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 What really matters [Svenja]

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MessageSujet: What really matters [Svenja]    Mer 15 Oct - 18:39

Certaines boîtes noires se retrouvent après des mois, des années. Parfois, l’on ne se doute même pas de leur existence. Jusqu’à ce qu’elle remonte à la surface, un jour ordinaire auquel on ne s’attendrait à rien. Jusqu’à se prendre une raclée en pleine figure. C’est ce qui arriva à Aeryn en ce jour où, elle tomba sur cette lettre en allant chez son courrier. Au nom de Rachel, au nom de sa sœur. Aeryn avait fait transférer son courrier à son adresse pour régler factures en tous genres et histoire de succession également. N’étant plus que la seule de la famille, elle avait géré les biens de tout le monde. Tomber sur cette lettre au nom de sa sœur, ne fit que ranimer une petite étincelle de tristesse. Le deuil resterait lourd à supporter bien qu’il ait fait place à la colère envers ce qui qui l’avait tuée. Rachel avait beaucoup de secrets, et bien que proche d’elle, Aeryn ne savait pas tout. Les deux sœurs avaient beau avoir cette complicité entre elles, aucun d’elle ne savait ce que manigançait l’autre de son côté.
Curieuse, elle n’attendit pas d’être rentrée pour ouvrir l’enveloppe plus épaisse. A l’intérieur une tonne de documents d’archives, et une lettre d’explication. A la demande sa sœur, le service des archives municipales venait de lui envoyer en direct de l’Allemagne actes de naissance, de mariage et décès de ses arrières grands-parents maternels. Aeryn avait toujours su sa sœur mordue de généalogie, tout comme leur père respectif qui avait passé la moitié de sa vie à la recherche de ses origines, enfant adopté. Aeryn s’y était également intéressée, mais pas autant que son père ou sa sœur. Scrutant les documents, elle regarda les photos, lut les noms, scruta les photos. Puis rangea le tout dans l’enveloppe, se disant qu’elle verrait plus tard quoi faire de ces documents.

~~~


Rendez-vous devant le Royal Sonesta Hotel qu’il lui avait dit. Dix minutes de retard sur l’horaire indiqué, Aeryn s’impatientait, n’étant clairement pas le genre de femme à attendre. Quinze heures bien passées, aucun message pour décommander… sérieusement, il allait vraiment l’entendre quand elle le verrait. On ne faisait pas patienter Aeryn quand on la connaissait bien. Pourtant, ce n’était pas le cas de tout le monde, un peu contradictoire même puisque la demoiselle était une tombe pour beaucoup de choses… notamment au sujet de sa famille. Et puis l’homme se montra, s’excusant de son retard et annonçant un empêchement. La grecque ne manqua pas de lui faire le genre de scène que toutes les femmes font à un homme lorsqu’il se montre décevant. Il en repartit déçu à ses affaires, lui promettant qu’il serait disponible au soir. Aeryn voulait le croire… et verrait au moment venu si elle viendrait. Après tout, cet homme ne l’intéressait que pour son argent. Epouse éloignée, séjour de quelques jours, Aeryn avait largement le temps de rentrer dans sa vie, s’y faire une place de maîtresse et disparaître avec un petit butin. On ne change pas les bonnes habitudes n’est-ce pas ?

Bien décidée à rentrer, elle observa cette femme qui au premier regard, lui rappela quelqu’un. Sans pour autant l’avoir déjà vu, il y avait cet air, ce souvenir qui s’immisça en elle, et qui d’un coup lui revint en mémoire : la vieille photo avait un air de ressemblance. Se pourrait-il que ? Prise d’une impulsion sans se dire que ce ne serait guère probable, Aeryn s’élança à la rencontre de l’inconnue pour la voir de plus près et possiblement lui poser une ou deux questions par simple curiosité… sait-on jamais. Poussée par une envie, comme ça, de voir où cela pourrait la mener… Aeryn ne cherchait parfois pas les conséquences de ses actes ou même si elle faisait erreur. Droit dans le mur, tout de suite, sur le moment. L’instant est court, éphémère, inattendu. Il ne dure pas, alors l’attraper est plus important que tout. Ce que fit Aeryn, s’approchant de cette femme avant de la perdre de son champ de vision. S’approchant davantage, elle trouva la ressemblance avec la photo des plus nettes. Impressionnant. Cela pouvait n’être qu’une coïncidence, comme cela pouvait être vrai. Plutôt que de douter là-dessus, Aeryn s’adressa à elle. Ce serait le plus simple pour obtenir une réponse.

« Excusez-moi… Vous allez trouver ma requête étrangère mais j’ai vu il y a quelques jours une photo et cela m’intrigue. N’auriez-vous pas par hasard des origines allemandes ? »

Lui demander son nom aurait été certainement plus simple et plus expéditif, seulement, Aeryn ne la connaissait pas. Autant ne pas passer pour une harceleuse au premier abord. Sa réponse ne lui apporterait que confirmation ou infirmation de ses propos, mais au final la question serait la même ; Aeryn se demandait encore si elle allait pousser davantage pour savoir ou si elle préférait vivre dans l’ignorance de membres de sa famille, famille qu’elle n’avait plus et dont elle faisait parfois, encore le deuil.
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MessageSujet: Re: What really matters [Svenja]    Mer 12 Nov - 1:34


Une relative effervescence régnait dans le hall du Royal Sonesta Hotel.  Les pas précipités, précis du personnel se mêlaient à la danse nonchalante des clients et autres visiteurs. Tous sans exception avait cette même expression de soulagement intense lorsque la parfaite climatisation des lieux venait balayer la désagréable impression de moiteur laissée par l’extérieur. Passé l’agréable surprise que leur procurait cette fraîcheur salvatrice, certains se laissait émouvoir un instant par la beauté du cadre. Ils coulaient alors des regards admiratifs vers les moulures spectaculaires du plafond et l’arrogante élégance de la réception avec ces immenses vases antiques dont débordaient de délicates compositions florales. La silhouette de la propriétaire des lieux se découpait du haut du premier étage, les coudes appuyés sur la pierre froide de la balustrade, supervisant jalousement la scène tel un chef d’orchestre consciencieux. Chaque groom, chaque responsable arpentant le sol de ce hall d’entrée était un musicien dont la partition avait été soigneusement écrite, révisée puis répétée. Avec un peu de chance, la symphonie s’écoulerait à la perfection. Du moins pour quelques minutes, quelques heures avec un peu d’optimisme.

A chaque œillade ébahie d’un passant en contrebas, son cœur se gonflait d’orgueil. C’était son œuvre. Le cadre idyllique et le service parfait reposait sur un fragile équilibre qu’elle insufflait avec toute l’énergie dont elle était capable. Cet équilibre était d’autant plus fragile qu’il reposait sur peu de choses. D’infimes détails qui, une fois dévoilés, avaient le pouvoir de faire voler en éclat l’image de perfection élaborée de toute pièce. Une fissure fendant le marbre de la dernière marche soigneusement cachée sous l’épaisseur opportune d’un luxueux tapis, le pas vacillant et le regard hagard du maître d’hôtel outrageusement éméché en cette heure matinale.
Le moindre faux-pas pouvait changer la donne. Et tout à coup, son « œuvre » devenait comme n’importe quel hôtel de seconde zone, le genre d’établissement qui relègue les prostituées bon marché au même rang que la moisissure ;  un locataire regrettable mais tenace. C’est cette dernière image qui eut raison de la patience de Svenja. Il ne lui fallut guère plus d’une poignée de secondes pour quitter son observatoire et dévaler les marches en direction du la premier signe de moisissure dans le tableau. Un sourire éclatant se plaqua presque automatiquement sur ses lèvres tandis qu’elle articulait le plus silencieusement et calmement possible :

« - J’espère pour vous que vous êtes encore plus joyeux que ce j’ai soupçonné, parce que vous êtes viré. »  Elle plissa les yeux et sa voix devint un murmure quasi inaudible « Pas de scandale. Où je vous fais dégager avec la considération qu’un ivrogne comme vous mérite. A savoir, aucune. » Son sourire s’élargit davantage lorsqu’elle se dirigea vers le responsable le plus proche et le gratifia d’une vague tape sur l’épaule « Tu es en charge jusqu’au prochain shift. Ne me déçois pas. »

Ses pas la guidèrent à l’extérieur de l’hôtel. Evidemment, l’air n’y était pas plus respirable, bien au contraire. Ses doigts fouillèrent un peu trop fébrilement à son goût le sac trônant à son poignet pour y extirper un paquet de cigarettes dont elle en préleva une pour la coincer entre ses lèvres. Un infime battement de cils exprima son soulagement lorsque l’extrémité du bâton empoisonné grésilla à l’approche de la flamme de son briquet. La nicotine se propageait lentement dans son corps lorsque la jeune femme se décida à l’interpeller. Svenja la détailla un instant interdite, laissant la cigarette se consumer entre son index et son majeur, tandis que ses paroles prenaient sens dans son esprit. Sa physionomie lui était vaguement familière sans qu’elle ne puisse déterminer clairement quoi. Peut être était-ce la forme de son menton, ou la façon dont ses yeux se plissaient en l’observant.

«  - Une photo ? dit-elle en arquant un sourcil. Elle tira une nouvelle bouffée pour se donner une contenance. Je suis effectivement d’origine allemande. Vous abordez dans la rue toutes les blondes à la peau pâle que vous croisez, où il y a une véritable raison à cette question ? »

Contrairement à précédemment son ton s'avérait relativement égal et le sourire qui commençait à poindre à la commissure de ses lèvres n'avaient rien de comparable avec le masque de courtoisie habituel. A vrai dire, l'intrusion de la jeune femme aussi brusque et inattendue qu'elle soit l'amusait. Pour l'instant.
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MessageSujet: Re: What really matters [Svenja]    Jeu 13 Nov - 15:10

Cette ressemblance la frappait. Sans réfléchir, Aeryn s’était élancée, comme ayant cette impression de voir un fantôme du passé. De la photo en noir et blanc, jaunie par le temps, elle pouvait y avoir une jeune femme haute en couleur et bien réelle. Ne pouvant jouer qu’avec sa mémoire, elle semblait certaine que celle de la photo et elle se ressemblaient comme deux gouttes d’eau. Impressionnant. Y avait-il quelque chose à perdre à lui poser une ou deux questions sur le sujet ? Autant tenter sa chance plutôt que la perdre en se taisant. Combien d’opportunités étaient manquées par des propos silencieux, jamais dévoilés ? Combien de rencontres, combien de possibilités, combien de sourires ? Il suffisait tout simplement d’aller au bout de son idée, de se lancer et voir ce qu’il en découlerait. Qui sait ce qui en ressortirait à la fin, qui sait ce qui pourrait changer. Une goutte dans un océan pouvait modifier la donne. Ce n’était nullement insignifiant, pouvait apporter davantage. Les premiers mots apportaient l’existence de la conversation. Tout était, au fond, question de commencer, de démarrer. Puis de laisser le cours des choses poursuivre le chemin tracé.

Aeryn ne se laissait jamais intimider, plutôt franche dans ses idées. Il n’y avait aucune honte à expliquer les faits brièvement. Le rejet, le regard de l’autre, toutes ces choses qui amenaient parfois au questionnement de soi et au comportement à adopter ne l’influençaient nullement. Parfois, elle provoquait, quitte à se prendre une raclée ; au moins n’y avait-il pas de faux semblants, ou d’hypocrisie. Ce que l’on pouvait penser n’avait pas d’importance ; l’indifférence se montrait parfois sur ses traits comme une évidence à ses yeux. Pourquoi se laisser submerger par les facteurs extérieurs ? L’ignorer était parfois une évidence. Cette femme, que l’étonnamment souligna ses traits, ne semblait pas de meilleure humeur. Cigarette au doigt, masquant maladroitement son petit côté stressé, elle sembla interdite. D’un autre côté, Aeryn mettait directement les deux pieds dans le plat : peu de mots, un maximum d’informations pour capter son auditrice. Il ne s’agissait pas de tourner un homme entre ses doigts, de tricher ou de voler. Aussi étrange que cela puisse paraître, Aeryn faisait le premier pas vers une inconnue à cause d’une bête photo qu’elle aurait dû tout simplement ignorer. En fin de compte, cela pouvait être en souvenir de Rachel qu’elle agissait de la sorte, en tentant de terminer le travail de généalogie que sa petite sœur avait entrepris, en sa mémoire, ou pour penser à elle. L’antiquaire ne réfléchissait pas à ce genre de choses, le pourquoi du comment ne l’intéressait pas. Justifier de ses actes, de son comportement, elle n’en avait que faire.

« Pas vraiment. Pour tout vous avouer, j’ai vu une photo d’une de mes aïeules récemment… et j’ai l’impression que vous lui ressemblez comme deux gouttes d’eau. D’où ma question quelque peu inappropriée.»

Et puis quoi ? Devait-elle se décerner un oscar pour cette information ? Autant en dire davantage ou se taire à jamais. Cela n’apportait rien, il manquait les noms, les faits. L’antiquaire n’était même pas certaine du prénom. Tout avait été survolé avec rapidité, remettant ce pêle-mêle d’informations à plus tard. Les morts pouvaient attendre maintenant que l’au-delà leur avait tendus les bras. Les vivants, jamais. Ce ne pouvait être qu’une évidence, qu’un hasard. A la prise d’une impulsion, elle n’avait pas réfléchi, s’était élancée sans réfléchir. Même si le lien avec l’Allemagne la troubla, d’une certaine manière. Les germaniques ne courraient pas forcément les rues, l’Argentine ayant été plus propice à la fuite de certains dont il était préférable de ne jamais retrouver la trace. Maladroitement, Aeryn tenta de rassembler quelques bribes de souvenirs, sans pour autant retrouver les informations survolées. Que ne donnerait-elle pas pour avoir une mémoire eidétique parfois… dans ce cas-là par exemple.

« J’ai oublié le nom de famille, de mémoire, il semble que cette femme s’appelait Claudia. Mais cela ne doit pas signifier grand-chose pour vous. »

En soit, elle n’aidait pas vraiment. A mesure que les détails se montraient nécessaires, il n’y avait pas grand-chose, du vent sans preuves pour appuyer ses dires. Cette femme lui semblait avoir un certain style, un certain goût, ne sortant nullement de la dernière pluie. Venant d’un autre temps, d’une autre époque, s’adaptant au monde actuel. Un membre de sa famille, un ancêtre ? Quand un fait semble impossible, ne reste plus qu’à trouver les causes plausibles pouvant expliquer cette troublante ressemblante. Ou peut-être n’y avait-il rien à trouver, qu’aucun indice génétique ne pourrait démontrer.
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MessageSujet: Re: What really matters [Svenja]    Ven 28 Nov - 15:54


« Pas vraiment. Pour tout vous avouer, j’ai vu une photo d’une de mes aïeules récemment… et j’ai l’impression que vous lui ressemblez comme deux gouttes d’eau. D’où ma question quelque peu inappropriée.» Que pouvait-elle faire si ce n’est hocher la tête compréhensivement en aspirant avidement une seconde bouffée de nicotine ? L’idée que des photos de sa vie antérieure circulent dans ce monde-ci ne lui avait jamais traversé l’esprit. Coïncidence encore plus absurde ! Elle n’avait jamais ne serait-ce qu’envisagé qu’on vienne un jour la confronter ainsi à son passé avec autant de flegme et d’innocence à la fois. A cette explication, Svenja ne pouvait effectivement opposer qu’un silence semi-compréhensif. En cet instant elle ne souhaitait absolument pas encourager la jolie brune dans ses investigations mais une espèce de curiosité un brin malsaine la clouait sur place. Le moment où elle devait choisir entre des explications très certaines irrationnelles ou d’insupportables mensonges était imminent. Et pourtant le désir de comprendre ce qui pouvait bien la relier à la jolie brune grandissait doucement en elle contre son gré, la tenant captive des grands yeux étonnés de l’inconnue face à ses réponses laconiques.

« - Elle s’appelait Claudia…
- Gärdener. » La réponse avait fusé immédiatement, interrompant la tirade de son interlocutrice.

Entendre l’association de ce prénom et de ce nom franchir le seuil de ses propres lèvres la choqua. Il y avait quelque chose de surréaliste à les prononcer ensemble après toutes ces années. Comme si un fantôme du passé était venu la gifler.  « Claudia Gärdener.Comme moi, voulut-elle ajouter, mais les mots se cognèrent contre le barrage hermétique de ses lippes. Elle ne s’appelait pas Claudia, elle n’avait jamais été une Claudia. Claudia était une adorable fillette, peau diaphane, blondeur angélique, le parfait bébé allemand. Claudia était une façade pour les préserver son père et elle à l’aube d’un monde où il ne faisait pas bon d’être un forain, encore moins un forain russe. Quelle chance que leur patronyme ait des consonances allemandes ! Sinon son père n’aurait pas hésité une seule seconde à détruire leur identité également. Dans le cœur d’Andreï comme à la scène, elle avait toujours été Svenja.

La cigarette continuait de se consumer toute seule, envoyant de douces volutes au parfum âcre dans les narines de la pensive blonde. Un tapotement agacé vint chasser l’excès de cendres avant de porter le bâton empoisonné à sa bouche une dernière fois, avant d’aller valser dans la poubelle la plus proche. Après tout, elles se tenaient devant son hôtel, hors de question de polluer. Avec cette brusquerie qui lui était propre, Svenja avança une main tendue en direction de l’importune beauté brune.
« - Je m’appelle Svenja, Svenja Gärdener. » Aucun sourire ne vint illuminer son impassible visage comme la politesse l’exigeait tandis qu’elle serrait la main de l’inconnue. En bonne européenne, Svenja persistait à tendre la main lorsqu’elle scellait un marché ou  rencontrait quelqu’un. Non pas que les américains soient véritablement surpris par ce geste, bien au contraire, mais la promptitude et la régularité avec lesquelles elle l’effectuait trahissait bien souvent son appartenance au Vieux Continent. Une fois libérées de leur prise, ses doigts se perdirent un instant dans sa chevelure blonde trahissant son hésitation quant à la démarche à suivre. « Claudia était… » Mon autre nom ? Comment expliquer à la curieuse personne que les photos qu’elle avait en sa possession étaient très certainement des bribes de son propre passé ? Elle évalua rapidement le visage de la jeune femme du regard. Comment lui expliquer que si en apparence, seules quelques années les séparaient, Svenja aurait aisément pu être sa…grand-mère ? Arrière-grand-mère ? Un coup de poing dans l’estomac aurait moins blessée la belle orgueilleuse que cette dernière pensée. L’espace d’un instant l’air lui manqua, comme si un choc physique vidait ses poumons de tout air. Malgré le drame existentiel se jouant dans le secret de son esprit, son expression restait impénétrable, à peine démentie par le silence s’installant entre chacune de ses paroles.  Un haussement d’épaule finit par illustrer sa capitulation silencieuse. Il n’y avait rien à expliquer, la vérité lui semblait déjà tellement abstraite… « …une grande-tante quelque chose comme ça. » Une grand-tante, vraiment Svenja, c’est tout ce que tu as pu trouver ? L’image d’une vieille fille célibataire arborant fièrement sa moustache s’imposa immédiatement à son esprit. Sa vanité agonisante lui souffla qu’un éclat de rire serait salvateur en cet instant. Mais elle se contint tant bien que mal, l’ombre d’un sourire valsant sur la commissure de ses lèvres.

Le sérieux revint cependant  lorsqu’elle reprit son examen de la jeune femme qui lui faisait face, avec un brin d’hostilité cette fois. « Je ne comprends pas comment  ces photos sont venues en votre possession cependant, Claudia… elle cilla légèrement tout en prononçant soigneusement le prénom avec un soupçon d’accent allemand… Claudia, n’avait pas de famille à ce que je sache et mon père, son…neveu était fils unique. »
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MessageSujet: Re: What really matters [Svenja]    Ven 28 Nov - 23:41

Gärdener. Le nom sortit directement de la bouche de son interlocutrice, comme une évidence, comme si elle le savait déjà, depuis bien longtemps. Peut-être même depuis le début. Aeryn en resta bouche bée, presqu’admirative de ne pas s’être trompée. D’avoir une évidence sous les yeux, une preuve qu’elle ne passait pas pour une folle délurée prenant une photo pour un lien familial. Elle se souvint du nom, lui était clairement familier. D’un hochement de tête, elle approuva sa réponse.

« Tout à fait.»

Répétant le nom, cette fois en entier, elle fut étonnée de l’entendre avec l’accent allemand, n’ayant jamais su comment sonnaient ces consonance-là. Cette langue ne l’avait jamais vraiment attirée, elle ne regrettait pas de ne l’avoir jamais choisie à l’école. L’italien était plus en vogue, après tout ils étaient voisins. Se présentant officiellement comme membre de la famille, portant le même nom de famille, ce que la jeune femme put confirmer en entendant le sien, elle se présenta également, déclinant son identité. En temps normal, ce n’était pas une chose qu’il lui arrivait de faire, préférant éviter sa mention, cependant, dans ce cadre précis où elles parlaient généalogie, le patronyme était d’usage.

« Aeryn Elyatis.»

Origines grecques. Les choses avaient vraiment évolué entre deux générations. Son père ne l’étant pas spécialement, sa mère non plus d’ailleurs, Aeryn était certainement la première à l’être complètement, pour y être née et maîtriser complètement la langue sans un accent. C’était drôle de voir à quel point les origines pouvaient remonter, d’un autre côté, elles restaient parfaitement européennes, ce qui n’avait rien de bien choquant.
La curiosité emportant également Svenja, Aeryn partit dans quelques explications assez générales, sans rentrer vraiment dans les détails sur l’explication de cette photo. La précision n’avait jamais été l’élément phare des récits de la jeune femme, n’aimant pas trop en dire.

« Mon père était un passionné de généalogie, il a fait de nombreuses recherches pour retrouver ses origines ainsi que celle de ma mère, il est remonté plutôt loin. A sa requête, les archives d’Allemagne lui ont envoyé certaines copies l’intéressant que j’ai maintenant en ma possession.»

Tout simplement. La vérité dissimulée sous un rideau de mensonges inspirés de faits réels. Son père adorait la généalogie, sa sœur avait cependant effectué la requête. La combinaison des deux donnait le mensonge, en quelque sorte, Aeryn ne souhaitant mentionner l’existence d’une sœur, car viendrait forcément le sujet où il lui faudrait parler de sa mort et ses circonstances. Alors non, Aeryn mentait pour se protéger. Il était même préférable qu’on croit que sa famille se portait comme un charme et que tout marchait comme sur des roulettes, pour éviter les questions déplacées, pour éviter qu’elle n’ait à parler et se confier.

« Après, je sais que du côté de Claudia, je descends d’une branche généalogique plutôt étrange. Les noms de famille ont changé, car il semblerait qu’un de ses ancêtres, je ne sais plus lequel ait eu un enfant avec une prostituée. On a retrouvé des papiers, déclarations mais à ce que l’on a supposé, une partie de la famille n’en a jamais rien su. »

Et elle se basait que sur de simples suppositions, foulant les morceaux de sa mémoire en quête de conversations vaguement entendues quand Rachel et son père discutaient. Qu’elles étaient jeunes et pourtant l’histoire de ses ancêtres avaient passionné la petite fille qu’elle était à en passer des heures à la lecture de copies d’archives, assemblant les morceaux comme un puzzle. Aeryn, pour sa peine préférait l’art et l’histoire, la généalogie également, mais pas au point de passer des après-midis entier au déchiffrage d’écriture à la main sur des registres de naissance.

« Il faudrait que je vérifie, je ne m’appuie que sur mes souvenirs… J’ai tous ces papiers chez moi si vous voulez y jeter un œil… je pourrais vous envoyer un mail. »

Loin de là l’envie d’aller plus loin dans les connaissances en tous genres… Aeryn ne s’incrustait pas dans la vie des autres aussi impunément. C’était plus le contraire, attendant que le premier pas s’effectue de l’autre côté. Etrangement, elle n’aurait jamais cru le faire pour cette fois, mais la curiosité parfois, poussait à dépasser ses propres limites, jusqu’à découvrir d’autres facettes de sa personnalité.
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MessageSujet: Re: What really matters [Svenja]    Mar 23 Déc - 11:00


Les expressions faciales et les hésitations de la jeune femme témoignaient de l’effort que lui demandait la moindre information. Tous ces noms, ces dates, ces visages n’étaient certainement que des échos d’un passé lointain, presque abstrait aux yeux de celle-ci. Au milieu de cet amas d’information probablement brassées d’une main hâtive se tenait l’essentiel du passé de Svenja. Son identité, son histoire résumée en quelques photographies et éventuellement une série d’actes de naissance rédigés dans des langues étrangères, presque exotiques. Ironiquement, ces mêmes détails semblaient se bousculer, plus vifs que jamais dans l’esprit de la sorcière. Trente ans, c’est un temps incroyablement long, une merveilleuse opportunité pour entourer ses souvenirs de coton dans l’espoir que les années les étoufferont. En cet instant, tous les noms et dates s’entrechoquaient dans l’esprit des deux femmes dans un même tourbillon confus. La différence résidait dans le fait que ce tourbillon avait un sens pour Svenja. Le passé est souvent quelque chose de compliqué, douloureux à expliquer. Dans un monde où la survie prime sur le confort et les civilités on pardonne aisément de vouloir se soustraire  à cet examen non-nécessaire. Cela avait fonctionné les premières années de son retour à la vie, les premières années de sa vie New-Yorkaise, avant que le fracas assourdissant du succès et des mondanités l’emporte. Bientôt l’esquive n’avait plus suffit et la tromperie avait prit la suite. Se reconstruire une nouvelle identité lui semblait absurdement difficile alors elle s’était contentée de petits arrangements avec la réalité : substituer un prénom anachronique et qu’elle abhorrait à son nom de scène, arranger sa date de naissance pour qu’elle paraisse plausible… Outre une inclinaison naturelle au secret, Svenja voyait ses fausses informations délivrées au compte-goutte comme des mensonges de confort. Mentir pour éviter les questions était devenu sa spécialité. Faute d’exceller dans l’art de l’illusion par sa magie, au moins savait-elle donner le change dans sa vie.

L’annonce du patronyme de la belle brune s’imposa comme un nouveau choc. Moindre que le précédent certes, mais non moins lourd en sous-entendus pour l’allemande. Ses paupières se détendirent projetant l’arc blond de ses sourcils très haut sur son front, comme s’ils cherchaient à se perdre à l’orée de sa chevelure. Sa main retint celle de la jeune femme quelques secondes de plus que nécessaires.« Elyatis. Grecque donc ? » Son incompréhension s’intensifiait à chacune des informations distillées par celle qui prétendait lui être apparentée. Cela ne pouvait pourtant pas être une coïncidence. La mention de l’Allemagne associée à son véritable prénom l’incitait à accorder du crédit aux propos d’Aeryn malgré sa propre incapacité à établir un lien entre elle-deux. Ses propos coulèrent sur elle sans y trouver de véritable écho tant Svenja était plongée dans ses propres pensées, à la recherche d’une explication qui tardait à venir. Le mot prostitué la tira cependant de la torpeur, écorchant au passage ses oreilles aussi bien que son orgueil. Etrange comme la simple mention de sa mère pouvait encore l’impacter. Bien loin du douloureux vide propre aux enfants délaissés, l’amertume la gagnait à chaque fois que sa génitrice revenait sur le tapis. L’image de cette créature blonde et faiblarde qui s’était accrochée aux chevilles de son père durant les premières années de sa vie lui soulevait l’estomac. Comme pour conjurer le mauvais sort ayant conduit au rappel de son existence misérable, l’envie de détourner la conversation se saisit d’elle. Même pour dire quelque chose de stupide et inutile. Une banalité, simplement pour laver l’affront.

« Hé, on dirait bien que le paternel a trouvé ça judicieux de peupler l’Europe de bâtards ! Enfin le grand-paternel, quoi.» Comme un réflexe de survie, le ton gouailleur si souvent entendu dans la bouche de son père et ses forains de compagnons avait prit le dessus. Devant le regard interrogateur de la jeune femme, Svenja laissa couler un rire forcé, celui qu’elle réservait habituellement à son costume de mondaine. « La blague était de mauvais goût, pardon. » Le masque de la courtoisie posé de nouveau sur son visage, la sorcière se sentait de nouveau à même de confronter les déclarations d’Aeryn à ses propres souvenirs. Claudia était l’enfant illégitime, la bâtarde née d’une prostituée et d’un magicien ambulant russe. Il y avait eu un autre enfant avant elle, légitime, lui, mais son nom n’était pas Gärdener. Tomas. Un nouvel élan la poussa à examiner avidement les traits de l’hellène à la recherche d’un détail la rattachant à son demi-frère. Il ne lui était jamais venu à l’esprit que l’adolescent qu’elle avait découvert et côtoyé le temps de quelques printemps put avoir sa propre vie. Comme si en disparaissant, il avait tout bonnement cessé d’exister. Les dernières paroles de la jeune femme la rappelèrent à l’ordre, lui évitant une nouvelle excursion dans les vastes allées de sa mémoire. Elle hocha la tête face à la proposition raisonnable de cette dernière, malgré l’élan d’audace ayant inspiré leur rencontre, Svenja décelait une certaine délicatesse dans sa façon de procéder, comme si elle non plus n’appréciait pas plus que son aïeule les intrusions tonitruantes dans sa propre intimité.

« Je serais curieuse de voir ce que votre père a pu rassembler, en effet. » Svenja hésita un instant, triturant la manche de sa tenue du bout des doigts. Elle aurait souhaité offrir quelque chose en retour à Aeryn, mais la peur de lui donner matière à de nouvelles questions la retint. Aucun objet ni photos n’avaient survécu à sa propre mort, de toute façon. « Est-ce que je peux vous proposer de rester un peu ? » Cette phrase d’une simplicité enfantine peinait à franchir le seuil de ses lèvres. Le parallèle entre Tomas et sa possible descendance devenait soudainement douloureusement tangible. Tout comme avec son aïeul, elle avait si peu de chose à proposer à Aeryn pour la retenir. La même peur d’offrir à l’autre des armes pour mieux détruire cette identité façonnée de toute pièce derrière laquelle elle se cachait la paralysait. Svenja restait là, immobile effleurant discrètement le visage de la jeune femme des yeux à la recherche d’une mimique qui viendrait raviver la flamme des vieux souvenirs. Au fur et à mesure que le silence s’installait le charme se brisait, l’occasion d’énoncer la vérité, de retenir Aeryn lui échappait. Ses traits se durcirent légèrement. « Bon, il est temps pour moi d’y retourner… », inconsciemment elle pointa du pouce la devanture élégante du bâtiment qui les surplombait. Ses mains fouillèrent hâtivement le sac pendant à son épaule avant de tendre une carte de visite où figuraient son nom et l’adresse de son bureau à la belle européenne. « N’hésitez pas à me contacter si jamais vous trouviez de nouvelles informations. » La froideur de ces adieux la frappèrent, la forçant à tendre de nouveau la main pour serrer celle d’Aeryn tout en murmurant d’une voix où perçait plus d’émotion : « C’était un plaisir de vous rencontrer. »
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MessageSujet: Re: What really matters [Svenja]    Sam 27 Déc - 21:34

La jeune femme ne se permettait de dévoiler son identité à beaucoup, Svenja dérogeant la règle. Etait-ce une bonne idée d’ailleurs, de se confier autant à une totale inconnue ? Et puis, maintenant, qu’est-ce que son véritable nom pouvait bien signifier, maintenant qu’elle en avait usurpé des tas pour se camoufler et voler à son aise ? Véritable caméléon, il lui avait semblé qu’elle aurait même dû prendre un nouveau nom pour qu’en cas de problèmes, personne ne remonte sa piste. Seulement voilà, quel intérêt quand il n’y avait plus de famille à protéger ? Plus personne pour la sauver plus personne pour la faire chanter… ils n’auraient rien d’elle, rien pour la compromettre. Ce « ils » bien significatif d’une menace planant au-dessus de sa tête, constamment. Autant se rendre à l’évidence, elle ne perdait plus rien au change que sa propre vie. Si Svenja faisait partie de sa famille, ce n’était que par simple curiosité que la jeune femme avait souhaité savoir. Derrière, il n’y avait l’ombre d’une envie de s’attacher à un membre de sa famille encore en vie. Qui disait qu’elle en faisait partie d’ailleurs ? Ce n’était qu’une photo, qu’un portrait, il ne pouvait s’agir que d’un sosie. Il y résonnait comme un doute encore grand, comme une exactitude pas si exacte au final.

« Oui, en effet »

Grecque, oui, son nom trahissait ses origines plutôt aisément. Comment expliquer qu’il y ait une branche française comme une branche allemande parmi sa généalogie, c’était bien surprenant. Des familles multinationales, ce n’était pas certainement pas la pire dans le genre, et puis quand les générations s’étalaient,  il était évident que les ancêtres du XXème siècle aient profités de cette possibilité ouverte de voyages pour se déplacer et rencontrer une âme sœur sur les lieux de leurs découvertes. Après tout, un rien suffisait pour qu’une femme et un homme finissent par se marier, alors pourquoi pas. Néanmoins, il semblait à Aeryn qu’il lui manquait quelques éléments, que cette femme en disait certainement bien moins que les informations qu’elle détenait. Chacun avait son jardin secret, Aeryn ne s’amuserait pas  à en forcer l’ouverture, porteuse également de bon nombre de cadavres dans son placard.
Un sourcil se haussa à l’annonce de la prétendue blague que son interlocutrice fit, lâchant franchement les mots tels qu’elle les pensait. Sa langue avait également fourché, ce qui ne passa pas inaperçu pour la Grecque qui haussa les épaules, faisant mine de ne pas avoir relevé l’information.

« C’était sans importance. »

Evidemment, rien n’était tombé dans l’oreille d’un sourd. Les remarques les plus acerbes demeurent les plus criantes de vérité, ce qu’elle avait allègrement noté dans un coin de son esprit. D’un hochement de tête, elle acquiesça, prête à rendre service à cette femme à peine rencontrée. Il était plutôt étrange de se dire que l’on pourrait avoir une famille, un membre encore vivant et logeant dans la même ville. Cela semblait tellement inattendu, à croire que la Nouvelle Orléans réunissant les Européens cherchant à s’installer dans une nouvelle contrée.

« Je vous enverrai ce que j’ai en ma possession dès que possible. »

S’il lui sembla que Svenja souhaitant la retenir davantage, Aeryn n’avait pas le tact pour l’encourager à le faire. Elle aurait parfaitement pu le faire, certainement, seulement cette angoisse de l’attache, pour ensuite en souffrir la retenant enchaînée. Il n’était pas question d’aller trop vite. Tout n’était affaire que de coïncidences et d’hypothèses, rien ne contraignait la femme à la croire, et puis probablement qu’elle faisait erreur, ou que … sans certitude, il n’y avait pas à construire quelque chose pour le détruire ensuite par manque d’informations.

« Plaisir partagé »

Une politesse d’usage, la jeune femme ne pensant pas forcément ce qu’elle disait. Un plaisir, un terme un peu trop fort à son goût. Serrant sa main en retour, la blonde retourna à ses occupations, la brune également. Une goutte d’eau dans un océan, c’était par de petits riens que l’on commençait à construire quelque chose.

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What really matters [Svenja]

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