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 Red right hand {.pv}

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SAEZ - A bout de souffle ♭ MCR - Famous last words ♭ ADELE - Skyfall ♭ THE KILLERS - Human ♭ ALEX HEPBURN - Reckless ♭ STONE SOUR - Tired ♭ SLIPKNOT - Dead Memories, Before I Forget, Snuff ♭ IMAGINE DRAGONS - Monster ♭

↳ Citation : « Je suis un trucage humain qui aspire à devenir un homme sans trucages. »
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MessageSujet: Red right hand {.pv}   Jeu 13 Nov - 21:07

red right hand

feat Wesley Windsor & Aleksi S. Lenaïk
Take a litle walk to the edge of town. Go across the tracks where the viaduct looms, like a bird of doom. As it shifts and cracks, Where secrets lie in the border fires, in the humming wires. Hey man, you know, you're never coming back. Past the square, past the bridge, past the mills, past the stacks.On a gathering storm comes a tall handsome man. In a dusty black coat with a red right hand


Quitter la morgue. Abandonner un monde de glace pour se retrouver dans la moiteur de la Nouvelle-Orléans. Pour ensuite mieux se perdre dans l’enceinte lugubre de la prison. Le simple mot fait courir le long de ma peau des lames de froid des plus acérées. Mes pieds hésitent, se heurtent contre le sol et rechignent. Ce n’est pas la première fois que j’hésite. Que le besoin irrépressible de faire demi-tour me lacère le ventre. Je m’arrête à nouveau, et mes doigts se crispent contre la bandoulière de mon sac. On m’a appelé pour venir faire une autopsie rapide d’un détenu retrouvé mort dans sa cellule. L’annonce m’avait fait l’effet d’une bombe. Je l’ai senti exploser quelque part entre les fibres de mon cœur. Et les morceaux sont encore en train de se répandre sur mes entrailles. J’ai la gorge en feu, écrouée par la crainte et tous les souvenirs qui m’assaillent. Je suis encore bien loin de la prison et déjà le malaise est violent. Je redoute l’instant où je vais être amené à en franchir les portes. Je redoute de me noyer sous les vagues des terreurs contenues dans ma mémoire. J’inspire, le plus profondément possible puis je m’oblige à me remettre en route. Les passants me regardent de travers, je peux sentir leurs regards qui se coulent sur mes épaules et qui m’accablent. Le malaise me ronge, grouille sous ma peau et pousse mes doigts à trembler. J’aurais dû refuser, essayer d’échanger ma place avec un autre auprès de la légiste. Faire quelque chose, n’importe quoi pour éviter d’avoir à me retrouver à nouveau entre les murs d’une prison.

Et l’appréhension atteint des sommets lorsque je passe la lourde porte de l’établissement et qu’un surveillant vient se coller à côté de moi. Je tente de rester droit, digne, mais ma volonté s’effrite face à mes anciens démons, et je courbe légèrement l’échine. J’ai la gorge affreusement sèche, et l’impression d’avoir inscrit sur le front tout mon parcours d’ancien taulard. L’autre me scrute, me dévisage et je prie pour que les inscriptions sur ma peau s’effacent. « - Vous allez bien ? » La question me laisse interdit, tant je ne m’y attendais pas. Il n’y pas de froideur, ni de supériorité dans ses paroles. Seulement de l’inquiétude, et un intérêt qui me coupe l’herbe sous le pied. Qu’un être de la même espèce que mes anciens bourreaux me considère comme un homme à part entière et non comme un vulgaire pantin, me surprend. Je me contente d’esquisser un maigre sourire et de lui répondre en utilisant le moins de mots possible. Les Shadowhunters étaient déjà là, agglutinés devant la porte d’une des cellules. Ils m’indisposent, et c’est en apnée que je me fraye un chemin jusqu’aux barreaux de la cage insalubre. Elle ne ressemble en rien à celle qui fut mienne pendant près de dix ans, et pourtant. Les sensations, les douleurs, tout revient me prendre à la gorge et me brise l’échine. Aussi surprenant celui puisse paraître, la vue du cadavre me rassure. Ce n’est pas mon domaine de prédilection, j’en ai conscience, mais les quelques instants passés à analyser la dépouille me permettront de mettre tout le reste de côté. Les règlements de compte étaient monnaie courante, je doute que les choses aient changés depuis. Ma première hypothèse, qui se renforce lorsque je constate l’absence de sang au sol. Alors que le corps en est recouvert.

« - Il a été déplacé… » Je le murmure pour moi, plus que pour le type qui attend devant la porte. Une nouvelle inspiration et je pose un genou à terre, commençant l’examen proprement dit. Les tremblements se sont arrêtés, et le répit qu’ils m’accordent me permet d’agir sans prendre le risque de compromettre la moindre preuve. Le moindre élément utile à établir un diagnostic. Je suis un gamin en train de jouer au docteur avec ses peluches. Les éventrant pour voir ce que peuvent contenir leurs entrailles d’ouatine. Les traces de coups sautent aux yeux, s’amoncèlent sur la peau blafarde et déjà rigide. Plus mes yeux parcourent le corps, plus la nausée devient violente. Et lorsqu’une profonde entaille se dessine sous mes yeux, dérivant le long des reins du détenu, le haut-le-cœur qui me transperce m’oblige à me relever avec brusquerie et à m’éloigner pour recracher sang et bile sur le sol miteux. Je reste là, tremblant comme une feuille, le dos en appui contre le mur qui me dissimule des œillades indiscrètes. Pendant un instant, ce n’était plus un inconnu que je contemplais, mais mon propre corps. Mon esprit dérangé est venu superposer mes propres blessures à celles d’un autre. Comme si le malaise n’était déjà pas suffisamment étouffant. Je ne peux pas y retourner. Mes jambes refusent l’effort et se changent en plomb. Mon cerveau aussi, il ne répond plus. Tétanisé par ce trop-plein d’images qui me détruisent les rétines. Le souffle en berne, je tente vainement de retrouver un semblant de contenance, de me reconstruite pour ne pas m’absenter trop longtemps. Pour ne pas sombrer dans la douleur. Ils penseront que je ne suis qu’un guignol intolérant à la vue d’un cadavre et qui, comble de l’ironie, s’est engagé dans une voie où ils sont monnaie courante. Les murmures se sont tuent, j’ai l’impression que l’attroupement s’est dissipé. Mon cœur accueille la nouvelle avec plaisir et commence à peine à ralentir sa course douloureuse. La nausée, elle en revanche, perdure encore. Je me sens comateux, glacé par les doigts de sueur qui me caresse la peau. Je n’aurais jamais dû accepter de venir ici, je m’en mords les doigts et n’aspire qu’à récupérer mes affaires et qui quitter cette antre du diable au plus vite.


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MessageSujet: Re: Red right hand {.pv}   Dim 16 Nov - 17:20




Il voulait faire volte-face, tourner les talons, s'enfuir à toute hâte, loin de cette forteresse infernale. Son front était emperlé de sueur, sa respiration saccadée, son regard hagard. Ce trou merdique lui rappelait bien trop de souvenirs éprouvants. Sa propre incarcération, la cruauté, les jeux de pouvoir, les spectacles macabres auxquels on finissait par devenir mithridatisés. La déchéance d'Aurora, acculée dans les recoins les plus sombres et perfides de son esprit, prisonnière de sa propre âme, consumée par ses abjectes démons. Nonobstant ses instincts qui lui hurlaient de fuir, il continuait à marcher, l'écho des pas de l'escouade le rendant un peu plus fou à chaque instant. Wesley Windsor n'était pas un pleutre et, par dessus tout, il ne voulait pas faire ce plaisir aux membres de l'escadron, connaissant son passé, qui se gaussaient de lui et le regardaient avec leurs yeux rieurs et un sourire goguenard pendu aux lèvres. Pourquoi diable avait-il fallu que le Hunter fusse dépêché pour pareille besogne ? Un rebut du genre humain occis dans sa cellule, quel intérêt pouvait-ce avoir ? Il ne s'agissait là que d'un événement anodin, banal dans le milieu carcéral. Maudissant sa hiérarchie en son for intérieur, Wesley continua à marcher jusqu'au lieu du crime, où un gardien les attendait déjà. L'homme bedonnant et glabre leur pointa le cadavre d'un geste las et s'éclipsa aussitôt.

Dès l'instant où le soudard pénétra la cellule sépulcrale, baignée dans une lumière criarde, ses narines furent assaillies par un remugle de moisissure, si bien qu'il lui fit plisser le nez. Cet établissement était toujours insalubre, bafouant le respect humain. L'ex-taulard étudia le macchabée un court instant ; race caucasienne, solidement charpenté, le corps rompu par les coups, tel en témoignaient les multiples contusions maculant son épiderme, et arborant une profonde entaille. Wesley arqua un sourcil blond ; au vu de la blessure, le but de l'embuscade avait clairement été de donner la mort. En quoi la venue d'un légiste était-elle nécessaire ? D'ailleurs, comme si invoqué par cette simple pensée, l'on put entendre les pas du dit légiste se rapprocher. Windsor se retourna et le temps se suspendit. Il se figea, tout muscles bandés et retint son souffle. Lui. L'ignition fut instantanée, cette colère latente resurgissant des tréfonds de ses entrailles, qui lui entravait l'esprit, l'instiguait à l'annihilation de cet individu qu'il exécrait de toutes les puissances de son être. Cette simple vision, arrachée au passé, mettait en éveil ses instincts les plus primaires, déchaînait sa frénésie. L'apostat, accroché à sa giberne tel un naufragé à une bouée de secours, toujours aussi frêle, toujours aussi guindé, s'engouffra dans la cellule sans un regard pour l'assistance, ne remarquant même pas la présence de son antagoniste. Le Hunter percevait sa respiration sifflante, sentait son cœur marteler sa cage thoracique. Primesautier, son premier désir avait été de fondre sur l'apostat, de le rouer de coups, d'assouvir une fois pour toute sa soif de vengeance, d'épancher sa haine, mais il réalisa bien vite que cela ne le satisferait guère. Accroupi, absorbé par son auscultation, Aleksi était une proie facile, l'assassiner aurait été une bagatelle. Or, la brute voulait prendre son temps, instiller la peur chez le scélérat, s'en délecter aussi longtemps que possible. Alors, Wesley prit son mal en patience, tentant vaille que vaille de juguler son prurit de destruction, se bornant à guigner l'ersatz de médecin légiste d'un regard où flambait la fureur.

Soudain, Aleksi s'éclipsa un court instant, disparaissant derrière un pan de mur. Que lui prenait-il ? Cette toile macabre l'incommodait-elle à ce point ? Peu importait, il s'agissait là d'une aubaine qui tombait à point nommé. « C'est un bleu, laissez-lui de l'air. » grogna Wesley, feignant une sollicitude qu'il ne ressentait définitivement pas. Ravis d'avoir une excuse pour s'esquiver, ses collègues s'éclipsèrent eux aussi. Toujours aussi étourdi, le maraud pusillanime retourna à son poste, reprenant son expertise là où il l'avait laissée. « Hé bien Aleksi, on ne salue pas son vieux copain ? » susurra-t-il d'une voix sirupeuse. Le Hunter se sentait fébrile, incroyablement impatient, éprouvant tout le mal du monde à contenir sa véhémence. La colère était un nectar capiteux dont il se gorgeait jusqu'à l'ivresse, ses vapeurs intoxicantes embrumant délicieusement son esprit damné. Une exquise torture que de lutter contre ces obsédantes envies de violence. « Concernant notre pauvre diable, j'ai une théorie. » commença-t-il, se forçant à garder sa voix posée. « Je pense qu'un des sous-fifres de ce type a retourné sa veste, refourguant dieu sait quelle came au plus offrant. Ce dit type a subi le mécontentement de ses clients. Ils se sont probablement mis à cinq ou six dessus, l'ont passé à tabac et quand ça ne les éclatait plus, ils lui ont enfoncé une lame rouillée entre les côtes et l'ont laissé se vider de son sang. » Un sourire de squall tordit ses lèvres. « Hey dis Aleksi, l'excitation était évidente dans sa voix. Elle sonne drôlement familière cette histoire, tu trouves pas ? »

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MessageSujet: Re: Red right hand {.pv}   Mer 19 Nov - 20:36


Je tremble encore. Mes doigts s’agrippent contre le mur, et c’est les paupières closes que je tente de recouvrer mon calme. De chasser de mes pensées toutes les horreurs qui m’assaillent. Je fais le vide, m’enjoignant de retourner à mon travail afin de l’achever au plus vite. Quitte à oublier quelques éléments, mais qu’importe, la raison de la mort est évidente, quant au reste, ce n’est que détail. J’ouvre lentement les paupières et inspire le plus profondément possible avant de prendre le risque de me détacher enfin de mon appui de fortune. Le monde vacille, les tremblements dans mes jambes s’accentuent et j’ai la sensation que mon crâne est en train de se faire happer par le sol. L’impression est déroutante, dérangeante. Elle me vrille le cœur et le ventre, et je dois reprendre une nouvelle fois mon souffle pour que le désordre alentour cesse enfin de me tourmenter. Je me racle la gorge, comme si cela pouvait me donner un semblant de courage et je rebrousse chemin pour revenir me glisser dans la cellule. Les soldats sont partis, il n’en reste qu’un. Que je frôle au passage, sans même lui jeter un regard. Sa présence me dérange et son regard qui me brûle la nuque n’arrange en rien le malaise qui persiste à me ronger de l’intérieur. Je m’agenouille à nouveau près de la dépouille et constate que l’entaille écarlate qui lui barre le flanc ne ressemble en rien à celle qui me marque les reins. Ce n’était qu’un profond délire engendré par mon cerveau dérangé. Mes doigts effleurent la blessure et je m’absorbe dans sa contemplation, oubliant ce qui peut m’entourer. Le retour à la réalité est brutal. Mon souffle se coupe, et j’écarquille les yeux comme un imbécile. J’ai subitement la gorge affreusement sèche, des lames de rasoirs acérées me déchirant la trachée à chaque déglutition. Le sang a quitté mon visage, j’ai blêmis jusqu’à devenir aussi pâle que la malheureuse victime. Un nouveau raclement de gorge, ainsi qu’un jeu d’épaules pour retrouver un semblant de contenance et je tourne la tête en direction du milicien debout dans l’encadrement de la porte. La peur, elle grouille sous ma peau, légère comme une brise, je la sens me caresser la nuque, et elle me pousse à la prudence. Je ne le regarde dans les yeux qu’un mince instant, juste avant de me dérober et de contempler le mur nu face à moi.

« - Oh… Wesley... Perdu au milieu de tout ce noir, je ne t’avais pas remarqué. Crois-moi que je me serais empressé de te saluer autrement. » Je tente d’avoir l’air le plus détaché possible, de maîtriser le tremblement qui menace de faire flancher ma voix. J’ai appris à ne plus trembler devant Kyran. Je continu pourtant de le faire devant Wesley. La crainte est toujours aussi intense avec lui, elle me dévore et brise les misérables connexions de mon cerveau. Le début de sa réplique fige mes membres. Je sens mon sang qui arrête sa course, mon cœur attendant au bord du gouffre que la suite ne vienne s’écraser contre mes oreilles. Et la violence des mots est bien telle que je l’avais imaginé. Ma mâchoire se serre et mes mains se mettent à trembler avec une telle violence que je suis contraint de les enfouir dans mes poches pour arrêter le massacre. « - Et ils l’ont ensuite ramené dans sa cellule, pour que les autres le voient bien. Il ne faut pas oublier ce détail. » La prétendue légèreté de mes paroles jure avec le ton employé pour les prononcer. Ma voix flanche cette fois, et le voile d’une sueur de glace vient se poser sur mon front. Le rappel de ma trahison et de mon comportement de parfait couard, me retourne le ventre autant qu’elle peut me mettre mal l’aise. Je souffre, et la douleur me tétanise. Je ne m’attendais pas à le revoir dans un tel lieu. Je ne m’attendais pas à le revoir tout court. Vire avec la peur au ventre, j’en ai l’habitude. Mais cette fois c’est différent. Le mauvais pressentiment qui me tiraille est bien plus détestable que la crainte. Drôlement familière… L’ironie de la chose me fait esquisser l’ombre d’un sourire crispé. Je suis incapable de me détendre, d’apaiser mon pauvre cœur qui n’a de cesse de frapper comme un dément contre mes côtes. De faire taire les sombres murmures qui se heurtent contre mon crâne. Je ne peux rien faire, excepté redevenir la victime que je fus, pendant dix longues années.

« - Les trahisons et règlements de compte sont monnaie courante en prison. » Je tente d’accompagner les mots d’un haussement d’épaules. La raideur qui me bloque les muscles rend le geste étrange et maladroit. « - Tes employeurs renvoient les anciens taulards en prison maintenant ? Ou tu viens t’assurer qu’ils sont aussi bien traités que nous l’avons été ? » L’acide me brûle la langue et se déverse de mes paroles avec une simplicité qui me cloue le cœur. La victime se débat, lutte pour sa survie et s’enlise dans cette éternelle provocation qui reste sa meilleure arme face au danger. Je devrais faire profil bas, l’ignorer et me reconcentrer sur ma tâche. Mais j’en suis incapable. Travailler pour Kyran m’aura bien appris cela, j’ai beau trembler face au danger, je préfère m’enliser dans la provocation plutôt que de faire demi-tour et baisser les yeux. Malgré toute cette belle ironie, ce que j’ai pu percevoir dans le timbre de sa voix me glace les veines. J’en arrive presque à regretter la présence de ses collègues.

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MessageSujet: Re: Red right hand {.pv}   Lun 24 Nov - 16:24




Il se souvenait de la géhenne conférée par son corps rompu, ses os brisés. Il se souvenait du sentiment d'impuissance qui l'écrasait, alors qu'il gisait dans une flaque écarlate sur le sol froid de sa cellule, à l'agonie. Il se souvenait du goût cuivré du sang dans sa bouche, mêlé à celui plus abjecte encore de la trahison. Il se souvenait de la caresse glaciale et enjôleuse de la faucheuse, le rendant gourd. Cette remembrance, gravé au fer rouge en sa mémoire, l'avait accompagné chaque jour depuis sept longues années, nourrissant sans cesse cette terrible colère latente, assoupie. La simple vue du félon avait réveillé la bête incoercible et désormais, elle hurlait, vociférait sa soif de destruction, exhortait son hôte à faire subir au scélérat son courroux vengeur. Et c'était bien là ce que l'intéressé comptait faire, une fois qu'il estimerait avoir suffisamment tourmenté sa proie.

Wesley sourit à l'impassibilité que son vis-à-vis s'évertuait à afficher face à la dégaine comminatoire du Hunter. L'effort était remarquable, aurait pu même berner un profane mais insuffisant que pour leurrer le chien du gouvernement ; le masque placide du jeune homme commençait d'ores et déjà à se craqueler et la peur exsudait des fêlures. Les yeux, miroir de l'âme, ne mentaient point et il en allait de même pour ses mains trémulantes. Le germe d'angoisse bourgeonnant au sein de l'apostat rendait la bête béate ; que la simple vue de son galbe suscite chez ses victimes pareille réaction était pour elle le plus beau des compliments. Le venin de la fureur commençait à l'étourdir mais Wesley ne devait pas encore se rendre à l'empire de cette rage qu'il ne connaissait que trop bien ; la hâte galvauderait son plaisir. Patience se répétait-il, tel un mantra. « Comment ai-je pu omettre ce détail ? Ne t'en fais pas, je n'oublierai pas d'exposer ta carcasse sanguinolente au su et au vu de tous une fois que j'en aurai terminé avec toi. » chanta-t-il d'une voix mielleuse. L'heure des menaces à demi voilées était révolue, les choses s'accéléraient, le contenu du sablier d'Aleksi se déversant inexorablement. Preste, la pogne de Wesley jaillit et agrippa la chevelure sombre de son ancien sous-fifre, rapprochant leur deux faciès, si bien que quelques centimètres à peine les séparaient. Le milicien planta son regard opalin dans celui du légiste, scrutant les profondeurs de son âme, à la recherche d'une réponse qu'il désirait tant. Aleksi avait-il peur ? Oui, sans doute. Les contorsions de son visage, la crispation de ses traits annonçaient une vie intérieure mouvementée, chaotique. Était-il tétanisé ? Probablement pas ; ce personnage retors s'était déjà embourbé dans d'épineuses situations, il avait moult fois regardé la faucheuse dans le blanc des yeux.
Cette proximité levait le cœur noir du Hunter, cela le rendait physiquement malade. Sa cicatrice le démangeait, comme un fourmillement en dessous de l'épiderme, à l'endroit exact où la lame mortifère avait mordu ses chairs. « Tu vas mourir, Aleksi. Ici et maintenant. T'en rends-tu compte ? » souffla-t-il entre ses dents serrées. « Le Gouvernement n'est plus là pour retenir mes coups, cette fois-ci. » Lors de leur précédente algarade, le pouvoir en place avait tiré les ficelles, Wesley avait été contraint de ployer le genou, de se soumettre à leurs exigences. À présent, avec une carcasse comme seul témoin, la brute pourrait totalement s'abandonner à l'empire de sa frénésie, s'enivrer pleinement de cette transe extatique dont il raffolait tant. Dardant sur son jouet un regard où luisait la haine, le milicien arma son poing libre et, sans perdre plus de temps en vaines paroles, cogna, ses phalanges blanchies par la tension percutant de plein fouet la pommette du malheureux, la peau diaphane de celui-ci éclata sous l'impact, ouvrant les chemins du sang. Il libéra la crinière de l'ancien hacker, pour ensuite le cueillir d'un violent coup de pied, qui l'envoya paître dans un coin de la cellule. « Pourquoi m'as-tu trahi ? » demanda-t-il soudain. La réponse, aussi astucieuse et habilement formulée fut-elle, serait insuffisante pour laver l'affront – la trahison était irrémissible aux yeux du soudard – mais il brûlait tout de même de savoir pourquoi. La protection qu'offrait le groupuscule du truand aurait été amplement suffisante pour assurer la sécurité d'un quidam tel que lui. Alors, pourquoi ? Avait-ce été l'appât du gain ? Le gang rival l'avait-il menacé, lui avait-il tordu le bras afin qu'il agisse de la sorte ? À l'époque des faits, Wesley avait été fort satisfait des services d'Aleksi, ayant à la longue nourri une certaine forme de respect à l'égard de son sous-fifre. Diable, il avait même été sur le point de l'inviter à rejoindre l'organisation de manière officielle. Cette simple idée le révulsait au plus haut point aujourd'hui. Peu importe se répéta-t-il. Il allait tout de même mutiler le maraud jusqu'à ce que ce dernier supplie la faucheuse de le délivrer de l'interminable supplice.


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MessageSujet: Re: Red right hand {.pv}   Mar 25 Nov - 21:37


L’ombre d’un sourire crispé se figea sur mes lèvres. Asséchée, ma gorge se tordit sous l’effet de l’angoisse. Je sentis mon ventre se tordre, grignoter par le venin de la crainte. La sécurité qu’il m’avait autrefois inspirée s’était bien vite envolée. Remplacée par les lames de la peur et de la soumission. Ma félonie n’aura fait que renforcer cette souffrance pernicieuse et ce besoin incessant de l’éviter. A la manière de l’animal frêle sentant le danger, je courbe l’échine et aspire à changer de route pour ne pas croiser celle de mes anciens bourreaux. Je m’efforce de garder un semblant de contenance, mais mes efforts sont en train de se révéler vains. Je tremble, un peu plus à chaque battement de cœur. Le mécanisme naturel de ma respiration s’enraye, perd de son automatisme et m’oblige à faire un dur effort pour remplir mes poumons d’un peu d’air. « - Ne te donne pas cette peine. Un cadavre à la fois, cela suffit amplement. » J’ai l’impression que tout ceci n’était qu’un piège. Un savant stratagème, monté de toutes pièces par mon ancien comparse afin de satisfaire ses sombres envies de vengeance. La folie suintant de mes neurones me pousse à voir les choses sous cet angle, à l’imaginer en train de payer d’autres détenus pour s’en prendre à ce misérable et me pousser à me jeter tête la première dans l’ombre de ses filets. Je n’ai pas le temps de réagir. Mes sens s’embourbent, et me changent en un vulgaire morceau de chair incapable de se mouvoir avec un semblant de vivacité. L’étreinte me brise, mais je ne cherche pas à m’en défaire. J’offre à Wesley tout le loisir de m’accabler du poids de son regard empli de haine. Je peux la lire comme dans un livre ouvert. Et des frissons viennent alors courir le long de mon échine. La glace s’étend sur ma peau, la tétanise pour mieux s’y introduire et venir geler mon cœur. « - Pitié, évite de me sortir ce genre de phrase toute prête. » L’irritation teinte mes paroles, lâchée avant même que je ne puisse la retenir. Ce que je peux les avoir en horreur, ces menaces ridicules qui ne m’inspire plus grand-chose, si ce n’est un profond agacement. Le Gouvernement ? Derrière la crainte, l’incompréhension vient prendre le dessus dans mes prunelles. M’incendie les neurones pour me contraindre à froncer les sourcils.

« - Cette fois-ci… C’est donc ce qui s’est passé, après les révélations du journaliste ? Vous avez essayé de me faire parler c’est ça ? » Les éléments s’assemblent péniblement. Trop lentement pour avoir le temps de m’offrir une quelconque explication, le coup qui me brise la joue détruit les connexions et arrête instantanément le raisonnement. L’odeur du sang attise le monstre, éveille en moi des envies assassines qui m’écœure. La force de la seconde attaque et la dureté du mur venu se fracasser contre mon dos, me coupent le souffle. Je perds le fil pendant quelque infime seconde, le goût du sang sur ma langue brisant toute ma logique. La question me frôle, résonne dans mon crâne, s’y heurte avec de plus en plus de force. Et me blesse bien plus que ses coups. « - Pourquoi ? » La question n’est qu’un murmure. L’ironie de la chose me pousse à laisser un infime éclat de rire franchir le seuil de mes lèvres. Le rictus mécanique se mue quasi-instantanément en une quinte de toux qui me fait grimacer de douleur. Sous ma peau, je sens les brisques endiguant mon flegme de façade, se défaire. Elles craquèlent puis s’effondrent, les unes après les autres. La peur cède sa place à un profond ressentiment. Une violente aversion qui se couple avec les relents de la colère. D’un geste rageur, j’essuie du revers de ma manche le sang qui me glisse sur la joue, et je me redresse malgré la douleur qui me dévore le corps. « - La protection que tu étais supposé m’offrir s’est avérée inexistante quand j’ai été violé et saigné à blanc par tes putains d’associés ! » L’évocation de ces ignobles sévices fait revenir la nausée et ma voix tremble. Elle me torture, bien plus encore que tout ce que le soldat pourra m’infliger. La rage reste contenue, et alors que je le fusille du regard, la honte vient me caresser la langue. « - Ne t'imagine pas que tu as été le seul à souffrir dans cette histoire Wesley. » Laissé pour mort, dans une cellule ou dans un recoin sombre, nous avons tous les deux abreuvé le sol de notre sang. Pour des raisons bien différentes certes, mais pour un résultat équivalent. Il a failli à sa promesse. Il n’a pas été capable de me protéger de la folie de ses compagnons. Victime pour la seconde fois de mon existence d’une telle horreur, l’hésitation ne m’aura pas frôlé lorsqu’une offre plus alléchante s’est présentée à moi.

« - Je faisais ma part du boulot, j’ai risqué gros pour toi. Tu n’as pas rempli la tienne, ma trahison était légitime. » L’accuser n’est pas la meilleure solution, je le sais bien. Mais qu’importe. « - Je suis désolé que les choses se soient mal terminées, ce n’était pas mon intention. » Je le pense, profondément. Je lui en ai voulu, de toute mon âme. Et à défaut de pouvoir exprimer toute ma rage face à lui, j’ai été réduit à assassiner de sang-froid l’un de mes tortionnaires. Privant sa charmante petite bande d’une de ses meilleures recrues. Satisfaisant au passage une soif de vengeance que je n’ai jamais vraiment réussi à épancher. La blessure reste béante, intacte, malgré les années passées.

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MessageSujet: Re: Red right hand {.pv}   Dim 30 Nov - 14:48




Observant avec une fascination à peine dissimulée la larme de sang rouler sur la joue d'Aleksi, Wesley ne revenait toujours pas de l'aubaine qui s'était offerte à lui. Un Panthéon las et ennuyé avait-il décidé de faire croiser leurs chemins afin de se divertir de cette algarade fatidique ? Était-ce là le fruit du hasard ? Il l'ignorait – et très honnêtement, il ne souhaitait guère galvauder son précieux temps en spéculations fumeuses – mais il était extrêmement reconnaissant à sa Dame Fortune. Tout ce que le Hunter savait, c'était que la toile s'étirant au devant de ses yeux l'emplissait d'allégresse, lui fouaillait délicieusement les entrailles. Le scélérat avait essuyé ses assauts de plein fouet, l'air semblait avoir du mal à se frayer un chemin jusqu'à ses poumons et l'appréhension était de plus en plus évidente sur son faciès meurtri. Cette vision d'un Aleksi rompu par les coups, effrayé, lui était déjà souvent venue en rêve, parasitant ses songes, l'obnubilant. Toutefois, elle avait été relayée au rang de chimère, au vu de son caractère peu réalisable. Cette vision tant désirée devenait néanmoins de plus en plus tangible, il pouvait presque l'effleurer de ses doigts fébriles. Bientôt, très bientôt, ses vœux seraient finalement exaucés.

Aleksi, en mauvais arroi, ne s'était pourtant toujours pas défait de sa causticité, du poison dans sa voix. À ce point, Wesley ne savait plus si cette bravade l'importunait ou l'impressionnait. Probablement un savant mélange de ces deux sentiments. L'arrogance d'un condamné à mort, la légèreté d'un homme qui n'a plus rien à perdre. Lentement, vrillant toujours sa proie de son regard courroucé, le milicien chaussa ses poings américains. Toutefois, la gestuelle mécanique se figea un court instant, suspendue par la surprise. « Tu ne te souviens pas de notre précédente rencontre ? » demanda-t-il sans se donner la peine de masque son étonnement. « Je suis blessé. Mais oui, en effet, le Gouvernement t'a pincé et je t'ai un peu secoué. » Comment diable pouvait-il ne pas se remémorer cet épisode ? Wesley s'était pourtant évertué à graver au fer rouge la douleur et l'effroi en l'essence du félon, et jusqu'à cet instant précis, il avait été convaincu d'avoir exécuté honorablement cette tache si agréable. Avait-il été zélé au point d'irrévocablement détraquer le cerveau du médecin ? Il en doutait. Était-ce un mécanisme de refoulement d'un esprit aliéné qui tentait vaille que vaille de se préserver ? Encore une fois, la réponse à ces questions lui importait peu ; il trouvait juste étonnant que la situation actuelle n'entre pas dans une sorte de résonance avec celle d'il y a quelques moins, que la similarité des événements ne fasse pas resurgir des souvenirs enfouis aux tréfonds de son être. « Tu t'es d'ailleurs montré assez peu loquace. » fit-il, ponctuant sa phrase d'une droite directe dans les côtes d'Aleksi. La lueur dans le regard de ce dernier vacilla une seconde, se muant en quelque chose de différent, le feu-follet craintif renaquit de ses cendres, transformé en une flamme ardente, réflexion exacte de celle dans l'iris du Hunter, à quelle il était si accoutumé : celle d'une terrible colère, une aversion suprême et totale. Wesley sentit un sourire goguenard éclore sur ses lippes ; le pleutre allait-il enfin faire montre de pugnacité ? Consumé par le désir de connaître la réponse, ensauvagé par la combativité nouvelle de son antagoniste, le soudard contracta derechef son poing armé, banda ses muscles, s'apprêtant à délivrer un coup plus brutal encore. Toutefois, à l'instant précis où Windsor allait fondre sur se proie, la révélation que celle-ci jeta au vent le paralysa, le cloua sur place, une profonde stupéfaction peinte sur son visage. Jamais, ô grand jamais, ne s'était-il interrogé sur les motivations du couard, l'ayant condamné à mort sitôt sa conscience recouvrée. Son esprit étriqué avait cru, vraisemblablement à tort, qu'Aleksi avait été mû par la cupidité, et non pas par pareilles vicissitudes. Malgré son empathie plus que restreinte, Wesley pouvait comprendre comment pareille opprobre et torture pouvaient entacher l'âme d'un homme, le briser jusqu'au plus profond de son être. Néanmoins, nonobstant cette vague compréhension, le chien du Gouvernement n'en démordait pas ; le hacker réformé l'avait tout de même condamné à mort en le trahissant, la sentence resterait donc la même. Ces quelques palabres n'étaient guère suffisants que pour assurer l'absolution des péchés du scélérat. Toutefois, telle une flamme par une bourrasque, son éréthisme avait été soufflé par cette confession. Wesley ressentait toujours l'écho de cette colère impérieuse et impétueuse en lui mais elle semblait lointaine, telle une réminiscence. Murée dans un silence de plomb, la brute ôta lentement ses instruments de torture et extirpa de l'étui son Colt et mit son némésis en joue. Le Hunter respirait profondément, dévisageant une dernière fois son ennemi d'un regard éteint. D'accoutumée, le contact froid de l'acier, le poids rassurant de l'arme dans sa main, le grisaient, le galvanisaient mais en cet instant, sa résolution demeurait vacillante, flageolante. Il éprouvait toujours la même haine pour ce scélérat, ce traître, alors pourquoi diable était-ce si difficile de presser cette foutue détente ? Wesley avait toujours été un monstre impitoyable, inflexible  et voilà que sa fibre adamantine lui faisait défaut au moment fatidique. L'espace d'un fugace instant, ses paupières se fermèrent, afin de faire le vide, de consolider sa volonté.  


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MessageSujet: Re: Red right hand {.pv}   Mer 3 Déc - 20:27


La mécanique est bien mieux rodée que je ne le pensais. Pour éviter la souffrance, mon cerveau traite les informations, il fait du tri et efface toutes celles qui seraient susceptibles de me faire du mal. Je n’y croyais pas, refusais d’admettre que ma mémoire devenait défaillante sur certains points, mais les mots de Wesley me prouvent que cette hypothèse est de loin la plus probable. La détention et les tentatives pour me faire parler. La déchéance qui suivit et ma vaine tentative pour mettre fin à mes jours. Les pièces s’assemblent et le puzzle de la triste spirale dans laquelle je me suis laissé entraîner s’affiche devant mes yeux effarés. Je secoue la tête, m’enferme dans le déni. Même si cette explication semble être la plus plausible, je refuse de la laisser germer dans mon cœur. La mémoire est une chose affreusement fragile, je le sais. Pour avoir vu les dégâts que la perte de cette dernière a pu causer sur ma mère, souffrir à mon tour du même mal me détruirait. Achèverait les faibles brides de force qui tentent vainement de survivre entre les fibres nécrosés de mon cœur. Je secoue encore une fois la tête, de gauche à droite, lentement avant de lâcher un faible : « - Non. » Coupé par le nœud qui vient s’enrouler autour de ma gorge pour me broyer la glotte. Nerveusement, mes traits se crispent et mes sourcils se froncent. « - Mais je pense savoir ce qui s’est passé. » Stupide, peut-être, mais pas totalement idiot. La douleur qui me broya le corps pendant des jours est encore bien ancrée en moi pour que de lugubres suppositions se brisent contre les récifs de ma raison.

Les mots s’enchaînent, me heurtent au même titre que son poing. La douleur me fait vaciller, éteint mon cœur le temps d’un soupir et me plonge dans le noir. La faiblesse menace, mais la colère sourde est en train de prendre le dessus. Je cille, crispe mes doigts contre le mur miteux. Les tremblements ont cessés, remplacés par une dangereuse immobilité. Un soupir, et je reporte mon attention sur mon tortionnaire de fortune. « - Navré, me secouer n’a jamais été la meilleure option pour me faire parler. » A peine masquée sous une couche d’ironie douteuse, la tension agit sur ma voix comme un manteau de glace. Elle en fige les notes chaleureuses pour mieux les faire disparaître. Elle se glisse dans les fils de mes prunelles pour les changer en morceaux de glace acérés. L’aveu m’a coûté, même si je l’ai lancé sous le coup de la colère. Comme si cette simple phrase aurait pu mettre un terme à ce qui est en train de ravager le cœur de mon ancien camarade de geôles. Je ne m’attendais pas vraiment à ce qu’il réagisse et pourtant. La proie que je suis se détend légèrement. Je reste encore un instant appuyé contre le mur, avant de le lâcher et de me redresser du mieux que je le peux malgré l’élan de douleur qui me traverse le flanc. Je suis le moindre de ses gestes du regard, et frissonne lorsque le Colt entre en scène. Le serpent vicieux de l’angoisse s’enroule autour de mes poumons, pour mieux les broyer ensuite. La crainte s’affiche sur mes traits, une fraction de seconde, puis se voit remplacée par un aplomb de façade. Je reprends mon rôle de comédien, celui que je joue devant Kyran, lorsque la crainte me ronge mais que je refuse de Lui offrir le plaisir de la contempler. Je lève lentement les mains tout en haussant un sourcil.

« - Tu ne crois pas que c’est risqué ? Me tirer dessus alors qu’un essaim de corbeaux grouille un peu plus loin ? Si tu tires, ils vont tous rappliquer non ? »  Ce serait le comble de l’ironie. L’apprenti légiste venu examiner un cadavre qui se retrouve lui-même à jouer le rôle de la dépouille pour un autre croque-mort. La chose me fait esquisser un infime sourire, soulève une brise d’amusement passager. Les neurones se débranchent, s’éloignent pour venir se lier à nouveau et donner naissance à de dangereuses connexions, qui court-circuitent les autres. Ma raison se retrouve étouffée sous la force d’une folie suicidaire. J’esquisse un pas dans la direction de Wesley. « - Tu en es incapable. Tu cognes, comme toute brute qui se respecte, mais tu n’as pas le cran de faire une chose pareille. » Ma voix ne tremble pas, il y règne un aplomb et un froid polaire. Je le détaille, scrute sa physionomie avec l’œil de la proie retournant la situation à son avantage. Je provoque le fauve, joue avec la fragilité de ses nerfs pour mieux les tordre entre mes mains. Au sang-froid incendiant mes prunelles, s’ajoute la lueur pétillante de l’amusement.  Le suicidaire entre en scène, profite de la perdition provoqué par mon odieuse révélation. « - C’était ça ton problème, le manque de cran, sans ça, il n’y aurait jamais eu de trahison ou d’accrocs. » L’accusation est tranchante, acérée. Un rictus faussement amusé s’appose sur mes lèvres, et je hausse légèrement un sourcil. Mes mains retombent le long de mon flanc, et une vague d’envie assassine me tiraille le cœur. Retourner l’arme contre lui et appuyer sur la détente, cette idée me paraît alléchante, fait naître des fourmillements dans mes doigts qui s’impatientent. Mais que les autres rappliquent une fois le crime commit, cette simple pensée parvient à calmer mes délires meurtriers. Passif dans les actes, incisif dans les mots. Cette combinaison reste de loin ma meilleure arme face à des êtres de sa trempe

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MessageSujet: Re: Red right hand {.pv}   Sam 6 Déc - 17:36




Sa respiration devenue sifflante lui paraissait assourdissante, il pouvait sentir son cœur fétide marteler sa cage thoracique, la sueur emperler son front creusé par de profonds sillons. Le hunter poussa une expiration vibrante. Les rênes lui glissaient inexorablement entre les doigts, échappant à son emprise. L'affolement le gagnait sans qu'il puisse s'y opposer. Plus insoutenable encore que cette saugrenue faiblesse était ce sentiment d'incompréhension. Le glas de la vengeance avait sonné, la délivrance était enfin à sa portée, la concrétisation d'une myriade de suppliques, il n'avait qu'à tendre le bras pour la saisir ; ce même bras roidi, crispé, tremblant qui peinait tant à soutenir l'arme. Lui qui s'était toujours enorgueilli d'être nanti d'une implacabilité à toute épreuve, se retrouvait désemparé à l'aube de l'exécution de son plus grand antagoniste.

Wesley avait l'impression que les secondes s'égrenaient de plus en plus lentement, jusqu'à se figer et finalement inverser leur cours. Il se sentait être aspiré par un vortex que son esprit à la dérive avait produit, les années défilant à une vitesse vertigineuse, jusqu'à le replacer dans une pièce assez similaire à celle qu'il venait de quitter. Éphèbe, il devait avoir à cette époque révolue une quinzaine d'années, peut-être un peu plus. L'adolescent tenait en joue un quidam, solidement harnaché à une chaise, un bâillon étouffant ses pitoyables supplications. Windsor avait beau prospecté les méandres de son âme, il n'arrivait pas à trouver le gisement qu'il lui fallait, celui qui lui permettrait de trouver la force de presser cette damnée détente. Il pouvait sentir le regard de son oncle lui brûler la nuque, lui hérissant le poil, couvrant son épiderme de chair de poule, il pouvait l'imaginer empli de mépris, empli de dégoût, se demandant comment tel misérable pouvait partager son sang bleu. Brutaliser était aisé, intimider une seconde nature mais occire demeurait une tâche que le juvénile garçon n'était point encore à même d'accomplir. Son âme n'avait pas encore chu dans des abysses suffisamment ténébreuses.
Toutefois, la détonation salvatrice vint finalement, éclipsant la lumière du regard du malheureux, son front zébré par une unique coulée de rouge. Tétanisé, la bile acide grimpant le long de son œsophage, Wesley se rendit compte avec effarement que la déflagration ne venait pas de son arme mais bien de celle de son oncle. Avec une extrême lenteur, il fit volte-face, captant le regard de glace et rogue de son oncle, qui le tenait en joue lui désormais.
La correction qu'il avait reçu des suites de cette faiblesse avait été cuisante, impitoyable, et alors qu'il gisait à terre, ses os brisés par le courroux de son oncle, il s'était fait la fervente promesse de ne jamais plus faire preuve de commisération.

Que dirait Balachev Ignatev s'il voyait son neveu faillir en ce moment crucial ? Assurément, la punition que le moscovite infligerait à son ancien bras droit aurait raison de celui-ci. Chassant cette douloureuse scène de ses pensées, - étrange de voir comme l'esprit pouvait s'égarer lorsque soumis à de trop hautes tensions -, Wesley reporta son entière attention sur Aleksi. « Vu tes antécédents, je doute que ta disparition soudaine soit réellement compliquée à justifier auprès du gouvernement. » fit-il d'une lippe méprisante. « Quand bien même, te descendre vaut bien quelques années en cabane. » mentit-il. Jamais il ne retournerait à l'ombre. Peu importait à quel point ses actions devraient être drastiques pour éluder l'incarcération, il n'y retournerait pas.
Il fut surpris de voir le maraud s'avancer au devant de lui, les traits tordus par une folie nouvelle, une inflexion inédite dans la voix. Aleksi n'avait cessé d'osciller entre angoisse et insolence mais il s'agissait là de quelque chose de neuf, quelque chose qu'il n'avait pas encore dévoilé à Wesley. Il raillait ouvertement son bourreau, se gaussait de lui sans vergogne, le provoquait délibérément, fort d'une impudence stupéfiante. Était-ce une stratégie ourdie afin d'étouffer la rage de Windsor ou cherchait-il volontairement à s'en attirer l'ire ? Le Spadassin l'ignorait – et peut-être même agissait-il tel un docile pantin – mais les brandons de l'androgyne furent suffisants pour raviver la flamme, donner un souffle nouveau à la hargne, revigorer son prurit de meurtre, la colère fulgurante flambant à nouveau dans son regard. Du revers de la crosse, il asséna un terrible coup à la tempe de l'effronté qui s'était approché plus que de raison et pressa enfin la détente, l'onde sonore s'écrasant avec force contre les murs de la cellule, la balle déchirant les chairs de l'épaule. « Hé bah putain, tu osais te plaindre de mes répliques mélodramatiques. L'hôpital qui se fout de la charité, vraiment. » Le Hunter rengaina son pistolet et sortit de son étui un coutelas. Une mise à mort par balle serait trop propre, trop distinguée pour pareil animal. « La seule erreur que j'ai commise a été de passer un deal avec un type aussi vulnérable et faible que toi. » dit-il, faisant rouler sa lame entre ses doigts. De sa dextre puissante, il empoigna le félon et le plaqua au mur, appuyant le tranchant de son arme sur la gorge délicate du médecin légiste et fit pression. Aussitôt, le long de la lame, une larme purpurine et poisseuse perla. Seuls les Daybreakers possédaient tel liquide vital. Les sourcils du milicien se haussèrent, si haut qu'ils fusionnèrent presque avec son crin flavescent, et il laissa échapper un sifflement. Ivre de rage et rendu aveugle par la frénésie, ce détail incriminant avait échappé à la vigilance du Hunter lors de leur précédente rencontre. Somme toute, il n'était guère étonné que pareil scélérat se révèle être une aberration de la nature, une créature impie et réprouvée. « Hé bien, on dirait que mon excuse pour te saigner à blanc est toute trouvée. » fit-il d'une voix où perçait une excitation naissante, un sourire plein de malice s'esquissant sur les lèvres.

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MessageSujet: Re: Red right hand {.pv}   Lun 8 Déc - 20:22


La réplique m’oblige à lâcher l’ombre d’un rire jaune. Elle ne m’amuse qu’à moitié tant elle transpire de vérité. Ma disparition ne serait que bénéfique pour ce Gouvernement. Un pion de moins à surveiller sur l’immense échiquier qu’ils tentent vainement de maintenir en place. Et au fond, l’insignifiance de mon existence, ferait que cette disparition passerait quasiment inaperçue. Je me renfrogne légèrement, et serre les dents pour ravaler la brise d’accablement qui vient souffler contre mon cœur. Son silence et son absence de réaction durant ces quelques instants m’ont fait croire qu’il avait pu m’oublier. Et se couper du reste du monde en se perdant dans ses pensées. Pour m’offrir peut être une occasion de replis. Un moyen de disparaître en évitant les dommages trop importants. Je pensais pouvoir sortir d’ici sans trop de casse, à mesure que le temps passe, cette douce utopie me file entre les doigts.  Sa colère fuse sous sa peau, il n’y a aucunement besoin d’être doté de dons quels qu’ils soient pour s’en rendre compte. Sept années qu’il rumine ma trahison. Sept longues années que ma mort fait partie de ses plans. J’en frissonne, à mi-chemin entre l’envolée de panique et le besoin de conserver un semblant de calme. « - Tu marques un point. » Je le lâche après avoir laissé s’installer le silence. Obligeant mon cœur à se taire tant j’ai l’affreuse impression que le bruit qu’il peut émettre est anormalement trop fort. Tonitruant même. Il résonne contre mes côtes et vient s’écraser contre les murs de cette cellule miteuse. Et les battements distillent dans mes veines le venin du malaise. Ma claustrophobie est en train de refaire surface. Elle gratte ma peau, à petits coups de griffes dans l’espoir d’atteindre la couche la plus haute et d’en prendre pleinement possession. Je me racle la gorge, chassant de ce fait cette pointe qui est en train d’appuyer contre ma trachée. Ce n’est qu’une question de temps avant que les digues ne cèdent et que la paralysie me gagne.

« - Je doute qu’une histoire de vengeance vaille la peine de retourner pourrir en prison. Tu risquerais de te faire trahir une nouvelle fois. » Un haussement d’épaules désinvolte accompagne la réplique. Je m’enlise dans cette attitude de parfait situation flegmatique. Provoquant ouvertement le tyran, malgré les risques encourus. « - Elles auront au moins eu le mérite de te faire réagir, c’est déjà pas si mal. » D’une certaine manière, c’était le but. Le provoquer jusqu’à le pousser dans ses retranchements et retrouver la brute que j’ai pu côtoyer pendant quelques années. Pour m’offrir une bonne raison de cesser de jouer les victimes passives et serviles. Me sentir en danger pour pouvoir vraiment répliquer, sans quoi la violence me dérange. La détonation me vrille les tympans. Mais plus encore c’est la sensation de brulure qui me dévore le bras qui me fait réagir. La surprise me tiraille le visage le temps d’un souffle. Et les événements s’enchaînent sans que je ne puisse y jouer un rôle. Je suis devenu le spectateur de ma décadence. Emprisonné dans ma propre chair, je subis et j’encaisse sans réaliser que je suis bel et bien devenu la poupée de chiffon d’un gamin capricieux. « - Vraiment ? Sans le type faible et vulnérable, il n’y aurait pas eu autant de drogue en circulation dans notre ancien petit monde. Et tu le sais. » Je le toise, acerbe. J’en ai souffert pendant des semaines, à essayer d’apprendre à dissimuler au mieux les doses que je devais faire passer. A trembler à chaque fouille, tout en essayant de ne pas avaler le sachet qui m’obstruait la gorge. Tout ça pour gagner un semblant de protection et trouver ma place dans ce monde qui me dépassait. Mes doigts se serrent, se crispent et l’odeur du sang me tord les entrailles. La réaction du Shadowhunter à la vue de mon sang nécrosé me fait esquisser un franc sourire, et l’amusement vient se mêler à la tempête qui menace de se déchaîner sous ma peau.

« - Si tu voyais ta tête. »  Ma voix tremble, fait de son mieux pour maintenir un semblant de calme quand un éclat de rire ne désire qu’une chose : briser le silence. « - C’est maintenant que tu le remarques ? Ne me dis pas que tu ne l’avais vu la dernière fois ? A moins que tu te sois seulement contenté d’une gentille petite discussion. » Je lève un sourcil, perplexe et le scrute. Malgré les pertes d’informations subies par mon misérable cerveau, mon corps et mon cœur, eux se souviennent. « - Et bien vas-y, si l’excuse est toute trouvée. » Mes doigts viennent enlacer son poignet, s’y agrippent et maintiennent la pression contre ma gorge jusqu’à la rendre franchement gênante. Le sang glisse, poisseux je le sens rouler sur ma peau. Des frissons me brisent les reins et remontent le long de mon échine. La chair de poule les accompagne et je me balance d’un pied à l’autre pour trouver un meilleur appui au sol. « - Non ? » Mutin et un brin déçu, le ton jure avec ce qui vient de se glisser dans mon regard. L’étincelle du chasseur prêt à bondir sur sa proie. La même que celle qui danse dans les yeux de Wesley. Je n’attends pas qu’il réagisse, pas cette fois. Mon autre vient s’enrouler autour de sa gorge, leste et prompte. Mes doigts serrent et les ongles menacent la chair fragile. L’étau se resserre et l’énergie du milicien l’abandonne doucement pour venir se glisser dans ma misérable carcasse. La plaie qui barrait mon épaule commence à disparaître et des picotements dévorent déjà ma gorge là où la lame continue de mordre la peau malmenée. Je m’introduis dans les coffres de sa mémoire, et les pillent sans le moindre remords. Commençant par les méandres de son enfance dissolue, je remonte le fleuve de ses souvenirs et les fait miens.


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MessageSujet: Re: Red right hand {.pv}   Ven 19 Déc - 12:21




Il le tenait. Enfin. La vengeance était à la pointe du coutelas. Un mouvement sec, franc et tout serait fini. Mais Wesley ne pourrait se contenter d'une exécution produite en telle hâte, non. Six longues années que le Hunter fourbissait patiemment ses armes ; l'apothéose du spectacle ne pouvait tout de même pas se conclure de manière si brutale, si succincte. Comme il le fut précédemment dit, l'animal voulait prendre son temps. Il voulait que l'acier morde la chair, tranche la jugulaire, ouvre les chemins du sang, il voulait voir la lumière s'étioler dans le regard de sa victime. Un frisson lui lécha l'échine ; rien ne pouvait le rendre aussi extatique que la violence, c'était sa came, son vice le plus profond et le plus grisant. Sa langue darda au dehors et humecta ses lippes d'un mouvement preste ; putain, ça le faisait presque bander. « Ah, Aleksi, si tu pouvais voir la tienne, on dirait presque tu as une paire de couilles attachée à ton cul terreux. » fit-il, ce sempiternel sourire mauvais étiré sur ses lèvres. Ensauvagé et aveuglé par cette furie noire, engoncé dans ses désirs de rétribution, Wesley ne perçut pas le changement s'effectuer dans le for d'Aleksi, il ne sentit pas le monstre s'éveiller et ne vit pas le serpent jaillir, si bien que sa gorge fut instantanément capturée dans cet étau maléfique. Sitôt, la brute se rendit compte que son sort était scellé ; le vénéfice rendait ses muscles gourds, dérobait son énergie vitale. Le Hunter aurait voulu ruer, se cabrer, briser cette étreinte perfide mais rien n'y faisait, ses membres semblaient être gelés. Sa hargne et sa puissance ne lui étaient d'aucun secours face à cette sorcellerie impie. Atterré, Windsor contempla d'un regard impuissant les chairs ravagées du scélérat se refermer , celui-ci semblant reprendre vigueur à vue d’œil, tandis que le milicien se mourrait entre ses doigts frêles. Comment ai-je pu être aussi stupide ? se maudit-il. Il connaissait pourtant tout de cet infâme groupuscule de non-morts ; même s'il n'avait jamais fait montre de zèle dans le cadre de son travail, il s'était tout de même renseigné sur les spécificités des Daydreakers. Putain, son job était de les éradiquer, pas le contraire. Quelle ironie, cela aurait probablement amené un sourire jaune sur ses lèvres, si seulement il avait pu, mais ses forces le désertaient. Ses jambes devenaient flageolantes, son souffle réduit un râle guttural, sa vision s’obscurcissait de plus en plus. Inutile de se voiler la face, le glas avait sonné. Peut-être qu'un zeste de peur s'était blottie dans un recoin sombre de son âme – l'on ne pouvait lutter contre l'instinct de préservation, après tout – mais d'autres sentiments dominaient le flux tumultueux de ses pensées : la colère, toujours et à jamais, et l'amertume. Wesley ne s'était jamais bercé d'illusions : lorsque l'on mène une existence aussi débauchée et anarchique que la sienne, ce ne seraient pas les affres du temps qui le terrasseraient. Les hommes qui se vautraient dans le stupre et dans l'illégalité comme il l'avait toujours fait ne faisaient jamais de vieux os. Non, le soudard avait toujours su qu'il ferait un jeune et beau cadavre, qu'il serait consumé par le feu ardent qui l'habitait. Il avait accepté il y a fort longtemps ce dénouement tragique, cela lui convenait parfaitement. Toutefois, un épilogue plus rutilant, plus épique, lui aurait été plus agréable que de rendre l'âme dans cette cellule sordide, occis par l'autre brèle. Néanmoins, cette déception-là paraissait anodine, insignifiante face au fait qu'il allait définitivement quitter sa petite fille. Et ceci, ceci, lui brisait l'âme, saignait son cœur à blanc, le brisait jusqu'aux tréfonds de son être. Il allait abandonner sa seule source de lumière dans ce monde monstrueux. Il sentit des larmes perler au coin de ses yeux tandis qu'une autre vérité, aussi irréfutable qu'inavouable, s'imposa à lui : c'était mieux ainsi. Certes, June allait vivre sans son père mais vu de la figure que représentait celui-ci, ce serait probablement bénéfique. Lorsqu'il expierait son dernier souffle, elle serait délivrée de son influence délétère et venimeuse, elle pourrait enfin vivre loin de son pécheur de père, unique moyen pour qu'elle ait une chance de vivre une vie décente et heureuse. Un hoquet échappa ses mâchoires serrées tant cette réalisation, dans toute son hideur, l'écorchait à vif. Wesley pouvait sentir la présence glaciale de la faucheuse, cette vieille amie, dans la pièce, attendant patiemment sa fin avant de l'emmener de l'autre côté. Une ultime fois, le Hunter pensa à la chair de sa chair, invoquant en son esprit sur le point de se déchirer son image ; l'image de cette candide petite fille, avec son air béat et ses yeux innocents qui pétillaient de bonheur. Peut-être n'était-il pas trop tard pour elle, peut-être les démons du père n'avaient-ils pas entachés l'âme sereine de la fille. Tu ressembles tellement à ta mère. Ses jambes se dérobèrent sous son poids, les ténèbres le clamèrent et, l'ombre d'un sourire aux lèvres, Wesley succomba à leur appel.


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MessageSujet: Re: Red right hand {.pv}   Lun 22 Déc - 20:01


Je n’ai pas de réponse à lui donner. Aucune ne vient se heurter contre mes lèvres. Je n’ai rien à lui offrir si ce n’est mon silence. Et la chaleur assassine qui est en train de me traverser de part en part. Je souffre, sous la peau, tout n’est que tourment. Ecartelé tel un misérable supplicié entre mes envies les plus abjectes et la voix de ma raison, à présent si faible. L’occasion est irréelle. Dangereuse, aussi, à cause de la présence de ses petits copains. La haine me dévore pourtant, enlace mon cœur dans une étreinte assassine et le pervertit. Nécrose mes neurones et la bonté qui fut mienne pendant tant d’années. Si ma mère venait à me recroiser aujourd’hui, elle ne reconnaîtrait pas l’enfant qu’elle a mis au monde. Je ne serais qu’un étranger pour elle. Une ombre, qu’elle croiserait et dont elle détournerait aussitôt le regard tant la vision la dérangerait. Ma sœur aussi a détourné le regard. Celle que je considérais comme ma jumelle, la détentrice de l’organe tapit entre mes côtes, s’est détourné de son propre frère. La douleur me détruit encore. Elle me ronge presque autant que tout le ressentiment que je peux nourrir à l’égard de mon homologue. La réminiscence de cette piètre rencontre me fait trembler, les doigts de la tristesse s’enroulent autour de ma gorge et je resserre l’étreinte des miens contre la sienne. Je me focalise sur les battements frénétiques de son cœur, m’abreuve de ce qui peut passer sur ses traits de fer, d’ordinaire si flegmatiques. Le monstre s’étiole, perd de sa superbe. Je lui dérobe son énergie comme on vole une voiture. La comparaison est grotesque et me donne l’impression de n’être rien de plus qu’un misérable détrousseur. Je serre les dents et secoue la tête pour chasser ces pensées parasites. Les images défilent, se frayent un chemin contre mes rétines. Affreuses et dérangeantes, elles s’enchaînent et s’assemblent. Elles me donnent la migraine, et avec elle, m’insufflent l’envie de tout arrêter maintenant. J’en suis pourtant incapable, pris dans la tourmente, mes doigts refusent de lâcher prise. Je l’oblige à reculer, mon autre main venant rejoindre sa sœur pour renforcer la prise.

Je refusais d’y prêter réellement attention, aux souvenirs sombres et froids de Wesley. Passant au crible les morceaux détestables de son existence jusqu’à apercevoir de nouvelles couleurs. Aux notes grises se mêle, celle étincelante de l’orange. Des nuances de feu qui me fascine et me pousse à prêter plus ample attention au spectacle qui se déchaîne devant moi. Il n’est plus seul, et lorsque les traits de la jeune femme qu’il étreint avec passion m’apparaissent enfin clairement, mon cœur rate un battement. Mon souffle se coupe et mon sang se fige dans mes veines nécrosées. Mes doigts se crispent contre sa gorge, puis relâchent leur prise. La chevelure de feu Lui appartient. Les courbes qui se dessinent dans l’ombre sont les Siennes. Ces corps qui se s’enlacent et se confondent leur appartiennent. Ce qui se fraye un chemin dans les fibres de mon cerveau me retourne le cœur, et j’aimerais tout arrêter. Mettre un terme à ces horreurs que je refuse de croire. Le lâcher pour qu’il s’effondre comme un misérable chiffon, et tout effacer. Je m’enferme dans le déni, me persuade qu’il n’a pas pu La connaître. Pas aussi intimement. Que son existence dissolue n’a pas pu croiser la route de la Sienne. J’étouffe, je tente vainement de remplir mes poumons d’air, mais ils restent forgés dans de l’acier. La prison remplace la passion. Notre passé commun remplace les immondices qui me rongent la langue. Et son présent dissolu prend le relais. Je fatigue, l’énergie qui m’envahit n’arrive pas à lutter contre l’accablement engendré par ce trop-plein d’informations. Je m’essouffle, ferme les paupières en espérant endiguer le flot qui ne cesse de me frapper. Les scènes se confondent mais au milieu du désordre m’apparaît avec netteté l’assemblage branlant de leur dernière rencontre. Je serre encore un peu plus la mâchoire et cette fois la stupeur est totale. Au milieu du chaos, une petite fille sort de l’ombre. Sa fille. Leur fille. C’en est trop. Bien plus que je ne peux le supporter.

Je lâche prise et le laisse s’effondrer à terre sans la moindre précaution. Chancelant, je recule et m’appuie contre le mur le temps que le monde cesse de tournoyer. « - Je t’interdis de mourir Wesley. » Ma voix est rauque, glaciale. Brisée par tout ce qui se presse encore contre mon cœur. Je suis incapable de le tuer à présent. Même si l’envie m’obsède, ce qui le lie à ma sœur m’en empêche. Par respect pour Elle. Et pour cette petite. Ma nièce. L’évidence me serre le cœur, et l’acide des larmes vient me brûler les yeux. Je les ravale d’un battement de cils, serre les mâchoires et sors avec vivacité de ma léthargie pour venir m’accroupir à côté du soldat. J’agrippe son col, usant de la force conféré par son énergie pour le soulever de terre et l’attirer vers moi. « - Et à l’avenir, si j’étais toi, j’éviterais de trop tourner autour de ma sœur. Ce qu’ils t’ont fait subir en prison sera une partie de rigolade en comparaison de ce qui t'attends. » Le murmure s’impose à ses oreilles, y glisse, limpide et glacial. Je me redresse, le toise avec un profond dégout puis, dans un accès de rage incontrôlable, j’envoie mon poing se fracasser contre ce visage qui me retourne le cœur. L’impact m’arrache une imperceptible grimace de douleur, résonne le long de mon bras et l’impulsion m’oblige à me redresser. L’asphyxie revient, et le besoin de quitter cet endroit me prend à la gorge. Je ravale mes envies de meurtre, récupère mes affaires et le laisse là. A croupir dans une cellule insalubre en compagnie d’un cadavre. Ses petits camarades ont déserté les lieux, tant mieux, je ne me sens pas de taille à me perdre dans des explications. A mentir pour masquer ce qui a pu se passer. A vrai dire, je ne suis plus qu’un vulgaire automate. Un robot qui avance au milieu du néant avec pour seule lumière, celle de souvenirs qui ne cessent de se heurter contre ses rétines de plombs. Qui ressassent la débauche de ce couple qui brise plus que de raison. J’ai mal, mon cœur saigne et je crève d’envie de l’arracher. L’extraire de ma poitrine pour oublier. Et tout arrêter.

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