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 Éternité est anagramme d’Étreinte

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MessageSujet: Éternité est anagramme d’Étreinte   Ven 1 Aoû - 3:07


Chapitre I - Origins Nightmare.
Submergée par l'obscurité. Plongée dans le néant le plus abrupte lui donnant la sensation d'être compressée, compactée dans les ténèbres pour y être étouffée... Comme si le noir n'était pas une teinte mais un liquide si lourd, si pesant, et qu'elle en était noyée ; comme si l'obscur était matière, ou plutôt qu'il était tout. Et comme le Tout ne serait Tout sans Rien, alors il n'y avait rien à la fois.

Tout. Ou rien... Sauf elle. Ivy était là. Dans ce monde occulté, elle existait et pouvait entendre l'écho de ses pensées onduler vers l'infini, des ses songes qui rimaient avec l'être qui se questionnait ; « où suis-je...que suis-je...? » comme reprenant conscience d'un esprit qui s'éclore depuis les vapeurs du plus profonds des sommeils.

Sans être capable de les voir, elle pouvait sentir ses pieds nus léviter, en suspension, son corps en position fœtale ne reposant sur aucune chose qui soit. Pas même le vide, dans une position vertigineuse où n'y régnait ni même la gravité pour autant, ni même la sensation de chute libre. Ivy était seule chose qui soit face à l'absolu. Unique, comme pouvait l'être un dieu. Belle, comme pouvait l'être une déesse. Nue, comme pouvait l'être un nouveau né.

Émergeant du lointain, elle perçu soudain les bribes d'un son qui à ses tympans peinaient encore à se définir clairement. Comme s'il s'agissait d'un murmure jusqu'à là inexistant parce qu'il n'avait pu être observé, égaré par un voyage si long qu'il n'avait encore trouvé d'oreille à qui se révéler...

Ivy cru d'abord à un cri, un hurlement strident chevauchant chacun de ses échos, mais il s'agissait plutôt d'un appel amorphe qui à mesure qu'il approchait se transcendait en une voix plus forte et plus claire. Elle approchait, cette voix, roulant en plusieurs syllabes et paroles de son timbre émergeant, progressif, qui aussi subitement qu'elle était survenue devint par la suite beaucoup plus limpide.

« IVY ! »

Elle s'éveillait enfin, ouvrant soudain les paupières, dévoilant l'éclat azur de ses iris tandis que les battements rythmés d'un cœur puissant retentirent. Puis une chaleur se fit alors sentir là où, au commencement, il n'y avait pourtant rien. Petit à petit, elle prenait pieds de leur plante effleurant un sol rocailleux aux effluves de souffre, débarrassé de cette obscurité si opaque laissant place à de douces lueurs tout à coup plus chaudes à son regard, aux nuances de rouge et d'orange, comme des taches d'huiles colorée qui, dans un flou incertain, semblaient écarter une eau impropre aux embouchures de sa vision.

Mais ce n'était pas d'une eau dont il s'agissait. Au fur et à mesure que le paysage se précisait, s'imposait, sous la prunelle de ses yeux bleus un brasier grondant de flammes crépitantes aussi colossales qu'aurait pu l'être les vagues d'un océan tourmenté par la tempête. La géhenne de l'Enfer fourrageait de toute sa hargne, se reflétant sur les courbes en sueur de la jeune femme.

A mi chemin entre le rêve et le cauchemar, il n'y avait pourtant pas de peur à cet endroit. Il n'était que que la représentation de ses ressentiments les plus brutaux, les plus vils et les plus malicieux. Car Ivy éprouvait une haine irrépressible sur laquelle elle ne pouvait au jour d'aujourd'hui mettre le doigt, ni ne savait précisément sur qui il serait juste de l'abattre. Dans ce lieu animé, soumis, par la colère et la vengeance, toutes et tous n'étaient plus qu'ombrages, spectres tortueux, ces damnés ondulant comme des rideaux de fumée au gré de la chaleur infernale saturant ce paysage en souffrance.

« Ivy. »

Elle détourna lentement le regard, le reposant là où prenait source la voix... Et parmi le smog que recrachaient les brasiers grouillant de ces âmes de carbone et de suie se tenait debout, tout proche, la personnification même de son mal. Elle octroyait à cette entité un visage, et en ce songe l'avait appeler Invité. Il y avait certes moins élaboré, mais il y avait surtout un sens, un détail pernicieux caché dans les méandres tortueux de cette caricature maladroite ; là où aimait se terrer le diable. Invité se tenait donc là, bras croisés, d'une étrange posture à la fois intimidante, mêlée de froideur et de droitesse.

La créature dit, impassible : « Tu feras ce que je dis. Tu feras ce que je veux. Je t'ai créé, Ivy, tu me le dois. »

Et Ivy de répondre, méprisante : « A ton image... Tu m'as créé à la tienne. Je suis le reflet de ta culpabilité, je n'existe qu'à travers tes travers. Et tu n'auras jamais ce pouvoir. »

Le voile tomba, Ivy frissonnait ; dans sa chambre il y faisait plus frais. Elle se réveillait en nage, ouf ce n'était encore que ce cauchemar, émergeant doucement de ses draps poisseux de sueur, puis pivotant sur elle-même elle s'assit sur le rebord de son matelas. Ses doigts s'insinuant parmi les racines de ses longues mèches humides, son front prit appui entre ses mains, avec cette même question qui lui pendaient aux lèvres, encore et toujours, depuis son éveil sur le nouveau continent ; « que suis-je ? »


To be continued...

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