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 When the dead come knocking {Rafael/Cora}

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MessageSujet: When the dead come knocking {Rafael/Cora}   Sam 20 Sep - 21:35







When the dead come knocking



Rafael A. Morienval & Cora S. Di Mercurio









La violence et la débauche dominent la ville. L’anarchie n’a jamais été aussi présente dans les rues de la Capitale qu’en cet instant. Depuis combien de temps êtes-vous le spectateur de cette décadence ? Quelques minutes, quelques heures, le compte a été perdu depuis bien longtemps. Tous vos espoirs reposaient sur ceux qui d’ordinaire maintiennent l’ordre. Ils ne viendront pas, maintenant vous en êtes sûrs. Et l'effroi qui s’infiltre dans vos veines est peu à peu en train de céder sa place à de drôles de sensations. Vous aussi, vous venez peut être d’être touché par cette illusion assassine.

Prêt à entrer dans l’arène et à montrer au reste du monde ce que vous êtes capable de faire ? Au milieu du chaos grandissant, choisissez bien le rôle que vous souhaitez jouer. Une victime apeurée ? Un impitoyable criminel ? Ou encore un vil opportuniste ? Ne vous souciez pas des représailles, elles arriveront bien assez tôt. Pour une fois, profitez de l’instant, savourez cette sanglante liberté qui s’offre à vous.

{ Cora S. Di Mercurio: Ensorcelée & l'une des Nightkeepers créateurs des illusions assassines
Rafael A. Morienval : Non ensorcelé }



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MessageSujet: Re: When the dead come knocking {Rafael/Cora}   Ven 26 Sep - 21:09




La lame trouve une légère résistance, mais je l’ignore. Il suffit d’un peu de pression et je sens la chair se rompre sous le fil de cette épée généreusement fournie par l’administration à ma demande. Ce flot de sang qui s’écoule de la gorge de ma victime inonde l’asphalte noir. Un sourire s’étire sur les lèvres tandis que je chuchote à l’oreille de l’agonisant un doux « Je suis désolé, mais ta place n’était pas parmi les vivants » qui contraste très certainement avec sa souffrance. Peu m’importe. Cette nuit est un cadeau en l’hommage de celui que j’étais, cette nuit est un présent que je prends comme tel sans chercher à comprendre ni à tergiverser. Et malgré tous mes efforts pour l’ignorer, une voix goguenarde me chuchote que tout ce sang m’avait manqué. Ce qui est vrai. La douleur que mes mains provoquent, ce sang qui tâche ma chemise, macule mon costume, fait briller cette lame fine et équilibrée, tout cela m’abreuve et me nourrit plus sûrement que l’ambroisie divine. Je laisse s’échapper le cadavre sur le côté, sans un regard pour les yeux ternes et écarquillés de ma victime. Ce qu’elle m’a fait ? Strictement rien. Elle s’est contentée de respirer, de tordre la réalité dans un soupçon de folie, dévoilant cette gangrène que j’abhorre et que tant d’êtres hébergent. Je ne suis pas dupe. Je sais ce qu’il se trouve derrière ces illusions qui sabordent la réalité d’une partie des habitants de la Nouvelle-Orléans, je sais surtout qui se trouve et je devine les intentions. Quelques mots du Président – qui a tenu à avoir des gardes du corps autour du Government Building – m’ont confirmé mes déductions et j’ai pris le droit dans un soupir de me mêler à cette foule meurtrière. Pourquoi ? Pour satisfaire ce besoin grandissant de faire couler à nouveau le sang, et plus encore le sang de ceux qui maîtrisent ou balbutient dans la maîtrise des arcanes de la sorcellerie. Cette nuit, j’ai décrété qu’il ne me servirait à rien de me cacher davantage. Mes retrouvailles avec Azzura, toutes plus catastrophiques les unes que les autres, m’ont convaincu qu’une chose : je suis et je resterai un Renzacci. Je suis maudit par le sang qui coule dans mes veines, je suis damné par ce loup qui gronde dans mon être. Alors pourquoi renier cette colère qui m’habite, pourquoi ignorer cet appel du sang qui me mène vers les sorciers ? Cette nuit, je l’offre au nom de Renzacci que je rejette en force depuis mon réveil. Je suis fatigué de lutter, je veux m’amuser et retrouver la simplicité de l’œuvre du bourreau est une façon de le faire. Essayant la lame de l’épée sur la chemise du cadavre, je prends le temps de faire briller l’arme au clair de lune. Un bel ouvrage que voilà. Tenir ce pommeau dans le creux de ma main, retrouver cette extension de mon être… voilà quelque chose qui me manquait aussi. Manier une épée est quelque chose que j’ai appris dès mon plus jeune âge, auprès des maîtres d’arme de notre domaine, auprès de mon grand-père lui-même. C’est un art, au même titre que la peinture, une danse meurtrière et sauvage, peuplée de règles et de codes, une danse rythmée par les gouttes de sang et blessures infligées. Je suis né dans une époque bercée par la guerre, les danses, les codes et les traditions. Je suis né dans un monde qui m’a formé à diriger, qui m’a formé à être un dieu parmi des pécores, qui m’a plongé les mains dans le sang pour que je puisse les essuyer sur les corps glacés de mes victimes et les montrer ensuite à un peuple convaincu que jamais, oh non jamais, je ne le laisserai reprendre sa liberté.

Quelques pas, je retrouve des lieux plus fréquentés. Quelques mètres, j’entre dans le square. On m’a raconté il y a quelques mois que c’était – avant – le lieu d’un marché aux esclaves. Ce n’est pas cela qui m’attire sur cette place. Mon épée fend l’air et une chemise. La personne – sûrement à la recherche d’un lieu où survivre – hurle de terreur tandis qu’un rire fin s’échappe de mes lèvres. Je lui saisis le poignet, là faisant tourner pour la serrer contre moi, lame sur la gorgé, sa respiration rapide et erratique faisant apparaître une brume légère sur l’acier miroitant. Si l’homme rechigne à ce contact, le loup dévoile des crocs amusés et lâche un souffle chaud dans la nuque de la jeune femme. Celle là n’a aucune raison de mourir, en théorie. Je n’ai aucune preuve de sa nature de sorcière, je sens juste cette innocence et cette terreur qui suinte de sa peau, ces larmes qui dégringolent ces joues, l’air qui empeste de sa peur et excite le loup. Comme à chaque fois, cependant, je murmure dans sa nuque. « Pourquoi avoir aussi peur puisque cette vie va prendre fin pour toi ? Tu devrais me remercier, tu n’auras pas à voir se lever le jour pour contempler le cadavre de tes amis… » La voilà qui pleure davantage et tente de se débattre. Une part de moi à de la peine pour elle. C’est juste de la malchance si elle va mourir. Elle n’est rien d’autre qu’un insecte, une humaine qui n’était pas au bon endroit. Une humaine victime de cette soif animale qui m’habite sans qu’il ne soit nécessaire de m’ensorceler, sans que l’on ait du altérer ma réalité pour que je sois convainquant dans mon rôle de bourreau. En quelques secondes, ses faiblesses tentatives pour se libérer s’évaporent, et je sens son corps se relâcher entre mes bras, comme si elle vient de se faire une raison. Ce n’est qu’à ce moment là que mon bras caresse sa gorge, poursuivant son mouvement jusqu’à ce qu’à nouveau mes mains ne deviennent Parques et rompent d’un claquement de doigts le fil d’une vie par celui d’une épée. Un soupir, le corps s’effondre, je me décale sur le côté pour prendre mesure du lieu où je me suis enfoncé.

Quelques minutes plutôt, je l’ai vue entrer dans ce lieu. Quelques minutes plus tôt, j’ai compris que j’avais eu raison de céder à l’appel de la folie consciente, de prendre le prétexte de cette nuit pour retrouver l’attitude d’un Renzacci. Après, c’est Rafaele Renzacci qu’elle a trahi il y a de cela plus de sept siècles. C’est donc à un homme de ce nom et de ce sang de se venger, pas à Rafael Morienval. Je me mordille la lèvre, avant de m’humecter les lèvres. Aveuglé par le loup, par ces tâches pourpres sur ma chemise comme des constellations dans un ciel solaire, mes yeux ne voient que ce cadeau offert sur un plateau. Cette nuit, la Nouvelle-Orléans s’est prise pour Darkness Falls. Alors pourquoi, ou plutôt comment, Azzura pourrait-elle me reprocher la mort de sa sœur, alors qu’elle mieux que quiconque peut savoir à quel point les illusions peuvent être crédibles et réalistes ? Et cette fois, la mort de Susanna – ou Cora puisqu’elle se fait appeler ainsi – ne sera pas de mon fait mais bien de celui des sorciers, pouvant potentiellement lui faire comprendre l’origine de ma haine pour ces abjections de la nature. Faisant tournoyer l’épée légère, je m’avance dans le parc, à l’écoute de mes sens canins, plus à l’affût qu’un loup en chasse. Une odeur me heurte de plein fouet, mon sourire s’accentue. Le loup me guide jusqu’à une intersection et je distingue sa silhouette qui s’approche. Dans une moue amusée, peut être un peu démente je dois bien le concéder, je m’adosse à un muret. Ensorcelée, lucide, terrifiée, amusée ? J’ignore à quoi m’attendre de sa part. Nous verrions bien me chuchote le loup. Nous allons avoir notre vengeance, enfin… ricane-t-il. Ma vengeance,… Je sais bien qu’elle n’a qu’une part minime dans ce qui a réduit ma vie à néant, mais c’est la seule encore en vie, et c’est donc la seule responsable. La toisant nonchalamment, je décide de prendre les devants. Pour une fois.

« On s’amuse bien, non ? J’imagine qu’on te doit en partie ces… festivités… »

Spoiler:
 

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MessageSujet: Re: When the dead come knocking {Rafael/Cora}   Dim 5 Oct - 18:23

A l’isolement. La sanction imposée par ses supérieurs lorsqu’elle s’était jetée comme une furie sur des membres du personnel de l’hôpital. Elle les aurait tous étranglés à mains nues, s’ils ne l’avaient pas arrêtée. Le craquement funeste des vertèbres de l’infirmière résonnait encore entre ses tempes. Était-elle décédée ? Gravement paralysée ? Miraculeusement épargnée ? L’italienne l’ignorait, s’en moquait, avait perdu toute notion temporelle. Les neurones en vrac. Elle n’avait récolté que ce qu’elle méritait de toute façon, qu’elle soit ou non responsable du mélange mortifère qui avait empoisonné sa grande sœur. Elle l’était au moins indirectement, et ça lui suffisait pour la maudire. En position fœtale, sa carcasse affaiblie par les pilules abrutissantes restait figée au pied du matelas. Elle étouffait entre les draps, seule la froideur glaciale du sol avait réussi à apaiser la fièvre. Douloureuse hyperthermie qui lui donnait l’atroce sensation que des flammes avaient dévoré son épiderme, mais que quelqu’un avait éteint l’incendie en route. L’avait extirpée du brasier avant qu’elle ne soit entièrement grignotée. La moindre parcelle de son épiderme la brûlait, la tailladait, la harcelait. Elle demeurait pourtant léthargique. Son corps raide qui épousait le plancher imitait parfaitement le cadavre de son ainée. Aussi inerte qu’Elle. A la différence que l’air continuait d’alimenter ses poumons, de brasser du vent. Et c’était sans doute ça, qui lui faisait le plus mal, qui la détruisait vraiment. Tout le temps restant à respirer sans Elle. Jamais elle n’avait été séparée de sa sœur si drastiquement. Elles s’étaient souvent opposées par leurs idées, elles s’étaient entaillées mutuellement avec des insultes et des parjures. Elles pouvaient ne plus s'adresser la parole durant des mois entier, s’ignorer royalement. Mais l’autre était toujours là, quelque part. Réunies sans l’être, même dans la mort. Surtout dans la mort. L’Enfer était là, au bout de ses doigts. Elle pouvait y basculer, retrouver la damnée. Elle y pensait, mais savait déjà qu’elle n’y plongerait pas. La première fois, elle n'était pas consciente de ce dans quoi elle s’embarquait. Elle ignorait qu’en se laissant immoler, elle n’accèderait pas au repos éternel mais à la souffrance continuelle. Cernée par les monstres autrefois tapis sous son lit. Elle n’était pas prête à retourner dans ce jeu macabre aux règles truquées, où les proies n’avaient la chance de survivre que pour mieux être tenaillées par la peur à l’infini. Songer que l’âme d’Azzura y errait peut être la rendait néanmoins malade à en vomir le cœur et les tripes.  

A moitié dans les vapes, elle ne prêta pas attention au cliquetis de la porte, ni aux pas dérangeant le silence. Elle ne tourna même pas la tête pour donner un visage à l’ombre qui la surplombait. Un simple gémissement brisa son mutisme lorsqu’il agrippa ses boucles brunes pour la contraindre à se relever. A abandonner sa posture de misérable loque. Masse immobile, elle chercha à peser de tout son poids pour lui compliquer la tâche. Vainement. « - Arrête de faire la larve, tu sais qu’ils ont besoin de toi aujourd’hui. » Siffla le shadowhunter, en tirant davantage sur sa chevelure. « - Va te faire foutre. » Instinctivement, elle lui cracha à la figure. Rassemblant ses maigres forces pour y insuffler tout son mépris. La gifle automatique cingla sa chair, manqua de lui faire perdre son équilibre précaire. Elle se rattrapa de justesse aux draps blancs, avant d’offrir à la brute son œillade la plus sombre. L’affront avait au moins eu le mérite de la réveiller, et de la sortir de la torpeur dans laquelle elle s’enlisait sans sourciller.

[…]


Il n’y avait plus que la colère pour guider ses pas. Il n’y avait plus que la rage pour l’empêcher de se recroqueviller sur elle-même, ou d’hurler à s’en crever les tympans. Il n’y avait plus que la fureur pour tarir ses larmes. L’adrénaline. Chaque pulsation cardiaque la faisait grimper. Couplée au besoin viscéral de domination qui se pressait dans ses entrailles. Qu’il n’en reste plus qu’un immense tas de cendres et de ruines, de cette ville. Tristement corrompue vouée à la pourriture et au crime. Son envie de destruction s’amplifiait à mesure que ses talons claquaient sur le bitume. C’était tout ce que les tortionnaires avaient trouvé pour la faire obéir. L’ensorceler pour que sa sinistre folie en contamine d’autres. Une lueur démente irradiait ses prunelles claires, gagnant en ampleur au même titre que l’écarlate rongeant sa dague. Des gouttes de sang perlaient de la lame d’acier, et elle ne cherchait même pas à les essuyer. Mélangeant les essences au gré de combats mortifères. Un sourire amusé sur les lèvres, elle s’était mêlée au chaos pour mieux l’amplifier partout où elle passait. Oubliant la mâchoire métallique qui déchiquetait sa cage thoracique, et lui rappelait qu’elle était orpheline. Elle ne souciait pas de la destination, guidée par les cris et l’odeur de la peur. Les angoisses exacerbées, les pulsions sadiques décuplées. Ne plus être le gibier mais la prédatrice était profondément jouissif. Du moins aux yeux de la créature affamée de barbarie qui avait pris sa place. Suffisamment puissante pour étouffer sa peine immense et sa culpabilité grandissante. Pour faire taire la voix qui lui intimait de cesser cette boucherie qui ne lui ressemblait pas. Mais était-ce vraiment la sienne ? Ou celle de Gemma, dévouée à l’humanité jusqu’à son dernier souffle ? A n’en pas douter, un spectacle si épouvantable aurait horrifié la danseuse. La sorcière chassa l'idée d'un mouvement de tête.

Sa silhouette féline se détacha de l’obscurité, prête à s’éloigner de l’ancienne place des esclaves en quête d’autres victimes. La faible lumière d’un lampadaire pour éclairer son teint diaphane, et celui de l’homme qui se rapprochait. Rafaele… Il ne lui fallut qu’une poignée de secondes pour le reconnaitre. En d’autres circonstances, l’instinct de conservation l’aurait faite fuir à toutes jambes. Mais elle était d'humeur suicidaire. Aveuglée par des chimères vicieuses, elle esquissa un rictus hypocrite. Ses souvenirs restaient plus ou moins intacts en dépit de l’anesthésie aux sentiments. Il ne vivait que pour la traquer, la trouver, l’éviscérer. Et Elle n’était plus là pour l’en empêcher. Rien ne pouvait dissuader le fauve de l’occire. « - N’est-ce pas ? » Susurra t’elle sur un ton presque enjôleur. Ses lippes étirées exactement comme lors des repas de famille à Rome, quand elle devait faire semblant d’adorer son mari et de mener une existence absolument parfaite. Fausse jusqu'au bout des ongles. « - Mais je suis étonnée que tu en profite, tu ne devrais pas rejeter tout ce qui est orchestré par notre race de pestiférés ? Aurais-tu revu tes exigences à la baisse mon cher ? » Questionna t’elle, mi-sèche mi-mutine. Sans attendre la réponse, elle nettoya son couteau contre le tissu de son haut, quitte à dévoiler une parcelle de son abdomen. Une initiative qui trahissait à elle-seule qu’elle n’était pas dans son état normal, maniaque et surtout constamment tirée à quatre épingles. « - Tu me cherchais je suppose ? » Que pouvait-il faire d’autre ? C’était l’occasion rêvée pour l’exterminer sans courir ne serait-ce que le plus infime risque de représailles. Il était cependant regrettable pour lui qu’il ne soit pas tombé sur elle avant. Quelques heures plus tôt, et elle aurait elle-même apposé une arme entre ses phalanges pour qu’il accomplisse sa basse besogne. Pour mettre enfin un terme à l’obsession du bourreau, et à son piteux myocarde en train de rétrécir comme une peau de chagrin. Dommage que tu sois en retard...

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Between Iron And Silver
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MessageSujet: Re: When the dead come knocking {Rafael/Cora}   Sam 11 Oct - 21:28




Pour un maniaque comme moi, ne pas me soucier des tâches qui constellent ma chemise est une nouveauté. J’ignore à quoi cela est du, mais je compte bien en profiter comme je profite de cette nuit offerte. Une nuit, quelques heures jetées au hasard, où je ne ressens plus ce stress causé par de si petites distractions, par des détails si infimes comme cet goût métallique qui menace d’envahir ma bouche et mes papilles, c’est un sursis que je saisis sans demander mon reste, sans chercher à savoir qui est le généreux donateur. Parce que la réponse est évidente. Et parce que comme des années, des siècles auparavant, j’y trouve mon intérêt et je ne veux pas chercher des réponses qui risqueraient de me déranger. Adossé à un muret, je guette son odeur qui flotte  vers moi porté par une brise légère, sa silhouette qui se dessine avec élégance à la frontière de ma vision nocturne. Susanna. Je me contrains à une respiration régulière, une respiration nonchalante, une respiration sous contrôle, pour avoir une maîtrise parfaite de la colère qui m’habite. Colère, et cette anticipation de ce qu’il va se produire qui ne me rend que plus heureux. Je me contrôle, parce que vue l’atmosphère enragée qui plane sur la Nouvelle Orléans actuellement, j’ai conscience plus que quiconque – et sûrement plus qu’elle – qu’une fraction d’inattention et mes mouvements ne seront plus mieux, ma réalité ne sera plus mienne, on s’introduira dans mon esprit pour le briser, le plier à la volonté du Gouvernement et piétiner la vengeance que je tiens au bout de mes doigts. Ce soir, ils sont trop occupés par leurs petites magouilles pour garder un œil sur moi et je sais que même si Susanna est à leur service, tout comme moi, ils ne pourront empêcher son sang de noircir le petit chemin de terre que nous foulons.

Lorsqu’elle arrive à portée de ma voix, je lance les hostilités, plus pour tâter le terrain et voir dans quel état d’esprit elle se trouve que par réelle envie de la provoquer. Même s’il y a un peu de cela aussi, je dois bien me l’avouer. Amusé, vraiment, je me détache du muret, tendant le bras et cette épée qui n’en est que l’extension, pour en apparence en apprécier l’équilibre. « - N’est-ce pas ? » Sa voix n’est qu’un murmure susurré mais il résonne à mes oreilles comme la plus belle des provocations. Amuse toi autant que moi, Susanna, nous verrons bien qui rira d’ici quelques minutes. Son sourire fait écho au mien, tandis que dans ses yeux je crois y lire la même colère et la même haine que celle qui suinte de mes pupilles azurées.  « - Mais je suis étonnée que tu en profites, tu ne devrais pas rejeter tout ce qui est orchestré par notre race de pestiférés ? Aurais-tu revu tes exigences à la baisse mon cher ? » A ses propos, je ne peux que laisser un petit rire glacial, qui n’a rien de communicatif. Elle me connait bien, finalement. Et elle ne semble pas terrifiée ou craintive, ce qui va rendre la chasse plus croustillante pour le loup qui prend son mal en patience. Chienne grogne-t-il. Chienne qui couine, chienne qui rampe, chienne qui a trahi sa propre meute rajoute-t-il tandis que je l’observe, un sourcil arqué, sourire toujours aux lèvres, nettoyer sur son haut une petite lame dont la teinte carmin brille sous la lumière blafarde du lampadaire qui nous surplombe. Mon sourire flotte un instant, hésitant, comme à la recherche d’une anomalie que je devine sans trouver. « - Tu me cherchais je suppose ? » Voilà qui me fait à nouveau ricaner. Je la toise de haut en bas, laissant un silence tendu s’étirer entre nous, appréciant, savourant comme jamais cette danse que je mène, ce tempo que je dicte, ce rythme que je ressens dans toutes les fibres de mon être. J’ai toujours été un artiste dans l’âme, même si seule la peinture me permet de m’exprimer. Je suis sensible à la musique, je suis sensible aux couleurs, je suis sensible aux respirations et à la sonorité des cris et des hurlements. Je suis un artiste et le sang est mon chef-d’œuvre lorsque je le répands au travers d’une gorge ou par des arabesques dessinées de la pointe de mon épée. Mon regard dérive sur sa silhouette, s’arrête sur son haut tâché, légèrement dénudé pour revenir sur son visage. Et enfin, je me décide à lui parler. « En fait, pas vraiment. Mais je t’ai trouvée, alors ça revient au même j’imagine. » Mon sourire se veut complice. Cela fait si longtemps que je ne me suis pas autant amusé. Cela fait si longtemps que je n’ai pas mis de côté mes pensées pour me laisser porter seulement par cette colère et les instincts profondément lupins qui m’ont guidé pendant plus de sept siècles. Et cette quiétude m’avait manqué. Je retrouve mon arrogance dans son état le plus pur. Mon assurance. Ma noblesse. Ma suffisance. D’une inspiration, je remonte le temps pour mieux répondre à ses questions. « Et crois moi, je ne profite en rien de ce qu’il se passe. Je fais ce que j’ai toujours su faire, ce que j’ai toujours fait à la perfection : m’adapter, saisir des occasions. Rien de plus. » D’un pas, je romps la distance entre nous. D’un autre, mon épée part jouer avec légèreté dans ses cheveux, sa pointe frôlant ses tempes. « Je suis un survivant. Et un survivant n’aurait aucun intérêt à ne pas saisir les occasions qui se présente à lui pour assouvir cette faim qui le taraude depuis si longtemps. » Mes yeux clairs se posent dans les siens. Mon sourire s’accentue, même si j’ignore si elle comprit que je parlais de ma soif de sang, de cette soif de puissance qui n’accepte de s’épancher que lorsque j’ai la vie d’autres personnes entre mes mains. Et en parlant de sang, me voilà qui fronce les sourcils. «  Je me suis toujours demandé comment tu vivais le fait d’avoir le sang de sa sœur et de ta nièce sur les mains. » Mon sourire faiblit, tressaille, mais je le maintiens sur mes lèvres par la force de ma volonté. Qu’elle comprenne que c’est sa dernière nuit. Qu’elle comprenne que je vais profiter de ce bain de sang pour faire couler le sien, et en abondance. Ce n’est peut être pas elle qui a tenu la torche au dessus du bûcher d’Azzura, ce n’est peut être pas elle qui a fait glissé le poignard sur la gorge de Zaïra, mais c’est la seule coupable que j’ai sous la main, et la colère me souffle qu’elle sera amplement suffisante pour alléger, un peu, un instant, la souffrance qui embrume ma raison.


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MessageSujet: Re: When the dead come knocking {Rafael/Cora}   Dim 19 Oct - 15:35

Le mépris. Il suintait par tous les pores de la peau de l’ancien bourreau, l’éclaboussait d’acide. Elle sentait sa condescendance, l’envie impérieuse de la piétiner. De la faire crier. Et surtout, la certitude qu’elle le méritait. D’un seul regard, il la rabaissait, la jugeait. Il en avait toujours été ainsi. Flammes critiques. Si semblables à celles d’animosité et de déception qui crépitaient dans les sphères enténébrées du patriarche, lorsqu’il l’avait traitée de souillon, de moins que rien. Avant de la jeter à la rue sans vergogne. Elle se sentait presque redevenir une petite fille, en quête d’une approbation paternelle hors de portée. C’était ce que Rafael incarnait autrefois. Un grand frère, presque un père de substitution. Vulgaire tissu de mensonges. Les escarbilles d’un temps révolu, réduit en poussières vermeilles. Elle sentait la haine gravir ses vertèbres, incendier ses veines avec une ardeur revigorante. N’aspirant plus qu’à lui faire ravaler son rictus suffisant. Le prédateur s’amusait, elle le ressentait dans chaque fibre de son être. Un fauve tournant autour de sa proie, désireux de jouer un peu avant de la saigner. Désincarnée, elle semblait étrangère à la moindre once de cette peur pourtant si familière à ses viscères. Temporairement délestée de la terreur qui régissait en temps normal son existence toute entière. Elle restait incrustée à ses chairs à vif, mais elle ne la sentait plus. Malgré la faible clarté dans laquelle baignait la place, ses prunelles ne se détachaient pas de ses traits de marbre, comme taillés à la serpe. Insolente s’octroyant le luxe de défier l’homme qui la traquait sans répit depuis des mois.

« - Dans ce cas, tu es décidément un terriblement mauvais chasseur. Je ne me suis pas terrée, tu aurais pu me tomber dessus bien plus tôt. Le hasard en personne a surement fini par avoir pitié de toi, à force de t’observer rentrer bredouille. » Minauda la vipère, mielleuse à souhait. Son travail de gérante du Little Darlings n’était un secret pour personne, nombreuses étaient les raclures qui se pressaient dans ces bas-fonds, assoiffés de luxure et de possession. En quête d’une perdition des sens qui ne manquait jamais d’intervenir, de griser les plus vils. Mais ce n’était certainement pas le genre de lieu qui attisait la convoitise de son beau-frère. Elle l’imaginait mal poser son postérieur dans le moelleux d’un des sofas du club sulfureux, avant de se repaitre de morceaux de cuisses et de seins dévoilés vulgairement. Sans pudeur. Étalage lascif de viande juste bon à assouvir les frustrations sexuelles des mâles voraces. Toutes devaient paraitre affreusement fades, en comparaison du charme et de l’élégance naturellement dégagées par Azzura. Distinction naturelle qu’elle n’avait jamais perdue, même lorsqu’elle se trémoussait en tenue légère sur la scène d’un cabaret en vogue. Elle les éclipsait toutes, elle y compris. De très loin. « - Un survivant ? » Un franc éclat de rire secoua sa carcasse toute entière, sec et désobligeant. « - Et tu as survécu à quoi, au juste ? Dans ce siècle comme dans l’autre, tu t’es toujours retrouvé du côté des tortionnaires dénués d’âme. Tu ne sais pas ce que c’est, de survivre. » Cracha t’elle, furieuse qu'il ose se présenter en ces termes. Il n’avait pas subi la torture sous l’Inquisition, il ne s’était pas non plus retrouvé damné dans ce charnier sanglant qu’était Darkness Falls. D’un frôlement, elle laissa la pointe de l’épée entailler sa tempe, faire perler des gouttes écarlates sur l’asphalte putride. La douleur sourde fit frissonner l’hérétique d’un plaisir masochiste.

Le sang de ta sœur et de ta nièce sur les mains. Elle l’attendait nécessairement, cette attaque cruelle. Sa sœur ne lui avait jamais véritablement pardonné sa trahison, alors comment aurait-il pu ? Murmurer des excuses était inutile. Supplier ne servirait qu’à affamer davantage le monstre avide de vengeance. Une montée de rage souleva sa poitrine, calcinant ses veines pour n’en laisser que des débris toxiques. Elle saturait de cette culpabilité poisseuse, qui recouvrait son épiderme depuis des siècles. Elle était morte pour Elles. Elle était montée sur l’échafaud alors qu’Ezio lui avait offert la liberté sur un plateau d’argent. Elle s’était immolée en châtiment pour sa traitrise, puis avait été maudite au milieu des mages sombres. Que lui fallait-il de plus ? Lui trancher la gorge une fois pour toutes ? Sans doute. « - Je peux aisément te retourner la question, Renzacci. C’est ton intolérance qui les a tuées. » Siffla la sorcière entre ses dents serrées, le visage ravagé par une évidente colère. « - Et si tu avais passé moins de temps à courir après la fausse coupable de tes propres crimes au lieu de la protéger, Gemma serait toujours en vie. » Asséna-t-elle, avant d’attraper la lame menaçante à main nue pour l’écarter. Jusqu’à la faire tomber sur le sol dans un tintement tonitruant. Fulgurante, la souffrance se répandit dans ses phalanges comme la gangrène et lui arracha un râle d’affliction. La furie l’ignora néanmoins, et la prise de ses doigts valides se resserra sur sa dague pour l’enfoncer sauvagement dans l’épaule du métamorphe. Elle s’y acharna avec une violence inouïe, repoussant son adversaire jusqu’à ce que son dos bute contre la ferraille du lampadaire. Les rétines voilées par une démence sans nom. La mâchoire bloquée à la faire rompre tant elle se concentrait pour conserver son avantage précaire, pour bloquer une masse bien plus imposante et entrainée au combat physique qu’elle. Teigneuse, revêche, elle persistait au-delà de l’épuisement. Poussait le vice jusqu’à essayer d’étrangler l’italien. Ses griffes acérées s'enfonçant dans sa jugulaire comme dans du beurre.


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MessageSujet: Re: When the dead come knocking {Rafael/Cora}   Ven 24 Oct - 17:23




J’ignore depuis combien de temps j’attends ce face-à-face. Je n’espérais pas la voir, lorsque je me suis réveillé, éreinté, sous une forme humaine qui ne m’était plus familière. Je n’espérais revoir ni Susanna, ni Azzura, ni personne de mon époque. En fait, je ne comprenais pas ce qu’il m’arrivait et penser eut été bien utopique. J’attends, donc, ce face-à-face depuis que je sais qu’elle est en vie. La colère d’Azzura, cette vidéo projetée pour me rappeler la précarité de ma situation et le contrôle plus que total du Gouvernement sur ma vie… tout s’est accumulé pour m’empêcher de la chercher, pour m’empêcher de la croiser, pour m’empêcher de la tuer. A cette pensée, le loup salive de vengeance. Il est moi, je suis lui, nous sommes tous les deux habités de ce besoin de châtier le coupable, même choisi arbitrairement, de cette chute longue et douloureuse qui me poursuit depuis sept longs et si intangibles siècles et qui me rattrape désormais pour mieux m’attraper dans ces doigts griffus et acérés. Je suis nonchalant, cette épée équilibrée au bout de mes doigts, à frôler sa nuque en me repaissant sans scrupule de cette puissance qui s’écoule dans les veines comme une ambroisie divine dont je me nourris allègrement. Je suis méprisant, ce sourire aux lèvres, à susurrer ainsi des moqueries et des sous-entendus qui révèlent à la fois cette soif de sang qui habite le loup et sa sœur jumelle qui se loge au creux de mes tripes. Mes yeux clairs ne la quittent pas un seul instant lorsque je romps la distance qui nous sépare. Si j’ai revu mes exigences à la base ? Non, loin de là. Rien ne peut être plus faux que cette affirmation lancée sans réflexion. Je suis un survivant, rien de plus. Je respire encore des siècles après ma mort, je m’adapte et tire mon épingle d’un jeu dans lequel j’ai été projeté sans que quiconque ne daigne m’en donner les règles. Je suis un survivant et malgré son « - Un survivant ? » secoué d’un rire moqueur, je le maintiens. Pendant une fraction de seconde, ce rire s’immisce dans la lame de l’épée. Je raffermis ma poigne sur cette garde patinée, fais pivoter légèrement mon poignet pour la reprendre en main. « - Et tu as survécu à quoi, au juste ? Dans ce siècle comme dans l’autre, tu t’es toujours retrouvé du côté des tortionnaires dénués d’âme. Tu ne sais pas ce que c’est, de survivre. » C’est à mon tour de rire, avant même qu’elle finisse sa diatribe. Tu t’es toujours retrouvé du côté des tortionnaires. Mais ne voit-elle pas que c’est justement en cela que je suis un survivant ? Que pense-elle ? Que je suis de ceux qui se traînent dans la boue sous prétexte que puisqu’ils respirent encore, c’est bien suffisant ? Vivre ne me suffit pas. Le loup mêlé au seigneur a plus que renforcé ce besoin de pouvoir et cet instinct de survie qui m’anime à chaque instant. Vivre ne me suffit pas, je veux survivre et cela passe par justement m’extraire de cette nasse informe de pécores pour m’élever là où je connaîtrais mes ennemis et pourrais poser mes pieds sur le visage de ceux qui me sont inférieurs. Mon rire s’affine, mon regard se fait plus incisif. « Survivre ne signifie pas forcément se trahir et se renier. Il s’agit plus… » Mon épée frôle la tempe de Susanna avec la même caresse douceâtre que ma voix. « … de ne pas devenir la proie et de toujours rester le prédateur. » Une inflexion, le loup s’empare de mon attitude en la rendant un peu plus souple et prédatrice. Il en profite d’ailleurs pour aller plus loin encore, excité par ces gouttes écarlates qui brillent sur la peau de l’Italienne. C’est lui qui prend les devants, articulant à la manière d’un homme ces reproches qui couvent et qui rongent le peu qui subsiste entre elle et moi de cette relation fraternelle que nous nous targuions d’avoir. La trahison, sa trahison nous a consumés, plus sûrement que le brasier qui les a brûlées, Orfeo, Azzura et elle. Si le loup parle, je me contente de lui projeter sur le visage tout le mépris que peuvent porter mes yeux bleus. Mon sourire est factice, ma haine bien réelle. C’est la seule qui puisse porter la culpabilité de la mort de ma fille, c’est la seule sur laquelle je peux me venger, c’est la seule qui se trouve à portée de mon épée une nuit pendant laquelle Azzura ne pourra rien me reprocher, n’aura rien à me reproche. « - Je peux aisément te retourner la question, Renzacci. C’est ton intolérance qui les a tuées. » Les sifflements de Susanna se contentent de glisser sur moi comme un Libeccio fatigué. Ses morsures me cinglent le visage, ses mots enfoncent leurs griffes dans les pores de ma peau, mais je maintiens cette indifférence amusée comme une armure imperturbable. Renzacci. Ce nom, je ne le porte plus, et ce n’est pas par simple caprice. Renzacci. Il symbolise tant de haine que je me demande comment j’ai voulu le porter. Renzacci. C’est une part de moi que je déteste, c’est une partie de mon être, celle là même qui est réveillée, celle là même qui me hurle d’en finir et de tuer celle qui n’est rien de moins qu’une abomination. Renzacci. Ce nom qui va si bien avec cette intolérance dont elle m’accuse. Renzacci. Ce nom qui me hante et obscurcit un instant mes yeux clairs, juste avant qu’elle ne reprenne, profitant de mon trouble pour m’asséner des coups plus mortels encore. « - Et si tu avais passé moins de temps à courir après la fausse coupable de tes propres crimes au lieu de la protéger, Gemma serait toujours en vie. » Gemma ? Azzura ? Un frisson, un tremblement, je la laisse écarter ma lame, je la laisse glisser entre mes doigts, je la laisse résonner dans un tintement hurlant comme ce nom qu’elle vient de me hurler. Gemma serait toujours en vie. La douleur me sort de mon hébétement, je suffoque lorsqu’elle me plaque avec une violence que je n’attendais pas d’elle sur le métal glacé du lampadaire. Je tente un étranglé « Com… » inachevé lorsqu’elle s’attaque à ma jugulaire, réveillant la panique du loup, réveillant cette peur instinctive de l’animal vulnérable, écartant la douleur de cette lame qui fait couler mon sang et de cette chair déjà reconstituée autour du métal glacé. D’une main libre, je tente à mon tour d’atteindre sa gorge pour la repousser et me libérer de cette sensation d’étouffement. Elle ne doit pas savoir à quel point le loup peut être capable de m’affaiblir par ses terreurs instinctives. Elle ne doit pas savoir à quel point, si la douleur m’importe peu, le simple fait de m’effleurer et de glisser ses doigts jusqu’à ma gorge me tétanise. D’un mouvement rageur, j’arrache la lame plantée dans mon épaule, rouvrant les chairs, maculant un peu plus ma chemise de pourpre. Mes doigts poisseux se crispent sur la dague, menaçant l’Italienne tandis que ma respiration tente de se calmer. « Qu’est ce que tu racontes, qu’est ce que tu viens de dire ? Je n’ai pas pu la sauver, je ne pouvais rien faire. » Je revois autour de moi les flammes du brasier qui me l’a ôté une première fois, je ressens à nouveau cette douleur qui m’avait poussé à vouloir la rejoindre, quelques heures, jours, confusion après. Susanna ne peut pas me reprocher de l’avoir tuée. Elle n’a pas le droit, elle qui porte sur ses bras le sang de sa sœur et de sa nièce. « Contrairement à ce que tu peux sembler croire, j’avais les mains liées à l’époque. Mais qu’elle soit en vie maintenant n’a pas ramené Zaïra. » La colère enfle, la colère s’amplifie, fait trembler ma voix, trembler mes mots, trembler mes mains qui l’éloignent de moi. Elle n’a pas tort dans un sens. Si elle a vendu sa sœur, moi j’aurai pu sauver Zaïra. Si je n’étais pas arrivé trop tard, j’aurai pu sauver ma fille. Mon sourire a déserté la place : ce n’est plus l’heure de jouer. Que ce soit son sang qui ait coulé en premier ou non, je suis celui a été le plus malmené, et ce n’est plus l’heure de s’amuser. « Et maintenant, c’est à toi de mourir, Susanna. De mourir vraiment cette fois. Contrairement à moi, tu ne guéris pas, il me semble. » En quelques mouvements, je l’immobilise, glissant ma lame sur sa gorge, mon souffle se brisant dans sa nuque. « Donne-moi une seule bonne raison de ne pas te tuer, po 'sciocco. » Petite idiote. Petite sœur. Traître. Meurtrière. Donne-moi une seule bonne raison de te tuer malgré la colère d’Azzura que me revaudra cette vengeance. J’ai tué mon frère, t’en rappelles-tu ? J’ai tué mon propre petit frère pour sauver la vie de ta sœur. Je peux bien sacrifier sa petite sœur pour venger la vie de ma fille, non ? « Donne-moi une seule bonne raison de ne pas te tuer. Demain, personne ne saura que ton cadavre étendu est mon œuvre, personne pas même Azzura qui ne pourra me le reprocher. Demain, tu ne seras qu’un corps parmi tant d’autres, victime de ta propre illusion » Mon murmure se fait plus froid, plus affirmé, plus carnassier.

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MessageSujet: Re: When the dead come knocking {Rafael/Cora}   Mar 28 Oct - 18:09

(Paroles en italique = Italien)

Quelques secondes de lutte, et elle se retrouva à nouveau victime de la frénésie meurtrière du bourreau. L’avantage précaire qu’elle possédait n’était de toute manière pas voué à perdurer plus longtemps. La dague enfoncée dans son épaule retrouva la place qui était finalement certainement la sienne. Contre sa gorge, prête à être saignée comme un vulgaire gibier. Mais la vengeance ne pouvait pas être indolore et rapide, après l’avoir attendue si longtemps. Il ne pouvait pas en finir ainsi, d’un simple revers de main. L’égorger n’était pas suffisant. Le prédateur ne se contenterait pas d’un coup bref et sec. Il fallait l’humilier auparavant. La pousser à supplier, à implorer d’être épargnée. L’illusion mortifère qui avait pris possession de ses courbes annihilait cependant tout instinct de survie. Seule une ardente férocité vrillait ses tripes, les entrainait et les ravageait dans une syncope dévastatrice. Le voulait-elle seulement ? Survivre dans un monde sans Elle ? Un monde sans lumière, sans chaleur. Un monde glacial et terne, qui la frigorifiait déjà de l’intérieur. Un nouvel enfer, moins brûlant que celui dont elle avait pu éprouver l’horreur suprême, mais tout aussi terrifiant et apocalyptique. Probablement le pire d’entre tous. Et néanmoins celui auquel elle se retrouvait condamnée, tant que ses poumons continueraient de brasser de l’air et son sang de pulser dans ses veines. Elle n’en était pas certaine. Songer à un avenir sans son ainée la détruisait de l’intérieur. Morceau par morceau, jusqu’à ce qu’il n’en reste plus rien. Un ricanement amer vrilla ses lippes, nerveux au possible. Sa jugulaire secouée s’égratigna légèrement contre l’arme, calmant aussitôt son rire factice. « - Tu as raison. Mais tu ne vas pas guérir non plus Rafael. Je ne t’ai pas blessé avec n’importe quelle lame. » Susurra t’elle, fière de son petit effet. Certainement la pire faiblesse des métamorphes, après l’influence et la mort de leur créateur. L’argent. Substance mortelle à haute dose, apte à calciner leur chair à l’acide. Certainement à l’origine un moyen pour les sorciers d’occire leur propre création, si elle s’avisait de dépasser le maitre et de briser ses chaines.

Un raclement de gorge, pour avaler la salive qui l’écorchait. « - Aucune des raisons que je pourrais t’énoncer ne te convaincra de toute manière, alors à quoi bon ? Qu’est-ce que tu essaies de faire, te donner conscience ? Tu te crois en mesure de juger si je mérite ou non l’absolution ? Pour qui tu te prends ? Pour Dieu, comme lorsque tu servais l’Inquisition ? » La moquerie distillée dans sa voix montait crescendo. Elle n’y croyait plus depuis des siècles, à l’existence d’une prétendue entité supérieure. A ce prétexte usé jusqu’à la moelle, pour commettre les pires abominations en son nom sacré. Il n’y avait qu’eux, eux et leur morale personnelle. Eux et leur soif intarissable de violence. Nul besoin d’un géant pour écraser les fourmis grouillant dans tous les sens, elles s’employaient elles-mêmes à s’entretuer. Abusives, cruelles et intolérantes. Toujours en train de pourchasser la différence. En quête d’une normalité pourtant changeante, impossible à réellement appréhender. « - Tout se sait, tôt ou tard, crois-moi. » Souffla-t-elle, grinçante. Azzura aurait fini par l’apprendre, si elle avait été en mesure de le faire. « - Mais achève donc ce que tu penses si juste. Tranche-moi la gorge, puisque tu y tiens tant. Ne t’inquiète pas, si je la croise dans l’autre monde, je lui dirai que je n’ai pas été assez persuasive, et que tu m’as laissé une chance de te convaincre de me laisser filer. » Darkness Falls. Était-Elle redevenue l’une de ses captives ? Seule, rongée par la démence et pourchassée par des monstres rampants ? Elle l’ignorait, mais pouvait jurer que non. Ses entrailles lui hurlaient que cette fois-ci, tout était vraiment terminé. Que Sa seconde chance s’était éteinte, comme une étoile dans le ciel à présent dévoré par les ténèbres. « - Tu ne comprends pas que ça n’a plus d’importance ? Que c'est vain ? » Ses phalanges se glissèrent sur celles menaçantes de son beau-frère, serrant pour l’avancer davantage. Le contact froid du couteau la soulageait étrangement.

Le silence retomba. Lourd, pesant. Tranchants comme des lames de rasoir, les mots peinaient à s’envoler dans l’air souillé. La nécromancienne tremblait comme une feuille. « - Azzura est morte. » Asséna-t-elle du bout des lèvres dans sa langue maternelle, ravalant un sanglot. Le coup alla ricocher contre sa propre cage thoracique, élargissant davantage le trou qui s’y logeait depuis l’affreuse annonce. Il n’y avait rien de plus terrible que de l’énoncer à voix haute, que de l’entendre et de rendre de la sorte la sentence réelle. Maman est morte. Elle s’en souvenait encore, de ce matin brumeux où son ainée s’était glissée dans ses draps pour lui faire part de la mort de leur mère. Elle se souvenait de ses bras, qui l’avaient serrée fort pour l’empêcher de s’éparpiller. De Sa chevelure soyeuse, qui avait recueilli ses perles d’eau salée. De Son regard bienveillant et rassurant, qui la couvait et l’enveloppait constamment comme une couverture chaude. Elle ne se souvenait plus que de ça, depuis qu’Elle n’était plus là. De Son affection, de Sa tendresse. De Sa douceur apte à apaiser les terreurs nocturnes. De la façon dont sa grande sœur la protégeait toujours à sa manière, souvent envers et contre elle-même. De Ses mises en garde, qui la faisaient rugir et se rebeller comme une enfant capricieuse. Elle ne se rappelait plus des défauts qui l’horripilaient, si dérisoires quand on y songeait. Pas plus que des parjures, des immondices, des traitrises. Prête à endurer le pire d'Elle encore mille fois, pour l’assurance de La sentir vivante et à ses côtés. L’italienne se détestait, d’avoir été une telle peste. D'avoir été une si sombre idiote. De ne pas avoir compris que tout était éphémère, qu’elles n’étaient pas immortelles. Que les berges sanglantes sur lesquelles elles s’étaient échouées étaient trop dangereuses, pour risquer de se quitter ne serait-ce qu’une seule heure fâchées. « - Qu’est-ce que tu faisais, pendant qu’elle agonisait à l’hôpital, pendant qu’elle s’étouffait à cause des drogues qu’ils lui faisaient ingurgiter pour l’assommer et la faire taire ? Quelle est ton excuse, pour ne pas l'avoir tirée de ce guet-apens ? » La tuer ou le seul moyen de La bâillonner. De L’empêcher de lutter contre le Gouvernement despotique et ses sbires. Gemma avait toujours lutté contre les tyrans à ses risques et périls. « - Je vais te le dire. Tu préparais un plan de bataille contre sa cadette, en sale vermine qui se respecte. C’était ça, ta façon de l’aimer et de le lui prouver ? Je ne mérite sans doute pas de vivre, mais tu n’en es pas plus digne que moi. » Les chimères anesthésiantes et destructrices commençaient à s’estomper, battues en brèche par un chagrin colossal et désarmant. Le fourreau de la haine perdait de sa vigueur, même si le feu continuait de réduire en cendres ses viscères. L’envie de carnage se faisait moins ardente, moins pressante. Ou plutôt, elle ne se manifestait plus à l’aveugle. Le seul qu’elle avait encore envie de meurtrir, de fracasser, de dépecer se trouvait en face d’elle. Avec entre les doigts, le pouvoir de décider de l’exterminer ou non. De l’anéantir plus qu’elle ne l’était déjà. Physiquement.

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MessageSujet: Re: When the dead come knocking {Rafael/Cora}   Jeu 6 Nov - 14:39




Je sens sa respiration battre contre la lame, la mienne s’étendre dans sa nuque comme si elle pouvait l’étrangler. Je l’imagine, s’entortiller dans des volutes immatériels, autour de la nuque de Susanna pour mieux l’enserrer et la faire craquer dans un élan nerveux. Donne moi une bonne raison. Donne moi une seule bonne raison de te tuer, donne moi une seule bonne raison de mettre mes menaces à exécution, de m’offrir cette maigre vengeance qui est la seule à m’être disponible. Je ne sais pas pourquoi j’ai ce besoin de l’entendre me parler, de l’entendre me supplier de la libérer, je veux qu’elle s’humilie, qu’elle panique. Je veux voir dans ses yeux ce que j’aurai pu voir dans ceux de Zaïra lorsque, prise au piège, elle m’appelait, elle cherchait son père du regard, elle hurlait pour faire venir un secours que je n’ai pu lui donner. Lorsqu’elle est morte, toutes les illusions que j’avais pu me bâtir sur celui que j’étais réellement, sur ce père que je me plaisais à être, si différent du modèle que m’avait offert mon aïeul, toutes ces illusions étaient parties en fumée rejoindre la silhouette agonisante d’Azzura. Ma vengeance, je la cherche depuis tant d’années, tant de siècles, tant de battements de cœur que j’ai peur de la voir réalisée, peur de ne plus avoir à la quêter, peur de la bâcler à y mettre trop de précipitation, peur de ce que tout sera lorsqu’elle se tiendra derrière moi, révolue. Ma poigne sur la garde de la dague se raffermit lorsque pour toute réponse, je n’ai droit qu’à un ricanement. Un filet de sang s’échappe de sa chair sous la pression de la lame qui s’accentue au rythme de son rire. « - Tu as raison. Mais tu ne vas pas guérir non plus Rafael. Je ne t’ai pas blessé avec n’importe quelle lame. » Je fronce les sourcils, serre le poing, resserre ma prise sur la dague, sur son corps plaqué contre le mien et mon souffle dans sa nuque. La proximité, mortelle, ne me dérange pas. Si un tremblement menace ne naître dans mon bras, ce n’est rien de plus que la tension. Ce n’est pas lien à ce sang qui continue de couler sur mon bras, sur cette blessure que je pensais refermée mais qui, je ne m’en aperçois que maintenant, n’a en rien disparue. Je serre les dents, ignorant la douleur qui se diffuse, implacable. Ca ne change rien, au moindre mouvement, je l’égorge. Et pourquoi ne l’as-tu pas encore fait ? Ce besoin de l’entendre me supplier, un pressentiment, quelque chose qui me chuchote d’attendre, d’attendre sa réponse, d’attendre quelques secondes, d’attendre ses réactions. Mes muscles contractés pour être prêt à réagir à la moindre tentative d’agression, je réveille ma patience. En silence. Et crispe ma mâchoire pour reléguer en arrière plan l’argent qui a transpercé ma chair. « Aucune des raisons que je pourrais t’énoncer ne te convaincra de toute manière, alors à quoi bon ? Qu’est-ce que tu essaies de faire, te donner conscience ? Tu te crois en mesure de juger si je mérite ou non l’absolution ? Pour qui tu te prends ? Pour Dieu, comme lorsque tu servais l’Inquisition ? » Sa moquerie se reflète sur ce sourire sur mes lèvres. « Ce n’est pas le bon moment pour railler, Susanna. De l’argent, c’était bien tenté, mais je reste plus fort. L’absolution, ni toi, ni moi ne la méritons, dans tous les cas je compte te tuer, ne serait-ce que pour délester cette terre trop chargée d’une partie de sa gangrène. Je t’offrais juste l’opportunité de dire tes dernières volontés. Cela fait partie des qualifications du bourreau de se montrer magnanime… » Ma voix est teintée d’un mélange subtil entre de la moquerie et de la colère. Bourreau, c’est celui que je suis, ce soir. Renzacci. Des siècles me séparent de la dernière fois que j’ai tué sur des principes et des ordres, mais cette nuit ils ne sont qu’illusion. Une part de moi impose sa mauvaise foi. Azzura acceptait que je tue, avant, elle ne pourra que comprendre que ces illusions provoquées par un gouvernement qu’elle déteste déjà, n’ont pu que faire ressortir ce qu’il y a de pire en moi. Elle ne pourra pas m’en vouloir. Elle ne pourra que pleurer, sur mon épaule, et je simulerai la tristesse en savourant de goûter à ses lèvres et à son contact. Ce n’est qu’illusion, je sais pertinemment que les chances pour que cela se passe ainsi sont inexistantes, mais cela me convainc un peu plus encore que je ne suis pas trop en tort.

« Tout se sait, tôt ou tard, crois-moi. » La voilà qui répond à mes pensées. « Mais achève donc ce que tu penses si juste. Tranche-moi la gorge, puisque tu y tiens tant. Ne t’inquiète pas, si je la croise dans l’autre monde, je lui dirai que je n’ai pas été assez persuasive, et que tu m’as laissé une chance de te convaincre de me laisser filer. » Ma poigne s’affaiblit brutalement. J’avais un pressentiment, voilà qu’il se vérifie. Si je la croise dans l’autre monde. Considère t elle le monde des pouilleux comme étant différent du mien ? Ca se tient, mais quelque chose me dit que ce n’est pas à celui-là qu’elle fait allusion. Azzura et Susanna frayent certes dans un univers qui m’écœure et me répugne, je peine à croire que l’Italienne se rende vraiment compte de sa propre décadence. Elle doit vouloir signifier autre chose, et je sais que je ne veux pas savoir ce que cela sous-entend. L’appréhension s’infiltre dans mes veines, se colle à la douleur, chasse mon assurance. Je refuse de comprendre. Gemma serait toujours en vie. Mes yeux se froncent, mes muscles se relâchent, ma colère s’étouffe. Dans l’autre monde. Que veut-elle dire ? Pourquoi ment-elle ? Craindrait-elle finalement tant pour sa vie que… « - Tu ne comprends pas que ça n’a plus d’importance ? Que c'est vain ? » L’italien coule de ses lèvres comme un poison, ses phalanges sur les miennes me glacent et me tétanisent. Il n’y a plus de forces dans mes muscles, lorsqu’elle assène le coup mortel. « - Azzura est morte. »

Aussitôt mes yeux se ferment, ma bouche s’assèche, les pièces de ce puzzle qu’elle me balance au visage depuis le début s’encastrent, s’harmonisent, s’emboitent pour dessiner un motif que je comprends sans accepter. Comment le pourrais-je ? Azzura est morte. Mes lèvres s’ouvrent, se ferment. Ma respiration tremble d’incompréhension. Notre proximité m’est soudainement insupportable, sans que je ne puisse pour autant la faire disparaître, incapable que je suis de faire le moindre mouvement. « Non… » Non. Elle ment. C’est la seule possibilité. Elle ment. Je ne peux concevoir que cette phrase soit vraie. Ce n’est pas possible, ce n’est pas envisageable. Elle ne peut pas être sérieuse, elle a juste peur, elle craint pour sa vie, elle ploie le genou comme je l’espérais. Voilà. Ce n’est que sa piètre tentative de me faire changer d’avis. Donne moi une seule bonne raison de ne pas te tuer, lui ai-je demandé. Alors la voilà, sa raison. Azzura est morte. C’est ridicule, ce n’est pas possible. Et pourtant je sais que c’est vrai. Je le sens. Mais… « Tu mens » Ma voix est vide de cette assurance qui me caractérise. Elle tremble, elle se perd, elle s’égare. Elle supplie. « - Qu’est-ce que tu faisais, pendant qu’elle agonisait à l’hôpital, pendant qu’elle s’étouffait à cause des drogues qu’ils lui faisaient ingurgiter pour l’assommer et la faire taire ? Quelle est ton excuse, pour ne pas l'avoir tirée de ce guet-apens ? Je vais te le dire. Tu préparais un plan de bataille contre sa cadette, en sale vermine qui se respecte. C’était ça, ta façon de l’aimer et de le lui prouver ? Je ne mérite sans doute pas de vivre, mais tu n’en es pas plus digne que moi. » Je tente de raffermir ma prise sur la dague mais mes doigts gourds me trahissent, laissent s’échapper l’arme alors que je trébuche de quelques pas en arrière. Agonisait à l’hôpital. Le visage émacié d’Azzura, la dernière fois que je l’ai vue, lorsque j’ai réussi à la faire sortir quarante huit petites heures, s’impose à mon regard. Drogues, guet-apens… Mon dos se plaque sur le lampadaire qui interrompt ma fuite. Mes yeux clairs cherchent du secours, ma respiration, irrégulière, se calque aux larmes qui menacent de me noyer et contre lesquelles je lutte.

« Tu mens. Tu ne sais que mentir, elle ne peut pas être morte, elle… » Je sais que c’est moi qui me mens. Mes doigts viennent cueillir mes larmes naissantes pour les empêcher de s’écouler, pour les empêcher de réellement exister. Ma main se passe sur mon visage, le dégringole, mes pensées s’éparpillent et refusent de se coordonner. J’essaye de faire le point sur ce qu’elle m’a dit, d’analyser, de chercher la moindre faille sur son visage, dans sa voix, la moindre étincelle qui pourrait me prouver que tout cela n’est que mensonge. « Pas Azzura… pas elle… » Il est trop tôt pour envisager seulement de garder pour moi ma détresse. Je me connais : d’ici quelques heures plus rien n’y paraîtra. Mon orgueil ne supportera pas que j’affiche une telle détresse. Mais là, il est trop tôt pour les faux-semblants. Tout s’effondre autour de moi. Mon royaume, les pensées, mon assurance, mes doutes, mes convictions. Je suis dans un monde en ruine, je suis dans un monde en déchéance, les constructions s’effritent et s’écroulent. Seul spectateur, mon être se décompose, mes yeux clairs se noient, ma respiration se raréfie, les muscles de mon visage s’agitent, percutent, se perdent et s’égarent un peu plus. Seul l’italien me vient, j’ai l’impression de revivre un cauchemar vieux de sept siècles et demi. Seulement : pas de bûcher. Pas de dernier regard. Pas de silence et d’immobilisation forcée par la présence de mon grand père et son regard perçant qui me transperce de part en part. Hébété, je n’arrive même plus à respirer. Je prends conscience que Cora a raison, je prends conscience que je le savais. « Quand ? Comment ? » Je ferme les yeux une fraction de secondes, tentant de contrôler les sanglots qui menacent de s’imposer. Non, je ne peux pas tomber aussi bas, pas devant elle. J’avais prévu de la tuer, j’étais prêt à le faire et au final, c’est elle qui m’a mis à terre, plus subitement, plus douloureusement que tout ce que j’avais pu envisager. Mes doigts se perdent dans mes cheveux, se serrent, s’échappent, menace Cora. « Dis moi que tu me mens. Tu penses que je vais te croire, c’est ça ? Tu penses sincèrement que je vais te croire, que…dis moi que tu me mens. » Je me détache du lampadaire, je trébuche, je titube jusqu’à elle pour saisir son col à deux mains, sans prêter attention à cette douleur diffuse qui affaiblit mon épaule malmenée, secouant Cora comme jamais, ignorant ma voix qui tremble de rage et de douleur, loin de ce ton froid et glacé qui est mien habituellement. « Dis moi que tu me mens, Cora. Dis moi que tu n’as dit ça que pour me faire lâcher prise, pour me mettre en colère ! » Je la pousse, je la lâche, je ramasse l’épée tombée un peu plus tôt, fou de rage. « DIS MOI QU’ELLE N’EST PAS MORTE ! » Ou je te tue tout de suite. Je sais qu’elle ne ment pas mais je ne peux m’empêcher de souhaiter me tromper. La lame se pose sur la gorge de Cora, y retrouvant sa place. Ma prise est bien moins assurée qu’un peu plus tôt, néanmoins, mes tremblements s’amplifiant sur toute la longueur de la lame. Je ferme les yeux, cherche à reprendre le contrôle de ma respiration. Bien plus calme, d’un calme factice, d’une colère contenue, d’un ton égal et illusoire, je répète une fois encore, prenant soin de détacher au maximum les syllabes pour bien les articuler et le garder sous mon contrôle. « Dis. Moi. La. Vérité. » C’est un ordre. « Ta sœur ne peut pas être morte. » Est-ce une démonstration mathématique que je commence ? « Si elle meurt, plus rien n’a de sens. Elle ne peut pas m’abandonner, pas maintenant. Elle ne peut pas me laisser. Elle ne peut pas être morte, tu entends ? » La douleur se répercute dans mon corps à chaque battement de cœur, et je me surprends à réussir à maintenir cette voix maîtrisée. « Azzura n’est pas morte. Elle ne peut pas être morte. Donc. Tu mens. » Pitié, faites qu’elle se trompe, faites qu’elle me mente, faites que moi je me trompe.

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MessageSujet: Re: When the dead come knocking {Rafael/Cora}   Mar 11 Nov - 22:24

Mais je reste le plus fort. Si hautaine qu’elle en devenait écœurante, la voix de son beau-frère sonnait comme une mélodie terriblement grinçante et discordante à ses oreilles. Qu’est-ce que son ainée, si éprise d’idéaux solidaires et profondément humanistes, avait-elle bien pu trouver à aimer en lui ? Qu’est-ce qui pouvait tant l’enchainer à ce monstre suintant de mépris et assoiffé de sang ? L’homme qu’Azzura avait choisi incarnait absolument tout ce contre quoi Elle avait lutté durant son existence entière. La violence, la fourberie, l’intolérance. Il avait tout, absolument tout pour lui retourner les tripes. Il y avait un aveuglement effrayant derrière la dévotion de sa sœur, et même si elle ne valait certainement pas mieux dans ce domaine, elle se plaisait à croire que son cousin n’était pas aussi infect que le loup gris. Elles se ressemblaient finalement, dans l’art de trouver des excuses et des circonstances atténuantes pour ne pas voir entièrement la cruelle vérité en face. Haineuse et meurtrie d’avoir été traquée sans relâche, elle en oubliait l’affection qui l’animait autrefois. Éclipsant le fait qu'il incarnait à Rome une figure protectrice, rassurante. Qu’elle aussi, n’avait plus vu pendant un temps le bourreau, l’inquisiteur, le tortionnaire impitoyable. Au point de lui faire jalouser amèrement ce qu’ils avaient, ce qu’ils entretenaient précieusement. Cette bulle duveteuse emplie de promesses d’avenir, quand le sien avait été brûlé vif. Ou plutôt noyé dans le courant du Tibre. Quand elle avait été bradée pour la pérennité de la fortune familiale à une brute insensible, qui n’avait eu de cesse que de lui rappeler qu’elle n’était qu’une vulgaire possession vouée à servir de décoration. Sa sœur, elle, avait eu le droit de rester libre. Et même de vivre dans le soi-disant péché avec le père de sa fille. Détraquée, à mi-chemin entre l’immaturité de l’enfance et la dureté d’avoir été jeté trop vite dans un monde malsain, une part d’elle ne pouvait s’empêcher de voir Rafael d’un mauvais d’œil. Le cœur encombré de contradictions, elle voulait autant leur bonheur que le briser. Mais jamais elle ne les aurait trahi, si son corps n’avait pas lâché. Si la souffrance n’avait pas été si intolérable, qu’elle avait hurlé tout ce qu’elle savait simplement pour qu’elle cesse. Pas pour qu’on la laisse survivre, encore moins pour vivre. Juste pour que les coups terribles et les écartèlements effroyables s’arrêtent. Elle n’était plus qu’un amas de douleur et de chair à vif, épuisée de lutter contre un acharnement qui la dépassait. Mais l’italien ne pouvait pas le comprendre, ni le pardonner, pas une seule seconde. Il ne voyait que la lâcheté, et pire encore, il assimilait ses aveux à une traitrise volontaire. Elle n’était sans doute à ses yeux qu’une misérable ingrate, diabolique et opportuniste. De la vermine pure. Peut-être n’avait-il pas tout à fait tort, quand on y réfléchissait bien.

Tu mens. Tu ne sais que mentir, elle ne peut pas être morte. Début d’une longue série d’accusations et de suppliques, qui semblait se répéter à l’infini. Que croyait-il ? Qu’elle était capable d’inventer une chose si horrible juste pour sauver sa peau ? C’était le plus sûr moyen d’accélérer sa mise à mort, bien au contraire. Sans Gemma, plus rien ne pouvait le retenir. Elle était la dernière à détenir encore la clef de l’humanité qui sommeillait en lui. La seule qui avait une chance de museler les instincts barbares du fauve. « - J’aimerais tellement. » Murmura t’elle entre ses barrières serrées à s’en fracturer la mâchoire, davantage pour elle-même que pour lui. Elle aurait voulu qu’il s’agisse de ça. D’une ultime manœuvre désespérée visant à se faire épargner. Et non de l’épouvantable, de l’inacceptable réalité. Littéralement glacée, elle ne parvenait pas à être touchée par les larmes du tyran, par sa détresse évidente. La part d’elle qui aurait pu s’en émouvoir s’était envolée avec Elle, à l’instant précis où on l’avait confrontée à Son cadavre. Une carcasse vidée, lessivée, rongée par son affliction jusqu’à la moelle. Les sombres serpents de sa rage s’enroulaient autour de sa gorge, la faisaient à son tour suffoquer. Il n’était plus le seul à se montrer irrationnel. Elle aussi lui en voulait de ne pas L’avoir sauvée. De ne pas avoir profité de son statut haut placé pour la tirer hors de ce guêpier, pour les empêcher de la maltraiter. Fou de chagrin, il criait, la bousculait, pour mieux revenir la menacer. Le contact froid et familier de la lame frôla à nouveau sa jugulaire, l’entaillant d’infimes perles pourpres. Les piques acérées la firent frissonner. Elle ne peut pas être morte. Il insistait, persistait et signait. En plein déni. Lui aussi avait cru que rien ne pouvait Lui arriver, que sa détermination La rendait invincible. Mais les meilleurs partaient toujours les premiers. Elle ne peut pas m’abandonner. « - Tu vois, tu raisonnes encore en sale petit égoïste, il ne s’agit toujours que de toi. Sauf que c’est toi qui l’a abandonnée, Renzacci. Tu n’étais pas à ses côtés. Qui sait en combien de temps tu aurais fini par l’apprendre si tu ne m’avais pas croisée cette nuit d’ailleurs ? Tu étais bien trop obnubilé par ta vengeance minable pour parer au plus urgent : la libérer. » Souffla-t-elle au visage de son assaillant, cruelle et venimeuse. Elle voulait qu’il s’en morde les doigts, de ne pas avoir été présent pour l’aider. Qu’il en crève. Mais elle ne doutait pas que son orgueil écrasant reprendrait le dessus. Qu’il ne manquerait pas de chercher d’autres coupables, n’importe qui plutôt que de s’auto-blâmer. « - C’est ta faute si elle est morte. » La sorcière s’efforçait d’empêcher sa voix de trembler, tenter d’imprimer à son timbre un semblant d’assurance et de force de persuasion.

« - Overdose et intoxication de médicaments, les mauvais ont été mélangés par erreur et ont empoisonné son sang. L’asile où elle était internée l’abrutissait de drogues… Tu te doutes pourquoi. »
Lâcha-t-elle après un lourd silence, en réponse à ses interrogations. il méritait de l'apprendre, malgré tout le reste. L'unique moyen de faire taire l'Insoumise. L'éternelle rebelle. « - Il y a quelques jours. Je crois… » La notion du temps s’était égarée quelque part dans le cimetière de sa conscience, et l’impression d’avoir perdue son ainée depuis des siècles lui lacérait la chair. Elle n’avait terminé que difficilement sa phrase, ravalant péniblement le sanglot qui lui obstruait la trachée. Elle aurait pu l’empêcher. Elle aurait dû l’aider à s’enfuir de la prison ou du repère des aliénés. Quitte à se mettre en péril, quitte à lamentablement échouer. Elle aurait dû essayer. Au lieu de la laisser seule là-bas, vulnérable, entourée de gardes prêts à la torturer et à la battre à mort. Une inspiration, et la furie se concentra pour faire naitre de sa cervelle éreintée une illusion redoutable. Celle de ses os se fracturant les uns après les autres, pulvérisés à coups de hache chimérique. S’émiettant pour qu’il ne reste de lui qu’une larve démembrée, une loque vouée à se faire piétiner. Qu’il se sente détruit physiquement comme moralement. Sorcellerie aux effets presque aux antipodes de celle utilisée à l’encontre des inconnus qui avaient croisés sa route en cette sombre nuit de purge. Puis une fois son adversaire à terre, elle se pencha vers son organe auditif. « - Elle avait fini par te préférer Stain de toute manière. C’est dire comme elle était enfin devenue pleinement consciente de la pourriture que tu es devenue et comme tu la répugnais. » C’était faux, elle le savait. Elle avait fini par voir les véritables images, démentant l’odieux montage passé en boucle dans les médias. Mais ce n’était peut-être pas son cas, et elle se faisait un malin plaisir de remuer le couteau dans la plaie. « - Je te conseille fortement d’arrêter de me pourchasser, je ne te laisse en vie que pour que tu crèves de devoir respirer sans elle mais ‘la gangrène’ inoffensive n’hésiterai plus à débarrasser la terre d’un cafard comme toi à l’avenir. » Elle attrapa l’épée délaissée, et la planta dans la jambe de la victime de sa magie avant d’étirer la blessure dans toute sa longueur et de recommencer avec l’autre jambe. Quasiment jusqu’à l’os, sans se soucier que le sang gicle contre ses propres vêtements. Il en guérirait forcément, mais l’argent dévorant son hémoglobine allait ralentir considérablement le processus de guérison. Et surtout le faire souffrir comme un chien. Suffisamment pour qu’elle ait le temps de déguerpir très loin, pour qu’il ne puisse pas la rattraper même lorsque le mal s’estomperait. Elle ne s’attarda pas sur sa carcasse frémissante, disparaissant dans l’ombre d’une ruelle insalubre. Au milieu d’autres déments aux pulsions meurtrières. Pas si différents d'elle au fond.


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Between Iron And Silver
Twisting and turning, unable to sleep. Will the voices ever stop? My thoughts speak louder the more I resist. And they're driving me insane. Do they ever go? Inside. I'm a danger to myself. I'm a prisoner of my own hell.
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