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 She admires you cause she feels so weak (pv Aeryn)

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MessageSujet: She admires you cause she feels so weak (pv Aeryn)   Dim 28 Sep - 17:04

Des petits pas se succèdent. Une démarche légère emporte une petite âme guillerette dans les ruelles de la Nouvelle-Orléans. On pourrait néanmoins déceler une légère appréhension quant aux pas de la rouquine qui laissaient résonner sur le bitume un rythme saccadé. En réalité, malaise serait un mot fort bien choisi pour évoquer ce qu'elle ressentait. Pourtant, ce n'est pas la peur d'être en proie à des malfrats qui la mettait dans un tel état, consciente qu'elle est loin de se trouver dans une zone mal famée. Elle n'avait pas pour habitude d'arpenter le quartier Ouest de la ville, et pour cause: elle ne sentait pas à sa place dans un tel milieu.

Ce sol recouvert de marbre, ces allées sans aucune trace de salissure, ces édifices plus qu'imposants, à vous en déboîter la clavicule pour parvenir à les contempler dans toute leur grandeur démesurée... ce travail architectural n'avait aucune réelle forme, aucun aspect intéressant. On voyait bien ici le triste résultat d'un caprice de riches opportunistes, désireux d'exposer leurs sousous en construisant des bâtiments gigantesques et en modélisant une structure urbaine à l'effigie de leur fortune excessive. Tout cela ne se résultant qu'à du luxe pour du luxe, un véritable gâchis. Cette atmosphère pseudo-parfaite conçue par un ramassis de pourris jusqu'à la moelle était bien ironique, quand on y pensait. Ce spectacle accablant agaçait fortement Callie Rose en dépit de l'attrister profondément. Il fallait dire que son âme d'artiste en prenait un coup: assister à ce genre de choses lui apparaissait comme une douloureuse torture. Ce qui s'offrait à ses yeux allait à l'encontre même de la vision qu'elle avait de l'Art. L'art qui inspire, qui donne envie de rêver, empli de couleurs, adoptant formes et styles pour tous les goûts, aussi inventifs les uns que les autres. Ce qu'elle ne pouvait voir, ce n'était que du blanc, du blanc et encore du blanc. Des formes plates, d'une précision ridicule. Cela n'inspirait en rien si ce n'était que l'envers du décor, recouvert par une hypocrisie lisse et immaculée.

L'ambiance sonore quant à elle, était totalement inexistante. Les notes de jazz qui nous trottent dans la tête, cris et rires de la foule qui peuplaient le quartier Est, brouhaha sonnant comme une harmonieuse mélodie aux oreilles de la rouquine et la plongeant dans une douce euphorie, laissaient brutalement place à un silence complet si ce n'est que quelques pas singuliers pesant d'un rythme lourd sur le bitume. Personne ne se parlait, comme si personne ne semblait exister aux yeux des autres. Et si l'on venait à croiser le regard de ces personnes qui montrent qu'elles sont plus importantes que ta propre petite personne en s'entourant de deux trois colosses payés pour surveiller leurs arrières, on n'aurait droit qu'à un regard gorgé de mépris. Alors tout compte fait, peut-être n'est-ce pas plus mal que de s'ignorer plutôt que d'expliciter notre dédain envers autrui. Ce flagrant contraste laissait la rouquine assez perplexe. Et pourtant, elle n'est pas née de la dernière pluie et avait bien conscience que la côte Est et Ouest du territoire étaient clairement dissociables. Dur retour à la réalité, ma p'tite, lui lâche sa conscience d'humeur moqueuse.

La jeune rouquine apparaissait comme une tâche dans ce paysage bien morne. Une tâche qui contribuait à colorer une infime partie de ce triste tableau. Les quelques personnes qui croisaient son chemin ne se gênaient pas pour la dévisager d'une drôle de façon, comme si elle provenait d'une autre planète. Une planète où les gens ne sont tous pas vêtus de costards et tailleurs et sont un minimum amicaux, peut-être. L'agacement titillait progressivement ses nerfs, et cette contemplation sans aucun gène ne la poussait qu'à davantage presser le pas. Qu'est-ce qu'ils pouvaient bien avoir contre elle, à la fin?, pensait-elle le plus innocemment du monde. Ce qui avait peut-être tendance à échapper à Callie Rose, c'est que les gens de sa... "catégorie" n'étaient pas forcément bien vus dans un cadre pareil. Le style vintage mais cosy dont elle était vêtue, qu'ici on jugeait trop décontracté ainsi que la toile de peinture calée sous son bras en disait déjà long sur la jeune artiste en herbe. De brefs regards de mépris laissaient tout de même supposer une incompréhension quant à sa présence ici.

C'est vrai qu'on pourrait se poser la question: pourquoi se rendait-elle dans un tel cadre alors qu'elle le trouvait si désagréable? Et, en plus de cela, elle semblait habituée à effectuer le même trajet, comme si cela était devenu une routine pour elle. En effet, depuis quelques semaines Callie avait entendu parler d'une boutique d'antiquités, logée en plein quartier Ouest de la ville. Intriguée par cet emplacement qu'elle trouvait étrangement inapproprié, elle laissa sa curiosité la porter vers la boutique en question et depuis, elle a pour habitude d'y revenir régulièrement. Était-elle une cliente fidèle? Et bien, en réalité, on ne pourrait pas dire cela, étant donné qu'à chacune de ses visites elle n'avait pas pour projet d'acheter quelconque bibelot à la jeune antiquaire. Elle s'avérait d'ailleurs être davantage intriguée par la vendeuse en question que par les étalages qu'elle mettait en vente. Elle lui apparaissait comme étant quelqu'un de mystérieux et renfermé, mais ce n'est pas ça qui allait décourager notre rouquine, prête à sympathiser avec n'importe qui si le cœur lui en dit.

Quelques minutes s'écoulèrent avant qu'elle se trouve finalement face à l'enseigne de la modeste petite boutique. La façade ancienne tapait tout de suite dans l’œil, alors que située dans la partie Est de la ville elle passerait presque inaperçue. La rouquine s'empressa de pousser la porte en bois, qui fit retentir une petite mélodie de clochette, afin de s'engouffrer dans une toute autre ambiance.


Dernière édition par Calandra R. Marks le Lun 29 Sep - 17:44, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: She admires you cause she feels so weak (pv Aeryn)   Dim 28 Sep - 22:19

La clochette tinta clairement dès que la porte d’entrée s’ouvrit. Aussitôt, Aeryn sortit de l’arrière-boutique et se présenta au client qui venait d’entrer dans le magasin d’antiquités. D’un sourire, elle lui demanda en quoi elle pouvait lui être utile, voyant par la présence du lourd dans sa main qu’il ne se présentait certainement pas pour un achat, mais une vente. Aeryn se montrait plutôt difficile lorsqu’il était question de rachat, cependant avait pas mal de chance dans certaines situations. Certains clients n’avaient parfois aucune idée de la valeur de ce qu’ils lui donnaient ; elle-même, bien que bonne experte, en apprenait davantage après quelques recherches. Devant ce que l’homme avait apporté, son visage s’éclaira : Voilà qui allait vraiment l’intéresser. Sortant un vase datant du début de XXème siècle selon les premières estimations de l’antiquaire, elle ne fit aucun doute que son origine, reconnaissant l’ouvrage. Ne lui manquait plus qu’une preuve de l’authenticité de l’œuvre. S’en emparant, l’objet fut observé avec minutie par la demoiselle qui commenta au fur et à mesure, posant quelques questions à son client sur l’origine et l’acquisition de l’objet. Enfin, elle trouva la marque d’authenticité, signature du fabricant. Daum ne faisait pas les choses à moitié pour ces œuvres en pâte de verre colorée. D’un immense sourire, Aeryn assura à son client qu’elle lui prenait son objet. Une valeur pareille, ce serait même un crime de ne pas le reprendre !

L’affaire conclue, le client s’en repartit tout heureux, la vendeuse aussi satisfaite. Première chose à faire après coup, des recherches, de la documentation, toute curieuse qu’elle était. Un Baccarat aurait été tout aussi intéressant à accueillir, mais Daum avait également ses techniques de fabrication qui rendait la cristallerie si unique. Un des plus beaux art moderne de la verrerie française. A Majorelle le bois, à Daum la pâte de verre, à Baccarat la pâte de verre. Ces trois piliers de l’école de Nancy avec d’autres évidemment pouvaient se targuer d’avoir réussi à créer un art qui passeraient les âges. Pas d’effet de mode ou de succès passager : leurs créations restaient intemporelles et c’est qu’Aeryn appréciait chez ces français. Pas certaine de revendre la pièce en Nouvelle Orléans, il fallait connaître la verrerie pour comprendre sa valeur. Un petit appel à la boutique rue de la paix à Paris allait certainement aider pour tous les collectionneurs recherchant un vase Daum rare.

La clochette tinta à nouveau. Concentrée sur sa pièce dans l’arrière-boutique, Aeryn mit un peu plus de temps à rejoindre le devant de son magasin pour voir quel client était rentré et possiblement l’informer sur une pièce qu’elle aurait vue. La jeune femme possédait de tout, imitations de l’antiquité, comme vases du XVIIIème et XIXème. Plus l’on remontait le temps et plus il lui était difficile de trouver de trouver des pièces des époques lointaines. Une chose restait certaine : Aeryn fournissait à chaque client un certificat d’authenticité prouvant la valeur de la marchandise. Ce n’était pas une boutique qui vendait du toc. Ne la voyant pas au premier abord, Aeryn reconnut la jeune femme qui venait de rentrer et soupira, car elle savait qu’aucune affaire ne serait faite avec elle. Depuis le temps qu’elle passait dans la boutique sans rien acheter… l’antiquaire savait comment ses clients fonctionnaient. La première visite servait en général de repérage, la deuxième ou la troisième fois qu’un même client venait, un achat était effectué. Cette jeune femme venait souvent et n’effectuait à chaque fois jamais d’achat, jamais. Elle se contentait de regarder tous les objets, à chaque fois et l’on sait ô combien le stock d’une antiquaire se renouvèle souvent n’est-ce pas. Jamais Aeryn n’avait pas lui toucher un seul mot, étant toujours accaparée par un client. Il ne fallait pas croire pour autant que la vendeuse ne l’avait jamais repérée. Le flair, et le don d’observation. Aeryn avait compris et savait.

Toutes deux dans la boutique, personne dont elle devait s’occuper. L’occasion ne se présenterait certainement pas deux fois de suite, et puis tant que la jeune femme était là, autant lui en toucher deux mots. Aeryn se méfiait énormément. Si elle rôdait dans sa boutique, que faisait-il si ce n’était du repérage pour éventuellement un futur cambriolage ? Elle n’avalerait pas le fait que ce ne soit que pour la beauté des antiquités. Les jeunes ne s’intéressaient pas aux vieilleries, il ne fallait pas se leurrer.

« Bonjour. Puis-je vous aider ? »

Le ton était sec, dénotant un certain agacement de sa part. Aeryn était une vendeuse et se comporterait presqu’en tant que telle, même si l’envie la démangeait de s’énerver sur elle en fin de compte. Cependant, la jeune femme sachant se contenir, elle osa pourtant cette remarque qu’aucun de ses clients ne recevraient de sa part. Avec la jeune femme, elle ne craignait rien de toute manière, se fichait même de ce qu’elle pourrait en penser. Rôder dans son magasin n’était pas une bonne idée pas vraiment, l’intruse allait rapidement s’en rendre compte.

« C’est certainement la cinquième ou sixième fois que vous venez en un court laps de temps. En quoi ma boutique vous intéresse-t-elle ? »

Et encore, elle se surprit à avoir pesé ses mots avant de les dire. Impressionnant, ce self-control.
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MessageSujet: Re: She admires you cause she feels so weak (pv Aeryn)   Sam 4 Oct - 13:16

« Bonjour. Puis-je vous aider ? »

La rouquine réprima un sursaut. Surprise, mais naturellement dotée d'un calme sans failles elle se contenta de risquer un regard vers son interlocutrice. Cette dernière avait adopté un ton sec et tranchant pour s'adresser à elle, et sa façon de la toiser en disait long sur l'agacement qui la poussait à agir de la sorte. Sur le coup, Callie Rose ne saisit pas la cause de cette... agressivité, bien que ce soit un grand mot d'un point de vue différent de celui de la douceur incarnée. La jeune antiquaire avait tout de même su garder son sang-froid, ça se voyait clairement, et c'est précisément ce qui intimidait la jeune femme. Son timbre de voix avait beau être posé, son regard en revanche témoignait bien plus d'irritation qu'elle ne le laissait paraître. La voir ainsi la rendait vraiment impressionnante en dépit d'être carrément intimidante. Elle se serait bien risquée à penser qu'elle en était même méconnaissable, mais encore faut-il connaître la personne en question, ce qui n'était pas le cas la concernant. Elle ne pouvait uniquement se baser que sur des apparences, des à-priori. Elle avait toujours imaginé la jeune vendeuse comme étant agréable et avenante. Tout du moins, de ce qu'elle avait pu observer, elle en laissait cette impression. Mais à en voir ce comportement, peut-être qu'elle s'était faite des idées un peu trop vite. Autant dire que ça ne serait pas anodin si c'était le cas, ni la première fois. Sauf que le problème est qu'elle ne s'en rend pas toujours compte.

« Bonjour, eum... »

La rouquine ne trouva malgré elle qu'à répliquer par ces quelques bribes de paroles, mal assurée. A la voir aussi honteuse, son immense gêne pouvait laisser supposer qu'elle avait été prise en flagrant délit. Mais il n'est question d'aucun délit, si l'on peut qualifier de ce terme le fait de fréquenter une boutique d'antiquités un peu trop souvent pour ne pas paraître suspect. L'antiquaire ne lui laissa de toute façon pas le temps de bafouiller davantage, heureusement pour elle. Cette figure impressionnante que représentait la jeune femme venait tout simplement de déstabiliser Callie Rose, qui n'avait pourtant pas pour habitude d'avoir du mal avec le contact verbal. Et, c'est bien connu, lorsqu'on perd de l'assurance, mieux vaut ne pas se risquer à improviser, dans quel cas ça ne contribuerait qu'à empirer notre situation. Disons qu'elle ne s'était pas préparée à la situation en question, à commencer par le fait qu'elles soient seules dans la boutique.

« C’est certainement la cinquième ou sixième fois que vous venez en un court laps de temps. En quoi ma boutique vous intéresse-t-elle ? »

Ces paroles confirment les doutes de la rousse. Il était clair et net que la jeune femme se méfiait d'elle, ce qui explique logiquement cette attitude à son égard. La considérait-elle comme une voleuse potentielle? A peine cette pensée lui effleura-t-elle l'esprit qu'elle s'empressa peut-être un peu trop de vouloir lui assurer le contraire.

« Oh non, ce n'est pas ce que vous pensez, je ne cherche pas à vous voler! »

Elle se rend compte qu'en disant cela elle a évité le sujet principal de la question, bien que ce ne soit pas totalement hors-sujet. La rouquine, dans un pincement de lèvres, cherche ses mots.

« Eum, en réalité j'aime beaucoup votre boutique. Enfin, l'ambiance, tout ça... »

En disant cela, bien que toujours un peu hésitante elle s'avérait être beaucoup plus crédible. Et pour cause, malgré sa formulation un peu maladroite elle le pensait réellement, et ne cherchait à mentir en aucune manière. Enfin, disons qu'elle n'expliquait pas non plus toutes ses raisons qui la poussaient à revenir souvent ici. Notamment le fait que la jeune vendeuse l'intriguait, et lui donnait envie de la connaître mieux. Elle avait déjà trouvé en elle une certaine prestance, et son attitude en ce moment même le démontrait parfaitement bien. De la prestance, de l'assurance... des qualités de toute femme qui se respecte que Callie Rose aimerait posséder. Parfois, elle aimerait ne pas passer pour la gentille petite fille et se féminiser davantage. Et cette vendeuse qu'elle n'a eu l'occasion d'observer que quelques fois en est pourtant l’illustration parfaite.
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MessageSujet: Re: She admires you cause she feels so weak (pv Aeryn)   Lun 6 Oct - 12:31

Sur son territoire, Aeryn pouvait être sans pitié ni gentillesse. Sa boutique avait déjà été la proie de voleurs, qui fort heureusement ne connaissaient rien et n’avait pris que certaines petites choses sans importance. Il n’était pas question que cela ne se produise à nouveau, Aeryn ne se laisserait pas faire, sortirait les griffes avant que quoi que ce soit n’arrive. Cette fille, avec ses petits airs candides et innocents, l’antiquaire ne la sentait ni familière à l’endroit ni potentiellement intéressée par un de ses articles. Que foutait-elle là ? Aeryn avait du flair et ne la sentait pas, manquant d’explications et ne comprenant pas la présence d’une gamine ici. Elle ne faisait pas partie de la clientèle habituelle, et cela ne passait pas, d’autant plus que ces visites avaient été fréquentes et complètement inutiles.

A sa première réponse, bredouillante et intimidante, Aeryn y lut tout de suite sur son visage, celui d’une personne coupable de son acte. Si elle avait été un tant soit peu honnête, alors aurait-elle répondu normalement sans en être intimidée à ce point. On a la vingtaine et on manque d’assurance ? Il serait grand temps de grandir un peu et de sortir de l’adolescence une bonne fois pour toute. Aeryn se savait intimidante, mettant directement les points sur les i avant le début de la conversation. Si  la jeune femme n’avait rien à se reprocher, alors elle saurait se défendre normalement, ce qui, de toute évidence, ne fut pas le cas. Son flair ne l’avait pas trompée, il y avait bien anguille sous roche et elle dissimulait quelque chose. Pourtant, Aeryn ne pouvait se permettre de virer ainsi une personne de son magasin et si elle se trompait ? A longueur que la jeune femme se montrait bredouillante et peu sûre d’elle, l’antiquaire hésitait de moins en moins qu’aux mauvaises intentions de cette « cliente ». La convaincre du contraire allait être difficile, très difficile…

« Ah oui ? C’est pourtant la première chose que vous venez de me dire… Qu’est-ce qui vous faire croire que j’avais des soupçons sur ce sujet ? »

Tiens donc, sa première réaction concerne les potentiels voleurs. Aeryn n’avait rien dit, après tout, elle aurait pu se sentir irritée d’avoir une cliente qui repartait sans rien acheter, même si c’était son droit de visiter la boutique après tout. Ses intentions semblaient mauvaises, montrant sa culpabilité au grand jour sans qu’Aeryn n’ait à lever le petit doigt pour faire quelque chose. A mesure que les propos évoluaient, elle s’enfonçait toute seule… L’antiquaire ne la sortirait pas d’affaires, patientant jusqu’à ce qu’elle se morde la queue.  

« Vous vous foutez vraiment de moi. »

Et c’était loin d’être drôle. Aeryn gardait son visage fermé et énervé. Certainement qu’elle allait trop loin, agressant cette fille qui n’avait rien demandé. Elle s’en fichait complètement, méfiante comme la peste et de mauvaise humeur par la même occasion, incapable de se détacher de ce préjugé des jeunes que les vieilleries n’intéresseraient plus. Incapable de se défendre, incapable d’aligner trois mots pour montrer sa bonne foi, incapable de rien. Avait-elle perdu la langue ?
Bon, calme-toi Aeryn, self-control. Plutôt que de s’acharner sur elle, l’antiquaire se montra plus clémente, plus agréable, cherchant quand même à la piéger et montrer sa culpabilité dans l’histoire.

« Je ne vois pas en quoi son ambiance pourrait vous intéresser. Il va falloir vous montrer plus convaincante que cela. J’attends. Quelle est la raison de votre présence ici ? »

Le ton, sarcastique, son visage amer, son regard des plus perçants. Aeryn ne riait pas, se tenant maintenant entre la jeune femme et la porte, l’empêchant physiquement d’en sortir. Tant que ses questions n’auraient pas obtenus satisfaction tant qu’elle n’aurait pas réussi à comprendre, ou à piéger la fille, Aeryn n’abandonnerait pas. On ne moquait pas d’elle, car elle le faisait amèrement regretter. On ne la tournait pas en bourrique non plus. Il y avait pourtant sur ce visage candide comme un petit quelque chose de sincère qui la rendait sincère. L’antiquaire détestait se tromper sur les personnes et pourtant avec elle, avait l’impression d’avoir tout faux depuis le début. Non, son flair ne la trompait pas, hésiter, c’était mourir. Réponse, maintenant et tout de suite, sa patience commençait vraiment à atteindre ses limites.



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MessageSujet: Re: She admires you cause she feels so weak (pv Aeryn)   Dim 19 Oct - 19:39

« Ah oui ? C’est pourtant la première chose que vous venez de me dire… Qu’est-ce qui vous faire croire que j’avais des soupçons sur ce sujet ? Vous vous foutez vraiment de moi. »

C'était bien ce qu'elle craignait. Le fait d'avoir voulu, ou plutôt tenté de la dissuader de se méfier de la sorte n'avait contribué qu'à renforcer ses soupçons. Elle aurait dû songer à réfléchir avant de parler trop vite. Mais elle s'y attendait, alors elle ne tiqua pas. La jeune antiquaire était certes vraiment intimidante, surtout aux yeux d'une figure si fragile qu'est notre Callie Rose, mais seul leur premier affront l'avait vraiment déstabilisée. C'est ce qu'on pourrait appeler l'effet de surprise. La rouquine n'était pas d'un naturel très timide habituellement, et n'avait jusque là pas été intimidée par autrui au point d'en perdre ses mots ou de bredouiller sans savoir quoi répondre. Alors une fois le choc passé elle redevint fidèle à elle-même, regagnant le peu d'assurance et de prestance dont elle était dotée, bien que face à la figure impressionnante que représentait la brune face à elle elles apparaissaient clairement infimes, presque invisibles. Son visage fermé et son ton sec à en laisser l'amère impression d'en entendre un claquement de fouet à chaque parole prononcée pourrait bien nous provoquer un je-ne-sais-quoi qui nous pousserait à adopter le même comportement, de peur de se sentir faible. La nature humaine ne supporte pas la domination, elle est mauvaise joueuse et cherche à vaincre. On aurait presque envie de s'engager dans un véritable affront verbal, quitte à agresser en retour cette jeune femme qui visiblement a décidé de passer un peu trop ses nerfs sur nous sans trop de raisons valables, si ce n'est que quelques suspicions qui n'ont pas vraiment lieu d'être. On pourrait même dire qu'elle y va un peu fort de café avec elle. Non mais c'est vrai, regardez cette bouille d'ange qui ne ferait pas de mal à une mouche et osez dire qu'elle a de mauvaises pensées derrière la tête, que la simple idée de nuire à autrui effleurerait son esprit. Il est peut-être vrai qu'il ne faut pas se fier aux apparences, mais l'inverse est tout aussi valable. On dirait presque qu'elle se plaît à la faire se sentir mal à l'aise et à la voir s'enfoncer toute seule. La rouquine, elle, ne cherche pas à se prêter au jeu de son interlocutrice. Son expression redevient comme à son habitude des plus douces et apaisantes qu'elles soient, la panique semblant s'être totalement évaporée. Le rouge qui empourprait ses joues quelques secondes plus tôt laisse place à un rose pâle des plus harmonieux. Elle se risque même à plonger ses yeux noisettes dans ceux azurs de l'antiquaire. Fuir son regard ne l'aurait pas vraiment aidée à la convaincre qu'elle n'avait rien à se reprocher.

« Je pense que, si vous vous méfiez de moi, il y a bien une raison. Je veux juste vous faire comprendre qu'il n'y avait pas de quoi l'être. »

Suite à cela elle ne peut s'empêcher de lui offrir un maigre sourire, consciente cependant qu'elle ne recevrait rien en retour. Cette fois, elle est bel est bien convaincue de ce qu'elle veut lui dire, alors sa voix est parfaitement cristalline, son ton posé, les mots ne s'entremêlent pas pour ne former que des bribes. Callie Rose est tout aussi observatrice que la jeune femme, elle est on ne peut plus sûre qu'elle la voit comme une potentielle voleuse, et c'est ce qui la rend aussi négative à son égard, c'est même évident. Sa seconde réplique n'avait pas vraiment convaincue la vendeuse, ce qui était assez compréhensible.

« Je ne vois pas en quoi son ambiance pourrait vous intéresser. Il va falloir vous montrer plus convaincante que cela. J’attends. Quelle est la raison de votre présence ici ? »

Il est vrai que cette excuse n'était pas très crédible. Le pire dans tout ça, c'est qu'il y avait pourtant une part de vérité. Mais une fois de plus, la rouquine n'avait pas vraiment réfléchi avant de parler. De plus, elle n'avait pas tout dit quant à sa présence aussi régulière que suspecte ici. Mais pouvait-elle réellement lui révéler la principale raison? Elle l'avait bien dit, elle attendait une réponse, et elle n'allait pas lâcher l'affaire. L'espace d'une dizaine de secondes la rousse se retrouva dans une impasse, à peser le pour et le contre. Tant pis Callie, dis-lui. C'est trop tard pour rebrousser chemin, en plus de ça tu ne sais pas mentir, alors inventer une autre excuse ne fera que t'enfoncer davantage.

« En réalité, ce n'est pas vraiment votre boutique qui m'a poussé à revenir aussi souvent. Je revenais aussi parce que.. enfin... j'avais envie de mieux vous connaître. »

Voilà, c'est dit. Maintenant, Callie se sent bien stupide. Mais au moins, cette fois, elle n'a dit que la pure vérité. Elle craint la réaction de la jeune femme. Lui rirait-elle au nez? Ou la flanquerait-elle à la porte, tout simplement? Elle préférerait largement la seconde option, dans le pire des cas. C'est pas grave Callie, au mieux tu apparaîtras comme ridicule, ou au pire comme quelqu'un de louche, c'est pas si grave. Idiote.
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MessageSujet: Re: She admires you cause she feels so weak (pv Aeryn)   Lun 20 Oct - 1:25

Accorder sa confiance. Un problème qu’Aeryn ne se posait même plus. Pour l’avoir, il fallait la mériter. La tâche n’en était pas des plus simples et la grecque ne l’avait plus accordée depuis la mort de sa sœur. Accorder sa confiance, c’était mettre en valeur une vérité qu’elle ne parvenait pas à accepter : celle de se sentir proche d’une personne. Se rapprocher, de n’importe qui, lui faisait suffisamment peur pour qu’à chaque fois, elle veuille reculer en courant pour éviter de s’attacher plus qu’il n’en faut. Se rapprocher lui faisait mal, car cela signifiait tenir à quelqu’un et elle avait vu comment son entourage avait terminé, chose qu’elle ne voulait plus revivre. La solution qu’elle avait trouvé, celle de ne plus avoir de proximité avec qui que ce soit, de conserver cette distance bien à elle, périmètre de sécurité obligeant. Et si, par malheur, ses sentiments ou ceux des autres prenaient trop d’ampleur, elle reculait, rapidement, coupant net les ponts pour éviter que cela n’arrive. Plus facile à dire qu’à faire, et sa solitude s’en était d’ailleurs vu renforcée depuis qu’elle était devenue métamorphe. Aeryn ne voyait en celui ou celle dont elle ne connaissait pas les intentions, une menace. Cette fille ne faisait pas exception, rentrant parfaitement dans la catégorie. L’antiquaire ne se montrait pas gentille avec ceux qu’elle considérait comme des menaces, sortant directement ses griffes.

« Oui, il y en a une. Vous tournez autour de ma boutique depuis quelques temps, sans pour autant être une cliente. Vous venez, faites mine de vous intéresser, et repartez. Avouez que c’est plutôt étrange non ? »

La déstabiliser. Le meilleur moyen pour soutirer des informations et avoir le fin mot de l’histoire, la vérité à proprement parler. Sur elle, cela avait l’air de fonctionner, il ne fallut pas grand-chose. Peut-être se montrait-elle sincère. Ou tentait de l’être. Son masque commençait à se fissurer, ses intentions se révélaient. Aeryn savait quand une personne mentait ou non, cela sonnait comme une évidence dans le ton, la voix et l’expression. Ce que la jeune femme lui répondit brisa une barrière émotionnelle de l’antiquaire en une seconde. Abasourdie. Pardon ? Ça c’était une première. Qu’avait-elle fait pour que cette jeune femme ait envie de mieux la connaître ? Que ce soit vrai ou non, Aeryn fut désarçonnée. Sa colère retomba d’un coup, comme un soufflé au fromage que l’on arrête en pleine cuisson. Qu’on l’admire, voilà certainement la dernière chose à laquelle s’attendait l’antiquaire. Qu’on la regarde différemment que ce qu’elle était, qu’on la place sur un piédestal. Qu’avait-elle dont de plus que les autres ? Qu’avait-elle fait pour être ainsi considérée même ? Aeryn ne comprenait vraiment pas.

« Me connaître ? Mais… mais pourquoi ? »

Regardant la jeune femme avec incrédulité, cette dernière pouvait voir une parcelle de cette Aeryn qui se dissimulait derrière son masque d’hostilité. Une personne bien plus humaine qu’elle ne pouvait en avoir l’air au premier abord et beaucoup plus fragile. Calandra avait réussi à faire transparaitre en elle ce côté émotionnel qu’Aeryn forçait à dissimuler quotidiennement pour ne pas ressentir cette douleur vive à la poitrine à chaque fois que l’on essayait de la percer et de l’approcher. En un instant, l’inconnue était parvenue à cet exploit, ce qui mettait Aeryn maintenant très mal à l’aise, et dut reprendre ses esprits quelque peu pour ne pas laisser les émotions l’envahir. La seule personne qui l’avait mise ainsi sur un piédestal, c’était Rachel. Sa sœur l’avait toujours enviée pour sa force de caractère et cette capacité qu’elle avait de se détacher, et de ne rien ressentir pour se montrer toujours forte et présente pour elle, quotidiennement. L’inconnue lui rappela sa petite sœur, déclenchant dans son esprit une vague d’émotions. Reculant de quelques pas, Aeryn chercha une idée pour se dérober de la situation, pour rebondir. Son masque se remit en place, pour se protéger à nouveau, pour ne pas s’attacher de trop, même si elle ne pouvait contenir ses sentiments pour toujours.

« Si vous me connaissiez, vous seriez déçue »

Se dénigrer, voilà l’arme qu’elle utilisait. Et elle n’attendait pas que la jeune femme cherche un moyen de la convaincre du contraire. Son passé, sa vie… rien n’était à envier, vraiment pas. Et cette couverture, d’être dorénavant une antiquaire et gagner à peu près honnêtement sa vie… Cela n’avait rien d’enviable, bien au contraire. Aeryn darda ses prunelles, essayant de garder ce masque en place. Ce regard la troublait, lui rappelant trop bien quelqu’un dont le deuil demeurait encore présent dans sa mémoire.

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MessageSujet: Re: She admires you cause she feels so weak (pv Aeryn)   Mar 28 Oct - 1:07

« Oui, il y en a une. Vous tournez autour de ma boutique depuis quelques temps, sans pour autant être une cliente. Vous venez, faites mine de vous intéresser, et repartez. Avouez que c’est plutôt étrange non ? »

Une fois cette dernière réplique prononcée, Callie commence à assister à la métamorphose progressive aussi incongrue que flagrante de la jeune antiquaire. Cette figure même d'une prestance et d'une autorité dominante, si impressionnante se décompose peu à peu. Son regard profondément sec et amer crie à présent l'incompréhension, ses sourcils se froncent. Dans ses yeux se lit un enchaînement de stades émotionnels, le premier étant la surprise la plus totale, sans aucun doute. Elle ne devait sûrement pas s'attendre à une réponse pareille venant de la jeune rouquine, c'est même une évidence. Il suffit juste de se référer à l'expression qui habite son visage aux traits auparavant durcis par la méfiance sans conditions qu'elle porte à celle qui avait osé l'importuner. Les secondes qui ensuivirent paraissent si longues, et les pensées de Callie s'entrechoquent à la vitesse du son. Son cœur tambourine à toute vitesse dans sa poitrine, mais bien heureusement pour le peu de crédibilité qui lui reste, son visage ne démontre plus aucune marque de gêne ou de panique. Et pourtant, à cet instant, elle se serait bien enterrée sous terre, subjuguée par tant de honte. A cet instant, elle aurait aussi aimé avoir retiré ce qu'elle vient de dire. C'est tellement... stupide. Stupide, tu es stupide, lui rabâche sa fichue conscience. Elle-même se surprend à garder un tel self-control, avec le véritable chaos émotionnel qu'elle vit à cet instant. Un peu exagéré comme terme pour qualifier son profond embarras, certes. Mais l'embarras en question étant ressenti par une personne aussi émotive que Callie, est perçu tout comme. L'impatience la ronge, le silence la titille. Elle attend la réaction de son interlocutrice abasourdie autant qu'elle la redoute. Ces secondes qui lui semblent toujours aussi longues lui laissent le temps d'anticiper, et de se préparer à recevoir de plein fouet la pire des répliques cinglantes une fois le choc passé. Ce n'était pas dans les habitudes de la rouquine d'avoir un état d'esprit aussi... négatif. Mais vu comment les choses avaient commencées, elles ne voyait plus vraiment comment elle pourraient s’améliorer. Elle savait qu'elle n'était pas partie du bon pied avec la vendeuse. Leur premier contact ainsi que sa première impression à son égard furent bien moins concluantes que ce qu'elle avait espéré. Les choses avaient clairement pris une tournure indépendamment de sa volonté, et elle le regrettait. L'attente semblait interminable. Qu'allait-elle bien pouvoir lui dire, ou pis encore, lui cracher à la figure?

« Me connaître ? Mais… mais pourquoi ? »

Alors c'était ça, sa réplique cinglante? Sa surprise ne fut pas des moindres en entendant cela. Était-ce bien un air perdu et déconcerté qui arborait les traits du visage de l'antiquaire? Et ce ton qu'elle avait employé n'avait plus rien à en glacer le sang, et ne reflétait que davantage ce ressentiment. La surprise avait alors laissé place à un désarmement des plus total. Sa colère et son amertume avaient cette fois complétement désertés. Aussi étrange que cela puisse paraître, elle était vraiment déstabilisée par les dires de la rouquine, cette dernière ne s'attendant pas à ce que son incompréhension en vienne à la mettre dans cet état. C'était comme si une toute autre personne refaisait surface, une jeune femme plus fragile, en proie à ses émotions refoulées. Ainsi, les rôles semblent s'inverser. Inconsciemment, Callie regagne de l'assurance, son cœur cesse de battre la chamade et ses muscles se détendent à la vue du flagrant changement caractériel de son interlocutrice. Elle n'en profite cependant pas pour la prendre de haut à son tour comme elle l'avait fait quelques secondes plus tôt, à quoi bon? Elle ne vient même pas à y penser. Après avoir reforgé petit à petit son masque qui commençait à s'effriter, elle enchaîne.

« Si vous me connaissiez, vous seriez déçue. »

Elle cherche à rabaisser son estime que Callie a pour elle, ce que cette dernière a d'ailleurs beaucoup tendance à faire. C'est assez étrange. Lui prouver immédiatement le contraire serait inutile en plus d'être assez inapproprié étant donné qu'elle ne le connait pas suffisamment pour dire ce genre de chose, et encore moins le confirmer. Autant être franc, notre rouquine a déjà été déçue, à de très nombreuses reprises, durant toute sa vie. Et elle a toujours su encaisser déceptions sur déceptions, sans rancune et sans amertume, une qualité admirable qui n'est pas donné à tout le monde. De ce fait, la réplique de la jeune antiquaire, si elle avait pour but de la dissuader, ne l'affecta pas pour un sou.

« Prouvez-le moi, dans ce cas. Mais croyez-moi, il m'en faut beaucoup pour l'être. »

Suite à quoi, elle lui sourit. Ce sourire n'est pas sarcastique, ironique ou hautain. Ce sourire est vrai et sincère, capable d'apaiser les pires mœurs, et il n'appartient qu'à elle seule. Lorsqu'on voit Callie Rose sourire, même le pire des cœurs de pierre aurait envie d'en faire de même. Son regard ne quitte pas celui de la jeune femme, gorgé d'une tendre innocence qui visiblement semble troubler cette dernière.
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MessageSujet: Re: She admires you cause she feels so weak (pv Aeryn)   Mar 28 Oct - 3:13

Aeryn avait toujours été un modèle pour Rachel. Déjà petites, elle ne cessait de l’imiter ce qui avait pour don d’énerver la grande. Chacune était différente, il n’y avait pas d’imitation qui tenait, pas de ressemblance. Aeryn était sa propre personne comme Rachel l’était. L’ainée portait sa cadette au respect, et, même si dix-huit mois les séparaient, la grecque n’avait jamais pu s’empêcher de protéger sa cadette, quoi qu’il lui en coute. Les ainés ont ce côté surprotecteur envers les plus jeunes dans le sang, si bien que, plus tard, ils ne savent pas. Ils ignorent tout de l’aide que pourraient leur apporter les autres. Leur fierté, leur entêtement leur fait garder la tête haute dans toutes les situations ; ils encaissent, encore et toujours, sans cesse. On les détruit, ils se relèvent, parfois sans broncher. On touche un cheveu des personnes qui leur sont chères, ils sortent les griffes, bien acérées. L’antiquaire s’était enfermée dans son mutisme, surtout depuis la perte de sa sœur. Rongée par la culpabilité de ne pas être capable de prendre soin de quelqu’un. Culpabilisant et croyant que tout ce qu’elle touchait n’était voué qu’à se briser entre ses doigts. S’isoler, ne pas chercher à s’attacher, c’était, au fond, la meilleure des solutions. Aucune déception, aucun mal de commis. Gagnant pour elle, gagnant pour les autres. Si personne ne se posait de questions à son propos, elle ne s’en porterait que mieux. Ses problèmes, ses affaires personnelles, elle les gèrerait à son aise, sans l’aide de quiconque.

Devant cette fille, Aeryn avait l’impression de piquer sa crise. Elle ne disait rien, encaissant, observant. La grecque pouvait s’énerver qu’elle ne répondrait pas, ou peu. De plus en plus sur le qui-vive, elle se retenait de la forcer à dégager de sa boutique, sans une explication. Se retenait de se montrer mauvaise et impitoyable. Elle savait faire, si nécessaire. Se faisait force pour n’en rien laisser paraitre. Cette fille l’indifférait totalement. Désireuse de la connaître, et puis quoi encore ? La remarque l’avait profondément choquée, étonnée, avait brisé son reflet en mille morceaux la laissant apparaître telle qu’elle était. Et pour cela, Aeryn lui en voulut énormément. On ne s’amusait pas à la sonder de cette manière sans en payer les conséquences. Alors ses questions, et sa manière faussement naïve qui lui demandait de lui prouver je ne sais quoi, elle pouvait toujours aller se faire voir. Elle ne lui devait rien du tout. Quel toupet elle avait, celle-là à lui demander de parler d’elle, non mais quelle sans-gêne ! Aeryn ne s’exprimait pas sur elle, encore moins sur son passé, encore moins devant une inconnue. Désormais de nouveau agacée, se contenant de lui parler méchamment, le ton qu’elle adopta fut incroyablement froid, et détaché. L’inconnue n’avait fait que renforcer son mutisme, recouvrant la fragilité d’un pansement plus épais encore, mur blindé auquel elle n’aurait pas accès. Jamais.

« Je n’ai rien à vous prouver, je ne vous connais pas. Et vous n’avez pas répondu à ma première question »

Ce qui ne lui accordait pas le droit de parole pour le coup. Pourquoi ? Qu’est-ce qui la rendait aussi intéressante ? Aeryn se le demandait, ne pouvait s’empêcher de croire que cette femme mentait simplement pour se rendre intéressante, pour se donner l’importance qu’elle n’avait pas. Pour gagner du temps. Si elle prenait soin d’esquiver les questions, alors il y avait anguille sous roche. Aeryn se chargerait de trouver le cadavre dans son placard pour la mettre net devant le fait accompli sans lui laisser le choix d’une alternative ou d’une échappatoire. Trop tard pour revenir en arrière. La jeune femme s’en mordrait durement les doigts. Cependant, l’antiquaire lui laissa la chance d’une échappatoire, pour cette fois. Ou alors, elle mettait cartes sur table sans les dissimuler. L’heure du choix. Dardant ses prunelles dans les siennes, le regard se fit mauvais et insistant. Entre quatre yeux. Maintenant, tout de suite. Un choix. Et vite.

« J’attends une réponse. Ou partez maintenant. Je n’ai pas de temps à perdre. »

Pas de temps à perdre, et aucune importance à lui donner. Cette fille ne lui apportait que perte de temps, agacement et énervement, soulevant des questions qui ne lui plaisaient guère. Grattant davantage la surface alors qu’elle n’en avait pas le droit. Forçant des barrières mentales pour effriter ce masque qui l’emprisonnait.
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MessageSujet: Re: She admires you cause she feels so weak (pv Aeryn)   Jeu 11 Déc - 20:00

Comme la rouquine l'avait en son for intérieur redouté, le moment de faiblesse de la jeune antiquaire fut de courte, très courte durée. Elle s'était malheureusement réjouie trop vite à l'idée d'avoir ne serait-ce qu'entraperçu une infime fissure de ce tissu de mystère ficelant cet esprit de marbre qui forgeait la jeune femme. Et visiblement, elle s'était totalement bercée d'illusions en s'imaginant qu'aussitôt déstabilisée, la brune allait s'adoucir ou pire, s'ouvrir un peu plus à elle. Elle qui, remettons les choses dans l'ordre, n'est vue comme étant une fâcheuse opportuniste, une inconnue un peu trop curieuse à son goût qui se mêle d'affaires qui ne la concernent d'aucune manière. Mais lorsque Callie réalise que son attitude devient un peu trop déplacée et qu'elle n'aurait sûrement pas dû se lancer si prestement, il est déjà trop tard. L'antiquaire s'est repliée aussi vite qu'elle a été déstabilisée par les mots de la rouquine, quoique ce déclic fut si court qu'elle vient presque à douter du fait de lui avoir révélé ses intentions ait pu réveiller en elle une certaine faiblesse. Elle soutient sans broncher ce regard qui la jauge plus durement encore, se préparant à recevoir éventuellement une énième réplique cinglante de la part de son interlocutrice, histoire de la remettre à sa place. Et, elle s'en étonnait elle-même, elle en déduirait presque mot pour mot ce qu'elle se prendrait de plein fouet dans les secondes qui suivront.

« Je n’ai rien à vous prouver, je ne vous connais pas. Et vous n’avez pas répondu à ma première question. »

Évidemment Callie, que tu ne la connais pas. Tu as envie de la connaître, nuance. Pourquoi te permets-tu de dire de telles choses? Quelle audace d'aborder des sujets qui ne te concernent pas, et pire, de penser avoir ton mot à dire sur ce dont tu ne sais absolument rien. Tu t'enfonces, ma pauvre petite, et tu ne fais que ça depuis la seconde même ou tu as pris la parole. Un sermon dur à entendre, mais sa conscience n'a pas tort. La jeune fille pensait avoir gagné un semblant d'assurance face à la brune, mais a en réalité juste fait preuve d'une maladresse qui n'a fait qu'embrouiller davantage ses propos. Suite à cette constatation silencieuse, ce doux sourire qui pour le coup n'a pas fait son effet de baume au cœur, quitte les traits harmonieux de son visage de porcelaine qui perdit immédiatement tout son éclat. Retour à la case départ assez brutal pour la rouquine, qui encaisse une fois de plus cette pique, cette vérité qui la rend d'autant plus blessante, aussi prévisible soit elle. Retour à la case départ, car elle a honte. Retour à la case départ, car comme quelques secondes auparavant elle aurait aimé se terrer dans un trou pour ne plus jamais en ressortir. Ce profond sentiment de gêne refait surface, et à nouveau, elle perd face à cette figure imposante le peu de moyens dont elle pensait être armée. Lâchement, elle commence à penser qu'elle aurait dû quitter la boutique au moment même où la vendeuse aurait commencé à lui faire part de ses soupçons.

« J’attends une réponse. Ou partez maintenant. Je n’ai pas de temps à perdre. »

Cette seconde réplique prononcée par l'antiquaire s'avère cette fois-ci ressembler très fortement à une menace. A présent, elle impose à Callie un choix, radical. S'exprimer clairement, sans tourner autour du pot, sans chercher à éviter quoi que ce soit, ou partir pour ne plus jamais revenir. En somme, ça paraît simple. Et pourtant, l'hésitation la ronge. En premier lieu, elle songe à partir. Comme elle l'a réalisé, ce qu'elle dit ne contribue qu'à l'enfoncer, alors pourquoi s'acharner? De plus, comme elle l'a si bien dit, la brune n'a pas de temps à perdre, et encore moins à écouter une gamine dire ce qu'elle a sur le cœur. Elle n'en a sûrement même rien à cirer. Bien sûr, car elle est totalement indifférente à son égard. Mais le problème est que Callie en revanche ne l'est pas vraiment, sinon elle ne serait pas revenue maintes et maintes fois dans cette boutique, et elle ne se retrouverait pas ici, à cet instant. Ces brèves secondes de réflexion l'orientent cependant vers un choix bien différent de celui pris à l'origine. Elle va tout lui dire, tout ce qu'elle peut lui dire. Là, maintenant. De toute façon, tu ne peux sûrement pas tomber plus bas que tu ne l'es déjà, alors lance-toi une bonne fois pour toute, que cet interminable échange prenne enfin fin. Elle rassemble son peu de courage à deux mains petites et frêles qu'elle possède, et prend la parole.

« Vous voulez une réponse? Mais voilà, c'est que... je n'en ai pas de concrète. Vous aurez beau me dire tout ce que vous voulez à votre sujet, je m'en fiche pas mal, car vous avez raison, je ne vous connais pas. Mais ce que je sais, c'est que quand je vous ai vu, j'ai eu cet espèce de déclic qui m'a donné envie de mieux vouloir vous connaître. Ça, même moi je ne peux pas l'expliquer, c'est comme ça. Vous m'inspirez un je-ne-sais quoi qui vous rend... enfin, qui donne envie de savoir ce qui vous êtes. »

Inspiration, expiration. Allez, enchaîne Callie, avant que tu ne finisses pas exploser.

« Je pense, je suis même sûre que vous n'avez pas du entendre ce genre de choses jusqu'à présent. Mais... c'est réellement ce que je pense, et c'est ridicule, j'en suis consciente. Mais je ne vous mens pas, et je ne peux pas être plus sincère que ça. »

Les yeux caramel de la rouquine font à présent face à ceux qui n'ont pas cessé de la jauger depuis cet entretien.

« Alors, si cette réponse ne vous convient pas, vous n'avez qu'à me mettre à la porte, car c'est tout ce que j'ai à vous dire. C'est tout ce que je suis en mesure de vous dire. »

Peut-être qu'elle regrettera cette décision dans les secondes à venir, mais à présent, son optimisme n'est plus bien présent. Elle est déçue, clairement. Par elle-même, ou par le comportement de son interlocutrice? Peut-être un peu des deux. Fidèle à elle-même, elle aurait de tout son cœur souhaité espérer jusqu'au bout, elle ne voit pas vraiment en quoi cette discussion pourrait prendre une bonne tournure à présent. Alors maintenant, elle n'a plus qu'à attendre, et les secondes qui précéderont sa réaction seront probablement les plus longues de tout cet entretien.

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MessageSujet: Re: She admires you cause she feels so weak (pv Aeryn)   Ven 12 Déc - 13:58

La vérité. N’était-ce pas la chose la plus simple à dire, à prononcer ? Il ne suffisait pourtant que d’exprimer les faits, sans chercher à dissimuler quoi que ce soit, juste les dire, les narrer. Comment pouvait-elle être donc aussi compliquée à percevoir, aussi difficile à exprimer ? Le mensonge n’était-il pas compliqué à dire, histoire racontée de toutes pièces, inventée par peur d’affronter la réalité ? Il était pourtant moins aisé de convaincre ses interlocuteurs par des faits erronés que de narrer ceux existants. Pourquoi mentait-on pour le coup ? Une question dont les réponses pouvaient se montrer nombreuses raisons, à commencer par l’influence de l’extérieur qui contraignait à se carapater dans une forteresse pour se protéger. La cruauté du monde ne motivation nullement en la sincérité et l’honnêteté, bien au contraire. Tôt ou tard, l’enfant finissait par comprendre que le mensonge semblait la solution la plus douce, pour plaire, pour dissimuler ce qui était loin d’être avouable, ou tout simplement pour se voiler la face. Aeryn savait ce que c’était de mentir, c’est pourquoi elle décelait les mensonges avec aisance. Sans savoir pour quelques raisons, elle lisait sur cette jeune femme le besoin de dissimuler la vérité. Pourquoi, parce qu’elle n’était pas avouable, et dérangeante. Seulement, Aeryn ne lâcherait pas l’affaire, parce qu’elle avait toujours été ainsi. Quand elle souhaitait savoir quelque sorte, elle restait sur ses positions jusqu’à obtenir ce qu’elle voulait. La guerre psychologique pouvait démarrer, au premier qui lâcherait, la jeune grecque étant plutôt douée pour ce jeu-là.

Et elle sortit enfin, claire et limpide. La vérité. La crainte de cette jeune femme à l’idée de la lui avouer, à l’idée de l’avouer, se lisait évidemment sur son visage. Son regard oscillait de part et d’autre, fuyant le contact avec les yeux d’Aeryn, parce que c’était dérangeant de l’avouer, de se mettre à nue. Ses profondes respirations montraient également à quel point la panique pouvait l’envahir, se décelant même jusque dans sa voix tremblant légèrement. Il était normal d’avoir peur. La vérité avait pourtant cet aspect de soulager. Avant, ce n’était que suppositions dont l’imagination s’emparait pour évidemment mettre en cause le pire. Aeryn avait passé sa vie à mentir, recollait les morceaux de son être en ficelant des mensonges bien ficelés, dans le but de dissimuler la vérité, sa propre vérité, celle qu’elle noyait dans un flot de faits erronés dans le simple but de se protéger des autres. La vie l’avait trop détruite pour qu’elle veuille elle-même accepter les faits. Ce n’est pas pour autant qu’elle désirait que cela arrive pour quelqu’un d’autre, ce n’était même pas envisageable. Les conséquences ne lui échappaient pas non plus, elle en avait suffisamment conscience pour voir comment cela avait parfois terminé. Le mensonge n’apportait jamais de bon dénouement, jamais. La vérité finissait toujours par remonter à un moment ou un autre, et surtout au moment le plus inattendu.

« Etait-elle si difficile à dire, cette vérité ? »

Sa voix redevint calme. Aeryn avait obtenu ce qu’elle voulait. Qu’elle en pense négativement ou positivement, sa première réaction fut celle d’avoir entendu ce qu’elle voulait entendre : les faits, concrets, qu’ils soient acceptables ou non. Cette fille devait le comprendre ainsi, qui plus est, elle ne savait pas mentir du tout, on lisait sur son visage comme dans un livre ouvert. Il était préférable qu’elle ne tente pas de jouer à ce genre de jeu, loin de là, ou elle courrait vers les problèmes. Libre à elle, car Aeryn ne la connaissait nullement et se fichait bien de qui elle était. Néanmoins, il lui avait semblé qu’elle remontait un peu dans son estime, pour afin réussi à l’affronter. La jeune  femme ne lui avait nullement facilité la tâche, bien au contraire, dure et froide, elle n’avait jamais lâché l’affaire.

« Il n’y a rien de bon à vouloir me connaître vous savez. Je ne vais pas vous demander comment vous avez eu cette espèce de déclic puisque vous-même ne semblez pas savoir quoi que ce soit sur le sujet, mais je n’ai rien de concret à vous apporter. Je ne suis pas le genre de personne qui se laisse connaître, qui plus est.  »

Aeryn s’étonna de lui apporter une réponse aussi calmement et franchement. La jeune fille le méritait, d’une certaine manière. Complètement hébétée et abasourdie qu’on veuille la connaître, l’antiquaire n’en revenait pas d’avoir une certaine fascination pour elle. C’était surtout inconcevable que ce soit le cas, en tout cas pour elle. S’étonnant elle-même de ne se montrer si calme et détendue envers une fille qu’elle aurait pu mettre à la porte depuis bien longtemps, elle s’étonna également de sa candeur, de cette innocence au fond de son âme. Il y avait quelque chose dans le reflet de ses yeux de brûlant, de vivant. Que rien n’avait encore réussi à atteindre ou briser. Brusquement, elle l’envia, d’être ainsi, de ne pas avoir été détruite par les aléas de la vie. Peut-être avait-elle aussi quelque chose à apprendre d’elle. Tendant sa main devant elle, les présentations officielles étaient de mises. A noter qu’il était rare que l’antiquaire fasse le premier pas.

« Aeryn. »

Et après, que se passait-il par la suite ? Elle n’en avait aucune idée. Après tout, c’était la jeune femme qui souhaitait la connaître non ? Qu’elle prenne les rênes.
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MessageSujet: Re: She admires you cause she feels so weak (pv Aeryn)   Dim 25 Jan - 16:47

« Était-elle si difficile à dire, cette vérité ? »

Callie n'est pas une menteuse. Accumuler les mensonges est un poids que ses frêles épaules ne parviennent pas à supporter. Elle est tout bonnement incapable de prétendre, de tromper. Elle n'est et ne sera jamais faite pour un tel rôle. Sublimer ou détourner la réalité, elle ne le fait que par le biais de dessins fantaisistes. C'est tellement plus simple quand on y pense, pas vrai? Sauf qu'une fois confronté au vrai monde, celui qu'on ne sera jamais en mesure de moduler à coups de pinceaux et de crayons, celui dont on ne pourra jamais raviver les couleurs parce qu'on le trouve trop fade, on se retrouve bien désarmé. N'est-ce pas, Callie? Face à cette femme, la rouquine s'est bien vite avouée vaincue. Trop vite, même. Bien que cela lui est difficile à croire tant il lui semblait que le temps s'écoulait au ralenti, seulement une minute séparait cet instant de leur premier échange. Mais c'est comme ça. Elle n'a jamais aimé les conflits, en ayant subi de dures répercussions bien trop de fois malgré elle. Le déchirement de sa famille, notamment. Alors, des affrontements aussi futiles que celui qui vient de se produire, elle s'en passerait bien volontiers. Elle aurait très bien pu, face à la mauvaise tournure que leur discussion avait rapidement prise, s'en aller sans demander son reste. Elle y a bien pensé, en premier lieu. Mais elle avait changé d'avis car elle savait qu'elle n'aurait jamais pu se le permettre. Fidèle à elle-même quitter son interlocutrice en mauvais termes est quelque chose qu'elle n'aurait pu se résoudre à faire. De plus, c'est comme si quelque chose, en dépit de la pression, l'avait poussée à vider son sac et dévoiler ses réelles intentions.

Cette question que la jeune femme lui pose la perturbe, l'espace de quelques secondes. Si bien qu'elle ne trouve aucune réponse à lui donner. Notre rouquine ne sachant pas mentir, il est clair qu'il lui est logiquement beaucoup plus aisé de dire la vérité telle qu'elle est. Et pourtant, ça n'avait pas été le cas, ou les choses ne se seraient jamais déroulées de cette façon, et elle aurait déjà exposé le fond de sa pensée avant que le ton ne monte et que l'exaspération se fasse ressentir. Alors, pourquoi s'était-elle comportée comme si elle avait commis un délit? Il n'y a pourtant rien de mal à aller vers les gens et apprendre à mieux les connaître. Être sociable n'a, aux dernières nouvelles, jamais été un crime. Pourtant, elle avait eu honte de l'avouer, et elle est la première à s'en étonner. Elle tente d'y trouver une explication, car ce n'est pas dans ses habitudes d'agir ainsi. Inutile d'être devin pour constater que Callie devait posséder un état d'esprit bien différent de celui de l'antiquaire, comme le feu et la glace s’entrechoquant. Avait-elle eu peur, face à l'intimidation, de tourner la situation au ridicule? Peut-être bien que ce qu'elle avait craint le plus était sa réaction face à ces aveux.

La réaction en question, ne se fit pas plus attendre. Une fois cette première question posée, toute trace d'agressivité semble quitter les traits de la grecque. Elle paraît satisfaite, d'avoir pu enfin la faire parler en obtenir ce qu'elle voulait. La tension retombe petit à petit, mais Callie ne préfère pas se bercer une nouvelle fois d'illusions et faire preuve de maladresse. Elle apprend de ses erreurs, et se contente d'attendre patiemment que son interlocutrice enchaîne.

« Il n’y a rien de bon à vouloir me connaître vous savez. Je ne vais pas vous demander comment vous avez eu cette espèce de déclic puisque vous-même ne semblez pas savoir quoi que ce soit sur le sujet, mais je n’ai rien de concret à vous apporter. Je ne suis pas le genre de personne qui se laisse connaître, qui plus est.  »

Cette réponse, elle l'avait plus ou moins anticipée. L'antiquaire se répétait en disant cela, mais il devait y avoir une bonne raison à ce qu'elle insiste sur ce point. Voulait-elle le lui faire comprendre, comme si elle ne le réalisait pas encore? Calandra n'est pas stupide, et ça, elle l'avait déjà saisi avant même qu'elles ne s'adressent la parole. Alors, elle crut comprendre qu'il fallait interpréter cette affirmation comme un refus. La rouquine avait toujours une infime once d'espoir, qui à cet instant s'envola comme une poussière que l'on balaie à l'aide d'un simple souffle. Alors, tout cela n'aurait vraiment servi à rien? Elle dut bien se résoudre à y croire, cette fois. La déception ne manque pas de marquer les traits de son visage de poupée, qui depuis le début de cet entretien en avait bien dit long sur ce qu'elle ressent. Flagrant et énième contraste face à son interlocutrice qui elle, est restée de marbre, implacable. Elle n'a plus qu'à lui présenter ses excuses, lui souhaiter une bonne journée avec politesse et quitter les lieux la boule au ventre pour ne plus jamais revenir. Elle ne voit pas l’intérêt d'insister davantage, les propos de la jeune femme laissent supposer qu'elle ne compte pas revenir sur sa décision. Elle ne la connaît pas, mais le rejet est quelque chose qu'elle a beaucoup de mal à encaisser, comme une gamine à qui on aurait refusé une partie de cache-cache.

« Aeryn. »

Alors qu'elle s'apprêtait à prendre la parole, sa surprise n'est pas des moindres lorsqu'elle découvre la main de la grecque tendue vers elle. Ses grands yeux ronds de stupéfaction se posent sur la dénommée Aeryn. Elle ne comprend pas, elle n'arrive pas à y croire. Alors elle s'était décidée à faire un pas vers elle en se présentant, après ce qu'elle venait de lui dire? Lorsqu'elle constate cela après quelques secondes de blocage, elle ne peut s'empêcher de sourire jusqu'aux oreilles. Son teint regagne de son éclat, elle affiche nettement son contentement.

« Enchantée! Je m'appelle Calandra, mais je préfère Callie. »


Elle répond à son geste en lui serrant la main à son tour. Plus de gêne, plus de mensonges, plus de pression. La rouquine se sent parfaitement à l'aise, dès à présent. Cette fois, c'est elle qui a obtenu ce qu'elle voulait, alors qu'elle n'y croyait plus. Spontanément, elle prend une nouvelle fois la parole. C'est à elle de jouer.

« Votre boutique est vraiment jolie. C'est un bien de famille? »

C'est la première question qui lui passe par la tête. Consciente qu'elle va devoir prendre l'antiquaire avec des pincettes si elle veut apprendre à la connaître, elle ne préfère pas risquer à lui demander des choses la concernant directement.
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MessageSujet: Re: She admires you cause she feels so weak (pv Aeryn)   Ven 6 Fév - 16:08

Cette fille-là, elle ne la comprenait pas. Comment, elle simple antiquaire de poche, à peine formée par le métier pouvait avoir être un modèle pour une quelconque personne, surtout de celles à qui elle n’avait jamais adressé la parole, ni même posé un regard sur eux pour leur montrer une once d’intérêt. Aeryn ne comprenait tout simplement pas comment une personne comme elle avait bien pu avoir un déclic la concernant. A moins que la réponse n’ait été sous ses yeux depuis le début et qu’elle ne l’avait pas vu arriver. Encore une manière détournée de lui faire des bêtises non ? Elle ne savait pas, cependant la méfiance semblait encore présente bien que plus atténuée qu’au début de leur rencontre. Il y avait quelque chose chez cette fille, dans son regard qui la faisait penser à une période maintenant révolue et enfouie dans son passé pour toujours. Ces instants où elle était encore une jeune adolescente insouciante, bien avant la tragédie dans le domicile familial. L’espace d’un instant, elle crut se reconnaitre à travers cette jeune fille. Une candeur bien présente bien qu’elle ait l’air d’avoir une vingtaine d’années. La chanceuse, elle ne pouvait s’imaginer combien elle l’était de passer outre cette désagréable sensation que le monde était pourri et garder cet optimisme, cette candeur que peut-être tout finirait par s’arranger. Il suffisait de peu de choses parfois, pour vous permettre de voir un peu plus loin, et de se ficher de ce qu’il se passait autour : ces gens là pouvaient passer outre, peut-être était-ce de l’inconscience, mais c’était ces personnes qui rendaient le monde meilleur. Aeryn avait perdu cette notion là depuis bien longtemps, sans se souvenir de ce que c’était que d’être candide et émerveillé. Elle avait oublié parce que l’esprit n’y était plus. Le souvenir y était encore présent, seulement ce n’était qu’une image d’un film, sans aucune pensée derrière.

Calandra. Un prénom peu commun, enfin, elle pouvait parler pour sa part dans le genre peu commun. D’un sourire, elle hocha la tête. Ce fut davantage par politesse qu’autre chose qu’elle répondit, mais l’intention y était. L’antiquaire se montrait un peu moins hostile, calmant un peu ses ardeurs et sa colère. Cette fille n’y était certainement pour rien, elle n’avait rien à se reprocher, tout n’était qu’une idée qu’elle se faisait dans sa tête. Un comportement pouvait avoir tellement d’interprétations différentes que cela devenait difficile de faire le tri dans le vrai du faux. Ne restait que les faits, unique moyen pour comprendre, d’une certaine et contre le vrai du faux. Sans la moindre interprétation, un fait restait un fait. Ecarté de tout contexte, on le jugeait par l’acte sans chercher les motivations de la personne. Elle l’avait fait, point. Pourquoi, comment, dans quel contexte… cela n’entrait nullement en ligne de compte.

« Enchantée également Callie »

Mains serrées, une étape avait été franchie. En espérant que la clarté de l’affaire le reste, et que d’autres faux-semblants n’apparaissent. Aeryn avait appris à se méfier pour rester en vie, et a toujours gardé une certaine vigilance, même envers les personnes en qui elle avait parfaitement confiance ; un revers de médaille était si vite arrivé. Se donner corps et âme à une personne, c’était prendre un gros risque, que l’antiquaire ne prendrait plus. On ne joue pas avec sa vie, la roulette russe ne l’intéressait pas.
La conversation s’engagea entre elles. Calandra semblait curieuse d’en savoir davantage. Qu’elle se frotte pas à des questions trop personnelles ou elle recevrait une remarque acide en retour. Néanmoins, elle décrocha un sourire en retour de sa question plutôt inattendue. Les remerciements aux compliments, pas son truc.

« Non, pas du tout. Je l’ai rachetée à l’ancien propriétaire qui partait à la retraite. Vous aimez l’art ? »

L’art, une conversation générale qui pourrait aider à une première conversation plus utile que parler de soi. Aeryn en était passionnée, capable de se plonger dans des livres en tous genres pour lire et s’instruire. Une question pour une question cependant, Aeryn dévoilerait des informations tant que Calandra lui en donnerait en retour.

« Et pour vous alors, je suppose que vous êtes étudiante ? »

Son âge, sa candeur, il lui semblait qu’elle sortait tout droit d’un conte de fées. L’imaginer travailler lui paraissait plutôt inconcevable en réalité. Trop enfant, trop … innocente. Comme si elle avait vécu dans une bulle toute sa vie. C’était bête de penser cela, mais il lui semblait que Calandra avait été protégée de toute la dureté du monde jusqu’à aujourd’hui. Etrange non ?
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She admires you cause she feels so weak (pv Aeryn)

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