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 « Le vétérinaire est un médecin qui ne vous soignera que si vous avez l'air bête. » [pv Faithy]

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MessageSujet: « Le vétérinaire est un médecin qui ne vous soignera que si vous avez l'air bête. » [pv Faithy]   Lun 15 Sep - 22:35




Cette douleur, persistante, empêchait Maarten de dormir depuis plusieurs jours. Au début, il l’avait mise sur le compte de ses transformations. Puis c’était son imagination qui avait été conduite sur le banc des accusés. Enfin, il s’était souvenu de sa chute, dans la mine. De la chute, mais aussi de la douleur qui s’était diffusée dans tout son corps, de la fracture de sa patte, de sa transformation forcée qui l’avait égaré et de l’illusion qui avait fini par se froisser comme un film plastique, collant à son être, s’entortillant autour de lui, se réduisant à une petite boule bonne à être jetée dans une poubelle pour éléments recyclables.  Et encore, uniquement s’il en trouvait une, Maarten n’était pas du genre patient pour ce genre de chose. Mais dans le cas présent, il n’était pas question d’illusions détruites, mais bien de cette douleur qui l’empêchait de dormir et qui accentuait un cran encore sa mauvaise humeur coutumière, si bien qu’on l’avait gentiment convié au laboratoire de prendre un jour de congé pour aller consulter un médecin, sans quoi il risquait l’arrêt de travail forcé par son chef qui ne supportait plus de voir tout le monde sursauter dès que le Néerlandais entrait dans une pièce pour utiliser un microscope ou une machine quelconque.

C’était pour cette raison que Maarten se retrouvait maintenant devant l’entrée du cabinet d’une vétérinaire qu’il avait déjà consultée une fois, pour un problème de puces selon ses souvenirs. S’il y avait quelque chose de plus humiliant que de demander conseil sur une lotion contre les puces ? Il ne savait pas vraiment, et en doutait même parfois. Et si ce n’était pas l’un de ses pires souvenirs – il en avait bien d’autres en réserve impliquant deux meurtres et une certaine Cate – il s’en approchait grandement. En réalité, d’ailleurs, Maarten aurait tout donné pour éviter de se retrouver à nouveau dans ce cabinet. Mais rien n’était pire pour un paranoïaque comme lui, et pour un Skinchanger, d’avoir à se présenter à un quelconque hôpital ou médecin généraliste où une simple prise de sang était nécessaire pour réduire sa vie – et sa tranquillité – à néant. Plus crever dans d’atroces souffrances que de mettre un seul pied dans l’univers aseptisé des hôpitaux, telle était la conviction de Maarten.

Assis dans la salle d’attente du cabinet, le Néerlandais se demandait cependant s’il ne devait pas préciser son interdit en remplaçant « hôpitaux » par « toute place ayant trait de près ou de loin à ce qu’on nomme médecine ». La multitude de chiens, chats, poissons et autres bestioles qui l’entouraient le mettait mal à l’aise, comme s’il se sentait mal pour ces crétins d’animaux auxquels il ne ressemblait pas le moins du monde. Parce que non, même s’il était à moitié chien maintenant, Maarten tenait fermement à continuer de se considérer comme pleinement humain. Le chien, ce n’était qu’un vague problème de fourrure ; un problème de fourrure qui lui donnait envie de grogner pour remettre ce caniche, là, à sa droite, à sa place et s’affirmer en tant qu’Alpha de la salle d’attente, certes, mais un simple problème de fourrure. Humiliant, oui, ce rendez vous l’était totalement. Humiliant, nécessaire et une prodigieuse perte de temps.

« Maarten Joen et… Doug ? » Le Néerlandais leva les yeux au ciel en entendant son prénom et son patronyme être aussi malmenés. Bon sang, c’était une belle idée qu’il avait eue, de choisir Maarten comme prénom lorsqu’il avait changé d’identité en arrivant sur ce continent ! Certes, conserver Doug Stijn aurait été pire, mais entendre à chaque fois le prénom de son père être massacré par l’élocution chaotique des américains… c’était exaspérant. Et pour une personne aussi impulsive que le biologiste, exaspérant signifiait une mauvaise humeur croissante. « Maarten Joen, b#rdel, c’est pas compliqué. Pas Martin, pas Martine, Maarten. Grommela-t-il entre ses dents, en se levant pour rejoindre la vétérinaire, au nom étrange elle aussi. D’ailleurs, il allait se faire un plaisir de l’écorcher, histoire de se venger. Puéril, lui ? Si peu… Non, en réalité, il ne l’était pas en temps normal, vraiment pas. Mais sa mauvaise humeur et cette douleur persistante à chaque fois qu’il souhaitait solliciter son épaule lui ôtait de l’esprit le peu de savoir-vivre qu’il avait réussi à sauver ces dernières années. « Bonjour Dr Ziegler, si on pouvait faire vite, ça m’arrangerait, j’ai pas que ça à faire. » Belle approche, Maarten, tu donnes envie de t’apprécier, tu sais ? Maarten fronça les sourcils devant ce que Cate lui aurait dit. S’il se montrait antipathique dès le début ? Et bien fichtre, il n’avait pas envie qu’on l’apprécie, il avait juste envie qu’on lui explique comment remettre en place l’épaule d’un chien, et qu’on en finisse. Ce n’était pas compliqué, non ?


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MessageSujet: Re: « Le vétérinaire est un médecin qui ne vous soignera que si vous avez l'air bête. » [pv Faithy]   Mer 17 Sep - 16:01




La journée de travail de Faith déroulait son cours tranquille, parsemé de chats à vacciner et de chiens boutonneux. Rien de bien compliqué pour l'instant, mais elle avait un nombre de rendez-vous assez important, et elle savait qu'elle finirait sa journée assez tard : par les temps qui couraient, des clients supplémentaires étaient une aubaine qu'elle ne pouvait pas se permettre de laisser filer...
Elle rangea le chèque de sa dernière cliente - une dame âgée accompagnée d'un Shi Tzu - et la raccompagna à la porte du cabinet. Elle lui proposa de l'aide pour descendre les marches qui menaient au rez-de-chaussée, mais la vieille femme refusa, ce qui, à vrai dire, arrangeait bien la vétérinaire : elle allait pouvoir en profiter pour s'accorder quelques instants de repos supplémentaires avant de faire entrer le client suivant...
Elle consulta son portable : pas de nouveau message. Donc pas de rendez-vous à caser en urgence dans un planning déjà serré. Parfait. Elle se rassit dans le fauteuil derrière son bureau, but quelques gorgées d'un café déjà presque froid qu'elle s'était préparé quelques clients plus tôt, puis consulta son planning pour savoir qui elle devait faire rentrer ensuite. L'inscription était laconique : Maarten Joen. Chien (Doug).
Elle se rappela du message que l'homme avait laissé. Aucune précision sur la raison de sa venue. Il avait juste insisté sur sa volonté d'avoir un rendez-vous au plus vite. Il ne semblait pas très aimable, mais lorsqu'elle avait rappelé pour lui proposer une heure, il l'avait acceptée sans discuter, ce qu'elle avait apprécié : lorsque des clients voulaient changer l'heure de leur rendez-vous, c'était un vrai casse-tête pour elle...
A vrai dire le nom lui disait quelque chose. L'homme était peut-être déjà venu au cabinet avec son chien, mais impossible pour elle de se rappeler de son visage. Elle se trompait peut-être, cela dit. En tout cas, ce n'était pas un client régulier.

** Eh bien, descends, tu en auras le coeur net ! **

Faith reposa donc son café, s'extirpa du confort de son fauteuil et descendit les escaliers qui menaient à la salle d'attente. En poussant la porte, elle laissa échapper un soupir : les clients s'entassaient... Visiblement, elle avait pris pas mal de retard... Espérant que personne ne ferait de remarque désobligeante, elle prit son ton le plus professionnel pour appeler :

- Maarten Joen et... Doug ?

Un homme assis au fond de la pièce se leva. Il était brun et semblait avoir une quarantaine d'années. A sa vue, Faith se souvint qu'effectivement, il était déjà venu au cabinet, sans son chien d'ailleurs, ce qui était assez inhabituel. Mais comme il voulait simplement la questionner sur les problèmes de puces de ce dernier, cela s'expliquait. Il avait posé des questions assez étranges, mais elle avait fini par lui conseiller une lotion générique pour ce genre de cas. Elle n'avait pas eu de nouvelles depuis, et espérait donc qu'il en était content.
En tout cas, il n'avait pas l'air heureux de sa présence ici. Il grommela carrément en se levant, ce qui rappela à la vétérinaire l'attitude de certains animaux lorsqu'elle les soulevait pour les poser sur sa table de travail avant de leur faire une piqûre. Décidément, les animaux et les hommes n'étaient pas si éloignés que ce que les seconds tentaient de s'imaginer...
D'un ton bourru, Maarten la salua :

- Bonjour Dr Ziegler, si on pouvait faire vite, ça m’arrangerait, j’ai pas que ça à faire.

Un client désagréable... Comme si cela l'amusait, elle, de prendre du retard... En général c'était pourtant plutôt signe de la compétence d'un médecin : bien sûr, elle aurait pû expédier les rendez-vous pour les enchaîner, mais dans ce cas, elle risquerait de passer à côté d'éléments essentiels, et le pauvre petit hamster ou chaton de mourir par sa négligence.
Elle était cependant habituée à ce genre de reproches, et c'est donc sur un ton professionnel qu'elle lui servit la phrase adaptée aux circonstances :

- Bonjour, Monsieur Joen. Nous ne nous attarderons pas, mais nous prendrons le temps nécessaire à l'examen de votre animal.

Machinalement, elle chercha du regard ce dernier... Mais ne le trouva pas. Aucun des animaux présents dans la pièce ne correspondait à la description d'un chien massif que Maarten lui avait faite lors du dernier rendez-vous. Cela dit, c'était la deuxième fois qu'il lui faisait le coup, et elle n'en fut pas si surprise. Mais elle n'aimait pas ce genre de comportement : si elle avait choisi ce métier, c'était pour être en contact avec les animaux, pas avec leurs propriétaires... Et puis, s'ils avaient des maladies qu'un oeil amateur était incapable de distinguer, elle pouvait, avec son expérience, le signaler... C'est pourquoi elle demanda à Maarten :

- Excusez-moi mais... Où est Doug ?

Voilà, qu'il prenne ses responsabilités. Un vétérinaire soignait en présentiel, pas par pigeon-voyageur-propriétaire-humain interposé...
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MessageSujet: Re: « Le vétérinaire est un médecin qui ne vous soignera que si vous avez l'air bête. » [pv Faithy]   Ven 19 Sep - 11:15




Maarten avait un peu l’impression de se faire conduire à l’abattoir, et même si le chien ne connaissait pas cette crainte contrairement à d’autres bovins et moutons, ça n’avait rien d’agréable. Et ça pouvait aussi expliquer sa mauvaise humeur – s’il fallait lui trouver des raisons et excuses pour l’être. D’un ton aussi courtois qu’aimable, il salua donc la vétérinaire et tenta de lui faire comprendre que plus vite cette fâcheuse affaire serait réglée, mieux il se porterait. Et elle aussi puisqu’elle n’aurait plus à le subir. Tout le monde pouvait être gagnant de cette manière, non ? Le ton professionnel qu’elle employa pour lui répondre lui hérissa le poil, et il eut presque envie de grogner pour lui faire comprendre qui était l’Alpha dans la pièce. Presque. Enfin un peu de savoir vivre qui ressortait, tout espoir n’était pas perdu pour le Néerlandais. - Bonjour, Monsieur Joen. Nous ne nous attarderons pas, mais nous prendrons le temps nécessaire à l'examen de votre animal. Maarten leva les yeux au ciel dans un soupir, tout sauf poli. Le savoir-vivre, il s’asseyait dessus, et confortablement. Il n’avait pas que ça à faire de traîner et même si elle ignorait qu’il venait pour lui-même ça n’ôtait en rien le sentiment douloureux de l’humiliation qu’il était en train de subir par le simple fait d’être dans cette pièce.

Posant sa veste en essayant d’épargner au maximum son épaule et son bras qu’il ne pouvait dans tous les cas pas utiliser sans qu’une douleur ne lui vrille les tempes et descende jusqu’aux abdominaux. Encore une fois, Maarten voulut se pendre face à tant de bêtise de sa part. Il ne manquait plus qu’elle s’aperçoive que c’était lui qui était blessé et non son chien – enfin, c’était en réalité les deux – et qu’elle fasse le lien avec ses étranges demandes, la nature des Skinchangers et qu’elle le dénonce aux autorités. Le Néerlandais s’imaginait déjà les questions qui allaient suivre. Pourquoi ne pas être allé voir un docteur ? Comment donc avait il jusque là gardé son secret caché ? Pourquoi était-il aussi stupide ? Dans le cas de cette dernière question, il avait beau chercher une réponse, aucune ne lui paraissait suffisante. - Excusez-moi mais... Où est Doug ? L’interrogation de la vétérinaire ramena Maarten à la réalité. Il arqua les sourcils, un instant dérouté. « Où est qui ? » avant de se souvenir que c’était ainsi qu’il avait nommé son chien. « Je l’ai laissé chez moi, il était de mauvaise humeur. » Ce qui n’était qu’à moitié un mensonge, puisque Maarten était loin d’avoir laissé sa mauvaise humeur au Treme. « De toute manière, je venais vous voir pour que vous m’expliquiez comment remettre une épaule en place, je crois qu’il s’est hum… Maarten avait beau bien parler anglais après dix-neuf ans, certains mots lui échappaient encore, comme celui là. Ecartant le terme néerlandais qui s’imposait à son esprit, il chercha à contourner le problème. « il s’est abimé l’épaule dans une mauvaise chute. » Bien. Voilà pour la première partie, il s’en était pour le moment tenu à la vérité. Il restait donc juste à enrober le tout d’un mensonge crédible pour justifier l’absence de l’animal. « Et comme il est assez imposant, je ne pouvais pas le porter jusqu’ici ni le forcer à trotter de lui-même, de peur que ça s’aggrave. » Voilà, c’était potable expliqué ainsi, non ? En plus, Maarten se fit la remarque que sur un malentendu, il pouvait même passer pour un maître réellement inquiet et aux petits soins pour son animal. Et sans vouloir être narcissique, il devait s’avouer que c’était presque le cas. Il avait beau refuser de l’accepter, il fêtait cette année les neuf ans de sa transformation, et le Saarloos était une part de lui-même. Et p#tain de b#rdel, cette épaule lui faisait un mal de chien – jeu de mot volontaire ? Maarten esquissa l’ombre d’un sourire – et il avait envie que ça cesse. Qu’il puisse la remettre bien en place pour que les tendons et les muscles se régénèrent, qu’il puisse à nouveau courir confortablement, qu’il cesse d’avoir mal tout simplement.

Posant une main sur sa veste pour faire comprendre à la vétérinaire que si ça la dérangeait de soigner un chien absent, lui n’était aucunement dérangé à l’idée de se barrer sans payer, Maarten rajouta en la fixant du regard avec une intensité lupine. « Si ça vous pose problème, dites le moi directement et j’irai voir un autre. » Un autre, qui ? Il ne le savait pas vraiment. Au pire, il pouvait toujours essayer de se remettre l’épaule tout seul comme un grand, ce n’était pas gênant. Il se régénérait, non ? Ca l’agaçait juste de devoir avoir encore plus mal et de jouer avec ses articulations, alors qu’il n’était pas docteur en anatomie, juste chercheur en génétique et biologie moléculaire.


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MessageSujet: Re: « Le vétérinaire est un médecin qui ne vous soignera que si vous avez l'air bête. » [pv Faithy]   Ven 19 Sep - 16:14




La réaction de Maarten à la question de Faith fut pour le moins surprenante :

- Où est qui ?

Mais quel propriétaire oubliait donc le nom de son chien ? Faith prit une tête atterrée. Décidément, on confiait les chiots à n'importe qui, de nos jours... Mais Maarten se reprit assez vite :

- Je l’ai laissé chez moi, il était de mauvaise humeur.

Décidément, Faith n'y comprenait plus rien. Maarten ne se souvenait qu'à moitié du nom de son animal, mais s'intéressait à ses émotions au point de se soumettre à ses caprices ? D'expérience, c'était plutôt un comportement de petite grand-mère face à son chihuahua, pas d'homme mûr et apparemment raisonnable... Elle soupira. Elle adorait les animaux, mais décidément, leurs propriétaires restaient de grands mystères pour elle...
Elle fut ramenée à un certain professionnalisme lorsque Maarten se mit à expliquer ce qui l'amenait :

- De toute manière, je venais vous voir pour que vous m’expliquiez comment remettre une épaule en place, je crois qu’il s’est hum… il s’est abimé l’épaule dans une mauvaise chute. Et comme il est assez imposant, je ne pouvais pas le porter jusqu’ici ni le forcer à trotter de lui-même, de peur que ça s’aggrave.

Faith hocha la tête. Effectivement, dans ces circonstances, elle pouvait comprendre que Maarten ait préféré laisser Doug chez lui, même si la situation allait être difficile à résoudre... Et effectivement, il confirma son inquiétude pour son animal en lui demandant d'un ton bourru, mais dans lequel la vétérinaire croyait reconnaître de l'angoisse :

- Si ça vous pose problème, dites le moi directement et j’irai voir un autre.

La situation allait être complexe à résoudre... Mais s'il y avait une solution, ce n'était pas dans la salle d'attente qu'ils allaient la trouver. Elle sentait déjà le regard des autres clients en train de l'interroger, de la juger, de la supplier de mettre à la porte cet olibrius qui lui faisait perdre son temps afin de réduire son retard et de pouvoir passer plus rapidement... Avant de faire le moindre commentaire, elle proposa donc à Maarten :

- Ecoutez, venez à l'étage, nous serons mieux dans mon cabinet pour discuter.

Sans attendre sa réponse, elle emprunta donc l'escalier qui menait à l'étage. Quand elle fut en haut, elle ne s'assit pas, et attendit simplement que Maarten la rejoigne pour continuer :

- Vous avez eu raison de ne pas déplacer Doug dans son état, mieux vaut ne pas prendre de risques, surtout que c'est un gros chien, non ?

Faith n'en était plus absolument sûre, mais elle croyait avoir retenu ce détail de son dernier rendez-vous avec Maarten. Bref, en tout cas, cela ne changeait rien au fait que Doug n'était pas là, et qu'elle ne pouvait pas le soigner à distance. Et la solution que son propriétaire proposait n'était pas envisageable : remettre en place l'épaule d'un animal nécessitait un savoir-faire qui s'acquérait par des études et qu'elle ne pouvait pas transmettre en un entretien de dix minutes... Maarten risquait de mal s'y prendre et d'aggraver la blessure de son chien... Et puis, la vétérinaire devait s'assurer de l'absence d'éventuelles complications... Elle expliqua donc :

- Mais si vous voulez que je le soigne, il faut absolument que je le voie. Vous risquez de faire pire que mieux si vous vous y prenez seul.

Elle exposa ensuite la solution qui lui semblait la plus appropriée :

- Pour les urgences de ce type, je consulte aussi à domicile, en soirée. Donnez-moi simplement votre adresse et je pourrais passer ce soir. Il me reste encore six ou sept clients avant que ma journée ne se termine, ça fait que je serai libre dans deux heures à peu près. Ca vous irait ?

Elle ajouta promptement, sachant que ce point bloquait souvent un certain nombre de propriétaires à accepter des visites à domicile :

- Ca ne vous coûtera pas plus cher qu'une consultation en cabinet.

A vrai dire, si, c'était censé coûter plus cher, parce qu'elle se déplaçait et que cela représentait pour elle des heures supplémentaires. Mais elle savait que c'était la seule solution dans certains cas pour aider des animaux en détresse, et elle était prête à faire des efforts de son côté pour qu'ils soient soignés. Ce n'était pas une fleur envers les propriétaires : ce n'était pas pour eux qu'elle faisait cela, mais pour leurs animaux. Dans le cas présent, c'était particulièrement vrai : Maarten ne lui inspirait aucune sympathie, mais le cas du mystérieux Doug l'intriguait, tout comme le fait que son propriétaire ne l'avait jamais amené au cabinet. Avait-il quelque chose à cacher ? Le maltraitait-il ? Raison de plus de se déplacer : si cela lui permettait de mettre fin au calvaire d'un chien battu, elle était prête à le faire...
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MessageSujet: Re: « Le vétérinaire est un médecin qui ne vous soignera que si vous avez l'air bête. » [pv Faithy]   Ven 26 Sep - 19:30




Avant Maarten n’était pas particulièrement asocial. Avant quoi ? Avant les Etats-Unis. Il ne l’était devenu qu’avec le temps, trouvant là une façon comme une autre de se protéger un maximum du reste du monde et de la douleur que provoquait à un moment ou à un autre la désillusion et la séparation. Il avait cru pendant un temps qu’avec Cate ça allait être différent mais il n’en avait rien été. Et son asociabilité n’avait été que croissante depuis la migration vers la Nouvelle-Orléans. Et le Néerlandais ne voyait absolument pas pourquoi il devrait changer cet état de fait, se complaisant dans son antipathie et son agressivité canine. La seule chose qui pouvait sortir l’ours de sa caverne était bien la douleur et sa peur profonde de la lumière. Qu’on s’intéresse un peu trop à lui, qu’on se pose des questions. La mise en lumière de ce qu’il était depuis bientôt dix ans et qu’il refusait de regarder réellement dans les yeux. C’était d’ailleurs pour cette unique raison qu’il était là. Et c’était d’ailleurs pour cette unique raison qu’il s’appliqua à ficeler un mensonge plus ou moins convainquant pour expliquer à la vétérinaire que s’il était là sans son chien, ça ne devait en aucun cas poser problème et qu’il comptait bien ressortir du cabinet en sachant comment gérer cette épaule démise qui commençait à vraiment le fatiguer. En la voyant hocher la tête, Maarten crut un instant ne pas subir plus de questions. Pendant une fraction de secondes, il s’étonna de voir la vétérinaire accepter aussi facilement de soigner un animal absent en faisant suffisamment confiance au maître pour retenir puis appliquer les gestes à faire. Et pendant une expiration, Maarten se demanda si ses derniers mots étaient nécessaires. La réponse de Ziegler le prit au dépourvu. - Ecoutez, venez à l'étage, nous serons mieux dans mon cabinet pour discuter. Le Saarloos fronça les sourcils, en considérant la salle d’attente qui s’étendait à côté d’eux. Dans sa précipitation, il avait omis cette étape obligatoire du cabinet, espérant en finir au plus vite avec la simple formalité qu’était supposé être ce rendez-vous. Dans un grognement agacé, il la suivit à l’étage, étouffant le sentiment angoissant de captivité que lui imposa d’office l’escalier.

- Vous avez eu raison de ne pas déplacer Doug dans son état, mieux vaut ne pas prendre de risques, surtout que c'est un gros chien, non ? Maarten lâcha un soupir de soulagement, en grommelant sans prendre davantage que cela la peine d’articuler dans son ton bourru et teinté d’accent néerlandais : « Gros, gros, n’allez pas trop loin dans vos suppositions tout de même. » Après tout, même s’il avait une carrure assez massive, Maarten considérait qu’il était loin d’être plaçable dans la catégorie des gros, surtout vu sa musculature et le peu de graisse laissé par l’animal et ses joggings quotidiens. Et même si Doug n’était qu’à moitié un être immatériel créé de toute pièce, il n’en restait pas moins sa personnalité canine, en quelque sorte, et donc une part de lui-même. Et Maarten ne pouvait s’empêcher de se sentir concerné par la remarque de Ziegler. Il concéda toutefois après une pause : « C’est un Saarloos, donc faut compter en gros une cinquantaine de kilos il me semble. Inutile de partir directement dans des considérations d’obésité non plus… » Maarten s’interrompit, s’apercevant un peu tard qu’il allait certainement paraître étrange aux yeux de Faith qu’il se soucie à ce point de défendre son chien. Dans un silence gêné, Maarten chercha une chaise où poser sa veste, évitant de solliciter un peu trop son bras, histoire de sauver encore les apparences.

- Mais si vous voulez que je le soigne, il faut absolument que je le voie. Vous risquez de faire pire que mieux si vous vous y prenez seul. La remarque de la Vétérinaire – remarque à laquelle il ne s’attendait plus – le prit au dépourvu, et avec cette vigilance canine, il se tourna brusquement vers elle. « Comment ? Et qu’est ce que vous proposez alors ? » manqua-t-il de cracher et se contenta-t-il de demander brusquement. - Pour les urgences de ce type, je consulte aussi à domicile, en soirée. Donnez-moi simplement votre adresse et je pourrais passer ce soir. Il me reste encore six ou sept clients avant que ma journée ne se termine, ça fait que je serai libre dans deux heures à peu près. Ca vous irait ? Instantanément, Maarten se raidit. Visite à domicile, mais elle était sérieuse là ? Pour qui se prenait-elle, cette voyeuse de pimbêche ? Pour une sauveuse qui allait s’immiscer dans sa vie privée pour soigner un chien qui n’existait même pas ? Maarten se contraignit au calme, se retenant de justesse de grogner. - Ca ne vous coûtera pas plus cher qu'une consultation en cabinet. Parce qu’en plus d’être un chihuahua exténuant qui voulait s’introduire chez lui, elle le prenait pour un radin sans le sou ? Certes, Maarten n’avait pas un salaire de diva et allait justement rétorquer que si ça coûtait plus cher, il allait se contenter de trouver un autre vétérinaire, mais ce n’était pas une excuse.

Le Saarloos soupira en serrant les dents. Comment dire les choses sans s’énerver, sans trop en dire et surtout sans qu’elle refuse de lui expliquer comment remettre cette foutue épaule qui refusait de se remettre en place d’elle-même comme toute épaule de bonne famille l’aurait fait depuis longtemps ? Question insoluble, question qui demandait de la patience, question qui pouvait aller se faire voir chez les grecs avec cette patience que Maarten ne possédait pas et n’avait – Fenrir merci – jamais possédée de toute sa vie. Le Néerlandais inspira pour garder son calme et éviter d’hurler. « Non, ça ne m’ira pas. Parce que soit vous me dites maintenant comment on fait, soit je me casse et je vais voir un autre vétérinaire ou je me débrouille pour remettre cette épaule dans le rang sans prendre de précaution. Et pas question que vous vous invitiez chez moi. » Et après ce brillant coup d’éclat, Maarten, qu’est ce que tu comptes faire pour justifier cette argumentation sans faille quant au pourquoi de ton refus ? Le Néerlandais chercha rapidement un mensonge plausible, venant de se mettre dans une m#rde noire. Ca allait lui apprendre à laisser l’exaspération prendre le pas sur la réflexion. Conscient qu’il n’avait aucun intérêt à laisser son silence s’éterniser plus d’une poignée de secondes, Maarten lâcha finalement un très peu convainquant « Je préfère éviter les visites à domicile, Doug n’aime pas vraiment rencontrer de nouvelles personnes et encore moins des personnes qui vont vouloir le tripatouiller et manipuler ses articulations » Tant pis pour le mensonge, pour une fois c’était presque la vérité. A la simple idée de sentir des mains se poser sur son dos et sa clavicule, frôler sa peau et agripper ses os pour les réimbriquer, Maarten se sentit frissonner d’appréhension. C’était une fichue mauvaise idée de venir, il aurait mieux fait de se débrouiller seul. Comme d’habitude.


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MessageSujet: Re: « Le vétérinaire est un médecin qui ne vous soignera que si vous avez l'air bête. » [pv Faithy]   Mer 1 Oct - 14:23




Encore une fois, en l'entendant parler, Maarten fit preuve d'une susceptibilité étonnante en ce qui concernait son chien, puisqu'il s'offusqua en disant :

- Gros, gros, n’allez pas trop loin dans vos suppositions tout de même. C’est un Saarloos, donc faut compter en gros une cinquantaine de kilos il me semble. Inutile de partir directement dans des considérations d’obésité non plus…

Faith le regarda d'un air étonné. "Gros" était le terme générique pour désigner un animal de grande taille, sans considération de poids. Etonnant que Maarten monte au créneau pour un tel terme, qu'elle avait voulu purement technique. Elle avait déjà remarqué que l'homme avait un accent, même si elle ne pouvait identifier son origine géographique : peut-être ne maîtrisait-il pas bien toutes les subtilités de la langue anglaise ? En tout cas, elle ne releva pas, ne voulant pas partir dans une polémique sans issue qui n'aiderait en aucun cas Doug, et ne ferait rien pour mieux disposer son propriétaire à son égard. Il écouta sa proposition d'effectuer une consultation à domicile avec un air renfrogné, pour ne pas dire carrément méfiant, et, lorsqu'elle eut terminé de parler, c'est sur un ton hostile qu'il lui répliqua sur le champ :

- Non, ça ne m’ira pas. Parce que soit vous me dites maintenant comment on fait, soit je me casse et je vais voir un autre vétérinaire ou je me débrouille pour remettre cette épaule dans le rang sans prendre de précaution. Et pas question que vous vous invitiez chez moi.

Faith ouvrit grand les yeux, choquée de tant de grossièreté. Ne comprenait-elle pas qu'elle ne voulait qu'aider son animal, et rien d'autre ? Loin d'elle l'idée de "s'inviter" chez un homme aussi désagréable ! Estomaquée, elle ne trouva rien à répondre avant que Maarten ne reprenne la parole :

- Je préfère éviter les visites à domicile, Doug n’aime pas vraiment rencontrer de nouvelles personnes et encore moins des personnes qui vont vouloir le tripatouiller et manipuler ses articulations.

Il s'exprimait sur un ton plus posé, comme s'il s'en voulait de son éclat initial. Décidément, Faith ne parvenait pas à le cerner. Il oscillait entre deux positions curieuses, d'une part une surprotection de son chien, et de l'autre, le refus catégorique qu'elle l'approche. Comme s'il avait peur de ce qu'elle pourrait lui faire quand elle serait en face de lui. Cette crainte était ridicule : jamais Faith n'aurait fait le moindre mal à un animal. Et pourtant, elle la rencontrait souvent dans son métier : parfois, au moment où elle devait faire une piqûre sans gravité à un chihuahua, la grand-mère qui l'avait apporté au cabinet se cramponait à lui comme à sa propre chair, comme si c'était elle qui allait subir l'opération, fusionnelle avec son animal... Mais cette réaction n'était pas courante chez les hommes de l'âge de Maarten... Et elle n'avait jamais vu un tel degré d'identification d'un maître à son chien. Il y avait quelque chose de louche, la vétérinaire le sentait, mais elle n'aurait pu dire exactement de quoi il s'agissait...
En tout cas, elle ne pouvait pas laisser passer les premiers propos de Maarten. Ils étaient bien trop insultants pour elle, et pour l'ensemble de sa profession. Elle s'efforça de ne pas s'énerver lorsqu'elle lui annonça sur un ton sec :

- Partez si vous voulez. Mais sachez que tous les vétérinaires dignes de ce nom réagiront comme moi. Après, si vous souhaitez prendre le risque de soigner Doug d'après les instructions de Doctissimo, c'est votre problème. S'il perd définitivement l'usage de sa patte blessée, et que plus personne ne peut rien faire pour lui quand vous vous déciderez enfin à laisser un médecin l'approcher, vous n'aurez qu'à vous en prendre à vous-même.

Elle n'avait pas l'intention de menacer Maarten, ni de le chasser du cabinet. Elle ne perdait pas de vue que son objectif final était de l'amener à accepter de la laisser voir Doug, et elle se rendait compte que ses propos effrayants risquaient de le braquer. Elle ajouta donc d'une manière toujours ferme, mais en tentant de s'adoucir :

- Et ne laissez pas votre chien faire la loi, surtout quand sa santé est en jeu... Je veux bien concevoir qu'il soit nerveux auprès de personnes nouvelles, cela arrive souvent chez cette race, mais c'est vous le maître, pas lui. Et rassurez-vous, je n'ai pas seulement étudié l'anatomie des animaux, mais aussi leur comportement. Je connais les gestes qu'il faut faire pour les calmer : il ne devrait donc y avoir aucun problème, surtout si vous êtes présent. La présence du maître apaise les chiens dans les situations nouvelles, et j'imagine que ça doit être le cas entre vous deux, car j'imagine que vous êtes assez fusionnels, non ?

Par cette conclusion, Faith essayait de ramener Maarten à des considérations positives. Comme lorsqu'elle brossait les animaux dans le sens du poil pour qu'ils se détendent. L'étude du comportement des mammifères produisait des fruits applicables à tous, y compris à l'homme, la vétérinaire l'avait compris depuis longtemps... Et même si c'était une science moins exacte qu'avec les animaux, cela marchait régulièrement. Malgré la perplexité dans laquelle la plongeait son comportement, elle se força donc à sourire à Maarten de manière apaisante, espérant ainsi lui inspirer de la confiance...
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MessageSujet: Re: « Le vétérinaire est un médecin qui ne vous soignera que si vous avez l'air bête. » [pv Faithy]   Sam 11 Oct - 18:33




L’air étonné de la vétérinaire confirma ce que le chien hurlait depuis une demi-heure : à continuer ainsi à suivre son impulsivité et non sa raison – bien rangée au placard – le secret du Néerlandais allait exploser dans les minutes à venir. Mais il ne pouvait pas non plus la laisser le traiter de gros sans réagir, non plus ! Et qu’il soit susceptible n’était qu’un défaut de plus à comptabiliser, il n’en était plus à un près après tout. De toute manière, Maarten n’avait jamais été doué pour jouer un rôle quel qu’il soit. Cela demandait bien trop de patience, une patience qu’il ne possédait guère. Et ses mots, ses justifications bancales, l’argumentation qu’il opposa à l’offre que lui fit la vétérinaire d’une visite à domicile,… plus rien n’était convainquant à présent. S’il devait avoir eu un soupçon de crédibilité en entrant dans la pièce, il était clair pour lui que Faith allait vite découvrir le pot aux roses, qu’elle allait rapidement comprendre que lui et Doug ne faisaient qu’un. Vraiment. Et que si on pouvait dire d’une grand-mère et de son petit caniche qu’ils avaient une relation fusionnelle, ce n’était rien comparé à ce qui le reliait à Doug. Pour le meilleur et pour le pire, Doug n’était rien d’autre que ce qu’il avait de plus bestial en lui, transformé, réveillé, endurci par de la sorcellerie.

Un soupir, une inspiration, un autre soupir, il laissa le chien observer les réactions du Dr Ziegler. Impressionnant de voir à quel point tout était lisible sur son visage, tout était… transparent. Des yeux étonnés, des yeux offusqués, des yeux effarés, elle n’avait pas toutes les clés en main pour comprendre ce que pouvait tenter de dire le Néerlandais, c’était normal qu’elle ne comprenne rien. Et ça n’arrangeait en rien le stress grandissant de Maarten qui se sentait de plus en plus pris au piège et mis en case. Et malgré le ton posé qu’il s’évertuait à conserver, il fulminait. S’inquiétait. S’énervait. Comme un animal hébété par la douleur, toute porte de sortie bloquée ou mise hors de portée. Le Saarloos appréhendait de plus en plus être manipulé par une tierce personne, être touché, ses os être remis en place. Il devait partir, maintenant. Il devait sortir de ce piège, il devait s’évader de cette cage, il… - Partez si vous voulez. Mais sachez que tous les vétérinaires dignes de ce nom réagiront comme moi. Après, si vous souhaitez prendre le risque de soigner Doug d'après les instructions de Doctissimo, c'est votre problème. S'il perd définitivement l'usage de sa patte blessée, et que plus personne ne peut rien faire pour lui quand vous vous déciderez enfin à laisser un médecin l'approcher, vous n'aurez qu'à vous en prendre à vous-même. Maarten s’immobilisa, main toujours tendue vers sa veste posée lorsqu’il était entré, prêt à partir, prêt à rester, sans savoir ce qu’il convenait de faire. « Vous êtes sûre de vous ? » Etait-elle réellement sérieuse, là ? S’il perd définitivement l’usage de sa patte blessée… Ce n’était pas une menace, il pouvait clairement sentir que Ziegler n’en avait pas l’intention, mais il ne pouvait s’empêcher de le prendre comme tel. S’il pouvait réellement perdre l’usage de sa patte, de son bras, malgré ses capacités de guérison dont il n’avait pas encore atteint les limites ? Il n’en doutait pas un seul instant. Sa nature, même s’il n’était plus humain depuis près d’une décennie, il n’y comprenait toujours rien. Il n’avait pas cherché à comprendre, il n’avait pas voulu y songer. C’était tellement plus facile d’esquiver les problèmes en les fuyant, en les niant. En les écartant pour ne plus y penser. Maarten était lâche, et il commençait à se demander si ça n’allait pas lui coûter son bras, à présent. Et ça… il refusait d’y songer. Il refusait même de l’envisager. Sans trop savoir ce qu’il convenait de faire pour éviter que ça arrive. Prenant sa veste, Maarten se mordilla la lèvre. Sursautant lorsqu’elle reprit : - Et ne laissez pas votre chien faire la loi, surtout quand sa santé est en jeu... Je veux bien concevoir qu'il soit nerveux auprès de personnes nouvelles, cela arrive souvent chez cette race, mais c'est vous le maître, pas lui. Et rassurez-vous, je n'ai pas seulement étudié l'anatomie des animaux, mais aussi leur comportement. Je connais les gestes qu'il faut faire pour les calmer : il ne devrait donc y avoir aucun problème, surtout si vous êtes présent. La présence du maître apaise les chiens dans les situations nouvelles, et j'imagine que ça doit être le cas entre vous deux, car j'imagine que vous êtes assez fusionnels, non ? Vous êtes assez fusionnels Un tremblement, une accélération de sa respiration. Maarten s’étouffa en avalant sa salive de travers. Dans une quinte de toux, il cracha dans sa langue maternelle, la première qui lui vint à l’esprit. « Pardon ? Non, ce n’est pas ce que vous croyez… » Simple réflexe de défense. Celui qu’il maîtrisait presque aussi bien que la fuite. Le mensonge, la dénégation, c’était une manière comme une autre de se défendre et de s’éloigner de la réalité. Continuer de se protéger, continuer de protéger son secret, continuer de protéger son indépendance. Et le sourire rassurant qu’elle lui fit ne l’aidait en rien. Panique, terreur, la douleur dans son bras et cette crainte d’être découvert les enflaient à chaque seconde un peu plus. Il commençait déjà à sentir le tout l’empêcher de respirer. Levant les mains, il recula vers la porte. Comme un animal pris au piège. Comme un fugitif retrouvé par la police. « Laissez moi, je vais m’en occuper, je sais m’occuper de mon chien, c’était une erreur de venir. » Une grossièrement erreur. Plus que cela, même. Maintenant, il devait partir, et vite. Se faire oublier, faire en sorte que la vétérinaire oublie son visage, et qu’elle ne s’aperçoive surtout pas qu’en reprenant sa veste, l’un de ses livres sur l’anatomie du chien avait mystérieusement disparu entre les plis du vêtement. As de vol à la tire, Maarten n’avait pas fait ça depuis plusieurs années. Mais ses doigts n’avaient rien oublié. Son bras en revanche… son épaule démise flancha définitivement lorsqu’il voulut tourner la poignée. Veste, livre, bras lui échappèrent dans une flopée de jurons néerlandais et un hurlement étouffé sous la traction exercée par l’ensemble de conséquences de ses mouvements échoués. « P#tain de b#rdel de m#rde… » La douleur, il la supportait depuis bien trop longtemps à présent. Et comme dit et redit, pensé et repensé, Maarten était loin d’être un homme patient. Donnant un coup de pied dans le livre, la veste et tout ce qui se trouvait sur son chemin, il grommela un vague « Bon, ça suffit. » avant d’ôter sa chemise de son bras valide, arrachant quelques boutons sans la moindre précaution. « Réparez moi ça tout de suite qu’on en finisse. » Violacée, jaunâtre, bleuâtre, son épaule clamait par un arc en ciel de couleur qu’elle n’allait pas bien, loin de là. Prenant son inspiration, il la fixa en s’asseyant sur la table destinée à recevoir des animaux – et certainement pas de son poids vu son léger couinement – avant d’articuler, dents serrées : « J’ai fait une lourde chute, d’un étage, pas de question s’il vous plait. Il n’est pas question que j’aille à l’hôpital, pas question que cela sorte du cadre du… secret professionnel. J’ai menti pour Doug, il n’a jamais fait de chute. Je me suis juste dis que l’anatomie d’un chien, celle d’un homme,… il ne devait pas y avoir beaucoup de différence, et que si vous m’expliquiez suffisamment bien… Mais bon, puisque vous refusez, faites le maintenant qu’on en finisse. » Son ton oscillait entre la supplique et l’ordre, sans qu’il ne veuille. La situation lui échappait, désagréablement. Comme dans les entrepôts d’Amsterdam, comme avec Cate, comme avec le Gouvernement. Il n’était pas un maniaque du contrôle, mais toute la situation lui filait entre les doigts et il n’avait aucune porte de sortie. Alors oui, Maarten la suppliait. De ne rien dire, de l’aider, de replacer cette épaule sans faire d’histoire. Et surtout, de croire à son histoire.


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MessageSujet: Re: « Le vétérinaire est un médecin qui ne vous soignera que si vous avez l'air bête. » [pv Faithy]   Jeu 16 Oct - 16:15




Le ton alarmant qu'avait pris Faith eut l'effet souhaité, déstabiliser Maarten et lui faire prendre conscience de la gravité de la blessure de son chien. Il demanda en effet :

- Vous êtes sûre de vous ?

Faith hocha la tête afin d'appuyer son propos. En revanche, sa tirade sur la relation qui unissait le maître et le chien provoqua une réaction étonnante chez Maarten. De la colère ? C'est ce qu'il semblait. Il lâcha quelques mots dans une langue que la vétérinaire ne comprenait pas. Au ton, elle perçut qu'il n'y avait pas que de l'énervement en eux, mais aussi quelque chose comme de la peur. Pourquoi ? Elle n'en savait rien. Elle avait pourtant tenté d'être rassurante. Elle avait sûrement franchi une ligne imaginaire dans l'esprit de son patient, mais laquelle ? En tout cas, il commença à reculer vers la porte en marmonant :

- Laissez moi, je vais m’en occuper, je sais m’occuper de mon chien, c’était une erreur de venir.

Faith le regarda avec un regard affligé. Elle ne pouvait pas insister plus qu'elle ne l'avait fait, retenir Maarten était donc inutile. Elle avait l'impression qu'il lui manquait une carte importante pour comprendre la situation, qui pourrait éclairer l'ensemble du jeu de cet homme étrange. Mais tant qu'elle ne l'avait pas tirée, elle restait dans le noir... Tant pis pour Doug. De trop lourds secrets l'entouraient...
La situation se retourna lorsque Maarten tenta d'ouvrir la porte du cabinet. Faith le vit avec stupéfaction crier de douleur, et lâcher son manteau pour porter une main à son épaule avant de jurer dans même langue étrange qu'auparavant. Elle se précipita vers lui, sa conscience professionnelle lui interdisant de laisser qui que ce soit souffrir dans son cabinet, humain ou animal. Mais avant qu'elle ne l'atteigne, il tira violemment sur sa chemise, révélant une épaule dont les couleurs criaient qu'elle était blessée. Faith s'arrêta, stupéfaite, tandis que Maarten grommelait :

- Bon, ça suffit. Réparez moi ça tout de suite qu’on en finisse.

Faith, sans réagir, laissa Maarten se diriger vers la table d'examen conçue pour les animaux et s'y asseoir, au mépris de toutes les normes de sécurité en vigueur pour ce matériel. Ainsi donc, c'était lui qui était blessé, et non Doug. Le chien n'existait pas : l'homme ne le cachait pas, mais ne pouvait tout simplement pas lui montrer... Maarten confirma cela en expliquant :

- J’ai fait une lourde chute, d’un étage, pas de question s’il vous plait. Il n’est pas question que j’aille à l’hôpital, pas question que cela sorte du cadre du… secret professionnel. J’ai menti pour Doug, il n’a jamais fait de chute. Je me suis juste dis que l’anatomie d’un chien, celle d’un homme,… il ne devait pas y avoir beaucoup de différence, et que si vous m’expliquiez suffisamment bien… Mais bon, puisque vous refusez, faites le maintenant qu’on en finisse.

L'explication était plausible : une chute pouvait effectivement conduire à ce genre de blessures. La recherche de secret aussi, si l'accident avait eu lieu dans des circonstances pas très nettes. Mais le choix de Maarten de s'adresser à un vétérinaire était incompréhensible : un médecin généraliste aurait offert les mêmes avantages, et aurait même été mieux adapté qu'elle. L'anatomie humaine et l'anatomie des animaux étaient tout à fait différentes, tout comme la manière de les soigner ! C'était donc totalement illogique ! A moins que...

- Vous êtes un Skinchanger, n'est-ce pas ?

Faith avait prononcé sa conclusion doucement, les yeux dans le vague. Elle fronça les sourcils et fit quelques pas vers sa table d'examen en passant à l'idée suivante, qui découlait logiquement de la première quand on connaissait le contexte :

- Vous pouvez vous transformer en chien, et vous aviez pris cette forme lorsque vous avez chuté.

Ce n'était plus une question : Faith était assez sûre d'elle. Cela expliquait le comportement étrange de cet homme. Pas étonnant qu'il soit sur la défensive : il s'agissait d'un secret qu'il valait mieux garder, les temps étant hostiles pour tous ceux qui étaient plus que de simples humains...
Faith, elle, ne comprenait pas l'hostilité à l'égard des Skinchangers. Qu'on haisse et craigne les sorciers et les zombies était logique : les premiers avaient démontré qu'ils souhaitaient utiliser leurs pouvoirs à mauvais escient, et les seconds, avec leur aggressivité, n'avait plus rien d'humain. Mais les métamorphes... Ils n'avaient rien demandé à personne, ils n'avaient pas choisi de devenir ce qu'ils étaient. Et leur pouvoir n'avait rien de mauvais, au contraire : Faith elle-même aurait adoré pouvoir devenir un animal dans les années sombres de ses études, quand son visage était marqué. Un gros chien comme Barky, peut-être : elle avait de la sympathie pour cette espèce. Ou un oiseau, pour s'envoler au dessus de ce monde triste. Un poisson, pour plonger dans les profondeurs et l'oublier. N'importe quoi d'autre que la prison de son corps.
Elle tenta donc de rassurer Maarten en lui expliquant cette opinion :

- Rassurez-vous, je ne dirai rien à personne. J'ai de la sympathie pour vos semblables.

Elle lui sourit, et resta en retrait. Elle voulait lui exprimer qu'elle ne ferait rien sans sa permission. Elle ne tendit pas le bras vers la blessure pour l'examiner, attendant une réaction positive de sa part, qu'il réitère sa demande de soins même avec ces nouveaux éléments. Ce serait plus simple s'il lui accordait sa confiance.
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MessageSujet: Re: « Le vétérinaire est un médecin qui ne vous soignera que si vous avez l'air bête. » [pv Faithy]   Dim 19 Oct - 0:10




Malgré toutes ses alarmes internes qui lui hurlaient aux oreilles de partir, de courir loin de cette cage et de la vérité qu’il avait laissée échapper dans un mouvement de frustration face à la douleur, Maarten se laissa tomber sur la table plus habituée en général à supporter des animaux plus légers que lui. Dommage pour elle, elle allait devoir s’y faire pour les minutes à venir. Reportant son regard sur la vétérinaire qui s’était précipitée vers lui dès que le cri de douleur avait franchi ses lèvres sous la traction inopinée sur l’ensemble de son bras – la douleur refusait d’ailleurs de partir, ce qui était plus que frustrant selon le Saarloos – Maarten entreprit de déboutonner l’ensemble de sa chemise tout en lui expliquant la raison officielle des marbrures violacées qui tendaient à faire de son épaule un remix sanguin de l’arc-en-ciel. Impatient et légèrement méfiant – pour ne pas dire totalement paranoïaque – il guetta dans le regard de la vétérinaire une trace quelconque de danger. Elle pouvait à tout moment se jeter sur le téléphone, le traiter de crétin, s’empresser de hurler des au secours stridents qui ne manqueraient pas de faire gémir ses tympans. Elle pouvait, aussi, dans le meilleur des cas, obtempérer en ayant conscience que s’il était dingue au point de consulter un vétérinaire au lieu d’aller voir un généraliste, il pouvait l’égorger au moindre geste suspect. Et il fallait avouer que cette hypothèse gagnait chaque seconde en tangibilité, puisque le mouvement qui l’avait fait crier devait avoir déplacé un peu plus l’épaule hors de l’articulation, et Maarten commençait à sentir des larmes de douleur perler aux coins de ses yeux. Ce ne fut qu’au bout d’un temps bien trop long au goût du Saarloos qu’elle reprit la parole. Et il regretta aussitôt qu’elle ait ouvert la bouche. - Vous êtes un Skinchanger, n'est-ce pas ? Maarten se sentit aussitôt pâlir, immobilisé entre deux boutons à moitié arrachés par sa nervosité et la difficulté de l’exercice. « Non » laissa-t-il échappé, peu convaincant à n’en pas douter. Elle fit quelques pas en direction de la table d’examen, sans s’arrêter sur le borognyme incohérent du Saarloos. Non, il n’était pas skinchanger. Il ne voulait pas l’être, il voulait être juste un humain. Il ne voulait pas être un animal guidé par ses instincts primaires, un animal qui voulait protéger son territoire, un animal sensible aux sons et aux odeurs, un animal indépendant. Il voulait juste être un humain normal, retrouver son aveuglement, ses sens bridés, retrouver un calme intérieur à défaut d’être capable d’en retrouver un interne.

Mais de toute évidence, ce n’était pas possible. Il avait beau essayer de le renier, le chien était toujours là. Il avait beau essayer de le cacher, le chien mettait encore sa truffe là où il n’était pas supposé être. Et pire encore, c’était visiblement évident. Ziegler prononça ce qui sembla être une sentence pour le Néerlandais qui ne la quittait pas des yeux. - Vous pouvez vous transformer en chien, et vous aviez pris cette forme lorsque vous avez chuté. Il refusa de ciller, se contentant de se mordiller la lèvre, cherchant à savoir ce qu’elle avait déduit sans pour autant l’encourager. Cherchant à savoir s’il pouvait encore nier ou si faire marche arrière n’était plus vraiment envisageable. Il ne cillait pas, inquiet, angoissé, perturbé à l’idée de savoir qu’il ne lui avait suffi que de deux petits rendez vous chez le vétérinaire pour qu’elle découvre le pot aux roses, oubliant qu’il était peut être un peu coupable lui aussi d’avoir renversé ledit pot, répandant tout autour d’eux de cette terre qui ne pouvait mener qu’à la boite de Pandore. Inquiet, donc, il esquissa un mouvement de recul bloqué par la table d’examen lorsqu’elle s’approcha davantage de lui. Sur la défensive, agressif comme le chien qu’il était. Perdu, égaré, hébété par la douleur. Maarten, en somme, dans sa sympathie la plus habituelle. Qu’était-elle en train de penser de lui ? Doutait-elle encore un peu de ses hypothèses ou était-elle persuadée qu’elle avait face à elle un véritable Skinchanger ? La paranoïa de Maarten le poussait droit sur la deuxième option, bien malgré lui. Et il préférait encore garder le silence, de peur de se trahir et surtout ne sachant pas ce qu’il convenait de dire. Et, une fois de plus, la vétérinaire profita de ce silence pour rajouter d’une voix qui insupporta le chien dès qu’elle atteignit ses tympans. - Rassurez-vous, je ne dirai rien à personne. J'ai de la sympathie pour vos semblables. Vos semblables Le regard chargé de colère de Maarten se heurta à son sourire. Comment osait-elle, comment pouvait-elle… Sans son épaule douloureuse, Maarten serait parti aux premiers mots du Docteur Ziegler à n’en pas douter. Sans son épaule douloureuse, d’ailleurs, il n’aurait même pas franchi le pas du cabinet et se serait tenu bien éloigné de tout cela, de toute cette agitation, de toute cette angoisse sourde qui lui hurlait de partir et de fuir. Maarten prit le temps de respirer, pour contrôler l’animal.

Une minute. Peut être deux. Il ne l’avait pas quitté du regard, avec cette acuité animale qui laissait transparaître sa crainte. Il soutenait son regard, tentant d’estimer les risques. Enfin, ayant tout contrôle sur le chien – un contrôle relatif, certes, mais un contrôle tout de même, il n’allait pas chipoter – Maarten se hasarda à parler. A grogner, plutôt, vu la voix rauque et légèrement inarticulée qu’il laissa passer. « Mouais, vous dites ça, mais je ne vois pas ce qui me prouve que je peux vous faire confiance. » Dans un dernier geste, il parvint à ôter totalement sa chemise, son regard brun glissant sur son épaule désaxée ce qui le reporta aux mots précédents de la vétérinaire. « C’est presque ça. Je suis tombé et le chien a cru pouvoir m’aider en forçant le… la… en forçant le passage. » Le mot transformation était il trop dur, comptait-il trop de consonnes pour le Néerlandais ? Il avait été incapable de l’articuler. Parler de sa condition de Skinchanger, c’était trop intime pour lui, même s’il ne concevait aucune gêne à terminer torse nu. Etrange façon de penser que celle du biologiste ? Peut être. « Je pense que lorsque j’ai repris le contrôle, ça l’a déplacée un peu plus et depuis une semaine, la douleur empire. » Bravo Doug, tu joues la carte de la confiance ! Tu veux un bonbon en récompense ? La voix sarcastique de Christyntje se fraya un chemin dans ses pensées. Confiance, le mot était trop grand. Tout comme la douleur, qui l’empêchait pour le moment de partir dans un de ses délires paranoïaques qui caractérisait si bien le Néerlandais. « Vous pouvez la remettre en place ? » Un peu d’inquiétude perça les mots du brun. « Je veux dire… la remettre en place rapidement ? » Il n’était pas réellement impatient de sentir les mains de la vétérinaire toucher sa peau et craignait encore plus la réaction possible du Saarloos. Une transformation, ici, n’était pas – ne devait pas – être envisagée. Mais le contrôle qu’il avait sur l’animal était mince, suffisamment pour qu’en cas de forte peur ou colère, ce soit le Saarloos qui prenne le relais en voulant un peu trop le et se protéger.


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MessageSujet: Re: « Le vétérinaire est un médecin qui ne vous soignera que si vous avez l'air bête. » [pv Faithy]   Mar 21 Oct - 18:41




Maarten commença par nier les déductions de Faith, mais avec une telle promptitude et une telle expression de peur sur le visage que cela équivalait à un aveu. Pas étonnant : il s'agissait tout de même d'un lourd secret... Au fur et à mesure que la vétérinaire exposait ses conclusions, l'homme se refermait sur lui-même. Comme un animal apeuré.
Lorsque Faith se tut, elle laissa à Maarten le temps d'accepter ses paroles, tout le temps dont il aurait besoin. Les secondes filèrent une à une, formant un chapelet, puis une minute entière, et une deuxième. La vétérinaire savait que ce n'était pas à elle de parler, qu'elle devait attendre la réaction de son client et l'accepter, quelle qu'elle soit.
L'homme sortit finalement de son mutisme pour déclarer :

- Mouais, vous dites ça, mais je ne vois pas ce qui me prouve que je peux vous faire confiance.

De la méfiance, encore, mais cette fois, il ne la cachait plus. Il n'avouait pas directement que la vétérinaire avait vu juste, mais il lui faisait comprendre qu'il ne souhaitait pas non plus le nier plus longtemps. Il doutait de sa dernière assertion, mais donnait du crédit à toutes les précédentes. En soi, c'était déjà une petite victoire.
De peur de le braquer, Faith ne donna pas d'arguments pour tenter de le convaindre de sa bonne foi. La confiance ne se promettait pas : elle se gagnait. S'il la laissait faire, elle soignerait son épaule du mieux qu'elle pourrait, et ne trahirait pas son secret. Voilà ce qui prouverait ses bonnes dispositions envers lui. Mais d'ici que cela soit fait, elle n'exigerait pas qu'il la croie sur parole.
Maarten ne souhaitait apparemment pas non plus se lancer dans un débat sur le sujet, car, tout en enlevant complètement sa chemise, il passa immédiatement à l'exposition d'éléments qui pourraient être nécessaires à Faith pour le soigner :

- C’est presque ça. Je suis tombé et le chien a cru pouvoir m’aider en forçant le… la… en forçant le passage. Je pense que lorsque j’ai repris le contrôle, ça l’a déplacée un peu plus et depuis une semaine, la douleur empire.

Faith hocha la tête, professionnelle, mesurant les implications de ces nouveaux éléments. Maarten ajouta alors sur un ton suppliant :

- Vous pouvez la remettre en place ? Je veux dire… la remettre en place rapidement ?

Faith plissa le front, réfléchissant rapidement. Elle n'avait jamais soigné de skinchanger : cela dit, une épaule démise restait une épaule démise, et elle avait accompli des centaines de fois le geste consistant à la remettre en place. Bien sûr, elle n'était pas officiellement qualifiée pour effectuer cette opération sur un être humain, mais elle se voyait mal l'avouer maintenant à Maarten, d'autant que l'homme était un animal comme les autres. Si elle pouvait soigner toutes les espèces blessées à l'épaule, il n'y avait pas de raison qu'elle soit démunie face à ses semblables...
Elle acquiesca donc :

- Oui, je pense que je peux.

La marche qu'elle allait devoir suivre se dessinait progressivement dans son esprit, et elle l'exposa à Maarten :

- Je n'ai jamais soigné de Skinchanger, cela dit, donc je ne suis pas absolument sûre de moi. Il y a donc un petit risque, mais il sera le même que si vous allez voir un médecin généraliste. Il serait plus limité si vous alliez voir un spécialiste des Skinchangers, mais comme ils travaillent quasiment tous pour le gouvernement, j'imagine que vous n'y tenez pas.

Ces propos n'étaient pas rassurants, elle s'en rendait bien compte, et vu l'état de tension dans lequel se trouvait Maarten, mieux valait ne pas s'étendre sur le sujet. Elle prit donc son ton le plus professionnel pour expliquer :

- D'après ce que vous m'avez expliqué, votre épaule s'est démise d'abord sous votre forme canine, puis sous votre forme humaine après votre transformation. Je pense donc que je vais devoir soigner vos deux corps dans l'ordre inverse : d'abord remettre en place votre épaule sous forme humaine, puis vérifier que tout va bien au niveau du chien. J'en doute, cela dit : à mon avis, votre blessure sous forme humaine est un simple reflet de celle du chien, qui doit être bien pire.

Elle finit en demandant :

- Est-ce que vous êtes d'accord avec moi ? Vous connaissez sûrement la relation qui vous unit à votre forme canine bien mieux que moi, dites-moi si quelque chose est totalement aberrant.

Elle préférait faire l'aveu de sa partielle ignorance plutôt que de risquer de blesser son patient... Et puis, elle espérait que Maarten serait touché de cette marque de considération de sa part, même si son attitude bourrue le laissait peu présager.
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MessageSujet: Re: « Le vétérinaire est un médecin qui ne vous soignera que si vous avez l'air bête. » [pv Faithy]   Lun 27 Oct - 22:58




Alea jacta est. Voilà, la messe était dite, ou quelque chose s’en approchant puisque s’il connaissait des expressions latines, Maarten n’avait jamais cherché à savoir ce qu’elles voulaient dire exactement, et dans tous les cas, latin, néerlandais, anglais ou Saarloos, il ne pouvait pas revenir en arrière. Sa paranoïa prenait à présent la relève sur sa stupidité et son impulsivité, cherchant à démentir ce qu’elle avait pu conclure bien trop justement, ce qu’elle tentait de lui dire. Il ne pouvait pas lui faire confiance, il savait que trop bien ce qu’il risquait si jamais on le découvrait. Ne travaillait-il pas lui-même dans un bureau qui prélevait des échantillons de sang sur des skinchangers plus ou moins volontaires pour en synthétiser les molécules régénératrices ? Ne travaillait-il par lui-même pour ce Gouvernement dont il s’était caché tant de mois grâce à Cate, ce Gouvernement dont il ne tolérait que peu les décisions et exécrait chaque respiration, confinant ses pensées dans un coin de son esprit gardé par des cerbères aussi sévères que lui était lâche. Donc, non, Maarten ne pouvait lui faire confiance. Il prenait déjà un risque bien trop énorme en restant dans ce cabinet, en lui laissant l’opportunité de malmener davantage encore son épaule démise, il ne pouvait se permettre d’acquiescer réellement. Même s’il ne nia pas être un métamorphe. Même s’il ne se cacha pas derrière des figures de style et autres cochonneries. Ce n’était pas dans ses habitudes de tourner autour du pot, tout comme il n’était pas dans ses habitudes de se faire passer pour quelqu’un qu’il n’était pas. Après tout, c’était Constantijn qui était ainsi, avant. Maarten s’occupait d’être les muscles, d’être la tête, son petit frère de cœur comblait ses lacunes en endossant avec l’adresse d’un comédien tous les costumes qui pouvaient leur permettre d’atteindre leurs objectifs plus ou moins légaux. Maarten, ainsi, n’était pas dans son élément lorsqu’il était supposé cacher quelque chose. Direct, franc dans la mesure du possible, il ne s’embarrassait pas vraiment de fioritures.

Et elle avait intérêt à faire de même. A lui remettre l’épaule en place, qu’on en finisse, qu’il cesse d’avoir mal et de se sentir en danger face à cette femme qui savait de lui l’un des secrets qu’il aurait aimé enterrer avec ses mauvais souvenirs. Angoissé, il suivit avec une inquiétude qui ne cessait de croitre les rides naissantes sur le front de Ziegler lorsqu’elle fronça les sourcils de réflexion. Vous pouvez la remettre en place ? venait-il de lui demander. Les mises en garde de la vétérinaire, ce qu’elle avait dit à propos de perdre définitivement l’usage de sa patte, de son bras, de ce membre… il fallait qu’elle puisse remettre cette maudite épaule en place. Il en avait besoin, en tant que chien, en tant qu’homme, il avait besoin d’être valide. Et, b#rdel, ce que ça pourrait être ridicule de perdre l’usage d’un membre suite à une chute, dans une grotte, berné par une illusion ridicule. Et même si Maarten n’était pas vraiment porté par son orgueil en général, cette idée lui était insupportable. Elle devait lui remettre l’épaule en place, ce n’était pas négociable. Et s’il devait pour cela se transformer pour que ce soit plus simple, Maarten était prêt à tenter de forcer une transformation, ce qu’il n’avait jamais tenté jusque là, ça allait sans dire. - Oui, je pense que je peux. Le soulagement de Maarten fut aussitôt palpable, retranscrit dans un long soupir et un regard au plafond, le tout associé à une main passée sur le visage, comme pour détendre ses muscles crispés par l’appréhension. Elle pouvait, c’était déjà ça. Ce n’était pas humain de lui faire des terreurs pareilles, surtout qu’il avait tendance à penser au pire en premier lieu, à se le représenter avec une nettement sans pareille qui ne pouvait que le rendre plus réel.

Tout à son soulagement, Maarten manque de ne pas écouter les mots qui suivirent. Des mots qui n’avaient rien de rassurant, comme si la vétérinaire avait cru utile de tempérer son soulagement par de nouvelles angoisses et inquiétudes. - Je n'ai jamais soigné de Skinchanger, cela dit, donc je ne suis pas absolument sûre de moi. Il y a donc un petit risque, mais il sera le même que si vous allez voir un médecin généraliste. Il serait plus limité si vous alliez voir un spécialiste des Skinchangers, mais comme ils travaillent quasiment tous pour le gouvernement, j'imagine que vous n'y tenez pas. Des spécialistes des Skinchangers ? Cela existait vraiment ? La moue de Maarten affirma les suppositions du Dr Ziegler. Ces spécialistes, s’ils étaient bien réels, il devait les cotoyer sans le savoir tous les jours, et il n’était pas question qu’ils apprennent que l’un de leurs scientifiques les plus impliqués dans leur projet leur mentait depuis plus d’un an et demi à présent. Non, ce n’était vraiment pas une bonne idée et de ce fait, elle n’avait pas tort : il n’y tenait vraiment pas. Et puis, s’il l’avait envisagé, il n’aurait pas été là, sur une table d’auscultation prévue pour des animaux, une épaule aux couleurs criardes, un grognement aux lèvres comme le chien blessé qu’il était. « Mais vous pouvez, hein ? Qu’est ce que vous voulez dire par… » Un grommellement, très certainement incompréhensible. Qu’est ce qu’elle entendait exactement par petit risque ? Elle risquait de lui arracher le bras ? Il n’avait pas tout à fait envie de savoir si ses dons de régénération allait jusqu’à faire repousser des membres disparus.

- D'après ce que vous m'avez expliqué, votre épaule s'est démise d'abord sous votre forme canine, puis sous votre forme humaine après votre transformation. Je pense donc que je vais devoir soigner vos deux corps dans l'ordre inverse : d'abord remettre en place votre épaule sous forme humaine, puis vérifier que tout va bien au niveau du chien. J'en doute, cela dit : à mon avis, votre blessure sous forme humaine est un simple reflet de celle du chien, qui doit être bien pire. A chaque phrase, la moue de Maarten se faisait plus dubitative. Il était incapable d’épiloguer sur son cas, n’ayant pas voulu se pencher plus de deux minutes sur sa nouvelle nature depuis sa transformation. Il savait qu’à chaque pleine lune, il devenait un chien-loup guidé par ses pulsions et maîtrisé uniquement par Cate. Il savait qu’il guérissait de ses blessures, qu’il avait besoin de courir, de se défouler, qu’il était à la merci des instincts primaires des chiens. Mais les mécanismes complexes qui régissaient ses transformations et l’inflexion de ses pensées selon si c’était l’homme ou le chien qui était aux commandes… tout cela lui était plus qu’inconnu. On était face à un mélange de surnaturel et de sciences : ça le dépassait. Maarten tenta d’hausser les épaules, mouvements qui le fit grimacer et une larme de douleur perler au coin de ses paupières. - Est-ce que vous êtes d'accord avec moi ? Vous connaissez sûrement la relation qui vous unit à votre forme canine bien mieux que moi, dites-moi si quelque chose est totalement aberrant. A nouveau, il tenta d’hausser les épaules, s’insultant mentalement en agrippant son épaule démise de son autre main. « B#rdel, c’est pas humain d’être aussi c#n… » grogna-t-il dans sa langue maternelle, avant de regarder à nouveau la vétérinaire.

« Franchement j’en sais rien. J’pense que si vous me réparez ce b#rdel comme je suis là, ça suffira pour nous deux. Mais s’il y a un truc que je sais, c’est que vous avez pas besoin de trop chipoter : si vous déchirez deux trois trucs dans le mouvement, ça se réparera après, vous avez pas besoin de trop vous faire des nœuds au cerveau. Le seul problème c’est que… » Une nouvelle moue. Incertitude se mêlait à terreur. Maarten se plongea dans la contemplation de la décoration un bref instant avant de replonger son regard dans celui de la vétérinaire. Ferme. « Il pourrait débarquer à tout instant, si vous me mettez trop en colère ou s’il se sent menacé. Et clairement, si vous me disloquez le bras, il risque de se sentir menacer. L’idéal ce serait que ce soit suffisamment bref pour qu’il n’ait pas le temps de se ramener. J’sais pas si vous voyez. » Cette fois, Maarten stoppa l’idée même d’hausser les épaules avant de la mettre en application, à croire qu’il progressait. Miracle. « En gros, n’ayez pas peur d’être brutale tant que c’est bref. En théorie, je guéris de presque tout si vous n’arrachez rien et si vous replacer les os et les articulations au bon endroit. C’est un peu ce qui s’est passé lorsque je suis tombé. L’articulation a bougé, les chairs se sont réparées autour, mais sans comprendre qu’il fallait aussi bouger les os. Du coup, lorsque j’ai repris le contrôle, tout s’est mal réagencé et ça a empiré. Parce que mon corps tente de réparer, mais ça sert à rien vu que tout se redéchire dès que je tente de bouger. Pour faire bref, c’est un gros crétin. » Non, ce n’était pas une tentative d’humour. C’était juste la façon habituelle de Maarten de s’exprimer. Un mélange de réflexion et d’idiotie mêlées d’images et d’interventions inutiles.


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MessageSujet: Re: « Le vétérinaire est un médecin qui ne vous soignera que si vous avez l'air bête. » [pv Faithy]   Mer 29 Oct - 11:49


Maarten gémit à nouveau, et jure dans sa langue inconnue de Faith. Il a mal, c'est clair. Sa souffrance est palpable. Pourtant, au lieu de donner son feu vert inconditionnel à la vétérinaire pour s'occuper de lui, il se lance dans un long discours :

- Franchement j’en sais rien. J’pense que si vous me réparez ce b#rdel comme je suis là, ça suffira pour nous deux. Mais s’il y a un truc que je sais, c’est que vous avez pas besoin de trop chipoter : si vous déchirez deux trois trucs dans le mouvement, ça se réparera après, vous avez pas besoin de trop vous faire des nœuds au cerveau. Le seul problème c’est que… Il pourrait débarquer à tout instant, si vous me mettez trop en colère ou s’il se sent menacé. Et clairement, si vous me disloquez le bras, il risque de se sentir menacé. L’idéal ce serait que ce soit suffisamment bref pour qu’il n’ait pas le temps de se ramener. J’sais pas si vous voyez.

Faith hoche la tête. Maarten semble effrayé par le chien en lui. Etrange. Tout à l'heure, au début de la consultation, il en parlait comme s'il s'agissait de l'être le plus précieux au monde, de ce qu'il lui fallait protéger à tout prix de tout mal. Maintenant, il a peur d'être submergé. Qui est le maître des deux ?
Elle a presque l'impression que c'est la peur du chien qui parle, la peur de la douleur immédiate. Il est effrayé, il cherche à gagner du temps en se cachant derrière les arguments rationnels de l'homme.
Mais la vétérinaire sait ce qu'elle a à faire. Sa décision est prise. Elle laisse Maarten poursuivre :

- En gros, n’ayez pas peur d’être brutale tant que c’est bref. En théorie, je guéris de presque tout si vous n’arrachez rien et si vous replacer les os et les articulations au bon endroit. C’est un peu ce qui s’est passé lorsque je suis tombé. L’articulation a bougé, les chairs se sont réparées autour, mais sans comprendre qu’il fallait aussi bouger les os. Du coup, lorsque j’ai repris le contrôle, tout s’est mal réagencé et ça a empiré. Parce que mon corps tente de réparer, mais ça sert à rien vu que tout se redéchire dès que je tente de bouger. Pour faire bref, c’est un gros crétin.

Dès que l'homme cesse de parler, elle s'approche promptement de lui. Elle n'a écouté ses dernières paroles que distraitement : elle se concentrait sur l'épaule, repérant les points qu'elle devrait saisir. Maintenant, elle les attrape, et d'un geste précis, qu'elle a répété des centaines de fois sur les animaux, elle tire son bras et, en même temps, pousse sous l'articulation. Son mouvement se fait plus lent : elle ne veut pas brusquer les choses et bâcler le travail. Elle sait que Maarten souffre, mais c'est le baroud d'honneur de sa douleur : après cela, elle est censée disparaître. La résistance du corps est plus grande que d'habitude : effectivement, les chairs semblent s'être remises en place autour de l'os déplacé. Mais Faith ne cède pas, et continue à tirer.
Ca y est, normalement, l'épaule est en place. Elle la lâche doucement et repose le bras de l'homme. Elle annonce :

- Voilà, c'était ce que je pouvais faire de plus bref. Excusez-moi pour la surprise, mais je ne voyais pas d'autre moyen de vous faire arrêter de parler et de tourner autour du pot.

Elle ajoute :

- Je peux répéter l'opération sous forme animale, si vous le souhaitez. Ce serait tout de même plus sûr.

Cela dit, s'il a, comme il le prétend, des facultés de régénération, les choses sont peut-être différentes. Peut-être qu'une seule intervention suffit. Faith n'en sait rien. Elle n'a jamais eu à traiter de cas pareil. Aucune école de vétérinaire ne prépare à soigner un métamorphe capable de reformer lui-même ses chairs ! D'ailleurs, c'est la première fois qu'elle croise un patient pareil !

** Tu en es bien sûre, Faith ? **

Elle a déjà connu un cas de blessure qui a semblé se résorber de manière inexpliquée. Ses propres cicatrices, les marques sur son visage, disparues un beau jour sans laisser de trace. Comme si son corps avait acquis, du jour au lendemain, une capacité de guérison supérieure. Elle ne s'était jamais posé la question de connaître le pourquoi, trop heureuse que les choses se soient passées, tout simplement. Sûrement s'agissait-il d'un phénomène biologique étrange.
Mais voilà que Maarten disait disposer d'une capacité semblable, parce qu'il n'était pas tout à fait humain, justement. Elle repensa à sa faim perpétuelle, autre symptôme qu'elle n'avait jamais compris. Se pouvait-il qu'elle ne soit plus tout à fait humaine ?

** Stop **

Elle ne devait pas bâtir des châteaux sur du sable. Elle devait s'appuyer sur des faits. Et, en l'occurence, interroger Maarten sur le sujet. Elle découvrirait peut-être de nouveaux éléments susceptibles de l'éclairer. En tout cas, elle ne devait rien laisser paraître. Elle ne savait pas ce qu'elle était susceptible de découvrir, alors mieux valait faire comme si elle ne cherchait rien de précis. Comme si elle était mue par la simple curiosité. Elle tenta donc de chasser tout tremblement de sa voix quand elle demanda à Maarten :

- Quoi qu'il en soit, j'aimerais bien en savoir plus sur vos capacités de régénération. Cela me semble fascinant.
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MessageSujet: Re: « Le vétérinaire est un médecin qui ne vous soignera que si vous avez l'air bête. » [pv Faithy]   Ven 7 Nov - 17:40




Si Maarten avait en confiance en Ziegler ? Loin, très loin de là. C’était presque un credo chez le Néerlandais, une façon d’être, un principe de vie. Ne fais confiance à personne. Il avait baissé sa garde à plusieurs reprises depuis qu’il en avait fait l’une de ses maximes, depuis qu’il avait fugué de chez lui une première fois, depuis qu’il fui une deuxième fois, depuis qu’il s’était prouvé un peu plus combien il était lâche une troisième fois, mais il n’était pas question de se trahir un peu plus. Alors non, il ne lui faisait pas confiance. Après tout, contrairement à Bastien, elle ne lui avait prouvé à aucun moment qu’elle méritait qu’il se mette en danger. Mais s’il restait méfiant, alors pourquoi donc s’égarait-il à lui concéder autant de vérité sur sa nature de Skinchanger et sur le Saarloos qu’il hébergeait bon gré mal gré ? C’était une excellente question. Et la seule pirouette à laquelle pensait Maarten pour justifier ces mots qu’il articulait dans un grognement, c’était que s’il ne faisait pas confiance à Ziegler, il devait admettre qu’il acceptait un peu de baisser la garde devant la vétérinaire. Et cette p#tain de douleur qui se diffusait dans son bras n’arrangeait en rien les choses, d’autant plus que dans sa grande intelligence il ne cessait d’avoir ce réflexe stupide d’hausser les épaules. Crétin de chihuahua. Pire que ça, même. Au bout de plusieurs phrases, de réflexion, de grognements et de soupirs, Maarten finit par se taire. Il avait tout dit en même temps, et en dehors de la couleur préférée du Saarloos ou de celle de son caleçon, il ne voyait pas vraiment ce qu’il pourrait rajouter de pertinent à ses explications déjà aussi longues que foireuses. Il aurait pu les résumer par un simple faites ça vite et bien sinon je vous bouffe que ça n’aurait en rien changé la signification de son long monologue.

Ses yeux brun suivirent, méfiant, les mouvements de la vétérinaire. Tendu, nerveux, angoissé, le chien et l’homme étaient pour une fois sur la même longueur d’onde et sur la défensive. Il concédait peut être une once de confiance en les capacités de la vétérinaire, il se méfiait plus que tout de ce qu’elle pourrait dire ou faire. Ses doigts s’attardèrent sur son épaule dénudée, Maarten se contraignit à l’immobilisation, luttant contre le réflexe de la prendre à la gorge pour l’écarter de la zone de danger. Ses yeux ne cessaient d’errer entre les mains de la vétérinaire et son épaule, articulant sans plus vraiment y penser – ce qui se conclut par un conglomérat de syllabes – ses derniers mots. « Pour faire bref, c’est un gros crét… » Un grognement, une lèvre mordillée à en saigner, la douleur fut fulgurante, enfla d’un coup, s’épanouissant, vivant son heure de gloire, envahissant tous les nerfs de Maarten qui se concentra immédiatement sur une seule pensée : rester humain. Parce que ça faisait longtemps que le Saarloos ne s’était à ce point imposé à ses pensées, lui tordant les entrailles, jouant avec son esprit, chaque nerf et chaque muscle tressaillant en prévision d’une transformation à venir. Une transformation qui ne viendrait pas. Maarten ferma les yeux, restant crispé et recroquevillé même quelques minutes après la fin de la douleur, le temps que les chairs se reconstituent. Il le savait, il allait encore douiller des heures voire des jours, le temps que tout se remette vraiment en place. Il avait beau se régénérer, ce n’était pas un speedy gonzales de la guérison. Pas encore. Les mots de la vétérinaire lui parvinrent comme dans un brouillard sonore, affaiblis par une cloison immatérielle formée de la douleur qui pulsait encore par vagues régulières. - Voilà, c'était ce que je pouvais faire de plus bref. Excusez-moi pour la surprise, mais je ne voyais pas d'autre moyen de vous faire arrêter de parler et de tourner autour du pot. Genre, c’était parce qu’il parlait trop qu’il avait douillé autant. C’était de l’humour, là, ou elle se croyait maline ? - Je peux répéter l'opération sous forme animale, si vous le souhaitez. Ce serait tout de même plus sûr. D’instinct, par réflexe, sans réfléchir, Maarten rétorqua un « Va crever » qui sonna plus comme un automatisme que comme une réelle menace. Et pourtant, dans un certain sens, c’en était belle et bien une. Elle risquait sincèrement de crever la bouche ouverte si elle faisait le moindre mouvement en sa direction, d’autant plus qu’il ne comptait vraiment pas se transformer. S’il était en sueur d’avoir retenu le Saarloos, ce n’était pas pour le relâcher juste après, ce serait totalement contre productif et ridicule. Et le chien-loup ne se laissait pas vraiment siffler comme un vulgaire caniche, quoiqu’on puisse y penser. Lentement, Maarten fit jouer son épaule, grimaçant sous la douleur mais laissant toutefois paraître un petit sourire satisfait de sentir l’articulation répondre à ses sollicitations. « J’pense que ça va l’faire. De toute manière, le chien c’est moi donc, si mon épaule est guérie, celle de Doug aussi. Au pire, si vous voyez débarquer un clébard de mauvais poil devant votre porte dans les jours à venir, vous saurez quoi faire. » Et m#rde, voilà qu’emporté par le soulagement – parce qu’il était là, ce gredin, à s’emparer de lui à l’idée qu’il n’avait pas perdu son bras – il commençait à faire de l’humour, ou cette chose s’en approchant dont il était le spécialiste.

Secouant la tête comme pour éloigner tout cela de ses pensées, Maarten se leva de la table d’auscultation et remit correctement sa chemise aux boutons malmenés. Ce que c’était agréable de se servir à nouveau d’un bras endolori sans craindre de le voir se détacher de son épaule ! Oh, c’était peut être un peu exagéré mais Maarten qui angoissait facilement s’était imaginé un bref instant perdre usage d’un bras et… il en avait conclu qu’il n’était pas question que cela lui arrive. Dans un froncement de sourcils, le biologiste se surprit à se demander d’ailleurs ce qu’il allait lui arriver maintenant. Payer la consultation, dans un premier temps, lui semblait logique. Mais comment acheter le silence de Ziegler, c’était une autre question. Le brun haussa les épaules sans arrière pensée, grommela un « On verra plus tard » dans sa langue maternelle et se mit à fouiller la poche de sa veste à la recherche de son portefeuille. Il allait lui demander combien il lui devait lorsqu’elle le prit au dépourvu. - Quoi qu'il en soit, j'aimerais bien en savoir plus sur vos capacités de régénération. Cela me semble fascinant. Fascinant ? Il arqua un sourcil. Fascinant, sérieux ? C’était glauque, dégueulasse, pratique et inévitable, mais fascinant… Bon, d’accord. Le généticien qu’il était était d’accord avec la vétérinaire pour le coup. Ca le démangeait d’ailleurs de lui répondre, pour la simple raison que si elle était vétérinaire, alors elle devait avoir des notions de médecine, et ainsi de biologie et de génétique. Comme lui. Presque.

« Mouerf. Merci en tout cas, finalement vous avez su faire, ça servait à rien de vous énerver. » C’était certes lui qui s’était le plus énervé dans l’affaire, mais l’idée était surtout de s’excuser pour le moment. Et si Maarten avait une façon bien à lui de le faire, ce n’était pas son problème. « Pour la régénération, et bien… » C’est un secret d’état. La bonne blague. Et le pire, c’était que ce n’était pas si faux que ça. Après tout, il devait actuellement être l’un des experts les plus pointus dans le domaine de la génétique métamorphe et même si ses travaux pour cibler le gêne qui accélérait la régénération cellulaire n’étaient pas encore vraiment concluants, au bout d’un an il commençait à se repérer dans son propre génome les yeux fermés. Façon de parler. « Ca se fait tout seul, donc je ne vois pas ce qu’il y a dire. J’vous demande de m’en dire plus sur votre façon de digérer ? Et bien c’est la même chose. C’est dans mes gênes, maintenant, comme une faculté apprise. C’est totalement épigénétique à ce qu’on en sait, donc voilà. J’peux rien vous dire de plus, j’suis pas un expert. » Ouh, le menteur… Une défense, une défense de plus. Elle en savait déjà trop sur lui, pas question qu’elle en sache plus, les chances pour qu’elle le dénonce aux autorités étaient déjà trop élevées. Et son anonymat, qu’il devait à Cate, il ne pouvait pas y renoncer, pas maintenant. Pas alors qu’il avait abandonné la sorcière, pas alors qu’elle lui manquait de plus en plus, pas alors que c’était peut être l’une des dernières traces de la Canadienne. Un soupir. Maarten attrapa sa veste, se passa une main dans les cheveux, se dirigea vers la porte avant de froncer les sourcils. « J’vous dois combien ? » Il s’agissait de clôturer la discussion avant qu’elle n’atterrisse sur un terrain dangereux, et de partir loin d’ici. Et vite. « Et merci, hein. Ca faisait un mal de chien, sans mauvais jeu de mots, ça fait du bien de savoir que d’ici quelques jours ce sera qu’un vieux souvenir. » Sa carte bancaire tournoya entre ses doigts, comme une invitation supplémentaire à abréger le rendez vous.


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MessageSujet: Re: « Le vétérinaire est un médecin qui ne vous soignera que si vous avez l'air bête. » [pv Faithy]   Mer 12 Nov - 10:46


La réaction de Maarten à la manière brusque que Faith avait prise pour le soigner fut sans équivoque :

- Va crever.

La vétérinaire attribua cela à la douleur, mais renonça néanmoins à proposer à son client de le soigner à nouveau sous forme animale : il n'y semblait absolument pas disposé... Il se calma cependant et ajouta :

- J’pense que ça va l’faire. De toute manière, le chien c’est moi donc, si mon épaule est guérie, celle de Doug aussi. Au pire, si vous voyez débarquer un clébard de mauvais poil devant votre porte dans les jours à venir, vous saurez quoi faire.

Ses mots n'étaient plus aussi violents, et sa colère semblait se dissiper. Tant mieux : cela voulait dire que la douleur était moindre. Donc, Faith avait réussi son opération. Parfait : c'était l'essentiel, non ?
Ce devait être l'avis de Maarten, car il ne manifestait aucun signe de vouloir rester là à lui faire la conversation. Après quelques secondes à peine, il se leva pour se diriger vers sa veste, signifiant clairement qu'il voulait partir le plus vite possible. Il bredouilla quelques paroles qui se rapprochaient d'un remerciement :

- Mouerf. Merci en tout cas, finalement vous avez su faire, ça servait à rien de vous énerver.

Ce n'était pas grand-chose, mais Faith était habituée à ce que les chiens lui aboient dessus après qu'elle les ait soignés, alors elle ne s'offusqua pas. De toute façon, à aucun moment Maarten ne lui avait semblé être un modèle de savoir-vivre et de tact...
Elle retint sa respiration lorsqu'il commença apparemment à répondre à la question qu'elle lui avait posée :

- Pour la régénération, et bien…

Allait-il lui donner des éléments qui lui permettraient de comprendre sa guérison extraordinaire ? Elle s'attendait à tout, et espérait une illumination. Mais la réponse de l'homme fut en fait plutôt décevante :

- Ca se fait tout seul, donc je ne vois pas ce qu’il y a dire. J’vous demande de m’en dire plus sur votre façon de digérer ? Et bien c’est la même chose. C’est dans mes gênes, maintenant, comme une faculté apprise. C’est totalement épigénétique à ce qu’on en sait, donc voilà. J’peux rien vous dire de plus, j’suis pas un expert.

Rien de très précis. Le seul élément à retenir, c'est que cette faculté de régénération découlait d'une mutation. En skinchanger, dans le cas de Maarten. Mais Faith ne s'était jamais changée en animal, et n'avait jamais manifesté le moindre signe que cela se produirait un jour, alors ce ne pouvait pas être le cas. Une autre mutation ? Elle voulait bien que le monde soit devenu fou, mais il ne fallait pas non plus sombrer dans la science-fiction. Peut-être ne s'était-elle que partiellement changée en skinchanger ?
Et comment cela se serait-il produit ? Les métamorphes étaient créés par les sorciers, tout le monde savait cela. Et, à sa connaissance, Faith n'en avait pas fréquenté. Si une personne glauque avait fait des manipulations sur elle, elle s'en serait rendue compte, non ? Il devait y avoir une autre explication...
Elle fut ramenée à des considérations plus terre à terre par Maarten, qui lui demanda tout en faisant tourner sa carte bancaire :

- J’vous dois combien ?

Et, ce qui surprit la vétérinaire, il ajouta :

- Et merci, hein. Ca faisait un mal de chien, sans mauvais jeu de mots, ça fait du bien de savoir que d’ici quelques jours ce sera qu’un vieux souvenir.

Mécaniquement, Faith annonça la somme qu'elle faisait payer à chacun de ses clients :

- 32 dollars, s'il-vous-plaît.

Puis, tandis que Maarten tapait son code sur son lecteur de cartes bancaires, elle répondit à ses remerciements :

- Merci, mais c'est mon métier, vous savez. Si jamais il vous reste des séquelles dans une semaine, n'hésitez pas à repasser, et je verrai ce que je peux faire.

Devant le regard noir de Maarten, elle ajouta précipitemment :

- Mais normalement, vous n'en aurez pas besoin, rassurez-vous.

De toute façon, elle doutait qu'il repasse à son cabinet, même si son bras lui faisait encore mal : il semblait être le genre d'homme à supporter sa douleur tout seul autant que possible, et à aller voir les médecins en dernier recours. Un comportement que, d'un point de vue professionnel, Faith ne pouvait trouver que stupide, puisqu'en général, les blessures s'aggravaient pendant ce laps de temps. Mais d'un point de vue personnel, elle pouvait comprendre que ceux qui portaient un lourd secret dans leur corps hésitent à révéler leurs faiblesses à n'importe qui... C'est pourquoi elle tint à assurer à Maarten :

- En tout cas, si jamais vous êtes blessé à nouveau... N'hésitez pas à repasser au cabinet. Vous pourrez compter sur ma discrétion.

Elle ne savait pas si Maarten la prendrait au mot : elle l'espérait, en tout cas. Elle était sincère en prononçant ces paroles. Elle était réellement préoccupée par le sort des skinchangers, et sympathisante à leur cause. Mais cela ne se lisait pas sur son visage...
Elle regarda son client retirer sa carte du lecteur et remettre sa veste. Elle l'accompagna jusqu'à la porte du cabinet. Sur le seuil, ils se dirent au revoir de manière banale.
Lorsqu'il partit, elle mit quelques instants à se ressaisir avant d'appeler le client suivant et son chat pris de vomissements. C'est sûr, le rendez-vous qui venait de s'écouler remporterait haut la main la palme du plus palpitant de sa journée...

** Fin du RP **
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« Le vétérinaire est un médecin qui ne vous soignera que si vous avez l'air bête. » [pv Faithy]

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