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 Avènement d'une collaboration dantesque

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MessageSujet: Avènement d'une collaboration dantesque   Mar 12 Aoû - 2:34


« À ta place, moi je prierais pour que ça finisse vite, mais ça faut pas y compter. »


Sur ce visage, un univers parle. Un monde chimérique où vagabonde l’âme dans les coulisses de la réalité, là où nul autre quidam ne peut s’arroger un droit de visite. Des traits qui corroborent une ineffable sérénité et qui transsudent la béatitude propre aux gens sans soucis, voilà ce qui en est. L’amalgame de douces émotions peint sur les lippes entrouvertes du loustic la timide courbe d’un sourire, Andreas en est sûr. Il pense même avoir ouï çà et là de furtifs gloussements, notes éparses d’un hosanna à la gloire de ce que la belle au bois dormant vit en secret et garde jalousement aux confins de son subconscient.

Depuis des heures qu’il l’observe attentivement dériver loin des tracas. Il aime quand le patient flotte dans cet état : trop endormi pour appréhender son futur, beaucoup trop paisible pour ne serait-ce qu’angoisser vis-à-vis des épais nuages gris qui se profilent dans les horizons peu glorieux de sa piètre vie. C’est un moment de répit qu’Andreas offre à ses martyrs, au nom d’une générosité qu’on ne lui reconnait que trop peu. Ainsi a-t-il poliment insisté auprès de son comparse d’un jour à ne point le perturber dans son sommeil, l’incitant d’autant plus à ne causer aucun vacarme qui puisse troubler le havre intangible de leur invité. Un peu de soleil avant la tempête; il le mérite le bougre.
« Nous y sommes presque, murmure le reptile à l'échine courbée, prêt à happer de ses azurites les premières rumeurs du réveil flasque de son patient. »
Effectivement, le corps remue légèrement, et se dissolvent très vite toutes traces de son ataraxie dans une grimace de douleur. Même le sourire n’est point épargné, car la bouche devient béante, en quête de salive ou d’air. Les rideaux de chair papillonnent pour offrir à son spectateur la vision trouble d’un vaudeville en devenir. Un homme debout face à lui, costard et cravate, qui le dévore du regard; un autre plus en retrait; des murs sales qui portent le poids de la décadence… D’une indicible lenteur, le crâne du malheureux se soulève. La nuque à ce moment donne l’impression de lutter contre le poids de l’univers entier.  Son cerveau toujours englué dans le simili-coma dont il s’esbigne petit à petit, l’homme peine à discerner les mots disséminés par la danse labiale d’Andreas. À ses oreilles, ce n’est qu’un discours nébuleux dont il n’en extrait qu’un mince échantillon.
« Doucement, l’ami. Il ne faudrait pas que vous trépassiez avant même qu’on ait eu le temps de s’amuser, dit Andreas d’une voix posée. »
L’émail de ses dents se découvre sous ses babines retroussées en vue d’épouser un rictus carnassier, tandis qu’une main délicatement posée sur l’épaule dextre de son invité incite au calme. Oui. Andreas Rasmussen compte bien s’amuser avec le vieux Thomas James Perkins, baleine quadragénaire à la crinière flamboyante, et à qui la situation lui a dérobé ses airs de dandy patibulaire pour le travestir en ridicule jambon saucissonné à une chaise en métal, laquelle couine chaque fois que sa graisse ballote un peu plus.
« Qu’est… Qu’est-ce que vous me voulez ? Exit l’assurance avec laquelle il a toujours paradé. Faites place à la peur viscérale dont se nourrit goulûment Andreas. Ce dernier, d’ailleurs, s’accroupit pour être à son niveau. Ses calots se vissent sur son faciès et oscillent entre les deux pommettes mafflues d’où trônent les premières perles de sueur, à la recherche d’un regard perdu dans ces grasses collines.
Je vais vous dresser rapidement l’esquisse de la situation, mon cher. Le monsieur là-bas et moi-même avons été intimés de vous... apprendre le secret professionnel. Semblerait-il effectivement que vous avez eu la langue plus longue qu’elle ne devait l’être en réalité, et que vous avez chanté plus fort qu’il vous était permis de le faire.
L’histoire semble ébranler en Thomas des esquilles de souvenir puisqu’il arrête sitôt de respirer. Ses billes font comprendre que le récit ne lui est pas totalement inconnu. La bouche vrille pour délivrer un flot de babillages incompréhensibles, mais Andreas jugule toute tentative d’excuses d’un index contre ses lèvres.
(...)
Sshhht. Ne vous en faites pas. Vous êtes d’ores et déjà pardonné. Passons donc à la leçon. Vous découvrirez de nous que nous sommes de bons professeurs. À nos yeux, l’apprentissage passe surtout par la pratique, non la théorie. Alors, si vous le voulez bien, nous allons entamer la classe, qui, ma foi, risque de piquer un peu.  »
Un bâillon devient entrave à ses dernières supplications. Andreas admire son canevas comme un peintre qui imagine via son esprit créatif les premières taches à dégueuler sur la surface vierge de son tableau. Mais rien ne vient, si ce n’est un dernier sourire qui se creuse sur ses lippes serrées, et qu’il destine à monsieur Thomas James Perkins. « Puissent ces heures passées en notre compagnie vous être agréables, chante presque le sanguinaire. »

Il se lève, s’assure que ses habits n’ont gagné aucun pli, puis se dirige d’un pas solennel en direction de Wesley Windsor, l’acolyte animal et l'unique spectateur de ces introductions étrangères à ses méthodes un poil trop barbares pour le Andreas distingué. Même si la journée en sa compagnie s’est révélée être plus ardue qu’il ne l’a cru aux prémices de leur périple, il doit admettre que l’attitude du ShadowHunter, à défaut d’être discrète, est d’une efficacité quasi similaire à la sienne, si ce n’est extrêmement divergent. Mais qu’importe, car sans son aide, Andreas aurait pris des plombes à mettre la main sur le gigot.
« Il serait malpoli de ma part de ne point vous inviter à engager les festivités, comme ce tête-à-tête avec monsieur Perkins relève en majeure partie de votre dû. Tâchez néanmoins, je vous prie, de faire prolonger le plaisir. La torture est un art qui demande avant tout une certaine délicatesse dans son exécution. Et nous nous entendons tous les deux pour dire qu'il vous en manque cruellement, de la délicatesse.
Il sourit, trop aimable en dépit du dialogue tordu qu’il lui sert.
Cigarette ? qu’il demande en lui offrant l'étui dans laquelle sont alignées les tiges, en même temps qu'il s'en coince une au bec. Il me tarde de vous voir à l'oeuvre ! »
Foutu psychopathe en cravate, que son collègue doit penser à cet instant même.
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MessageSujet: Re: Avènement d'une collaboration dantesque   Jeu 14 Aoû - 22:39



« ART IS A BANG. »



Dans la quiétude de la pénombre, adossé contre un mur, Wesley mire avec une fascination morbide la proie et le prédateur interagir, tout en pondérant l'ambivalence qu'il ressent vis-à-vis de ce dernier. Incontestablement un génie du mal, un apôtre de l'affliction dont le milicien jalouse la maestria, une capacité à verser la peur dans l'âme de sa victime tout à fait époustouflante mais. Ces airs guindés, cette froideur prédatrice, cette absence d'impétuosité le mettent mal à l'aise. Il se rend compte que le cœur de son acolyte est encore plus noir que le sien, ce qui en dit long. Ce qui le fait exulter, ce qui allume un brasier ardent en lui, c'est la brutalité, le combat, mettre son existence sur le fil, se délecter de cette délicieuse angoisse qui serpente le long de ses entrailles lorsque l'issue de la rixe devient incertaine. Flirter avec la faucheuse. La friction des âmes qui cherchent à survivre.
La torture, à son sens, manque de répondant, est trop unilatérale que pour être excitante et est ainsi relayée à du pur business. Dès lors, qu'un individu soit enivré par les déboires, la géhenne d'une pauvre âme entravée par ces cordes lui lève le cœur. Il trouve ça sale. Toutefois, il ne laisse pas sa révulsion craqueler son masque impassible, bien décidé à jouer le jeu, à s'avilir autant qu'il sera nécessaire afin que son compère ne hume pas les remugles de son appréhension.  

Lentement, Wesley se déplie, fait rouler ses musculeuses épaules, s'étire et va à la rencontre d'Andreas, s'efforçant d'encaisser l'homélie que celui-ci débite d'une lippe doucereuse. Le faciès du Hunter se fend en un simulacre de sourire, la malveillance flambant dans ses opales. « En vous remerciant. » fait-il d'une voix blanche, prélevant une cigarette du paquet tendu, qu'il pend à ses lèvres. Contournant son équipier, il s'avance au devant de sa proie à pas feutrés, plantant son regard glacé dans celui plein d'épouvante de Thomas. Il se penche paresseusement vers le malheureux, leurs deux visages proches. À cette distance, il peut ouïr l'émoi du cœur du malheureux, voir la sueur emperler son front flasque, renifler l'odeur aigre de la terreur. Envolée, la torpeur fugace, envolée, l'infatuation caractéristique du personnage. Couard. Les instincts de la brute s'éveillent, alléchés par l'odeur envoûtante de la peur ; un sourire de squall éclot sur ses lèvres. Lentement, les doigts traversent l'espace, se saisissent de la gorge et étrangle. « Voyez-vous Mr. Perkins, mon collègue et moi-même avons beau pratiquer le même art, nous sommes issus de deux écoles bien différentes. » entonne-t-il. Le teint passe du rubicond au violacé, les paupières papillonnent, les yeux s'embuent de larmes, se révulsent, de la bouche s'échappe un gargouillis. « Il croit à un art raffiné, intellectuel, élaboré. J'essaye très sincèrement de voir les choses de son point de vue, mais je n'y arrive pas. Sans doute suis-je trop frustre ? » Le corps est parcouru de convulsions. « Je suis convaincu que l'art est instinctuel, fugace, qu'il naît de l'instant présent. » L'étau se desserre enfin, l'homme force une grande goulée à passer par sa tuyauterie meurtrie, tandis que le poing noueux de l'assaillant se contracte. « Voyez-vous se répète-t-il, mon art est explosion. » Le coup fracasse la mâchoire, Perkins pousse un hurlement de douleur. Quelques dents brisées tombent piteusement à terre, du sang dégoutte du menton. Pour toute réponse, le pauvre diable lui adresse une grimace écarlate. Sans y prêter attention, Wesley masse ses phalanges endolories par l'impact tout en inspirant une longue bouffée de cigarette, satisfait de constater que son direct du droit fait toujours autant de ravages.
Cette expérience est fort différente de celle qu'il a vécu il y a quelques mois, lorsque c'était Aleksi qui se trouvait à sa merci. Sous l'empire de la rage, foudroyer le scélérat de son courroux vindicatif fut chose aisée, tandis que faire subir ce supplice à ce quidam pansu s'avère être une besogne qu'il n'accomplit pas avec le même empressement zélé.
Il est extrait de sa contemplation songeuse par les sanglots de Perkins ; des larmes roulent le long de ses joues joufflues, trace des sillons immaculés dans l'étendue de sang qui commence déjà à coaguler. Quel spectacle pitoyable, Wesley en jette les yeux au ciel. Cette faiblesse le rebute, lui fait bouillir le sang, le rend colère. D'un geste fulgurant, le soudard extirpe sa lame acérée de l'étui fixé à sa hanche et la plante dans la main du pleutre, la faisant tourner sur elle-même. Un braillement tonitruant éventre le silence vespéral. « Si tu pleures pour rien, j'vais te donner une raison de sangloter. » siffle-t-il d'une voix dangereusement basse, abandonnant la grandiloquence d'auparavant, exhibant toute son irascibilité légendaire.  


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MessageSujet: Re: Avènement d'une collaboration dantesque   Dim 17 Aoû - 22:06

C’est tout sauf délicat. Le prédateur est fruste, agressif et bestial lorsque, d’un pas gorgé  d’assurance, il entame la leçon. Le gibier devient alors le véhicule à ses élans les plus destructeurs, sans égard aux précédents conseils d’Andreas, lequel assiste d’un œil empreint de dépit.  Le discours que récite son collègue au même moment qu’il strangule sans autre cérémonie sa victime tient lieu d’excuses à ses méthodes brutes. Andreas, avide d’en apprendre plus sur cette sibylline facette de la torture, écoute, observe, sans pouvoir juguler le cortège de critiques que fait naitre le navrant spectacle. Un poing à l’assaut d’une mâchoire ou des serres qui embrassent la trachée, c’est tellement impétueux que ça flirte avec l'accusation d’un manque de contrôle flagrant dans la séance. On soupçonne l’absence de toute élaboration, et la genèse de la douleur ne se résume qu’à l’étape bien simple qu’étant celle de porter le coup. D’autant plus que n’importe quel sacripant est apte à reproduire cette joute pétulante sans trop d’écueils à sa tentative. En somme, c’est tellement facile et ordinaire que ça quitte le domaine de l’art pour s’inviter dans celui de l’insane sauvagerie.

Mais nonobstant le sévère train de pensée qu’Andreas suit, tapi dans le giron des ténèbres de l’entrepôt, il demeure quiet et mutique, préférant laisser à Wesley la chance de se divertir ou se défouler, selon ce que cette pantalonnade lui procure. La cibiche au nez rubescent est toujours amarrée à ses lippes, et lénifiante est la sensation de cette petite mort sur ses pauvres poumons. Il la consume en retrait sans jamais dévisser ses calots du tableau, surveillant attentivement la myriade d’émotions qu’il sent bouillir dans l’arantèle des veines de son cher compère. Finalement, c’est le surin extirpé de sa gaine qui bouscule Andreas hors de son oisiveté. Ses pas de loup le conduisent lentement jusqu’à la hauteur des deux acteurs. Une nuée de toxine lui sort des narines comme deux défenses nébuleuses, et à travers, des mots se baladent jusqu’à se percher de peine et de misère dans les oreilles des protagonistes — la faute à la malheureuse ouaille qui brame sous la morsure virulente du poignard. « Allons. Allons. » Il entame, alors qu’atterrit la senestre, délicate et rassurante, sur l’épaule de Wesley. C’est qu’il craint pour la vie du vieux Perkins avec ce fiel nouveau qu’il sent louvoyer dangereusement à travers les sarments du cœur jusqu’à atteindre ledit palpitant de l’animal Windsor. Guère surprenant de constater la naissance de cette irascibilité, comme la violence de naguère se présente en parfait ingrédient à son invocation.
« Trop de hargne, mon cher. En le manipulant de la sorte, vous risquez de casser le jouet plus tôt que prévu. La critique embrasse les courbes du constat plus que du reproche. Andreas somme poliment son compagnon de lui laisser la place. Si vous me le permettez… »
Et le reptile de déloger d’un coup sec le couteau fiché dans le derme de la baleine, accompagné du second couplet de ses plaintes étouffées. La plaie vomit des flots amarrant, et le sang patine et patine jusqu’à former de petites taches sur le sol, destinées à devenir les preuves indélébiles de leur passage ici. Le sorcier ne s’occupe déjà plus de la blessure, puisqu’il libère Thomas Perkins du bâillon qui entravait son joli chant d’agonie. Il respire difficilement, mais entre deux bouffées il supplie, pleure, cris, jusqu’à consumer ses maigres réserves de fierté qu’il emmagasinait probablement dans un pan de ses graisses. Andreas lui cloue une clope aux lippes à la façon d’un geôlier soucieux des derniers instants que vit son condamné. La flamme vient lécher le bout de la tige, et est engloutie derechef par le néant.
« Fumez, cher. Il s’agit peut-être de votre dernière cigarette, qui sait. »
La victime ne se fait pas prier. Les mains ligotées sur les bras de la chaise atténuent un zeste le plaisir de cette clope, mais il profite de cet instant de bonheur en espérant secrètement que se niche dans la nicotine un produit obscur pouvant anesthésier sa souffrance. Nada; ce serait trop beau pour être vrai.
« Voyez-vous, monsieur Windsor. La dégustation, avant toute chose. Allez trop vite et ni vous ni le sieur Perkins ne pourrez totalement jouir des bienfaits que vous provoquez. Or, impossible de réguler la vitesse des jointures lorsqu’il est temps de les abattre; le coup vient, le mal nait, puis disparait la seconde d’après. Dans une baston, c’est pratique, je vous l’accorde. Mais ici, l’invité est ligoté et le temps, généreux.
Il parle, et les calots s’approchent de la main abîmée, à la recherche du morceau le plus futile qui la constitue. Incertain, il demande à Perkins qui suçote nerveusement la cibiche :
De quel doigt êtes-vous prêt à vous départir ?
— (silence où le regard pantois du martyr tombe lourdement sur la charpente élégamment frusquée du reptile)
Bien, je choisirai. »
Sur ces mots, Andreas qui tient en sa paluche l’arme affutée de Windsor, pose la lame incisive près de l’index charnu, et commence à scier énergiquement. Un orchestre de sons aussi ragoûtants les uns des autres s’entame pour accompagner la voix de crécelle qui surgit comme messagère de l’incommensurable douleur provoquée. À nouveau, le sang peint les environs, et sont crachées sur Andreas quelques petites gouttes qui souillent son veston. Mais trop préoccupé par son dur labeur, il n’en fera la découverte qu’une fois l’index entier séparé de son socle.
« Ha. Mince. Je me suis taché. Il fait en constatant les dégâts. Peu d’importance. Il se retourne vers son compagnon, auquel il lui destine un sourire béat. C’est ce que j’appelle avoir du doigté dans la torture ! Haha. Je... Il guigne le pleutre. Mais sacredieu, voulez-vous bien vous taire, on ne s’entend plus penser ?! »
Légèrement irrité par cette cacophonie, Andreas décide alors de fourrer le membre sectionné dans la gueule de l’importun, et de ficeler le tout à l’aide du bâillon précédemment retiré afin d'étouffer ses jérémiades. Perkins, incapable d’exprimer ni son dégoût ni sa douleur, génère par millier des larmes pour pincer la corde sensible – et inexistante – de son bourreau. Mais ce dernier a déjà passé à autre chose, faisant alors totalement face à Wesley.
« Ma mémoire devient fragile. Pouvez-vous me rappeler si nous devions seulement apprendre à Perkins les bonnes manières, ou s'il fallait aussi faucher sa piètre existence ? » Il secoue sa clope, et cette dernière dégueule des cendres qui tombent en flocons à leurs pieds. Andreas reluque le triste opprimé, bouche pleine, main saccagée et visage vulgairement transformé en de la barbaque. Malheureux qui sert d'autel aux folies d'un duo de sanguinaires tordus jusque dans l'âme.
Et la sienne brisée.
Brisée pour toujours.
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MessageSujet: Re: Avènement d'une collaboration dantesque   Mer 10 Sep - 2:47


Sa misérable existence n'est qu'une grotesque et sempiternelle répétition d'erreurs similaires et aisément évitables, prenant toutes source dans la même tare, la même tâche originelle : sa véhémence brutale, réalise-t-il pour la énième fois en observant d'un regard médusé son œuvre cruelle. Wesley fixe d'une œillade médusée sa main serrant fermement son arme favorite, comme si cette dextre ne lui appartient, comme si étrangère à lui-même, mû par une volonté qui n'était pas la sienne. Encore une fois, il a failli, il a cédé à l'appel obsédant de ses démons et s'est docilement rendu à l'empire de la colère. Comme si électrifié par la poignée de la lame, la brute la lâche promptement et contemple sa victime s'évertuer à étouffer ses sanglots, sans nul doute dans l'optique d'éluder des assauts semblables à celui-ci. Wesley passe mollement une main sur son visage, dépité. Il y a fort à parier que son zèle ne va guère plaire à son collègue. Un soupir tremblant s'échappe de ses lèvres. Il lui faut vraiment apprendre à avoir un contrôle de soi plus solide, il n'en a qu'assez de ce genre de situations épineuses générée par son tempérament de feu.

Comme attendu, l'Autre est déjà là et Windsor sent bientôt une firme pression sur son épaule, invitation péremptoire à retourner se terrer dans l'ombre et laisser la suite des opérations à son comparse, ce que le milicien s'empresse de faire. Néanmoins, il n'apprécie que fort peu la mercuriale doucereuse et condescendante d'Andréas, se force toutefois à plaquer un sourire contrit sur ses lippes. « Je reconnais avoir fait de l'excès de zèle. » D'un pas lourd, il traîne sa carcasse musculeuse jusqu'au refuge lénifiant de la pénombre et prenant son rôle de sentinelle silencieuse, n'étant que trop satisfait de se murer dans un mutisme total.

Sitôt le bâillon ôté, Perkins avale de grandes goulées d'air et vomit une myriade de lamentations et de gémissements plaintifs ; pitoyables jérémiades tentant vainement d'invoquer une miséricorde inexistante dans les fibres d'un être de l'acabit d'Andréas. Wesley abhorre ce personnage cossu de toutes les forces de son corps et regrette presque de ne pas avoir pu étendre plus les ravages qu'il a occasionnés lors du temps qui lui avait été octroyé. Pourtant, le tortionnaire fait montre d'une mansuétude inopinée en offrant sa propre cigarette à l'homme saucissonné à la chaise, tout en agrémentant son acte bienveillante d'une sentence de fort mauvaise augure. Toutefois, Perkins ne se fait pas prier longtemps et tire sur la clope de tout son saoul, ses joues toujours baignées de larmes et de sang. Un spectacle affligeant qu'un homme abandonnant toute dignité durant ses ultimes instants passés sur cette basse terre. Le Professeur prend parole, harangue son élève, le réprimande sur son manque de discipline, dispense ses savoirs ésotériques à l'assistance tout ouïe. Le Hunter fait passer le poids de son corps d'un pied à l'autre ; agacé par cette nouvelle admonestation, il désire néanmoins voir son damné comparse à l'oeuvre ; qui semble d'ores et déjà totalement immergé dans son élément. Très vite, ses vœux sont exaucés et la magie opère ; Andréas coupe, charcute, ampute. Le spectacle rebute la bête et la fascine à la fois, c'est un curieux mélange, laissant une délicieuse saveur amère sur la pointe de sa langue ; Wesley, les lèvres pincées, tend le cou pour mieux admirer l'action. Il croit presque pouvoir humer les remugles cuivrés du sang dans l'air. Perkins jette aux cieux impassibles des hurlements stridents qui lassèrent la quiétude de cette nuit tiède, il ne peut gérer pareille géhenne, tout son système nerveux doit s'embraser face à pareille mutilation. Il aurait beau s'égosiller jusqu'à ce que le soleil matinal peigne l'éther de nuances orangées et rosâtres, aucune intervention salvatrice ne le tirerait des griffes de pareils animaux ; il est condamné, tous trois le savent, ce qui n'empêche pas vieux Thomas d'essayer.

Andréas étouffe les pleurs de sa victime en lui fichant son propre index dans le gosier ; c'est inédit, tout bonnement effarant et Wesley en demeure interdit alors que son comparse ne sourcille même pas. Tout cruel est-il, le Hunter n'aurait jamais ne serait-ce que concevoir un tel acte, il est désormais révulsé, ce spectacle lui lève le cœur et le lui loge haut dans la gorge. Un tel sadisme couplé à un tel détachement, le truand en reste coi. Jamais n'avait-il frayé avec un tel diable, un cœur aussi damné et une âme si entachée de noirceur. Il doit faire montre de stoïcisme, ne pas flancher, Andréas saurait flairer une vacillation incongrue.« Hé bien, les consignes sont sujettes à interprétation. » prononce-t-il d'une voix qui se veut posée.« Faire en sorte que pareil manquement ne se reproduise plus. » cite-t-il. Lentement, sans geste brusque, il dégaine un pistolet à roulette et insère une unique balle. D'une pression du pouce, il fait claquer la réserve à munitions, qui tourne joyeusement. « Peut-être devrions-nous laisser Dame Fortune décider du sort de ce misérable ? » Terminer le scélérat est la chose humaine à faire selon Wesley – après pareil traitement, que peut Perkins espérer mener comme existence ? - et humain, Wesley se plaît à croire l'être encore un peu ; plus que son compagnon, en tout cas.

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