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 Il était une fois, l'ours a rencontré un prince

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MessageSujet: Il était une fois, l'ours a rencontré un prince   Ven 29 Aoû - 18:11

Si y'a bien une invention pour laquelle on peut remercier l'être humain, c'est bien la douche...
J'suis bien resté une demi heure sous l'eau brûlante, à frictionner mon corps, frotter mes cheveux, à me noyer sous l'eau savonnée pour chasser au plus vite tous les mauvais souvenirs de la nuit. Que ce soit l'odeur de fauve que je me traîne, les courbatures qui tirent mes vieux muscles ou encore, la boue et les tâches de sang, pouf, tout parti en quelques nettoyages ! Je soupire encore de plaisir en me grattant la nuque, en veillant à n'avoir oublié aucun endroit, avant de sortir de la douche et me sécher le corps. J'enfile un caleçon gris et prends le temps de me raser, les sourcils légèrement froncés sous la concentration. On dit que le style « mal rasé » me va bien... mais bon, là, j'ai vraiment envie de faire peau neuve. De retrouver l'homme que je suis et d'éloigner un peu le grizzly de mes pensées. Il m'a bien assez emmerdé toute la nuit – et a fait d'ailleurs tout ce qu'il voulait faire, bien loin d'avoir ne serait ce que la politesse de demander mon accord ! Quel enfoiré celui là, j'lui botterais bien le cul si je pouvais. Malgré moi, un sourire éclaire mon visage. Ce problème de... transformation en viendrait presque à me rendre schizo, j'en viens à me parler à moi-même parfois.
Je me regarde un moment dans la glace, tout en me recoiffant de mes doigts abîmés par les années de travail et mes galopades dans la nature. Mes épaules sont solides, épaisses, de même que mes pectoraux bien dessinés. Et y'a mon petit ventre. Enfin, petit... Il commence plus tellement à l'être.

Je soupire en tapotant sa courbe et en grommelant un peu d'un air bougon. Ouais, je sais, c'était une des conséquences prévisibles de ma transformation, mais bon... Une transformation qui est complètement contradictoire. Mon corps est plus musclé, y'a qu'à voir le dos de nageur que j'ai, mes hanches solides, la force que j'ai à présent dans les bras. Et pourtant, je suis aussi bien plus grassouillet, avec des poignées d'amour qui dépassent de la ceinture de mes pantalons et une belle courbe qui se dessine sous mes hauts. J'essaye de rentrer le ventre, sans grande réussite, alors le relâche dans un autre soupir. J'enfile un jean, puis une chemise grise dont je referme chaque bouton, remettant ensuite le col correctement. Curieusement, chez moi, j'ai pris l'habitude de m'habiller d'une façon plus classique, plus détendue... pas envie de me prendre le chou, tant que ça me va et que j'suis bien dedans hein. Un peu d'après rasage, une pointe de parfum pour finir de chasser les fragrances de bête, et voilà que je retourne dans le salon, où mon coloc' est probablement en train de manger son quotidien bol de céréales.

Je m'avance dans le salon, mais n'allume pas la vieille télévision, située devant son canapé. Elle me gonfle, et les grésillements qu'elle émet... j'parviens plus à les supporter. Je ramasse un livre que Lya a dû faire tomber de son sac, un polar comme elle les aime. Malgré moi, un sourire m'échappe et je garde un instant le bouquin entre mes doigts. J'y reconnais son odeur légère, à peine perceptible, florale. Elle met toujours de ce parfum transparent, dont le verre est décoré d'un pissenlit jaune pétant. Je repose le livre près de la table de chevet que j'ai trouvée pour ma princesse Sisi comme je l'appelle affectueusement. Lya est probablement partie à l'école... ça me rassure. Ça veut dire qu'elle se doute bien que Sigurd allait me trouver. Et me ramener sain et sauf. Après tout, c'pas la première fois que je m'enfuis de la cave. Mais bon, elle a appris à compter sur le sorcier. C'est pas plus mal. À l'un comme à l'autre, ça ne peut que leur faire du bien. Entre l'un qui doute plus de lui que ce qu'il veut reconnaître et l'autre qui peine à trouver des gens dignes de sa confiance... Depuis l'abandon de sa mère, Lya ne sait plus vraiment vers qui se tourner, et se raccroche absolument à tout ce qu'elle peut, avec la force de l'espoir, au point de placer son cœur entre de mauvaises mains. Tout ça n'arrange pas mon putain côté papa poule...
Je me rapproche de notre cuisine, directement reliée au salon. J'commence par me faire un café, et j'enchaîne par des œufs au plat, de même que quelques tranches de pain que je toaste pour accompagner tout ça. J'ai une faim d'ours, pour changer. Je tapote mon ventre de nouveau pour l'inciter à plus de patience quand il laisse échapper un gargouillis affamé. P't'être que Gugurd est parti finir sa nuit ?
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MessageSujet: Re: Il était une fois, l'ours a rencontré un prince   Dim 14 Sep - 12:27


Il était une fois, l'ours a rencontré un prince






Ca y est ? Il est parti au boulot ? Parfait. J’peux sortir des chiottes où je faisais mes besoins. QUOI. C’est naturel. Je passe rapidement dans la salle de bain pour me laver et récupère le MP3 de la gamine que j’emprunte 24h sur 24h, 7j sur 7. Ouais, d’accord, elle me l’a prêté, mais j’ai tendance à toujours l’avoir sur moi quand je suis seul à la maison. Comme ça au moins, en plus, je peux chanter à tue-tête et personne ne me hurle dessus, je peux profiter d’être moi-même quelques instants sans recevoir une claque derrière la tête de la part de Gregory. Même Lya s’y met, manquait plus que ça, elle est adorable d’habitude mais elle ose faire comme son père sous pretexte qu’elle a des cours à bosser ! N’importe quoi ! Ca sert à rien les cours, la preuve, moi j’en ai pas fait et… Ouais. Bon j’ai pas de boulot, je suis pas un exemple vraiment génial. Mais je doute que son père ait fait une tonne d’études, et lui, il en a un de travail. Mais je devrais éviter de lui dire ça, si ça se trouve, Gregory a fait des études de je sais pas trop quoi pour en arriver là. C’est trop compliqué ce genre de trucs pour moi de toute façon. Enfin bref. Je regarde la chambre de la gamine de partout afin de trouver le mp3. Elle a des vêtements sympas, cette gamine. Des CDs et DVDs cools aussi, pas mal de trucs en fait. Son père doit vraiment passer toute sa thune pour elle, il lui ramène même souvent des cadeaux. Il est adorable. J’aimerais bien qu’il me fasse des cadeaux aussi, mais enfin, le fait qu’il me laisse vider le frigo me convient tout aussi bien. Hey ! Y’a une photo de moi dans la chambre de la gamine, haha, j’adore celle-là. Ca me fait plaisir, j’vois au moins que je suis adopté par elle. Ca me fait tout bizarre, quand même. Ca me pince même le cœur. Je me rends compte que je commence à trouver une vraie famille et ça… me rend heureux. Ouais, ça doit être ça. Je trouve quelques autres photos d’elle avec son père, ou de moi qui le réveille avec un seau d’eau. Je les aime, ces deux là. Je les aime vraiment. Et là, je crois que j’aime le MP3 que je viens de retrouver. Parfait. Ma journée commence vraiment.

Ecouteurs sur les oreilles, boxer par terre en vrac dans la salle de bain, corps sexy et dénudé, je suis prêt. J’ai plus qu’à chercher la musique sur son appareil là, que j’ai rajouté exprès pour moi d’ailleurs. Ca me fait rire, et ça me met de bonne humeur. Je commence doucement ma petite danse, passage rapide dans la salle de bain. Ah quel mec splendide je suis, quand même. Je me dis que j’ai de la chance d’avoir au moins ça pour moi. Main dans les cheveux, et hop, je sors pour descendre les escaliers, en bougeant mes hanches dans le rythme. J’ai pris la télécommande sur ma table de nuit de salon, comme je l’appelle, pour faire le micro pendant un petit instant avant de la balancer en vrac sur le canapé et me rendre dans la cuisine pour le meilleur moment de la journée : mes céréales.

« YOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOU MAKE ME FEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEL », reprise de souffle, « MIIIIIIIIIIIIIIGHTY REAAAAAAAL. », autre reprise de souffle, et ça recommence. Ah bon sang, cette chanson me fait revivre. Je rouvre enfin les yeux après ma petite danse avant de réaliser la grosse connerie que je suis en train de faire. Je coupe la musique et j’enlève les écouteurs. Je suis pas du genre à cacher mon anatomie, je veux dire, j’ai pas besoin, je suis bien foutu.

    « Salut beau gosse poilu ! »


Je pose le MP3 sur la table et je souris un petit peu. Ouais, je dois avoir l’air d’un con, mais dans le fond, ça change pas de d’habitude.

    « T’es pas allé bosser ? Je pensais que tu devais y aller. Tu manges des céréales avec moi ? J'te préviens, c'est à poil uniquement, les céréales. »


Bah quoi ? Je vais pas changer mes habitudes du matin, je vais pas m’habiller, c’est contre les principes de ma religion Sigurdienne de manger des céréales en portant quelque chose.


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MessageSujet: Re: Il était une fois, l'ours a rencontré un prince   Mar 21 Oct - 21:18

Je l'entends gueuler avant même qu'il ne s'approche... Légèrement surpris, je grimace au son de sa voix : non pas qu'il chante mal, mais vu la gueule de bois que je me traîne, je peux bien me passer de ses beuglements. Je me sers et lui sors un bol de même que le paquet de céréales : j'préfère pas le lui préparer, il trouverait encore le moyen de gueuler comme quoi c'est pas à son goût, j'ai trop mis de lait, trop de céréales, pas assez, le lait est tiède... Bref, j'lui prépare tout le nécessaire et je le laisse faire son petit rituel en paix. Je prends mon café pour en boire une gorgée, redressant les yeux pour m'apprêter à le saluer. Mais je me fige. Il est là, il dandine ses jolies hanches au rythme de sa merde qui lui sert de musique. Avec une certaine stupéfaction, les yeux écarquillés, je suis complètement immobilisé comme un lapin sur lequel fonce une voiture. J'sais pas. Ça m'fait bizarre. Mon cœur bat à toute allure. Il pulse dans mes veines, me foudroie de pensées dérangeantes, d'autres phares de bagnole qui aveuglent les pauvres mirettes du lapin que j'suis. Je ravale ma salive une fois de plus et je baisse enfin un peu ma tasse de café, un geste qui me semble long, bien trop long, mon bras est tellement contracté putain, juste le descendre c'est un effort hors du commun. Il va probablement se foutre de ma tronche – voire me sortir une blague douteuse, autant en profiter tant que les oreilles pures et chastes de Lya ne risquent pas d'entendre, hein ? Mais moi j'suis pas tellement tourné vers l'humour du genre, ces trucs là, je me contente de sourire pour pas qu'les mecs au boulot me traitent d'pucelle effarouchée ou de sainte nonne ou autre conneries... Non, ces choses là, ça reste dans l'intime. Voire le tabou. J'ai jamais tellement de mots pour le dire.

Comme il m'a fallu un temps fou pour dire à ma fille que je l'aime. Juste parce que je suis bourru. Et que le mot « je t'aime » bah... à la fois c'est fort sans l'être. On dit bien « j'aime le chocolat », ou « ça va j'aime bien ». Je t'aime, c'est un mot un peu dépassé, mais j'en connais pas d'autres pour dire ce que j'ai sur le cœur. Et quand passe un certain âge, tu dis plus « je t'aime » à tout va. T'apprends à le taire. Parce que vu le physique que tu te traînes avec tes cheveux gris, tes cernes et j'en passe, t'apprends à prouver que t'aimes l'autre par d'autres moyens que des mots. Tu fais des efforts, tu fais attention, tu t'occupes de l'autre. Quand t'es jeune, un « je t'aime » enchaîné d'un câlin au lit, ça pardonne beaucoup de choses. Quand t'es vieux, t'apprends à compter sur autre chose qu'un sourire charmeur enchaîné d'un clin d'oeil. Quoi que, ça plait à Sigurd j'crois. Enfin, il laisse toujours échapper un ricanement, donne un coup sur mon épaule ou me sourit. Il sourit tout le temps avec moi, sauf quand il a plus de céréales ou que Lya l'a battu à un de leur jeu. Alors là, c'est le drame, ses yeux s'mouillent, ses lèvres tombent, sa voix joue les trémolos. Et j'tombe dans le panneau pour le jeu. Même si j'm'inquiète quand même un peu pour ce lascar. Est ce qu'il a de la famille d'ailleurs ? On n'en parle jamais. On parle de tout sauf de nos vies. C'est pas plus mal. On s'penche sur l'avenir comme ça.

ENFIN LA JE VEUX PAS ME PENCHER SUR QUOI QUE CE SOIT. Je prends la première chose qui me passe sous la main pour la lui balancer dessus – un magazine de Lya.
_ Eh, cache un peu tout l'appareil tu veux, je grommelle en fronçant les sourcils. Heureusement que je ne me suis pas encore rasé ce matin – la barbe dissimule un peu mes rougeurs. Parce que ouais j'suis un rien pudique et ça me gène de le voir promener ses fesses devant moi. Qu'il s'habille quoi ! Manquerait plus que l'ours ressorte et souhaite croquer ses chairs !
_ Et ouais, j'veux bien des céréales. Concernant les poils, j'suis mal rasé, ça fera bien l'affaire, je tranche en déposant deux bols et en ramenant le paquet de céréales. Ouais, j'ai déjà déjeuné en partie et alors ? J'ai faim moi.
_ Et j'ai pris ma matinée... J'ai mal partout et j'ai l'impression de puer l'ours alors que je me suis lavé trois fois. Je vais repasser sous la douche ce matin d'ailleurs, je constate en terminant ma tasse de café un peu trop rapidement – mais c'est une bonne excuse de la mettre dans l'évier pour faire la vaisselle. Histoire de gagner quelques précieuses secondes sans que mes yeux n'aient à se poser sur son corps.
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MessageSujet: Re: Il était une fois, l'ours a rencontré un prince   Mer 29 Oct - 17:58


Il était une fois, l'ours a rencontré un prince





J’ai encore le GROOVE DANS LA PEAU.  Et d’ailleurs, je bouge encore les hanches, regardant Gregory droit dans les yeux. Ouais, je ne lâche pas son regard quand il me parle, même si maintenant, je tiens le magazine qu’il m’a balancé dessus au niveau de mon entrejambe. Si Lya apprend que j’ai mis le visage de son acteur préféré en plein à cet endroit là, je pense qu’elle me coupera les mains, et aussi… le reste. Mais bon, je me contenterai d’arracher la page et de le poser sur son meuble dans un air terriblement innocent. Ouais, ça fera l’affaire. Ou alors je jetterai même la totalité du truc. Je pense que c’est d’ailleurs le mieux à faire. Enfin… Là, pour le moment, je regarde surtout Gregory, et je me dis que j’aimerais que… ouais non. Non en fait non. Je vais rien dire parce que je crois que là, je vais me sentir tout bizarre. Alors bon. Je vais me contenter de le fixer un moment. Ah bah voilà qu’il se tourne, manquait plus que ça ! Quoique, ça me permet de glisser les yeux le long de ses fesses, et à dire vrai, elles sont plutôt pas mal. Il est assez musclé aussi, du dos, mais enfin, là tout de suite, je crois que j’aime bien ses fesses. Mais finalement, je me détache et je pose le magazine sur le meuble. Il va falloir que je trouve un truc à mettre et ça ruine ma journée. PAS DE CEREALES AVEC DES VETEMENTS, BON SANG. Ca gâche tout le plaisir d’être tranquille le matin, avachi sur le canapé à regarder les dessins animés genre Batman et la Ligue des Justiciers en profitant des Coco Pops et en essayant de construire le petit jeu offert dans la boite ! Mais bon. Je fouille dans la salle de bain et j’ai un rire. Je vais prendre un caleçon, ça fera très bien l’affaire.
Et me voilà de retour dans la cuisine, mon estomac me hurlant que je ferai mieux de manger vite fait avant qu’il s’automange tellement il a faim. Je tapote le dos du gros ours et je souris un peu, tout de même, en le regardant. Juste histoire d’être un peu sympathique quoi, j’ai l’impression qu’il râle pas mal en ce moment et qu’il va pas bien, alors une tape dans le dos, peut-être que ça peut lui remonter le moral.

    « J’ai mis ton calbut, j’avais que ça sous la main. C’est un peu grand, mais bon. »


Je prends les céréales et le lait et je vais mettre le tout sur la petite table basse devant la télévision.

    « Viens, j’vais te montrer mon rituel du matin. Et, au fait, tu pues pas l’ours, tu sens l’homme viril et j’trouve ça sympa. Et ça te va bien l’effet mal rasé aussi. Essayes de te garder un peu la barbe, pour voir ! »


Et ouais, je lève mes doigts vers sa joue pour la caresser un petit moment. Je craque pour un gars qui est bien plus vieux que moi, et pas seulement pour passer un moment vite fait bien fait sous la douche ou je sais quoi. Il me plait. C’est comme ça. J’aime effleurer son visage, ses hanches un peu plus larges, j’aime soutenir son regard et tout ça. Je suis pas doué pour dire ce genre de trucs mais bon, voilà, OUI D’ACCORD, JE L’AIME CE GROS OURS. Comme ça au moins, c’est dit, c’est fait.

    « Tu t’installes, tu prends ton bol, tu mets les céréales et le lait, tu mélanges un peu, tu prends la télécommande, tu mets la chaine des dessins animés et tu manges ! Mais vu que t’es là, je vais pas mettre la télé, autant parler hein. Dis gros ours, ça va pas en ce moment ? T’as pas l’air bien et ça m’inquiète quand même. »


Voilà, je mange et j’ai l’impression de revivre d’un coup. Mais ça me fait bizarre de faire ce petit rituel avec lui. Mais c’est pas désagréable… Pas du tout même. Je prépare son bol lentement, je crois que je m’applique même assez à le faire, et je redresse les yeux vers lui. Et je souris. Je souris franchement. J’ai pas envie que ça se passe mal ce matin, j’ai envie d’un truc un peu calme et tout ça quoi, sincèrement.

    « Parle moi, allez, dis moi tout, je t’écoute. Je fais ça avec ta gamine, elle me raconte toute sa vie. Alors je peux bien faire ça avec toi aussi. J’ai l’impression qu’il y a un truc qui te gêne depuis quelques temps. Allez, je t’écoute. »


Je vais faire le plus bel effort au monde. Je pose mon bol de céréales sur la table basse –pauvres céréales qui vont être toutes molles dans le lait-, et je passe ma jambe sur les genoux de Gros Ours pour m’assoir sur ses cuisses. Et je fronce les sourcils, je plisse les yeux, je remonte le caleçon trop grand, je prends ma voix sombre et ténébreuses et pas si sexy que ça.


    « Révèle. Tous. Tes. Secrets. »


Lya me fait ça, des fois. Elle tient ça d’un film, je crois. Et ça marche, et vu que je suis magicien sorcier j’sais pas quoi, ça devrait encore plus marcher. Bon, sorcier misérable, mais quand même.

    « C’est mes hanches trop sexy ? La prochaine fois, hurle quand t’es dans la maison, ça m’évitera d’arriver à poil. »




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MessageSujet: Re: Il était une fois, l'ours a rencontré un prince   Jeu 15 Jan - 19:17

Je lève un sourcil en le voyant avec mon caleçon et je laisse échapper un petit rire amusé. Il faut dire qu'il est tout fin comparé à moi, et il flotte presque dans mon sous-vêtement. Il est encore torse nu, offrant à mes yeux ses épaules assez fines comparées aux miennes, un ventre fin, des pectoraux dessinés sans qu'il ne soit vraiment musclé. Ses yeux bleus sont toujours cependant ce qui attire en premier mon regard. Ces yeux plus clairs que les miens, ces yeux toujours intéressés quand ils se lèvent vers moi, sans parler de ce sourire dont il ne se sépare que lorsqu'il m'affiche sa tête qui boude, le nez froncé. Il s'éloigne de moi avec le bol et les céréales. Je récupère le mien, un banal bol bleu, puis je vais me chercher ma tasse de café pour m'installer près de lui. C'est vrai qu'on ne déjeune pas souvent ensemble, lui et moi. Je pars souvent assez tôt – suffisamment pour le trouver en train de roupiller en travers du canapé. Et quand je ne dois pas travailler, il arrive parfois que c'est lui ou Lya qui viennent me réveiller pour chahuter ou se plaindre car l'un a embêté l'autre. Putain, à croire que j'ai deux gosses...

M'enfin, Sigurd s'occupe bien d'elle. Il la fait rire, il discute avec elle. Elle le voit un peu comme un grand frère, j'pense. Ils s'amusent tous deux à faire genre ils me cacheraient des trucs, mais je n'y crois pas tellement. Si c'était vraiment grave ou important, l'un finirait bien par me le dire. Non ? Hm, autant ne pas trop y penser ou je vais commencer à paniquer. Je soupire légèrement à cette idée et je croise les bras sur mon torse solide. Eh ouais, bien que j'ai du ventre, j'ai une musculature encore bien travaillée ! Et c'est alors qu'il lève la main pour effleurer ma joue. Le contact ne m'étonne plus tellement. Je pense même que je le savoure malgré moi en me mordillant légèrement la lèvre. Et voilà qu'il a besoin de m'expliquer son petit rituel. Je croise les bras sur la petite table et, malgré moi, un sourire amusé m'échappe. J'ai faim, alors je prends quand même une poignée de céréales et les grignote une à une le temps de son monologue. Il a le ton posé, bien sérieux comme si il m'enseignait un truc philosophique primordial pour mon existence. Ce mec est pas croyable. Sans lui, je me ferai bien chier je crois.

_ Oh, si, ça va. Juste le boulot qui me fatigue un peu et avec l'arrivée du froid, j'ai envie de dormir. Même si les grizzlis ça n'hiberne pas. Enfin, je ne crois pas.
Hm, le rêve, dormir 5 voire 6 mois et me réveiller sans un kilo superflus, avec ma stature d'Apollon ! Non, arrête de rêver, ce n'est pas possible. Et je ne sais pas si j'en aurais réellement l'envie. Je me suis habitué à mon ventre et Sigurd semble l'apprécier, vu toutes les caresses et les compliments qu'il ne peut pas s'empêcher de m'offrir. D'ailleurs, il m'offre mon bol de céréales. Bon sang, c'est bien l'une des premières choses qu'il me prépare de lui même avec ses petites mains. Assez stupéfait mais reconnaissant, je réponds à son sourire et lui offre même un clin d’œil en finissant ma poignée de céréales.
_ C'est l'heure de m'initier à ton rituel, alors. Merci.
Je plonge ma cuillère dans le bol pour commencer à manger ses céréales. J'en prends bien de temps en temps, bien que le plus souvent, je me bourre le ventre de toasts beurrés, parfois accompagnés d'un œuf au bacon. J'ai vite la dalle et je travaille parfois dehors, j'ai besoin de bien manger. Parce que bon, avoir la faim au ventre dès 9h et se dire qu'il reste encore 3h 30 à patienter tout ça pour avaler un sandwich, non merci, je ne l'ai tenté que quelques fois et ça use bien trop mon humeur pour que je puisse me le permettre. Faut dire que manquer de bouffer son client, c'est pas vraiment ce qu'il y a de plus commercial, vous pensez pas ?

Et c'est alors qu'il passe sa jambe au dessus des miennes. Qu'il pose ses petites fesses bien charmantes sur mes cuisses. Oh purée. J'ai même pas vraiment le temps de rire de la connerie qu'il vient de me sortir, sur ce ton tendancieux, ces sourcils froncés, cet air bien sérieux qu'il veut se donner. Malgré moi, prudemment, je repose lentement une de mes mains en bas de son dos pour m'assurer qu'il ne glisse pas, qu'il ne tombe pas. Ma main à la peau usée, ma main large, abîmée. Ma main chaude et qui racle légèrement sa peau, ma main qui presse tendrement la chute de ses reins, le creux de son dos, à la lisière du caleçon, à quelques centimètres à peine de la courbe de ses fesses. Mon cœur est affolé, j'ai chaud, je suis probablement cramoisi d'ailleurs. Je devrais détourner les yeux mais mon regard reste paisiblement planté dans le sien avant que je ne lève un sourcil et que j'hausse les épaules.
_ J'ai juste mal partout à cause du boulot... Surtout au niveau du dos, je me demande si je me suis pas bloqué quelque chose. Et t'es ridicule avec mon caleçon. Vraiment.
J'ai pourtant répondu comme si rien n'était. Mon ton est calme. Au contraire de tout le reste de mon corps...
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MessageSujet: Re: Il était une fois, l'ours a rencontré un prince   Sam 24 Jan - 13:10


Il était une fois, l'ours a rencontré un prince






Ridicule avec son caleçon ? Moi ridicule en caleçon ? Ouais bon d’accord, je suis ridicule avec ce caleçon. Et j’ai dis trop de fois le mot caleçon en peu de phrases, ça me ferait presque mal à la tête. Mais enfin bon, il faut dire que sa remarque, j’y pense. Qu’est-ce que je devrais faire ? L’enlever ? Il va hurler si je me mets à poil, surtout que je suis assis sur lui. Et je dois admettre que, même si je ne suis pas du genre extrêmement pudique, je n’ai pas envie qu’il se sente mal à l’aise maintenant. Je n’ai pas envie qu’il s’énerve et que tout parte en vrac. Pas maintenant. J’ai juste envie de profiter de ce moment, où je suis là avec lui, où il me parle de ce qu’il va et ce qu’il ne va pas, où il laisse sa main en bas de mon dos, où j’ai toujours la mienne posée sur son ventre chaud et rond. Ouais, j’aime bien ces moments là. En fait, c’est le premier moment qu’on a vraiment tous les deux comme ça. D’habitude, on s’engueule à propos des céréales ou alors Lya pointe le bout de son nez avec son sourire et elle me fait signe de venir pour qu’elle me raconte ses potins des cours – qui, je dois l’admettre, me passionnent comme jamais -. Sinon, ces instants se déroulent juste quand il est un gros grizzli qui ne pense qu’à manger, me croquer les fesses, et poser son nez sur mon ventre pour le lécher, geste qui me fait toujours rire que j’apprécie plus que tout… Pour une fois, là, c’est différent. C’est encore le matin, elle vient de partir, il ne travaille pas, il n’est pas sous sa forme d’ours, je suis à cheval sur lui, je peux le regarder droit dans les yeux en lui offrant un bol de céréales bien croustillantes et mon sourire le plus sincère. Et des caresses aussi, ouais, quand même.

    « Il va te falloir un super sort de soin pour calmer ta douleur. Ou simplement un massage. Ou simplement les deux. Et de la tendresse, plein de tendresse, et des câlins aussi. Et des céréales. Et moi en caleçon parce qu’en fait je suis sûr que ça me va super bien. »


Je ris, mais je suis nerveux. Oh bordel j’aime pas être nerveux, ça veut dire que je ressens VRAIMENT un truc pour la personne et que je vais VRAIMENT faire des conneries en essayant d’aborder certains sujets. En gros, pour faire simple, Ragnar prend le dessus sur Sigurd et mes tristes habitudes timides couvrent mes explosions de joie assez ridicules, il faut l’admettre. Putain. Putain putain putain. Calme toi mon grand… Calme toi. Ouais voilà, comme ça. Je crois que j’ai le visage assez rouge en fait, et puis comme un abruti, je remonte ma main vers son visage pour caresser sa joue mal rasée. Et je souris encore un peu. Y’a pas que lui qui a besoin de tendresse, je crois. Ca me panique moi, c’qu’il se passe, l’fait que j’sais pas vraiment maitriser mes pouvoirs à la con, et ces sentiments qui font se déchirer ma poitrine à cause de mon cœur qui bat un peu beaucoup trop vite. Je déglutis, encore, je rougis, encore plus, et je viens poser ma tête plus près pour la cacher dans son cou, m’accrochant mieux à lui.

    « Serre moi dans tes bras, allez ! Ca t’offrira de la tendresse ! »


J’ai un peu parlé à voix haute, comme à chaque fois que je suis l’homme le plus nerveux sur cette terre, et puis euh… enfin bref ahem. Je veux pas dire, mais Papa Ours, il me plait. Papa Ours, c’est à peu près tout ce que j’ai maintenant. J’me suis incrusté dans la famille, et j’me sens bien moi là… J’ai envie d’y rester. Et être contre lui, avec lui, de toute façon, ça m’incite pas à partir, bien au contraire.

Je ferme les yeux, je redresse la tête et j’embrasse sa joue, toute mal rasée, le coin de ses lèvres séchée. Puis j’hésite. Si j’étais en soirée, un peu éméché, ça serai allé plus vite, mais ça aurait été moins sincère… Je remonte ma main tout doucement sur son épaule, je tremble bordel, je tremble. Ca se passe plus facilement dans les films, les livres, tout ça. Là c’est la vraie vie. C’est Sigurd en face de Gregory, c’est un abruti en face d’un gars qui lui plait et qui est plus âgé, qui a une vie. Si ça s’trouve j’vais tout gâcher. Si ça s’trouve j’vais faire une connerie. Si ça s’trouve… il voudra que j’me barre d’la maison et j’vais perdre tout ce que j’ai là. Mais merde.

J’ai déjà bougé sans réfléchir.

J’ai déjà posé mes lèvres contre les siennes.

Et c’est doux. Et c’est agréable.

Et je l’aime.




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MessageSujet: Re: Il était une fois, l'ours a rencontré un prince   Mer 25 Fév - 22:32

Ça fait tellement d'années que j'ai pas eu quelqu'un contre moi comme ça. Oh non pas que je n'en ai pas eu l'envie... je reste un homme avec des besoins, malheureusement parfois très marqués. Des besoins que je m'efforce d'oublier en me noyant sous l'eau froide de la douche. Qu'est ce que j'ai honte, putain. En plus c'est un mec. Et il est bien plus jeune que moi. Qu'est ce que va penser Lya ? J'ai pas envie qu'elle ait davantage d'ennuis à cause de moi, déjà que je suis pas toujours fichu de lui payer des fringues de marque ou d'aussi beaux sacs qu'ont ses copines. Le rouge monte à mes joues alors que le bout usé de mes doigts caresse très doucement sa peau si douce. Depuis que je me transforme, ma peau devient du curi, épais, solide, résistant, usé en bien des endroits. L'apparition des griffes a finalement abandonné des cicatrices blanches aux extrémités de chacun de mes doigts, des zones où je suis à présent curieusement plus sensible...

_ Hm ? Oh un massage devrait faire l'affaire, même si j'dois admettre que tes sorts peuvent être pratiques, je lui réponds. En caleçon ? Ouais, il est pas mal quand il porte les siens. Là, il flotte complètement dedans, c'est déjà surprenant que j'ai pas encore vu ses fesses... Quoi que, j'ai rien dit, je les ai déjà vues. Je me retiens de toussoter et je dois réunir toute ma volonté pour ne pas... Je ne sais pas. Mon cœur est déjà complètement affolé. Putain, ressaisis toi. Son cou se réfugie dans le creux de mon cou. Je sens son souffle caresser ma peau, une peau qui réagit toujours davantage quand Il la touche. J'ai longtemps crû que cela était seulement dû au sort qu'il avait pu me jeter. Après tout bah... ça nous a fait tous deux un truc bizarre. Il m'a causé d'un lien ou je n'sais pas trop quoi. Alors qu'il me demande d'une façon bien détournée de l'enlacer, je glisse mes bras épais autour de sa taille assez fine. J'ai honte de mon ventre rond qui presse le sien si fin, de ma taille épaisse. J'ai peur de puer l'ours. Vu comme je me sens mal, j'espère que l'ours en question va pas vouloir se ramener pour avoir sa dose de caresses.

Sa main effleure ma joue. La caresse. J'en ai la chair de poule. Ma nuque se tend très légèrement. Pour sentir davantage le contact de ses doigts. Il tremble. Et, instinctivement, je resserre mon emprise. Je le serre contre moi. De la façon la plus possessive qu'il soit : ma main a caressé le bas de son dos jusqu'à se refermer sur sa hanche fermement. L'autre remonte tout doucement le long de sa colonne vertébrale. Je sens ses vertèbres glisser une à une. Sa peau chaude, veloutée, que j'ai déjà mordillé à de nombreuses reprises sous ma forme d'ours, y trouvant des saveurs... hmm, bien trop délicieuses pour que j'accepte d'y penser. Ma main termine sa course vers sa nuque et, à ma plus grande surprise, je la lui presse pour qu'il se penche plus rapidement, pour que ses lèvres s'unissent aux miennes. J'ai le cœur qui veut me sortir par la langue, il pulse là, résonne dans ma tête, mon sang déboule, ça coule comme une cascade, ça emporte tout dans un torrent où j'ai peur de me noyer... L'angoisse se mélange à la gêne la plus affreuse, la honte me poignarde le ventre alors qu'un plaisir pur et simple apaise un peu tout ça. Je manque soudainement de souffle et je crois que je plante sans douceur mes ongles dans sa peau. Mes muscles se contractent, par pur instinct de survie face à ce geyser d'émotions, ce gros bordel qui m'remplit tellement que je ne sais pas où y mettre la tête...

Je crois que mes oreilles me chatouillent. En fait, j'crois même qu'elles ont commencé à se transformer. Faut pas que... je devienne grizzli maintenant. Concentre toi, Greg, allez. J'inspire dès que nos lèvres se relâchent. Une grande goulée d'air frais qui aère un peu ma tête. Une grande goulée de son odeur corporelle, très discrète, dans laquelle je discerne quelques fragrances dues à son shampoing. Instinctivement, je blottis mon nez dans son cou pour humer son odeur, j'entrouvre les lèvres pour y glisser ma langue brûlante, gourmande. Affamée. Tant et si bien que mes dents finissent par pincer tendrement la peau si tendre de sa gorge. Je me recule un peu plus pour sentir plus encore son corps contre le mien, la pression de son torse où je sens son cœur battre en rythme au mien... Non... j'ai pas envie de penser à la honte... c'est juste bon... divinement bon de... de profiter d'un peu de tendresse... j'suis plus désirable depuis tant d'années. J'ai pas eu droit à un vrai amour depuis plus de 10 ans. Et là... là, ses lèvres se sont posées sur les miennes... je m'en empare avidement. Désespérément. Je retiens un gémissement presque douloureux.

Je me sens... beau, pour une fois. Je me sens aimé. Ça me change tellement du mépris auquel j'ai droit. Je pensais pas que ça me toucherait, ça. Mais alors qu'il m'offre toutes ces choses, j'me rends compte... des trous qui sont là. Des plaies qui suintent. Des blessures qu'il nettoie maladroitement, à sa façon, des blessures dont je me doutais même pas de l'existence. Si lui tremble, moi, c'est encore pire. Je résiste à ma transformation. Ça fait mal. C'est atroce. La honte me saisit à le gorge de nouveau et je le relâche légèrement. Je lève vers lui mes yeux bleus, envahis de ma crainte de perdre le contrôle, de mon envie de le plaquer contre la table pour le mordre de nouveau à la gorge, dévorer son corps de caresses, de morsures... Je suis un assoiffé, un affamé d'amour, j'en ai besoin, ça en devient vital, cela fait tant d'années que mon cœur agonise, que mon cœur attend... de la tendresse. La sienne l'emplit comme une éponge sèche, ça déborde, ça inonde mes viscères, tant et si bien que mes poumons peinent encore à trouver de l'air...
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MessageSujet: Re: Il était une fois, l'ours a rencontré un prince   Ven 17 Avr - 17:45


Il était une fois, l'ours a rencontré un prince






C’est étrange. Je ne pensais pas que ça se passerait comme ça. Je ne pensais pas qu’il réagirait de cette manière là. Je m’attendais à un petit rire, à un ‘dégage’, voire même pire, à son poing sur mes joues parfaites pour me faire me détacher de lui. Mais je ne pensais pas qu’il glisserait ses mains usées dans mon dos, je ne pensais pas qu’il accepterait que je lui offre cette tendresse là, je ne pensais pas qu’il voudrait bien… J’en sais rien. Je crois que j’arrive pas trop à me remettre de ce qu’il se passe. J’ai eu plusieurs amants, des coups d’un soir, des petits amis mais jamais rien d’aussi étrange et aussi… eh bien aussi captivant. Certains hommes m’ont serré dans leur bras, mais jamais de cette manière. D’autres m’ont embrassé, mais jamais avec autant d’amour. D’autres ont fait bien pire, mais rien n’égale ce que Gregory m’offre en cet instant précis. Et je ne suis pas habitué à ça. Je suis habitué à être ce morceau de viande qu’on glisse dans des draps pour passer du bon temps. Ca me dérange pas, j’ai jamais dis le contraire, et si je continue à le faire c’est pour une raison. Mais il faut admettre, parfois, que comme tout le monde, j’ai besoin de tendresse, d’affection, d’amour, de plus que ça peut-être. Gregory me donne tout ça. Il me donnait tout ça avant déjà, en m’acceptant ici, en me laissant squatter son canapé, vider son frigo, tout ça. Bon d’accord, je me suis un peu beaucoup imposé, mais il aurait pu me foutre dehors. Et il l’a pas fait. Y’a peu de personnes qui m’acceptent comme ça. Et je lui en suis tellement reconnaissant. Là, avec ce qu’il vient de faire, avec lui qui m’a accepté contre son corps, qui a caressé ma peau,  qui l’a griffé sans doute sans vouloir me faire de mal, juste pour que je reste contre là… eh bien je suis… heureux. Putain de bordel de merde, je suis heureux comme jamais je ne l’ai été avant. Même s’il m’a mordu dans le coup. Ouais, c’était pas désagréable quand on y pense. Mais eh, autant garder tout ça au fond de mon être pour le moment, que j’y repense au calme !

Mes yeux bleus croisent les siens, et j’ai la brève impression qu’il se sent mal, mais qu’il se sent bien, en même temps. Jamais je n’avais vu ça avant… Ouah. C’est vraiment un truc différent que je vis, bordel. Mais j’aime cet instant là. Je remonte lentement ma main sur sa joue et je la caresse, effleurant son menton, son nez, avant de perdre mes doigts dans ses cheveux et lui offrir un grand sourire. Peut-être que j’ai le même regard que lui, plein d’envie mais perdu, ne sachant pas comment vraiment exprimer les choses. En temps normal j’aurais parlé, mais pour une rare fois – ouais, pour la seule fois de ma vie en fait – je me retrouve sans mot. La seule chose que j’ai réussi à faire, c’est déglutir et soupirer dans un léger sourire. Mes lèvres rejoignent son front, et je me serre de nouveau contre lui, refermant les yeux. Ca me fait bizarre hein, vraiment. De me dire qu’il a voulu du baiser, qu’il a peut-être même voulu plus que ça. Mais bordel c’est si bon.

Mon corps tremble un peu moins, mon cœur se calme, mon souffle redevient quelque peu régulier. C’est maintenant que je panique le plus. Est-ce que c’était juste quelque chose qui s’est passé comme ça ou est-ce que ça va continuer ? Est-ce que ça va mener quelque part ? Je suis pas habitué que ça mène quelque part moi ! Et Lya, si elle le sait ? Qu’est-ce qu’elle va dire ? Est-ce qu’elle est aussi protective envers Gregory que lui l’est envers elle ? Elle serait capable de me foutre un coup de pied au cul pour que je dégage. Sigurd, t’es un putain de con, t’aurais pu réfléchir ! C’est un peu tard !

J’essaye de parler mais je n’arrive qu’à laisser échapper un soupir et je me détends progressivement, revenant croiser mon regard avec les siens. Et vu que je suis con, que je sais pas réfléchir, je me place mieux et je l’embrasse encore pendant de nombreuses secondes. Ca va un peu vite mais c’est le seul truc que j’ai trouvé pour ne pas penser trop à la réaction de sa fille ou au papillon que j’ai dans le ventre là. Je caresse encore ses épaules, je m’y accroche mieux, et je détache mes lèvres pour sourire, rire nerveusement.

    « … tes lèvres sont pas dégueu. »


Ouais, je sais, c’est une phrase conne, mais là, le silence commençait à me faire un peu peur. Je ris, encore, d’ailleurs. Avec tendresse. Bordel, j’espère qu’il va pas croire que je me moque de lui. Ptet que j’devrais faire un truc genre euh… ouais voilà, je cache mon visage dans son cou, je ferme les yeux, je garde une main sur son épaule et… je caresse ses cheveux. Ca montre que je l’aime bien non ? Je suis pas habitué à montrer aux gens que je les aime autant…

Mais ouais. Je l’aime.



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