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 « Dans chaque enfant il y a un artiste. Le problème est de savoir comment rester un artiste en grandissant. » [pv Calandra]

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« Le prodige et le monstre ont les mêmes racines. »

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↳ Citation : C'est de cela dont j'ai vraiment peur. D'être véritablement un monstre. Je n'ai pas envie d'être un tueur, mais je ne peux pas m'en empêcher.
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MessageSujet: « Dans chaque enfant il y a un artiste. Le problème est de savoir comment rester un artiste en grandissant. » [pv Calandra]   Mer 15 Oct - 13:30




Mon regard clair se pose sur chacune des personnes présentes dans la pièce. Il est étonnant de voir qu’en dépit des récents événements apocalyptiques qui ont secoué la Terre dans sa globalité, les gens accourent pour retrouver leur ancienne routine malgré les changements imposés, et que les étudiants veulent poursuivre des cours comme ceux d’art. Mais ce qui m’étonne davantage encore c’est que l’on m’ait demandé d’intervenir. Il ne doit y avoir certes plus beaucoup d’enseignants disponibles, la demande que j’ai reçue il y a quelques semaines m’a surpris. Vraiment. Ce n’est pas le fait de devoir parler devant un public hétéroclite qui me met mal à l’aise, loin de là, c’est plutôt de devoir m’exprimer sur un sujet aussi intime que peut être celui qui touche à mes créations. Et j’ignore encore pourquoi, mais je n’ai pas refusé l’offre. La demande, plutôt. Et c’est pour cette raison que je suis là depuis deux heures, à répondre à leurs questions le plus posément possible, dans une douceur hypocrite qui me déroute, une patience que je me reconnais et un choix de mots toujours plus vacillant, les termes me venant instinctivement dans ma langue maternelle comme pour tout ce qui touche à l’intime. Une nouvelle voix s’élève, me demande ce que je pense d’une citation d’un artiste dont j’ignore tout, du style à la nationalité en passant par l’époque – quelque chose comme Manet, ou Monet – et je prends le temps de croiser les bras et de m’adosser au bureau dans mon dos, pour choisir les mots les plus adéquats à retranscrire ma pensée. « Qui donc a dit que le dessin est l'écriture de la forme ? La vérité est que l'art doit être l'écriture de la vie.  » Cette phrase s’applique-t-elle à la conception que je me fais de la raison d’être de l’art ? Je me souviens de cette discussion que j’avais eue avec une jeune artiste des mois plus tôt où nous en étions venus  nous aussi à discuter d’une citation d’auteur. D’un certain Picasso d’ailleurs, qui, je l’avais découvert un peu après, était originaire du même continent que moi. L’art doit être l’écriture de la vie. Une minute s’écoule. Deux peut être. Je note un peu d’agitation devant moi, comme s’ils attendent que je prenne la parole, comme s’ils n’ont pas encore compris que je prends toujours le temps de poser mes réflexions avant de les énoncer. Ils ont tendance à parler sans réfléchir, ils ont tendance à suivre leurs pulsions avant d’écouter leur raison et je trouve ça bien capricieux de leur part.

Finalement, je me croise les bras sur ma poitrine. « C’est une phrase intéressante que voilà. C’est un peu restrictif de formuler une opinion tranchée du genre oui je suis d’accord avec lui ou non, il a tout à fait tort. Mais la question intéressante soulevée par cette phrase c’est vous, quelle est votre perception de l’art. » Je les regarde un à un, m’arrêtant sur le visage d’une petite rousse que j’apprécie tout particulièrement. Calandra Marks, l’une des élèves que j’ai pris sous mon aile, comme un maître aurait pu choisir une apprentie à mon époque. Un sourire s’étire sur mes lèvres, lui signifiant que c’était à elle de me répondre. « Lorsque vous dessinez, peignez, lorsque vous faites preuve de… » Le terme m’échappe, tout comme l’expression. Mes sourcils se froncent, des rides se tracent sur mon front, et les mots italiens finissent par gagner le combat dans un accent chantant. « sensibilità artistica, que souhaitez vous communiquer aux autres ? » C’est pour moi l’une des questions les plus importantes lorsqu’on commence à réfléchir à ce que l’on fait et au pourquoi le fait-on. Enfant, la peinture était pour moi un moyen d’expression, un moyen d’évacuer loin de moi la tension qu’exerçait sur mes épaules la présence constante des responsabilités et de mon Grand Père. C’était aussi un lien, indéfectible, qui me reliait à Azzura. Et je n’avais pas besoin de réfléchir pour qu’éclosent sous les mines de carbone des paysages, des mouvements, des ombres et des esquisses qui concrétisaient les tempêtes qu’étaient mes pensées. Et après mon réveil, la peinture a continué à être pour moi un moyen d’expression, comme un liant me permettant de raccrocher les morceaux épars de mes souvenirs, comme une façon de représenter ce que voyait le Loup, ce qu’il avait vécu pendant tous ces siècles de secondes, pendant ces fuites dans les forêts de plus en plus enneigées des pays nordiques. Je me demande ce que c’est pour eux que l’art. Pour être franc, ce que je connais de la peinture contemporaine me laisse vraiment dubitatif. Je ne vois aucune ressemblance avec ma conception de l’art, ou du moins une ressemblance bien trop maigre pour que l’on puisse comparer l’un de mes tableaux avec. Et plongé dans ma réflexion, les observant réfléchir eux aussi, je manque de ne pas voir le signe discret d’un de mes gardes du corps qui me fait signe que je vais devoir interrompre sous peu la discussion si je veux avoir le temps de voir un peu en tête à tête mon apprentie. Ou ce qui s’en approche, j’ignore si le système éducatif contemporain a conservé cette caractéristique de mon époque. D’un mouvement, j’attire l’attention des étudiants. « Réfléchissez y seuls, le… cours », je ne vois pas de dénomination plus adapté, « est terminé. » Je fixe Marks de mes yeux clairs. « Calandra, si tu as deux minutes… »

C’est étrange d’être ainsi. C’est comme si une autre part de Rafael, comme si une partie de Rafaele s’épanouissait dans ce milieu d’art qu’elle n’avait que peu eu le droit de connaître. Après tout, ce n’était rien d’autre, à l’époque, qu’un passe temps que mon Grand Père aurait aimé faire disparaître s’il n’avait pas voulu plus encore que je suis malléable à tous ses principes et ses ordres. Il a sacrifié mon côté artiste pour avoir l’héritier parfait. Et à présent que l’Héritier Parfait renaît dans cette violence et cette colère qui s’emparent si régulièrement de moi, il semble que l’artiste aussi tend à se réveiller.

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MessageSujet: Re: « Dans chaque enfant il y a un artiste. Le problème est de savoir comment rester un artiste en grandissant. » [pv Calandra]   Lun 20 Oct - 15:47

Il est clair que l'arrivée de Rafael Antonio Morienval à l'université de Tulane a fait courir énormément de bruit. Que ce soit le personnel ou les étudiants, tous étaient terriblement impatients à l'idée d'accueillir une telle personnalité dans cet humble établissement. Avec les temps qui courent c'était considéré comme un immense honneur qu'un artiste d'une certaine renommée consacre quelques heures à faire partager son savoir à des élèves d'une faculté. Comme beaucoup Callie Rose était euphorique à l'idée d'assister à un de ses cours. Du peu qu'elle avait pu en entendre elle en avait cependant conclu que c'était un véritable orateur qui savait capter l'attention de son auditoire sans besoin aucun de hausser la voix ou de faire de grand gestes pour s'exprimer. Et lorsque le cours commença elle en eut la preuve à l'appui. La première heure de cours, se déroula sans trop de mal, la salle était attentive aux dires de l'invité spécial. La rouquine tenta de ne pas prêter attention aux murmures de ses camarades à ses côtés, pendues à ses lèvres, qui ne pouvaient s'empêcher de glousser bêtement lorsque il leur adressait un sourire ou croisait leur regard. Il fallait avouer que, même si il n'avait pas vraiment le profil d'un casanova caractériellement parlant, Mr. Morienval avait du succès auprès de la gente féminine, et les demoiselles artistes en herbe qui peuplaient l'université en étaient toutes folles, ou du moins presque toutes. Callie n'est pas incluse dans ce groupe et n'adopte pas cette mentalité, ce n'est pas son genre de jouer les groupies. Et pourtant, c'est elle qu'il a repérée et prise sous son aile. Cela a d'ailleurs suscité un sentiment de jalousie venant de la grande majorité des élèves, que ce soit filles ou garçons. Ils doivent probablement se demander, pourquoi elle? Oui, elle-même se le demande parfois, pourquoi un tel privilège lui est accordé. Après tout, ce n'est pas comme si c'était le petit prodige de l'université. Certes, ses professeurs seraient cependant tous d'accord pour affirmer qu'elle est très douée, et sa plume artistique particulière plaît en général. Il lui semble cependant qu'ils sont devenus plus critiques envers ses œuvres, plus psychorigides quant à leur analyse, comme si ils craignaient qu'avoir un mentor pareil la ferait monter sur ses grands chevaux et qu'il semblait nécessaire de la faire redescendre sur terre, surtout venant de ses camarades. Callie ne saisit pas cette mentalité plus qu'elle ne la réfute. Une fois de plus, c'est loin d'être son genre de se sentir supérieure pour n'importe quelle raison, au contraire elle a davantage tendance à adopter un comportement inverse, fidèle à sa fâcheuse modestie.

Son regard ne quitte pas celui limpide de Rafael, ne manquant aucune miette de ses paroles. On ne pourrait pas lui reprocher le contraire, Callie Rose est très attentive et retient énormément de choses. Élève idéale pour bon nombre des professeurs, elle n'est pas dissipée et même si elle serait occupée à faire autre chose qu'écouter, elle possède une excellente mémoire auditive. L'artiste emploie des termes échappent parfois à son réseau de connaissances qui semble si infime comparé au sien, mais elle retient chacun d'entre eux et les réfugie dans un coin de sa mémoire. Une fois la première heure entamée, des voix commencent à s'élever, des questions sont posées par un auditoire assoiffé de savoir. Callie quant à elle reste silencieuse. Elle trouve cela bien plus plaisant d'avoir à entendre son orateur, plutôt qu'à l'assommer d'interrogations, qui au fond ne concernent et ne satisfera que celui qui les pose. Elle observe également qu'il ne paraît pas très enchanté à l'idée de répondre et encore répondre à chaque main levée depuis maintenant une bonne demi-heure, raison de plus pour ne pas en faire de même. Il semble cependant bien se débrouiller, et fait preuve d'une patience troublante en s'adressant à chacun des élèves, même les moins futés. Lorsqu'une énième voix s'élève parmi la classe, la question s’avéra être jusqu'ici la plus intéressante qui lui fut posée. La preuve en était que Rafael, d'habitude si assuré quelques soient les questions hétéroclites qui lui furent posées, semblait hésiter, et prit le temps de réfléchir à une réponse. Aux yeux de Callie, Edouard Manet ne figurait pas parmi ses peintres impressionnistes favoris, mais elle respecte cet homme pour sa personnalité, et cette citation qu'elle a toujours considérée comme véridique. Elle attendait patiemment l'opinion qu'avait l'artiste sur la chose, qui finit par s'exprimer au bout d'une bonne minute de réflexion.

« C’est une phrase intéressante que voilà. C’est un peu restrictif de formuler une opinion tranchée du genre oui je suis d’accord avec lui ou non, il a tout à fait tort. Mais la question intéressante soulevée par cette phrase c’est vous, quelle est votre perception de l’art. »

A ces mots, il posa son regard sur la rouquine, à qui il adressa un sourire. Cela fit murmurer de plus belles les deux trois bécasses à ses côtés, fidèles à leur poste; qui commenaçaient de plus en plus à en avoir davantage pour les beaux yeux de Mr. Morienval que pour le savoir qu'il avait à transmettre. Elles devaient être persuadées que ce sourire leur était adressé. La concernée lui rendit un bref sourire avant de se rendre compte qu'il attendait probablement une réponse. Mais finalement, il continua en s'adressant à toute la salle.

« Lorsque vous dessinez, peignez, lorsque vous faites preuve de… sensibilità artistica, que souhaitez vous communiquer aux autres ? »

Ce bref emploi de la langue maternelle du peintre suffit pour émoustiller les demoiselles et se murmurer à quel point l'accent italien était sexy. Callie poussa un bref soupir avant de laisser reposer son menton dans ses mains. Même elle qui ne se permettrait de juger quiconque était à deux doigts de penser qu'elles faisaient une belle brochette d'idiotes, qui pourtant il lui arrivait de fréquenter en tant que de simples connaissances parce qu'elles n'étaient pas bien méchantes. Elle préféra se pencher davantage sur la réflexion qu'avait soulevée Rafael. Mais visiblement le temps lui manquait, et seulement quelques minutes plus tard un des colosses qui servaient de garde du corps signalait d'un signe qu'il était temps pour lui de mettre fin à son cours.

« Réfléchissez y seuls, le… cours est terminé. »

Callie avouerait être assez déçue, à vrai dire elle n'avait vraiment pas vu le temps passer. Un peu à contrecoeur elle rangea ses affaires dans son sac à la suite des autres, avant que le voix du peintre ne l'interpelle.

« Calandra, si tu as deux minutes… »

Quelle question, quand on y pense. Pour Mr. Morienval, elle trouverait toujours deux minutes. Tout en se levant elle lui répondit par un hochement de tête, et ne put réprimer un sourire. Les filles ne manquent pas de lui faire remarquer à quel point elle a de la chance d'avoir ne serait-ce que quelques minutes à pouvoir échanger avec lui, avant de s'en aller en prenant bien la peine de saluer le peintre, un grand sourire béat aux lèvres. Du coin de l’œil elle observe les élèves quitter la salle, et sent le regard des gardes du corps posé lourdement sur elle.

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MessageSujet: Re: « Dans chaque enfant il y a un artiste. Le problème est de savoir comment rester un artiste en grandissant. » [pv Calandra]   Lun 27 Oct - 21:31




Un silence, un geste, je conclus le cours d’une phrase péremptoire, chassant les élèves sans même leur accorder un regard. Mes doigts glissent sur le bureau désert, exempt de notes ou de quelconques feuilles. Je suis encore dubitatif quant au fait que l’on ait fait appel à moi pour donner un cours d’art. Je suis, certes, l'un des peintres les mieux cotés actuellement – un rapport avec l’apocalypse qui a éliminé plus de quatre-vingt-dix pourcents de la population terrestre ? – je n’en reste pas moins un homme venu d’un autre âge qui ne connaît à l’art que cet instinct mêlé de talent inné qui est mien depuis ma plus tendre enfance. Qui ne comprend traître mot à ce qu’ils nomment impressionnisme, cubisme et toutes ces déclinaisons de la peinture que je n’ai pu voir s’égrener autour de moi ces derniers siècles. Un loup ne s’intéresse pas aux choses humaines, après tout. Un loup se contente de voir la nature en matière de chaleur, de froid, de dangerosité et de quiétude. Un loup ne prête aucune attention au futile, comme mon Grand Père avant moi, un loup se concentre sur l’important et la survie. Et l’homme et l’artiste que je suis ne peuvent s’empêcher d’être un loup lorsqu’ils peignent. Après tout, n’est-ce pas seulement une vérité différente de celle observée par des yeux humains que je représente sur mes toiles ? C’est cela, et je ne l’ignore pas, qui rend mes tableaux aussi particuliers et c’est cette particularité qui intrigue les passionnés d’art, ces élèves face à moi, ces questions posées et ces regards… admiratifs ?, que la plupart de ces jeunes gens posent sur moi. C’est cette particularité, aussi, qui flatte mon ego et m’amène à apprécier, un peu – beaucoup ? – cette nouvelle nature qui m’a été imposée. Etrange comme mon sentiment change, étrange comme j’accepte mieux que ce que je pensais le fait d’être un loup, d’héberger un loup au même titre qu’un homme, dans mes pensées et mon comportement, et tout cela grâce, en partie, à ce qui me suit depuis mes premiers pas, ces pinceaux et ces encres tenus entre mes doigts et maladroitement agencés sur des toiles grossières puis de plus en plus fines à mesure que mon talent s’affirmait, même aux yeux imperméables à toute sensibilité d’un homme comme le Seigneur Renzacci. D’un homme comme mon Grand Père. D’un homme comme celui que je menace de devenir à chaque minute un peu plus. A croire que seul l’art sauvera mon âme déjà mille fois damnée.

Un soupir, un geste donc, et le cours se conclut. Ils rangent leurs affaires, mes mains se faufilent dans les poches de ce pantalon anthracite, en lin, qui complète l’élégant costume que je porte. Mes yeux, quant à eux, se posent sur le tableau noir, le bureau, le mur, en attendant que la salle se vide. L’un de mes hommes, à la carrure impressionnante, me tire de ma réflexion tandis que j’aperçois l’autre qui se dirige vers la silhouette malingre de Calandra. « M. Morienval, voulez vous que nous restions ou n’y a-t-il aucun risque ? » Je n’ouvre pas la bouche, posant un regard méprisant sur sa question ridicule. Calandra, un risque ? Moi, être en danger ? La question n’a pas à être posée, il sait, ils savent tous les deux d’ailleurs, que même si je suis plus fin et petit qu’eux je n’aurais aucune difficulté à me défaire d’une créature aussi fine qu’elle. Non, la question n’a pas à être posée. Nous savons tous les trois, et peut être que Marks s’en doute, que s’ils sont là, c’est surtout pour me surveiller. La mort d’Azzura est trop récente pour que je ne tente rien de stupide comme la dernière fois aux chutes d’eau. Ils sont là pour me garder en cage, ils sont là pour s’assurer de ma loyauté envers le Gouvernement, ils sont là pour me protéger du monde et protéger le monde de moi-même. Intéressant. Mes yeux clairs intiment au garde du corps l’ordre de me laisser tranquille, il arque un sourcil et incline légèrement la tête. « Comme vous voudrez, monsieur. Nous vous attendrons donc dans la pièce adjacente. » Un fin sourire s’étire sur mes lèvres, j’hausse les sourcils et me tourne vers la jeune fille que j’ai, sans trop savoir exactement pourquoi, choisie comme apprentie, il y a de cela quoi… un, deux mois peut être ? Si ma mémoire est sans faille, elle se comporte néanmoins comme un hybride entre celle du loup et celle de l’homme. Je retiens les événements, mais pas leur chronologie, me contentant de savoir à quel point ils étaient, ils sont importants. Les derniers élèves sont désormais hors de vue, mes gorilles ne laissent que leur silhouette s’étendre sur le parquet de la pièce, je m’appuie au bureau, observant la rouquine en silence, laissant les secondes s’égrener, le cours s’éloigner, mes réflexions se poser.

« Alors Calandra, comment vas-tu depuis la dernière fois ? » Ma voix, douce et posée, me ramène des siècles en arrière lorsqu’accroupis aux côtés d’Orfeo, je lui demandais lentement de me raconter ses dernières trouvailles. L’eau glacée empli mes poumons, gèle mes entrailles, brûle ma trachée et je ferme les yeux une fraction de seconde. « J’imagine que tu as une réponse à ma dernière question, celle concernant… tes motivations. » C’est une affirmation. Elle doit savoir pourquoi, pour quoi, pour qui elle peint. Sinon elle n’ira nulle part, sinon elle s’enfermera dans une inutilité mêlée de médiocrité ce que je ne peux, bien évidemment, pas tolérer. Mes yeux clairs se durcissent. Le regard d’Orfeo s’impose à mon esprit, un regard froid à l’image du mien, rempli de cette colère à l’image de notre Grand Père. Je ne peux tolérer qu’elle se perde en chemin comme s’est perdu mon frère. Comme je me suis perdu, moi aussi. Si mes exigences sont élevées ? Peut être mais peu m’importe. Calandra est mon apprentie, ma chance de prouver que je peux offrir de la beauté et de l’art aux autres tout autant  que je suis capable d’offrir mort et douleur. Je suis un meurtrier, un bourreau, je le sais et je l’assume. Mais je veux aussi préserver en moi cette douceur lorsque je séchais les larmes de Zaira et embrassais passionnément les lèvres colorées et sucrées d’Azzura. Et Calandra, je le sais, peut m’aider à cela. Le sais-tu ou l’espères-tu ? Il n’y a aucune différence. « Le… cours t’a-t-il plu ? Il est guère dans mes habitudes de m’exprimer aussi longtemps sur quelque chose qui relève plus de l’instinct pour moi que d’études et apprentissages. On naît artiste, on ne peut le devenir. » Je suis catégorique sur ce point. Tout comme on ne devient pas meurtrier, on porte cette noirceur dans notre sang et dans notre héritage. J’en suis la preuve, Orfeo aussi. Et de toute évidence, toutes mes tentatives pour épargner mon frère n’ont été que vaines et n’auront servi qu’à retarder l’inéluctable.


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MessageSujet: Re: « Dans chaque enfant il y a un artiste. Le problème est de savoir comment rester un artiste en grandissant. » [pv Calandra]   Sam 8 Nov - 21:35

Lorsque Callie n'agit pas, elle observe, beaucoup. Ses yeux caramel semblent se balader sur l'amphithéâtre dans son ensemble, mais ne sont en réalité focalisés que sur le peintre. De toute sa vie, elle n'a jamais vu un homme aussi posé dans ses faits et gestes. Enfin, ce n'est peut-être pas tout à fait vrai, si ce comportement lui rappelait parfois celui de son père. Des bribes de souvenirs qu'elle se remémorait, il lui semblait être ainsi, peut-être presque à la limite du passif; ce qui pourrait expliquer les différents qu'il entretenait avec sa femme montée comme un ressort. Qui aurait cru qu'il en viendrait à trouver la mort d'une crise cardiaque? Une chose dont elle était sûre, c'est que Rafael était loin d'être un homme absent, ou dans la lune. Il prend juste son temps, va à son rythme. C'est peut-être ce dont certaines personnes ont cruellement besoin, à toujours vouloir se précipiter pour des raisons qui peuvent même leur échapper.

La rouquine, plongée dans ses pensées tout comme l'est le loup, en aurait presque oubliée les deux paires d'yeux posées lourdement sur elle. Malgré la chaleur ambiante qui règne dans la pièce, son corps parvient à être parcouru par un frisson. Un frisson de malaise. Ces deux colosses doivent bien mesurer le double de sa taille et de sa circonférence. Tandis que le peintre est de dos, face à son bureau, eux fixent Callie d'un regard loin d'être des plus avenants qui soient. Ils cherchent à lui faire parvenir un message, une menace peut-être? Ils lui laissaient l'étrange impression qu'elle est à peine digne de poser ne serait-ce qu'un regard sur leur patron. La jeune irlandaise ne peut s'empêcher de froncer les sourcils devant tant d'animosité à son égard. Elle n'est pas stupide pour ne pas savoir que ces gens-là ne sont pas embauchés pour leur bonhomie, et doivent garder la tête froide quelle que soit la personne à qui ils ont affaire, mais tout de même.

La question qu'un des deux types adresse au peintre tandis qu'ils s'approchent la surprend d'autant plus. Elle, un risque? Elle aurait bien envie d'en rire de bon cœur. A quoi s'attendaient-ils, au juste? Étaient-ils au moins bien sûr de ce qu'ils entendaient pas là? Mr. Morienval retranscrit d'ailleurs bien ce que Callie garde pour elle, en adressant simplement un regard à vous en glacer le sang à l’intéressé, jugeant sa question bel et bien ridicule. Cependant, elle n'avait bien évidemment saisi que le sens premier de cette question. Il ne lui traversa pas même l'esprit que le loup puisse représenter ce risque. Le prédateur était bien présent, mais invisible, et pas seulement aux yeux de la rouquine. Cette part sombre dont Rafael est dotée est bien enfouie et méconnue de ceux qui le connaissent parce qu'il est célèbre, reconnu et admiré, et qui en font de même. Callie n'en fait bien sûr pas abstraction.

D'un geste, et toujours sans parole prononcée aucune, il intime aux deux gorilles de quitter la pièce, comme il l'avait fait pour mettre fin au cours. Les concernés ne se font pas prier et s'exécutent aussitôt, après qu'un des deux lui rappelle qu'ils l'attendent dans la pièce adjacente. La rouquine, témoin de la scène, est impressionnée par cette autorité et cette prestance que parvenait à faire émaner Rafael, sans avoir à hausser le ton pour se faire respecter. En plus de l'écouter, on le respecte, elle avait bien remarqué cela, et c'était ce qu'elle admirait chez cet homme, en dépit de son réseau de connaissances artistiques immense. Callie cherche toujours la petite bête, bonifie ce qu'elle estime être des qualités qu'elle a pu observer chez autrui. Elles n'étaient pourtant pas choisies au hasard. Elle trouve dans le monde qui l'entoure des choses qu'elle aurait aimé avoir, chez quelqu'un ce qu'elle aurait aimé être. Qui sait si elle aurait aimé avoir plus de prestance, et payer le prix de ne pas être aussi bienveillante que sa nature ne lui impose? Peut-être qu'au fond, elle réfute le fait d'être trop bonne avec la pire des pourritures. Même elle ne pourrait réellement savoir si cette manie qu'elle adopte n'est pas le reflet de son inconscient.

Une fois de plus, les secondes passent, lentement. Une fois, de plus, Mr. Morienval est plongé dans ses mystérieuses réflexions. Une fois de plus, il prend son temps. Un silence s'installe, mais les deux colosses partis, la rouquine ne ressent plus aucune trace de malaise. Elle n'engage pas la conversation, et garde le silence par respect. Elle ne voit d'ailleurs pas pourquoi elle ferait autre chose que d'attendre ce que son... mécène a à lui dire.

« Alors Calandra, comment vas-tu depuis la dernière fois ? » Lorsqu'il se décide finalement à s'adresser à elle, il commence par lui demander comment elle va. Une question assez rhétorique, en somme. Une simple et futile marque de politesse que même le peintre se sentait pourtant obligé de poser. Très bien, merci. C'est ce qu'elle lui répond, un sourire aux lèvres, de façon spontanée. Qui dit question rhétorique, dit réponse rhétorique. La façon de penser de Callie peut peut-être laisser penser à celle du personnage éponyme d'un célèbre conte philosophique du XVIIIe siècle, comme quoi tout va bien dans le meilleur des mondes. Même si elle essaie de s'en convaincre avec l'optimisme à toute épreuve qu'elle possède, elle sait que c'est impossible, malgré tout. L'espoir fait vivre, mais ne rend pas stupide.

« J’imagine que tu as une réponse à ma dernière question, celle concernant… tes motivations. » La rouquine hoche la tête, suite à cette affirmation, heureuse de pouvoir expliciter davantage cette réflexion. « C'est la source principale de notre inspiration. Je pense que tout le monde en a, qu'on les reconnaisse ou non. » Certaines motivations peuvent être indirectes selon elle. Un sentiment qui nous triture l'esprit, une sensation qui nous assaille peuvent tout bonnement nous pousser à faire bien des choses. Reste seulement à les exploiter à bon escient. L'art est un défouloir, un échappatoire. Beaucoup d'individus préfèrent pourtant avoir recourt à la violence pour exorciser leur colère noire, ou se faire du mal pour faire taire leur douleur. Des émotions aussi néfastes, aussi étrange soit-il, peuvent résulter la création d'œuvres de toute beauté. Callie Rose en est la preuve. L'arrivée des Hunter's Seasons lors des jours sombres et la mort de ses frères a énormément contribué à développer son âme d'artiste, que des mois de sa vie aussi sombres ont permis de cultiver.

« Le… cours t’a-t-il plu ? Il est guère dans mes habitudes de m’exprimer aussi longtemps sur quelque chose qui relève plus de l’instinct pour moi que d’études et apprentissages. On naît artiste, on ne peut le devenir. » Sur cette seconde affirmation, Callie reste un peu plus songeuse. En réalité, si le peintre avait raison dans ce qu'il entendait, elle commençait à douter sur sa propre nature. Et elle, était-elle née ou devenue artiste? Le fait est, qu'elle n'en était pas tout à fait sûre. Sa véritable passion avait commencé à se développer vers son adolescence, et s'était davantage accentuée il y a seulement quelques années. Enfant, aurait-elle été capable ne serait-ce que d'imaginer les créations qu'elle réalisait aujourd'hui? L'espace d'une seconde, la jeune irlandaise pince les lèvres. Mais, elle sourit finalement, se focalisant sur la question principale qui lui était posée? Oui, ce cours lui avait clairement plu, et les autres élèves tous attentifs à ses dires lui avaient fait sûrement comprendre qu'elle n'était pas seule à avoir apprécié. « Les jeunes gens comme nous ont besoin de quelqu'un pour nous guider, et je pense que vous en êtes un parfait exemple. Je comprends ce que vous voulez dire, mais ce que vous avez à transmettre est loin d'être inutile, quelle que soit notre... sensibilité artistique. » On est tous différent, et certains exploitent ou laissent paraître plus ou moins bien leur créativité et leur dite sensibilité artistique. Ce terme leur échappe même parfois, comme elle a pu l'entendre de certains de ses camarades à la fin d'un cours. Callie en a saisi le sens, ou du moins pense l'avoir saisi.
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MessageSujet: Re: « Dans chaque enfant il y a un artiste. Le problème est de savoir comment rester un artiste en grandissant. » [pv Calandra]   Jeu 13 Nov - 18:38




Avec une discrétion que l’on ne soupçonnerait pas en voyant leur gabarit, mes gardes du corps s’estompent dans l’autre côté de la pièce, mon regard se pose sur Calandra et je prends le temps d’écouter le silence pour l’observer. Pas très grande, rousse, avec un visage parsemé de tâches de rousseur, je pourrais presque la placer dans la catégorie des sorcières si je me fiais aux stéréotypes de mon enfant. Roux, couleur du diable. Roux, couleur de la sorcellerie. Mes yeux glissent sur sa silhouette, se déportent sur les feuilles, sur les bancs, sur les tables de la salle, avant de revenir sur Marks et de s’y arrêter. Une seconde, peut être deux, une poignée tout au plus, et je m’entends lui demander de ses nouvelles, d’une voix calme, douce, attentive, comme lorsque je m’adressais à Orfeo. Si je m’intéresse réellement à ce qu’elle va me répondre ? A dire vrai… je n’en sais trop rien. Si ça n’allait pas, je l’aurais appris avant cette entrevue, c’est évident. Et je ne vois pas en quoi ses déboires malencontreux de jeune adulte tout juste sortie de l’adolescence pourraient m’attirer mon attention. Elle est suffisamment grande, à mes yeux, pour se porter bien en toutes circonstances, pour garder pour elle ses doutes et ses angoisses. Sans compter qu’elle n’est rien d’autre pour moi qu’une apprentie, selon la longue tradition des peintres et de leurs élèves, qui se succèdent depuis des siècles sans mon esprit. Alors non, sa réponse n’a guère d’importance à mes yeux. Une simple formalité, une façon comme une autre de lancer la conversation, d’introduire mes propos, de briser lentement et doucement le silence sans le brusquer, voilà ce qu’est ma question finalement rhétorique. Et le Très bien, merci qu’elle articule, loin de me décevoir, me confirme ce que je suspectais : elle n’est pas stupide, bien loin de là.  C’est la moindre des choses lorsque l’on veut retenir mon intérêt. Un nouvel instant de la latence, je prends le temps de chasser les résidus d’eau glacée qui me noient et occupent mes poumons. Ma relation avec Calandra est trop proche de celle que je pouvais avoir avec Orfeo pour que des fantômes ne s’invitent pas entre nous. Un nouvel instant de latence, donc, et je poursuis mes questions, rebondissant sur ma dernière intervention pendant le cours, l’invitant à ne pas me décevoir lorsqu’elle s’attardera sur ses motivations. Si j’accepte l’infériorité de son sang vis-à-vis du mien, ce n’est de toute manière en aucun cas modifiable par sa seule volonté, ce n’est rien de plus qu’un handicap avec lequel elle doit vivre, si j’accepte donc le fait que ce ne soit en soit qu’une roturière, je ne supporte pas la médiocrité et encore moins ceux qui osent s’y complaire. L’excellence, le travail, le sérieux, la détermination, voilà ce qui m’attrait, voilà ce qui m’intéresse, voilà en somme ce que j’exige des gens sur qui je compte. Mon regard se durcit dans l’attente d’une réponse, mes lèvres se pincent lorsqu’elle commence à parler. « C'est la source principale de notre inspiration. Je pense que tout le monde en a, qu'on les reconnaisse ou non. » Certes. Mais ce n’était pas la question. Pourquoi peins-tu, Calandra ? Pourquoi, pour quoi, pour qui communiques-tu de cette manière ?

Dans un claquement de langue désapprobateur, je choisis momentanément de changer de sujet et m’enquiers auprès d’elle de son avis sur les heures qui viennent de s’écouler. Je n’ai guère l’habitude de donner des cours, surtout sur un sujet comme celui là. Mes talents d’orateur consistent la plupart du temps à mettre à mort et à donner des ordres, pas à naviguer sur ce terrain instable qui touche d’aussi près à ce qui nous fait homme et être humain. Mais soit. « Les jeunes gens comme nous ont besoin de quelqu'un pour nous guider, et je pense que vous en êtes un parfait exemple. Je comprends ce que vous voulez dire, mais ce que vous avez à transmettre est loin d'être inutile, quelle que soit notre... sensibilité artistique. » Un sourire s’étire sur mes lèvres. Moi, un exemple ? Pendant un instant j’entends le rire glacé qu’Orfeo pourrait nous offrir à Calandra et moi s’il était là pour entendre cette discussion pour le moins atypique. Moi, un exemple. Je ne suis pas dupe malgré mon arrogance et mon égocentrisme : s’il y a un exemple à suivre dans cette pièce, ce n’est pas moi. Je suis certes noble, intelligent, créatif, incroyablement bon dans ce que je fais, il n’en reste pas moins que je suis un homme qui devrait être enterré depuis des siècles mais qui foule encore une terre si pervertie et putréfiée que l’on pourrait se demander si ce n’est pas Darkness  Falls qui s’est introduit ici. J’arque un sourcil, marquant donc à nouveau ma désapprobation quant à ses propos.

Est-elle capable de réfléchir par elle-même ou ne suit-elle que le minaudage des autres élèves sans personnalité ? Voilà que je commence à m’agacer dans mes pensées, alors que seul mon sourcil arqué laisse paraître mon mécontentement. Un nouveau claquement de langue, je contourne le bureau pour attraper une craie et commencer à esquisser des traits crissant sur le tableau noir. En quelques mouvements naît une fleur, comme on peut la voir d’un point de vue humain, comme on peut la contempler dans un lien. Un prototype, vide de personnalité, brillant de perfection, comme on l’attend, comme on l’espère. Je me décale sur la droite, ma main glisse à nouveau sur le tableau pour faire éclore une fleur plus brumeuse, comme le loup peut les voir. Légèrement irréelle, un nuage l’entoure à l’instar de son odeur et du pollen. En quelques minutes, j’ose espérer que Calandra a la patience nécessaire pour attendre que je termine, je peaufine les deux fleurs, accentuant légèrement leurs différences. Je termine par faire un pas en arrière, lâcher la craie, épousseter mes doigts dont la couleur blanchâtre met mal à l’aise le maniaque que je suis, et me tourner vers la jeune fille. « Regarde ces deux fleurs. La première, je désigne d’un mouvement de menton la première plante que j’ai pu dessiner, c’est une fleur. Et c’est tout. Elle est parfaite, Je n’ai jamais brillé par ma modestie et je ne vois pas pourquoi je commencerais maintenant. mais elle est impersonnelle. Ce n’est rien d’autre qu’une représentation et malgré sa perfection ce ne sera jamais J’insiste sur ce mot, plaçant mes yeux clairs dans ceux de Calandra sans daigner ciller. jamais une œuvre d’art. Quant à l’autre, ce n’est pas une fleur : c’est ma fleur. Et elle, c’est une œuvre d’art. Parce qu’elle est portée par ce que je vois, ce que je vis, ce que je veux communiquer. Qu’est ce que j’ai voulu faire en l’esquissant ? » Une pause, le temps d’un soupir, le temps de cherchant dans le regard de la rouquine un soupçon de compréhension. « Je ne te le dirai pas. Mais l’important, c’est que je sache d’où vient cette fleur. Donc toi, ce que je te demande, c’est de faire le point et de voir, en toi, ce qui fait que tu ne vois pas les choses comme n’importe qui. Et crois-moi, si tu me dis que tu ne vois pas ou si tu me mens ou si tu es incapable de t’offrir cette introspection,… » Un sourire prend place sur mes lèvres et je conclus, très sérieusement. « je te conseille de cesser de te prendre pour une artiste et de te concentrer sur ton travail de serveuse qui, seul, conviendra à tes capacités. »


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MessageSujet: Re: « Dans chaque enfant il y a un artiste. Le problème est de savoir comment rester un artiste en grandissant. » [pv Calandra]   Ven 19 Déc - 18:06

A ses premières paroles prononcées, Callie décèle un certain agacement qui ne durcit que légèrement les traits du peintre. Ce n'est pourtant pas ce qui lui permettrait de l'interrompre, et il prend malgré tout le temps de l'écouter jusqu'à la fin. Seul un claquement de langue vient afficher clairement cette marque de désapprobation, avant que ce dernier prenne la décision de na pas s'attarder davantage sur le sujet. Il devait être déçu de sa réponse, il l'était certainement. Peut-être s'attendait-il à plus de subjectivité, à ce qu'elle s'exprime davantage sur ce qui concernait ses motivations, sa source d'inspiration. Le pourquoi du comment en somme, une explication qui pourtant n'a rien de concis, rien de logique pour personne à l'exception de nous-même. Nous, les artistes, les créateurs, les inspirés. Le sous-entendu que le peintre avait dissimulé dans ses dires, la rouquine l'a parfaitement saisi contrairement à ce qu'il pourrait croire. Elle avait tout bonnement pris soin de faire comme si ce n'était pas le cas afin de ne pas avoir à répondre à cette question indirecte. Non pas parce qu'elle ne savait pas comment s'y prendre, bien au contraire. Le fondement même de tout ce qu'elle a entreprit de modeler, esquisser, croquer, colorer et bien plus encore, elle le connaît, il n'y a aucun doute là-dessus. Sans but, on ne peut être en mesure de savoir ce qui nous pousse à l'atteindre, et acquérir les compétences nécessaires pour l'accomplir.

Sa souffrance, oui. L'art a véritablement commencé à devenir une vocation pour Callie Rose lorsqu'elle fut contrainte de traverser une des périodes si ce n'est la plus trouble et difficile de sa vie. La mort, l'abandon, le chagrin. Même le plus beau des rayons de soleil n'échappe pas à ces zones obscures qui pendant longtemps l'ont empêché de briller. Une chose est certaine, une âme d'enfant habite encore notre rouquine. Comme si ce laborieux passage à cette fade vie d'adulte avait épargné son cas. Ce qui nous saute aux yeux, sans aucun doute, c'est de constater que les traits de son visage inspire encore pureté et douceur, comme une jouvence éternelle qui ne l'a jamais quittée. Et son sourire qui lui donne tout son charme, omniprésent, il en devient invisible tant il semble naturel. Si petite et frivole, elle paraît si fragile, si bien qu'on pourrait la détruire en moins de temps qu'il ne faut pour le dire. En êtes-vous sûr? Pourtant, ce sont ces frêles épaules qui parviennent à supporter tout ce mal. C'est là où réside sa plus grande force, sa volonté de réussir ce qu'elle a entrepris d'accomplir depuis des années déjà: vivre de sa passion, de sa thérapie quotidienne, de sa sensibilité artistique dont on lui a fait don. Voilà pourquoi ses œuvres ont autant de pertinence. Voilà pourquoi elles ont sûrement parvenu à toucher ce loup au cœur de glace. En réalité, elle n'a jamais réellement entendu le peintre se prononcer sur les réelles raisons de son intéressement quant à ses ouvrages, si même un quelconque compliment. Mais, elle n'y porte que peu attention. Elle n'a pas besoin d'être couverte d'éloge pour se sentir honorée, une simple considération lui suffit amplement.

Alors pourquoi, pourquoi n'avait-elle pas souhaité extérioriser le fond de sa pensée et donner de réponse à cette question qui n'en demeurait pas le moins du monde inintéressante, bien au contraire? Quelque chose la rebute. Alors, elle reste muette, décidant de ne pas relancer la discussion. Fidèle à sa nature altruiste, elle n'a jamais aimé se plaindre, et serait encore moins emballée à l'idée de jouer les Caliméro devant le peintre. Mr. Morienval, à son humble avis n'a très certainement que faire des déboires de la vie d'une gamine sans expérience, si petite et misérable aux yeux d'un tel personnage. Même si il ne lui vient et ne lui viendra probablement jamais à l'esprit de penser qu'il posséderait un cœur tout comme son âme bien plus sombre qu'elle ne pourrait l'imaginer, elle est néanmoins consciente que la compassion, et pis encore la pitié, sont loin d'être des termes qui seraient adaptés pour qualifier le loup. Raison de plus pour se taire. Reste à savoir si elle pourrait être qualifiée de bonne ou mauvaise. Peut-être qu'elle le regretterait dans les minutes qui suivront, mais elle avait laissé filer cette occasion qui se présentait à elle, cette occasion de faire davantage part de ses motivations à son maître. Peut-être que sa faible estime d'elle-même ne lui permet pas totalement de réaliser que Rafael Morienval ne l'a pas prise sous son aile pour rien, et qu'il voit sûrement en elle un potentiel qu'elle ne considérait pas à sa juste valeur. Elle ne connaissait pas encore le loup, et peut-être bien qu'il restera un mystère à ses yeux sans jamais qu'elle ne puisse parvenir à le cerner. Imposant, impressionnant. Parfois, comme lors de cet entretien, il lui arrive de se demander sur quel pied danser avec lui.

A sa seconde réponse, c'est cette fois un haussement de sourcil qui vient marquer la désapprobation du peintre. Suite à quoi, Callie pince les lèvres. En silence, elle l'observe se diriger vers le tableau et attraper une craie. Ses yeux caramel ne quitte pas le mouvement fluide de son tracé, qui en premier lieu vient croquer une fleur, simple, banale. Puis, sa main se décale légèrement afin d'esquisser un tout autre type d'esquisse. Mr. Morienval prend son temps, ce que la rouquine respecte en attendant patiemment. Elle ne peut qu'admirer l'aisance que l'artiste possède, mais aussi la justesse et la précision de ce qu'il veut représenter. Finalement, il prend la parole, posément.

« Regarde ces deux fleurs. La première, c’est une fleur. Et c’est tout. Elle est parfaite, mais elle est impersonnelle. Ce n’est rien d’autre qu’une représentation et malgré sa perfection ce ne sera jamais, jamais une œuvre d’art. Quant à l’autre, ce n’est pas une fleur : c’est ma fleur. Et elle, c’est une œuvre d’art. Parce qu’elle est portée par ce que je vois, ce que je vis, ce que je veux communiquer. Qu’est ce que j’ai voulu faire en l’esquissant ? Je ne te le dirai pas. Mais l’important, c’est que je sache d’où vient cette fleur. Donc toi, ce que je te demande, c’est de faire le point et de voir, en toi, ce qui fait que tu ne vois pas les choses comme n’importe qui. Et crois-moi, si tu me dis que tu ne vois pas ou si tu me mens ou si tu es incapable de t’offrir cette introspection, je te conseille de cesser de te prendre pour une artiste et de te concentrer sur ton travail de serveuse qui, seul, conviendra à tes capacités. »

Callie reçoit cette dernière pique sans broncher, elle n'est pas du genre à se vexer pour si peu, ou tout du moins ouvertement. Elle se concentre davantage sur l'exemple que le peintre lui a présenté et ce qu'il a voulu lui démontrer. Elle en conclut rapidement que, malgré l'expression un peu trop exagérée, il veut lui faire cracher le morceau. Certes, elle ne voit pas les choses comme n'importe qui. Pourquoi? La rouquine laisse une pause avant de prendre à son tour la parole, d'un voix moins assurée mais tout aussi posée que celle de son interlocuteur.

« Je pense que je m'obstine à ne pas voir le monde tel qu'il est, mais comme j'aimerais qu'il le soit. J'aime peindre, j'aime esquisser parce que c'est ce qui me permet de me modéliser cette vision, ma vision d'un monde idéal. Je crois que c'est ce qu'on appelle l'optimisme. Oui, c'est ça, je suis... optimiste. »

Peut-être trouvera-t-il cela stupide, futile, mais pas très étonnant venant d'une gamine comme elle. Ou au contraire peut-être ne s'attendait-il pas à cette réponse. Mais, ce qu'elle vient de résumer en quelques phrases est tout ce qu'elle aurait pu répondre de véridique.

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MessageSujet: Re: « Dans chaque enfant il y a un artiste. Le problème est de savoir comment rester un artiste en grandissant. » [pv Calandra]   Ven 9 Jan - 21:42




Mes doigts sentent la rugosité de la craie. Mes oreilles perçoivent ce léger crissement qu’un trait blanc dépose sur le tableau noir. Mes yeux, eux, s’attardent sur les imperfections de ce tracé, inhérentes qu’elles sont au matériel qui permet de le faire apparaître. Et mon âme, enfin, se laisse porter par cette fleur que je prends plaisir à dessiner, par ces mots que ma langue déliée aime à prononcer, par ce souffle qui coule dans mes veines, gonfle mes poumons, s’échoue dans l’air pour mieux y prendre place et s’y perdre dans des volutes sonores et silencieux, dans des arabesques imperceptibles à l’œil nu mais que je ressens dans toutes les fibres de mon être. Un soupçon de menace, une franchise dénudée, vulnérable, qui conclut mes propos sans que mon sourire ne quitte un seul instant mes lèvres. si tu ne vois pas ou si tu me mens, les conditions s’accumulent pour mieux concrétiser ce que j’exige de mon apprentie. Je suis un homme intransigeant. Plus que cela : je m’impose à moi-même et à ceux dont je suis responsable une force de conviction et une volonté qui ne doivent faiblir ni l’une, ni l’autre. Des conditions qu’elle ne peut qu’accepter sans quoi elle peut tout perdre, elle le sait aussi bien que moi. J’ai beau être patient, ouvert, d’une certaine manière du moins quoi qu’en disent certains ; j’ai beau être calme, peut être un soupçon paternaliste ou protecteur, tout dépend des interprétations ; j’ai beau être tout cela, je n’en supporte pas plus la déception. Le visage d’Orfeo s’impose à mon esprit, je l’écarte d’un geste immatériel, l’enferme dans un coin de mon esprit en lui interdisant d’en sortir. Ce n’est pas lui qui est devant moi, là, c’est Calandra et l’un des dangers qui me guette est sans nul doute un amalgame destructeur et intolérable qui se fait enjôleur.

Je me reconcentre sur la rouquine face à moi. Mes yeux bleus ponctuent son visage de tâches de rousseur, recherchent une trace de malaise, un angle d’attaque, quêtent de quoi me permettre de deviner ses pensées et surtout sa réaction à mes mots. Pas de colère en apparence, je m’en estime assez satisfait. Je suis suffisamment susceptible pour deux, c’eut été un inconvénient qu’elle le soit aussi. Pas de colère donc, pas de vexation. Au contraire, je la sens qui pèse ses mots, à mon image d’une certaine manière, et mon sourire se fait un peu plus amusé alors que – non sans veiller à garder ma veste exempte de toute trace de craie – je m’adosse au tableau sans la quitter un seul instant du regard. Curieux. Je suis curieux. A chacune de ses réponses, je guette le bon et le mauvais mot, je m’impatiente d’une certaine manière de la voir faire des bonds en avant ou, au contraire, de l’entendre chuter et dégringoler sans qu’il ne me semble nécessaire de la secourir. Finalement, elle ouvre enfin la bouche et l’acuité de mon attention rejoint celle d’un loup en chasse. Inconsciemment, je penche même légèrement la tête comme pour mieux entendre ce qu’elle a à me dire. « Je pense que je m'obstine à ne pas voir le monde tel qu'il est, mais comme j'aimerais qu'il le soit. J'aime peindre, j'aime esquisser parce que c'est ce qui me permet de me modéliser cette vision, ma vision d'un monde idéal. Je crois que c'est ce qu'on appelle l'optimisme. Oui, c'est ça, je suis... optimiste. » Mon sourire s’accentue, se heurte à la différence qui est et qui restera entre Calandra et moi, s’accentue davantage. « Et bien… » Je ne cherche pas mes mots, non. Je prends juste le temps de choisir ceux qui conviennent. Je me détache du tableau, reviens à mon bureau, le contourne pour me rapprocher de Calandra et m’assis à moitié sur le bois de la table. « C’était une réponse comme celle là que j’attendais. Et si c’est ça qui te fait peindre… » Mes yeux clairs s'intensifient, et l'eussé-je pointée du doigt que l'effet aurait été identique. Une moue se dessine sur mes lèvres, présente pour jouer la nonchalance. « Et bien… soit, ça me convient. » Un mensonge, et tu perds tout. Le message véhiculé par mon regard et mon ton ne laisse pas place à l’interprétation. Je l’espère. On ne joue pas avec moi, il faut qu’elle le comprenne, encore. Toujours. Et le pire, c’est qu’elle n’a pas le choix ; à partir du moment où elle a accepté de devenir de mon apprentie, je le lui en ai débarrassé, pour qu’elle n’en ait pas le poids sur les épaules. « Mais surtout ne perds pas de vue la raison qui guide tes doigts lorsque tu dessines. Elle peut évoluer, se transformer et grandir avec toi, mais son cœur ne risque pas de changer. » Une pause me semble nécessaire, alors que mes pensées me renvoient mes mots. Le cœur de ce qui me fait dessiner ? J’imagine que c’est moi. Auparavant, c’était la douceur préservée de la dureté de mon Grand Père ; à présent c’est le Loup. Et la constante, toute égocentrique qu’elle soit, c’est moi. Un soupir, de l’autosatisfaction ?, fend mes lèvres que j’humecte avant de reprendre. « Cela dit… » Changement de sujet. Changement brutal ? Je n’y vois aucun inconvénient et j’ose espérer que mon apprentie non plus. D’une certaine manière, cette brutalité clos significativement un sujet sur lequel il est inutile de s’attarder à mes yeux, dans la crainte, peut être, inavouée qu’elle me retourne insolemment la question. Lorsque je dessine, j’oublie la facilité avec laquelle je tue, j’assassine, je torture et me complait dans tout cela, serait-ce une réponse adéquate ? Recevable ? J’ose penser que oui, mais une part de moi s’interroge sur la façon dont Calandra me voit actuellement et le changement de regard qu’un tel aveu provoquerait. Et depuis quand te soucies-tu du regard des autres ? Excellente question. Depuis… jamais. Je me morigène intérieurement. Trop de sensiblerie rend faible et mièvre, persifle l’enseignement de mon grand père. Il faut que je me reprenne, mes yeux cherchent un appui avant que je poursuive où je me suis arrêté précédemment, involontairement. « Qu’as-tu fais depuis la dernière fois, as-tu quelques esquisses, travaux, projets… à me présenter ? » Interrogateur, j’endosse le rôle du maître ou du moins je m’y hasarde. « Ou peut être de simples questions. »


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