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 Seuls les morts savent combien c'est terrible d'être vivant. [pv]

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MessageSujet: Seuls les morts savent combien c'est terrible d'être vivant. [pv]   Sam 20 Sep - 18:21



Seuls les morts savent combien c'est terrible d'être vivant.

(pv) Shining L. Fliesh


~

Le sang. Ton sang qui glisse lentement sur ta lèvre fendue par leurs poings et inonde ta gorge de son parfum ferreux. Comment cacher au monde ta condition si elle est ainsi visible sur la peau colorée de ton visage ? Tu cours, tu titubes, trébuches et tombes, essayant en vain de trouver refuge sur cette terre maudite. As-tu jamais été à ce point confrontée au danger, malmenée par l'homme qui te méprise et te hait de tout son cœur gorgé de vie ? Frôlant la mort à chaque coup porté sur ta personne, ils ont su libérer ta colère et faire parler le monstre. S'attendaient-ils à pareil grognement ? Eux qui souhaitaient des réponses à leur question, n'ont trouvé rien d'autre qu'une démonstration effrayante de ton grand pouvoir, trop rapide peut-être pour qu'ils aient le temps de comprendre. Il est possible, pourtant, que dans ta peur infinie, tu leur aies offert tout ce qu'ils voulaient savoir, et alors tu auras mis en danger tous les autres. De nouveau des cadavres tomberont par ta faute, vilaine femme.
Tu rabats ta capuche de fortune – pauvre bout de tissu trouvé quelque part sur le chemin de ta fuite – sur tes yeux, soupirant sous l'ombre rassurante qui recouvre alors ton visage. Le sang est chaud sur ta peau, sombre et maléfique, s'écoulant sur ton cou jusque sous tes vêtements, tandis que la douleur pulse à l'intérieur de ton crâne. Aurais-tu pensé un jour qu'on puisse te faire autant de mal, et bien plus encore si tu n'avais pas fui ? A quoi bon tuer un homme duquel on souhaite des informations... Ce sont des bêtes assoiffées de sang et de douleur, qui ne veulent entendre que les cris d'agonie et non les réponses à leurs questions. Il te l'avait dit, d'ailleurs, très clairement : il y en a eu d'autres avant qui ont cessé de vivre après. Les as-tu seulement entendu poser des questions ? Assurément, ils n'étaient pas là pour ça, et ils ont pris un malin plaisir à abîmer ton corps, riant à chaque crachat ensanglanté, chaque quinte de toux presque meurtrière, et chaque gémissement de douleur s'échappant de ta bouche. Quelle honte ça a été, monstre.

Retenant ta chute contre un mur, tu tousses quelque peu, crachant du sang que tu essaies alors d'étaler contre la paroi. Il te paraît bien trop sombre dans la lumière qui te permet de deviner les rues crasseuses et les rares silhouettes que tu croises. Est-ce déjà le matin ? Tu ne saurais le dire, un coup porté à ton arcade brouillant ta vue de monstre déjà rendue floue par la douleur. Tu ne pourrais d'ailleurs pas dire dans quel quartier de la ville tes pas t'ont menée, ni où tu pourrais bien te réfugier. En réalité, il ne t'est plus permis de réfléchir convenablement, toute concentrée que tu es sur les blessures et le mal qui te consument. Crois-moi, Lili, c'est bien mieux ainsi, ton cerveau est beaucoup trop idiot pour ton propre bien, laisse donc l'instinct te guider, lui saura où il faut aller. C'est vers moi qu'il faut aller, tu le comprends, tu dois me retrouver et m'accompagner de l'autre côté.
Tes pas s'arrêtent, ton corps se balançant dangereusement d'avant en arrière, incapable d'équilibre et d'immobilité. Tu n'es pas à New York, pourquoi t'arrêtes-tu, idiote ? Continue ta route, rampe s'il le faut mais reviens à moi, ma sœur, c'est tout ce qu'il te reste à faire. Tes yeux sombres se lèvent sur la porte qui te fait face, sur ton doigt qui sonne ou frappe, peut-être même les deux, tu ne sais pas, tu ne sais plus vraiment. Ta respiration est sifflante, difficile, et tu menaces de t'écrouler ici-même, à la merci des pires créatures de cette terre. Ne fais-tu pas partie de l'une d'entre elles, danseuse ? Ah, non, tu ne pensais pas à celles-ci, à cette catégorie maléfique dont tu fais entièrement partie, ce pourquoi tu es dans un si piteux état. Tu pensais à ces hommes comme tant d'autres, qui arpentent la ville en pleurant sur leur simplicité, cachant profondément leur pire sadisme. Ce sont les pires, assurément.

« Ouvre... s'il te plaît... »

Délicat murmure qui s'échappe de tes lèvres et s'écroule au sol sans réussir à glisser sous la porte, tout aussi dénué de force que tu peux l'être. Tu te poses d'ailleurs contre le mur, sur le seuil de la porte, ton épaule endolorie appuyée contre la paroi, bientôt suivie par ton crâne. Tes yeux se ferment un instant tandis qu'un soubresaut agite ton corps tout entier et amène à tes paupières un océan de larmes mêlées au sang. Dois-tu mourir ici, Dieu sait où, abandonnée, détestée, malmenée par cette race dont tu croyais faire partie avant que mes ongles n'éraflent ton dos ? Quelle est cette horreur ? Tant de faiblesse pour ton corps, danseuse. Toi, l'adolescente adulte, l'esprit trop vieux, le corps trop jeune, qui saigne, qui pleure, qui meurt. Ne viens pas à moi dans un tel état, je refuse de te recevoir ainsi. Ma sœur, jamais, n'a été ce cadavre que tu traînes aujourd'hui. Reste à la Nouvelle-Orléans, attends que cette porte inconnue s'ouvre et renonce à aider le monstre, mais ne meurs pas, nous ne voulons pas de toi.



Dernière édition par Li Mei Tyler le Ven 13 Fév - 23:10, édité 4 fois
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MessageSujet: Re: Seuls les morts savent combien c'est terrible d'être vivant. [pv]   Lun 22 Sep - 19:47



Il pose son verre vide sur le rebord de la baignoire, demeure en son fond quelques goutes brunes de whisky. Il soupire. Il est rempli. Il ne sait pas pourquoi ça l’obsède de la sorte. Il a la sensation d’être troué de partout, d’être vide de tout. Alors il se remplit. Il est alcoolique. Dans son eau chaude, il oublie tout. La mousse sur sa peau, il s’abandonne. Laisse ses muscles se décontracter et son esprit vagabondé aux bons plaisirs que prodigue ce petit verre. Un moment de détente. Inattendu. Inespéré. Sa solitude, il ne peut que la chérir à cet instant. Il est presque trop bien. Dans son silence mortuaire. Son esprit s’étrangle, pense à la sérénité de seins de sa mère. Ses idées sont étranges, ses pensées le suffoquent. Puis il agite l’eau, surpris par ce poing qui tambourine sa porte. Bien des personnes l’ont cogné, ils ont frappé son bois de colère ou de timidité. Mais ce poing, il cogne de désespoir. D’une détresse qui transperce son être.  Ses poings ne disent qu’une chose : je ne veux pas mourir. Les coups demandent l’asile. Comme une prière, peut-être la dernière.

Il se lève, émerge de l’eau. Il a la sensation d’être si lourd. Il ne se presse pas, il n’entend plus frapper à la porte. Peut-être cette personne est allée prier ailleurs. Il ne sait pas. Il attrape sons sous vêtement, il est encore trempé. Mais c’est plus confortable. La bienséance. Il lui en restait encore quelques notions. Il prend son flingue, il n’est pas du genre à ouvrir la porte de son appartement à une heure aussi tardive sans prendre de précaution. Puis enfin, la porte s’ouvre. Doucement, il la découvre. Avachie contre le mur. Dans ses guenilles ; elle est tachée de pourpre. Il jette un coup d’œil dans le couloir. Personne. Pour l’instant. Il s’agenouille à sa hauteur, peut-être est-elle cadavre. Peut-être est-ce trop tard. Malgré ses hématomes, il reconnaît ses traits asiatiques, il connaît sa beauté. Il connaît l’expression de vie sur son visage, aussi douloureuse soit-elle. Elle respire. Elle le regarde. Il ne sourit pas, ne rassure pas. Il ne dit rien. Il hait ce qu’elle est, il hait sa nature. Mais il est d’une justice juste. Juste et rare. Elle est faible, elle est bonne à achever. Veut-elle vivre ou ne plus souffrir ? Il lui laissera pourtant, avoir récupéré ses esprits pour faire part de son choix. Probablement l’avait-elle déjà fait en décidant de s’écrouler devant chez lui.

Il la soulève. Elle est légère. Il la devine vide, vide de son sang. Il n’est pas médecin, juste génie perdu. Ange noir, ange de la miséricorde. Porte malheur. Il la porte, traverse. Ferme. A double tour. Elle est à l’abri, jusqu’à ce qu’il décide qu’il ne puisse plus rien pour elle. Il décide de l’étendre là, sur son lit. Elle est triste dans son linceul. Elle tache. Il s’en fiche. Elle ne sait pas bien respirer, il remonte doucement sa tête, elle pose son dos contre son torse humide ; il ne fera rien d’elle tant elle ne sera pas calmée. Il sait qu’il devrait dire quelque chose. Mais quoi ? Il touche doucement ses cheveux dépeignés de ses doigts tatoués, il n’est pas doué avec les mots. Du moins, il ne l’est plus. Mentir ne lui apporte que nausée. Promettre que tout irait bien, une belle connerie. Il n’y croyait pas une seconde. Comment lui faire croire quelque chose en quoi il ne croyait plus depuis longtemps. L’espoir. Il en aurait envie de vomir. Shining pose son flingue sur la table de chevet, la lumière tamisée de son appartement bordélique ne peut en aucun cas l’agresser. Il souffle alors d’une voix qui se veut humaine ; pas trop mordante ni robotique. Il essaie. Il fait ce qu’il peut avec ce qu’on lui a laissé de son cœur « Allé, calmes toi… » Il ne pouvait pas lui garantir qu’il ne lui arrivera rien chez lui. Aux dernières nouvelles, il ne vivait nullement dans un bunker.

« Je te protège. » Contre qui ? Ou quoi ? Il ne savait même pas, mais c’était une certitude qu’il la protégerait. Qu’avait-il à perdre de toute façon ? Il s’en fichait des conséquences. Il faut bien mourir un jour, d’une façon ou d’une autre. Il jette un coup d’œil à la bouteille de scotch juste à coté. Elle n’est pas vie, ça l’obsède. Il a besoin de toucher le fond. C’est toujours comme ça. Il cherche le fond, toujours un peu plus. Il n’y avait qu’une façon d’y accéder, il fallait boire. L’alcool, un espoir inavouable. Une maladie qui le rongeait. De cette attente qui n’en fini pas entre deux verres. Il a juste envie de prendre cette bouteille, d’en toucher le fond. Se remplir encore. Mais il lutte encore. Il pense qu’elle a besoin de lui. Il attend qu’elle se calme, puis il examinera ses plaies après l’avoir plongé dans l’eau du bain pour laver son corps de tous ces supplices. C’est ainsi que les choses se font, du moins avec lui. Il n’y avait pas de pudeur qui tienne ou de convention. Il y avait juste des plaies qu’il fallait lavé avant envisager de faire quoi que ce soit d’autre dessus. t pu en choisir une autre. Si elle voulait vivre, elle acceptera son aide quelle que soit sa forme.  Il était un homme de science, un homme de logique. Elle avait frappé à sa porte, elle aurait l’aide qu’elle lui avait demandé. Dans sa bonté d’humain. Il lui donnerait sans rien demander en contrepartie.

« Ne dors pas… Dis-moi, dans quelles circonstances dix est-il égal à 509 ? » Il aurait demandé cela comme il aurait pu lui demander quel était son plat préféré. Ou ce qu’il c’était passé. Au fond, il ne préférait pas savoir pourquoi on l’avait mis dans un état pareil. Peut-être le méritait-elle. Sa réponse risquait d’influencer son jugement. Elle n’était pas prête à affronter ça, à affronter la justice de Shining.

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MessageSujet: Re: Seuls les morts savent combien c'est terrible d'être vivant. [pv]   Dim 28 Sep - 15:36



Seuls les morts savent combien c'est terrible d'être vivant.

(pv) Shining L. Fliesh


~

La vie bat en toi aussi sûrement que la mort frappe à ta porte. Encore. Est-ce ton corps qui se meurt, ma jolie ? N'est-ce pas plutôt ton esprit qui s'effrite peu à peu, échappe à tes doigts et t'entraîne jusqu'à ta fin ? Regarde la vérité en face : tes blessures ne sont pas si graves pour le monstre que tu es. Tu pourrais tout à fait t'en sortir sans son aide, sans même qu'Elle ne t'approche de trop près, la grande, la froide, qui a son œil inquisiteur braqué sur ton âme depuis New-York. Elle cherche, réfléchit à la façon de te faire sombrer, que tu disparaisses de cette Terre à tout jamais. Les Jeux d'abord, où ton nom a été pioché sans qu'il ne s'agisse pourtant de ta personne, l'oncle a payé pour toi. Les Marcheurs, ensuite, vils et destructeurs, qui ont tôt fait de me prendre avec eux, j'ai payé pour toi. Moi, ton propre sang, retourné contre le nom qui l'a tué, réveillé des morts pour mieux la semer, et je t'ai raté, j'ai payé pour toi, encore. Mes ongles dans ton dos qui ont lentement eu raison de toi, t'arrachant ta conscience à l'orée de la Nouvelle-Orléans, et tu as été sauvée. Le loup derrière l'homme qui a sauté à ta gorge, prêt à déchiqueter ta chair maléfique, mais le monstre a su aider la femme pour ne point risquer sa propre vie, et tu as été sauvée. Le vide à l'intérieur, la faim dévorante qui plonge ta carcasse dans une somnolence étrange, a attiré l'œil de la demoiselle qui a payé de son énergie, et tu as été sauvée. L'homme derrière le loup qui a précipité ton corps dans les escaliers, sa force guidée par la haine suscitée par tes paroles, mais aucun monstre ne meurt de quelques étages et degrés, tu as été sauvée. Et finalement, l'homme fourbe, le bourreau que tu n'attendais plus, qui a joué avec ton corps et ton esprit, espérant que sortent de cette bouche des révélations sur ta monstruosité. Toujours. Toujours tu as été sauvée au dépend d'un autre, toujours il y a eu quelqu'un ou quelque chose en toi pour t'aider à sortir des pires situations.

Seras-tu sauvée cette fois, ma sœur ?

La chaleur se referme sur ton corps tremblant, t'enveloppant de cette vitalité qui t'échappe peu à peu. Tu sens le sol qui te quitte et cette chaleur qui tente de s'insinuer dans ton corps froid. Tu voudrais ouvrir les yeux, regarder bien en face cette personne qui te tient, le remercier ou tenter de te défendre. Après tout, comment pourrais-tu savoir s'il te met en sécurité ou s'il ne compte pas te donner au danger ? Tu es si vulnérable, si inutile entre ses mains, à quoi bon s'embêter de ton cadavre ? Non, il doit chercher un coin de rue où te déposer pour que tu meurs sans déranger personne. Personne ne veut de toi, Lili, comprends-le. Tu seras certainement plus aimée morte que vivante. Mais, pour cette fois, ma sœur, ne me contredis pas, ne meurs pas, bats-toi, reprends tes esprits, tu vivras cette fois comme toutes les fois précédentes et les prochaines. C'est ainsi que tu survis, frôlant la mort pour mieux savourer la vie. N'est-ce pas excitant, ma jolie ? Non, tu te lasses, tu aimerais être la femme que tu n'as jamais été, vivre comme la plus normale des personnes, loin de la peur, la traque, le danger, la violence, la mort en sursis. Tu aimerais ne plus pouvoir te protéger toi-même, te soigner toi-même, ne plus éviter la fin mais l'embrasser, et mourir enfin. Comprends-tu ce que je te dis, ma Lili ? Tu ne dois pas, ce n'est pas l'heure, pas l'endroit. Quand la mort viendra, tu n'auras qu'à refermer tes douces mains sur mon corps pourrissant, et alors nous vivrons à jamais l'un avec l'autre, loin de la haine et de la culpabilité. Tu seras pardonnée et je serai aimé, ainsi vont les choses. Retourne à la lumière, ma sœur, l'ombre dissimule ta beauté.

Tu reprends lentement conscience du monde, la chaleur du corps, la douceur du sol – étrange douceur –, le sifflement irrégulier de ta respiration, la douleur, le sang, la mort qui s'éloigne alors que ton esprit reprend peu à peu le contrôle. Il te faut d'abord calmer cet air qui s'échappe de ta bouche sans arriver à y entrer correctement, ce manque d'oxygène qui t'étouffe et t'enserre la poitrine, brûlant ta gorge et tes poumons à chaque inspiration. Comment calmer, arranger quelque chose d'instinctif, Lili ? C'est alors que les mains se referment sur ton crâne et le relèvent, ton dos se sentant alors attiré par la chaleur qu'il sent sous lui, certainement est-ce un torse sur lequel tu t'appuies sans gêne. Comme un baume sur ton petit cœur apeuré, les doigts qui glissent dans tes cheveux aident l'air à infiltrer tes poumons, les remplir et les quitter, jusqu'à ce que de nouveau ta respiration ne soit plus qu'un souffle discret et le soulèvement minime de ta cage thoracique. Et alors les mots se glissent dans tes oreilles, sans que tu ne comprennes tout d'abord. Ton cerveau est comme au réveil, si lent et endormi qu'il lui est difficile de déchiffrer le sens des signaux qui lui sont transmis, de les traduire en paroles, en phrase rassurante. A qui est cette voix masculine ? Quel homme es-tu venue embêter avec tes soucis, sans t'inquiéter qu'on t'ait peut-être suivie ? Tu ne reconnais pas celui que tu as déjà embêté avec tes histoires de mort dans les intonations de celui-ci. Qui est-il alors ? Ouvre les yeux, ma jolie, et tu le sauras.

Tu ne le fais pas pourtant, un sentiment étrange naissant au fond de ton cœur aux trois mots qu'il prononce. Est-ce de la confiance, du réconfort, ou même du soulagement ? Te sens-tu en sécurité ? Tu ne sais pas, encore trop sonnée par les événements passés pour analyser parfaitement ceux du présent. Tes yeux sont fermés, certainement, du moins ne vois-tu pas ce qui t'entoure et la fatigue te prend. Tu as envie de te laisser emmener, de profiter de cette chaleur sur ton corps pour dormir, protégée. Protégée. Depuis quand attends-tu que l'on te protège, toi qui t'es toujours démerdée toute seule ? Comme un appel lointain, un geste d'instinct, tu te redresses juste assez pour retourner à demi ton corps contre le sien, et avec la plus grande lenteur du monde, tu glisses tes mains autour de son cou et poses ta tête sur son épaule. Tu as si peu conscience de tes gestes, de leurs conséquences, que tu serais bien en mal de comprendre quel homme tu serres ainsi dans tes bras tout en le tâchant de ton sang maléfique. Derrière tes paupières closes il n'y a que mon sourire, mes yeux rieurs et ma voix grave qui te rappellent ô combien tu aurais aimé que ce soit moi, en cet instant, qui te protège du monde entier, et de tes propres démons. Je sais que derrière tes grands yeux noirs se cachait l'attente d'un renversement des rôles qui n'aura pas eu le temps d'être. Je n'ai jamais eu ta force, ma sœur, et tu as fui l'intelligence qui aurait pu égaler la mienne pour te plonger dans la danse, pauvre femme. Quoi qu'on en dise, ma jolie, nous étions faits pour être séparés.

Sans un mot, tu traces du doigt les lettres d, i et x en majuscule sur sa peau, indiquant à ton nouveau sauveur – du moins pour le moment – la réponse à sa question. Tu te demandes comment les romains auraient réagi en apprenant que leur « 509 » n'est plus qu'un vulgaire dix dans une autre écriture. Si ton esprit est constellé d'ignorance et d'incompris, il reste en son sein quelques souvenirs de notre enfance, ces moments passés à te mettre à l'épreuve avec quelques énigmes apprises en classe ou ailleurs. Si tu avais très souvent la réponse, tu préférais ne pas répondre la plupart du temps, cachant aux oreilles indiscrètes quelle femme tu aurais été avec un peu plus d'éducation. Peut-être serais-tu alors une femme du gouvernement, capable de dire au peuple que dix est égal à cinq cent neuf, sans sourciller.
Tu te redresses, te séparant de cette chaleur qui a redonné quelque peu de vie à ton corps et de combativité à ton esprit, pour ouvrir les yeux sur son visage. Depuis trop longtemps tu n'as plus laissé personne comprendre à quel point tu es vulnérable, ma belle fleur de prune. A quel inconnu as-tu montré ce que tu essaies de cacher, Lili ? Shining. Tes pupilles s'ouvrent à l'évidence, découvrant les tatouages – et ton sang, ne l'oublions pas – qui recouvrent sa peau. Voilà donc qui tu es venue chercher dans ta détresse infinie. Cadavre tout autant que toi, plongé dans un alcool qui ne te nourrit pas. Pourquoi venir chez lui, qui doit te détester plus que tu ne te détestes toi-même ? Sûrement à cause de ce flingue posé sur la table de chevet, la possibilité, ô combien alléchante, qu'il puisse te libérer de tout ceci. Une balle et c'en est fini, à tout jamais.

« Peut-être... Les mots s'arrachent à toi comme un feu brûlant ta gorge tandis que ta langue se délie avec difficulté. qu'il serait plus simple... Ton regard triste et douloureux s'arrache à l'arme pour chercher celui de Shining. d'en finir maintenant. »



Dernière édition par Li Mei Tyler le Mer 5 Nov - 10:05, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Seuls les morts savent combien c'est terrible d'être vivant. [pv]   Mer 1 Oct - 14:13



Elle est contre lui, il n’est pas inconnu d’une femme contre son corps robuste. Il est une bête et parfois se déchaine. Mais elle est une guenille entre ses mains. Elle est un monstre qu’il ne saurait toucher de cette manière tant sa nature le ramener alors aux pires souvenirs de sa vie. De la raison de tout. Ou plutôt, de la fin de toute raison. Elle est si laide, mais il connaît sa beauté. Ses yeux tirés comme par des épingles, bien plus minuscules encore rongés par la fatigue. Il la regarde, il la laisse prendre son cou. Elle peut mourir, il est là. Ses yeux ont vu bien assez la mort pour encaisser une de plus. Elle voulait peut-être tenir son paysage, mais tout était déjà tellement noir. Il ne pleurera pas. Il n’aurait pas mal. Du moins, il ne saurait le dire. Elle pouvait choisir, il était son ami autant qu’il la haïssait. Pourtant, ce n’était pas à lui d’en décider. Il n’était pas Dieu, il n’était pas Espoir. Il était juste lui, juste une fin. La sienne. L’humanité le rend si complexe, parce qu’il le demeure pas sa nature. Se manifestant par quelques soucis qu’il avait d’autrui, ne serait-ce qu’en lui ôtant la vie. Mais elle. Il ne pourrait pas. Elle n’est pas sienne. Elle n’est pas sur son chemin, ou plutôt en travers. Elle n’entrava pas sa route vers la perdition. Alors pourquoi lui ferait-il du mal ? Il savait que ce n’était point elle, il savait qu’il ne retrouverait jamais celle qui a causé toutes ses peines. Et finalement. Lui voudrait-il sa peau ? Cela ne lui rendra pas la sienne. Cette peau tatouée de cicatrices.

Elle est contre cette peau. Elle peut sentir la chaleur de la bête sur son corps, et lui. Il ressent ce froid, celui de la mort qui l’enveloppe doucement dans les ténèbres. Elle l’attire lentement, savoure ce si joli festin. Est-ce qu’elle doit mourir. Pourquoi faire ? Cela ne changera rien. Elle se pensera libéré, mais son âme restera la même. Entachée par les remords dans la rivière d’Hadès. Est-ce cela que tu désirer ? Errer pour l’éternité, te noyer pendant mille ans dans l’eau trouble des regrets. Et c’était bien parce que ça n’en changerait rien, qu’il avait choisi de ne pas mourir. Mais il n’avait pas non plus choisi de vivre. Il n’y avait à ses yeux, rien qui puisse favoriser son choix. Alors il était là. Dans l’attente. Elle répond à son énigme. Il ne  la félicite pas. A ses yeux, c’est un jeu d’enfant. Il n’y a rien d’étonnant à cela. Ce n’était qu’une histoire de logique. La plus grande surprise aurait été qu’elle puisse résoudre l’un des théorèmes sur lequel il avait sacrifié tant de temps. C’est bête. Cette sensation de ne pas avoir vécu quand il en avait encore été possible. Maintenant il n’y avait plus rien. Et c’était de sa faute s’il était seul. C’était de sa faute, si tout était vide.

Elle se redresse et il la laisse faire. Il reste dans ce silence mortuaire. Elle le regarde. Elle réalise et il s’en fiche. Elle peut le haïr. Elle peut l’aimer. Qu’est-ce que ça change ? Ce soir, il la torturera. Ce n’était pas fini ce soir pour elle. Elle articule. Une ultime prière. Il comprend qu’elle est calmée. Elle ne va pas mieux. Ce serait la quatrième étape de la soirée. Il prend son menton entre ses doigts, dévie la trajectoire de son visage. La regarde avec cette froideur habituelle « Tu sais bien, que je ne suis pas un homme bon. »  Il n’était pas un saint, il ne répondait pas aux prières. Il n’était pas assez bon pour soulager pleinement ses douleurs, sa souffrance de vivre. Il n’en ferait rien. Elle devra se battre d’elle-même. Et il sait, au fond de lui. Qu’elle ne veut pas ça. Elle ne veut pas mourir. Sinon, pourquoi aurait-elle fui ? Pourquoi aurait-elle trainé sa carcasse jusqu’ici ? Elle voulait survivre, quoi qu’il en coute.

Ses doigts caressent sa joue. Elle est sale ; et alors ? Elle est laide, elle est comme lui.  Défigurée par les peines de vivre. Elle est belle. Il soupire. Doucement, il passe son bras dans son dos. Il se sert de son poids pour la basculer sur le matelas. La tête sur l’oreiller souillé. Il l’observe et ajoute « Je ne suis pas assez bon, pour en décider. Si je le pouvais, je nous tuerais tous. Il ne resterait plus rien. » Il le pourrait. Il était bio chimiste. Il pourrait créer une bombe qui ferait exploser toute la ville. Il pourrait le faire. Mais à quoi bon. Elle est allongée. Il la regarde. Puis se détourne. Il attrape la bouteille et termine son fond avant de laisser son cadavre su le parquet. Chasser cette idée de son esprit d’un suicide collectif. Serait-il monstre à ce point ? Non… Du moins, il l’espérait. Il avait bu, sous ses yeux alors qu’elle déteste ça. Elle n’est pas capable de lui en faire la remarque. Il n’a point fait cela pour le plaisir de la défier une fois, par arrogance. Il a bu, pour s’inhiber d’un semblant de compassion. Pour s’ôter toute sympathie alors qu’il la torturerait de soins. Il savait que ça ne serait pas suffisant car malgré tout ; il est humain. Alors c’est parti. C’était inévitable. « Je vais te déshabiller. » Il la prévient, non pas qu’il ait peur qu’elle se mette à crier au viol, qu’elle le frappe. C’était juste une histoire de respect. Ils n’ont jamais été intimes. Peut-être ne le seront-ils jamais. Elle avait un corps désirable, il était un homme. Elle était d’une culture qui n’était pas sienne. Il était une brute. Il allait la mettre nue.

Alors, doucement, il attrape ce qui reste de son vêtement dans un état pathétique. Le textile est faible entre ses doigts. Déchirés de toutes parts. Cet habit raconte toute une histoire, mais Shining ne voulait pas la connaître. Pour ne pas la mobiliser ; il décide d’en déchirer le tissu. Plus il le défait, plus sa peau écorchée se dévoile à lui. Sa peau aussi, raconte une terrible histoire. Il la fera disparaître, mais il ne pourrait rien pour les lignes gravées dans son esprit. Il arrache les manches et la met torse nu. Elle est une poupée sans force. Son esprit enfermé dans cette boite qu’est son corps. Une boite immobile. Il tire sur le drap pour cacher sa poitrine tétanisée de froid. Il sait qu’elle le fixe. Qu’elle scrute ses réactions. Il est toujours le même. Elle n’est qu’un corps malade à cet instant. Une machine qu’il faut réparer. « Veux-tu un autre problème à résoudre ? » Des problèmes, l’on en rencontre tant. Mais la satisfaction, on la trouve dans une solution. Alors, était-il satisfait de la solution de sa vie ? Il pensait que c’était un problème irrésolu.

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MessageSujet: Re: Seuls les morts savent combien c'est terrible d'être vivant. [pv]   Dim 5 Oct - 9:58



Seuls les morts savent combien c'est terrible d'être vivant.

(pv) Shining L. Fliesh


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De honte n'es-tu point vêtue ? Haha, Lili, tu es crasseuse. Impitoyablement battue, profondément vaincue, désespérément perdue. Aies honte, danseuse, car la honte maintient en vie. Elle te fera courber l'échine cette fois, pleurer la mort qui n'est pas là, regretter de ne pas avoir su être un monstre avant d'être une femme. C'est ce qui te fera relever la tête, tu pourras redresser les épaules et marcher le dos droit, le menton bien haut, ni peur ni faiblesse dans le regard. Tu trouveras la force de faire face, de vivre le plus dignement possible, pour ne plus jamais montrer au monde quelle vermine tu es, si vulnérable, si détestable. Et la prochaine fois... oh oui, la prochaine fois, tu les tueras. Pourquoi ? Parce que tu es un monstre, ma sœur.

Ses doigts agrippent ton menton, déviant ton visage de quelques centimètres, ton regard bien plus attiré maintenant par les yeux qui te fixent, que par le sombre canon qui attend de rugir patiemment. Ces pupilles si froides qui cachent des secrets que tu es, peut-être, la seule à savoir. Ne devrais-tu pas frissonner de le voir si désintéressé ? Ne devrais-tu pas le haïr pour son impassibilité ? Non... ton cœur ne connaît que trop bien cette glace pour lui reprocher quoi que ce soit. Tu aimes être la dame de fer, n'est-ce pas ? La grande qui ne rit pas, ne pleure pas, qui n'a ni chaud ni froid, ni peur ni joie. Tu étais l'insensible, qui calcule tout et garde le silence. L'Imperturbable. Regarde-toi maintenant. Tu souris légèrement, pour toute réponse. Mais ce sourire en dit bien trop long, avec cette tristesse qui passe sur tes traits asiatiques. Tu sais. Tu sais ce qu'il est, et sûrement es-tu ici pour cela. Tu sais que cette mort il ne te la donnera pas, et c'est pour ça que tu es là. Parce que cette mort, tu ne la veux pas.

Le feu semble poursuivre la douceur de sa main sur ta joue. Oserais-tu aimer cette caresse sur ta peau colorée, si sale et ensanglantée ? Petite idiote que tu es, rien de ça n'agite ton cœur dénué de vie, si discret dans chacun de ses battements. Pour penser à lui comme à un homme, il te faudra d'abord penser à toi comme une femme, n'est-ce pas ? Et tu es un monstre, hideux et dangereux monstre, prêt à prendre la vie de n'importe qui. Qui sait quand décideras-tu de le tuer lui aussi ? Ses souvenirs sont exquis, te rappelles-tu ? Oui, mais tu ne veux l'avouer. Non pas que tu aimes particulièrement découvrir le passé de tes victimes, mais l'énergie elle... mieux vaut ne pas l'évoquer. Surtout en cet instant, alors que son corps est si près du tien et qu'il te fait basculer sur le lit, l'oreiller accueillant ta tête douloureuse.
Il ne faut pas. C'est ce que tu penses. Le monde mérite d'être détruit, mais il ne faut pas le faire. Quelle est cette logique idiote dont tu fais preuve, danseuse ? Comprends-tu ce qu'il te dit ? Il ne resterait plus rien. Ni monstre ni hommes, ni sang ni flammes, ni danse ni âme. Rien. Pas même le souffle d'un oiseau, le cri d'un rat ou l'innocence d'une biche. Plus un seul corps pour revenir à la vie. Et le monde, s'il le veut bien, reprendra ses droits, recommencera une vie et la boucle sera relancée. Tu seras libre, monstre, libre de mourir au même titre qu'un autre. C'est tuer ou être tué, ne le comprends-tu pas ? Aucune culpabilité ne restera, il mourra également, Lili, alors pousse-le, dis-lui de le faire. Libère-toi et libère-le de ces démons qui vous guettent.
Shining ne le doit simplement pas.

Sous tes yeux enflés et à demi-fermés, tu le vois qui se retourne, qui enroule ses doigts tatoués sur la paroi de verre. Un instant, tu imagines le liquide ambré qui roule au fond de ta gorge, emplit ton estomac et égayes ton esprit. A quoi penses-tu, danseuse ? Tu n'es plus une femme - et tu n'as d'ailleurs jamais été saoule - tu es un monstre, et l'alcool n'a pas d'emprise sur les monstres. Ton corps rejette toute nourriture, toute boisson qu'il sent si insipides, si mauvaises sur sa langue. Seule l'énergie compte, celle qui glisse entre les doigts, qui emplit ton cœur plus sûrement qu'une quelconque joie que tu ne connais pas. Tu lui reproches si souvent de boire, et pourtant tu voudrais pouvoir le faire en cet instant. Trouves-tu que c'est normal, Lili ? L'idiotie est dangereuse pour ton petit esprit. Retiens tes remarques, toutes les mauvaises choses que tu pourrais dire, il n'a pas besoin de cela. Laisse-le tranquille, garde-toi d'ouvrir la bouche. Tu n'as rien à lui reprocher et tu le sais, ainsi restes-tu immobile et silencieuse jusqu'à ce qu'il reprenne la parole.

Pour sûr, l'étonnement vient tirer le coin de ta bouche et soulever tes paupières quelque peu, mais tu savais que ça devait arriver. C'est inévitable. Comment pourrait-il t'aider à vivre si les loques qui te servent de vêtements recouvrent tes plus graves blessures ? Tu le sais, et tu n'aurais même pas été surprise que ça se passe ainsi si tes pas avaient mené ton corps à l'hôpital. C'est un geste normal et anodin venant d'un médecin, l'on peut s'en sentir gêné mais l'on sait que ce n'est que son métier et que sans ça, la mort frappe à la porte. Voudrais-tu donc que la mort t'emporte plutôt qu'il ne voit ce que tant rêveraient de voir ? Ce n'est pas ta pensée, non. Ta véritable pensée est la raison de ta gêne. Non pas que tu rechignes à dévoiler ton corps, mais c'est justement cette absence d'opposition qui te plonge dans un profond embarras. Tu sais que ce doit être faire, et tu le laisseras faire. Mais regarde de plus près, ma sœur, ton corps désirable et mis à nu devant le sien presque aussi peu couvert que le tien, n'est-ce pas étrange ?

Tu n'y penses plus, te laissant parfaitement retomber dans le lit. De quoi as-tu le plus peur en cet instant ? Nous le savons tous deux, Lili, ce n'est pas de te mettre nue devant un homme qui te gêne, qui que soit cet homme. Ce sont les blessures, laides et douloureuses blessures que tu devines sous tes vêtements. Vulnérabilité. Faiblesse. Tu as essayé de les cacher, de faire croire à tous que tu étais forte et dangereuse. Que pensera-t-il de toi, maintenant ? Ira-t-il te dénoncer en pensant qu'aucun mal ne pourra lui être fait ? Quel mal pourrais-tu lui faire, de toute façon, que tu n'aies pas déjà commis ? Tu sais simplement vider un homme de ce qu'il a de plus précieux. Jamais tu ne pourrais en détruire un avec quelques dénonciations et accusations futiles. Enfin... tu ne le peux plus maintenant, mais avant... Avant, il te suffisait de quelques mots, d'une simple phrase pour détruire un homme. Tu n'avais pas besoin d'aide extérieure, de témoignage et autres preuves. Un mot et le monstre avait gagné, l'homme n'avait plus qu'à pleurer son malheur. Maintenant, tes paroles sont si ridicules, elles ont si peu de pouvoir. Tu es ridicule, danseuse.

Dans ton idiotie profonde, tu en oubliais déjà les mains qui agrippent tes vêtements et les déchirent plus qu'ils ne le sont déjà. Les lèvres pincées, ton regard se fixe sur Shining. Tu cherches, tu veux savoir la vérité, tu veux comprendre l'état dans lequel tu as été mis. Ton corps si désirable que certains en font une obsession est-il désormais si repoussant qu'un cadavre serait plus attirant ? Non pas que tu veuilles attirer les hommes, seulement préfèrerais-tu ne pas être une carcasse sans intérêt, dont la scène ne voudra plus entendre le pas. Tu es déjà un monstre, comment pourrais-tu supporter d'être, en plus, un cadavre ambulant qui ne veut accepter sa mort ? Tu es déjà bien assez détestée comme ça, n'est-ce pas ?
Tu accueilles le drap sur ta poitrine avec un soupir, sa chaleur enveloppant rapidement ta peau froide. Et alors, dans un geste profondément ridicule, tu refermes ton bras sur le tissu, espérant peut-être qu'il ne te quitte pas et qu'il redonne un peu de force à ton cadavre. Tu voudrais voir, tu voudrais savoir ce qui tire ainsi la peau de ton ventre, ce qui propage des vagues de douleur dans ton dos. Et pourtant, tu ne veux pas comprendre dans quel état tu es, tu ne veux pas savoir que ton sang de monstre ne t'aidera pas cette fois. Combien de temps te faudra-t-il pour t'en remettre ? Tu aimerais pleurer comme tu ne l'as jamais fait, comme tu aurais dû le faire à tes seize ans, mais tu n'en fais rien, tes yeux toujours fixés sur Shining, la douleur brouillant ton champ de vision plus sûrement que n'importe quelle tristesse de ton vieux corps.

« Je n'aime pas les problèmes. Ironique, n'est-ce pas ? La douleur pulse à l'intérieur de ton crâne, te faisant grimacer horriblement, tandis que ta main agrippe son bras, la marque de la corde sur ton poignet te faisant pincer les lèvres un peu plus fort. Il n'y a pas de solution à ce problème-ci. Je suis sûre que même dans la mort, ils viendront me chercher. C'est pour frapper qu'ils m'ont trouvée. Ils n'ont pas posé de questions, et je n'avais pas de réponses à leur donner. Je n'aime pas répondre aux problèmes. »

Ta vie... il n'en a que faire, Lili, alors pourquoi t'embêter à raconter ?



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MessageSujet: Re: Seuls les morts savent combien c'est terrible d'être vivant. [pv]   Mer 8 Oct - 10:52



Elle sert le drap, elle se voile sous le poids de la honte. Pourtant il n’a pas pitié. Jamais il n’aurait pitié d’elle probablement. C’était des créatures comme elle qui avaient tués Candide, accessoirement gâché sa vie. Quand il la regarde si faible, il se demandait s’il ne pourrait tout simplement pas le faire. Tester cet antidote qu’il aurait inventé, qui aurait causé la mort de sa sœur. Juste un flacon collé sous la table de nuit. Il pourrait le lui injecter et qui sait, peut-être ce virus parviendrait-il vraiment à modifier leur ADN. Mais pourquoi faire ? Il ne c’était pas rendu compte que les rendre plus humains ne changerait rien aux crimes commis par le passé. Il soupire. Elle le fixe et il n’arrive pas à compatir de ses douleurs. Il se souvient de ce qu’ils ont fait au corps de sa sœur et cela le répugne. Mais il ne montre pas son dégout, parce que malgré cela elle est belle. Pathétiquement magnifique. Alors cela lui convient de rester. Elle n’aime pas les problèmes. Il se contente de l’observer. C’est bien dommage. Elle qui tenait tant à la vie pour venir frapper à la porte de celui qui serait le plus sujet à vouloir se venger sur elle. Mais il n’en ferait rien. Elle annonce qu’il n’y a pas de solution à tous les problèmes. S’accroche à son bras et il pose doucement sa seconde main sur les siennes. Elle a froid. « Quoi qu’ils cherchaient. Ils l’ont trouvé. Sinon, tu ne serais pas là. » Répondait-il évasif.

Il sait qu’elle a besoin de parler, il n’a pas besoin de l’entendre. Il n’a pas besoin d’elle tout simplement. Il ne sait pas si ce genre de créature à un minimum d’honneur. Mais il veut bien penser qu’elle ne prendra pas son énergie. Mais pourquoi lui ferait-il confiance, après tout ce que sa race lui eut fait. Elle lui annonce ce qu’il s’est passé. Il aurait volontiers répondu qu’elle n’avait eu que ce qu’elle méritait. Mais il ne dit rien, parce qu’il n’en est pas certain. Parmi les sorciers qu’il ait pu rencontrer dans sa vie, elle faisait partie de ceux qui se montraient le plus humain. Oh bien sur, il savait qu’elle ne l’était pas, qu’elle ne le serait jamais. Elle n’est qu’un monstre soit disant doté de conscience. Et lui alors ? Il n’était pas même un monstre, il était juste une coquille vide. « On en parlera demain. Allé, viens… » Il la tire contre lui, toujours enveloppé dans son drap. Lui offre un instant la chaleur de son corps alors qu’il la soulève sans grande difficulté. Elle a perdu du poids en sang. Elle est si légère. Jamais il n’avait été aussi proche d’elle que dans ces lugubres circonstances. Il espérait seulement qu’elle comprendrait qu’elle ne lui serait redevable de rien.

Il entre dans la salle de bain. L’eau de la baignoire est encore claire. Il pense que cela sera suffisant. L’eau est chaude et la mousse à sa surface bien heureusement pour elle n’est pas acide. Il s’agenouille en la déposant dans l’eau. Il voit sa douleur. La chaleur morte sa peau glacée, réanime le cadavre avec violence. C’est biologique. Il s’y connaît bien. Une vague piquante des vaisseaux qui se dilatent ; ce liquide pourpre qui afflux brutalement dans son épiderme si sensible. Le drap se colle à sa peau. Il attrape un gant propre et débarrasse ce visage de cette crasse d’un mélange de sang et de sueur. Rendre à ce corps sa dignité d’être humain. C’est la première fois qu’il s’apprête à faire la toilette de quelqu’un. Pourquoi a-t-il fallut que ce soit elle ? Est-ce vraiment une question de choix ? Il ne pense pas. La seule femme qu’il eut lavé ainsi, ce fut sa sœur. Lorsqu’elle fut très jeune évidement. Cela le renvoyait brutalement à son passé douloureux.

La brute est tendre. Il passe doucement sur son cou et rince sa peau de sa seconde main. Peau contre peau. Dévoile ses hématomes avant de planter son regard dans celui de la jeune femme « Ne t’endors pas… » Lui conseillait-il alors. Pressant sa main sur sa poitrine pour la maintenir alors qu’il la penche en avant pour lui frotter le dos après avoir tiré le drap. Sa peau flagellée, il passe sur ses plaies. Une asepsie nécessaire. Puis il repose son dos contre la faïence. Il soupire doucement en regardant son visage qui ressemble bien plus à la jeune femme qu’il connaissait que très mal à vrai dire. Imbibe le gant, l’eau est sale. Il l’essore sur ses cheveux répugnants pour les tremper. Il aurait voulu la noyer. Mais il ne le fit pas. C’est la vie qu’elle est venue chercher chez lui. Il a terminé avec ces cheveux. Il laisse le gant frotter sa poitrine, sa plaie répugnante. Elle saigne sous son passage, mais il faut laver tout cela. Elle le fixe, tellement intensément. Elle veut lire ce qu’il pense. Alors, il relève les yeux vers elle. « C’est normal si ça te fait mal, je ne lave pas tes péchés. Seulement tes blessures. Cela ne soulage rien. » Il est dans son indifférence habituelle, il ne sait pas s’il doit penser quelque chose d’elle. Il la lave seulement, ignore ses réactions face à la souffrance. Puis quand il a fini cette atroce torture. Rince le gant et frotte ses jambes. Laisse le gant sur le bord de la baignoire. L’on ne voit plus même à travers l’eau tant celle ci est trouble. Noire, rouge, blanche de savon.

Il s’accoude  la baignoire. La regarde. Ils respirent. Une expérience étrange qui restera dans leur mémoire. Il le fit alors. Ce geste tendre. Désintéressé pourtant. Caresse doucement sa joue. Elle en a besoin. Il se sent vide. Il n’a pas la sensation de faire quelque chose de bien ou de mal. Sans cœur. Sans âme. Il a froid.

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MessageSujet: Re: Seuls les morts savent combien c'est terrible d'être vivant. [pv]   Lun 13 Oct - 0:10



Seuls les morts savent combien c'est terrible d'être vivant.

(pv) Shining L. Fliesh


~

La chaleur de sa main sur ta peau froide t'arrache un très léger soupir, rappelant à ton lent cerveau que si la mort ne frappe peut-être plus à la porte, elle n'en reste pas moins juste derrière le pan de bois, prête à entrer si tu ne t'accroches pas. Un instant, tu fermes les yeux, appréciant l'obscurité derrière tes paupières, bien plus douce que la lumière qui agresse tes prunelles fatiguées. Ils l'ont trouvé. Qu'ont-ils trouvé, exactement ? Seul Stain a demandé, il voulait savoir les pourquoi, les comment, il voulait comprendre à quelle race tu appartiens. Il a fait couler ton sang pour être persuadé que tu n'es pas comme lui, qu'un démon se cache au fond de ton cœur. Les autres ont frappé. Peut-être s'attendaient-ils à ce que tu répondes aux questions déjà posées. Ou alors... cherchaient-ils simplement à provoquer le monstre, à le réveiller, si possible, pour voir l'étendue de ses pouvoirs, comprendre de quoi il est capable. Ne leur as-tu pas servi ce qu'ils voulaient sur un plateau d'argent, ma belle ? Tes souvenirs sont flous, tu ne te souviens pas bien de ce qu'il s'est passé en sous-sol, dans cette pièce humide et lugubre qui a accueilli ton sang. Peut-être les as-tu tués pour pouvoir t'échapper ? Quelle est la probabilité qu'ils t'aient relâchée, monstre ? Accepte ta responsabilité, ta nouvelle personnalité, Meurtrière.

Tu as peur, peur que ce soit la vérité, que tu aies tué ces hommes de sang-froid – ou presque. Tu en as déjà exécuté plus d'un et tu t'inquiètes maintenant de quelques rats des champs, idiote ? Il fallait y penser avant, avant la traque, avant la Nouvelle-Orléans, avant les zombies, avant New-York, avant la danse et les arts-martiaux, avant ta naissance. Il est trop tard, maintenant, pour penser aux conséquences de ta monstrueuse condition, de ta faim dévastatrice et de ton sadisme infini. Ne dis pas, Lili, ceci, ce n'est pas moi, personne ne voudra te croire, et moi le premier. L'on ne devient pas méchant simplement parce qu'un zombie a ancré trop profondément ses ongles dans notre dos. Bon. Peut-être. Car il est vrai que tu n'as jamais autant ressenti de haine face à quelqu'un que maintenant face à un quelconque sorcier, que tu le connaisses ou non. Néanmoins, ma sœur, je suspecte que le mal était déjà en toi, comme la mort devait déjà être en moi, sinon il n'aurait pas fallu s'y reprendre à deux fois pour que je trépasse enfin. Alors, dis-moi, Lili, qu'y a-t-il dans le cœur de Shining ? La mort ou le mal. Il peut n'y en avoir qu'un.

Tu t'agrippes à lui comme tu le peux alors qu'il te soulève. Tu ne veux pas qu'il meure, que ce soit pour survivre à ta manière ou errer comme j'aurais dû le faire. Si tu avais voulu qu'il trépasse, tu n'aurais pas attendu qu'il t'emporte jusqu'à son lit pour te servir de son énergie, et ainsi reprendre assez de force pour te lever et prendre soin de toi, seule. Non, tu ne veux pas de ça, ce serait pourtant la meilleure chose, danseuse. Une fin rapide pour le cadavre ambulant et une survie de plus pour le monstre que tu es. T'en voudra-t-il ? Certainement, s'il en avait le temps. Mais qu'est-ce que ça change, ma sœur ? Tu seras de nouveau grande, de nouveau seule. Tu pourras nettoyer ton corps souillé dans cette maison que plus personne n'habitera. Et alors tu pourras repartir à la chasse, te venger du mal qui a été fait, survivre encore et toujours, la mort suivant chacun de tes pas. C'est presque idyllique, tu ne penses pas ? Non, tu es trop idiote pour ça, trop humaine. Tu penses qu'il est encore temps de faire croire au monde que tu peux être bonne ? Cesse tes rêves inutiles, tu ne fais que le mal autour de toi, tu es incapable de bien, d'amour. Comprends-le, Lili. Tu as tué la seule personne que tu as jamais aimée et protégée. Comment pourrais-tu aimer à nouveau ?

Tu as envie de crier, à la place de quoi tu te mords les lèvres fortement, le visage déformé par la douleur de l'eau chaude sur ton corps froid. Elle te semble brûlante, nettoyant ton corps de son mal infini. Mais bientôt la chaleur de l'eau te semble agréable, et comme un coup au cerveau, elle te plonge lentement dans une fatigue sans pareille. Te sentirais-tu assez en sécurité dans la baignoire d'un autre, le gant passant sur ton visage sans que tu ne le tiennes toi-même ? As-tu jamais été lavée par un autre que toi, Lili ? Bien sûr que non, tu t'es toujours débrouillée seule après tout, du moins depuis tes cinq ans. Pourtant, tu ne dis rien, tu ne fais rien, tu te contentes de fermer les yeux, de lentement te laisser bercer par la chaleur du bain, accueillir le néant comme il se doit. Mais tu ne dois pas. Tu ouvres donc tes paupières, découvrant une nouvelle fois le visage tatoué de Shining qui n'arrive pas à te mettre mal à l'aise, à t'effrayer.
Ne pas dormir. Oui, tu ne dois pas, la mort n'attend que ça pour t'emporter à sa suite. Reste éveillée, ma belle, profondément concentrée sur les mains de l'homme qui parcourent ton corps sale et blessé. La douleur, oui, lente et douloureuse agonie tandis que le gant nettoie les plaies qui saignent alors de ce sang impur qui est le tien. Et alors que l'eau dégouline sur ton visage, tu t'attardes à penser qu'elle pourrait infiltrer tes poumons, les remplir et t'arracher ta pitoyable vie de monstre. Tu as toujours eu peur d'être étouffée, et pourtant, tu serais prête à te laisser glisser dans le bain, ouvrir la bouche et avaler toute l'eau que tu pourrais contenir. Peut-être même Shining pourrait-il maintenir ta tête sous l'eau pour être certain qu'elle ne remonte pas accidentellement et s'emplisse de vie plutôt que de mort. Une bien triste fin pour la femme que tu as un jour été.

Ces mots, tu ne les attendais pas. Ou peut-être ne les attendais-tu que trop. En tout cas, la vérité te frappe de plein fouet et, même si tu le savais déjà, au fond de toi, la douleur s'empare de ton cœur plus sûrement que toutes les blessures de ton corps. Je ne lave pas tes péchés. Ils sont si nombreux, ma sœur, qu'il faudrait tout une vie pour les effacer, nettoyer ton âme du mal qui la ronge, l'obscurcit et l'isole du reste du monde. Comprends qu'il est trop tard pour revenir en arrière. Tout ce mal-là, tu l'as déjà fait, à tant de personnes, tant d'innocents. Comprenons bien que personne n'est innocent, mais toujours le sont-ils plus que toi, monstre, et ils ne méritent pas que tu t'acharnes sur leur personne. Les mots t'ont ébranlée, ont fait fondre en toi les dernières barrières, vestiges d'un passé depuis longtemps révolu. Les larmes s'accumulent donc sous tes paupières, sans oser sortir pour le moment. Tu voudrais te glisser dans l'eau pour les dissimuler, cacher à l'ennemi quelle idiote tu es, combien tu as toujours été misérable, méprisable et vulnérable. Quelques mots et tu es détruite. Tu n'as jamais été si faible, ma sœur. Tu casses tous les clichés. Souviens-toi que les méchants, toujours, sont faibles avant d'acquérir leur puissant pouvoir, ils sont inutiles et détestés, rebuts de la société. Puis le pouvoir leur tombe dessus, ils deviennent méchants, ils se vengent du mal qui leur a été fait toute leur vie. Mais toi, Lili, tu étais puissante avant de devenir un monstre, puis tu es devenue faible, terriblement faible, et le monde t'a détestée plus qu'il ne te détestait déjà. Feras-tu, un jour, les choses comme tout le monde, ma sœur ?

Ses doigts se posent sur ta joue, caressent ta peau d'asiatique, sous ton regard sombre qui reste perdu dans un trop plein d'émotion alors que la pluie est toujours accumulée aux coins de tes yeux. Comme un déclic, le geste de Shining attire tes larmes jusqu'à ton menton et les laisse rejoindre l'eau salie par ton corps blessé. Tu pleures comme une idiote, comme l'enfant de seize ans que tu n'es plus, qui aurait dû pleurer et ne l'a pas fait à ce moment précis où ta vie a pris un nouveau détour. Tu aurais dû être une enfant perdue, à la place de quoi tu as été une femme dans un pays différent. Pleure donc, idiote, qu'est-ce que ça changera ? Tu n'es plus ni femme ni enfant, ni bonne à pleurer ni bonne à aimer. Tu es un monstre qui a besoin d'énergie, rien de plus, rien de moins. Sèche ces larmes idiotes quand tu auras compris qu'elles ne servent à rien.

Ta main s'attarde un instant sur la sienne, alors que les perles salées roulent sur tes joues avec plus de vigueur, puis sans crier gare, tu te laisses glisser au fond de la baignoire. L'eau caresse tes joues froides et redonne à tes lèvres leur teinte rosée. Les larmes sont balayées comme si elles n'avaient jamais existé, quoiqu'elles laisseront tes yeux légèrement boursouflés – simple détail face à la blessure à ton arcade. Tu sens tes cheveux qui glissent sur tes épaules un instant, rendant ton cocon de chaleur bien plus agréable que tu ne l'aurais pensé. La mort serait-elle donc si douce dans ce bain où l'eau sale piquera très certainement tes yeux si tes paupières s'ouvrent ? Tu ne veux pas le savoir, tu as retrouvé cette détermination, cette envie de vivre qui pousse ton crâne à crever la surface calme. Ou presque.
D'un coup de main habile, tu enlèves l'eau sur ton visage, ouvrant les yeux sur la salle de bain du tatoué. Le bain semble t'avoir redonné plus de force que tu ne le pensais, même tes gestes sont devenus plus fluides. Et si la douleur est toujours présente – il est vain d'essayer de s'en débarrasser, ou de l'oublier à ce stade – elle te semble plus supportable. L'idiotie, comprenez. En te redressant un peu plus, tes épaules s'extirpent à la chaleur pour se confronter au froid mordant de la petite pièce. Un long frisson descend alors dans ton dos, ramenant rapidement ton corps sous l'eau chaude qui refroidit peu à peu. Fait-il réellement aussi froid qu'un léger tremblement agite tes épaules et laisse la presque boue te monter jusqu'au menton ? Tout de même Lili, reprends-toi, regarde Shining, a-t-il froid ? Tu te redresses soudain, ravalant un vertige pour poser ta main sur son bras et t'inquiéter de son état. Le froid vient enrober l'humidité de ta poitrine et t'arracher un nouveau frissonnement.

« N'as-tu pas froid ? Je t'ai tiré du bain ? Je suis désolée, peut-être devrais-tu t'habiller... plus. Tu ne dois pas tomber malade. »

Spoiler:
 



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MessageSujet: Re: Seuls les morts savent combien c'est terrible d'être vivant. [pv]   Jeu 23 Oct - 9:20



Elle semble perdue dans ses pensées qu’il n’avait guère envie de connaître. Il la laissé à ses propres tortures mentales, il avait les siennes. Il n’était là que pour réparer un corps, il n’était pas apte à soigner son esprit. Il ignorait si quelqu’un en était véritablement capable. Les gens prétendent toujours mieux savoir que les personnes concerné ce qui est mieux pour eux, mais eux même ne savent pas s’aider. Pitoyable. L’humain n’est pas une science dans son psyché. La biologie est une science. Il la connaissait par cœur. Les phases de division cellulaire et la régénération. Un long processus. Parfois douloureux. Elle pleure. Il se contente d’éponger ses larmes. Alors, elle prend sa main et plonge dans l’eau. Il ne la retient pas. Elle est sous l’eau, de nombreuses bulles apparaissent à la surface de l’eau. Il esquisse un léger sourire alors. Enfin. Mais elle ne le voit pas. Elle tient toujours sa main et ce n’est pas dérangeant. Puis elle émerge. Elle chasse l’eau de son visage et il soupire simplement. Elle se sent bien. Mieux du moins. Puis elle a froid. Elle tremble. Puis elle se redresse, la mine inquiète… Pour… Pour lui ?

Il se contente alors d’approcher son visage de sa main tatouée pour lui répondre « Malade, probablement le suis-je déjà d’une certaine façon. » Malade. Puis, un cadavre peut-il avoir froid après tout ? Il se relève lentement, tourne le dos à l’asiatique pour attraper une longue serviette de bain. Il la pose sur le petit meuble à coté de la baignoire avant de se pencher vers la jeune femme « Cela suffit pour ce soir. » Elle a replié ses jambes pour l’aider. Quand elle est enfin debout, il soulève ses genoux pour la faire passer par-dessus la baignoire ; la fit asseoir sur le bord glacé avant de l’enrouler dans la serviette d’une main en maintenant son dos droit de l’autre. Elle est faible. Une fois bien enroulée. Il sèche ses cheveux avec une autre serviette plus courte. Une fois à peu près sèche, il a jeté la serviette au sol avant de la soulever pour la transporter dans le salon et l’étendre sur le canapé. De là, il l’abandonne et part fouiller dans les placards.

Il pose sur la table basse de nombreux pansements et produits antiseptiques. Il entame d’abord de s’occuper du visage de la jeune femme en désinfectant une plaie sur ses lèvres et dépose de l’arnica sur son hématome sous le menton. Elle est étendue. Il se fou pas ma qu’elle soit nue. Plaie après plaie, malgré ses grimaces. Cette torture est tout aussi nécessaire. Puis quand enfin, il achève son œuvre. Il la prend contre lui. Peau contre peau. Sa poitrine contre son torse. Pour venir l’étendre dans son lit une nouvelle fois et l’envelopper de la chaleur de ses couvertures. Il n’avait alors rien dit. Ne trouvant l’utilité d’aucun mot. Elle avait meilleur gueule, même s’il était incapable de ressentir du désir pour elle. Sa rancune était bien trop grande pour son espèce. Il savait qu’il ne fallait jamais généraliser les membres d’un groupe. Mais comment pourrait-il penser différemment. Ils n’étaient que des monstres avides d’énergie. Elle avait déjà tenté de lui prendre la sienne, il s’en souvenait et également de ces souvenirs douloureux qui ont alors traversé son esprit. Monstre. Putain comme il la détestait. Cependant, il était bien là. A la soigner. « Putain de libre arbitre. » Soufflait-il en venant s’asseoir à coté d’elle. Il supposait alors qu’elle ne savait pas ce que c’était, elle n’était pas humaine.

Il soupire une fois de plus, s’adosse à la tête du lit et allume la télévision. « Reposes toi. Je veux que tu t’en aille demain. » Lâchait-il alors que le soleil ne saurait tarder à faire une percé derrière les rideaux. Il la gardera alors, jusqu’à ce qu’il disparaisse de nouveau. Qu’elle s’en aille dans la noirceur de la nuit. Comme l’était probablement son âme. Pourtant, quand il tourne la tête pour l’observer, il se rend compte qu’elle à l’air plus humaine que jamais. La justice, elle était étrange parfois. La conscience, se remettre en cause. De façon perpétuelle et permanence. « Tu comprends ? » Oui, il se demandait si elle pourrait comprendre quelque chose de la sorte. Non pas qu’il ne veuille pas d’elle, mais que sa seule présence ici, la seule réalité de lui avoir porté secours le rendait tout simplement malade. Il se dégoute. Il a envie de vomir. Alors, il se lève du lit et s’installer dans le salon où il trouve dans le tiroir une bouteille. Histoire de se noyer.


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MessageSujet: Re: Seuls les morts savent combien c'est terrible d'être vivant. [pv]   Jeu 30 Oct - 22:49



Seuls les morts savent combien c'est terrible d'être vivant.

(pv) Shining L. Fliesh


~

L'eau du bain te quitte avec un puissant frisson, amenant à ton corps quelque peu réchauffé une froideur de vivant. Vivante. Oui, tu es vivante, Lili, encore. Voudrais-tu être morte ? Tu ne le sais pas, finalement, la question a été posée de nombreuses fois mais elle n'a jamais connu de réponse. La mort serait-elle la solution à tes problèmes, à ceux des autres ? Si c'était aussi simple que cela, ne serais-tu pas déjà passée de l'autre côté, ma belle ? Voyons, mon enfant, tu sais tout comme moi la vérité, tu veux vivre, mais tu ne vis pas, monstre, tu respires difficilement dans un monde hostile. Tu survis. Ce n'est pas là la vie que tu voudrais, c'est néanmoins la vie que tu as choisie. Survivre, accepter la souffrance pour expier tes crimes. Ils sont nombreux, Lili, tu ne pourras pas nettoyer ton âme de sa noirceur. C'est trop tard. Tu ne peux qu'accepter la douleur et prier pour qu'ils n'aient pas connu la même. Voilà le sens même de ton existence : souffrir en silence.

Néanmoins, le mal est tel qu'il te faut serrer les dents et accepter qu'un autre te porte car tu es incapable de soulever ton propre poids. Tu n'as pas essayé, certes, mais tu sais que tu t'écrouleras au premier pas. Le voici donc qui te porte, te pose, te sèche, te porte et te repose, avant de fuir. Pensais-tu, en frappant à cette porte, que l'homme tatoué s'occuperait aussi bien de ta personne ? En réalité, tu ne sais pas vraiment ce que tu pensais à ce moment précis où ton poing s'est écrasé sur le bois. Tu sais seulement que tu voulais vivre et qu'il t'y aide, alors qu'il aurait simplement pu te tuer, ne pas t'ouvrir, se moquer de ton ignoble personne, te laisser pourrir, agoniser dans les rues de la Nouvelle-Orléans. Il ne t'aime pas, alors pourquoi quand tant de possibilités s'offraient à lui, bien moins dérangeantes que celle qu'il entreprend : te soigner. Pas que tu sois dérangée par ta peau nue sous ses yeux, à ce stade-là, la douleur est telle que tu t'inquiètes peu de ta nudité. Tu penses seulement qu'il devra nettoyer les taches que tu as laissées, les serviettes utilisées, et racheter plus rapidement de ces pansements et produits qu'il pose sur la table basse. Vraiment, tout ceci ne lui est pas bénéfique, tout ceci ne va pas dans son sens, tout ceci ne devrait pas être permis. Pas après le mal que tu as fait.

Tu grimaces sous ses doigts, tu ne peux t'en empêcher, toi l'imperturbable, qui contrôlait à ce point le moindre de ses traits qu'il aurait été vain de lui soutirer un sourire s'il elle a décidé de ne rien laisser sortir de ses émotions. C'est ainsi que tu étais à une époque révolue, avec de grands yeux noirs sévères et des mots meurtriers. Aujourd'hui, te voilà réduite à une déformation affreuse de tes traits asiatiques, sous la puissance de la douleur et de la culpabilité. Oui, parce que tu t'en veux de lui faire subir ceci, à lui qui n'a rien demandé. Et tu ne pourras que le remercier, de vilains mots qui n'ont aucun sens entre vous deux, car tu ne pourras jamais lui rendre ce qu'il t'a donné aujourd'hui. Plaie après plaie, ecchymose après hématome, tu sens ton corps s'échauffer, se charger d'une chaleur qu'il n'a pas tandis que la douleur pulse à l'intérieur de ton crâne. Jusqu'à ce qu'il te soulève encore, ta peau tout contre la sienne, tes yeux rivés sur ses tatouages mystérieux. Tu pourrais passer, sans te l'avouer, tout une nuit à simplement contempler la multitude de traits sombres, à essayer de craindre ce qui est dessiné, et à simplement pouvoir apprécier.

Tu accueilles la chaleur des couvertures avec un soupir que tu aurais préféré retenir. Non pas que tu veuilles détester le fait d'être allongée dans un lit qu'il a utilisé, seulement ne veux-tu plus penser que tu oses le déranger à ce point même qu'il t'offre sa propre couche. Le canapé aurait suffi, n'est-ce pas ? Et encore, tu aurais trouvé que c'était de trop et tu aurais pensé que le sol aurait été une meilleure alternative, bien que tu n'aies nulle envie d'y faire un séjour. Bref, ton regard tombe donc sur l'écran qu'il vient d'allumer, sans réellement voir ni essayer de comprendre les images qui défilent sur le téléviseur. Tu te souviens encore de cet affreux journaliste, ses mensonges puérils et ses vérités détournées. A-t-il pourri ta vie plus qu'elle ne l'était déjà ? Tu en doutes, sûrement Stain t'aurait-il trouvée sans cette émission idiote, qui ne l'a certainement pas aidé d'ailleurs. Comment aurait-il pu comprendre ce que tu es avec cette simple vidéo ? Non, il y avait autre chose, peut-être même quelqu'un pour te dénoncer.

Les mots atteignent ton cerveau sans sembler vouloir dévoiler leur sens. Il te faut un petit temps, les sourcils quelque peu froncés, les yeux rivés sur le profil de Shining, avant de comprendre complètement ce qu'il te demande. Partir, oui, ça te semble normal, évident même, tu ne peux simplement pas rester plus longtemps ici, tu ne dois plus dépendre de lui. Il te faut le laisser seul, le laisser tranquille, ne plus déranger sa vie avec ta présence monstrueuse qu'il ne souhaite pas à ses côtés. Tu lui as fait beaucoup de mal, cesse donc d'en faire, Lili.

« Je comprends. »

Tu es une tare, une plaie ouverte, un monstre qui ne devrait pas vivre. Mais demande-leur, la prochaine fois, demande-leur si les monstres connaissent la culpabilité. Nous verrons, alors, qui est réellement un monstre, qui a réellement choisi d'en être un, qui aimerait en devenir un, qui voudrait cesser d'être appelé ainsi. Toi, tu fais partie de ceux qui regardent de loin, qui sont appelés monstres et ne peuvent rien faire contre, ne veulent rien faire contre. Il est plus facile de mourir quand l'on est détesté. Peut-être même y aura-t-il quelques volontaires pour t'arracher la tête et la présenter à la foule. Voyez, ce monstre, c'est moi qui l'ai tué, il ne nuira plus à la société. Et les hourras, les cris de joie assourdiront la ville plusieurs jours durant. Tu seras le mal qui a été éradiqué par le bien, le sacrifice nécessaire, le trophée de guerre. Et l'on t'aimera enfin, d'une certaine manière. Est-ce pour cela, dis-moi, Lili, que tu t'embêtes à éloigner un presque mort de l'alcool ? Pour être haïe de tout cœur ? Non, tu penses sincèrement qu'il ne doit pas tomber dans tout ceci, qu'il ne doit pas se laisser aller. Il y a bien d'autres choses à faire que de boire, et mourir ne doit pas non plus être son passe-temps favori. Après tout le mal que tu as fait, ces quelques vies que tu as prises en silence, peut-être est-ce là le seul homme que tu puisses sauver, le seul qui ne veuille pas être sauvé.

« Bois pour moi. »

Voyons, ma sœur, sont-ce là des paroles dignes de la chieuse que tu es ? Ne devrais-tu pas lui dire de reposer la bouteille que tu entends tinter dans le salon ? Peut-être n'est-ce d'ailleurs que ton esprit qui te joue des tours tandis que le tatoué s'est réfugié dans une autre pièce. Tu restes pourtant persuadée qu'il est parti chercher de quoi remplir son estomac de ce poison lent qui promet un bonheur inexistant. Tu sais à quel point il a sombré, à quel point il est tenté. Tu le vois si souvent accroché au bar, ses yeux fixés dans les tiens pour un défi quotidien. Tu cherches sans cesse un moyen de lui refuser le verre de trop. Tu sais que c'est inutile, que ça ne peut que renforcer sa haine à ton égard, et tu n'essaies même pas de te persuader du contraire. Tu continues votre petit manège, jusqu'à ce que vous en soyez fatigués, qu'il aille chercher ailleurs meilleure coopération, ou que tu perdes ton temps sur un autre cadavre ambulant. Et pourtant, en ce jour où tu peines à penser tant la douleur semble confortablement installée à l'intérieur de ton crâne, te voilà qui l'incites à boire, à vider cette bouteille pour vous deux, à défaut de pouvoir l'y aider. Tu aimerais tant que la vie retrouve son chemin naturel à travers ta gorge, s'endorme tranquillement au fond de ton estomac et entame une longue descente à travers ton corps. Tu pourrais enfin leur dire, voyez que le monstre n'est pas ici, il n'y a qu'une femme détruite par la vie, comme tant d'autres. Ca t'est pourtant impossible, tu es un monstre incapable d'ingérer quoi que ce soit qui puisse nourrir un véritable humain. Et s'il t'arrive d'user d'un verre, tu ne saurais que grimacer sous le goût horrible qui te rappelle que tu survis avec beaucoup de mal.

« Je devrais partir maintenant, ne plus te déranger, tu dois sûrement avoir en horreur de m'aider, me soigner, et je comprends. C'est promis, Shining, je n'interviendrai plus dans ta vie. Trop de mal a déjà été fait. »

Mais pourras-tu te lever, idiote ? A peine te redresses-tu que le froid mord ta peau et que la douleur pulse dans ton crâne un peu plus fort, crispant ton corps contre les couvertures. Et si tu arrives à te lever, à te tenir debout sans tomber, à marcher sans trébucher, vas-tu te traîner nue dans la Nouvelle-Orléans ? Ne sois pas idiote, Lili, reprends tes esprits, cesse de créer plus de soucis et accepte simplement ses conditions. Est-ce si dur ?

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MessageSujet: Re: Seuls les morts savent combien c'est terrible d'être vivant. [pv]   Sam 8 Nov - 11:57


Elle prétend comprendre son dégout, comprendre qu’il lui demande de partir. Elle n’avait probablement pas idée de savoir, à quel point il se sentait nauséeux d’avoir sauvé sa vie, d’avoir eu cette responsabilité. Il aurait pu la laisser là, puis finalement, il se disait que c’était bien pire châtiment pour elle de vivre que de mourir. Une maigre consolation. Il n’y avait plus même de brouillard. Juste le froid mordant. La symphonie des diables résonne dans sa boite crânienne, la volonté de vivre lui, l’avait quitté depuis bien longtemps. C’est alors qu’elle l’encourage à boire, trois mots qui sortent de ses lèvres et dont il ne comprend pas le sens. Elle est épuisée. Elle ne sait pas ce qu’elle dit. Elle haïssait ce liquide brulant, elle le haïssait dans les veines des hommes. Elle l’encourageait, parce qu’elle pensait qu’il lui en tiendrait rigueur. Qu’il penserait alors qu’elle a changé, qu’elle vaut la peine d’être aidé. Mais elle ne valait rien à ses yeux, d’une manière ou d’une autre. Il était vide et il n’y avait plus que ça pour le remplir. L’alcool.

Il boit, ingurgite. Ne se pose pas la moindre question. S’alcoolise et ne dis rien. Il boit. Il n’y a que ça à faire. Se laisser glisser. Attendre que son corps se dégrade. A croire qu’il était trop résistant pour mourir vite. Il buvait, ferait exploser son foie, puis ses reins. Il se laisserait agoniser avec cette euphorie que cette molécule peut lui apporter. Il savait que c’était trop tard. Qu’il était mordu de l’alcool. Oui, son corps entier en faisait un besoin. Tremblotant quand il fut privé trop longtemps. Délirant quand il s’efforce ; quand on le prive tout simplement. Oui, il voyait des choses ; des animaux qui peuvent apparaître. Il devenait fou ; l’alcool prenait trop de place. Combien de fois c’était-il évanoui pour elle ? Il ne savait plus, il mettait ses méninges en vrac. Pour ne plus jamais penser.

Elle le sort alors, de ce moment de solitude. Presque agréable. Oui, il se sentait accompli en buvant. C’était un cycle infernal. Celui qui comment d’une obsession pour l’alcool, d’une tension croissante qui le pousse à passer à l’acte. Puis lorsqu’il boit, il sentait enfin du plaisir de vivre, un équilibre indescriptible de ses besoins physique ; un soulagement sans nom qui suivait d’une perte de contrôle. Mais la tension apparaitra de nouveau et il boira de nouveau. Elle parle, fais savoir qu’elle devrait partir de suite. Elle fit une promesse et il éclate de rire. Si fort qu’il en aurait fait trembler les murs. Il se riait d’elle tout simplement, de la vie également. Il riait, c’étai si drôle à ses yeux. Puis enfin, son rire se meurt et il attrape son visage froid entre ses doigts pour qu’elle le regarde. Plongeant son regard dans celui de l’asiatique « C’est vrai… Tu me dégoutes… » Répondait-il. Ces mots sont des lames. Il les plante dans les pensées de la jeune femme. Il n’est pas menteur, c’est peut-être l’une de ces dernières qualités qui subsistaient, bien qu’il était capable de baratiner pour une bouteille.

Il relâche sa mâchoire, elle le regarde encore pourtant. Elle ne peut pas se lever. Il n’a pas besoin qu’elle parte tout de suite. Elle pourra attendre la nuit prochaine pour s’en aller. Il la garderait ici, il aurait pu la nourrir. Mais il était le seul plat qui puisse la satisfaire. Quand finirait-elle par se nourrir de son énergie ? Ingrate. Quelque part, il s’en fichait. « Mais je me dégoute tout autant… Je ne vaux pas mieux que toi ; mais tu comprendras qu’ici. Il y’a un monstre de trop… » Cruel envers elle, cruel envers lui-même. Après quelques nouvelles goulées, il se laisse tomber sur le dos aux cotés de la jeune femme. Transpirant de mal être ; putain qu’il était bien. S’il pouvait mourir ici, si seulement cela pouvait être bref ? Elle n’avait qu’à le toucher, elle n’avait qu’à tout lui prendre. Le rendre aussi sec qu’il pouvait boire. « Tu trouvera dans le dernier tiroir… Les vêtements de ma sœur. » Soufflait-il, comme s’il n’allait jamais plus se réveiller. Il a mal pourtant. La simple idée de voir l’une de ces créatures se vêtir des habits de Candide. Il avait simplement envie de vomir. Frissonnant de dégout. Comment avait-il pu dire une chose pareille.

« Pardonnes-moi ma sœur… Je t’aurais tout pris… » Je leur avais tout donné malgré moi. Je leur avais donné ma sœur, l’amour de ma vie. J’avais donné ma mère. Ma vie. Ma haine. Mon désespoir. Je leur donnerais ma mort. Tout. Et j’avais tout volé à ma sœur pour eux. Sa vie, ses vêtements, sa mère, son frère… Je l’avais dépouillé de tout. Je ne laissais que le néant. Il avait chaud, il suffoquait. Il tourne le dos à la jeune femme. Etendu à ses cotés. Il ne lui a pas dit qu’il voulait qu’elle reste ou qu’elle s’en aille. Il avait simplement indiqué où elle trouverait des vêtements si elle désirait partir. Parce que son sort n’appartenait pas à Shinning. Il avait assez fait. Il tient toujours la bouteille à moitié vide entre ses doigts. Reste la moitié de Li qu’il ne pouvait pas boire alors. Symboliquement. Puis il pense être au bout, au fond de sa vie et non plus de la bouteille.

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MessageSujet: Re: Seuls les morts savent combien c'est terrible d'être vivant. [pv]   Mer 12 Nov - 1:23



Seuls les morts savent combien c'est terrible d'être vivant.

(pv) Shining L. Fliesh


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Le rire claque à tes oreilles, serrant tes poings sur les couvertures, tordant tes sourcils de la plus pitoyable des façons. Tu te sens seule et profondément idiote tandis que l'amusement du tatoué emplit la pièce. A quel point l'es-tu réellement, ma sœur ? Le monde te déteste, ça tu le sais. Et tu détestes le monde, ça c'est pur mensonge. Tu as essayé de le détester, ça c'est sûr. Mais il subsiste toujours en toi une pointe d'amour qui n'est pas morte avec moi. Un élan de sympathie qu'ils sont peu à te connaître et que le monstre essaie de contrer, d'éradiquer en tendant les doigts vers ses prochaines victimes. Est-ce que tu souhaites que le monde t'aime, qu'il reconnaisse en toi l'ange gardien plutôt que le démon vengeur ? Non. Tu n'as toujours voulu qu'une chose, et ce d'autant plus maintenant que je repose dans un coin calme de New York : qu'on te laisse tranquille. Ainsi donc tu es seule par choix, ma sœur, et c'est là ta plus grande idiotie.

Ses doigts paraissent presque brûlants sur la peau froide de tes joues, forçant tes yeux à tomber dans la profondeur des siens, et à accueillir ses paroles les lèvres pincées, tes sourcils toujours tordus de cette manière pitoyable depuis plusieurs minutes. Tu le sais. Tu sais qu'il ne t'aime pas, que tu le dégoûtes. Et tu ne lui en veux pas, c'est naturel. Tu as osé te nourrir de sa précieuse énergie, de ces douloureux souvenirs qu'il a revécus en même temps que toi. Quel monstre pourrait être pire que tu ne l'es déjà ? Même le Diable lui-même ne pourrait que reculer à ton approche, de peur que tes doigts ne frôlent sa peau rouge. Personne ne veut que tu saches de quoi a été fait son passé, ni quel avenir funeste tu lui réserves. C'est pour cela que tu les dégoûtes, qu'ils te méprisent et te chassent. L'homme ne peut décemment pas vivre en sachant qu'un monstre est capable d'apprendre ses secrets d'une simple caresse innocente. C'est ainsi qu'est ta survie, et tu ne saurais donc reprocher à Shining ses dures paroles.

La tension sur ton visage se relâche soudainement. Tu aimerais attraper ses joues, le forcer à voir au fond de tes yeux que la même flamme n'y brille pas au fond des siens. Tu aimerais gifler sa peau tatouée, lui dire combien il se trompe, combien il a tort de penser qu'il est dégoûtant, qu'il n'est pas moins que tu n'es toi-même. Tout ceci est bien trop faux, bien trop idiot. Tu aimerais lui dire, lui souffler, au moins toi, tu ne te nourris pas de moi. Cela fait-il de lui un homme plus bon ? Non, mais cela fait de toi le seul monstre, le monstre de trop peu importe où il va. Tu ne dis rien pourtant, tu ne fais rien. Tu gardes sagement les mains serrées sur les couvertures, le visage inlassablement tourné vers le sien. Il a tout autant tort qu'il a raison : si tu penses qu'il mérite et vaut plus que toi-même, tu restes néanmoins le « monstre de trop ». Ce monstre qui profite, qui squatte, qui dérange et dégoûte. Ce monstre sans gêne qui quémande de l'aide chez son pire ennemi. Ou alors est-ce là la preuve qu'il n'est pas cet ennemi redouté et redoutable, le pire de cette espèce si peu rare à tes côtés. Oui, sûrement est-ce là la vérité, il est le meilleur d'entre eux, mais un ennemi tout de même, prêt à se venger du monstre.

Ton regard se fixe au plafond tandis qu'il s'allonge à tes côtés, la bouteille fermement accrochée à ses doigts. Tu crois bien, qu'en cet instant, tu pourrais fermer les yeux et laisser le sommeil te prendre, t'emmener loin de ton corps et le laisser ainsi à la merci de quelques mauvaises intentions. Il te semble pourtant qu'aucune intention ne pourrait être plus mauvaise que celle de vouloir te sauver la vie aujourd'hui et te laisser supporter quelques jours de survie de plus. Tu pensais d'ailleurs ne pas connaître pire châtiment que celui-ci, jusqu'à ce que les mots s'échappent de sa bouche et se trouvent une place bien au chaud dans ton cerveau. L'air ne semble plus approvisionner tes poumons l'espace de quelques instants alors que tu déglutis péniblement, quelque peu choquée par les paroles du tatoué. Est-il sérieux lorsqu'il t'autorise, toi le monstre, l'asiatique blessée, à utiliser les vêtements de sa défunte sœur ? Il sait ce que tu sais de lui, et tu es au courant pour Candide et sa funeste fin. Tu ne peux décemment pas accepter. Qui le pourrait ? Non, même les monstres ont leur limite, ils ne peuvent pas écraser le monde sous leur égoïsme. Tu ne peux simplement pas accepter.

« Non, je ne les trouve pas. »

Tu n'as pas cherché, Lili. Mais c'est là, en réalité, ta manière à toi de lui dire que tu n'en veux pas, que tu es peut-être un monstre mais que tu ne peux pas entacher son souvenir ainsi. Quel frère pourrait accepter qu'une créature aussi ignoble que tu ne l'es touche les vêtements de sa jeune sœur décédée ? Toi-même tu ne l'aurais jamais accepté. Tu aimerais qu'il comprenne, vraiment, qu'il te serait capable de retourner nue jusque chez toi, sans honte aucune, si c'est pour avoir refusé de porter ses vêtements. Seulement, il te tourne déjà le dos, présentant à tes yeux fatigués la complexité de ses tatouages. Tu ne peux donc que laisser, inconsciemment, ton doigt glisser le long d'un trait noir, avant de prendre conscience de ton geste et de le stopper dans sa course folle. Tu le sens triste, et tu comprends bien mieux qu'il ne pourra jamais le penser, le mal qui le ronge de l'intérieur.

Tu aurais envie de refermer tes bras sur son corps, de le rassurer, que jamais tu ne pourrais accepter de prendre un vêtement appartenant à sa sœur. Ou pas, en réalité. Tu as juste envie de lui dire combien ça t'est impossible et douloureux, combien tu préférerais reprendre tes vêtements déchirés que de lui en emprunter quelques uns, encore moins ceux de sa sœur. Tu ne fais donc rien, le doigt toujours posé contre sa peau bien plus chaude que la tienne n'arrive encore à l'être. S'il avait été moi en cet instant, s'il avait été ce que j'ai été pour toi, alors tout aurait été plus simple. Un regard et j'aurais tout compris, une parole et tout aurait été fini. Mais je ne suis plus car tu m'as tué, ma sœur, et jamais personne ne pourra plus reboucher le trou que j'ai laissé au fond de ton cœur.

Dans un élan de folie, tu glisses ta main le long de son bras et refermes tes doigts sur la bouteille qu'il tient toujours. La lui arrachant sans grand ménagement, tu colles le goulot à tes lèvres et, outrepassant le goût horrible du liquide à l'intérieur de ta bouche, tu vides la bouteille, consciente qu'il n'en sera pas content, et que ton corps te le fera payer ultérieurement. Mais tu en avais besoin, sans réellement savoir pourquoi, tu en avais besoin. Reprenant alors ta place dans le cocon de chaleur, tout en posant la bouteille dans un coin, tu jettes sur le corps de Shining un peu des couvertures, consciente qu'il pourrait tout aussi bien vomir de savoir que tu les as touchées auparavant. Mais il ne faudrait pas qu'il attrape froid, car il ne te faudrait pas devoir revenir pour assumer tes responsabilités.

« Je partirai demain. Ris si tu veux, mais je ferai ce que j'ai dit, et je ne toquerai plus à ta porte sans y être invitée. Je ne sais pas ce qui m'a pris. »


Spoiler:
 

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MessageSujet: Re: Seuls les morts savent combien c'est terrible d'être vivant. [pv]   Sam 15 Nov - 16:23

Elle n’a pas bougé du lit, mais elle répond ne pas les trouver. Il a froid, il a chaud. Il est en colère, il est amorphe. Elle a pris cette bouteille et il n’a rien dit. Elle a touché sa peau et il est resté immobile. Ne voulant rien faire tout simplement. Pourquoi faire ? Il ne restait plus rien ; pas même un semblant de respect envers lui-même. Devrait-il cesser de boire ? Il pensa à Aeryn, il pensa à ce qu’il lui avait fait endurer. Il pensa à son regard si triste, elle l’entraine vers le fond. Pourquoi n’avait-il pas prit sa main, il aurait senti ce que c’était d’être alors en vie. Putain de regret. Il avait si mal. Il saignait lui aussi, mais c’était simplement invisible. Son doigt a cessé cette promenade glacée et il reste là, pointant sa colonne vertébrale comme le canon d’un revolver. Lui ferait-il seulement du mal, une fois encore. Elle a prit sa boisson et il peut juste l’entendre boire. Pourquoi faire une telle chose ? Il n’en sait rien, il ne veut plus savoir. Il veut juste mourir à cet instant. Il ne réagit pas, il y en avait plein d’autre ici, il n’aurait qu’à se servir. Oh ce n’était pas comme ces soirs dans les bars, à prier un dernier verre de l’emporter alors que les autres clients le regardaient avec cette animosité qu’il ignorait tout simplement. Il savait bien les déranger, qu’ils auraient préféré qu’il aille mourir ailleurs. Peut-être allait-il mourir ce soir, à la place de cette fille. Une fille ? Un monstre…

Elle jette les couvertures sur lui, après avoir embrassé sa bouteille. Il ne réagit toujours pas, fixant le mur qui lui fait face, il n’est pas là. Il fallait chanter pour le monde entier, il s’en souvenait. Mais il n’avait plus de voix. Il n’avait plus rien. Sa voix lui parvient, une promesse qu’elle ne tiendrait probablement pas. Pourquoi le pensait-il ? Parce que tant qu’il restera quelque chose à prendre, elle viendrait. Oh bien sur qu’elle viendra, si la situation se représentait à elle, s’il ne lui restait plus que la mort. Parce qu’elle l’avait déjà trainé quelque fois jusqu’ici alors qu’il était ivre mort ; parce qu’elle avait voulu le garder en vie pour qu’il s’occupe d’elle ce soir là. Bien sur, c’était si évident. Elle pensait bien qu’un jour il lui serait utile. Il le sera encore, aussi longtemps pourrait-il respirer. N’était-ce pas ce qu’elle voulait ? Qu’il vive. Shining n’a plus d’espoir, il n’a plus de faim, plus de soif. C’était ça alors, le point de non retour ? Il était prêt à le prendre alors, ce flingue dans le tiroir, à tirer tout simplement. Incapable de savoir s’il pourra encore viser sa propre boite crânienne. A cet instant, il n’y avait plus même de soif qui le tienne en vie.

Puis cette pensée s’évapore. Il ne lui reste que le froid de ce lit, à coté d’un monstre. Alors, il bouge ; se retourne. Lui faire face. Sans peur. Sans joie. Sans tristesse. La fixer tout simplement, comme si elle n’était pas là ; elle n’était pas celle qu’il désirait voir avant que la guillotine le sépare de sa tête. Il la fixe tout simplement. Puis enfin, il retrouve sa voix. « Tu as frappé ici, parce que tu n’as pas d’ami. Parce que tu es seule. Parce que tu avais besoin de moi, sans te soucier si un jour seulement j’ai vraiment eu besoin de toi. »  Shining ne veut plus rire, il ne veut plus danser au dessus du vide. Il est las, il est au fond de la bouteille. Grace à elle ce soir. Il avait besoin d’elle alors, pour se rendre compte qu’il n’y avait rien à trouver au fond de la bouteille. Le néant le plus absolue. Alors ; il sourit faiblement, si triste. Il devait nager, jusqu’au goulot de la bouteille ; mais y parviendrait-il ? En aurait-il seulement la force. Ils étaient deux âmes si seules, vouées à se haïr pourtant d’une façon ou d’une autre. Il a été si dur ce soir avec elle, cruel et injuste probablement.

« Dis moi que tu n’es pas qu’un monstre Li… » Demandait-il alors ; qu’elle lui montre d’une façon ou d’une autre qu’elle ne pense pas qu’à elle. Qu’elle est capable de faire quelque chose de bien. Il en avait tant besoin, pouvait-elle seulement comprendre alors ce que l’on ressent d’être si vide ? Qu’il avait juste besoin d’entendre quelque chose ; de se gonfler d’espoir juste une fois. De se dire qu’il ne faisait pas complètement n’importe quoi, il ne donnait pas tout ce qu’il avait sans raison, que cela finira par aboutir à quelque chose d’autre que la mort et la désolation. Oh, il en avait tant besoin, d’une étincelle de vie ou mourir tout de suite. Voila donc, il avait besoin d’elle à présent, besoin de se dire qu’il n’avait pas seulement sauvé la vie d’un monstre, qu’elle pourrait donner quelque chose au monde. Qu’il n’avait pas eu tord une fois de plus. Putain, qu’elle le dise. Qu’elle le fasse pleurer une bonne fois pour toute, qu’elle fasse péter son cœur de chagrin et que jamais plus non, il n’ai à se demander s’il battait encore.
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MessageSujet: Re: Seuls les morts savent combien c'est terrible d'être vivant. [pv]   Ven 12 Déc - 23:57



Seuls les morts savent combien c'est terrible d'être vivant.

(pv) Shining L. Fliesh


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La chaleur des draps t'enveloppe lentement, amenant à ton cœur glacé une nouvelle vitalité. Il bat si lentement au fond de ta poitrine, si faiblement, que l'on pourrait croire qu'il ne bat plus depuis longtemps. Je suis le seul, ma sœur, à savoir ce qu'il en est réellement. Je sais qu'il s'émerveille de petites choses, qu'il s'attache au monde plus qu'il ne le devrait, et qu'il se force à la solitude. Cette écrasante solitude qui lui fait mal et qui l'attriste sans qu'il ne veuille se l'avouer. Dîtes au monstre qu'il a bon fond, et il se mettra en quatre pour vous prouver que non. Car c'est le mal qui doit être prouvé, ma belle, et non le bien.

Les yeux fixés au plafond, tu l'entends qui se tourne dans le lit, te faisant face désormais. Tu tournes donc la tête, pivotes sur ton épaule et le fixes à ton tour comme il le fait en cet instant, quoique s'il te semble être transparente à son regard, le tien est inlassablement posé au fond de ses yeux. Tu en viens alors à détailler son visage, à te demander combien de temps a-t-il fallu aux professionnels pour terminer le travail, finement expert, de ses nombreux tatouages. Puis tes iris sombres glissent sur sa bouche et y découvrent la légère humidité causée par l'alcool. Le goût te revient alors en mémoire, fronçant tes sourcils et pinçant tes lèvres. Comment as-tu pu te laisser aller à une telle folie, attraper la bouteille et en finir ta part, sans une seconde de répit, d'un unique trait répugnant qui aurait bien pu te faire vomir tout ce que tu as ingurgité ? Que te fallait-il prouver, Lili ? Il sait que tu es un monstre, il se doute certainement que ce n'est pas pour toi une boisson convenable. Peut-être même que le sang serait plus ragoutant, car tu ne vaux pas mieux que les vampires, toi qui voles ce que les gens ont de plus intime et de plus précieux : rêves et souvenirs.

Tu n'as pas d'ami. La simple affirmation met fin à chacune de tes pensées, détruisant un peu plus le peu d'humanité qu'il pouvait rester en toi. Tu n'as pas d'ami, ma sœur, et tu n'en as jamais eu, en réalité. Tu as toujours été seule, ma sœur, et tu n'as jamais voulu y remédier. Tu avais besoin de moi. As-tu, un jour, eu besoin de quelqu'un d'autre que toi-même ? N'étais-tu pas, pourtant, l'image parfaite de ces femmes indépendantes qui n'ont besoin que d'elle-même pour survivre sans plus de problème ? Mais moi, je sais de quoi il en retourne, je sais que toujours tu as eu besoin de moi, de ma présence à tes côtés, de ma voix dans l'obscurité, de ma main dans la peur et de mes bras dans la douleur. Et si, jamais, tu n'as voulu montrer aux autres ni frayeur ni mal d'aucune sorte sur ton beau visage, j'ai su comprendre la profondeur de tes regards. Tu n'avais pas à te soucier de savoir si j'avais besoin de toi ou non, la question ne pouvait même pas se poser. Sans toi, j'étais quoi ? Un cadavre pourrissant à New-York. Sans moi, tu es quoi ? Un monstre, ma sœur, un monstre.
Lentement, un sourire vient étirer tes lèvres, sans joie ni amusement, un sourire presque froid qui dépeint toute la vérité de ses propos. Seule, tu l'as toujours été, et c'est triste à dire mais ce doit être dit, tu n'as pas d'ami.

« C'est vrai. »

Son sourire rappelle le tien, empli d'une tristesse qui ne saurait que trop déborder de vos corps. D'une tristesse qui ne devrait pas exister. Pas sur ses lèvres, du moins. Que tu t'attristes de ta propre solitude, de ta misérable vie, pitoyable survie, il n'y a pas réellement de problème. Qu'il s'attriste de ton sort, non, ça ne peut être ainsi. Il doit te haïr, vouloir à tout instant glisser ses doigts autour de l'arme si près de vous et poser le canon froid sur ton front, tirer même, ne serait pas si mal. Tu te dois d'être seule, d'être sans ami, de n'éveiller aucune sympathie. Qu'est le monstre s'il ne dégoûte, ne rebute, personne ? Tu te dois de tenir ce rôle, de laisser traîner tes doigts glacés dans les dos et les nuques, frisson désagréable de peur annonciateur de mort. Qui d'autre ferait un meilleur acteur ? Tu es née pour en arriver là, pour être égorgée, étouffée, jetée du haut d'un escalier, tabassée et presque tuée. C'est ainsi que ce devait être, ma sœur, nulle autre n'aurait pu jouer à ta place. Ce devait être toi, et tous ces crimes t'ont poussée au bout du chemin, au bord du ravin. Tu dois accomplir ton rôle jusqu'au dernier instant, puis tu pourras faire ton dernier pas, tomber à la renverse et atterrir dans mes bras.

Ton regard, jusqu'alors tombé dans le vide pour laisser place à quelques pensées étranges, se lève jusqu'au sien, fixant ses yeux qui murmurent l'impossible. La phrase te déchire de l'intérieur, détruit le peu de cœur qui restait intact au fond de ta poitrine, et souffle la chaleur qui a donné vie à ton corps. Tu es soudain seule, loin des couvertures, loin de la Nouvelle-Orléans, loin du gouvernement, profondément seule, perdue entre ce monde-ci et le prochain. La demande a écarquillé tes yeux et tu aurais pu pleurer si tu ne l'avais déjà fait en cette nuit. Car, ma sœur, tu as si peu de larmes en ton corps depuis tes seize ans, qu'il te faut les accumuler quelques temps avant d'être capable de chialer correctement. T'aurait-il demandé que tu es un monstre, Li, la réponse aurait été immédiate, facilement sortie de tes lèvres pour tomber sur le lit et rebondir jusqu'à son oreille. Néanmoins, la question n'est pas sur ce que tu es, ce que tout le monde sait que tu es, mais sur ce que tu n'es pas, sur ce que tu caches encore à cette Terre. Y a-t-il seulement quelque chose à dissimuler en toi, ma jolie ? Tu avais tous les secrets du monde entre tes mains jusqu'à ce que je tombe, et tu es tombée avec moi, détruisant le peu qu'il restait de bien en toi en me détruisant moi. J'étais le bon, le bien qui faisait battre ton cœur. Sans moi, tu n'étais que froideur, mépris et solitude. Aucun amour, aucune compassion, aucun élan protecteur ni même un peu de chaleur au fond de tes yeux sombres. Il n'y avait que pour moi que tu étais tout ça. Et je ne suis plus... alors que reste-t-il de toi ?
Doucement, ta main glisse vers la sienne, tes doigts entre les siens, et un petit sourire, discret, étire tes lèvres. Qu'y a-t-il à dire si ce n'est que le monstre est bien là, que le monstre est seul, plus que jamais, détenteur de ton beau corps ? Aucun mot ne saurait assez mentir pour expliquer qu'une femme tu as été et qu'une femme tu resteras. Non, ça tu ne peux plus y croire, ne te reste plus que ce que j'ai toujours cru. Les monstres naissent monstres dissimulés sous hommes ou femmes, attendant l'heure fatidique de leur éveil.

« Qu'est-ce que je suis si ce n'est un monstre, Shining ? Fais de moi une femme en même temps qu'une bête et alors il te faudrait cesser de me haïr pour m'apprécier ne serait-ce qu'un peu. Non, voyons, le mal et la solitude me vont bien mieux, tu ne penses pas ? »

La tristesse de tes traits se fait ressentir un peu plus fort l'espace de quelques secondes, bientôt emportée par le pli de douleur sur ton front, creusé à chacun de tes mouvements. Ta main n'a d'ailleurs pas encore quitté la sienne, menaçant à tout instant de lui retirer cette vie qui bouillonne en lui et manque inexorablement à l'intérieur de toi. Tu n'en fais pourtant rien, plus maître de toi-même que tu ne l'as jamais été, capable de toucher sa peau aussi longtemps qu'il le faudra sans même vouloir activer ta magie et lui soutirer une seule goutte de son énergie. N'est-ce pas pourtant ce qu'il te manque pour recouvrer ta force et quitter cette maison à tout jamais ? Peut-être que oui, peut-être que non. Tu ne veux pas savoir ce qu'il te faudrait pour guérir, il te faut juste comprendre qu'il t'est possible de contrôler le monstre que tu redoutes tant, de le laisser gémir au fond de ton cœur sans lui donner la moindre de chance de faire le mal.
Comprends, ma sœur, que c'est là plus que tes mots ne pourront jamais dire. Comprends, idiote, que tes paroles ne vont pas avec tes gestes. Comprends qu'il ne te sert à rien de te perdre sans cesse en contradiction. Dis que tu es un monstre et agis comme tel. Dis que tu es également quelque chose d'autre, peu importe ce que c'est, et agis alors comme tel. Est-ce si difficile ? Vois, en cet instant, ce qui ne va pas. Tu voudrais volontiers crier au monde qu'il n'y a rien d'autre en toi que le plus perfide des êtres maléfiques, que même le Diable n'oserait toucher ou même bannir dans son royaume. Ils te veulent tous loin d'eux, qu'ils soient bons ou mauvais. Tu erreras donc dans l'oubli jusqu'à la fin des temps, personne ne voulant de toi. Et pourtant, regarde cette main qui touche une autre, cette main apaisée qui ne craint nullement la vilenie du monstre et reste confiante. Le mal, tu ne feras point. La femme a parlé. La femme que tu dis ne pas exister.

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MessageSujet: Re: Seuls les morts savent combien c'est terrible d'être vivant. [pv]   Sam 13 Déc - 19:10

Elle a pris sa main, il s’est laissé faire. Las de toute volonté ; elle pourrait le tuer. Il n’en serait pas même étonné, parce qu’ils étaient probablement tous ainsi de sa race. Ingrat. Puis finalement, se serait peut-être lui rendre service que de l’achever. Elle a faiblement souris. Elle n’était pas un monstre, parce qu’elle ne le tuerait pas. Il comprenait l’ampleur de son geste. Il la fixait de son regard sombre pourtant lourd de souffrance d’un passé dont elle en connaissait une parcelle. Elle articule, quelques phrases lourdes de sens. Il se sentait étrange, elle n’avait pas tord… S’il voulait tirer de l’humanité d’elle, c’était à lui, de venir la chercher. Enfoui, quelque part. Pourquoi faire ? Pour se donner bonne conscience ? Pour se dire qu’il n’avait pas sauvé la vie d’un monstre qu’il y avait eu quelque chose de bon qu’il eu secouru ? Comment vivre avec l’idée de l’avoir sauvé ? Il ne savait pas comment vivre tout simplement.

Il regardait ce visage, sans savoir quoi penser. Un monstre, une femme… Il a lentement cligné des yeux ; laissant sa main dans celle de la créature affaiblie qui n’aspirer qu’à lui voler ce qui pouvait bien lui rester. Un soupçon de lumière qui fasse battre son cœur trop humain. Observant ses traits douloureux, d’une créature vivante, qui ressentait. La colère, la peur, la tristesse… Et l’amour ? Peut-être. Il était injuste, parce qu’il n’ignorait pas quoi elle était passé, parce qu’il ne savait pas ce qu’elle avait enduré pour en arriver là. Voulait-il seulement le savoir ? Il a tendu sa seconde main, pour toucher se visage désormais propre. Non, il n’avait pas lavé le passé ; mais peut-être pourrait-il désencombrer le chemin de l’avenir. Pouvait-il y avoir au moins l’un d’entre eux qui puisse seulement un jour faire quelque chose de bien ? Pouvait-il lui aussi, faire quelque chose de bien. Agir comme un homme ; pas comme un vulgaire alcoolique. Un pantin de la bouteille. Pouvaient-ils être un homme et une femme tout simplement ?

« Je peux apprendre… » Soufflait-il. L’on peut toujours, avec un peu de volonté, à trouver le bon coté de l’autre. A creuser, trouver un diamant dans la boue de ses péchés. Apprendre lui aussi, à pardonner. Comment pardonner les autres, il n’était pas même foutu de se pardonner lui-même. Ils sont trop proches, sa main touchait son visage et lentement il approcha de celui-ci. Ses lèvres froides rencontraient les siennes. Ne pas être secoué de dégout fut difficile. Comment pourrait-il un jour dormir une prochaine fois dans ce lit où il aurait un jour embrassé l’une des leurs ? Ils lui avaient tout pris, jusqu’à ses lèvres. Il avait donné cette fois. C’était différent.

Sa bouche contre la sienne, il ferma les yeux ; se laissant alors aux abysses. Relâcha la pression de ses doigts sur ceux de la jeune femme. L’embrasse tout simplement, plus un monstre ; son égal. Pas son égal ; une femme. A tel point, qu’il recula, comme si c’était lui qui ne le méritait pas. Comme si c’était lui ; l’affront. Il avait sa réponse. L’observant, elle ne serait peut-être pas femme toute sa vie. Peut-être serait-elle les deux. Mais lui, il sera toujours le même. Il ne montre pas son mal aise, il en a assez de jouer à ça. C’était devenu ridicule. Il a lâché sa main et sorti du lit. Traina sa carcasse énigmatique jusqu’au coin cuisine pour s’improviser un sandwich sans savoir s’il parviendra à avaler quoi que ce soit. En fait, il l’a seulement préparé et abandonné là sur le plan de travail. Tournant en rond dans les quelques mètres qu’il disposé pour le faire avant de retourner s’asseoir au bord du lit. Attrape se flingue ; l’un d’eux devrait mourir maintenant. Faut-il vivre en monstre ou mourir en Homme ou Femme ? Cette décision lui appartenait-elle vraiment ?

Il l’entend remuer et il lança juste sans la regarder « Ne dis rien… » Plus une prière qu’un ordre. Il ne savait même pas ce qu’il allait faire à présent. Il n’y avait plus rien à sauver. Il avait embrassé cette fille qui était un monstre. A l’inverse, il avait frappé Aeryn qui était une fille bien. Il avait détruit sa famille. Combien de vies devrait-il briser sous prétexte que l’on a brisé la sienne. Tout cela c’était de sa faute, mais il n’arrivait pas à se le dire. Le poids de la culpabilité, bien trop lourde. Asphyxiante. Il mourrait à petit feu, pourquoi ne pas en finir une bonne fois pour toute ? Puisqu’il était dénué de sens, que ce qu’il faisait n’était pas digne de vivre. Méritait-il seulement ce soulagement. Devait-il se tuer, avant qu’elle ne vole son énergie. Ne rien laisser, juste une purée de cervelle dans un bain de sang. C’était donc ça alcool, la cause et la solution de tous les problèmes.
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MessageSujet: Re: Seuls les morts savent combien c'est terrible d'être vivant. [pv]   Mar 23 Déc - 2:10



Seuls les morts savent combien c'est terrible d'être vivant.

(pv) Shining L. Fliesh


~

Ta main est toujours dans la sienne, tes doigts fièrement accrochés aux siens tandis que le monstre en toi se montre bien docile. As-tu jamais eu tant de contrôle sur ta personne qu'en cet instant ? Non, toujours tu as perdu contre toi-même, contre cette part de toi qui fait le mal. Tu es née pour, après tout, ma sœur. Qui es-tu si ce n'est le monstre sous le lit, l'éventreur qui traîne des les rues sombres ? Regarde donc à quoi tu ressembles en cet instant. Allongée sur le lit d'un autre, ton sang froid recouvrant les ruelles du quartier. Les rôles ont été inversés, te voilà victime de ta propre personne, au bord de la mort que tu sèmes aux quatre vents. Comment se fait-il que tu ne sois pas encore décédée, ma jolie ? Le monde n'attend que ça de toi, que tu crèves dans un coin de la ville comme les vulgaires rats de ton espèce. Qu'attends-tu alors, idiote ? Fais-le donc, ce dernier pas pour tomber dans mes bras.

Ses doigts se posent sur ta joue, en effleurent la nouvelle propreté dévoilant alors les quelques éraflures et autres hématomes sur ton visage. Tes cheveux encore mouillés par le bain ont laissé quelques gouttes sur ta peau bien plus claire qu'à son habitude. Tu aimerais lui dire de ne pas le faire, de ne pas toucher le monstre comme il le fait. Tu aimerais le préserver de ces mauvais souvenirs qu'il aura en mémoire, de la proximité de vos corps, de ta présence malsaine dans son lit. C'est trop tard, pourtant, le mal est fait, et tu ne peux te résoudre à le chasser. La main sur ta joue semble si chaude, plus encore que les doigts que tu ne cesses d'agripper. Est-ce ça, d'être vivant, d'être un homme au sang chaud qui mange et qui boit à satiété ? Avoir un cœur pour alimenter un corps en vie, sans devoir dépendre de qui que ce soit d'autre. Pouvoir vivre sa vie sans compter sur qui que ce soit. Pouvoir survivre loin du monde, seule, aimée ou détestée, qu'importe. Ne plus faire de mal sans l'avoir voulu.

Le souffle s'écrase sur ton visage et glisse jusqu'à ton oreille, déferlant dans ton cerveau telle une tornade dévastant tout sur son passage. Qu'essaie-t-il de te dire, Lili ? Tu ne veux pas qu'il se perde en vains efforts, qu'il se donne du mal pour une cause qui n'en vaut pas la peine. Qui voudrait essayer d'apprendre quoi que ce soit te concernant ? Ne vaut-il pas mieux qu'il te déteste comme les autres, qu'il te haïsse à ce point que ta vue le répugne ? Qu'il te tue en cet instant, et il s'en sortira avec tous les hommages. Qu'il t'apprécie en cet instant, et... qu'est-ce qui pourrait bien arriver ? Tu ne le sais, en vérité, et tu ne veux pas le savoir. Il ne faut pas qu'il essaie. Il ne faut jamais tenter le diable.
Et voilà pourtant qu'il se jette lui-même en enfer. L'alcool a-t-il détruit son cerveau ? Tu n'arrives pas à expliquer ce qu'il vient de se passer, la raison, la cause, les conséquences, le pourquoi du comment. Tu ne comprends pas. Tu préfères ne pas comprendre. Tu le laisses faire, alors, les sourcils levés d'étonnement, sentant ses doigts s'écarter des tiens. Jusqu'à ce qu'il se recule soudain et que tu puisses te plonger plus profondément dans l'incompréhension. Je connaissais une femme, Lili, qui comprenait tout sur tout, qui nous énervait par son sens de l'observation et sa perspicacité. Cette femme n'est plus, voilà l'ignorante qui a pris sa place, l'idiote qui se laisse embrasser sans rien répondre en retour, ni claque ni baiser. Un seul regard, ni étonné, ni dégoûté. Un regard, tout simplement.

Et le voilà déjà qui te fuit, va chercher un couteau dans la cuisine et te le plante dans le cœur. Vile que tu es à oser tromper, séduire l'homme pour te sortir de ce mauvais pas. Il ne pourra pas vivre avec ça, n'est-ce pas ? Tu ne pourras pas non plus. Tu ne pourras pas supporter de le voir sombrer un peu plus à cause de toi. Devais-tu réellement frapper à cette porte, Lili ? Pourquoi ne pas partir maintenant, laisser l'homme seul avant que plus de mal ne soit fait. Ce n'est qu'un baiser. Oui, tu aurais pu te dire ça autrefois, rejeter un si petit geste d'un mouvement de main et reprendre une vie normale, tout autant toi que lui. Mais tu n'es plus une femme, danseuse, tu n'es plus une femme devant un homme. Tu es un monstre si peu caché, prêt à détruire la vie de n'importe qui. N'importe qui et ce fut lui.
Déjà il revient, et tu es prête à accepter ta fin, à le laisser te punir et libérer son esprit de ton misérable souvenir. Il vivra bien mieux si tu n'es pas dans ses pattes, devant ses yeux. Non ? Tu serais même prête à pousser les couvertures pour faciliter le chemin de la lame jusqu'à ton cœur si tu la vois briller dans sa paume. Mais ses mains sont vides tandis qu'il s'assoit sur le bord du lit, et tu restes donc silencieuse, complètement perdue, les yeux rivés sur son dos tatoué. Jusqu'à ce que le flingue émette un faible cliquetis lorsque ses doigts le soulèvent et s'y agrippent. Presque par réflexe, tu te redresses, faisant bruisser les couvertures, à deux doigts de lui dire de ne pas le faire. Pourquoi pourrais-tu te le permettre ? Qui es-tu pour l'empêcher de se tuer, de te tuer ? Il t'invite alors au silence et tu t'exécutes, parfaitement consciente que tu n'as pas ta place ici, et nullement le droit de lui demander de t'écouter.

La douleur pulse à l'intérieur de ton crâne, crispant tes muscles alors que tu bouges lentement, t'extirpant des couvertures, frissonnant sous le froid qui t'assaille et la chaleur qui te quitte. Si douce chaleur. Doit-il se tuer ? Doit-il te tuer ? Tu ne penses pas que ce soit la solution, sinon tu serais morte depuis longtemps, loin de la culpabilité qui ronge ton corps et ton esprit un peu plus chaque jour. Passant outre la douleur presque insupportable qui bat à tes tempes aussi fort qu'un tambour de guerre, tu glisses dans le lit pour être près de lui, assise sur le matelas, serrant les couvertures de tes mains. Et alors, sans crier gare, tu tires les couvertures sur le dos de Shining, enveloppant ses épaules nues dans la chaleur des draps, et tu refermes tes bras sur son corps dans une étreinte plus chaude qu'aucune autre alors que le tissu se cale parfaitement entre vos deux peaux. Loin de la menace du monstre et de ses pouvoirs. Oui, il t'a demandé de ne pas parler, mais jamais tu n'as été un modèle d'obéissance et de bonté.

« Si c'était la solution, Shining, je t'aurais libéré depuis longtemps, car le monstre ne peut laisser d'autres mourir de sa culpabilité. Et si ma mort pouvait tout arranger, jamais tu ne m'aurais connu, et jamais de mal je ne t'aurais fait. »

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