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 Lumières et Musiques égayent l'Ombre et la Morosité [Isis]=> Closed

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MessageSujet: Lumières et Musiques égayent l'Ombre et la Morosité [Isis]=> Closed   Ven 19 Sep - 9:29

Interroger, torturer si besoin était, tuer si nécessaire, c'était là un quotidien routinier pour Jonas depuis que les Instances Gouvernementales avaient décidé de lui confier un rôle dans leurs desseins. Rien de bien difficile, il ne suffisait que de poser des questions à différentes personnes pour avoir des réponses concernant des affaires particulières engageant une éventuelle révolte contre le Gouvernement ou bien des crimes spécifiques pouvant impliquer des membres du Gouvernement eux-même. Lorsque les réponses ne venaient pas, il fallait les chercher, en rusant, en menaçant et dans les cas extrêmes, Jonas n'hésitait aucunement à employer des techniques de coercition qu'il avait apprises autrefois, des méthodes efficaces faisant appel à ses dons et quelques appoints extérieurs.
Pour l'heure, fini les tortures et les exécutions officielles, le Commissaire de Sûreté Politique redevenait Jonas Crane, simple mage issu d'un autre temps, exilé dans une autre époque, un monde qu'il découvrait encore et encore. Alors que le soleil se couchait sur une journée bien remplie, le sorcier scandinave leva son regard pour observer la devanture du bâtiment, et laissa ses yeux se faire berçer par le jeu de néons et leurs couleurs chatoyantes. Lorsqu'il se décida enfin à monter les escaliers menant à l'entrée du club, une foule le cotoyait, lui montrant à quel point l'endroit qu'il avait choisi pour se détendre était coté, mais il ne changea pas d'avis, voulant voir les citoyens sous une autre augure, un autre environnement.

Passer l'entrée ne fut pas une sinécure, car obliger un homme comme Jonas à se défaire de son chapeau et de son imperméable ne fut pas vraiment une partie de plaisir pour le préposé à l'entrée, mais ce dernier, un colosse d'ébène qui n'intimida pas le sorcier, parvint à ses fins après avoir expliqué au client le pourquoi et le comment. Le mage put enfin recevoir son droit d'entrée et s'engouffra dans la vaste salle que cachait le hall, une pièce immense investie par une foule gigantesque, une masse populaire que Jonas n'avait guère l'habitude de cotoyer. Il avisa une petite table dans un recoin de la pièce et y prit ses quartiers, pouvant observer à loisir toutes ces personnes qui parlaient, rigolaient, buvaient et dansaient, profitant de l'endroit pour se divertir, alors que le personnel allait et venait pour servir les boissons dans différents récipients allant du verre à la bouteille.
Jonas sortit de la poche de sa veste un étui oblong dont il tira un épais cigare qu'il alluma aussitôt. L'heure était venue pour lui de se détendre, comme tout citoyen, et s'il n'avait pas vraiment l'intention de s'amuser comme les autres autour de lui, il comptait tout de même savourer ces quelques instants loin de sa routine. Jouant avec la fumée du cigare, le mage vit une jeune femme arriver à sa hauteur, vêtue courtement, avant de se pencher légèrement pour permettre au client d'entendre sa question. Ayant glissé son regard dans le décolleté qu'elle offrait ainsi penchée, le représentant gouvernemental se laissa aller à la contemplation de cette vision puis reprit ses esprits et adressa son plus beau sourire à la jeune femme, ce qui, dans le cas de Jonas, se résumait à une sorte de rictus très peu engageant auquel la serveuse se contenta de répondre par un des siens un peu forcé.

-Je te laisse choisir pour moi jeune fille. Quelque chose de fort tout de même

La serveuse hocha la tête et s'éloigna aussitôt, disparaissant avec empressement dans la foule avant que Jonas puisse avoir le temps d'admirer le reste de sa silhouette. Il déporta alors son regard sur la foule et le observa se déhancher sur la piste centrale, des couples et des célibataires par dizaines qui limitait la vue du sorcier sur l'ensemble de la salle et sur le bar vers lequel était parti la jeune femme chargée du service. Il se contenta de tirer sur son cigare, les deux coudes posés sur la table, le visage partiellement masqué par ses mains tout en tenant son menton grâce à ses pouces. "Le Masquerade...voilà un endroit qui porte bien son nom, une mascarade pour oublier le chaos qui règne dans cette époque. Fascinant!" Il avait souvent entendu ce nom, mais encore jamais il n'y était entré. Désormais c'était chose faite, et l'ambiance qui y régnait dégagé une aura de liesse qui lui était étrangère mais dont les bienfaits commençaient doucement à se faire ressentir dans son esprit. Avait-il oublié qu'il connaissait quelqu'un en ce lieu, probablement, ces derniers mois avaient été chargés pour lui, le temps personnel ayant manqué dans sa quantité et le peu dont il avait bénéficié avait été dilapidé en heures d'entrainement aux armes à projectiles modernes ou en visite dans différents pubs et restaurants de la cité, un moyen simple pour découvrir son nouvel univers au sein duquel il parvenait enfin à trouver sa place, même si c'était encore bien timidement. Contrairement à son bureau et à l'immeuble du Gouvernement, ici, il y'avait de la vie, de la couleur, bien des choses qu'il avait oublié et peu vécu ces derniers siècles."Mon Ami, te voici face à un nouvel avenir. Profites..." Il était temps que l'homme se libère enfin de sa condition et réapprenne le sens du mot "vivre".


Dernière édition par Jonas Marcus Crane le Lun 17 Nov - 16:52, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Lumières et Musiques égayent l'Ombre et la Morosité [Isis]=> Closed   Sam 20 Sep - 2:49

    Je n'avais pas envie de travailler ce soir, mais quand je vous dis que je n'avais aucune motivation, c'était intense. Je n'avais été que rarement dans ce cas là finalement, mais je ne désirais pas servir des verres à des personnes pour simplement le enivrer d'alcool. Mon service était court, je ne devais guère travailler que quelques heures, et cela s'ajoutait à ma non motivation. Je me suis mise alors à regarder par la fenêtre de mon appartement, l'agitation commençait à arriver autour du Masquerade qui ouvrirait ces portes à 19h pétantes, pas une minute de retard ne serait tolérées. Puis, je regardais le ciel. Il y avait un orage au loin qui ne viendrait sans doute pas par ici, ou alors en fin de soirée. Le ciel commençait déjà à s'assombrir, il y avait quelques éclairs dans les hauteurs mais aucun son ne parvenait à mes oreilles. Avec les nuages qu'il y avait, j'avais une impression étonnante, comme s'il y avait un combat entre des forces célestes et que chaque éclair représentait un coup donné à son adversaire. Je souriais à cette idée improbable, je me disais que peut être je devrais me joindre à cette bataille sans merci, d'apporter mon soutien à l'un des deux camps afin qu'il puisse obtenir la victoire finale. Si cette réalité s'offrait à moi, je serais peut être une grande guerrière capable de renverser des montagnes, mais ce qui m'attendait était beaucoup moins poétique, moins surprenant, bien plus banal en fin de compte, bien plus routinier aussi. Toujours servir ces gens assoiffés d'alcool, et parfois même plus que cela. Oui, une certaine lassitude se lisait sur mon visage, pour une fois. Cela était si rare, mais ce soir, je devrais forcément avoir un sourire qui ne paraîtra pas très naturel. Je ferrais de mon mieux évidemment pour faire ce qu'il fallait, mais je ne savais pas si les clients en seraient pleinement satisfaits, mais ils n'auront rien d'autres, je ne peux pas faire de miracles. Je décidais donc de me rendre à mon travail avec une motivation digne des grands jours, mais c'était comme cela. Je ferrais en sorte de ne pas trop traîner mon spleen même si ce serait un peu difficile. Je passais par la porte de service pour me rendre dans ma loge. Oui, comme j'étais une artiste, en partie, j'avais droit à ma petite loge. Je prenais ma tenue de barmaid, et je me lançais dans le bain, le Masquerade étant sur le point d'ouvrir ces portes au monde extérieur. Je ne regardais même pas qui pouvait arriver, sans doute des habitués à cette heure-ci, qui d'autres pouvait attendre devant les portes depuis plusieurs minutes que les personnes habituées à venir ? Peu de monde, sauf peut être ceux qui venaient pour la première fois et qui ne connaissaient pas l'heure exacte d'ouverture. Il n'y avait pas tellement de monde, j'avais cette mauvaise impression, celle de ressembler à une plante verte au milieu de ce décor, ne servant à presque rien, si ce n'était pour faire joli. Je servais quelques clients me demandant à boire au bar. Je donnais les verres que la serveuse en salle voulait et je ne me préoccupais pas du reste, pas envie, mais aussi pas besoin de cela. Il y avait suffisamment de barmaid et de serveurs pour le double de monde au moins. Ainsi, je décidais de faire le service minimum et de partir du Masquerade. A quoi bon après tout, n'est ce pas ? Pourtant, il me sembla voir un visage familier dans la foule, un visage que je n'avais pas vu depuis quelques temps, un visage qui était le même mais la personne semblait avoir évolué vers quelques choses de plus classieux. Monsieur Jonas Marcus Crane était parmi nous. Je n'étais plus de service, habillée comme il le fallait mais ne ressemblant plus tout à fait à l'ambiance des lieux. Il fumait un cigare, cela lui ressemblait bien, mais si ceci était une référence à notre première rencontre, il semblait bien différent de la dernière fois. Se souvenait-il seulement de moi qui avait été son guide d'un soir dans la ville ? Il arrivait à la Nouvelle-Orléans, il ne semblait pas de notre époque, il n'en avait pas les us et les coutumes, ni l'accoutrement. Mais il semblerait que la modernité se soit offerte à lui. Il ressemblait à presque n'importe quel client du Masquerade. Alors que ma collègue lui apportait son verre, je me décidais à venir le voir.

    " Monsieur Crane. Quel plaisir de vous revoir. "

    Et sans qu'il ne me réponde quoique ce soit, je prenais place à sa table. Je ne le connaissais pas vraiment pour lui faire une bise ou quelques choses de véritablement familier. Se souvenait-il de moi ? Je le verrais bien assez vite.
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MessageSujet: Re: Lumières et Musiques égayent l'Ombre et la Morosité [Isis]=> Closed   Sam 20 Sep - 11:20

La musique, Jonas ne la supportait que par instants, lorsque le rythme et la puissance des sons de percussions étaient plus discrets, assez pour que les danseurs qui s'agitaient sur la piste cessent de gesticuler comme des macaques affolés pour se consacrer, en couple, à des exercices plus lascifs ou plus tendres. Il était amusant pour le Mage d'observer certains s'éloigner de la piste à ce moment-là, tandis que d'autres cherchaient, parfois desespérément, une partenaire pour ce genre du duo. Devant ce spectacle, Jonas se sentait comme un observateur débarqué dans une tribu lointaine dont les coutumes étranges l'isolaient naturellement, bien que par nature, il était assez solitaire pour le faire lui-même, et dans son regard, une bande de primates s'essayaient aux jeux de la parade nuptiale afin de trouver de quoi combler leur lit pour la fin de la nuit. Hommes et femmes se prêtaient au jeu, dans un sorte d'insoucience pour le plaisir des yeux du sorcier.

A proximité de sa table, un jeune couple, qui s'était formé peu de temps après l'arrivée de Jonas, tournoyait lentement, enserrés l'un contre l'autre, dans un tendresse qui intrigua leur observateur. Il ne les lâcha pas des yeux, les regardant se maintenir ainsi, voyant les mains du garçon se laissaient glisser discrètement vers la chute de reins de sa partenaire, cette dernière le laissant faire. Le Commissaire Politique lâcha un faible gloussement, imaginant que le jeune homme avait déjà tracé dans son esprit le programme du reste de la soirée, et selon toute vraisemblance, la partie semblait être jouée d'avance. Il aurait aimé lire dans les pensées afin de voir ce que tramaient chacun des deux esprits à cet instant, mais du se contenter de regarder. La jeune femme était charmante, et la main de son partenaire avait déjà jeté son dévolu sur l'un de ses charmes qu'elle cachait peu et le Mage ne pouvait que saluer le choix judicieux de son homologue. "C'est presque trop facile...rendons le jeu plus...passionnant" pensa-t-il en étirant ses lèvres dans le seul sourire qu'il savait produire sans effort, un rictus plus carnassier que chaleureux

[Illusion] Le regard figé sur le jeune homme, il concentre son esprit pour atteindre les sens de sa proie et en troubler les diverses sensations. A sa grande suprise, le mage sent que la résistance des sensations du garçon sont nulles, bien plus que tout autre être humain normalement constitué. La raison est fort simple car l'individu est si concentré sur ce qu'il peut ressentir dans le creux de sa main et au niveau de son entrejambe, que ses autres sens se trouvent mis en veille, et la magie de Jonas peut opérer avec une perfection presque inégalée. Il commençe par la main, affectant la perception du toucher assez puissamment pour que la victime sente une modification importante de la courbe et de la fermeté de la fesse sur laquelle il passe ses doigts. Jonas la rend plus ferme et plus fine l'espace d'un court instant, assez pour que le doute s'installe, avec succès. Dans un geste instinctif, le garçon retire soudainement sa main en écarquillant les yeux, puis la repose de nouveau sur une fesse délicate, identique à celle qu'il touchait jusque là. Rassuré, il reprend son massage discret.
Jonas change de cible et s'en prend à sa partenaire. Il laisse glisser l'idée dans sa perception du toucher, celle d'une main plus exploratrice, trop vigoureuse qui cherche à passer un peu trop loin. Aussitôt, la réaction de la jeune femme ne se fait pas attendre et sa main gauche libére le cou de son compagnon et s'empare de l'importune pour la séparer de son postérieur. Surprit une nouvelle fois, le garçon reste le bras ballant puis le repose dans le creux du dos, bien loin de là où il le désirait.
[/Illusion]

Jonas trouva cela fascinant, car s'il était parvenu à se jouer d'eux, malgré tout, le jeune couple dansait encore ensemble, comme si de rien n'était, et quelques instants plus tard, le garçon reprit sa descente vers les fesses de sa partenaire, mais en prenant soin de la laisser sur le côté, carressant autant la hanche que la portion charnue qui se trouvait à proximité. Le mage prit à son jeu, reprit sa concentration

[Illusion]Il fallait mettre un peu plus de persuasion dans sa magie. Il ne voulait pas briser ce petit couple, il voulait seulement étudier leur cohésion. Il décide donc de jouer avec l'odorat cette fois. C'est ce qu'il y'avait de plus simple, d'autant plus que Jonas ne maintenait pas l'illusion, il se contentait seulement de laisser planer un rapide doute afin de voir la persévérance de ces jeunes dans leur envie de l'autre. Quoi de plus reboutant qu'une indélicate odeur corporelle pour faire fuir les parasites... Ce fut la jeune femme qui cette fois-ci eut les honneurs de la magie. Ses narines s'emplissent rapidement d'une odeur moite qui disparait presque aussitôt, et cette fois-ci, la tête se sépare du torse de son compagnon pour le regarder avec un air réprobateur. Mais l'odeur s'étant volatilisée, elle ne peut la sentir à nouveau et son visage se plisse en un froncement de sourcil. Jonas peut alors la voir, et juger qu'elle est belle, félicitant silencieusement le garcon pour son choix une nouvelle fois.[/Illusion]

Ils ne s'étaient point séparés, et restaient là, à tournoyer près de la table de Jonas qui les regardait, son sourire ayant disparu pour laisser à nouveau place à ce visage impassible. Il réfléchit un instant, leur laissant un court répit, cherchant un autre et dernier moyen de les séparer si cela était possible. Il faisait tourner les idées dans son esprit lorsque les deux tourteraux se collèrent à nouveau l'un à l'autre pour s'embrasser tendrement, sans même se soucier de ce qui se passait autour d'eux. Il soupira et trouva l'idée, bien différente de ce qu'il voulait faire en premier lieu, voulant donner cette fois un coup de pouce un peu délicat qui pourrait fort bien accélerer leur union, ou tout simplement les mettre dans un embarras significatif. "Un peu d'ardeur ne vous fera pas de mal..."

[Illusion]Jonas savait le faire, et il n'allait pas s'en priver. Lorsque l'on trouble l'ensemble des sens en une seule fois, l'esprit humain devient fébrile et perd son sens de la réalité. Il devient alors maléable, sensible à toute illusion, toute hallucination. Et quel meilleur instant pour cela que celui d'un langoureux baiser qui les unit. Sans perdre une seconde, il se lançe et génère le trouble. Tels qu'ils sont liés, par le creux de la langue, ils partagent la sensation pertubatrice. Ils l'apprécient, ils doivent alors penser en cet instant que ce baiser est sans conteste le meilleur et le plus agréable qu'ils n'ont jamais reçu. Il joue avec le toucher, exalte leur sensation corporelle. Pour elle, la caresse d'une main passant de son cou à sa poitrine pourrait suffir pour provoquer le frisson, mais la sensation descend encore et encore, s'insinuant bien au-delà des bonnes moeurs. Il n'est pas nécessaire de lire dans l'esprit pour comprendre qu'elle apprécie, son corps tremble à vue d'oeil. Il ne laisse pas le garçon en reste et fait glisser la sensation de la même manière. Les deux tourteraux sont pris dans une spirale de désir qu'ils n'avaient sans doute pas imaginer atteindre en ces lieux, et pourtant...[/Illusion]

...et Jonas frappa brutalement dans ses mains pour briser l'illusion, un bruit sec qui sortit les deux futurs amants de leur désir et les ramèna soudainement à la réalité. Ils se regardèrent aussitôt, perdus, peinant à sortir de la sensation exquise et leur visage montrèrent un mélange subtil de gêne et de satisfaction. Ils avaient aimé, c'était certain, mais semblaient tous deux surpris de la tournure de la situation. Ils se tournèrent alors vers Jonas qui les regardait, toujours impassible, et une montée de sang emplit leur joue dans une confusion certaine. Ils ricanèrent bêtement puis regagnèrent leur table, situé à vue de celle de Jonas.

Durant ce moment, la serveuse revenait vers lui avec un verre dont le contenu ne lui évoquait rien, mais elle ne revenait pas seule. Une jeune femme la suivait et tira la chaise devant le Mage et s'y assit, un sourire aux lèvres. Tirant sur le cigare qui s'était consumé sans qu'il s'en occupe, la bouffée de fumée qui s'en échappa était âcre, et le Mage la recracha aussitôt.

-La jeune et belle Whitefield. Il semble que je ne t'ai point oublié. Il me semble même me souvenir que c'est dans un lieu tel que celui-ci que tu opères. Tôt ou tard, nous étions amenés à nous rencontrer de nouveau

La serveuse avait été dépassé par sa collègue, et arriva un court instant après, non sans avoir eu à prendre la commande d'une autre table en passant. Elle déposa devant Jonas un grand verre dont le liquide était fait de plusieurs couleurs disposés élégamment en strates, une gourmandise visuelle qui ne manqua pas de surprendre le sorcier, habitué aux couleurs uniformes des boissons qu'il ingurgitait régulièrement. Il observa le verre puis regarda la jeune femme qui s'apprêtait à repartir continuer son service

-Une invitée s'est présentée à ma table, jeune fille. Daigne lui servir ce qu'elle désire, et offre une tournée de ma part à ce petit couple là-bas

D'un geste de la main, Jonas indiqua à la serveuse la table où se tenait le couple contre lequel il avait usé de ses capacités. La jeune femme hocha la tête puis se tourna vers Isis afin d'attendre sa commande, tandis que Jonas faisait de même

-Alors ma chère, pour cette fois, les rôles semblent inversés. Je suis celui qui verse les deniers, mais l'endroit n'est en rien commun avec ce que nous avons connu. J'ose espérer ne pas t'avoir empêché de mettre la main sur un compagnon en entrant dans ce club. D'ailleurs, ne serait-ce pas celui dans lequel tu oeuvres?
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MessageSujet: Re: Lumières et Musiques égayent l'Ombre et la Morosité [Isis]=> Closed   Lun 22 Sep - 16:41

    Jonas Marcus Crane était un homme que je ne pensais pas revoir un jour, tout du moins, pas dans ces circonstances là. Il débarquait en ville la première fois, il y a de cela plusieurs semaines. Je ne savais pas d'où il venait, ni de quelle époque, mais il semblait avoir quelques buts à atteindre. Lesquels ? Je ne le savais pas, mais il semblait très déterminé et aussi assez doué pour les obtenir sans aucun problème. Il était là, seul, semblait observé un jeune couple venus s'amuser au Masquerade. Les connaissait-il ? Probablement que non vu qu'il ne donna pas leurs prénoms, mais sans doute avait-il agit sur eux à distance. Mes connaissances à propos de ces personnes douées naturellement étaient assez limitées, mais j'avais cru comprendre qu'il en existait un certain nombre, ceux pouvant se changer en animaux, ceux aspirant l'énergie vitale et ceux qui avait des dons de magie. Et il y avait les autres, les simples humains comme moi qui traçaient leur route entre les obstacles de la vie. Crane ne faisait pas tellement partie de mon paysage habituel, je ne l'avais d'ailleurs pas vu par ici, c'était la première fois depuis qu'il était arrivé en ville, mais j'espérais que cela ne soit pas la dernière. En tout cas, il ne semblait pas m'avoir oublié depuis la dernière fois ce qui me fit sourire légèrement. Je n'avais servie que de guide dans les méandres de la ville mais cela l'avait suffisamment marqué pour qu'il se souvienne de moi. Je ne voulais pas me jeter des fleurs mais mon visage laissait souvent une marque indélébile dans l'esprit des personnes. On se souvenait de moi comme étant la pianiste, s'ils avaient eu un peu de chance, ou alors comme celle qui leur avait offert l'ivresse d'un ou plusieurs verres. Il n'était pas rare que je reçoive des invitations plus que déplacées durant le cadre de mon service. Il était cependant rare que je les accepte mais certains son plus persévérant que d'autres à vrai dire et devant tant d'énergie, il m'arrive de céder, essayant d'apprendre à connaître la personne, puis, si je la jugeais digne, de céder à ces avances charnelles. Cela restait cependant assez exceptionnel, mais ceux qui avait réussi pouvait s'en vanter, car certains, bien qu'insistant depuis longtemps, n'ont vu guère plus qu'un bout de seins ou de fesses, et encore, cela est dû aux costumes qu'il m'arrive de porter, soit assez décolleté, soit assez court pour que l'on puisse voir une infime partie de mon postérieur.

    Mais là, il n'était pas question d'une quelconque séduction, mais bien plutôt de parler avec un connaissance, histoire de voir ce qu'elle devenait dans la ville. J'analysais donc ses première paroles. Il me dit que tôt ou tard nous allions nous rencontrer. Cela voulait-il dire qu'il faisait la tournée des bars et autres cabarets de la ville ? Possible, peut être qu'il cherchait quelqu'un en particulier dans ces lieux, sans doute pas moi, ou alors autres choses que je ne pouvais pas véritablement savoir. Ma collègue avait apporté son cocktail à l'homme à ma table. Jonas lui dit donc de m'en servir un, tout du moins de me servir un verre. Je lui dis donc que je prendrais la même chose. Puis il désigna le petit couple qu'il semblait observer depuis quelques instants, leur offrant une tournée. C'était généreux de sa part, mais il ne faisait sans doute pas cela totalement gratuitement. Enfin, c'était ce que je pensais. La première fois, il ne semblait pas agir de façon si simple que cela, alors ce devait toujours être le cas ici. Il n'était sans doute pas là, simplement pour profiter de l'ambiance, mais je ne le connaissais que succinctement, peut être était-il différent de cela. Il me dit alors que cette fois, ce serait lui qui offrirait le repas, enfin en l'occurrence le verre à boire, comme s'il me rendait la pareil pour la première fois. Il me dit alors qu'il espérait ne pas m'avoir empêché de rejoindre un autre homme, me demandant si j'officiais bien au Masquerade.

    " La Nouvelle-Orléans est une grande ville mais les places populeuses comme celle-ci ne sont pas si nombreuses, alors oui, si vous vous êtes mis à fréquenter ce genre d'endroit il y avait de fortes chances pour que nous nous croisions. Mais ne vous en faites pas, je viens simplement de finir mon service et je vous ai vu. Je me suis dit que cela serait une bonne idée que de venir vous parler un peu. La ville vous plait je suppose, sinon, vous ne seriez pas resté ici. Il semblerait que vous vous soyez bien adapté en tout cas. "

    Et je lui livrais un beau sourire. Tout ce que je disais était tout à fait sincère, il semblait être un homme nouveau, tout du moins, un homme mieux adapté à son environnement. Même s'il m'avait parlé de deniers comme à l'ancien temps, son langage semblait être plus moderne pour ainsi dire, moins vieillot car la première fois, il usait d'un langage venant d'une autre époque.
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MessageSujet: Re: Lumières et Musiques égayent l'Ombre et la Morosité [Isis]=> Closed   Lun 22 Sep - 19:04

La nuée du cigare s'élevait tout autour de lui, stagnant autour d'une applique qui ornait le mur tout proche. La musique changea une nouvelle fois, passant de ces rythmes adoucis à quelque chose d'un peu plus soutenu, et les gens sur la zone dégagée au milieu de la salle s'agitèrent soudainement plus rapidement, maintenant dans leur évolution une certaine grâce dans leur danse. A aucun moment Jonas ne put imaginer qu'il existait des musiques bien pires que celle-ci dans la violence du rythme et des percussions, et s'il venait à l'apprendre, il savourerait autrement cette ambiance musicale.

De toutes manières, il avait une invitée à sa table, raison suffisante pour ne pas se préoccuper plus que cela de l'atmosphère des lieux, d'autant que cela n'empêchait pas d'entendre Isis lui parler. Elle n'avait guère changé, toujours aussi jeune, toujours aussi ravissante, mais étrangement, elle n'avait pas grand chose à voir avec la jeune femme qui l'avait accueilli en ville. Il lui aurait été incapable de l'expliquer avec des mots, il le ressentait simplement, dans son apparence, sa tenue, son comportement, un mélange subtil qui modifiait grandement la donne. Lui en revanche n'avait absolument rien à avoir avec ce qu'il fut cette nuit-là, il en avait conscience, et le voyait nettement dans le regard de la jeune femme, à sa manière de le dévisager, le connaissant sans le reconnaître vraiment. Quoi de plus normal, après tout, il n'était plus un vagabond
Elle n'hésita d'ailleurs pas à en faire une remarque, évoquant son aisance en ces lieux, preuve qu'elle avait remarqué qu'il commençait à se faire un nid ici, à prendre place dans un lieu qui n'était pas le sien."Cette ville me plait-elle? Voilà une excellente question...Difficile de répondre, s'était-il déjà bien senti dans une cité, en avait-il apprécié seulement une?

-Eh bien, je ne saurais dire si j'aime cette cité. Elle présente l'avantage d'être vivante, ce qui représente beaucoup de choses en comparaison des villes que j'ai eu le loisir de visiter sur ma route. Quand à me plaire, c'est une autre histoire. C'est grand, peuplé...il y'a des endroits au sein desquels la moindre promenade ne m'enchante pas, et il y'a tant de murs et de fenêtres que j'en oublie parfois ce à quoi peut ressembler une forêt sauvage. Mais si je devais opter entre ici et à l'extérieur, j'ai déjà fait mon choix, et j'ai passé bien trop de temps loin de la civilisation.

Ce n'était pas tout à fait faux, il est vrai que la ville avait parfois des airs de taudis de taille gigantesque, mais il devait aussi prendre en considération que lui vivait dans un quartier dont l'esthétique était plus supportable que celle des coins les plus éloignés de la cité. Par chance pour lui, ce club se situait dans un endroit assez proche de son lieu de résidence, lequel se trouvait être encore une partie de son bureau aux dernières nouvelles."Il me semble que cet endroit ne correspond pas à la description qu'on m'en a faite". Il se souvenait que le préposé à l'accueil de l'étage où se trouvait la CSSP l'avait exhorté à se rendre dans ce club, mais en évoquant la présence de jeunes femmes souvent peu vêtues, bien loin de ce qu'il pouvait voir en cet instant. Et Jonas n'était pas le genre d'homme à garder la langue dans sa poche, et le tact était une manière qu'il ne connaissait pas.

-Je crains fort de m'être égaré une fois de plus ma chère. Il m'a été décrit que ce lieu faisait des...comment diable a-t-il cela? Je ne me souviens plus du terme qu'il a employé...Un "prise it"?Non, ca ne doit pas être cela

Il se trouvait ennuyé de ne pas avoir retenu ce terme, mais il évoquait si peu de chose pour le Mage qu'il n'avait pas cru bon judicieux de le retenir. Encore une erreur, et à ce tarif-là, Jonas ne les comptait plus, la malchance d'un homme qui apprenait à vivre dans un monde qui n'était pas le sien

-Bien, disons qu'il m'a été rapporté qu'ici, les femmes avaient tendances à se promener en tenue plus légère... Maintenant que j'y pense, le regard de cet homme avait une dangereuse lueur lubrique, je n'aurais peut-être pas dû l'écouter, sans doute a-t-il encore une passion inassouvie pour les liqueurs que vous ingurgitez. Je ne me rappelle pas t'avoir entendu dire que tu excercais ce genre de choses, donc par déduction, en plus du visuel, il est évident que l'idiot du village ne sait même pas où il habite et qu'il ne m'a pas indiqué la bonne direction. Qu'à cela ne tienne, je me contenterais de cet endroit puisque tu t'y trouves également.
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MessageSujet: Re: Lumières et Musiques égayent l'Ombre et la Morosité [Isis]=> Closed   Ven 26 Sep - 16:39

    Je dois bien vous avouer que je ne m'étais pas tellement attendue à le trouver ici, mais il était bien là. Il n'était plus l'homme vagabond arrivant en ville mais bien un homme plus sûr de lui, s'étant fait aux us et coutumes de notre époque, de notre ville, de notre civilisation, du moins en apparences en tout cas, car ce n'est pas en seulement quelques mois que l'on devient un expert de notre histoire, de notre vécu et tout ce qui va avec mais il semblait bien s'acclimater. Il était toujours avec son cigare, une habitude qu'il semblait avoir conservé avec le temps, une bien mauvaise habitude qui ruinait ces poumons, mais quelques choses me disait que ce n'était pas vraiment l'une de ces priorités absolues. Il avait d'autres chats à fouetter que de se soucier de sa santé. Je ne suis pas comme ça personnellement, ma santé est quelques choses d'important. Je n'ai jamais fumée, je n'ai jamais commencée contrairement à pas mal de monde, et c'est sans doute un bien pour moi. Il faut dire que je suis restée si longtemps dans ma bulle, dans mon monde à moi que j'aurais eu du mal à trouver ce vice par moi-même. Jonas était un adepte du cigare, et ma foi, il faisait ce qu'il désirait. En tout cas, cette deuxième rencontre se faisait dans des conditions bien différentes de la première. Nous étions à l'aise, dans mon lieu de travail alors que je venais de finir de travailler. Je savais que je ne devrais peut être pas rester là trop longtemps, on ne sait jamais, il suffit qu'une grosse vague de clients arrivent pour qu'on me dise de reprendre mon poste au bar ou en salle. Mais je me faisais toute petite, qu'on ne me remarque pas, ou alors, à peine en discutant avec Crane. Que faisait-il à présent ? Son apparat me laissait présagé quelques choses d'important, mais je ne saurais le dire avec précision. En tout cas, je lançais la conversation, du moins, je le lançais sur un sujet qui semblait être plus difficile qu'il n'y paraissait. Il semblait à l'aise dans cette ville, mais l'aimait-il vraiment ? Il ne le savait pas trop, parce qu'il n'avait sans doute pas l'habitude de rester si longtemps dans un même lieu. Il ressemblait plus à un voyageur visitant les villes et les pays à travers le monde, qu'à un casanier qui une fois en place ne bouge plus vraiment. Pourtant, les conditions faisaient qu'il était devenu difficile de voyager en dehors de la ville. Le monde allait mal, très mal, et la Nouvelle-Orléans n'y échappait pas véritablement. Il me dit alors des choses intéressantes. Il me confirmait l'impression que j'avais eu la première fois. Il n'est pas habitué à rester trop longtemps à la même place. C'est un voyageur, il aime la nature, mais s'il avait à choisir, il préférait rester pour le moment ici qu'être ailleurs. Il stoppa quelques instants ces propos. Il s'était apparemment égaré une nouvelle fois, mais pas de la même manière. Je n'avais plus besoin d'être son guide dans la cité, il savait se diriger, et même s'il disait cela à propos du Masquerade, je restais persuadée qu'il aimerait le lieu, il n'y avait qu'à voir comment il regardait ce petit couple non loin de nous, comme s'il les connaissait, comme s'il avait envie de jouer avec eux deux. C'était étrange d'ailleurs. On lui avait conseillé le Masquerade apparemment parce que nous faisions quelques choses de spécifiques, mais il ne su pas me dire ce que c'était, n'ayant pas retenu le terme exact. Je fronçais quelques peu les sourcils ne voyant pas ce qu'il voulait dire. Un homme qui semblait s'apparenter à un de ces nouveaux collègues de travail lui avait dit que nous étions ici en petites tenues, et c'était véritable. Si j'étais dans une tenue tout ce qu'il y a de plus banale maintenant, certains de mes costumes laissaient entrevoir plus de chair, mais cela ne me dérangeait pas.

    " Vous savez, si vous voulez voir un peu de verdure, il y en a énormément aux abords de la ville. La civilisation a peut être le dessus un peu partout mais la nature a encore ces droits. En tout cas votre ami ne vous a pas menti concernant le Masquerade. Cela dépends des jours, mais bien souvent les costumes que nous portons laissent voir un peu plus qu'ils ne suggèrent les choses. Mais dites moi, que faites vous de votre temps à présent ? Je suppose que vous êtes venu ici pour vous divertir un peu mais le reste du temps ... "

    Il avait un travail à n'en pas douter, mais quoi ? J'aimerais bien le savoir puisqu'il savait pour moi. En tout cas, même si le lieu n'était pas exactement comme on lui l'avait décris, il semblait vouloir rester pour être avec moi ce qui dans un sens me ravissait. Si je n'avais pas été là, peut être qu'il serait reparti bien vite. Mais il était là, et tant que nous discuterions ensemble, il n'était pas prêt à partir.
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MessageSujet: Re: Lumières et Musiques égayent l'Ombre et la Morosité [Isis]=> Closed   Dim 28 Sep - 15:50

"Ce que je fais le reste du temps..." C'était là une question sensée de la part de son interlocutrice de ce soir, mais sa réponse, Jonas devait la peser conscencieusement avant de la donner. Il était bien sûr évident que la jeune femme ne devait en aucun cas apprendre quelles étaient les réelles fonctions au sein du Gouvernement, et plus encore venant de sa propre bouche. Elle était une citoyenne, un simple citoyenne, et n'avait ni les autorisations ni même l'autorité nécessaire pour connaître toutes les vérités. Pour le Mage, il s'agissait d'être convaincant afin qu'elle ne pose pas davantage de question sur le sujet.

-Il y'a quelques temps déjà, le Gouvernement m'a..."invité" à rejoindre son organisation pour assurer quelques devoirs pour eux. Depuis ce jour, je suis en charge de veiller à l'application des lois, leur respect ainsi que de l'intégrité de l'ensemble des instances qui ordonnent ces lois, qu'elles soient au sein du Gouvernement ou bien à l'extérieur.

Il fit silence afin de bien repenser à sa diatribe."Crédible mais peu compréhensible... Il est vrai qu'il avait mis lui-même bien plus de temps à comprendre le but et le contenu de ses fonctions officielles qu'interpréter son travail officieux, plus clair pour n'importe qui. Mais dire à quiconque qu'il était en réalité l'homme qui devait centraliser toute forme de renseignements utile au Gouvernement afin qu'il puisse assurer sa survie, sa perénité dans le temps ainsi que sa mainmise sur la cité et ses habitants, qu'ils en soient reconnaissants ou non. Cette dernière partie pour Jonas ne signifiait pas grand chose, il s'intéressait uniquement à la première et aux conséquences immédiates que cela indiquait pour lui, notamment lorsqu'il s'agissait de traiter le ou les renseignements d'une façon ou d'une autre. Pour le reste, sa couverture n'en était pas vraiment une, c'était un travail tout aussi important, d'autant plus que dans certaines circonstances, il était déjà arrivé que le Commissaire Politique soit informé d'un cas par le biais de son autre "devoir", ce qui rendait alors la chose autrement plus sympathique qu'elle ne l'était le reste du temps.

Jonas parvint à la fin de son cigare et l'écrasa dans la petite coupelle qui se trouvait en bord de table, prenant soin à ce que le brasier qui consumait la feuille de tabac roulée soit entièrement éteint. Il s'agissait maintenant pour lui de goûter le breuvage choisi par la serveuse à son égard, qui, bien que coloré et joliment servi, ne lui inspirait pas grand chose. A la vue ce n'était là qu'un mélange de jus de fruits, peu cohérent avec ce qu'il appréciait ingurgiter d'ordinaire. Il se lança toutefois et en bu une gorgée, légère, afin d'apprécier le goût. Il fut surpris car si cela était sucré, il sentit rapidement dans sa gorge la chaleur provoquée par l'alcool qui glissait dans son oesophage, un liquide puissant, masqué par le fruit. C'était plutôt savoureux autant qu'inattendu et le Mage en avala d'autres gorgées.
Il regarda sa voisine de table et reposa son verre.

-En parlant de travail, ainsi tu as fini le tien ici, pour cette journée s'entend. A quoi te serait tu donc employée pour finir cette soirée, dans le cas ou nous ne nous serions pas trouvé dans cette salle? Il me serait logique de penser que tu ne fréquentes pas nécessairement cet endroit pour occuper ton temps libre, n'est-ce-pas?

Il s'essayait à la sociabilité, il le devait petit à petit afin de trouver le reste de place qu'il avait à occuper dans ce monde. Même s'il s'accoutumait aux usages, au quotidien, il lui fallait encore découvrir quelques subtilités qui lui échappaient, du fait de son caractère quelque peu solitaire qui l'éloignait de beaucoup de chose. Mieux encore, si cela devait interférer sur sa vie, il était possible aussi qu'un tel élan de sa part puisse apporter quelques éléments pour son devoir envers le Gouvernement, car plus de choses il savait, meilleurs pouvaient être ses renseignements, ainsi que les possibilités de traitements de ses "opérations", officielles tant qu'officieuses. Certes, d'un point de vue moral, se servir d'une connaissance pour accéder à ce genre de connaissance était quelque peu douteux, mais c'était là une opportunité qu'il ne fallait pas manquer.
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MessageSujet: Re: Lumières et Musiques égayent l'Ombre et la Morosité [Isis]=> Closed   Mar 30 Sep - 15:29

    Oui, il était certains qu'il était venu pour se détendre ici sur les conseils de son ami, mais que faisait-il le reste du temps ? Je veux dire, quand je l'ai rencontré, il sortait de nul part comme s'il s'était téléporté depuis je ne sais quel coin reculé de la planète, il n'était pas même acclimaté à notre vie de tout les jours, vivant comme dans un passé bien lointain du notre. Mais à présent, il semblait parfaitement en ordre de marche dans la civilisation qui l'avait accueillie. Il avait même trouver rapidement un travail. Il y a quelques temps déjà comme il disait. Cela était vague, notre rencontre dans la ville ne remontant pas à tant de temps que ça, mais pour lui, c'était en quelques sortes déjà la routine que de travailler pour le gouvernement. Je ne savais pas ce qu'il y faisait véritablement, mais il semblait apprécier. Son rôle était un peu vague, il devait faire respecter les lois par ici. Il avait du les apprendre à une vitesse folle pour ne pas commettre d'impair, du moins, c'est ce que je pensais car il ne devait pas les savoir. Pourquoi lui avait-on confié cette tâche ? Qu'est ce qui se cachait derrière cette habit de lumière, ou plutôt de ténèbres ? Parce que oui, il était en quelques sortes un juge pour chacun d'entre nous. Si la loi n'était pas respectée, il pouvait se permettre de donner des sanctions, sans doute parfois lourde et coûteuse, ou de donner de simples avertissements dans un premier temps avant d'être punitif. Son métier me laissait bien songeuse, mais après tout, cela ne me regardait pas plus que cela. Je n'avais rien à me reprocher, rien du tout alors, je n'avais pas peur de lui. Enfin, je n'avais rien à craindre puisqu'il vérifiait cela au niveau des instances. Que voulait-il dire par là ? Cela aussi était assez vague, il ne s'en prenait pas à l'entité d'une personne, mais à une entreprise, ou quelques choses s'y rapprochant. Il était donc peut être là pour vérifier que tout était en ordre au Masquerade, je ne sais pas, peut être que sa visite n'était pas si courtoise que cela.

    Mais j'étais là, nous partagions un petit moment ensemble. Je ne dis rien de plus par rapport à son métier qu'il avait à présent. Je l'observais, il venait de finir son cigare vérifiant qu'il ne restait rien qui ne puisse enflammé le Masquerade, on ne sait jamais. Puis, il s'arrêta sur son cocktail, l'un des plus chers, mais aussi l'un de mes préférés. Ma collègue l'avait semble-t-il bien réussi vu toutes les strates de couleurs qu'il y avait et Jonas, bien que paraissant peu emballé par l'apparat sembla apprécié le goût de la boisson. Je buvais du coup moi aussi une gorgée de ma boisson favorite que ma collègue m'avait apporté avant qu'il n'ouvre à nouveau la bouche. Il me demanda alors ce qu'aurait été le restant de ma soirée, si je ne l'avais pas croisé, se doutant que je ne passais pas tout mon temps libre par ici. Les fois où je restais après avoir finie mon travail était les soirs où je jouais du piano, mais habituellement, les soirs comme aujourd'hui où le cabaret est rempli modestement et où je ne suis pas obligée de rester très tard, je rentre chez moi. Mais il avait été là, du coup, j'avais déviée de mes habitudes même si cela ne me dérangeait nullement. Qu'est ce que j'aurais fait donc ?

    " Effectivement, je ne passe pas tout mon temps libre par ici. Les seules fois où je le fais en général, c'est quand je joue du piano, les gens aiment bien converser avec moi, souvent pour me féliciter. Je n'avais pas de plans spécifiques de prévu pour ce soir à vrai dire. Je serais probablement rentrée chez moi, non loin d'ici, et j'aurais sans doute lu un livre avant de me coucher, rien de forcément palpitant, mais qui me convient tout à fait. "

    Oui, ces soirs là, je m'enfermais dans ma bulle la plupart du temps, à lire ou regarder quelques choses à la télévision, ou un film que je possédais. Il m'arrivait aussi de partir me promener, loin du centre de la ville pour profiter de la tranquillité des alentours. Je n'avais pas grand chose à lui raconter, ma vie était assez simple finalement, elle n'était pas extraordinaire, mais elle me convenait parfaitement.
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MessageSujet: Re: Lumières et Musiques égayent l'Ombre et la Morosité [Isis]=> Closed   Mar 30 Sep - 18:10

Lorsqu'il entendit parler de piano, l'esprit de Jonas se mit à réfléchir à grande vitesse, cherchant dans sa mémoire et ses quelques connaissances du monde moderne pour savoir de quoi la jeune femme parlait. Totalement inconnu de son vocabulaire, du moins pour l'instant, le mot n'évoquait rien, et le Mage dut faire appel à ses quelques capacités de déduction pour tenter de comprendre de quoi elle pouvait bien parler. Il savait qu'elle travaillait dans cet endroit, un lieu privilégiant la musique et la boisson, et dans la mesure ou l'on ne "jouait" pas avec les choses qui se buvaient, il ne fut pas difficile pour Jonas de comprendre qu'Isis évoquait là un certain instrument de musique. Une partie de la solution était déjà trouvée, il ne restait plus alors qu'à trouver le reste, c'est à dire l'instrument en question, ce qui n'était pas une chose aisée. En balayant la salle du regard, il pensa pouvoir s'aider avec ses yeux, et passant outre les danseurs ainsi que les personnes oeuvrant derrière le comptoir, il ne restait plus, dans la salle, que cette espèce de petite estrade logée à l'opposé de la pièce par rapport à sa table ou se tenait un homme jouant sur une espèce de pupitre et qui suivait, bien ridiculeusement, le rythme des morceaux qui résonnaient sur le dancing. La table en question était bardée d'équipements électriques, et dans la mesure où Isis n'était pas derrière le meuble, il était évident que ce n'était point là le fameux piano. Il fallait donc chercher encore autre chose. Mais sur l'estrade, il ne restait plus grand chose à fouiller de là où il se trouvait, juste un socle avec une espèce de petite boite galbée à long manche et pourvu de cordes, ainsi qu'une grosse commode allongée dont le couvercle supérieur était levé, maintenu en l'air par une sorte de bielle. Cela n'avait rien d'instrumental, mais le bois, verni et noir, luisait sous la lueur des spots et des stroboscopes, d'autant que Jonas finit par remarquer la présence d'un siège sommaire disposé devant le meuble en question.

Il regarda de nouveau Isis, cherchant sur elle, quelque chose qui aurait pu l'aider dans sa déduction, mais en vain, se trouvant totalement incapable de l'imaginer créant un air musical avec un quelconque instrument. Il chercha alors a associer les deux images, oubliant totalement pendant ce temps qu'elle n'avait pas parlé que de piano, mais c'était aussi penché sur ses occupations en dehors de son travail. Obsedé par l'idée de trouver de lui-même l'instrument nommé "piano", il ne s'intéressa plus à la réponse que lui avait fourni sa compagne, alors qu'elle répondait justement à une de ses questions. Lui vint alors une idée, sobre, celle de placer mentalement dans son esprit la jeune femme sur la scène et de lui adjoindre de la même manière l'une des trois choses qui ornaient la scène. Il commença par le pupitre, créant cette image où Isis se trouverait derrière à la place de l'idiot qui gesticulait aussi grossièrement qu'un chimpanzé manchot. "Certainement pas, trop ridicule!". Il changea pour la boîte à manche, quelque chose de plus subtil, discret même. Sa mémoire s'éclaira soudainement, comprenant que cet instrument-là, il le connaissait, il l'avait déjà vu dans des vidéos sur la télévision..."Intéressant, mais trop simple, cela manque de distinction" L'association ne marchait pas, la jeune femme n'était pas faite pour l'utilisation de cette chose bien que le son que produisait la...."Guitare, voilà je crois que c'est ce nom-là!" Non, maintenant qu'il se souvenait du nom, il était évident que ce n'était pas le piano. Restait alors le gros meuble en retrait, énorme comparé au reste et dont l'allure était bien plus distinguée que celles des autres instruments. "De la musique dans une commode?" Pourquoi pas, la musique d'ambiance de la salle provenait à priori du pupitre électrique, il n'y avait rien qui empêchait un meuble énorme à produire lui-même un son musical bien qu'il ne soit pas pourvu de câblage comme l'autre.

Curieux, Jonas se leva et se dirigea vers la scène, tentant, parfois maladroitement, de passer entre les danseurs qui s'excitaient sur un son rythmé mais plutôt gai à l'écoute. Il bouscula, involontairement, un jeune homme qui tentait de déclencher chez une femme un semblant d'intérêt, et à la manière du regard qu'il lança au Mage après le choc des épaules, Jonas comprit qu'il venait d'entraver ses essais. Sans avertissement, pris dans une colère parfaitement visible et peut-être compréhensible, l'homme agrippa le Mage par le col, croyant sans doute avoir à faire avec un rival peu subtil, sans s'être rendu compte que son accès de colère avait quelque peu dérouté la jeune femme qui s'était éloignée aussitôt. Lorsque la poigne du flambeur se referma sur sa chemise, Jonas n'eut pas d'autre choix que de se défendre, d'une manière peu discrète cependant. Il lanca sa main sur la gorge de son assaillant et enserra brutalement la trachée et la thyroïde, l'impact et la surprise le libérant aussitôt. Ainsi fait, il relâcha l'imbécile qui porta la main à son cou en toussant, cherchant à reprendre son souffle
Le reste du trajet vers l'estrade fut sans incident, la plupart des danseurs reculant à l'approche du sorcier tout de sombre vêtu. Jonas monta le petit escalier sur le côté de la scène et apparut à la vue de tous, se dirigeant droit vers le meuble qu'il visait et en fit le tour avec l'oeil d'un brocanteur dans un magasin d'antiquité. Il passa la main sur le bois verni, en appréciant la douceur du contact, puis se rapprocha du siège et vit enfin les touches noires et blanches qui ornaient le clavier. Dans la salle, tout le monde le regardait, intrigué de son attitude, et plongé dans sa contemplation, il n'entendit pas la musique diminuer de volume
Il passa sa main sur le clavier et les sons se firent entendre, qu'il reconnut, en ayant déjà entendu régulièrement dans l'immeuble ou il travaillait, dans la rue, à la télévision. Il venait d'identifier quelque chose, il venait de découvrir le piano visuellement, quelque chose dont il aurait presque pu être fier, mais il n'en montra rien. Mieux encore, l'association du son, de l'image avec Isis Whitefield, la distinction de l'instrument et la délicatesse physique de la jeune femme coincidait presque parfaitement. "Finalement, ils semblent que nos amis modernes savent concevoir des merveilles et pas simplement que des choses qui brillent et s'illuminent avec l'électricité"

Satisfait, Jonas fit demi-tour et remonta la salle vers sa table. En chemin, il croisa le regard penaud du jeune homme qui l'avait assailli malencontreusement, ce dernier reculant pour ne pas offensé davantage le Mage. Jonas l'observa de la tête au pied puis se tourna vers un autre groupe pour retrouver parmi eux, la jeune femme qui intéressait son "assaillant".

-Viens par là mon garçon, il me semble t'avoir fait manquer une bonne soirée.

Il le prit par le bras et l'entraina, un peu contre son gré, auprès de sa prétendante, du moins ce que pouvait croire Jonas, qui n'avait pas conscience que peut-être cette charmante personne n'avait rien à faire du garçon. Il se planta devant elle, et ne prit pas compte du visage apeuré de la femme. Il ne prit pas de temps pour la jauger, mais du peu qu'il pu voir et surtout de ce qu'elle mettait en avant dans une tenue assez proche du corps, très proche même, Jonas aurait pu émettre un sifflement admiratif, mais il ne le fit pas

-Jeune fille, je me dois de m'excuser, ce jeune homme faisait étalage de ses performances physiques pour t'intéresser dans l'espoir de pouvoir te culbuter ce soir. Après m'être maladroitement incrusté dans vos parades, je te rend ton étalon!

Puis en se tournant vers le garçon, il tourna le dos à son interlocutrice, posa une main amicale sur l'épaule et chuchota à son oreille

-Eh bien mon ami, je dois m'incliner devant ton choix, avec un tel corps, même les morts retrouveraient leur ardeur. Sois donc vigoureux, et qu'elle s'en souvienne longtemps.

Il tapota l'épaule et remonta vers la table derrière laquelle il prit place. Il avala une gorgée du cocktail puis releva la tête.

-Le piano c'est un très bel instrument, je me dois de l'avouer. J'ai déjà entendu le genre de musique qu'il peut générer, c'est aérien, ca ne me déplait guère. J'imagine donc que si tu en joue ici, c'est que tu en maîtrise le sujet.

Il ne put terminer sa phrase car un claquement sec retentit dans la salle, tout près d'eux. Toute l'assistance avait les yeux rivés sur la scène incongrue qui se déroulait en bord de piste, là où il avait délaissé les deux jeunes gens. La superbe jeune fille avait giflé sèchement son prétendant sur la joue et s'éloignait en hurlant quelque chose que Jonas ne put vraiment comprendre, mais en revanche, il put constater que le garcon était resté là, bêta, la main sur la joue, et divers visages autour de lui se muaient en des faciès moqueurs, riant de son infortune.

-Bien, il semblerait que ce soir, notre jeune ami n'aura pas le droit à une sauvage chevauchée. Je pense qu'un verre lui sera d'un grand secours...
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MessageSujet: Re: Lumières et Musiques égayent l'Ombre et la Morosité [Isis]=> Closed   Jeu 2 Oct - 17:52

    Oui, je me rendais compte que ma vie n'avait rien de fou, qu'elle était bien plate, bien monotone au final pourtant, je n'étais pas du genre dépressive. J'étais quelqu'un de calme et de posé, voilà tout, pas forcément très exubérante, ou trop extravertie. S'il y avait des choses à dire, je les disais, mais s'il n'y avait pas besoin de les dire, je les gardais bien pour ma petite personne. Pour tout dire, je ne savais pas ce que j'allais précisément faire de ma soirée, mais du coup, à présent, je parlais avec Jonas, des sortes de retrouvailles, et nous faisions un peu le bilan de nos vies mine de rien. Et je me rendais compte que la sienne semblait être plus sympa que la mienne, quoique, travailler pour le gouvernement n'était peut être pas ce qu'il y avait de mieux. Enfin, au moins, il était sûr d'avoir du travail. Vous me direz, si je continuais à bien travailler comme je le faisais, je n'avais pas de raisons de m'inquiéter pour ma part non plus. Le Masquerade tournait très bien, les gens venaient en masse se détendre dans nos murs. Il y avait quantité de têtes que je voyais régulièrement. Peut être pas forcément tous les soirs, mais au moins une fois par semaine. J'étais souvent ici, alors eux comme moi, nous faisions partie de notre paysage visuel. Pourtant, je sentais que Jonas ne m'écoutais déjà plus. Avais-je dit un mot de travers ? Non, je n'avais pas parler trop vite, ni dit un mot qui me semblait barbare à ces oreilles. Je ne disais plus rien, je l'observais simplement.

    Il n'y avait pas à dire, ce Crane était un homme véritablement à part parmi les hommes. Son attitude dérogeait à de si nombreuses règles qu'il en était carrément atypique. Il regardait la scène dans un but que je ne comprenais pas encore. Il regarda différentes choses avant de se lever. Il bouscula un jeune homme qui le prit à la gorge, et il en fit de même. Heureusement, les deux lâchèrent prise rapidement si bien que personne ne les vit ou presque. Les videurs étaient resté à leur place sans réaction aucune. Puis, il se dirigea vers la scène, plus particulièrement vers mon piano. C'était donc cela qui l'avait fait décrocher. Il ne semblait pas savoir pleinement ce qu'était un piano, il voulait en avoir le coeur net et il s'était permis de monter sur scène et d'en jouer quelques notes. Les videurs étaient en approche. Ils n'aimaient pas ce genre de troubles fêtes, mais Jonas descendit presque aussitôt, laissant reprendre le show devant des yeux éberlués. Il s'approcha alors du jeune homme qui tentait de draguer une belle nana. Je ne sais pas ce qu'ils se sont dit, et ce qu'il a fait exactement, mais ce n'était assurément pas approprié. En effet, la jeune femme mis une belle gifle au jeune homme avant de partir. Elle avait du le trouver bien lourd, essayant de l'avoir dans son lit, en vain. Jonas me parla alors du piano, il semblait ne pas savoir ce que c'était mais après vérification, il le connaissait à vrai dire et il appréciait sa mélodie. Il me parla ensuite de la chevauchée sauvage que ne ferrait pas le jeune homme avec la belle donzelle qu'il tentait d'apprivoiser. Le terme fit pousser un petit gloussement.

    " Je crains fort qu'il ne puisse pas avoir sa chance avec cette belle jeune femme, en effet. Et oui, je maîtrise à la perfection le piano. Vous devriez revenir dans deux jours. Je fais mon spectacle ce soir là, je joue du piano dans ma tenue spéciale. Je suis certaine que cela vous ferrez particulièrement plaisir de m'entendre. Pour ce soir, ce ne sera pas possible malheureusement. "

    Mais peut être qu'il ne voulait pas particulièrement me voir jouer, peut être qu'il voulait simplement voir à quoi il avait à faire après tout, car il semblait découvrir plus particulièrement cet instrument de musique. Sans doute que cela n'existait pas à son époque, de là où il venait, c'était même une certitude. Si mes souvenirs sont bons, le piano a été inventé au xviiie siècle. Il n'a peut être pas même connu son ancêtre le clavicorde. Cela me confirme donc qu'il vient d'une époque lointaine sans plus de précision toutefois.

    " Mais peut être désirerez-vous une partition en soliste rien que pour vous ? Si vous avez envie d'entendre le son du piano sans tous les invités autour, vous pourriez simplement assisté à ma répétition que je fais durant l'après-midi. Il vous suffira de me rejoindre à l'entrée des artistes dans deux jours pour que cela soit possible. "

    Je ne faisais jamais cela, mais peut être qu'il désirerait avoir un aperçu des notes qui sortent de ces grosses boites dans un cadre plutôt privé. Je ne savais pas, peut être que le fait de venir le soir lui plairait tout autant. Peut être qu'il voudrait assisté à la répétition et au spectacle. En tout cas, il était libre de choisir.
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MessageSujet: Re: Lumières et Musiques égayent l'Ombre et la Morosité [Isis]=> Closed   Sam 4 Oct - 17:46

De toutes évidences, la jeune femme, qui ne semblait pas avoir apprécié l'intervention de Jonas avec le garçon qu'elle avait fini par gifler devant toute l'assistance, jetait de temps à autres des regards insistants vers le Mage, ses yeux magnifiques luisaient d'un éclat de colère, limite haineux envers l'homme en noir, mais ce dernier, joueur, se contentait, à chaque fois qu'il croisait ce regard, de lui adresser un petit signe de la tête avec un de ses sourires crispés. Un tel rictus aurait été anodin auprès de la plupart des êtres humains, mais chez une personne ayant, avec raisons, déjà de grands a priori vis à vis du bonhomme, il était évident que cela ne faisait qu'alimenter sa psychose et exciter davantage sa colère, sans parler de la foule de questions et d'hypothèses qui devaient se bousculer dans son jeune esprit.
Pour Jonas, ce n'était pas grave, il avait donné sa chance au garçon et celui-ci, comme tout le monde dans la salle avait pu le remarqué s'était fourvoyé. Le ridicule qu'avait subi le jeune homme malheureux semblait avoir atteint son ego d'une manière considérable, car sans demander son reste, il avait tout simplement quitté le Masquerade. Si cela affectait le Mage, il n'y avait absolument rien dans ses gestes, sur son visage ou même sa voix qui permettait de l'affirmer, et pour cause, Jonas s'en moquait éperdument. Il était même assez imbu de sa personne dans ce genre de moment pour penser qu'il avait fait son "devoir", sans même se soucier une seule minute de ce que pouvait penser la jeune femme de son prétendant avant l'intervention malencontreuse du sorcier.

La logique humaine était subtile, et même s'il elle n'échappait pas au Mage, homme logique par nature, cette subtilité, tout comme son corps, peinait à suivre le temps et demandait encore beaucoup d'évolution. Certains spectateurs de sa personne auraient fort volontiers soutenu que son corps s'adaptait bien plus vite à son nouvel environnement que sa subtilité, et devant le regard de la jeune femme, ils auraient aisément conclu qu'elle n'avait aucunement apprécié la présence et les paroles d'un rustre moyenageux sur un sujet aussi sensible qu'une partie de jambes en l'air. Affichée de surcroît par la lourdeur et la maladresse du scandinave séculaire devant un parterre d'autres gens, la pression de son sang au moment ou le jeune homme avait tenté de "l'emballer" avait dû être telle que la gifle était partie bien avant que son cerveau n'en arme le coup consciemment. Il était même recommandé qu'à cet instant-là Jonas se tienne à carreau vis-à-vis d'elle, la laissant vivre. Mais comme cela avait déjà été cité, la subtilité du bonhomme manquait encore d'évolution.
Le bougre avait déjà fait appel à l'une des serveuses qui allaient et venaient autour des tables pour prendre les commandes. Cette dernière s'approcha de la table, adressa un petit sourire à sa collègue assise en face de Jonas puis se tourna vers l'homme en noir

-Vous désirez autre chose Monsieur? fit elle avec une voix pressante mais assez douce

Jonas désigna du doigt la jeune femme qui continuait de le regarder comme une biche surveillant du coin de l'oeil le lion qui marchait à l'orée de la clairière sur laquelle elle paissait.

-Donnez un verre à cette jeune fille, il semble que dans mon empressement, j'ai désobligé son partenaire et l'ait rendu inapte à lui offrir une soirée intéressante. Cela pourra sans doute réduire la rancoeur qu'elle éprouve et lui permettre de trouver une meilleure chance de succès pour la suite.
-Pas de soucis, je m'en occupe

Elle repartit dans la salle et Jonas se tourna vers Isis. Sa pauvre invitée ne devait pas en mener bien large avec son comportement, mais il se souvenait qu'elle devait désormais en avoir l'habitude, lors de leur rencontre, le Mage n'avait pas manqué de montrer certains côtés de sa nature en s'en prenant directement à quelques individus éméchés qui jouaient avec la fille de l'aubergiste qui les avaient accueillis tous deux. Pour elle, cela ne pouvait être qu'une banalité désormais. "Chasse le Naturel, il revient au galop" disait une expression populaire.
Elle n'avait sans doute pas manqué le spectacle auquel s'était livré le sorcier, et l'incident indélicat qui avait eu lieu sur le dancing, mais elle n'en montra aucune affliction d'aucune sorte. Isis travaillait en ces lieux, il était évident qu'avec ou sans Jonas dans les parages, ce genre de chose pouvait arriver n'importe quand, n'importe comment. En revanche, elle montra de l'intérêt pour celui dont son compagnon de table avait ouvertement manifesté envers le piano, et par politesse, elle n'hésita aucunement à lui proposer de la voir en jouer.

-Eh bien ma chère, si le temps ne me fait pas défaut, il est probable que tu puisses me voir un jour t'observer en jouer. Ce son-là, je l'entend souvent dans l'immeuble du Gouvernement, l'un des préposés qui officient dans l'étage où se trouve mon bureau est un fervent admirateur de musique provenant de cet chose-là, et je dois avouer qu'il y'a dans cette mélopée quelque chose d'envoûtant et de serein qu'il est très bon d'écouter.

Il avala le restant du cocktail dans son verre et tira aussitôt de son veston un nouveau cigare que la flamme du briquet vint lécher délicatement avant d'y laisser une empreinte de braise incandescente qui généra une lourde bouffée de fumée.

-Il m'est cependant très rare de disposer d'une masse conséquente de temps libre, les gens pour lesquels j'officie actuellement ne manquent pas d'opérations à me confier, et il m'arrive également de trouver de quoi occuper ma fonction en dehors de leurs ordres de mission. Et je n'évoque pas là le nombre d'heures passées à l'entrainement au tir que je dois suivre
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MessageSujet: Re: Lumières et Musiques égayent l'Ombre et la Morosité [Isis]=> Closed   Mer 15 Oct - 22:11

    Jonas était un homme fortement intriguant, je dois bien l'admettre. Notre première rencontre avait été haute en couleur, mais celle-ci n'était pas moins surprenante. Il était clair que monsieur Crane avait des choses à apprendre pour se fondre un peu mieux dans notre société contemporaine. Si son accoutrement était plus en adéquation, il était certains que ces façons de faire étaient à revoir, car elles ne correspondaient pas. Pourquoi avait-il voulu se mêler de la vie de ces deux personnes ? Pourquoi insistait-il autant sur lui, puis sur elle ? Je n'en avais pas la moindre idée, car il ne les connaissait pas, sinon, il aurait utilisé leurs prénoms. Il s'était donc mêler de la soirée de deux inconnus pour lui. Il ne semblait pas du genre à tisser des relations sociales de la sorte, alors je m'interrogeais. Si cela n'avait tenu qu'à moi, je ne me serais probablement jamais intéressée à eux, je n'aurais pas prêter attention à leurs traits, sauf si peut être ils venaient régulièrement par ici, mais il ne me semblait pas avoir l'habitude de les voir. Après, je ne suis pas forcément la personne la plus physionomiste de la terre, mais quand même, je savais en général à qui j'avais à faire en face de moi. Dès le premier verre, je voyais clairement, si la personne était une bonne personne ou une mauvaise personne, en tout cas vis à vis de l'alcool. Certains verres descendaient bien trop vite pour que la personne reparte sobre d'ici, d'autres descendaient plus lentement, signe que la personne était plus sage. Mais dans le cas de ce couple, je n'aurais probablement pas plus porté pour attention sur eux. D'ailleurs étaient-ils véritablement un couple ? Peut être qu'ils ne se connaissaient pas plus que ça pour qu'ils agissent de la sorte malgré l'intervention de Marcus ? Peut être que le paon tentait sa parade nuptiale pour séduire la femelle et que cela n'avait pas trop mal fonctionné jusqu'à ce que l'homme assit en face de moi ne dise des choses qui n'auraient pas du être dite mettant à mal, l'homme devant la jeune femme alors obligée d'intervenir de façon physique. Pourtant, Jonas appela une de mes collègues pour lui dire de donner un verre à la jeune femme, comme si cela allait pouvoir changer quelques choses, n'est ce pas ? Non, le mal était fait, et si la jeune femme était un peu rancunière, elle se souviendrait de la tête de Crane et se ferrait un plaisir de le lui faire payer. Peut être qu'elle n'atteindrait pas cet extrême la mais on ne sait jamais, de nos jours les gens sont tout simplement fous.

    Je lui proposais alors de venir me voir dans deux jours, ou un peu plus tard quand il aurait à nouveau du temps comme ce soir, pour venir me voir jouer du piano. Il semblait ne pas disposer de tellement de temps selon ces propres propos mais comme il appréciait le son du piano, il prendrait sans doute le temps de venir me voir. Je souriais à cela, ce serait un réel plaisir pour moi que de pouvoir lui montrer mes talents, autres que ceux de guide dans cette ville. Il avait tirer un autre cigare de sa poche. Il aimait cela à n'en pas douter, même si je devais avouer que ce n'était pas mon cas. Mais après tout, les goûts sont dans la nature, n'est ce pas ? Il insista alors sur le fait qu'il avait peu de temps à sa disposition, car on lui confiait énormément de travail et même quand il n'était pas en mission ou en entraînement, il trouvait d'autres petites choses qui correspondaient à la définition de son travail. C'est alors que j'en vins à me demander si ce petit couple ne faisait pas partie de son travail, que peut être il les connaissait plus que ce que je pensais et qu'il était là pour les séparer ? L'idée était totalement absurde, mais j'avais en face de moi quelqu'un qui n'était pas comme les autres, alors l'impossible devait possible sans hésitation.

    " C'est vrai que vous ne deviez pas être habitué à ce genre d'armes. Il n'y avait que les armes blanches à l'époque je suppose, des épées, ce genre de choses. Enfin, ce ne sont pas vraiment le genre d'objets que je possède et manie. Si je comprends bien, ce petit couple faisait donc partie de vos occupations en dehors du cadre strict de votre travail pour le gouvernement, n'est ce pas ? "

    Je ne savais pas si je visais juste, mais en même temps, il n'était pas obligé de me fournir une véritable réponse, et encore moins la vérité, car je me doutais qu'au vue de sa nature ancestrale, le gouvernement ne l'avait pas simplement engagé pour faire respecter la loi. Il y avait bien d'autres affaires là dessous, mais cela tombe bien, je n'ai rien à faire du gouvernement, je ne le connais pas vraiment, il m'indiffère profondément, pourtant Crane ne me laissait pas indifférente.
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MessageSujet: Re: Lumières et Musiques égayent l'Ombre et la Morosité [Isis]=> Closed   Ven 17 Oct - 18:21

Jonas avait le nez dans son cocktail lorsqu'Isis laissa pointer un peu de sa curiosité, et comme s'il était mû par sa propre volonté, l'un de ses sourcils s'arqua brusquement, un petit signe visible de surprise que le Mage ne contrôlait guère. S'il l'on pouvait imaginer qu'il était piqué par l'intérêt de la jeune femme pour ses fonctions gouvernementales, en réalité, c'était la supposition qu'elle faisait qui intrigua l'homme dont le cigare lâchait constamment des nuages d'une fumée âcre tout autour de son visage, le dissimulant partiellement derrière un halo nuageux qui pouvait lui donner un faux air pathétique dans l'ambiance de la salle. Selon toute vraisemblance, l'incident avec le couple restait dans les mémoires, car autant Isis posait une question autour de ce sujet, autant, tout autour d'eux, les gens jettaient des regards parfois intrigués, parfois amusés vers leur table et surtout vers le Mage. Lui se contenta d'observer Isis, curieux de savoir ce qui avait poussé la jeune femme a penser qu'il avait eu pour mission de s'occuper du jeune couple. En réfléchissant un peu, Jonas imagina que la question était peut-être légitime, après tout, elle ne faisait qu'émettre une hypothèse en réunissant des opinions que l'on pouvait aisément juger comme étant sensées. Il n'était pas un habitué de ce genre d'endroits, c'était même la première fois qu'il mettait les pieds au Masquerade, et de plus, il était agent d'un organisme gouvernemental chargé d'affaires de sûreté. Incontestablement, toute personne sensée aurait émis des hypothèses plus ou moins proches de celle-ci, sans doute même Jonas en aurait fait autant si les rôles avaient été inversés.

-Je crains fort que tu fasses erreur ma chère, je ne les connaissais aucunement. Il m'avait simplement semblé avoir perturbé les efforts de ce garçon pour séduire la jeune fille. Je ne faisais que preuve de... sociabilité, mais c'était là une gross...

Tout en parlant, son regard s'était déporté vers un nouveau centre d'attention situé bien loin derrière le visage de son interlocutrice. En effet, depuis quelques instants déjà, à proximité immédiate de l'entrée de la salle, un groupe de personnes semblaient pris dans une forme de conversation agitée, et les gestuelles des différents protagonistes gagnaient petit à petit en virulence, assez pour attirer le regard du Mage qui pouvait les voir depuis sa place. Le rassemblement comportait essentiellement un échantillon de personnes affiliées à la sécurité des lieux, des vigiles, aisément reconnaissables grâce à leur costume et leur impressionnant gabarit physique, mais au milieu d'eux, Jonas pouvait entrapercevoir la silhouette d'un autre homme, dont l'allure était plus proche de celle des clients. Cette personne là se trouvait être de dos par rapport aux yeux du sorcier, mais à la manière dont ses bras gesticulaient en tous sens, cet homme était de toutes évidences soit très nerveux, soit alors pris dans une colère concrète. Il n'y avait là aucune scène de violence, cela ressemblait fort à une discussion animée au cours de laquelle les vigiles semblaient tenter de vouloir calmer les ardeurs de cet inconnu visiblement jeune, un spectacle qui n'avait guère d'intérêt en soi, à moins que l'individu ne soit pas si inconnu qu'il semblait l'être.

A cet instant, l'homme se retourna vivement, en pleine explications, le doigt tendu en avant et dirigé droit vers Jonas qui observa ce nouveau spectacle avec bien moins de nonchalance soudainement. C'était là parfaitement normal, car il ne fut pas nécessaire d'être physionomiste pour reconnaître la personne, celle qui avait été humilié en public par la gifle d'une femme, mise à mal par la présence du sorcier dans la salle. La grimace qui étira les lèvres de Jonas n'était pas feinte, elle le défigura un bref instant, juste le temps pour lui de ressentir pleinement l'embarras qui pouvait le gagner. Puis, tout redevint normal, l'impassibilité revint sur le visage du commissaire politique qui tira une dernière bouffée de son cigare avant de le déposer dans le cendrier. Sans être capable d'entendre ce qui se disait près de l'entrée, il savait parfaitement que son détracteur tentait, avec véhémence, de rallier les vigiles à sa cause pour qu'ils interviennent en sa faveur, mais ces derniers se préoccupaient davantage de son accès de colère plutôt que de ses états d'âme. "Il ne manquait plus que cela..." pouvait se dire le mage mais il resta silencieux, imperturbable, le regard figé sur le groupe. Prit dans sa fureur, le garçon s'élança au milieu des tables, poursuivi par la horde de vigiles, et s'approcha de Jonas et Isis, déterminé tant dans ses actes que dans son regard, le doigt toujours tendu comme si c'était là une arme. Jonas soupira et ferma les yeux, déjà agacé par ce qui se passait, mais bien moins que par ce qui allait inévitablement se produire.

Il détestait au plus haut point ce genre de situation, celles où les idiots se décidaient à passer outre leur fierté pour se rendre plus stupide encore qu'ils ne l'étaient en réalité, ces instants où ils n'assumaient plus leurs erreurs et se levaient pour en commettre d'autres. Ce garçon-là, était un cran au-dessus de tout cela, car il avait déjà eu à faire avec le sorcier et cela s'était terminé avec une humiliation, bien avant la gifle. Qu'il revienne ainsi était un acte d'une stupidité consternante à laquelle Jonas répliquait souvent d'une façon équivalente, empreinte d'une certaine violence et offrant très peu de chances de survies à ses détracteurs. Mais dans la situation présente, au milieu de tout ce public, dans ce monde-ci, et ce sans évoquer ses responsabilités professionnelles, il devait contrôler sa nature profonde. De plus, il était dépourvu de toute arme, sa canne ayant trouvé place dans le vestiaire du Club et son arme de service reposait au fond de son bureau, à quelques blocs de là. La diplomatie, selon le terme adéquat, restait la seule option disponible pour le mage, mais s'il ne connaissait que très peu ce mot là ainsi que sa définition, un acte de diplomatie pouvait être comparé aux douze travaux d'Hercules pour lui, une tâche délicate, compliquée et presque impossible.

-C'est lui, c'est ce vieux connard qui a foutu sa merde. Il m'a agressé sur la piste et a manqué de respect à une femme. C'est lui que vous devez dégager de la boîte!

Le ton était ferme, la colère loin d'être feinte et le doigt que tendait le jeune homme fouettait l'air avec violence, alors que les vigiles se regroupaient autour de lui, prêt à intervenir si les choses dérapaient. Mais ils gardaient à l'esprit l'objectif de le calmer, comme en témoignait le ton et les paroles que l'un d'eux employa pour tenter d'y parvenir.

-Allez mec, sans déconner, lâche l'affaire. On te vire pas du Masquerade, on veut seulement que tu te calmes. Si tu insistes encore par contre, on aura pas le choix. Alors tu te calmes et tu laisses les clients tranquille.
-Mais vous le voyez pas là, il se fout de ma gueule l'enfoiré. Regardez bordel. Il m'a frappé, et vous ne faites rien?
-On a rien vu de tout ca, et en l'occurence, tu t'es pris un vent par une nana, ca arrive à pleins de mecs, c'est pas pour autant qu'ils rejettent la responsabilité sur les clients
-Mais c'est de sa faute, il m'a pourri ma soirée!
-Et alors? Tu veux quoi? Qu'on vire un mec comme ca, juste parce que t'as pas réussi à te faire sucer par une gonzesse? T'as pêté un plomb sans déconner! Allez, tu me soules, tu dégages et tu vas te calmer dehors, ok?

Furieux, le garçon lâcha une nouvelle insulte, cette fois-ci à l'encontre des vigiles et notamment celui qui lui parlait, mais ce changement dans son attitude excita les hommes de la sécurité qui firent mine de s'emparer du jeune homme. A ce moment, Jonas leva la main en mimant un arrêt et secoua ensuite le doigt pour signifier son désaccord avec leur intervention. Ils s'arrêtèrent dans leur élan et observèrent curieusement l'individu en noir dont l'auréole de fumée âcre provenant du cigare peinait à s'évaporer dans l'air.

-Ce jeune homme n'a pas tout à fait tort messieurs, il est vrai que nous avons eu une bousculade tantôt, mais il m'avait semblé être clair sur l'issue de cette altercation.
-Ah vous voyez, il avoue m'avoir frappé!

-Arrête de faire ton malin, il ne t'a pas frappé, il t'a empêché de le faire. Et lui n'a pas encore fait d'esclandres jusqu'à présent...
-C'est quoi le délire, il peut tout faire juste parce que c'est un vieux, il a tous les droits et moi je dois fermer ma gueule, c'est ca?
-Si nos places étaient échangées mon jeune ami, je ferais ce que disent ces hommes. Tu en viens à m'importuner, et tu risques d'en payer le prix, et ce qui t'es arrivé dans la salle ne sera qu'une caresse comparé à ce que je pourrais t'infliger.
-Il me menace maintenant, sans déconner, c'est un taré ce mec. Quand tu veux, je te défonce, j'en ai déglingué des plus jeunes que toi. Viens on va s'expliquer dehors

Jonas haussa le sourcil en écoutant les jérémiades de l'idiot. Il ne comprenait pas un traitre mot à ce que ce dernier disait, bien qu'il était évident que cela ne présentait rien de bon et certainement pas très respectueux. Le terme "vieux" employé à son encontre n'était pas du tout à son goût, cela sonnait comme une insulte, même si elle n'avait rien de commun avec le qualificatif qu'il avait usité pour parler de sa mère, femme que Jonas n'avait pas connue. Il baissa les yeux, croisa ceux d'Isis, cherchant un idée pour mettre un terme à ceci, alors que déjà l'envie de broyer la gorge de ce crétin lui démangeait les poignets.
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MessageSujet: Re: Lumières et Musiques égayent l'Ombre et la Morosité [Isis]=> Closed   Jeu 23 Oct - 22:27

    Et bien, ma supposition était mauvaise, je faisais complètement fausse route, j'étais à côté de la plaque concernant son but avec ces deux jeunes gens. Apparemment, il ne les connaissait pas du tout, il avait simplement essayé de se montrer aimable, mais il n'avait fait que mettre les pieds dans le plat, s'occupant d'affaires qui ne le regardait pas le moins du monde, pourtant il était intervenu. Je ne savais pas pourquoi, peut être que de là où il venait les choses se passaient ainsi, mais de nos jours, non, on laisse les autres se débrouiller et c'est à peu près tout. Enfin, je ne me mêlais jamais de ces histoires, sauf si on m'en faisait la demande expressément. Oui, il m'arrivait qu'on me fasse la demande quand j'étais dans mon rôle de barmaid, il m'était même arrivé une fois de pousser la chansonnette pour une jeune femme, de la part d'un admirateur secret, une demande en mariage s'était faite ce jour là, mais c'était parce que l'on m'avait prévenue longtemps à l'avance et que la composition était très belle, sinon, je ne me serais pas permise de faire cela. Mais dans cette situation, je me serais bien abstenu de toutes interventions quelle qu'elle soit. Mais il avait agit et cela s'était mal passé. Pourtant, s'il allait admettre qu'il avait fait une erreur, il ne finit pas sa phrase, son regard étant attiré par je ne sais trop quoi derrière moi. Que pouvait-il bien se passer pour que Jonas n'en finisse pas sa phrase ? Cela devait être assurément quelques choses de fort ou qui en valait la peine à ces yeux, quelques choses qui rentrait peut être dans le cadre de son travail cette fois-ci, sauf s'il regardait un couple se faire les yeux doux ou au contraire se disputer en public. Mais j'en doutais, la précédente expérience avait du l'échauder un peu, du moins, cela me semblerait logique. Je me retournais alors et je voyais un type qui parlait avec les vigiles. Je voyais à qui nous avions à faire mais s'il continuait de la sorte, il se ferrait simplement viré du Masquerade. D'ailleurs, le type se retourna et il vint vers nous. Je voyais clairement qu'il en avait après Jonas. Il est certains que Marcus n'avait pas agit de façon très intelligente pour le coup, mais il n'avait rien fait de mal au fond, rien qui ne justifie un tel état d'hystérie. L'homme s'énervait de plus en plus, il voulait en venir aux mains. La situation aurait pu me faire rire, mais ce n'était pas le cas. Je me devais d'intervenir et de faire quelques choses, pour soulager Crane d'un tel imbécile.

    " Je ne sais pas qui vous êtes, mais si vous avez envie de coucher avec une fille ce soir, je peux être celle-ci. Je vous propose de vous retrouver derrière le Masquerade d'ici quelques minutes, une petite demi-heure disons. Calmez-vous, mon ami n'a rien fait de mal. Il n'a peut être pas agit de la façon dont vous l'auriez fait mais il a essayé de vous aider, rien de plus. Alors si cela est fâcheux que vous n'ayez pas pu tenter votre chance avec cette belle créature, je serais là. Je ne pense pas que vous perdiez tellement au change. Maintenant, je vous serez reconnaissante de nous laisser en paix, on se retrouve plus tard. "

    Et je lui faisais un petit sourire avec un petit signe de la main, histoire de lui faire comprendre de s'en aller, tout simplement. Le fait que je veuille bien en apparence coucher avec lui plus tard dans la soirée semblait l'avoir calmé. Il pointait toujours du doigt Jonas mais il ne disait plus rien. Je le sentais se radoucir même s'il gardait néanmoins de la rancœur envers Crane. Il se décida alors à partir finalement, pour se rendre au comptoir.

    " Bon, je suis désolé que cet imbécile soit venu nous importuner. Si cela vous dit, nous pourrons le retrouver derrière le Masquerade dans la tranche horaire que je lui ai donné. Je n'ai nullement l'intention de coucher avec lui, je vous le dit, mais si vous avez envie de lui mettre la tête au carré, vous pourriez vous faire plaisir. Enfin, moi c'est ce que j'aurais envie de lui faire si j'étais à votre place. "

    Et je souriais, parce que finalement, c'était ce que je savais faire de mieux. Si un type ou une nana m'avait parlé de la sorte, je ferrais en sorte que mes menaces soient mises à exécution.
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MessageSujet: Re: Lumières et Musiques égayent l'Ombre et la Morosité [Isis]=> Closed   Lun 27 Oct - 18:15

En un claquement de doigt, la situation s'inversa aussi soudainement qu'elle s'était brusquement envenimée. Une simple association de mot avait rendu le jeune homme complètement différent, l'oeil assailli par sa colère s'était mué en une sorte de judas où la lubricité brillait avec un éclat impossible à manquer. Certes, il n'avait pas pour autant cessé de lorgner son rival de temps à autre, le temps que sa rage s'étouffe petit à petit sous le déluge d'hormones en ébullition qui devait inonder sa conscience. Les vigiles eux-mêmes perdirent pendant quelques secondes le sens de la réalité et observèrent Isis avec un tout autre regard. Après tout, quoi de plus naturel, rien qu'à voir le regard du jeune garçon, il était presque évident que ce dernier n'avait pas souvent entendu une femme exprimer aussi sereinement et aussi simplement ses intentions sexuelles, surtout en étant l'heureux destinataire d'une telle proposition. Jonas ne donnait pas cher de l'état des chausses de cet imbécile lorsque la frénésie, qui devait désormais monter en lui, arriverait à son paroxysme.

Isis avait fait mouche, et à sa façon de s'exprimer, avec autorité, elle avait clairement montré qu'elle savait à l'avance quoi dire pour faire taire l'idiot. Jonas même semblait de moins en moins exister dans la conscience de son détracteur, et il pouvait nettement voir ce dernier vaciller sur sa position en visant droit sur la gorge de sa nouvelle "conquête". En un bref geste, Isis chassa la mouche humaine, et les vigiles appuyèrent la demande de la jeune femme en invitant l'individu à s'éloigner pour la laisser en paix. Que dire dans une telle situation, si ce n'était que les réactions nouvelles de ce gamin n'avaient rien de saugrenues. Isis était une belle femme, gâtée par la nature pour ses charmes, et la frustration du jeune homme l'avait rendu très réceptif à la proposition.
Quant à Jonas, pour lui les choses s'étaient ainsi décontractées, la soirée pouvait désormais reprendre son calme rythme, mais un détail toutefois venait perturber cette sensation-là. Face à la pianiste, quelques minutes plus tôt, se trouvait un homme à l'allure sombre et étrange, au comportement douteux comparé au reste de l'assistance, un homme qui semblait détaché de beaucoup trop de choses pour passer inaperçu dans un tel milieu. Mais cet homme-là avait totalement disparu. En lieu et place ou l'antique sorcier avait posé son fessier, se trouvait désormais un tout autre personnage, physiquement identique mais au regard bien différent. Jonas avait le regard vissé sur sa compagne de tablée, non pas sur ses courbes thoraciques, mais bel et bien sur son visage, et le sien était déformé par un air hébété, avec cette bouche béante. Sa machoîre, si elle n'avait pas été correctement raccordé au bas de son crâne, aurait certainement descendu quelques étages pour s'écraser sur la table. Il était capable de le dire lui-même, mais surprendre Jonas n'était pas une mince affaire, et comme pouvait le dire l'expression populaire "il est mort le dernier homme qui a pu le voir ainsi".

Non Jonas n'était pas choqué, même si l'expression de son visage pouvait aisément prêter à confusion. Lui qui d'ordinaire était très peu expressif dans ses ressentis et émotions, cette fois-ci, n'importe qui pouvait le voir exprimer quelque chose. Ce n'était que de la surprise, un étonnement conséquent, car dans sa jeunesse, il avait souvent entendu des femmes librement exprimer leur désir sexuel de manière très directe, mais malgré cela, c'était bien la première fois qu'il l'entendait ainsi dans la bouche d'une femme autre que celles de piètre vertu. "Et oui mon ami, bien qu'elle soit jeune, c'est tout de même une femme..." Elle n'exprimait ni n'éprouvait physiquement aucune gêne à ses propos, sans doute même était-cela qui pouvait étonner le vieux sorcier. Sans plus attendre, alors même que son futur "cavalier" s'éloignait, Isis calma la surprise de son compagnon de table en lui expliquant brièvement que ces intentions réelles n'étaient pas aussi polissonnes, elle n'avait usé que d'un stratagème, que Jonas jugea même brillant, pour se défaire de la stupidité du gêneur. Il se devait de le reconnaître, même s'il n'allait pas le dire, elle avait été bien plus intelligente que lui sur ce moment. En même temps, force était de constater que Jonas ne disposait pas des armes dont bénéficiait naturellement Isis, et que pour se faire entendre, seule la force brute verbale ou physique aurait été suffisante pour parvenir à un résultat plus ou moins similaire. Le jeune homme, dans sa frustration, y gagnait au change dans son esprit, car si sa précédente conquête était fort séduisante, Isis la surpassait sans aucune difficulté.

Il tendit le doigt en direction de l'individu qui n'était plus tellement visible et, le regard fixé dans celui d'Isis, une question lui brûla les lèvres, mais il la bloqua au dernier moment, la jugeant totalement inutile. "Non, ce n'était qu'un subterfuge, elle n'a pas l'intention de s'acoquiner avec cet idiot..."

-L'espace d'un instant, ma chère, tu n'as pas manqué de m'épouvanter, j'ai presque cru que ton invitation avec cet imbécile était sincère. Je dois avouer toutefois, qu'il aurait été difficile de te tenir rigueur de cela, après tout, c'est certes un idiot, mais un idiot que certaines s'arracheraient.

Il secoua la tête pour chasser les derniers soubresauts de la surprise qui illuminait encore certains de ses traits faciaux.

-Il me semble que je me dois de te remercier pour ta clairvoyance d'esprit, et pour ton efficacité. Il m'aurait été difficile d'expliquer la torsion de son cou si tu n'étais pas ainsi intervenue.

Il leva la main pour aviser la serveuse qui passait non loin, et lorsqu'elle le regarda, il montra brièvement les deux verres pour qu'elle en apporte une nouvelle tournée. Alors qu'elle acquieçait, il entraperçu au loin, près du bar, le visage de son détracteur qui ne le regardait plus, mais gardait les yeux rivés sur Isis qui lui tournait le dos, l'étincelle lubrique luisait encore bien davantage. Jonas passa d'Isis à son prétendant et grimaça, prenant conscience qu'aussi intelligente et brillante avait-elle été, la jeune femme avait peut-être été trop loin dans ses déclarations.

-Bien que l'envie de lui broyer les cervicales ne me déplairait guère, il serait fort mal avisé de ma part de perdre mon temps à cela. Cependant, force est de constater que notre ami a jeté son dévolu sur toi. Je ne peux l'en blâmer, tu disposes de quoi enflammer sa vigueur, mais il devient évident, avec ce qui s'est passé précédemment, que te refuser à lui après une telle invitation pourrait fort risquer de le mettre dans une autre forme de rage. A moins de te résigner à honorer ta promesse à son égard...ou bien dois-je te prêter assistance jusqu'à ce que tu regagnes ta demeure?
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Lumières et Musiques égayent l'Ombre et la Morosité [Isis]=> Closed

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