AccueilAccueil  CalendrierCalendrier  FAQFAQ  RechercherRechercher  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  

Partagez | 
 

 « L'alcool tue lentement. On s'en fout. On n'est pas pressés. » [pv Calypso]- Terminé

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage

Féminin
↳ Nombre de messages : 840
↳ Points : 1183
↳ Date d'inscription : 01/04/2014
↳ Age : 24
↳ Avatar : Brett Dalton
↳ Age du Personnage : 32 ans
↳ Métier : Ministre à la place du ministre... il joue le rôle de Liam. (Expert en sécurité informatique - emplo
↳ Opinion Politique : anti-Gouvernement depuis les premières heures
↳ Niveau de Compétences : Niveau 2/3 en prémonition - Niveau 84 en blague à Toto
↳ Playlist : Underground || Parting Glass || The Hanging Tree || Some Nights || United we stand tall
↳ Citation : Paresse : habitude prise de se reposer avant la fatigue.
↳ Multicomptes : Rafael A. Morienval | Andreï C. Ievseï
↳ Couleur RP : goldenrod



Feuille de perso
↳ Copyright: (avatar) .sassenach
↳ Disponible pour un topic?: Oui =D
↳ Liens du Personnage
:



MessageSujet: « L'alcool tue lentement. On s'en fout. On n'est pas pressés. » [pv Calypso]- Terminé   Dim 24 Aoû - 23:36

Maarten & Calypso



« Un autre ! » La voix grave de Maarten n’eut pas à porter bien loin. Accoudé au bar depuis plus d’une heure, dans une soirée bien avancée et bien arrosée aussi, il cherchait l’oubli dans l’alcool qui, il ne le savait que trop bien, n’allait lui apporter que des ennuis. Bouarf. Des ennuis. Si seulement… Le rêve, cauchemar ?, qui l’avait réveillé quelques jours plus tôt était encore trop présent dans son esprit pour qu’il redoute autant qu’il désire le sommeil. Alors, il retardait l’heure. Et cherchait dans des cocktails dont il ignorait même la composition un peu de sursis, essayant de chasser de ses lèvres le goût fantomatique de celles si brièvement retrouvées de Cate. Cate. Elle l’obsédait encore, un an après. Elle le narguait. L’appelait. L’attirait dans les mailles de son filet sans même être là. Sans même en avoir conscience, il en mettrait sa main à couper. Elle lui susurrait des mots doux, des menaces, en permanence. Sirène meurtrière, créature immatérielle. Etait-ce dans les pouvoirs des sorciers que de s’immiscer ainsi dans les songes d’un autre pour le pervertir et tordre l’irréalité ou n’était-ce qu’une preuve de plus de la folie qui croissait sans marquer de pause dans les méandres de son esprit ? Maarten vida le verre placé devant lui avec brusquerie. Cul-sec. Encore. Il ne les comptait plus, ces verres qu’il venait d’aligner. Il fallait qu’il arrête de se perdre dans ses pensées. Il fallait qu’il boit, qu’il oublie, qu’il arrête de se poser des questions. Peu importait les comptes qu’il avait tenté de tenir au début, du nombre de verres vidés. Il fallait qu’il boive, pour chercher dans l’alcool ce que Cate avait jadis quêté. Peut être pourrait-il ainsi comprendre mieux pourquoi, toucher du bout des doigts un peu plus de sa présence ? Non. Maarten se prit la tête entre les mains dans un râle amorphe. Mal de tête ? Loin pour le moment. L’ivresse joyeuse ? Abonnée absente. Plus la soirée avançait, plus il devenait irritable et plus l’absence tangible de Cate l’étranglait. L’étouffait. « Un autre. » Grogna-t-il. La réponse du barman ? Il n’y prêta pas attention. Après tout, qu’est ce qu’il pouvait bien lui dire ? Non ? Maarten lâcha un petit rictus semblable à un aboiement à cette idée, un semblant de rire. Pleine Lune dans moins d’une semaine, le Saarloos se la ramenait régulièrement et davantage encore dans ces moments là. En réalité, si Maarten avait effectivement prêté attention aux dires du barman, il aurait su qu’il venait en effet de lui répondre un non posé, poli mais surtout péremptoire.

Sans regarder devant lui, tête toujours plongée dans ses bras croisés sur la surface du bar, Maarten chercha à attraper le verre qu’il supposait rempli. Une main se saisit de son poignet. De toute évidence, la soirée du buveur était terminée, dans ce bar du moins. Finie. Il devait avoir abusé de la patience du barman, ou écoulé tout son crédit d’honnêteté. A moins qu’il ne soit passé au-delà de la barrière de passivité, et que le propriétaire commençait à craindre pour l’intégrité de son établissement. Dans tous les cas, Maarten se redressa immédiatement, voulant rétracter sa main, sans succès. Aussitôt, il commença à froncer les sourcils, se lever et devenir agressif. « Tu me lâches tout de suite. » Le barman, pas intimidé – ce devait dû au fait que Maarten ne tenait pas debout mais se contentait de tituber en s’appuyant sur tous les objets à portée – pour de sous le fixa. « Je te conseille de rentrer chez toi, Joen, tu as assez bu. Sinon je vais être contraint d’appeler les PeaceKeeper. Pas question que tu foutes le b#rdel dans mon bar, compris ? » Le ton monta immédiatement du côté de Maarten qui poussa violemment le barman. «  TU NE ME TOUCHES PAS COMPRIS ? » D’un revers de la main, il balaya le plan de travail, envoyant quelques verres valser et se briser en multiples éclats sur un sol qui attira l’attention de tous les clients. Un silence s’abattit dans la pièce, mais Maarten ne s’en aperçut pas de suite. « Pour qui tu te prends, c#nnard, d’abord ? T’es pas mon père, tu es juste un p#tain de barman de m#rde, alors sers moi un nouveau verre de ton tord boyau et gagne ton fric ! » En temps normal, Maarten serait parti sans rien demander. En temps normal, l’instinct de survie et la discrétion étaient marqués au fer rouge dans son comportement. Impulsif, agressif, mais doté d’un instinct de préservation à la hauteur de sa paranoïa. En temps normal. Sauf que cela faisait longtemps qu’il n’avait pas bu autant, cela faisait des mois qu’il ne s’était pas mis dans un tel état. Au moins, la raison n’avait pas changé entre temps.

En moins de cinq minutes, Maarten et ses mouvements désordonnés se retrouvèrent jetés dehors, le visage trempé d’un seau d’eau qu’il avait rencontré violemment, sous l’invitation d’un des clients venu prêter main forte au propriétaire. D’une certaine manière, Maarten avait de la chance : le gérant du bar le connaissait, et savait que le Néerlandais craignait plus que tout se retrouver confronter à des autorités policières. Il avait de la chance, aussi, que le gérant l’apprécie en général. Il n’avait jusque là jamais abusé sur l’alcool à ce point, et venait d’utiliser son joker. Face contre terre, trempé, l’esprit embrumé, la douleur exacerbée et la rage amplifiée, Maarten se traîna et finit par s’asseoir contre un mur. Slalomant entre les tentacules avides des alcools ingérés, une pensée timide se traça un chemin dans les pensées du biologiste. Et Bastien ? Qu’allait il penser de… Maarten eut un haut-le-cœur. Ne pas réfléchir, ne pas penser. Ne même pas essayer de croire un instant qu’il pouvait tenter de raisonner. Ce n’était ni le lieu, ni le moment. Ce n’était tout simplement pas envisageable. En néerlandais, Maarten commença à maugréer d’une voix rauque non destinée à porter plus loin que les quelques traces de barbe qui marbraient ses joues. « Sorcière. P#tasse. Tous des c#nnards. Sors de ma tête, Cate. Dégage, lâche moi, libère moi. Je ne veux plus penser à toi, je ne veux plus de toi… » Sans s’arrêter, il poursuivait lorsqu’il se redressa, se hissant sur ses jambes flageolantes. La présence d’une tierce personne le fit s’interrompre brutalement dans sa litanie gutturale. Qu’est ce qu’elle regardait, cette gourde ? Rousse en plus. Couleur de cheveux des sorcières, dans la culture populaire. Maarten la fixa d’un air mauvais. Défait. Agressif. « Qu’est ce que tu regardes encore, Heks ? » Heks. Sorcière en néerlandais.

_________________
He says save me, save me; She says maybe, maybe…
She starts to turn away when he says…
Promise me you’ll never let us go
Push me, Crush me, Then save me, save me
She stops walking, walking; He stops falling, falling
He looks her in the eyes and he says… - © by anaëlle.


Dernière édition par Maarten D. Joen le Sam 21 Fév - 9:45, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://consign-to-oblivion.forumactif.com/t3068-nolan-je-me-surm

Invité
Invité






MessageSujet: Re: « L'alcool tue lentement. On s'en fout. On n'est pas pressés. » [pv Calypso]- Terminé   Lun 1 Sep - 13:23



« L'alcool tue lentement. On s'en fout. On n'est pas pressés. »

(pv) Maarten D. Joen


~

Tu tends la main difficilement, sentant la fraîcheur du verre mordre le bout de tes doigts. Ton geste n'est cependant pas assez précis pour attirer le liquide ambrée jusqu'à tes lèvres. Ton bras retombe donc mollement sur le bar, rapidement suivi par ta tête dans un bruit sourd.
Plus que le feu dansant de ta chevelure, ton état pitoyable attire les regards des clients, tantôt attristés tantôt dégoûtés qu'une femme puisse finir ainsi. Qui pourrait comprendre le mal que tu dois endurer ? Qui entend les cris stridents de ton cœur alors que ce monde n'a, finalement, jamais voulu de toi ?
Personne.
Il n'y a ici que des hommes égoïstes, bien trop préoccupés par leur augmentation qui ne vient pas. Seulement des femmes ennuyées par leur misérable vie. Que veulent-elles de plus ces pimbêches à la bouche plus malheureuse que le cœur ? Il n'existe ni prince ni cheval blanc, ni palais ni carrosse, ni bonheur éternel ni... enfants. Elles devraient plutôt prier le ciel pour qu'il ne leur reprenne pas ce qu'elles ont déjà, ce qu'elles devraient chérir.

Une main se pose sur ton épaule, contact chaleureux et rassurant alors que la pièce te semble si froide et hostile. L'on te secoue gentiment face à ton manque de réaction, un simple grondement s'échappant de ta bouche pour toute réponse.
La pression se fait finalement plus forte et tu relèves la tête, les yeux à demi-fermés face à la lumière du petit bar. « Ca suffit, Calypso, rentre chez toi » te dit-il dans un souffle, si bas qu'il te faut tendre l'oreille pour entendre. Dois-tu retourner dans cette maison qui n'est pas la tienne alors qu'elle ne t'y attend pas ?
Difficilement, tu poses les pieds au sol, glissant ton corps du tabouret avec une lenteur impressionnante. Les vertiges t'assaillent presque automatiquement, alors que le monde tourne dangereusement sous ton regard vitreux. Que dira-t-il en te voyant passer sa porte dans cet état, si au moins tu arrives jusque là-bas ? Dépravée, catin, l'alcool ne résout pas les problèmes, encore moins ceux de ton cœur putride. Oui, ça ressemblera à quelque chose comme ça, et tu n'auras qu'à acquiescer, supporter le coup ou te laisser tomber dans ses bras. Il en profitera et tu ne lui en voudras pas, comme toujours.

S'il t'est presque impossible de distinguer les visages des clients, il te semble pourtant voir très clairement le regard désapprobateur du barman lorsque ta main agrippe une bouteille. Tu tentes donc d'articuler un Je l'ai payé qui se tord dans ta gorge, tandis que tu entends le soupire qui s'échappe de ses lèvres. S'il ne voulait pas te voir ainsi, il fallait t'arrêter avant.
Titubant jusqu'à la sortie, tu retiens un hoquet et manques de tomber à terre en t'étalant contre le mur, le seul ici à pouvoir te supporter. Tu sais pourtant qu'ils te regardent, qu'ils grimacent à chacun de tes pas, que leur cœur accélère sa course lorsque tu trébuches. Mais tu connais aussi le profond dégoût que tu leur inspires, qui retient leur main et leur corps loin de toi. L'on ne touche pas le mal si l'on ne veut pas que le mal nous touche.
Pourtant, tu voudrais qu'on te touche, qu'une main amicale se pose sur ton épaule et te murmure que tout va bien. Même si, tout ne va pas bien et tu le sais, rien ne peut aller bien désormais. Tu as tout perdu, et maintenant que la vie n'a plus rien à te prendre, la mort reste bien au chaud chez elle... avec ta fille, si jolie fille, qui pleure entre ses bras. Comment tout pourrait aller bien alors que sa vie n'a été que trois étés dans un bordel ? Si l'on peut appeler une « vie » sa survie avec une mère dépressive, un père inconnu et des filles de joie.

Un caillou te fait trébucher, basculant dangereusement ton corps vers l'avant alors que, pour une raison tout à fait inconnue, tes bras se lèvent. Si ce geste aurait pu être anodin, c'était sans compter sur ta profonde idiotie, ton inestimable malchance et ta parfaite maladresse. Ainsi donc, tandis que ton crâne se penche en avant, ta main se soulève de quelques centimètres, amenant à ton front le goulot de la bouteille que tu agrippes fermement. Le choc semble résonner à l'intérieur de ta tête alors que la douleur se diffuse lentement sur ton visage, et t'amène une révélation bien particulière : la bouteille est vide.
Quelques pas de plus et tu tombes nez à nez avec un parfait inconnu bien mal en point. Comment peut-on se mettre à ce point mal ? C'est pit-... tu poses une main contre le mur pour retenir les balancements étranges de ton corps lorsque tes pieds sont immobiles, ou essaient de l'être. Ton attention est déjà toute concentrée ailleurs lorsqu'il prend la parole. Si tu devines péniblement la signification de son regard, tu comprends qu'il ne semble pas aimer celui à qui il parle.
Tu te retournes donc, persuadée qu'un homme doit se tenir pas loin de toi alors que le brun regarde dans ta direction. Mais il n'y a que ton cadavre inutile qui chancelle, reprenant son équilibre avec difficulté après ce petit demi-tour un peu trop précipité, qui te donne envie de vomir. Personne donc. Cet homme est-il si mal qu'il hallucine ?

« J'ai cru voir un rat, mais moi c'est Calypso, pas Heks. Qui c'est ? »

Tu avances jusqu'à lui, tanguant dangereusement d'un côté à l'autre, et t'assieds face à lui, un nouveau hoquet te forçant à te retenir au sol grâce à la bouteille toujours dans ta main. Le bruit du verre contre le sol te ramène en tête la douleur sur ton crâne et te persuade que la marque du goulot doit être profondément ancrée sur la peau blanche de ton front. Que voulez-vous, une idiote doit se ridiculiser jusqu'au bout.

« Hé... Faut pas boire... Si tu tombes en panne j't'aiderai pas...  aah et puis merde. »


Spoiler:
 



Dernière édition par Calypso de Rosenbourg le Lun 3 Nov - 23:33, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas

Féminin
↳ Nombre de messages : 840
↳ Points : 1183
↳ Date d'inscription : 01/04/2014
↳ Age : 24
↳ Avatar : Brett Dalton
↳ Age du Personnage : 32 ans
↳ Métier : Ministre à la place du ministre... il joue le rôle de Liam. (Expert en sécurité informatique - emplo
↳ Opinion Politique : anti-Gouvernement depuis les premières heures
↳ Niveau de Compétences : Niveau 2/3 en prémonition - Niveau 84 en blague à Toto
↳ Playlist : Underground || Parting Glass || The Hanging Tree || Some Nights || United we stand tall
↳ Citation : Paresse : habitude prise de se reposer avant la fatigue.
↳ Multicomptes : Rafael A. Morienval | Andreï C. Ievseï
↳ Couleur RP : goldenrod



Feuille de perso
↳ Copyright: (avatar) .sassenach
↳ Disponible pour un topic?: Oui =D
↳ Liens du Personnage
:



MessageSujet: Re: « L'alcool tue lentement. On s'en fout. On n'est pas pressés. » [pv Calypso]- Terminé   Dim 14 Sep - 14:00

Maarten & Calypso



Malgré ce qu’on pouvait croire face à son comportement des dernières heures voire des derniers jours, Maarten n’était pas un habitué du trottoir ni de l’alcoolémie aigüe. Et même s’il devait y avoir actuellement plus d’alcool dans ses veines que d’hémoglobine, même s’il avait piètre mine, chemise froissée, cravate de travers, veste abimée, même si son regard hagard n’avait d’égal qu’en son élocution chaotique, même si la rue avait été pendant un temps son seul logis, on sentait que désormais ce n’était plus le cas, qu’il n’avait plus sa place ici. Adossé au mur, il leva le regard vers l’intruse qui n’avait rien à faire ici, selon lui. Heks. Elle était rousse, elle était là. Cela suffisait à son esprit embrumé pour conclure. Heks, sorcière. Crève charogne. Sur des jambes flageolantes, il la toisa sans cacher une animosité animale. Qu’est ce qu’elle regardait, là ? Elle n’avait rien à faire ici, ce n’était pas elle qu’il voulait voir, ce n’était pas elle qu’il voulait écorcher, ce n’était pas elle qu’il voulait embrasser. Et elle n’avait pas à le regarder, aussi. Les yeux de Maarten s’attardèrent un instant sur la chevelure de la jeune femme, pour glisser immanquablement vers le reste de son corps et enfin s’échouer sur la bouteille. Vide. Echec. Un pas hésitant, il manqua de s’affaler sur la jeune femme et ne récupéra son équilibre qu’en le payant chèrement de son amour propre. Il ne lui en restait plus beaucoup, d’ailleurs. Heks. Que faisait-elle là, que regardait-elle, donc ? La voilà qui semblait étonnée d’être la cible des grognements du Néerlandais, la voilà qui tourne la tête pour chercher une autre cible potentielle. « J'ai cru voir un rat, mais moi c'est Calypso, pas Heks. Qui c'est ? » Maarten fronça les sourcils. Un rat ? C’était quoi, ça, de la provocation de base ? Une pulsion suicidaire ? Un… Calme toi, stupide caniche. Oui, il devait se calmer, mais ce n’était pas facile lorsque tout le monde l’agressait, encore plus les odeurs, et que la terre s’amusait à se dérober sous ses pieds. Déjà qu’il détestait l’avion, l’altitude et tout ce qui s’y rapportait, alors si en plus on s’amusait à lui offrir un voyage en mer alors qu’il n’avait pas quitté le quai… Maarten déplora l’absence de mer à proximité lorsqu’un haut-le-cœur le surprit à nouveau, un pas en avant ayant fait exploser en fragments de migraine ce qu’il restait de sa sobriété. Un pas en arrière, il trébucha, en effectua deux de plus pour se retrouver dos à un mur, alors que la rousse avançait dans sa direction, dans une gesticulation toute menaçante aux yeux du Néerlandais, qui se rapprochait davantage du Neandertal à cet instant que de l’Homo Sapiens. Il s’écroula, elle s’assit face à lui.

Maarten se prit la tête entre les mains dans un énième grognement, comme s’il cherchait un peu de lucidité dans le brouillard obscur qui, loin de soulager sa solitude et sa folie latente, les accentuait toutes deux dans un entrelacs pitoyable et surtout inextricable. De toute manière, la rousse n’était pas réelle. Ce n’était qu’une illusion. Tout n’était qu’illusion d’ailleurs. Tout n’était qu’une p#tain d’illusion, et sauter dans le vide ne suffisait pas à la faire voler en éclats, comme quelques jours plutôt dans cette mine. Tout n’était qu’une illusion, et Maarten voulait bien parier sa main que la rousse devant lui faisait partie de cette mascarade. Une réincarnation de Cate, rousse plutôt que brune pour coller à sa sorcellerie maléfique, ivre morte comme lorsqu’il l’avait trouvée plus de dix ans auparavant. Une réincarnation pour se moquer de lui, pour se moquer de son état, pour pointer du doigt l’ironie de sa situation. Ce qui était advenu du jeune Néerlandais qui avait pris soin de l’étudiante en droit ? Il était parti en fumée dans un rituel dont il ne se souvenait pas, pour laisser place à un animal blessé, violent, agressif et paranoïaque. Une belle réussite, à n’en pas douter. A cette pensée, Maarten partit dans un rire jaune, désabusé et étrangement plus proche du ricanement de la hyène que de l’aboiement d’un chien. Un rire qui s’étouffa dans sa gorge aux mots de la jeune femme, qui, loin de disparaître, se densifiait face à lui. « Hé... Faut pas boire... Si tu tombes en panne j't'aiderai pas... aah et puis merde. » Maarten foudroya l’autre du regard. De un, elle se permettait de lui donner une leçon alors qu’elle non plus n’avait visiblement pas carburé au jus de pomme toute la soirée. De deux, c’était quoi cette manie de parler en français, langue qu’il commençait à reconnaître – merci Cate et Bastien – mais qu’il n’était pas près de comprendre ? Est-ce que lui, il parlait sa langue maternelle à tort et à travers ? Oui. Et bien ce n’était pas la même chose. Et il ne disait que des choses pertinentes qui avaient une bonne raison de ne pas être dites en anglais, contrairement aux autres, c’était une certitude. Une simple hypothèse. Et si Cate (du moins la représentation mentale qu’il avait construite de Cate pour – hypothétiquement – se sentir moins seul) pouvait se la fermer, ce serait sympathique. Et la rousse aussi, tiens. Si elle pouvait se la fermer. Le chien avait mal à la tête, déjà. Maarten refusa de songer à ce qu’il allait advenir de lui dans quelques heures, une fois la nuit terminée, une partie de l’alcool évacuée et une migraine à le mettre à genoux. Une solution pouvait être de continuer à boire pour ne jamais connaître le retour de boomerang, mais étrangement, Maarten sentait que cette solution était elle aussi illusoire.

Dans un soupir, Maarten rompit le silence installé suite à la déclaration fort juste et fort décevante de la… de… Calypso ? Ce n’était pas comme ça qu’elle s’était nommée ? Calypso, ouais. Un nom chelou, mais quand on s’appelait Maarten en Nouvelle-Orléans, il s’agissait de ne pas forcément se la ramener si on ne voulait pas se prendre une remarque dans la figure. Et c’était du vécu, bien évidemment. Maarten, donc souhaitait éventuellement répondre à l’Illusion. Quitte à être ridicule, autant l’être complètement, non ? Et discuter avec le fruit de son imagination, puisqu’il était certain qu’elle n’était que ça, pouvait toujours distraire, non ?

« Ouais, ben moi aussi, je sais parler une autre langue que l’anglais » commença-t-il donc totalement conscient que ce n’était que pure gaminerie. « Et puis t’es pas ma mère, juste ma presque-femme, prends toi ça dans la tronche, Cate, je t’ai démasquée ! Hésita-t-il à rajouter dans un rictus, alors je bois si je veux, d’abord. » Il secoua la tête, pour appuyer ses propos. C’était important, non ? D’appuyer ses propos par un geste ? Non ? Dommage. « Et puis d’abord, je sais bien que tu vas pas me dépanner. T’es trop égoïste pour ça, Sorcière. Nan mais t’as vu tes cheveux ? Plus cliché, tu meurs ! Et bien tu sais quoi ? » Maarten avait totalement perdu pied. Lucidité ? Réflexion ? Abonnées absentes toutes les deux, elles avaient fui le navire en perdition, pour la soirée du moins. De toute manière, c’était clair et net pour le Néerlandais : c’était Cate, là, devant lui. Pas le même visage, pas la même taille, pas les mêmes intonations et certainement pas la même silhouette, mais osef. C’était Cate, parce qu’elle était là, devant lui. Et qu’elle se moquait de lui. Mais il n’allait pas faire la même erreur que dans son rêve, non. Pas question de céder aussi facilement. « Et ben, t’es moche. T’es moche, j’ai pas besoin de toi, je suis très bien tout seul, et libre, libre de ta présence, libre de ta folie. » S’il était ridicule ? La question ne se posait même pas. Il l’était pleinement, le Saarloos gémissait de dépit et invoquait Rintintin, Rex et toutes les divinités canines de la famille d’Anubis ce qu’il avait fait pour être la part animale d’un humain aussi pitoyable.

Spoiler:
 


_________________
He says save me, save me; She says maybe, maybe…
She starts to turn away when he says…
Promise me you’ll never let us go
Push me, Crush me, Then save me, save me
She stops walking, walking; He stops falling, falling
He looks her in the eyes and he says… - © by anaëlle.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://consign-to-oblivion.forumactif.com/t3068-nolan-je-me-surm

Invité
Invité






MessageSujet: Re: « L'alcool tue lentement. On s'en fout. On n'est pas pressés. » [pv Calypso]- Terminé   Dim 28 Sep - 23:53



« L'alcool tue lentement. On s'en fout. On n'est pas pressés. »

(pv) Maarten D. Joen


~

Alors que l'alcool draine ton sang plus sûrement que ton sang ne draine l'alcool jusqu'à ton cerveau, les souvenirs se mélangent, réapparaissent pour certains, disparaissent pour d'autres. Ainsi te voilà revenue deux siècles auparavant, ta grande jupe battant chacun de tes mouvements, tout en épousant tes formes généreuses de femme presque fatale.
Tu savais tout des mouvements les plus séduisants, solidement cramponnée à cette balustrade d'où tous pouvaient te regarder sourire. Un geste de la main et celui-ci sera pendue à tes lèvres ce soir. Un autre et celui-là rentrera bredouille cette fois.
As-tu aimé ces années passées à choisir lequel pourra entrer dans la chambre à ta suite ? Tu ne saurais le dire, tout cela est bien trop flou pour toi. Tout ce qui est clair dans ton esprit, c'est que tu es passée de détestée à adorée en quelques mois seulement. Comment aurais-tu pu croire que l'on s'arracherait ta main, enfermée comme tu l'étais dans ton château de flammes ?
Tu avais néanmoins l'espoir que l'un d'entre eux ne veuille plus te lâcher, qu'il s'accroche à ton bras et qu'il te promette amour et liberté. Oui, un mariage aurait tout arrangé. Mais ils ne sont jamais allés jusque là. Jusqu'à lui.
Tu te penches en avant, la main légèrement pressée contre ta poitrine, l'autre posée au sol pour garder l'équilibre. Tes cheveux glissent le long de tes épaules dans ce mouvement, libérant leur douce odeur d'huile d'olive. Toutes t'envient les différents parfums et autres substances dont tu induis ta crinière flamboyante pour la soigner et l'embellir.

« Mon presque-mari va me sortir de tout ceci, m'aimer et m'épouser, et notre... »

Ton anglais se tord dans ta gorge, te laissant silencieuse, les yeux grands ouverts sur la luminosité douloureuse. Quelle horreur allais-tu raconter ? Quelle est cette syllabe qui résonne dans ton crâne sans avoir pu s'échapper de ta bouche ? L'alcool ne peut rien contre ça, contre ce mot qui attend, contre ces sentiments qui bouillonnent à l'intérieur de ton petit cœur. L'alcool a perdu cette bataille, tu reprends conscience du cadre spatio-temporel de la situation présente. Catastrophique situation.
Fille. C'est la fin de cette phrase, de ton histoire. Tu revois encore ses grands yeux rieurs, ses lèvres pincées de nervosité, ses joues gonflées de colère. Tu revois même sa peau blanche et ses longs cheveux, ses petits doigts potelés à l'intérieur de ta main. Et tu revois la croix, son nom, le monticule de terre recouvrant son corps. L'ont-ils déterré, ses fanatiques avec leurs engins de construction ? Tu ne veux pas savoir. Tu ne dois pas savoir.
Le désespoir te gagne. Sa mort était ta mort, la fin de ton monde, la dépression, l'alcool, la prostitution, la destruction d'une femme, la naissance d'un cadavre aux os saillants et aux cheveux longs. Deux cents ans n'ont pas suffi à apaiser ton mal, à oublier le rire de sa voix d'enfant. Tu es seule maintenant. Si seule que tu meurs à petit feu, incapable d'enfanter à nouveau, à jamais coupable de ce malheur.
Trop égoïste, oui, ce doit être ça qui a mené ta chair et ton sang à la tombe. L'égoïsme de la mère, l'égoïsme du père. Lequel des deux était plus dangereux que l'autre ? Tu ne pourrais le dire, tant tu as négligé tes responsabilités. C'est de ta faute, certainement, et il serait prêt à le dire si vous deviez en parler. Mais c'est un tabou que vous vous imposez inconsciemment, trop blessés pour oser ne serait-ce que prononcer son nom, avouer son existence. Il ne faut point déranger le repos des morts, dit-on.
Ton attention revient sur l'homme, et tu reprends alors conscience du mal actuel qui envahit ton corps. Tes membres te semblent lourds et ankylosés, engourdis par ton corps qui s'appuient douloureusement sur tes jambes. Tu changes donc ton point d'équilibre, allongeant tes jambes devant toi, sur la gauche de l'idiot qui t'insulte.
Du moins ne penses-tu pas qu'il est un idiot, tu es simplement intriguée par ce mot qu'il associe à ta chevelure de feu. Cliché ? L'on a dit beaucoup de choses de son éclat, mais jamais l'on a associé cheveux et cliché dans la même phrase. C'est un homme bien curieux. Sorcière, oui, tu as souvent été appelé ainsi, mais tu n'en as jamais été une, simple animal incapable d'indépendance.
La migraine qui t'assaille te fait plisser les yeux alors qu'il continue dans ses insultes, attaquant de nouveau ton physique. Moche, dit-il, inconscient du nombre d'hommes qui a succombé à tes beaux yeux. Tu ne t'en vexes pas, pourtant, oubliant le bordel parisien pour ne penser qu'à l'homme séduisant que tu as rejoins dans cette ville. Lui aussi, il s'amuse à t'insulter quand ses pupilles ne peuvent plus te lâcher et que, pourtant, ses mains ont envie de frapper cette bouche idiote qui est la tienne. La mocheté, l'irresponsabilité, et bien d'autres encore, il n'oublie jamais rien.

« Je sais, il me le dit souvent lui aussi. Laide, irresponsable, folle, idiote. Insulte-moi tant que tu veux, tu ne me diras jamais rien dire qu'il ne m'ait déjà dit. Tu ne pourrais, de toute façon, rien me faire qu'il ne m'ait déjà fait, Chien qui couine et qui boit. »

Une odeur plus forte qu'une autre, qui agresse tes narines et n'éveille même pas une seule seconde l'instinct de guimauve du chat en toi. Le chien mouillé qui te fait face est de cette même race que toi, ces gens qui ont dû payer pour le caprice d'un tiers, un sorcier. Le tien s'est vengé, loin de penser que son dernier geste était de la panique plus que de la vengeance. Il ne voulait pas t'emporter dans la mort par colère, il avait peur de te perdre, simplement. Qu'aurait-il fait sans toi, qu'aurais-tu fait sans lui ?

« Quelle langue était-ce ? Et ton nom, dis-moi ton nom. »



Dernière édition par Calypso de Rosenbourg le Lun 3 Nov - 23:34, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas

Féminin
↳ Nombre de messages : 840
↳ Points : 1183
↳ Date d'inscription : 01/04/2014
↳ Age : 24
↳ Avatar : Brett Dalton
↳ Age du Personnage : 32 ans
↳ Métier : Ministre à la place du ministre... il joue le rôle de Liam. (Expert en sécurité informatique - emplo
↳ Opinion Politique : anti-Gouvernement depuis les premières heures
↳ Niveau de Compétences : Niveau 2/3 en prémonition - Niveau 84 en blague à Toto
↳ Playlist : Underground || Parting Glass || The Hanging Tree || Some Nights || United we stand tall
↳ Citation : Paresse : habitude prise de se reposer avant la fatigue.
↳ Multicomptes : Rafael A. Morienval | Andreï C. Ievseï
↳ Couleur RP : goldenrod



Feuille de perso
↳ Copyright: (avatar) .sassenach
↳ Disponible pour un topic?: Oui =D
↳ Liens du Personnage
:



MessageSujet: Re: « L'alcool tue lentement. On s'en fout. On n'est pas pressés. » [pv Calypso]- Terminé   Mer 8 Oct - 14:55

Maarten & Calypso



Avec un peu plus de bon sens et un peu moins d’alcool dans le sang, Maarten aurait tout de suite vu que la rousse n’avait strictement rien en commun avec sa canadienne. Vraiment rien. De ces petits plis aux commissures des lèvres à ces quelques tâches qui éclaboussaient ses pommettes. De cette attitude aux craquements de sa voix. De ses yeux à ses mots maugréés et perdus. Et si on allait même plus loin dans le psychologique, on pouvait même établir que c’était cette absence complète de ressemblances qui embrouillait le plus le Néerlandais. Depuis des semaines, Cate lui manquait de plus en plus. Elle l’obnubilait la nuit, il la cherchait inconsciemment le jour. Un fantôme de sa voix s’adressait au biologiste dans ses pensées lorsqu’il n’y prenait pas garde, et sa part plus que rationnelle lui soufflait que petit à petit, il sombrait dans une folie obscure que rien ne semblait pouvoir l’en extraire. Hormis l’alcool. Peut être. Parce que l’alcool lui permettait de plonger consciemment cette fois dans un gouffre tout autre, tout aussi sombre et pitoyable, dans lequel tous ses sens étaient inhibés, ses songes transformés en brouillard et son désespoir prenait une forme humaine qu’il pouvait à loisir frapper et cajoler pour pallier ce manque lancinant qui détruisait sa raison. Mais pour être tout à fait réaliste, Maarten était bien loin de ces considérations poussées et réfléchies sur les raisons de son comportement plus que décevant. Pour le moment, il se contentait juste rester les yeux ouverts et de chercher une cible pour reporter ces coups de poignard que chaque respiration lui infligeait au corps – au foie ? – et cette cible était en l’occurrence la rousse devant lui qui avait le malheur d’être dans un état similaire. Dans un reniflement pour conclure son intervention, Maarten s’entendit donc articuler dans un entrechoquement épars de syllabes qu’il n’était anglais lui non plus et que ce n’était pas une raison de parler français. Et qu’elle n’était ni sa mère – de toute manière il ne l’avait pas connue puisqu’elle l’avait abandonné et qu’il avait à son tour abandonné celle qui avait tenu à jouer ce rôle auprès de lui – juste celle qui aurait pu devenir sa femme sans cette nuit qui avait réduit à néant leur avenir commun. Et puis, de toute manière, Cate s’en fichait. Ce n’était pas elle qui avait été réduit à l’état d’une bête mêlée à l’humain. Guidée par l’alcool, elle n’avait aucun souvenir de cette nuit là, de ce qu’elle lui en avait dit. Lui, il se souvenait encore de la douleur. Immense. De cette sensation qu’on le démontait à la scie pour le remonter maladroitement. Il se souvenait de tout cela comme on pouvait se souvenir d’un cauchemar indescriptible qui restait coincé dans la gorge lorsqu’on tentait de l’expliquer à d’autres. Cate, elle, ça ne lui avait rien fait ; Et qu’il soit injuste en restant ainsi cloisonné dans un déni pareil ne frôla pas une seconde l’esprit amer et détruit du Néerlandais. Il n’était de toute manière pas apte à y penser, se concentrant pour prononcer les syllabes dans le bon ordre, si possible faire de même avec les mots, voire les phrases. Quant à tenter d’écouter ce qu’elle lui répondit, c’était une tâche bien plus difficile qu’il faillit laisser de côté. Failli. « Mon presque-mari va me sortir de tout ceci, m'aimer et m'épouser, et notre... » Presque-mari ? L’épouser ? Elle ? Cette Cate qui avait mis une perruque, s’était fait un lifting, masquait sa voix et son timbre dans un amalgame de sons bien trop… dissonants aux oreilles du Saarloos ? La voix de Maarten menaça de partir dans des aigus suspects lorsqu’il maugréa que « Mais il est plus question que je t’épouse ! Okay, je t’aime, mais je t’ai dis. Enfin non, je t’aime pas toi. C’est Cate que j’aime. » Et elle n’était pas Cate, même s’il souhaitait de tout cœur qu’elle le soit pour avoir le droit de lui dire en face ce qu’il rêvait de lui dire, ce qu’il devait lui dire. Et juste pour la voir. Juste pour la toucher. Juste pour l’embrasser, ce qu’il ne pouvait pas se permettre avec la rousse face à lui – alcool ou non. C’était Cate qu’il aimait donc. Et pas cette jeune femme qui se faisait passer pour elle, pas cette Calypso qui, et il s’empressa de le lui dire fort délicatement – à son image en somme, n’était pas particulièrement le type de femme qu’il fréquentait en général. T’es moche. Vocabulaire simple. Puéril. Il n’avait pas à chercher bien loin pour sentir que si Maarten ne pensait pas un mot de ce qu’il était en train de dire, il voulait dans tous les cas agresser autant Calypso que lui pouvait se sentir agresser par chaque jour écoulé à regretter d’être parti.

Elle plissa les yeux devant ces derniers mots, comme étonnée de se l’entendre dire. D’un mouvement de menton, Maarten la mit au défi de s’énerver, de se montrer vexée ou de réagir d’une quelque manière que ce soit. Et à son grand désarroi, elle se contenta de lui répondre. « Je sais, il me le dit souvent lui aussi. Laide, irresponsable, folle, idiote. Insulte-moi tant que tu veux, tu ne me diras jamais rien dire qu'il ne m'ait déjà dit. Tu ne pourrais, de toute façon, rien me faire qu'il ne m'ait déjà fait, Chien qui couine et qui boit. » Dans l’esprit égaré de Maarten s’alluma soudain une alerte qui fendit un bref instant la chape de brouillard sur sa lucidité. L’instinct du chien se réveilla avec brutalement, et Maarten planta son regard brun dans celui de la rousse. Que venait-elle de dire ? Chien qui couine et qui boit. Passant outre le verbe couiner qui heurtait son orgueil, le Néerlandais se concentra sur le premier – et le seul – substantif de cette phrase. Chien. Le Saarloos se mit à grogner doucement, se dépêtrant péniblement au milieu des vapeurs d’alcool. Fuis, tout de suite. Fuis, protège ta vie, protège ta meute qui n’est constituée plus que de toi. S’affola le chien dans son courage canin. Fuis, tu n’es pas en état de te défendre, tu ne sais que couiner avec toute cette brûlure que tu as ingérée. Un long frisson parcourut Maarten, trop hébété pour réagir autrement que par ce tremblement et ce léger recul. Mais dès que le vent tourna pour lui porter de douces flagrances provenant du bar et de la jeune femme, le frisson s’estompa pour laisser place à une agressivité renouvelée. Chat ! Chatte ! lui hurla aussitôt le Saarloos qui venait lui aussi de changer de comportement. Fuite oubliée, il s’agissait à présent de pourchasser ce misérable animal qui était son ennemi. Et porté par cette rage soudaine à l’égard de son ennemi naturel, Maarten manqua de ne pas percevoir les derniers mots – et questions – de Calypso. « Quelle langue était-ce ? Et ton nom, dis-moi ton nom. »

Son nom ? Après sa nature, voilà qu’elle voulait connaître son nom ? Et quoi de plus encore ? Son groupe sanguin, le nom de ses victimes, sa famille, ses parents qui l’avaient abandonné pour une raison qui ne regardait qu’eux, Cate, Cate qu’il avait abandonné à son tour comme si ce n’était au final qu’un trait familial ? La colère de Maarten enfla davantage avant de s’évaporer dans ce qui ne fut finalement qu’un long soupir désabusé. Maarten se contenta de la foudroyer du regard dans un grognement. « C’était du chien et ça ne te regarde pas, chaton. » L’alarme résonnait encore dans son esprit, l’empêchant de sombrer à nouveau dans sa torpeur précédente, et Maarten se trouva contraint de réfléchir – ou plutôt de laisser au chien le soin de le faire. Et il articula l’une de ses premières phrases sensées depuis qu’il avait été jeté hors du bar. « Tu n’es pas Cate. » Un froncement de sourcil. « Tu es juste une chatte, un chat de gouttière sans maître et perdu. » Et lui était un chien sans maître, un chihuahua pour le moment. Voilà un beau couple perdu au milieu de la rue, assis dans un caniveau, une bouteille vide et deux cerveaux avec l’efficacité de coquillages. Il lui désigna d’ailleurs le cadavre de bouteille qu’elle avait amené avec elle. « C’est à cause de ton c#nnard de presque-mari ? » Les yeux de Maarten dérivèrent sur le bar encore animé. « J’ai soif. » fit il remarquer. « Tu es française ? » Un nouveau regard vers la rousse, un dernier regard en direction du bar. Un nouveau soupir. Les propos décousus et recousus dans un patchwork informe que tenaient Maarten n’avaient pas d’autre but que de lui permettre d’ignorer cette terreur qui l’avait surpris à l’énonciation du mot chien. Il devait savoir si elle était une menace. Et pour le savoir, il devait la faire parler. Savoir si comme le chat, elle était vicieuse et perverse et sadique, ou si, comme lui pouvait l’être, elle était juste une maudite qui n’avait rien demandé. « Doug. C’est comme ça que je m’appelle. M’appelais. J’sais plus. » Il haussa les épaules. « Je suis néerlandais. » Mais que lui prenait-il donc de finalement répondre aux questions de la jeune femme ? Etait-ce parce qu’il savait le prénom et les possibles origines de Calypso qu’il se sentait obligé de lui rendre la pareille ? Ou était-ce juste un effet bien moins visible mais beaucoup plus cruel de sa soirée inondée ? Maarten ne savait pas le dire. Il se contentait pour le moment de constater qu’en temps normal, il se serait parti depuis longtemps au lieu d’ignorer cette alarme incessante et de répondre aux questions par des réponses fausses – en partie – et qui ne pouvaient que guider un curieux vers une piste enfouie depuis longtemps de double homicide.


_________________
He says save me, save me; She says maybe, maybe…
She starts to turn away when he says…
Promise me you’ll never let us go
Push me, Crush me, Then save me, save me
She stops walking, walking; He stops falling, falling
He looks her in the eyes and he says… - © by anaëlle.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://consign-to-oblivion.forumactif.com/t3068-nolan-je-me-surm

Invité
Invité






MessageSujet: Re: « L'alcool tue lentement. On s'en fout. On n'est pas pressés. » [pv Calypso]- Terminé   Ven 17 Oct - 23:32



« L'alcool tue lentement. On s'en fout. On n'est pas pressés. »

(pv) Maarten D. Joen


~

Chaton. Le mot s'engouffre dans tes oreilles sans même sembler atteindre ton petit cerveau, incapable de comprendre même sobre alors saoul... Tu ne devines pas, donc, que le danger est là, bien présent, que le chien pourrait sauter sur le chat, simplement parce que les chiens n'aiment pas les chats. Seulement, tu fais partie de ces tares qui n'ont pas conscience du danger et qui aiment les canidés. N'y avait-il pas de grands chiens dans la grande maison de ton père ?
Tu as cette capacité, ce pouvoir effrayant de deviner quel animal se cache derrière un homme – ou une femme – sans effort. A bien y penser, tu as toujours eu cet odorat monstrueux capable de savoir quel membre de ta maudite famille approchait de ta chambre pour te malmener. Ainsi, tu sais reconnaître une personne à son odeur et lui assigner celle-ci à vie. Et si tu es bien incapable de retenir noms et visages, au moins as-tu le mérite de savoir quel parfum est venu te parler ou à souffert de ton idiotie.
Bref, tu peux deviner qu'un homme n'en est pas réellement un, et trouver à quel animal il correspond. Tu le peux, mais tout le monde ne le peut pas, comprends-le. Ce n'est pas un pouvoir acquis par les tiens dès le début de la malédiction, c'est un pouvoir qui s'apprend avec l'expérience. Si l'intelligence avait été offerte à ton esprit, tu t'inquiéterais donc de savoir que cet ivrogne est également capable de deviner ta race. Il est comme toi, certes, mais il est puissant, et peu enclin au pacifisme, on dirait.
Mais toi, tu restes là, le regard dans le vague, à secouer la tête de gauche à droite pour indiquer que, non, tu n'es pas Cate. Tu es Calypso, ça a été dit, est-il dur d'oreille ? Très peu perspicace, en tout cas, pour te nommer simple chat de gouttière sans maître et perdu. Perdue, certes, quoi qu'il te sera possible de retrouver ton chemin, quand tu en auras l'envie. Chat de gouttière ? Ce n'est pas le soucis, tu es bien incapable de t'en offusquer, les chats sont des chats, tu ne pourrais pas comprendre la valeur d'un Ragdoll face à un Bâtard.
Sans maître. Faux, absolument faux. Tu as un homme à tes côtés, un sorcier maléfique, un presque-mari, pas plus qu'un amant, pas moins qu'un ennemi. Un homme qui saura te reprocher ton état, s'énerver s'il apprend qu'un autre était avec toi. Mais un homme capable de passer sa main dans tes cheveux pour t'aider à t'endormir. Un être compliqué, un homme, tout simplement.

« J'ai un maître. Peut-être pas toi, mais moi si. »

Les sourcils légèrement froncés, comme si tu prenais mal un affront plus grand que ces simples mots. Un maître. Tu n'es même pas gêné par les mots. Ils font de toi un animal de compagnie, un jouet, mais tu n'en as même pas conscience. Tu sais juste que tu es à lui autant qu'il est à toi.
Ton regard dérive jusqu'à la bouteille. Vide. As-tu réellement bu tout son contenu de toi-même, sans aide ? Est-ce la seule ? Tu ne sais plus, et de devoir pivoter la tête pour contempler le verre te donne soudain un vertige incroyable qui te fait perdre ton équilibre. Te rattrapant au sol avant de tomber, tu retiens dans ta gorge un haut-le-cœur douloureux, et constates que ta petite mésaventure a fait tomber la bouteille qui roule bruyamment sur le bitume. A la voir ainsi dégringoler la rue, tu te demandes pourquoi les routes ne sont pas simplement droites, ou clairement irrégulières, pour éviter que ce genre de choses n'arrive.

« Non, pas mon mari, pas sa faute. Pas un connard. Française, oui, comme l'était la Nouvelle-Orléans. »

Ton soupir accompagne le sien, long et désespéré, qui s'écroule au sol à peine échappé d'entre tes lèvres. Tu sens alors l'air qui se charge d'alcool, du moins de son odeur, et l'envie te vient tout autant que la sienne.
Pourquoi ne va-t-il pas chercher une bouteille s'il a si soif, d'ailleurs ? Tu es bien incapable de le dire, ta vue se brouillant soudain avec plus d'ardeur. Devrais-tu boire à nouveau ? Non. Le veux-tu ? Oui. Tu as besoin de te remplir, de connaître l'insouciance qui suit la beuverie, de te sentir pleine. Mais tu ne pourras jamais l'être, il subsistera toujours un vide en toi.
Doug, néerlandais. Tu relèves les yeux sur l'homme, plissant les paupières pour essayer de mieux voir ses traits incertains – ce qui est profondément idiot, remarquons-le bien. Il te faut un profond effort de concentration pour comprendre de quel pays il vient. Si tu as eu le droit à des séances sévères sur la géographie du monde en anglais et français, tu n'en restes pas moins désintéressée par ce qui est ni ta France ni la Nouvelle-Orléans. Tu ne vivras pas plus longtemps en sachant que l'Allemagne touche la Pologne, n'est-ce pas ?

« Doug ? C'est néerlandais ? Ca ressemble plus à du chien. »

Tu dois comprendre que tes paroles sonnent comme des provocations. C'est pourtant trop compliqué pour ton petit cerveau de rousse et de chat débile qui se contente de miauler. Ne fais pas attention, ce n'est pas grave, tu verras bien les conséquences de ton idiotie plus tard. L'on n'est plus à ça près, n'est-ce pas ? Et face à d'autres maladresses de ta part, ces quelques mots sonnent presque comme un compliment.
Un soudain déséquilibre vers l'arrière te pousse à concentrer dangereusement ton poids vers l'avant. Rattrapant tes mouvements incertains en plaquant tes paumes contre le sol, tu ramènes tes jambes sous toi pour te préparer à bouger, s'il le fallait. Et puis, sans crier gare, avec une profonde simplicité et un naturel évident, ta main se pose sur un bras, une jambe, un pied peut-être, qu'importe, du néerlandais, tandis que tu indiques du doigt – ou presque – le bar à côté.

« Il faut boire si tu as soif. »

Comme une évidence qui échappe à tes lèvres alors que tu plisses les yeux un peu plus fort et pinces les lèvres, pour essayer de discerner clairement la porte du mur, et les ombres des personnes. Ne crois-tu pas qu'il se serait déjà levé si c'était aussi simple ? Peut-être même lui a-t-il été conseillé de quitter le bar comme on te l'a fait remarquer. Ou alors s'est-il fait jeter dehors à grands coups de pied dans le...
Hic. Un profond hoquet secoue ton corps entier qui sursaute d'un même bond et te laisse particulièrement déboussolée. Du moins pour un temps. Déjà reprends-tu ce qu'il te reste d'esprit et concentres-tu ton regard amoindri sur Doug, pour essayer de comprendre les mots qui sortiront de sa bouche, s'ils sortent. En tout cas, il semble bien que s'il ne se décide pas à aller chercher une bouteille, tu iras certainement le faire à sa place.
Tu en as besoin.



Dernière édition par Calypso de Rosenbourg le Lun 3 Nov - 23:34, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas

Féminin
↳ Nombre de messages : 840
↳ Points : 1183
↳ Date d'inscription : 01/04/2014
↳ Age : 24
↳ Avatar : Brett Dalton
↳ Age du Personnage : 32 ans
↳ Métier : Ministre à la place du ministre... il joue le rôle de Liam. (Expert en sécurité informatique - emplo
↳ Opinion Politique : anti-Gouvernement depuis les premières heures
↳ Niveau de Compétences : Niveau 2/3 en prémonition - Niveau 84 en blague à Toto
↳ Playlist : Underground || Parting Glass || The Hanging Tree || Some Nights || United we stand tall
↳ Citation : Paresse : habitude prise de se reposer avant la fatigue.
↳ Multicomptes : Rafael A. Morienval | Andreï C. Ievseï
↳ Couleur RP : goldenrod



Feuille de perso
↳ Copyright: (avatar) .sassenach
↳ Disponible pour un topic?: Oui =D
↳ Liens du Personnage
:



MessageSujet: Re: « L'alcool tue lentement. On s'en fout. On n'est pas pressés. » [pv Calypso]- Terminé   Jeu 23 Oct - 19:20

Maarten & Calypso



ENFIN ! s’écria le Saarloos. Enfin, Maarten se rendait compte que la rousse devant lui n’avait rien en commun avec Cate. Enfin, Maarten commençait à tenter de recadrer ses pensées pour les faire entrer dans le carcan rigide de la lucidité. Enfin, Maarten articulait des phrases plus cohérentes que ces ersatz composés à la va-vite sur l’autel de sa stupidité. Presque plus cohérentes. Au moins, ses dernières interventions, même effroyablement décousues, étaient compréhensibles par une tierce personne. Pour un peu, le chien-loup sentait revenir l’espoir quant à être un jour inextricablement lié à un humain raisonnable. En règle générale, d’ailleurs, on pouvait s’hasarder à dire que c’était le cas de Maarten. Mais ces dernières semaines lui avaient prouvé que c’était loin d’être chose promise ou gagnée. Etait-il si fragile, si faible mentalement pour qu’un simple rêve – ou cauchemar, il n’arrivait pas à statuer sur le sujet – l’emmener aussi proche du gouffre ? Non. Ce n’était pas ce rêve, le responsable de tout cela, le responsable de sa présence dans ce caniveau, aussi proche de la sobriété qu’un éléphant pouvait l’être du prix Nobel d’Economie ; ce n’était que lui-même et ce manque grandissant dont il était incapable de faire abstraction. Dans un grognement que lui prêta généreusement le Saarloos, Maarten intégra dans ce patchwork informe de syllabes et de phrases quelques réponses aux questions posées par la minette. Des réponses perdues dans le temps, uchroniques, des réponses qui n’étaient ni dans le vrai ni dans le faux, des réponses qui étaient aussi égarées que leur propriétaire. Ainsi, il s’appelait Doug. Ainsi, il était néerlandais. Ainsi, tout cela appartenait à un passé qu’il refusait d’enterrer. Un nouveau grognement, un nouveau borognyme, un nouveau amas de son inarticulé et Maarten réclama à boire d’un fin et délicat J’ai soif à la hauteur de ses capacités intellectuelles du moment. Il ne savait plus quand il l’avait dit, exactement, quelque part au milieu de la nationalité de la rouquine et de ses divagations sur le chien et le chat qui se cherchaient les puces et des noises. Avec du retard, le brun assimila les réponses évasives du chat de gouttière qui s’étaient immiscées dans son patchwork, accentuant d’un cran encore l’explosion de couleurs disparates de l’ensemble. « J'ai un maître. Peut-être pas toi, mais moi si. » Ah ? Et bien tant mieux pour elle râla le chien. Son haut-le-cœur avait résonné dans les mouvements du chien, comme par compassion ou empathie – ou stupidité. S’il avait bu, il avait passé depuis longtemps le stade de la nausée pour rester dans un état proche du coma éthylique mais néanmoins fermement raccroché à l’inconscience de sa lucidité. Ou quelque chose s’en approchant, même ses pensées menaçaient de décrocher. Elle aussi, elle avait perdu sa Cate, alors ? Elle était sans maître, elle était sans repère, elle était égarée comme lui à la recherche d’un collier qui l’aurait guidé jusqu’à sa maison. « Non, pas mon mari, pas sa faute. Pas un connard. Française, oui, comme l'était la Nouvelle-Orléans. » Interloqué, Maarten leva les yeux pour les faire trembler dans les siens. Leurs soupirs se mêlèrent, comme pour former ensemble un nuage de vapeur d’alcool, et enfin, vraiment, Maarten s’exclama qu’il avait soif. Vraiment soif. C’était plus simple de boire, plus simple que penser, plus simple que de s’égarer dans des réflexions qui ne pouvaient décemment que le ramener sur un seul visage, un seul nom, un seul verre. Doug. Néerlandais. Et voilà, les pensées du chien se mêlaient enfin à nouveau au présent, s’étant égarées dans un passé proche pour mieux capter les réponses de la rousse. De Calypso. Du chat. Bref, de la chose face à lui qui parlait et se comportait comme un être humain mais qui, tout comme lui, n’était rien d’autre qu’une ivrogne qui cherchait à résonner comme la plus bête des cruches à défaut de pouvoir raisonner comme le plus bête des humains. Maarten enfouit son visage entre ses mains moites. Si quelques secondes plus tôt il avait eu l’impression de commencer à sortir la tête de l’eau – ou plutôt du whisky – ce n’était visiblement qu’un touch-and-go à l’envers réaliser avec la maîtrise de celui qui avait protégé, bordé, aimé une alcoolique. Avec un peu de détachement, il aurait pu voir en son comportement le piètre reflet de ce qu’il avait tant détesté chez Cate, de ce qu’il avait tant combattu. Dommage. Il était incapable pour le moment de juger de son comportement. Et il risquait de rester amorphe de cette manière pendant plusieurs heures encore, surtout lorsque la gueule de bois allait se jeter sur « Doug ? C'est néerlandais ? Ca ressemble plus à du chien. » Du chien ? Doug ? Néerlandais ? Sans trop savoir pourquoi – et de toute manière, à ce niveau là, le Saarloos n’essayait même plus de comprendre – Maarten trouva cette question et cette affirmation non seulement de très bon goût mais en plus diablement adéquate. N’était-ce pas ainsi qu’il avait fait nommer son chien imaginaire pour sa visite chez le vétérinaire ? Brillant, il était brillant, elle aussi, ils étaient brillants. Et il était en train de rire. Parce que Doug, c’était ainsi qu’il se nommait avant d’arriver aux Etats-Unis. Doug, c’était lui lorsqu’il était pleinement humain, lorsqu’il était pleinement néerlandais, lorsqu’il était le plus éloigné possible du chien-loup. Doug. « Ouais, c’est ça, c’est marrant. C’est chien mais ça sonne mieux que Calypso, parce que Calypso c’est trop dur à dire. » tenta-t-il d’argumenter en éteignant cet aboiement qui lui servait de rire et qui risquait d’attirer bien trop sur lui l’attention des clients du bar.

D’ailleurs, en parlant de ces clients, ils se firent méchamment pointés du doigt par une rouquine déstabilisée qui s’était prise d’affection pour le genou du Néerlandais, qui chassa d’ailleurs cette main non désirée de deux mains nerveuses comme il aurait pu vouloir chasser un insecte un peu trop téméraire. « Hé ! » laissa t il traîner d’une voix mécontente. Et infantile. « Il faut boire si tu as soif. » Sourcils froncés, il croisa les bras sur sa poitrine, dans un semblant de raison. Sans cet air hagard et ce sourire inhabituel aux lèvres, Maarten aurait presque pu plaider la sobriété. Presque. Parce que dans un regard circonspect, il considéra très sérieusement l’intervention de la rousse qui avait été marquée, elle aussi, par le désert qui les entourait tous les deux. Pas à boire, juste une bouteille vide. Et c’était tellement plus simple de boire que de réfléchir que le choix était vite fait. Vraiment vite fait. Seulement… Il suivit lentement le regard et le doigt de Calypso pour poser son regard instable sur la façade lumineuse du bar. « Ouais, mais ils sont méchants là bas. Ils veulent pas de moi. » Pendant une fraction de seconde, un éclat de lucidité traversa le regard de Maarten, comme s’il tentait de se dépêtrer des brumes de l’alcool. Sa voix retrouva son ton rauque habituel, se débarrassant de son ton geignard. « Il parait que j’ai trop bu, mais… j’crois que c’est vrai. Un grognement Tu penses aussi, toi ? Que j’ai trop bu… que t’as trop bu… que… » Il essayait de rassembler les morceaux épars de son estime de soi. Et vue la minutie avec laquelle il l’avait réduite en lambeaux ces dernières minutes, c’était loin d’être une tâche particulièrement aisée. « Bon sang… Je crois que… j’ai un peu, un tout petit peu été trop loin, là. » A qui s’adressait-il, là ? A lui ? A elle ? A ce mur qu’il regardait plutôt fixement ? « Pourquoi t’es là, au fait ? Si c’est pas ton mari, si c’est pas ta f… sa faute. Si c’est pas un c#nnard… » Son élocution, maîtrisée ou presque, était exagérément lente. Ce n’était pas si facile que ça que de s’extirper des illusions et enchevêtrements de désirs et regrets dans lesquels il était enfoui. « T’as… t’attends quoi ? T’as perdu quelque chose ? » Tentant de se lever, Maarten perdit l’équilibre et observa le sol tanguer. « Moi j’ai perdu Cate. Elle était là et puis… pffiut, elle n’était plus là. Ca t’est déjà arrivé ? »


_________________
He says save me, save me; She says maybe, maybe…
She starts to turn away when he says…
Promise me you’ll never let us go
Push me, Crush me, Then save me, save me
She stops walking, walking; He stops falling, falling
He looks her in the eyes and he says… - © by anaëlle.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://consign-to-oblivion.forumactif.com/t3068-nolan-je-me-surm

Invité
Invité






MessageSujet: Re: « L'alcool tue lentement. On s'en fout. On n'est pas pressés. » [pv Calypso]- Terminé   Mer 5 Nov - 14:04



« L'alcool tue lentement. On s'en fout. On n'est pas pressés. »

(pv) Maarten D. Joen


~

« Vraiment ? »

Le mot t'échappe sans trop y penser tandis que le chien, Doug, insulte ton nom sans que tu ne comprennes. Calypso ? Difficile à prononcer ? Vraiment ? Voilà tout ce que dit ton unique mot, alors que l'incompréhension – et un semblant de réflexion – fronce tes sourcils. Est-ce si compliqué ? Tu as toujours porté ce nom, l'entendant de la bouche de tes amis comme de celle de tes ennemis. Calypso. La seule idiote à ne pas avoir changé de nom en entrant dans un bordel. A moins de n'avoir jamais été Calypso ?
Lui, il t'a toujours nommée ainsi, susurrant ton prénom à tes oreilles, tout en criant au monde combien tu es laide et idiote. Il n'explique pourtant pas s'il s'agit de ton nom de naissance ou si tu l'as perdu au cours des ans. Mais ses grands yeux à elle, ses petites mains potelées de bambin et les gargouillements inintelligibles des nouveaux-nés t'ont-ils nommés Maman ? Ou t'en voulait-elle à ce point de ne pas avoir de père qu'elle t'appelait Calypso ? Impossible. Tu ne veux ni le croire ni comprendre que sa voix et son petit visage s'effacent peu à peu de ton esprit.

Le néerlandais te ramène brutalement à terre. Littéralement. Chassant ta main de son genou, tu perds ton seul soutien, et penches soudain dangereusement vers l'avant. Une fois encore. Tu es peut-être idiote mais tu n'en restes pas moins un chat qui arrive, parfois, à limiter les dégâts. Ainsi, tu te rattrapes au sol, admirant un instant sa structure compliquée pour l'alcoolique que tu es.
Te redressant avec toute la lenteur du monde, tu gonfles tes joues d'air pour montrer ton profond – ou presque – mécontentement. Tu es une gamine qui n'a jamais grandi, une adulte qui n'a jamais assumé de devoir un jour cesser d'être une enfant. Du moins pas devant les clients. Face à eux, tu étais alors changée, comme un rôle joué à la perfection, une femme presque fatale qui sait rouler des hanches et parler d'un geste ou un regard. C'était ainsi jusqu'à elle et ta lente dépravation.

« Oh... »

Simple syllabe qui t'échappe à l'entente d'un tel désastre. Ils sont méchants là-bas. Le monde est déjà bien assez dépravé, pourquoi faut-il que les bars participent à cette dépravation ? Ne peuvent-ils pas simplement accepter d'inoffensives créatures comme vous en êtes deux représentants ?
Fermant les yeux au vent, tu te laisses chanceler d'avant en arrière, tout en frottant tranquillement tes paumes pour en enlever les quelques cailloux qui s'y sont incrustés. C'est ainsi que tu captes quelques mots hasardeux prononcés par le néerlandais avec plus de lucidité qu'il n'en a eu depuis le début.
Néanmoins, à tes oreilles, ces paroles sont fausses, sonnent faux. Est-ce possible que tu aies trop bu ? Non. Tu ne bois jamais assez, tu as toujours besoin de plus. Quel intérêt sinon ? Ainsi, tu en viens à décliner du chef, lentement, très sérieusement, les yeux toujours fermés. Peut-être demain penseras-tu que tu as trop bu, peut-être pas. Pour l'heure, il te faut plus, toujours plus.
Lorsque ses prochains mots t'atteignent, tes yeux s'ouvrent grands, sévères face au monde. Grand bien lui fasse de croire qu'il est allé trop loin ce soir, ce n'est pas ça qui t'embête. Qu'il soit ni ton mari, ni coupable, ni connard, c'est toi qui l'a dit. Le problème n'est pas là.

« Il est inutile d'attendre ce qui est perdu. »

Ta voix tremble d'un trop plein de sentiments. La peur, la tristesse, la colère et la culpabilité se mêlent en un tourbillon incertain qui tord tes sourcils de manière pitoyables. Tu as perdu tellement et gagné si peu que tu n'oses répondre. Pour ton esprit dépouillé, ce qui est perdu l'est à jamais. Pourquoi attendre que sa voix aiguë appelle ta main tandis qu'elle repose six pieds sous terre ? Ca n'a pas de sens.
Mais dès lors qu'il enchaîne, tu perds tous tes sentiments, un grand vide prenant possession de ton corps tout entier, comme un abîme profond au fond de ton cœur. Sa Cate a disparu, elle s'est envolée du jour au lendemain. N'est-ce pas là ce qu'il t'a fait ? T'abandonner enceinte et ne plus jamais revenir. Six ans de solitude tandis que ta fille est morte et que ta colère a tué son père.

« C'est déjà arrivé. Il m'a abandonnée pendant six et elle est partie après trois ans. Des égoïstes ! C'est pour ça qu'il faut boire. Allez viens. »

Relevant ta carcasse avec tout le mal du monde, tu fais quelques pas hésitants et chancelants, retenant ton corps saoul aux murs du quartier. Sans même lui demander autorisation, ou ne serait-ce que prévenir de ton intention, tu attrapes son bras avec cette maigre force qu'il te reste, et tires légèrement vers toi, comme pour le soulever de terre – bien entendu, il ne bouge pas d'un centimètre.
Tu voudrais pourtant l'emmener, bras dessus bras dessous, en bas de la rue, pénétrer un autre bâtiment, un bar moins méchant. Là où tu sauras boire un peu plus et te souvenir un peu moins. Jusqu'à ce que tu ne puisses plus marcher droit, et qu'il doive venir te récupérer lui-même allongée au milieu d'une rue. C'est ainsi que ce doit être et c'est ainsi que ce sera.

« La retrouver c'est vous détruire. Il faut oublier. Allez, viens ! »

Tu trépignes lentement, l'épaule appuyée contre le mur pour te soutenir et ne pas tomber. Elle est partie comme il l'a fait, et lorsqu'il est revenu, tu l'as tué et il t'a maudite. Vous vous êtes détruits mutuellement pour ne pas vous abandonner, pour ne plus vous quitter. C'est le mal qui vous a guidé, et c'est lui qui vous guidera lentement jusqu'à votre fin. Vous êtes nés pour vous déchirer, pour mourir l'un avec l'autre. Alors, oui, il ne faut pas qu'il retrouve sa Cate, pas s'il l'aime tout autant que toi.

Revenir en haut Aller en bas

Féminin
↳ Nombre de messages : 840
↳ Points : 1183
↳ Date d'inscription : 01/04/2014
↳ Age : 24
↳ Avatar : Brett Dalton
↳ Age du Personnage : 32 ans
↳ Métier : Ministre à la place du ministre... il joue le rôle de Liam. (Expert en sécurité informatique - emplo
↳ Opinion Politique : anti-Gouvernement depuis les premières heures
↳ Niveau de Compétences : Niveau 2/3 en prémonition - Niveau 84 en blague à Toto
↳ Playlist : Underground || Parting Glass || The Hanging Tree || Some Nights || United we stand tall
↳ Citation : Paresse : habitude prise de se reposer avant la fatigue.
↳ Multicomptes : Rafael A. Morienval | Andreï C. Ievseï
↳ Couleur RP : goldenrod



Feuille de perso
↳ Copyright: (avatar) .sassenach
↳ Disponible pour un topic?: Oui =D
↳ Liens du Personnage
:



MessageSujet: Re: « L'alcool tue lentement. On s'en fout. On n'est pas pressés. » [pv Calypso]- Terminé   Ven 5 Déc - 19:02

Maarten & Calypso



« Vraiment ? » Ouais, vraiment, manqua de rétorquer le chien agacé. La question, pourtant, était assez justifiée puisque les propos du Saarloos dissonaient dans sa gueule, à ses oreilles, ne trouvaient aucune sémantique dans son cerveau embrumé. Vraiment, oui, vraiment, Calypso, c'était trop compliqué à prononcer pour la simple raison que ça dépassait le monosyllabe, avantage certain que possédait son ancien prénom. Doug. En écho, un dessin animé percuta sa mémoire, lui imposant l'image d'un chien rondouillard aux capacités intellectuelles aussi limitées que les quatre lettres de son nom. Et la comparaison évidente, voire les similitudes apparentes, entre lui et cet animal domestiqué n'en était que plus déprimante. Un soupir fatigué, le Néerlandais se frotta les tempes dans une tentative de massage, chassa la main perdue de Calypso, tenta de rassembler ses pensées en un amas cohérent. Oui, il n'y avait plus rien à boire, et ils avaient soif tous les deux. Mais le problème, c’était que ce problème justement ne pouvait se régler aussi facilement qu’il s’énonçait. Maarten avait beau être totalement saoul, et presque mis KO par ces litres d’alcool que son organisme ne pouvait plus assimiler, il avait encore conscience de ce qui l’avait mené dans ce caniveau qu’il partageait avec la francophone. Il s’était fait jeté hors du bar, et même si en résumé, ça donnait qu’ils étaient méchants à l’intérieur de l’établissement, ce n’était qu’une façon comme une autre de dire qu’il n’était plus le bienvenue pour la soirée du moins. Et qu’il devait rentrer chez lui, s’il parvenait à se souvenir du trajet, et qu’il devait aussi arrêter de lutter contre l’inconscience et de céder à cette soif impossible à étancher que créer l’absence de sa sorcière. Cate. De la rage s’imposa une fraction de seconde, le poussant à se redresser et à rassembler sa raison, avant de s’étioler devant sa fatigue. Un mouvement, il repoussa la loi de la gravité pour se redresser, s’emmêla les pinceaux dans ses genoux tremblant et manquant de s’effondrer sur la rouquine. Echec se moqua aussitôt l’animal. Il avait perdu Cate. Elle était là, dans ses bras, et pffiout comme le disait si bien cette onomatopée, elle avait disparu de son monde. Il était un magicien, plus encore que sa sorcière. Il l’avait fait disparaître, et il mourrait de la savoir perdue à cause de lui. Pffiout, un jour elle était là, l’autre jour il était dans la neige à se traîner, seul, à s’enfuir, seul, à la quitter. Seul. Ou presque. Parce qu’il y avait Bastien, parce qu’il y avait son ami. Parce que c’était bien trop compliqué de se souvenir et qu’il voulait juste boire, et continuer à boire, et boire encore jusqu’à s’effondrer, amnésique. Brutalement, alors qu’il retrouvait son équilibre, assis en tailleur, Maarten eut envie de pleurer. Vraiment. Devant les yeux grands ouverts, voire écarquillés, de Calypso. « Il est inutile d'attendre ce qui est perdu. » Les mots de la rouquine percutèrent ses oreilles, s’immiscèrent dans le moins recoin et firent refluer ces larmes et ces sanglots qui menaçaient de poindre. « Ah ? » Les lèvres ouvertes ne purent que moduler cette syllabe informe, en écho à son Oh articulé un peu plus tôt. « C'est déjà arrivé. Il m'a abandonnée pendant six et elle est partie après trois ans. Des égoïstes ! C'est pour ça qu'il faut boire. Allez viens. » Il secoua la tête, un peu trop vite vue les étoiles qui s’empressèrent de consteller son champ de vision, pris au dépourvu par le bras qui s’imposa sur le sien pour le forcer à se lever. Et fronça les sourcils en suivant son mouvement. C’était déjà arrivé à elle aussi ? Alors il n’était pas tout seul à se perdre et à boire, et à venir et à rentrer dans ce bar pour oublier encore et encore, dans une illusion intangible que l’alcool ne prenait même pas la peine de maintenir, se contentant de le faire choir, en bas, tout en bas, et encore plus bas ?

Mais que dirait-elle si elle savait que c’est toi, l’égoïste ? Tous les espoirs du chien s’envolèrent à cette pensée coupable. Rentrant les épaules, Maarten tenta de disparaître par la force de la volonté, lui qui était plutôt du genre à grogner qu’à se la fermer. Discret, oui. Quand il fallait disparaître aux yeux des forces de police. Mais se la fermer par culpabilité, c’était moins son genre. Un peu plus sobre, il se serait fait une joie de renchérir sur l’égoïsme de ceux qui abandonnaient les autres. Un peu plus sobre, aussi, il n’aurait rien dit de tout ça. Mais au final, c’était lui l’égoïste dans tout ça. « Je l’ai abandonnée. » grommela-t-il pour conclure. Oui, il l’avait abandonnée. Et il en payait le prix, maintenant. Bam, un coup dans la figure à chaque fois qu’il entrapercevait une silhouette plus ou moins similaire à sa brune. Boum, un coup dans les parties, lorsqu’il terminait au lit avec ladite silhouette qui n’avait pour finir que des cheveux longs, raides, foncés, et un sourire mutin, en commun avec sa Canadienne. Bim, un coup dans la poitrine, à chaque écho, à chaque souvenir de cette voix taquine, agressive, colérique, aimante, qui le prenait au dépourvu à toute heure de la journée, qui lui donnait l’impression qu’elle était dans son dos pour mieux le décevoir quand sa main dissolvait l’illusion. Cate Desmarais, vainqueur par KO, finalement, maintenant qu’alcoolisé, il titubait, s’écroulait, bégayait dans la ruelle. Des égoïstes ! P#tain de b#rdel, c’était lui l’égoïste. Elle n’était p#tain de pas tort, b#rdel. Un pas, il chercha un soutien sur le mur le plus proche, s’égratigna la main, le bras en dérapant, se redressa et finis par la rejoindre avec un sourire benêt trahissant son état lamentable. « La retrouver c'est vous détruire. Il faut oublier. Allez, viens ! » Maarten s’immobilisa, percuté violemment par les mots de la rouquine. La retrouver c’est vous détruire. C’était son argument à lui lorsqu’il l’avait quittée. Alors, ça voulait dire qu’il avait raison ? Qu’il avait bien fait de fuir, de la laisser, pour la, pour les, pour se sauver ? « Nous détruire… » Sa voix, songeuse, s’emballa brusquement. « Voilà, c’est ça, c’est ça que je me suis dis ! Rester avec elle, c’était nous détruire ; Alors je suis parti. Mais ça me détruit maintenant. Alors il faut boire. » Il hocha consciencieusement la tête, convaincu par son explication bancale.

Un nouveau pas en avant, Maarten attrapa le bras de la rousse pour l’entraîner dans la rue, pour la tirer vers un autre bar, concentré sur sa nouvelle mission : ne pas flancher, surtout pas. Il fallait pas qu’il reste avec elle, c’était comme ça. Il ne fallait pas qu’il reste avec Cate, il fallait qu’il fuît, il fallait qu’il parte, il fallait qu’il courre et qu’il se transforme, et qu’il… Maarten s’arrêta au milieu de la route, aussi brusquement qu’il avait commencé à marcher et à entraîner avec lui la rouquine. « Et toi ? Pourquoi tu bois ? Parce qu’il t’a abandonnée ? Et tu l’as pas cherché ? Et tu l’as pas trouvé ? Et c’était qui elle ? » Ses yeux bruns cherchèrent ceux du chat. Elle était rousse. Oui… mais c’était aussi le cas lorsqu’il l’avait traitée de sorcière. « Tu bois parce que tu es toute seule ? » Une autre question, une de plus, une pire que les autres au final, parce que ça n’en était pas vraiment une. « Et c’est cette solitude, là, il se frappa la poitrine, digne cousin de ces virils primates, digne cousin aussi des verres d’alcool pur, qui fait le plus mal, hein ? En fait, t’as beau être moche et rousse, t’es comme moi. »


_________________
He says save me, save me; She says maybe, maybe…
She starts to turn away when he says…
Promise me you’ll never let us go
Push me, Crush me, Then save me, save me
She stops walking, walking; He stops falling, falling
He looks her in the eyes and he says… - © by anaëlle.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://consign-to-oblivion.forumactif.com/t3068-nolan-je-me-surm

Invité
Invité






MessageSujet: Re: « L'alcool tue lentement. On s'en fout. On n'est pas pressés. » [pv Calypso]- Terminé   Mar 23 Déc - 18:20



« L'alcool tue lentement. On s'en fout. On n'est pas pressés. »

(pv) Maarten D. Joen


~

Je l'ai abandonnée. Tes sourcils se tordent pitoyablement et la tristesse te gagne lentement. Pensais-tu que ce serait possible, qu'il ne soit pas victime mais fautif ? Oui, car les hommes, au fond, ne sont-ils pas tous les même ? Ton sorcier est parti sans un mot et lui aussi. Cherchent-ils tous à vous rendre folles, à vous laisser crever dans un coin de votre solitude ? Puis ils viennent se plaindre, ils ne comprennent pas que vous leur en vouliez. Voyons, ma mie, pourquoi donc s'énerver, ne devrait-on pas se pardonner et reprendre où nous en sommes restés ? Qu'avez-vous à vous faire pardonner ? Ils sont les seuls fautifs, pourquoi devraient-ils vous accorder leur pardon ? C'est ridicule.
Et pourtant, tu n'as pas attendu longtemps avant de réclamer qu'il accepte tes excuses, qu'il ne t'en veuille point du mal qui a été fait, et qu'il te laisse le droit de rester à ses côtés. Sans te l'avouer, bien sûr, mais tu l'as fait, oui, tu l'as fait. Tu as supplié à genoux pour qu'il te reprenne et, naturellement, il t'a repris. Comment aurait-il pu te laisser ? Mais tu l'énerves, et il t'énerve, vous vous déchirez un peu plus à chaque instant, incapables d'accepter, en vérité, que tu aies pu tuer sa fille, qu'il ait pu tuer ta fille. Que vous ayez pu me tuer.

Perdue dans tes pensées, tu en oublies le néerlandais qui chancelle un instant puis s'accroche à ton bras pour t'entraîner à sa suite. Tu trébuches dans la précipitation sans vraiment tomber, un vertige certaine prenant possession de ton corps à cause de ces mouvements trop rapides. Tu pourrais vomir, là, au milieu de la rue, mais ton estomac se tord et ton cœur se précipite à tes lèvres sans que rien ne sorte. Et pourtant, tout est bien mieux quand ça sort, n'est-ce pas, Mère ? Reprenant donc ton équilibre précaire, tu fronces les sourcils et le suis sans rien dire, pensant silencieusement aux paroles qu'il a prononcées. Partir pour son bien ? Mais oui, naturellement, ça paraît tout à fait logique, vraiment, comment ça pourrait lui faire du mal, c'est juste un abandon. Tch. Idiot. Ce n'est pas rester qui détruit, c'est partir pour revenir. Qu'il la laisse tranquille maintenant qu'il l'a quittée, il l'a bien cherché. Il faut arrêter avant qu'il ne soit trop tard, et tant pis pour lui. Il n'avait qu'à pas partir, tout d'abord. On ne récolte que ce que l'on sème, non ?

L'arrêt brusque te fait basculer en avant et tu bats des ailes pour te redresser sans devoir t'éclater contre les pavés. Est-il fou en plus d'être saoul ? Il t'agresse alors avec ses questions déplacées, essayant de comprendre ce qu'il ne pourra jamais comprendre. Toi et lui, l'énigme qui ne veut pas être résolue. Et voilà la question qui brûle ses lèvres : ne l'as-tu pas cherché ? Pourquoi l'aurais-tu fait ? Tu savais parfaitement où il était, tout le monde le savait en ville. Comment aurais-tu fait ? L'on t'a recueillie à deux pas de ta fin, pour te faire reculer et t'aider à vivre. Tu ne pouvais plus fuir, tu ne pouvais pas partir à se recherche. Il n'y a rien à chercher quand on sait déjà où trouver. Et si tu l'avais fait, que se serait-il passé ? Il t'aurait frappée, tu l'aurais tué, rien n'aurait changé.
Et c'était qui elle ? Oh... voici la question à cent millions. Vas-y donc, Mère, réponds, dis-lui qui je suis, qui j'étais. Dis-lui ce qui est arrivé, ce que tu ne peux pardonner. Ni à lui, ni à toi, fautifs ensemble. Dis-lui qu'il a raison, que tu es si seule sans mes yeux pour t'appeler, sans mes doigts pour te réconforter. Dis-lui que jamais rien n'y fera, jamais rien ne changera ça. Et tu te perdras dans l'alcool jusqu'à ce que la mort nous unisse à nouveau.

« Je ne suis pas seule ! »

Tu aurais presque pu faire peur si ton cri n'avait pas été pitoyablement étranglé dans ta gorge. Dans un excès de rage étouffée par la tristesse, tu pousses Doug le chien néerlandais, loin de penser que tant d'effort en trois secondes te ferait basculer, toi aussi, en avant. Aussi, là où ton geste n'aurait presque pas pu le faire bouger, tu tombes sur lui et l'entraînes dans ta chute. L'intelligence vous inonde ainsi étalés sur les pavés froids du quartier.
Tu te redresses seulement, comme si ça ne gênait personne que tu sois assise sur lui, et tu croises les bras, essayant d'être sévère pour le rendre coupable de ses mots et de votre chute. Mais ton visage, loin de refléter la colère, se tord lentement entre la tristesse de ton cœur, l'alcoolisme de ton cerveau et la détresse de ton corps. Tu ne peux décemment pas répondre à ses questions, n'est-ce pas ? N'est-ce pas ?!

« Je te l'ai dit : J'ai un maître. Je ne pouvais pas le chercher et, de toute façon, je savais où il était. Pourquoi il est parti ? Je ne sais pas. Peut-être avait-il oublié qu'il m'avait mise dans le pétrin ? Quel homme sain laisserait une femme élever sa fille dans un bordel ?! Elle en est morte, tu sais ? Elle est... Ta main vient se plaquer sur ta bouche alors que l'eau s'accumule déjà sur tes paupières. Tu frappes alors ton poing contre les pavés, ta peau se déchirant sans arriver à apaiser l'étau qui enserre ton cœur. Qu'est une mère sans son enfant ?! Lui, il n'a pas compris, il avait déjà oublié qu'elle était née. C'est pour ça que je l'ai tué. »

Revenir en haut Aller en bas

Féminin
↳ Nombre de messages : 840
↳ Points : 1183
↳ Date d'inscription : 01/04/2014
↳ Age : 24
↳ Avatar : Brett Dalton
↳ Age du Personnage : 32 ans
↳ Métier : Ministre à la place du ministre... il joue le rôle de Liam. (Expert en sécurité informatique - emplo
↳ Opinion Politique : anti-Gouvernement depuis les premières heures
↳ Niveau de Compétences : Niveau 2/3 en prémonition - Niveau 84 en blague à Toto
↳ Playlist : Underground || Parting Glass || The Hanging Tree || Some Nights || United we stand tall
↳ Citation : Paresse : habitude prise de se reposer avant la fatigue.
↳ Multicomptes : Rafael A. Morienval | Andreï C. Ievseï
↳ Couleur RP : goldenrod



Feuille de perso
↳ Copyright: (avatar) .sassenach
↳ Disponible pour un topic?: Oui =D
↳ Liens du Personnage
:



MessageSujet: Re: « L'alcool tue lentement. On s'en fout. On n'est pas pressés. » [pv Calypso]- Terminé   Jeu 8 Jan - 11:17

Maarten & Calypso



A ce niveau là, la lucidité avait quelque chose d’illogique. Voire plus que cela. Mais qui avait besoin de logique en ayant x gramme d’alcool dans le sang, hein ? Qui ? Personne. Donc voilà, il venait de s’arrêter en pleine rue pour interpeller la rousse qu’il traînait dans un bar et qui le traînait dans un bar elle aussi. Répartition des tâches, réciprocité, tout ça, tout ça… Maarten secoua la tête. A son tour, les questions. Et une flopée traversa ses lèvres pour heurter la rouquine, des questions sincères, des questions intéressées, des questions rhétoriques, des débuts de réponse et un constat final. Franc. Direct. Empli de ce tact dont Maarten débordait lorsqu’il était sobre et qui ne s’améliorait en rien lorsqu’il commençait à boire, comme il l’avait appris à la dure ces dernières semaines. « Je ne suis pas seule ! » Une interruption, bénigne, dans les questions de Maarten. Une interruption à laquelle il ne prêta aucune attention, concentré comme il était à réfléchir – tâche ô combien ardue dans les circonstances présentes – et à faire des conclusions de ce qu’il déduisait des précédents propos. Et de son cas, à lui. Egocentrique ? Il n’avait jamais eu l’impression de l’être mais se trouvait actuellement être un point de comparaison tout à fait adéquat. Voire plus que cela. Et pour appuyer ses propos, elle tenta de le pousser, lui. Plutôt baraqué, certains diraient trop, lui n’y songeait pas, il haussa les épaules sans même être déséquilibré par le geste, avant d’être aussi surpris qu’elle de partir à la renverse sous leurs poids conjugués, tentant de se rattraper en plaçant les mains en appui et de la retenir elle en passant une main dans son dos. Baraqué, oui. Contorsionniste, pas le moins du monde. Ce fut dans un mélange de poignet foulé et d’éraflures qu’il s’étala sur les pavés sans parvenir à aucun de ses objectifs.

« Aïe ! P#tain, tu peux pas faire attention ? » La première réaction était souvent la même chez Maarten : râler, injurier, pester, un mélange des trois et de reproche qu’il adressa à la Calypso sans même y réfléchir. C’était naturel, chez lui. Une façon de s’exprimer, comme ce regard inquiet qu’il lui lança dans un second temps alors qu’elle se redressait souplement en restant assise sans que ça ne le dérange outre mesure. Maarten, au contraire, vif comme le chien bourré qu’il était, resta allongé à terre. Tête légèrement inclinée, yeux légèrement ouverts, voix légèrement soucieuse. « Ca va ? » Il se redressa à son tour, prenant appui sur ses coudes à défaut de pouvoir se relever totalement, la présence de Calypso l’en empêchant. « Je te l'ai dit : J'ai un maître. Je ne pouvais pas le chercher et, de toute façon, je savais où il était. Pourquoi il est parti ? Je ne sais pas. Peut-être avait-il oublié qu'il m'avait mise dans le pétrin ? Quel homme sain laisserait une femme élever sa fille dans un bordel ?! Elle en est morte, tu sais ? Elle est... Quoi ? Elle est quoi ? Sa fille. Comment ? Comment elle avait eu une gosse, si elle était comme lui ? Avec Cate, ils avaient bien compris, ce n’était pas faute d’avoir essayé pour sa part, qu’avoir un enfant lui était désormais totalement interdit. Un chien, un métamorphose, était stérile. Définitivement stérile. Alors elle lui avait menti ? Elle n’était pas un chat ? La jalousie le frappa violemment, son regard devint brièvement haineux avant de se radoucir sous les larmes perlant à ses paupières. Elle en est morte. S’il oubliait la moitié des mots, aussi… « Désolé » marmonna t il dans sa langue maternelle, alors qu’elle terminait d’un poing frappé sur les pavés. Qu'est une mère sans son enfant ?! Lui, il n'a pas compris, il avait déjà oublié qu'elle était née. C'est pour ça que je l'ai tué. » Un frisson glacé dégringola la colonne vertébrale de Maarten. Pas certain d’avoir compris. Espérant ne pas avoir compris. « Tu l’as tué… lui ? » Au moins, ils étaient deux à avoir tué la personne qu’ils aimaient. Même si lui, il avait fini par remplacer Christyntje. Un peu. « Je comprends rien… t’as tué le père de ta gosse qui est morte à cause de lui et du coup il est parti mais il est toujours là parce que c’est ton maître ? » Maarten se redressa à un peu plus, finissant par s’asseoir, mains posées en arrière pour conserver son équilibre, jambes toujours tendues pour que Calypso reste assise, elle aussi.

Très sincère, peut être trop, il plissa les yeux, une main s’attardant dans ses cheveux dans un grattement perplexe digne d’une bande dessinée. « Tu ne serais pas un peu tarée, par hasard ? » Il lui jeta un regard interrogateur. « Comment t’as fait pour avoir un enfant si tu es comme moi ? Tu l’as eu avant ? Et elle est morte ? Et tu ne pourras plus jamais en avoir ? C’est ça ? Elle est morte il y a longtemps ? » Des questions, encore. Il ne savait pas quoi dire d’autre, alors il en posait sans s’interroger sur leur raison d’être. « Désolé. » Encore une fois. Qu’avait-il d’autre à dire pour s’excuser de ses capacités déplorables à parler à un autre être humain sans le blesser, l’agacer, sans se perdre sur des voies que toute autre personne, plus prudente à n’en pas douter, aurait évité ? « J’comprends pourquoi tu bois dans tous les cas. Il te manque ? »


_________________
He says save me, save me; She says maybe, maybe…
She starts to turn away when he says…
Promise me you’ll never let us go
Push me, Crush me, Then save me, save me
She stops walking, walking; He stops falling, falling
He looks her in the eyes and he says… - © by anaëlle.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://consign-to-oblivion.forumactif.com/t3068-nolan-je-me-surm

Invité
Invité






MessageSujet: Re: « L'alcool tue lentement. On s'en fout. On n'est pas pressés. » [pv Calypso]- Terminé   Lun 19 Jan - 0:26



« L'alcool tue lentement. On s'en fout. On n'est pas pressés. »

(pv) Maarten D. Joen


~

La vérité, rien que la vérité. Tu as juré, c'est ça ? Tu as promis à un idiot te faisant croire qu'il était une quelconque personnalité importante de cette société ? Ne sois pas ridicule, Mère. Je sais à quel point la mort que tu as donnée te pèse sur la conscience, mais ce n'est pas une raison pour le crier sur tous les toits. Des gens sont emprisonnés pour moins que ça, comprends-le. Et je peux te l'assurer, la prison, ce n'est pas fait pour toi.
Regarde donc ton innocence, ta naïveté maladive, prends conscience de ta place dans cette ville. Tu viens peut-être d'un ancien temps, mais l'époque ne se prête plus au respect des ancêtres. Au lieu de crier au monde que tu es une catin, que ta fille est morte de ta bêtise profonde et que tu as tué le seul homme que tu aies jamais aimé, tu ferais mieux de rester tranquille, de te garder une place au chaud dans un coin obscur de la ville. Cesse donc de boire, de parler, de révéler tous tes secrets – ou presque. Et même si personne ne veut te croire, Mère, il y aura toujours un mystérieux personnage pour prendre note de chacune de tes paroles.
Comme cet idiot qui s'entête à répéter tes mots avec grand soin. Ou presque. En vérité, il ne semble pas avoir compris ta misérable vie qui se résume pourtant  à ça : je suis morte, tu as tué Père et il t'a maudite. N'est-ce pas la plus simple des choses, pourtant ? Après tout, ce n'est pas comme si tu avais fait preuve d'une grande intelligence depuis ta naissance, alors qui a-t-il de compliqué à comprendre ? L'idiotie, peut-être.

Un simple hochement de tête accompagne donc sa déclaration, loin de toi l'envie de redire les derniers faits de ton ancienne vie. Et vient alors un enchaînement de questions imprévisibles, précédé par une petite insulte que tu ne connais que trop par cœur désormais. Tarée, oui, il paraît. Mais à ton époque, on disait des malades qu'ils étaient fous, alors...
Es-tu malade pourtant ? Pas le moins du monde. Pas encore en tout cas, Mère. A ce rythme, ton foie va exploser si ton estomac ne se dissout pas avant. Et si l'on ne te découvre pas un problème du cerveau particulièrement incurable, bien entendu. Après tout, ton caractère bien étrange va finir par attirer les savants fous et ton cerveau disséqué leur prouvera, qu'en réalité, il n'y avait absolument rien de fonctionnel à l'intérieur de ton crâne, si ce n'est ton impressionnante mémoire.

« Rah ! Tu comprends vraiment rien, petit chien ! Je l'ai tué mais il a eu le temps de me maudire avant de partir... pendant deux cents ans ! Qui a parlé d'un autre ? C'est toi le taré. Je n'en veux pas d'autres, c'est elle que je veux. »

Touchant, Mère, touchant. J'en pleurerais presque si je le pouvais encore. Cracherais-tu vraiment sur un autre enfant si le destin décidait qu'il t'était possible d'enfanter ? Bien sûr que non. Et ce n'est pas comme si vous faisiez attention à ça avec Père, n'est-ce pas ? C'est presque rassurant de savoir qu'aucun « accident » ne peut arriver. Puis, avouons-le, tu n'es pas la meilleure des mères de ce monde, pas dans ton état actuel en tout cas. Tu sais... certaines mères perdent la garde de leur enfant pour moins d'alcool que tu n'en as dans le sang.
Ta tête se penche légèrement d'un côté, frappée par l'incompréhension. Pourquoi est-il désolé au juste ? Ce n'est pas comme s'il y pouvait quelque chose ou si ce petit mot allait tout changer. Il n'était sûrement pas né quand je suis morte. Et savoir que j'ai trépassé ne doit sûrement lui faire ni chaud ni froid, et c'est bien mieux comme ça.
Comprendre ? Il ne comprend rien du tout. Il est tellement à côté de la plaque que c'est à se demander s'il n'existe pas plus bête que toi. As-tu réellement exposé la raison profonde de ton alcoolisme pour qu'il dise comprendre ? Non, tu as juste exposé des faits les uns à la suite des autres, et ma mort n'a été qu'un accélérateur : tu buvais déjà avant Père, avec tes clients. Et puis, sincèrement, si la mort devait être une bonne excuse à l'alcoolisme, ne crois-tu pas que tout le monde serait perdu dans l'alcool et que tous nos ancêtres seraient morts à force de boire ? Ce serait un véritable cercle vicieux. C'est ridicule.

« Aah... Long soupire. Tu ne comprends vraiment pas, hein ? Pourquoi il me manquerait, dis ? Je le vois tous les jours, tu sais ! On est pas faits pour être séparés, à peine de retour sur Terre qu'il me retrouvait ! On peut pas dire que je ne l'ai pas voulu, hein, sans lui j'aurais été quoi ? C'est pour ça que je sais qu'il ne faut pas que tu la vois. Vous vous êtes peut-être aimés, mais il n'y a pas un jour où nous ne nous engueulons pas. Tes sourcils se froncent comme pour rendre ton expression plus grave. Et il y a toujours la mauvaise surprise qui accompagne les retrouvailles, toujours. »

Revenir en haut Aller en bas

Féminin
↳ Nombre de messages : 840
↳ Points : 1183
↳ Date d'inscription : 01/04/2014
↳ Age : 24
↳ Avatar : Brett Dalton
↳ Age du Personnage : 32 ans
↳ Métier : Ministre à la place du ministre... il joue le rôle de Liam. (Expert en sécurité informatique - emplo
↳ Opinion Politique : anti-Gouvernement depuis les premières heures
↳ Niveau de Compétences : Niveau 2/3 en prémonition - Niveau 84 en blague à Toto
↳ Playlist : Underground || Parting Glass || The Hanging Tree || Some Nights || United we stand tall
↳ Citation : Paresse : habitude prise de se reposer avant la fatigue.
↳ Multicomptes : Rafael A. Morienval | Andreï C. Ievseï
↳ Couleur RP : goldenrod



Feuille de perso
↳ Copyright: (avatar) .sassenach
↳ Disponible pour un topic?: Oui =D
↳ Liens du Personnage
:



MessageSujet: Re: « L'alcool tue lentement. On s'en fout. On n'est pas pressés. » [pv Calypso]- Terminé   Ven 23 Jan - 19:46

Maarten & Calypso



Il ne fallait vraiment pas trop en demander, là. Pas trop. Il fallait être clair, concis, succin et accessoirement intéressant, mais surtout ne pas trop lui en demander. Et les propos de Calypso lui paraissaient totalement incohérents à son esprit embrumé. Pourtant, il ne fallait pas croire : Maarten fournissait des efforts impressionnants pour suivre et comprendre mais… non. C’était un échec, critique même. Les noms, les pronoms, les verbes s’emmêlaient pour former un sac de nœuds informe dont il tirait sans grand conviction les extrémités accessibles. Il avait travaillé, un jour, sur un bateau. Il avait appris à reconnaître des nœuds, enfant, lorsqu’il traînait sur le port d’Amsterdam à la recherche de cibles pour ses rapines ou d’un travail le temps d’un après midi pour un adolescent déscolarisé ; et les nœuds que lui offraient sa discussion avec Calypso dépassaient de loin, de très loin même, les pires cordages qu’il avait eus à gérer sur les quais. Maladroitement, donc, il tenta d’articuler, de résumer, de faire le point tout en se redressant toujours davantage pour mieux s’asseoir. Avant de conclure, aussi diplomate qu’à son habitude, sur un Tu ne serais pas un peu tarée par hasard ? qui le fit embrayer sur une nouvelle piste d’interrogation et d’incompréhension. Il avait l’impression d’être dans le juste. Presque. Mais, b#rdel, ce que ça pouvait être compliqué tout ça. Maarten en avait mal à la tête rien qu’à y réfléchir, et sans son incroyable obstination et, sûrement, ses quelques centilitres d’alcool dans les veines, il aurait jeté l’éponge depuis bien longtemps maintenant. Sauf que sans l’alcool que tu as ingéré, Doug, tu comprendrais bien plus facilement, tu sais ? Raah, mais ta g#eule, toi, on t’a pas sonné. « Rah ! Tu comprends vraiment rien, petit chien ! Je l'ai tué mais il a eu le temps de me maudire avant de partir... pendant deux cents ans ! Qui a parlé d'un autre ? C'est toi le taré. Je n'en veux pas d'autres, c'est elle que je veux. » Pendant un instant, il envisagea de la frapper. Fort. Très fort. De la faire taire, de lui faire fermer sa petite g#eule de chatte trop bavarde. Petit chien, déjà, elle piétinait la limite entre l’acceptable et l’inacceptable. Mais le traiter de taré, lui… Lui ? Ce n’est que te renvoyer la balle, stupide cabot ! Oui mais non. Oui, mais non. B#rdel. La politesse, c’était un principe qui lui était étranger, c’était ça ? Oui, sûrement, c’était sûrement ça. Tu parles à qui, là, Maarten ? A toi-même j’espère. Par réflexe devant la voix plus qu’imaginaire d’une Cate inventée de toutes pièces pour pallier l’absence de la vraie Cate Desmarais, Maarten offrit un « Désolé » potentiellement hors de propos pour la Métamorphe mais qu’il chargeait de plusieurs raisons. Désolé oui, il l’était. Pour ses questions, pour cette envie constante de la frapper, pour cette jalousie qui le torturait, pour cette ivresse dans l’alcool il était allé se réfugier, pour l’avoir abandonnée, pour avoir été lâche, incroyablement là, une fois de plus. Pour être lui, en règle générale. Désolé donc. Mais s’il te plait, ferme là Calypso. Voilà, c’était bien comme ça.

Elle se taisait, un peu. Et lui, il avait commencé à comprendre pourquoi elle buvait parce qu’elle buvait pour la même raison que lui : cette absence au creux des reins, cette absence dans leur vie, l’absence d’un maître, d’un sorcier, l’absence tout court. « Aah... Aaah… oui. Aaah. Il avait vu juste, non ? C’était ça : il avait vu juste et elle était surprise. Ravie ? Non, un soupir. Triste. Perdue ? Tu ne comprends vraiment pas, hein ? Pourquoi il me manquerait, dis ? Je le vois tous les jours, tu sais ! On est pas faits pour être séparés, à peine de retour sur Terre qu'il me retrouvait ! On peut pas dire que je ne l'ai pas voulu, hein, sans lui j'aurais été quoi ? C'est pour ça que je sais qu'il ne faut pas que tu la vois. Vous vous êtes peut-être aimés, mais il n'y a pas un jour où nous ne nous engueulons pas. Ses sourcils se froncèrent, ceux de Maarten s’écarquillèrent. Et cracha : « C#nnasse. » C’était sorti tout seul. Et il ne comptait pas, cette fois, émettre le moindre son d’excuse. Parce qu’elle le méritait. Et il y a toujours la mauvaise surprise qui accompagne les retrouvailles, toujours. » Mauvaise surprise ? Cette fois la gifle partit. Sonore. Eclatante. Il la regretta aussitôt mais ne put que s’énerver un peu plus en se redressant, en s’accroupissant, en se levant pour mieux s’éloigner. « Menteuse. Tu mens, tu mens comme tu respires, tu racontes des bêtises et tu te fous de ma gueule ! » Debout, Maarten tituba en s’éloignant, trébucha contre le trottoir et se stabilisa en la ciblant toujours plus de sa voix cassée par la colère et l’alcool. « Depuis le début tu te fous de moi c’est ça ? Tu n’as aucune raison de boire, t’as rien à faire là ! P#tain tu l’as retrouvé, ton mec. On en a rien à foutre de ta crevarde de fille, parce qu’au moins t’es pas toute seule. T’as quelqu’un pour te soutenir, t’as quelqu’un à engueuler, t’as quelqu’un qui t’attend, toi ! » Il ne pleurait pas. Pas encore. Mais ce sentiment diffus de trahison qui coulait dans ses veines était plus fort et plus incongru que toute sa colère. « Je pensais que tu étais comme moi ! » Une première larme, une première c#nnasse de larme dégringola sa joue. Sa voix quant à elle se brisa un peu plus. « Je m’en fous que les retrouvailles soient mauvaises, qu’elle m’en veuille, qu’elle me déteste ou quoique ce soit d’autre. Tu veux ta fille, tu la veux elle ? Et ben moi je veux ma Cate. » Ses jambes, incapables de se maintenir droites plus longtemps se dérobèrent et il tomba à genoux sur les pavés. « Je veux ma Cate, tu comprends ça ? Je la veux, dans mes bras, je veux entendre sa voix, je veux qu’elle me hurle dessus mais qu’elle soit là, tu comprends ça ? » Qu’elle l’ait compris ou non, le quartier avait du l’entendre dans tous les cas. Sauf si le bruit des bars et le côté plus que désert de la ruelle dans laquelle ils étaient venaient de sauver un peu la réputation du biologiste. Se recroquevillant sur lui-même, Maarten foudroya Calypso du regard. « Je te déteste. »


_________________
He says save me, save me; She says maybe, maybe…
She starts to turn away when he says…
Promise me you’ll never let us go
Push me, Crush me, Then save me, save me
She stops walking, walking; He stops falling, falling
He looks her in the eyes and he says… - © by anaëlle.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://consign-to-oblivion.forumactif.com/t3068-nolan-je-me-surm

Invité
Invité






MessageSujet: Re: « L'alcool tue lentement. On s'en fout. On n'est pas pressés. » [pv Calypso]- Terminé   Dim 1 Fév - 23:49



« L'alcool tue lentement. On s'en fout. On n'est pas pressés. »

(pv) Maarten D. Joen


~

Ton visage se tourne de côté et se tord de douleur tandis que tes yeux s'écarquillent sous l'étonnement. Devait-il te frapper ? As-tu tort ? As-tu dis des choses qui ne doivent pas être dites ? Tu as énoncé des faits, des faits réels. Tu as développé ton point de vue, ta version du futur. Tu sais que tu as raison, qu'aucun bonheur n'est caché dans l'abandon. La solitude engendre la haine. La haine la mort. La mort la vie. Putain de cercle vicieux.
Ton cœur se brise dans un grondement sourd à l'intérieur de ton cerveau. Le vide se fait, plus rien n'existe que ton corps flottant dans le néant, agenouillée dans les ténèbres, les bras pendant pitoyablement le long du corps. Tu es déchirée, tu saignes, tu cries. Mais il n'y a ni sang ni bruit, Mère, car le vide n'existe pas et le monde est bien là, Doug enfonçant peu à peu son couteau dans ton cœur.
Les larmes ruissellent sur tes joues sans que tu n'essaies de les arrêter. Tu ne peux plus rien faire, tes membres tremblent et tes yeux ne voient que le néant de la nuit. Il faut que tu te calmes, tu le sais. Il faut que tu reprennes tes esprits, que tu te lèves et fuis ce malheureux qui ne comprend rien ni à la vie ni à la mort. Il le faut, tu le sais au fond de toi, mais il est trop tard, déjà la haine fuse en toi, déferle dans ton corps et brûle ta peau avec violence. Tu as toujours eu ce souci-ci : ta colère est proche de la folie.
Ton corps se met lentement en branle, penchant d'un côté pour tendre la main vers le trottoir et attraper ta misérable bouteille vide qui avait réussi à dégringoler la rue jusqu'ici avant que vous n'y tombiez. Le verre semble glacé dans ta main mais tu n'y fais pas attention, tu relèves le bras et jette l'objet de toutes tes forces dans sa direction à lui. Le verre explose à son côté, le bruit n'égalisant en  rien la puissance de ton cri.

« ELLE EST MORTE ! »

Haletant comme si tu venais de courir le marathon, tu te relèves d'un bond et t'approches de l'idiot, la haine tordant ton visage plus sûrement que les larmes ne l'ont brouillé. Pensait-il qu'il pourrait te provoquer aussi longtemps qu'il le voudrait ? Pensait-il que tu étais assez idiote pour ne jamais rien répondre à ses insultes ? Certes, tu n'es pas d'une grande intelligence, mais s'il y a une chose que tu ne supportes pas, c'est que mon nom soit traîné dans la boue. Je suis peut-être fille de catin mais je mérite son respect. C'est ce que tu penses, en tout cas, et je pourrais en pleurer, Mère.
Tes pas se stoppent devant lui, laissant crisser tes chaussures contre les pavés. Vas-tu le tuer, purement et simplement, comme tu as tué Père ? Ta colère est trop forte pour ton propre esprit, tu ne pourras jamais te retenir et tu commettras l'irréparable, encore. Tu te connais autant que moi, et tu sais que ça arrivera, une nouvelle fois.

« Aucune raison de boire ? Tu es pitoyable ! Sale cabot qui chouine dans les rues de la Nouvelle-Orléans au lieu de chercher à retrouver son maître. Les chiots sont plus fidèles que toi à leur humain, tu es si pathétique, regarde-toi. Quelle raison as-tu de boire, dis-le moi. Ma fille est morte dans mes bras, insulte la encore une fois, juste une fois, Doug, vas-y, essaie. Je m'arrangerai alors pour que tu ne retrouves plus jamais ta putain d'humaine. Et tu ne pourras pas m'en empêcher. Tu n'es rien pour moi ! »

Mère... il faut se calmer, il faut stopper cet excès de haine idiot. Que feras-tu d'irraisonné cette fois ? Pense à Père, pense à l'homme qui attend que tu rentres, à ce sorcier qui t'en voudra d'être bourrée. Pense à lui. Crois-tu qu'il aimerait savoir ce que tu as dit, ce que tu vas faire ? Aimerait-il une cinglée prête à tuer une nouvelle fois ? Il pourrait t'abandonner, te fuir comme il l'a déjà fait. Alors calme-toi et pars, il n'y a que ça à faire.
Les accusations sont trop grandes, tu ne peux que l'entendre hurler à tes oreilles ce mot qu'il a associé à ton adorable fille. Tu ne peux que le voir oser mélanger le trésor de ta vie avec sa vulgaire idiote de sorcière. Qu'il aille au diable et pourrisse en enfer jusqu'à la nuit des temps. Il ne mérite que ça.

« Je te déteste bien plus encore ! Tes mains se referment sur sa peau, serrant fort ce frêle cou qui n'attend que d'être brisé. Jamais ni de cette vie ni d'une autre, je ne serai comme toi, clébard ! Tu veux ta putain de Cate et qu'est-ce que ça peut bien me faire ? Elle est vivante, alors qu'attends-tu pour lui baver dans la main ? Que fais-tu là à te lamenter sur ton sort soit disant si misérable qu'il te serait plus facile de mourir ?! Tu ne fais que de m'insulter, m'humilier et me traîner dans la boue, mais qu'attends-tu donc pour flairer la piste de ta salope ?! Retourne dans ta niche sale cabot, renifler le derrière de ta sorcière. Ce ne sera pas mauvais, non. Ce sera catastrophique. Tes mains se détachent de son cou et tu craches à ses pieds. Demande-toi pourquoi elle t'a fuit, débile, et comprends qu'elle ne veut plus de toi. Crève donc, idiot, tu ne mérites même pas qu'une femme s'intéresse à toi. »

Effrayée, tu recules précipitamment, tombant sur les pavés à quelques mètres du néerlandais. Tu sais ce que tu as fait, tu sais qu'il voudra se venger, et pourtant, tu n'arrives pas totalement à le regretter. Il l'a cherché, il l'a mérité. Même si, en réalité, tu ne mérites même pas de t'énerver contre un inconnu, ni même de lui parler. Tu devrais plutôt te terrer dans ton incroyable solitude, Mère, peut-être qu'ainsi tu pourras cesser d'être idiote.
Quelques « désolée » s'échappent à tes lèvres dans un marmonnement incessant, la peur enserrant ton cœur plus douloureusement que la haine, les larmes ruisselant sans fin sur tes joues. Tu devrais peut-être cesser de boire. Paraît-il que les alcooliques sont souvent violents. Trop violents.
Un mouvement du chien te fait bondir sur tes pieds et trembler de tout ton corps. Un premier pas en arrière, puis un deuxième, et tu fuis finalement en courant, craignant plus que tout la colère du néerlandais.



Désolée ><
Revenir en haut Aller en bas

Féminin
↳ Nombre de messages : 840
↳ Points : 1183
↳ Date d'inscription : 01/04/2014
↳ Age : 24
↳ Avatar : Brett Dalton
↳ Age du Personnage : 32 ans
↳ Métier : Ministre à la place du ministre... il joue le rôle de Liam. (Expert en sécurité informatique - emplo
↳ Opinion Politique : anti-Gouvernement depuis les premières heures
↳ Niveau de Compétences : Niveau 2/3 en prémonition - Niveau 84 en blague à Toto
↳ Playlist : Underground || Parting Glass || The Hanging Tree || Some Nights || United we stand tall
↳ Citation : Paresse : habitude prise de se reposer avant la fatigue.
↳ Multicomptes : Rafael A. Morienval | Andreï C. Ievseï
↳ Couleur RP : goldenrod



Feuille de perso
↳ Copyright: (avatar) .sassenach
↳ Disponible pour un topic?: Oui =D
↳ Liens du Personnage
:



MessageSujet: Re: « L'alcool tue lentement. On s'en fout. On n'est pas pressés. » [pv Calypso]- Terminé   Sam 21 Fév - 9:44

Maarten & Calypso



Etait-ce l’alcool ou ce sentiment plus que blessant d’abandon total ? Etait-ce l’ivresse ou l’atmosphère pesant de la nuit ? Il ne fallait chercher longtemps : il n’avait aucune excuse pour expliquer et justifier son comportement incohérent et violent. Il n’était rien, rien de plus qu’un chien rendu fou par l’absence de son maître, rien de moins qu’un taré qui se reprochait encore et encore dans l’alcool une décision, certainement la plus lucide – pourtant – de toute son existence. Recroquevillé dans une position clamant une détresse qu’il ne pouvait contrôler, Maarten sanglotait, assez pitoyablement. Rien ne pouvait justifier la gifle que Calypso n’avait pas, ou peu, méritée. Rien ne pouvait justifier non plus qu’il se sente à ce point trahi par la désillusion brutale qu’il venait de s’offrir, qu’elle venait de lui infliger. Après tout, des déconvenues, ce n’était pas ça qui lui manquait en général. Mais là, la douleur ne trouvait d’égale quand son amertume et ce besoin toujours plus fort de faire mal à quelqu’un pour l’évacuer. Vraiment. Recroquevillé, donc, Maarten n’entendit qu’un mouvement avant qu’une explosion de verre à quelques centimètres de lui ne le lui fasse relever la tête précipitamment, presque certain qu’elle n’allait pas être solitaire et que le reste du bar allait pleuvoir d’un instant à l’autre. « ELLE EST MORTE ! » Le cri de Calypso résonna avec force dans la rue, sur le trottoir, dans les oreilles trop sensibles du métamorphe qui ne pu que grimacer en réponse. De toute manière… comment réagir à une telle phrase ? Toutes mes condoléances ? Non, bien sûr que non. Ils étaient allés trop loin dans leur folie butée, il était allé trop loin dans sa folie aveugle pour se contenter de telles banalités vides de sens et plus insultantes qu’autre chose. Que répondre à cela alors qu’il devait être en symbiose parfaite avec son animal lorsqu’il releva des yeux de chien battu en direction de l’autre Skinchanger qui était déjà relevée d’un bond, à quelques décimètres de lui, plus haineuse qu’ivre, plus blessée qu’endormie. « Aucune raison de boire ? Tu es pitoyable ! Sale cabot qui chouine dans les rues de la Nouvelle-Orléans au lieu de chercher à retrouver son maître. Les chiots sont plus fidèles que toi à leur humain, tu es si pathétique, regarde-toi. Quelle raison as-tu de boire, dis-le moi. Ma fille est morte dans mes bras, insulte la encore une fois, juste une fois, Doug, vas-y, essaie. Je m'arrangerai alors pour que tu ne retrouves plus jamais ta putain d'humaine. Et tu ne pourras pas m'en empêcher. Tu n'es rien pour moi ! » Il n’avait rien à répondre à ça hormis une volonté suicidaire d’effectivement la mettre au défi en insultant une fois de plus une gamine morte depuis longtemps qui ne méritait pas que l’on piétine son cadavre, même sous l’excuse d’un peu trop d’alcool dans les veines.

Il n’avait rien à répondre à cela alors il se contenta de la regarder, sans oser articuler le moindre mot, sans oser faire le moindre mouvement, sans oser, même, respirer. Tout en lui hurlait qu’il était allé trop loin, qu’il était stupide, qu’elle avait raison. N’avait il pas lu que le Saarloos avait la désastreuse manie de s’autodétruire lorsqu’il se trouvait séparé un peu trop longtemps de son maître ? Qu’il devenait agressif, violent, qu’il gérait mal le stress d’une séparation ? Et bien il fallait croire qu’il ne se transformait en la mauvaise bestiole, malgré tout ce qu’on pouvait penser devant l’absence totale de loyauté qu’il semblait éprouver envers quiconque. Que pouvait il répondre de plus donc, si ce n’est un silence éloquent qui retranscrivait dans une langue compréhensible de potentielles excuses et un mal-être grandissant ? « Je te déteste. » Ah… il pouvait répondre ça. Parce que oui, il la détestait. Il la détestait parce qu’elle avait effectivement des raisons de boire, et de bien meilleures que lui. Parce qu’elle n’allait pas être seule quand elle allait rentrer malgré tout et qu’elle n’avait pas abandonné son sorcier comme lui avait pu le faire. « Je te déteste bien plus encore ! Avant qu’il n’ait pu même comprendre qu’elle avait bougé, Maarten s’aperçut que cette morsure glacée autour du cou, c’étaient les mains de Calypso. Et que cet air qui ne rentrait plus dans ses poumons était bloqué dans sa gorge étranglée. Trop hébété pour réagir, mains posées à plat en arrière pour s’assurer un équilibre qui allait le tuer par l’absence complète de défense, Maarten n’avait aucun réflexe de survie. Et c’est bien dommage. Jamais ni de cette vie ni d'une autre, je ne serai comme toi, clébard ! Tu veux ta putain de Cate et qu'est-ce que ça peut bien me faire ? Elle est vivante, alors qu'attends-tu pour lui baver dans la main ? Que fais-tu là à te lamenter sur ton sort soit disant si misérable qu'il te serait plus facile de mourir ?! Tu ne fais que de m'insulter, m'humilier et me traîner dans la boue, mais qu'attends-tu donc pour flairer la piste de ta salope ?! Retourne dans ta niche sale cabot, renifler le derrière de ta sorcière. Ce ne sera pas mauvais, non. Ce sera catastrophique. Elle le libéra, Maarten ne put que respirer par à coup, avec une furieuse envie de vomir sur le sol pour toute réponse, incapable de réagir autrement pour le moment, incapable de toute manière d’assimiler ce qu’elle était en train de dire. De toute manière, il n’avait plus à écouter, elle l’avait trahi en se jouant de lui, et lui l’avait trahie en s’engageant dans un chemin d’insultes qui ne pouvait qu’être parsemé de cadavres et de colère. Demande-toi pourquoi elle t'a fui, débile, et comprends qu'elle ne veut plus de toi. Crève donc, idiot, tu ne mérites même pas qu'une femme s'intéresse à toi. » Penché sur le côté, Maarten cracha à son tour par réflexe un « Elle m’a pas fui, c’est moi qui suis parti » aucunement salvateur. Elle recula, Maarten s’accroupit pour tenter de se remettre debout mais ne put que s’écrouler un peu plus, incapable qu’il était de retrouver un équilibre précaire pour le moment. Elle ne veut plus de toi. C’était faux, hein ? C’était faux, c’était absolument faux. Elle voulait toujours de lui, elle allait le retrouver, elle allait le chercher. Elle te déteste surtout, clébard ! Pas faux. Elle le détestait. Et aucun des « désolée » de Calypso ne purent effacer cette conviction de son esprit. Parce qu’elle n’avait certainement pas tor,t la g#rce. Cate devait le détester et devait ne plus vouloir de lui. Il avait tout gâché, comme toujours, en s’enfuyant, en pensant agir pour le mieux pour tous les deux mais en ne faisant au final que fuir un peu plus un dilemme et une situation complexe que son esprit si limité ne pouvait plus gérer.

RP FINI

_________________
He says save me, save me; She says maybe, maybe…
She starts to turn away when he says…
Promise me you’ll never let us go
Push me, Crush me, Then save me, save me
She stops walking, walking; He stops falling, falling
He looks her in the eyes and he says… - © by anaëlle.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://consign-to-oblivion.forumactif.com/t3068-nolan-je-me-surm
 

« L'alcool tue lentement. On s'en fout. On n'est pas pressés. » [pv Calypso]- Terminé

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

 Sujets similaires

-
» « L'alcool tue lentement. On s'en fout. On n'est pas pressés. » [pv Calypso]- Terminé
» très peu de pages sur internet s'ouvre ou très lentement
» PC trop lent (ShopperReports / Navipromo) [Résolu]
» Pc trop lent
» [Résolu] très très lent !!! ( facetheme )

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
CONSIGN TO OBLIVION .} :: The Fifth Chapter :: Memories-