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 there will be blood. (shining)

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MessageSujet: there will be blood. (shining)   Sam 4 Oct - 22:03

Mister? You got a bone stickin' out of your arm.

– Let me just sit here a minute.

NO COUNTRY FOR OLD MEN


Nuit noire. Étoiles silencieuses. Y'a une lumière qui tremble, qui ouvre l'obscurité. Bille qui s'agite dans la bombe. On secoue, encore et encore. Un instant d'hésitation. Un doute, sur la matière à produire. L'ombre s'en va. Le geste est sûr, le rouge s'étale sur l'Ordure. On ravale la façade du président, ou plutôt ce qu'il reste de lui ; quelques coup de peinture pour rectifier l'Histoire. On trace une gueule plus correcte à sa statue, celle qui trône à l'entrée du parc qui porte son illustre nom. On rajoute une ou deux phrases sympathiquement grossières sur ce que l'on pense du pouvoir, une étoile rouge, et le tour est joué. Un acte rédempteur pour la société. Enfin, presque, dans les grandes lignes. On s'défoule aussi un peu, surtout quand on a passé une journée de merde dans un bureau de merde. Mais Nika aime bien se dire que parfois, il fait de l'art. Comme parfois, il fait de la littérature. Il sait qu'il en a des possibilités, et des projets et des rêves plein les recoins d'son crâne. Ça s'entasse partout, partout. Une poignée de miracles en perspective. Bien sûr, y'a pas grand monde qui les comprend, ses miracles ; à force de faire partie de l'avant-garde, on finit par être trop en avance. Ou en retard.

Descendant de son promontoire, il fixe la seule présence humaine à portée de voix, celle qui fournit la sacro-sainte lumière. « Alors, qu'est-ce t'en pense ? C'est pas crade non ? » Travailleur satisfait par son dur labeur, il s'accorde une clope. L'espace d'un instant, il se transforme en dragon échappé d'un conte, crachant sa fumée à la Lune. Les ombres sont étranges cette nuit. Peut-être un peu sauvages. L'autre ne répond pas. Y'a bien un haussement de sourcil, mais il ne veut pas dire grand chose. Shining est pas du genre à s'épancher, c'est p't'être pour ça qu'ils s'entendent bien. Parfois l'ukrainien a une trop grande gueule, ça compense. Il hausse les épaules, et jette un dernier coup d’œil au marbre tâché. Lui ça l'fait marrer.

Et puis le désordre qui surgit. Sifflements brusques, agitation soudaine ; le chant des sirènes s'empare de la nuit, raye la douce mélodie du parc aux camés. Des gosses détalent, hurlent dans le noir. Pigs. « Merde ! » Pas l'temps de s'attarder, faut décamper si tu veux pas t'faire chopper. Les nuits au poste se finissent souvent en tabassage en règle, parce que les flics s'emmerdent, parce que les flics sont cons, parce que les flics sont tous des pourris avec un foutu complexe d'infériorité. Devant les collègues, faut qu'ils prouvent qu'ils en ont une grosse. Bien sûr, ils s'arrangent pour ne pas te toucher la gueule, juste le bide, là où c'est vicieux, là où ça s'voit pas. Alors Nika réfléchit pas trop, attrape sa maigre besace, y fourre ses bombes et détale à la suite de son acolyte, déjà quelques mètres en avance. L'adrénaline roule dans leurs veines, dévale leurs artères. On court, on court. Le tatoué semble mieux connaître le quartier et les guide à travers les boyaux de la ville, histoire de semer quelque illusoire peacekeeper qui ferait des excès de zèle. Le genre de vendu qui a faim de justice, et se fout pas mal de courser deux petits merdeux pendant un quart d'heure pour un délit mineur. Délit mineur. On sait plus bien avec ce gouvernement de merde, qui a le cul entre deux chaises. Certes, l'état est un rien moins policier et les Hunter's Seasons ont été supprimés, mais il reste totalitaire. Les médias sont contrôlés, tout comme l'opposition. Au final, les résultats restent les mêmes, tout est simplement plus insidieux.

Après une vingtaine de minutes, les deux outlaws finissent par débarquer dans un quartier plus calme, et, d'un commun accord, s'infiltrent dans un immeuble en construction. Grues, pelleteuses, bétonnières abandonnées, tas de sable, briques, parpaings délaissés ; chantier chimérique aux ouvriers fantômes. Ils grimpent jusqu'au dernier étage, simple terrasse de béton, abritée par quatre murs et un toit fissurés. Pieds qui pendent dans le vide, les comparses se sont installés aux fenêtres vides, surplombant la ville aux mille lumières. Beauté tentaculaire.

« Bordel, quelle soirée. J'ai cru qu'on allait se faire choper. On les a bien semé ces cons. » L'ukrainien lâche un ricanement sec, presque un aboiement. Le clébard s'est bien amusé, lui. « Ces putains de peacekeepers semblent proliférer dans les rues ces derniers temps. C'est d'venu chaud pour taguer tranquillement. » Une pause, une nouvelle clope. Avec tout ce qu'il fume, il finira cloué au plancher un de ces quatre. Un de ces quatre. « En tout cas, merci d'avoir joué les guides, j'connais pas bien l'coin, j'crois bien que j'me serais paumé. » Longue taffe. Enfin il respire.
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MessageSujet: Re: there will be blood. (shining)   Lun 6 Oct - 17:19



Refaire le monde. Accusé de défigurer sa beauté. Mais c’est déjà fait. La vie s’en est bien chargée. Un moment de révolte qui fit battre son cœur de pierre.  Dépose la bouteille vide au pied de la statue. A la tienne la justice. Crevons tous sous ton regard impartial. Tiens la lampe, éclaire les taches. Entache-nous putain de vie. Il éclaire, l’ombre qui fuit. Il la poursuit et dessine de son faisceau le chemin de la bombe. Le bruit métallique des cliquetis d’une bille qui roule au fond d’une boite. Boite crânienne sur le point d’exploser. Il ne veut pas se poser de questions. Il s’en fou. Puis enfin, c’est fini. C’est une œuvre. C’est une arrogance. Peindre avec son sang, ses tripes. Dégouliner de volonté, vomir de rage. Empester l’alcool, un cadavre qui prendra feu de part ses veines imbibées. Ce qu’il en pense. Il y a bien longtemps qu’il ne pense plus. Il regarde. Il a juste posé le goulot sur ses lèvres. Prendre feu, vite déclarons l’incendie. Il est vide, remplissait le jusqu’à ce qu’il éclate. Il ne supporte plus d’être sec. La soif perdure. Elle ne cesse jamais. Nika est rassasié de sa peinture, il serait presque jaloux. Envieux de ne rien ressentir, mais il est vide qu’il n’arrive à ressentir même de la convoitise de ce sourire décroché sur sa gueule d’ange. Putain de cabot.

Puis il a les cris d’une boite. Résonne dans sa tête. Sa main lâche et le verre se brise. Le liquide s’étend au sol et ils courent. Ils courent comme jamais. Putain d’enfoirés. Il est armé, il pourrait en flinguer un. Mais pas ce soir. Il a versé alcool et peinture, pas de sang. Pas de larmes. Juste courir. Il est guide des enfers. Ils partent, se faufilent. Les autorités sur leur pas, des enfoirés capables de les flairer. Le bruit de leurs godasses les trahit. Ils peuvent courir oui, une fois, deux fois et trois ils tirent. Mais ils s’échappent. Il sait. Ils grimpent un grillage. L’ivresse ne l’empêche pas de ses exploits habituels d’acrobate. Il se jetterait du haut sans la moindre crainte. S’écraser, peut-être mourir. Enfin. Mais non. Il est sur ses jambes et ils courent. C’est sans fin. Ils oublient probablement de respirer. La jugulaire palpite, oxygène les muscles. La rate gonfle, le foie déjà plein n’en peut plus. C’est une douleur insupportable que le coté. Le vent siffle dans ses oreilles, étourdis. Courir.

Un regard. Ils pénètrent cet abri délabré. Future demeure. Un tas de gravats. Calme. L’air s’engouffre dans les bronches. Le froid de la nuit le brûle. Il fait si mal de vivre. Puis quand ils trouvent perchoir à leur hauteur, le cœur bat normalement. Le corps est une science. La rate n’a pas explosé et alors ils verront le soleil se lever. Encore une fois. A moins de s’entretuer ce soir.

Ils regardent la ville, d’un million d’étoiles qui ne sont que de simples réverbères. Pale. Sans histoire. Ses plaintes lui parviennent, portées par la fumée de sa clope. Shining pose sa tête contre l’encadrement de la fenêtre. La vision trouble. Putain de course, putain d’alcool. Il a soif. C’est brisé. C’est foutu. Il est vieux. Il est pathétique. Il va mourir. Pas ce soir, c’est trop brutal. A petit feu. « Y’a pas de quoi, j’n’avais pas l’intention de me faire attraper par ces enculés. » Dégueli de mots. Qu’ils aillent en enfers. Soupire. Ils sont amis. Il ne sait pas pourquoi. Il déteste les gens, il déteste sa nature de sale chien. Il déteste tout de lui. Ou presque. Putain de révolutionnaire, il le hait de tant d’espoirs inutiles. Des espoirs vains. Rebelles. Pour quoi faire ? Quoi changer ? Tout est parti. Pour l’avenir ? Ne faites pas de gosses. Il l’aime bien. Il le rend plus humain, alors qu’il était en théorie par sa nature plus humain que l’ukrainien.

Il se demande ce qu’elle penserait de tout ça. Candide. C’est à elle qu’il pense, quand son regard se perd. Qu’il semble être mort tout simplement. A fixer devant lui, les fantômes d’une vie qui semblait si lointaine. Reviens Candide. Il aurait du mourir pour elle. Avec elle. Quelle différence. Il ne reste plus rien. « On a été balancé. » Il sortait de ses songes. Enfin, il décide de descendre cette capuche abattue sur son crane ; un peu d’air. Il brule de froid. Quelqu’un avait signalé la présence des tagueurs. Humanité, corrompue. Une subite envie de vomir. Sa voix pourtant, comme toujours ne laisse rien transparaitre. Eteint. Il fixe les lumières de la ville, elle aussi se consumera. L’atmosphère est lourde. Suffocante. Jette un coup d’œil à l’homme à sa droite qui jette son mégot dans les briques douze mètres plus bas. Chacun son vice. Celui de Shining le rendait juste pathétique. Vision néfaste de l’alcoolisme, pourtant, pas plus poison qu’autre chose. Il faudrait bruler la ville tout entière. Construire une bombe. Tout détruire pour mieux recommencer. Il faudrait… Mais il ne ferait rien. Cela n’aurait qu’un temps. Comme l’époque qu’ils étaient en train de vivre. Tout cela finira par s’essouffler. « Les gens sont si malheureux qu’ils feraient n’importe quoi. » Pour devenir n’importe qui. C’était exactement ce qu’il faisait. Rares sont ceux encore animés par une voie. Les gens comme Nika.

HRP : désolé c'est assez pouri XD
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there will be blood. (shining)

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