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 "Innocent until proven guilty, right ?" (Wayne)

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MessageSujet: "Innocent until proven guilty, right ?" (Wayne)   Lun 29 Sep - 22:16

Innocent until proven guilty.
Wayne & Svenja

Ses escarpins claquaient furieusement sur le marbre glacé. Le bruit courrait que rien qu’au son de sa démarche, ses assistants pouvaient prévoir son humeur avant que sa silhouette ne se dessine dans l’embrasure de son bureau. Clac, clac, clac, clac, clac. Autant de furieuses protestations contre sa présence en ces lieux. Sur son passage nombre de sourcils se haussèrent à mi-chemin entre surprise et exaspération. Outre son luxueux tailleur blanc qui jurait étrangement au milieu du terne uniforme arboré par la bureaucratie peuplant ces couloirs, tout dans son attitude témoignait d’un respect tout relatif pour les lieux qu’elle arpentait. Assurément, Svenja n’avait aucune conscience de la désapprobation générale soulevée sur son passage. A vrai dire sa propre perception de son environnement direct était relativement perturbée et le fait qu’elle ne se soit heurtée à personne relevait quasiment du miracle. Dans sa main droite, un téléphone sur lequel ses doigts pianotaient furieusement, tandis que sa main gauche soutenait au niveau de ses lèvres un fil blanc serpentant tout droit de son oreille dans lequel  des remarques laconiques telles que « Mmh », « Non ! » et « Les rouges ». La cavalcade s’éteignit brusquement sur un tac-tac final particulièrement bruyant lorsqu’elle manqua de s’écraser sur la large poitrine du vigile surveillant la salle d’audience numéro 4. La montagne de muscle se mit immédiatement en travers de son chemin en toisant d’un air imperturbable la source de tout ce vacarme.

«- Je suis désolée Madame mais vous ne pouvez pas rentrer dans la salle avec ça.
- Mademoiselle, corrigea t’elle machinalement en arrachant d’un geste brusque son oreillette. Ca, c’est mon outil de travail, je suis déjà obligée de perdre une matinée à cirer les bancs de cette salle pour ce foutu procès et vous allez me dire que je ne peux pas communiquer avec mon bureau ? »

En guise de réponse, l’homme décroisa ses bras massifs et tendit une main immense, paume tendue vers le ciel dans sa direction, les traits toujours dépourvus de la moindre émotion. Alors comme ça le gorille pensait réellement qu’elle allait lui remettre son portable sans discuter ? Il avait manifestement passé trop de temps à gérer la masse de fonctionnaires minablement obséquieux qui grouillait tout autour d’eux et trop peu dans le monde réel.  Si sa silhouette massive et ses airs patibulaires parvenaient à décourager les criminels de seconde zone, ce n’était pas le cas de l’emmerdeuse patentée qui lui faisait face, les deux poings vissés sur les hanches. Une poignée de secondes s’écoula en silence tandis que chacun se tenait immobile, attendant que son interlocuteur finisse par céder. Svenja risqua un coup d’œil à l’intérieur de la salle avant d’exhaler un bref soupir. D’expérience elle savait qu’il y avait deux points sur lesquels le gouvernement de plaisantait pas dans ce genre de situation : la sécurité et le respect des lois. Or, en discutant ainsi les règles élémentaires régnant sur ce tribunal, l’irascible allemande s’exposait à des ennuis autrement plus importants que la pire des bourdes que les deux petits crétins en costume lui servant d’assistants étaient en capacité de produire en son absence. Mais c’était une question de principe.

On ne pouvait pas affirmer qu’elle portait particulièrement le gouvernement actuel dans son cœur. Pas plus qu’elle ne le détestait, d’ailleurs. Mais c’était le client parfait : fidèle, bon payeur et fournissant un accès unique aux élites de cette ville.  Leurs diverses collaborations lui avaient offert une plongée la tête la première dans les coulisses de la machine infernale. Si connaître les rouages du système était la porte ouverte à nombre d’opportunités, mieux valait également fermer les yeux sur un certain nombre de dysfonctionnements et autres drames qui finissaient étouffés au berceau entre deux mondanités. Même les cœurs les plus endurcis auraient pu se soulever en découvrant le nombre d’affaires sordides qu’une simple inauguration de salle de spectacle parvenait à soulever. Chaque homme et chaque femme à la tête de cette nation avait ses vices et ses secrets. Heureusement pour  elle, le travail de Svenja n’était pas de nettoyer ou camoufler leurs « petites bavures ». Non, elle se contentait de garder les lèvres closes et de s’assurer que les divertissements et le champagne pleuvent sur eux quoi qu’il arrive. Aucun gouvernement n’est parfait. Personne au monde n’était mieux placé que Claudia Gärdener pour en témoigner. D’un certain point de vue, l’allemande pouvait se targuer d’avoir connu pire, tout comme ses parents avant elle. Juger ces individus et tenter de justifier leur position au sein de cette société était une tâche qui ne lui incombait pas. Le détachement avec lequel elle considérait la chose participait très certainement aux raisons pour lesquelles elle était l’une des meilleures à ce qu’elle faisait – la meilleure. Deux raisons donc pour ne pas s’opposer de front au gouvernement : rien ne lui plaisait plus que son job et elle avait parfaitement conscience de ce dont il était capable face aux tentatives de le contrer.

Mais revenons au nouveau copain de Svenja. Visiblement lassé de cette joute silencieuse avec la pétasse en tailleur blanc qui lui faisait face, le vigile avait pris le parti de l’ignorer, son regard glissant loin au dessus de son crâne blond. L’air faussement décontracté du vigile se voyait cependant démenti par la façon menaçante dont ses épaules roulèrent lorsqu’il croisa ses deux jambons sous ses aisselles tandis que son corps massif interdisait toujours l’entrée de la salle. Un bref regard à sa montra lui indiqua qu’il lui restait une dizaine de minutes pour convaincre Cerbère de la laisser traverser les portes de l’enfer avec ou sans son téléphone. Naturellement, sa préférence se portait sur la première solution. L’espace d’un instant, elle s’imagina glissant une liasse de billet dans l’énorme poing serré de l’homme, mais en observant avec attention la façon dont sa mâchoire carrée s’inclinait invariablement à chaque fois qu’un officiel s’approchait pour franchir la porte interdite Svenja finit par convenir avec dépit que cette tentative était vouée à l’échec. Elle nota au passage que les nombreux hochements de têtes que sa propre personne avait récoltées à chaque fois qu’un éminent bureaucrate la dépassait ne semblaient pas non plus particulièrement l’émouvoir. Son attention se reporta sur l’écritoire écrasée contre sa vaste poitrine et une lueur d’espoir la traversa.

« - Hey ! elle claqua des doigts au dessus de sa tête dans l’espoir d’attirer son attention. Je suis témoin à charge dans ce procès, mon nom doit être écrit quelque part là-dedans. Son doigt pointa l’écritoire. Mais je ne dois peut-être pas assister à TOUTE l’audience, si ? Je peux peut-être attendre dans le couloir avec mon téléphone, ses lèvres se relevèrent en un sourire un peu plus affable, et vous me ferez signe lorsque ce sera mon tour de passer ? »

Il la toisa avec le même air insondable que précédemment, les bras toujours croisés sur la poitrine. Quelques secondes s’écoulèrent avant qu’il ne daigne lui donner une réponse.

« - Non. »

Tout à coup les épaules du colosse frémirent imperceptiblement tandis que des pas et le murmure d’une conversation retentissaient dans le dos de Svenja. Cette fois-ci le mouvement de tête se fit nettement  plus marqué et s’accompagna d’un « Monsieur le ministre » mielleux. Evidemment.

« - Lèche-botte » grinça t’elle entre ses dents avant de pivoter sur ses talons pour faire face aux nouveaux venus. Seul un vague tressautement de ses paupières trahit sa surprise lorsqu’elle découvrit de quel ministre il s’agissait. A son tour, son menton s’inclina très légèrement tandis qu’un vague sourire s’accrochait sur ses lèvres.

« - Messieurs. »
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