’heure putain, j’me serais débrouillé. Tu veux discuter de quoi au juste hein… ? » Aimée regarda la ville défiler, elle ne savait même plus où elle était tellement elle avait l’impression d’avoir tourné dans ce bâtiment et d’avoir la tête chamboulée. Elle baissa le ton cependant quand elle reprit la parole. Il avait bien dit chez lui, non ? « C’est bon… j’ai pas envie d’aller chez toi, j’me démerderais à pied ensuite. » Oh non ce n’était pas le bazar qui lui posait des soucis, elle s’en fichait royalement pour tout dire et elle avait eu deux grands frères. On ne pouvait pas dire que leur chambre soit un paradis du rangement et de l’organisation. La sienne non plus d’ailleurs à cette époque. Elle ne voulait pas aller chez lui tout simplement parce qu’elle était colère, parce qu’elle lui en voulait de l’avoir autant bousculée et aussi elle s’en voulait finalement. Un tout petit peu seulement. Elle n’osait même plus lui jeter un coup d’œil et fiait mélancoliquement la fenêtre, ne lui adressant plus la parole, bras croisé sous la poitrine. Elle l’écouta d’une oreille lui conseiller de s’en prendre à une victime moins énergique pour les fois à venir. Il savait donc parfaitement qu’elle ne pouvait rester sage. Elle ne comprenait jamais ce gars : il continuer de l’aider mais faisait mine d’en avoir rien à faire. Est-ce qu’il lui tendait la main pour sa bonne conscience uniquement, sans finalement lui attacher plus d’importance ou bien est-ce qu’il l’appréciait un minimum mais préférait se montrer détaché ? Aucune idée, elle ne savait pas non plus ce qu’elle pensait vraiment de lui. Elle finit par soupirer tristement « et comment j’aurais pu savoir… j’fais comme je peux ! ». Le taxi s’arrêta et sans attendre de savoir si c’était parce qu’ils étaient arrivés, Aimée ouvrit la portière et sortit sans plus attendre. Elle étouffait dans cette bagnole.

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MessageSujet: Re: This one's for the torn down, the experts at the fall [PV Aimée]   Lun 25 Aoû - 14:17

A croire qu’il ne prenait jamais le temps de connaître les rares personnes qui traversaient son existence. Nous pourrions commencer par Abigaëlle qu’il n’avait jamais réussi à cerner dans sa totalité malgré trois années à partager le même toit qu'elle. Elle lui avait menti avec une facilité déconcertante et il lui avait sûrement inventé le passé qui lui convenait pour endormir sa propre vigilance. Mais il s’agissait d’Aimée actuellement et reparler de la sorcière ne rimait à rien. La rouquine brillait par son besoin d’indépendance, un esprit sauvage piégé dans une société étriquée. Bastien aurait dû savoir que son comportement allait lui déplaire, il aurait dû se rappeler qu’il n’avait pas à jouer ce rôle à nouveau. Mais si le volatile faisait preuve d’un tant soit peu de bon sens, nous ne serions pas là à décrire ses frasques et à observer son souffle se décomposer dans ce taxi sordide. Il aimait sa liberté autant que sa protégée, bien qu’il ne lui ait pas rendue justice ses dernières années. Il savait mieux que quiconque, à quel point il était insupportable de courber l’échine quand on voulait s’accrocher à sa propre autonomie. Pour autant, la jeune femme était cruellement dépendante, financièrement à commencer. Pour le reste, le voleur ne pouvait jurer de rien mais elle ne semblait néanmoins pas stable. Qui était-il pour juger de ça ? Sûrement pas le personnage le plus équilibré de la Nouvelle-Orléans. Au moins s’en rendait-il compte. Mais ça ne changeait rien. Son affection pour la gamine ne lui permettait pas de se détacher jusqu’à devenir être indifférent. C’était un terme qu’il exécrait d’ailleurs. Le désintérêt restait une chose abstraite pour lui, il ne savait même pas comment s’y prendre parce que tout le touchait d’une façon ou d’une autre. Pauvre petit éponge qu’il était, tout l’atteignait et il prétextait s’en éloigner mais au fond, il ne le faisait jamais vraiment. C’était pour ça qu’il aimait sa solitude. Cette belle illusion d’être plus fort en étant coupé du monde. Bah.

Alors donc, se payait-il sa tronche ? Absolument pas. Les cris de sa comparse le rendirent partiellement confus et il s’invita à la rétrospection silencieuse entre deux reproches. Ce qu’il en déduisit ? Pas grand-chose. Il ne la suivait pas toujours, voir rarement sauf pour les situations évidentes. Son mutisme prit fin quand elle termina sa seconde phrase alors que ses sourcils rehaussèrent son expression hébétée pour la rendre plus âpre. Elle ne le laissait jamais l’aider totalement. N’était-ce pas sa tragédie ? Tendre une main à ceux qui ne voulaient pas la saisir ? D’un ton encore plus calme, appelant toujours plus la sérénité, il articula « A pieds ? On va à l’autre bout de la ville, Aimée. » Il glissa une de ses paumes dans ses cheveux en quête d’un peu de tranquillité qu’il ne trouva évidemment pas sur son cuir chevelu. « J’étais juste venu prendre de tes nouvelles… Et je n’ai pas vu l’intérêt à agresser ce type. Je crois que tu oublies mais il n’était pas dans son tort bien que je n’approuve pas sa façon de l’exprimer… » Une grimace s’allongea sur sa bouche au souvenir des mains de cet homme sur la nuque de la passagère. Le français détailla la posture fermée de son interlocutrice et s’arrêta de défendre une cause perdue pour l’instant. Elle était trop en colère pour l’écouter de toute façon. Il retint un soupire et se contenta de la mimer en fixant alors la vitre.

Un feu rouge surprit le conducteur et il freina alors pour immobiliser le véhicule. Ils n’étaient plus très loin cependant de son quartier sauf qu’elle lui avait déjà fait comprendre explicitement qu’elle ne voulait ni rejoindre son studio, ni être avec lui de toute manière. Pourquoi fût-il à ce point surpris de la voir fuir aussi sec la voiture alors ? Dans un élan tout à fait impulsif, le changeur balança quelques billets en direction de leur chauffeur et la rattrapa en foulant le sol de grandes enjambées. « Tu as décidé de me faire courir aujourd’hui ? » Pas vraiment énervé ou agacé, tout juste ironique. Il n’osa pas lui attraper l’épaule pour la stopper. A la place, il se cala sur son rythme de marche. « Je ne vais pas t’ennuyer toute la journée, si c’est ce que tu crains. Je voulais être certain que tu ne manquais de rien mais de toute évidence, tout va bien dans le meilleur du monde. » Ah finalement si, la contrariété. Il était temps. « Ecoute Amy, je ne suis pas là pour te faire la morale. Tu fais ce que tu veux de ta vie. » D’un geste empressé, il extirpa un peu d’argent de son portefeuille et lui tendit naturellement. « Je n’ai pas l’intention de te talonner comme ça toute la journée alors... J’espère que tu auras assez avec ça pour ne plus te retrouver dans des situations comme celle-ci avant un moment. » Ce n’était pas du mépris, encore moins de l’arrogance. Il s’inquiétait juste pour elle. Sincèrement. Lui jeter du pognon le mettait soudainement mal à l’aise mais il ne savait plus quoi faire en ce moment et son manque de sommeil jouait tout aussi sûrement sur son absence patience qui n’était pas habituelle. Il s’arrêta d’ailleurs de la poursuivre sur ses derniers mots, essoufflé et fatigué de se battre toujours contre tout et tout le monde. A croire qu’il ne menait que des batailles inachevées depuis un long moment. Ses doigts piochèrent une cigarette qu’il alluma enfin. La fumée recouvrit son champ visuel, une belle transition pour la fuite de la rousse. Il ne supportait plus d’avoir les yeux rivés sur n’importe quel éloignement. Encore un fait amusant quand on savait qu’il était toujours le premier à se détourner. Sûrement pour cette raison, il ne supportait pas qu’on lui fasse. De l’égoïsme. Encore.

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