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  Il vaut mieux brûler franchement que de s'éteindre à petit feu. ▬ Aeryn & Shining

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MessageSujet: Il vaut mieux brûler franchement que de s'éteindre à petit feu. ▬ Aeryn & Shining   Mer 24 Sep - 21:35


Ça se bouscule toujours, c’est comme une course infernale. Qui aura ses tripes ? Qui l’aura au bout ? Jusqu’au fond. C’est le fond qu’il vise. Il l’approche. Toujours un peu plus. Le fond de la bouteille, jamais il n’a semblé aussi proche. Aussi loin à la fois. L’odeur le charme ; un besoin de se combler les sens. C’est vide tout ça. Son esprit. Son cœur. Il est vide. Pourquoi est-il toujours vide ? Il ne cesse de se faire plein. Encore et encore. Gorgée après gorgée. Le liquide coule dans sa gorge, coule et s’écoule. Sortirait de lui et il faudra recommencer. Encore et encore. Sans fin. Enfin, si peut-être une. La mort. Il l’imagine grisante, froide aussi. Il attend qu’elle vienne le cueillir, quand elle décidera qu’il sera près. C’est long. Mais ça tombe plutôt bien. Il n’a que cela à faire de sa vie : attendre.

Il est funambule. Il est grimpé sur ce toit. C’est qu’ils venaient. Avant. Avant quoi ? Il ne sait plus vraiment, il oublie un peu. Il oublie pourquoi sa vie est fichue. Il oublie la raison de tout. Il espère juste la trouver. Un ange. Un endroit, qu’il ne partageait qu’avec elle. A l’issue d’une petite échelle bancale de laquelle il manque de chuter pour ne point lâcher cette bouteille en verre qui contenait ce qu’il avait de plus précieux. Peut-être serait-il assez ivre pour le faire. Le saut de l’ange. On en parle beaucoup, rares sont ceux qui reviennent pour en parler réellement. Est-ce que l’on se sent libre ? Est-ce que l’on se sent voler au point d’oublier que l’on tombe. Au fond. Il a tiré sa carcasse sur le toit. Il est bel homme, des tatouages somptueux. Pourtant, il se sent sale. Il se sent une bête. Candide sa sœur, il ne la voit pas sur ce toit. Ils ont tous disparus avec sa mort. Cette joie de se retrouver. Le bonheur d’être ensemble. Famille, amis… C’était là, qu’ils venaient prendre une lueur d’espoir. Ecoutant toutes les métaphores d’un génie que l’on observait avec admiration. Maintenant, admirez-le. Il n’est plus rien.

Il n’y a pas de tables, il n’a pas de rire. Pas de chant, pas de sourire. Juste le silence qui plane. Le bruit d’une bouteille vide, posée sur le goudron glacé. Pas d’amis. Rien. Néant. Solitude. Il observa la pénombre. Il voit son ombre. Il ne sait qui elle est. Peut-être est-ce Candide. Il se trompait ce soir là. Il y avait une amie ici. Une amie qu’il avait oublié parce qu’il ne venait plus jamais ici. Parce qu’il y avait une fracture en son esprit. Un gouffre. Il avalait ses souvenirs, les poussières de bonheur en son fond. « J’vous emmerde avec vos routes… Je préfère couper à travers champs, c’est plus court et plus joli. » A qui parlait-il ? Lui-même ne sait pas vraiment. Il s’adresse à l’une de ces fantasques apparitions. Des ombres qui le suivent. Des voix dans sa tête. C’est donc ça, le délire de l’alcoolique. Il ne sait pas. Il parait que l’on voit des animaux, qu’ils sont partout. Et lui, il ne voyait rien. Il ne voyait que ses pensées et la sensation étranges qu’elles se matérialisent. Il n’était pas complètement saoul. Il est frustré. Il a touché le fond de cette bouteille, mais il n’est pas au fond de son état. Il donne un vague coup de main dans la bouteille. Elle se brise. Il ignore cette fille. Il ne reconnaît pas. Il pense qu’elle s’en ira. Qu’elle changerait de trottoir. A défaut, elle changera de toit.

Il déambule, il est adroit malgré tout. Il se sentait presque d’humeur joueuse. C’était si doux comme poison. Il approche du bord ; il regarde la rue. Il ne sautera pas. C’est trop aisé. C’est trop injuste. Candide n’est pas mort pour voir ça. Maman ne dansa pas suspendu dans la cuisine pour y assister. Une fin aussi brutale. Il devait mourir, en être lamentable. En mauvaise herbe. « Ah oui ? Je suis mauvaise herbe… Il faudra m’avoir par la racine. » Monologue incessant, insensé. Il lève la tête. Observe la lune qui trône sur la nuit. Elle est lassante pourtant. Il fait chaud, lourd. L’air semble irrespirable. Poison. Elle fait naitre sur sa peau les perles de sa sueur, son corps qui lutte. On appelle ça l’homéostasie. Enfin, ces notions de sciences, il voudrait les bannir tout simplement.

Il n’est pas si loin d’elle. Il sent qu’elle l’observe. Peut-être veut-elle le pousser. Le fond de la rue, il semble si loin. Le bout de tout. Puis enfin, il tourne la tête vers elle. Son regard se pose sur elle. Je sais que tu existe – voila ce que tout cela signifie. Mais voulait-elle qu’il le sache ? N’aurait-elle point préféré qu’il demeure dans son indifférence, qu’elle reste la spectatrice de sa dissolution. Il sait qu’elle existe, il ne sait pas qui elle est. Enfin… Il croit. Il l’observe.  Plus il la regarde, plus elle a cet air étrange. Cet air de quelqu’un sorti des abysses de ses souvenirs refoulés. Des idées de bonheurs qui déchirent son être en l’accablant de tout ce qu’il avait perdu finalement. Il a cette sensation, celle qu’il n’aime pas. L’impression qu’on le tire vers un temps lointain. Le temps des sourires. Des joies. De l’espoir. Le temps de Candide. Le temps de la vie.

Il la regarde, il est perdu à cet instant. Il ne dit plus rien. Il semble bouleversé. Pourtant, son regard demeure vide. Comme la bouteille. Quelque part, au fond de lui se réanime. Une lueur étrange. Quelque chose, qu’il ne veut plus gouter. Qu’il s’interdit ou plutôt qu’on lui a enterré. Il a oublié tout ça, toute l’humanité de son cœur. Il voit juste la mort, la désolation. Sa solitude, cette main qui serre doucement sa gorge. Asphyxiante réalité. Il veut fuir. Ce qu’il a vu. Ce qu’il a vécu. Ce qu’on leur à fait. La strangulation de leurs rêves. La mort d’un soleil et faire de sa vie une nuit interminable. « Qui es-tu ? L’étoile sur le toit. Que fais-tu ici, perdue sur mon toit ? Avec cet air… Cet air si familier. » Est-ce qu’elle le dérange. Il ne saurait le dire. Elle attise sa curiosité, autant qu’il se meurt.

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MessageSujet: Re: Il vaut mieux brûler franchement que de s'éteindre à petit feu. ▬ Aeryn & Shining   Jeu 25 Sep - 10:35

C’était il y a longtemps, tellement qu’elle ne s’en souvenait plus très bien. Combien de temps, des années, des mois, des jours ? Peut-être plus, peut-être moins. Aeryn était encore insouciante de ce que la vie lui préparait, encore naïve de croire que sa sœur et elle finiraient par s’en sortir. Voler, tricher, mentir, tout ça n’était qu’un jeu, qui permettait de se nourrir chaque jour et de pouvoir aspirer à une autre vie. Dans le fond qui était-elle finalement, après toutes ces années ? Une antiquaire. Très bien, et sinon ? A en jouer des jeux, Aeryn avait fini par croire qu’elle pouvait être tout ou rien, gentille, attentionnée, méchante, violente, elle pouvait à la fois être ainsi et ne pas l’être. Ne savait juste pas alors agissait en fonction de l’occasion. Lunatique, certainement. Bipolaire, peut-être bien aussi. Qui pouvait savoir ? Même elle se fichait de comprendre cela. Personne ne pourrait entièrement la décrypter et c’était tellement mieux ainsi. Surprendre, étonner, c’était un peu sa marque de fabrique. Parfois, l’attente d’une personne pouvait également l’étonner elle-même. Alors sur ce toit, elle attendait cette personne qui lui rappelait de jolis souvenirs. Ni bon, ni mauvais, il n’était juste qu’un gars qu’elle avait apprécié, et connu. Qui, du jour au lendemain avait disparu. Sur ce toit où ils avaient apprécié se retrouver, il n’y avait un jour plus eu qu’elle, qui attendit sans que personne ne vienne. Fini, envolé l’histoire de deux amis sur un toit. Aucun moyen de le contacter, aucun moyen de savoir ce qu’il était advenu de lui. Il était parti, c’en était retourné. Plus rien, plus de nouvelles. Le toit se fit de plus en plus vide et terne. Redevint le couvre-chef de maison sans histoire, sans plus rien à narrer. Diablement ordinaire et sans essence.

Jusqu’à ces derniers jours où Aeryn se souvint et voulut se remémorer cet endroit qui lui avait apporté tant de bien. Il y avait derrière quelque chose de mystérieux, d’envoutant, d’attirant. Elle se laissa transporter par ses souvenirs et grimpa sur le toit, par l’échelle. Toujours plus haut et plus grand. Au sommet, elle se sentait grande et imprenable. Respira l’air frais qui s’engouffra dans ses narines. Se sentit seule, au calme et incroyablement tranquille.
Et cet homme arriva, grimpant également sur le toit. Avec difficulté certes, ses vêtements et son accoutrement n’étant pas des plus classiques et banals. On aurait cru qu’il dormait dans la rue. On eut dit qu’il n’était même pas conscient de ce qu’il faisait lui-même. Une bouteille à la main, probablement une odeur des plus nauséabondes autour de lui, il semblait perdu dans les méandres de sa propre folie. Une ombre, la sienne, qui le poursuivait sans relâche et ne le laisserait pas tranquille. Qui était-il ? Que faisait-il là ? Aeryn ne souhaitait pas être le témoin d’une future catastrophe. Marmonnant dans sa barbe,  il était probablement saoul depuis l’aube. Désespéré, ne trouvant plus de sens à sa vie, ne pouvant plus se guider par lui-même. Perdu, ne cherchant même plus une âme généreuse pour le sauver. Il n’y avait plus rien à faire, c’est certainement ce qu’il pensait. La jeune femme l’observa, discrètement cependant pour ne pas attiser sa colère, sait-on jamais avec les personnes saoules, un mauvais regard peut signer le début de représailles. Continuant à fixer l’horizon, elle se permettait de temps en temps un regard discret envers cet homme couvert de tatouages, ce qu’elle avait pris au premier abord pour la crasse. Il en était recouvert. La perception des sens n’est jamais vraiment juste une fois la nuit tombée. On croit voir des choses, des ombres, des personnes, ce n’est qu’une image floue que l’on idéalise avec ses propres souvenirs. Pourquoi monte-t-il si haut ? Il ne semble même pas capable de marcher de droit, va se rompre le cou.

Il ne viendra pas, celui pour qui les souvenirs restent depuis bien longtemps. A la place, elle tiendra compagnie à cet homme perdu, et repartira. Pour toutes les fois où il n’y avait eu personne sur ce toit, aujourd’hui quelqu’un lui tenait compagnie. S’il le voulait car sa présence pourrait également l’indisposer. Avoir un témoin suivant son intention n’est pas forcément chose aisée. Aeryn ne voulait rien voir de stupide, qu’il change de toit sinon. Le regardant à nouveau, sa voix lui sembla familière. Etait-ce à elle qu’il venait de s’adresser ? Elle était douce et il parlait plutôt bien. Posant son regard cette fois franchement sur lui, il se trouvait dès à présent sur le toit. Sa bouteille avait été perdue en cours de route, et ils se retrouvaient maintenant, l’un comme l’autre, à quelques mètres d’intervalle sur ce même toit. Le dévisagea encore un moment, puis secoua la tête.

« Vous devez vous tromper, je ne vous connais pas… »

Un homme avec autant de tatouages sur le corps, elle s’en serait forcément souvenue. On ne peut oublier ce genre de choses, son délire l’avait atteint et il n’y avait pour cela qu’à attendre que l’alcool cesse d’agir. Cette voix lui semblait pourtant des plus connues, ce n’était pas la première fois qu’elle l’entendait, en mettrait sa main au feu. Où l’avait-elle entendue ? La réponse sur lut sur son visage, derrière tout cet artefact, elle le reconnut. Passa ses deux mains devant sa bouche pour atténuer son cri. Surprise, choquée, étonnée, interloquée… Non, ce ne pouvait être celui qu’elle attendait. Ses yeux étaient grands ouverts, visiblement sous le choc de la nouvelle. Aucun doute, ce ne pouvait être que lui. Son cœur battait la chamade, s’attendait à toutes les apparitions sauf à celle de la réalité.

« Oh mon Dieu, Shining ! »

Elle tenta de se calmer, mais ne le pouvait visiblement pas. Cela ne passait pas, ce n’était pas possible. Un mauvais rêve, une illusion de la lune, un mauvais tour. Aeryn ne voulait pas y croire, l’évidence se trouvait pourtant sous ses yeux. Des milliers de questions à poser, mais une seule en sortit. Il fallait être sûr avant toute chose.

« Aeryn. Te souviens-tu de moi ?  »
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MessageSujet: Re: Il vaut mieux brûler franchement que de s'éteindre à petit feu. ▬ Aeryn & Shining   Sam 27 Sep - 11:45

Se tromper. C’est drôle, il a l’impression que c’est le temps qui veut toujours le tromper. Jouer avec lui. A quoi bon. Il n’aime plus ça. C’est lassant. Les visions se troublent, il voudrait ne se souvenir de rien. Ce serait plus simple. C’est une erreur encore. Pourtant il la regarde. S’interroge. - Qui es-tu mon ange alors ? Que fais-tu ici ? Sur le toit de mes souvenirs ? Ceux que je cherche sans que ne je veuille les voir réellement. - Il n’aura pas de réponse. Du moins, c’est ce qu’il imagine. Il est venu ici, il se souvient d’elle. Il se rappelle de sa présence, mais les traits de son visage lui sont flous. L’abstrait est si réel. Si concret. Il se dessine devant ses yeux. Il se souvient comme elle sent bon, cette amie. Celle qu’il retrouvait là, quand ils avaient juste besoin de savoir qu’il y avait quelqu’un. Quelque part. Pour eux. Qui ne puisse les comprendre, mais juste quelqu’un. Puis il n’y avait plus eu personne. Parce qu’il avait cessé de venir tout simplement. Il avait arrêté de vivre. Alors pourquoi était-il revenu ? Pour voir si les choses ont changés. Oui, elles sont différentes. Rien ne sera jamais plus comme avant. Nostalgie. Elle lui serra quelque peu la gorge.  Mélancolie dans le regard. C’est un temps révolu. Le temps de l’humanité. Il n’était qu’un étranger. Un inconnu de ses propres souvenirs. Pourquoi c’était si flou ? Il aurait voulu que l’on souffle sur la poussière de ses souvenirs, pour se rappeler une fois seulement. Même si ça fait mal. Ressentir quelque chose. Une émotion un peu plus forte que son indifférence.

Elle ne le connaît pas. Ce n’est pas grave. Elle est son étoile inconnue. Juste un instant. Il ne lui volerait de son temps. Qu’elle ne craigne rien. Il ne compte pas entacher sa vie de sa mort. Il brulerait dans sa solitude.  Il ne mérite pas de marquer sa mémoire. C’est alors qu’elle cri. Un peu trop aigu. Il n’aime pas vraiment ce bruit, ça résonne dans sa tête. Il fronce légèrement les sourcils avant de se détendre. Il la dévisage, il se demande ce qui lui prend. Elle est… Ridicule. A ses yeux à cet instant en tout cas. Mais ça ne le dérange pas. Ses yeux sont ronds comme des billes. Venait-elle seulement de se rendre compte à quel point il était laid ? Cela ne le vexa point. Ce n’était que vérité. Aussi tragique soit-elle. Il était une horreur. Un monstre et sur sa peau étaient marqué les balafres de ses erreurs. C’est alors qu’elle s’écrit. Il recule d’un pas. Il a entendu quelque chose d’étrange. Il a entendu « Dieu » et son nom dans la même phrase. Quel diable eut piqué cette pauvre fille. Puis il réalise. Elle connaît son nom. Alors, elle le connaît. Est-ce qu’il la connaît ? A jurer par sa réaction, il a le sentiment que oui. Il aimerait que non pourtant. Il aimerait fuir. Parce qu’il n’arrive pas à se souvenir. Parce qu’il a l’impression que c’est enfoui. Très loin. Elle éveille pourtant sa curiosité ; une ambition qu’il n’avait pas ressentie depuis bien longtemps. Ça le retient à elle.

Elle semble toute bouleversée. Il la regarde encore. Elle est face à lui. Elle lui demande s’il se souvient. Il a envie de la jeter du toit. Putain, pourquoi est-ce qu’elle lui pose cette question ? Il n’est pas amnésique. Il est juste… Enfermé. Il est juste, dans le déni de lui-même. De son humanité. Il l’observe alors. « Je ne sais pas Aeryn…  S’il le faut vraiment… » Il se souvient. Il est loin d’être stupide. Doucement sa main vient sur son torse. Il a la sensation qu’on le vide de ses tripes. Il ne s’y attendait pas. Il aimerait boire à cet instant. Boire pour être sur de ne jamais se souvenir. Mais il a déjà touché le fond. Il réalise que le fond n’est plus suffisant. Elle est là ; cette page du passé. Ce souvenir vague de chaleur ; d’une amie. Il avait oublié ce que ça faisait, mais il n’avait oublié ce qu’était d’avoir quelqu’un dans sa vie. Confidente. Mais il a également oublié ce que cela signifie d’être l’ami de quelqu’un. Il n’avait plus été l’ami de personne. Le fils, ni le frère. Rien. Juste une carcasse.

Il se rappelle de la dernière fois qu’il sembla l’avoir vu. Aux obsèques de sa sœur, dans son pathétique coffre de bois fermé. Mieux valait ne pas la voir dans cet état. Il l’avait vu. Mutilé. Et son visage fermé, cachait bien des traumatismes de son esprit. Il ne se souvient pas très bien de ce jour funèbre, tout cela n’est que succession de flashes. Il n’arrive pas à se souvenir des choses, pourtant certains détails lui sont clairs. Comme la dentelle noire de la tenue de cette femme qui lui faisait face. Belle en ce triste jour. Alors que Shining aurait été capable de se jeter nu dans le cercueil pour mourir à son tour. Mais il était resté là, dans ses fringues sales à fixer cette terre qui l’eut recouvert. Se souvenant de l’odeur écœurante de sa dépouillé éventré d’une pourriture naissance par une chaleur insupportable. Candide dans sa nudité, habillée de sang et de boyaux.

« Est-ce que je te dégoute ? » Sa question, elle est une lame. Pourtant, il éprouve de l’intérêt pour la réponse ; c’est rare. C’est étrange. C’est agréable. C’est également une torture. Il ne lui laisse pas le temps de répondre pourtant. Il enchaine parce qu’il connaît la réponse. Celle de l’empathie. Elle lui dira que non, que ce n’était pas de sa faute. C’était des conventions inutiles. Lassantes. « Je devrais pourtant… » Il se retourne. Il est maladroit. Il a le tournis de ce simple mouvement de pivot. Lui en tout cas, il se dégoutait. C’était comme si lui aussi pourrissait. Il pourrit, son intérieur se dégrade. Il n’a pas manifesté de joie de la revoir, il n’arrive plus à rien éprouver vis-à-vis de ce qui l’entoure. Bousculé par sa proprioception. Du dégoût de lui, la sensation d’être cadavre. Il pose ses coudes sur le muret, se penche vers le vide qui se dresse là. Le regarde. « Putain, moi aussi je suis fait de vide. » Alors est-ce que s’il sautait il tomberait ou resterait dans le vide ? Bien sur, il sait par la physique et la gravité que c’est impossible, mais il n’empêche que la sensation de n’être rien est bien trop présente. Le rien dans un rien. Cela ne donne qu’un toujours rien. Le néant tout simplement.
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MessageSujet: Re: Il vaut mieux brûler franchement que de s'éteindre à petit feu. ▬ Aeryn & Shining   Dim 28 Sep - 14:45

Ce n’était pas son état qui l’avait surprise, ce n’était pas non plus son aspect, aussi étrange que cela puisse l’être. C’était de reconnaître Shinning, après tout ce temps, de le revoir, là dans cet accoutrement, si, différent, si changé. Elle ne s’attendait pas à tomber sur lui, après tout ce temps. Voilà pourquoi elle avait crié, pour tout ce changement subi auquel elle ne se serait jamais attendue, jamais. Il n’avait plus l’air d’être l’homme qu’elle avait un jour connu, et pourtant, pourquoi se laissait-elle influencer par son accoutrement pour lancer un jugement ? Il avait bu, avait du mal à marcher, semblait être devenu quelqu’un d’autre. Où était passé Shinning ? Même incertaine de son identité, elle venait de se faire une raison, sa perception ne la trompant presque jamais. Mais le voir dans cet état, une ombre de lui-même, non, ce n’était pas un état qu’elle acceptait. Elle ne pouvait pas le voir aussi détruit et avoir ce sentiment d’impuissance l’envahir. Il avait pourtant choisi, sans demander de l’aide à quiconque. Comment venir à sauver une personne qui ne désire pas l’être ? Aeryn ne sauvait pas les gens, se mettant dans suffisamment de galères par elle-même ainsi. Aeryn ne pourrait rien faire pour lui s’il ne demandait pas. Etait-ce dans son caractère de spontanément chercher à sauver les autres ? Elle ne le savait pas, se le demandait, comme elle se demandait bien quel genre de personne être ou devenir. Changer de personnalité pour mentir, tricher et voler n’avait pas été sans conséquences. La jeune femme ne savait plus qui être, ni comment se comporter.

Il ne savait pas s’il se souvient. Il ne sait certainement même pas son nom. Aeryn ne savait pas sur quel pied danser, comment réagir, comment faire. Il était pourtant sur son toit, sur leur toit. Aucun inconnu n’a osé s’y aventurer. Leur coin, leur planque, leurs règles. Une des raisons qui portait à croire que ce ne pouvait être que Shinning, malgré tous ces tatouages – pourquoi diable avait-il fait autant de tatouages ?-. Il parle. Cette voix, cette voix, c’est bien la sienne qu’elle croit reconnaître. Plus rauque, plus fatiguée, mais toujours cette belle et jolie voix qu’elle appréciait.

« Ne te souviens-tu donc pas ? Notre toit… »

Elle s’interrogeait et ne put s’empêcher d’avoir cette franchise de lui demander de confirmer son hypothèse. Etait-il devenu amnésique ? Cela expliquerait beaucoup sur les récents évènements sur l’absence de nouvelles… Aeryn n’était pas sûre, sûre de rien du tout même. Trop d’hypothèses, rien de concret et de certain. Rien qui ne puisse l’aiguiller, qu’il lui envoie un signe, vague souvenir d’une vie antérieure. Qu’il agisse comme avant, par un tic, une manière qu’il avait. Rien ne se dessine sur cet homme, rien qui ne lui semble familier. Un pincement lui fend le cœur. Son ami n’est plus, emporté par un ravage qui ne lui permet maintenant que de subsister en cette carcasse mi- vivante, mi- morte. Aeyn sent les larmes lui monter aux yeux. Depuis quand se montre-t-elle si sentimentale ? Ce comportement ne lui ressemble pas.
Il lui pose la question qui fait souffrir, celle dont la réponse pourrait le détruire à nouveau, une question à laquelle la jeune femme se passerait d’apporter le moindre éclaircissement possible. Il ne la dégoute pas, c’est son ami ou du point c’était, étant incertaine s’il en a le moindre souvenir ou non.

« Non… »

Ses yeux le regardent de cet air calme et triste. Brillants, il ne manque pas grand-chose pour qu’une larme roule le long de ses joues. Forte, cela n’arrivera pas, la jeune femme se contiendra devant lui. L’observant, il ne lui est pas possible de détacher son regard de cette ombre, de ce fantôme dont l’âme semble égarée depuis fort longtemps. S’approchant d’un peu prêt à son avis, elle tressaillit, l’entendant marmonner des mots qu’elle désapprouva immédiatement. Qu’il ne fasse pas quelque chose de stupide, pas devant elle, pas devant elle.

« Shining, ne t’approche pas trop, s’il te plait. Tu me fais peur… tu pourrais tomber. »

Anxieuse à l’idée qu’il tombe. Anxieuse à l’idée qu’il lui arrive quoi que ce soit. Il est toujours son ami, toujours. Cela n’a jamais cessé malgré tout ce temps sans se revoir. Alors qu’il ne fasse pas un acte stupide. Par réflexe, sa main attrape la sienne. S’il saute, la jeune femme se fera emportée avec lui. Qu’il ne soit donc pas suffisamment pas stupide pour agir n’importe comment.

« Que s’est-il passé Shinning ? Dis-moi…. »

Elle ne le jugera pas comment le pouvoir ? Un ami ne juge pas, un ami écoute, conseille, réconforte, aide. Un ami accepte la personne avec ses qualités et ses défauts, telle qu’elle est. Comprendre, c’est tout ce qu’elle lui demande.
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MessageSujet: Re: Il vaut mieux brûler franchement que de s'éteindre à petit feu. ▬ Aeryn & Shining   Lun 29 Sep - 11:39


Non ? Pourquoi tu lui mens bel ange. Pourquoi tu lis dans ses yeux qu’il n’est plus là tout simplement. Shining la fixe, un temps. Il a besoin d’aile, pas d’elle. Elle ne comprend pas. Personne ne le peut. Alors il se détourne. Il est vide. Comme la bouteille, comme le monde. Rien ne pourra plus jamais le remplir d’humanité. C’était terminé. Leur toit. Il n’en était plus rien. C’était juste une terrasse vide. Un plancher sous les étoiles. Comme il y en avait des centaines. Ce n’était plus leur. On lui a rendu sa liberté par sa déchéance. Il approche du gouffre. Il le regarde, avec cet intérêt vide. Sa voix fit alors une percée jusqu’à lui. Ses mots qui résonnent entre les os de son crâne. Il sent son souffle se couper quand elle prendre sa main. Elle supplie. Qu’il ne tombe pas. Lentement, il tourne la tête. L’observe. Putain, pourquoi tu ne comprends pas ? Je suis déjà tombé…

Elle lui demande ce qu’il s’est passé. Il la regarde. Ils se fixent. Ce temps immobile, il dure une éternité dans le cœur de chacun. Tu ne les sens pas Aeryn, ces lames qui nous traversent ? Il y a un fossé entre nous, au plus profond les diables se disputent ma dépouille. Pourquoi tu ne fuis pas ? Elle tenait sa main. Il est figé. Pourquoi ce contact. Pourquoi veut-elle qu’il existe ? Elle le matérialise, elle sent son corps. Ce n’est pas irréel. Il est bien là. Du moins, en apparence. Du moins, son enveloppe. Lui dire ? Mais dire quoi ? Il ne sait pas ce qu’elle attend de lui, si elle fait bien d’attendre quelque chose venant de lui. Leurs chemins se sont séparés il y a bien longtemps. Il s’était trainé et maintenant il voulait souffler. Shining savait qu’il devait dire quelque chose, qu’elle n’attendait que lui. Mais il ne savait quoi. Des pensées germes, des pensées macabres. Devrait-il s’enfuir par cette trappe ? « J’aurais voulu t’emmener quelque part… Pour te prouver que cela m’importe. Mais, il y a nulle part comme seule destination. » L’eternel métaphorique, les restes d’un rêveur qui aurait voulu sauver le monde entier. Jadis. Son intelligence était les seules poussières restantes de l’homme qu’il fut. Un reste d’humanité qu’il tente d’achever à coup de molécule toxique trouvée dans une bouteille. Mais il n’y avait rien à faire, il allait crever avec sa conscience. Il la trainerait jusqu’au bout.

Il jette son regard dans le vide une dernière fois. Renoncer. Faiblir peu à peu, souffrir un peu plus. Peut-être venir à bout de la raison. Il la regarde elle. Cette ombre du passé. Elle l’oppresse. Elle tient toujours sa main. Elle le tient. Alors, de sa main libre. Il l’attrape par le col de son vêtement. Il n’est qu’une brute. Il la force à approcher de lui, il a vu sa peur. Mais elle n’a pas peur de lui, elle a peur pour lui. Comment pourrait-il le comprendre ? Qui pourrait s’inquiéter d’un monstre… ‘Tu me fais peur’, voila ce qu’il retenait… Il n’était que source de crainte, parce qu’il n’était plus un Homme. Il n’était qu’une bête. Un animal auquel l’on avait arraché les entrailles. O il la vit encore… Il la vit et c’est juste sa façon à lui ; d’hurler à la mort. « Je me souviens de tout… » Lâchait-il alors avec animosité. Il se souvenait d’elle, il se souvient de son sourire. De leur sourire. Une tendre accolade, des choses qu’il en vivrait plus. Jamais. C’était mort. Emporté dans le cercueil de Candide.

« Je me souviens… C’est bien là, le problème. » Il décide alors de la relâcher. Sa main tatouée de ses douleurs se pose sur l’épaule de la jeune femme. Pourquoi t’es si réelle… « Je me souviens de ta présence, d’entendre ton rire et pourtant putain je ne ressens rien. Je suis fais de vide. Tout s’est enfui, plus rien ne veut vous voir. Tu ne comprends pas ? A l’intérieur ça a tiré sa révérence. » Il arrache sa main de celle de la jeune femme ; les sens se perdent. Il tombe. Mais il n’y a pas le vide sous ses pieds. Il y a le plancher sous les étoiles. Il tombe aux pieds de la jeune femme. Putain ça fait mal. C’est tout ce qu’il peut encore ressentir. « Pleures moi la mort de ma mère, son corps froid pendu devant mes yeux. Pleures moi, parce que je n’y arrive pas… » Marmonnait-il, ses yeux se lèvent enfin vers le ciel et il le voit. Ce millier d’étoiles. Moquez vous de moi, cela ne m'atteint plus. Il n'y a rien qui me touche, rien d'autre que sa mort dans mes bras, de ses viscères sur ma peau. Il n'y a que ça. Je m'en souviens. Je n'oublie pas. Jamais. Je n'y arrive. Moquez-vous. Je ne vous vois plus, ma vue est brouillée de son sang.

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MessageSujet: Re: Il vaut mieux brûler franchement que de s'éteindre à petit feu. ▬ Aeryn & Shining   Lun 29 Sep - 20:30

Il est perdu, égaré dans les méandres de son esprit. Pas une issue, pas une porte de sortie pour se sortir de cette isolation dans laquelle il s’est mué pour certainement ne plus avoir mal. Il n’est plus lui-même, Aeryn l’a bien vu, et son comportement des plus étrangers la pousse quelque peu à se parer à la moindre éventualité. Tout peut arriver, elle n’est pas à l’abri de le voir faire une bêtise. Il n’est pas excusable qu’il en fasse une. Par pitié, pas devant elle, devant n’importe qui, mais pas devant elle. Le voir tomber, voir la mort d’un autre proche, non. Pas deux fois, une fois suffit amplement à la mettre hors d’elle. Rachel… Les souvenirs remontent, son visage est encore intact en son crâne. Rachel. Sa petite sœur qu’elle adorait par-dessus-tout, en qui elle aurait tout fait, tout donné. Qu’elle avait également abandonnée… sans de retour possible. Dans le tourbillon du néant où elle se trouvait, Aeryn savait comment la rejoindre si seulement elle le voulait. Le deuil, tout cela était passé en son esprit, ne restait que l’amertume, la colère et les regrets. Se refusant de le voir passer lui aussi de l’autre côté. Le temps ne lui manquait pas. Il en avait encore, beaucoup. Il avait de quoi faire de grandes choses. Si seulement il pouvait s’en rendre compte… si seulement.

Alors elle avait pris sa main, premier acte désespéré qui lui avait traversé l’esprit. Des mots, elle n’en avait pas. Réconforter, aider, redonner espoir et goût à la vie. Aeryn ne serait jamais cette femme, ne savait pas faire, n’avait jamais appris. Elle qui ne savait même pas l’appliquer pour elle-même, comment pouvait-elle se permettre d’être donneuse de leçons ? Ce n’était pas comme ça qu’elle fonctionnait, et sa franchise lui intimait de ne rien en faire. Si les mots sonnaient faux, ce serait le cas pour Shining lorsqu’il les entendrait de sa bouche. Ses mots ressemblaient à des phrases dont le sens balançait entre folie et raison, entre lumière et noirceur. Aeryn comprenait l’essentiel et sentait cette boule dans son ventre qui l’agaçait de plus en plus, craignant qu’une bêtise ne soit faite. Toujours et toujours ça. Parce que Shining importait, et que ça l’énervait.

« Cela importe pour moi. Arrête Shining, s’il te plait. »

Elle comprenait ce qu’il disait, elle comprenait tout. Ses explications quoiqu’étranges, les mots qu’il y apposait, ses explications… Aeryn comprenait où il voulait en venir, mais ne supportait pas d’entre cela de sa bouche, ne supportait pas que ce soit lui qui dise cela. Non, non et non ! Qu’il cesse de se dire détruit, et vide putain, qu’il arrête ! Si c’était le cas, voudrait-il prendre la place de sa sœur ? Rachel n’aurait jamais voulu mourir, jamais. La vie avait emporté la mauvaise personne, Aeryn se trouvait odieuse de penser ainsi, mais c’était ce qui ressortait. Les regrets, la culpabilité la rongeant demeuraient toujours présents et elle s’imaginait pouvoir changer le cours des choses. Il n’y avait rien à changer.

« Je ne peux pas te perdre. Je ne peux pas ! Tu comprends ça ? »

Aeryn s’était mise à crier. Il ne pouvait pas lui infliger ça. Et il allait le comprendre, même si le message passait comme un électrochoc. Ce n’était pas supportable pour la jeune femme qui l’empêcherait de faire une connerie sous ses yeux. Du reste, si en essayant de lui faire entendre raison, il n’entendait rien, alors elle ne pourrait rien pour lui. Aeryn ne voulait plus souffrir, c’en était terminé. Si cela signifiait fermer à jamais cet ami qu’il avait jadis été, alors elle le ferait, préférant se dire que la distance les avait éloigné plutôt qu’autre chose. Rachel serait la seule personne qu’elle perdrait, la seule et l’unique.
Il se souvenait d’elle et cela arracha presque un sanglot à Aeryn, qui se fit pourtant violence pour que rien ne transperce son visage ni ses expressions. Tout irait bien.

« Shining, laisse quelqu’un t’aider. Laisse quelqu’un s’occuper de toi … N’y a-t-il pas quelqu’un ? »

A son discours, elle ne savait que répondre, si elle devait pleurer sa mère, comment agir… Le sauver, elle n’en serait pas capable. Quelqu’un devait bien pouvoir l’aider, le connaître, avoir été là pour lui et l’être encore… était-il seul ? Non, cela ne se pouvait, Aeryn se souvenait l’avoir connu plutôt entouré, des amis, des gens autour de lui pour se soucier. Elle tressaillit face à ce qu’il s’ensuivit, peu habituée à ce genre de réaction. Il venait de s’effondrer à ses pieds, et Aeryn se demandait si le vide n’allait pas finir par l’engouffrer elle aussi. Ils ne tenaient que sur un fil, tangible, un rien pourtant pourrait les faire basculer. Pas de catastrophe ce soir, pas de catastrophe. Demain était un autre jour. Pourrait-elle le raisonner de descendre du toit vers une surface plus plane ?

« Viens Shining, il vaudrait mieux que l’on redescende. »

S’il te plait.
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MessageSujet: Re: Il vaut mieux brûler franchement que de s'éteindre à petit feu. ▬ Aeryn & Shining   Mer 1 Oct - 16:38


Cela importe pour elle. Il est navré pour elle dans ce cas. Navré qu’elle lui accorde encore une once d’importance à lui. Il n’a plus d’âme, c’est sa sensation. Elle avait tord. Est-ce que l’on apporte de l’importance à un animal mort ? Probablement. Alors à un objet cassé ? Il n’était qu’une machine qui ne fonctionnait plus correctement. Elle le prit d’arrêter, de ne plus songer de la sorte. Pourquoi est-ce que cela la dérange ? Peut-être parce qu’elle ne le comprend pas. Parce qu’elle ne peut savoir ce qu’il ressentait, parce qu’elle ne savait pas ce que c’était d’être responsable de tout cela. De tant de sang versé pour lui. A quoi bon ? Leurs sacrifices furent vains. Qu’il aurait voulu se donner la mort avant que tout cela n’arrive. Candide, le monde avait tant besoin de son sourire. Personne n’avait besoin de lui. Personne.

Désarticulé. Il sombre. Elle veut le retenir. Elle tient, à bout du bras. Son souffle se perd. Il voudrait qu’elle le lâche et quand ses yeux trouvent le regard de celle qui fut son ami. Ils ne disaient qu’une chose. Abandonne. Lâche prise. Mais elle refuse. Elle ne peut pas. Pourquoi ne le pourrait-elle pas ? Ce n’était pas en le sauvant, qu’elle pourra récupérer tous ceux qui ont alors disparu. Shining savait quelle symbolique elle lui donnait tout à coup ; l’homme du passé. Celui qui peut tous les représenter et prouver que tout n’a pas été perdu. Mais c’est trop tard mon amie ; je suis déjà perdu.

Mais elle refuse de le voir. Son corps est morcelé par son esprit qui le déréalise. Elle ne veut pas comprendre cela, qu’il puisse déjà être éparpillé. Il laissait ses cendres, partout où il se rendait. Laissait uniquement des poussières que l’on chassait. Il n’était plus. Mais elle ne peut pas. S’il peut le comprendre ? Il se contente d’un balancement de tête mécanique. Oui. Il comprend. Elle a besoin d’espoir. Mais l’espoir, ce n’est plus lui. Pourquoi personne ne le secourir ? Parce qu’il ne laisse personne entrer dans sa vie. Parce qu’il ne pense pas, qu’il mérite que l’on l’aide. Parce qu’il mérite ce qui arrive, parce que c’est sa peine. Sa mise à mort. Sa guillotine joliment affûtée au dessus de sa tête. Cette érotomanie de la mort, il ne l’explique pas. C’est empirique. La mort le choisi c’est tout. Ce que la mort désire, la mort a.

Si elle voulait l’aider, qu’elle pleure sa vie. Qu’elle en fasse son deuil. Mais elle n’en fit rien. Elle veut qu’il se relève. Pourquoi faire ? Il aurait presque une tendance clinophile à cet instant. Elle est là. Elle veut descendre. Il l’observe. S’assoit tant bien que mal. Il a le mal de vivre, parce que les autres sont morts. « Et toi ? Est-ce que quelqu’un s’occupe de toi ? » Il pense connaître la réponse. Elle ne veut s’occuper de lui ce soir, uniquement parce qu’elle en a besoin. Parce qu’elle est humaine et qu’il n’y a rien de plus primitif dans leur espèce que cette pseudo solidarité. L’on cherche profit. S’occuper de l’autre, une façon d’oublier que personne n’est là pour soi. La naissance d’un espoir qu’un jour ; quelqu’un en fera de même. Il la juge un peu trop facilement, il ne la connaît pas pourtant. Il se souvient d’une femme souriante. Elle n’est plus là. Ce n’est pas elle sur ce putain de toit. Il n’y avait plus rien à trouver ici ; sous le ciel. Il n’y avait rien à voir. Rien pour nourrir l’esprit. Le néant.

Il la regarde, il n’a pas envie de parti pourtant. Il aime ce vide. Ce vide lui convient. Ici, il n’y a rien. Juste les carcasses des amitiés oubliées. Il replie ses jambes vers son torse alors que son dos se repose contre l’inconfortable du muret qui entoure les bordures du toit. La regarde encore. S’il ne saute pas, c’est l’alcool qui l’aura. Elle ne doit pas s’accrocher à lui. « Je t’entrainerais vers le fond. » Elle est libre de choisir, il est libre de refuser. Qu’elle ne l’aide pas. Qu’elle ne se sacrifie pas elle aussi. Pourquoi faire ? « Je ne suis que des os enfermés dans une boite, il faut que tu t’en aille. Vas-t’en… » Il cherche quelque chose dans sa poche, il cherche son revolver. Un tintement métallique. Il l’entend tomber sur le sol. Il est agacé tout simplement. Il est incapable. Estropié du cœur. Il a envie de dormir. Pourquoi serait-ce interdit ? Il a soif… Tellement soif.



Désolé, c'est tout pourri --'
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MessageSujet: Re: Il vaut mieux brûler franchement que de s'éteindre à petit feu. ▬ Aeryn & Shining   Mer 1 Oct - 17:55

Maladroitement, elle essaya. Maladroitement, elle tenta de trouver une issue, une échappatoire à la situation. Aeryn ne savait pas faire, ni comment réagir, ni comment aider… Personne ne lui avait appris comment. Parce que personne n’avait été là pour elle, et que la vie le lui avait fait comprendre.
« Marche ou crève. »
Marcher semblait mieux. Débrouillarde, intelligente, apprendre sur le pouce ne fut pas difficile. Mentir, tricher faisaient partie de ce qui avait bercé son enfance ; elle excellait dans le domaine. Marcher, peu importait la destination, mais marcher quelque part. Si le chemin n’était pas le bon, une boucle suffisait pour reprendre le bon sentier et repartir de l’avant. Marcher. Aeryn avait avancé et ne s’était pas mise en travers du sentier des autres. Sauf avec Shining.
Elle tentait d’agir, de faire quelque chose. Jamais auparavant, elle ne s’était imaginée sauver une âme en peine, jamais, jusqu’à aujourd’hui, sur ce toit. Etait-elle folle ? Probablement, oui. Shining se focalisa sur elle, changeant le revers de la chemise, cherchant à ce que l’on ne traite pas de son cas.

« C’est de toi qu’il s’agit. »  

Aeryn ne rentrerait pas dans son jeu, ni dans aucun autre d’ailleurs. La jeune femme en avait assez de cette situation dont le moindre de ses efforts semblait réduite à néant. Aider quelqu’un qu’est-ce qu’il lui avait passé la tête ? Le jour où elle pourrait pu le faire, sa sœur a trouvé la mort en partie par sa faute. Et le jour où elle tente de tendre la main à une personne considérée autrefois comme proche, la douche froide est un bien bon mot pour définir son ressenti actuel ! Très bien. Qu’il en soit ainsi, elle abandonnait. Le ton changea du tout en tout. La voix de la jeune femme se fit plus froide, plus énervée, colérique.

« Et bien, vas-y ! Saute ! Mais attends que je sois en bas, ça m’évitera d’avoir ces dernières images de toi dans ma mémoire. »  

Shining allait être content, il allait mourir en paix, tranquillement puisque c’était son plus grand désir ! Combien de personnes sur le point de mettre à leur fin de leur vie rencontre par le plus grand des hasards, quelqu’un pour les en empêcher ? Peu voire quasi personne. Et lui, avait cette chance, certainement, d’être relevé alors qu’il ne s’en sentait plus le courage, et il bousillait tout, comme un enfant gâté. Qu’il reste seul, avec sa meilleure amie le vide, et l’éclat brisé de son cœur. Personne ne le rejoindrait, car personne ne le voudrait. La seule qui avait voulu le faire, sur ce toit, à cette heure, contre toute attente, venait de rebrousser elle aussi chemin. Aeryn n’avait rien d’un psy ou d’un professionnel de santé apte à agir, avait même pour habitude de les laisser chacun avec leurs problèmes se débrouiller, comme chacun le faisait. La douche froide avait servie de leçon, Aeryn ne tenterait plus de sauver qui que ce soit, dorénavant. Cela n’en valait pas la peine de toute manière.

« Je m’en vais, aucun problème. Je t’efface même de ma vie... »  

S’il voulait, elle pouvait l’effacer de sa vie. Les derniers mots n’étaient pas sortis, se fichant bien de ce qu’il voudrait, tout compte fait. La changeuse de forme ne souhaitait vivre avec le poids d’un proche perdu par sa faute. Rachel serait la seule et unique personne qu’elle perdrait dans sa vie. Shining disparaitrait de sa vie, Aeryn l’effacerait comme on efface un nom à la craie écrit sur un tableau. Au fond, c’est ce qu’il avait déjà fait par lui-même, agissant égoïstement, se croyant seul et sans personne pour penser à lui. Pas de deuil pour un autre proche. Il ne s’en sortirait pas ainsi. Déçue qu’il ne réagisse pas, se fichant d’elle, se moquant des conséquences.  Enervée qu’il se bloque dans ses convictions. Marre de faire des efforts vains, d’avoir eu cette naïveté de penser qu’elle pourrait agir un jour en bien.

«  Tu t’es vu, au moins ? Tes vêtements, ton allure, sans parler de l’haleine qui sent le dernier litre d’alcool que tu as ingurgité… tu es répugnant, repoussant. Et en plus, tu te fous même de ceux qui te tendent les mains. »

La rancœur, mêlée d’une douce amertume. En plus d’être déçue, Aeryn se sentait blessée. Son orgueil, un peu certainement, mais surtout le peu d’importance que Shining lui importait. S’il était le genre d’homme qui préférait mourir sans penser une seconde au mal qu’il ferait subir à ceux qui l’appréciait, alors il était préférable pour lui qu’il meure seul et isolé de tous. Il ne voyait pas le monde prêt à lui tendre la main, fermant les yeux et préférant croire que son isolation et son changement aussi physique que mental allait le rapprocher du néant. Que tous oublieraient qu’il existe. Cela ne fonctionnait pas ainsi. Ses yeux aveugles ne pouvaient le voir. Lui donner un coup de pied au cul pourrait éventuellement aider, Aeryn n’avait pourtant pas envie de le faire. Toujours aussi énervée et en colère, elle manqua presque d’hurler. S’étant rapprochée de l’échelle, et éloignée de lui, la jeune femme était prête à descendre et le laisser là, avec ses meilleurs amis, solitude, vide, dépression, chose qu’au fond, elle ne lui enviait pas.

«  Je ne sais plus qui tu es, je ne sais même pas ce qu’il t’est arrivé. Je ne sais rien. Tu es une personne de mon passé et tu ne souhaites même pas revenir dans mon présent. Et tu agis comme un égoïste, te croyant seul au monde avec personne pour te pleurer. Ouvre les yeux.  »  

Ecoutait-il, allait-il seulement retenir un traitre mot de ce qu’elle lui avait dit ? Avec son haleine et ses grammes dans le sang, Aeryn n’en était pas certaine. Cependant, cela lui faisait du bien de lâcher de ce qui lui pesait. Le message n’était pas des plus tendres, elle n’avait jamais fait de la demi-mesure dans ses propos, aujourd’hui ne ferait pas exception. Elle ne voyait même pas ce qu’il pourrait faire pour regagner dans son estime, c’était dorénavant au-dessus de ses moyens. L’ange sur le toit n’attendait plus rien de son ami, pas même un signe.

« Je ne peux pas t’aider si tu ne veux pas qu’on le fasse. Alors je m’en vais de bon cœur. Débrouille-toi. Sors-toi les doigts du cul et avance ! Fais des efforts, reprends-toi. Personne ne le fera à ta place, personne ne te forcera à vivre. Il n’y a que toi qui puisses le faire.  C’est TON choix »  

S’agrippant aux barreaux, elle entama sa descente.




Il ne faut pas être aussi dur envers toi-même ! J’ai été un peu inspirée pour ma part^^
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MessageSujet: Re: Il vaut mieux brûler franchement que de s'éteindre à petit feu. ▬ Aeryn & Shining   Dim 5 Oct - 17:44



Elle jette l’éponge. Il songe qu’elle a fait le bon choix. Il a eu ce qu’il voulait. Sa solitude. Il le sent. Elle le couvre. Il a froid. Il le mérite. Candide, reviens… Reviens… Il donnerait sa vie pour elle, il donnerait tout. Ne sois pas morte. Comment continuer à vivre, alors que tout le monde a abandonné, alors que leur mère s’était donné la mort sans qu’il ne puisse trouver les mots pour l’en empêcher. Aucune mère ne devrait voir ses enfants mourir. Il avait bien compris. Elle n’aurait pas supporté de voir. Elle avait vu. Au fond des prunelles de Shining, qu’il était mort. Son fils est mort, quelque chose est cassé. Elle l’avait compris, elle était morte. Leur famille c’était éteinte dans le dernier souffle de sa sœur. Voila la vérité. La seule. L’impitoyable. Il regarde sa silhouette qui s’évanouie au loin. Il ferme alors les yeux, ne la regarde pas. Il entend sa voix lointaine. Non, il ne veut pas se voir. Il ne veut pas. Elle ne comprend pas, il se trouve immonde. Il se trouve si degueulasse, de tout ce qu’il a fait. C’est lui. Coupable ! Meurtrier ! Lâche…

Il ne voulait pas ouvrir les yeux, il ne voulait pas se réveiller de son cauchemar. Les mois passent et il ne se réveille pas. Personne ne peut comprendre. Il ne veut pas tout simplement. C’était bel et bien son choix. Sa triste décision. Sa noyade.

Sa voix disparaît. Alors il reste là. Au sol. Livré au froid. Il attend. Il garde les yeux clos, se recroqueville lentement. Putain pleure Shining… Mais il n’y arrive pas… Alors c’est vrai ? Il est devenu une bête ? Un animal ? Il ne pleurera plus jamais ? N’aimerait plus personne ? C’était fini…

Il entend leur pas. Ouvre difficilement les paupières. Son corps est lourd. Il a la sensation que l’on va le balancer dans le vide. Faites… Mais rien. Alors il s’endort. Il garde son verre rempli, il tiendrait le coup encore une fois. Encore une nuit. Jusqu’au lendemain matin. Amorphe. Puis quand il ouvre de nouveau les yeux, il n’est pas chez lui. Il n’est pas mort. Il n’est pas dehors. Il est là, devant le fer. Replié dans un coin de sa cellule glacée. On est venu le trouver. C’est tout. C’est son tour. C’est ça alors ? Il se laisse alors, ne pas être. Découvre à travers les barreaux, ces ivrognes qui tiennent compagnie. Non, il n’est que leur semblable. Mal au crane. La cervelle qui palpite contre les parois de la boite crânienne, comme si elle ne demandait qu’à se rependre par les oreilles. Mal de tête. Il se serait arraché la peau lui-même. Des voix qui le menacent, c’est dans son imaginaire. Il est fou. Il est complètement fou.

Une matraque tape contre les barreaux. Matraque ses sens. Fronce les sourcils, daigne redresser la tête ‘Hey, le zombi… T’es réveillé ?’ La farouche envie de lui arrache la langue, mais cette veine qui palpite sur sa tempe est douloureuse. Il se redresse tant bien que mal. Il est seul dans sa cellule. N’a pas idée de savoir quelle violence il eut exercé le soir lorsque l’on voulut l’enfermer là dedans. En tout cas, il avait sacrément mal aux cotés. Il grogne alors, a du mal à rétablir son équilibre. Putain de matraque. ‘Quelqu’un a payé pour toi veinard.’ Lui fit savoir le type puant de la cellule voisine. Il fut invité par le chien de garde de la boucler. Qui aurait pu faire une chose pareille ? La grille s’ouvre et l’on vient défaire ses menottes. Ses poignet marqué à sang ; il peine encore à marché sur ses jambes. Les lumières l’agressent et il se sent oppressé des moindres stimuli sensoriels. On le conduits dans une salle et il s’asseoir sur une chaise. Prendre le verre d’eau qu’on lui tend et boit. Infect liquide…

Pose sa tête lourdement contre le mur. Dormir. Il n’a plus envie de rien. Pas envie de résister. Quand il ouvre les yeux, trois ombres se dessinent devant lui. On le sermonne et il n’écoute rien. Un bruit incessant. Comme il voudrait qu’ils se taisent. Puis ils attrapent chacun un bras et il les suit. Docile. Aboulique.

Fantôme. Elle est là. Assise sur l’une des chaises. Il ne veut pas y aller. Un pas de travers. Mais on le recadre. On pense un reste d’alcool. Justement, non. Il se réveille. Insolente réalité. Il avait pensé alors l’avoir rêvé. Aeryn. Pourquoi est-ce qu’elle est encore là. Se remémore. Des mots, des lames. Il est lucide. Du moins, bien plus qu’il ne l’a été depuis des jours. Il tremble un peu. Il voudrait boire… Il se sent vide. Ils sortent. Ils se font face, il la regarde. Il ne supporte pas ses yeux qui l’observent. Son regard est un poignard. Elle l’assassine. Il voudrait mourir. Mourir… Il ne sait pas pourquoi il fait ça. La prendre dans ses bras. Etre humain, juste une fois. La serrer contre lui. Je te serre, si tu es poignard, transperce moi… Tues moi… Ô tue moi… Mais il respire.

« Pourquoi t’es là… » Demandait-il sans attendre de réponse. Pourquoi tu surgis de nulle part dans sa vie ? Pourquoi maintenant… Pourquoi trop tard. Il n’y arrive pas. Pleure. Pleure !! Impossible. Rien ne vient. Sec. Il est vide. Il a besoin de boire. Il la relâche, son regard se fait vagabond. On baisse les yeux devant lui. Du dégout. « J’ai… J’ai envie de vomir… » Mais rien ne monte, il est vide. C’est les tripes qui se nouent. Il n’y a rien à vomir, si ce n’est ses regrets. Il ne veut pas être lucide. Non… Qu’on lui fasse imploser le foie ! Mais pas ça… Pas ça… La lumière du jour le met dans un sale état. Vivre le foutait en l’air tout simplement.


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MessageSujet: Re: Il vaut mieux brûler franchement que de s'éteindre à petit feu. ▬ Aeryn & Shining   Mar 7 Oct - 17:31

Elle avait abandonné, laissé tomber. Avait jeté l’éponge dans le vide de rage. Lui avait tourné le dos, avait choisi de fuir cette situation plutôt que d’y faire face. On ne lui avait jamais tendu la main et le jour où elle avait souhaité le faire, rien ne s’était passé comme prévu. Alors le choix avait été radical, Aeryn lui balançait tout ce qui lui tenait à cœur pour le faire réagir et possiblement changer d’avis. Il devait faire quelque chose, le Shining qu’elle avait connu ne se serait jamais permis de se mettre dans cet état-là, de réagir ainsi. Il se serait battu, aurait un tant soi mis un peu de courage pour se sortir de là. Il n’était plus rien qu’une coquille vide et sans vie. Il n’y avait en lui plus une once d’humanité ou d’accroche à quoi que ce soit. Ce n’était qu’une barque à la dérive, attendant qu’un orage l’engloutisse définitivement. Il n’y avait rien à faire pour le sauver que de l’emmener en milieu psychiatrique afin d’éviter chez lui de nouveaux problèmes. Elle ne pouvait pourtant rien faire, rien qui puisse le sauver et le sortir d’affaires. A moins qu’il ne le désire, la jeune femme ne faisait pas partie de sa famille, et ne pouvait agir de la sorte. La seule solution qu’elle eut en descendant de cette échelle, d’où ce drôle d’oiseau avait peiné à gravir, fut d’appeler la police pour leur demander d’aller le chercher. Il n’était pas question qu’elle ne porte pas assistance à personne en danger, car c’était exactement le cas dans lequel Shining se trouvait. Une personne en danger. Alors elle les appela, avant de rentrer chez elle. Au moins serait-il entre des mains expertes, au moins serait-elle certaine qu’on ne retrouverait pas son corps au petit matin s’ils arrivaient trop tard. Au moins savait-elle qu’il ne ferait pas de bêtises cette nuit et qu’elle n’aurait rien à se reprocher là-dessus. La décision n’avait pas été aisée à prendre, mais, finalement, il était préférable d’agir plutôt que de laisser couler, que la catastrophe arrive alors qu’elle s’était trouvée également là, à ne rien faire.

Sa nuit ne fut pas des plus reposantes, au contraire. Aeryn songea aux souvenirs qu’elle avait partagés avec Shining, pensa à ces moments qui appartenaient dorénavant au passé. Se demanda encore comment la situation avait pu en arriver là, comment il avait fait pour être aussi méconnaissable, repoussant et complètement vide. C’était comme s’il avait perdu la vie, dénué de tout courage et de toute vie, prêt à abandonner avant même d’avoir tenté de se battre. On eut dit que la première embûche sur son passage le détruisait, incapable de se relever et de poursuivre son chemin, stagnant dans les méandres de sa vie. Ne rien faire était pire que tout, laissant le monde avancer, se perdant sur la route. Aeryn irait le voir, au matin, irait lui parler, ou faire un semblant de quelque chose. Ayant laissé son numéro aux policiers, elle ne manqua pas de recevoir un appel la rassurant qu’il avait été retrouvé et croupissait en prison. Au moins serait-il plus en sécurité, à moins qu’il ne veuille tellement se suicider qu’il serait prêt à s’en avaler la langue… ce qu’elle n’espérait pas pour lui.

Au lendemain matin, elle se rendit au poste de police, où elle se présenta. A travers de longs couloirs gris et froids, on la mena jusque dans une pièce où se trouvait Shining. Elle attend, sagement sur un siège, et on l’amène. Aeryn sent son sang se glacer, pourquoi diable est-elle venue ici, le voir ? Il n’y a plus rien chez lui, rien qu’une coquille vide… Honnêtement, elle ne sait pas ce qu’elle fout là, ne sait pas pourquoi elle a cherché à venir pour le voir, dans cet endroit inhospitalier. On lui a dit qu’elle avait le pouvoir de faire sortir Shining de prison, si elle voulait, en payant la caution. Aeryn ne sait pas ce qui est juste ou non, ce qu’il faut faire ou non. Alors elle ne dit rien sur le pouvoir qu’elle pourrait avoir si elle le désirait, elle se tut pourtant là-dessus.

« Je ne sais pas Shining, je ne sais pas. »

Elle le regarda, le voyant toujours aussi faible, toujours aussi impuissant. Ne savait pas quoi faire ni où se mettre. Il n’y avait plus rien en lui et pourtant, il semblait plus lucide que la veille. Ne faisant guère attention à ses remarques, Aeryn voulut savoir. Lui demanda. Sa réponse pourrait la motiver à le sortir de là. Elle voulait comprendre, et savoir comment il avait fait pour en arriver là. Ce n’était pas arrivé tout seul ou par un coup du destin, une raison existait forcément.

« Dis-moi… Raconte-moi ce qu’il t’est arrivé. »
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MessageSujet: Re: Il vaut mieux brûler franchement que de s'éteindre à petit feu. ▬ Aeryn & Shining   Sam 11 Oct - 17:18



Elle ne sait pas pourquoi elle est là. Mais il n’a pas de réponse à lui donner à sa place. Alors peut-être ne sauront-ils jamais. Il resterait sur ses suppositions. Il imagine que c’est l’espoir qui l’eut conduit de nouveau à lui. L’espoir que tout ne soit pas perdu. Qu’elle ne soit pas véritablement obligée de renoncer. Il pensait la décevoir alors. Ils avancent, et il se met à l’abri de la lumière. Ils s’assoient alors que sa dernière question demeure en suspend. Il a si mal à la tête qu’il est obligé de la tenir. Coude sur le genou. Il est pathétique à souhait. Il soupire doucement avant de daigner répondre malgré qu’il n’en avait que très peu envie. « Elles sont mortes, par ma faute. » Voila les mots qui sortent de ces lèvres. Une vérité sanglante. Celle que l’on ne voudrait pas entendre alors. Mais c’est trop tard. C’est dit. Il soupire faiblement, il a froid. La mort, c’est froid. Pourtant, il est bien trop en vie. C’est ça le problème. Il est mal dans sa peau. Si seulement il pouvait dissocier son âme de son corps. Il pensait bien que ça ne résoudrait pas tous ces problèmes. Mais au moins, il ne se sentirait plus aussi lourd.

« Regarde moi, je ne m’en remettrais jamais. » Il regarde ses mains. Tatouées. Marquées par ses peines. Il était répugnant. Il avait pensé que détruire son corps l’aiderait. Mais il s’était trompé. Les choses sont toujours les mêmes. Poison. Il ne se relèverait jamais. Son âme était brisée. Une fracture qui ne se soigne pas. Il tourne doucement la tête vers elle, malgré la lumière. Il l’observe de cette gueule immonde. Que lui-même ne supportait plus chaque matin. « Tu me trouves dégelasse… Tu n’as pas idée de savoir… A quoi elle ressemblait ce jour là. » Il aurait voulu pleurer, mais il avait usé toute ses larmes. Toutes. A tel point qu’il n’en était pas resté une seule pour sa mère quand elle s’est donné la mort. Il s’était flagellé. Dans l seul espoir que cela suffirait pour éponger ses peines. Il c’était trompé. Et maintenant, il n’avait plus espoir de rien. Personne n’était venu l’aider. On pensait qu’il avait eu besoin de temps. Puis on avait oublié ; mais il était trop tard. Et lui, il n’avait demandé d’aide à personne. Sentant juste la main du diable autour de sa cheville, le tirant vers les enfers. Voila ce qui était arrivé : abandon. Des autres, de lui-même. Il ne tenait personne pour responsable, c’était de sa faute. Il avait perdu les deux personnes qui comptaient véritablement pour lui. Par sa faute. Une juste punition que de gâcher sa vie. O il pensait bien que sa sœur s’en serait remis. Mais lui, il n’avait jamais eu autant d’amis qu’elle. Il n’avait jamais été assez fort.

« Ma mère disait toujours, mon fils sera un génie ou bien il sera fou. » Contait-il alors, n’attendant aucune réponse de la jeune femme si c’était le silence de la méditation avant de donner à son avis, la réponse de ce dilemme posé par sa maternelle. « J’aurais fait les deux. Incapable de prendre de décision. Tu vois. Le plus gênant, c’est que je me rends bien compte que je suis fou. Et un ivrogne par-dessus le marché. Mais je ne cherche pas d’aide. C’est trop tard. Quand l’on mélange la sauce et la purée, jamais plus on ne peut les séparer. On ne revient pas en arrière. » Voila qui avait le mérite d’être clair. Il ne voulait pas entrainer celle qui fut son amie par le passé dans son échec plus que flagrant. Il tomberait. Bientôt. Personne n’y verra rien. C’est ainsi. Il ne voyait pas même d’échappatoire à la mort. La mort c’est quoi ? L’âme qui quitte le corps. La dissociation du corps objet du corps sujet. Mais les deux étaient désormais salis. Impropre. Irrécupérable. C’était terminé.

Il ne pouvait pas dire qu’il était désolé, parce qu’il n’y arrivait pas. C’était son choix. Désolé d’avoir tué sa sœur. De l’avoir faite tuer. Elle avait couru à sa perte par sa faute, parce qu’il était une nuisance. Parce qu’on avait voulu lui faire payer et finalement est-ce que l’on peut considérer que justice est faite ? Ce serait tellement injuste qu’il continue à vivre comme si rien n’était, comme si la mort de Candide n’avait pas de sens.


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MessageSujet: Re: Il vaut mieux brûler franchement que de s'éteindre à petit feu. ▬ Aeryn & Shining   Sam 11 Oct - 19:28

Il parla. Elle écouta. Les mots blessaient, sa peine était grande. Son deuil, ses souffrances, elle comprenait tout cela, elle avait conscience de ce mal être en lui, comprenait le fin mot de l’histoire. Sans l’interrompre, malgré les virulentes impulsivités dans sa tête, la jeune femme l’écouta, le voyant détruit par tout ce qu’il avait vécu. Ne l’acceptant pas, refusant de le voir dans cet état, refusant de contempler ce nouveau Shining qui semblait refuser de se battre pour sa vie. Il n’était pas question qu’il se laisse aller, il n’était pas question qu’il se tue ainsi. Et réalisa qu’elle s’impliquait trop, bien trop loin. La grecque comprit qu’elle tenait beaucoup à lui, qu’elle s’était laissée submerger par ses émotions. Son ami, en qui elle tenait. Pas question de s’attacher autant, bien qu’il soit trop tard pour ça. Non, non ! Agir, faire quelque chose, il n’était pas envisageable de rester dans cet état et de ne rien faire. Il sortirait de prison, elle s’en assurerait. Aeryn ne pouvait pas être trop impliquée, ni se sentir concernée par ce qui lui arrivait. Se sentir submergée par l’empathie, comme ses yeux le lui prouvèrent, brillants. Prête à pleurer des malheurs de Shining. Non, cela n’allait pas du tout.

Ressaisis-toi Aeryn

Ecrasant sa tristesse, la mettant dans un coin de sa tête, elle adopta le même ton que la veille, sur le toit, ce même ton pour le faire réagir ce même ton pour se protéger de toute la souffrance qu’elle allait endurer si elle s’impliquait de trop. S’éloigner, vite et rapidement. Lui poser un ultimatum. Se poser des limites. Aeryn avait peur, retrouvant un sentiment loin d’être inconnu. Cette sensation n’arriverait pas, car elle la fuirait avant d’en être blessée. Regardant son ami dans les yeux, sa voix se fit sans faille, bien que ses membres en tremblent. Dire ça à un ami, cela faisait mal, de se montrer aussi mauvaise. C’était nécessaire.

« Ecoute-moi bien Shining. Tu vas te relever et tu vas t’en remettre. Tu vas vivre, même si tu te trouves répugnant, sale, immonde. Tu vas vivre et chercher rédemption si tu t’en sens le besoin. Tu vas vivre parce que tu as cette chance d’être encore là. Sinon, tu n’as qu’à mettre fin à tes jours. Tout de suite, sans attendre. Tanguer entre deux eaux, c’est puéril, c’est indigne du Shining que je connais. »

Un frisson parcourut son échine, se voyant à travers lui quelques mois plus tôt, lorsque sa sœur venait de mourir. Personne n’était là pour lui dire de se battre et d’avancer, personne pour la guider ou lui dire de s’en remettre. Personne n’avait été là, elle n’avait d’ailleurs pas attendu qu’on la tire de ses douleurs pour se remettre à vivre. Seule, voilà comment elle s’en était tirée, sans l’aide de personne, s’accrochant à quoi ? Elle-même n’avait pas compris son but, la finalité à sa vie. Debout, en vie. Reprenant le fil de la raison, refusant de naviguer entre deux eaux, à se demander comment elle avancerait. Marche, ou crève. Shining devait choisir également. S’il ne le faisait pas, Aeryn refusait d’assister, témoin de sa chute vertigineuse et de sa perte. Poursuivant, elle lui raconta ce qu’elle n’avait jamais dit à personne. Jamais. Toujours à mentir, à dissimuler, les étapes les plus douloureuses de sa vie avaient été passées sous silence. Shining ne saurait pas grand-chose, simplement le sentiment éprouvé, la douleur. Les faits, les personnes perdues ça n’était pas prêt d’arriver. Cela lui appartenait, pour toujours.

« J’ai mes blessures, j’en souffre toujours. J’ai appris à faire avec. Alors choisis, mais choisis bien. Il n’y aura pas toujours quelqu’un pour t’empêcher de faire des conneries comme celle d’hier soir. »

Ultimatum. Pour elle comme pour lui. Aeryn ne supporterait pas de souffrir à nouveau. Perdre un ami serait moins douloureux que le voir se tuer et s’autodétruire en restant impuissante. Il ne l’écoutait pas, à quoi bon rester à ses côtés ? Aider, elle ne savait pas faire, ayant trop de mal à se sauver elle-même. Tout était question de volonté, s’il voulait, il pourrait. Toutes les cartes se trouvaient dans sa main, il n’avait qu’à en choisir une. Pas de bluff, pas de triche. Simplement, pas de choix. Aeryn choisissait pour lui.

« Si tu continues ainsi, je ne veux plus te voir. »

Que répondrait-il à cela ? Certainement rien. Qu’il s’en foutait, que son vide était tellement intense qu’il n’était même plus capable de l’écarter pour se battre pour quelque chose. Pour quelqu’un.
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MessageSujet: Re: Il vaut mieux brûler franchement que de s'éteindre à petit feu. ▬ Aeryn & Shining   Mar 14 Oct - 17:59

Elle le fixe. Ils parlent entre quatre yeux. Il la regarde. Il se sent assez étrange, sous le poids de ses mots. Elle lui impose le choix. La vie ou la mort. A ses yeux, il n’y avait pas d’alternative. Il pensait qu’elle se trompait. Il n’attendait rien de la vie, rien de la mort. Mais ça, ce n’était pas concevable pour les êtres qui ont choisir de vivre. Parce qu’ils ressentent bien trop la joie et la douleur de vivre. Shining. Eteint. Ne souffre plus, ne rit plus. Elle ne peut pas comprendre, trop d’émotion. Lui, il est vide. Il se rempli d’alcool. Parce qu’il se sent sec de vie. Mais, elle ne peut pas comprendre. Il n’attendait plus rien. Il ne répond pas. Laisse son silence pour seul fil conducteur. Il voudrait juste dormir. Ne plus penser. Puis finalement, il s’en fiche. De ça comme du reste. Il veut juste boire. L’alcool, c’est l’espoir inavoué.

Il n’avait jamais demandé qu’elle l’empêche de sauter. D’ailleurs, il ne savait pas lui-même s’il l’aurait vraiment fait. Elle avait changé le cours de son destin, partiellement. Menace. De sortir une fois de plus de sa vie. Il pense qu’elle n’a pas besoin de lui après tout. Elle c’était bien débrouillé ; depuis tout ce temps. Cette absence. Ce vide. Vide… Il a soif. Tout le fait penser à cette envie. Il soupire. « Le Shining que tu connaissais, il n’est plus. Je n’ai plus envie de rien. J’aurais tout donné, pour les autres. » Mais quand ces autres lui ont trop offert, au péril de leur vie. Il ne l’avait pas supporté. Il était trop fragile. Derrière ses airs de dur, d’implacable.  Il était fragile. Bien trop pour supporter toutes ces épreuves. Il humidifie ses lèvres avant d’ajouter « J’aimerai te dire que je suis désolé, mais je n’y arrive pas. Aeryn. J’pensais ne jamais te revoir. J’ai l’impression que tout appartiens au passé. Hier j’voulais choisir. Tu m’en as empêché. Mais je ne te dirais pas merci. Tu semble tellement persuadée, de savoir ce qui est mieux pour moi. Comment veux-tu que je vive, après ce que j’ai fais. Comment puis-je mourir, pour y trouver quoi ? J’n’y crois plus en la paix. » Paix de l’âme, repos eternel. Cela semblait tellement flou. Impossible. Il soupire faiblement. Est-ce que cela l’attristait de savoir qu’elle ne voudra plus le voir ? Il ne savait pas vraiment. Ce serait mentir que de prétendre qu’il n’aurait voulu la connaitre un peu plus encore. La redécouvrir. Comme si, elle lui avait manqué. Pourquoi c’est si dur de s’ouvrir à des émotions ?

« Je comprend que tu sois en colère. Du moins je l’imagine. J’aurais voulu l’être aussi, mais il ne se passe rien.  J’ai perdu tout ce qui pouvait avoir un sens, en donner un. » Il ne sais plus quoi dire. Il l’observe tout simplement. Il est fatigué de tout cela. Elle ne peut pas le comprendre, le monde l’a tout simplement déçu. Il n’y a plus rien qui en vaille la peine à ses yeux. Il tapote son genou avant de lui dire « J’te rembourserais… La caution. » Il ne savait pas où elle habitait, mais il connaissait bien du monde ici. Il saurait la retrouver. Qu’elle le veuille ou non. Il ne lui laissait pas vraiment le choix. Sur ces mots, il se lève. Il suppose qu’après tout. Il n’y a plus rien à se dire.

Hj, desolé c'est court et pas terrible du tout.
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MessageSujet: Re: Il vaut mieux brûler franchement que de s'éteindre à petit feu. ▬ Aeryn & Shining   Mer 15 Oct - 14:48

Il n’a jamais été aussi bavard que depuis cet instant où, elle le met devant le fait accompli, devant le fruit de sa propre bêtise. Il n’a même pas l’air de s’en rendre compte. Elle tait ses sentiments, se mut dans une indifférence totale, barrière entre ses émotions et l’extérieur. Elle ne peut pas se mettre à pleurer devant lui, ne peut pas montrer sa faiblesse. Que fera-t-il sinon se dire qu’il est perdu et désespéré, qu’on ne peut tirer de lui que les vers qui boufferont son cadavre.
Il n’est plus selon lui. En attendant, l’homme se trouve physiquement devant elle, mais le psychologique est parti, préférant abandonner. C’est un lâche, un putain de lâche qui ne cherche même pas, qui ne fournit pas même le moindre effort. Il ne s’en sortira pas, pas dans cet état latent et détestable.

« Pas besoin que tu me le dises pour que je pige, merci. »

Pas besoin de lui rappeler combien ce n’était pas le Shining qu’elle avait connu. Tout dans son être montrait que cette personne ne l’était pas, ne le serait jamais. Aeryn ne reconnaissait que cette pauvre ressemblance avec celui qu’elle avait connu. Pourquoi alors mettre autant d’efforts pour l’aider, pourquoi donc ? Aeryn aurait pu l’ignorer, passer à autre chose, n’était-ce pas ce qu’elle était censée faire pour fuir les sentiments et empêcher les autres de l’approcher ? Et pourtant, elle ne se comportait pas comme elle aurait dû le faire, certainement parce que, dans les méandres de son inconscient, Shining avait su prendre une place dans son cœur. Trop tard pour revenir en arrière, ne restait que ce masque d’indifférence qui pourrait l’empêcher de laisser ses émotions la submerger. Si Shining la connaissait un tant soit peu, il comprendrait que ses réactions de colère avait pour but de le faire réagir, parce qu’elle se souciait de lui.

« Assume ce que tu as fait. Vis avec. »

Vis. Etait-ce si difficile à comprendre ? De vivre, de se battre, d’agir pour s’en sortir ? Avait-il à ce point oublié ce goût si doux qu’elle apportait au matin lorsque les premiers rayons se posaient sur la peau ? Pensait-il vraiment que son entourage lui demandait de s’infliger cela, de se faire une pénitence pour se punir de ses actes. Pourtant, il s’imaginait certainement que c’était ce qu’il méritait. Comme il se trompait, et à cela Aeryn ne pouvait rien faire contre l’entêté qu’il était, rien du tout. Aucune influence, ni aucune autorité pour le faire agir, alors… Cet ultimatum qu’elle venait de lui tendre, il devait s’en foutre, éperdument. Avait-il pensé à ceux qui l’aimaient, à ceux pour qui il représentait quelque chose ?

« Je suis plutôt déçue. Ta famille n’aurait jamais voulu ça de toi. »

Qu’il devienne cette loque misérable et se traine. Qu’il abrège ses souffrances, ce serait plus doux, plus simple pour lui. Il s’infligeait des maux que personne ne lui souhaitait. Sa propre volonté lui dictait de se pourrir la vie. Dans tous les cas, il avait besoin d’un suivi médical, qu’on l’aide. Pas sûr qu’il fasse le moindre effort pour s’en sortir, en plus.

« Tu ne veux pas rester ici ? Vu que tu es vide, tu dois même te foutre de l’endroit où tu es, des personnes à qui tu parles. Tu as besoin de voir un médecin. »

Après tout, qu’il soit en prison, ou ailleurs, il n’y avait guère d’importance pour une coquille vide n’et ce pas ? Au moins pouvait-il s’assurer d’avoir un repas chaud et un lit tous les soirs. Ne pas être le sans-abri que la boisson a détruit et aigrit. De pouvoir avoir un toit sous la tête. Aeryn s’impliquait trop, Aeryn pensait trop à sa condition. Sa carapace se montrait tout autre, plus froide, plus mauvaise. Au fond, elle savait bien qu’elle se souciait et ça ne faisait que l’énerver davantage de ressentir quelque chose pour lui, et de le voir aussi mort et inerte. Quant à lui donner la caution, elle refusa tout net, ayant une meilleure idée. Au moins reviendrait-il, un jour. Peut-être. Sait-on jamais.

« Ne me rembourse pas. Ajoute-là à tes dettes. Une de plus, une de moins, ça ne devrait pas t’effrayer hein ? Puisque ça ne te fait rien… Comme ça, le jour où tu te reprendras en main, et si seulement ce jour arrive, je peux être certaine d’être au courant car tu viendras me voir pour la rembourser »

Il veut partir. Fuir, comme toujours depuis hier soir. Mais encore ? N’y a rien d’autre qui puisse réveiller son orgueil ? De la colère, de l’énervement, de la rancœur. Ressens quelque chose ! Il y a bien, au fond de lui, un déclic qui se créera dès qu’on aura trouvé quoi, dès que le schéma, à l’identique, se reproduira. Et elle a une idée de ce qui pourrait le faire réagir, mais ne sait pas si elle aura suffisamment de courage pour le faire, ne sait pas, si cela en vaut la peine. Avant pourtant de le laisser partir, elle le gifla.

« Et ça c’est pour hier soir.  »

Pour ce que tu m’as fait subir, pour m’avoir mis de but en blanc devant le fait accompli sans que je ne puisse réagir par moi-même. Pour avoir brisé notre amitié par ton comportement insupportable. Et surtout pour être amorphe, indifférent, et je m’en foutiste au possible.

HJ : meuh non [/color]


Dernière édition par Aeryn Elyatis le Sam 25 Oct - 19:10, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Il vaut mieux brûler franchement que de s'éteindre à petit feu. ▬ Aeryn & Shining   Jeu 23 Oct - 23:22

Assumer… Il ne le pouvait pas. Il n’arrivait pas à accepter tout simplement, qu’il n’y avait plus rien à faire. Il gâchait sa vie. Ne réfléchissait plus. Il en avait assez de penser. C’était un exercice trop douloureux. Il était si fatigué qu’il se demandait si elle n’avait pas raison, s’il ne ferait pas mieux de dormir pour toujours. Ce que sa famille aurait voulu de lui ? Qu’il les protège probablement. Mais c’était trop tard. C’est alors qu’elle lui dit qu’il aurait besoin d’un médecin. Il l’observe. Sans comprendre. Pourquoi dit-elle une chose pareille ? Il n’était pas fou. Il n’y avait pas de médecin qui répare le cœur. Il avait étudié la biologie et il n’y avait rien. Alors qu’il lui propose de la rembourser. Un autre jour. Elle répond que cela est inutile. Il l’observe alors. Elle est jolie. Cela lui fait de la peine ; il imagine comme sa sœur pourrait l’être tout autant. Elle le gifle. Il ne réagit pas pourtant. Il l’observe tout simplement et alors qu’ils vont se séparer. Il lui dit d’une voix plate comme toujours « Au revoir… Aeryn. » S’ils ne se revoyaient pas ici, peut-être cela appartiendrait à un autre monde. Elle n’a pas répondu. Alors, il est reparti lui aussi. Il est allé se couché et dormi des heures durant. Sans la moindre volonté.


Tout devait recommencer. Il c’est longuement égaré. Dans les méandres de ses pensées. Elle est apparue là où il ne l’attendait pas. Dans l’une de ces ruelles que l’on évite en tant normal. Il est mal. Comme toujours. Alors, on peut supposer qu’il va bien. Il déambule. Sa fidèle entre les doigts, elle est presque vide. Puis il vit sa silhouette. Il la lâchée et elle s’est brisée. La nuit tombe et la ville est moins sure. « Aeryn ? » Il n’est pas assez saoul pour ne pas la reconnaître cette fois ci. Puis, leur dernière rencontre date d’une semaine à peine, à moins que ça ne fût hier. Il ne se souvenait plus vraiment. « Qu’est-ce que tu fais ? » Elle semble étrange. Déterminée, mais froide. Il ne sait vraiment se méfier d’elle. Il approche doucement alors. Finalement, il comprend que ce n’est pas de lui qu’il la protège, mais il c’est protégé d’elle. De sa présence, des souvenirs. La crainte d’une récidive de ce genre de situation qui déraperait. Échappant à son controle. Lui, le concret. « Qu’est-ce que tu as fait ? » Pourpre… Il n’avance plus. Il n’en peut plus. Il suffoque. La tête lui tourne, ses sens luis échappent. Il ne sait pas que faire. Il est figé. Bloqué dans le temps qui n’avance plus.
(désolé c’est court XD J’vais au dodo et j’ai un peu oublié notre idée de départ *dead*)
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