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 What was right is wrong [PV Ellie]

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Féminin
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MessageSujet: What was right is wrong [PV Ellie]   Mar 11 Nov - 22:26

Ces journées surfaites, mécaniques entraînent une récente apathie qui éteint la colère latente. Ses cris internes se sont eux-mêmes perdus en échos dépossédés de leur sens premier à chaque répétition. Rien à signaler, non. Pas de réel faux pas. Pas d’anormalité. L’ennui le traque, le dénonce à son éternelle remise en question et tire la conclusion qui s’impose. Son existence doit ressembler à ça désormais. Pourtant conquis à l’idée de ne vivre que par détours et par monotonie, il se surprend à allonger le cou en début de soirée pour observer les emplois du temps du personnel. Ses yeux se nichent sur le nom qu’il convoite, davantage sur l’heure à laquelle il est associé. Quelques notes qui s’articulent déjà dans son esprit. Une mélodie factice qui le lie mentalement au caméléon de la Nouvelle-Orléans. Il aimerait connaître la véritable consonance de son prénom. Le mystère entretient ce pan d’imprévisibilité qu’il croit vouloir étouffer mais qu’il gratte toujours plus à l’ombre de sa conscience. Son regard distance l’horaire affiché pour se concentrer sur les dossiers face à lui. Il en classe deux, réorganise le troisième et finit ensuite par sortir des bureaux pour gagner le couloir principal.  Encore quelques minutes. Il scrute déjà les visages proches dans l’expectative. Il est en train de l’attendre. C’est vrai mais il préfère s’inventer une autre réalité dans le faux. Il a besoin de se dégourdir les jambes. Il a besoin de voir autre chose que les néons fadasses du local administratif. Il a besoin d’être de retour sur le terrain  tout simplement. Il a besoin de croire à ses propres mensonges. Quelques blessés traversent les allées. On ne l’interpelle même pas pour porter main forte. Ils ne sont pas spécialement débordés ce soir. Raison de plus pour rester là. D’une nonchalance effrontément  simulée, il se dirige vers la machine à café et se sert pour se donner une certaine contenance.  Le norvégien ne pousse pas le vice jusqu'à goûter la cendre sur ses papilles décédées depuis la transformation. Il ne s’en tient qu’à un léger tapotement de doigts sur le plastique en fixant à intervalles quasi réguliers le va et vient des urgences.

Une ambulance se gare alors dans l’entrée, sirènes hurlantes. Elle recrache une civière assez vite dans une précipitation qui alerte déjà l'urgentiste. La gravité de la situation qu’il discerne derrière les portes vitrées, l’oblige à déposer son gobelet sur une surface proche pour venir récupérer le blessé. Il réceptionne le brancard  rapidement, les pupilles figées sur les trois trous béants dans la poitrine. Quand il redresse le nuque durant le diagnostic des ambulanciers, son cœur loupe un battement avant de se replier sur lui-même. Ses doigts se resserrent sur le métal qu’il porte vers une des salles de réanimation et de soins, déjà rejoint par une autre infirmière. Les couleurs ne sont plus qu’un joli ballet dansant pour sa rétine collée à la victime d’une fusillade. Ses mains tremblent quand elles relâchent la pression pour trouver le matériel dans la pièce. « Lawson et Roger sont déjà occupés, qui d’autre est présent ? » Le scandinave  trébuche, se rattrape et aspire l’air en faisant des bruits trop organiques, trop bruyants, concrétisant de manière sonore son impuissance. « Reilly ? » Son menton pointe vers sa comparse. Il bredouille un simple « Redfield. Redfield devait prendre son service. » d’une voix hachée, qui s’effrite à chaque syllabe. Ça ne le rassure pas. Ça ne le rassure pas du tout. La pratique, elle ne maîtrise pas. La peur tisse aussi sûrement sa toile dans sa poitrine, garrotte sa trachée alors que les constances de Brashen s’affolent, s’effondrent ensuite. « On va le perdre. » Ezra agit avec habitude entre deux moments de panique pure. Il compresse les plaies tandis que sa coéquipière s’agite autour du corps étendu. Il s’autorise un seul coup d’œil sur le visage livide et sans vie de son ancien allié. Cet abruti a souvent oublié de s’équiper d’un gilet pare-balles. Cet ahuri n’a jamais retenu la leçon. Combien de fois a t-il pu lui crier dessus à cause de ce manquement aux règles élémentaires ? Combien de fois l’a t-il contraint au demi-tour dans ce but ? Il ne compte plus qu’en litre de sang déversé désormais. Le rouge qu’il ne voit d’ordinaire même plus, attaque ses pupilles, les comprime jusqu’à ce qu’il n’y ait plus que le vermeil dans la pièce, remplissant tous les interstices, menaçant, bien présent. Tout est noir et blanc hors champ.

Un vertige le déstabilise, la sueur froide dégringole ses tempes, il perd les pédales. Il a besoin de parler. Il doit se recentrer. Il doit sentir qu'il contrôle les faits, comme d'ordinaire, comme si il s'agissait d'un anonyme. Son indifférence ne retrouve pourtant pas le chemin de ses traits et de son attitude quand il évalue de son ténor instable « Hémorragie interne. Au moins une artère de sectionnée. Il faut faire des exam… » « Pas le temps, pas le temps ! Le bloc opératoire tout de suite, je vais contacter Chambers. Où est Redfield ? »  L’ancien peacekeeper tient littéralement la vie de l’américain entre ses mains quand sa seule alliée s’efface derrière un mur pour appeler du renfort. Il se penche alors en ne cessant pas d’appuyer sur les points d’impact – c’est tout ce qu’il reste à faire. « Hall ! T’as pas intérêt à me faire ça ! Accroche-toi. Putain, bats-toi, fais pas le con. » L’infirmier se sent misérable, recroquevillé sur une carcasse mutique, pour parler à des paupières closes. Il continue pourtant, buttant contre le silence avec obstination. « T’en as vu d’autre. T’en verras d’autre. T’es trop jeune, merde. Pense à ton frère. Pense à lui. Tu peux pas l’abandonner. » Il ne veut pas savoir comment Reyn Hall vivrait ce drame. Non, il le sait déjà. Il le sait tellement bien. Tous ces hommes qui se pensent invisibles, qui croient pouvoir chasser l’horizon, dérober l'Univers sans protection, avec seulement l’ambition ou l’héroïsme en écharpe. Brashen n’est pas Kyran. Il n’a rien fait pour mériter ça en dehors de son devoir. C’est un idéaliste, un rêveur et un foutu impulsif pas fichu d’enfiler son équipement au complet. Mais c’est quelqu’un de bien, avec des valeurs et un besoin viscéral de sauver un monde en perdition. Ça ne peut pas finir ici, comme ça.

Le moniteur annonce une chute drastique du rythme cardiaque sous le regard complètement paniqué de l’ancien métamorphe. « Non… Non… Non… » Il demande de l’aide, hurle, s’époumone jusqu’à ne plus réussir à respirer. Une silhouette émerge juste derrière lui quelques secondes après, il ne peut l’identifier mais ça n’importe pas. « Vite. Son cœur lâche. » Il ne peut pas bouger, les doigts contractés sur la poitrine ensanglantée de l’humain. « Le produit sur la table. Il faut lui injecter. » Terrorisé mais déterminé à le sortir de là, il s’apprête déjà à le réanimer si besoin est. Il refuse de l’abandonner, il refuse de se résoudre à l’inéluctable. Il refuse que leur dernière conversation s'arrête sur cette séparation sordide. Il refuse l’échec. Il refuse la perte. Il ne peut pas perdre un ami. Pas comme ça.

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MessageSujet: Re: What was right is wrong [PV Ellie]   Lun 17 Nov - 22:53




Le café qu'elle tient fermement dans sa main droite est si chaud qu'elle s'en brûle presque les doigts. Mais elle ne réagit pas. Elle continue de marcher à travers l'hôpital sans vraiment prêter attention au personnel qui lui adresse pourtant des regards courtois. Elle connaît parfaitement le chemin qu'elle emprunte. Ses pas suivent la même trace presque tous les jours. Elle pourrait l'exécuter les yeux fermés. Après plusieurs mois de comédie dans l'enceinte d'un tel édifice, elle a appris à se repérer et à retrouver sa route dans le dédale interminable de couloirs. Elle, qui se fait appeler Docteur Redfield depuis son arrivée à la Nouvelle-Orléans, a pourtant tout à prouver. Surtout aux yeux de celui qu'elle redoute le plus. Celui qui la menace. Celui qu'elle craint. Mais aussi celui qu'elle provoque. Celui sur qui elle veut poser les yeux en arrivant chaque jour à l'hôpital. Celui avec qui elle prétend être en guerre perpétuelle et dont elle cherche pourtant la présence. Celui qui la fait se sentir en sécurité. Le premier depuis longtemps. Il l'agace autant qu'il l'attire. Elle ne peut s'empêcher d'être odieuse avec lui et il le lui rend bien. Son arrogance et sa froideur reprennent le dessus à la seconde où leurs regards se croisent. Et ils se croisent, involontairement, du moins c'est ce dont ils veulent se persuader, plus souvent qu'ils ne devraient. Mais jamais, ô grand jamais, Ellie n'admettra sa faiblesse. Et justement, ce matin-là, elle s'attend à le voir quelque part dans les couloirs, pour une autre rencontre hasardeuse et hargneuse. Mais il n'est pas là. Il ne l'attend pas. Presque vexée, comme une gamine qui n'a pas eu assez de cadeaux à Noël, elle continue sa route, machinalement, vers les vestiaires, termine son café, s'habille, s'apprête à aller passer en revue les dossiers qui lui ont étés confiés pour la journée. Mais son biper se met à sonner. Encore et encore.

Elle se rue vers les urgences. Car c'est là qu'on la demande. Les urgences, sa plus grande hantise. Elle redoute chaque cas qui y fait son entrée. Surtout lorsqu'elle est censée être la médecin titulaire de garde. Celle qui doit poser les  bons diagnostiques, prendre des décisions, manipuler des patients. Tout ce qu'elle ne sait pas faire. Elle a passé des dizaines d'heures, peut être mêmes plus, à lire et relire des bouquins et revues scientifiques. Tout ça dans le but de maintenir les apparences le plus longtemps possible. En dehors de quelques manipulations simples, la brunette est incapable de faire ce qu'un médecin comme elle est censé savoir faire. Elle a tout falsifié. Ses diplômes, son expérience. Jusqu'à son identité. Rien n'est vrai la concernant. Elle n'est qu'un mensonge. Un piètre mensonge qui pensait sincèrement pouvoir se défendre dans ce milieu de requins qu'est la médecine. Mais elle n'a pas d'armes pour se battre. Mis à part sa mémoire. Sa mémoire eidétique qui l'aide, certes, dans certains cas, mais qui ne pourra jamais guider ses gestes comme le ferait la mémoire de l'expérience. Alors, en attendant, elle trompe tout le monde en se dérobant le plus possible. En faisant passer son incompétence pour de la pédagogie. La plupart du temps. Quand elle arrive aux urgences, les hurlements d'Ezra à travers la salle de soin lui glace le sang. Le front plissé d'inquiétude et d'angoisse, elle est vigoureusement interpellée par un infirmière qui lui balance le diagnostique de son patient en quelques secondes. Plaies multiples par balles au niveau de la poitrine. Hémorragie interne. Artère sectionnée. Elle s'étonne que cet homme soit arrivé en vie à l'hôpital. « Préparez un bloc, tout de suite », lance-t-elle sèchement à l'infirmière qui n'attend pas pour lui répondre un « C'est déjà fait » pressé et inquiet. Si la victime a encore assez de ressources pour arriver jusqu'à la salle d'opération, alors peut-être que les chirurgiens pourront la sauver. Peut-être.  

La brune pénètre brusquement dans la salle d'examen quelques secondes plus tard, sans dire mot. Ezra ne lui en laisse pas le temps. Il à l'air complètement paniqué, son regard en dit long sur son état actuel. Les yeux du Daybreaker métamorphosés par la peur eux, en disent long sur le fait qu'il doit connaître la victime. Indéniablement. Le sang s'écoule de partout. Les plaies ne sont pas belles à voir. Les doigts de l'infirmier sont contractés sur la poitrine du patient et tentent de ralentir l'hémorragie. La volonté qu'il met à vouloir sauver cet individu surprend l'humaine qui ne l'a jamais vu porter autant d'attention à un quelconque patient. Quel qu'il soit. Elle ne réfléchit pas vraiment et court de l'autre côté du brancard. Sur le moniteur, le rythme cardiaque chute un peu plus à chaque seconde. La voix d'Ezra s'élève à nouveau, aussi paniquée que son regard. Il articule quelques mots. Un produit, sur la table. De l'adrénaline. Évidemment. Elle y aurait certainement pensé, mais peut-être trop tard. La seringue est prête, il ne reste plus qu'à l'injecter. La brune s'en saisit vigoureusement, déterminée. Alors que les battements du coeur de la victime ralentissent toujours un peu plus. Elle voudrait passer la seringue à l'infirmier, se délester de cette responsabilité. Mais il a les mains prises et il est hors que question qu'il relâche la pression sur les blessures. Elle ne veut pas qu'un geste mal venu de sa part cause la mort de son patient. Mais c'est son inactivité qui pourrait tout aussi bien lui coûter la vie. Prise de panique, elle ne sait plus quoi faire. Elle n'arrive pas à rassembler ses souvenirs pour savoir qu'elle méthode serait la plus efficace dans ce cas. Alors plutôt que de planter directement la seringue dans le corps meurtri de l'humain, elle choisit l'intra-veineuse déjà en place. Moins rapide mais plus sûre pour elle. Elle n'a plus qu'à espérer qu'elle ne paiera pas le prix de son inexpérience, une fois de plus.

Sur le moniteur, rien ne change pour le moment. Le rythme cardiaque continue de chuter inlassablement. Les sonorités morbides se font de plus en plus présentes. Et elle, est prise de sueurs froides. Visiblement, l'adrénaline n'a aucun effet. Elle s'en veut. Son coeur à elle, bat bien plus vite que la normale. Les yeux rivés sur les plaies qui ne cessent de saigner, et les mains d'Ezra toujours pressées sur le torse du patient, elle jure silencieusement. La brune n'attend pas plus longtemps. Elle remonte les bras du brancard en lançant à l'infirmier « On l'emmène au bloc, maintenant ! », accompagné d'un regard neurasthénique. D'un mouvement de pied, elle débloque les roues et s'apprête à le faire sortir de la salle de soin en toute urgence, lorsqu'une longue tonalité aigue se fait entendre. La fugitive retient son souffle. Un son macabre à ses oreilles. Puis le silence.
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MessageSujet: Re: What was right is wrong [PV Ellie]   Ven 21 Nov - 0:44

Le vermeil teinte ses mains avec inconvenance. Il a oublié de mettre des gants dans l’urgence. Il ne supporte pas ce contact direct avec l’hémoglobine et pas seulement pour des questions évidentes d’hygiène et de sécurité. Il se revoit exécuter des gestes maladroits sur le thorax de Kyran pour le ramener, pour le sauver. Toute cette horrible scène dont il a cru avoir effacé la plupart des images, se superpose au présent, il se rappelle avec une netteté foudroyante des sensations, des questions qui lui ont traversé l’esprit et de cet égoïsme viscéral qui l'a conduit à le haïr aux jours nouveaux. Pourquoi l’abandonnait-il ? La pellicule s’étend devant sa rétine, le drame prend une autre forme, dessine un autre visage et une autre fatalité, bien plus injuste. Mais c’est sensiblement tragique de la même manière. Trop jeune, avec des proches accrochés à chaque bras. Ezra se laisse gagner par une violente culpabilité. Il aurait dû lui dire ce qu’il était. Il aurait dû lui faire confiance. Il aurait dû… Non, c’est ridicule. S’il survit – et il le doit, il ne lui dira pas et de toute manière, ça n’aurait rien changé. Ou peut-être que si. Si il n’avait pas démissionné, peut-être qu’il aurait pu être là, peut-être qu'il aurait pu lui éviter ce cauchemar. Il dérive encore quelques secondes avant de relever ses yeux de la mare de sang. Ils accrochent la silhouette présente. Son cœur remonte dans sa gorge pour toutes ces raisons irrationnelles inexplicables - et inexpliquées d’ailleurs. Au début, il se sent rassuré. Il ne sait même pas pourquoi. Mais le comportement du médecin l’oblige à reconsidérer rapidement ce sentiment vorace de réconfort. Elle a l’air perdue, confuse. Ce n’est pas le moment pour des états d’âme, pour s’égarer dans un miasme de considérations. Alexis n’est pas une professionnelle. Son estomac se contracte jusqu’à la douleur physique. Brashen mérite mieux que ça - un infirmier paniqué et un faux docteur. Il veut crier, la forcer à agir mais sa voix semble obstruée sans qu’il ne comprenne la provenance de la gêne. Toute son angoisse s'est matérialisée en une boule épaisse qui a pris possession de sa gorge pour y construire son nid. L'oiseau qui en sort lui perfore le larynx. Heureusement, elle finit par avoir un réflexe censé mais ça ne suffit pas. Son cœur ne reprend pas.

Le norvégien appuie plus vigoureusement encore sur les plaies, il est prêt à se battre pour deux. Son propre rythme cardiaque cherche inconsciemment à pallier à l’organe déficient du peacekeeper. Il s’accélère de seconde en seconde, comme pour donner la bonne note au moniteur affolé. Il devient aussitôt un poids insoutenable sur sa poitrine, comme une existence indésirée qui lui rappelle qu’il est toujours là, lui. Lui, cette monstruosité qui aurait dû mourir juste après que ce zombie lui ait déchiqueté son flanc droit. Lui qui n’aurait pas dû survivre à la fièvre. Lui qui n’aurait déjà même pas dû survivre à sa première chute. Il en vient à maudire Kitty, sa Kitty qui a fini par partir elle aussi. Pourquoi doit-il être le témoin ? Pourquoi doit-il survivre à toutes les personnes auquel il tient ? Mais il ne s’agit pas de son histoire. Il s’agit de cet homme. Un des seuls types qui aurait pu changer la donne, réparer un Monde malade. Quand la brune prend les commandes, il se voit lui obéir. Son autorité est soudainement indéfectible. Sa voix, un point d’ancrage, un filament de lumière au milieu de ténèbres opaques. Il s’apprête à la suivre, les paumes toujours collées à la cage thoracique du blessé mais ils n’ont pas l’occasion de franchir la porte. Si la mort possède un seul son significatif, c’est celui-là.

Le cri strident de la faucheuse percute chaque os qui le compose, ébranlant tout son squelette, transcendant la chair. Il croit trembler sous l’onde de choc mais il est pétrifié. Il a soudainement froid, tellement froid que sa mâchoire claque à deux reprises. Le scandinave a une seconde d’absence durant laquelle il ne sait plus quoi penser de sa situation, c’est à peine si il a conscience de son environnement. Le déni longe doucement ses méninges, l’acharnement le talonne abruptement. Ses mains se contractent et débutent un massage cardiaque vain. Il recommence, encore et encore jusqu’à ne plus sentir ses phalanges. Les hurlements de la machine sont intraitables. Il ne les accepte pas. Brashen peut être sauvé. Il va se battre. Il le doit. Pas lui, pas lui. Plus il appuie pourtant, plus les blessures s’ouvrent et déversent l’essence de la victime. Le sang grimpe sur ses poignets, grignotent ses bras. Il est encore tiède. C’est un adieu qu’il n’entend pas, trop occupé à se focaliser sur sa seule mélopée organique. « Reilly, cet homme est mort. Arrête, c’est terminé. » L’autre infirmière est donc revenue. Elle n’a même pas été fichue d’être là au bon moment, qu’est-ce qu’elle en sait ? Il ne l’écoute pas. Il s’obstine. « Ezra, bon sang ! Ça suffit ! » Ses pulsations deviennent encombrantes, il a mal aux endroits où son acolyte a été touché. Chaque respiration est une nouvelle balle qui se fiche dans son buste à lui. A croire qu’il doit souffrir autant que lui pour parvenir à le sortir de là. Mais on ne ramène pas les morts. Pourquoi ? Kyran a eu droit à une seconde chance. Lui-même est revenu d’un long voyage. Un sorcier. Il lui faut un… Le regard fou, il s’arrête sur le prétendu toubib. Comment détecter une magicienne d’une humaine ? « Putain Reilly ! » La main qui se pose sur son épaule le plaque à la réalité. Et elle est tellement laide qu’il veut l’abolir, la démolir à mains nues quitte à s’écorcher, quitte à perdre tout ce qu’il lui reste. La possibilité de continuer.

Son bras ne fait pas que reculer la paume de sa collègue, il la rejette avec suffisamment de force pour qu’elle heurte le mur et s’effondre à terre. L’urgentiste garde les doigts vers le haut, le liquide criard qui teinte férocement son épiderme, roule avec lenteur jusqu’à son coude. Rivière docile, tranquille, elle le contamine jusqu’à ce qu’il soit capable d’opérer le plus simple constat. Brashen Hall est décédé entre ses mains. Il se retourne alors sans montrer le moindre égard pour sa comparse sonnée. Il préfère contempler son ancien allié. Pas de filtre devant la rétine, juste les faits. La lividité est encore inexacte à certains endroits de son visage mais elle ne fait aucun doute pourtant. Les paupières closes, la bouche légèrement entrouverte. Il observe le défunt comme on admire un tableau avec décadence oculaire à force de fixe des contours, des couleurs jusqu'à ce que ne devienne qu'ombre et lumière, avec une palette d’émotions incertaines sur le visage, avec la peur de comprendre l’intention derrière les traits. L’œuvre n’est pas grandiose, la Mort a moissonné cette âme avec peu de soin, avec une bonne dose de cruauté, sans prendre le temps d’affuter sa lame. Il redresse un bras, passe le dos de sa main sur son front, la ramène sur sa tempe trempée de sueur, la mélange très rapidement avec l’hémoglobine, traçant des traits hasardeux sur son faciès. Le sel rencontre le fer, tranchant et amer. Masque rustique, peinture de guerre. Il faudra vivre avec ça maintenant. Il titube, recule à moitié, s’accroche à un meuble quelconque pour détailler le cadavre de plus loin encore. Cadavre. Ce n’est déjà plus une personne. Ce n’est déjà plus qu’un amas de chair déchirée auquel on apposera un numéro de rangée à la morgue. Qui finira dans une tombe ou en cendres. Ça n’aura plus de valeur. Il n’est plus là. Celui qu’il regarde, c’est déjà sa copie ratée. Un mauvais clone à la génétique enraillée. Il est parti.

Oui, c’est vraiment terminé.

« Fais le sortir d’ici tout de suite ! » Celle qu’il a renversée plus tôt, ne s’adresse pas à lui. Elle parle à Redfield. Il pourrait se déplacer tout seul, s’isoler, reprendre pied. Mais sa force se place encore dans le plus mauvais objet de la pièce, dans ce tintement aigüe et agaçant. Quand l’autre employée le débranche, il se sent orphelin à nouveau. Maintenant, tu dois creuser le trou, Sven et déplacer le corps. Ça semblait facile de se donner une tâche simple pour surmonter la collision. De se donner une raison pour continuer à gâcher l’oxygène après une perte humaine. Qu’est-ce qu’il doit faire là ? Appeler son petit frère ? Pour lui expliquer qu’il n’a pas été capable de lui porter assistance ? Pour faire l’éloge d’un flic au courage et à la ténacité exemplaire ? Qui est-il pour jouer ce rôle ? Juste un ancien coéquipier qui s’est barré sans explications. Juste un ami qui n’en a jamais mérité le titre. Juste un incompétent qui n’a pas réussi à le sauver. Ses prunelles remontent durement le chemin du brancard à la jeune femme à ses côtés. « Qu’est-ce qu’on a fait ? » Rien. Rien du tout ou presque. Ce n’a pas été suffisant. Et il est mort. Mort.

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MessageSujet: Re: What was right is wrong [PV Ellie]   Mer 26 Nov - 23:56




Le sang se répand sur le carrelage comme le cyanure s'infiltre dans les veines. Toujours un peu plus. Toujours un peu plus répugnant. Angoissant. Augmentant ce sentiment d'impuissance qui ne l'a pas quittée. Elle étouffe. Dans la salle de soin, le bruit macabre n'a de cesse de résonner, rebondissant contre les murs et venant percuter douloureusement ses tympans. La tonalité mortelle la paralyse et lui fait réaliser que c'est terminé. S'en est fini de son patient. Il a succombé et se laisse maintenant aller sur le brancard, son cadavre sans vie prêt à être emmené à la morgue. Car c'est ce que veut la procédure. Elle retient son souffle, comme si elle s'attendait à ce que le blessé reprenne soudain vie et se redresse brusquement sur la table. Comme si cette boucherie n'était qu'un cauchemar, l'incarnation de sa plus grande peur et de son angoisse la plus profonde. Comme si cela lui était destiné à elle. L'imposteur. Son regard se perd sur le corps déjà devenu pâle mais pourtant encore tiède. Sur son torse, les mains de l'infirmier ont déjà entreprit un massage cardiaque vain. Elle reste pétrifiée. Un sentiment de désespoir l'envahit sans qu'elle puisse le refouler. Bien qu'elle aurait voulu s'épargner des remords, elle n'y parvient pas, c'est plus fort qu'elle. Ce qu'elle a fait, ou n'a pas fait, à peut être coûté la vie de cet homme dont elle ne sait rien. Peut être était-il quelqu'un de bien. Quelqu'un qui méritait de vivre. De vivre plus longtemps. Et le voilà parti. Définitivement. Et s'il a succombé à cause de son manque d'expérience et de son incompétence, alors elle s'en voudra. Mais au fond d'elle, elle sait qu'il était sûrement déjà mort avant de franchir les portes de l'hôpital. Sa cage thoracique a été perforée plusieurs fois, éclatée par balles. Personne n'aurait pu survivre à de telles blessures. Personne d'humain. Ou peut être cela est-ce seulement ce dont elle veut absolument se convaincre. Peut-être est-ce ce dont elle veut se persuader pour se donner bonne conscience et se délester de ce poids immonde qu'elle porte sur ses frêles épaules de faux médecin.

La porte de la salle d'examen fini par claquer. Réveillant la jeune femme de sa paralysie. Elle secoue la tête et reprend son souffle. Mais ses muscles refusent d'esquisser le moindre mouvement. Elle reste pétrifiée sur place, impuissante. Elle n'a aucune idée de ce qu'elle est censée faire. Sa mémoire lui joue des tours, certainement sous l'effet de la panique dans laquelle elle s'est trouvée quelque minutes plus tôt. L'adrénaline n'a pas pour habitude de la stimuler. Au contraire. Elle a besoin de rester sereine pour pouvoir se concentrer et rassembler ses connaissances. Se retrouver dans une telle position la gèle sur ses pieds. Ses mains, ses doigts, elle ne sait pas quoi en faire. Elle entame des bribes de mouvements mais se ravise en réalisant qu'elle ne sait pas vraiment ce qu'elle veut entreprendre. Tout est confus, flou dans sa tête. L'infirmière reprend les choses en main, tant mieux. Car Ellie n'est plus capable de rien à présent. Son regard éteint se pose sur Ezra qui n'abandonne pas. Malgré qu'il sache pertinemment que c'est terminé. Il continue de presser ses mains contre la poitrine déchirée du patient. Mais pourquoi s'acharne-t-il autant ? Un voix féminine s'élève. Mais elle n'a aucun effet. Aucun. Elle se fait entendre une seconde fois, plus incisive et tranchante. Autoritaire. Mais l'infirmer s'obstine. Les yeux effarés du Daybreaker croisent brièvement ceux de la brune mais elle ne se sent pas la force de maintenir son regard très longtemps. Elle détourne la tête, troublée, traumatisée. Ce regard qu'il lui a lancé lui glace le sang. L'infirmière insiste elle-aussi. Trop peut-être. Et la réaction d'Ezra ne se fait pas attendre très longtemps. Il la repousse violemment et la bonne femme part heurter le mur derrière elle et s'effondre, allongée à terre, sonnée. Ellie observe, impuissante, une fois de plus. Elle n'a même pas le réflexe d'aller porter secours à sa collègue. Elle n'y prête pas vraiment attention pour être honnête. Elle ne prête plus attention à rien. Rien d'autre que le cadavre qui s'étend devant elle, ensanglanté. Elle devient sourde à ce qui l'entoure, ses yeux bloqués sur la peau livide, bleuâtre de son patient. Mort.

La torture prend fin. Lorsque l'infirmière débranche ce qui n'est plus qu'un corps et que la crissement aigu s'arrête. Tirée de sa torpeur par le silence, la fugitive inspire longuement. Toujours perdue entre ce que lui dicte sa mémoire et ce que ses membres lui autorisent. L'infirmière se met à lui hurler un ordre. Un ordre ? Cette infirmière s'est vraiment permise de lui donner un ordre, à elle, sa supérieure ? La brune tique légèrement, fronce les sourcils, revenant à la réalité grâce à cet excès de confiance. Un mal pour un bien. Elle décide finalement que le moment serait mal choisi pour une crise d'autorité. De plus qu'elle n'a pas été un exemple de maîtrise sur ce cas précis alors la coopération serait certainement plus appréciée. Le visage de la jeune femme retrouve lentement une expression plus familière. Son masque de froideur reprend place. Elle jette un regard meurtrier à l'infirmière mais reste silencieuse. Puis ses iris sombres se perdent sur Ezra. Sa blouse blanche n'est plus, elle n'est qu'un amas d'hémoglobine encore fraîche. Ses mains sont entièrement rouges, jusqu'aux poignets et son visage porte les stigmates de son intervention. Il semble tituber, s'accrocher à ce qu'il trouve pour ne pas tomber. Lui aussi est devenu pâle. L'infirmière à raison, il faut le sortir d'ici. Ellie s'approche de lui, le front plissée, mais toujours aussi glaciale.

« Toi ? Tu as tout fait. Tout ce que tu devais faire. », lui répond-elle doucement, dans un murmure autoritaire qu'elle aurait voulu plus rassurant. Mais elle est incapable de se montrer sous ce jour là. Elle ne parle d'elle, car elle n'a rien fait. Rien de ce qu'elle était censée faire. Ou pas assez rapidement, pas assez bien, pas assez comme il faudrait que ça soit. Pas assez tout. Et même si elle s'en veut, elle ne l'avouera jamais. Alors elle se concentre sur l'infirmier et ses remords à lui. Des remords qui n'ont pas lieu d'être. Mais peut importe maintenant. Il est couvert de sang, choqué. Sans esquisser la moindre expression ou le moindre mot, Ellie saisit l'infirmier par le bras, fermement, le guidant à travers les couloirs de l'hôpital. Elle le sent complètement affaibli entre ses doigts. L'impression qu'il peut lui échapper à tout instant l'effraie mais elle ne s'arrête pas pour autant. Elle traverse la foule sans leur accorder un regard. Elle ne s'arrête pas, jusqu'aux vestiaires. La pièce est froide mais peu importe. Maintenant, elle sait quoi faire. La jeune femme vindicative, celle qui garde tout sous contrôle refait surface. S'éloigner de ce cadavre était certainement un bonne idée. Elle se ressaisit à mesure que son propre rythme cardiaque retrouve une allure normale. Ezra ne réagit pas lorsqu'elle lui retire sa blouse tachée de sang et continue avec ce qui couvre son torse. Ses yeux sont vides. Alors la fugitive ne prend pas le risque de s'y perdre une fois encore. Trop effrayée de ce qu'elle pourrait y trouver. Ses doigts fins se referment une fois de plus autour du bras de l'infirmier. L'attirant un peu plus loin derrière les casiers des employés. Ellie l'oblige délicatement à se tourner pour que son dos entre en contact avec le pierre froide. Et d'un geste assuré de la main, enclenche le mitigeur de la douche. L'eau dévale sur la peau blafarde du Daybreaker, emportant avec elle les traces vermeilles qui couvraient jusque là ses membres et son visage.

Elle le laisse sous l'eau quelque minutes à laver le sang qui a marqué son corps à l'encre vive. Juste assez pour que rien d'évident ne lui rappelle ce qu'il vient de traverser. Ne le quittant jamais des yeux, bien qu'elle ne sache pas exactement ce qu'il vient de traverser, justement. Elle peine à comprendre la réaction de l'infirmier mais ne peut que l'accepter. La fugitive fini par envelopper ses épaules d'une serviette propre et le fait asseoir un peu plus loin, à l'abri des regards. Le silence la pèse. Mais qu'est-elle censée dire ? Elle doit avoir l'air tellement pathétique. « Comment tu l'as connu ? », c'est tout ce qu'elle parvient à trouver. Tout ce qu'elle arrive à articuler. En prenant place à ses côtés, elle soupire, s'exaspère elle-même. Elle ne sait plus vraiment si son ton sarcastique habituel est toujours bienvenu. La situation est loin de l'être, habituelle. Alors pour cette-fois, peut être va-t-elle oublier toutes ses mauvaises habitudes.
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MessageSujet: Re: What was right is wrong [PV Ellie]   Sam 29 Nov - 22:36

Pendant de très longues secondes, il n’y a vraiment plus rien. Où est sa belle Justice ? Celle qu’il chasse jour et nuit, à qui il a dédié la suite de sa misérable existence ? Qui est le Juge pour emporter l’accusé présumé ? Brashen n’aurait jamais dû se trouver là en premier lieu, c'est une bavure. Mais le sens est un étranger qui s’invite aux repas les plus incongrus pour dérober les aliments avant qu’ils n’atteignent la bouche des convives. Depuis le départ, il sait que rien n’arrive par hasard. Il sait qu’on ne peut contrôler les événements, encore moins les gens. Mais ça, c’est incompréhensible. Tout autant que la voix de la fausse doctoresse. La ligne mélodique suffit juste à accélérer son organe aortique, suffisamment pour que les piques de douleur soient plus intenses encore. L’infirmier contemple encore la Mort quand des doigts grignotent son bras. La prise est ferme mais rassurante. Sans au revoir, sans le moindre mot, il se laisse emporter et capture une dernière fois, un dernier souvenir visuel de son ancien coéquipier. Sûrement pas le meilleur. Les couloirs s’additionnent mais il ressasse le temps perdu, le temps passé. Le temps qui viendrait aussi. Il ne parvient même pas à se rappeler des dernières paroles échangées. Mais il sait sur quelle note ils se sont quittés. Les jambes cotonneuses, le cœur tout aussi moutonneux, il a l’impression de n’être qu’un simple nuage qui traverse un bâtiment en quête d’une fenêtre pour filer, retourner au ciel auquel il appartient. Plus d’ailes pour l’ancien métamorphe, coincé dans un corps de démon. Un spasme nerveux tord sa bouche, dérègle son équilibre et le fait relever une main pour agripper la paume qui le retient. Il la délaisse aussi vite pourtant. Le décor a changé, pas la peine qu’il éprouve. Elle est immuable, constante. L’impuissance le cloue au sol, le prive de ses sens. Il ne remue même pas quand elle lui ôte sa veste de travail. Il se laisse toujours faire quand elle le place sous le jet d'eau. Le froid met de longues secondes à entailler sa déconnexion et son déni de réalité. Les filaments percent sa carapace petit à petit, goutte après goutte. Ses yeux basculent alors sur ses doigts, ses bras maculés d'hémoglobine. Le rouge ondule et s'évapore en contrebas. Il le perd à nouveau. Ezra regarde le dernier témoin du massacre s'effacer sur son épiderme. Le vide se referme sur lui, sa respiration s'appesantit.

Quand il redresse la nuque, elle lui a déjà passé une serviette autour des épaules. Et aussi vite, il est assis. Alexis l'observe, il cherche à recomposer son indifférence pièce par pièce mais la question posée force ses traits à accuser le choc, émiettant chaque morceau qu'il a pu reconquérir. Son orgueil s'empare de sa carrure et la fait plier, sa paume grimpe alors et voile la majorité de son visage. De fines rivières dégringolent ses tempes, c'est à peine si il en a conscience. Le silence resserre l'étau de sa gorge et il finit par parler pour dissiper la douleur lancinante qui semble prendre un malin plaisir à se nourrir de son mutisme. Sa voix décomposée et instable lui semble étrangère. Ce n'est pas la première fois qu'il est dans cet état mais ça reste inédit ici, dans ces conditions. Avec Elle. « Je bossais avec lui. Avant... Quand j'étais peacekeeper. » Ses cheveux humides s'agglutinent de part et d'autre de son front, il cherche à les écarter mais les emmêle davantage. Ses doigts redescendent jusqu'à son torse. Son t-shirt lui colle désagréablement à la peau. Il a froid. « C'était quelqu'un de fiable, d'intègre ... De ... » L'éloge funèbre s'achève aussi subitement. Il éternue et laisse les frissons remonter sa colonne vertébrale mais seule sa tristesse importe pour l'instant. « Il faut contacter sa famille. Et prévenir son supérieur pour les frais de...  » Programmer la suite ne l'aide finalement pas. Il semble à court d'énergie, de mot, de pensée. La sollicitude de la brune l'embrouille plus qu'elle ne le soutient. Rien n'est familier, rien n'est rassurant, pas même les bruits grésillants des néons au-dessus de leur tête. Tout a changé maintenant.

Le norvégien se passe une main sur le visage. « On aurait pu le sauver. On aurait pu réussir à ... » Il cherche la colère, elle vaut mieux que cet accablement. Parfois, il lui suffit seulement de contempler son interlocutrice pour parvenir à s'emporter, parce que l'inexplicable le lie à elle et qu'il n'arrive pas à le tolérer. Mais même quand il croise furtivement ses yeux, il ne parvient qu'à palper un peu plus de son affliction, de sa culpabilité sans jamais sortir la tête de ses remords. Rocailleuse, abîmée, sa voix s'extirpe de son larynx avec une lenteur terrifiante.«  On a mal fait notre boulot. On aurait pas dû traîner, tu aurais dû être là à l'heure aussi. Tu aurais dû prendre les choses en main immédiatement. Les docteurs sont responsables des décisions. Tu as perdu tellement de temps... J'ai cru que tu n'allais jamais bouger de là...  » Ses reproches sont atrocement calmes, même pas glacials. Il comble les blancs avec ses propres regrets, remplit l'espace vacant par son chagrin inébranlable. Il l'accable afin de délester un peu de sa solitude, être deux à payer cet échec mais enfoncer sa comparse n'a jamais été une solution durable. Coudes sur les genoux, il serre ses mains l'une contre l'autre afin qu'elles forment un seul et uniquement poing. Il soutient sa tête de la sorte mais pas son âme ou du moins, ce qu'il en reste. Souvenir estompé, membre fantôme qu'il retrace ou cherche à retrouver avec ses actes. Il s'enfonce pourtant avec des intonations de moins en moins posées, un peu hachées, un peu moins flexibles.  « Ce n'est pas un jeu. C'est un hôpital. A quoi tu penses en gardant ton poste ici ? » Ce n'est pas entièrement sa faute. Mais c'est juste plus facile de vouloir la provoquer, d'être dans le conflit. Tellement plus simple. Il réagit aussi dignement qu'un Hogan, encore une fois. La bile remonte son œsophage à ce songe.

Livide, il se redresse soudainement pour la jauger prudemment. Ses frémissements continuent à se répandre, à lui marteler l'épiderme. Le bout de tissu qui lui sert de veste, est aussi humide que lui maintenant. Il est gelé. Il pense qu'articuler de son ténor bas et grave « Pourquoi tu t'es occupée de moi ? » va le réchauffer d'une quelconque façon. Il a envie de se rapprocher. Il a besoin qu'elle lui dise qu'il n'y est pour rien. Il veut qu'elle joue un rôle qu'il n'aurait jamais cherché à lui octroyer en temps normal. Mais qu'est-ce que la normalité au fond ? Il n'est plus certain de le savoir depuis longtemps déjà.

_________________

    Here I stand, helpless and left for dead
    Close your eyes, so many days go by. Easy to find what's wrong, harder to find what's right. I believe in you, I can show you that I can see right through all your empty lies. I won't stay long, in this world so wrong. Say goodbye, as we dance with the devil tonight. Don't you dare look at him in the eye, as we dance with the devil tonight. Trembling, crawling across my skin. Feeling your cold dead eyes, stealing the life of mine. ©endlesslove
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