AccueilAccueil  CalendrierCalendrier  FAQFAQ  RechercherRechercher  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  

Partagez | 
 

 Nothing brings people together more, than mutual hatred.

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage

Invité
Invité






MessageSujet: Nothing brings people together more, than mutual hatred.   Jeu 7 Aoû - 23:38


S
ainte Rita, patronne des causes perdues et désespérées, octroie à ton humble idôlatre ta bénédiction, que ta miséricorde embaume l'âme galvaudée par la tourmente, que ton nom soit la panacée de celui qui cherche, que tu deviennes la lanterne salvatrice dans l'horizon enténébré. Oh, Sainte Rita...

Le téléphone glapit, et une ombre s'élança sur lui tel le fauve alouvi sur une pitance inespérée.
« Allo ? Allo, Yso ? Tu l'as retrouvé ? … non. Je suis désolé... » Le galbe jusqu'alors droit devint friable, il sombra lentement, jusqu'à faire choir son séant sur la première surface venue. Un mutisme prostré fit suite à la tirade damnée, quelques mots, seulement, qui venaient de faire office de couperet. Incommodé par ce désenchantement aphone et contristant, le quidam au bout du fil se racla la gorge, s'échinant malgré l'échec à versifier une réponse encline à réconforter son interlocutrice. « N'perd pas espoir ma grande, ton ex-mari est sacrément retors mais il pourra pas se planquer éternellement. Il doit bien se trouver dans les environs ! Je connais un gars qui bossait pour le FBI avant tout ce merdier, si tu veux, je peux t'organiser une rencontre, je suis sûr qu'il pourrait t'être utile ? » Quand bien même la suggestion naissait d'un bon sentiment, elle n'était qu'un cautère pour d'ineffables maux. Si cela avait été aussi simple, voilà longtemps qu'elle aurait embrassé la victoire dans cette traque à l'ex-époux, mais ce fieffé ravisseur n'était que trop matois pour échouer dans les mailles de son filet. Ce n'était qu'une plausibilité de plus, un énième peut-être, l'aurore d'un espoir pour le crépuscule d'une déception, et elle commençait sérieusement à ressentir l'usure de ses efforts. Ce n'était pas tant de rivaliser d'ingéniosité qui la harassait, c'était de constater que, peu importait la fécondité de son imagination, elle était inéluctablement perdante. Trop de crues émotionnelles, ce n'était point une guerre, mais un supplice de Tantale qui la promettait à la perdition. Tant et si bien qu'à l'instar de ses affects molestés, sa réponse resta agrichée à son gosier, incapable de se frayer un sentier hors des lippes scellées dans une expression austère. « … Ysolda ? » Avec lenteur, elle décrocha l'appareil de son tympan et l'abandonna sur le meuble sur lequel elle siégeait, sans même prendre la peine de raccrocher, encore moins celle de se confondre en excuses, remerciements ou allégations.

C'était toujours la même histoire. Toujours la même kyrielle pandémoniaque, qui durait depuis d'interminables mois. L'anathème d'une mère, sa malédiction à Elle. La Fatalité lui refusait ses droits et privilèges maternels – pis encore, elle lui avait spolié son bonheur, l'avait pillée des fruits de ses entrailles aujourd'hui viciées de regrets. Des doléances, la jeune femme en avait tout un chapelet, comme tout à chacun, mais elle se demandait parfois où elle glanait toute la puissance nécessaire pour y faire face. Le courage était une chose, sa longévité en était une autre, et ce n'était malheureusement pas un puits intarissable. Plongée dans les méandres infernales de sa neurasthénie, Ysolda prenait conscience que son chemin de croix était à mille lieues d'être fini, elle ne faisait au contraire qu'en fouler les premières braises. Un faisceau de lueur diurne vint soudainement trahir la pénombre de son appartement, et attira le bleu ivre de prunelles cerclées d'ébène. Se claustrer dans un shadowland était vain, elle le savait, elle qui n'avait cessé depuis la veille de fureter sur son ordinateur et autres documents privés pour la moindre trace de sa fille. La journée n'avait pas patienté pour une recrudescence de volonté, et si elle n'était pas tenue de visiter son lieu de travail tous les jours – poste jalonné de coercitions disparates oblige – elle ne put s'empêcher de s'interroger quant à l'efficacité de son équipe en son absence. Même si elle n'était pas d'humeur sémillante, la besogne lui ferait occulter l'arantèle vénéneuse dans laquelle sa vie était empêtrée, au moins le temps d'une poignée d'heures. Sans doute était-ce parce qu'elle se sentait moribonde dans son intimité que dans sa profession, aucun écueil ne l'épeurait, ni ne lui paraissait infranchissable. Macchabée claudiquant chez elle, mais succube émérite en dehors, et c'était sous cette apparence artificieuse qu'aujourd'hui encore, ils la verraient.

Elle gondola ses bronches d'une grande inspiration, sembla excommunier les démons qui ravageaient son minois d'un coup de paume, et se fit violence pour sortir de sa burlesque catalepsie. Elle se vêtit et se farda du portrait d'une déesse impérieuse, car c'est ce qu'elle était – ce qu'elle voulait être. En moins de temps qu'il n'en aurait fallu pour le dire, elle fut transfigurée, redevenue la carriériste invétérée que tous connaissaient. Deux perles de fragrance musquée dans le cou, puis elle se mit en route pour le Central Business District – la ruche effervescente où la providence des uns et l'infortune des autres se décidaient. Une véracité qui s'imposa d'autant plus à elle lorsque, sur le trajet, elle passa à proximité du Government Building, l'ultime place forte qui exsudait sa vénalité par toutes les fenêtres. Une fois dans le parking postérieur du bâtiment où le Siège du The Weekly Unit avait élu domicile, elle se fit accueillir par un binôme de Peacekeepers qui, comme à l'accoutumée, lorgna sur le badge professionnel épinglé à sa veste avant de lui ouvrir les huis. A travers les corridors où les échos inhérents à l'univers du journalisme s'élevaient en disharmonie, elle s'empara d'une petite bouteille d'eau des viscères de son sac et s'apprêta à longer le hall dans lequel s'amoncelaient les bureaux de ses employés. Cependant, ce fut compter sans un étrange charivari qui endigua son élan, car à quelques coudées de là, une horde d'olibrius en pleine joute verbale. Pantoise, la nymphe n'osa tout de go s'approcher, et préféra authentifier les attitudes de chacun pour deviner le rôle des acteurs de cette surprenante vaudeville. Dans l'échine d'un bataillon de quidams indisposés, sanglotait une demoiselle manifestement traumatisée, en compagnie d'un autre jouvenceau à la moue suspicieusement coupable. Et devant ce parterre composite ? Ce qui ne pouvait être qu'un homme d'état, à en croire la joliesse ostensible de son costume. Ce dernier clabaudait quelque polémique dont la cheftaine ne comprit pas grand chose, il était même exceptionnel d'ouïr pareille vitupération dans un organisme qui dépendait entièrement du gouvernement – un drame s'était-il produit ? Laissant la curiosité prendre le dessus, la blonde vénus finit par s'approcher, et se fit tout de go héler.

« Miss Sørensen !! » La jeune fille aux yeux rougeoyants et encore humides fit diligence jusqu'à ses abords, où elle se serait assurément pendue à son cou si elle n'avait pas été sa supérieure hiérarchique. « On a... on a un gros problème !  Un membre du Conseil a déboulé d'on ne sait où dans une colère noire et en criant au scandale ! Il a exigé de voir un responsable, lorsque je lui ai dit que vous n'étiez pas là il m'a hurlé dessus ! Je... je... » La panique peinturlurée sur sa figure empourprée, elle réprima un spasme qui lui coupa la chaque, alors qu'Ysolda obvia son attention pour mirer le fauteur de troubles engoncé dans ce qu'elle subodorait être sa vanité sociale. Ce fut seulement à cet instant qu'elle reconnut le crin rubigineux allié à deux iris hyalins dont elle connaissait les foudres. Sudworth. Ce franc bélître au fiel abrasif, ce goret véreux qui torsadait son quant-à-soi aussi sûrement que s'il était né pour cela. Aussi loin qu'elle s'en souvenait, leur relation avait toujours été placée sous une arcane antagonique, comme si, incapables de trouver un compromis, ils excellaient dans leur inimitié fourbe où les fantasmes de meurtres avaient toute leur place. Sur tous les élus influents de la Nouvelle-Orléans, il avait fallu que ce soit lui. Son aversion se traduisit à travers un frêle rictus que son vis-à-vis aurait tôt fait de distinguer, lui qui était davantage accoutumé à ses grimaces qu'à ses risettes. Dans un réflexe d'outre-tombe, la sylphide rectifia son port de tête et leva sensiblement le menton, message tacite destiné à faire comprendre que si elle n'était plus une effigie politique, elle n'avait rien perdu de ce qui la caractérisait. « Je vous jure que je n'y suis pour rien, ce n'est pas moi ! » Geignit la pauvre génisse à ses côtés, qui manqua de repartir dans des larmoiements ubuesques tant la perspective d'avoir offensé un protagoniste de l'Elite l'horrifiait. Avec placidité, la norvégienne retira le bouchon de sa bouteille et aspergea l'affolée qui en demeura coite de stupeur, tout comme l'ensemble de ses confrères. « J'ose espérer que cette ondée inattendue vous aura remis les idées en place. Un peu de tenue serait apprécié, vous n'êtes pas sur les planches d'un théâtre, ni sur le point d'être jetée dans la fosse aux lions, ce n'est pas parce que vous êtes la dernière arrivée que ça vous donne le droit d'agir comme une gamine écervelée. N'oubliez pas que vous représentez la société pour laquelle vous travaillez. Et c'est valable pour tout le monde ici. » Elle balaya l'assemblée de calots péremptoires, attendit que l'information daigne atteindre les encéphales puis glaviota ses ordres. « Vous, allez faire un tour aux commodités et séchez-moi tout ça. Vous autres, remettez vous au boulot, vous n'êtes pas payés à tirer des têtes d'ahuris, quant à vous... » Elle se mit face à l'adonis aux quartz étincelants, auquel elle aurait volontiers désigné la sortie. Mais enchaînée par la déontologie, elle se contenta d'un mince sourire en guise de simagrée. « Si vous voulez bien me suivre, Monsieur le Ministre, nous serons plus à l'aise pour nous entretenir dans mon bureau. »

Enfoirée d'engeance, s'égosilla son esprit, tandis que ses lippes teintées de grenat s'évasèrent un peu plus. La directrice fit volte-face et chaloupa jusqu'à la porte fermée de son office personnel, dans lequel tous deux pénétrèrent. Dès lors que Wayne dépassa le chambranle, elle prit soin de refermer, et n'eut-il pas le loisir de s'asseoir qu'elle entonna d'une phonation courtoise, mais ferme. « Avant que nous ne commencions, laissez-moi vous préciser que les invectives barbaresque ne sont pas les bienvenues dans mon service. » Elle fila à côté de lui à l'image d'une brise algide, et ne replongea dans les prunelles ennemis qu'une fois qu'ils furent séparés par le meuble disposé au centre. « Je sais qu'en dépit de votre statut, vous n'êtes pas un parangon de diplomatie, aussi vous saurais-je gré de ravaler vos pulsions inciviles et de ne pas me défenestrer quand bien même l'envie vous en prendrait. » Hostilités lancées, même si au tapage des cris, la belle préférait le venin des insinuations. Elle prit enfin place, mains apposées sur la surface devant elle. « Je vous écoute, quel mauvais vent vous amène ? »
Revenir en haut Aller en bas
 

Nothing brings people together more, than mutual hatred.

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

 Sujets similaires

-
» Netirc-people
» Astoria People | rpg célébrités
» Astoria People | rpg célébrités
» Astoria People | rpg célébrités
» Astoria People | rpg célébrités

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
CONSIGN TO OBLIVION .} :: The Fifth Chapter :: Memories-