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 « Ceux qui tombent entraînent souvent dans leur chute ceux qui se portent à leur secours. » [pv Bastien]

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MessageSujet: « Ceux qui tombent entraînent souvent dans leur chute ceux qui se portent à leur secours. » [pv Bastien]   Mar 14 Oct - 23:59




Ceux qui tombent entraînent souvent dans leur chute ceux qui se portent à leur secours.


A pas rapides, Maarten monta les escaliers en comptant chaque marche, alternant entre le néerlandais et l’américain. Arrivé sur le palier visé, il prit son inspiration pour s’avancer vers la porte et y lancer son poing. Qu’il arrêta à quelques centimètres. Non. Il ne pouvait pas faire ça. Ce n’était pas une bonne idée. Embêter Bastien pour ça ? Non, c’était ridicule, et irresponsable. Maarten fit volte face, redescend les escaliers deux à deux cette fois. Le rez-de-chaussée atteint, il s’immobilisa devant le paillasson, hésitant. Devait-il recommencer une cinquième fois ce manège ridicule ou allait-il vraiment se décider ou non à aller frapper à cette fichue porte pour lancer un appel au secours à Bastien ? Cette question restait pour le moment sans réponse, et Maarten, incertain. Une lutte entre sa raison et son orgueil, à n’en pas douter. Et d’une certaine manière, il ne voulait pas que son meilleur ami s’inquiète, ce qui était honorable de sa part jugea un Maarten terrifié et plus que lâche. Parce qu’il s’agissait bien de lâcheté sous ce monceau d’excuses qu’il augmentait un peu plus à chaque seconde. L’homme n’avait jamais brillé par son courage, n’ayant pour seul moteur cette peur irrationnel de perdre la vie et cette impulsivité qui le caractérisait tant. On pourrait confondre sa détermination sans faille et sa volonté à l’égal d’un âne avec un hypothétique courage, mais ce n’était qu’un nuage d’illusion pour masquer la réalité bien plus sombre. Maarten était un lâche et plus encore : il en était conscient. S’appuyant à la rambarde de l’escalier, il se laissa glisser jusqu’à s’asseoir sur les marches. Déjà, pourquoi était-il là ?

Il était en train de chuter, inexorablement tiré vers le bas dans une folie qu’il n’expliquait qu’à moitié. Plus d’un an et demi qu’il l’avait abandonnée, plus d’un an et demi qu’il avait fui la destruction que leurs deux personnes entraînaient immanquablement en présence de l’autre. Jusque là, il l’avait bien vécu pour, cette séparation. Presque bien vécue, puisqu’il avait été incapable de passer à autre chose malgré toutes ses tentatives. Mais depuis quelques temps, il avait dérapé dans un gouffre insondable et une spirale d’autodestruction sans pouvoir enrayer même un instant le processus. Le Néerlandais se concentra un instant pour chercher à quand exactement cette spirale remontait. Il ne mit guère de temps à trouver l’élément déclencheur. La Mine. L’illusion. C’était là qu’il avait pris conscience de la facilité avec laquelle un sorcier pouvait prendre le contrôle de son esprit. Puis il y avait eu ce rêve, plus réaliste, plus que saisissant. Et maintenant, il y avait l’alcool. Une amie vicieuse, une amie de désespéré, une amie qu’il voulait rejeter loin de lui. Maintenant. C’était pour ça qu’il était venu, à la base. Non. C’était faux. C’était pour ça qu’il avait été tenté de venir, deux semaines plus tôt. Puis… il y avait eu le retour de Cate. L’arrivée de Myla. Et Maarten s’était perdu un peu plus, Maarten s’était renfermé un peu plus, Maarten avait mis de côté l’idée de contacter Bastien ne sachant pas comment s’y prendre. Et pourquoi était-il donc là, dans cette cage d’escalier, à faire des allers-retours entre le rez-de-chaussée et l’appartement de son meilleur ami ? En réalité, s’il devait, s’il voulait plutôt, être franc avec lui-même, Maarten n’était pas sûr de vouloir connaître la réponse à cette question plus qu’épineuse. Il était venu dans cet immeuble demander une aide qu’il se savait ne pas mériter. Il était venu comme un lâche, la queue entre les jambes, museau et oreilles basses, chercher du secours auprès de Bastien, chercher des réponses qu’il connaissait, s’entendre dire à quel point il était en danger, à quel point il était faible, à quel point il était hors de question qu’il retombe dans les bras de Cate. Et même s’il avait parcouru les quartiers et rues séparant leurs deux appartements en un soupir, l’escalier représentait un obstacle qu’il ne parvenait pas à franchir réellement. Un obstacle plus physique que psychologique, un obstacle se matérialisant par cette porte fermée qui le narguait et lui ôtait tout son courage. Un obstacle qu’il transformait en justification pour fuir encore une fois.

Combien de minutes s’étaient écoulées entre le moment où Maarten s’était assis et celui où il se leva des marches ? Il était bien incapable de répondre à cette question. Ce qui donne l’impression, petit chien, que tu ne sais répondre à aucune question posée. Peut être. Dans tous les cas, lorsqu’il se redressa, il avait pris une décision et comptait bien s’y tenir, c’était déjà ça de pris. Prenant son inspiration, Maarten se dirigea vers la sortie. Oui, il allait bien se débrouiller seul. Ce n’était vraiment pas la peine de venir troubler la tranquillité de Bastien avec ça, pour une broutille comme celle-là. D’ailleurs, il ne voyait pas pourquoi il avait ressenti le besoin de venir déranger son meilleur ami avec ses problèmes. Il était proche de la quarantaine, bon sang ! Et s’il ne savait pas ce qu’il voulait, c’était son problème, il n’avait pas à aller emm#rder d’autres personnes. Et fort de ses résolutions, Maarten mit toute sa force – et sa frustration il fallait se le dire – pour ouvrir la porte, qui s’en alla heurter violemment la personne qui tentait quant à elle d’entrer dans l’immeuble. Personne qui s’avéra être celle que Maarten n’aurait aimé croiser à cet instant pour rien au monde. « Oh p#tain ! Bastien ! Bastien ça va ? » Avec la vivacité du chien-loup, Maarten se précipita vers Bastien, ouvrant davantage la porte, heurtant davantage son ami, pour l’aider à se remettre debout. Bien, stupide caniche. Maintenant explique lui ce que tu fais à l’intérieur de son immeuble, sans raison valable. « Je passais dans le coin, je pensais pas te croiser… » L’excuse de Maarten s’échoua avant d’avoir pu être formée complètement. Il n’était pas crédible pour deux sous et ça se sentait. Passant une main nerveuse dans ses cheveux pourtant ras, le Néerlandais s’entendit redemander. « Rien de cassé j’espère ?! »


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MessageSujet: Re: « Ceux qui tombent entraînent souvent dans leur chute ceux qui se portent à leur secours. » [pv Bastien]   Ven 17 Oct - 1:02

( Paroles en italique = français )

Le silence lui avait toujours semblé trop éloquent. Déjà enfant, il le chassait à coup de bruitages étrangement agaçants - claquement de langue, sifflotement, raclement de gorge. Mais son tic principal, pour ne pas dire toc, restait de se parler. Il tenait des conversations avec lui-même pour masquer l’absence de bruit. Si petit, cette douce habitude amusait ses parents. Adulte, elle le rendait complètement dépendant d’une tare bien gênante. Heureusement, il apprenait à se contrôler en public. Et pourtant, malgré le malaise que le vide sonore laissa ce matin-là, il ne chercha pas à l’éloigner. Fuir a toujours ses limites. Debout entre l’évier et la baignoire d’Abigaëlle, il se demandait à quel point sa situation était catastrophique. Plus il tentait de trouver un angle pour attaquer le problème, plus il s’emmêlait dans les filets des circonstances. L’angoisse résidait en maîtresse absolue depuis que sa sorcière avait filé pour rallier son lieu de travail. Et maintenant ? Ils n’en avaient pas parlé. Il n’était plus très sûr du temps à employer entre eux. Au passé, oui. Mais au présent ? Et pire, au futur ? Tout ça commençait à titiller sa nervosité qui semblait avoir trépassé durant la nuit. La tirer de sa démence passagère, la relever et la protéger en pleine tempête avaient gommé les autres réalités. Comme toujours. A croire qu’il aimait s’oublier dès qu’elle apparaissait. Qui était-elle pour réussir à lui aspirer à ce point son identité ? Pour le rendre malléable à souhait et le transformer en cet animal docile, sans ambition. Du moins n'y avait-elle que celle de faire poindre sur sa bouche un semblant de sourire. Il ne lui demandait même pas de feindre un bonheur factice. Sûrement voulait-il puiser un peu d’espoir ? Et à nouveau, il le cherchait au plus mauvais endroit.

Le français enfila maladroitement son t-shirt de la veille. Cette scène continua à l’ensevelir de son anormalité et il éprouva le besoin urgent de quitter cet appartement, de délaisser chaque nuance de son parfum pour mieux retrouver cette vieille traîtresse que nous nommerons lucidité. Elle se complaisait de désertion répétitive, la garce, depuis un bon moment, voir depuis toujours. Le métamorphe ramassa son blouson dans le salon avec toujours trop d’interrogations pour lui laminer les méninges. Et si cette oppression crânienne constante se propageait à chaque minute à l’intérieur de cet immeuble, en sortir ne l’aida pas grandement. Chaque mètre qu’il apposait entre lui et la bâtisse creusait son sang-froid, enterrait ses belles illusions. La panique grimpa deux rues plus loin. Ses mains se calèrent sur ses poches avant d’en sortir cigarette et briquet. Le filtre se percha à la commissure de ses lèvres alors qu’il alluma l’autre bout pour en déguster l’âpre saveur. La nicotine lui permit étrangement de respirer plus normalement durant quelques enjambées mais elle ne fût pas suffisante pour refouler l’affolement. Nageant totalement en eaux troubles, il se demandait sincèrement si toute cette histoire n’allait pas le tuer pour de bon. Mais nous savions tous, lui compris, qu’il ne s’agissait pas de sa survie. Il avait peur, oui. Mais pas pour les bonnes raisons. Jamais pour les bonnes raisons. Il s’inquiétait pour la santé mentale de la rouquine, il se rongeait les sangs à la seule idée de se retrouver officiellement inapte face à sa détresse – constat qu’il aurait dû enfin poser à ce stade et depuis longtemps d'ailleurs. Mais pire que  tout, il craignait son retour. Il craignait la suite. Qu’elle le repousse à nouveau. Tout aussi sûrement qu’au fond, il redoutait leur ancien schéma, leur mode de fonctionnement dans lequel il réalisait bien pouvoir retomber en un claquement de doigt.  Elle-même n’avait laissé aucune chance au réconfort dans ses paroles la nuit dernière. Peut-être que ça allait vraiment mal finir. Peut-être qu’il était temps qu’il l'entende.

Bastien ne savait plus ce qu’il faisait, ni pour qui il le faisait. Lui revenir, lui appartenir semblait tout aussi séduisant qu'effrayant.  Ils ne pouvaient fonctionner pourtant. Leur passé s’imposait. Et il savait désormais que les câbles de sa voiture n’avaient pas cédé pour une cause banale d’usure, qu’il n’avait pas perdu le volant par simple distraction. Il avait beau être conscient qu’elle avait fait couler son sang jusqu’à la presque mort pour satisfaire ses besoins possessifs. Non. Bien sûr que non, il ne le réalisait pas. Il croyait qu’il était tout à fait capable de comprendre mais non. Il refusait de l’admettre, il refusait d’y croire. Comment haïr quelqu’un qui était à ce point lié à lui ? Homme faible, créature pitoyable. Il l’avait supplié. Elle en avait encore fait ce qu’elle voulait. Sa drogue, l’égérie de sa belle décadence. Au final, il était vraiment misérable ce grand idéaliste au masochisme poussé à l’absurde. Parfois, il en éprouvait de la honte. Et parfois, c’était ce même déshonneur qui le poussait dans les bras de la rousse dans la pure contradiction. Qui pourrait aimer un raté comme lui ? Oui, il y avait tout un tas de cause varié qui le ramenait à elle. Certaines n’étaient pas forcément jolies. Mais il se refusait à les énumérer. Sûrement pour ne pas déceler les failles et entretenir la farce.

L’esprit absent, le corps vacant, il tendit une main vers la porte de son immeuble, rêvant de cette bonne vieille bouteille des mauvais jours qu’il planquait dans un de ses placards. Tiens donc, le jour de ses retrouvailles ne serait pas si glorieux que ça pour qu’il doive en passer par l’alcool ? Oui, il y avait bien un début de vérité au milieu de toute cette agitation mentale. Les miracles arrivent mais nous n’étions pas encore là. Le changeur ne fit nullement attention à la silhouette qui se découpait derrière la vitre constituant la porte. Quand cette dernière lui envoya le métal dans les gencives, il se laissa même déstabiliser et s’affala à terre, légèrement sonné.  L’injure de Maarten le força à considérer sa présence et à accuser un semblant de surprise. Il se frotta distraitement la mâchoire, tout juste alerte, noyé dans sa confusion. En voulant bien faire, le néerlandais fit pire et l’oiseau trouva une certaine forme d’apaisement dans la douleur physique car elle occultait juste quelques instants l’autre revers. L’explication à la suite, lui arracha une expression encore plus confuse. Si il ne pensait pas le croiser, pourquoi être venu là ? Il ne comprenait rien de rien. Cassé, un terme tellement bien choisi. Sa soirée précédente l’avait effectivement brisé autant que cette matinée. Mais ce mouvement brutal, sûrement pas.

En titubant d’abord, il se releva d’une voix vaguement lointaine « Ça va, ça va… »Prononcer ces mots - dans la langue maternelle de surcroît - lui donnait l’impression de mentir mais après tout, ils ne parlaient que de l’incident. « C’est rien. On m’a déjà salué plus bizarrement que ça. » Le pire étant que ce fait s’avérait exact mais il était inutile d’en débattre. Son ton ne s'était pas fait amusé, tout juste informatif tandis que ses doigts continuaient à palper son épiderme aux alentours de son menton. Un peu hagard, il s’entendit lui déclarer « J’ai pas tout compris. Mais c’est pas grave. » Rien ne semblait l'être aujourd'hui en dehors de ce qu'il s'était passé et se passerait. Il passa enfin le seuil et en passant à hauteur de son ami, délia simplement « Tu as le temps de prendre un verre ? » Il n’y avait que ça à faire, non ? Il n’était pas spécialement confiant à l’idée de partager un peu de son temps avec son meilleur ami et conscience sur pattes. Il l’avait évité pour tout dire depuis que la trentenaire avait refait irruption. Ironique qu’il soit là le jour où ils étaient plus ou moins revenus au point de départ. Ou du moins… Le jour où ils semblaient s’aligner sur la ligne de départ. Cela dit, ils n’avaient encore rien démarré concrètement. Cette conviction bancale n’allait pas lui venir en aide mais il n’avait que ça pour s'accrocher à autre chose qu'à sa culpabilité. Il attrapa ses clés, les fit tomber et les ramassa avant d’emprunter la cage d’escaliers. Trop occupé à se bouffer le nombril, il n’avait même pas encore réalisé qu’il n’était pas forcément le plus perturbé des deux…

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MessageSujet: Re: « Ceux qui tombent entraînent souvent dans leur chute ceux qui se portent à leur secours. » [pv Bastien]   Dim 19 Oct - 0:11




Ceux qui tombent entraînent souvent dans leur chute ceux qui se portent à leur secours.


Mais qu’est ce que je fous là. Cette question tournait sans interruption dans son esprit, alors qu’il aidait Bastien à se remettre debout. Bon sang, mais pourquoi donc était-il venu ici ? Si ça lui avait semblé une bonne idée, en quittant son appartement, Maarten devait bien s’avouer que raconter ces dernières semaines, voire ce dernier mois, à son meilleur ami ne lui semblait plus si intelligent, ou simplement pertinent. Et l’air hagard du français n’aidait en rien  amoindrir le malaise du Néerlandais. Même continent d’origine, même embrouille, même dépaysement, ils devaient aussi avoir la même tête de carpe hors de l’eau, autant l’un que l’autre. Dans une cacophonie de mots épars, Maarten s’empressa de s’enquérir de la santé de son meilleur ami, santé immédiate à défaut de vouloir parler du passé récent. Un simple, relativement vague et principalement français, « Ça va, ça va… » fut la réponse qu’il obtint, Maarten la comprenant avec un certain décalage, l’incongruité de la langue l’ayant pris au dépourvu. Pas autant que la présence de Bastien, avoue le, stupide caniche. Maarten ferma les yeux le temps d’inspirer, le temps de mélanger quelques mots et de bâtir une excuse avec du sable sec : l’édifice s’effondra sitôt hors des mains du Néerlandais qui ne savait ni quoi dire, ni quoi faire. Que pouvait-il bien articuler de toute manière ? « Salut Bastien ! Tu te souviens quand je t’avais dit que Cate était une alcoolique ? Et bien tadaam, c’est moi qui ai récupéré la tare ! En plus, je l’ai revue, embrasser, j’ai qu’une envie c’est de coucher avec et en plus, elle est enceinte et pas de moi ! ». Non, clairement non. Il ne pouvait pas dire ça, ni comme ça, ni tout court. C’était trop… trop. Non, vraiment, Maarten ne savait pas ce qu’il pouvait dire d’autre que ce mensonge bancal, autre qu’une inquiétude tout à fait réelle qu’il avait juste légèrement accentuée pour le moment. Il ne savait pas comment formuler les choses ni comment s’échapper de cette nasse dans laquelle il venait de s’engouffrer et qu’il ne pouvait plus quitter, toute porte de sortie bloquée par Bastien, qui, d’ailleurs, gérait plutôt bien la situation en palpant son menton comme pour s’assurer qu’il n’était pas brisé. « J’ai pas tout compris. Mais c’est pas grave. » Pas grave ? Maarten recula d’un pas pour laisser son ami entrer dans l’immeuble et passer le seuil. Sentant l’air frais qui avait suivi le mouvement, le Saarloos esquissa un mouvement en direction de la sortie, s’apprêtant à prendre congé dans un grommellement très certainement aussi compréhensible que le précédent, lorsque Bastien prit les devants : « Tu as le temps de prendre un verre ? » Un verre ? Ce n’était pas très prudent, vu ces dernières semaines et l’effort qu’il mettait – ou non – à éviter tout contact un peu trop privilégié avec la moindre bouteille. Mais… dans un sens… Bastien, sans s’en rendre compte à n’en pas douter, lui tendait une main secourable que Maarten avait envie de saisir tant qu’elle était encore là. Mais dans un sens… Bastien était déjà parti. Pendant quelques secondes, le chien se trouva tiraillé entre la facilité – en profiter pour s’enfuir – et le plus raisonnable – suivre Bastien à l’étage. Choisir, choisir, se décider, prendre une décision, faire un choix, pourquoi donc la vie se conditionnait elle uniquement à des if le plus souvent binaires qui ne manquaient jamais de laisser ce goût affreusement amer, que l’on tranche ou que l’on garde la question en suspens ?

Dans un soupir, Maarten se rangea du côté de la raison, se faisant la remarque que l’occasion ne risquait pas de se représenter rapidement. Et se faisant aussi remarquer que Bastien allait justement pouvoir l’aider à trouver une solution aux interrogations sans réponses qu’il tentait depuis plusieurs jours d’oublier. Sans succès. C’était souvent le soir qu’elles revenaient à la charge, l’obligeant à avaler quelques cachets ou à travailler tard dans la nuit pour parvenir à dormir. Montant les marches deux à deux, Maarten rejoignit Bastien au moment où ce dernier ouvrait la porte. « D’accord pour un verre ! » laissa t il, essoufflé, au moment d’entrer dans l’appartement. Sans plus de malaise, Maarten avait ce don étrange de se sentir chez lui à peu près partout du moment qu’il ne se sentait pas en danger, le Néerlandais franchit le seuil pour chercher rapidement du regard un endroit où s’asseoir et torturer ses doigts dans des gestes nerveux. Sans trop savoir par où commencer, il attaqua tout de go par un délicat, diplomate et prudent « T’étais où ? » à l’image de son tact habituel. Surpris lui-même par l’agressivité et la brutalité non voulues de son interrogation, Maarten entreprit de tempérer : « Je veux dire… t’as pas mal été pris ces derniers temps et… » Et voulait il vraiment s’engager dans un mensonge semi-réel plutôt que d’affronter la réalité ? Maarten s’interrompit brusquement, cherchant ses mots. Il n’était pas la douceur incarnée, non. Bastien devait y être habitué, maintenant ; le Néerlandais l’espérait. Il n’y avait que lorsque ses doigts se glissaient dans les poches pour y prélever quelques breloques comme des portefeuilles qu’il savait faire preuve de douceur, dans des autres cas, Maarten arrivait, lâchait son message, et repartait. Direct, dans un affreux manque de tact, sans tourner autour du pot, franc lorsqu’il était de bonne humeur ou bien trop bourré pour se réfugier derrière des mensonges chargés de le protéger, Maarten était vraiment une calamité dans ses relations sociales. Et bon sang, il voulait à tout prix ni heurter Bastien, ni le faire fuir, ni quoique ce soit et surtout pas maintenant. Levant les yeux au ciel, il se gifla mentalement avec de se relever pour fixer Bastien. « Dis moi que toi, ça va. » Et cette fois, il n’était pas question d’une porte prise dans la figure. Le brun fronça les sourcils, incisif. « Est-ce que tout va bien, Bastien ? Tu sais que malgré tous mes défauts, je te laisserai pas tomber, hein ? » A croire que dans sa bêtise, il avait besoin de se sentir utile, de trouver une corde à laquelle non pas se pendre mais se raccrocher afin de se créer l’illusion de stabilité dans le naufrage de son Titanic personnel. Il avait besoin de savoir que Bastien lui faisait confiance, besoin d’entendre le français lui dire que c’était réciproque. Egoïste ? Peut être un peu. Mais la peur du Saarloos était trop dense pour qu’il prête attention à ce simple fait.


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MessageSujet: Re: « Ceux qui tombent entraînent souvent dans leur chute ceux qui se portent à leur secours. » [pv Bastien]   Lun 20 Oct - 23:18

Ne pas attendre, ça lui ressemblait bien. Il fuyait encore et en continu. Atterrir dans son nid rapidement ou non, ne changerait pourtant rien. Parce que ce n’était pas dans cet espace confiné qui ne lui ressemblait en rien qu’il allait obtenir la sérénité rêvée. Peut-être qu’il était convaincu de la réponse du néerlandais. Ou peut-être qu’il n’avait fait que chercher après la distance, le temps d’encaisser cette apparition inquiétante. L’un dans l’autre, il ne semblait pas particulièrement attentif ou réceptif quand il passa le seuil de son appartement en grognant en guise d’acquiescement à son ami. Il retira son blouson directement et l’envoya paître sur un des fauteuils d’un grand mouvement un peu las avant de filer droit dans la cuisine. La question creusa davantage sa tombe et il s’y laissa traîner en s’abaissant pour ouvrir le placard du bas afin d’en sortir son bon vieux whisky. Pathétique, pas vrai ? Cet homme manquait cruellement d’audace pour plonger son nez dans l’alcool dès qu’il ne supportait plus de subir la mécanique aortique ainsi que la mélodie neuronale. S’abrutir ne l’aidait jamais, soyons d’accord. Elle retardait juste l’échéance. Toujours une fugue. Il était beau l’adulte de bientôt vingt-huit ans. A la suite de l’interrogation brutale, un constat prenant une allure de reproches dans le climat actuel. Bastien resta sur ses positions. C’est-à-dire immergé dans le silence éternel parce qu’il ne savait même pas quoi répondre à ça. Désolé Maarty, j’ai revu Abi. Je suis peut-être revenu sur mes pas. Et je n’ai pas envie que tu me ramènes sur terre ?  Oh non, il était tellement mieux dans son ciel orageux. Regardons-le seulement avec sa bouteille à la main, un prolongement évident de son propre sabotage. Il sortit deux verres en continuant à ignorer sciemment la discussion. Quel ami devenait-il donc dans l’adversité ?

Une question tout à fait intéressante qui se hissa enfin dans ses méninges anesthésiées par la culpabilité, le remord et la confusion quand son comparse reprit. Son palpitant loupa plusieurs battements et ses doigts coordonnèrent très mal ses mouvements pour rester en adéquation avec le défaillant – belle solidarité organique, n’est-il pas ? Les deux récipients échouèrent au sol avec fracas. Sa vaisselle avait tendance à périr à un jeune âge mais il fallait noter une croissance mortuaire pour la porcelaine ces dernières semaines. A qui la faute ? Peut-être que Maarten était un grand devin ? Pendant les secondes qui précédèrent les hurlements du verre brisé, il s’inquiéta sincèrement pour sa cervelle, investie de toute évidence par cet homme. Non, il était ridicule. Personne ne pouvait être télépathe dans un monde où des sorcières transformaient à leur guise des mourants en volatile, bien sûr. Vu sous cet angle… La paranoïa ne le sauverait pas et devenir cinglé n'était pas une option. Son attitude parlait peut-être ou bien, il y avait autre chose. Il n’en savait fichtrement rien mais s’évertuait à passer en revue les hypothèses avant de se calmer suffisamment pour articuler enfin quelque chose. Sa lividité l’obligea à forcer un léger sourire sur sa bouche pour détendre ses traits, offrir un peu d’illusion. « Je suis désolé… J’ai été pas mal occupé, en ce moment. Tu sais que je suis distrait que je ne… » Se justifier lui sembla très rapidement loufoque et atroce. Parce qu’il ne pouvait pas lui mentir ouvertement. Il s’y refusait. Alors il reprit en balbutiant. « Enfin… Oui… Oui… Je sais que je peux compter sur toi, bien sûr. Pourquoi tu me demandes ça ? » La réponse l’effrayait. Mais qu’est-ce qui ne lui faisait pas peur après tout ? Pauvre petit oisillon couard.

Le changeur attrapa de quoi ramasser les dégâts en cherchant un moyen de réparer également les apparences. Il jeta les débris très vite à la poubelle avant de s’emparer de deux nouveaux contenants pour les déposer sur le comptoir le séparant du salon. Il voulut verser un peu du nectar dans les coupes mais fût bien forcé de reconnaître qu’il n’avait peut-être toujours pas récupérer sa dextérité. A la place, il se mit à affronter le regard voisin. Quelque chose semblait légitime dans sa façon de lui demander confirmation sur sa confiance. Il n’avait jamais été question de remettre en cause ça pourtant. Un peu embarrassé, il hissa une main sur son front jusqu'à la glisser dans ses cheveux qu’il lissa machinalement vers l’arrière.   « Je ne voulais pas te laisser penser le contraire en tout cas … Tu as fait beaucoup pour moi, je ne l’oublierai jamais. » Il parlait à toute allure sans même reprendre son souffle. Ah cette chère culpabilité le titillait et l’obligeait à lui rappeler cette dette immuable. Après  tout ce qu’il avait fait pour lui, il s’était jeté dans les bras de la rouquine à la première occasion. Honteux, il détourna les yeux.   « En tout cas, ne t’en fais pas pour  ça ou pour moi. » Oh ça non, il ne le méritait cet ahuri. « Du whisky, ça te convient ? » Il apporta les récipients et la bouteille le plus prudemment possible jusqu’à la table basse du salon en envoyant paître la montagne de choses qui y gisaient encore d’un revers de bras. Le tout s’effondra dans son bordel ambiant, à terre. «  J’ai aussi de l’eau, du soda sûrement. Du vin quelque part. Du café ? »  Il se souvenait être l'hôte. Quelle amélioration. Finalement, l’ingénieur réussissait à le ramener sur le bon chemin, à abolir un peu de son égoïsme.

Il se laissa tomber dans son canapé et observa alors son interlocuteur avec un peu plus de lucidité, attrapant déjà une cigarette à la volée. Son acolyte n’avait jamais été une réelle figure d’équilibre absolu et même si sa mine semblait tout aussi déconfite que d’ordinaire, il s’inquiéta sur le motif de cette visite surprise. Ou non-visite d’ailleurs, il n’avait toujours pas compris son charabia d’un peu plus tôt. Pour faire bonne mesure, il s’empressa de lui demander « Et toi ? Comment ça va ? »  Belle esquive, Shepard. Mais il fallait avouer qu’elle partait d’un vrai désir de connaître la réponse. Et puis, parler des autres, ça lui permettait aussi de s’oublier. C’était très salvateur en cet instant.

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MessageSujet: Re: « Ceux qui tombent entraînent souvent dans leur chute ceux qui se portent à leur secours. » [pv Bastien]   Dim 26 Oct - 23:06




Ceux qui tombent entraînent souvent dans leur chute ceux qui se portent à leur secours.


Aurait-il du faire preuve d’un peu plus de retenue et de circonspection ? Maarten n’en savait rien et n’y réfléchissait d’ailleurs pas beaucoup. Ses interrogations, incisives, maladroitement tempérées, n’étaient au final que le reflet de son véritable caractère. Etait-ce de sa faute s’il était dramatiquement direct, même dans ses inquiétudes les plus légitimes ? Non. Il estimait que non, du moins. Même s’il concédait, aussi, que ce n’était pas une raison pour ne pas faire attention. Des interrogations, donc, franches voire brutales. Reprises, agrémentées de mots pour les noyer dans un semblant de cohérence et de politesse. Une question, enfin. La plus importante pour le chien, à n’en pas douter. Il avait besoin de savoir, il avait besoin de se convaincre. Il avait besoin, aussi, qu’on l’assure d’un soutien si jamais… si jamais il se perdait davantage. Il avait donné une semaine à Cate, il lui avait demandé une semaine, elle n’avait pas compris son raisonnement. Elle ne pouvait pas le comprendre, en même temps, parce qu’elle était la créatrice, pas la créature. Contrairement à Bastien, contrairement au Français qui était, pour être réaliste, le seul véritable ami du Néerlandais. C’était le seul, plutôt, qu’il n’avait pas éjecté de sa vie après sa transformation pour la simple raison qu’il le connaissait depuis trop peu de temps. Trois, quatre ans ? Une éternité si on considérait la confiance indéfectible qu’il lui offrait. Maarten était paranoïaque, Maarten était peureux, Maarten était lâche et trouillard, mais aussi étonnant que cela puisse lui paraître, il semblait la plupart du temps prêt à confier sa vie et ses doutes au Français sans la moindre hésitation. Ou presque. Et c’était ce presque, qui effrayait le plus le Néerlandais. Il voulait être sûr que Bastien pouvait l’aider. Il voulait avoir la confirmation que sa confiance en son ami n’était pas qu’illusoire, et surtout que qu’elle n’était pas vaine. Maarten se contraignit au calme. Bastien pouvait l’aider à organiser ses pensées, Bastien pouvait l’aider à garder la tête hors de l’eau, Bastien pouvait lui apporter un soutien, ce même soutien qu’il s’entendait lui promettre, ce soutien qu’il voulait se voir concéder. Le Néerlandais s’inquiétait pour son ami, oui, il s’inquiétait de ce silence entre eux instauré d’un côté et potentiellement de l’autre aussi ; Maarten s’inquiétait de tout cela mais, plus encore, égoïstement, il s’inquiétait pour lui-même. Et le Néerlandais avait peur d’entraîner Bastien avec lui dans ce gouffre au bord duquel il jouait sans pouvoir s’empêcher de l’appeler pour autant. Allez, Bast, allez, dis moi que tu es là pour moi, comme je viens de te promettre d’être toujours là pour moi. Tends moi la main, aide moi, s’il te plait.

Le Néerlandais ferma un instant les yeux lorsque Bastien comment ça à lui répondre. « Je suis désolé… J’ai été pas mal occupé, en ce moment. Tu sais que je suis distrait que je ne… » La respiration du biologie se tortilla, s’accéléra, s’étrangla avant de reprendre son rythme normal, erratique, balbutiant. Distrait ? Par qui ? Par quoi ? Vois, Joen, à quel point tu es misérable : tu lui promets du soutien mais tu n’es pas là lorsqu’il en a besoin. Tu lui promets du soutien juste pour avoir le droit de, toi, en quêter auprès de lui. Maarten se mordilla la lèvre, gardant les yeux égarés loin de ceux du Français. « Enfin… Oui… Oui… Je sais que je peux compter sur toi, bien sûr. Pourquoi tu me demandes ça ? » Bien dit ! Le Néerlandais ouvrit la bouche, l’agita faiblement, articula des voyelles sans y insuffler un peu d’air, resta silencieux pour finir, ne trouvant pas de mots adéquats et surtout francs pour répondre à la question – somme toute légitime – qui venait de résonner. Alors, Joen, pourquoi lui demandes-tu ça ? Réponds, c’est intéressant… Cette voix moqueuse, un mélange sournois entre le ton taquin de Christyntje et celui de Cate, saupoudra la gorge du Néerlandais d’un goût amer de trahison. Sans esquisser le moindre geste, il suivit du regard un Bastien qui ramassait des débris – d’où venaient-ils déjà ? Ah, oui, chute de verres. Comme si la question pressante du Néerlandais l’avait pris par surprise. Ce fut seulement lorsque Bastien tenta de remplir deux nouveaux verres que leurs regards se croisèrent une nouvelle fois. Pendant un court instant, Maarten se demanda ce qu’était en train de penser son ami. Doutait-il d’eux ? De leur amitié ? Voyait-il clairement où il voulait en venir ? Se désolait-il de ce que l’on pouvait considérer comme un manque de confiance ? Calme toi, Maart’, calme toi. « Je ne voulais pas te laisser penser le contraire en tout cas … Tu as fait beaucoup pour moi, je ne l’oublierai jamais. En tout cas, ne t’en fais pas pour  ça ou pour moi. » Hum… Maarten ne savait plus vraiment sur quel pied danser. Il était flatté, dans un sens, de voir qu’en effet Bastien était conscient qu’il pouvait compter sur lui, mais d’un autre côté… Jamais encore Maarten ne s’était senti aussi misérable d’être à ce point… égoïste. Bon, d’accord, c’était faux. Il se sentait pire encore face à Cate, et il avait l’impression que quelle que soit la décision qu’il prenait, il ne faisait que s’enfoncer davantage et d’enfoncer plus encore ceux auxquels il tenait. Tu as fait beaucoup pour moi… Ou pas. Pour ce que ça avait donné, pour les vraies motivations qui se tenaient derrière et qui offrait à Maarten la possibilité de s’écœurer lui-même, un exploit dont il était spécialiste. Il s’écœurait, il ne méritait en rien la confiance de Bastien, même s’il l’avait cherchée, même s’il avait eu besoin de s’en assurer.

« Du whisky, ça te convient ? » Le Néerlandais arqua un sourcil, le temps de comprendre le sous-entendu. Le temps, aussi, que Bastien apporte les deux verres et la bouteille ambrée. «  J’ai aussi de l’eau, du soda sûrement. Du vin quelque part. Du café ? » Maarten se laissa tomber sur le siège le plus proche, s’octroyant quelques secondes de réflexion. « On va peut être éviter l’alcool, je veux bien un café, ouais. » Levant une main pour prévenir le moindre mouvement de la part de Bastien, il rajouta en le fixant comme pour l’immobiliser. « Mais bouge pas, on a le temps, hein. » On a le temps. Lui, peut être, mais qu’en était-il pour Bastien ? Maarten effleura la question avant de la chasser d’un coup de pied en arguant que si Bastien rentrait chez lui, c’était qu’il n’avait rien à faire. Non ? Un soupir, et il commença à jouer avec le verre le plus proche, à le faire tourner entre ses doigts avant de servir une goutte d’alcool dans les deux récipients, conscient d’agir en totale contradiction avec ses mots précédents. Mais dans un sens, il n’était plus à ça près dans le style incohérent. Ce qui devait être visible. Ce qui devait être évident. « Et toi ? Comment ça va ? » Les yeux bruns de Maarten se perdirent aussitôt dans ceux de Bastien, relevant la tête précipitamment. Et bien nous y sommes. Oui, ils y étaient. Et Maarten, lui, était dans une belle mouise. « Ca va… » commença-t-il avec la désagréable impression de ne tromper personne. « … pas trop. » Incapable de soutenir le regard du Français, le Néerlandais se replongea dans la couleur ambrée du Whisky. Ses doigts pianotèrent sur le verre, glissèrent sur le bord, s’attardèrent sur les aspérités. « Tu t’es jamais dit qu’on n’aurait peut être pas du… partir ? » Les yeux de Maarten s’attardèrent sur le verre avant de revenir sur Bastien. « Qu’on a pris la mauvaise décision, qu’au lieu de t’aider, je nous ai fait tout perdre, qu’à cause de moi on a tout détruit de ce que l’on avait ? » Un léger trémolo s’empara de sa voix, sans qu’il ne le contrôle. Vidant le fond du verre cul-sec, Maarten le reposa un peu trop brutalement sur la table, comme pour s’arracher à ses mots et ses doutes qu’il n’aurait peut être pas du émettre à voix haute. « Bref, je divague. Qu’est ce que tu as fait ces dernières semaines, toi ? Tout va bien depuis… hum… la dernière fois ? » Tu sais, la dernière fois, Joen, tu lui as crié dessus pour qu’il s’en aille, même si tu parlais à une Cate imaginaire, ce qui en dit long sur ta santé mentale. Un soupir. « J’aurais pas du venir, je t’embête plus qu’autre chose. Désolé. » Le Saarloos se leva avant de se passer une main sur le visage. Désolé. Un bien grand mot qui, seul, pouvait être capable de recouvrir l’ensemble des pensées chaotiques du chien-loup.


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MessageSujet: Re: « Ceux qui tombent entraînent souvent dans leur chute ceux qui se portent à leur secours. » [pv Bastien]   Mer 5 Nov - 0:33

Etrange ? Le mot semblait évidemment faible. Il avait proposé d’autres breuvages par simple souci d’hospitalité et de courtoisie, sans songer un seul instant que son comparse refuserait ce verre. Si Bastien n’aurait jamais été jusqu’à le considérer comme alcoolique, il ne pouvait nier pourtant le penchant plutôt inquiétant de son ami pour la boisson. Le monde semblait à l’envers ce matin et il ne savait absolument pas quoi en penser. Quand ses yeux se reposèrent sur la bouteille, il sentit une certaine honte grimper dans sa cage thoracique et courir sur ses traits confus. Bien entendu, ce sentiment avait tout à fait sa place aujourd’hui. Sa seule façon de gérer cette situation – ou de ne pas la gérer d’ailleurs, était de miser sur l’ivresse. Quand comptait-il enfin grandir ? Assumer ses actes et devenir un adulte responsable ? Mais nous parlions bien d’un homme qui se logeait et mangeait sur le compte des riches qu’il pillait en toute impunité.  Il ne fallait pas s’attendre à une grande sagesse de sa part ou à une profonde maturité. Son insouciance sembla bien dissoute pourtant quand il reposa son attention sur son acolyte, déjà prêt à bondir pour lui préparer son café. Le geste du biologiste l’obligea à rester affaler dans son canapé. Le temps, oui, il en avait. Jusqu’à ce que la sorcière rentre du travail. Ah déjà conditionné à lui revenir à l’heure. Pathétique. Le voleur se pencha, coudes sur les genoux en allumant sa cigarette. Ses pensées suivirent la fumée vers le plafond durant une poignée de secondes avant que son invité ne dissolve le silence.

Réponse en deux parties, certes. Mais au moins, était-elle sincère. Le métamorphe mit de côté ses propres soucis afin de tourner son regard vers l’ingénieur. Ses sourcils se froncèrent naturellement sous le poids de l’inquiétude. Le néerlandais se confiait trop rarement et avouer son état ne lui ressemblait pas spécialement. Il devait vraiment être… Perturbé ? Pire que ça peut-être même. L’oiseau attendit sagement qu’il poursuive sur sa lancée, ce qui ne tarda pas. Cate hanta soudainement l’atmosphère, comme un sous-entendu évident, un spectre qui se colle aux murs en espérant ne pas être aperçu. Le volatile se crispa instinctivement en craignant déjà sa propre réponse. Pourquoi est-ce qu’il débarquait maintenant pour dire à voix haute ce qu’il se disait lui-même tout bas ? Pourquoi fallait-il qu’ils aient besoin de se rappeler tous les deux les dérives et les décisions prises ?  Pourquoi étaient-ils aussi synchronisés dans la rechute ? Le cambrioleur se pencha lentement, déposa sa clope à peine entamée sur le cendrier à sa portée, ouvrit la bouteille face à lui et se servit. Il but une très longue gorgée en écoutant la suite sans jamais oser revenir cueillir les prunelles voisines. Le liquide lui brûla l’œsophage mais cela semblait être un moindre mal comparé à la discussion qu’ils s’apprêtaient à avoir. L’européen joua avec son récipient, le fit courir entre ses paumes le temps de rassembler ses idées. Il ne savait pas quoi dire. Mais il devait raisonner Maarten. Il le savait. Mais n’était-il pas le pire hypocrite qui soit ? Ses doigts se perdirent sur son menton. « Mais qu’est-ce qu’on avait au juste? » Un soupire, il rejeta ensuite sa tête en arrière jusqu’à rencontrer le dossier du fauteuil. « Je ne sais pas. Je ne peux pas répondre à ça pour toi, pour ton cas. »  Et encore moins pour lui-même. Ses paupières se fermèrent quelques secondes et puis, il décida qu’il fallait reprendre pieds. « Tu ne m’embêtes absolument pas. Tu as bien fait de venir. Reste. » Il reprit sa dose de nicotine dans le mouvement qu’il exécuta pour se redresser.  

Les interrogations qui lui avaient balancées; lui étaient totalement passé au-dessus de la tête. Pour l’heure, son attention ne se portait que sur un seul thème. « Il s’est passé quoi ? Tu l’as revue ? » Il se tourna vers lui alors et lui adressa un regard franc. Trop franc. Qu’est-ce qui lui prenait ? Arrête de te projeter Shepard. Il baissa les yeux très rapidement et bredouilla alors un « Pardon… Je suis indiscret… Je ne voulais pas… » Et voilà qu’il passait par toutes les couleurs de l’arc-en-ciel. Désormais, livide et encore plus confus, il ne trouva rien de mieux à faire que de terminer son breuvage d’une seule traite. Quand il le déposa sur la table basse, il s’entendit déclarer « On a pris les bonnes décisions… Je crois… Enfin… Ce n’était plus possible de continuer à… » Les fréquenter ? Il se releva brusquement, désorienté par tout ce qu’il avait lui-même vécu dans les dernières vingt-quatre heures. La détresse d’Abigaëlle, la culpabilité mais aussi… Ses doigts glissèrent sur sa joue quand il fila vers la cuisine pour préparer le café. Il sortit une tasse avant de revenir jauger le scientifique depuis le comptoir. « Maarty, je te suis toujours reconnaissant pour ce que tu as fait. Tu as bien fait de me tirer de ça… Ne doute pas de cette décision. » Même si j’y remets les pieds moi-même. Ah l’embarras. Il pouvait bien courber l’échine ce sale lâche. Il se mordit la lèvre avant de reprendre. « On a agis selon les circonstances. Je ne… » Regrette rien ? Vraiment ? Il se donnait mal à la tête, réellement. « Ce qui est fait, est fait de toute façon. » Enfin une parole censée quoique très certainement facile aussi. Il bifurqua vers le plan de travail et remplit le mug de caféine avant de revenir dans le salon pour le tendre à son invité. Il se réinstalla sur son siège, termina sa cigarette et puis, s’autorisa un coup d'oeil sur son ami. Il finit par lui demander très prudemment « Qu’est-ce qu’il se passe, Maarty ? Tu sais que tu peux compter sur moi aussi. Je ne te jugerai pas, quoiqu’il se passe… » Ah ça, sûrement pas, il avait un peu - beaucoup, supplier la rouquine de le reprendre la nuit dernière. Peut-être qu’il ne devait pas le pousser à se confier mais pourquoi était-il là si ce n’était pour ça ? Il avait amorcé un début de révélation. Maintenant, il avait la complète attention du corbeau. Il devait donc satisfaire la curiosité et surtout rassurer ou non l’angoisse déjà naissante. Ça l’arrangeait bien encore une fois, de ne plus être celui qui semblait avoir perdu le Nord. Mais il se trompait. Ils s’égaraient exactement de la même manière même si lui se taisait encore.  

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MessageSujet: Re: « Ceux qui tombent entraînent souvent dans leur chute ceux qui se portent à leur secours. » [pv Bastien]   Jeu 13 Nov - 1:00




Ceux qui tombent entraînent souvent dans leur chute ceux qui se portent à leur secours.


Un tremblement qui allait en s’accentuant, une retraite précipitée pour effacer ses mots, Maarten offrait à Bastien une bien piètre figure et, en plus, il en était conscient. Déjà, pour qu’ils se croisent en bas de l’immeuble et que tout ce que le biologiste trouve à dire c’était un Je ne pensais pas te tomber dessus, ce qui était encore moins crédible que la politique ouverte et conciliante du Gouvernement, il fallait que le Néerlandais soit déjà bien entamé. Mais pour qu’ensuite cette entrée en matière trouve son apothéose dans ses hésitations, ses grognements, sa politesse à faire peur... C’était de l’art, du grand art, un grand spectacle Maartien qui était en représentation dans le salon du Français. Pendant des mois, Maarten s’était justifié, s’était rassuré, avait consolidé sa décision de partir, de laisser Cate, de laisser ce fantôme de couple qui les détruisait. Pendant des mois, il s’était persuadé qu’il avait pris le bon choix, qu’ils avaient fini par opter pour la bonne solution. Métamorphes tous les deux. Amoureux de leur créatrice, tous les deux. Entraîné dans une spirale destructrice, tous les deux encore. Parfois, le Néerlandais se demandait s’il ne devait pas remercier Abigaëlle de leur avoir permis de se rencontrer. Puis il se souvenait de l’origine de la cicatrice de Bastien et chassait cette idée stupide de son esprit. Mais là n’était pas la question. S’il devait se concentrer sur quelque chose, autant que ce soit sur ce qu’il était en train de raconter et non sur ses dérives et regrets, ses doutes et ses remords, qui revenaient bien trop souvent accompagner l’alcool. Pendant des mois, donc, Maarten avait soutenu qu’ils avaient eu raison de partir, qu’ils s’étaient sauvés l’un l’autre en s’encourageant à laisser derrière celles qui les détruisaient. Et voilà que, d’une voix songeuse, Maarten s’entendait questionner Bastien sur la justesse de leur décision. De sa décision. Avaient-ils bien fait ? C’était une excellente question sur laquelle il n’aurait jamais du se pencher. Avaient-ils fait une erreur, en partant ? Avaient-ils perdu bien plus que prévu, bien plus que gagné dans l’affaire ? Cette question torturait Maarten depuis des mois mais avait pris une dimension autre depuis quelques jours. Ce qui était peut être la raison de sa formulation à voix haute. Ce qui était peut être la raison de sa venue. Ce qui était peut être la raison de ses traits tirés et de sa nervosité dépressive.

« Mais qu’est-ce qu’on avait au juste? Je ne sais pas. Je ne peux pas répondre à ça pour toi, pour ton cas. Tu ne m’embêtes absolument pas. Tu as bien fait de venir. Reste. » Maarten s’immobilisa, considéra les mots de Bastien, la fumée qui s’échappait de la cigarette allumée, l’opportunité qu’ils avaient de parler et de se retrouver. De se soutenir. De le soutenir. Dans un haussement d’épaule, un haussement de sourcil, un soupir défaitiste et résigné, le Néerlandais reprit place dans le canapé, à la recherche d’un mot, d’une phrase, de quelque chose pour couper court au silence plus que stressant qui ne se gênait pas pour s’emparer de la moindre latence et la mettre sous sa dictature. Ses doigts pianotèrent sur son genou agité d’un tremblement nerveux, lèvre mordillé. « Tu sa… » « Il s’est passé quoi ? Tu l’as revue ? » Maarten sursauta lorsque le regard franc, aussi direct que les mots, de Bastien se fracassa sur lui. Il n’eut pas besoin de parler pour que la vérité s’étire sur ses lèvres entrouvertes de surprise et dans ses yeux écarquillés. Oui, il l’avait revue, et alors ? Et alors, oui, là est toute la question. C’était pour ça qu’il était venu après tout. Pour faire le point sur les cris, les hurlements, les gestes qui avaient été esquissés les deux fois, leurs deux retrouvailles.  Le regard du français tétanisa Maarten avant de s’échapper, de se baisser, de s’égarer. C’était vrai qu’entre les deux, c’était généralement le plus vieux qui était doué pour atterrir les pieds dans le plat sans signes avant-coureurs, sans même prévenir. Avec Bastien, tout était dans la prudence et la retenue, avec Bastien, il y avait des doutes, des avancées à tâtons pour déranger le moins possible. A croire qu’ils avaient décidé tous les deux de se surprendre. Et qu’ils s’en apercevaient en même temps, vu la marche arrière qu’exécuta sans tarder le meilleur ami du biologiste. « Pardon… Je suis indiscret… Je ne voulais pas… »

Dans un grognement et un geste de main, Maarten tenta de faire comprendre à Bastien que c’était inutile de se leurrer, et que si pour une fois il avait dit ce qu’il pensait sans prendre de gant, ce n’était pas un drame ; que ce n’était rien, au final, d’autre que la vérité ; avant de répondre, certainement un peu tard, à la question posée. « Ouais. » Un mot, pour résumer la situation. Ouais, oui, ja, il l’avait revue. Et pas qu’un peu, de toute évidence, puisque les mois qui les avaient séparés n’avaient presque rien changé à ce qui les liait. Donc oui, il l’avait revue. Et oui, le pire, ce qu’il craignait le plus, ce qu’il souhaitait le plus aussi, s’était produit. Les secondes passèrent, Bastien reposa son verre sur la table. « On a pris les bonnes décisions… Je crois… Enfin… Ce n’était plus possible de continuer à… » Un haussement de sourcil, un soupir. « Ouais, j’imagine… » Ce n’était pas utile, de toute évidence, de s’encombrer des fins de phrases. Elles résonnaient sans avoir besoin d’être émises, elles se matérialisaient avant même qu’ils ne les articulent. La fuite de Bastien vers la cuisine laissa à Maarten quelques secondes de répit pour respirer un peu. C’était étrange : le Néerlandais était mal à l’aise mais ne comptait plus partir pour le moment. Il savait qu’il avait besoin de parler de tout ça avec son meilleur ami mais il craignait de le faire. Son esprit naviguait entre deux états, sans savoir où se fixer, sans savoir sur quelle réaction s’arrêter. J’imagine… était-ce réellement tout ce qu’il pouvait dire sur le sujet Cate ? C’était effrayant. Imaginer, c’était bien beau. Vivre tout cela, c’était… inimaginable, justement. Lorsque Bastien reprit, Maarten n’était pas beaucoup plus avancé pour autant dans ses réflexions. Il s’aperçut même qu’il était incroyablement muet, un signe supplémentaire – si c’était nécessaire – pour marquer son malaise. Au son de la voix du Français, il tourna la tête, ses yeux bruns cherchant à se poser. « Maarty, je te suis toujours reconnaissant pour ce que tu as fait. Tu as bien fait de me tirer de ça… Ne doute pas de cette décision. » Trop tard, Bastien trop tard. « On a agi selon les circonstances. Je ne… Ce qui est fait, est fait de toute façon. » Un soupir, encore. Comme s’il ne parvenait à communiquer réellement que par ce biais. Alors que Bastien revenait avec un mug de café, Maarten s’entendit maugréer un « J’en sais trop rien. J’crois que j’ai plus perdu que gagné dans l’affaire » adressé autant au français qu’à lui-même. « Qu’est-ce qu’il se passe, Maarty ? Tu sais que tu peux compter sur moi aussi. Je ne te jugerai pas, quoiqu’il se passe… »

Je ne te jugerai pas. Un frisson parcourut l’échine du Saarloos, qui préféra reposer précipitamment – un peu trop de toute évidence – le mug plutôt que de le renverser sur la table, sur son jean, sur son genou toujours agité d’un tremblement nerveux ou sur le reste du canapé. Sans la moindre délicatesse – mais était-ce réellement étonnant de sa part ? –Maarten n’attendit que quelques secondes pour lâcher un « J’suis juste un crétin, en fait. » Je ne te jugerai pas. C’était tellement… Bastien. Le cœur sur la main, avec cette prudence et cette douceur qui contrastaient tant avec les réactions bourrins et pataudes du Néerlandais. Avec cette empathie presqu’inquiétante, tant il lisait en Maarten comme dans un livre ouvert. Je ne te jugerai pas. Peut être allait-il quand même le faire. Les doigts du biologiste se perdirent dans sa barbe naissante, comme pour s’octroyer quelques secondes de répit. « On s’est tombé dessus, y’a quelques jours. C’était pas prémédité. » S’il te plait, Bastien, ne m’interromps pas pour le moment. « Je rentrais, comme d’habitude, avec… Rach… Cath… » Ce fut cette fois son visage complet que recouvrit sa main, son pouce et son majeur partant masser ses tempes. « avec une fille, on avait un peu bu et… elle a soudain été là. J’ai pas compris. » Sans préméditation, Maarten entendit sa voix se briser totalement. « P#tain… » Et dire que ce n’était que le début. Juste le début. Rien que le début. « P#tain. » Plus affirmé, le juron articulé dans la langue maternelle de Maarten se répercuta sur ses lèvres, répété comme en écho. Attrapant le mug, il avala une longue gorgée de café qui lui brûla la langue, la gorge, l’œsophage comme un cataplasme appliqué sur son trouble. Et alors, seulement, il se sentit capable de regarder à nouveau son meilleur ami dans les yeux. « J’suis désolé Bast’. Je… »

Je ne te jugerai pas, Maarty. Une inspiration, un soupir. Encore. « J’suis désolé de te déranger pour ça, d’être venu… j’avais besoin de te voir, de t’en parler, t’es le seul qui puisse comprendre… je crois. » Le seul en qui Maarten avait pleinement confiance, surtout. Le seul qui pouvait toucher du doigt la complexité de la situation, qui connaissait le couple, qui pouvait appréhender les pensées malmenées du Saarloos. « Je sais pas quoi faire. J’espérais la revoir, mais pas… pas… pas l’avoir perdue. Pas risquer de la perdre. » Il jouait avec la tasse plus qu’il n’en buvait le café brûlant. Ses doigts dérivèrent sur la table, sur les affaires mises à terre un peu plus tôt, s’attardèrent sur la bouteille avant de revenir sur Bastien. « Qu’est ce que je dois faire, à ton avis ? Qu’est ce que tu ferais si tu recroisais Abigaëlle ? » Tact 0 – 1 Maarten. A croire que tout à ses propres sentiments et à son égocentrisme habituel, le Néerlandais avait oublié toute prudence, à ainsi mettre le doigt sur toute la complexité du problème. Il n’y avait plus qu’à espérer que Bastien allait lui pardonner, une fois de plus, la franchise déroutante dans ce genre de circonstance d’un Néerlandais qui avait très certainement brûlé le Petit savoir-vivre illustré au lieu de le lire, pour être à ce point désespérant. « Je sais pas ce que je dois faire. Elle est enceinte, et moi... moi je veux juste être avec elle... »


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MessageSujet: Re: « Ceux qui tombent entraînent souvent dans leur chute ceux qui se portent à leur secours. » [pv Bastien]   Mer 26 Nov - 1:01

La tension devenait gênante, encombrante. La patience du changeur fluctuait de plus en plus, comme une onde mal réglée. Détraqué ? Oh il n’avait pas besoin de facteurs ultérieurs pour prétendre au titre mais il fallait avouer que particulièrement éprouvé par ses affrontements avec la rouquine – ou leur absence plutôt, il n’en menait pas large l’oisillon ce matin. Additionner les problèmes de Maarten aux siens n’avait jamais été une idée brillante. Mais nous étions en connaissance de cause avec cet animal. S’il avait appris à se montrer cohérent, il n’aurait jamais atterri sur ces terres maudites d’Amérique et nous n'aurions pas eu à conter ses frasques multiples dans cette partie du monde. Comment pouvait-il donc penser que sa concentration réussirait à tenir la distance durant cette conversation ? Insensé ! Mais les causes désespérées, c’était son lot quotidien après tout. Transférer ses déboires à la silhouette voisine semblait d’une simplicité frôlant l’indécence. Ne plus se sentir seul dans la descente aux enfers lui était d’un grand réconfort et cette seule pensée lui sembla bien égoïste. Elle l’était d'ailleurs. Bastien se redressa un peu pour se resservir maladroitement. L’odeur de sa sorcière traînait encore sur ses vêtements et chaque mouvement lui rendait bien chaque nuance florale qu'il appréciait toujours un peu trop. Il espérait seulement que l’odorat sur développé de son comparse ne détecterait pas ce détail. Mais il aurait dû savoir que la rousse était son obsession à lui et que de toute manière, il ne l’avait jamais vu alors bon l’empreinte olfactive ne serait pas très révélatrice. Techniquement du moins… Le français réajusta sa position sur le canapé à deux reprises, nerveusement. Les premières paroles du néerlandais ne le déroutèrent pas plus que ça. Tous deux avaient une nette tendance à l'autoflagellation. De beaux martyrs, ces deux-là. Pauvres petits hommes. Le corbeau attendit donc la suite, aussi sagement que possible en prélevant un peu de nectar à son récipient.

Ah le Destin. Cet audacieux concept que le jeune homme se plaisait à bafouer en se jurant que non, la fatalité, ça ne pouvait exister. Et pourtant, les événements se jouaient de son ami de façon surprenante. Pas prémédité. Était-il bien sûr ? Le voleur n’osa remettre en doute sa version et l’accepta plutôt à la place, taisant ses doutes à son égard pour mieux écouter la suite. La mention des conquêtes régulières de cet homme força son hôte à cacher un peu plus ses prunelles derrière son verre. Pas vraiment tabou mais néanmoins, embarrassant. Le cambrioleur ignorait réellement quelle expression arborer alors il opta naturellement pour la neutralité. Il pouvait comprendre ce besoin viscéral de combler le vide par d’autres bras. Lui aussi avait marché sur cette même route à quelques reprises mais ce sentiment de trahison était toujours bien trop violent à endurer le matin venu. Il avait l’impression d’avoir trompé sa sorcière à chaque fois et ne cohabitait pas vraiment bien avec cette notion d’infidélité qui lui laminait le peu d’estime qu’il se portait déjà. Mais nous n’en étions pas à ses états d’âme. Ceux de son comparse semblaient prendre de l’importance de seconde en seconde. Ses injures forcèrent le regard fuyard de l’européen à revenir porter assistance aux traits voisins. Il voulait le calmer mais il doutait en avoir les compétences. Il l’écouta alors jusqu’au bout sans jamais ajouter quoique ce soit.

Les mots se bousculaient soudainement si vivement. A moins que ça ne soit le whisky qui emmêlait déjà ses songes ? Il reposa le contenant sur la table basse et le regretta dès que son interlocuteur lui donna du poids dans la conversation. Oui, Shepard, qu’est-ce que tu ferais si tu la revoyais ? Le volatile perdit toutes ses couleurs et ouvrit la bouche juste assez pour gober une mouche. Il la referma bien vite cependant. Il n’en avait pas fini avec ses trémolos aortiques que le germanique l’acheva avec une révélation qui réussit à lui extirper un « Enceinte ? » Bien trop précipité et spontané pour la petite chose réservée et prudente qu’il était. Forcément, ce n’était pas lui le père. Ils étaient stériles à cause de la malédiction. Légitime, non ? Après tout, son acolyte lui-même enchaînait les aventures. Mais rien de sérieux songea Shepard. En effet mais ce n’était peut-être qu’un accident. Cela ne changeait rien aux conséquences. Il n’arrivait pas à imaginer l’amplitude de la déception de son camarade, du désespoir de n'être qu'un spectateur muet de sa tragédie personnelle. A vrai dire, dès qu’il voulut se mettre à sa place, il eut l’impression d’être fusillé sur place. Sa belle magicienne avec un ventre rond, cette seule idée lui offrit de jolies difficultés respiratoires. Il aspira plusieurs goulées d’air rapidement avant d’avancer très calmement ses doigts vers son allié. Il les posa sur son bras en signe de compassion. Il ne trouva pas les mots durant plusieurs secondes, ça le dépassait. Littéralement.

Heureux ? Tes soucis te semblent plus dérisoires maintenant, stupide volatile. Sa voix revint par miracle. « Maarty, je suis désolé… Vraiment désolé… » Ça lui faisait une belle jambe à l’ingénieur. Il recula avant de se relever soudainement, trop agité pour rester en place. Il fit quelques pas dans la pièce avant d’articuler de son ténor plus grave et plus posé encore comme pour apprivoiser une bête invisible qui grondait encore dans leur espace. Elles étaient au nombre de deux et elles logeaient dans leur crâne.« Elle a réagi … Comment quand elle t'a vu ? » Sa paume passa sur son front, il s’arrêta au milieu du salon pour regarder son meilleur ami. « Enfin je veux dire… Qu’est-ce qu’elle t’a dit… Elle t’a ignoré ? Ou… » Sa tête observa un mouvement de gauche à droite. Il devenait indiscret par-dessus le marché. Il ne savait plus de quel côté attaquer le problème. « Je ne sais pas quoi te dire en toute sincérité… Je ne sais pas ce que je ferais à ta place. » Mais si que tu sais, voyons, soumis comme tu es. « Je suppose que notre lien avec elles nous conditionne à nous accrocher malgré que… Malgré le risque de… » Devenir fou ? Il ne lui demanderait même pas comment il allait après ça, il pouvait déjà l’imaginer tout seul. « Tu dois te protéger de ça, c’est tout ce que je sais. Tu dois faire attention à toi… Tu ne dois pas… » Sombrer. Voilà qu’il se sentait ridicule. A lui donner des conseils qu’il ne suivait pas. Il s’assit à terre aussi subitement qu’il s’était levé pour mieux poser son coude sur la table basse afin soutenir sa mâchoire. « J’aurais beau te dire d’arrêter de la voir, de te détacher encore plus maintenant qu’elle est… Mais je sais que ce n’est pas aussi simple que ça. Je sais que tu ne pourras pas maintenant qu’elle est réapparue… Pas alors que tu ne pensais pas la... Alors… » Alors quoi ? Subis et ferme-la ? « Je peux juste te dire que je suis là si t’as besoin de moi. T'es pas seul, ok ? Si je peux aider… D’une façon ou d’une autre. » A alléger son fardeau ? Mais qui était-il pour y parvenir ? Il se mordit la lèvre inférieure et courba l’échine devant sa propre impuissance. « Pardon, je ne suis pas d’une grande aide… » C’était le moins que l’on puisse dire.

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MessageSujet: Re: « Ceux qui tombent entraînent souvent dans leur chute ceux qui se portent à leur secours. » [pv Bastien]   Lun 8 Déc - 23:31




Ceux qui tombent entraînent souvent dans leur chute ceux qui se portent à leur secours.


Et bam, Maarten venait une nouvelle fois de faire preuve de ses capacités pyrotechniques. Parce qu’à mélanger une absence total de tact à son côté rude et bourrin, le résultat ne pouvait qu’être explosif. Une première détonation, le voilà qui se flagellait ouvertement pour commencer. En même temps, c’était une bonne entrée en matière. Un vrai crétin, voilà ce qu’il était et qu’il ne devait surtout pas perdre de vue. Une deuxième détonation : il l’avait revue. Ce n’était pas prémédité se sentit-il obligé de préciser. Comme s’il ne l’avait pas cherchée, comme s’il n’aurait pas aimé mille fois préméditer leurs retrouvailles quelques semaines avant. Il rentrait… il bégayait. Maarten avait conscience d’être lamentable tant dans ses explications que dans son comportement. Avait-il un jour accordé l’exclusivité de son corps à Cate ? Oui, les premières années, bien sûr. Puis il y avait eu la transformation, celle d’un autre homme et tout n’avait été ensuite qu’une décadence lente mais certaine. Et lorsqu’il l’avait fuie, ça avait été comme une revanche. Puis un besoin, le besoin de s’imaginer dans ses bras à elle. Il était lamentable et il en avait plus que conscience. Je ne te jugerai pas, avait promis Bastien. Et bien… il devrait. Il avait le droit de le juger, parce qu’au final, sa conduite était scandaleuse. Dans un sens, le Néerlandais était reconnaissant envers son meilleur ami de ne rien dire, de rester neutre. Mais après… P#tain… Le juron exprimait tout ce qu’il y avait à dire, en fait. Comme une transition dans les propos du Saarloos. Des excuses suivirent, des excuses, encore. Des mensonges, aussi, semi-mensonges du moins, parce qu’il avait tellement besoin d’en parler à Bastien qu’il n’arrivait pas à véritablement s’en vouloir d’être venu. Il avait besoin qu’on lui dise quoi faire et qui de mieux pour le lui dire que le Français ? C’était ridicule, mais c’était ainsi. Alors, Bastien, il fallait répondre au Néerlandais. Maintenant. Au Néerlandais qui oscillait entre l’envie de fuir et celle de courir fouiller tous les appartements de la Nouvelle Orléans pour la retrouver. Et celle de frapper et de frapper encore un punching ball pour se défouler et évacuer cette incertitude qui le rongeait sans la moindre délicatesse.

Et avant de se taire, le Saarloos acheva son œuvre de destruction dans une énième explosion. « Enceinte ? » Oui. La réaction de Bastien arracha un sourire à Maarten. Etrange, comme un simple mot pouvait avoir de l’effet sur eux deux. Enceinte. A n’en pas douter, l’oiseau tout comme le chien avaient tiré un trait sur la notion de famille de descendance. C’était inclus dans le paquet cadeau de leur nouvelle nature. Enceinte. C’était amusant comme le chien était jaloux, en colère, vexé, détruit, haineux à la simple idée de se savoir trompé. Alors que lui n’était pas un exemple en termes de fidélité. Ce n’était qu’un juste retour des choses, non ? P#tain que non. Le Saarloos se contenta d’hocher la tête, acquiesçant aux pensées certainement perdues de son meilleur ami. « Ouais… Je m’y attendais pas. Même dans mes cauchemars les plus… fous. » En même temps, comment aurait-il pu ? Les doigts de Bastien posé sur le bras de Maarten agirent pour les mots qui ne virent pas. De toute manière, qu’y avait il à dire ? Pas grand-chose. Un haussement répondit à cette main, laissant s’écouler le silence autour d’eux pendant une fraction de minute. « Maarty, je suis désolé… Vraiment désolé… Elle a réagi … Comment quand elle t'a vu ? » Maarten ferma les yeux. Être désolé, c’était bien mignon… mais qu’est ce que ça pouvait changer ? Rien, strictement rien. Jamais encore le Néerlandais n’avait regretté autant la décision prise à New York de partir, jamais encore se souvenir de l’origine de la cicatrice de Bastien avait failli à sa mission. A chaque fois qu’il repensait au ventre rond de Cate… il s’en voulait. Quelle p#tain de poisse, sérieux. Vraiment, il était verni. Les yeux de Bastien percutèrent le regard de Maarten qui se força à le soutenir. « Comment ça ? » « Enfin je veux dire… Qu’est-ce qu’elle t’a dit… Elle t’a ignoré ? Ou… Je ne sais pas quoi te dire en toute sincérité… Je ne sais pas ce que je ferais à ta place. Je suppose que notre lien avec elles nous conditionne à nous accrocher malgré que… Malgré le risque de… Tu dois te protéger de ça, c’est tout ce que je sais. Tu dois faire attention à toi… Tu ne dois pas… » Tu ne dois pas ? Sombrer. Retomber. S’écraser comme le chien qui l’était devant la maîtresse qui venait de le siffler. Voilà, c’était ça la fin de la phrase de Bastien. Et le pire, c’était qu’il avait raison. Il avait vraiment raison, et chaque mot prononcé n’était que plus vrai que le précédent. « Ouais, je sais mais… » Un soupir, Maarten se laissa glisser en bas du canapé pour allonger ses jambes et rester au niveau de Bastien. « J’aurais beau te dire d’arrêter de la voir, de te détacher encore plus maintenant qu’elle est… Mais je sais que ce n’est pas aussi simple que ça. Je sais que tu ne pourras pas maintenant qu’elle est réapparue… Pas alors que tu ne pensais pas la... Alors… Je peux juste te dire que je suis là si t’as besoin de moi. T'es pas seul, ok ? Si je peux aider… D’une façon ou d’une autre. Pardon, je ne suis pas d’une grande aide… » En miroir au Français, Maarten se retrouva lui aussi à se mordiller la lèvre. Et à marmonner, en espérant que Bastien comprenne. « Dis pas ça, Bast’… » Le chien s’ébroua, s’attardant sur les mots de son meilleur ami. Il n’avait pas tort, pas tort du tout. Il n’a que rarement tort, je te rappelle ; C’est un peu ta conscience, t’es au courant ? « T’as raison, tu sais. J’ia l’impression qu’au final, on est lié à elles, quoiqu’on dise, quoiqu’on fasse. J’arrive pas à la sortir de ma tête, je peux pas… » Une inspiration. Et le biologiste prit le dessus, à remonter le fil de la conversation, méticuleusement, à s’arrêter sur les questions, à les égrener lentement pour les prendre dans l’ordre. « Elle m’a reconnu tout de suite, je crois. J’ai levé la tête et… elle ne m’a pas ignoré. Elle m’a giflé, d’ailleurs… » Sa main partit frotter sa barbe naissante comme en souvenir de cette gifle. « Elle m’a hurlé dessus, elle a envoyé balader l’autre… Flore je crois, et elle a pleuré. Non, elle ne m’a pas ignoré… ça non… » Aussitôt, le Néerlandais se maudit de ce ton presque rêveur qu’a pris sa voix. Il pouvait encore entendre la sienne hurler, s’énerver, pleurer, être là. « Faut que je me protège, t’as raison. Je ne peux pas… il faut qu’on fasse attention. Qu’on reste distant. Qu’on… Tu crois qu’il faut que je… j’accepte le gosse ? Elle ne veut pas me dire qui est le père, mais je te jure que si je lui mets la main dessus… » La voix de Maarten s’infléchit d’une violence qui le prit au dépourvu. Bastien le connaissait bougon, Bastien le connaissait bourrin, Bastien le connaissait râleur, direct, dépourvu de tact, maniaque, perfectionniste, impulsif, taciturne, d’un humour douteux, mais Bastien ne le connaissait pas violent. Cette partie de lui, Maarten avait voulu la noyer dans l’Atlantique, il avait souhaité l’offrir en pâture aux zombies, en avait fait don au Saarloos les nuits de Pleine Lune. « Tu accepterais le gosse, toi ? » s’entendit-il demander, comme pour se calmer. Son visage s’effondra dans sa main, coude posé sur la table, front plaqué contre sa paume. « Comment tu fais pour te tenir à tes engagements, avoir un si haut sens moral, rester calme et… toi-même, Bast’ ? Moi, quoique je fasse, ça finit en pugilat ou en grognement j’ai l’impression. » Un soupir. « J’suis pas fait pour m’occuper d’un gosse, j’ai pas la patience, je l’encastrerai dans le mur s’il commence à chialer. » Il secoua la tête. « En fait, ce serait le protéger lui. Et elle. Que de ne pas vouloir m’en occuper. Parce qu’elle me l’a demandé, t’sais ? Tu feras quoi, toi ? » Tu ferais quoi… Cette question semblait devenir le mot d’ordre des questions de Maarten. Il avait besoin de savoir ce que son modèle à l’heure actuelle ferait face à cet imbroglio d’emm#rdes qu’il tenait devant lui. Un sac de nœuds, un sac de nœuds explosifs.


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MessageSujet: Re: « Ceux qui tombent entraînent souvent dans leur chute ceux qui se portent à leur secours. » [pv Bastien]   Mar 16 Déc - 1:13

L’impuissance. Ce concept qui arrachait aux plus vaillants, un désespoir sans nom, qui poussait à l’absurde certaines âmes égarées et confuses. Alliée à l’injustice, elle était la pire sentence que l’on puisse souhaiter à un autre être humain. Bastien l’éprouvait régulièrement à des degrés parfois bien dérisoires cependant. Son empathie le confrontait quotidiennement à sa propre faiblesse et à son champ d’action ridiculement réduit. Dans ses plus grands moments d’abattement, elle avait toujours eu le premier rôle. Sa belle rouquine, toujours au centre de la polémique bien que masquée par les préoccupations bien plus écrasantes de son comparse. Mais il savait ce que c’était. D’être le témoin de sa propre pièce, sans avoir rédigé script ou participer à la mise en scène. D’être face à un problème sans solution direct, sans même pouvoir frôler un début de solution, sans avoir la possibilité d'exercer le moindre changement. Voir Abigaëlle sombrer une fois de plus, la retrouver en morceaux à même le sol, ravagée par les larmes et par une folie intérieure qu’elle ne partageait qu’avec les ombres. Les promesses, les mots, les gestes, les actes. Rien de ce qu’il a tenté ne l’atteignait. Il l’avait vu se déchirer. Il l’avait vu tomber. Et il l’avait suivi avec plaisir dans ses enfers en désespoir de cause jusqu’à en saigner et sans doute que sans Maarten, il aurait été jusqu’à l’os. Oui, il lui devait décidément tout. Peut-être qu’il venait de tout gâcher en la retrouvant, en voulant reprendre son rôle, en voulant essuyer un nouvel échec dans la même entreprise. La culpabilité fût d’autant plus cruelle qu’elle s’octroya de l’intensité dans la voix et les propos de son interlocuteur. Se pencher sur son nombril ne lui permettrait pas de racheter ses torts. Le néerlandais avait mérité son écoute absolue. Inconcevable de la gâcher aussi salement. Le français se sentit plier sous l’absence de substance. Tout ce qu’il concédait à son invité n’était qu’un spectre de la situation, tout juste faiblard et inexact. Les faits ne les sauveraient sans doute jamais.  

L’aveu du biologiste accrocha un triste rictus sur les lèvres du voleur. Il se craquela aussitôt, incompétent quand il cherchait à se figer dans sa malédiction. Faibles. Attitude, ténor et réaction. Absolument tout chez eux certifiait leur vulnérabilité. Peut-être parce qu’ils étaient à l’abri du Monde, d’Elles ou du moins vivaient dans cette illusion perchés dans un appartement modeste et bordélique d'un quartier douteux. Assez en confiance pour se trahir, pour martyriser leur orgueil. Le jeune homme réalisa soudainement la nouvelle posture de son acolyte d’infortune. A la même hauteur, à terre. On ne pouvait pas tomber plus bas que ça. Et pourtant… Le récit transporta le métamorphe dans la scène, il s’inventa le décor et se représenta maladroitement Cate. Volcanique et instable. Deux notions, deux constantes qu’Elles partageaient étroitement. Aucune indifférence. Jamais. C’était sans doute pour ça qu’ils revenaient toujours à elles. Sans l’ignorance, l’espoir se montre moins volage. Tous deux semblaient prêt à franchir la première porte qui laisserait entrevoir le moindre rayon. Courir avant qu’elle ne se referme. Courir, quitte à se manger le bois. Dociles et bien éduqués. Le volatile glissa ses doigts sur sa nuque, ferma les yeux pour aspirer son oxygène encore vicié par les effluves de la veille. Accepter le gosse ? Ses pupilles se comprimèrent brutalement dans la rétine voisine. L’agressivité sous-jacente de son ami  lui glaça le sang mais il n’en montra pas le centième, préférant décroiser les jambes pour poser ses genoux contre la surface proche. Une barrière symbolique entre l’ingénieur et lui, réflexe machinal, inutile, purement irréfléchi et purement psychologique. L'identité du père… Une question. L’hôte sursauta, déjà habitué à n’être qu’un respectable pour son histoire et non, un intervenant. L’interrogation le mit à mal. Il se passa une main sur le front pour toute réponse.

Son comparse se décomposa sous ses yeux. Le changeur ne put qu’arquer les sourcils pour marquer sa vorace inquiétude. Et il était loin de comprendre alors qu’il ne se trouvait actuellement qu’au sommet du manège. Quand il aborda un nouveau virage, la pente se fit bien plus vertigineuse, son cœur remonta dans sa gorge. Il crut qu’en ouvrant la bouche, il allait l’expulser. Une bonne solution si vous vouliez mon avis. Ça lui remettrait les idées en place. Ah le délit, le doux crime d’avoir été plus lâche que ça. Tellement lâche qu'il bafouait cette admiration non méritée. Lui demander ? Il ne parvenait même plus à se focaliser sur tous ces problèmes qui lui parvenaient alors par vagues successives. Un véritable tsunami qu’il se prit de plein front. Le fumeur fit tourner son briquet dans ses mains, jouant avec le plastique pour canaliser sa honte et sa terreur. Il ne savait pas comment remplir un rôle pareil et combler des attentes aussi écrasantes. Mais à nouveau, il ne s’agissait pas de lui. Petit égoïste. Le corbeau porta secours à la petite chose terrifiée portant le nom d’humanité. C’était par la bouche de l’homme qu’il s’exprima avec un calme défiant les lois de la nature. « En toute honnêteté, je ne sais pas… Je ne sais pas ce que je ferais à ta place. » Un simple murmure qui contrasta avec la ferveur animant les intonations de son meilleur ami. Se projetant comme il le lui a demandé pourtant, l’européen trouva alors naturellement ses propres réactions. « Je suppose que je… Que je voudrais l’aider, l’aider à surmonter à ça, à… » Ses traits se contractèrent en désapprobation soudaine.  « Mais c’est une mauvaise idée. Ce n’est pas sain… C’est même cruel. » Il agita la main subitement comme pour balayer chaque mot.  « Oublie ce que j’ai dit. Elle t’a demandé de ne pas t’emmêler ? C’est sûrement ce que tu devrais faire, pour ton bien mais… »  Il redressa la nuque dans sa direction.  « Qu’est-ce que tu as envie de faire toi ? » Après tout, c’était tout qui importait, non ?

Les envies, le devoir, les besoins. Tout ça se confondait et il serait vain de chercher à tout démêler. Bastien avait personnellement abandonné l’idée. Ça l’arrangeait bien – toujours et encore la même rengaine. « Tu n’as rien à te reprocher, tu sais… Tu as fait tout ce que tu as pu pour rester éloigné. Ce n’est pas ta faute si… Si tout ça te tombe dessus. C’est même injuste… » A nouveau, il avait naturellement baissé son volume sonore. « Il n’y a pas de secret. On fait ce qu’on peut mais on arrivera jamais à maîtriser ce qu’il se passe. On est liés à elles. Qu’on le veuille ou non. » De la fatalité ? Tiens donc. Où était donc son optimisme légendaire ? Surtout quand Maarten en avait terriblement besoin. « Ça ne veut pas dire qu’on ne peut rien tenter et que… Je ne sais même plus ce que je raconte. » Un bébé. Voilà qui donnait de la perspective au mot ironie. Ça cognait encore contre ses temps comme une révélation qui refusait de s'ancrer. « Je suis vraiment désolé que tu sois dans cette situation. » Et désolé aussi de ne pas être tout à fait honnête avec toi. Il fallait avouer que ce n’était clairement pas le moment de ramener la rouquine dans la discussion. Et encore une fois, c’était plus facile. Tellement plus facile.

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MessageSujet: Re: « Ceux qui tombent entraînent souvent dans leur chute ceux qui se portent à leur secours. » [pv Bastien]   Sam 3 Jan - 23:58




Ceux qui tombent entraînent souvent dans leur chute ceux qui se portent à leur secours.


Amusant commenta le Saarloos quand Maarten se tut enfin, lançant la balle dans le camp de son meilleur ami. Amusant, certes, mais qu’est ce qui était amusant ? Le fait qu’un asocial comme lui parle et raconte tout de sa vie à un homme de dix ans son cadet ? Le fait qu’il soit plus que conscient de l’ironie de la situation ? Qu’il mettait sans peine, ou presque, les mots sur ses problèmes sans pourtant trouver de solution ou accepter celle qui se posait, en évidence, devant lui ? L’ensemble, au final, était amusant. Ironique et amusant. Ou non. Le chien s’ébroua, jappa intérieurement, en attendant les mots de Bastien. Qu’il était ridicule à ainsi s’aplatir devant sa maîtresse, à craindre, le ventre noué, de prendre la mauvaise décision sachant pertinemment qu’il était supposé choisir entre la peste et le choléra, n’en déplaise à l’orgueil de la Canadienne qui ne devait céder le pas que devant son entêtement, à lui. A eux. Un frisson, un nouveau jappement qui se retranscrivit dans un soupir gémissant étouffé dans le creux de ses paumes. Tu accepterais le gosse, toi ? Merveilleux cadeau qu’il venait de faire à son meilleur ami, c’était certain. Tiens, prends mes problèmes, fais les disparaître pour moi s’il te plait. Comportement mature, adulte, raisonnable à n’en pas douter. Pitoyable. Etait-il donc réellement incapable de se confronter à une réalité que sa lâcheté le poussait à fuir ? Le doute n’était plus vraiment permis à ce niveau là. Un nouveau soupir, les yeux bruns du Néerlandais se plongèrent dans ceux du volatile en quête d’un soutien, d’une réponse, d’une main qu’il savait tendue mais hésitait à saisir de peur d’entraîner son comparse dans la chute longue et douloureuse qui l’avait happé et dont il ne parvenait pas à se défaire.

Enfin, Bastien prit la parole, coupant toute respiration à Maarten qui fut instantanément pendu à ses lèvres. « En toute honnêteté, je ne sais pas… Je ne sais pas ce que je ferais à ta place. Je suppose que je… Que je voudrais l’aider, l’aider à surmonter à ça, à… » En miroir, les sourcils de Maarten se froncèrent d’incertitude. Aider… à surmonter quoi ? Aider… qui aider ? Cate ? Il secoua la tête de désapprobation. Non, il ne voulait pas l’aider elle, il voulait s’aider lui, c’était tout. Tu en es sûr ? Parce que tu serais suffisamment stupide pour te trouver un peu d’altruisme mal placé, cabot ! Maarten se força à respirer. « Mais c’est une mauvaise idée. Ce n’est pas sain… C’est même cruel. » Oui, voilà, c’était cruel. Pour quoi ? Pour lui, pas pour elle. Si elle voulait de lui dans sa vie ? Il avait cru le comprendre. S’il voulait d’elle dans la sienne ? Il n’avait pas envie de réfléchir à la question. Pas maintenant, pas tout de suite, pas… « Oublie ce que j’ai dit. Elle t’a demandé de ne pas t’emmêler ? C’est sûrement ce que tu devrais faire, pour ton bien mais… Qu’est-ce que tu as envie de faire toi ? » Incapable de parler, Maarten se contenta, dans un premier temps, d’hausser les épaules et d’offrir à son meilleur ami une moue plus qu’explicite. Avant d’articuler, avec soin pour une fois, un « C’est bien ça le problème… j’en ai aucune idée. Je… » Il s’interrompit, sans oser poursuivre sa phrase. Un énième soupir, pour faire comprendre à Bastien qu’il était vain d’attendre qu’il achève de dire ce à quoi il pensait. « Tu n’as rien à te reprocher, tu sais… Tu as fait tout ce que tu as pu pour rester éloigné. Ce n’est pas ta faute si… Si tout ça te tombe dessus. C’est même injuste… Il n’y a pas de secret. On fait ce qu’on peut mais on arrivera jamais à maîtriser ce qu’il se passe. On est liés à elles. Qu’on le veuille ou non. Ça ne veut pas dire qu’on ne peut rien tenter et que… Je ne sais même plus ce que je raconte. » Un sourire naquit sur les lèvres du Néerlandais devant le constat de Bastien. « T’inquiète, je crois que je vois ce que tu veux dire… je crois... un peu… » tenta-t-il de se porter à son secours, sans grande efficacité certes, mais c’était prévisible et après tout, l’intention comptait un peu, non ? Et l’idée de Bastien n’était pas si difficile à percevoir et se résumait au final en cinq petits mots : Ils étaient dans la m#rde. Autant l’un que l’autre : Maarten n’était pas dupe, ce qu’il vivait en revoyant Cate, Bastien allait certainement le revivre si son chemin était amené à croiser celui d’Abigaëlle une nouvelle fois. On est liés à elles. Exactement. Malheureusement, heureusement, exactement. Ils étaient leurs animaux, leurs Skinchangers. Sans en avoir jamais parlé à Bastien, du moins pas dans ses souvenirs sobres, Maarten ne pouvait que subodorer mais il espérait que ce sentiment diffus de ne pouvoir que se soumettre, au final, aux ordres de sa Canadienne n’était pas spécifique à sa lâcheté naturelle mais était lié, intrinsèquement, à sa condition de métamorphe. Je crois que je vois donc, venait-il d’articuler avec une conviction vide de toute crédibilité.

« Je suis vraiment désolé que tu sois dans cette situation. » Un nouvel haussement d’épaule, Maarten hésita une poignée de secondes avant de rétorquer, sur un ton défait, un « Pas autant que moi… » qui se voulait, certes, amusé mais qui ne parvenait qu’à être pitoyable en l’état des choses. Maarten se réinstalla, étendant ses jambes, cherchant une nouvelle position, tentant et échouant à occuper le temps. « Le problème, c’est… » Si seulement il n’y en avait qu’un, de problème… Le Néerlandaisn fronça les sourcils, cherchant dans sa mémoire ce qu’il voulait dire quelques fractions de seconde plus tôt. « Elle ne m’a pas dit de ne pas m’en mêler. Au contraire. Elle aimerait… c’est elle qui vient me chercher cette fois, pas moi qui… » Le mot qui lui vint à l’esprit et auquel il céda le fit grimacer par son adéquate inexactitude. « ce n’est pas moi cette fois qui rampe vers elle. Au moins. Il y a du mieux quelque part. » Un sourire triste, crispé, dans une volonté de se mettre au niveau de Bastien sur le plan de l’optimisme. Une volonté trop faible, de toute évidence. Il secoua la tête, regarda le plafond, inspira longuement avant de fixer à nouveau son meilleur ami. « Tiens-toi loin d’Abigaëlle, Bastien. Tiens-toi loin d’elle, s’il te plait. Ca vaut mieux au final. Enfin… j’en sais rien, j’ai rien à dire sur ce plan là. Mais prends soin de toi, surtout. Si tu la recroises, si vous vous recroisez, veille bien sur toi. » Il se mordilla la lèvre brièvement, incertain. Avant de se redresser, comme pour insister sur la sincérité des propos à venir, sur leur caractère peut être exceptionnel et sur leur véracité. «Je… je ne sais pas… » Comme souvent lorsqu’il était nerveux, Maarten se passa une main dans les cheveux pour mieux les emmêler. « Bast’. C’est c#n à dire à haute voix, mais… tu es… je bent mijn broer. » La voix de Maarten se cassa contre toute attente. Sans qu’il ne le prévoie, du moins. « Alors si elle se pointe, c’est toi qui définis les règles, d’accord ? Pas elle. Toi. Tu te protèges avant tout. Qu’au moins un de nous deux se protège dans l’affaire. » L’avantage de parler à Bastien, c’était que Maarten cessait un court instant de penser à ses problèmes et à Myla, de penser à la décision qu’il devait prendre et était résolu, en un sens, à fuir.


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MessageSujet: Re: « Ceux qui tombent entraînent souvent dans leur chute ceux qui se portent à leur secours. » [pv Bastien]   Mar 13 Jan - 22:07

Cette confusion perpétuelle semblait des plus limpides pour l’oiseau et à juste titre. Il pouvait discerner toutes les facettes délavées par le brouillard, il pouvait presque attraper au vol chaque tournant, chaque cul-de-sac mental auquel son meilleur ami faisait face. Présomptueux ? Une fois de plus, oui. Le français avait peu d’assurance néanmoins mais son intuition le trompait rarement et dans ce cas précis, il pouvait palper une vérité qui ne lui échappait guère. Remercions le volatile avec lequel il cohabitait pour ce talent singulier. Plus le temps passait, plus l’animal se révélait être la meilleure part de lui. Il commençait d’ailleurs à le réaliser. Et si on omettait le lien inébranlable entre la créature et sa créatrice, cette nouvelle nature n’avait que des avantages. Il n’avait jamais désiré d’enfant de toute façon ou du moins, ne s’était jamais penché sur la question. Cela viendrait peut-être avec l’âge mais il fallait en douter. Les inconvénients balayés d’un revers de main comme il savait si bien le faire, il ne restait donc plus que la satisfaction d’être changeur. État qu’il partageait avec son comparse et qui lui permettait également de le comprendre de toute évidence. Le corbeau avait achevé sa note sur son incompétence à démêler la situation de son ami. Peut-être parce qu’il était lui-même trop investi dans ce type de schéma et se conseiller à voix haute devenait embarrassant – à juste titre. Faites ce que je dis, pas ce que je fais, pas vrai Shepard ? Répétition sur répétition et il ignorait quoi ajouter quand Maarten chassa le silence. Le métamorphe se mordit nerveusement la langue en attendant de trouver comment apaiser cette ambiance morose mais le vide lui répondit avec beaucoup d’enthousiasme forçant le fumeur à se relever pour faire quelques pas, se pencher, griller une nouvelle cigarette.

Il alla naturellement vers la baie vitrée avec le sentiment d’abandonner son acolyte dans cette démarche. Calé contre la vitre, ses yeux s’égarèrent sur les nuages, sur l’absence de sens quand il observait le contre-bas et toutes ses silhouettes qui continuaient à se dresser dans la rue, ignorant leurs épreuves et l’irrégularité de leur pouls vacillant au grès des décharges existentiels que leurs sorcières s’appliquaient à leur infliger. Ses traits se contractèrent un peu plus quand son ami reprit. Ses dents grignotèrent son filtre, la fumée dégringola bien vite dans ses poumons pour en ressortir aussitôt. Du mieux ? Le vois-tu seulement se montrer moins misérable que toi dans une situation plus extrême ? L’européen tire frénétiquement d’autres bouffées de nicotine, cherchant à encourager son allié mais fuyant son regard un peu plus pourtant.  Il voulut ajouter un son à ce discours mais dès que le prénom de sa rousse tomba, il ne put que sombrer dans un mutisme terrifiant. Tétanisé, il n’osait bouger, ni même respirer profondément. Il se sentait tellement honteux, tellement confus. Toutes ses émotions se fracassèrent dans sa poitrine. Durant une infime seconde, il s’apprêta à tout lui déballer et à se libérer de ce secret qui lui laminait les côtes. Sa bouche trembla, prête à déverser un flot de parole, de regrets, de remords et d’incertitudes quand une fois de plus, l’ingénieur renversa ses raisonnements. Il ne comprenait pas spécialement cette langue mais il en attrapa pourtant le sens. Cloué à sa croix, le jeune homme ne put que se taire davantage, détournant les yeux tandis que le malaise grandissait. Il le trahissait complètement.

Le voleur dût se reprendre néanmoins. Suffisamment pour émettre un son qui attesterait de sa survie à cet assaut émotionnel. « Oui… Je suppose que je peux… » Essayer ? Mais c’était trop tard. Livide, il se résolut à fixer le plancher en espérant se noyer dans son déshonneur. Il réalisa alors que les cendres commençaient à se disperser au sol et s’orienta vers le cendrier juste à temps. Il écrasa abruptement son mégot et se resservit un autre verre d'alcool qu’il avala à la suite d’une seule traite. Sa prochaine inspiration lui permit de se rapprocher du biologiste pour le gratifier d’une légère tape sur l’épaule en signe de compassion et de remerciement pour cette confiance qu’il ne méritait vraiment pas. D’une voix peu stable, il se mit alors à répliquer très simplement en éludant sur tout ce qui concernait ses soucis personnels  « De nous deux, t’es le plus intelligent, Maarty. Je sais que tu vas t’en sortir et je te le souhaite sincèrement. » Il tenta d’étirer un triste sourire avant de soupirer un peu trop lourdement pour mieux reprendre « Tu peux compter sur moi. N’importe quand. N’hésite jamais. » Dans cet élan de sincérité, il se mit à envahir davantage leur espace de son ténor un peu trop grave pour assouplir les circonstances. « Je voudrais pouvoir t’aider plus mais je pense que… Que je ne peux pas interférer de toute façon dans tout ce qu’il t’arrive. Juste t’épauler. » Sa tête se balança de gauche à droite avant qu’il crispe ses traits sur une expression à demi-déconcertée. « Je ne te dirai pas de faire les bons choix parce que nous savons tous les deux que c’est un concept qui n’existe pas. Il n’y pas de bonne ou de mauvaise décision dans ce cas précis. Seulement celle que tu as envie de choisir, la seule qui te ressemble. » A mesure qu’il posait des syllabes, il dénouait sa propre réalité. Il en était le premier surpris. Parler l’aidait à réorganiser le fil de ses songes. « C’est ça le plus important au final… Que tu restes toi-même peu importe ce qu’il se passe avec elle, que tu sois fidèle à celui que tu es… »  Bien entendu, sa propre expérience raisonnait dans tout ce beau discours. Apprenait-il de ses erreurs ? Ne rions pas trop fort, il risquait de reperdre ce début de vérité. « Et je te connais suffisamment pour savoir que c’est en restant toi-même que tout se passera bien. Tu vas surmonter ça. Je le sais. » Un rictus un peu mieux dessinait, un peu plus assuré rebondit sur sa bouche. Il le pensait. L’effroi de cette grossesse fût habilement étouffé pour laisser place à autant de légèreté que possible. Il voulut le distraire, détourner la suite de la discussion et il réussit à semer le spectre d’Abigaëlle jusqu’à parvenir à son but. Quand son meilleur ami quitta son appartement, il ignorait tout de leurs dernières rencontres, il ignorait que le cambrioleur venait de se vendre à l’araignée, lui avait même proposé de construire sa toile autour de sa carcasse. Ça n’importait pas pour le moment semblait-il. Quand elle viendrait le croquer, il serait encore temps de crier. Le timing, ça n’avait jamais été une notion qu’il maîtrisait de toute manière. Et de toute évidence, ils étaient deux à partager cette tare.


- Sujet terminé -

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