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 Through The Glass [PV]

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↳ Opinion Politique : Anti-Gouvernement
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THE ROLLING STONES - satisfaction | PUSCIFER - the undertaker | 30 STM - the kill | PAPA ROACH - getting away with murder | DEPECHE MODE - wrong | LINKIN PARK - castle of glass | IMAGINE DRAGONS - shots | THE KILLERS - shot at the night | HURTS - somebody to die for | BLACK LAB - this night

↳ Citation : « Nous sommes tous frères sous la peau, et j'aimerais écorcher l'humanité pour le prouver. »
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MessageSujet: Through The Glass [PV]   Mar 7 Oct - 23:30

I'm looking at you through the glass. Don't know how much time has passed. Oh God it feels like forever. But no one ever tells you that. Forever feels like home. Sitting all alone inside your head. 'Cause I'm looking at you through the glass. How do you feel ? That is the question. But I forget. You don't expect an easy answer. When something like a soul. Becomes initialized. And folded up like paper dolls. And little notes. You can't expect a bit of hope. So while you're outside looking in. Describing what you see. Remember what you're staring at is me --------------------------------------
Through Glass
forever feels like home

« - Hogan, magne-toi le cul ! Tu suis. » Crache l’inspectrice de sa voix de crécelle, juste après avoir cogné contre la vitre avec son poing. Même avec l’habitacle fermé, il peut entendre la castratrice beugler. Etre recruté dans la police pour couvrir ses arrières et récolter de précieuses informations. Ou la pire idée qui a traversé sa cervelle détraquée depuis très longtemps. Il n’est à son poste que depuis quelques jours, et il sature déjà. Il n’est pas fait pour ça. Pour recevoir des ordres, et non en donner. Pour empêcher des imbéciles de s’entretuer, alors qu’il passe son temps à s’en servir de garde-manger. Pour lutter contre le crime, en feignant de ne pas être lui-même rongé jusqu’à la moelle par la vermine. Mais même s’il ignore combien de temps il va encore tenir à ce jeu dangereux, il ne peut plus vraiment reculer. C’est faire profil bas et déporter les soupçons qui pèsent sur lui, ou finir en taule ou entre quatre planches de bois. Au moins, on lui a épargné le ridicule de l’uniforme. Un grognement, et il se décide enfin à repousser la portière avec une évidente mauvaise volonté. Il extirpe sa vieille carcasse de l’engin métallique, s’avance d’un pas nonchalant vers la bâtisse lugubre dans laquelle sa chef s’est engouffrée moins d’une minute auparavant. Il sait que sa lenteur lui vaudra un sermon dès qu’ils auront terminé de cuisiner le personnel de la morgue, mais il s’en moque. Il obéit, c’est déjà bien non ? Même Sanjana ne peut pas se féliciter très souvent de parvenir à un tel résultat avec lui.

Une brise austère le percute dès qu’il pénètre à l’intérieur du frigidaire géant, en parfait contraste avec la chaleur pesante qui règne au dehors, même à une heure aussi tardive. L’odeur âcre d’antiseptique lui vrille désagréablement les narines, camoufle celle infiniment plus enivrante du sang bouillonnant. La dissection de macchabées lui a toujours paru étrange. Il préfère mille fois plonger une lame dans un être qui peut respirer, gémir, supplier. Des voix lointaines se fraient un chemin jusqu’à ses tympans mais elles sont semblables à un vulgaire brouhaha en dépit de ses sens aiguisés.  Sa collègue a sans doute déjà ouvert les hostilités, telle qu’il la connait. Il continue d’avancer dans le couloir exigu sans se presser, frôle une légiste aux courbes suffisamment enjôleuses pour qu’il les détaille sans la moindre pudeur lorsqu’il pénètre dans la première pièce. Les effluves de chair nécrosée gagnent en force, font naitre une sensation familière le long de son échine. La blonde polaire est postée les bras croisés devant un cadavre, recouvert d’un drap supposé cacher la misère. Fidèle à elle-même, elle lui jette une œillade meurtrière et lui assène un violent coup de coude entre les côtes lorsqu’il se positionne à ses côtés. « - Tu t’es perdu ? Va falloir que t’apprennes la discipline, sinon tu vas pas faire long feu dans ce boulot. » Siffle t’elle entre ses dents serrées. Si elle osait, elle lui collerait sa main dans la figure, et il se demande d’ailleurs comment elle a réussi à se retenir jusqu’ici. Son self-control l’impressionne presque, et met à l’épreuve le sien, qui brûle de l’encastrer contre un mur pour la réduire au silence le plus complet. Le malfrat fait mine de la dévisager avec un air corrupteur, alors qu’elle le laisse de marbre. Si elle est loin d'être désagréable à regarder, ses tentatives pour le mettre en laisse depuis qu’il est en fonction ont un effet relativement répulsif. « - Tu devrais songer à te faire sauter la rondelle de temps en temps, l’abstinence te rend aigrie. » Ronronne-t-il, cherchant ouvertement à la faire sortir de ses gonds. Usant et abusant d’intonations grinçantes qui viendraient à bout de la patience des plus aguerris. Le claquement sourd de la porte qui se referme sur ses prisonniers comme dans une cage le tire cependant de son obsession malsaine. Ses sphères d’acier se tournent vers la source du bruit, sans se méfier. Certaines de trouver dans l’encadrement la créature aguicheuse croisée auparavant, qu’il imaginait à la recherche d’une quelconque paperasse. Sauf qu’un grand gringalet hirsute a pris sa place.

Aleksi. Son misérable cœur trébuche lamentablement sous la surprise, se serre dans sa cage thoracique. Se décroche de ses sinistres parois. Vulgaire amas de chair rejetant de l’acide sur ses plaies ouvertes. Il songe même être la victime d’un mauvais rêve ou d’une illusion. Un frisson assassin lacère son échine, remonte en rampant et vient planter ses griffes acérées dans le creux de sa nuque. Paralysé, en proie à un vertige redoutable, il lui faut une poignée de secondes pour constater qu'Il revêt une blouse blanche. Pour relier la raison de Sa présence à ces lieux funestes. Sa mâchoire s’ouvre, se referme. Mais aucun sarcasme ne parvient à en sortir. Le scandinave se contente de Le fixer comme un pauvre imbécile, piégé comme un rat. C’est son acolyte qui brise la glace, sans relever la gêne palpable. Elle pousse le vice jusqu’à tendre la main au nouvel arrivant. Il peut se brosser pour toucher la mienne. « - Bonsoir, Lieutenant Hart. Votre collègue vous a expliqué ? C’est vous qui êtes en charge de l’autopsie du corps, c’est bien ça ? » Le ton est net, professionnel, sans bavure. C’est une blague ? Il croit délirer l’espace d’un instant. Le finlandais, en train de jouer au parfait petit tortionnaire sur des spécimens morts ? Lui, qui tournait quasiment de l’œil à la vue du sang. Il n’a rien à faire là, mais étrangement une certaine logique en découle facilement. Un ricanement moqueur et incontrôlable lui échappe malgré lui.  « - Mieux vaut être sourd. » Glisse-t-il dans un murmure peu discret avant de plonger ses prunelles railleuses dans les émeraudes de l’ancien informaticien. Les inconscientes s’y s’écorchent, au risque de sombrer dans une mare d’écarlate.

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There's a reckoning a'comin. And it burns beyond the grave. With lead inside my belly. Cause my soul has lost its way.
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MessageSujet: Re: Through The Glass [PV]   Dim 12 Oct - 21:08


« - Aleksi ? Les inspecteurs sont arrivés, je te laisse t’en occuper. » Juste une tête qui passe par l’encadrement de la porte et qui disparaît. J’ai à peine eu le temps de lever le nez vers la légiste pour la voir disparaître. Je me ratatine misérablement sur ma chaise et je reste là, à regarder mes mains qui tremblent. Les forces de l’ordre me dérangent. Les policiers encore plus. Depuis mon arrestation, je les redoute. Pour avoir été le témoin de la violence dont ils peuvent faire preuve, du détachement ignoble dont certains se parèrent en prison, fermant les yeux devant des agressions d'une ignominie sans nom plutôt que d’empêcher le pire. Par crainte des représailles, par envie de jouer les voyeurs aussi peut être. Alors quand la légiste m’a annoncé la venue de deux d’entre eux, quelque chose s’est cassé. Sous la peau, la fiole contenant la crainte et la soumission s’est brisée, déversant tout son contenu sur mon cœur et me laissant respirer le reste à plein poumons pour bien m’en imprégner. Je ne suis pas suffisamment compétant pour faire face à un duo d’imbéciles en uniforme. Ma reconversion dans le milieu de la mort est trop récente pour que je sois capable de mener toute une discussion sans avoir l’air d’un parfait charlatan. La médecine m’a toujours attiré. La mécanique humaine, complexe et pourtant fragile, étant quelque d’extrêmement fascinant. Si au début, l’ambiance qui régnait dans ces lieux me mettait mal à l’aise, me retrouver face à un cadavre, parfois dans un état des plus ignobles, me retournaient les entrailles, j’ai fini par m’y faire. Trouvant là un moyen de me perdre à corps perdu dans un nouveau domaine pour oublier mon autre travers. Même si l’informatique me poursuit aussi entre ces murs, son utilisation n’est pas suffisante pour me faire plonger. Des voix me parviennent de la pièce d’à côté, puis le bruit de talons sur le sol. Je les suis, jusqu’à les perdre et me retrouver seul avec le ronronnement continu de la ventilation. Du bout de mes doigts mal assurés, je soulève la pochette du dossier qui se trouve devant moi, puis y jette un coup d’œil avant de la refermer en plissant le nez.

La nausée me prend à la gorge lorsque je me lève, le simple fait de penser que je vais devoir revoir ce corps saccagé m’indispose. Ce n’est pas de la répulsion, ou vraiment très légèrement. Il y a quelque chose de dérangeant chez ce cadavre. Une impression de déjà-vu dont je n’arrive pas à me défaire et une fascination morbide qui me colle, elle-aussi, à la peau. Ils sont déjà là, tous les deux, sagement installés à côté de la table d’acier. Je ne leur jette qu’un infime coup d’œil, essayant d’éviter le plus possible le contact pour masquer au mieux le trouble qui me dévore. Mes mains tremblent lorsque je referme la porte et tente d’enfiler au mieux ma blouse. Et l’erreur est commise. Je m’autorise un regard en direction de la blonde, puis laisse mes prunelles dériver sur son collègue. Mon souffle se coupe, se heurte contre des récifs qui lacèrent mon cœur au passage. Pas lui. Surtout pas Lui. Depuis qu’Il m’a viré, je me suis échiné à ne plus croiser Sa route. A l’effacer de ma mémoire, et à Le ranger dans la case qui est la sienne : celle d’une vulgaire erreur de parcours. L’esprit s’en convainc, mais le corps se souvient. J’ai parfois encore l’impression de sentir Ses mains sur ma peau. La domination qu’il a exercée sur ma misérable carcasse et le plaisir qui en résulta. Le trouble gagne en puissance, traverse mes traits, les dérangent puis le flegme reprend sa place. D’un raclement de gorge, encore chancelant, je me rapproche du couple. Elle se présente, Lui ne le fera sûrement pas. La main qu’elle me tend parvient à me nouer la gorge et à faire courir sur ma peau des doigts de glace. Malgré tout, je finis par serrer la main tendue, un sourire de fonction, factice, se collant sur mes lèvres.

« - Aleksi. Etant relativement nouveau dans l’équipe, la légiste a supervisé une partie de l’autopsie. Mais je devrais être en mesure de répondre à vos questions. » Mon aplomb me surprends. Jure avec la tempête qui sévit sous ma peau et dans mon crâne. J’essaie de trouver une explication logique à Sa présence ici. Et avec un inspecteur de police. Les connexions se font, difficilement, mais lorsque l’option la plus probable s’affiche enfin devant mes yeux, et que le son de Sa voix résonne dans la salle, je ne peux m’empêcher de poser un regard surpris sur Lui. Croiser Ses prunelles de glace m’incendie les reins et me met au supplice. Je me prends en pleine figure tout ce que j’ai vainement tenté d’oublier pendant ces derniers mois. Même sans être son employé, ce qu’Il peut exercer sur moi reste intense. Je me dérobe, la gêne engendrée par la chaleur qui me ronge m’obligeant à remonter à la surface. J’ai repoussé l’échéance, mais reculer n’est plus possible. L’assurance est revenue se glisser dans mes doigts une fois les gants revêtus. Un infime regard en direction de la blonde, comme si j’attendais son consentement pour révéler l’objet de leur venue, et je tire sur le drap. Sur le ventre, sauvagement entaillée de la nuque jusqu’aux reins, la pauvre femme a vu ses côtes être séparées des vertèbres, et écartées jusqu’à ressortir de leur enveloppe. Les muscles ont été déchirés au passage, donnant à l'ensemble de faux airs d'épouvantail, et les poumons ôtés de leur antre. Ils reposent à présent dans un bac à côté de la victime. D'importantes traces violacées lui marquent les poignets et les chevilles, montrant que la pauvre créature a été entravée. Les autres lésions, bénignes en comparaison de celles-ci, ont été laissées de côté pour le moment. Je jette un regard vers mon dossier, bien que l'identité de la malheureuse me soit devenue familière. « - Lauren Coulter, 28 ans, styliste. La victime était en vie durant tout le… Processus. Elle a succombé de ses blessures environ une demi-heure plus tard. » Ma voix reste ferme, sûre d’elle. Mais je tremble à nouveau. La mise en scène a quelque chose d’inévitablement morbide, mais l’ensemble est étrangement et relativement artistique. Le silence retombe, et le ronronnement de la ventilation parvient à m’apaiser quelque seconde.

« - Il n’y a pas eu de… violence sexuelle. » Je bute sur le terme, difficilement choisi au milieu de toutes les options qui s’offraient à moi. Troublé par les réminiscences de mon propre passé, j'ai perdu pied le temps de prononcer ces deux pauvres mots. « - Aucune trace d’ADN n’a été trouvé. Ce n’est qu’un examen superficiel cependant, nous avons préféré laisser le corps dans l’état où nous l’avons trouvé, pour votre premier examen. » Je tends une paire de gants à la policière, visiblement désireuse de s’approcher un peu plus du corps. Et je recule de quelque pas, replongeant dans ce besoin d’éviter de croiser Son regard. Mon cerveau s’obstine à effacer Sa présence, mais mes sens en décident autrement. Les questions se bousculent toujours contre mes tempes, et malgré son côté rassurant, la présence de la demoiselle me dérange. « - Un problème, Inspecteur ? » La question Lui est directement adressée avec une innocence factice, celle que l’on est supposée avoir face aux personnes que l’on ne connait pas. Je m’autorise alors le luxe de reporter mon attention sur Lui, avec l’honteuse fierté d’avoir encore une fois joué la carte de la provocation gratuite.

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Do I have to run and hide ?

I get the feeling just because. Everything I touch isn't dark enough. If this problem lies in me. I'm only a man with a chamber who's got me. I'm taking a stand to escape what's inside me. I'm turning to a monster. And it keeps getting stronger.
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MessageSujet: Re: Through The Glass [PV]   Jeu 16 Oct - 21:12

C’est sans doute ce qui s’est évaporé en premier. Le son de Sa voix magnétique. Ce timbre enivrant réduit à un vulgaire écho dans les décombres de sa mémoire. Il a oublié le frisson parasite qui le prenait aux tripes, pour mieux se réfugier contre son échine et ébranler sa carcasse toute entière. La décharge électrique n’a rien perdu de sa superbe, tétanise ses muscles avant de brusquement les relâcher. Vieux réflexe grinçant. Il se sent presque comme l’un de ces guignols piégés dans une boite à ressort, qu’on actionne à volonté. En proie à un vertige titanesque. Si le ridicule ne tue pas, il est convaincu qu’il y contribue, alors que sa nouvelle couverture de flic enserre ses membres dans un étau restreint et poisseux. L’informaticien doit bien se fendre la gueule et ricaner intérieurement, même si la blouse blanche ne lui sied pas forcément au teint non plus. Déteint à la javel, le bleu de ses prunelles se dilue encore davantage dans l’eau trouble des Siennes. Une surprise flagrante s’y dessine, et il peut dire qu’ils sont deux. Il l’imaginait davantage en train de croupir comme un misérable dans une cave, le bras rongé par les piqures de seringues, plutôt qu’occupé à bichonner les charmants pensionnaires de la morgue. Il préférait Le visualiser au fond du trou, chaque fois qu’il sentait ses nerfs sur le point de craquer, le manque le tenailler. Et certainement pas bien réinstallé, avec un travail certes morbide mais tout à fait stable. Qu’Il n’ait d’autre choix que de retourner vers lui, lorsqu’Il se retrouverait enfin à court de drogues et de meilleures options. Amèrement, il constate qu’il n’en est rien. Qu’il était sans le moindre doute le plus proche de céder des deux. Même en évitant soigneusement absolument tous les endroits où il était susceptible de Le croiser pendant des mois. Même en s’évertuant à chasser le souvenir de Sa peau capiteuse en s’enlisant dans la luxure avec plus d’excès encore qu’auparavant. Je démissionne. L’affront continue de le harceler, coincé quelque part en travers de son gosier.

Ses sphères métalliques ne parviennent plus à se détacher de Sa silhouette efflanquée, maintenant qu’elles s’y sont accrochées. Il se laisse gagner par cette douleur fulgurante et familière : celle d’éprouver une attirance malsaine pour un être du même sexe. Elle continue de s’agripper férocement à ses viscères, cette sale vermine. Elle mord, griffe et racle sauvagement les parois de sa cage thoracique. Prête à user de toutes les ruses et à abuser de tous les stratagèmes pour qu’il la laisse enfin s’exprimer. Mais son ego est terriblement plus buté qu’elle. Il a enduré les pires horreurs, les plus odieuses humiliations. Insecte répugnant sous la semelle de ses parents. Il s’est fait abimer, piétiner, fracasser et il a fallu recoller méthodiquement les morceaux. Puis l’améliorer, y rajouter une carapace d’acier, du béton armé. Avec dans les recoins de la cuirasse des trésors d’acide, pour meurtrir ceux qui auraient l’idée folle de s’y attaquer. Alors ce n’est pas un grand maigrichon amoureux de son clavier et fâché avec son peigne qui va parvenir à le faire plier, si ? Si. Probablement car l’aspect charnel n’est que la surface émergée de l’iceberg, que le symptôme lancinant d’une pathologie incurable.

Le drap qui découvre le cadavre glacé le tire de ses pensées absurdes et l’ivoire translucide capture toute la lueur de ses rétines. Un haut le cœur le surprend lorsque les traits familiers de la martyre apparaissent. Stupéfait, le norvégien sursaute avant de se pencher légèrement vers elle. Cherchant à mettre un prénom sur son visage figé dans le marbre. Il n’est même pas certain qu’elle l’ait susurré à son oreille de son timbre de velours. Il s’en moquait royalement d’ailleurs. Qu’elle s’appelle Gertrude, Cunégonde ou Rosalie. Il n’était intéressé que par ses courbes enchanteresses et le mouvement corrupteur de ses reins scellés aux siens. Le parfum qui a aisément enflammé ses sens est devenu clinique, infect, moribond. Son épiderme laiteux n’est plus qu’un vulgaire étalage de viande éventrée. Une grimace de dégout s’appose furtivement sur ses lippes, devant le spectacle macabre. Le contraste entre les charmes qu’il s’est approprié et la dépouille malmenée est saisissant. Splendeur horrifique. Ses pupilles céruléennes glissent sur elle, alors qu’il établit mentalement l’ordre des entailles. Il doit concéder ça au tueur : il s’est montré cruellement créatif. Son inspection visuelle se poursuit tandis qu’il maintient un silence religieux depuis son dernier sarcasme, laissant au finlandais le soin de l’agrémenter de commentaires précis. Devoir se comporter comme un parfait étranger avec Lui l’indispose, au même titre que la provocation gratuite qu’Il finit par susurrer. Ses billes assassines le fusillent, sanction immédiate pour Son effronterie déplacée. « - Aucun. » Tranche-t-il, polaire. Peu décidé à réchauffer l’atmosphère particulièrement froide. « - Comment c’est déjà votre nom ? » Il fait l’idiot, plisse exagérément les yeux pour faire semblant de lire la petite inscription sur Son torse. « - Aksel ? Aleksander ? Alf ? Ah non, excusez-moi… Aleksi c’est ça ? » Persifle-t-il, comme s’Il ne représentait plus qu’un détail insignifiant d’un passé révolu. Tu ne trompes personne Kyran, même pas toi. « - La morgue donc ? Comment vous est venue la vocation ? Une envie de préparer votre avenir peut être ? » Incisifs, ses azurs poignardent Ses émeraudes avec un semblant d’espièglerie. Paré d’un amusement encore plus factice que Son numéro d’acteur, il distille une menace qu’il n’a pourtant pas l’intention de concrétiser. Juste pour voir, pour tester Son assurance de façade. Juste pour vérifier qu’il détient encore une certaine emprise sur Lui, qu’il peut Le dominer même sans qu’Il soit son employé. Juste pour qu’Il comprenne qu’Il lui appartiendra jusqu’à son dernier souffle, qu’il peut décider de Lui remettre Ses chaines par pur caprice.

Son attention se reporte sur la raison de leur présence, sur le beau gâchis. Les connexions se font laborieusement entre ses piètres neurones mais il finit par identifier l’ignoble procédé. « - L’aigle de sang. » Murmure-t-il entre ses barrières de nacre, sans dissimuler son évidente fascination. Rituel barbare inventé par ses ancêtres scandinaves, de l’ordre du mythe. Pas vraiment le genre d’histoire qu’on raconte aux enfants pour les endormir, à moins de vouloir embrumer leur sommeil d’effroyables cauchemars. Pour l’avoir déjà reproduit, il sait combien le processus est sanglant et jouissif. Emporté par sa captivante contemplation, il tend même la main vers la malheureuse créature, qu’il a eu le loisir de caresser à s’en brûler les phalanges avant son trépas. Sa collègue ne manque pas de réagir au quart de tour, et lui assène une violente tape sur les doigts avant de lui en coller une derrière la nuque. Maitresse tyrannique à qui il ne manque plus que la règle et le martinet. « - Hogan, bordel mais combien de fois je dois te le répéter ?! On ne touche pas aux victimes sans gants. Tu veux laisser ton ADN partout ? J’en doute. T’es équipé, là ? Non. Donc pas touche. » Péniblement, il ravale une montée de venin et se raisonne difficilement pour ne pas riposter. Contraint de contenir ses pulsions de rage, y compris devant Lui. L’inconsciente ignore tout du monstre qui gronde, et n’aspire qu’à la déchiqueter en pièces. Fatigué de devoir hiberner. « - Quand est-elle morte exactement ? Le mode opératoire vous a révélé quoi que ce soit sur le meurtrier ? L'arme du crime ? » Poursuit-elle mécaniquement en fixant intensément le hacker, renouant avec son irritant et éternel professionnalisme. C’est ce qu’elle attend. Un indice. Une faille. Un tic mal maitrisé et qui pourrait trahir le tortionnaire.

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MessageSujet: Re: Through The Glass [PV]   Dim 19 Oct - 20:32


Le malaise s’accroit. Si jusqu’à présent je m’étais évertué à le retenir derrière des barricades d’acier, plus les minutes passent, et plus la gêne gagne en force. Je ne sais pas comment me tenir, sur quel pied prendre appui pour avoir l’air le plus détaché possible. L’attraction qu’exerce ce cadavre sur moi me plonge dans un profond trouble. Je nage en plein brouillard, perdu avec la certitude d’avoir déjà vu la chose quelque part. Elle me tourne le dos, mais les traits de la pauvre créature m’apparaissent aussi clairement que si je me tenais face à elle. Je l’ai regardé, sous tous les angles. Des heures durant. Otant de sa peau laiteuse les traces du calvaire qu’elle a enduré. Pleurant intérieurement pour cette malheureuse tant les circonstances de sa mort sont affreuses. Ignobles. Magnifiques aussi. Je me sens d’autant plus honteux d’éprouver une telle fascination pour cette sculpture de sang et de larmes. Mal d’être attiré par la douleur malgré tout ce que j’ai pu subir. Je croise les bras, serre le tissu de ma blouse de mes doigts crispés et me concentre sur les battements erratiques de mon cœur. Je me racle la gorge et relève le menton, le flegme reprenant ses droits après cet instant de trouble et de perdition. La présence de Kyran me met au supplice. Je m’efforce de le considérer comme un parfait étranger, comme la menace  qu’il représente, au vu de sa nouvelle… activité. Je m’y efforce mais ma volonté bute contre les récifs de mes sentiments et de mes tourments. Je me mords la langue avec le fol espoir de faire disparaître ce qui me dévore sous les assauts de la douleur. Vive, elle me fait frissonner mais n’efface rien. Bien au contraire. Les notes glaciales de Sa voix n’arrangent rien et me replongent dans cet état léthargique qui accompagnait chacune de Ses paroles. Une petite voix, perdue quelque part entre mes deux oreilles, veut me pousser à courber l’échine. A reprendre le rôle qui fut le mien pendant des mois. L’autre en revanche, me hurle de ne pas céder. De ne pas Lui faire savoir qu’Il détient encore un contrôle évident sur ma pauvre personne. Pas maintenant. Je ne veux pas que l’autre se rende compte de quoi que ce soit. Qu’elle puisse faire un lien entre son collègue et l’employé qui se tient devant elle. Le regard qu’Il me lance me tord les entrailles, vulgaires chiffons humides que l’on triture dans l’espoir de les essorer plus rapidement. J’en retiens un soupir de douleur, soutient ce regard de glace avant de rompre le contact.

Ses efforts ridicules pour tenter d’apposer un nom sur des traits qu’Il connait, me font esquisser l’ombre d’un rictus amer. Le message passe, difficilement. Si je suis un bon acteur, Lui me surpasse. La blessure aura à peine eu le temps de cicatriser. Je la sens qui s’ouvre à nouveau. Des doigts de glace se glissant alors dans l’ouverture sanglante pour triturer les chairs à vif. La nausée me soulève l’estomac, et un spasme vient électriser mes muscles, déjà mis au supplice par l’inquiétude qui me ronge. « - C’est bien ça, inspecteur. » Les questions résonnent dans mon crâne, m’obligent à reporter mon attention sur Lui quitte à m’en brûler les rétines et le cœur. Comment ? Les railleries se pressent contre mes lèvres, viennent troubler le calme impassible régnant dans mes prunelles qui s’accorde à l’espièglerie enflammant les Siennes. Les mots s’assemblent, tentent de former un ensemble suffisamment cohérent pour être convaincant, et ils s’accompagnent d’un haussement d’épaule. « - Pas vraiment. La médecine m’a toujours fasciné, je n’avais juste pas le talent, ni le temps nécessaire pour devenir chirurgien ou neurologue. Eux au moins, ne se plaindront pas si le travail n’est pas parfaitement accompli. » Une œillade en direction du cadavre devant moi appuie la fin de ma réplique. Le silence retombe et tandis que le lieutenant s’agite autour du corps, je me laisse honteusement électriser par Sa silhouette et ce qui traverse Ses traits. Son murmure m’atteint, active quelque chose dans les méandres de mon esprit, mais ma mémoire refuse de faire les connexions nécessaire pour que les mots prennent leur sens. Ce refus d’obtempérer me fait froncer les sourcils, je m’apprête à Lui demander de répéter mais Sa collègue me coupe dans mon élan. Le voir ainsi courber l’échine devant une femme m’amuse, et me pousse à esquisser un sourire franchement amusé. J’en laisse même s’échapper un infime ricanement. Avant que le sérieux de façade ne revienne lorsqu’elle reprend son rôle.

Les questions se bousculent, et le regard avec lequel elle me fixe flétrit l’organe entre mes côtes. Je la connais cette œillade assassine. Celle qui attend le moindre faux pas, le moindre frisson pour tout faire basculer. J’ai soudain peur que le mot ‘taulard’ ne soit inscrit en lettres écarlates sur mon front. Qu’elle décèle, quelque chose dans ma physionomie qui pourrait me faire chuter. Je n’ai plus vingt-sept ans, mais seize. Je ne suis plus en Amérique mais en Angleterre, en train de subir un des nombreux interrogatoires qui suivirent mon arrestation. « - Il y a huit jours. La légiste a estimée l’heure de la mort aux alentours d’une heure du matin. Pas grand-chose... » Je m’oblige à faire abstraction de tout ce qui peut hurler sous ma peau. A ignorer le froid qui me caresse la nuque, et mes prunelles s’ancrent finalement aux siennes avec une facilité déconcertante. « - Si ce n’est qu’il a eu tout le temps nécessaire pour accomplir sa tâche sans être dérangé, et qu’il n’en est pas à son premier assassinat. » Je marque une pause, la langue déchiquetée par l’acide qui envahit ma bouche. C’était tellement plus facile. Lorsque je restais dans l’ombre, à mener les opérations seul dans mon coin. Pour ensuite laisser faire la légiste. Jouer au petit employé modèle, préférant recevoir les ordres plutôt que de devoir exposer mon travail en public. Surtout devant une telle audience. Je me rapproche de la victime et laisse mes doigts frôler les côtes brisées. Désignant par la même occasion les marques de cassures, bien nettes en certain endroit. Aucune bavure. « - Concernant l’arme, pour parvenir à un tel résultat, la lame utilisée était extrêmement bien affutée. Et pour briser des os… Une sorte de hache serait le plus plausible. » Mes propres paroles n’arrivent pas à me satisfaire. J’en fronce les sourcils, et me penche un peu plus au-dessus de la victime, continuant de frôler du bout des doigts les fractures et les chairs déchirées. Il savait ce qu’il faisait. Pour en arriver à un tel résultat, il savait. Il n’y a pas eu d’hésitation dans ses gestes, avec une arme, quelle qu’elle soit, ou à mains nues, il avait parfaitement conscience de ce qu’il était en train de faire. Du châtiment qu’il était en train d’infliger. C’était son but, faire souffrir sa victime jusqu’à un niveau dépassant celui de la cruauté. Je me perds dans la contemplation du résultat de la folie d’un homme. Essaye de comprendre ce qui a pu pousser à un tel massacre. Essaye de me souvenir de l’endroit où j’ai pu voir ce genre de mise en scène. Je l’ai déjà vu, c’est une certitude, mais ce vide dans mon esprit est en train de me ronger les nerfs.

Je me redresse avec toute la brusquerie d’un être piqué en pleine réflexion. Soudain conscient du monde qui l’entoure. Je me fiche du regard que continue de me lancer le lieutenant, elle ne m’intéresse plus. C’est Lui, qui devient la source de toute mon attention. Je m’autorise à Le scruter, comme si la réponse à mes pensées pouvait se trouver quelque part sur ses traits diablement séduisants. Ou dans la glace assassine de Son regard. « - Vous avez dit quelque chose inspecteur… De quoi s’agit-il ? » Même si la provocation continue de teinter ma voix, c’est avec tout le sérieux du monde que je me perds une fois de plus dans Ses yeux. Sa collègue se redresse à son tour et Le fixe elle-aussi. Je m’attends presque à ce qu’elle rejoue son rôle de supérieure teigneuse et ne Le lui laisse pas le temps de répondre pour mieux m’accabler de questions techniques, toutes plus embarrassantes les unes que les autres. J’ignore ce qui gronde contre mes côtes, mon cœur s’emballe à cause de cette pauvre œillade. L’accélération est subtile, mais extrêmement douloureuse. Je réalise alors à quel point mes tentatives pour L’effacer de ma mémoire se révèlent efficace. Le souvenir est bien pâle en comparaison de l’original.

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MessageSujet: Re: Through The Glass [PV]   Ven 24 Oct - 21:53

Eux au moins, ne se plaindront pas si le travail n’est pas parfaitement accompli. Un ricanement intempestif filtre la barrière de ses lèvres, plus agacé que réellement amusé. Il rit jaune. Il prend l’affirmation pour ce qu’elle est sans le moindre doute : une critique déguisée. Pour avoir travaillé sous ses ordres durant plusieurs mois, l’informaticien sait à quel point il peut se montrer tyrannique et intolérant à l’extrême avec ses employés. Ses sbires sont constamment sur la sellette, conscients que le niveau d’exigence du malfrat ne leur offre aucune possibilité d’échec. Régime de terreur supposé les contraindre à se surpasser. Le finlandais est particulièrement bien placé pour en parler, pour en avoir durement fait les frais. Il reste néanmoins le plus chanceux d’entre tous. Celui qu’il s’est contenté de renvoyer comme un malpropre, au lieu de lui loger une balle entre les deux yeux. « - Il faut éviter le monde du travail Aleksi, si vous tenez tant à vous complaire dans votre heureuse médiocrité sans rendre de compte à personne. » Persifle-t-il, en ignorant le regard courroucé que lui lance sa collègue en coin et qui laisse présager une sérieuse remontée de bretelles lorsqu’ils se retrouveront à nouveau seuls. Une irritation flagrante fait trembler le timbre de sa voix, craquèle sensiblement son masque d’acteur. Laisse entendre que la pilule n’a toujours pas été avalée. Sa pâle remplaçante est loin de posséder Son génie, ne parvient qu’avec grande peine à obtenir en une semaine le quart de ce qu’Il réussissait à pirater en l’espace d’une poignée d’heures. Et encore, quand aucun bâton ne vient se mettre dans ses roues.

L’examen minutieux se poursuit tandis que le lieutenant mitraille le légiste de questions. Il n’écoute que d’une oreille distraite Ses réponses, captivé par les hideux stigmates gravés à même la peau diaphane. Le meurtrier n’en est effectivement pas à son coup d’essai, c’est évident. Il y a trop de maitrise, trop de détails, pour qu’un résultat si parfait soit le fruit du hasard. Le monstre a pris soin de faire ressentir à sa victime une douleur abominable, absolument inhumaine. L’artiste morbide s’est appliqué pour faire de son gibier une affreuse œuvre d’art. Éclaboussée avec son propre cruor et façonnée avec les débris de sa cage thoracique. Qu’est ce qui peut mériter un tel châtiment ? Le scandinave l’ignore, ne pensait pas qu’une femme comme elle pouvait insuffler à un être une haine si violente et viscérale. Elle lui a paru bien quelconque, lorsque ses sphères translucides ont capturé les siennes. Dotée de peu de personnalité, répondre à ses avances n’était sans doute pour elle qu’un moyen de pimenter son existence monotone. Poupée aux formes diablement enjôleuses juste bonne à être séduite, possédée puis renvoyée aux oubliettes. Suffisamment charmante pour qu’il ne s’astreigne pas à dérober son énergie ensuite néanmoins. Mais pas assez pour imprégner ses pensées plus d’une nuit. Qu’elle ait pu déchainer une telle passion s’avère ainsi curieux et il regrette presque de ne pas s’être aperçu de son fort potentiel le premier. L’heure estimée de la mort le fait cependant tiquer, et ses sourcils se froncent, plissent légèrement les lignes de son front. La pauvre styliste s’est faite massacrer juste après qu’il l’ait quittée, l’épiderme encore échauffé par la brûlure de leurs ébats. La rage d’un amant jaloux, qui avait épié leur sombre folie dans l’ombre ? Tu as décidément le don pour jeter ton dévolu sur les femmes déjà prises… Il ne décèle pourtant aucune trace d’attachement, d’affection dans ce crime odieux. Tout semble avoir été méticuleusement orchestré, par un dangereux perfectionniste. Nulle trace de remords ou de désespoir dans cette punition incroyablement perverse et macabre. Seulement la haine pure, dans sa forme la plus cruelle et la plus brute.

La voix envoûtante et écorchée de l’ancien détenu le fait brusquement tressaillir et l’oblige à revenir à la réalité. Interloqué, ses rétines claires passent de la blonde platine à Sa silhouette famélique. Il reste bloqué un instant sur Ses émeraudes inquisitrices, qui attendent visiblement qu’il sorte de sa léthargie et s’agite. « - Comment ? » Souffle-t-il, ahuri. Pas encore habitué à ce qu’on l’appelle inspecteur, et surpris qu’Il s’intéresse à son avis, au-delà de l’envie ostensible de jouer avec ses nerfs. Hart s’impatiente déjà, médusée par cette perte de temps. Il ne représente qu’un boulet qu’elle traine à ses pieds depuis le début, qui n’a de cesse que de la faire tourner en bourrique et de prendre avec dérision chacune de leurs missions. « - Ah… Je disais que le procédé me rappelait l’aigle de sang. On… incise le dos, avant d’arracher les côtes, et de déployer les poumons hors de la poitrine. Résumé grossièrement. Un très vieux rituel nordique. » Tente-t-il d’expliquer avec un semblant de sérieux, ses billes métalliques plantées dans les Siennes. Les inconscientes s’entaillent sur les intenses morceaux de verre, au risque d’en saigner grièvement. Il sent la maudite ferraille dans son torse s’affoler et dérailler. L’organe puéril chute dans le vide de sa poitrine, racle férocement les lambeaux de chair qui lui servent de prison dans l’espoir vain de l’enrayer. Il Le sonde à la recherche d’un simulacre de réciprocité, jusqu’à ce que la sonnerie stridente du téléphone l’extirpe de sa contemplation maladive. Elle s’éloigne en balbutiant de rapides excuses, puis il l’entend batailler sans toutefois n’en saisir que des bribes. Avant qu’elle n’éteigne la machine infernale pour revenir vers eux. Elle parait hésiter, le jauge sévèrement quelques secondes puis tranche. « - Une urgence au poste, je suis obligée de partir. Hogan, je te laisse gérer ça et me ramener le compte-rendu de l’autopsie quand vous aurez fini. » Ordonne t’elle sur un ton autoritaire avant de se pencher vers lui pour rajouter un avertissement, dans un murmure. « - Fais pas tout foirer… » Le ‘ou je te castre’ est implicite mais manifeste. Comme lui, elle ne pardonne pas le travail bâclé. Elle se tourne ensuite vers Lui pour serrer sa main en guise d’aurevoir et lui tendre sa carte. « - Merci encore pour votre aide. Appelez-moi directement si vous découvrez quelque chose d’autre dans les jours à venir. » Une dernière œillade polaire dans la direction du mafieux avant de s’engouffrer à l’extérieur du congélateur grandeur nature.

Le silence retombe, lourdement. Une chape de plomb menace de s’abattre sur ses épaules et il la chasse d’une blague vaseuse. « - Je crois que tu lui as tapé dans l’œil. Le fantasme de la blouse blanche j’imagine, à part ça je ne vois pas… » Ironise-t-il sur un ton neutre, en abandonnant le pénible vouvoiement et en Le taclant d’une remarque mesquine au passage. Comme si t’en crevais pas, de ne pas l’avoir touché depuis des mois. « - Je t’aurais imaginé terminer en rat de laboratoire plutôt que reconverti en petit scientifique, je dois t’avouer. Tu te venges des traitements infligés par ton ancien patron sur des cadavres ? Il existe surement des groupes de discussion pour ça tu sais… » Susurre-t-il, un sourire mesquin en travers les lèvres, suintant de condescendance. Se rabattre sur le cynisme de bas étage pour dissimuler la gêne qui lui attaque sauvagement les entrailles, ou la seule arme à sa portée. Ses paumes s’appuient sur la table où git le corps de la morte, ultime rempart entre les deux carcasses dévorées crues par la rancœur. Un frisson lacère son échine lorsque la froideur du métal gagne ses articulations, et il s’en détache pour la contourner. Le prédateur se rapproche de Lui, s’arrête à une distance dérisoire. Autant pour imposer une certaine pression que pour assouvir le besoin qui le ronge. Celui de L'effleurer. « - Pas de trace de viol… Aucune d’un dernier rapport consenti non plus ? » Interroge t’il d’un air faussement détaché, juste après s’être raclé la gorge. Luttant pour rentrer dans le costume étriqué du flic dévoué à son enquête. Il n’est pas dans les petits papiers du Gouvernement, encore moins dans ceux de sa chef. Qu’ils découvrent qu’il a été le dernier ou au minimum l’avant-dernier à avoir caressé les courbes de la proie d’un psychopathe en puissance, et son compte est bon.

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MessageSujet: Re: Through The Glass [PV]   Mar 28 Oct - 20:51


Ce n’était pas une attaque. Ou du moins pas consciemment. Mais la réplique qui s’échoue contre mes oreilles me fait comprendre que l’offense a bien été faite. Je m’en renfrogne, piqué au vif par Ses paroles. Je me mords la joue et ravale les paroles spontanées qui viennent se heurter contre mes dents. Au lieu de répliquer, je prends le temps de peser mes mots. Le regard que Lui a lancé le lieutenant impose les sous-entendus. Oblige de réfléchir plus avant au lieu de répondre la première chose qui passe par l’esprit. Je lui en veux pourtant, à cette femme d’être le témoin de nos retrouvailles impromptues. « - Je m’y complais du moment qu’elle se révèle satisfaisante pour mes employeurs. Auquel cas, je ferais en sorte de m’en défaire, de cette médiocrité. Ce qui n’est jamais arrivé, encore. » Mes mots se calquent sur les Siens. Et la malice revient brûler mes prunelles qui s’amarrent aux Siennes avec plus de force. Ma médiocrité, je lui laisse croire que c’est tout ce qu’Il aura su récolter de moi. Que pendant ces mois à son service, je ne me suis contenté que du strict nécessaire sans prendre la peine de pousser plus loin dans mes retranchements. C’est en partie vrai, j’attendais la bonne occasion pour lâcher la bride. Le Gouvernement et cet idiot de Clocker auront eu le mérite de me couper l’herbe sous le pied. Le souvenir me tiraille les nerfs et fait se glisser un venin poisseux sur ma langue. Les explications suivent et irrémédiablement, la glace me caresse l’échine et me gratte la nuque. Nordique… Je Le scrute encore un moment, persuadé qu’il est en train de se payer ma tête avant de reporter mon attention sur le cadavre. Il était sérieux. Et cela fait sens. J’ai vu ce genre de chose dans de vieux livres sur le peuple Vikings, quelque part dans le grenier de mes grands-parents. Ces légendes m’ont toujours fasciné, me poussant à vouloir en apprendre toujours plus sur tout ce qui pouvait entourer ces guerriers. Je suis incapable de dire quoi que ce soit, un avertissement flottant au-dessus de ma tête. Comme si ouvrir la bouche reviendrait à me trahir. Mais de quoi ? J’en fronce une fois de plus les sourcils, et croise les bras pour mieux pouvoir mordiller l’ongle de mon pouce.

La sonnerie qui brise le silence me fait sursauter. Stupidement. Et le départ tant attendu arrive enfin. L’échange entre collègues me fait esquisser un infime sourire, qui disparaît quasi-instantanément derrière mon sourire de façade. Chaleureux et professionnel à en crever. « - Je n’y manquerais pas Lieutenant. » La carte disparaît dans une poche de ma blouse et le silence retombe une fois que la porte se fut fermée. Je voulais qu’elle parte, mais maintenant que la chose est faite, je me surprends à regretter sa présence dérangeante. Je ne sais pas quoi dire, quoi faire. Je me tiens face à un étranger, rien de plus. Je tente de m’en persuader, mais je sais pertinemment que c’est peine perdue. Un étranger ne m’accablerait de blague aussi stupide. « - C’est bien possible. C’est fou l’effet qu’une simple blouse peut avoir. A croire que j’ai bien fait de me reconvertir, je passais à côté de pas mal de chose. » Un haussement d’épaules accompagne ma réponse, et je lui lance au passage une œillade lourde d’un sens qu’Il comprendra sans peine. Même si je laisse sous-entendre le contraire, je ne me suis jamais perdu dans le vice comme Il peut le faire. Répugnant la compagnie des femmes, fuyant celles des hommes depuis qu’Il m’a si aimablement mis dehors. Il n’y a que Lui. Lui qui hante mes nuits d’insomnie, qui me pousse à me perdre dans les satisfactions honteuses et douteuses, des plaisirs de la chair malgré ma solitude. Le cynisme revient, reprend sa place entre nous, et j’en plisse les lèvres. Il n’a pas tort, cette solution aurait été la plus logique et la plus probable. J’y ai pensé, au début de ma nouvelle vie. Me perdre dans les bas-fonds et n’en ressortir que lorsque la drogue viendrait à manquer quitte à me faire attraper pour retourner croupir dans les cachots du Gouvernement. L’idée fut alléchante, les premiers jours seulement. La dernière trace de mon vice le plus affligeant me mange encore le bras malgré tout.

« - Ca ne m’étonne pas, vu le peu d’estime que tu concèdes au reste du monde. Je te voyais plus derrière des barreaux, c’est une bien étonnante reconversion. Le fantasme de l’uniforme aussi peut être ? » Je Le désigne d’un mouvement de tête, même si le dit uniforme manque à l’appel. J’en suis presque déçu. Me venger… le terme me fit esquisser un infime sourire. Un rire nerveux parvint même à franchir le seuil de mes lèvres. Mes doigts se crispent un peu plus contre ma blouse et j’évite de croiser Son regard tandis que le silence revient planer entre nous. « - Non, j’ai un jeu de fléchettes pour ça. Ils ne méritent pas un tel acharnement. » Le cynisme est affligeant tant il est évident, et l’œillade que je lui lance n’arrange rien. Je ne peux m’empêcher de le suivre du regard, à la manière d’une proie guettant le moindre mouvement de son traqueur. Il s’avance et moi j’esquisse un pas en arrière pour éviter que la distance de sécurité ne soit que trop grignotée. Le mot me fait trembler d'angoisse, et mon regard se dérobe. « - Aucune. Mais comme je l’ai dit, ce n’est qu’un premier examen. » Je mens. Comme un arracheur de dents. J’en ai trouvé. Et inconsciemment, j’ai pris le plus grand soin de taire ce détail, sur le rapport écrit ou celui que j’ai dû faire à la légiste. « - Pourquoi ? Tu serais sur la liste de ses partenaires, si les tests s’avéraient positifs ? » Ma voix se fait de glace, Le toise et je scrute le froid de Son regard. J’ai posé la question, et si une part de moi se persuade que ce n’est pas le cas, une autre me hurle des choses qui me blessent. « - Ne te donne pas la peine de répondre, je me doute de la réponse. » Je prends le risque d’avancer d’un pas, tendant ensuite le bras pour laisser mes doigts venir frôler le tissu de Sa chemise pour finalement jouer avec un des boutons. « - Ou bien… Serait-ce un trop plein d’heureuse médiocrité dans ton entourage qui t’as poussé à prendre le risque de t’allier à tes ennemis ? » Ma remplaçante mettrait-elle du temps à satisfaire les désirs de son implacable patron ? J’imagine la scène, les sautes d’humeurs de Kyran se répercutant sur la pauvre informaticienne qui en perdrait ses moyens, et j’en esquisse un sourire. Le regard perdu quelque part sur Sa chemise, je lutte contre l’envie folle de me rapprocher plus avant. Contre ce désir qui me dévore. Contre les mots qui s’assemblent dans mon crâne et qui me pousserait à Le supplier de me redonner ma chance.

« - Je vais aller faire une copie du rapport, tu pourras le rapporter à ta maîtresse. » J’accompagne la parole au geste. Je ne Lui laisse pas le temps de rétorquer quoi que ce soit. Aussi étrange soit-il, je me sens affreusement mal en Sa présence et le besoin de quitter cette pièce est devenu étouffant. La carte de la provocation se retrouve malgré tout une nouvelle fois apposée sur la table de jeu. Je me glisse entre la table d’acier et Kyran. Le frôle, ma hanche caressant la Sienne au passage. Le contact me déchire le ventre, et me rappelle que l’attirance physique est toujours bien là. Difficilement enfouie sous des tonnes de ressentiment pas suffisamment importantes pour effacer ce besoin viscéral qui me consume. J’en avale ma salive avec difficulté et je me fige, percuté de plein fouet par Son odeur. J’en avais oublié les notes de tête et toutes les variantes. Et pourtant. Lorsqu’on nous avait appelés pour venir récupérer le cadavre de la pauvre Lauren, quelque chose m’avait gêné. Au milieu de toutes les senteurs flottant dans l’air, l’une d’entre elle m’attirait plus que les autres. Embaumant le corps de la défunte, je m’étais échiné à en trouver la provenance pendant toute l’autopsie. Et maintenant que je me retrouve à nouveau face à Lui l’évidence me heurte enfin. Son parfum sur la peau de la morte, et Sa dernière question : ces misérables pièces s’assemblent lentement dans mon cerveau. Et l’ADN retrouvé entre les cuisses de la demoiselle vient enfin de trouver son propriétaire. J’en reste figé, glacé d’angoisse, livide. Le dossier que je tentais d’attraper du bout des doigts glisse de la table et vide tout son contenu sur le sol, dans un froissement de papier qui résonne contre mes tempes, et se mêle au martèlement assourdissant de mon coeur. Serait-ce pour cela qu’il s’est enrôlé dans la police ? Pour masquer plus facilement les preuves de ses meurtres ? Non, Il ne peut pas être l’auteur d’une telle boucherie. Aussi sanguin soit-il, il ne s’encombrerait pas de gants ou autres artéfacts visant à effacer toutes traces de Son passage. S’Il avait commis cette abomination, les empreintes n’auraient pas manquées. Je réalise que je retenais mon souffle, je libère mes poumons de leur prison d’acier et je me gratte nerveusement la nuque. Je n’ose pas Lui faire face. Je suis, de toute manière, dans l’incapacité physique de me mouvoir. Mes muscles sont de fer et mon corps tout entier s’est mué en un carcan de plomb. Je ferme les yeux pour essayer de faire le vide, d’effacer tout ce qui est en train de se bousculer dans les méandres de mon esprit.

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MessageSujet: Re: Through The Glass [PV]   Mer 29 Oct - 20:24

La carte de la provocation est apposée sur la table, avec au dos l’inévitable jalousie, incrustée en lettres de sang. L’attaque forgée dans le même moule que la sienne lui fait imperceptiblement serrer les dents, tant les images qu’elle ramène dans une bourrasque le rendent malade. Il se perd dans les méandres de la luxure avec démesure, et pourtant. L’imaginer porter ne serait-ce qu’un regard de convoitise sur quelqu’un d’autre réduit ses entrailles en charpie. Il ignore si le sous-entendu est issu de la réalité ou inventé de toutes pièces, mais il n’y verrait rien de particulièrement étonnant. Sous Ses airs timides et faussement effarouchés, le finlandais reste l’homme qui l’a abordé à une heure indécente dans un bar, alors qu’il n’avait strictement rien demandé. Celui qui a embrumé ses sens dans les volutes de l’alcool jusqu’à ce qu’il trouve naturel de mélanger sa salive à la Sienne, et affreusement frustrant d’être repoussé avant d’avoir pu goûter à l’arsenic de Sa peau plus avant. Tout libertin compulsif qu’il était, il n’était cette nuit-là pas celui qui menait cette danse au tempo douloureux et lancinant. Charme saisissant et prunelles perçantes aptes à le faire virer d’un bord auquel il se sentait solidement amarré depuis son adolescence. Exorciser la brûlure par le feu, le mal par le mal, n’a néanmoins servi qu’à aggraver ses plaies. Qu’à renforcer cette obsession chaotique qui ne lui concède pas le moindre répit, et qui le laisse horriblement insatisfait après chacune de ses étreintes sans âme. Aucune ne Lui arrive désormais à la cheville. Aussi divines, entreprenantes et expérimentées puissent-elles être. « - Incroyable effectivement. » Grogne-t-il entre ses barrières de nacre, bougon, avant de prêcher le faux pour avoir le vrai. « - J’ai quand même un sérieux doute. L’odeur de mort aseptisée que tu traines doit vite les refouler, passé le délire du geek famélique perdu dans sa blouse blanche deux fois trop grande pour lui. » Il en a besoin, de Le rabaisser. De réduire Son assurance au néant pour masquer la possessivité qui grignote ses veines et Le dissuader de prendre trop souvent les devants. Mais en s’y échinant, il met au contraire en relief ses tares. Son mépris venimeux montre justement qu’il n’est pas indifférent, et que L’imaginer se perdre dans les mêmes vices que lui le répugne profondément.

Je te voyais plus derrière des barreaux. L’attaque renfrogne davantage ses traits de fer, même s’il s’attendait à ce que le boomerang retourne lui ratiboiser les oreilles. Il est loin d’en être fier, de sa poisseuse reconversion. D’incarner l’un de ces imbéciles qui font régner l’ordre en se prenant pour les maitres du monde, alors qu’ils ne sont que les sous-fifres d’une mécanique bien huilée. D’être contraint de faire profil bas et d’obéir docilement aux ordres aboyés par sa supérieure castratrice. Un rictus acide se loge sur ses traits, plus éloquent que n’importe quelle tirade assassine. « - Tu sais ce qu’on dit, tous les flics sont des criminels qui ont mieux tourné. Et je n’ai jamais eu besoin d’un uniforme pour que les dindes se pâment, celui de la brute ou du malfrat est bien plus fructueux dans ce domaine. » Persifle-t-il, volontairement évasif. Il n’a pas à connaitre la véritable raison. Il n’a pas à savoir à quel point sa liberté lui est vitale, et qu’il redoute de s'en voir privé dans une cellule d’acier. Pas plus qu’Il n’a besoin d’un dessin pour comprendre qu’aller aux douches de la prison équipé d’une fourchette est loin d’être l’une de ses ambitions. Plutôt crever. Mais la guillotine n’est pas non plus en option, pas plus que se terrer quelques temps dans un coin reculé des Etats-Unis, pour revenir une fois oublié. Mettre un pied dans la légalité est le seul moyen efficace qu’il a trouvé pour continuer son trafic en détournant une partie des soupçons. Un sourire un peu plus franc se glisse sur ses lippes en imaginant son visage sur une cible de fléchettes. « - Tant que tu ne te mets pas aux poupées vaudou. » Susurre-t-il de sa voix grave, un peu plus rauque qu’à l’accoutumée. Elle retrouve des accents aguicheurs et corrupteurs, sans qu’il s’en rende vraiment compte. L’attirance souveraine racle ses chairs à la petite cuillère et y creuse des sillons écarlates.

La question sur la victime est empreinte d’une nonchalance étudiée, qui ne doit tromper personne et surtout pas Lui. Lui, qui le connait certainement un peu trop bien. Son timbre polaire le fait frissonner légèrement, alors qu’Il scrute ses sphères d’acier avec méfiance. Il n’a pas le temps d’y répondre, que l’apprenti légiste la retire déjà. Un spasme meurtrier lui déchire le ventre lorsque Sa main enjôleuse s’en approche et s’accroche au tissu qui le recouvre. Les phalanges curieuses s’y attardent un peu trop à son goût, et une part de lui songe à les éloigner d’un geste répulsif. Le contact physique le grise et le crispe simultanément. Parce que c’est ainsi, que leurs rapports douteux ont basculé dans un suave mais abrupt précipice. Lorsque les serpents lascifs se sont aventurés sur sa chemise, et en ont écartés les pans. Lorsqu’ils ont exploré les labyrinthes de ses cicatrices, les stigmates pourpres et argentés dévorant son torse. C’est cette familiarité déplacée, ce surplus de confiance, qui a enflammé le baril de poudre et qui le met à nouveau au supplice. Fébrile, les moqueries qui s’extirpent de Ses lèvres médisantes ont au moins le don de lui faire reprendre ses esprits. Putain, mais c’est que ce sale crétin me nargue en plus. Il agrippe Son poignet impudent avec violence, le bloque et le tourne jusqu’à entendre quasiment l’os craquer. « - Ça t’amuse de me voir comme ça hein, tu jubiles là ? Pourquoi tu crois que j’en suis réduit à jouer les guignols dans un commissariat ? Je rattrape tes conneries. Je dois te rappeler que tu t’es fait coincer comme un bleu pendant que tu travaillais pour moi ? Tu crois surement que tu as du talent, mais t’es rien d’autre qu’un petit branleur qui a bien failli tout faire foirer avec son poil dans la main. » Crache t’il haineusement. Le scandinave se retient cependant d’aller jusqu’à la fracture, et relâche brutalement l’informaticien. Menaçantes, ses deux icebergs le fusillent et suivent Ses mouvements comme un fauve attendant l’instant propice pour se jeter sauvagement sur sa proie. Il n’en fera rien. Ses hanches se faufilent dans l’espace restreint entre sa misérable carcasse et la table, les effleurent en calcinant ses reins au passage. Il en tremble, persécuté par le désir impérieux qui le tiraille toujours et bat la colère en brèche. Oscillant entre l’envie de Lui arracher la tête comme un vulgaire insecte, et celle de Lui arracher ses vêtements. Mélange létal de ce qui se fait de pire en matière d’addictions immédiates et irréversibles. Borné, ses jambes partent en arrière pour Lui laisser de l’espace, au lieu d’écouter les palpitations tyranniques du forcené logé entre ses côtes. Il se refuse à satisfaire ses pulsions primaires, à Le bloquer contre la ferraille avec férocité en dépit des pensées malsaines qui se ruent sournoisement dans son crâne. Céder à ses lubies insalubres n’est même pas envisageable. Il doit rester à l’écart de ce jeu aux dés truqués et aux règles perfides.

Un pas esquissé, et les feuilles tombent dans un bruit sourd. Ses sourcils se froncent, délaissent la contemplation du vide pour se fixer sur Sa silhouette paralysée. Quelque chose ne va pas, et le tortionnaire le sent, le sait. Intuition profonde. Les connexions se font rapidement entre Son état proche de l’apeurement et le cadavre de sa dernière conquête massacrée. Il n’a qu’à tendre le bras pour empoigner Son épaule, et tirer vainement dans l’espoir qu’Il se retourne pour lui faire face. Un frémissement d’anxiété lacère son échine, le pousse à se déplacer pour se retrouver devant Lui. Il scrute Ses paupières closes nerveusement, exerce une pression plus importante sur l’os de Sa clavicule pour les enjoindre à abandonner l’obscurité. « - Tu m’as menti tout à l’heure. Tu ne t’es pas contenté d’un examen superficiel. » Murmure-t-il, son souffle frôlant Son épiderme capiteux. Sur un ton plus proche du constat que du véritable reproche. Il finit par reculer, pour heurter la porte et la verrouiller à clef. L’objet métallique se retrouve dans l’une des poches arrières de son jean. « - Tu ne sortiras pas d’ici tant que tu ne m’auras pas avoué tout ce que tu sais, et ce que tu comptes en faire exactement Aleksi… » L’annonce se veut dure, autoritaire, glaciale. Laisse présager que son captif ne s’échappera pas de la salle de dissection indemne s’il n’arrondit pas les angles et ne courbe pas le dos. Le norvégien ignore si son ancien amant le croit coupable et n’est pas certain de devoir Le détromper. Qu’Il le croit capable de commettre une telle monstruosité sur une femme sans histoire est peut être le meilleur moyen de pression dont il dispose. La crainte. Irrationnelle et viscérale. Celle qui prend aux tripes et dissuade de se montrer trop téméraire. Il est là, Son meilleur moyen de se venger pour tout ce qu’il lui a fait endurer sans être pour autant impliqué. Pour les humiliations, les tortures, les parjures. Pour avoir caressé et possédé impunément Sa fiancée, alors qu’Il la pensait entièrement fidèle et dévouée. Le mafieux en a conscience, les muscles raidis par la contrariété de ne pas savoir à quoi s’en tenir. Il retrouve sa posture de dominant, mais il ne s’agit que d’esbroufe. Ce n’est pas lui qui a l'avantage. Ce n’est pas lui qui peut rompre le fil et envoyer son bourreau personnel chuter de son piédestal pour dégringoler dans les abysses.

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MessageSujet: Re: Through The Glass [PV]   Jeu 30 Oct - 21:16


Ecraser l’interlocuteur. Lui faire mordre la poussière à coups de mots savamment étudiés pour. J'ai l'envie de Le faire souffrir l’espace d’un instant. Le temps d’un frénétique battement de cœur, les répliques acerbes s’estompent, et le regret d’avoir joué sur un tableau que je ne maîtrise pas du tout vient me gratter le cœur. Je flanche puis me ressaisit, refusant de Lui offrir le luxe de voir que tout ceci n’était que pure invention pour mieux L’atteindre. Car, même si cela n’est en partie qu’un misérable fantasme, je me complais à croire que derrière tout ce venin se dissimule un semblant d’attachement. Que la douleur que j’éprouve en l’imaginant avec d’autres, puisse être partagée. En bien moindre de Son côté, j’en suis certain, mais qu’elle soit malgré tout bien présente. « - Tout le monde n’est pas doté d’un odorat aussi développé que le tien. Et puis, après quelques verres, ça ne devient plus un problème ce genre de détails fâcheux. » Un infime sourire s’appose sur mes lèvres et accompagne l’œillade que je Lui lance. Mutine et provocante, tout comme ma réponse, emplie d’une réalité pas si éloignée que cela. Pour Lui comme pour moi. L’impression ridicule que tout ceci remonte seulement à la veille me taraude parfois, rallume les braises qui me détruisent les reins, jusqu’à ce que ma pauvre carcasse en devienne douloureuse. Je meurs étouffé par la chaleur de mes propres désirs. Submergé par une dépendance qui dépasse toutes celles qui me dévorent. J’ai beau m’enliser dans la consommation de narcotines pour tenter de la faire disparaître, elle reste là. Toujours présente, gagnant en puissance à chaque nouvelle dose venant corrompre mon organisme déjà aux portes de l’agonie. Une grimace dérange le flegme de mes traits. Non je ne sais pas ce que l’on peut dire. Je m’en fiche, pour moi, la vérité est toute autre. Ils sont monstrueux, tous autant qu’ils sont. Eux qui se targuent de représenter la loi et de faire régner l’ordre. La bile remonte le long de ma tranchée, me caresse la langue jusqu’à me donner la nausée. Je tressaille et serre les dents pour lutter contre le relent d’aversion venu se fracasser contre mes côtes.

« - Mieux tourné… Permet moi d’en douter. Effectivement, les brutes ont toujours tendance à fasciner, allez savoir pourquoi. » Je me permets de hausser les épaules, ajoutant une fausse légèreté à mes paroles quand elles se trouvent en fait plombées jusqu’à l’os. J’ai été le premier à me faire avoir par cette façade délicieuse dont Il ne se détache jamais. Aussi stupide que toutes celles qui tombent à genoux devant Lui dans l’espoir de l’approcher d’un peu plus près ne serait-ce qu’une pauvre petite heure. Pathétiquement affligeant que tout ceci. J’en plisse le nez, profondément navré par ma propre conduite. Il n’y a pas de regrets pourtant. Seulement celui de ne pas avoir croisé Sa route plus tôt. Ma damnation n’en aurait été que plus délicieuse. Les notes que prend Sa voix, me font frissonner. J’évite de croiser Son regard par crainte de rechuter à nouveau, et je me mords la lèvre au passage. Je frôle la folie, m’en éloigne et je rêve de la toucher à nouveau dans la seconde qui suit. « - Ne me donne pas de si bonnes idées, je serais capable de les mettre en œuvre. » L’idée me paraît alléchante, bien que je n’accorde que peu de crédit à ce genre de pratique. Accordait serait peut-être plus juste, maintenant que je suis moi-même à ranger dans la case des choses surnaturelles. Je range la proposition suicidaire dans un coin de mon crâne, me promettant d’essayer quand la douleur dans ma poitrine se fera trop intense pour devenir supportable. Mon petit manège n’aura été que de courte durée. La douleur qui me déchire l’avant-bras m’oblige à me crisper et j’en grimace. Mes sourcils se froncent et je m’oblige à me pencher légèrement sur le côté afin d’atténuer les élans douloureux qui me vrillent le poignet. La colère fuse, me déchire le ventre et le contact anime en moi des pulsions absolument détestables. Au lieu d’éviter Son regard, mes prunelles s’y ancrent et Le fusillent, L’accablant de toute l’aversion qu’Il peut m’inspirer en cet instant.

« - Je ne suis plus ton pion, Kyran. Si tu pouvais te permettre ce genre de plaisanterie avant, ce n’est plus le cas à présent. Et oui, je jubile. C’est jouissif de te voir réduis à pactiser avec tes ennemis pour pouvoir continuer à faire tes petites magouilles. Mes conneries… C’est toi qui as lancé la machine de la bêtise en embauchant un petit branleur. Tu aurais dû réfléchir un peu plus avant de foncer tête baissée. » Le détachement insufflé à ces paroles me détruit de l’intérieur. La froideur et le timbre empruntés par ma voix résonnent étrangement dans ma tête. Comme si elle ne m’appartenait pas, comme si un autre s’était exprimé à travers-moi. Les mots, je les pense pourtant. Je me complais à Le voir réduis à ramper dans les rangs des serviteurs de ce régime corrompus et tyrannique. Je me complais à savoir qu’une autre tente vainement de réussir là où j’ai échoué. Je pourrais la contrecarrer, m’amuser à marcher sur ses plates-bandes à distance et attirer sur sa misérable personne les foudres de Son supérieur. Je frôlerais la rechute en faisant cela. L’amusement serait de courte durée face au danger que cette addiction peut représenter. La douleur me détruit toujours la main mais la stupeur surpasse le reste. Je sens Son regard qui me vrille la nuque. Et Ses doigts qui viennent se poser sur mon épaule me font sursauter. Mon cœur tressaille, se crispe tout comme le reste de mes muscles. Tu m’as menti… Ma gorge se serre et je recouvre la vue, contemplant le vide à mes pieds avant de reposer mon regard sur Lui. La proximité me dévore, insatiable, elle accroit mon trouble et me chuchote des choses que je préfèrerais ne pas entendre. « - Je ne suis qu’un débutant, mes examens ne sont pas complets. Et souvent faux. » Le mensonge ne leurre personne, pas même moi. J’ai dépassé le stade des erreurs à répétitions et des hésitations de débutant. Il me lâche, et je peux à nouveau respirer. Me détendre, j’en eu à peine le temps. Le cliquetis de la clé accroit le malaise qui me dévorait le ventre. Il n’est pas sérieux ?

« - Et tu feras quoi ? Tu vas me torturer de nouveau pour que je parle ? M’enfermer là-dedans jusqu’à ce que je crève de faim et de froid ? Vas y, je t’en prie. » L’irritation teinte ma voix, se souligne dans le geste de la main en Sa direction qui accompagne mes paroles, et tire mes traits. L’interrogatoire me reste en travers de la gorge. Je n’ai plus de compte à Lui rendre. Je n’ai plus à plier l’échine face à Lui. « - Je n’en ferais rien. Je ne suis qu’un employé, ce qui sortira du rapport n’est pas de mon ressort. Tu devrais voir ça avec ta charmante collègue. » Je le lance à la volée, esquissant un énigmatique sourire, laissant flotter la menace au-dessus de Sa tête. Je ne serais pas celui qui propulsera Sa chute. Ou du moins pas directement. « - Ce n’est pas la première qui atterrit ici dans cet état. Et à chaque fois, je retrouve des traces… » Je marque une pause, fronçant les sourcils au passage, perdu et dérangé par mes propres pensées. « - Tu as couché avec elle, et avec les précédentes aussi. J’ai détruit les dites preuves à chaque fois, ce n’est pas la peine de me menacer à nouveau. » Ce n’est qu’un simple constat, une évidence aussi dérangeante soit-elle et qui me ronge le cœur fibre par fibre. Ce serait là une si belle occasion pour le faire S’agenouiller. Voir disparaitre en fumée tous ses rêves de grandeur. Je la tiens entre mes doigts et pourtant, je ne m’en servirais pas.

« - Je ne veux pas savoir si tu as vraiment fait ça ou non, évite juste de laisser des traces de ton passage à l’avenir, je ne pourrais pas mentir pour te couvrir à chaque fois. » Je bats l’air de la main, comme pour effacer tout ce qu’Il pourrait dire pour justifier ou non Sa culpabilité. Je suis certain qu’Il n’est pas le coupable d’une telle abomination. Persuadé de Son innocence comme un parfait imbécile, mais ça, Il n’en saura rien. Je le scrute à nouveau, joue nerveusement avec un des pans de ma blouse, avant de tendre la main dans Sa direction. « - Je t’ai répondu, rend-moi la clé maintenant… » Les secondes s’égrainent, et je comprends qu’Il n’en fera rien. Mes nerfs se tendent, se tirent les uns les autres et je lutte contre le plomb qui continue de se glisser contre mes muscles tout en mordant la lèvre. De gêne ? D’envie ? D’un savant mélange des deux très certainement. La mise en mouvement est malheureuse, encore emplie de cette panique sourde qui s’obstine toujours à battre contre mon cœur. La maigre distance se retrouve réduite à une poignée de centimètres. Je viens de jeter les dés, de lancer la partie la plus détestable de la machine infernale. La plus délicieuse aussi. Mes doigts se glissent entre Son flanc et Son bras, effleurent Ses reins pour mieux se glisser dans la poche de Son jean. Je frôle la clé, la saisit du bout des doigts et m’apprête à la retirer de sa charmante cachette mais mon geste s’arrête en plein vol. L’indécente exploration m’aura poussé à me rapprocher, et j’effleure Sa mâchoire. Je m’octroie le droit de laisser mon souffle se mêler au Sien. Ma bouche suspendue près de la Sienne sans pour autant la toucher réellement. Mon autre main vient se perdre contre le col de Sa chemise, mes phalanges s’y agrippent pour empêcher toute tentative de repli. Je la sens courir sous Sa peau, cette aversion viscérale qui le consume à chaque fois que je m’approche d’un peu trop près. Je m’en moque. Qu’Il tente à nouveau de me briser la main, qu’il me fracasse la nuque ou me fasse subir le même sort que son ancienne amante, tout ceci n’est qu’un infime lot de détails qui n’assombrissent même plus mes pensées. Mes délires se muent en une délectable réalité et mes lèvres se scellent enfin aux Siennes avec une tendre sauvagerie, je force le passage pour que ma langue vienne caresser la Sienne. Mes doigts se crispent contre la courbe de Ses fesses, se font caressants, et mes hanches se glissent contre leurs compagnes d’infortune. C’est irrémédiable, même en me persuadant que je suis capable de Lui résister, je me retrouve à céder à des pulsions qui dépassent mon entendement et ma raison. Et contre mes côtes, mon cœur s’emballe d’allégresse, aussi fiévreux que peut l’être ma peau.

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MessageSujet: Re: Through The Glass [PV]   Ven 7 Nov - 20:53

L’ancien pantin s’émancipe, prône sa liberté. Il se rebiffe contre son tortionnaire, et ses doigts qui tordent rudement son pauvre poignet. Mais le tyran se moque de ce qu’Il peut bien penser. Royalement. Que Le violenter soit inscrit dans les termes d’un contrat encore en vigueur ou non est le cadet de ses soucis. Il ne fait que réagir mécaniquement à Ses bravades puériles. A cette manie horripilante d’user ses nerfs jusqu’à la corde. Il finit par relâcher l’insolent, mais certainement pas pour Lui donner raison. Seulement parce qu’il n’a pas assez envie de pulvériser Ses articulations, ou du moins pas jusqu’à la rupture. Seulement parce que Son petit manège était loin de lui déplaire autant que ses gestes brutaux le laissent croire. « - Parce que tu crois vraiment qu’un pion peut décider de ne plus l’être ? Tu crois qu’il détient encore un libre arbitre ? Tu te fourres le doigt dans l’œil jusqu’au trognon mon pauvre ami. Et je n’ai certainement pas d’ordres à recevoir de toi. » La condescendance empreigne ses paroles, leur donne des accents particulièrement détestables. Quoi qu’Il en pense, quoi qu’Il en dise, Il continue de lui appartenir. « - Je n’avais pas le choix, c’était me contenter d'un déchet comme toi ou rien. Mais je te le concède, croire que les années passées en taule t’auraient mis un peu de plomb dans la cervelle était une terrible erreur de jugement. T’es même peut être assez suicidaire pour avoir fait exprès de tout capoter... » Le mafieux toise le finlandais sévèrement, le scrute à la recherche d’un élément susceptible de corroborer ses soupçons. Paranoïaque, le délire tissé dans les méandres de son cerveau détraqué lui apparait soudainement plus que plausible. Qu’Il ait pu commanditer un tel fiasco pour mieux lui nuire, voire même collaborer avec le Gouvernement en ce sens. Il n’est peut-être que le dindon de la farce, à la vigilance noyée dès le premier soir dans un verre d’alcool trop fort. Comme un fruit avarié qui contamine toute la panière, il suffit à son esprit malade d’une brèche pour s’y engouffrer et inventer des scénarios rocambolesques.

La léthargie subite de l’apprenti légiste le détourne de ses suspicions pathologiques, le pousse instinctivement à se rapprocher. La tentative d’intimidation est évidente, l’amène à réendosser le masque du patron vindicatif et pointilleux. « - Je n’en crois pas un traitre mot. » Siffle-t-il, glacial. « - T’aurais pas l’air stupide d’un hérisson tétanisé devant les phares d’une bagnole, si tu disais la vérité. Elle est passée où, ton assurance de pacotille ? » La porte se verrouille, referme le piège sur sa proie. Il ne veut pas risquer de Le voir quitter la pièce, et alerter l’une de Ses charmantes collègues. Ou pire, téléphoner directement à l’inspectrice qui surveille ses agissements comme le lait sur le feu. Il ne connait pas son amant éphémère suffisamment pour être certain qu’Il n’ira pas le trahir à la première occasion. Il aurait parfaitement raison de le faire après tout, après ces mois à subir arbitrairement son mépris et son acharnement. Après la façon dont il l’a superbement ignoré, une fois sa convoitise charnelle assouvie. Et celle bien plus fourbe de se jeter sur le premier prétexte pour Lui ordonner de déguerpir. Un ricanement amer lui déchire la trachée, étire ses traits de marbre d’un amusement factice. « - C’est une option. Tu n’as qu’à réduire ma patience en miettes comme tu sais si bien le faire, tu seras fixé. Je te le déconseille fortement, cela dit. » Susurre-t-il en guise d’avertissement. Il n’a pas réellement réfléchi, mise sur le fait que Sa claustrophobie occasionnelle le fera rapidement céder. Et surtout, sur Son envie de le voir déguerpir au plus vite. La suite le laisse cependant dubitatif, écarquille ses pupilles bleutées d’un étonnement flagrant. Interdit, à court de palabres menaçantes et assassines. Ses vertèbres s’appuient davantage contre la porte, en quête d’un maintien précaire. Ses neurones s’affolent, pataugent dans le marécage de sa mémoire. Il n’a pas plus d’estime pour ses partenaires de jeu avant qu’après avoir assouvi ses pulsions primaires, et n’est pas du genre à prendre des nouvelles. Elles n’incarnent que des morceaux de chair malléables à souhait, qu’il oublie sitôt qu’elles disparaissent de son champ de vision. S’il en tue certaines, c’est pour s’en servir de garde-manger. Si leur épiderme n’est pas assez savoureux, c’est leur énergie vitale qui le comble. Alors il n’a pas à feindre la surprise, en apprenant qu’elles s’empilent joyeusement dans les congélateurs de la morgue depuis des semaines. Encore moins lorsqu’Il l’informe le plus naturellement du monde qu’Il s’est chargé d’effacer toutes les preuves compromettants. Comme s’il ne s’agissait que d’une simple formalité, et non d’une sérieuse entrave à la justice.

Ses poumons se bloquent dans sa cage thoracique lorsque le captif s’avance, le privent d’air le temps d’un battement de cils. Son échine le tiraille, manque de le faire grimacer tant ses muscles se crispent. Il s’efforce de rester stoïque, Le toise du haut de ses maigres centimètres d’écart. Il s’attend à ce qu’Il reprenne ses mauvaises habitudes et le prive de ses forces pour le faire ployer. Et absolument pas à ce qu’Il ose venir déloger la clef de sa vile cachette. Un frisson carnassier lacère sa piètre carcasse lorsque les serpents effrontés effleurent la chute de ses reins, se glissent sans vergogne dans la poche de son jean. Son corps se contracte, sa respiration se coupe avant d’accélérer légèrement. L’envie de fracturer Son poignet, d’en faire de la bouillie, lui traverse le crâne à nouveau le crâne mais il est incapable de la mettre en pratique. Provocation lascive réduisant son bas-ventre en cendres sanguinolentes, déchirant ses entrailles d’une convoitise dévorante. La brûlure s’intensifie, attisée par Son souffle contre sa mâchoire. Une vague de désir le consume, l’engloutit littéralement. De prédateur, il devient proie. Inapte à départager plaisir et répulsion. L’écœurement le ronge, transforme ses viscères en contorsionnistes affreusement douloureuses. Un mal être général le gagne, le cloue au pilori alors que l’abject tentateur rend encore plus dérisoire la distance entre eux. La proximité vaseuse lui retourne l’estomac mais le véritable supplice serait de Le repousser. Le scandinave étouffe un râle de soulagement lorsque Ses lèvres sucrées s’échouent enfin contre les siennes même s’il s’efforce vainement de ne pas capituler si facilement. Sa langue perfide s’égratigne contre ses barrières de nacre, aguiche sensuellement la sienne. Le contact fielleux manque de le faire défaillir, au même titre que le jeu douteux contre ses flancs.

La chaleur du bassin qui vient épouser de force le sien le tire cependant de sa maudite léthargie, le pousse à réagir avant de perdre complètement pied. Ses paumes s’aplatissent contre Son torse pour Le repousser, non sans mordre auparavant Sa lèvre inférieure jusqu’au sang. Autant pour Le punir que pour Le faire lâcher prise. Ses prunelles d’acier poignardent Ses sphères azurées, enflammées par une rage sans précèdent. Il a encore Son goût enivrant et ferreux dans le palais, et il en tremble. Frustré par une cruelle sensation d’inachevé. Le silence insoutenable plane, comme un couperet attendant le moment propice pour s’abattre sur ses victimes. Son pouce vient frôler l’armure fragile de ses lippes, ardentes et toujours imbibées d’un redoutable arsenic. « - Tu devrais t’en soucier plus que n’importe qui d’autre pourtant, de savoir si j’ai commis une telle monstruosité ou non, malgré tes pulsions suicidaires. Tu serais le plus en péril de tous. » Grogne-t-il, haletant, la voix rauque comme si elle roulait sur des gravillons. Il hésite avant de tendre son bras vers Lui. Il attrape avec une violence mal contenue celui du hacker pour l’écrouer contre son enveloppe corrompue. Un soupir, et il l’embrasse sans une once de délicatesse. Agressif jusque dans ses caresses. Sans retenue. Poisseuse, la honte se mêle sournoisement à la texture suave de Sa bouche enjôleuse, mais il s’efforce cette fois de l’annihiler entièrement. L’une de ses mains se pose contre Sa taille, raffermit leur contiguïté dévastatrice. L’autre s’égare contre Sa nuque avant d’agripper avec un semblant de barbarie l’ébène de Sa chevelure. D’un mouvement de hanches, le mafieux se détache du mur et l’enjoint à reculer sans pour autant le relâcher. Bien au contraire, ses reins en lambeaux se pressent avec vigueur contre ceux de leur partenaire d’infortune. Meurtris par un besoin de possession impérieux. Ses doigts se faufilent impunément sous le tissu de Sa blouse, viennent froisser celui de la chemise en dessous pour finir par calciner la peau nue qui s’y abrite. Il n’est plus maitre de rien. Guidé par les palpitations qui rugissent dans sa cage thoracique et l’enjoignent à poursuivre sa délicieuse exploration. Il oublie tout, s’échappe du carcan de conventions qui lui hurle les mots contre-nature et putride à l’oreille. S’accroche fermement à ce qui le fait paradoxalement plonger au fond des abysses. Il n’a plus aucune emprise sur le tempo lancinant qui se déroule entre eux, il ne parvient qu’à l’accentuer. Électrisé. Passion désastreuse et scandaleuse s’imprimant au moindre de ses effleurements, embrasant littéralement ses sens. Sombre décadence et déviance malsaine réunies pour le mener directement à sa perte. Souveraine et insatiable, elle bouillonne dans ses veines en fusion et pousse ses phalanges à dériver Sous sa ceinture. A peine. Il n’en éprouve que furtivement la douceur avant qu’ils ne se heurtent rudement contre la table de dissection. Le bruit sourd perce ses tympans et il esquisse aussitôt un pas en arrière, mettant ainsi un terme brusque à l’échange lubrique.

Ses rétines claires butent sur le cadavre, font redescendre considérablement la tension charnelle. Les deux icebergs se confrontent au visage horriblement pâle, blanc comme la neige. Aux traits si séduisants désormais tirés, émaciés. Rendus presque hideux par la dose de gel ayant figé à jamais le cruor. Il s’appuie contre le rebord, fébrile. La ferraille logée entre ses côtes refuse de se calmer, tambourine avec une force inouïe contre ses parois écarlates et s’effrite à chaque embardée. « - Pourquoi est-ce que tu as couvert mes traces Aleksi ? Il n'y a strictement aucune logique là-dedans, tu ignorais totalement que j’avais couché avec elles il y a encore quelques minutes. Avant que je débarque dans cette pièce. Tu n’avais pas de raison de faire ça... De prendre un risque si immense en détruisant des preuves peut être cruciales pour l’enquête. » Ses billes métalliques retournent se planter dans Ses émeraudes, inquisitrices comme s’il n’était plus qu’un flic passant au crible un suspect. Un élément lui échappe, et il déteste l’impression d’avoir été pris pour un imbécile. De ne plus détenir le contrôle.

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MessageSujet: Re: Through The Glass [PV]   Mar 11 Nov - 20:52


La désagréable impression de n’être qu’un numéro apposé sur un dossier me brûle la gorge. Je ne suis qu’un élément constituant la chaine de Ses plans suicidaires, et même une fois sortis de cette abime, je continu encore d’y chuter. Mes lèvres se crispent, et un profond mécontentement vient figer mes traits. « - J’aurais dû prendre soin de déchirer le contrat avant de partir, cela t’éviterait de penser que je t’appartient toujours. » Je prends soin de forger mes paroles dans le même moule que les Siennes. D’insuffler les notes  froides et rugueuses de ma langue maternelle pour avoir un semblant d’aplomb et ne pas montrer qu’en profondeur, je saigne. « - Crois ce que tu veux, ce n’est pas mon problème. Que ta paranoïa occupe tes soirées, ça t’évitera de faire ce genre de bêtise. » Je le lance à la volée, désignant la demoiselle de la main. Je m’enlise dans le besoin de Le toucher. Fait tomber des barrières qu’il avait pris soin d’ériger entre nous et agrippe ses courbes avec plus de ferveur, mon autre main se crispant contre Sa nuque. La saveur de Ses lèvres, la chaleur de Sa peau, ce mélange explosif m’avait affreusement manqué. Me faisait cruellement défaut et me plongeait dans un profond manque que rien ne pouvait effacer. La langueur vient s’ajouter à la brusquerie de mes gestes, poussant mon bassin à se montrer sulfureux contre le Sien. Il me détruit, avec une telle application que mon souffle se coupe, s’affole et alourdit mes poumons. Il n’y a plus de limites, j’ai oublié les miennes, les ai rejetées dans les brumes de mon esprit en déroute. La morgue, aussi dérangeante soit-elle n’est qu’un infime détail. Mes sourcils se froncent malgré tout et un gémissement de frustration m’échappe lorsqu’Il me repousse. Le sang sur ma langue me fait frissonner, à mi-chemin entre le plaisir et le dégoût. La brûlure qui dévore mes reins vient me lécher le cœur, se répand jusque dans le regard qui vient s’ancrer au Sien. Les battements de mon cœur sont devenus assourdissants et occultent à moitié Ses paroles.

« - Le plus en péril ? Pour quoi ? Pour avoir travaillé pour toi ? Pour avoir couché avec toi ? Je ne commettrais pas l’erreur de me faire prendre deux fois, j’ai fait le nécessaire pour être écarté de tous soupçons. Tu serais le seul en danger. » Je me surprends avec la dureté de mes paroles qui jurent avec ce qui m’anime en cet instant. Sa main se tend, et moi j’esquisse un infime geste de recul. L’idée de m’éloigner est aussitôt abandonnée et je me brise contre Son corps. Le laisse mener la danse et je me perds dans cette étreinte qui fait exploser l’organe hurlant entre mes côtes. Mon ventre s’enflamme et le désir devient insoutenable. Il me brise, me pousse à m’écorcher contre mes propres envies. Qui ne cessent de me dépasser tant elles peuvent être intenses. Je crains tellement de Le voir arrêter que je n’ose Le toucher. Préférant lui laisser toutes les cartes en main, je m’enferme dans le rôle de la proie docile. Tremblant sous Ses caresses, les frissons gagnant en ardeur lorsque Ses doigts viennent à brûler ma peau. Un soupir vient mourir contre Sa langue, la dérive de Ses phalanges poussant mes hanches à venir se heurter contre les Siennes avec une certaine brusquerie. La tension me brise la nuque, et mes doigts finissent par s’enrouler autour de Sa ceinture, avides d’en défaire la boucle. Mes reins qui se heurtent contre l’acier me ramènent dans la douloureuse réalité qui est la nôtre. Un hoquet de frustration s’étouffe dans ma gorge. Je m’appuie contre le froid de la table, tentant de retrouver un semblant de calme et de contenance malgré la débandade qui règne sous ma peau en feu. La question me vrille les tympans, ricoche contre les parois de mon crâne. Et je dois faire un énorme effort pour en comprendre le sens. J’ai pendant un instant, l’impression qu’Il s’exprime dans une langue qui m’est totalement étrangère.

« - Je ne suis qu’un petit branleur doté d’un sens de la logique des plus pitoyable. » La légèreté de ma réplique se trouve entachée par la lourdeur du désir qui me tourmente encore, et qui enraille ma voix. Je relève finalement la tête, pour soutenir Son regard. Et me rendre compte que lui aussi, il maîtrise à la perfection l’œillade inquisitrice du flic prêt à faire tomber son jouet. « - Et je risquerais quoi ? Perdre mon boulot ? Finir en prison ? Ce ne serait pas la première fois. Me faire exécuter pour montrer l’exemple ? Je suis déjà mort… » La fin de ma phrase se meurt dans un murmure, et je me dérobe. Mes doigts se crispent contre la table, tapotant dessus avant que je ne m’en détache enfin. « - Je n’en sais rien. » Je laisse le drap venir recouvrir la pauvre Lauren avec application, et je finis par tirer la table à l’intérieur d’une des imposantes chambres froides encastrées dans le mur. La main contre la plaque en acier, je m’obstine à Lui tourner le dos encore un moment, laissant une fois de plus ce silence dérangeant s’installer entre nous. « - Peut être qu’au fond, je m’en doutais. Je… Je n’ai pas tout détruit, je voulais faire des tests de mon côté pour trouver le… Propriétaire avant d’en informer la légiste. » Je me décide à sortir de mon immobilité et Lui fait face. Haussant les épaules avec un semblant de désinvolture, je me rapproche. Puis m’applique à ramasser les feuilles que j’ai si stupidement jetées à terre pour les remettre ensuite en place entre mes doigts et reposer le dossier sur un plan de travail. « - Maintenant que je le connais, j’ai une raison suffisante pour supprimer les preuves restantes. » Je me fiche éperdument de perdre mon travail. Je parviendrais à en trouver un autre, qu’importe le domaine, je m’adapterais. La prison en revanche, cette option m’effraie, me tétanise et pourtant, je réalise avec une certaine horreur que je serais capable de prendre ce risque pour éviter de mettre Kyran en danger. Que les cadavres de Ses conquêtes s’amoncèlent, je continuerais d’effacer les traces de Son passage. Remerciant par la même occasion celui qui aura eu cette merveilleuse idée que de réduire les ingénues en miettes. La jalousie ne cesse de me ronger, pernicieuse, elle ne disparaît pas. Reste en sommeil sous un tas de choses toutes plus différentes les unes que les autres.

Le silence s’installe et le malaise revient. La dépendance aussi. Je suis un drogué, ce n’est plus une nouveauté pour qui me connait un tant soit peu. De toutes mes addictions diverses et variées, jamais je n’aurais pensé que l’une d’elle prendrait les traits d’un homme. D’un homme comme Lui. La distance me brûle les poumons, j’étouffe, inspire des cendres et les laisses me ronger de l’intérieur sans pouvoir les en empêcher. Je baisse les yeux, et l’affreuse impression de n’être qu’un gamin fasse à Lui vient s’ajouter à la couche de gêne recouvrant mon cœur. Il bat encore, faiblement, miné lui aussi par une séparation bien plus douloureuse à supporter que prévu. J’ouvre la bouche, la referme aussitôt, m’obligeant à garder le silence pour ne pas me retrouver à Le supplier de me reprendre. De me donner une seconde chance, que je ne mérite pas. Au lieu de ça, je suis en train de briser la distance entre nous. J’hésite un instant, puis abandonne la retenue quelque part dans un coin de mon cerveau atteint par la gangrène. Et je reviens me couler contre Lui, mes bras s’enroulant autour de Sa taille. J’ai besoin de Sa chaleur, de ce contact addictif qui me fait défaut. La tension sexuelle est toujours là, difficilement refoulée et ignorée, elle me tiraille. Ma respiration s’accélère, je ferme les yeux et renforce l’étreinte, me rapproche encore un peu plus jusqu’à ce que Son bassin s’enchaîne au mien.

Je me cache du reste du monde dans le creux de Son cou, m’enivre de Son odeur et de tout ce qui peut faire qu’Il est ce qu’il est. Le ridicule de mon geste me gratte la gorge, et un rire vient se heurter mes oreilles. Le mien certainement. Je me ris de ma propre bêtise, de cette tendresse qui vient se glisser dans cette étreinte. Le temps se suspend, s’arrête au-dessus de nos têtes, et même le ronronnement irritant de la ventilation semble avoir cessé. Je n’entends plus que les battements de Son cœur qui résonnent contre ma joue. Je me laisse bercer par cette symphonie singulière avant relever la tête. A peine. Suffisamment pour frôler Sa mâchoire du bout du nez. J’ai toujours eu besoin de ce genre de moment, de ces étreintes dénuées du moindre intérêt lubrique. Il n’y avait que ma sœur pour ce genre d’instant, il n’y avait qu’avec elle que je me sentais en sécurité. Je la croyais unique, je constate que ce n’est plus le cas. Kyran est en train de prendre sa place. En fait, Il la déjà prise. Je ne devrais pas me sentir autant en confiance en Sa présence, et pourtant. Je réalise à quel point mon attitude peut être ridicule. Et combien elle peut-être révélatrice de la faiblesse qui est mienne. Je me dérobe, le libère de mon emprisonnement avant de déposer un infime baiser au coin de Ses lèvres, et de m’éloigner. Je reprends ma place, mes doigts cherchant le dossier ramassé un peu plus tôt pour le tendre dans Sa direction, tremblant comme une misérable feuille.

« - Tu t’y connais mieux que moi… Vérifie, si tout est en ordre. Je ne voudrais pas tout faire capoter une fois de plus. » J’hésite à Le regarder, me borne dans la contemplation excessive du sol par crainte de ce que je pourrais lire dans Ses prunelles. Il doit me prendre pour un fou, pour un imbécile fragile à en crever et perdu dans son monde de niaiserie nauséeuse. D’une certaine manière, il n’aurait pas totalement tort.

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MessageSujet: Re: Through The Glass [PV]   Dim 16 Nov - 21:18

Il a la réponse à ses interrogations sur le bout de la langue, mais elle reste indéchiffrable. Son esprit aliéné établit certains rapprochements, mais refuse d’aller jusqu’au bout de sa réflexion. Les choses les plus simples sont souvent les plus difficiles à admettre. Il se leurre, autant que Lui. Le bougre s’obstine pourtant, met sur la table une pièce d’un puzzle qu’il n’est pas prêt d'achever. Son regard se fait acéré, inquisiteur. Son âme noire dégouline dans les antres qui lui servent de rétines pour les rendre plus intimidantes. Il endosse le rôle factice du flic fermement décidé à résoudre son enquête, mais il ne pense qu’aux phalanges qui étaient sur le point de défaire la boucle de sa ceinture. Il ne songe qu’à l’ardeur lascive qui ronge son bassin comme de l’acide, qui le déchire plus encore maintenant qu’il s’est éloigné tant la frustration est intense. Des vagues d’écume consument son échine de frissons, arrosent de sel ses plaies ouvertes. Celles qu’Il a laissé, sans vraiment qu’il sache comment, en travers de son palpitant. Les blessures le lacèrent grièvement, attendrissent le piteux organe incapable de guérir aussi vite que le reste de son organisme. Le poison mortel injecté par le finlandais s’écoule dans les fissures, le calcine littéralement de l’intérieur.

Sa main crispée est contrainte de se retirer de la table métallique lorsque l’apprenti légiste recouvre le corps dénudé et contusionné de la victime, pour la ranger dans son cercueil glacé. Isolés et enfermés dans une pièce aux murs remplis de cadavres. La sordide réalité le fait imperceptiblement frémir alors que ses prunelles d'acier ne perdent pas une miette de Ses mouvements. Il Le laisse se démêler péniblement avec des simulacres d’explications, qui peinent à le convaincre pleinement. Son ancien employé joue la carte du détachement. Balaye les risques et endosse le rôle de celui qui n’a plus rien à perdre. Le malfrat secoue négativement la tête, sent son cœur se faire démonter en pièces détachées. « - Ne raconte pas n’importe quoi… Qui est-ce que tu essaies de convaincre ? Moi ? Toi ? T’en crèverais de retourner en prison, ne fais pas comme si ça n’avait aucune importance. » Ordonne-t-il, dardant son regard sombre sur Sa silhouette décharnée. Il le sait, que se refaire incarcérer Le détruirait, et certainement pour de bon cette fois. Qu’Il a retrouvé Sa liberté depuis trop de mois désormais pour supporter à nouveau une cellule insalubre et la violence primaire d’autres détenus. Même si avoir été contraint d’errer dans une prison dorée lorsqu’Il travaillait sous ses ordres n’était pas si différent. Probablement même pire parfois. « - Et pour un mort, je te trouve encore bien vif. » Susurre-t-il sur le ton si peu familier de la plaisanterie. La désinvolture ne lui va pas, sonne terriblement faux. Il n’arrive pas réellement à rire de cette attirance qui lui semble si contre-nature, mais une part imposante de lui se surprend à essayer. Maintenant que je le connais, j’ai une raison suffisante pour supprimer les preuves restantes. L’attachement évident contenu dans l’aveu le fait grimacer, ne parvient pas à griser le bourreau qui devrait s’en réjouir. Il ne ressent qu’une honte cuisante, à l’idée qu’Il continue de lui vouer une telle loyauté, quand il ne mérite que du mépris et des crachats. Il pensait pourtant L’avoir écœuré pour de bon la dernière fois. « - Vraiment ? Alors je ne suis plus un putain d’enfoiré ? Tu as de nouveau changé d’avis sur mon compte ? » Ironise t’il, simulant un amusement qui n’est en vérité que factice. Il ne comprend pas comment Il peut autant s’accrocher, s'acharner à voir derrière les apparences sinistres et révoltantes. Derrière les multiples outrages. Le hacker est prêt à lui pardonner presque aveuglément. Quand son frère, qui l’a aimé bien avant qu’il ne devienne un monstre, est incapable d’en faire autant pour des fautes vieilles de plus d’un siècle. Le malaise profite lâchement de ses faiblesses, s’immisce sournoisement dans la brèche.

L’envie de persifler vacille au bord du précipice, engloutie par le néant. Ses sourcils se froncent légèrement lorsque la frêle distance est rompue, et que Ses émeraudes viennent embrasser le sol d’un air penaud. Il n’a pas le temps d’esquisser un pas en arrière, que déjà deux bras enlacent sa taille. L’intimité est plus dérangeante encore que les flammes dévorantes qui continuent de lui lacérer le bas-ventre. S’il parvient à composer avec la convoitise brute, avec les échanges lascifs empreints d’une tendresse cannibale, il n’est pas préparé à ça. A cette douceur singulière qui s’enroule autour de lui et l’emprisonne dans ses filets tortueux. C’est une énième étape de trop, qui dépasse de loin son seuil de tolérance. La luxure n'est plus souveraine. Ses jambes sont clouées, paralysées. Il se rassérène malgré lui de Sa proximité enivrante, de Son odeur capiteuse. De Son souffle désordonné qui caresse sa nuque. Son front s’y est réfugié, à l’abri de son cou, et il ignore quelle gestuelle adopter. Empli de maladresses qui ne lui ressemblent pas, qui sont cependant devenues légion depuis qu’Il est entré dans son existence sans crier gare. Ses phalanges finissent par s’abriter dans la noirceur de Son cuir chevelu, sans la férocité animale qui animait ses mouvements auparavant. L’autre effleure Son dos, sans vraiment oser s’y poser. Il a perdu l’habitude des étreintes platoniques, dénuées d’intentions lubriques. Il ne s’embarrasse plus de ce genre de marque d’affection, s’est échiné à en oublier la saveur réconfortante. Il a quasiment rayé ces habitudes en même temps que sa complicité innocente avec Théodora, puis les a enterrées pour de bon lorsque la mort l’a arraché au benjamin de leur famille détraquée. Les émotions profondément enfouies le meurtrissent, font trembler sa misérable carcasse alors qu’Il renforce leur contiguïté. Ses hanches se soudent aux siennes, remuent les escarbilles incandescentes sans réussir à en ranimer pleinement le brasier. Les marques d’affection le refroidissent. Il regrette Son initiative, voudrait remonter au moment où ils se sont heurtés violemment à la ferraille pour ne finalement pas s’arrêter. Il préfèrerait qu’il ne soit question que de possession physique, quitte à se sentir ensuite nauséeux d’avoir satisfait un appétit si abject. Il préfèrerait l’avoir fait dans cette morgue lugubre et impersonnelle, au milieu des macchabés prêts à être disséqués. Échanger des coups de reins plus ou moins barbares, se laisser emporter par un besoin viscéral avant de se fracasser contre les récifs d’un plaisir coupable. Assouvir n’importe quelle bassesse, plutôt que de Le sentir blotti contre lui. En quête d’une sécurité aux antipodes de ce qu’est supposé Lui insuffler le tortionnaire. Le roc qu’il est supposé incarner est réduit à un vulgaire morceau de cristal, enclin à se briser et s'éparpiller dès qu’Il s’éloignera de son enveloppe indigne. Son ricanement lui perce les tympans, n’arrange rien à son trouble. Il se sent ridicule, de rester immobile au lieu de Le repousser et de prouver enfin qu’il ne mange pas de ce pain-là.

L'espacement soudain le rend autant orphelin qu'il lui apporte du soulagement. Le baiser volage déposé au coin de ses lippes lui fait l’effet d’une brûlure à basse température, blesse sa chair à vif. Il en grelotte et il lui faut quelques secondes pour se décider à attraper le dossier qu’Il tend fébrilement dans sa direction. Il s'en empare, fait tourner les pages en faisant mine d’en inspecter le contenu alors qu’il est trop perturbé pour y voir autre chose qu’une maudite succession de lettres. D’un claquement brusque il le referme et ses rétines claires s’amarrent aux Siennes. Contraint de se racler la gorge pour qu’un son daigne s’en extirper. Sa main s’approche de Son poignet, s’en empare sans brutalité. « - J’essaierai de… mieux couvrir mes traces à l’avenir. » Ce n’est pas ce que l’ex-détenu souhaite entendre, le mafieux en est conscient. Mais il ne peut pas non plus lui jurer fidélité. Il ne peut rien lui promettre du tout, si ce n’est de continuer à soigneusement L’éviter. Si ce n’est de ne pas prononcer les mots qui lui écorchent la langue. Reviens. Ce sera différent. Tu seras augmenté. J’arrêterai de te tyranniser... Ce ne sera pas différent. Peut être les premiers jours et encore, mieux vaudrait miser sur les premières heures. Le naturel reviendra au galop, la mortification de se rouler dans des draps avec un mâle avec. Alors il ravale ses suppliques, épouse ses névroses et brosse son ego dans le sens du poil au passage. « - Ou de buter le dégénéré qui a décidé de se défouler sur ces pauvres filles et entend me priver à terme de vie sexuelle, si j’arrive à le choper. » Son ton se veut léger, mais la colère gronde sous les décombres. Il est convaincu qu’il s’agit de représailles et les ennemis aux mœurs malsaines ne manquent pas à l’appel. Il ne comprend cependant pas le but de la manœuvre. Lui coller ces meurtres odieux sur le dos surement ? Il ne voit que ça. Ou peut-être le frustrer, lorsque la rumeur selon laquelle toutes ses conquêtes terminent six pieds sous terre commencera à se propager. « - Prends soin de toi Aleksi. » Ses doigts glissent, Le relâchent. La formule de politesse est risible dans sa bouche, tranche sévèrement avec son caractère rustre. Elle lui fait mal de surcroit, car elle est de celles qu’on lance à un étranger sans sincèrement les penser. Pas de menaces, pas d’insanités jetées au visage. Il est trop endolori pour déverser un flot de rage sur Lui. Il est trop affaibli pour se remettre correctement dans la peau du despote arbitraire. Il est bien trop con pour Lui souffler que le manque est trop lancinant, qu’il n’est qu’un minable et qu’un sale type, mais qu’il a affreusement besoin de Lui. Et pas seulement pour pirater des systèmes informatiques. Le bon prétexte pour Le garder sous son emprise destructrice. Au lieu de piétiner sa fierté, il massacre son myocarde et ouvre la porte antérieurement verrouillée par ses soins. Avant de s’engouffrer à l’extérieur et de se faire transpercer par l’air vif de la nuit.


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There's a reckoning a'comin. And it burns beyond the grave. With lead inside my belly. Cause my soul has lost its way.
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