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 When the mirror cracks {Gregory/Bastien}

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MessageSujet: When the mirror cracks {Gregory/Bastien}   Sam 20 Sep - 21:44







When the mirror cracks



Bastien Shepard & Gregory Whitford









La violence et la débauche dominent la ville. L’anarchie n’a jamais été aussi présente dans les rues de la Capitale qu’en cet instant. Depuis combien de temps êtes-vous le spectateur de cette décadence ? Quelques minutes, quelques heures, le compte a été perdu depuis bien longtemps. Tous vos espoirs reposaient sur ceux qui d’ordinaire maintiennent l’ordre. Ils ne viendront pas, maintenant vous en êtes sûrs. Et l'effroi qui s’infiltre dans vos veines est peu à peu en train de céder sa place à de drôles de sensations. Vous aussi, vous venez peut être d’être touché par cette illusion assassine.

Prêt à entrer dans l’arène et à montrer au reste du monde ce que vous êtes capable de faire ? Au milieu du chaos grandissant, choisissez bien le rôle que vous souhaitez jouer. Une victime apeurée ? Un impitoyable criminel ? Ou encore un vil opportuniste ? Ne vous souciez pas des représailles, elles arriveront bien assez tôt. Pour une fois, profitez de l’instant, savourez cette sanglante liberté qui s’offre à vous.

{ Gregory Whitford: Ensorcelé
Bastien Shepard : Non ensorcelé }



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MessageSujet: Re: When the mirror cracks {Gregory/Bastien}   Lun 22 Sep - 22:15

J'ai perdu l'habitude d'être en colère.
Je vous parle pas de cette mauvaise humeur quotidienne, cette maussaderie qui nous gagne les lundis matins quand on n'a pas franchement l'envie de se lever, ou du mauvais poil quand vous vous cognez l'orteil dans le coin d'un mur. Je parle de la colère. De la rage. Celle qui vous ronge les entrailles. Il y a la brûlante, l'embrasée, celle qui fait bouillir votre sang, tendre vos muscles. Celle qui enflamme votre conscience, qui fait tomber votre raison en cendres. Et il y a la plus sournoise. La glaciale. Celle qui vous gèle l'âme. Celle qui aiguise votre regard. Votre façon de penser. D'agir. Pour les rendre plus efficace. En cet instant, c'est un peu un mélange des deux. Pourquoi ? La journée commençait plutôt bien. Un bon déjeuner pour se remettre d'aplomb. De la bonne musique à la radio, pas trop de mauvaises nouvelles, pas d'emmerdes particuliers sur la caisse que j'ai rafistolée. J'me suis même fait payer le café par l'patron.

Puis j'suis rentrée. Et j'l'ai trouvée. Lya. En pleurs. Assise sur le canapé, serrée par Sigurd. Il ne m'a pas fallu longtemps pour apprendre ce qui avait pu se passer. Un cœur brisé. Son petit cœur. Par un connard, un enfoiré de première. Un salaud qui l'a charmée un soir, un bitard qui a voulu se la faire. Elle a refusé. Il l'a mal pris. Il a propagé des rumeurs sur elle. Et il ne s'est pas contenté de ça. J'ai toujours été protecteur, envers ma fille. Bien trop. Elle a été, est et sera toujours ma perte. Je finirai p't'être même en taule à cause de ça. Quoi que... Il faut déjà que l'on parvienne à relier le crime à l'ours. L'ours, à l'humain. Je vous l'ai dit. En cet instant, les deux rages m'animent. La colère brutale, sauvage, brûlante, la haine froide, calculatrice, perçante. J'ai balancé ma veste, mon sac, avant d'enfiler des gants et sortir. Pour cacher mes empreintes, au cas où un malheureux coup m'échapperait. Peut-être que dans un autre contexte, j'aurais su rester calme, j'aurais su rester posé. Mais là, non. Y'a pas moyens. Et comme si ça suffisait pas, plein d'merdier remonte. Tout ce que j'ai enfoui au fond de ma tête, au fond de mon cœur. Tout ce qui grouille comme de la vermine sous une pierre, comme des mauvais souvenirs sous ma conscience.

Je repense à cette pouffiasse. À cette « femme », ce monstre qui se terrait sous la protection d'un « sexe faible » pour se permettre les pires des immondices. Je pense à ma putain de faiblesse, à ma soumission, à mes fuites, à toutes ces choses qui font mal, toutes ces choses qui blessent, toutes ces choses qui ne font que te mettre les nerfs à cran. Mes poings se serrent d'ailleurs, alors que je remonte les rues en apparence déserte. Mais des cris m'alertent. Je redresse les yeux en fronçant les sourcils. Ce qui venait de se passer.... c'était qu'une mise en bouche. Parce que là, je veux pas dire, mais c'est le gros bordel. Tant et si bien que j'ai l'impression d'en perdre complètement la tête. Là, une femme s'enfuie. De l'autre côté de la route, j'entends un mec hurler comme un porc qu'on égorge, alors qu'un autre le tabasse à grands coups de pieds. Je contourne une voiture encastrée dans un mur. Du sang. Putain, ça sent le sang. Tous mes instincts s'éveillent. C'est pas seulement la peur ou la frayeur que je ressens, non.... C'est.... Je sais pas comment dire. Ouais, j'ai la trouille, comme tout le monde je pense face à ce chaos qui commence à s'étirer devant mes yeux, à la façon d'un gros anaconda qui s'extirperait lentement des fourrés et qui prendrait tout son temps pour dévoiler ses anneaux, son corps alourdi par toutes les morts qu'il a causées, toutes les charognes qu'il a englouties. Toutes ces fenêtres brisées, ces portes béantes comme des gueules avides en quêtes d'innocentes proies qui viendraient s'y réfugier. La peur... émanerait presque du sol, elle s'arrache des cris que certains poussent, elle court, poursuit les fuyards éperdus, traquent les regards, hantent les visages que mes yeux croisent.

Si j'avais su, j'me serais pas davantage approcher de la ville. Parce que là... bah cette ambiance... ça éveille en moi de mauvaises choses. Ça éveille pas seulement l'ours. Mais le connard qu'a craqué, le faible dont la tête s'est fissurée. La bête enragée qui s'est jetée sur sa femme et qui l'a battue, tous les jours que Dieu lui a permis de vivre. La violence qui vibre, là, le truc que j'ai voulu enterré, plus loin que la vermine, bien plus loin sous la pierre, au fond, fin fond des abysses. Là où toutes les âmes renferment ce dont elles ont honte, ce dont elles ont peur, les tabous qu'on murmure, les secrets que les regards transmettent alors que les lèvres se serrent, se taisent. Le silence étouffe, broie, et pourtant, toutes ces choses s'en renforcent, toutes les mauvaises choses s'alimentent de ce manque de mots, y déploient toute leur puissance, y alimentent leur grandeur. Et là, elles explosent, elles animent mon regard de cette lueur qui m'a hantée tant d'années, celle d'une bête désespérée, celle d'une bête enragée. Celle d'un homme qui ne souhaite plus courber la tête, qui ne souhaite plus subir ou endurer les coups. Celle d'un homme qui aime au contraire en donner. J'aperçois une silhouette, au bout de la rue. Il me tourne le dos. Un adolescent ? Je n'sais pas précisément, ma vue est comme voilée. C'un mec, un jeune, un fin. Et je me souviens de ma quête. Je me souviens de ce que je dois trouver.

Je m'approche d'une démarche étonnamment silencieuse pour un homme comme moi. On va dire qu'avec ma carrure et surtout, mon bel embonpoint, on me prend bien vite pour un sot... Un imbécile à la démarche pataude, un lourdaud pour qui la discrétion est tout bonnement inexistante. Tu parles. Combien se sont fait surprendre par un ours ? Mon pas est souple, mes yeux luisent d'une faim bien particulière. Mon regard si tendre et doux est méconnaissable. Mes prunelles d'un paisible bleu ciel ont laissé place à un regard acéré, le bleu céruléen implacable de la mer arctique, une mer qui a volé bien plus de vies que les simples requins qui l'habitent. Les vagues continuent de se mouvoir. Inlassablement.

Comme mes pensées.

Malgré tous les cadavres qu'elles traînent. Malgré toute la violence qui s'y accroche. Malgré toute la rage sous-jacente qui ne demande qu'à jaillir en un tsunami impitoyable, ou qui gît tel un iceberg, à voguer au hasard, à n'attendre qu'à fendre la coque d'un navire. Empli d'innocent, empli de vies qui s'éteindront en un claquement de dents, un claquement de secondes, un claquement de mâchoires sur cette maigre nuque que j'aperçois. Cette maigre nuque vers laquelle je tends mes doigts, avant de refermer brutalement ma main sur l'épaule de ma pauvre victime et la tirer en arrière, mes yeux venant aussitôt poignarder les siens.

Le joyeux mécanicien n'est plus. Il ne reste que le plus mauvais de moi. Que mes yeux emplis de rage, mes traits tirés qui révèlent mon véritable visage. Celui d'un homme usé, d'un homme haineux, un homme dont les mains ont déjà été salies par un sang autre que le sien. Ma barbe mal rasée ne suffit pas à dissimuler le rictus qui a étiré mes lèvres et découvert mes dents, un rictus, pas ce charmant sourire que j'adresse à la plupart de mes interlocuteurs. Je mets quelques secondes, quelques précieuses secondes à me ressaisir, à le reconnaître, alors que ma main épaisse broie peut-être son épaule. Ma main couverte de corne, ma main à la peau couvertes de cicatrices, ma main chaude et solide, avec laquelle j'ai déjà broyé la main d'un autre homme.

Mais ce n'est pas n'importe lequel que je tiens. Je le connais. Je reconnais ces traits fins, bien différents des miens, ces traits nobles, cette silhouette fine, légère et aérienne, ce regard intense, mis en valeurs par l'éclat du lampadaire, ce regard qui a toujours quelque peu fui le mien. Ces lèvres fines, doucement dessinées, avec lesquelles il m'a déjà offert plus d'un sourire. Ma main relâche lentement prise, je dois me forcer à le relâcher complètement, avant que je ne détourne le regard et ne remonte mes doigts dans mes propres cheveux.
_ Désolé, Bastien. Je t'ai pris pour quelqu'un d'autre. Hrmfr... ça va ?
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MessageSujet: Re: When the mirror cracks {Gregory/Bastien}   Sam 4 Oct - 23:07

L'intuition - une valeur sûre pour cet homme hanté par l'esprit d'un corbeau. Oh bien sûr, ça ne restait pas une science très exacte pour autant. Souvent, il virait tout simplement à sa paranoïa naturelle et croisait des signes qu'il s'inventait. Aussi, démêler le ressenti au présent et l'appréhension du futur demeurait très aléatoire pour Bastien qui peinait déjà à identifier ses propres émotions. Quant à les gérer ... Mais nous n'en étions pas là. A quelques heures du chaos, un long frisson avait déchiré son échine. Comme un appel à la fuite, comme une douce mélodie muette provenant des flots lointains. Prendre la mer sans se retourner lui ressemblait bien en bon lâche qu'il était. Et pourtant, il s'était mis en tête de ne pas se faire confiance. Le retour d'Abigaëlle avait naturellement amplifié son angoisse permanente. Cette entité qu'elle avait invoqué en revenant dans son existence, cette ombre sur carré blanc, présente et immatérielle, avait allongé la panique dans sa poitrine, amplifié le poids sur ses épaules depuis.Ses révélations avaient parsemés autant de questions dans son esprit que de nouveaux coups dans sa chair. Mais le pire restait cette responsabilité. Celle de dépasser leur passé, celle de lui pardonner et de se donner pour objectif de la sortir de cette cave fictive que son imagination a tissé autour d'elle. Et dire que pendant tout ce temps, il attendait au grenier, le nez pendu à la vitre. Il se croyait toujours fautif dans leur histoire. Mais l'oiseau avait un penchant pour l'autoflagellation assez élevé. Il fallait avouer que grandir avec des parents aussi convaincus de leur culpabilité fictive, ne l'avait guère  stimuler à autre chose. Encore une fois, nous nous égarons. Il semble toujours facile de se perdre quand il s'agit de suivre les cheminements internes du volatile.

Après cet étrange phénomène que le changeur nomma plus banalement de « léger courant d'air », il nia la seconde apparition de cette prémonition sensorielle. La moiteur de ses paumes provenait sans doute de sa nervosité légendaire, quand bien même il était très simplement en train de prendre son café. Il justifia chaque dose de terreur diffuse par la pression des derniers jours sans parvenir à s'en convaincre totalement pourtant. Une heure avant le grand chamboulement, il avait arpenté les rues pour trouver sa sorcière. C'était instinctif. Il se disait que sans doute, être avec elle allait apaiser ses nerfs à vif. Que c'était ça le souci, de ne pas être à ses côtés et de remuer, dans son coin, leur petite entrevue antérieure. Sauf qu'il s'est laissé prendre à la distraction et au final, tout a débuté alors qu'il n'avait pas encore atteint son quartier. C'était un coup de feu qui l'avait interpellé, comme un départ de course. Tel un animal déjà traqué, il s'était alors retourné pour en analyser la provenance. Personne. Les quatre autres piétons à proximité s'étaient dévisagés. Un long moment de silence avait suivi. Le français avait alors lu dans la surprise d'un des inconnus, autre chose. Une humeur étrangère qui avait fini par le contaminer rapidement. Il s'était jeté sur la femme juste à côté de lui. Le voleur avait fait un pas dans leur direction mais les deux autres hommes s'étaient empressés de l'aider. Et puis, un nouvelle détonation avait ajouté une nouvelle dimension à l'atmosphère pesante. Les premiers hurlements n'avaient pas tarder. Et là, il avait enfin compris que oui, quelque chose s'était bien préparé. Et qu'il allait falloir courir vite tant qu'il ne comprendrait pas ce qu'il se passait, ni qui était l'ennemi.

Il avait donc entrepris sa course dans les rues de la Nouvelle-Orléans. Mais son périple perdit son cap très vite. Rejoindre sa rouquine lui sembla compromis dès les premiers mètres. Des hommes et femmes armés de fusils et de masses se disputaient les allées. Des rebelles ? Il ne comprenait pas leur message si tel était le cas. Non, rien n'était organisé. Il pouvait le voir dans chaque scène de violence auquel il assistait. Il avait voulu aider une femme piégée sous un effondrement d'armoires, elle lui avait littéralement mordu la main. Il n'avait toujours pas compris. Comme toujours, cet ahuri  ne saisissait pas grand chose. Au moins, pouvait-il établir un constat après plus d'une heure à fuir à peu près tous les êtres qu'il croisait. Une guerre civile complètement anarchique, voilà ce que c'était. Le peuple contre le peuple, pas contre le gouvernement. Ça n'avait aucun sens. Les gens semblaient perdre leur humanité. Dans leur façon de se mouvoir, d'agir et même de parler pour certains d'entre eux. Cette impatience à faire du mal, à faire le mal tout court. C'était dans l'air, c'était peut-être contagieux. Il l'envisagea à plusieurs reprises tandis que l'aliénation se jouait des carcasses l'entourant. Son souffle s'en trouva coupé et il fût forcé de se cacher dans une bâtisse dont la porte fracassée lui offrait le loisir de pénétrer sans user de ses talents de cambrioleur.

Le rez-de-chaussée était saccagé, dépecé de beaucoup de ses biens matériels. Canapé éventré, vases éclatés, bibliothèques renversées. Il se faufila entre les divers obstacles et se planqua calmement dans un placard en attendant de reprendre un peu d'oxygène. Un des balais qui l'accueillit à l'intérieur, le fit sursauter et il manqua de hurler. Il se rattrapa de justesse et s'assit alors.  Ce temps précieux lui fût nécessaire pour rassembler ses hypothèses le plus posément possible au vu de la situation. Il ne comprenait toujours pas grand chose juste que les gens perdaient la tête et qu'il pensait que la chose pouvait être une potentielle bactérie envoyée par ... Non, il déraillait avec sa théorie totalement hallucinante. Il ria nerveusement en réalisant qu'il ne savait pas du tout ce qu'il inventait et négocia avec sa claustrophobie encore quelques instants avant de sortir de sa cachette.Le fumeur eut à peine le temps de poser sa semelle hors de l'espace restreint que quelque chose le percuta de plein fouet à la poitrine. Il accusa le choc en se retenant au meuble le plus proche et parvint même à esquiver le suivant avant de foncer droit sur la porte arrière qui... ne s'ouvrait pas. Il ne regarda même pas son opposant quand il bondit sur le plan de travail de la cuisine afin de casser le carreau de son pied pour mieux reprendre sa course dans le jardin.

Dehors, c'était pire. On lui fracassa presque la mâchoire alors qu'il portait assistance à un couple en difficulté. Il vit plusieurs personnes périr sous ses yeux. Profondément choqué mais toujours animé par son instinct de survie indéfectible, il continua à évoluer en ne sachant même plus sa position. Il s'était perdu. Dès qu'il s'arrêtait pour reprendre son souffle, la panique revenait et le clouait au sol. Abigaëlle occupait tout le terrain mais pas seulement. Maarten avait beau être quelqu'un de débrouillard, il n'en restait pas moins humain. Enfin, humain... Au moins à moitié. Il aurait voulu les retrouver tous les deux mais il ignorait totalement le sens de sa progression. Nord et Sud se confondaient. Le métamorphe fût ultimement acculé dans un coin reculé qu'il n'avait jamais eu l'occasion de visiter. Quelle chance d'explorer des lieux inconnus. Notez l'ironie. Il se maudissait de ne s'être concentré que sur la partie la plus active du coin au détriment des alentours. Maintenant, il ignorait complètement quelle direction prendre. Un molosse choisit un de ses moments de réflexion pour bondir derrière un arbre et lui heurter le mollet. Bastien tomba un genou à terre et dans un geste tout à fait machinal, repoussa son agresseur comme il put. Ses doigts trouvèrent un galet assez gros à proximité immédiate, il percuta suffisamment la tempe de son assaillant pour l'assommer. La peur roula dans ses veines quand il se redressa et boita péniblement pour lui échapper. Les larmes grignotaient ses yeux tant la douleur lui semblait insoutenable à chaque pas. Il lui avait cassé quelque chose. Mais ça se réparerait, ça n'était pas important. Le vent lui fouettait le visage, dispersa la sueur qui coulait le long de son visage. Quand il crut être hors d'atteinte, il fit une pause pour évaluer les dégâts. Il avait mal à en crever. Mais ce fut bientôt le cadet de ses soucis parce que déjà, quelqu'un d'autre le prenait par l'épaule et le traînait. La surprise l'empêcha d'émettre le moindre son.

Il ne le reconnut pas immédiatement. Ce visage était si âpre qu'il lui fendilla la rétine. Effrayé, il mit un moment avant de comprendre qu'il s'agissait de Gregory. Et quand enfin, il réalisa, sa peur prit une tournure encore plus dramatique. « Greg... Qu'est-ce que tu... » Les mots s'étranglèrent dans sa gorge sous l'effroi et la douleur qui n'allait pas en s'améliorant pour sa jambe fracturée. Cet homme-là, il ne le connaissait pas. Cette haine dans la pupille, cette attitude violente qui ne  ressemblait en rien à la personne qu'il avait pu côtoyer. Un frère jumeau maléfique ? Oui, cette idée absurde avait réellement traversé son esprit hagard. Il dû revenir à sa théorie de maladie aérienne, hallucinogène néanmoins quand la réalité bascula sur les traits de son ami pour les détendre jusqu'à laisser place à l'expression plus familière. Il le relâcha mais le soulagement resta tenu pour l'oiseau qui recula prudemment dès qu'il put, l'observant avec beaucoup d'attention. Comment il allait ? Il lui demandait vraiment ça ? Il l'aurait confondu ? Il ne comprenait toujours pas. Et sa confusion laissa le bénéfice du doute à son allié d'infortune. « Qu'est-ce qui se passe, Gregory ? Les gens ont perdu la tête. Je ne sais pas où on est. ... Et... » Du sang. Du sang sur son début de barbe et il voyait bien qu'il n'avait aucune blessure apparente. Plus livide que jamais, il refit quelques pas méthodiques vers l'arrière en clopinant. « Qu'est-ce qui t'es arrivé ? » La question mourut dans l'air et les sépara durant une seconde avant que le fou furieux qui lui avait brisé un os ne revienne finir le boulot. Le français eut à peine le temps de se retourner pour regarder en face sa mort très certainement arriver. Il n'arriverait jamais à s'échapper à temps. C'était sûrement foutu. Dommage.

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MessageSujet: Re: When the mirror cracks {Gregory/Bastien}   Mar 21 Oct - 23:19

Cela allait faire plus d'un an que je m'étais « rangé ». Que j'étais un homme tranquille, sans histoires. Le bon mec bedonnant qu'a toujours le sourire aux lèvres, une bonne blague à glisser. Le mec qu'on n'hésite pas à aller voir, surtout quand on a besoin d'aide : c'est le type qui te répare ta bécane et qui te demande pas un sous, c'est celui qui trouve comment boucher ta fuite et qui te demande juste un verre d'eau en échange, c'est le nounours à qui la voisine confie les gosses quand elle a pas eu le temps ou les moyens de s'trouver une baby-sitter. Oh, partout ici, on vous dira la même chose. Il est gentil, Gregory, mais pas très fut-fut. C'est surtout que j'ai pas envie qu'on me prenne le bourrichon. Et dès que t'es sympa, on te prend pour un con. La gentillesse est jamais gratuite. Et si elle fait l'erreur de l'être, t'es tout de suite classé comme une poire, comme un puits dans lequel prendre de l'eau. Un puits sans fond car personne n'a tellement l'envie d'y jeter un œil, on se contente d'en voir le reflet, d'attribuer ça à la stupidité. Mais qu'ils continuent. Ça m'évite de répondre à des questions dérangeantes, ça m'ouvre bien plus de portes que ça ne m'en ferme. Pourquoi ? Car la plupart des gens sont moins prudents, moins méfiants. Ils se disent que t'es trop bête pour remarquer la tension dans leur muscle, la fatigue sous leurs yeux, la tristesse dans leurs prunelles. Le mépris dans leurs mots, la moquerie dans leur voix. Eux se contentent de la surface, moi, j'en profite pour plonger. Jusqu'à toucher le fond. J'ai pas été flic pour rien.

J'ai toujours aimé l'ordre – un ordre qui repose bien souvent sur ma vision de la justice et du sens de l'honneur qui s'y rallie. Un ordre que j'ai fait l'erreur d'imposer par la force. La violence. La violence anime mon cœur depuis longtemps. Une rage sur laquelle je n'ai jamais été fichu de foutre des mots mais que j'ai toujours réussie à exprimer par les poings. Je suis pas un homme gentil, j'suis pas la bonne poire, la bonne pâte, le « gros bêta » comme on aime m'appeler. J'suis comme les autres. J'ai mes qualités mais des défauts, des défauts face auxquels il m'est pas toujours possible de m'échapper. J'ai été jarté de la police après avoir haché la gueule d'un « collègue » à coups de poings. Après que j'ai aussi fait subir ma rancoeur à une pauvre femme de joie qu'a rien demandé. Mon ex n'a fait qu'empirer le phénomène. À me pousser à bout, à me cracher son dédain, à me le vomir au visage dès que ses yeux se posaient sur moi. À larmoyer, à se faire passer pour victime, alors que je devais ressembler à un hérisson à force qu'elle me plante des couteaux dans le dos. Elle voulait ma mort. Elle voulait m'écraser, m'agenouiller par la force de nos volontés, jouer sur nos belles valeurs de société où la femme est un être fragile à préserver. Elle ne l'était pas. Elle ne l'était pas, malgré ses bras maigres, malgré ses yeux larmoyants, ses sourires timides. Elle ne l'était pas, quand elle empoignait mon cœur pour me le déchiqueter de ses griffes acérées, quand elle m'empoisonnait chaque minute de mon existence par des sous-entendus, de longs regards appuyés. Elle ne l'était pas quand elle prenait tout ce qui lui passait sous la main pour me le balancer dessus, lors de ses phases d'hystérie, quand elle a ris la fois où elle m'a ouvert l'arcade. Jusqu'au jour où la rage m'a possédé. Cette rage que j'ai depuis tout gamin. Quand je vois des plus chanceux que moi, des plus forts que moi. La rage de vivre. La rage de m'en sortir. À tous prix.

J'ai du sang sur les mains. J'en ai toujours eu. J'essaye juste de changer de vie. D'attitude. J'y étais bien parvenu ! Ouais, okay, j'ai pris une bonne vingtaine de kilos et j'suis loin d'être le beau mec que j'étais. Mais j'suis devenu le mec gentil, la bouboule sympathique, la guimauve tendre et affectueuse. Je ne suis pas libéré de mes anciens démons, loin de là, mais j'ai trouvé un autre chemin. C'est pas plus facile, non, mais c'est plus agréable. Les gens viennent me saluer. J'leur prête mon aide, en échange, on me sourit, on me parle, même si c'est pas toujours avec le respect que j'aimerai avoir. J'reçois un peu d'amour, des attentions qui réchauffent mon vieux cœur et le font fondre. Sans compter ma douce Lya. Elle est mon petit soleil. La lumière qui chasse les ombres loin de moi. Les mauvaises pensées, les hontes, les malaises. Nan, tout ça, ça vire quand elle est là, ça vire quand je pense à elle, quand je pense à mon rôle de père. Car être un père, c'pas la même donne qu'être un homme. Je fais tout pour qu'elle soit fière de moi. Fière d'être ma fille. Pour que sa vie soit plus facile, pour qu'elle soit heureuse. Et, bizarrement, ça me contamine. J'suis heureux, moi aussi. Je suis enfin heureux. Une joie que je fais tout pour partager aux autres, même si on me prend pour un bisounours ou un crétin. Je vous emmerde, j'ai juste envie que la vie soit plus facile, plus agréable à vivre pour nous tous.

Bastien connaissait ce visage. Tout comme je connaissais le sien. On n'était pas les amis les plus intimes, non, je me considérais trop vieux pour ça, mais je l'aimais bien, ce gosse. Il me portait bonheur. Comme ce jour où j'ai découvert quelques billets dans ma boîte aux lettres. Oh, il se disait innocent, bien sûr, et mon instinct de flic me titille à ce sujet, mais je préfère pas l'écouter. Ce gosse m'a aidé. Même si c'est pas lui qui ai mis les billets là, j'aime bien passer du temps avec lui. Je lui ai déjà payé le café chez moi ou à l'extérieur, je prends alors de ses nouvelles, j'le surveille quand il passe dans la rue près de chez moi pour être sûr que quelques voyous ne viennent pas l'emmerder. Parce que bon, j'habite dans un quartier qui craint et sans vouloir tomber dans les stéréotypes, Bastien a une tête de petit minet : son corps fin, son pas léger, ce regard toujours un peu vague, perdu dans les ondes de ses réflexions, bien souvent préoccupantes si l'on se fie à cette légère tension au niveau de ses mâchoires. Il est toujours assez bien vêtu, il sait mettre son corps en valeurs, et ses cheveux sont jamais décoiffés comme les miens, non ! À croire que ça le rassure un peu de se trouver un peu d'ordre dans son allure. Parce que ouais, le gamin est pas tellement assuré, comme lorsqu'il hésite à plusieurs reprises avant d'entrer bien que ce soit pas la première fois que je l'invite, à refuser avant de craquer quand j'insiste pour qu'il vienne boire avec moi sur la terrasse d'un café – toujours le même, on se tombe toujours dessus quand je sors du boulot. Ses yeux sont pas reposants, malgré leur couleur. Ils virent toujours comme des animaux craintifs à gauche, à droite, ils descendent, ne remontent que pour s'assurer qu'il n'y a aucune menace dans mes prunelles. Et j'dois avouer que j'aime bien ses mains. Il maîtrise chaque geste quand il prend sa tasse et la porte à ses lèvres. Chaque doigt a un mouvement bien précis, presque calculé, une maîtrise surprenante mais que je trouve admirable. C'est pas comme moi avec les saucisses qui me servent de doigts et que je peux tout juste replier pour donner un coup de poing.

Mais voilà. Bastien m'a jamais vu en colère.

Il se recule de moi. Il boîte. C'est pas bon. Pas bon pour ce qui gronde en moi. Parce que l'ours, là, il y voit un casse-croûte potentiel. J'sens sa peur. La peur qui suinte le long de la peau en une sueur salée. La peur. Je l'ai trop longtemps ressentie quand je rentrais chez moi, cette salope. Je l'ai trop longtemps sentie quand mon ex se glissait derrière la table pour se protéger de mes coups. Elle m'énerve. Elle m'excite. En plus de m'offrir une illusion de puissance, elle me rappelle à mes propres faiblesses, à ces moments où j'étais le pleutre qui se terrait sur sa chaise par peur que sa femme ne lui en balance une. Mon sourire forcé fond lentement, redonnant à mon visage toute la dureté que je cherchais pourtant à effacer, toute cette dureté que mes quelques kilos superflus n'ont pas suffis à effacer. Ça se voit à mes traits marqués, mes mâchoires crispées, à ce regard glacé, mort, qui n'a absolument rien à voir à l'apparence que je peux afficher en temps normal. Heureusement, Bastien n'a pas tellement le temps de voir ce regard – je l'espère tout du moins. Car mes yeux se sont aussitôt braqués sur l'ombre menaçante qui s'approche en brandissant ce qu'il semble être un marteau. On croit souvent, à tort, que les ours sont lents. Plus encore quand on voit la bedaine qu'on a. Et pourtant. J'ai bondi sur l'homme avec toute ma rage. D'une main, j'ai attrapé son poignet pour le lui tordre en une prise professionnelle que je pensais avoir oublié. Faut croire qu'on zappe pas les réflexes. Il lâche son marteau dans un glapissement surpris... Mais, animé d'une fougue tout bonnement à peine croyable, il abat son poing libre dans mon visage. Je le relâche sous la surprise et il en profite pour récupérer son arme de nouveau, s'apprêtant à me donner un coup que j'évite d'un pas sur le côté. C'est pas un soûlard, pas avec cette agilité et cet équilibre... Il se redresse déjà et assène un autre coup de son marteau. Cette fois-ci, je bloque son poignet de mon avant-bras. Pas tellement décidé à ce que le jeu continue longtemps, je lui balance mon autre poing dans le visage. À lui d'avoir un pas de recul... Sauf que j'attrape son col et avec une force qui m'étonne moi-même, je le plaque contre le mur. Et je lui balance mon autre poing en plein visage.

Pas qu'une fois. En fait, je ne compte pas vraiment. Le premier coup a été le plus difficile à porter. Les autres s'enchaînent comme les perles sur un collier. Il sursaute comme un épileptique à chaque coup que je lui balance, jusqu'à ne plus réussir à réagir correctement, probablement trop sonné. J'avais oublié cette sensation. Cette sensation si particulière de sentir les chairs, les os sous ses coups. Leur résistance, une résistance que ma force commence à briser. Briser. Son nez se brise dans un claquement qui m'arrache un pur rictus. Ses lèvres éclatent, le sang gicle, poisse ma main, ma main que je ne sens plus à force de frapper, des fourmis me montant jusqu'à l'avant bras, mon épaule a craqué lors des mes premiers coups, mais l'articulation roule sagement à présent, parfaitement huilée – probablement à cause du sang versé. Quand je sens toute résistance faiblir, je relâche l'agresseur qui s'effondre comme une poupée de chiffon – ce qui ne m'empêche pas de lui balancer deux coups de pied dans le ventre. C'est bien plus défoulant que taper sur un putain sac de toile croyez moi. L'adrénaline coule dans mes veines, un rictus déforme mes lèvres. Un rictus de haine, d'une vengeance dont j'ai oubliée la raison depuis longtemps. Je redresse les yeux autour de nous pour observer les alentours, donnant un coup de pied négligeant dans le marteau... Mes prunelles finissent par se tourner en direction de Bastien et, de nouveau, je mets quelques minutes à me ressaisir. Pourquoi ce gamin m'empêche de péter un câble pour de bon ? Son regard. Ce regard si fuyant en temps normal, ce regard si effrayé qu'il m'adresse. C'est con mais j'pense à ce sourire qu'il m'offre parfois, à ces fins d'après-midi où je lui demande de me dire quelques mots en français, où je lui propose un café ou un chocolat. On n'est p't'être pas les meilleurs amis du monde. Mais c'est quelqu'un avec qui j'ai partagé des moments simples de bonheur. C'est une des personnes grâce auxquelles j'ai pu m'écarter de mon mauvais chemin. Une des personnes qui m'aide à croire que j'ai fait le bon choix.
_ … ça va aller Bastien. On va s'occuper de ta jambe. Je vais t'emmener à l'abri.
Je reprends profondément mon souffle pour m'apaiser. Plus serein, je m'approche de lui et je lui offre ma main épaisse, aux doigts couverts de corne. Mes yeux cherchent les siens de nouveau. Mes prunelles sont plus tranquilles, l'inquiétude perce même légèrement le voile de rage qui y stagne. J'essaye de rester calme. Je vais tout faire pour le rester.
_ Je te ferai pas de mal, je lui assure alors. Et mon sourire revient. Ce sourire amical qu'il doit connaître.
_ J'crois qu'on peut laisser tomber pour le café pour ce soir.

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MessageSujet: Re: When the mirror cracks {Gregory/Bastien}   Mar 4 Nov - 1:19

Qu’est-ce qui se passait concrètement quand on voyait la mort arriver ? Une question plutôt perturbante pour un esprit aussi agité que celui du métamorphe. Refoulée dans les tréfonds de son subconscient, cette interrogation silencieuse mais bien pesante, avait trouvé sa réponse dans l’accident de voiture qui lui avait presque ôté la vie. Évidemment, sa dernière pensée consciente n’avait été destinée qu’à celle qui partageait alors sa misérable existence. Il n’avait pas eu le temps ou l’occasion de revivre son enfance dans un flash ou de se lamenter une seconde fois sur le décès précoce de son hamster – Albert, encore moins de se revoir ramasser la dite rouquine dans une allée sordide. Non. Il n’avait eu le temps que de s’en vouloir, de penser à celle qu’il laissait derrière lui. Car oui, il arrivait à être désolé pour les autres dans un moment aussi tragique. Non, pas pour les autres. Pire que ça pour l’instigatrice de l’accident. Si à l’époque, son ignorance justifiait un tel songe, actuellement, la vérité dévoilée, il serait plus que risible que ses pensées ne soient hantées que par elle. Et pourtant… Pourtant, il nous prouvait une fois de plus à quel point ça ne tournait pas rond dans sa caboche. Cette fraction de seconde durant laquelle il se vit mort, fût dédiée à sa sorcière. Et à tout ce qu’il aurait voulu lui dire encore et encore. Ecoeurant. Mais brusquement, une masse difforme, sombre fila devant ses yeux. Bastien bascula vers l’arrière à moitié bousculé, à moitié effrayé, déstabilisé par sa jambe, par les émotions qui venaient de le tirailler. Il n’avait pas besoin de cette injection d’adrénaline pour savoir qu’il préférait rester en vie. Au moins, on ne pouvait pas lui retirer ça. Le français resta hébété, assis sur le bitume, le regard vague. Et puis, il réalisa ce qu'il se passait, une fois le choc passé.

L’oiseau qui logeait dans son crâne, lui lamina les méninges, chercha à le faire émerger de sa léthargie. Cet instinct purement animal l’obligea à se relever péniblement en jurant quand sa jambe fracturée dû soutenir un peu de son poids. Mais ça n’était que le cadet de ses soucis. Devant lui, Gregory risquait sa vie. Il voulut l’aider, il voulut trouver une arme, quelque chose. Mais son regard embué ne tomba que sur des brindilles. Pratique pour faire son nid – en effet. Pas pour attaquer un molosse. Le cœur au bord des lèvres, il s’avança, recula pour ne plus savoir finalement par quel flanc attaquer. Comment venir en aide à son sauveur ? Bien vite cette considération s’effaça au profit de la réalité, quand il put admirer son ami dominer la situation avec un naturel frôlant le ridicule. Le changeur ne savait plus de qui il devait se méfier. Mais il ne parvenait pourtant, toujours pas à croire à la félonie de son comparse. Alors il resta là, la main calée sur son membre brisé, les sens en alerte, prêt pourtant à bondir sur l’assaillant si son acolyte venait à défaillir. Le sang noyait la scène et la violence agitait le métamorphe. Quelque chose de primitif lui ordonnait la fuite ou le combat. Mais son humanité le cloua sur place, dans l’expectative d’un dénouement. Le meurtre eut lieu juste en face de lui à quelques mètres. Il en resta longuement interdit, officiellement terrorisé quand le gagnant termina son ballet sanglant sur quelques coups de pieds dans la dépouille.

Le voleur eut le loisir de capter l’expression satisfaite de son interlocuteur. Non, cela dépassait de loin la simple satisfaction. La perversité et le sadisme tordaient assurément ses lèvres. Il ne pouvait pas connaître cet homme-là. Ce dernier s’adoucit à nouveau mais ce ne fût pas aussi simple que ça pour le cambrioleur. Il tituba un peu et fronça les sourcils quand l'assassin chercha à lui offrir un peu de sécurité, tout autant de réconfort, le tout emmailloté avec de l’humour totalement déplacé. « A l’abri… ? » Confus, il glissa ses doigts sur son front plutôt que d’accepter la main de son allié. « Comment veux-tu qu’on puisse se mettre à l’abri quand on ne… Quand je ne connais même pas la nature du danger ? Toute la ville est saccagée. Les gens sont partout, ils détruisent, ils pillent… Ils… Ils… » Tuent. Ses yeux tombèrent sur le cadavre à quelques pas de là. Il déglutit douloureusement avant de revenir poser son attention sur son complice. « Tu n’es pas dans ton état normal, Greg. Je ne sais pas ce qu’il se passe mais tout ça… Je ne sais pas. Je ne pense pas que… Je te remercie de m’avoir sauvé la vie. Mais je ne … » Il s’emmêlait tout seul dans un brouillon de sensations plus déroutantes les unes que les autres. Il était épuisé, blessé et clairement dépassé. « C’est un cauchemar… Ça ne peut être que ça. Je ne comprends pas. J’ai traversé la capitale. Tout a démarré si vite. Et toute cette haine, cette colère, cette violence... » La bile lui grignotait l’œsophage. Si facilement impressionnable ? Il semblerait. Encore choqué par ce qu’il venait de vivre et de voir, il s’entendit à peine murmurer « Je voulais… Je voulais les rejoindre mais je n’ai pas…  Mon dieu si il est arrivé quelque chose à Abi… » Faire le bilan ne l’aiderait pas à y voir plus clair pourtant - surtout que son comparse ignorait complètement l’existence de la rousse. De plus, la menace semblait toujours planer avec la proximité de son ami. Il chercha à s’accoler à l’arbre juste à côté pour que la douleur diffuse s’estompe suffisamment pour lui permettre de raisonner correctement, en retirant le pression qu’il exerçait sur ses os brisés mais son pied butta contre sa jambe abimée, il s’affala à nouveau à terre. Oui, il avait clairement besoin qu’on lui porte secours vu qu’il n’était pas fichu de se débrouiller seul.

Il se redressa juste assez pour ne plus avoir de la terre dans la bouche. « Il faut que je la retrouve. » Il s’assit avant de relever la nuque vers la silhouette proche. Soudainement, il réalisa. « Greg, où est ta fille ? On doit… Il faut qu’on fasse quelque chose. Il faut… Les protéger. » Il ne savait même pas si il n’avait devant lui que l’ombre de cet homme qu’il croyait connaître ou non. Mais il ne pouvait rien faire seul. Il l’avait bien démontré. Sans lui, il serait déjà en train de manger les pissenlits par la racine. « Tu crois que tu… Tu crois que ça va aller ? Qu’on peut… Que tu peux… » Quoi au juste ? Gérer la situation ? Te gérer tout simplement ? Ne pas m’agresser ? Shepard, réfléchis un peu. S’il n’était pas capable d’être maître de son propre corps et esprit, il ne pourrait jamais lui fournir une réponse franche. Mais que pouvait-il faire ? S’allonger et prétendre être mort pour ne pas finir tué à son tour ? Oh c’était une idée qu’il avait déjà réellement considérée. Mais il tenait bien trop à Abigaëlle ainsi qu’à Maarten pour s’adonner à sa lâcheté naturelle. C’était pour eux qu’il s’était retrouvé là, à l’autre bout de sa destination pourtant. Pour eux qu’il ne s’était pas planqué dans un coin pour attendre que ça passe. Mais son inefficacité lui sautait tellement à la gorge qu’il avait envie de s’étrangler lui-même. Il remua un peu la cheville de sa mauvaise jambe. Ça allait mettre plusieurs heures voir jours à se remettre complètement. Malgré ses dons et sa nature, sa guérison ne serait pas des plus rapides. Du moins, elle le serait par rapport à un être humain lambda. Il repassa sa main sur son crâne, frôlant la crise de panique chaque seconde un peu plus. Il ne devait pas se poser ou réfléchir un bien trop en avant, sinon il allait virer fou. Alors il se hissa sur ses guiboles et vacilla jusqu’à l’écorce qu’il avait déjà avisé un peu plus tôt pour s’agripper, le souffle déjà coupé. Il ne savait définitivement pas quoi faire. Et il doutait que son camarade puisse l'aider à éclaircir ses pensées.

_________________

    Before all of this, what did I miss ? Do you ever get homesick ? I can't get used to it. I can't get used to it. I'll never get used to it. I'll never get used to it. I'm under that night. I'm under those same stars. We're in a red car, you asleep at my side. Going in and out of the headlights. Could I have saved you ?
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MessageSujet: Re: When the mirror cracks {Gregory/Bastien}   Jeu 22 Jan - 21:13

Ça sifflait dans ma tête. Ça va pas fort. J'ai mal à la tronche, comme si j'avais trop bu. Mais depuis que j'ai Lya, je ne bois plus rien, je n'avale plus la moindre goutte d'alcool. J'ai des fourmis dans tout le corps, des fourmis qui chatouillent le bout de mes doigts, qui bourdonnent dans ma tête, l'adrénaline m'assèche la gorge, tend mes muscles. Mon dos est un vrai bout de bois, mes épaules sont raides, mes mouvements ne sont pas aussi lents et mesurés que je le voudrais, non, loin de là, ils sont rapides, mes mains tremblent, mes mâchoires sont si serrées que les décoller l'une de l'autre pour parler est un effort à la limite du douloureux pour moi. Le sang... Le sang. Je ne l'avais jamais fait saigner, elle, mais j'en ai fait saigner d'autres. Je ne m'en souviens plus vraiment. Je ne sais plus vraiment où j'en suis. Ça fait tellement longtemps que je n'ai pas frappé quelqu'un. Ça fait tellement longtemps que je n'ai pas vu de sang couler. Est ce que je l'ai tué ? Est ce... Que... je ne sais pas. Je ne sais plus. La nausée me gagne. Qu'est ce que j'ai fait ? J'ai commis un meurtre. Non, je crois que... qu'il respire encore. Je titube d'un pas. D'un autre. J'ai perdu pieds avec la réalité. Qu'est ce qui m'a pris ? Mes yeux bleus cherchent autour de moi, quelques secondes, avant de se lever vers Bastien. Je l'ai défendu.

J'ai voulu le protéger. Le préserver. Je n'ai pas réussi. Pas complètement. J'ai pas été fichu d'y parvenir. Je l'ai juste... effrayé. Je le vois dans ses grands yeux qui me fuient. Sa voix est douce. Elle titube, comme ses pas. Il a peur. Dans ses traits purs, le dessin de son visage si léger et bien plus délicat que le mien, sur le dessin de ses lèvres rosées serrées l'une contre l'autre, ses prunelles claires hésitant entre fuir les miennes ou m'affronter... Ce regard innocent, ce regard empli de sentiments purs, des sentiments simples et poignants comme la crainte qui déchire l'affection qu'il me porte. J'y vois tout ce dont j'ai peur. J'y vois... Lya. Ma petite Lya. Ce garçon n'est pas si différent d'elle. Ouais, il a l'air d'avoir moins d'emmerdes. Mais en lui, il y a cette douceur si particulière, il y a cette innocence que j'ai envie de préserver, cette fragilité que j'espère protéger. Et je n'ai pas réussi. J'en oublie mon mal de tête. C'est pas à la tête que j'ai mal. C'est dans mon cœur, ça le perce, ça m'emmêle les viscères. Je le vois reculer, et je m'approche, je tends mes mains instinctivement pour le soutenir.

_ Lya... ? Lya... Elle est chez moi. Elle va bien, je réponds d'une voix rendue plus rauque, plus grave. Je prends ma chemise, j'arrache la planche d'une palissade et je rejoins Bastien. Je m'agenouille près de lui et, avec le plus de douceurs que je peux, bloque sa jambe avec la planche, la serrant fermement avec ma veste pour éviter à ce que l'os ne bouge. Parler de ma fille. Le voir lui. Finalement, ça m'aide à reprendre le fil de mes pensées. Je n'écoute plus cette voix dangereuse, cette voix qui m'inquiète. Je ne me préoccupe plus de cette menace qui pèse. Je ne pense qu'à elle. Qu'à ce gamin. Ma Lya est en sécurité. Sigurd veille sur elle. Mais je laisserai pas ce gosse, je l'abandonnerai pas là, pas avec ce qu'il me dit, pas dans son état. Alors qu'il se relevait, je le soutins comme je pus. Je ne voulais pas prendre de risques pour sa jambe. Il devait souffrir le martyr... Je repose une main sur son épaule et j'unis mes yeux clairs aux siens, un regard plus assuré que jamais.

_ Ca va aller, Bastien. Ca va. Je te ferai pas de mal. Okay ? Je ne te ferai rien. Lya est en sécurité. Et toi ? Qui est ce que t'as besoin de protéger ? Je peux peut être t'emmener...
J'hésite puis je me recule d'un pas.
_ Garde le pour toi, Bastien. Aie confiance en moi. Je te promets, je ne te ferai pas de mal. Je vais t'emmener. Tu n'auras qu'à me guider. Ça va bien se passer.
Mon ton est lent, doux. Je lui parle comme je parle à Lya. Avant de grimacer de douleur et me reculer encore. Ma barbe s'étire sur mes joues. Mes cheveux s'étirent sur ma nuque. Je bascule à 4 pattes alors que mes vêtements se déchirent. Une fourrure brune, épaisse, me recouvre alors que je prends bien plus d'une centaine de kilos. Je redeviens l'ours. Le massif grizzli. Je m'ébroue, remuant ma lourde tête dotée d'oreilles bien rondes. Je m'approche ensuite tout doucement de Bastien, avec lenteur, pour qu'il ne s'effraie pas. J'ai une silhouette bien rondouillarde, et suis porté par des pattes solides armées de griffes. Alors qu'il se tient debout, je m'allonge près de lui pour l'inviter à me grimper sur le dos. C'est loin d'être discret, comme moyen de locomotion. Mais c'est le plus pratique dont je dispose en cet instant. Je peux galoper assez vite, et j'espère pouvoir épargner sa jambe. Je le conduirai là où il le souhaite. Là où il sera en sécurité.

Bastien. Ce soir, tu es mon protégé.
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When the mirror cracks {Gregory/Bastien}

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