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 We still surprised each other, whenever we are [Ezra]

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MessageSujet: We still surprised each other, whenever we are [Ezra]   Lun 15 Sep - 16:00

Central Business District, un des quartiers préférés d’Aeryn. Pendant que ces dames se pomponnent, tardant à choisir le vêtement qui taillera leur taille, les parures dorées luxuriantes et les produits cosmétiques excessifs qu’elles ne peuvent s’empêcher de mettre par dizaine sur leur visage, ces messiers s’impatientent et lorgnent leur entourage. Son entrée en scène commence au moment de l’ennui de ces hommes, qu’Aeryn n’hésite pas à aborder pour parler de tout, de rien, et créer ce besoin qu’il aura de vouloir la revoir. Si son couple n’est formé que par l’illusion, la jeune femme parvient parfois par ce stratagème à défaire le cocon pour y pénétrer une fois la femme virée. Rien de plus ensuite que de dépouiller ce pauvre être au moment le plus opportun, dès que sa confiance envers Aeryn est quasi-totale. Le drame arrive ensuite ; en plus d’avoir perdu une compagne, il en perd également son argent. Triste sort pour un homme en costume qui finira par se remettre de cette mascarade. Quant à Aeryn, elle se sera volatilisée comme toujours, et personne ne pourra jamais la retrouver.

La démarche avenante et fière, elle se retrouvait en ce samedi après-midi dans une boutique de vêtements plutôt luxuriante. Sans contraste avec le lieu, la jeune femme montrait une allure des plus soignées, comme si elle faisait partie de cette élite enrichie jusqu’à l’os. Camouflée pour faire son repérage habituel, l’appât des vêtements et de bijoux ne l’intéressant nullement. Sa déception fut cependant au rendez-vous, peu d’hommes au rendez-vous ce week-end. Montant à l’étage, son regard balaya les rangées de vernis et de mascara. Tout ce maquillage, à en devenir un pot de peinture à l’apparence parfaite. Aeryn, ne comprenant pas ce besoin constant chez les femmes de dissimuler toutes leurs imperfections, s’amusait à faire comme si elle devenait l’une d’entre elles, bien qu’elle ne passait pas trois heures à se préparer. Il fallait plaire à ses hommes pour se faire un peu d’argent, évidemment. Il y avait du monde, trop de monde, et le bruit en était assourdissant. Elle n’entendit pas tout de suite ce qu’il y avait à entendre, ni à voir. L’alarme incendie se déclencha, résonnant dans tout le magasin. Beaucoup l’ignorèrent au départ, pensant à un exercice ; on ne dérange pas ces dames pendant leurs emplettes quelle que soit l’urgence. Lorsque la fumée s’éleva à l’étage, la détresse se déclencha chez chacun, sentant le danger imminent. Les plus proches prirent l’ascenseur et réussissent à en sortir, tandis que d’autres s’aventurèrent dangereusement dans l’escalier, s’échappant tant qu’ils le pouvaient.

Elle était trop loin de la sortie, et l’issue de secours ne semblait pas se trouver dans les parages. Aeryn ne la vit pas et fit deux erreurs qui ne jouèrent pas en son avantage : Se rapprocher de l’escalier d’où le feu avait débuté, croyant pouvoir rejoindre le rez-de-chaussée par ses propres moyens dans les temps. Les autres clients se ruèrent vers les fenêtres pour s’en échapper, et hurlèrent en vue d’alerter les passants, piégés à un étage d’où la sortie principale n’était plus qu’en proie à des flammes. Aeryn faisait preuve d’un certain calme, étrangement, face  aux personnes complètement paniquées. Les pompiers ne tardèrent pas à arriver, sortant les trampolines afin que les personnes piégées en sortent. Des échelles furent placées aux fenêtres, les pompiers montant avec des lances-incendies pour repousser les flammes qui progressaient. Aeryn fut prête à sauter lorsqu’elle entendit un cri. Celui d’un enfant. Si ce n’était pas dans ses habitudes de venir en aide à qui que ce soit, elle n’hésitait pas lorsqu’il s’agissait d’un petit bonhomme haut comme trois pommes. Les enfants avaient toujours animés chez elle une certaine fascination. Il n’était pas question d’en laisser un dans cet endroit, alors elle rebroussa chemin pour le chercher, s’aventurant dans le halo de fumée qui avait envahi toute la pièce. Envahissant également ses poumons, la jeune femme commença à suffoquer de ce gaz noir qui n’en finissait pas de s’étendre. Aveuglée par l’épaisse couche de brume, Aeryn prit l’enfant et le ramena vers la fenêtre la plus proche, le donnant au pompier qui le réceptionna afin de l’évacuer à l’extérieur. On l’invita à sauter sur le trampoline, mais, resta paralysée sur place, incapable de sauter par une vue trop brouillée. Toussant fortement, elle fut prise en main par un autre pompier qui l’aida à sortir du bâtiment dont les flammes dansaient et dont la chaleur en était devenue presque insupportable. Le lance-incendie empêchait la progression du foyer qui cependant restait présent, bien que s’affaiblissant peu à peu.

Sa vision vague empêcha Aeryn de comprendre où elle se trouvait et ce qu’il se passait. Elle ressentit une douleur vive sur son avant-bras, signe avant-coureur d’une brûlure étendue. D’autres vinrent parsemer son corps, néanmoins plus superficielles. Désormais sortie du bâtiment par le pompier, Aeryn fut placée sur une civière pendant que l’homme repartait à l’assaut de l’incendie pour évacuer les quelques personnes restantes. Autour du bâtiment s’était formé comme à l’accoutumée un cercle de civils qui regardaient la scène, certains avec leurs téléphones pour poster photos et commentaires sur les réseaux sociaux. L’esprit complètement dans les vapes, Aeryn avait l’impression de sortir de passer la cuite de sa vie, exception faite qu’elle avait l’impression de suffoquer et de s’étouffer dans sa propre respiration. Se battant pour garder à minima ses esprits, elle se souvint brièvement d’un masque posé sur sa bouche qui lui permit de retrouver un peu de souffle avant de complètement perdre conscience.  
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MessageSujet: Re: We still surprised each other, whenever we are [Ezra]   Jeu 18 Sep - 23:05

Les lettres deviennent des empiècements difformes, qui s'étalent et se contractent de façon hasardeuse. La paperasse s’est déjà brouillée sous ses yeux depuis plusieurs minutes. Les vrombissements de la machine à café un peu plus loin entretiennent l’engourdissement de ses muscles. Il tente de rouler des épaules, de caler son dos au dossier de la chaise. Mais son esprit divague et déjà, sa tête observe un mouvement latéral douteux. Les bras croisés, les paupières closes, il ne retient plus sa nuque finalement. Après presque une heure de somnolence, une main le tire de ses rêves décousus. Ezra sursaute, manque d’agresser l’intrus mais se reprend à temps. La faim et la fatigue grondent tellement qu’il doit lutter avec l’envie d’attraper son collègue pour lui prélever un peu d’énergie. Il n’en fait rien et se contente de le fixer avec un air hagard, endormi. Cet homme lui parle à toute vitesse en prenant à peine le temps de marquer les points entre chaque phrase qu’il mâche. L’urgentiste ne comprend que trois mots sur quatre. Il soupire, se passe une main sur le front et aspire l’air en masse pour se tirer de sa léthargie. A la fin de la tirade voisine, il demande une répétition de la situation ce qui agace réellement son coéquipier qui ne s’en cache guère. Néanmoins, il plie à sa requête. Incendie, centre commercial, plusieurs blessés graves, grands brûlés,… Les pompiers réclament leur intervention sur place. Le norvégien est toujours en retrait dans les bureaux pour l’instant, il est donc le premier à être tiré des placards pour ce type d’intervention surprise sur le terrain. Mais ça ne le dérange pas le moins du monde. Au contraire, l’atmosphère pesante de l’hôpital alourdit quotidiennement son fardeau personnel. Conscient qu’il doit être opérationnel un minimum pour venir en secours à ces gens, il s’arrache à sa bonne conduite. Il dévie dans un couloir et s’attarde juste quelques minutes – le temps que l’ambulance soit équipée du bon matériel – sur des patients en soins palliatifs. Il se sert littéralement sur les mourants, écourtant leur fin de vie. Il n’accomplit qu’un demi-crime. Mais l’arrière-goût lui reste en entier cependant quand il quitte cette aile en quatrième vitesse.

En entrant dans le véhicule, il se sent déjà plus lucide et plus réactif. C’est terrifiant pour lui de constater les dégâts que la famine engendre sur son esprit. Il est un danger à ne pas négliger quand il ne s’est pas nourri, surtout dans le cadre de son travail. D’ailleurs, il n’a pas hésité à enfreindre son ancien code d’honneur en se servant directement sur des patients. En le conscientisant, il éprouve un dégoût vorace pour ce qu’il est et ce qu’il fait. Mais il n’a pas l’occasion de se détester dans les règles de l’art parce que déjà, on le briefe de façon plus complète sur le lieu, le nombre de victimes potentielles, le travail effectué par les pompiers sur place. Le feu n’a pas encore été maîtrisé dans son intégralité apparemment. L’ancien peacekeeper relève la nuque quand il approche du sinistre, les flammes dansent encore. Il plisse les yeux et se met à compter machinalement les civières qu’il croise du regard. C’est un vrai cauchemar. Quand l’engin s’arrête, il se déploie rapidement et est dirigé automatiquement par l’équipe médicale déjà sur place. On l’oriente vers une jeune femme allongée, un masque sur la bouche. Il serre la lanière de son sac en s’approchant et observe davantage les ravages aux alentours que la blessée avant d’arriver à sa hauteur. L’odeur du soufre lui donne la nausée, ravive de tristes souvenirs enneigés. Il ne supporte pas ça mais l’encaisse par la force des choses.

Et puis, il se penche sur la silhouette pour commencer son examen. Il recule d’un pas, oscille, cligne des yeux nerveusement. Non. Non. Non ? Il déglutit difficilement avant d’avancer à nouveau et la détaille silencieusement, le cœur au bord des lèvres. Elle est inconsciente. Son regard se fige sur sa poitrine aussitôt et  son mouvement salvateur le fait grogner de soulagement. Son premier réflexe semble trop humain et surtout, peu professionnel. Il pose sa main sur son visage comme pour se rassurer d’une façon complétement illogique sur sa survie. L’urgentiste revoit ses priorités très rapidement et délaisse la peau de la patiente. Ses mains tremblent quand il sort son tensiomètre et manque de le faire choir. Ce n’est pas tant la surprise de la trouver à un moment inattendu, dans un endroit incongru qui lui coupe le sifflet. C’est de la cueillir dans cet état. Il n’est pas habitué à ressentir ça, à être attaché aux autres et à les trouver dans ce cadre-là. Lui qui banalise les cas, les enchaîne avec une presque indifférence morbide, il ne sait même plus comment additionner ses gestes sans maladresse. Il ne s’agit pas d’un inconnu, d’un anonyme dont il taira le nom le lendemain matin. Il s’agit d’Aeryn après tout, sa dernière parcelle d’humanité est tout aussi sûrement allongée là, à ses côtés. Et il est égoïste de voir les choses sous cet angle. Il ne pense pas néanmoins qu'à ce qu'elle lui apporte.

Chamboulé par les marques qui ornent le corps de son amante occasionnelle, il manque de se tromper dans la procédure et s’emmêle les doigts dans sa sacoche qu’il finit par poser juste à côté d’elle en hauteur. Il prend ses constances ensuite, son pouls, sa tension, établit de façon rigoureuse un constat sur son état avant de sortir des compresses qu’il humidifie pour les déposer sur ses brûlures les plus graves.  Ses doigts viennent ensuite relever les paupières de la brune après s’être emparé de sa lampe torche. Un halo lumineux vient envahir sa pupille et il en surveille la dilatation avant de l’interpeller doucement de ses intonations à demi-avalées par son angoisse « Aeryn ? Tu m’entends ? » Il retient son souffle en attendant une potentielle réponse. Elle a dû inhaler beaucoup de toxine et à vrai dire, c’est ça qui l’inquiète plus que tout le reste. Mais normalement, ça devrait aller. Il va tout faire pour.

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MessageSujet: Re: We still surprised each other, whenever we are [Ezra]   Ven 19 Sep - 0:36

Telle un pantin, elle se fit transporter sur cette civière qu’elle allait devoir garder un certain temps. Le bruit de la foule et des blessés rendait le lieu assourdissant. Les pompiers, en sous-nombres, ne savaient parfois pas sur quel pied danser. Dans ces cas d’urgence, le choix se portait surtout sur la proximité : il était impératif de ne pas perdre de temps. Aeryn avait eu cette chance, celle de se trouver au bon endroit et de pouvoir recevoir l’aide du pompier pour s’en sortir, auquel cas elle n’aurait pas eu le courage de sauter. Sa vision devenue trop floue, l’empêchait de voir net, paralysant ses mouvements : à moins d’être suicidaire, elle n’aurait pas sauté sans savoir où elle atterrissait. Deux bras musclés l’avaient alors porté et elle avait été réceptionnée en bas par des policiers venus aider. La suite n’avait été que trop rapide : rapidement allongée, elle n’avait pas échappé au masque à oxygène, placé directement dès que l’urgentiste la vit tousser fortement. Ce dernier s’en alla, la laissant entre d’autres mains. Le gaz lui montant à la tête, la jeune femme avait fini par sombrer dans un coma sans rêve. Son cerveau brumeux avait rendu le vacarme inaudible dans son esprit. Elle n’entendait plus rien qu’un calme plat et tranquille, le même que celui des futurs défunts.  Couloir de la mort, qu’Aeryn n’emprunterait pas aujourd’hui. Humaine, la fumée l’aurait certainement achevée, la toxicité étant actuellement bien trop importante, couplée avec les brûlures internes de ses poumons. Son corps avait cependant changé, maintenant skinchanger et lui permettrait de pallier à ce danger, ce qu’un humain normal n’aurait pas été capable.

Les yeux mi-clos et immobile, elle semblait comme endormie. Un leurre, le corps se défendant activement contre les corps étrangers présents. En l’état actuel, Aeryn ne put rester bien longtemps inconsciente, et si elle ne sentit pas les premiers examens médicaux de l’urgentiste qui se trouvait en réalité être Ezra, elle l’entendit l’appeler. Cette voix lui semblait familière, cependant, elle ne parvenait pas à s’en souvenir. Ce n’était pas le plus important, elle devait se concentrer sur autre chose. Se croyant comme perdue dans un rêve, l’endormie sombra à nouveau, n’entendant plus toute la cohue autour d’elle. Se battre, envers et contre tout, elle ne pouvait rester inconsciente. Agir, faire quelque chose. Si son esprit ne le faisait pas, son corps s’en chargerait. Une sensation presque étouffante l’envahit, les toxines remontant le long de ses poumons et coupant nette sa respiration. Se mettant à convulser, la jeune femme se mit en quête d’air. Ouvrant la bouche, la fumée s’engouffra dans le masque et elle toussa fortement. Cracha, toussa, ses mains cherchèrent à tâtons ce qui recouvrait sa bouche. Violemment, elle arracha le masque, continuant à tousser et haleter. Ses yeux s’ouvrirent, fixant le vide, tandis que les poumons se déchainaient, cherchant à évacuer toute cette merde qu’elle avait inhalée. Du sang en sorti, témoin de l’irritation des bronches. Complètement blanche et pâle comme la mort, mais vivante. Aeryn bougeait, cherchant à se redresser pour mettre sa tête en avant, bouche vers le sol. Insupportable, c’était un enfer. Comment de toussotements allait-elle devoir cracher pour que cela cesse ? C’était interminable, comme une crise d’asthme qui n’en finirait qu’une fois l’allergique éloigné de l’allergène. Crachant tout son saoul, Aeryn pensait vraiment qu’elle allait finir par crever comme ça. Ce serait trop bête, mais elle ne pensait pas qu’elle allait s’en remettre, sentant ses poumons la brûler, et l’air difficile, refusant de se frayer un passage en profondeur dans ses bronches. Ayant beau respirer du plus fort qu’elle le pouvait, son corps manquait d’air, elle ne savait l’expliquer. Lorsque la crise se calma et qu’elle n’eut plus à rester tête vers le bas pour évacuer les toxines qui s’y trouvaient, elle se releva, n’ayant même pas fait attention à ce qui l’entourait, ayant pourtant conscience que l’on essayait de l’aider. Tout ce qui avait importé ces dernières minutes était son corps ; tout le reste n’avait guère eu d’importance.

La crise était passée. Enfin. Les battements de cœur d’Aeryn commencèrent à baisser, étant anormalement élevés depuis les dernières minutes. Sa respiration se mit moins forte et moins rapide. Le corps commençait à se calmer, même si la jeune femme sentait une douleur désagréable à chaque fois qu’elle inhalait l’air. Elle se rendit ensuite compte d’une chose à laquelle elle n’avait pas fait attention ; sa main pressait fortement une autre, la broyait même. Desserrant ses doigts, le rougissement d’Aeryn ne fut même pas perceptible, son visage déjà bien rouge. Relevant la tête vers cette personne à qui elle avait presque cassé deux doigts, Aeryn n’en revint pas de tomber sur Ezra. Son visage la trahit d’ailleurs : elle en fut bouche bée. Se rallongeant sur la civière, elle le regarda silencieusement. Une fois calme, elle sentit toutes les douleurs de son corps l’envahir : tant les brûlures aux avant-bras que ceux sur ses jambes, sans compter cette douleur constante dans ses poumons. S’il y avait eu des compresses ou quoi que ce soit sur son corps, tout avait volé lorsqu’elle s’était redressée pour cracher son sang sur le sol.  Il n’était pas l’heure de parler retrouvailles, Aeryn s’inquiétait plutôt pour son état. Bien que plus calme qu’auparavant, elle n’en demeurait pas moins complètement paniquée. Parler fut un véritable supplice.

« J’ai les poumons qui me brûlent… tu peux calmer la douleur ? »

Elle le suppliait presque de faire quelque chose.


Dernière édition par Aeryn Elyatis le Jeu 25 Sep - 10:40, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: We still surprised each other, whenever we are [Ezra]   Mer 24 Sep - 22:39

C’est curieux. Plus il attend sa réponse, plus tous les autres sons s’écartent pour ne pas gêner le moindre bruissement qu’elle pourrait produire. L’Univers semble se dérober pour lui. A moins que ça ne soit que son Monde à lui qui ne se résume plus qu’à elle. Son environnement se  dissout dans sa totalité après l’audition, il perd l’acuité visuelle. Rien n’a d’importance tant qu’elle sera immobile. L’urgentiste sent sa panique attenter à son sang-froid d’ordinaire implacable. Ses yeux se plantent toujours plus sur la bouche de la brune dans l’espoir de la voir remuer, tressauter, attester d’une présence au moins partielle. Mais rien. L’inconscience ne rassure personne, surtout pas un infirmier. Il reprend ses constances, les note à la va vite en décalant son regard à chaque courbe effectuée sur le papier pour la surveiller. C’est au milieu de cette tâche qu’elle s’agite. Il jette tout ce qu’il a dans les mains sans même réfléchir dès qu’elle se met à convulser. Sa voix s’étire dans toute l’amplitude que son inquiétude déploie. « Aeryn… Non… » Trop tard. Ses doigts arrachent le masque, elle remue dans tous les sens,  appelant l’air sans jamais le trouver. Ezra l’aide à se relever afin qu’elle ne s’étouffe pas, la force à se plier en deux pour pouvoir cracher ce qui encombre ses bronches. L’hémoglobine se marie à la suie et  ce mélange obscur tombe juste à leurs pieds. Le norvégien  contient difficilement son affolement tandis qu’elle agonise, se noie dans les toxines. C’est plus grave qu’il le croyait. Il glisse une paume dans son dos et l’invite à continuer cette extraction de sang. Il doit l’amener à l’ambulance au plus vite. La crise de la métamorphe finit par s’achever après ce qui a semblé être une éternité. Le scandinave s’aperçoit alors qu’elle contracte sa main sur la sienne. Il ne sent même pas la douleur pourtant. Son anxiété est un anesthésiant efficace.

Elle se redresse et il l’assiste dans chaque mouvement jusqu’à ce qu’elle se recouche finalement. Ses intonations faibles forcent l’homme à céder sa place au professionnel. Il range toutes ses émotions instantanément pour la sauver. Ses paumes se postent de chaque côté de la civière et la pousse rapidement vers le véhicule garé à quelques pas de là. « Ne bouge pas. Ça va aller. » Il l’espère. Non, il fait plus que ça. Il doit se débrouiller pour que tout se passe bien. L’ambulancier semble avoir déserté son engin et l’ancien peacekeeper se retient pour ne pas faire un scandale. Il n’a pas le temps pour ça. Il se débrouille seul pour placer la blessée à l’arrière de la camionnette et referme derrière eux. Il s’empare très vite des appareils dont est équipée l’ambulance et place un nouveau masque sur la bouche de son amante après avoir doser quelques produits afin que l’aérosol soit efficace. Il enclenche le système qui vrombit dans leur atmosphère et diffuse le nectar salvateur. Méthodique, il lui injecte très vite par intraveineuse un antidote contre les poisons qu’elle a absorbé. Il pose la perfusion avec soin près d’elle avant de s’occuper de chacune de ses brûlures calmement. La chair brûlée fait coller le textile à sa peau et il n’a pas les qualifications requises pour endiguer le phénomène. Alors il fait tout ce qu’il peut à son niveau pour apaiser les blessures. Il s’agite autour d’elle, oublie complétement l’identité de celle qu’il soigne et se focalise uniquement sur sa tâche. Ses doigts ne tremblent plus quand il applique les derniers soins. Il oublie qu’il manipule le corps qu’il serrait encore contre lui la dernière fois. Il oublie qu’il est chamboulé. Il fait son boulot. Quand il a terminé sa tâche, il tape trois coups contre la vitre qui le relie au chauffeur devant. Ce dernier semble être revenu et il comprend le message.  Le véhicule se met en branle et gagne l’asphalte.

Ezra s’assied près d’elle alors et glisse machinalement ses doigts dans ses cheveux pour les écarter de son visage avant de laisser sa main retomber sur la sienne pour la serrer. « Sur une échelle de 1 à 10 à quel point, peux-tu quantifier ta douleur ?» La question est un peu tardive et il doute qu’elle puisse y répondre. « Ne  fais pas d’effort mais essaie de rester avec moi, ok ? » Il se penche au-dessus d’elle, pose son autre paume sur sa joue et observe des mouvements cycliques sur sa pommette afin de l’apaiser. « Respire lentement, doucement. »  Maintenant qu’il a l’occasion de redevenir complétement l’humain et pas l’infirmier, il peut jauger de la gravité sans filtre d’indifférence, sans poser un verdict froid et détaché. Il se mord l’intérieur de la joue tandis que la lumière blanchâtre creuse les plaies et accentue la lividité de son teint. « Ca va aller. » Il tente de se convaincre. « Ca va aller… » Un rictus qui n’atteint pas ses yeux, se matérialise alors tandis qu’il glisse à nouveau ses doigts dans sa crinière emmêlée pour faire bonne mesure. « Reste avec moi, ok ? » Envolée l’insouciance de leurs rendez-vous et de leur petite comédie, envolée son petit Univers bien construit autour d’elle où il peut s’inventer une autre existence. La réalité finit toujours par le rattraper de toute façon. Toujours brutalement.  

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MessageSujet: Re: We still surprised each other, whenever we are [Ezra]   Mer 24 Sep - 23:59

Cette sensation désagréable lui restait dans la bouche. Celle de suie, de fumée, cette odeur de brûlé qui s’était infiltrée dans son corps, y trouvant le meilleur refuge qui soit et refusant de s’enfuir. A travers elle, se reflétait cette sensation désagréable qu’Aeryn avait manqué de vivre : celle de la mort. Les convulsions de son corps avaient alerté un danger imminent, celui de ces fines particules qui allaient l’achever. Comment cicatriser correctement, même pour une métamorphe lorsque le poison se loge encore au fond de soi ? Rien ne se perd, rien ne se crée tout se transforme et pourtant la fumée ne devient pas du tissu cicatrisant dans les poumons. Ce serait tellement plus simple. La mort, qu’elle avait manqué de côtoyer. Désormais calmée, la douleur, encore présente, laissait un vague souvenir aux dernières convulsions du corps en revenant en force brûler les organes internes de la jeune femme. Et elle avait demandé à Ezra d’agir, de faire quelque chose, lui laissant son corps entre ses mains, lui accordant toute sa confiance pour agir efficacement. Si cela pouvait lui sembler étrange de se faire soigner par son amant, Aeryn savait qu’elle était entre de bonnes mains. Oh, il ne suffisait pas simplement de connaître le corps de l’urgentiste pour le savoir ; elle le sentait, et cela ne s’expliquait pas.

Il était là et présent, faisant parfois ce qu’il pouvait pour l’aider, ayant parfois l’air complètement désemparée en la voyant dans cette situation. Qui ne serait pas déstabilisé à la vue d’un être proche agonisant, tout en sachant que sa vie était entre nos mains ? Ce sentiment, cette crainte de la perte, omniprésente. Que serions-nous sans nos proches ? Chacun de nous a besoin d’eux, car seul, la vie n’a aucun sens.
Même dans cette situation, Ezra avait un certain humour. Elle ne risquait pas de bouger dans son état, évidemment que non. Se laissant faire, la jeune femme se sentit nettement mieux une fois le masque déposé sur sa bouche. Méthodique, rigoureux et sérieux, Ezra se montrait des plus professionnels et des plus exemplaires. Aeryn n’avait pas le temps de remarquer tout cela, se focalisant sur ce qu’il y avait de plus important. Se sentant comme sur un nuage après administration des médicaments, elle ne pouvait pas suivre avec autant d’attention tout ce que faisait Ezra autour d’elle. La jeune femme savait qu’il s’occuperait bien d’elle et c’était  à l’heure actuelle tout ce qui pouvait compter. La douleur est intense, mais moins importante, se faisant moins forte. Les derniers évènements défilent dans sa tête, cette sensation encore trop forte hante son crâne. Trop près, trop proche de cette mort qu’elle avait manqué de rejoindre aujourd’hui. La faucheuse aurait pu l’avoir, trônant certainement quelques instants plus tôt autour d’elle, attendant que son heure n’approche. Aeryn l’avait sentie, à lui glacer le sang.

La voix d’Ezra résonna dans sa tête. Il lui parlait. Quittant ses pensées pour retrouver le monde réel, pour lutter contre ce nuage de brume qui la laissait entre deux eaux. La douleur la rappelait également à la réalité.

« 7 »

Essayant de parler et de s’exprimer, elle n’était pas certaine qu’Ezra ait pu entendre ou comprendre. Préférant serrer sa main dans la sienne, elle assura qu’elle se trouvait là, à ses côtés, bien vivante et réceptive. Le plus dur était passé, c’est ce qu’elle se disait. Plus de mauvaises surprises supplémentaires. Ses bras sont plus froids qu’auparavant, ignorant pourtant ce qu’Ezra a fait sur ses blessures mais le résultat est plutôt efficace. Aeryn se sent quand même mieux, malgré ce que son état pourrait en dire. Elle acquiesce à chaque question de l’ambulancier. Oui elle restera là, il n’est pas question de partir. Ses yeux ont fait face à l’épais brouillard d’avant, et, grands ouverts, tentent de rassurer et d’apaiser son amant. Le masque l’empêche de vraiment parler, qu’à cela ne tienne, elle fera au mieux pour communiquer. Tentant un sourire, son pouls s’est calmé, elle se sent bien mieux, qu’auparavant même si la guérison en est encore assez loin. Elle va très certainement se retrouver à l’hôpital et y séjourner un paquet de jours, le temps pour elle de se remettre et réparer ce corps en morceaux. Elle ne regrette pourtant pas son geste. Sa main libre dégagea le masque de son visage, pour que les mots puissent s’exprimer de sa bouche.

« Je suis désolée, Ezra. »

Désolée pour la frayeur que je viens de te causer. Désolée que nous soyons proches au point de paniquer à l’idée de voir l’autre souffrir. Désolée pour tout.
Elle n’a pas à le faire, ne pouvant prévoir l’accident, ne pouvant savoir. Ce n’est même pas dans ses habitudes de s’excuser ainsi, cependant Aeryn se sent quelque peu soulagée de le faire, d’une certaine manière. Car elle ne regrette pas son geste même si les conséquences sont lourdes. Et le choc post traumatique de l’incendie est présent, bien qu’il finisse certainement par s’atténuer une fois cet épisode derrière elle.

«Il y avait cet enfant, Ez’, dans le feu, je ne pouvais pas le laisser. »

Toussotant légèrement, quelques larmes coulèrent, sans que leurs origines ne puissent être comprises. Aeryn ne savait pas pourquoi ses yeux avaient décidé de faire rouler des larmes le long de ses joues sans raison. Les séchant violemment avec la paume de sa main, la métamorphe ne voulait pas pleurer. C’était puéril.
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MessageSujet: Re: We still surprised each other, whenever we are [Ezra]   Mer 8 Oct - 23:24

Le chiffre prend sa place sur l’échelle, la grimpe assez haut pour accélérer les constances de l’infirmier. Les sirènes raisonnent dans la carcasse métallique, inondent déjà les rues, accentuant la gravité du moment, lui donnant tout son relief. Exposé à cette situation peu conventionnelle, il ignore à quel songe se ranger. Et son impuissance qui d’ordinaire se planque derrière son professionnalisme, cette indifférence forcée qu’il a construit quelques mois après son entrée aux urgences, le cloue littéralement sur place. Il vérifie la perfusion à quelques reprises, se surprend à ne pas réussir à détacher ses doigts des siens malgré le fait qu’il soit en train de franchir les limites préétablies par leur accord tacite. Il y a peu de gens sur lesquels il s’arrête suffisamment pour en apprécier l’essence. Ou même pour les détester pour de vraies raisons. Il ne prend le temps de gaspiller l’énergie des autres alors qu’il est aussi corrosif pour son entourage - et pour son contraire aussi d'ailleurs. C’est drôle de tout ignorer d’elle au fond et de pourtant pouvoir redessiner son corps un millier de fois, les yeux fermés. L’intimité charnelle a tissé un lien étrange qui ne cesse de fissurer à mesure qu’ils se côtoient dans ces circonstances dramatiques. Sans doute que cela impactera leur relation mais il n’en est pas là et ça ne l’importe pas pour le moment. Quand elle retire son masque pour parler, il se retient de lui crier dessus et rassemble son sang-froid pour l’écouter. Ses excuses l’obligent à grimacer d’incompréhension et d’irritation. Il s’apprête à répliquer, ne comprenant pas son but, l’intention. Mais les larmes dévalent ses pommettes, le désarme tandis qu’elle justifie son état par un acte. Il ne sait pas quoi répondre. Il ignore tout d’elle, de sa personnalité et finalement, il a peur de s’attacher – depuis le début à vrai dire. Moins il en sait, mieux ça vaut.

Un peu embarrassé de la ramasser en pleine chute, phénix déchu qui n’est pas parvenu à sortir des cendres, l’infirmier tolère à peine ses pleurs silencieux mais ne supporte pas la toux qui l’accompagne. D’un geste autoritaire, il remet le masque sur sa bouche. « Ne touche plus à ça et ne t’épuise pas en parlant. » Une de ses paumes glisse sur l’une de ses joues très calmement. Il a l’habitude de réconforter les patients. Il n’a souvent aucun scrupule à mentir si ça peut apaiser l’hystérie de la famille ou même des patients. Mais dans ce cas-ci, il en serait bien incapable. Heureusement, il croit à ce qu'il lui sert. « Ca va aller. T’es entre de bonnes mains maintenant. Ne pense plus à ça. » Il refuse de penser le contraire de toute façon. Le trajet lui semble interminable, il se crispe tellement que sa nuque lui semble raide quand enfin, ils s’arrêtent devant l’hôpital. Ezra sort la civière de là épaulé par son coéquipier cette fois-ci. Des médecins prennent très rapidement le relais une fois qu’il est à l’intérieur. Avant de s’éloigner et de lâcher la main de son amante, il s’entend lui dire une dernière fois « ça va aller... » Ses collègues l’écartent très vite après avoir glané les informations, pris connaissances des soins déjà administrés à la jeune femme et il est forcé bien vite à refaire le voyage en sens inverse pour aider les autres blessés sur le terrain. Son travail est plus méthodique mais son esprit divague. Quand l’aube les traque, ils ont enfin réussi à acheminer toutes les victimes vers l’établissement hospitalier.

Éreinté, l’urgentiste ne s’accorde qu’un répit bien médiocre une fois revenu dans les locaux. Des courbatures le forcent à ralentir la cadence tandis qu’il classe les derniers dossiers à une vitesse hallucinante. Sa fatigue l’encombre toujours moins que l’angoisse qui ne s’est toujours pas délogée de sa poitrine depuis qu’elle a échappé à son champ de vision. Il sait qu’il ne devrait pas s’impliquer plus. Avec un minimum de recul, le choc dilué par sa quantité de boulot, la relativité revenue et le mélodrame évacué, il conscientise que moins d’interactions est bénéfique, qu’il doit rester en retrait. Il ne doit pas encourager les collisions. Il ne doit surtout pas dépasser leur mutisme. C’est une erreur. Et pourtant, ça sonne faux quand il se le répète entre le couloir et la sortie. Il ne supporte pas la seule idée de rentrer sans en savoir plus sur son état. Il interroge une infirmière. Et deux toubibs à la suite. Mais ça ne suffit pas. Les avis ont beau se multiplier et se faire optimistes – plus que ça même, tant qu’il ne l’aura pas vu l’inquiétude ne s’arrêtera pas là où les syllabes s’achèvent. Le norvégien cède à son anxiété et s’oriente à pas feutrés vers les soins intensifs où la brune réside encore. Les rideaux tirés entre chaque lit offrent une intimité tout à fait relative qui rend tout le cadre désagréablement impersonnel. Certains luttent pour leur vie ici-même et lui n'en a rien à faire. Le scandinave balaie certains patients du regard néanmoins, la cherchant et la trouvant au bout de l’allée. Les paupières fermées, elle semble assoupie. Le soulagement s’immisce et il se rapproche alors pour mieux examiner les mouvements constants de sa poitrine. Ses doigts s’emparent du document placé au bout de son lit, il lit les annotations et sent sa pression artérielle diminuer tandis qu’il comprend enfin que ses jours ne sont pas en danger. Ses poumons se gonflent d’air avec une lenteur nécessaire tandis qu’il relâche doucement la tension que son corps accuse depuis trop longtemps. Il soupire, remet en place les feuilles et s’apprête à partir avant qu’elle n’ouvre un œil. C’est sans compter sur le blessé trois lits plus loin qui fait chuter son plateau avec fracas et ne va sans doute pas manquer de la réveiller…

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MessageSujet: Re: We still surprised each other, whenever we are [Ezra]   Jeu 9 Oct - 0:47

Les perles de sel coulaient, interminables et silencieuses. La métamorphe ne parvenait pas à cesser ses sanglots, ni calmer les nerfs qui lâchaient. Dans quel état elle pouvait être n’avait aucune importance. Ses doigts ne répondaient plus, maintenant que le masque avait été retiré de sa bouche, elle ne comprenait pas qu’il lui permette de respirer plus convenablement. Étouffée par la fumée et par ses propres sanglots, Aeryn ne comprenait même pas qu’elle suffoquait. Sous le choc, de se retrouver sur cette civière entre la vie et la mort. Cette dernière ne serait-elle donc pas plus douce si elle la laissait l’emporter ? Au moins retrouverait-elle Rachel, sœur aimée et perdue. Au fond, pourquoi, pour qui se battre ? Pour cet enfant en proie aux flammes ? Désormais sauf, il n’avait plus besoin d’elle, désormais hors de danger. Qui avait besoin d’elle ? Lui.

Lui, dont les doigts reposaient frénétiquement son masque sur sa bouche, lui demandant de ne plus parler. Lui, qu’elle connaissait à peine et n’avait, au fond, guère cherché à en savoir davantage, satisfaite de leur relation. Lui dont le regard semblait si évasif et pourtant si inquiet. Il faisait mine que rien, Aeryn l’avait pourtant lu dans sa voix tremblante, son visage fermé et l’intensité de ses yeux lorsqu’il les dardait sur elle. Sans savoir pourquoi, sans savoir comment, elle savait qu’il avait besoin d’elle. N’être que deux inconnus, c’est finalement ce qu’ils se disaient pour ne pas se faire du mal l’un comme l’autre, pour ne pas s’attacher, pour fuir ce qui au fond pouvait aussi bien rendre heureux qu’apporter souffrance et destruction. Faire comme s’ils apprenaient à se connaître à chacune de leur rencontre, ce n’était qu’un jeu qu’ils appréciaient jouer.  A travers leurs rencontres, sans même se parler, sans même se dire un mot ou savoir la moindre information l’un comme l’autre, un lien s’était tissé entre eux. Elle le connaissait par cœur, chaque membre de son corps, chaque sourire, chaque regard. Leur lien montrait maintenant toute l’étendue de sa puissance maintenant qu’ Aeryn cherchait une raison de ne pas se faire engloutir par la faucheuse. Ezra était en ce moment même sa raison de vivre et elle n’aurait certainement pas pensé ça de lui.

Sa main se cramponna davantage à la sienne, utilisant toute sa force pour tenir le coup, tenir bon. Aeryn n’abandonnerait pas. Après tout, c’était une métamorphe, non ? Elle devrait normalement s’en sortir, une fois toute cette fumée évacuée. Par un faible sourire en réponse aux mots de l’urgentiste, elle n’en doutait pas, même si elle avait peur. Ce n’était pas une bonne période pour terminer coincée dans un hôpital. Avait-elle le choix ? Pas vraiment.
Se laissant transporter par le corps médical une fois arrivée, elle dut lâcher sa main pour s’éloigner de lui, commençant légèrement à paniquer sur la suite qui l’attendait. Anxieuse, mille questions passèrent dans son esprit, et elle n’eut de temps pour aucune, rapidement mise sous sédatifs pour qu’elle ne sente plus rien qu’un doux sommeil sans rêves.
Les heures passèrent, filèrent comme le temps, dont il n’est pas possible de s’attacher pour l’arrêter. L’horloge tourna toujours aussi constamment, imperturbable. Certains patients ne se réveillent parfois pas suite à leur opération, plongés dans un coma éternel jusqu’à ce qu’on les débranche. Si Aeryn n’avait pas eu cette soif de vivre, peut-être serait-elle parmi ces patients-là, qui c’est. Sa renarde ne l’aurait certainement pas laissée partir sans la contraindre à se battre. Retrouvant ses esprits, la jeune femme ne voulut pas émerger de suite, se laissant le temps de se reposer encore un peu, rien qu’un peu. Son esprit fut martelé par un de ces objets métalliques ô combien agaçant pour ses oreilles. Sursautant, elle ouvrit les yeux.

« Ezra ? »

Aucune réflexion n’avait suivi ses premiers mots. Voix faiblarde et un peu rauque.  Analysant au quart de tour la première image que ses yeux renvoyèrent, Aeryn l’appela par son nom sans vraiment l’avoir encore vu. Il était le premier qu’elle aurait appelé et cherché à voir, quoi qu’il arrive. Désormais éveillée, ou presque. Aeryn regardait son environnement pour se retrouver dans un lit complètement étranger avec des vêtements d’hôpitaux. Voulant plaisanter, signe distinctif qu’elle allait mieux, elle ne savait pas comment il le prendrait, ma foi, autant décontracter l’atmosphère déjà bien morbide de l’endroit. Réflexion pour ses nouveaux vêtements, elle lui adressa un sourire complice.

« C’est toi qui m’a changée ? »
 
Aeryn n’était pas le genre à plaisanter allègrement, mais trouvait la situation trop étrange pour se taire ou bredouiller des excuses ou la moindre explication. Qu’avait-il à dire ? Reparler de l’incendie ne ferait que renforcer de mauvais souvenirs encore trop frais dont elle souhaitait chasser de son esprit et ne plus penser. Sa respiration était autonome, elle n’avait même plus besoin du masque qui lui avait été retiré. En revanche, elle remarqua avoir été branchée sur une perfusion, et comprit rapidement que sa sortie des lieux ne se ferait pas aussi vite qu’elle pourrait le penser. Quel jour était-on ? Oh non, la pleine lune ne pouvait pas déjà avoir lieu ce soir…
Un regard inquiet à Ezra, puis à nouveau à sa perfusion, prête à arracher ce qui l’empêchait de partir. Rester à l’hôpital pendant sa transformation ? Ce serait dévoiler sa nature aux yeux de tous, ce serait se faire haïr et détester pour ce qu’elle était devenue. Cette situation ne pouvait arriver, Aeryn s’y refusait.

« Est-ce que tu sais quand je pourrai sortir ? »

Tremblotante,  elle hésitait à lui parler de la situation. Dans le fond, si leurs corps se connaissaient par cœur, ce n’était pas le cas pour leurs esprits. Le souvenir récent de ce qu’elle avait cru voir un jour lui revint en mémoire. Elle l’avait craint pour cela, puis avait chassé cela de sa tête, pour mieux se souvenir encore. Mauvaise chose que de ne pas oublier ce qui dérange. Le visage blême et refermé, elle ne savait quoi faire, ni même si accorder sa confiance serait une bonne chose… tout dépendrait de ses réponses, tout dépendrait de ses réactions.
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MessageSujet: Re: We still surprised each other, whenever we are [Ezra]   Ven 17 Oct - 0:50

Le regard du norvégien bascule de l’objet à la patiente. Il peut attraper au vol le mouvement rotatif de ses paupières. Alerte, elle scande déjà son prénom, l’écrouant au pied de son lit, à son chevet jusqu’à nouvel ordre. Quel monstre serait-il pour s’éloigner maintenant ? Celui qui le contemple dans la glace tous les jours. Ses pas défont la distance à peine parcourue et il se place tout au bout de la structure métallique qui la soutient, se fige en attendant de savoir ce qu’il doit dire ou faire. Il n’aime pas être jugé par ces néons jaunâtres sur sa position peu enviable - l’amant mutique forcé de contempler les plaies d’une femme qu’il ne connait que par contact physique. Le naturel de leur intimité charnelle se heurte à ces échanges inconvenants, à cette inquiétude malvenue et à l’espace qu’il ne doit pas chercher à combler, qu’il ne peut pas combler avec des mots. Pas quand ces derniers n’ont jamais eu leur place entre eux. Ils incommodent l’infirmier au plus haut point. En dire un peu serait en dire trop. Il ne veut rien briser. Inconsciemment, il veut préserver leurs brillantes apparences. Mais peut-être que jouer un rôle a toujours une échéance finalement. Avec elle, il pouvait être à peu près n’importe qui et cette seule idée entretenait sans mal l’euphorie de leurs petits rendez-vous. Désormais, il n’y a plus que lui, Ezra, le scandinave à l’identité voilée. C’est toujours un jeu de masque au fond. Et il est épuisé tout aussi tétanisé à la perspective de les défaire ici-même. Oui, l’envie de quitter la pièce le tiraille mais déjà le sourire de la brune le rappelle. C’est étrange comme ce léger rictus semble déplacé dans ce cadre, comme il l’embarrasse finalement parce qu’il n’est pas autorisé à devenir autre chose que l’urgentiste.

Ses épaules se soulèvent et s’effondrent pour marquer son ignorance qu’il vient souligner d’un simple « Non. » Son sérieux tranche avec la douceur qui roule encore sur les traits tirés, abîmés de la grecque. Il appuie ses paumes sur la barre face à lui avant de reprendre.  « C’est l’équipe médicale qui s’en est chargée. » Techniquement, il n’a pas le droit de s’occuper de ça. Dans un cas de brûlures comme le sien, le textile colle à la peau et il n'a pas les qualifications pour procéder à l'extraction. Il se redresse, recule un peu avant de poser son regard à gauche, à droite sur le personnel qui va et vient entre les lits pour prodiguer des soins un peu partout. Des bips lancinants raisonnent de plusieurs moniteurs tandis qu’une plainte se fait entendre à intervalles quasi régulières. Cet endroit sent la mort. Autant qu’en soin palliatif. Aujourd’hui, ça remue son estomac. La question de la blessée le force à repositionner ses yeux sur elle. « Pas vraiment… Sûrement dans quelques jours. Ça dépend de ta guérison. » Il soupire et fait le tour du lit pour s’asseoir sur un tabouret près d’elle. « Tes blessures étaient plutôt graves. Apparemment, tes poumons s’en sont bien remis et de façon générale, tu as bien récupéré... » Ses prunelles traînent sur les pans de peau qu’il peut admirer. Il fronce les sourcils. Ça ressemble davantage à un miracle d'ailleurs. « Plus que bien même… » Mumure-t-il avant d’embrayer « Mais il faut te garder sous observation. » Il ne veut pas penser plus que ça pour le moment. Parce qu’il ne veut pas la connaître. Il veut s’arrêter à ce qu’il sait d’elle. Les informations fournies par l’hôpital et les circonstances sont déjà de trop. L’ancien peacekeeper glisse ses doigts sur son front moite en cherchant une quelconque phrase qui exprimerait ça sans la froisser. Ça ne semble pas exister. Pas dans cette dimension en tout cas.

A chaque fois qu’il surprend son menton remonter dans sa direction, il est affligé de la voir si fragile et d’avoir pourtant cette envie dévorante de la fuir, de ne pas la cueillir dans un moment de vulnérabilité, de ne pas devoir remplir une fonction qui n’est pas la sienne. « Je devrais y aller. » Rentrer. Douche. Dormir. Un programme parfait pour oublier ce qu’il s’est passé durant la nuit. L’idée de la laisser seule déclenche cette culpabilité qu’il renie en masse. Pourtant, c’est à cause de ça qu’il ajoute précipitamment « Si tu veux contacter quelqu’un, n’hésite pas à t’adresser à quelqu’un du personnel. » Non, il refuse d’apprendre l’existence d’un proche ou de qui que ce soit qui soit en lien avec elle. Il ne sait pas s’il est juste un salaud qui ne cherche rien d’autre que l’insouciance charnelle ou s’il est davantage effrayé par la perspective de sortir un peu plus mortifié de cette histoire. En tout cas, il ne veut pas s’attacher. Alors il se relève déjà, prêt à partir. « Normalement, tu as tout ce qu’il te faut. Il faut que tu dormes, le repos est essentiel dans le processus de guérison. Si tout se passe bien tu seras sortie d’ici deux, trois jours je suppose. » Ne sachant comment prendre congés, il opte pour un basique. « Je repasserai te voir. » Mais il sait que  c’est un mensonge. Il ne compte pas revenir. Tout ça est déjà trop hors de son contrôle. Il ne peut juste pas le tolérer. Pour leur bien commun, il va la laisser tranquille. Il vérifie la perfusion pour dépecer sa conscience de son manque d’implication avant de déclarer un solennel « Repose-toi. » Ses doigts effleurent juste le dos de sa main très prudemment. Un geste peu calculé qui achève son désir de mouvement. Il esquisse déjà quelques pas vers l’étrange couloir que tous ses rideaux tirés inventent. Elle est tirée d’affaire maintenant. Il n’a plus rien à faire ici.

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MessageSujet: Re: We still surprised each other, whenever we are [Ezra]   Ven 17 Oct - 3:27

D’un sérieux. Complètement hermétique. Aeryn n’avait pas l’habitude de le voir ainsi. Où s’était donc envolé son sourire ? Il semblait si … étranger, si distant, et froid. Pourtant, Aeryn le connaissait sous un autre angle, différent. Dans cet environnement hospitalier, même leur première rencontre avait eu cet aspect léger et frivole d’insouciance. Premiers regards, première complicité, tout était allée si vite. Des mots, juste de l’administratif et puis c’est tout, l’attirance mutuelle l’ayant emportée sur le reste. Cet Ezra de leur première rencontre, elle ne le retrouva pas à son réveil. Complètement hermétique, première fois qu’elle le trouvait aussi détaché, aussi distant. Etonnement sur son visage. Pourtant, la grecque ne s’attendait à rien à son réveil, sinon d’être en vie. L’heure n’était pas encore venue de rejoindre sa famille de l’autre côté. Pas encore. Pas envie. Aeryn avait décidé de vivre, avec cette douleur qui lui irradiait le cœur. Parce qu’il était tout à fait possible de faire avec ce vide que les défunts avaient créés en elle. Parce qu’il était possible d’accueillir d’autres personnes en qui tenir, en qui tout donner, tout offrir. Inconsciemment, quoi qu’elle en pense, même si la jeune femme fuyait le moindre rapprochement avec quiconque, se rapprocher d’autres personnes semblait inévitable. Chaque être humain avait ce besoin de trouver en l’autre une raison d’exister. D’être là, envers et contre tout.

Ce ton des plus sérieux et professionnels qu’il emploie. On dirait même qu’il est son médecin attitré, tant il se montre détaché de tout lien avec elle. Il lui annonça la suite des évènements, n’enchantant guère la jeune femme dont ses traits ne purent se montrer des plus inquiets. Désagréable, l’odeur d’antiseptique ne la motivait nullement à patienter quelques jours dans cet état qu’on vienne lui prélever un peu de sang quotidien, que l’on inspecte ses poumons pour vérifier leur état. Tout était pourtant en place, même le discret appareil pour l’aider à respirer, pour le cas où elle manquerait d’air. Immobilisée pour se reposer, reprendre des forces, se remettre. Aeryn se mit à paniquer, ne pouvant pas se permettre une nuit supplémentaire dans cet endroit. Et si la pleine lune avait été la nuit précédente ? Et si la chance ne lui avait pas souri, forçant la transformation dans l’hôpital, dans une chambre ? Démasquée devant tous, sous ses yeux. Devant les siens. Elle ne l’aurait pas supporté, d’être considérée comme un monstre par lui. Aeryn portait en elle le lourd secret de ce jour, dans cette rue, de cette souffrance qu’il avait de ne pas avoir d’autre choix que de se nourrir. Ne le jugeait nullement pour son acte, car elle n’avait pu se détacher de lui, et du côté mystérieux que leurs petits rendez-vous lui apportaient. Avec lui, elle oubliait tout, jusqu’à même qui elle était, pour passer un temps, intemporel en sa compagnie.

Rester ici n’était pas une option, ce n’était, tout simplement, pas envisageable. Ses traits inquiets redevinrent de marbre, prête à se détacher également pour éviter de se trahir. Déglutinant lentement, son esprit vagabondait, dans l’élaboration d’un plan pour s’enfuir d’ici au plus vite. La voix d’Ezra s’éleva de nouveau et elle écouta, toujours aussi silencieuse, acquiesçant de temps à autre pour assurer qu’elle avait écouté et comprit. Sous ce masque d’indifférence, sous cette apparence froide et distante, elle ne pouvait pas. Au vu de sa réaction, de sa gêne, Aeryn voyait bien qu’il n’était pas prêt à cette vérité. Et qu’elle n’était pas prête à la lui dire. Au fond, n’était-ce pas mieux de rester l’un pour l’autre des inconnus ? C’était au fond, le carburant brûlant de leur relation pour le moins atypique. Peu de mots, que des faits et gestes. Son regard se baissa lorsqu’il lui proposa d’appeler quelqu’un. Il n’y avait personne à appeler, juste elle. Même ça, il ne devait pas être au courant. Pour tout ce qui avait contribué à faire d’elle ce qu’elle était aujourd’hui.

Elle savait, avait compris dès le départ. Il ne repasserait pas la voir, pour quoi faire ? Pour dire quoi ? Dans cette ambiance macabre, parmi tous ces patients, ils n’allaient pas parler. Non, elle ne s’imaginait même pas avoir une conversation de ce genre. Même là. Ils n’avaient pas vraiment échangés. Du vocabulaire pour patient, des informations sur son état. Aeryn ne voulait pas le voir partir, et pourtant le souhaitait également, car le temps pressait. Son regard suivit les doigts masculins jusqu’à ce qu’ils effleurent sa main. D’un geste, elle la retourna d’un revers pour serrer cette main dans la sienne. Que la situation lui échappe, qu’ils en perdent le contrôle, elle s’en fiche, à cet instant. Son pouce dessina quelques formes sur ses phalanges en va et vient avant de rapprocher ses lèvres contre ses doigts. Murmura quelques mots avant de les libérer, éloignant sa main.

« Je suis vraiment désolée Ezra. »

Pour ce qu’il s’est passé et pour ce qui va arriver. Il ne comprendrait pas sur le moment, cela viendrait plus tard. Elle l’espérait le plus tard possible, pour ne pas revoir ce visage inquiet entrevu lors de l’accident. Pour ne plus jamais à le voir ainsi. Pourtant, s’il apprenait, ce serait inévitable. Alors elle s’excusait, pour le mal qu’elle pourrait encore lui faire subir. Son regard ne se détacha de la silhouette masculine qu’une fois parti, lorsqu’il ne fut plus dans son champ de vision. Même de dos, il restait élégant.

~~~


De longues heures qu’elle surveillait le va et vient constant des infirmières. Avec minutie, elle reportait de tout, de mémoire, pour pouvoir agir au moment le plus opportun, celui où il lui serait possible de fuir, et partir d’ici au plus vite, plus loin. Le temps lui manquait, et elle sentait, heure après heure la détresse de sa renarde que le milieu hospitalier effrayait. Ayant débranchée la perfusion de morphine depuis un bon moment, la jeune femme n’en ressentait plus les effets. Agir, vite. Sa première destination, le placard à vêtements, d’où elle pourrait changer de rôle. Profitant de la voie libre, elle s’y enferma, et ne tarda pas à enfiler par-dessus ses vêtements de malade la tunique des infirmières. En sortant, elle tenta de marcher le plus droitement possible pour que, l’air de rien elle passe pour un membre du corps médical et ne croise personne. Au pire, elle n’aurait qu’à dire qu’elle prenait sa pause clope pour prétexter sa sortie à l’extérieure de l’enceinte de l’hôpital. Dans l’ascenseur, elle évita le regard des visiteurs descendant en même temps qu’elle et fit en sorte de ne pas se faire remarquer, se fondant comme à son habitude, dans la masse. Finalement, ce ne fut pas des plus difficiles ! Et presque sans encombre, presque… toujours au dernier moment que quelqu’un va la héler pour lui demander ce qu’elle fait. Et Aeryn de prétexter prendre l’air. Puis filer rapidement, en un éclair, vers la forêt, la nuit tombant plutôt rapidement.

L’obscurité la protégea des regards de son accoutrement étrange. Aeryn ne se sentait pas des plus en forme à mesure que le temps passait. La distance à parcourir jusqu’à la forêt lui parut incroyablement longue et difficile. Abandonner n’était pas une option. Abandonner n’était nullement une possibilité, ou un choix. Trop effrayée à l’idée d’être démasquée comme monstre, elle marchait, même si ses formes l’abandonnaient, même si elle n’était pas prête pour sortir de cet hôpital. Ses poumons se portaient mieux, mais le souffle court qu’elle avait l’empêchait d’avoir la moindre endurance et de tenir une si longue distance d’une seule traite. Alors elle s’arrêtait, courtes pauses qu’elle haïssait, la ralentissant fortement. S’effondrer dans la rue n’était pas non plus une option, la prudence se jouait donc. Dans le pire des cas, un coin sombre ferait office de coin à transformation. Au pire.
C’est en lisière de forêt que l’animal reprit ses droits. Le chemin avait fait réfléchir Aeryn au point de se dire que sa fuite avait été des plus improvisées : pas de papiers, pas de clés pour rentrer. Tout avait été oublié sur sa table de nuit, alors que tout était bien préparé cependant. La nuit lui apporta cette guérison quasi complète qu’il lui manquait, l’animal cicatrisant bien plus aisément que l’humaine. Pour la première fois, Aeryn put dire qu’elle apprécia sa nature et chérit cet animal qu’il était parfois si difficile à accepter. Les situations extrêmes ont cette particularité d’apporter une toute autre dimension à ce qui lie. Pour Ezra, elle avait décidé de se battre ; pour elle, sa renarde l’avait guérie.

Aeryn ne manqua pas d’avoir encore quelques oublis de sa nuit passée. Comme toujours, il lui était difficile de fusionner son esprit avec celui de sa renarde pour se rappeler parfaitement de ce qu’elle avait vécu. Aussi rusées l’une que l’autre en matière de secret. Miraculeusement guérie, les brûlures n’étaient plus. Une peau quasi parfaite, d’où la cicatrisation avait été rapide. Comment retourner à l’hôpital de cet état ? Sa nature serait révélée au grand jour. De toute évidence, tôt ou tard, la case hôpital serait inévitable, Aeryn savait qu’elle n’y échapperait pas. Les autorités ne tarderaient pas non plus à se mettre à sa recherche, chose à laquelle elle n’avait pas pensé. En attendant, elle ne souhaitait que rentrer chez elle et se changer. Même sans clés, elle casserait un carreau si nécessaire. L’aube venait à peine de se lever qu’Aeryn marchait dans ces rues désertes jusque chez elle, en vêtements médicaux. Humides et sentant la Terre, les cheveux ébouriffés, la demoiselle se fichait bien de la tête qu’elle pouvait avoir, et ne remit même pas ces chaussures créatrices d'ampoules. Une catastrophe avait été évitée, cela suffisait amplement à la satisfaire.

A quelques mètres de son logement, elle l’aperçut, au loin. Sa silhouette ne permettait pas de se tromper sur la personne présente à son perron. Aeryn ne recula pas, ni ne stoppa sa marche. Poursuivant, elle alla à sa rencontre, s’arrêtant à deux mètres de lui. Le regarda. Ne dit rien. Qu’y avait-il à dire ? Pas un mot, pas un son ne fit mouvoir ses lèvres. Ses yeux ne pouvaient s’empêcher de le fixer avec cette même intensité ; celle qui signifiait beaucoup. A commencer d’abord, par s’excuser. A poursuivre ensuite par cette frayeur qu’il comprenne, qu’il fasse le lien, que l’évidence se crée entre sa guérison miraculeuse et sa fugue. Enfin, à cette joie de le voir, et de le remercier d’être là.  Il était ce quelqu’un à contacter. Son quelqu’un. Et il était venu. Quoiqu’il arrive, il serait venu.

Nul mot n’aurait été nécessaire pour qu’il soit là.


HJ : J'avais prévenu que ce serait un pavé
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MessageSujet: Re: We still surprised each other, whenever we are [Ezra]   Lun 20 Oct - 22:07

Le malaise le talonne quand il s'échappe des urgences de cette démarche raide et lasse à la fois. Mettre de la distance n'empêche pas ses pensées de s'accrocher à la bâtisse qu'il déserte. Les anonymes ont au moins la décence de délaisser ses songes d'ordinaire, là où Aeryn ne cesse de nourrir son anxiété. Dès qu'il met un pied dans son appartement, il cherche à oublier. La douche, le lit et enfin l'obscurité. Il dort d'un sommeil profond, abîmé néanmoins par une recherche d'énergie qu'il mène encore et encore, en puisant ses forces dans les rêves d'autrui. Son réveil brutal l'oblige à traîner encore quelques secondes dans ses draps, le temps de rassembler sa lucidité. La danse mécanique reprend ses droits et déjà, il est à nouveau sur le même trottoir que la veille pour gagner son lieu de travail. Son estomac se noue tandis qu'il retrouve les bureaux, les dossiers et cette envie de détour invalidée par sa raison. Il trébuche sur les replis émotionnels qui l’encombrent et finalement, il n’a pas besoin de gagner l’unité des soins intensifs pour apprendre ce qu’il est advenu de son amante. Un collègue l’interpelle très rapidement pour lui apprendre la disparition de la patiente cette nuit.  Disparue sans une parole, sans indice, évanouie dans la nature sans qu'aucun n'est compris la motivation. L’unité est en émois, agitée mais Ezra ne s’autorise pas la moindre émotion avant de sortir du complexe. Il demande froidement à quitter son affectation pour retrouver la brune en fuite, en prétextant être le plus apte à ce poste que la police déjà trop sollicitée, mettant en exergue son ancienne carrière de peacekeeper. Il obtient gain de cause très rapidement. L’hôpital ne veut pas risquer d’être attaquée en justice à cause d’une inattention. Le norvégien ne se fait pas prier pour partir immédiatement.

Dehors, il balance nerveusement ses pieds sur le sol martelant avec colère le potentiel chemin de cette fugue imprévue. Bien entendu, il ne comprend pas. Pourquoi avoir filé ? Pas pour lui au moins ? Ça ne peut pas être pour ça. Très rapidement les justifications, les explications manquantes ne l’intéressent plus. Seule la hargne domine, voilant la vraie sensation au derrière. L’angoisse. Il tourne en rond dans le quartier, interroge même des passants. Il se rend à l’évidence très vite de l'orientation à prendre et finit par emprunter les sentiers de l’inconnu. Son adresse, il la connait de mémoire. Il n’a jamais posé les yeux sur la façade de son immeuble et encore moins à son intérieur. Ça a quelque chose de terrifiant de briser définitivement la magie du mystère en y cheminant mais leurs petits jeux charnels lui semblent suffisamment futiles pour y renoncer avec conviction. Le scandinave atteint le logement de la renarde et s’acharne sur la sonnette, bloqué sur le trottoir. Sans nouvelles. Il se demande si elle aurait réussi à gagner cette partie de la ville dans son état. Peut-être que le malaise est survenu chez elle. Et si elle était allongée, les poumons ravagés et le regard éteint ? Il envisage sérieusement de fracturer l’entrée quand une silhouette émerge de l’horizon désert. Un long frisson lui déchire l’échine quand elle s’approche. Il contient absolument tout ce qui s’agite dans sa cage thoracique quand elle se poste devant lui avec un naturel frôlant l’absurdité. Il croit qu’il va réussir à maintenir cette apparence, qu’il va pouvoir la ramener au bon endroit avec la bonne attitude. Mais il se trompe.

Ses lèvres remuent et la rage s’éjecte d’elle-même, sans besoin extérieur pour s’épancher. « Je peux savoir où t’étais ? Qu’est-ce qui t’as pris ? Ce que tu fous ici ? » Il jauge son accoutrement et sa dégaine. « T’as été agressée ou quoi ? »  Ses doigts agrippent son bras brutalement. « T’aurais pu crever, t’as conscience de ça ? Tu réalises que tout le personnel t’a cherché cette nuit ? »  Plus il pose des mots dans leur atmosphère, plus son ton monte d’un cran. Son regard gagne en sévérité à son tour. Il la juge intégralement sans prendre le temps de la rationalité. Ce n'est pas un interrogatoire, c'est déjà une condamnation. « Mais tu pensais à quoi ? Ça t’amuse ou quoi ? Tu veux que je te rappelle dans quel état tu étais ? Tu sais que ta vie a vraiment été menacée ? T’as perdu la tête ? Tu voulais mourir ou quoi ? »  Ses ongles s’incrustent dans la peau de la jeune femme avant qu’il ne la relâche finalement. Toute sa colère se métamorphose en froideur. Si les sons pouvaient avoir un impact concret sur les êtres vivants, ceux-ci se planteraient dans la carcasse voisine, pics de glace perforant toutes les zones qu'il peut atteindre. « Ne réponds même pas .Je ne veux rien savoir, Aeryn. Je ne veux pas être mêlé à tes problèmes. Ça ne me concerne pas. »  Il refuse de revivre ça, il refuse qu’elle ait la moindre importance, la moindre emprise sur lui. Si leur légèreté ne peut plus subsister, il préfère ne plus la revoir. C’est ça, leur pacte. Venir ici la ramasser ne fait pas partie de son job d’infirmier et encore moins de ses attributions d’amant occasionnel. L’urgentiste se montre injuste et égoïste, camouflant son désarroi derrière cette facilité à l’attaque. D’un ton sans appel, rude, il articule « Je te ramène tout de suite. »  Sa main dérobe alors son poignet et le serre avec la même frénésie avant de lui faire entamer une marche forcée.  Après ça, il se jure de ne plus se retrouver dans cette position. Etrange comme sa considération pour la santé de la métamorphe le rend aussi apte à ne pas se soucier actuellement de son état. Il n’analyse pas ses constances, ne se demande même si elle réussira à marcher jusque-là. Il la traîne presque sans son accord. Déterminé à délaisser le malaise qui l’habite, résolu à ne pas faire d’elle un problème alors qu’elle avait toujours été une solution.

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MessageSujet: Re: We still surprised each other, whenever we are [Ezra]   Lun 20 Oct - 23:22

Humides et terreux. Deux adjectifs qualifiant parfaitement les vêtements que portaient Aeryn, mêlés aux gouttes de sang désormais séchées depuis fort longtemps. Devant un Ezra l’attendant, visiblement. Devant un homme dans une colère noire, enlaidissant le visage qu’elle avait pourtant toujours apprécié regarder. En cet instant précis, Aeryn ne voulait même pas croire que c’était son amant qui la toisait. Quand tombent les masques, rien de bon n’en sort, Aeryn le savait plutôt bien, c’est pourquoi elle se montrait étonnement indifférente et calme. Personne ne l’avait jamais attendu à son perron, personne, jusqu’à aujourd’hui, jusqu’à lui. Aeryn comprit également une chose, combien leurs petits jeux les avaient menés à un attachement certain qu’aucun n’aurait pu imaginer. Qu’allait-elle dont faire face à cela : fuir ? Comme toujours ? Rester et prendre un risque ? Elle ne savait pas, ne se posa même pas la question, car la colère se déferlant comme une tornade. Il avait toutes les raisons valables pour l’être mais il n’aurait pourtant jamais dû l’être. Les amants se s’attachent pas, les amants se fichent de la vie de l’un comme de l’autre, du moment qu’ils obtiennent satisfaction à un moment donné, à un endroit donné.
Aeryn l’écouta, indifférente à cette colère qu’il déferlait sur elle. Qu’aurait-elle pu répondre, à part bafouiller de ci de là ? Son amant ne lui laissait même pas le temps de répondre qu’un autre reproche, qu’une autre vague de colère tombait, plus meurtrière encore. Ressentir, c’était mourir, ressentir, c’était se rendre compte combien les émotions, les sentiments avaient pris les devants pour la morceler davantage. Il n’était pas bon de s’attacher à elle, la renarde en avait parfaitement conscience, c’est pourquoi elle le laissa, assimilant tout, se faisant force pour ne pas montrer la moindre parcelle de réaction. Hormis pour l’une où elle tiqua, où elle se sentit insultée qu’il pense ça d’elle. Qu’elle veuille se donner la mort. Ce fut blessant. Malgré tout son vécu, Aeryn s’était battue sans relâche contre la faucheuse. Que quiconque lui dise cela, c’était l’insulter.  

« Bah oui, tout à fait, pour ça que j’ai fugué. »

L’absurdité de ses propos, la colère qu’il animait là-dedans, quelle mouche le piquait ? Il ne voyait que ce qu’il voulait bien voir, la rangeant dans la case de la cinglée suicidaire. D’un ton froid et provoquant, Aeryn répondit cyniquement, son regard toujours aussi indifférent, ne prenait même pas la peine de chercher une réponse. Allons donc, il n’écoutait pas… L’urgentiste avait un sérieux problème dans le relationnel et ce n’était pas peu dire… Ben voyons comme si elle allait parler de ses problèmes… croyait-il vraiment qu’elle s’exprimerait devant un hystérique comme lui ?

Pourtant il alla beaucoup trop loin. Les mots étaient une chose, la violence physique une autre. Ce n’était pas de calme dont il avait besoin, mais d’un électrochoc pour le ramener à la réalité. La jeune femme ne réalisait pas combien il se montrait mauvais et méchant avec elle, encore trop surprise d’une réaction aussi hystérique. Injuste. Il était injuste. La goutte d’eau déborda du vase. Se faisant tirer comme une prisonnière échappée, Aeryn usa de son poids pour le retenir dans le sens contraire. Cherchant à la trainer, cherchant à la contraindre, ne lui donnant pas le choix. Sauf qu’il omettait une chose, de taille, que le borné qu’il était n’avait même pas remarqué. Sa transformation lui avait redonné force et cicatrisation. De misérables ongles dans sa chair n’allaient pas lui faire grand mal après le traumatisme vécu.

« NON ! »

Il devait entendre, il devait écouter. Il ne la ramènerait pas à l’hôpital. La grecque ne le laisserait pas la trainer comme une moins que rien. Pas comme ça. Ce n’était pas le gars qu’elle connaissait, c’était quelqu’un d’autre, qui la forçait contre sa volonté. Pour être certain qu’il écouterait, qu’il s’arrêterait, elle le frappa dans l’abdomen. N’étant qu’une femme, il devrait facilement s’en remettre. Le forçant une fois de plus à s’arrêter, elle tentait par tous les moyens d’obtenir satisfaction, et, le premier coup ne suffisant pas, elle poursuivit. Deux. Trois.
Trois putains de coups dans son abdomen pour avoir satisfaction.
Une fraction de seconde fut nécessaire pour qu’elle se détache de son emprise. S’écarte. Prête à fuir dans la direction opposée s’il cherchait à la ramener de force avant d’avoir compris que la tâche n’en serait pas si simple que cela.

« T’es complètement malade !  »

Première réaction avant de lui faire entendre raison. Et encore, elle ne l’avait pas giflé, ce qu’elle s’était retenue de faire. Pourquoi ? Pour l’estime qu’elle avait envers lui. Parce qu’il n’était pas le premier con rencontré, tout simplement. Tendant ses deux bras devant elle, les tournant de face, puis de revers, puis ensuite de face. Deux bras blancs, dont il ne restait que de légères cicatrices des brûlures de la veille. Une guérison rapide. Un rétablissement impossible pour le commun des mortels.

« Regarde. Regarde je te dis ! Regarde. »

Aeryn se serait passée de lui dire la vérité, mais, au fond, aurait pu le faire uniquement s’il n’était pas reparu, s’il n’était pas venu. Pourtant, il était là. Devant elle. Ses problèmes, il ne voulait pas les connaître. Tout seul, sans qu’elle ne le lui demande, il s’était impliqué dans les siens. La croyait-il immature au point d’agir pour se mettre en danger ? Entre l’animal dans un hôpital et une fuite, Aeryn avait décidé pour tout le monde, peu désireuse d’un réveil en cage. Un choix qu’elle assumait avec conscience, mais dont personne n’avait été mis au courant. Personne ne savait, exception pour la sorcière, cause de son état des choses. Autrement, personne. Y avait-il seulement des personnes comme elle ? La grecque n’en savait rien, et persuadée qu’Ezra n’avait jamais vu ce genre de guérison miraculeuse, le mettait au courant de ce fait. Sans explications, juste le pourquoi retourner à l’hôpital ne lui était actuellement pas possible. Sans une trace de brûlure, sans un hématome, sans un seul problème respiratoire, comment avait-elle pu en s’enfuyant se remettre aussi vite ? Les meilleurs médecins ne comprendraient pas, et se chargeraient ensuite de l’étudier, de l’examiner pour trouver une explication à ce mystère.

« Je ne peux pas y retourner. Je ne veux pas leur expliquer pourquoi. »

Ne pouvait pas, paniquée à l’idée qu’on la regarde comme un monstre. Qu’ils la voient comme une abomination, la rejettent, la méprisent, la haïssent. A l’idée qu’IL la considère comme tel. Sur ce dernier point, c’était maintenant trop tard. Son regard se détourna, refusant de croiser celui d’Ezra. Honteuse. Effrayée par sa réaction. Haïssant sa nature.
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MessageSujet: Re: We still surprised each other, whenever we are [Ezra]   Mar 28 Oct - 0:09

Quand il verse dans ses extrêmes, il trace des couloirs autour de sa position, il se donne une ligne de conduite, pour ne pas dévier vers le pire. Parce qu’il y en a toujours un à chaque situation. La ramener sans détour à l’endroit où elle recevra des soins plutôt que de continuer à lui éjecter le mépris à défaut de lui communiquer la peur, c'est sa solution. Les cloisons se calent presque autour de sa carrure. Regarder en arrière, c’est se faire écraser par ce qu’il n’arrive déjà plus à contrôler. Toujours la même motivation, toujours les mêmes arrêts, jamais les mêmes destinations pourtant. Elle s’insurge, il ignore. Elle frappe, il encaisse. Le premier coup lui fait serrer la mâchoire. Le second lui arrache un grognement. Le troisième coup l’oblige à plier, il la relâche, les doigts sur l’abdomen, le souffle court et les yeux rongés par la rage. Il la dévisage alors, saisit la palette d’émotions qui défigure la douceur de ses traits et recule lui-même de deux pas pour faire face à ce qu’il crée. Il peut l’entendre palper dans chacune de ses veines comme un cri de longue haleine qui trafique le flux sanguin. Le monstre s’agite, distance l’insolence. Le norvégien peut entrevoir son sourire de délectation quand la brune lui scande la vérité. Cette réalité s’impose, il se crispe sur son pan de trottoir. L’affrontement déchire ses prunelles, un millier d’explosion en mer. Il s’excuse par ce regard, il attaque encore aussi pourtant. D’une voix déjà instable, il ose néanmoins articuler avec mépris « C’est toi l’inconsciente ici. » Ses poings se contractent et se détendent à intervalles réguliers. Lutter, oui. Mais contre quoi ? Lui ? Elle ? Les circonstances ? Les non-dits ? Il n’a déjà plus envie de parler.

Alors qu’il jongle entre ses états d’âme, elle occupe le reste du terrain avec les faits.  Quand elle dévoile ses bras, le choc se fait brutal, il l’expulse plus loin encore. Il en a mal aux jointures de ses doigts. Ses phalanges le démangent. Cette violence le déroute. Il la voit déjà condamnée de la même manière que lui. Il ne l’imagine pas autrement. Encore l’ironique impuissance ? Il est lassé, usé. Détruit. Il ne veut rien savoir. Il ne veut rien voir. Il ferme les yeux, s’abandonne aux ténèbres dans toute son irrationalité avant de se souvenir. Le sang sur ses paumes, l’eau déliant le vermeil de son épiderme. Rouge criard comme sa bouche qu'il embrassait encore il y a quelques temps. Il relâche la pression, glisse une main sur son front moite avant d’être saisi par la mélancolie. Une métamorphe. Aeryn était une métamorphe. Il l’envie secrètement mais se contente d’un simple « Tu n’es pas pucée, je suppose ? » Le soulagement se glisse dans ses intonations qui ne l’accusent pourtant pas. Il ne s’attend pas à une réponse positive. Et il ne la jugerait pas pour ça. Quand il avait encore des ailes, lui non plus ne s’était pas fait enregistré comme tel. Hors de question de s’adonner à une cage. Sa seule entaille à ses grandes valeurs. La liberté, elle le valait bien à l’époque. Au milieu de ses songes, il s’entend à peine murmurer. « Ça explique le miracle… » Pas monstrueuse. Tout juste plus animale. Il avance de quelques pas et finit encore par se stopper à mi-chemin. Il n’aurait pas dû savoir ça. Il ne voulait pas savoir. Le portrait de son amante se construit, de seconde en seconde, dénaturant les premières esquisses que leurs ébats avaient tissées. Le mensonge, l’illusion. L’oubli.

Quand il fige ses yeux dans les siens, il sait que c’est terminé. Plus jamais ils ne pourront prétendre à l’inconnu, plus jamais ils ne pourront s’accoster, s’aguicher et se séduire avec le même entrain, la même candeur et la même audace. Plus rien ne sera jamais pareil. Elle a vu les failles, le revers de cet homme factice souriant et confiant. Il sait qu’elle n’est pas aussi forte qu’elle le laisse paraître. Ils ne doivent pas s’attacher. Il ne la laissera pas faire de toute façon. Avant d’en arriver aux adieux, il privilégie la voix de l’urgentiste. « Laisse-moi au moins t’ausculter une dernière fois. » Pour s’assurer que la guérison est terminée dans sa totalité. L’humain revient à la charge. « Et puis, je partirai. » Pour toujours. L’infirmier s’avance vers sa patiente en la détaillant. Une ligne se trace sur sa bouche quand il réalise son accoutrement ridicule et se rappelle son départ précipité qu’il n’a pas encore tout à fait justifié dans l’urgence. « Ils risquent de te retrouver grâce à ton adresse. Je ne crois pas que l’hôpital abandonne si facilement ta recherche. Ils sont en faute. S’il t’arrivait quelque chose, ils seraient les responsables, tu comprends ? Tu devrais signer une décharge normalement… » Le scandinave soupire, avise des passants au loin et revient poser son attention déviante sur sa comparse. « On ferait mieux de rentrer pour que je… Merde et tu n’as pas tes clés, je suppose ? » Il jure dans ses dents avant de faire dévaler ses deux paumes sur ses traits chiffonnés. Ces dernières vingt-quatre heures sont un espace temporel cauchemardesque. Son enfer personnel. Il ne manque que quelques éléments pour compléter le tableau. Éreinté, il finit par s’asseoir sur la marche de l’immeuble face auxquels ils se décomposent. « On fait quoi maintenant ? » Un léger rire ironique qui se fend dans l’air et puis, il se redresse déjà. « Réfléchis avant de t’enfuir la prochaine fois. » Il ne peut s’empêcher d’agir comme ça. C’est sa seule méthode. La seule qu’il connaisse pour protéger le peu d’apparence qu’il reste encore entre eux. Tout est gâché de toute manière, le voile en lambeaux, la nébuleuse transparence laisse place au massacre. Il n’y a plus rien à préserver. Oui, tout est terminé.

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MessageSujet: Re: We still surprised each other, whenever we are [Ezra]   Mar 28 Oct - 1:51

La vérité a éclaté, cinglante, criante, violente. Plutôt qu’un autre, Aeryn a préféré que ce soit lui qui sache, pas un autre. Qu’il sache n’est pas le problème. Qu’il la juge plutôt. Elle le déteste pourtant, à cet instant. Elle hait avoir eu à le frapper pour lui faire entendre raison. Elle ne supporte pas d’avoir dû se justifier. Pire encore, jamais elle n’aurait pensé devoir affronter ce regard de mépris, de colère, de hargne. Elle l’a découvert sous un trait qu’elle n’aurait pas imaginé. Elle l’a vu sous un autre jour, un autre ton. Dans ces faux-semblants auxquels ils ont joué durant tant de temps, Aeryn avait appris certaines choses, les avaient vues. Pourtant, rejeter cet amusement commun pour un incident n’avait jamais été au programme. Pourquoi un rien peut-il tout changer ? L’un comme l’autre n’avait voulu que cela arrive. Si Ezra n’avait pas été cet urgentiste qui l’avait prise en charge, il n’aurait jamais rien su, n’aurait jamais découvert. S’il ne s’était pas impliqué ainsi, leurs petits jeux insouciants se seraient poursuivis, comme ça. Comme ils auraient dû inlassablement se poursuivre.
Il sait, maintenant. A découvert la triste vérité. Si lui l’enviait, elle, avait encore du mal à se trouver, se chercher. Par sa question, elle comprit qu’elle n’était pas la seule ainsi. Si elle s’en doutait, d’une certaine manière, jamais elle n’avait eu la confirmation. Sur son visage se dessina l’étonnement, trahison de sa récente transformation, trahison de sa méconnaissance sur les métamorphes. Voulant rester le plus éloigné du gouvernement, refusant d’en entendre parler, elle n’avait jamais voulu savoir, comprendre, chercher. Le visage redevint neutre, dissimulant ses expressions.

« Devine »

Pucée, vraiment ? Aeryn fit la moue devant sa question. Parce qu’il fallait en plus s’enregistrer ? Aeryn ne serait jamais un animal en cage, jamais. Le laissant réaliser, digérer, s’en remettre, Aeryn tourna la tête sur le côté, ses pensées s’envolant. Les larmes perlaient à la surface, elle le retint farouchement, rendant ses yeux plus brillants. Son regard se baissa, semblant lorgner le sol. Le vide, le rien. Pour une poignée de secondes. Se déconnecter de la réalité, se dire que rien de tout cela n’est arrivé. Qu’il ne sait rien. Une fois encore, elle refusait. Voulait fuir et en même temps rester. Désirait courir, se cacher, disparaître. Ne plus exister. Ne tenir  à personne, ne tenir pour personne. N’être qu’un rien dans ce monde, n’être qu’une goutte de sel dans un océan. Se fondre parmi les autres, n’avoir aucune importance. Après tout, se trouver un autre amant ne serait pas chose difficile, n’est-ce pas ? Ce qu’elle se disait. Ce qu’elle voulait penser. Certaines petites habitudes sont pourtant agréable… pourquoi s’en priver, là, maintenant, pour un malheureux concours de circonstances ? Pourquoi ne pas… effacer l’ardoise et recommencer ? Faire semblant, comme ils l’ont toujours fait, jouer les inconnus à chaque nouveau rendez-vous, réparez ce voile déchiré pour reprendre leurs petits jeux, alimenté par le mystère. Pourquoi pas ? La jeune femme en serait capable, de réparer.
Pas s’il ne le voulait pas.

Toujours ce sérieux sur son visage. Toujours cette froideur. Ce n’était pas l’Ezra qu’elle connaissait, ce dernier savait la faire sourire. Son attention se reporte sur lui, sur ces mots dotés d’un professionnalisme hors pair. Leur première rencontre ne marquait pas autant de minutie quant aux soins. Quelque chose a changé et ce, depuis un moment. Ils ne l’ont juste pas vus arriver et cela leur tombe dessus comme l’effet d’une bombe entre les doigts. Lorsqu’elle explose, il n’en reste plus rien que des débris. Un moyen de faire peau neuve, non ?
Son masque se replaça sur son visage. Si joli, lui donnait cette impression que n’avait d’importance que ce que l’on voulait mettre en avant. Pour sa part, le choix avait été fait. Comme pour la fois où elle l’avait surpris, elle passa outre. Les évènements de la veille se référaient à un passé. Proche, certes, mais passé. Un léger sourire passa sur ses lèvres, son ton se fit plus léger, plus détendu. Sa renarde aidait beaucoup, naturellement. Agacée que l’humaine souffre, elle lui donna un coup de fouet pour se ressaisir.
N’avait d’importance que ce qu’elle voulait bien mettre en avant.

« Ah oui, tu vas partir, comme ça ? J’ai pris certaines petites habitudes pourtant quand je te vois … »

Leurs petits rendez-vous se terminaient toujours sur une note joyeuse. Toujours. Elle ne voulait pas qu’aujourd’hui soit une exception. Ou elle allait mal, très mal le prendre. Il le paierait au prochain rendez-vous le double ! Son côté animal ressortait étrangement, conséquence de la récente transformation. Aeryn s’attendait à une réaction des plus étonnées, voire dépitées de la part d’Ezra à cause de sa réaction. Cette discussion sérieuse entre eux, elle n’en voulait plus. Penser à autre chose, passer à un ton plus calme. Une pleine lune passée dehors pour se réveiller le lendemain matin, se faire engueuler comme du poisson pourri, et devoir répondre de ses devoirs envers l’hôpital ?
Merde aux responsabilités.
Merde aux emmerdes humaines
Merde à son accoutrement
Et merde au jugement d’autrui… quand Aeryn parviendrait à passer outre.

« Plus tard. La nuit a été longue »

Le ton fut neutre, mais ferme. Le moment était malvenu pour retourner voir les infirmiers et devoir s’expliquer. Et s’ils comprenaient ? Et s’ils voulaient la pucer ? Et s’ils… Aeryn ne put s’empêcher de pousser un grognement par inadvertance.
Les questions d’Ezra se poursuivirent, et elle ne put s’empêcher de lever les yeux au ciel avant darder ses prunelles dans les siennes, sourire aux lèvres.  

« Tu crois que j’ai eu le temps d’y penser ? »

Incroyable. Il était incroyable. Elle n’était nullement la Wonderwoman qui pensait à tout, jusqu’à même son doggybag après avoir réglé son compte au méchant ! Quand même. Comme réfléchir, non ça ne lui était pas venu à l’idée de prévenir, trop… paniquée à l’idée qu’on la découvre, qu’elle ne puisse s’enfuir et qu’on l’enferme dans une cage. Sa hantise. Perdre sa liberté et se retrouver muselée comme un vulgaire animal, saignée à blanc pour obéir.

« Tu es marrant toi. »

Décidément, incroyable. Le sourire restait sur ses lèvres, ni trop prononcé, ni trop invisible. Juste amusé. Un animal en fuite ne pensait qu’à sa porte de sortie, pas au reste. Animée par l’animal, la jeune femme avait filé sans demander son reste, ignorant son mal, se battant pour rejoindre la forêt et se savoir en sécurité. Le regardant, elle répondit à sa première question. Ce « On » signifiant clairement qu’il s’impliquait, encore et toujours.

« Je ne sais pas. » Et ce n’est pas grave
Aeryn le regarda un instant, gênée qu’il en fasse toujours plus, toujours autant. Comme si … au fond, il tenait à elle.
« Tu n’es pas obligé de t’occuper de moi… » Mais j’apprécie
Sa fierté refusait qu’elle termine sa phrase. Se trahir ? Jamais, Aeryn ne ferait plus deux fois la même erreur. Rien ne l’obligeait, rien ne le contraignait. Il était libre de partir, s’il voulait.

L'humaine réalisa certaines choses également. A l'heure actuelle, il lui semblait être plus spontanée, plus brute, plus féroce. Plus sauvage.
« J’ai faim » et soif. Et accessoirement envie de prendre une douche.
La décision se prit, intransigeante. L'appétit la démangeait et Aeryn ne cesserait qu'une fois rassasiée. Les clés attendraient. Toutes ces futilités humaines également. Forcer sa porte était une option envisageable, au cas où. Tous les moyens semblaient bons pour assouvir son appétit. Intransigeante sur la décision qui allait suivre. Nouveau sourire sur les lèvres.

« Si tu veux m’ausculter, tu vas devoir me suivre…  » Ce n’est pas comme si je te laissais le choix. Pis j’ai accessoirement besoin d’un porte-monnaie. Sinon, le vol à l’étalage, c’est un vieux truc, ça marche toujours bien. Au cas où.
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MessageSujet: Re: We still surprised each other, whenever we are [Ezra]   Mer 12 Nov - 22:26

La marée l’éjecte, toujours plus loin, la tête enfoncée dans le sable, les grains roulant dans son œsophage. Ces bras qu’il lui suffirait de tendre, sont désormais trop courts pour l’atteindre. Ils ne sont pas faits pour se découvrir, pour s’apprivoiser autrement que par la séduction. Au fond, il en a toujours été convaincu et cet épisode tout bonnement ridicule le confirme tacitement. Entre leur position, l’ignorance se voit par bribe, chassée. Elle les tenait jusqu’alors étroitement enlacés sous les draps. La vérité consume la pièce entière et si la métamorphe désire encore y séjourner pendant la combustion, Ezra a déjà bondi sur l’issue, la sortie. La poignée pourra très bien lui rougir la paume quand il quittera l’endroit – C’est un moindre mal. Le norvégien sent son impatience osciller entre l’infini et la non-tolérance. Parfois, il éprouve un peu de compassion, assez pour ne pas la planter aussi soudainement. Elle a l’air confuse, désorientée. Pourtant, il ne peut être sa boussole. Il n’a jamais indiqué le Nord à personne. Et il n’a même pas envie d’essayer avec elle. Elle doit conserver à l’abri des siens, ses ennuis. Cette relation égoïste n’a rien caché depuis le départ. Se retrouver seulement pour s’oublier. C’est le marché.  Deviner, anticiper, réfléchir. Non, il s’y refuse. Ses bras se croisent instinctivement sur sa poitrine. Maigre rempart pour absoudre les faits qu’il ne veut entendre. Manœuvre de recul quand son visage à elle s’ouvre sur lui. Son sourire se heurte à la dureté qui tord ses traits avec plus de rigueur encore quand elle ose proférer des propos exclus par les circonstances. Habitudes. Ce mot les distance déjà, elle ne le réalise pas. Elle n’a peut-être pas compris finalement. Ou peut-être qu’elle refuse de le voir. C’est terminé. Il répond à sa légèreté avec du plomb dans la voix. Intraitable acier forgeant chaque syllabe. « Je ne plaisante pas, Aeryn et ça ne m’amuse pas. » Finalement, elle repousse les conséquences, sa responsabilité. Elle devient complètement puérile.

C’est ça qui lui plaisait, rien de réellement sérieux dans leurs petits rendez-vous. Du jeu, des froissements, de l’abandon. Son écart de conduite, sa seule échappée désormais condamnée. Et elle invoque le plus tard. Mais plus tard, il ne sera déjà plus là. Le reproche s’aventure sur sa rétine mais ne dépasse pas les sons de la rue. Il en reste à sa désapprobation silencieuse. Les mots devraient rester absents, étrangers aux rapports qu’ils entretiennent. Il le comprend à mesure qu’elle articule. L’inquiétude du scandinave se démantèle juste assez pour qu’il ne puisse plus endurer cette conversation. Chaque rictus qu’elle appose lui balance l’ironie, trace la nonchalance et propulse la désinvolture vers des sommets. Futile de discuter avec elle,  de la raisonner. Têtue, fière et inconsciente. Le beau tableau s’est déjà décroché du mur, il semble perdre encore plus de couleur au sol. Impulsive, lunatique, instable. La liste s’allonge. Sa gêne soudaine longe son amusement intolérable. Avant il aimait déchiffrer, retranscrire les émotions qui filait sur ce visage, maintenant, il préfère la cécité à ce spectacle éloquent. Les défauts, les ratés et tout ce qui les oppose l’oblige à se positionner quand il s’offrait encore tous les choix. Après ses phrases auxquelles il ne prend même plus la peine de répondre, il s’écorche sur la dernière ligne et ne peut s’empêcher de ricaner face au culot de la brune.

Non. Il ne sait plus ce qu’il fiche là. Non. Il n’a pas envie de se souvenir du pourquoi. Les questions, elles sont loin derrière. C’est pourtant par l’une d’entre elles qu’il s’entend répondre « Tu crois quoi au juste ? Que je vais te suivre ? Te payer à manger maintenant parce que tu l’as décidé ? J’ai un boulot, moi. Tu penses que je suis libre de te courir après ? Tu crois franchement que j’ai que ça à faire ? » Quelqu’un passe à côté d’eux, les observe à moitié effrayé et intrigué. L’infirmier fait semblant de n’être là qu’avec elle, même si le reste du décor joue son rôle dans cet acte. Son ténor s’habille d’un peu plus de dureté et d’intransigeance quand il reprend. « En effet, on ne  se connait pas du tout et je n’ai pas à m’occuper de toi. Je ne sais pas pourquoi je suis venu ici, si ce n’est pour te voir te moquer ouvertement de mes recommandations. Si tu penses que tu peux aller te promener, alors vas-y. Je ne te retiens pas. » Ses épaules grimpent, retombent. Son corps abandonne lui aussi. Les souvenirs se replient. « Ce n’est plus mon problème. » Il recule déjà de quelques pas, suffisant pour entrevoir le fossé qui les divise concrètement. Un dernier regard vers elle, celui qui annonce la suite. L’adieu significatif. Il détourne les yeux, marmonne dans ses dents « Si tu veux récupérer tes affaires, tu n’as qu’à passer à l’hôpital. Je ne peux plus rien pour toi. Salut, amuse-toi bien surtout. »  avant de tourner les talons. Il ne se retourne pas une seule fois, ne jette à aucun moment ses yeux par-dessus son épaule. Il fonce. Il évite les flammes, la rancœur, se coltine juste assez de bon sens pour ne rien regretter. Le mal est fait. Il n’a jamais rêvé d’éternité. Et n’en a jamais réclamé. Il faut savoir briser les meilleures choses avant qu’elles ne se dégradent. Couper court avant que ça ne devienne un poids, une entrave. Une nouvelle cicatrice.

- Sujet Terminé -

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    Close your eyes, so many days go by. Easy to find what's wrong, harder to find what's right. I believe in you, I can show you that I can see right through all your empty lies. I won't stay long, in this world so wrong. Say goodbye, as we dance with the devil tonight. Don't you dare look at him in the eye, as we dance with the devil tonight. Trembling, crawling across my skin. Feeling your cold dead eyes, stealing the life of mine. ©endlesslove
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