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 Hate myself for still caring about you [Shining]

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MessageSujet: Hate myself for still caring about you [Shining]    Jeu 13 Nov - 20:47

« Je t’aime encore »
Les mots avaient résonné dans sa tête, s’entremêlant de pensées confuses. Que signifiaient-ils, avait-il seulement conscience de leur portée ? Ou les avait-il sorti comme une phrase normale, comme si Aeryn allait lui pardonner sans concession, faisant comme si de rien n’était ? Non. Il avait brisé les derniers pans d’estime qu’elle avait encore pour lui, les avait réduits en bouillie au moment où il avait levé la main sur elle, mauvaise, dangereuse, foudroyante. Il avait tout perdu : son amitié, sa compassion, son respect. Plus rien ne le rattachait à elle, rien qui ne puisse le remettre sur rail ce qu’il avait détruit, écrasé, arraché. Il est mauvais de briser le cœur d’une femme : si auparavant il avait été un ami, maintenant ne lui restait que ce masque d’indifférence et ce mépris. Refusant de le voir, de le croiser, même lui parler l’insupportait. Il l’avait frappé, et laissé ainsi en pleine rue. Quel genre d’ami était-il pour agir de la sorte ? Pourtant, malgré tout le mal que l’attache lui faisait maintenant subir, elle préférait panser ses plaies en rejetant la faute sur lui. Ce qu’il avait décidé de devenir ne lui correspondait tellement pas… son choix avait pourtant été fait. Aeryn l’acceptait à ses dépens, avait compris la leçon. Ne pas lui parler, ne pas l’approcher, et surtout… ne pas chercher à reprendre le moindre contact. Ses choix, il les avait pris, les assumerait en conséquence. L’antiquaire le rayait sans concession de son entourage, et définitivement de sa vie. Plus rien qu’un lambeau de souvenirs ayant un jour eu un impact bienfaiteur. La page tournée, la plaie finirait par se refermer avec le temps. Il fallait accepter, ce n’était pas comme si Aeryn avait le choix. Passer à autre chose et se dire que plus jamais elle ne se permettrait de s’attacher de la sorte à une personne. Jamais. Plus jamais. Deux semaines après l’incident, il lui arrivait encore d’y penser, l’amertume accompagnant à chaque fois ses pensées. La colère, la haine entourant les souvenirs se ternissant jour après jour. Lui pardonner était à la limite du possible, au-dessus de ses moyens. Certaines limites ne se dépassaient pas, Shining les avait écrasées, broyées.
Elle se sentait trahie.

Lorsque son cellulaire sonna, elle n’y crut pas. Comment pourrait-elle l’imaginer même, comment pouvait-il oser lui faire un coup pareil. Numéro d’urgence. Son numéro d’urgence à lui. Sans prendre la peine de l’en informer, de la prévenir. Comme si elle allait le prendre bien. Comme si elle allait venir. Que lui voulait-il franchement ? Il avait fait tout fait pour qu’elle le haïsse, enfonçait en plus le couteau dans la plaie pour le coup où il trépasserait ? Pour qu’elle ne manque aucune étape de sa destruction progressive, pour n’en perdre pas la moindre miette ? Cet appel la rendit venimeuse, ne faisant qu’accroitre l’amertume et la rancœur. Refusait d’y aller, de se présenter à l’hôpital, de lui venir en aide. Il n’avait pas hésiter à la tabasser, serait passible de recommencer. Pourquoi lui faisait-il subir pareil chantage ? Le numéro d’urgence. Le seul. Il n’y aurait personne d’autre, il l’avait piégée. Avait-elle le choix ? Voulant le croire, savait déjà la réponse. Alors elle partit rejoindre l’endroit où il se trouvait. Au moins pour savoir de quelle utilité elle pouvait être. Sa famille, voilà ce qu’elle représentait. Pourquoi ? N’avait-il donc personne au dehors pour veiller sur lui ? Trop lourd pour ses frêles épaules, impossible à supporter. Le poids de cet ami perdu lui faisait trop de mal pour qu’elle ait la force de le remettre sur les rails. L’antiquaire ne savait pas sauver les gens, n’avait pas cette qualité en elle. Ce n’était pas elle. Les rares tentatives s’étaient soldées par de cuisants échecs. Autant cesser le massacre. Franchement le hall d’entrée de l’hôpital, elle demanda le nom de Shining et s’engouffra à travers les longs couloirs vers le numéro indiqué. Cette odeur d’antiseptique, cette omniprésence de la faucheuse à travers les murs la mirent mal à l’aise. Seul le bruit de ses pas brisait le silence du couloir, seul sa présence à cette heure semblait briser la routine. De ce qu’elle comprit, il venait de faire un delirium tremens, et les explications apportées furent à moitié écoutées par la jeune femme. Que foutait-elle là ? Le regret se fit plus présent, jamais elle n’aurait dû venir. Pourquoi se soucier d'un homme comme lui, pourquoi ? Ce qu'elle pouvait être stupide. Trop tard maintenant pour revenir en arrière. Un frisson parcourut son échine quand elle entra dans la pièce. Ignorant à quoi s’attendre, refusant de le voir, d’affronter ce regard, cet homme qu’elle détestait. Pourquoi revenir vers celui qui l’aurait frappé à mort s’il avait pu ?

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MessageSujet: Re: Hate myself for still caring about you [Shining]    Dim 16 Nov - 17:25


Dernière nuit...

Qui l’aurait cru ? Arrêter de boire tuerait un homme. Cela aurait sa carcasse. Parachuté à l’hôpital après s’être donné en spectacle en pleine rue. Les médecins ne mirent pas longtemps à poser un diagnostic sur le mal de cet homme particulièrement agité. On le força à prendre place dans un lit, bien qu’il semble enclin à donner quelques coups. On pria la blonde de partir après l’avoir interrogé. Il entendit alors ; les pas de la licorne sur le sol. Claquant et menaçant. S’agitant de plus bel ; puis il a sentit cette aiguille traverser sa chair, il n’eut que le temps de jurer pour que le psychotrope soit injecté dans son muscle où il sera rapidement absorbé par les capillaires l’irrigant. L’on lui fit savoir que ça allait le détendre. Mais il n’avait aucune envie de se détendre. Au plafond, il vit passer les ailes d’un dragon et ses griffes laissaient quelques emprunte que personne ne semblait voir. Amorçant un geste agressif avant de se rendre bien compte qu’il était attaché au lit par deux sangles enferrant ses poignets. Alors, des cris de rage firent échos dans les couloirs du service des urgences, provenant d’un animal dangereux : de l’Homme.

Rapidement, il sentit sa volonté le quitter et sa bouche se tue. Il vit encore quelques papillons passer au dessus de sa tête, insectes rieurs et libres. Pas comme lui. L’enchainé. Il n’a plus conscience de rien autour de lui. Une aiguille dans le bras, de l’eau qui coule dans ses veines. L’on parle de déshydratation, de délire. On dit qu’il faut faire vite. Une petite stagiaire tente de l’interroger, mais elle a une tête de loup et l’homme refuse de lui adresser la parole. L’on chuchote. Il entend les langues claquer dans les bouches, il n’en comprend rien. Il ne veut pas comprendre. Il a soif. Il veut boire, il veut cette molécule dans son sang, il en a besoin. C’est vital. C’est alcool ou mourir. C’est mourir ou mourir.

Le lit bouge, en direction des couloirs de la médecine. L’on parle ; l’ascenseur parle. Les cafards courent le long des murs, ils viendront lui dévorer les entrailles, vif. Il se mit à pousser des hurlements, déraisonnables, une horde de rat à longue queue courant la dans chambre qu’on lui avait désigné. Oubliant tout, jusqu’à son propre nom. Hurlement de douleur, pétrifié de peur. Loin d’imaginer qu’elle était juste là, au bout du couloir et qu’elle pourrait entendre ses cris d’animal blessé parmi le bruissement de tous ces rats qui grimpaient le long des pieds de son lit sans qu’il ne puisse les chasser. Baignant dans sa transpiration, il se sentait mourir. Son cœur s’emballe, les scopes deviennent fou et les aiguilles se plantent inlassablement à tel point qu’il imagine que ce sont les canines aiguisés des rongeurs qui traversent sa chair. Candide, je viens à toi.

Quand elle entre, il est amorphe. Marmonnant sans cesse ; tremblotant de fièvre alors que personne ne sait décider ce qu’il faut faire. Alors, se sera à elle, de décider. Coma, soin ou pas soins. Elle était son seul proche, elle était tout ce qui lui restait ? Un nom jeté au hasard il y a plusieurs mois. Enfin, pas tant que ça au hasard, le seul nom qui lui était venu le jour où il c’était prit un coup de couteau. Il l’appelle ; sa sœur… D’une voix agonisante. Personne donc alors, ne voyait ses bestioles lui ronger l’intérieur ? Très bien, ils voulaient le voir souffrir. « Je vais mourir comme toi… Candide… » Ce prénom ne quitte pas ses lèvres, il l’appelle. Elle lui manque, elle lui déchire le cœur et il ne sait plus qui il était. Il savait seulement que Candide était là, quelque part pour lui. Qu’elle l’attendait. Qu’ils seront ensemble dans la douleur, qu’il ne l’abandonnerait pas cette fois ci. Il pleure. Il n’a jamais pleuré. Il est humain. Il est sobre, il est fou. Il va mourir, il va être elle pour de bon. Il supplie, pleure sa mère. Il pleure, il meurt. Il se noie, respire son sang. Il sent son cœur se détacher de son corps, il sent qu’il bat trop fort. Il transpire, s’étouffe. Ses jambes tremblent et il ne court. Plus répugnant alors que s’il était ivre, ô ils ont voulu qu’il le soit. Qu’il ne touche plus au verre. Très bien, ainsi soit-il. O Aeryn, son regard. Il la voit sans l’assumer, la regarde pour mourir ; murmurant encore le nom de celle qu’il n’a jamais cessé d’aimer.

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MessageSujet: Re: Hate myself for still caring about you [Shining]    Dim 16 Nov - 18:09

Il était là. Allongé sur un lit d’hôpital, nageant en plein délire. Cet océan d’alcool n’avait donc pas fini de l’abreuver. Ses frêles épaules ne pouvaient supporter ce poids. Le spectacle s’ouvrit sur un homme brisé, détruit. Ignorant certainement où il se trouvait, n’imaginant même pas ce qu’il venait de lui arriver. La prison, maintenant l’hôpital, rien ne le faisait réagir. Il n’y avait plus rien à faire que de l’abandonner à son triste sort. Que le laisser tomber, puisque sa chute n’en finissait pas de l’emporter, de l’anéantir vers le fond. Même au plus bas de son existence, il touchait encore plus profondément, creusant jusque sa tombe. Aeryn ne tirerait pas une épave à la surface, la laisserait sombrer jusqu’à l’abandon. Il n’avait pas le droit de la tirer à lui, de l’emmener vers le fin fond tout simplement parce qu’il n’y avait personne d’autre à appeler. Des années de silence radio pour au final se retrouver avec ça sur les bras, il était à remercier, vraiment ! Une palme d’or pour cette performance, chapeau bas !
Son état est déplorable. On lui avait dit qu’il délirait, qu’il fallait le ménager. Tu parles. Aeryn n’allait pas lui faire le moindre cadeau, lui ne lui en avait pas. Le souvenir d’un abandon dans une ruelle, tabassée jusqu’au sang en pleine nuit hantait sa mémoire, ardent. Pas de cadeaux pour les connards. Il ne lui en avait pas fait, elle ne se permettrait pas l’ombre d’une fleur. L’infirmière lui laissait du temps pour choisir, prendre une décision : elle refusait d’endosser ce rôle. Si elle était venue, ce n’était pas pour s’occuper de lui. A la voir, il semblerait que cela suscita une vague d’émotions chez l’homme : des larmes. Ainsi donc, il ressent quelque chose. Comme il est tard pour avoir des regrets, comme il est tard pour demander pardon. Se durcissant pour ne pas ressentir la moindre parcelle d’émotion, Aeryn resta de marbre face à ce spectacle, forçant l’indifférence sur ses traits. Comme à un enfant, elle ne se laisserait pas attendrir par la soi-disant tristesse qu’il pouvait affronter à l’instant. Au contraire, enfonçant le couteau dans sa plaie béante, peut-être aurait-elle toute son attention ? Pour une fois.

« Qu’est-ce que tu as fait ? Qu’est-ce que tu as encore fait ? Je te hais, je te déteste. Pourquoi me fais-tu cela ? Pourquoi ? Réponds, réponds merde ! »

Elle le gifla. Elle s’en foutait. De son état, de ce cadavre qui ne répondait plus. Du mépris. C’en était trop. Partir, tout de suite, sans un regard en arrière. Il ne pouvait s’enfuir, allongé sur ce lit, incapable de tenir debout, cadavre agonisant sur son lit mort. Il allait écouter, il allait recevoir ce flot d’insultes, cette vague de colère et de tristesse faisant briller ses yeux. Meurs. Aeryn le pensait fortement, prête à prononcer les mots pour l’achever. Meurs si c’est tout ce que tu sais faire de mieux. Cesse de me faire souffrir. Arrête. Laisse-tomber, si tu ne sais pas te battre. Il lui demandait quelque chose d’insurmontable. Aeryn ne voulait pas gérer une autre personne, refusait encore plus de le voir se tuer, ne voulait pas en être témoin. S’il se tuait, ce serait son choix. Pas le sien, hors de question de tremper là-dedans. De l’apprendre. Il était trop tard pour se reprendre, trop tard pour se remettre pour qu’elle s’en soucie. Ses émotions remontaient cependant, violemment. Prise au dépourvu, Aeryn se battait pour les contrôler, les atténuer et se calmer. Ce n’était pas possible pourtant, rester là à contempler ce spectacle des plus désolants, elle s’y refusait. Avant ça, il écouterait. Enervée, ses yeux avaient rougis, son visage également. Tempêtant comme une hystérique, la porte venait d’être fermée par ses propres soins. Aucune échappatoire pour l’un comme pour l’autre. Aeryn allait mettre un terme définitif à tout cela, au lieu de fuir à nouveau. En finir la délivrerait. Qu’il comprenne que c’en était terminé, qu’il reste dans sa merde puisque personne n’avait le droit de l’aider. Plutôt mourir que devenir l’observateur passif de ce spectacle désolant.

« Je ne veux pas être ta personne. Je ne veux pas, je ne peux pas, tu comprends ça ? Tu m'as fait regretter de m'être souciée de toi. J’ai compris, ai même eu le malheur de croiser ta route et d’en subir les  conséquences. Assume maintenant. Vis avec tes démons. Et laisse-moi tranquille. »

De rage, elle pointa un regard inquisiteur. C’est à lui qu’elle s’adressait. Qu’il pige ses propos ou non, elle n’en avait rien à foutre, elle n’attendrait pas son sevrage complet pour se faire entendre. Il n’aurait jamais dû l’appeler, jamais. De la pitié, elle n’en avait plus le moindre. Et ce qu’il savait au moins qu’elle se trouvait dans la pièce ? Son nom avait été prononcé, était-ce le fruit de ses délires ou la réalité que ses yeux voyaient ? Toutes ces questions, ces innombrables questions… pour au final, aucune réponse. Pour au final le regarder dans le blanc des yeux et n’avoir qu’une envie : pleurer.
Les larmes ne suffiraient pas à faire disparaitre tout le mal causé, ne répareraient rien. Leur unique utilité serait de la libérer un bon coup. Aeryn ne voulait pas verser une perle salée pour cet ivrogne, tarissant sa tristesse de son mieux, s’envahissant de colère pour la surmonter. Lui montrer sa faiblesse, lui montrer qu’elle se souciait, c’était le laisser gagner.
Pas question que cela n’arrive.

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MessageSujet: Re: Hate myself for still caring about you [Shining]    Lun 17 Nov - 2:05


Sa voix, elle parvient comme un écho lointain, au tréfonds de la terre, des enfers probablement. Elle le hait, elle le déteste. Pourquoi disait-il cela ? Il ne se souvenait plus. Il était maudit. Maudit ! Il reçoit cette gifle, il sent ce toucher. Sa main sur sa peau, ça claque. Cela fait du bien. Elle est là. A coté de lui. Son cœur en tenaille ; il suffoque. Répondre. Il tente. Sa bouche ne sait plus rien articuler. Il tire sur ses menottes ; il tire et s’en briserait les poignets. Il serre juste les dents ; il entend les petites pates, les fourmis qui entrent dans ses oreilles. Il les sent, elles viennent le dévorer de partout. Il va mourir, les démons sont à son chevet. En rouge est indiqué un palpitant battant à cent douze par minute ; l’on pousse dans la tubulure de quoi calmer ses ardeurs. Allait-on l’éteindre ? Oh ce poison. Il n’ouvre la bouche, les corbeaux n’attendent que cela pour lui dévorer la langue. Puis finalement, qu’en ferait-il une fois mort ? Elle parle, il n’entend rien. Il se sent secoué tout entier, son corps baignant dans ses draps humides. Que l’on ordonne sa fin, que la guillotine tombe !

Puis il attrape son regard, elle le fixe. Elle est humide elle aussi ; il n’a plus le contrôle de plus rien. Ne peut-elle point voir alors ? Il avait essayé il avait vraiment… Essayé… Plus une goutte. Comprenait-elle à quel point il était asséché ? Et puis finalement, elle s’en fichait probablement. Il pouvait mourir de soif que sa vie demeurerait la même. Il pouvait la voir, il pouvait voir son visage. C’était ça… C’était elle… Il la voulait, en dernier visage. Pas celui de Li, non. Pas d’un monstre qu’il avait secouru. Oh non, il avait touché le fond et il ne revenait pas. Impossible. Il ne savait pas nager.

Il pousse un cri déchirant, comme si quelqu’un venait de le poignarder. C’est elle. Son regard. Il est glacé. Il crie ; si fort. Puis si faible… Ses lèvres encore tremblantes… Vis avec tes démons… Non, il ne vivrait pas. Pas après ce soir, après cette nuit. Torturé par ce qu’il avait fait. Les souvenirs oppressant d’une violence. De ces poings qu’il serre. Il veut se frapper, se cogner comme il l’eu fait sur elle. Il veut s’en sortir, il veut mourir. Il veut boire. Il veut sauter, il faut plonger, ô ange noir.

« Je meurs… » Soufflait-il alors que son hurlement se meurt. Comment pouvait-il se lamenter après ce qu’il avait fait ? Il ne s’en rendait pas même compte. Les mots lui échappent, la douleur est trop intense. Il avait si mal. Il reçoit un bolus de sédatif et il ne sent rien. Des voix parlent ; il ne comprend rien. Que déciderait-on ? Il ne veut plus avoir froid. L’on est autour de lui et elle est avalée par cette valse de blouses blanches à tel point qu’il l’eut perdu. Egaré pour de bon. Si seul. Si froid. Elle n’a pas voulu choisir pour lui, il vivra alors. Parce qu’il est jeune, alors ils feront tout pour le garder en vie. Ils l’ont éloignée de lui et son cœur se déchire un peu plus. Ce n’est pas ça, il ne veut pas les voir. C’est elle… « Aeryn… Aeryn ! » Appelait-il, la voix brisée de son chagrin. Tant de torture. Il aurait juste voulu un mot, une main posée sur la sienne ; un regard moins dur. Il ne se demandait pas s’il le méritait ou pas. Il ne se souvenait pas ; puis se souvenait ; pour de nouveau oublier.

Il ne pu retenir un énième grognement de douleur, grondement au fond de sa gorge ne parvenant pas à faire vibrer ses cordes vocales. Il sentait alors qu’il était picoré de partout, de part ces aiguilles plantées dans sa chair. Pourquoi faire ? Il se débattait encore ; ses forces l’abandonnent et il vit alors l’ombre d’un ours qui finirait de clôturer ce carnage. Il tacherait les blouses blanches de pourpre et… « Aeryn… Att…Attention… Attention... » Etait-elle seulement là ? N’était-elle pas partie ? Ne l’avait-elle pas laissé ici, entouré de ce drap d’humain, ils recouvreront bientôt son corps sans vie. Sans vie, aucune. Son cœur accélère encore et fibrille. L’électrocardiogramme alerte et l’on apporte le nécessaire dans une course macabre. Son visage est déjà prêt pour l’enfer. Regardes donc ce que je suis devenu ma sœur, regarde ce qu’il reste : rien.

Mais qu’as-tu fait de ta vie, mon pauvre frère ? Je n’ai pas voulu cela de toi. Jamais. Il la regarde, il ne comprend pas. Est-ce possible. Elle est si belle. Elle a pris sa main et ses tatouages ont disparus. Elle sait comme il a mal. Oh son frère, son héros. Qu’était-il donc arrivé à son armure ? Repars Shining, repars et rend nous fiers. Non, jamais. Il ne le pouvait plus. Il n’y arrivait plus. Ses yeux grands ouverts fixent un plafond inexistant ; il n’y a pas de limite Shining à la folie. Aucune. ‘Son état est stabilisé’ ; il est donc si stable d’être en enfer ? Il a gardé les poings serré tout le long, il a senti son cœur se briser. C’était donc ça n’est-ce pas ? Elle l’avait abandonné. Il n’avait eu que ce qu’il méritait.

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MessageSujet: Re: Hate myself for still caring about you [Shining]    Mar 18 Nov - 3:00

Un cœur de pierre. Il la contraignait à devenir ainsi, à éteindre cette humanité pour ne plus souffrir. Il faisait partie des responsables de sa fuite de l’attachement. Encore une fois. Pourquoi cela devait-il à chaque fois mal se terminer ? Dès qu’elle se liait émotionnellement à une personne, dès qu’elle se dévoilait un tantinet, tout s’effondrait en un morceau, éclats d’une vérité lourde de sens. Elle ne pouvait pas s’attacher émotionnellement, pas comme ça. Pas ainsi. Et surtout, il n’avait pas le droit. Lui faire subir cela… ainsi… c’était du chantage. Purement et simplement. Affectif certes, ça n’en était pas moins nommé ainsi. L’affront ne lui était pas supportable. Sa gifle, il n’avait pas l’air d’en être indigné, ou même choqué. Rien de tout cela, il semblait bien au contraire étrangement apaisé. Aeryn ne souhaitait qu’une seule chose, lui en remettre une. Pour qu’il comprenne, pour qu’il arrête. Il l’entrainait dans sa propre démence, sa propre folie, la faisait s’écrouler comme lui. Et ça ne lui faisait pas même l’effet d’une réaction. Rien du tout. Qu’attendait-il donc, qu’elle se taillade les veines sous ses yeux pour réagir ? Sa personne avait trop d’importance pour qu’une autre n’éclaire son esprit d’une lueur d’intelligence.

Et puis ce cri à lui en percer les tympans. Déchirant. Brisant les dernières parcelles du masque qu’Aeryn dissimulait avec soin. Le personnel ne manqua pas de rappliquer à l’appel du sevré, et ce fut le moment pour elle de s’éclipser de la pièce, prendre l’air. L’entendant encore une fois à l’extérieur, elle marcha dans le couloir, à pas rapides, ignorant jusqu’à même ceux qu’elle croisa sur sa route. Certain membre pouvait la reconnaître, elle s’en foutait bien. Qu’on la laisse en paix, qu’on la laisse respirer. Ignorant ce qu’il se passait dans la pièce, elle ne pouvait pas rester, cette odeur d’aseptique dans les narines lui donnait la nausée. De mauvais souvenirs couplés de cette désagréable envie de lâcher prise, lâcher cette boule de chagrin la submergeant. Déjà, on partait la chercher ; numéro d’urgence ou non, elle ne souhaitait pas être impliquée, ni prendre la moindre décision, remontant à plus tard, retardant l’échéance. Non, elle n’avait aucun lien de parenté avec lui, ni même de relation proche. N’était ni la copine, la fiancée, ou la femme. Juste, une vieille amie. Plus rien entre eux ne semblait pouvoir les réunir. Terminées, les rencontres incongrues sur le toit, les rires, les blagues. Le passé ne se remettait pas au goût du jour, fait avéré qu’Aeryn avait appris malgré elle. On lui demanda si tout allait bien, on l’assaillit de questions. Installée sur un siège en salle des patients, elle se sentit encore suffoquée par ce personnel médical trop attachant. De l’air.
Elle sortit de cet endroit trop macabre. Se retrouva à la pause clope du personnel, aspira une bouffée proposée au passage. Ne fumant pas habituellement, elle ne sut dire si la nicotine eut un quelconque effet ; elle se sentit un peu mieux. S’éloignant des ennuis, fuyant, au fond, comme elle l’avait toujours fait. Refusant de retourner là-bas, elle lui laissait le soin de se débrouiller.

Démerde-toi Shining, c’est tout ce que tu mérites.
Elle était partie, avait filé en douce. Marcha. Longtemps. Dormir n’avait pas d’importance, seules ses pensées, ses idées l’envahissaient de cette amertume sans nom. Colère, rage. Remords. Pourquoi éprouvait-elle une quelconque culpabilité ? Il n’avait que ce qu’il méritait, il ne fallait pas. Pourtant… c’était comme l’abandonner, le laisser tomber. Comme on avait pu la laisser elle aussi s’écrouler, personne ne pouvant la rattraper en plein vol. Reproduire le même schéma, vraiment ? Ressassant sans cesse, Aeryn n’avait pas cette force de l’aider, Shining la faisait trop souffrir, dans cet état latent. Attendant de pouvoir embrasser la mort, la provoquant ouvertement, l’appelant à lui pour qu’elle vienne, et reparte finalement bredouille. Cela l’avait amusé au point de s’en tatouer un cadavre sur le corps, ou peu importe ce que c’était au final. Son visage la hantait, elle ne parvenait pas à s’en défaire. Sa marche la mena un peu partout dans la Nouvelle-Orléans. De ça, de là, jusqu’à en avoir marre. Jusqu’à en oublier sa peine, jusqu’à la mettre de côté et affronter la tâche qu’on lui forçait à assumer malgré elle. Les heures avaient passé, le temps également, peut-être était-il en meilleur état maintenant. Peut-être pourrait-elle avoir une conversation un peu moins tarie en sa compagnie. Peut-être… fallait-il cesser de faire des hypothèses impossibles.

Elle y retourna. Dans cet hôpital puant, direction cette chambre où il se trouvait. Ignorant à quoi s’attendre, ou plutôt si, elle y trouverait un ivrogne en manque de sa bouteille, de son jus, suppliant de lui donner de la vodka. Que de l’eau pour toi mon gars. De l’eau et rien d’autre. A peine revenue, qu’on lui donna des papiers à remplir. Qu’elle s’attela de faire en grognant ignorant les réponses à la moitié des questions. Qu’en savait-elle de ses assurances, de sa date de naissance ? Et non, elle n’était ni la sœur, ni la femme. Juste une personne sans grande personne. Un nom apposé sur un morceau de papier pour faire genre.
Pour faire genre, ouais.
Elle entra dans la pièce, lui fit face. Froide. Indifférente. Glaciale. Les yeux rougis par la fatigue, mais pas que.

« Alors ça fait quoi d’être sevré ? Je suis sûre que t’en meures d’envie de ta bouteille… Mais tu ne sortiras pas. Pas tant que tu ne seras pas tout à fait clean. »

En avait-elle le droit ? Peu importait. Le sarcasme dans sa voix, elle ne voulait pas flancher, pas devant lui. Plus jamais il ne la ferait souffrir comme il venait de le faire. Plus jamais… à chaque fois, c’est ce qu’elle se disait. A chaque fois, le même scénario reprenait. Roulée dans la farine, mise devant le fait accompli. Comment faire face à cet homme ? A cela, il n’y avait pas trente-six solutions… y mettre un terme définitif.
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MessageSujet: Re: Hate myself for still caring about you [Shining]    Mer 19 Nov - 23:26

Il est seul, il est froid. Cadavre. Ils sont là, autour de lui ; il a chaud. Humain. Il a pleuré, sa dernière eau. Il a pleuré, si vivant. Il ne sait pas pourquoi se battre, pourquoi lutter contre les charognards qui sont là, autour de son lit. Aguilles en main. De la drogue légale. Anesthésié, il en aurait supplié. Mais c’était fait. Doucement alors, il s’évapore comme un alcool chauffant. Il disparaît en fumée ; lui la poussière. Il a simplement fermé les yeux, qu’il se repose puisqu’il n’y avait plus que cela à faire. Le temps lui échappe, il ne sait plus à quel point il est seul. Il se sent bien, il se sent froid. Candide est là, dans son cœur. Elle le guide, il la voit, si belle. Puis il la voit immonde, dans un souvenir si laid. Par sa faute ; était-il destiné à détruire toute beauté ? Candide, sa mère et maintenant Aeryn. Ses poings sur elle, comme il aurait voulu les retourner contre lui. N’était-ce pas la sensation qu’il eut à chaque coup porté ? Une colère noire, contre lui-même. Porté sur elle. Putain d’ivrogne. Une noyade dans la folie, la destruction. Il était si laid.

Puis finalement, il a ouvert les yeux. Sans savoir ce qu’il faisait là. La sensation de s’être réveillé d’un cauchemar, ceux qui durent une éternité. Ce cauchemar de plusieurs années. Il regarde les perfusions, les scopes et ne bouge pas. N’appelle pas. Ses lèvres son sèches, il se sent faner. Il y avait tant de tentacules accrochées à ses bras, comme si l’enfer n’était pas près de le lâcher. L’enfer c’est lui. C’est son bouillon. Il s’en nourri, il en boit. Au fond du verre. Il est resté là, sans bouger. Sans rien dire. Attendre. Quoi donc ? Il ne sait pas, il se dit que le temps n’existe plus. La courbe est figée et il observe les gouttes tomber dans la chambre de la tubulure ; il a soif. Ligoté, prisonnier. Il regarde, il ne voit rien. Juste de l’eau, il l’imagine piquante, brulante… La porte s’ouvre et elle est là. Silhouette fatiguée, le visage ne voulant le voir. Et lui, tatoué, balafré de quoi avait-il l’air ? Il ne s’en rendait pas même compte. Sa voie lui fait mal. Si froide, si… Honnête. Oui, il n’y avait rien qui puisse faire qu’elle le pardonne un jour, rien qui puisse le laisser croire qu’il le mériterait. Il avait arrêté de boire, une semaine. Une torture sans fin. Ses mots claquent d’une vérité ; elle le nargue et il a soif… Il en a besoin… Maintenant, juste un verre. Il a simplement serré les dents, refusant de gémir.

« T’comprend pas… J’veux… J’n’veux plus penser… Je… Ne veux plus être responsable de ce que je fais… J’essaie… C’est trop dur. Pourquoi j’ai fais ça ? » Elle n’aura pas la réponse qu’il ignorait lui-même. Il avait arrêté de boire, dégouté par les choix qu’il pouvait faire sous son influence, puis finalement il s’était rendu compte que ce fut bien plus dur encore de les accepter lorsque l’on est à jeun. Une jeune aide soignante entre dans la chambre pour relever la tension, elle sourit. Il n’a pas envie de sourire. Il la regarde juste, sans rien dire. Puis regarde son amie, du moins celle qui le fut. Shining voudrait tant qu’elle puisse oublier ce soir où elle l’avait retrouvé sur ce toit, qu’elle oublie tout de lui. « Je suis… Désolé… » Il l’aime encore, l’ivrogne le lui a déjà dit. Quand serait-il de la bouche d’un homme non alcoolisé, et bien les mots semblés plus difficile à prononcer. La culpabilité prenait bien trop grande place et l’étouffait. Ce n’était que ce qu’il méritait n’est-ce pas ? Il ne comprend pas pourquoi elle est là, à son chevet. Aeryn, pourquoi est-elle venue après tout cela ? Qui lui avait demandé une telle chose ? C’était lui, le monstre qui lui imposait tout cela. Qui ne cessait alors de la détruire. C’était lui, son bourreau. Celui qui prétendait l’aimer, celui qui ne voudrait alors n’être qu’une rature sur sa vie, ce genre de chose que l’on oublie même si c’est moche. « Mademoiselle… S’il vous plait… » Elle hoche tristement la tête ; approche de ses lèvres un verre d’eau qu’il attendait tant. Il ne saurait dire à quel point sa déception était grande à l’odeur, mais le liquide viendrait à sa bouche et il le voulait plus que tout. Son corps tremblant, comment avait-il pu s’infliger cela ? Ne souffrait-il pas assez lui-même de la vie qu’il menait ? Qu’il avait certes choisir, par défaut. Mais personne ne l’y avait contraint. Personne sauf le destin, le sorcier qui avait arraché sa chère sœur. Parce qu’il n’avait su se relever ; parce qu’il n’avait pas même essayé avant ce soir, mais c’était trop tard.
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MessageSujet: Re: Hate myself for still caring about you [Shining]    Jeu 20 Nov - 10:28

Passant l’embrasure de la porte, elle se tint plantée là, devant lui. Le dévisagea d’un haut froid et mauvais. Malgré tout ce qu’il avait pu faire pour la repousser, pour lui faire mal, elle se tenait là, comme une idiote, devant un type qui ne méritait que la condamnation qu’il s’infligeait. Rien d’autre. Ce n’était même pas de la pitié, pas même de la compassion. Du mépris, du dégout, de la haine. Ne cessant de se dire qu’elle n’était qu’une naïve fille que Shining avait eu l’audace de piégée. Mise en cage, pour gérer un gars qui depuis longtemps se fichait des autres, agissant en grand égoïste. Un être pathétique cloué à un lit d’hôpital, dont les soins seraient inutiles car il ne changerait pas. Persuadée qu’il resterait ainsi, qu’elle devrait se le coltiner jusqu’à en avoir assez. Assez, elle ne serait pas son jouet une fois encore. Certainement pas pour lui. Blessée et manipulée, elle le détestait. Elle est là pourtant, devant lui, à attendre. Quoi donc ? Qu’il ait suffisamment de cervelle pour comprendre qu’elle ne voulait plus de lui dans sa vie. Qu’il arrête, qu’il se trouve quelqu’un d’autre.
Le calme apparent de la jeune femme n’était qu’une apparence trompeuse : à l’intérieur, elle rageait de colère et d’amertume. Jouant sur l’ironie, elle entendit ses premiers mots censés depuis un temps qu’elle ne pouvait définir elle-même. S’avançant jusqu’à se planter devant lui, jusqu’à le regarder droit dans les yeux. Aeryn ne se défilait certainement pas quand il s’agissait de dire sa manière de penser. Froide et franche, les mots sortirent, assassins de sa bouche. Ironiques, plein de sarcasmes.

« C’est trop dur. Pauvre chou. Fallait réfléchir avant. Tu as intérêt à savoir pourquoi. Pour enfin pouvoir assumer. A moins que tu ne veuilles finir en psychiatrie. Les ignorants de leur propre violence finissent à l’asile tu sais ? »

Un fou. Un malade frôlant la démence. Incapable de savoir répondre de ses actes, un gars violent ignorant jusqu’à même son comportement, incapable de s’expliquer. Pour avoir été trouvée en pleine ruelle dans l’état où il l’avait laissée, elle aurait pu porter plainte, connaissant son identité et sa description par cœur. Il aurait pu terminer une fois de plus en prison, une fois encore. Fallait-il qu’il tue de ses propres mains pour qu’enfin quelqu’un s’active à sonner l’alerte, que cet homme avait besoin de soins ? Il serait relâché, personne n’ayant de charges contre lui. Personne, à part elle.
Le chantage aurait pu être une possibilité, inutile cependant puisque même un passage par la cause taule l’indifférait complètement. Rien ne le motivait à se remettre d’aplomb, pas même ses actes de folie. Il n’y avait rien à faire, rien en tout cas qu’Aeryn voulait gérer d’elle-même. Si elle avait beau au fond avoir un peu d’empathie, il n’était pas question de se laisser submerger par un cas comme lui. Sa vie n’avait pas besoin d’un autre mort pour l’affecter davantage. Avait suffisamment donné en voyant sa famille baignant dans son propre sang. Des images qui l’avaient marquée à jamais. Shining avait déjà entrepris des souvenirs cuisants pour elle. Trop aimable, s’en passer n’aurait pas été plus mal.

« Vraiment ? Tu es désolé ? Y aurait-il de la sincérité dans ces propos ? »

L’ironie, mordante, encore et toujours. N’en croyait pas un mot, pas une parole. Des paroles en l’air, du vent qu’il s’amusait à prononcer pour la blesser davantage. Pour ce qu’il lui avait fait, un simple pardon ne suffirait pas. S’il voulait un jour qu’elle daigne lui pardonner un tant soit peu, il ramerait, seul dans sa barque, sans pagaies. Et n’aurait aucun scrupule à le voir couler sous ses yeux. Elle resta pourtant silencieuse tout le temps où l’infirmière fut présente, plantant son regard dans ses prunelles. Indifférente et silencieuse. Enfin, d’après l’expression de son visage qu’elle projetait. Il y avait tout sauf de l’ignorance, auquel cas elle serait déjà partie. Une fois partie, la demoiselle reprit les affaires sérieuses, celles qui les concernait tous deux. Pas besoin d’un autre pour juger de sa décision. Cela ne regardait qu’eux, et personne d’autre.

« Tu ne me verras plus Shining. C’est la dernière fois. Je ne suis pas un numéro de téléphone à appeler quand tu as trop bu. Je t’ai proposée mon aide, tu m’as envoyée paître. Pire encore, tu m’as blessée. Assume d’être seul et délaissé maintenant. Trouve un autre larbin pour te gérer. J’ai assez donné pour ma part. »

Une réponse. Quelle qu’elle soit. Elle n’attendait que cela, qu’une réaction pour lui dire qu’il avait compris. Des mots, des paroles, un engagement. Que le gars agisse en adulte, qu’il se prenne en main pour une fois dans sa vie. Aeryn agissait en égoïste, à bouts de nerfs avec lui. Attendait pourtant quelque chose de sa part. Pas un merci, non. Une action, un plan de bataille. Une promesse. Ou il n'y aurait définitivement plus rien à espérer de lui.
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MessageSujet: Re: Hate myself for still caring about you [Shining]    Mar 25 Nov - 20:53

Trop dur. Son ironie fait mal. Elle le fouette. Elle est sans pitié. Ila n’a rien dit pourtant, si ce n’était murmurer qu’il était désolé. C’était tout ce qu’il pouvait faire. Mes ses excuses, elle n’en voulait pas. Elle ne voulait rien de lui. Finirait-il à l’asile ? Etait-il fou ? Probablement le savait-elle plus que lui. Il se sentait faible, il se sentait inutile. Il ne voulait pas avoir conscience de tout cela, de ce vide. Il n’a plus rien dit, il ne supporte plus, cet océan qui les sépare. Sa présence lui rappelait seulement à quel point elle était loin de lui, plus que jamais. Il aurait pu mourir ce soir, il aurait pu arrêter de respirer si l’on ne l’avait pas ramassé sur le trottoir à jouer avec une arme à lutter contre ses hallucinations. Tout aurait pu s’achever dans la savane de ses angoisses. Puis finalement, c’est elle. Qui parle. Qui fait bien plus mal encore. Il a fermé les yeux un instant, elle est si froide. Il ne se souvenait pas de l’impact des mots des autres sur lui, il s’était contenté de l’ignorer tout ce temps. Elle le haïssait, parce qu’il l’avait rejeté. Parce qu’il avait voulu la mort. Et finalement, il n’avait pas supporté sa haine. Il l’avait frappé. Il avait frappé cette femme. Les souvenirs flou de cette violence lui donnait envie de vomir, mais il n’y avait rien dans cet estomac si ce n’était la honte.

Il ouvre les yeux, il aurait pensé qu’elle ne serait plus là. Mais elle le fixe. Attend. Il se sent mal. Sous son regard. Il ne méritait pas qu’elle le regarde, il en était persuadé. Puis finalement, il répondait. C’était ce qu’elle voulait. Il ne pensa pas à lui, parce que même s’il prétendait le contraire, sans cet alcool. Il était le même. Cet homme fragile, sentimental qui s’efforçait de vivre pour les autres ; seulement les autres. Il n’y en avait plus. De l’altruisme, pour qui ? Il ne savait plus. « D’accord… » Soufflait-il. Epuisé, anéanti. Sans aucune volonté de la faire souffrir davantage. Elle en avait assez bavé. A cause de lui. Cela eu le don alors, de le dévorer. C’était une sensation atroce. Il était un monstre. Il était mal. Mais ce n’était rien. Elle n’avait pas à le consoler. Plus jamais. Non, elle ne méritait pas ça. « Tout ce que tu voudras…. Je ferais ce qu’il faut en sortant d’ici… Pardonnes-moi. J’aurais voulu que tu ne me voies pas ainsi. Tu… Tu devrais me dénoncer… J’pourrais recommencer. » Mais ce n’était pas à elle de le faire, alors il s’occuperait de tout. Une fois sorti. Il le ferait, il lui devait bien ça. Mais qu’elle sache…

« Je regrette… Vraiment… Sache le, j’n’t’aurais jamais frappé… J’peux plus rien faire pour effacer ça, je ne peux pas. C’est ça le problème. Les choses ne s’améliorent jamais. Elle me manque. » C’est drôle ; c’est la première fois qu’il le dit. Qu’il le ressent vraiment, ce vide. Candide, comme un prolongement de son corps. Il a frisonne, à moins qu’il ne tremble. Il ne sait plus. Son corps n’obéit plus. Il a fermé les yeux, épuisé. Se disant tout simplement que la prochaine fois où il soulèvera ses paupières ; il ne la verra plus jamais. Terminé. La vie, l’amour, la lumière.
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MessageSujet: Re: Hate myself for still caring about you [Shining]    Mer 26 Nov - 2:37

Etrange n’est-ce pas comme amour et haine peuvent aller de pairs. Ces personnes qui font constamment souffrir et dont il est pourtant difficile de se défaire. Comme si on perdait quelque chose à couper le cordon, à s’éloigner de ce qui fait mal. Parfois, on peut, parfois, on n’en est pas capable du tout. En tout cas, Aeryn se détestait de tenir à Shining, se haïssant de ne pouvoir se résigner complètement à le laisser tomber. Bonne conscience, perte de temps ou autre chose, la jeune femme ne le laissait étrangement pas tomber, après tout ce qu’il avait pu lui faire. Comme elle le désirait pourtant, comme elle le voulait. Sortir d’une pièce en fermant la porte n’était pas si compliqué et elle restait quand même là, répondant présente. Cependant, elle refusait de se trahir auprès de lui. Il ne devait pas savoir qu’il se souciait, ou il en jouerait, comme il l’avait fait jusqu’ici. Alors, dans le mensonge qu’elle tissait, elle tentait également de se détacher émotionnellement de lui, forçant les barrières pour ne pas ressentir, pour qu’elle cesse de se soucier.
C’était difficile, et parfois elle avait juste envie d’abandonner et se perdre dans sa folie avec lui. Mais elle ne le pouvait, s’y refusait même. Et lui faisait mal.

La rage et la colère abreuvaient ses paroles. Langue de serpent, elle ne se gênait pas pour cracher son venin sans vergogne. Elle lui faisait mal, mais ce n’était que lui rendre la monnaie de sa pièce, le noyant dans un océan profond. Et encore, elle aurait pu le tuer, le laisser mourir, son esprit pourrissant de l’intérieur, il ne manquait pas grand-chose pour l’achever. Un peu d’aide certainement. Et si elle avait lâché cette main sur le toit. Et si… beaucoup trop d’hypothèses pour ne pas dire grand-chose. Etait-elle pour autant un monstre d’avoir pensé à le savoir mort ? Puisqu’il le voulait, lui rendre ce service aurait pu éviter une lente agonie. Maintenant qu’il ne ressemblait à rien sur ce lit d’hôpital, que l’on essayait de sauver cette personne de la mort qu’elle s’infligeait, cela en valait-il vraiment la peine ?
Ses forces semblaient l’abandonner. Il lâchait prise, lui cédait tout, acceptait tous ses propos sans même se poser la moindre question. Lui accorderait n’importe laquelle de ses faveurs. Il semblait las, épuisé. Avait-il dont cessé de se battre envers ses démons ? Ce n’était qu’une simple trêve, le combat finirait par reprendre, elle ne le savait que trop bien. On ne vainc pas une guerre après une bataille, la vie lui en avait trop fait baver pour la convaincre que c’était le cas.

« Cela ne suffira pas Shining. Je veux des faits, des actes, derrière ces promesses. Je veux que tu te reprennes en main. Toi, et personne d’autre. »

Sa voix s’était essoufflée, s’était calmée. Elle semblait moins hystérique, moins cassante. Serait-ce de pitié qu’elle ressentait ? Ou tout simplement de la compassion, de la gentillesse ? Non ce n’était pas Aeryn, pourquoi chercher à se compliquer la vie. Il écoutait, beaucoup plus que d’habitude, alors elle se calmait, le temps de faire passer le message. S’acharner n’avait pas lieu d’être, il semblait écouter. Semblait seulement. Où était sa raison, encore présente, ou pas tout à fait ressurgie à la surface ? Elle n’en savait rien mais voulait croire que pour une fois dans sa vie, elle avait toute son attention.

« Si tu regrettes, fais en sorte que cela ne recommence plus. Pas qu’avec moi, mais avec les autres. Tu dois en prendre conscience, et maintenant, tant que tu le peux encore. »

Les excuses ne lui suffisaient pourtant pas. Elle ne pouvait pas les accepter, non, pas ainsi. Il devait faire preuve de bonne volonté, il devait vouloir s’en sortir, et se faire pardonner. Une simple excuse n’avait pas lieu d’être, et elle resterait des plus intransigeantes là-dessus. Cela ne marchait pas de la sorte, le pardon ne s’obtenait pas sur simple demande, en tout cas pas le sien. Shining ramerait pour remonter dans son estime, si seulement elle acceptait encore de le voir… la jeune femme se posait encore quelques questions sur le sujet. Il y avait certaines choses qui ne se pardonnaient malgré tous les pansements et bandages que l'on pourrait y poser, clairement non, pas de bandage pour tout.
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MessageSujet: Re: Hate myself for still caring about you [Shining]    Jeu 4 Déc - 17:49


Elle était revenue vers lui, malgré ce qu’il avait fait. Sans qu’il se sache vraiment ce qu’elle attendait de lui. Il avait beau savoir à quel point l’alcool lui était nocif ; mais ses comportements finalement n’avaient pour but unique que de soulager un mal être. Mais ce comportement, cette façon de boire jusqu’à plus soif devenait incontrôlable et malgré les conséquences : il continuait. Poison indispensable. C’était plus fort que lui, une tendance intérieure qui le poussait à accomplir cet acte et il avait beau la réprouver consciemment. Il buvait. Compulsif. Il était malade n’est-ce pas ? Il avait besoin d’aide. Et maintenant, il était là. Allongé dans un lit après un délirium tremens… Les zoopsies avaient enfin cessé et maintenant ne laissait place qu’à de l’anxiété. Cette crainte de l’inconnu imminent.

Avant, l’inconnu c’était l’alcool. Puis maintenant c’était l’abstinence qui lui était étrangère. Comment avait-il pu tomber aussi bas ? Il ne pouvait pas s’en empêcher, malgré le mal. Malgré ce qu’il était devenu. C’était devenu vital. Boire. Encore et encore. L’alcool avait tant de pouvoir sur lui, un pouvoir qu’il lui avait cédé tout simplement. La préoccupation, le temps consacré à cette unique activité. Le sacrifice de la vie sociale et même professionnelle, ne faisant de lui qu’un vulgaire bandit. Lui, le génie. Cette violence quand il ne pouvait avoir accès à sa bouteille. Il savait tout cela, il avait honte. Mais il en avait besoin. Pour vivre, pour mourir. Il entendait encore la voix de Candide, se moquant de lui et de la taille de sa tête. Si gentiment. Elle disait qu’il y avait de la place pour mettre des millions de livres, mais il n’y avait plus que de la pourriture.

Il se sentait pris de ce sentiment général d’impuissance, d’indécision. Elle veut des actes, pour prouver sa bonne foi. Mais il ne savait pas même s’il voulait sortir de ce lit. Clinophile. Elle refusait ses excuses, elle voulait des preuves. Il n’a rien dit. Que pourrait-il ajouter ? Catatonique. Il n’avait plus envie de rien. Cette tension émotive venait de créer un gouffre dans son esprit provoquant un épuisement mental dont elle n’avait pas même idée. Elle ne voulait pas le savoir songeait-il. Il ne trouvait plus de solution pour faire face.

Il l’observe, pourquoi est-elle encore là ? Est-elle devenue folle ? Elle ne devrait pas. Elle devrait… Partir d’ici. Vite. Mais il ne peut pas même le lui dire. Parce qu’il ne le veut pas, dans le fond. « D’accord… » A-t-il soufflé avant de sombrer dans son sommeil terrifiant. Un seul mot, qui disait tout et rien. Allait-il le faire, ou renonçait-il pour de bon ? Il ne savait pas lui-même, mais d’accord ; il avait compris.

Il est resté trois jours de plus à l’hôpital et l’on se félicitait de son état. Il parait que c’est mieux ; il ne trouvait pas. On lui proposait de l’aide, c’est bête mais il ne voulait pas du leur. Il pensait à quelqu’un d’autre ; mais jamais ne verbalisa cette envie. Il a accepté de se lever finalement, se mettre au fauteuil et même de manger. On supprimait bien des perfusions au fil des jours et rapidement signa une décharge pour partir après les derniers examens sans qu’il ne s’en intéresse vraiment. Oubliant de révoquer sa personne de confiance ; celle-ci fut évidement prévenue de son départ. Alors qu’il posait ses doigts sur la poignée de la porte alors que les couloirs n’étaient plus qu’éclairés par quelques néons. Elle se trouvait derrière la porte. Se rendit compte de son oubli ; la mémoire altérée. « Tu ne voulais pas être prévenue… » C’était trop tard, mais personne ne l’avait obligé à se déplacer pour lui. Il n’avait pas d’affaire si ce n’était ceux qu’il eut porté en arrivant quelques jours plus tôt. Il avait les idées un peu plus au clair, pouvait avoir un comportement d’adulte. C’était étrange, après une telle régression. « J’sais pas quoi te dire. » Avouait-il désolé ; peut-être n’y avait-il rien à dire. Il allait rentrer chez lui et… Toutes ces bouteilles seront là. Aurait-il seulement la force de toutes les jeter, il faiblirait… C’était une évidence, replonger dans son environnement, replonger dans l’enfer.

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MessageSujet: Re: Hate myself for still caring about you [Shining]    Lun 8 Déc - 13:41

Une réponse. Une simple réponse de sa part. C’était tout ce qu’elle lui donnait quelque chose, un signe qu’il avait compris au moins ce qu’elle venait de lui dire, que le message était clair et net. Aeryn n’avait pas le courage ni l’envie de gérer quelqu’un, avait suffisamment à faire avec elle-même. Elle n’avait rien d’une mère ou d’une protectrice envers les plus faibles, cela ne lui ressemblait pas du tout. Shining la mettait sur le carreau, face à des situations dont elle n’avait aucune idée de la manière dont elle devait les gérer. Elle paniquait un peu à l’idée de devoir endurer cela, seule, se sentait quelque peu contrainte par la force des choses. Sans pour autant montrer une quelconque angoisse ou peur, traduisant par la colère la crainte pour son ami auquel elle s’était attachée d’une certaine manière, frustrée à l’idée qu’elle ressente quelque chose autre que de l’indifférence à son égard. Shining avait réussi ce qu’elle avait voulu empêcher depuis le début : ressentir quelque chose. Quand il lui dit « d’accord », ce mot suffit. Elle hocha la tête, certaine qu’elle n’en tirerait plus rien et attendit qu’il sombre dans un profond sommeil avant de repartir d’où elle était venue. Sa vie se trouvait entre ses mains maintenant, à lui d’en prendre soin et de la remettre en place. Quelques jours de sevrage à l’hôpital ne pourraient lui faire de mal. Une rechute était possible, des aides existaient cependant. Il devait prendre conscience et réalisé que c’était difficile et qu’il ne s’en sortirait pas sans aide. Et évidemment s’il n’en avait pas envie, personne ne pourrait l’empêcher de sombrer de nouveau dans la boisson.

Trois jours avaient passé quand l’hôpital l’appela pour lui annoncer la sortie de Shining. Rien ne l’obligeait à retourner là-bas, rien ni personne ne la contraignait à s’y rendre. Après tout, il savait qu’elle ne désirait plus en entendre parler, lui avait bien comprendre son point de vue. La réflexion, les trois jours qui avaient passé, la prise de conscience quelque peu, et elle était repartie en direction de l’établissement, à la rencontre de son ami. Son ami. Si elle avait pu un jour penser ainsi de lui… et clairement elle devait revoir ses fréquentations par contre. Le croisant à la sortie, elle lut sa stupeur de la voir ici. Oui, revenue. Toujours pas motivée à rester le numéro d’urgence pour autant, il ne fallait pas déconner non plus. Mais présente, et là. Car sinon, personne ne serait là, et la solitude était la dernière à accompagner Shining. Sa mauvaise fréquentation le ferait sombrer à nouveau, autant donc que ce soit elle qui soit présente non ?

« On m’a appelé. Tu ne peux pas partir tout seul, comme ça. »

Bref et concis. Ton indifférent et neutre. Aeryn semblait très calme. En le regardant, elle put noter qu’il semblait en meilleur état, en meilleure forme. Pourvu que cela continue sur cette lancée, pourvu qu’il n’y ait pas de rechute. Il y en aurait pourtant, en avait pleinement conscience, mais voulut croire, avoir de l’espoir. Ce changement soudain chez elle, il la changeait, d’une certaine manière, lui apprenait à se soucier de nouveau, à se rapprocher. Il y avait comme un quelconque chose, un sentiment de protection qu’Aeryn accepta de laisser passer, furtif, quasi invisible, mais néanmoins présent. Trois jours de réflexion avaient eu un certain poids.

« Ne dis rien alors »

S’il n’y a rien à dire, tais-toi. L’amitié ne se forgeait pas qu’au gré de folles conversations endiablées. Le silence la tissait également, quand seule la présence de l’autre suffisait à montrer qu’elle se souciait. Aeryn était venue, il n’y avait rien à dire, ou ajouter. Les raisons lui appartenaient, les expliquer ne regardait qu’elle. Au fond, ils ne parleraient pas d’art ou du bon vieux temps, ils ne partageraient pas de moments passionnés autour d’un verre dans un bar. Aeryn se présentait comme l’amie qui relevait quelqu’un alors même qu’elle avait peur de ne pas être à la hauteur de cette tâche. Et si elle échouait ? Et si elle n’était pas la hauteur, et si elle sombrait dans sa folie ? Malgré toutes ses interrogations, elle se tenait prête à se lancer dans l’inconnu.

« Tu te souviens où tu habites ? »

Première étape, retrouver de solides bases. A commencer par un toit où vivre.
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MessageSujet: Re: Hate myself for still caring about you [Shining]    Ven 12 Déc - 11:03

Ne rien dire, cela semblait alors la meilleure option. Il ne chercha pas à se débattre, songeant qu’il n’y avait alors rien de pire. Qu’il leur ferait du mal, à essayer de s’en sortir avec quelques phrases. Il ne disait rien, se contente de la suivre après avoir prit le sachet avec quelques boites de médicaments et une ordonnance. Il ignorait s’il la suivrait, il ignorait tout de l’avenir. Il en était arrivé à se haïr sans la moindre limite. Elle ne pouvait pas comprendre ; elle ne le voudrait même pas. Elle lui demandait s’il se souvenait, il se souvenait de beaucoup de choses à présent. Des faits insupportables qui pourraient le pousser à se conduire vers l’oubli. S’oublier lui-même, ses peines. De ne se résumer qu’au fond de la bouteille. Ils arrivent dans la cage d’escaliers et traverseront bientôt le hall de l’hôpital. « Treme… » Il connaissait assez bien les métros et horaire de bus ; doutant fortement que sa voiture sois sur le parking de l’hôpital. A vrai dire, il ne se souvenait que très peu de la manière dont il était arrivé là.

Elle semblait peu étonnée de son quartier de résidence ; pourtant il ne disait rien de plus. Comment était-il arrivé là ? Il n’en avait aucune idée. Ils sont en chemin, sans rien dire. Il ne la regarde pas vraiment. Sa présence lui fait du bien, mais elle le renvoyait également à sa grande honte. Il ne montrait rien pourtant, il n’était pas de bonne compagnie ; inutile d’en plus lui infliger ses pensées. C’était cette pudeur qui l’avait conduit à se repli sur lui-même, cette sensation qu’il n’avait pas le droit de pleurer ; pas le droit de ressentir. Qu’il devait se priver de toute sensation, de tout processus négatif. Se taire, souffrir en silence comme l’ivrogne que l’on laisse mourir sur un bout de trottoir. Il avait eu de la chance, on l’avait sauvé. Chance ou malédiction. Allé savoir.

Ils arrivent enfin, le vieil immeuble typique du quartier. Il ouvre la porte du bâtiment et il avait de plus en plus mal au ventre. Comme s’il était en train de pourrir. Ils arrivent devant la porte ; quelques traces de sang laissé par Li quelques jours plus tôt. Il s’arrête là ; se tournant vers elle pour l’observer enfin à la seule lueur pale d’une vieille ampoule poussiéreuse trônant dans le couloir « Voila… » C’était le moment de se dire au revoir, peut-être adieu. Il ne savait pas vraiment, là dedans c’était l’enfer. Mais il n’en montrait rien. Parce qu’il ne voulait pas qu’elle se sente obligée d’entrer. Parce qu’il ne voulait pas qu’elle entre tout simplement. Qu’elle reste sur l’image de ce couloir, terne. Elle ne pouvait deviner que l’intérieur. Après cinq jours d’errance il avait laissé son appartement dans un état lamentable. Li, son sang noir partout, sur les draps, dans la baignoire et partout, des bouteilles témoignent de sa honte. Il n’osait pas même imaginer l’odeur en ouvrant la porte ; l’enfer de sa vie résumé en quelques pièces.

Il n’ose pas la toucher, n’ose pas lui dire merci, ni même au revoir. Il la regarde, la clé dans la main. Ses yeux en disent long malgré lui sur l’attente de son départ. Comme si ce serait un soulagement, qu’il pourrait encore cacher sa peine. Qu’elle l’abandonnerait ici ; qu’elle serait la seule à l’avoir vu sensé une dernière fois. Il avait follement envie de vomir à cet instant, imaginant l’eau du bain stagnante depuis moins d’une semaine mêlée au sang. Les restes de la guenille que l’asiatique portait en venant chercher secours chez lui. Et lui ; qui avait donné son aide aux monstres qui ont semé le chaos sur la ville. Il avait sauvé l’un des leurs, il n’y avait plus rien à sauver de son âme songeait-il. Il ne faisait que de mauvais choix « Comment j’ai pu t’faire ça… » Il n’attendait pas de réponse, bien que celle-ci semblait évidente : tu es alcoolique. Mais ça, il ne voulait pas vraiment y croire, il savait qu’il se détruisait mais n’en avait-il pas seulement un peu le contrôle ? Il n’était hanté alors que par l’envie de fuir, de s’y refugier dans son taudis.
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MessageSujet: Re: Hate myself for still caring about you [Shining]    Ven 12 Déc - 15:16

Elle l’a emmené jusque chez lui, l’a accompagné. Le silence les accompagna, plongé entre eux, et n’ayant guère envie de partir en si bon choix. La jeune femme le laissa l’emmener, lui montrer sa vie, ce lieu qui était son logis. C’en était fini des bêtises et de se laisser tuer. Du moins tant qu’elle serait à côté pour veiller sur lui. Il ne pouvait pas se laisser aller à se tuer tant qu’il y aurait quelqu’un de présent. Tout résidait ensuite dans sa propre volonté : il devait vouloir s’en sortir. Aeryn ne le laisserait pas ainsi, démuni et livrer à lui-même. A force de rester, à force de se battre malgré sa réticence qui toujours demeurait d’une certaine manière, elle se découvrait une force qu’elle n’aurait plus pensé avoir depuis la mort de Rachel. Finalement, elle aussi pouvait être capable de certaines choses, de faire du bien quelque part. Si l’attachement était une part de peur inconsciente à laquelle elle fuyait, son esprit s’était résigné à penser que Shining avait simplement besoin d’aide. Ami ou non, l’aider était quelque chose de normal, d’humain. Rien ne l’y obligé, il lui semblait cependant que la folie l’emporterait si elle le laissait seul. L’angoisse qu’on la renvoie à cette nuit quelques jours plus tôt, elle ne voulait même plus la ressentir une seule fois. Ayant accepté que même taire ses sentiments ne la ferait pas complètement renier Shining, Aeryn n’avait pas eu d’autres choix que de se faire à l’idée qu’elle appréciait quand bien même certaines personnes et ne pouvait le nier.

Ils finirent par arriver chez lui. Ne voulant pas la faire entrer, Aeryn sentit qu’il lui cachait encore des choses. Non Shining, ce n’est pas ainsi que tu dois te comporter pensa-t-elle. Il ne savait que dire, elle non plus. Laissons donc ce silence les guider encore quelques temps, parfois, voir est plus pertinent que dire. Hocha la tête à ses brèves paroles, sans ajouter le moindre commentaire supplémentaire. Poussant la porte d’entrée sans laisser à l’homme d’autres choix, elle vit. Sous ses yeux. Le laisser-aller, le sang, le bazar. Pas de commentaires, rien pour trahir son visage qui resta impassible. Ses yeux avaient vu bien plus insupportables, comme le meurtre de trois membres de sa famille. Ils n’étaient même plus choqués de quoi que ce soit, après cela. Lentement, elle se retourna vers Shining, et le regarda avec sérieux. Elle ne le supplia pas, bien loin de là. Ce choix, ce libre arbitre, lui avait toujours appartenu. Après tout ce qu’il lui avait fait, Aeryn ne se forcerait pas à l’aider, ni n’agirait contre son gré. Il avait suffisamment d’intelligence pour savoir ce qui était bon pour lui, et ce dont il avait besoin. Tout était question de volonté, comme toujours. Vouloir s’en sortir, accepter de se faire aider, comprendre ses erreurs et agir. Le dernier point était souvent le plus compliqué, chaotique et parfois incompréhensible. Cela ne concernait que lui, venait de sa volonté propre. Personne ne l’obligeait à quoi que ce soit, certainement pas.

« Shining… Tu ne peux pas te reprendre en main en vivant dans un appartement. Tu ne peux pas t’en sortir si ton environnement n’est déjà pas sain. »

Constat pour lui dire qu’en gros, son appartement pourrait faire fuir la première personne qui voudrait y entrer de force. A croire qu’un meurtre s’était produit. Comment ne pas irrémédiablement se remettre à boire dans un environnement pareil ? Et pourtant, elle restait calme, immensément calme, revoyant quelques images dans son esprit, le sang de ses parents, celui de sa sœur. De douloureuses images qui la traversèrent et qu’elle regarda passer. Elle se souvenait aussi de l’avoir lavé ce sang sur le plancher, une fois que les corps de ses parents avaient été emmenés par les autorités locales. Ils n’avaient même pas pris le temps de passer un coup sur le sol pour laver. Aeryn s’en était chargée, refusant de faire endurer cela à sa petite sœur. Qui l’aurait fait, sinon ?
Se reprenant, Aeryn éloigna cette larme ayant vacillé pour se focaliser sur Shining et poursuivre.

« Laisse-moi t’aider à m’être un peu d’ordre. Laisse-moi t’aider à te reprendre en main. »

S’il ne voulait pas, elle partirait, et le laisserait. Tout seul. La motivation est étrangement beaucoup plus difficile à trouver quand on se retrouve livré à lui-même. Aeryn ne voulait pas laisser un effort à demi-fourni, autant le terminer, cela lui apporterait davantage de poids, davantage de force pour tenir bon.
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MessageSujet: Re: Hate myself for still caring about you [Shining]    Sam 13 Déc - 11:37

La vérité sortait de sa bouche, il ne s’en sortirait pas ici ; il l’observe simplement ne sachant que répondre. Malheureusement, il n’avait que ça. S’il avait eu le bon job une période donnée, il avait utilisé son argent pour sa mère et sa sœur, brulant ses dernières économies pour leurs obsèques. Il n’avait plus rien, vivotait au jour le jour, refusant de reprendre son travail au laboratoire. A présent, l’on ne lui proposait plus la place, probablement l’avait-on tout bonnement oublié. Elle sembla pensive, il ne répondait rien. Se contentant de la regarder, voyant ses yeux briller ; il pensait bien que c’était de sa faute. Comment cela en aurait-il pu être autrement ? Il l’avait conduit ici, dans un taudis répugnant… Comment avait-il pu lui montrer cela ? Il ne savait pas, il était un monstre. C’était cela qu’il était devenu. Puis finalement, elle redresse la tête, avec tout ce courage qu’il admirait chez elle. La force d’affronter la vie. Tout ce qu’il n’avait pas, ou plus. « D’accord… » Soufflait-il simplement impuissant ; ne sachant que faire. Il tenait bon, il ignorait quelle épreuve le mettrait à terre. Il n’en savait rien. Regardant lui-même l’état de son habitat ; il se sentait prit d’une profonde envie de vomir. Pourtant, dans l’armoire de gauche régnait un ordre parfait. Les affaires de Candide. Les fantômes du passé dont il ne pouvait pas se défaire… C’était impossible.

Il fit quelques pas sur le parquet où se trouvaient de nombreux cadavres de bouteilles. Il n’avait aucune idée de ce qu’il devrait faire ; vider tout ça. C’était trop dur. Elle voulait l’aider et il n’arrivait plus à la rejeter ; parce qu’il était sobre. Parce qu’il ne supportait plus le mal qu’il pouvait lui faire. Parce qu’il ne pouvait pas continuer à vivre en y pensant. Il avait envie de s’effondrer à cet instant, ne voyant pas le bout de cet enfer. Pourquoi ne pas boire un verre ? Juste un, il ne boirait pas plus, il se le promettait. Foutue promesse.

Sans se tourner vers elle, fixant ce désolant spectacle. « Qu’est-ce que j’peux faire… » Demandait-il, perdu. Bien sur, dans le fond il le savait. Il devrait prendre de grand sac noir pour tout faire disparaitre. Toutes les tentations. Vider ses cachettes, parce qu’il en avait bien. Dans la crainte de ne plus en avoir, toujours quelques bouteilles en embuscade pour le jour où il n’y en aurait plus assez. Il devra tout vider, ouvrir la fenêtre et laisser l’air chasser cette odeur de sang. Faire disparaître les traces de Li… Dans ce lit. Son lit. Comment avait-il seulement pu… Il se sentait sale ; il songeait alors la retrouver pour la tuer. Mais à quoi cela rimerait ? A rien, il était damné à ce souvenir atroce.

Il a évolué dans la pièce, passant juste ses doigts sur le bois déglingué du lit ; pensif. Putain, il était tellement en colère. Il se mit à bouillonner de rage ; sans raison apparente si ce n’était les souvenirs qui le hantaient. Jetant ce qui était à portée de main ; brisant, si en colère… Contre lui-même. Puis il se laisse couler. Le long de cette armoire. C’était lui, le débris. Il a tremblé sous ses émotions trop fortes qu’il ne savait plus assumer, il a juste tendu la main pour sortir une vodka de sous cette armoire. Ne trouvant pas la force de l’ouvrir, il la tenait juste entre ses doigts, comme si sa simple présence le calmait. Comme si c’était l’assurance d’une solution à ses tourments. La solution de la destruction de son être, d’une personne qu’il ne reconnaissait plus, qu’il haïssait de toute son âme. C’était si insupportable d’être lui… « C’est de ma faute si vous êtes mortes… » Lâchait-il dans une sorte de prière, une imploration. La culpabilité qui le rongeait enfin formulé et une larme roula le long de sa joue tatouée
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MessageSujet: Re: Hate myself for still caring about you [Shining]    Jeu 18 Déc - 23:25

L’endroit était immonde, sale et en mauvaises conditions. Aeryn n’en fut pas étonnée, il ressemblait en tous points au propriétaire des lieux, elle n’aurait pu imaginer tomber sur un appartement sentant la javel et sans une trace de poussière. La situation aurait pu être pire comme elle aurait pu l’être un peu moins. Elle ne s’était pas du tout attendue à découvrir du sang sur le sol, mais les cadavres de bouteille faisaient clairement partis de l’ambiance. Imaginant déjà Shining passer ses soirées à les enchainer les unes après les autres, elle ressentit alors toute la détresse de l’homme qu’il était. Muette et silencieuse, il était brisé, détruit. Qui pourrait l’aider à se sortir de cette douleur qui pourrait l’aider à franchir le cap ? Elle se demandait encore si un membre de sa famille finirait par venir… la réponse, elle la connaissait pourtant. Il ne semblait n’y avoir qu’elle. Le plus triste dans l’histoire, c’est qu’elle n’était rien.

Que pouvait-il faire ? Commencer par faire un trait sur la boisson serait le plus difficile, le plus douloureux, mais la meilleure chose qu’il serait capable de faire, si seulement il le voulait bien. Tout n’était question que de volonté, à lui de vouloir s’en sortir, à lui de vouloir franchir le pas pour guérir et ne plus jamais dépendre de ce liquide. Il n’y parviendrait pas seul, il avait besoin qu’on l’épaule, qu’on le guide, qu’on le soutienne dans les moments de rechute. Clairement, depuis le début, Aeryn ne s’était jamais sentie à la hauteur de la tâche qu’était Shining. Elle n’en avait pas la force, et ne se sentait pas responsable de ce qui lui arrivait. Qu’on la considère comme une égoïste ou non de penser ainsi, cela ne lui posait pas le moindre souci, elle s’en fichait complètement. Autant ouvrir les yeux et se faire à l’idée : Shining n’allait pas bien, Shining ne pourrait s’en sortir seul. Mais Aeryn n’était pas celle qui allait le sortir de là.

« Tu as des sacs en plastique ? »

Etonnamment, elle restait calme et tranquille. Malgré tout ce qu’elle pouvait ressentir vis-à-vis de la scène, elle fit preuve d’un sang-froid inébranlable, posant la question comme si elle allait faire du rangement. Quand il faut s’y mettre, il faut s’y mettre. Il n’était pas question qu’elle s’occupe de tout, ce n’était qu’une aide qu’elle apportait, aide pour le motiver à se reprendre en main. Travail quotidien de dure labeur, il allait quotidiennement devoir se faire à l’idée que les conneries, c’était terminé maintenant. Il était temps de vivre, et d’avoir un certain contrôle plutôt que de partir à la dérive. Et il semblait repartir, il semblait laisser son esprit voguer, car il quitta l’atmosphère de son appartement pour laisser le passé l’envahir. Pas les bons souvenirs, certainement pas, mais ceux qui faisaient mal, ceux qui le faisaient souffrir. Aeryn n’eut pas besoin d’un dessin pour comprendre ce qui arrivait : bouteille à la main qu’heureusement il ne parvint pas à ouvrir, il pleurait la mort de ses proches qu’il exprima par une simple larme. Calmement, Aeryn se posa à côté de lui, et l’invita à retirer cette bouteille de son corps, et à se relever. Elle n’avait pas les mots pour parler des morts, elle-même fuyant cette douleur pour toujours éprouvée depuis la mort de sa sœur. Il n’y avait rien à dire…

« La meilleure chose que tu puisses faire, c’est vivre. En leur mémoire, faire en sorte qu’elles soient fières de toi. »

Evidemment qu’elle savait, évidemment qu’elle comprenait. Mais il fallait s’accrocher et avancer, se pardonner et continuer à vivre, en leur mémoire. Il fallait taire ses douleurs, pour accueillir le futur se dessinant au gré du vent. Shining avait besoin de se pardonner lui –même, il avait besoin de se faire à l’idée que la culpabilité n’apportait rien de bon que la naissance d’une épave. La sienne, celle qu’il était devenue, et qu’il trainait derrière lui comme un fardeau. Il était temps que cela cesse, qu’il passe à autre chose, qu’il s’accepte. Aeryn ne pourrait pas le faire ni le penser à sa place. Le taudis pouvait attendre un peu.

« Allons … Debout Shining. Il était temps de reprendre ta vie en main »
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Hate myself for still caring about you [Shining]

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