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 Still Waters Run Deep [Sigurd]

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MessageSujet: Still Waters Run Deep [Sigurd]    Sam 11 Oct - 17:01

Une ombre passa, furtivement. Dansant entre les lumières des éclairages, elle passait, de lumière en lumière s’évanouissant pour mieux réapparaitre ensuite. Discrètement, la silhouette passa à travers les voitures garées lorsqu’elle traversa la chaussée, marchant silencieusement dans la rue vide. Petits pas, sans regarder derrière elle, sans rebrousser chemin, sans une hésitation. Minuit, l’heure de tous les crimes, l’heure où tout est permis, l’heure où les âmes honnêtes sont endormies pendant que les scélérats sortent, pour commettre mille et une manigances. Elle ne dormait pas, elle ne dormait plus. Le sommeil ne l’avait plus apaisée depuis des années et à cela pas de solution possible, pas d’échappatoire. Les fantômes du passé ne cessaient jamais leur course, revenant toujours vers les vivants pour leur offrir d’inimaginables tourments. Certains revenaient parfois dans le présent pour exiger réparation, jugement, vengeance. Aeryn avait commis des erreurs, avait berné, triché, volé sans avoir cette notion de bien ou du mal dans ses actes. Il fallait bien vivre, à chacun sa manière, à chacun son truc. Ses affaires actuelles d’antiquaire ne lui permettaient pas de vivre et certains mois restaient difficiles et compliqués. Inlassablement, elle poursuivait ses petits délits, volant de temps à autre les dollars d’un amant d’un soir. Sans scrupules. Personne ne se permettrait de lui faire la morale, car personne ne la connaissait maintenant suffisamment pour avoir la moindre idée sur ses agissements. Il n’y avait qu’elle pour se sauver, qu’elle sur qui compter. Lorsque l’on a accepté cela, la forteresse de solitude n’en est que plus simple à accepter, conséquence des fantômes du passé qui ne refusaient de partir et la laisser dans cet état. Aeryn s’était fait à l’idée, pourquoi ne la laissaient-ils pas, pour de bon ? Le temps avait passé, c’en était terminé, il était temps de passer à autre chose ! Difficile quand les souvenirs remontaient.

Peinant à trouver le sommeil, une option avait été l’enivrement dans ce bar où la gérante était plutôt agréable et sympathique. Oh et puis non, pas cette fois, pas ce soir. La silhouette féminine sortit prendre l’air et laissa ses pas la guide au gré de sa fantaisie. La ville était grande, les rues vides. L’obscurité reflétait particulièrement bien son état d’âme, lune presque cachée par les épais nuages. Son esprit restait vide, vagabondant. Réceptrice de ce qu’elle pouvait y voir, elle se sentit bien dans cette obscurité bienfaitrice qui calma les récents cauchemars de son sommeil perturbé. Marchant et marchant sans s’arrêter, marchant là où le vent l’emporterait, vers les coins les plus reculés de la Nouvelle-Orléans, là où elle pourrait regarder sans penser, regarder pour la beauté de l’endroit, pour l’instant. Pour calmer cet esprit agité dont le tournant était sans cesse refoulé et enfermé dans une boite qui ne pouvait le contenir éternellement. En attendant se disait-elle, en attendant. Refoulant ce sentiment, refoulant son mal-être. Acceptant la situation.
Le phare. Symbolique de ces marins égarés en mer, seul point de chute pour leur permettre de retrouver leur chemin. Quel était son phare à elle ? Les années ne lui avaient pas permis d’en trouver un, c’est qu’il n’y en avait pas. Elle errerait dans le noir, sans forcément chercher une sortie. Errerait jusqu’à s’en faire engloutir.

S’engouffrant par la porte ouverte, la jeune femme monta les marches de l’imposante tour de guets. La vue devait en valoir la peine, mais sous ce noir, pas sûr qu’elle n’en voit quoi que ce soit. Marche après marche, son ascension se fit régulière pesant chaque pas sans ralentir ni accélérer, comme un pèlerinage vers un but final. Qu’y avait-il en haut à voir, qu’y avait-il d’assez fascinant pour que la jeune femme monte jusqu’au bout ? Ses pas la guidaient, tout simplement, le but n’avait pas d’importance. Errance. Un point de départ, et pas d’arrivée. Le temps filait, la nuit, toujours aussi sombre, noire et dangereuse. Ce qu’elle pouvait l’apprécier. Cette sensation qui glaçait le sang, à vous en courber l’échine, à vous en faire pleurer. Aucune larme de roula sur ses larmes, aucun sanglot. La douleur avait été telle qu’elle ne sentait plus rien à présent. Si l’on avait essayé de briser son mur de glace, sa forteresse de solitude, c’est pour mieux renforcer les fondements, pour mieux se barricader.

Des pas. Une autre personne se lance dans l’ascension du phare. En haut, rien que des fenêtres donnant vers le bleu de l’eau devenue noire par la pénombre. Première escapade en ces lieux, fascination devant la vue. Vertige. Aeryn se sent s’écrouler. A force de ne pas se nourrir, d’ignorer les besoins de son corps, un rien la fait chavirer. Elle lutte, reste debout et tient bon. Ce n’est que partie remise, elle payera cher son inconscience. Assume, se dit-elle, assume. Son visage devient blême mais elle tient bon, debout. Cela passera, comme tout. Pas question de perdre la face envers la personne qui poursuit sa lente ascension des escaliers, et qui va certainement la voir elle aussi. Pas besoin d’aide, besoin de personne. Avait-elle le droit de monter ? Trop tard, c’est fait.  
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MessageSujet: Re: Still Waters Run Deep [Sigurd]    Mar 21 Oct - 21:48


Still Waters Run Deep






Quand je n’ai pas besoin de m’occuper d’un ours gourmand un peu trop râleur et qui a tendance à s’occuper de son domicile sans prévenir, que je ne suis pas avachi dans le canapé avec des céréales ou que je ne m’occupe pas de la vie sentimentale d’une jeune adolescente un peu trop espionnée par son père un peu trop possessif, je sors. Ca m’arrive, oui oui ! D’habitude, je sors accompagné – comme ça au moins je suis à peu près certain d’avoir un peu d’amusement dans ma triste vie, pauvre de moi – mais il faut croire que ce soir, j’ai fait un effort monumental que je ne prendrais pas la peine de faire à chaque fois. C'est-à-dire que j’ai pris la peine d’aller dehors tout seul, sans même me préoccuper de qui ni de quoique ce soit. Pourquoi ? Eh bien voilà une bonne question à laquelle je vais répondre en trois parties et trois sous-parties. Non, sincèrement, simplement parce que je ne ressens pas le besoin actuel de sortir avec quelqu’un, c’est dingue hein venant de moi ? J’ai l’esprit trop occupé par quelqu’un et je commence à devenir un gars niais et amoureux, doooonc je préfère être seul et faire mon gars super sombre qui marche seul (comme dans la chanson) pour penser à ses sentiments. Ensuite, j’avoue que j’ai perdu mon téléphone portable et que, par conséquent, cela va m’être quelque peu compliqué de pouvoir contacter quelqu’un. Ensuite, je n’avais pas envie d’aller en extérieur avec Gregory parce que je passe déjà ma vie à aller dehors pour le retrouver, et pour ce qui est de sa fille, elle a un exposé demain matin à huit heures, donc hors de question qu’elle soit épuisée ! Puis ouais, voilà. J’ai envie d’être ce genre de gars hyper sombre qui pense à l’amour, à son passé super ténébreux et tout ça… Bon okay. J’avais juste rien d’autre à faire que d’aller me promener.

Et, c’est contre toute attente – quoique – que je me rends compte que marcher seul dans la nuit, ça fait plutôt réfléchir sur les sujets dont je parlais dans la phrase juste avant. Ca me rappelle Ragnar, ça me rappelle la Norvège et mes doudounes immondes, ça me rappelle le fait que je passe vraiment l’entièreté de ma vie avec Gregory. Tout le temps avec cet ours. Pas seulement parce qu’il m’héberge, même s’il faut dire que le fait que je vive chez lui rajoute un peu au fait que je le vois tous les jours, mais aussi parce que je crois que j’en ai de plus en plus l’envie. C’est pas tout, mais j’aime bien nos discussions inutiles, nos batailles ridicules pour prendre le plus de place sur le canapé, nos engueulades passionnées sur quelle marque de céréales acheter… J’aime bien entendre sa voix, sentir sa présence, BREFOUILLE, OUI, JE DOIS SANS DOUTE AVOIR UN PETIT TRUC POUR LUI POUR QUE JE M’EMBALLE A CE POINT ET POUR QUE JE PENSE EN MAJUSCULES. Ahem. Ca commence à devenir de plus en plus clair, au fond de moi. Je l’apprécie trop. Je l’aime bien trop, ce gros ours un peu trop vieux, un peu trop mature. Mais ça me plait, ouais. Ca me plait. Et ça me plait tellement que j’ai marché pendant deux heures en ne pensant qu’à lui. Et que je me retrouve comme un con dans un endroit qui me semble un peu bizarre. Bordel mais qu’est-ce que je fous vers le phare ?

Je lève les yeux un moment. En fait, j’ai déjà commencé à monter les escaliers. Je vais pas penser à comment j’ai fait pour arriver là, je vais surtout penser à retrouver le chemin en sens inverse parce que je suis plutôt mal barré pour rentrer. Une fois en haut, je reprends mon souffle et je regarde l’horizon. Ca me rappelle là où je vivais avant et je ne pense pas que ce soit une bonne chose, en soi.

« Eh bah… »

Oui, je parle tout seul, ne faites pas la personne à part à me dire que vous, vous ne faites pas ça. Oh. Mais attendez voir, finalement, je ne vais pas passer ma soirée seul…

« Qui voilà donc ! On s’est pas vu depuis combien, 52, 53 ans ? Non sincèrement, 5 ans, un truc du genre ? » je lance dans un léger rire en levant un sourcil. Ca fait une éternité, mais bon... je sais plus combien. Il faut croire que parfois, le passé décide de surgir sans trop prévenir.



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MessageSujet: Re: Still Waters Run Deep [Sigurd]    Mer 22 Oct - 18:46

Le temps est une chose bien étrange. Toujours aussi constant, toujours aussi juste, quel qu’en soit le moment, le lieu. Et pourtant, il affecte chaque être humain, le changeant à mesure qu’il s’écoule. Secondes, heures, semaines, années. Il file et chacun évolue en fonction des évènements le marquant. Aucune possibilité de revenir en arrière, avancer est la seule possibilité, constante, que l’on occupe son temps ou non, que l’on se prenne les mauvaises décisions, que l’on réussisse, que l’on échoue. Aeryn était ce qu’elle était, prisonnière de son passé et libre de son avenir. Quant à son présent, il avançait au jour le jour, ne cherchant pas à planifier quoi que ce soit. Tout viendrait au moment où il se présenterait. Le quotidien ne la brisait guère, l’antiquaire détruisant les habitudes pour y placer toutes sortes de rebondissements, de changements. S’enfermer dans une journée à répéter inlassablement ne l’intéressait nullement. La vie demeurait trop courte pour la passer à relater sans cesse les mêmes choses. Alors elle était montée, se disant pourquoi pas, pourquoi ne pas y aller finalement. Pourquoi rester en bas plutôt que d’atteindre des sommets, pourquoi se réduire à une vie d’injustice alors que l’on pouvait parvenir à vivre plus aisément, si seulement on s’en donnait les moyens…

L’étendue d’eau se dressait devant elle, calme et paisible. Etrangement, ce sentiment ne l’envahit pourtant pas de la manière que lorsque, prêt de la plage, elle entendait les vagues se dresser pour ensuite repartir en va-et-vient continus. Dans le silence de la pièce, seuls ses yeux envoyaient les informations pouvant déclencher un sentiment, émotion que parfois, la jeune femme n’avait pas. Les pas se rapprochaient, si leur provenance lointaine n’avait pas eu d’incidence première sur le lieu, maintenant, ils se forgeaient dans l’atmosphère, prenant leur place, affirmant leur présence.
Dans cet antre de survie pour marins égarés, Aeryn se rendit compte d’ailleurs que sa solitude allait la quitter un moment, dès que le visiteur aurait monté les marches à sa suite… Ne le regardant pas au premier abord, elle ne put s’empêcher de tourner la tête pour tomber sur ce visage. Celui d’un lointain souvenir du passé, un de ceux qu’elle n’aurait pas pensé croiser de nouveau à dire vrai. Ce qui était terminé un jour ne devait revenir sans prévenir. Cet homme faisait partie d’un passé lointain qui ne reviendrait, celui où, elle avait réussi à retrouver espoir, où elle s’était dit que la vie ne pouvait pas lui apporter les pires crasses possibles et imaginables, qu’elle se remettrait comme Rachel de la mort de leurs parents, que tout irait mieux dorénavant… jusqu’à perdre cette sœur, unique membre de sa famille qui lui restait. Première réaction, celle de l’avoir reconnu, comment oublier un pareil phénomène comme lui, n’est-ce pas ?

« Tiens donc ! Ragnar, toi, ici… c’est surprenant. »

Très surprenant même. Cinq ans peut-être qu’ils ne se sont vus. Aeryn se souvenait être déjà aux Etats-Unis depuis un petit moment, mais pas suffisamment longtemps pour autant. Le passé ne l’intéressait pas vraiment, trop associé à la douleur, et au mal être. Ce qui importait c’était le moment maintenant, rien que celui-ci. Du reste, elle prendrait ce qui lui tomberait sous la main, sans planifier, sans prévoir. Afin de ne jamais être déçue, afin de ne jamais rêver et espérer ce qui n’arriverait jamais.

« Cinq ans, en effet… que fais-tu là ? »

Et toujours cette voix aussi détachée, aussi distante, et froide. Aeryn ne se montrait nullement chaleureuse de leurs retrouvailles, ne se montrait nullement chaleureuse de manière générale même. Le peu qu’elle avait ne se donnait pas ainsi, pas aussi spontanément, ni aussi naturellement. Aeryn n’accordait plus sa confiance aussi facilement, et même lorsque l’on croyait l’obtenir d’elle, ce n’était pas forcément le cas. Tout cela à cause de cette peur de souffrir, d’avoir mal. De tenir à quelqu’un pour devoir recoller les propres morceaux de sa douleur. Aeryn avait changé, trop peut-être. Cinq ans et le temps avait eu raison d’elle. Menteuse, voleuse, âme renfermée sur elle-même… Elle l’avait accepté, après tout, si agir ainsi demeurait aussi spontané, c’est que, quelque part, elle l’était, d’une manière ou d’une autre.

« Tu m’as suivie ? »

Simple question, pour satisfaire la part de curiosité en elle. Méfiance un peu tout de même, Aeryn n’appréciant que l’on fouille dans ses affaires sans raison. Peu de personnes décidaient de monter les multiples marches d’un phare, à peu près au même moment et même endroit, ce qui ne l’aurait pas étonnée de la part de Ragnar de l’avoir suivie juste pour savoir où elle allait. Lorsque l’on croise une visage du passé, c’est probablement ce que l’on fait non ? Se ruer vers cette personne pour en savoir davantage, pour comprendre, pour vérifier ses hypothèses et voir, si, quelque part, les souvenirs peuvent revenir combler le présent.
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MessageSujet: Re: Still Waters Run Deep [Sigurd]    Dim 16 Nov - 16:54


Still Waters Run Deep






Ragnar. Oh. Ca, ça a de quoi me faire grincer les dents. On m’a pas appelé comme ça depuis hyper longtemps et je crois que je m’en passais plutôt bien. Ca me fait même faire une grimace et putain, j’ai l’impression que ça m’arrache le cœur. Ragnar. Bordel. Je veux plus être Ragnar.  A quoi ça sert d’être Ragnar ? Ragnar est faible, lâche, sans importance, ridicule, inutile, bon à noyer. Ragnar est un incapable qui ne m’a jamais mené à quoique ce soit. Quoique si, je peux peut-être le remercier d’une chose, m’avoir fait devenir Sigurd. C’est bien la seule chose que cet espèce de vieil abruti que j’étais avant à pu m’apporter. Mais bon. Parfois, il faut bien venir me rappeler les choses même si je n’en veux pas. Il a malheureusement été moi. J’ai malheureusement été… ça pendant trop longtemps. Ignorant sur tous les sujets. Certes, je garde encore au fond de moi quelque part de lui, mais je pense que je suis un minimum passé au dessus. Mais entendre ce nom, chaque syllabe, c’est comme me ramener à l’origine de tout. Me rappeler le fait que mon frère m’a abandonné, déjà. Me rappeler que ma famille m’a détruit le cerveau, peu à peu. Mme rappeler ma fuite de tout vers une nouvelle vie que je ne suis même plus sûr d’apprécier. Sincèrement, est-ce vraiment une vie que j’ai ? Je commence à me dire que passer des journées sur un canapé en bouffant des céréales, c’est peut-être pas le meilleur  mode de vie existant dans ce bas monde. Et je pense à tout ça simplement à cause de mon prénom. De mon véritable prénom. C’est dire si ça m’enfonce, quand même.

Je redresse les yeux que j’ai pu baisser en l’entendant parler. Je suppose que, plongé dans mes pensées, j’ai du laisser un vide s’installer lamentablement entre nos deux personnes, chose quelque peu gênante, et surtout, qui me force à essayer de reprendre la parole. Je me sens nerveux. Je crois que mes mains tremblent. Non, j’en suis certain. J’en viens même à m’agripper à cette vieille rambarde pour me calmer, reprendre mon souffle, reprendre ce putain d’air sûr de moi. Allez, Sigurd. Laisses tomber Ragnar. Essaye de parler avec Aeryn mais… En tant que Sigurd. Sigurd Sigurd Sigurd. Bordel c’est pas facile. Et j’ai l’impression que ça va pas être génial pour reprendre la conversation. Je veux dire, je sais pas, c’est comme si y’avait eu une rupture. Une rupture entre elle et moi, pas amoureuse hein, mais le temps a passé, on a l’air d’avoir changé tous les deux, tout ça… Et puis, bon, je fais tout pour oublier le passé, alors retomber sur quelqu’un qui me noie la tête dedans, c’est pas encore ça.

Je la regarde, longuement. Pourquoi l’aurais-je suivie ? Enfin je veux dire, je ne savais même pas qu’elle était en ville, je ne savais même pas qu’elle était encore vivante même.

    « Euh bah non. Je marchais et je suis arrivé là et je me suis dis que c’était un coin charmant. »


Mes sourcils se froncent, mes yeux se plissent. C’est dur de se comporter comme maintenant alors que je suis avec quelqu’un qui me rappelle avant. Et ma phrase n’a pas beaucoup de sens, mais du temps qu’elle reste compréhensible…

    « Quelqu’un était sensé te suivre ? Si ça se trouve je suis en train de te gâcher une scène de rendez-vous terriblement romantique. Tu m’en vois désolé. Parce que, déjà, je suis pas romantique, et deux… euh y’a pas de deux. Bref. »


CALME TOI STUPIDE NORVEGIEN. Tu vois pas que t’es nerveux comme jamais là ? Bordel !

    « Tu hm… enfin ça va depuis… tout ce temps ? »





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MessageSujet: Re: Still Waters Run Deep [Sigurd]    Mar 18 Nov - 1:55

Le silence se perdit entre les deux êtres. Elle l’avait appelé Ragnar, avait-elle dont fait une erreur ? Il ne releva pas, ne chercha pas davantage. Dans ce silence qui les engouffrait, ne restait que le bruit environnant pour le relever, le briser. Aeryn n’avait jamais été une grande bavarde, n’était nullement gênée par quelques instants sans un mot. Un lien ne se tissait pas qu’avec du dialogue : le silence, moment où chacun appréciait cet instant pour ensuite le partager et reprendre, comme si de rien avait parfois un impact considérable pour rassembler deux personnes. Dans ce cas, deux êtres qui ne s’étaient pas croisés depuis des années. Se retrouver ici, en haut de la tour, avait un caractère quelque peu, mystérieux. Aeryn l’avait toujours entretenu, d’une certaine manière, se mouvait dedans, s’y faisait une certaine place. S’y dissimulait en fin de compte.
Retour à la réalité, le silence fut brisé lorsque la voix masculine se fit entendre. Un coin charmant. Ah bon. Comme ça ? Remarque, si elle devait justifier de sa présence ici, ce serait un peu dans le même style de réponse. Autant voir le bon côté des choses : le phare avait réuni deux vieilles connaissances qui ne seraient certainement pas attendues à se revoir un jour. Etrange comme le monde était, étrange comme il pouvait être petit, condensant le même flot de personnes dans une même zone. Sur les six milliards d’individus peuplant la Terre, il avait fallu qu’ils se retrouvent tous les deux, à cet endroit à ce moment précis.

« Vraiment ? Moi aussi »

Sourire amusé au coin des lèvres, elle ne le contredisait pas. Il avait ce côté, qui le changeait. En même temps, après quelques années, elle aussi avait changé. Trop peut-être. Devenue métamorphe, le caractère avait évolué ajoutant au côté pétillant un certain pessimisme. Toujours debout, toujours présente et fière, assumant ce qu’elle était. Ayant enterré l’Aeryn du passé, trop changée, trop éloignée de la version actuelle. Celle-là avait créé l’actuelle, comment l’en blâmer ? Mentir et tricher coulaient toujours dans ses veines, protection barricadant ce qu’elle était vraiment. Personne ne pourrait la heurter, ou la briser. C’en était terminé, dorénavant. Devenir un cœur de pierre avait des particularités, et pourtant il était beaucoup plus simple d’éteindre son humanité qu’elle n’aurait pu se l’imaginer. L’exemple même : Shining. Un sourire supplémentaire s’étira sur ses lèvres, d’amusement. Il ne pouvait pas imaginer combien il était loin de la réalité… le romantisme n’était qu’un rêve illusoire pour fleurs bleues et mouflets.

« On va dire que je ne connais rien au romantisme également. Et je ne vois pas en quoi c’est romantique. C’est juste une belle vue, c’est agréable à regarder. C’est tout. »

Et c’était déjà bien pour un phare. Ne manquait plus qu’il devienne touristique ! Deux euros pour monter en haut ! Par ici Messieurs-Dames ! De quoi monter un petit business. Avec l’obscurité, on ne voyait plus grand-chose, mais il y avait comme quelque chose de reposant à se tenir là, et regarder. Les vagues avaient toujours eu un effet calmant, même si elle n’entendait qu’un écho lointain à travers le trou d’une fenêtre, Aeryn les entendait. La discussion se poursuivait, et comme à son habitude, il n’y avait rien de précis dans ses réponses, ces dernières restants vagues.

« Ecoute, oui, j’ai avancé. Les hauts, les bas, je suis finalement assez contente d’être passée outre. »

Aeryn n’allait pas mentionner sa sœur s’il ne lui posait la question, se voyant mal lui dire « Tu te rappelles de ma sœur ? Elle est morte ». Ce n’était pas l’heure pour les condoléances, ce genre de choses, le deuil avait été fait, plus ou moins, ces phrases typiques d’enterrements, elle ne comptait plus le nombre de fois où on le lui avait rappelé, enfonçant le couteau dans la plaie. Il était préférable pour Sigurd qu’il ait oublié qu’il avait eu un jour une sœur, ce qui serait plus simple : Pas d’explications à donner, pas de passé à ressasser. Une solution facile, en soi. Aeryn fuyait le passé comme elle fuyait l’attachement ; hors de question d’y mettre les pieds. Trop cassée pour tenter le diable, les dégâts avaient été suffisamment lourds pour retremper dedans.

« Et toi alors, qu’est-ce que tu es devenu ? »

Peut-être qu’il serait plus bavard… sait-on jamais.

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MessageSujet: Re: Still Waters Run Deep [Sigurd]    Dim 28 Déc - 18:18


Still Waters Run Deep






Je gratte ma joue. Bordel. Ouais, c’est un peu le bordel, je veux dire… que j’ai l’impression de découvrir quelqu’un de totalement nouveau. Aeryn, elle était pas comme ça avant. C’était quand même quelqu’un de plus souriant, et là, elle est… bah terriblement plus sombre en fait. Va falloir que je me m’y fasse de toute façon je suppose. Enfin bref. Je suppose que tout le monde change avec le temps, hein, même moi j’ai changé. Je suis passé de ce gars un peu trop silencieux, ancré dans le moule d’une société qui est bien loin de m’intéresser, qui était au milieu de la masse, passant comme un fantôme, ne suscitant aucun intérêt… à ça. Ca, l’homme parfait que je suis devenu avec le temps. Mais oui mais oui, je suis absolument parfait. Comment ne pas être d’accord ? J’ai des cheveux soyeux, des yeux pétillants, un sourire absolument craquant et sensuel – tellement que même moi je rougis devant mon miroir le matin quand je me souris après m’être lavé les dents -, et en plus, j’ai un petit accent. Et tout le monde sait pertinemment qu’un accent quand on parle anglais, y’a rien de tel pour faire craquer n’importe qui. Mais on ne parle pas de moi, là, mais d’Aeryn. Faut que j’arrête de parler de ma petite personne, bien que je sois terriblement intéressant et qu’il y ait des milliers de choses à dire sur moi.

Je ne sais pas si c’est pareil, pour elle. J’ai l’impression qu’elle n’est pas passée au stade « I AM FABULOUS LOOK AT ME PLEASE. », mais plutôt au stade « STOP LOOKING AT ME. ». Discrète, calme, mais assez… sur ses gardes. Ca me fait bizarre de la retrouver comme ça. Je n’avais jamais pensé la retrouver, en fait, et je n’avais jamais pensé à l’appeler non plus étant donné que je n’ai pas son numéro ni quoique ce soit, mais si j’avais rêvé à des retrouvailles, je pense que je les aurais voulu un peu plus joyeuses : une embrasse, des rires, une boisson, une bonne bouffe, le genre de trucs classiques des retrouvailles. On aurait parlé de notre passé, de comment ça se passe dans notre vie, et tout ça. Là, je pense que ça va être le silence radio entre chacune de nos phrases, des sourires nerveux, et un « bon bah je vais te laisser… » au bout de quelques longues minutes. Sauf si j’arrive à lancer un sujet à peu près constructif, ce qui s’avère assez difficile venant de ma petite personne.
    « Je suis… secrétaire pour un gars un peu bizarre, mais qui paye bien. Je vis sur un canapé chez un gars qui m’a sauvé la vie, il a une gamine d’ailleurs, puis… Je suis devenu absolument fabuleux, même si je l’étais avant ! »


Petit rire, petit sourire, petit clin d’œil, oh oui c’est absolument parfait.

    « T’étais passée où dis donc pendant tout ce temps alors ? J’ai pas trop bougé de chez moi à part maintenant où je me retrouve là, en fait… »






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MessageSujet: Re: Still Waters Run Deep [Sigurd]    Sam 3 Jan - 1:43

Il avait changé, elle avait changé. Ils n’étaient maintenant devenus que deux inconnus devant cette galaxie d’étoiles qu’ils contemplaient. Scintillantes, elles montraient des planètes inconnues situées à des années lumières d’ici. Se dire que tout se passait aussi loin, et qu’ils pouvaient le voir de leur petite taille. Impressionnant, magnifique. Des constellations parmi tant d’autres, et du rêve de partir à la conquête de terres inconnues, c’est cela que ces minuscules points brillants lui inspiraient. Celui de fuir encore plus loin, toujours plus haut. Au fond, c’est ce qu’elle avait toujours fait et continuerait de faire si nécessaire. Aeryn avait fui pour sa survie, serait susceptible de poursuivre si les affaires se corsaient en Nouvelle Orléans. Rien ne la retenait ici, pas même le passé, pas même les personnes. Rien ne l’empêchait de continuer, pas même les souvenirs. S’attacher, c’était se rendre vulnérable. S’attacher, c’était se mettre volontaire une épine dans le pied et faire en sorte que vos ennemis vous atteignent plus facilement. Nulle question que cela n’arrive, le prix avait été trop fort la dernière fois. Alors elle la fuyait, indéniablement, pour toujours et au prix d’une solitude assumée. Tant pis, ma fois si cela permettait d’éviter d’autres victimes, elle était prête à en subir les conséquences.

Une simple question, pour montrer un certain intérêt pour cet homme qu’elle n’avait vu depuis fort longtemps. Ce n’était plus le même, peut-être même que l’identité avait changé également. Etrange même qu’elle ait usé de son nom cette fois-là. Des rares fois où elle ne mentait pas, une première même. A l’époque, il avait su être un homme de confiance, était-ce encore le cas aujourd’hui ?
Un sourire se dessina sur ses lèvres, une remarque n’ayant pas échappé à son attention. Elle n’aurait pas imaginé entendre cela de sa part ! Le temps avait passé, et également changé.

« Alors ça y est, tu es devenu papa ? »

Papa adoptif, certes, mais papa tout de même. Cela ne l’étonnerait même de voir un peu de peinture derrière son oreille d’une bataille enragée avec l’enfant ! Exception peut-être qu’avec les nouvelles technologies, les enfants ne savaient plus ce qu’était la peinture… allez savoir. Triste génération qui ne se posait même plus de questions, qui n’avaient même plus de curiosité dans les yeux… Aeryn n’était pas une experte dans le domaine, et ne le serait jamais. Les enfants, pas vraiment son truc… une chose qui n’arriverait jamais.

« Fabuleux, je n’en ai jamais douté. »

Elle sourit également pour ensuite se fermer. La question n’aurait jamais dû être posée, aurait certainement dû se coincer en retrait, dans un coin calme et sans intempéries. Parler d’elle, raconter sa vie, clairement pas la pâte à tartiner préférée d’Aeryn. Cela revenait à manger une tartine de pain avec quelque chose dessus d’assez écœurant… et l’on grimace de dégoût. Exactement ce que la métamorphe ressentit à cet instant, un certain goût d’amer dans la bouche. Elle qui croyait pouvoir poser la question et échapper au retour d’ascenseur avait tout faux !

« J’ai beaucoup voyagé, et puis je me suis installée ici. Rien de bien passionnant non plus, en somme. »

Mentir, voler, tricher, falsifier des identités, rien de bien étonnant, pas le moins du monde en effet. Aeryn avait un certain don pour relativiser ce qui ressemblait tout simplement à une fuite démesurée pour ne pas se faire prendre : un homme riche, la proie idéale pour le dérober, pour ensuite disparaître sans laisser de traces et s’assurer à sa sœur et elle un gite et un couvert chaque soir pour subsister dans cette jungle américaine. Rien de bien passionnant, comme elle le mentionnait si bien. Beaucoup de voyages, et de lourds secrets dans les bagages… ainsi que la culpabilité de la perte d’une sœur, dernier membre de sa famille. Et maintenant ? On recollait les morceaux et on poursuivait le cours de son existence en tentant de se fixer un but et des objectifs, tout simplement… Rien de bien compliqué, le propre de chaque être humain vivant sur Terre finalement.
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MessageSujet: Re: Still Waters Run Deep [Sigurd]    Lun 2 Fév - 11:08


Still Waters Run Deep






Woh. Papa. Haha. Je me suis jamais vu comme ça. Le plus marrant, c’est qu’on peut se demander pour qui je serai le papa. Pour Lya ? Elle est plus jeune, me demande des conseils sur la mode, les hommes, et les deux à la fois parfois. Puis j’aime prendre soin d’elle et la serrer dans mes bras quand elle pleure, ce qui est un peu le rôle de Gregory en fin de compte. Gregory, d’ailleurs. Je pourrais presque être papa pour lui aussi ! Enfin dans le sens que je m’occupe de lui, pas qu’il pourrait me rendre enceint. Quoique. Enfin euh c’est pas le moment d’y penser, je ne pense pas à ça, non non non, Sigurd, stop, CA SUFFIT LES PENSEES DOUTEUSES. Je disais donc que je pourrais presque être un père pour lui. Je prends soin de ses poils soyeux sous sa forme d’ours, je le gratouille, lui apporte du poisson, et même sous sa forme humaine en fait, je le gratouille et je prends soin de lui. Je passe même la plupart de mon temps avec lui. Alors finalement, quand on y réfléchit, je suis une sorte de père par intermédiaire pour les deux. S’il m’entendait dire ça, il me hurlerait certainement dessus, je n’en doute pas une seconde. Mais y penser, seul, au fond de soi, ça ne fait de mal à personne. Je suis même certain que j’ai un sourire rêveur à cet instant mais que je suis trop con pour en prendre conscience et l’effacer de mon visage. Je crois que j’aimerais bien être papa. Mais ça c’est un autre souci, et il est évident que, de toute manière, je n’ai pas la carrure ni même la situation pour devenir véritablement père. J’aime juste… y penser.

Mon regard se porte de nouveau sur le ciel. Pour une raison qui me met extrêmement mal à l’aise et qui m’est encore inconnue, je n’ose pas la regarder. C’est comme si je regardais de nouveau mon passé, que je revoyais Ragnar. C’est étrangement douloureux, là au fond de mon cœur, au point où ça m’en retourne le ventre. Que ça me tourne la tête n’importe comment. Mais je fais l’effort de la fixer quelques secondes.

« Je suppose qu’on a tous son passé. Et les mauvais souvenirs qui vont avec. » je me contente de souffler en baissant enfin les yeux. « Tout le monde change avec le temps, en bien ou en mal peu importe. On est plus ce qu’on était avant toi et moi hein ? »

Pourtant, là, je reprends l’air de Ragnar et pas de Sigurd. Là j’arrive pas à faire d’effort. Mais je ris un peu, quand même, parce que ça me donne un air splendide avec les rayons de la lune et parce que… parce que je sais pas trop pourquoi.

« Ce qui importe, c'est qu'on aille bien maintenant et qu'on ait pas besoin de se retourner sans cesse vers le passé. Regarde moi: j'ai perdu un peu de poids, j'ai une coupe de cheveux parfaite, une situation qui me plait... Bon même si je squatte quelqu'un maaaais voilà. Au moins... Je me sens moi-même. »


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MessageSujet: Re: Still Waters Run Deep [Sigurd]    Ven 6 Fév - 16:09

Papa. Aeryn ne s’imaginait même pas devenir mère un jour, une chose inconcevable pour elle, qui ne lui venait même pas à l’esprit. Encore faudrait-il aussi être moins volage, de tricher moins, et le pire de tout, se ranger dans un quotidien ennuyeux. Les enfants grandiraient pour finir par détester, vous haïr et pire encore vous faire regretter de les avoir conçu par leurs remarques acerbes et leur comportement d’enfants gâtés. L’antiquaire ne souhaitait pas se créer ce genre d’ennuis qui lui retomberaient dessus, forcément, un jour ou l’autre. Le meilleur moyen de lui donner une motivation à ne jamais en avoir pour le coup.
La nuit jouait, la lune influençait les états des individus. Forcément, quand elle était plus ronde et plus lumineuse, elle incitait à sortir à l’extérieur, là où les métamorphes ne pouvaient résister à ces pulsions de se transformer en animaux. La prochaine serait pour bientôt d’ailleurs, trois jours avait vu Aeryn. La renarde en profitait même pour faire des siennes, sentant son heure de liberté arriver, impatiente de pouvoir être libérée et faire ce qu’elle avait envie.
Aussi douloureux soit-il, chacun avait un passé douloureux pour lui rappeler que la vie ne faisait pas de cadeau, jamais, pas même à ceux qui n’avaient rien. Les catastrophes leur tombaient dessus, sans aucun préavis, et il n’avait plus qu’à accepter les faits tels quels. Sans répondre à sa question rhétorique, Aeryn hocha la tête, approuvant ses dires.

« Tu as bien de la chance. »

C’était un sous-entendu lourd de sens. Aeryn montrait simplement à quel point elle n’était pas elle-même. A un certain point, la question ne se posait même plus : effacée, elle restait figée dans le temps. Le jeu s’activait dans un engrenage sans fin auquel il n’était plus possible d’échapper. Cercle vicieux de son âme, Aeryn ne s’imaginait même plus être sincère. Cela n’existait pas voyons, ce n’était qu’une fabulation, tricher et mentir ses deux hymnes favoris l’accompagnant dans un quotidien d’illusions. Qui suis-je ? Que fais-je pourquoi suis-je ici ? Et si finalement je n’étais même pas ce que je prétends au fond de moi être ? Rien ne permet de le prouver, rien pour l’expliquer, et personne ne pourra me le dire. Aeryn en venait à se poser ces questions, sur qui elle était, avant la façade, avant tous les mensonges et les faux-semblants. A croire que le propre rôle qu’elle jouait aux autres pour se protéger venait de se retourner contre elle, sans qu’elle ne l’ait vu. Piégée.
Sans savoir ce qu’elle voulait être sans savoir sans savoir se décider, papillonnant d’une idée à l’autre, refusant de lâcher l’une pour l’autre.

« Au moins, tu sais qui tu es. Moi, j’ai oublié »

Toujours aussi mystérieuse et peu encline au bavardage. Elle avait toujours fonctionné ainsi et maintenant remettait le tout en doute. Peut-être était-ce déjà un début, d’hésiter ? Un sourire se dessina pourtant sur ses lèvres, les réactions de Sigurd l’amusant. Changeant d’humeur comme de ton, passant d’une idée plus sombre à un ton plus léger, c’était comme si elle ne savait pas comment elle se sentait, comme si elle semblait lunatique. Au moins n’avait-il pas perdu son sens de l’humour. Retour sur lui, car parler de l’homme lui éviterait d’être le centre de la discussion. Elle savait jouer avec les conversations et amener les sujets qui l’intéressaient tout en déviant de ce qui piquait davantage. Une vraie vendeuse en somme, avec l’art de parler tout qui allait avec.

« La vie de couple te va à ravir. Tu as changé la couleur de tes cheveux aussi ? J’avais souvenir qu’ils étaient plus foncés. »

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MessageSujet: Re: Still Waters Run Deep [Sigurd]    Sam 7 Mar - 21:29


Still Waters Run Deep






« Non non, c’est la luminosité qui fait ça… pas de couleur, ça abime le cuir chevelu ! »

J’aime bien quand on parle de moi, quand on remarque des détails idiots. Au moins, ça me donne un petit peu de confiance en moi et me permet de me reprendre en main, après le doute que j’ai eu durant le début de cette discussion, celui qui m’a envahi l’espace de quelques secondes, minutes, celui qui me broie le ventre, celui qui fait battre mon cœur trop vite et qui pourrait même m’infliger une migraine des plus désagréables. Enfin. C’est un pléonasme, la migraine est forcément la chose la plus désagréable qu’il existe dans ce bas monde.  Avec les chaussures à paillettes bleues. C’est désagréable aussi. Mais enfin bref. A la simple mention de ma chevelure, je passe une main dedans et je ris niaisement. Je les aime, ces cheveux là. Au moins, ils sont parfaitement domptables, et je leur accorde… eh bien pas tant de soin que ça. Je les lave, ça suffit, un peu de gel, effet décoiffé, et hop, le look parfait est mis en place. Mais j’ai l’impression soudaine que ses mots, ceux qu’Aeryn vient de prononcer à mon égard, sont juste là pour cacher quelque chose. Je ne suis pas si idiot que j’en ai l’air –je viens d’être méchant envers moi-même où… ?- et je comprends bien que madame a certainement un truc là sur le cœur qu’elle ne va sans doute pas avouer.

Mais j’ai changé. Il y a quelques temps, enfin quelques années, j’aurais gardé mon air timide et mon silence, je l’aurais laissée en paix. C’était avant que je devienne la personne la plus insupportable de l’univers espace temps, que je sois celui qui fouille dans les petits dossiers pour en savoir plus. Je sais que ça peut paraitre insupportable, mais il semblerait que j’aime en savoir plus sur les autres que sur moi-même. Peut-être est-ce un moyen de ne pas trop me pencher sur les détails peu croustillants de mon passé ou simplement parce que j’aime bien être la commère du coin, à être au courant de tout et à me sentir privilégié, à tout connaître comme ça, de n’importe quel personne. Puis, vu que je suis un vrai sac à merde totalement lâche –autant le dire- ça peut toujours me servir d’informations à donner si un jour j’ai besoin de me sauver les fesses face à un brave petit tueur de sorciers aussi fabuleux que moi. Moi ? Ne pas savoir tenir un secret ? Oh. Si peu. Ahem. On n’est pas là pour parler de moi et de… euh bah de moi. Enfin un peu. Enfin non. Non non.

« Euh la vie de couple, tu sais… Enfin bref. Hm. »

Ouais. Ca aussi on va éviter d’en parler. Je suis même pas vraiment en couple avec Papa Ours hein, après tout. Même si… Même si j’aimerais bien. Mais je radote, comme toujours. Et c’est surtout que je n’ai pas envie de parler de lui, là, maintenant, où je vais encore devenir rouge comme une tomate. Ou rouge comme un piment. Ou rouge comme un poivron rouge. Au choix.

« Parfois, retrouver des éléments du passé… Ca fait un peu redevenir qui on est. Si ça se trouve, retrouver une personne aussi fabuleuse que moi te fera te sentir mieux. Je suis certain que c’est le cas là, tu te sens déjà mieux. Enfin… j’espère. »


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MessageSujet: Re: Still Waters Run Deep [Sigurd]    Mer 18 Mar - 16:16

Elle sourit à sa spontanéité. Elle sourit à son assurance, et cet amusement qu’il a toujours eu au fond des lèvres. Malgré le temps, les blessures, le mal qui les a traversés, tout est plus simple, moins difficile, moins douloureux. C’est passé, tout va mieux. Ils ont changé, évolué, et maintenant ils se recroisent dans les circonstances les plus extravagantes qui soient. Etrangement, cette complicité d’antan est retrouvée, comme une boule de souvenirs que le temps n’a pas altérée. Il semble qu’ils se sont vus hier, et pourtant, il n’en est rien, on peut aisément le lire sur les traits de leur visage, ayant tous deux pris en maturité. Ils parlaient de tout de rien, de choses insignifiantes dont seuls les amis ont le secret. Parce que c’est ainsi que le lien perdure, par de petites choses toutes bêtes, toutes simples, pour se remémorer le bon vieux temps par des retrouvailles sans prise de tête.
Ah la vie de couple, comme elle pouvait le comprendre… raison pour laquelle elle la regardait de loin sans l’approcher, refusant de s’y coller de trop pour ne pas se retrouver écorchée et détruite comme tout ce qui était bien trop proche d’elle. C’était stupide, certainement de s’éloigner davantage pour éviter de souffrir une fois de plus, seulement, il n’était pas question qu’on l’atteigne une fois de plus. Aeryn ne voulait plus, préférant feindre, et fermer les yeux face à la douleur, seul rempart pour que personne ne puisse l’approcher et l’atteindre. Un sourire se dessina sur ses lèvres, ne cherchant pas à en savoir davantage, n’étant pas concernée par cette vie de près comme de loin. Remarquant également qu’il ne souhaitait pas non plus apporter la moindre explication, le moindre détail, Aeryn laissa ses secrets exactement là où ils devaient se trouver : à l’abri des regards indiscrets, dans un endroit où personne ne serait en mesure de les trouver et les dévoiler. Dans un phare, coupé du monde et de la civilisation, face à la mer, nous restions là à contempler les étoiles se dessinant devant nous.

« Tu t’es retrouvé en me voyant, c’est cela ? »

Dans ses propos, elle semblait lire comme un compliment à son égard, d’une certaine manière. Intentionnel ou pas, elle se sentit plutôt touchée par ses propos, même si elle ignorait pourquoi il lui disait subitement cela. Comme s’il avait subitement envie de la protéger du monde, de l’aider, et en même temps de gonfler quelque peu son ego. Il avait toujours été un peu ainsi, s’attirant les éloges de son côté, comme en quête d’identité. Le rassurant, Aeryn secoua la tête.

« Ne t’en fais pas pour moi, ça ira toujours, d’une manière comme d’une autre. »

Ça irait toujours, quoi qu’il arrive. Cela finirait toujours par s’arranger. Comme tout, parce que l’être humain savait guérir de ses blessures. Parce qu’il n’avait pas d’autre choix que de se tenir debout chaque jour pour avancer, et que c’était ainsi. Les blessures ne guérissaient pas aussi aisément que l’on voulait le croire, il était parfois nécessaire de les oublier définitivement. Pourtant, elle ne voulait pas rester davantage peut-être en raison des longues minutes qui s’écoulèrent, mine de rien, sans qu’elle ne prononce un mot, dans le silence pesant de la soirée. La fatigue pesante retombait comme un soufflé, s’affaissant progressivement. Plutôt que de se laisser entraîner, Aeryn préféra reculer, l’attrait des relations à proximité ne l’enchantant guère. Se rapprocher pour mieux s’éloigner de nouveau, c’était ainsi qu’elle fonctionnait, ainsi qu’elle se débrouillait. Pour l’instant, cela fonctionnait plutôt bien, pour l’instant elle s’en sortait bien. Autant que cela se poursuive, sur cette note positive.

« Je vais te laisser… et qui sait, nous nous recroiserons la prochaine sous les étoiles… comme ce soir. »

Comme ce soir, et comme les prochains qui viendraient. Ils se verraient et le monde aurait une plus jolie couleur, plus entrainante, plus poétique. Avec une note d’espoir que les êtres écorchés trouvent un jour le repos mérité de leur âme tourmentée.

HJ : Je te laisse conclure =)
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