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 Song of ice and fire {.pv}

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Féminin
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The Devil's own feat 5FDP • Animal feat Disturbed • My name is Stain feat Shaka Ponk • Do or Die - Night of the Hunter feat 30 STM • On my Own - Play Dead feat Killing Bono OST • Madness feat MUSE • Hustler feat JOSEF SALVAT •

↳ Citation : There's a battle between two wolves inside us all. One is Evil. It is anger, envy, jealousy, and ego. The other is Good. It is joy, love, hope, and faith. Which wolf wins? The One you feed
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MessageSujet: Song of ice and fire {.pv}   Jeu 16 Oct - 21:04


Song of ice and fire
When the river runs cold
I'm quick to wait, and so to hate. They call me gracious for my patience. And I feel proud under that shroud. And all the while it's all evasion. Some humor here to fend off fear. And I'm a little more lost, oh dear. So to save face I'll hold my place. So I may safely feel alone. Glad the water are so shallow. © WILD HEART

Il ne saurait vraiment dire comment il s’était retrouvé là. Seul face aux éléments et à ce froid qui lui mordait les entrailles. Le vent gelait l’air en suspens, s’introduisait dans les poumons du soldat pour les lui glacer de l’intérieur. Il frissonna sous sa veste, la chair de poule dégringolant le long de sa peau. Mais au lieu de prendre la peine de mieux fermer sa veste, il acheva d’ouvrir la fermeture éclair pour mieux sentir le contact du vent mordant. Les frissons étaient une marque de froid, comme chez n’importe quel autre être humain. Mais à ce réflexe, s’ajoutait le plaisir du loup. Animal venu des grands froids, habitué à vivre dans des conditions extrêmes, il accueillait ce changement de température avec délice. Ce qui avait poussé Stain à venir se perdre dans cette étendue de glace, en plus de la mission qu’on lui avait confié, c’était le remords. Et la folie qui l’accompagnait surtout. En venant ici, il espérait pouvoir échapper pendant quelques heures, quelques jours peut être, à la présence agaçante de feue sa cousine. Il se surprit à jeter un regard par-dessus son épaule, cherchant la silhouette à présent trop familière. Il ne trouva rien. Rien, excepté une rue jonchée de débris et de cadavres. Rien, hormis le bruit du vent et de ses chaussures crissant sur la neige. Il accéléra l’allure, bifurqua à l’angle d’une rue tel un automate. Il s’en était passé du temps depuis son dernier séjour dans l’ancienne Capitale. Des mois et pourtant c’était comme si il n’en était jamais partit. Il se souvenait des endroits qu’il avait fréquenté, du chemin à parcourir pour pouvoir y parvenir et tout ça en croisant le moins de rôdeurs possible. L’odeur de la mort s’infiltrait dans ses narines avec insistance, s’insinuait dans ses pores et venait même caresser sa langue jusqu’à lui en donner la nausée. Il s’arrêta un instant, pris à la gorge par cette odeur qui le poursuivait depuis son entrée dans ce charnier à ciel ouvert. Les sens en alerte, brisés par le bruit lugubre d’une respiration gutturale qui se rapprochait. Le zombie passa dans la ruelle face à celle dans laquelle se trouvait le milicien, traînant la patte sans vraiment lui prêter attention.

Stain retint son souffle encore quelque seconde, s’assura que la voie était bien libre avant de se remettre en route. Maudissant ses supérieurs d’avoir eu l’idée de l’envoyer traîner dans un coin pareil, tout ça pour s’assurer que des crétins d'anarchistes ne venaient pas élire domicile dans les anciennes arènes. Il avait rechigné au début, peu enclin à retourner fourrer son nez dans ces lieux emplis de sanglants souvenirs. On ne lui avait pas laissé le choix cependant. Avoue-le, ça te fait plaisir au fond, de retourner sur le lieu de quelques-uns de tes plus beaux crimes. La voix le fit sursauter. Tellement claire et limpide qu’il regarda une nouvelle fois alentour, certain de la trouver en chair et en os à ses côtés. Il n’y avait que lui. Lui et ses hallucinations ridicules. Il baragouina quelque chose à l’adresse de la cousine logeant dans sa tête et pressa le pas une fois les grilles de Central Park franchies. Trop occupé à essayer de faire taire la voix de sa conscience, il en oublia la prudence. Oublia qu’il n’était pas le seul et que le monstre, en ces lieux, ce n’était pas lui. Il en oublia même de faire attention où il posait ses pieds, et trébucha stupidement contre le montant rouillé d’un banc. Le juron claqua dans l’air, tout comme les notes ferreuses de son sang. Son cœur buta à plusieurs reprises et l’angoisse lui retourna l’estomac lorsque des craquements se firent entendre alentour. Le sang avait attiré les monstres comme le ferait une belle merde avec tout un essaim de mouches. Encerclé comme un parfait débutant, le mollet en sang, des doigts rongés par la nécrose l’agrippèrent, cherchant à atteindre sa gorge pour mieux le tirer en arrière. Tandis que d’autres s’enroulèrent autour de sa cheville. La mauvaise chute ne tarda pas, le choc lui bousillant le fessier et envoyant valser son revolver sur la glace. L’angoisse pris le pas sur son flegme habituel, et il ne put retenir son cri. A mi-chemin entre la douleur, la panique et la détresse. C’est ingénieux, original même. Vois le bon côté de la chose, tu n’auras pas besoin de gaspiller tes balles pour te faire sauter la cervelle. Ils s’en chargeront pour toi. C’est pas le moment, ferme-la putain ! La raillerie lui brisa les tympans, presque autant que le coup de feu qui suivit. La détonation résonna dans son crâne, s’y répercuta lorsque d’autres vinrent crever le silence. Les rôdeurs tombèrent comme les mouches qu’ils étaient, s’écroulant à terre à grand renfort de craquements et de bruit de chair froissé.

La respiration en déroute, le cœur au bord du suicide à coup de dynamite, Stain contempla le carnage au travers du nuage de glace s’échappant de ses lèvres à chaque expiration. Et voilà la cavalerie. Dommage, ce n’est pas aujourd’hui que je pourrais admirer ta carcasse se faire ronger par ces charmantes créatures. Elle ricana contre son oreille, frôla son épaule de ses doigts glacées avant de s’approcher en direction de Kenneth. Cela ne l’étonnait qu’à moitié, qu’un autre Shadowhunter se trouve dans les parages. Qu’ils aient eu la bonne idée de lui coller une baby-sitter aux basques, afin de s’assurer qu’il ne faisait pas de bêtise. Encore. Le loup lâcha un lourd soupir, en même temps que l'homme qui agrippa la neige de ses doigts gelés, malgré les gants, et tenta de se relever du mieux qu’il put. L’entaille dans son mollet lui faisait un mal de chien, et il ne prit pas la peine de retenir la grimace de douleur qui vrilla ses traits lorsqu’il prit appui sur sa jambe abîmée. Expression sitôt remplacée par un rictus de dégoût lorsque ses prunelles sombres détaillèrent plus précisément le carnage autour de lui. Il y serait passé si Kenneth ne s’était pas trouvé dans les parages. Ne me remercie pas. Le milicien esquissa un infime sourire tout en enlevant la neige venue s’accumuler sur sa veste.

« - Je m’en sortais très bien. » Bourru, blessé dans son orgueil, le mensonge lui vrilla la langue, sonna affreusement faux à ses oreilles emplies de bourdonnements. Il secoua la tête dans l’espoir de les faire disparaître. Sans succès. Un froncement de sourcil accompagna sa laborieuse mise en route et sa tentative pour rattraper Kenneth, déjà bien loin devant. « - Je peux savoir ce que tu fous là ? Un seul ne suffisait pas, ils t’ont aussi envoyé pour surveiller les arènes ? » Ou pour me surveiller et être certain que je ne déserte pas une fois de plus. La raillerie silencieuse lui fit esquisser un sourire amer alors qu’il atteignait enfin la hauteur de son collègue. Même si, tout dans son attitude laissait croire le contraire, il était soulagé de ne plus être seul. La présence de Kenneth le rassurait malgré tout.


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MessageSujet: Re: Song of ice and fire {.pv}   Sam 18 Oct - 12:55

L'odeur de la chair en putréfaction me prenait à la gorge, me donnait presque la nausée. Qu'importait combien d'entre eux j'avais tué, combien de cadavres de cadavres j'avais semé sur ma route, l'odeur restait atroce, invivable. Pire encore quand il s'agissait d'un zombie relativement frais, qui avait eu le temps de pourrir, de voir ses entrailles se décomposer, sa chair, se gâter. L'odeur de décomposition était fraîche, tenace, s'infiltrait dans les narines, empoisonnait les sens. Les vieux morts, eux, avaient déjà leur puanteur masquée par le froid, la glace. Et puis, quand il restait davantage d'os et de nerfs que de chair, ça sentait aussi forcément moins. Il y avait moins de viande avariée.

Mais sous l'odeur exécrable des cadavres, il y avait aussi le parfum métallique du sang frais. L'odeur rouillée et reconnaissable entre mille de l'hémoglobine avec dessous, la senteur caractéristique d'un autre Skinchanger. Si je cherchais plus loin, j'aurais même pu reconnaître le bouquet familier lié aux canins mais je tournais la tête légèrement, de façon à éviter que la brise ne m'apporte de nouvelles effluves de sang. Le sang de Stain, à moins qu'un autre Skinchanger blessé ne se trouve dans les parages. Je ne me retournais pas pour vérifier. Je n'avais pas fait attention à l'état de l'autre Shadowhunter plus tôt, alors rongé par la colère et l'incertitude. Trop amer et haineux pour vouloir le laisser en vie, et peut-être encore trop humain pour le laisser mourir déchiqueté par une horde de sans-cervelles. Ou juste étrangement possessif quant à sa peau. Je ne voulais pas m'y attarder. Déjà, je regrettais de l'avoir laissé en vie. Ma petite expédition en solitaire, tranquille, dans les rues éventrées de New York, venait de tourner court. Tout ça par la faute d'un gamin imprudent – qu'il ait des siècles en réalité m'importait peu, physiquement et mentalement, il était plus jeune que moi – incapable de réellement calculer son coup.

J'aurais voulu enfoncer mon poing ganté dans sa mâchoire, avoir le plaisir d'entendre l'os craquer, les dents casser. Peut-être même arracher cette mâchoire, défigurer ce visage de jeune premier qui me faisait horreur. Effacer pour toujours ces sourires supérieurs et cet air sarcastique. Mais je refrénais l'envie de violence, l'enterrait au fond, tout au fond, comme j'enfouissais tout ce qui pouvait nuire à mon équilibre, au visage que je montrais au monde. Je n'avais peut-être qu'une très relative loyauté envers le gouvernement et les autres Shadowhunters (je n'étais entré dans la milice que pour me rapprocher de Stain et le tuer, après tout), mais que je mette soudain à attaquer l'un d'entre "nous" paraîtrait étrange, suspect. Je ne me faisais aucune illusion : pour le gouvernement, je n'étais qu'un pion de plus, qu'un animal de plus à envoyer tuer d'autres nuisibles plus gênants que moi-même. Ma forme animale semblait ridiculement adaptée à la situation : de prédateur naturel, je passais à simple outil de chasse pour l'homme, tuant pour une paie et non plus pour moi-même.

Mais contrairement à un faucon capturé, j'avais choisi ces rangs, choisi de m'immiscer entre eux, pour les observer, les traquer, les tuer à mon tour. Animal, je n'avais jamais été dressé, dompté. Et je n'allais pas commencer en tant qu'homme. Surtout que, qui savait si quand tous les Daybreakers et zombies seraient éliminés le gouvernement ne se retournerait pas contre ses chiens si bien dressés ? Je n'allais pas rester là à attendre un massacre.

Derrière moi, j'entendis la neige se tasser sous des pas, Stain me rattrapa vaillamment avant de lancer une remarque sur un ton revêche. Il s'en sortait très bien ? Je ne retins pas mon soupir dédaigneux. Que ce gamin mente, s'il le veuille, pour épargner un ego blessé mais je n'étais pas dupe. Sans moi, il aurait été réduit à l'état de charpie à cet instant-même.

J'aurais dû le laisser se faire dévorer par les zombies.

« Bien entendu. J'imagine que le plongeon dans l'eau glaciale entouré de zombies était tout à fait volontaire. » rétorquai-je, le ton calme, avec juste une pointe de sarcasme.

Je ne ralentis pas mon pas, sans considération pour Stain. Que je l'ai laissé vivre me pesait déjà suffisamment. Me montrer sympathique, en prime, serait comme avaler de l'acide sulfurique volontairement. J'avais besoin de le voir loin, loin de moi et loin de ces émotions contradictoires qui me déchiraient dès que je le voyais. Stain n'était pas un ami, non, juste un collègue. Mais dans ce métier, lors de ces missions, il faut parfois savoir compter sur quelqu'un quand on est à court de balles, quand on est en mauvaise posture. Même réticent, j'étais obligé de faire confiance au moins en partie à Stain. Même si cela me tuait. Même si ça allait à l'encontre de tous mes instincts.

Malgré la marche vigoureuse, malgré l'adrénaline qui courait dans mes veines, je sentais mon corps toujours gelé par les circonstances extérieures. Un cercueil de glace. C'était ça qu'était New York. Les poètes pouvaient vanter son décor apocalyptique, sa beauté décadente, je n'y voyais que mort.

Au-dessus de nous, le ciel était d'un gris éternel. Le gris qui annonce la neige, le froid. Le blizzard continuait de souffler malgré tout, comme si la fin du monde ne voulait pas s'arrêter dans cet endroit. Transperçant les vêtements, tailladant la chair, attaquant les os. Je frissonnais. Rien à faire sinon continuer d'avancer.

« - Je peux savoir ce que tu fous là ? Un seul ne suffisait pas, ils t’ont aussi envoyé pour surveiller les arènes ? »

Je cillais légèrement en entendant le mot arènes, faillis m'arrêter. En avais-je été si près ? Poussé par l'adrénaline, trop occupé à cribler les créatures de balles, je n'avais pas réellement fait attention au décor. Central Park. Ce n'était pas si loin, en effet. Mes doigts se crispèrent un instant sur l'arme, que je gardais au poing.

Du coin de l'œil, je la vis, d'un coup, comme si la simple mention d'arène devait la ramener à mes côtés. Je sentais presque sa présence me frôler, tenter d'attirer mon attention. J'évitais de rencontrer son regard, à l'air si vivant que c'en était douloureux. Je savais que je n'y verrais que haine et colère.

Parfois j'aurais souhaité qu'elle fasse partie de ces fantômes capables de faire bouger les objets, d'attaquer, de blesser. Au moins aurais-je eu moins l'impression de virer fou, au moins douterais-je moins de ma santé mentale.

Stain pouvait-il la voir ? Jamais je ne m'étais arrêté pour poser la question à quiconque. Les personnes qui m'entouraient quand elle m'apparaissait ne vivaient jamais assez longtemps pour subir un tel interrogatoire. Je tournai la tête vers l'autre Shadowhunter, observant sa réaction, jaugeant enfin son état. L'odeur de sang me parvint, plus forte, et sous elle je pouvais presque sentir le loup. Un parfum qui ne manquait pas d'agiter le faucon. Éloignant l'animal, me focalisant sur ce que je voyais uniquement, je remarquais le mollet en sang, la jambe traînante. L'entaille était profonde, l'œuvre d'un objet tranchant plutôt que d'ongles cassés. Les sans-cervelles gardaient-ils assez d'intelligence pour manier des armes rudimentaires ?

Je claquais de la langue face au ton agressif de Stain. Sa familiarité outrecuidante avait le don de m'agacer.

« Même pas. Ils te pensaient probablement capable de te débrouiller seul. Comme ils se sont lourdement trompés. »

J'éclipsais totalement dans mes propos la réponse à sa question. Que New York me serve de défouloir n'était pas véritablement un secret en soi, ça devait être le cas de nombreux autres Shadowhunters, mais je refusais de l'admettre. Tuer pour le boulot, c'était une chose. Tuer pour le plaisir en était une autre.

Je désignais de la tête la blessure, qui continuait de saigner lentement. Un point pour Stain, il continuait de marcher malgré le fait que sa plaie avait l'air douloureuse.

« Zombie ou stupide accident ? »

Même si j'en doutais, j'espérais presque ce soit la première solution. Une transformation en Daybreaker me donnerait l'alibi parfait pour lui mettre une balle entre les deux yeux.
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MessageSujet: Re: Song of ice and fire {.pv}   Lun 20 Oct - 20:36


Ce n’était pas le froid qui le faisait frissonner. Mais cette atmosphère bien plus pesante que dans ses souvenirs. Les trois mois qu’il avait passé dans ces rues glacées, lui semblaient bien lointain. Comme suspendus dans une autre époque, où le froid n’était pas si mordant, et où les rôdeurs semblaient moins nombreux. Une impression, peut-être qu’il n’était pas allé dans les endroits les plus touchés par cette invasion. Il ne voulait pas savoir, et n’avait pas l’intention de vérifier. Le sang qui continuait de glisser le long de sa jambe l’écœurait. Lui retournait les tripes et affolait ses sens. Les mettait en danger aussi. Il savait à quel point le moindre bruit, la moindre odeur, pouvaient être fatals. Alors avec une hémorragie, le milicien faisait une cible parfaite. Autant se mettre à hurler en pleine rue au milieu d’un troupeau de zombies, le résultat aurait été le même. Il grimaça de douleur lorsque son pied heurta le sol avec plus de force que les précédents. Il fallait qu’il s’arrête. L’idée n’avait de cesse de lui trotter dans la tête, qu’il s’arrête et s’occupe de sa blessure pour limiter les dégâts au mieux. Kenneth lui semblait préférer une toute autre option. Etouffant un râle rageur, Stain continua de sa démarche malhabile, ravalant sa douleur en se mordant la langue. Marcher et ne pas s’arrêter, c’était effectivement la meilleure option, il accordait ça à son collègue. Devant l’hésitation de Kenneth, Stain en profita pour ralentir le pas. Respirer pendant quelques battements de cœur avant qu’une bourrasque de vent glacé ne remette en route l’instinct de survie de l’autre Shadowhunter. Lui en esquissa un infime sourire, ravit de se retrouver un nouveau son un tel climat. Il ne supportait pas la chaleur de la Nouvelle-Orléans, bien que moins étouffante avec l’approche de l’hiver. Le loup tapit en son sein, se mourrait sous de telle chaleur. L’animal avait besoin des étendues de glaces et des vents gelés pour ne pas souffrir. L’homme en avait aussi besoin, supportant bien mieux les conditions extrêmes du climat de l’ancienne capitale qu’un autre être humain. L’avantage d’être un monstre sans doute.

« - Pas vraiment. C’était plus une complication. J’avais oublié que ça grouillait de crevés sur pattes dans cette ville. » Lâcha-t-il, à peine capable de retenir sa bile et de cacher toute l’aversion que pouvait lui procurer la vue ou la pensée de ces créatures. De légers frissons de répulsions vinrent grignoter sa peau. Stain suivait son collègue, n’avait fait que scruter son dos et son joli profil, tout en inspectant l’allure générale du soldat. Il souffrait du froid, mais n’avait pas l’air d’avoir souffert d’un quelque autre aléa. Non, il n’y a que toi pour te mettre dans une situation pareille cher cousin, tu devrais le savoir depuis le temps. L’italien grogna de mécontentement, haussant les épaules en guise de réponse  la brimade de sa cousine. Il essayait de se dire qu’il s’était fait à cette présence des plus agaçantes. Qu’elle faisait partie de sa petite tête, au même titre que la voix de sa conscience. Sauf qu’à chaque fois qu’il arrivait à s’en convaincre, la défunte venait lui rappeler que cette situation n’avait rien de normal. Qu’il payait le prix pour son meurtre, et que, quoi qu’il fasse, il ne serait plus tranquille. Jamais. Il redoutait le jour où il allait se retrouver face à Cora. N’y pense pas Ezio, tu vas gâcher la surprise. Il secoua la tête cette fois, et enfonça ses mains gantées dans les poches de son jean. Remontant les épaules, comme s’il cherchait à protéger ses oreilles du froid. Un rire nerveux lui échappa et vint se briser contre l’air glacé. S’accompagnant d’un rictus amer lorsque les paroles acerbes de son collègue vinrent lui chatouiller les esgourdes. « - Ils se trompent souvent sur mon compte. Je pensais qu’avec le temps, ils finiraient par savoir que je suis un aimant à emmerdes. » Le ton était à la plaisanterie, tout comme le regard mutin qu’il lança à Kenneth. Mais au fond, la situation n’avait rien de drôle. Il pensait qu’avec le temps, ils l’empêcheraient d’agir à sa guise. Lui collerait une baby-sitter aux basques à chacune de ses missions. Et pourtant, ils l’envoyaient surveiller les anciennes arènes sans même prendre la peine de lui assigner un compagnon de route. Il en avait envie pourtant, de se terrer à nouveau dans ces étendues de glace. De disparaître, pour éviter d’avoir à affronter les conséquences de ses actes. Fais-le, ce ne sera pas suspect du tout. Même si le constat lui était désagréable, Gemma marquait un point. Prendre la fuite après la mort de la jeune femme revenait à avouer son crime. Il en avait parfaitement conscience.

Stain avait ralenti l’allure, sans vraiment le vouloir. Rattraper par un élan de fatigue plus fort que sa volonté à vouloir jouer les fier à bras. Une sueur froide lui glissait le long de sa colonne vertébrale, glaçait ses chairs et le poussait à frissonner comme si le froid mordant avait un quelconque impact sur lui. Il jeta un bref regard vers son mollet en sang, fronçant les sourcils en constatant que le flot écarlate ne s’était pas arrêté et que la plaie était bien plus profonde que ce qu’il croyait. « - Stupide accident. » Lâcha-t-il dans un souffle, scrutant les alentours, jusqu’à laisser son regard se poser sur un immeuble bordant le coin d’une ruelle sombre. « - Tu permets qu’on fasse une pause ? » Il n’attendit pas vraiment de réponse, et traîna sa patte blessée jusqu’à l’escalier de secours. Ce dernier glissa vers le sol à grand renfort de grincements lugubres, coupant le souffle du loup, le laissant immobile le temps de quelques battements de cœur. Les sens aux aguets. Rien. Seulement le bruit de son souffle et le ronronnement monotone du cœur de Kenneth dans son dos. L’escalade fut laborieuse, tout comme son entrée dans l’appartement poussiéreux. Les fenêtres avaient été calfeutrées avec attention, pour empêcher les monstres en contrebas de sentir la présence d’être humain au-dessus de leurs têtes décomposées. Et pour éviter au froid de prendre trop ses aises. Le loup grogna de satisfaction, fier de voir que son ancienne planque était restée dans le même état que lorsqu’il la quitta quelques mois plus tôt. Rassuré aussi de voir qu’aucun squatteur, vivant ou à demi-mort n’était venu se réfugier dans sa tanière.

« - Fais comme chez toi. » Lança-t-il à la volée en direction de Kenneth, disparaissant dans la salle de bain. Pour en revenir quelques minutes plus tard avec de quoi s’occuper de sa blessure. Une fois le bandage enserrant fermement sa jambe, le milicien se coula dans un fauteuil en fin de vie, suffisamment confortable pour ne pas se bousiller les fesses ou en laisser un morceau en se relevant. « - Il y a des balles dans ce tiroir. Pour remplacer celles que tu as gaspillées. » Il désigna d’un mouvement de tête le meuble derrière Kenneth. Il venait d’annoncer ça, comme si il n’était jamais partit. Et à peine les mots furent-ils sortis de sa bouche que le doute l’envahi. Sans munition, ils se mettaient tous les deux en danger. Même si d’expérience, il savait que les armes à feu étaient autant salvatrices que destructrices face à ces créatures. Le moindre bruit les attirant comme des mouches. Les arènes attendraient, il avait besoin de reposer sa patte. D’attendre jusqu’à ce que cessent les décharges électriques lui dévorant le mollet. Et que le mécanisme d’auto-guérison se décide enfin à se mettre en route.

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MessageSujet: Re: Song of ice and fire {.pv}   Sam 15 Nov - 22:00

Ils se trompent souvent sur mon compte. Je pensais qu’avec le temps, ils finiraient par savoir que je suis un aimant à emmerdes.

Malgré moi, je sentis une esquisse de sourire se dessiner sur mes lèvres à la remarque moqueuse, avant de m'en rendre compte et de tuer brusquement l'amusement dans l'oeuf. Je grimaçais. Que me prenait-il ? Presque aussitôt, comme en réponse, je pus sentir son regard accusateur me traverser comme une décharge électrique, comme si elle avait voulu me percer d'une flèche pour seulement oser fraterniser avec l'ennemi. Il m'a tuée, tu te rappelles ? Ou m'as-tu déjà oubliée ?

Du coin de l'oeil, je pouvais presque voir ses doigts se fermer en forme de serres, prêtes à m'étrangler – si je le voulais. Si je la laissais. Je fixais mon regard droit devant moi, ignorant l'hallucination et la culpabilité qui avait le goût de cendres au fond de ma gorge. Je ne la rejoindrais pas, pas encore.

« Ils se trompent sur le compte de beaucoup. » répondis-je simplement, avant de dévier mon regard de Stain.

Je ne devais pas oublier qui il était. Ce que je devais faire. Peu importait que je pouvais le comprendre voire aller jusqu'à l'apprécier, dans de rares moments. Il était l'assassin de ma soeur. Ce fait l'emportait sur tout. Étouffait toute autre considération.

Une brise vint m'apporter l'odeur de la pourriture, douceâtre et âcre. La puanteur caractéristique de ces cadavres ambulants. Je promenais mon regard sur les alentours, à l'affût de tout mouvement suspect. Mais nulle vibration, nul geste ne trahissait la présence de ces ombres de chair. Du moins, n'étaient-elles pas encore assez près pour nous atteindre. Pourtant, je restais sur mes gardes, la respiration réduite au minimum. Pour ne pas faire trop de bruit. Pour ne pas attirer les bêtes. Déjà, l'odeur ferrugineuse du sang de Stain m'encombrait les narines et ajouté à ça le relent de putréfaction des zombies, je sentais l'animal s'agiter en moi, demander à déployer ses ailes et soit fondre sur la victime – il est affaibli, attaque, attaque –, soit fuir au loin. Je raffermis mon contrôle sur l'humain, reléguant les instincts du rapace plus loin. Il nous fallait sortir d'ici. Il m'était impossible de rester dans ce tombeau qu'était New York, pas avec Stain dont la blessure devait attirer tous les zombies à un kilomètre à la ronde.

J'avançais plus énergiquement, le vent fouettant mes joues, le froid si glacial qu'il semblait presque m'arracher la peau à l'aide de fines aiguilles de givre. Derrière moi, je pouvais sentir Stain peiner, son souffle plus un râle qu'une respiration normale, mais il nous fallait avancer. Rester immobile, c'était offrir une proie de choix aux sans-cervelles, leur permettre de nous encercler sans difficulté. Stain avait perdu son arme sur l'étendue d'eau gelée et mes balles n'étaient pas infinies. Devant une proie facile et flairant le sang frais, qui savait à quel point les zombies pouvaient devenir enragés.

« - Tu permets qu’on fasse une pause ? »

Je tournais rapidement la tête à la demande et grinçais des dents en remarquant que mon collègue s'en était allé sans attendre de réponse, se dirigeant déjà vers un immeuble en coin de rue. Comptait-il sur une obéissance aveugle de ma part ? Pensait-il que j'étais trop noble pour le laisser mourir là, un festin de viande humaine pour morts-vivants ? Que j'hésiterais un instant à sauver ma peau avant la sienne ?

Je serrais les doigts autour de mon arme, tiraillé par une envie brûlante de simplement ficher une balle dans ce crâne qui me tournait le dos. Une mort traître, indolore si je visais correctement – et je ne ratais jamais ma cible. Une mort qu'il n'aurait pas le temps de voir venir. Des balles gaspillées, si je comptais le faire souffrir et ne pas l'achever d'un coup (car une mort instantanée serait trop douce, bien trop douce pour cet assassin). Le voir mourir en étant privé de la satisfaction de savoir que je serais la dernière image brûlée sur sa rétine.

Mes phalanges se relaxèrent lentement, gardant l'arme en main sans pour autant l'agripper en vue de tuer. J'exhalais lentement, comme dans un espoir futile de diffuser la rage dans l'air gelé. À contre-coeur, je suivis ses pas, mes bottes faisant crisser la neige qui recouvrait l'ancienne capitale d'un manteau blanc.

Je dardais Stain d'un regard furieux en entendant le grincement assourdissant de l'escalier de secours. Trop fort, trop bruyant. Même un mort imbécile pourrait entendre exactement où nous nous trouvions, si l'odeur du sang ne l'avait pas déjà attiré. Les nerfs à vif, j'attendais l'irruption d'un sans-cervelles, les grognements caractéristiques qui étaient devenus le langage de cette vermine autrefois humaine. Mais rien ne brisait le silence, si ce n'étaient les râles de Stain et le staccato de nos coeurs.

C'est avec un plaisir pervers que je vis l'autre Shadowhunter monter péniblement les échelons, le rouge de la blessure plus vif à cause du nouveau sang qui s'en écoulait. Quand je montais à mon tour, le froid mordait mes doigts, même à travers les gants mais j'ignorais l'inconfort. Il y avait bien pire, après tout. Je pris soin de relever l'escalier, n'ayant nulle envie de voir des zombies tenter l'escalade. Quand nous atterrîmes dans l'appartement désert, je ne pus m'empêcher de laisser la curiosité s'infiltrer dans la prudence coutumière lors de mon inspection. Une planque. Inhabitée depuis un moment, au vu de la poussière accumulée et qui me gênait les yeux, mais toujours fonctionnelle. Par habitude et suivant le conseil de Stain de "faire comme chez moi", je vérifiais les fenêtres, admirant un travail intact. Au moins notre odeur serait-elle dissimulée. Le refuge ne serait peut-être pas éternel mais au moins suffisant pour un moment.

Promenant mon regard sur l'environnement et notant l'aise avec laquelle l'autre métamorphe semblait se déplacer à travers l'endroit, je ne pus m'empêcher d'observer « C'est ici que tu t'es réfugié tout ce temps, alors ? » quand je tournais mon regard vers le milicien, tout juste revenu avec du matériel médical.

J'observais Stain s'occuper de sa blessure, ma tension se relâchant légèrement, à présent que nous étions plus ou moins en sécurité. Le sang transperçait déjà le bandage.

À l'indication de l'autre Shadowhunter, je fouillais les tiroirs désignés à la recherche des balles. Il y en avait assez pour une excursion simple mais en aucun cas suffisamment si l'on devait subir un assaut. On ne pouvait malheureusement pas souvent faire de brochettes de cerveaux de zombies avec une seule balle.

Tournant mon regard vers Stain, je demandais, le ton bourru et irrité, soulevant les recharges que j'avais dans la main :

« Tu n'as plus de munitions sur toi ? Si je dois te couvrir en même temps, j'aurais besoin de plus que ça. Tu as dû attirer une belle horde en saignant de partout. »

Moi, j'avais toujours la possibilité de me transformer et m'envoler, bien sûr. Mais Stain, blessé ? Beaucoup moins de chances de survie. Un loup devait paraître tout aussi appétissant qu'un humain pour un zombie affamé. C'était chaud et vivant. Pas besoin de beaucoup plus.

J'empochais rapidement les nouvelles balles et remplaçais celles utilisées plus tôt. J'avais assez de cartouches pour une bonne dizaine de rôdeurs, si je parvenais à tous les tuer du premier coup. Mais je doutais que le retour vers La Nouvelle-Orléans allait être une partie de plaisir. Pile à l'instant où je songeais à cela, un mouvement au bord de ma vision attira mon attention. Me rapprochant de la fenêtre, je pus voir la démarche lente des êtres à demi-décomposés qu'étaient les nouveaux habitants de New York. Ils se dirigeaient tout droit par ici, suivant les gouttes de sang essaimées par Stain sur son passage, aussi efficaces que les cailloux du Petit Poucet.

Un sourire grimaçant étira mes lèvres. Sur un ton faussement léger, je lançais à l'intention de l'autre homme :

« Dans combien de temps tu crois que tu pourras marcher ? Parce qu'on dirait qu'on va avoir de la compagnie. »
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MessageSujet: Re: Song of ice and fire {.pv}   Mar 18 Nov - 21:04


Si Stain se retrouvait dans son élément, se déplaçant au milieu du désordre environnant avec une étrange habilité malgré sa jambe en sang, l’autre refusait de baisser les armes. Déformation professionnelle peut-être. Le loup se sentait suffisamment en sécurité pour revoir sa prudence à la baisse. Les cadavres ambulants ne pourraient pas monter jusqu’ici, même en laissant l’escalier de secours descendu, ils butaient contre les barreaux sans être capable de les agripper. Il en avait passé des heures à les regarder faire, amusé par tant de connerie. Profondément touché de voir ce que devenais la race humaine une fois touchée par cet horrible épidémie. Il doutait sérieusement qu’ils aient gagné des neurones depuis sa dernière visite dans ces étendues de gel et qu’ils soient à présent capable de hisser leurs culs gelés jusqu’à eux. Il avait plus important à faire pour le moment : s’occuper de sa jambe, pour arrêter d’indiquer le chemin comme un panneau fluorescent au milieu de nulle part. C’était évident qu’ils viendraient directement à eux. A part quelques chats et d’autres bestioles, il n’y avait pas grand-chose à se mettre sous la dent quand on était un adepte de la chair fraiche. Et ça, il en savait quelque chose. La question lui arracha un franc sourire. A mi-chemin entre la fierté, la nostalgie et l’amusement. Il regrettait son séjour dans la Capitale Souvent. Quand la chaleur du Sud devenait trop dure à supporter pour lui. Ou bien quand les emmerdes lui tombaient sur la gueule comme des mouches. Il avait des rôdeurs comme voisins pendant des mois, c’est sûr, mais parfois leur compagnie lui paraissait plus appréciable que celle de tous les abrutis qui lui collait aux fesses. « - C’était une de mes planques. Je m’étais fait des nids un peu partout dans la ville. Ça m’évitait d'avoir à courir comme un pingouin d’un bout à l’autre de la banquise. » Lâcha-t-il dans un souffle, serrant le bandage déjà imprégné de sang autour de sa jambe avec force. Certaines avaient été envahies par les monstres gelés. Pas assez en hauteur, ni suffisamment bien calfeutrées. Les premières qu’il s’était approprié. Ce fut un bon moyen d’apprendre de ces erreurs que de voir des monstres débarquer en pleine nuit et manquer de lui arracher sa charmante tête à claques.

Il scrutait les faits et gestes de son collègue. S’affaissant encore un peu plus dans son siège, sa jambe blessée reposant sur l’autre. Il perçut l’irritation de Kenneth avait même qu’il ne s’exprime. Ce ne fut qu’une infime variation dans le rythme de son cœur, mais suffisante pour titiller les oreilles du loup. Stain secoua la tête en voyant son collègue agiter les recharges sous son nez. « - J’ai l’air d’avoir planqué toute une artillerie sous ma veste ? Désolé vieux, j’ai tout laissé là-bas. » Il accompagna la réponse d’un haussement d’épaule. La désinvolture revenait lui caresser la peau. Et sa tendance à tout prendre à la légère revenait au galop sur le devant de la scène. Oh, ils s’en sortiraient. Il n’en doutait pas un seul instant. Dans un drôle d’état, très certainement, lui surtout. Mais ils retourneraient se dorer les miches au soleil sans trop de soucis. « - J’apprécie ta solidarité, mais ça me gênerait de te voir finir en pâté pour décrépis à cause de moi. » Il termina sa phrase en farfouillant dans les poches de sa veste. La blessure titillait ses nerfs, et cette tension sous sa peau lui donnait envie de se griller les poumons à coups de nicotine. Lui qui tentait de se défaire de cette addiction, il se rendait compte qu’il était aisé de replonger. Dès que la pression devenait trop forte, l’envie venait se fracasser contre ses pauvres neurones. Et sa volonté s’amusait à lui mettre des bâtons dans les roues. Il eut beau chercher, râle et grogner comme un animal mécontent, il ne trouva rien dans ses poches. Aussi se ré-enfonça-t-il dans son siège, les bras croisés sur son torse, à la manière d’un gamin en train de commencer sa session de boudin intensif.

« - Un petit moment. J’ai la guérison qui hiberne en ce moment. » Comme tout le reste. Mon pauvre cousin, c’est tellement risible ce qui t’arrive. Le dit cousin darda ses yeux noirs sur sa cousine, debout près d’une fenêtre. Il avait beau s’astreindre à des exercices quotidiens pour parvenir à retrouver toute la maîtrise de son loup, rien n’y faisait. Le fauve lui obéissait une fois sur deux. Et quand il parvenait à muter, l’animal prenait un malin plaisir à se rire de l’homme et à disparaître au bout de quelques minutes seulement. S’il devait se frayer un chemin dans ce merdier de glace sous sa forme animale, et que cette dernière décidait de foutre le camp en plein milieu du trajet, il n’atteindrait jamais La Nouvelle-Orléans. En faisant cela, ces pauvres bêtes accompliraient le plus beau geste de toute leur misérable existence. Mais ferme-la… « - Mais détends-toi, tu vas chopper un ulcère à être tendu comme ça. Je t’assure, t’as l’air d’un string prêt à servir de lance-pierre. » La seconde partie de sa réponse arriva un peu tardivement. Lancée à la rigolade avec un franc sourire amusé, ainsi qu’un geste évasif en direction de Kenneth. Il était en train de tirer sur ses pauvres nerfs, à se tenir là, droit comme un ‘i’, la mine sombre. Il ne les vit pas, contrairement à son collègue, mais il perçut le crissement de la neige sous leurs pieds en décomposition. Il réajusta sa posture dans son fauteuil, grimaçant au passage lorsque sa jambe lui rappela qu’elle était blessée. La cavalerie arrive, fallait s’en douter avec tout ce que j’ai semé derrière moi. Il plissa le nez de mécontentement, l’odeur de son hémoglobine lui retournant alors les tripes, l’indisposant presque autant que les créatures qui allaient finir par gratter contre les briques du bâtiment dans l’espoir de grimper à leur hauteur.

« - T’en fais pas, ils sont trop cons pour grimper jusqu’ici de toute manière, et les portes du bas sont barricadées comme pas permis. » Il avait pris soin de barricader toutes les issues lorsqu’il avait envahi les lieux. Calfeutrant les fenêtres pour pouvoir vivre plus ou moins correctement sans se faire repérer. Une seule n’avait pas été condamnée, celle de la salle de bain, permettant de se glisser au dehors sans être repéré. Et par la même occasion de s’introduire dans l’immeuble d’en face afin de se frayer un chemin jusque dans la rue en contrebas. « - Ca va les occuper un moment, ils doivent se faire chier là-dedans les pauvres. C’est pas tous les jours qu’ils peuvent renifler des soldats. » Comme si ces bestioles étaient capables de faire la différence entre un clochard alcoolique et une pimbêche parfumée à outrance. La question lui fit froncer les sourcils, et il se perdit dans le fil de ses réflexions. Toutes plus inutiles les unes que les autres. Ses doigts se mirent à tapoter en rythme sur l’accoudoir miteux du siège, et il finit par relever le nez pour reporter son attention sur Kenneth. « - Ou alors… J’leur ai manqué. » Il lâcha cette dernière boutade dans un soupir, l’amusement venant faire pétiller son regard. C’était plus fort que lui. Si en présence des autres Hunters, il posait sur ses traits son masque le plus impassible et parait sa peau de glace, avec Kenneth, il s’octroyait la liberté de mettre plus de légèreté dans son comportement. Fringués en noir, je veux bien, mais devenir dépressifs, non merci.

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MessageSujet: Re: Song of ice and fire {.pv}   Mar 6 Jan - 17:24

« - C’était une de mes planques. Je m’étais fait des nids un peu partout dans la ville. Ça m’évitait d'avoir à courir comme un pingouin d’un bout à l’autre de la banquise. »

Je fixais Stain sans rien ajouter. Les mots avaient été lâchés dans un souffle, teintés de douleur écarlate, mais je n'avais pas manqué son sourire. J'ignorais ce qui avait pu pousser l'autre Shadowhunter à trouver refuge dans l'ancienne capitale, mais il était clair qu'il avait apprécié son temps passé dans les affres gelées de New York, même avec des zombies pour compagnie. Et puis, après tout, pourquoi pas ? C'était un rêve de tueur : du gibier à buter à foison, sans aucune répercussion, et pas âme qui vive pour vous critiquer ou vous rappeler la réalité. Vivre avec l'adrénaline, le sang et la mort et s'en sentir d'autant plus vivant. Vivant parce qu'on avait l'avantage, le pouvoir de vie et de mort et qu'on n'était régulé par nulle loi, nulle autorité. La liberté, à son paroxysme, violente, cruelle et sauvage. Oui, je pouvais comprendre ce qui l'avait poussé à s'échapper là. Peut-être aurais-je fait de même si ma liberté avait compté davantage que ma vengeance. J'étais prêt à troquer une vie libre de chaînes si cela mettait ma proie sur mon chemin et une arme dans mes mains.

Peut-être aurais-je fait de même si je n'avais pas tant haï New York et ce que cette ville avait fait de moi.

Stain avait gagné. J'avais seulement survécu. Peut-être était-ce là toute la différence.

Une pièce confinée, un air vicié, se remplissant lentement du parfum de rouille et de sel émanant de la blessure. Un mélange entêtant et écœurant. Je détournais la tête, dans un espoir futile de ne plus sentir l'odeur tenace me parvenir jusqu'aux narines. Peine perdue. À chaque fois que j'ouvrais la bouche, je pouvais goûter l'hémoglobine sur ma langue. Presque comme si j'avais tué une proie.

Si seulement ça avait pu être le cas.

« Tu devrais avoir plus de réserves sur toi. Tu serais mort si je n'étais pas intervenu. » répliquais-je, le ton cassant face à sa désinvolture, son imprudence. Comment avait-il survécu tout ce temps s'il se montrait toujours aussi insouciant ? Comment pouvait-il avoir gagné les jeux si c'était cet état d'esprit qui l'avait guidé tout du long ? Je me détestais parce qu'une part de moi s'en souciait, de la vie de cet assassin. J'aurais dû vouloir le voir mort. J'aurais dû le laisser se faire déchiqueter au lieu d'aller l'aider. Je me haïssais d'être intervenu.

Je sentis son souffle glacé sur ma nuque. Son regard me percer de haine et de dégoût. Rien qu'une illusion. Une hallucination de mon esprit malade. Ma culpabilité prenant sa forme pour mieux me tourmenter et me rendre fou. Elle n'était pas réelle. Elle n'était pas réelle.

Je suis réelle. Bien sûr que je suis réelle. Pourquoi le choisir lui plutôt que moi ? Pourquoi choisir mon assassin plutôt que moi ?

Je carrais les mâchoires, fixant mon regard sur Stain, refusant de céder à l'illusion et lui répondre. Répondre ne ferait que lui donner plus de poids, davantage de contrôle sur moi. Et elle en avait déjà tellement.

Un cri glaçant me transperça, ce même cri que lorsqu'elle était morte dans cette arène, sous les mains de celui qui me faisait face et je tressaillis, tournant le regard involontairement vers cette nouvelle vision d'horreur, ce nouveau stratagème terrifiant que mon esprit (est-ce vraiment ton esprit, en es-tu sûr ?) me jouait. Elle était là, derrière le métamorphe, derrière ce fauteuil fatigué, la bouche déformée en une grimace atroce. Elle hurlait, jurait tandis que ses ongles entaillaient sa chair, traçant des sillons de chair rubis, des lignes d'un rouge qui n'aurait jamais dû être aussi vif.

Regarde-moi ! Regarde-moi, salaud ! Regarde-moi !

Avec un effort considérable, je déviais mon regard, essayais de reporter mon attention sur mon collègue. Tellement concentré à ne pas la voir que je n'étais plus capable de voir quoique ce soit sinon formes et couleurs.

Je voyais les lèvres articuler des mots mais je n'étais pas capable de les entendre. Je ne pouvais voir que les gouttes de sang qui tombaient sur Stain, le sang de ma sœur, qui le couvrait, tache après tache, chaque goutte s'étendant comme une tumeur, jusqu'à le recouvrir tout entier. Le seul éclat de blanc dans cette marée carmine, ce sourire, cet air goguenard qui ne le quittait pas. Tranchant comme une lame de rasoir. Je ne pouvais pas. Je ne pouvais pas.

Sans un mot, je me dirigeais vers la salle de bain, mes bottes claquant trop lourdement sur le parquet grinçant. Je refermais la porte branlante me coupant de l'autre pièce, faible rempart contre ma propre folie. Quand ma jumelle était-elle passée de sixième sens protecteur à ce fantôme amer et monstrueux ? Quand avais-je commencé à perdre pied au point de la voir partout, l'air aussi réelle qu'elle l'avait été ?

Je déposais le flingue que j'avais toujours à la main au coin de l'évier, mes doigts tremblants faisant tourner le robinet, dans l'espoir de pouvoir m'asperger le visage d'eau glacée pour retrouver mes esprits. La plomberie grinça, protesta, mais ne cracha rien.

Je faillis éclater de rire devant ma stupidité.

Pas d'eau, bien sûr. La ville était à l'abandon depuis longtemps déjà. Pas d'électricité, pas d'eau courante. Ce qui semblait acquis au quotidien n'avait plus loi ici. Je le savais, mais pendant l'espace d'une seconde, j'avais oublié.

Pressant mon front contre le miroir gelé, je fermais les yeux si fort que des taches m'apparaissaient derrière les paupières. Réguler ma respiration. Me débarrasser de l'odeur du sang dans mes poumons. Oublier. Oublier. Oublier.

Combien de temps passa ? Une seconde ? Des minutes ? Je ne savais pas, mais quand je rouvris les yeux, j'avais réussi à retrouver un semblant de contrôle. J'étais secoué, encore trop perturbé par la trop vive vision, mais j'étais apte à fonctionner.

Quand je retournais dans la pièce, arme rangée dans mon holster, je dardais un regard rapide à l'endroit où elle avait été. L'illusion avait disparu. Je ne m'attardais pas sur l'expression qu'il pouvait y avoir sur les traits de Stain. Je ne voulais pas voir sa réaction à cette crise involontaire.

Je tâchais de me ré-ancrer dans le présent. Dans cette planque poussiéreuse, havre perdu dans cette jungle de givre et de neige. Plus bas, je pouvais entendre les zombies se heurter aux murs, comme des mouches imbéciles attirées par la lumière, la chaleur. Le sang, ils cherchaient le sang et la chair fraîche. Bien sûr.

Comme si ce rappel de la situation devait me tirer de mon état halluciné, je retrouvais avec soulagement l'esprit tactique qui me caractérisait. Nous étions coincés ici, les zombies n'allaient certainement pas nous atteindre de suite, mais je n'avais pas l'intention de m'éterniser dans une planque à quelques mètres de cadavres ambulants affamés.

J'évaluais d'un regard rapide la jambe de Stain. La blessure n'était pas encore totalement guérie mais la chair s'était refermée suffisamment pour que le sang ait cessé de couler. Encore quelques minutes et l'autre métamorphe serait probablement capable de se déplacer. Mon arme de service était dans son holster, mais prévoyant (ou peut-être paranoïaque), j'avais un deuxième flingue avec moi. De plus petit calibre et certainement pas avec suffisamment de balles pour tous les sans-cervelles qui nous attendaient, mais c'était mieux que rien. Retraverser tout New York pour retourner à La Nouvelle-Orléans avec une seule arme de bonne puissance pour deux ne m'enchantait guère. La mission pouvait bien aller se faire voir quand j'avais un blessé sur les bras.

Je tendis l'arme à Stain.

« Remercie mon côté parano. Allez, en route. »


[RP clôturé]



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