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 « Ce n'est pas le temps qui passe, mais plutôt nous qui le traversons ! » [pv Ethan]

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« Le prodige et le monstre ont les mêmes racines. »

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↳ Opinion Politique : Pro-Gouvernement
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↳ Citation : C'est de cela dont j'ai vraiment peur. D'être véritablement un monstre. Je n'ai pas envie d'être un tueur, mais je ne peux pas m'en empêcher.
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MessageSujet: « Ce n'est pas le temps qui passe, mais plutôt nous qui le traversons ! » [pv Ethan]   Ven 21 Nov - 14:10


Ce n'est pas le temps qui passe, mais plutôt nous qui le traversons !

(pv) Ethan Crawley


~




Orfeo est parti. Il me laisse là. J’en oublie même que c’est moi qui suis parti le premier. Après mon départ, après ces quelques pas effectués avec toute la grâce que j’ai pu rassembler, je me suis effondré dans un buisson, et j’ai repris mon ascension vers le sommet, pour atteindre ces esquisses qui m’ont semblé, une fois déchirées entre mes crocs, bien pitoyables. Ma salive, mes babines, je les ai déchiquetées en essayant simplement de les prendre avec moi. La douleur est atroce. Elle enfle à chacune de mes respirations. Les cicatrices sur mes jambes ne sont certes plus que le pâle reflet des blessures infligées par Cora quelques jours plus tôt, mais elles s’additionnent aux coupures collectionnées lors de ma chute, à cette fracture dans ma patte qui me lance à chaque seconde un peu plus, à ces brûlures dans mes poumons, à cette souffrance psychologique qui me fait ployer le genou et affaibli ma détermination coutumière. Voilà que ma vue lupine se trouble. Je trébuche une nouvelle fois, dégringole le chemin de terre, secoue mon pelage, gémis, titube, laisse une larme s’échapper et s’accrocher à mes babines. Chaque foulée me semble toujours plus dure à faire, chaque obstacle plus compliqué à franchir, je ne vois pas le bout de mon retour vers ma villa, sachant que j’ignore complètement ce qui me pousse ainsi à ne pas attendre des secours envoyés par un Gouvernement qui devrait avoir intérêt à me voir survivre. Je me rappelle soudain que je n’ai prévenu personne, que je n’ai ni téléphone, ni papier, ni quoique ce soit sur moi. Et alors qu’un nouveau défaut dans la route m’envoie dans le fossé, je capte une odeur familière. Des échos d’un passé, un amas de sensations qui se réveillent.

Lointaine. Brumeuse. Associée à de la douleur, associée à de l’enfermement, associée à une vie de loup qui s’impose à ma mémoire pour mieux chasser le Rafaele dépressif que je suis en passe de devenir. Le loup sort les crocs, lâche un grognement, cherche à humer un peur plus cette odeur qui flotte et se disperse. Associée à de la douleur, certes, mais associée à la liberté, à l’air frais, à une morsure et une fuite dans les forêts obscures et glacées qui étaient mon refuge. Du secours ? Le cerveau simplifié du loup se contente d’évaluer la menace, de reléguer la douleur dans un coin de son esprit et de clopiner à la poursuite de cette odeur qui manque à chaque seconde d’être balayée par un coup de vent mais qui réveille l’espoir d’avoir un autre membre de la meute pour veiller. Le raisonnement du loup est simpliste, le raisonnement du loup est idéaliste, le raisonnement du loup ignore les protestations et l’orgueil exacerbé de l’homme. Après plus d’une heure de douleur, l’odeur s’intensifie, des gens s’exclament en croisant un loup gris qui se faufile entre des portes et les passants, escalade un escalier interminable, ferme les yeux pour se concentrer uniquement sur l’odeur, comme un phare olfactif, comme une ancre intangible. Je suis si concentré sur cette seule pensée que je ne vois pas la porte se dresser face à moi et que je la percute dans un bruit sourd qui crisse à mes oreilles et se répercute dans mes articulations, m’arrachant un geignement si pitoyable que je ne prends même pas le temps de m’affliger, me dressant sur mes pattes arrières pour faire jouer la poignée, ouvrir la porte non verrouillée et me traîner dans une trace de sang jusqu’au canapé le plus proche. L’odeur est maintenant si dense, si présente, que je peine à respirer et que mes yeux clairs cherchent celui qui sent ainsi. Un allié ? Un ami ? Ma langue râpe contre mon pelage et mes plaies qui refusent encore de se refermer complètement, je me désintéresse totalement du reste de l’appartement pour mieux me concentrer sur les sens du loup, mon instinct de bas étage qui me supplie de me mettre en quête de nourriture maintenant que je suis en sécurité, et ces blessures qui m’envoient continuellement des signaux, comme pour mieux se faire remarquer. Et sans savoir trop comment, je tombe dans un demi sommeil, gardant un œil ouvert et ma forme de loup.

Je me sens presque partir dans un sommeil potentiellement réparateur lorsqu’un bruit de pas me faire sursauter, une silhouette, retrousser mes babines, un regard, le fixer de mes yeux pâles. Pendant quelques secondes, je prends mesure de la menace, de vieux souvenirs visuels s’associant à l’odeur et à la situation, comme dans une sensation de déjà-vu qui refuse de me quitter. Mon grognement s’intensifie, le grognement d’un loup blessé, d’une bête sur la défensive, incapable d’attaquer. Je ne vais pas pouvoir garder ma forme animale plus longtemps, je le sens. Alors qu’est ce qui me retient de me retransformer tout de suite ? La pudeur ? Non, je l’ai oubliée depuis longtemps. L’orgueil ? Même celui là est actuellement mis en berne. Non, ce qui me retient, c’est cette terreur d’être vulnérable. Plus encore que face à mon frère, plus encore que face à Cora, je suis partagé entre une confiance instinctive pour cet homme et une méfiance naturelle envers toute personne pouvant me faire du mal et c’est cela qui me terrifie. Mais lorsqu’un tremblement naît dans mes muscles, je ne peux empêcher la transformation retour et quelques secondes infinies plus tard, je m’effondre dans un nouveau gémissement – visiblement ma seule façon de communiquer pour le moment. « Aide moi » je trouve le temps de tousser. « Tu l’as déjà fait… » Mon ton énonce ça comme une évidence, sans même s’embarrasser d’autorité. Je me souviens de  lui, il m’a aidé à fuir cette cage de fer et ce fouet qui s’abattait sur mon échine. C’était hier, c’était il y a une décennie, c’était il y a un siècle. C’était Hier et j’ignore s’il s’en souvient, mais je ne peux pas envisager le contraire. Il m’a aidé une fois, pourquoi ne m’aiderait-il pas une deuxième fois ?

Spoiler:
 


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Dernière édition par Rafael A. Morienval le Mer 3 Déc - 13:54, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: « Ce n'est pas le temps qui passe, mais plutôt nous qui le traversons ! » [pv Ethan]   Mar 25 Nov - 23:26

Depuis qu'Ethan s'était retrouvé avec un renard dans les bras, même si ce celui-là ne l'était pas tout le temps, l'anglais s'était découvert une nouvelle soif de savoir. Il brûlait de dévorer des livres sur la médecine appliquée aux animaux, de lire tout ce qu'il trouverait sur le sujet. Sa lubie n'était pas toute jeune, il avait toujours rêvé d'être médecin, depuis bien avant que sa femme le transforme, la seule différence était que maintenant, il ne s'intéressait plus seulement qu'au corps humain. Si on y regardait bien, c'était même une évolution des plus logiques. Ethan était un métamorphe, il vivait dans un monde de métamorphes, il avait donc tout intérêt à se renseigner sur les animaux, leurs maux et la manière de les soigner, en plus, il avait la chance d'avoir pu se lier d'amitié avec le vétérinaire qui avait son cabinet à deux pâtés de maison à peine de chez lui. Bon, il n'allait certainement pas le laisser s'entraîner sur les animaux dont il s'occupait alors qu'Ethan n'avait aucune formation, et ce n'était d'ailleurs pas ce qu'il demandait, mais il acceptait volontiers de lui conseiller des lectures et répondait avec enthousiasme à toutes les questions qu'il pouvait lui poser.

Ce soir encore, après avoir passé une ou deux heures à lire, l'anglais avait embarqué sa lecture à la tranche bariolée de post-it pour marquer les points qu'il avait du mal à assimiler et était sorti, oubliant de fermer sa porte à clé, comme toujours. Quand on passait plus d'un siècle dans la peau d'un renard et qu'on avait rien de valeur si ce n'était des piles et des piles de livres ou un vieux réfrigérateur datant de la Préhistoire, ce n'était pas vraiment ça qui vous aidait à y penser. Puis, sorti, Ethan était passé chercher du café et des viennoiseries et avait filé à son cabinet, sachant que comme il était assigné aux urgences ce soir, il serait ravi de le voir arriver avec à manger. Et ce fut le cas. On ne peut pas mieux acheter l'amitié de quelqu'un avec des viennoiseries encore chaudes et craquantes qui sortent tout juste du four, ça, Ethan s'en était rendu très vite compte en travaillant tard. Ces merveilles avaient même le don d'apaiser les esprits. Il suffisait de dire qu'on en avait pour que les querelles s'étouffent aussitôt. Quoi qu'il en soit, Ethan n'avait pas la moindre idée qu'alors qu'il était en train de poser des questions sur la propriété remarquable qu'ont certains animaux à pouvoir se régénérer ou à faire coaguler leur sang quand ils sont blessés, un grand loup gris était en train de défrayer les passants du côté de là où il habitait et s'introduisait chez lui. Comment aurait-il pu de toute manière ? Ce n'était pas comme s'il avait eut le temps de se lier avec toute la ville depuis la fin de Darkness Falls qui sonnait aussi son retour à sa forme originelle, ce n'était pas comme s'il avait pu se douter que quelqu'un voyait un havre dans son foyer.

Quand il prit congé du vétérinaire qui, lui, était coincé dans le dispensaire jusqu'à ce que ses heures soient terminées, la nuit était déjà bien avancée. Il n'y avait déjà plus grand monde dans les rues, personne qui aurait pu le préparer pour le spectacle qui l'attendait dans son appartement. Non, ce n'était pas comme dans les films où il y avait généralement des étals renversés ou des gens parlant entre eux à demi-voix sur ce qui s'était passé, espérant que le héros ait l'oreille assez fine pour se douter que le truc louche qui s'était produit allait lui tomber sous peu sur le coin de la poire. Non, Ethan longea la rue tranquille jusqu’à son immeuble puis grimpa quatre à quatre l’escalier pour commencer à ralentir en voyant les fleurs de sang séché qui parsemaient les marches, devenant de plus en plus nombreuses au fur et à mesure qu’il montait. Il sentit un courant d’air glacé lui parcourir l’échine lorsqu’il remonta les yeux pour voir sa porte d’entrée entrouverte. Le brun fouilla ses poches à la recherche d’une arme quelconque avant de se souvenir qu’il était parti sur un coup de tête et que le couteau d’inox qu’il portait d’ordinaire toujours sur lui était donc resté sur le linteau de la fenêtre. Il n’avait que ses clefs pour le peu qu’elles pouvaient lui servir. Bon, c’était mieux que rien. Il les glissa entre ses phalanges comme des griffes et poussa lentement la porte pour ne pas la faire grincer, déposant sans un bruit son livre dans l’entrée avant d’avancer en suivant la trainée de sang qui lui servait de piste d’orientation toute belle et toute claire.

Rien n’aurait pu le préparer au spectacle qui l’attendait là.

Sur son canapé était affalé un gros loup gris, visiblement blessé, trop pour être un danger dans l’immédiat mais l’anglais savait qu’il valait mieux se méfier : un animal blessé était capable de tout. Il se demandait juste, paralysé sur le seuil du salon, ce qui avait amené une telle créature chez lui. Quelque chose remua dans sa mémoire. Un souvenir qui se rapportait à une nuit plus sombre encore que les autres, une nuit humide et froide où il avait presque pu sentir les doigts de la Mort le toucher. Il se souvenait d’avoir vu les lumières de New York colorer le ciel dans la nuit, des kilomètres avant de pouvoir la voir elle-même et des animaux qui s’agitaient les entrailles d’un bateau. Maintenant ça lui revenait. Ce loup, il l’avait déjà vu. C’était une créature dotée du même don que lui, il l’avait sauvé et il revenait aujourd’hui.

Comme pour confirmer ses pensées, le loup laissa place à un homme, nu, en très mauvais état. Il avais raison, Ethan l'avait déjà aidé, il était comme lui et il ne voyait pas pourquoi il le mettrait à la porte alors que c'était exactement en cas de situations dans ce goût-là qu'il voulait être médecin.

_ Je sais... Je me souviens.

Dit-il d'une voix blanche en hochant de la tête. Puis il fit volte-face. D'abord, il alla fermer la porte d'entrée qu'il avait laissée ouverte au cas où il aurait dû partir en quatrième vitesse, puis fonça à la salle de bain pour récupérer une serviette, des bandages, de l'antiseptique et tout ce qui lui parut utile sur le coup avant de revenir dans le salon. Ethan rapprocha sa table basse en la poussant du pied jusqu'au canapé et y déposa son chargement avant de ramasser un plaid et d'en couvrir l'homme-loup. Il lui pressa l'épaule un instant pour lui dire :

_ Ça va aller...

Ouais, ou pas... Seule la fin de la soirée le leur dirait. Il fonça se laver les mains au savon avant de revenir dans le salon et s'agenouiller à côté du canapé pour découvrir la jambe de l'homme qui semblait bien amochée.

_ Qu'est-ce qui t'es arrivé exactement ?

Il avait sans doute intérêt à savoir ce qui avait causé ça s'il ne voulait pas empirer les choses en essayant de bien faire. Et surtout, il devait savoir s'il devait appeler les urgences ou pas.
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MessageSujet: Re: « Ce n'est pas le temps qui passe, mais plutôt nous qui le traversons ! » [pv Ethan]   Ven 5 Déc - 15:43


Ce n'est pas le temps qui passe, mais plutôt nous qui le traversons !

(pv) Ethan Crawley


~




Ma fatigue, la douleur qui se propage à chaque respiration, qui se love dans mes muscles, devient familière dans sa constance…  tout cela a pour conséquence une baisse évidente de ma vigilance. Je me sens partir dans un sommeil tout sauf réparateur, je glisse lentement dans l’inconscience. Et j’ouvre les yeux brusquement, rappelé à l’ordre par mon odorat qui repère instantanément l’arrivée d’un étranger connu. Qui est il ? Mes yeux clairs le toisent, mon museau s’agite, mes babines se retroussent et laissent un grognement geignard les franchir, dans une tentative désespérée de paraître plus menaçant. Un mouvement qui me redresse, mes pattes, ma patte indemne plutôt, se bloquent et me laisse surveiller cet intrus d’un regard brillant. Qui est il ? Cette question me taraude. Est-il dangereux ? Les priorités du loup s’imposent et m’impriment cette question, alors que la métamorphose retour devient pressante. Ce n’est pas que forcer ma forme lupine est fatiguant, c’est que je ne suis pas en état de résonner comme un homme dans un corps de loup. Il faut que j’accepte de m’effacer au profit de l’animal ou que je rétablisse l’équilibre dans mes pensées. Un tremblement, un frisson parcourt mon échine et quelques secondes plus tard je m’effondre, en sueur, tâché du sang qui maculait mon pelage, blessures visibles et profondes, dévoilées sur ma peau glabre et parfaite. En toute modestie.

Ma voix rauque me ramène brutalement sur Terre, énonce une vérité que j’espère actuelle, une vérité et un fait infléchis d’autorité. Il n’a pas à refuser, puisqu’il m’a déjà aidé, puisqu’il ne peut pas se défiler. J’ignore tout de lui, je ne sais même pas à quel époque nos routes se sont croisées, tout n’est que flou et images nettes dans ma mémoire, sans chronologie, sans cohérence, juste des émotions et des odeurs qui ont suffisamment marqué le loup pour qu’il les conserve plus de quelques heures. Aide moi, donc. Je sais... Je me souviens. Je sursaute, le loup aussi, mes yeux clairs se posent sur brun sans daigner ciller, suivant son hochement de tête avec toute la concentration dont je suis actuellement capable. Un silence, je le suis du regard lorsqu’il va fermer la porte, je le suis du regard lorsqu’il s’enfuit dans une pièce adjacente, lorsqu’il revient avec du tissu, lorsqu’il les pose devant moi. La présence de l’animal est trop forte dans mon esprit pour que je puisse réagir autrement, je m’en fais doucement la remarque. Je remarque dans l’amas des bandages, un flacon de ce qui doit être un ensemble de soins que je ne connais pas, n’en ayant eu jusque là que peu besoin, ces médecines étant trop différentes à mes yeux de celles qui ont bercé mon enfance. Le mouvement de la table basse crisse à mes oreilles, je frissonne au contact du plaid dont l’homme me couvre les épaules avant d’en presser une ce qui manque de peu de m’arracher un nouveau grognement. Ça va aller... A aucun moment je ne cesse de le suivre du regard, comme l’animal sauvage, inquiet, blessé que je suis. A nouveau, il disparait. J’en profite pour me redresser, basculant tout mon poids sur la jambe la moins amochée, considérer les plaies sur la longueur de mes jambes, marques un peu vieilles de ma confrontation avec Cora, puis celles si récentes de mes énièmes retrouvailles avec mon frère. Il n’est pas de bon ton pour ma santé en ce moment de croiser la route des Italiens. Le plaid s’enroule autour de moi dans la lignée des toges romaines de mon antique pays, voire culture, sans retrouver l’aisance des patriciens qui la revêtaient avant moi. Je m’emmêle,  reviens à la plus traditionnelle cape que je serre sur ma poitrine pour chasser la morsure glacée de l’eau qui m’environnait et qui goutte encore dans ma nuque, au rythme de mes cheveux trempés.

Les pas de mon hôte résonnent encore, s’agenouillent à côté du canapé dans lequel je viens de me réinstaller, tombent sur ma jambe qui refuse de cicatriser. De se réparer. Peut être suis-je trop en train de bouger l’os brisé pour qu’elle y parvienne, peut être que toutes les blessures qui me parcourent, des plus profondes aux plus superficielles, empêchent mon corps de se concentrer sur les plus graves… Je ne connais rien de ma propre nature et cette pensée me glace autant qu’elle me rassure. Je ne suis qu’une abomination, il ne faut pas que je perde ça de vue. Et ce n’est pas le moment de m’y attarder, non plus. Qu'est-ce qui t'es arrivé exactement ? Je sursaute, encore. J’ignore sur le moment ce qui m’irrite le plus dans sa question : le tutoiement qui me heurte les oreilles ou cette infiltration dans ma vie privée. Ce qui m’est arrivé ne regarde que moi, me retiens-je de cracher, acide. Le loup s’impose à la dernière seconde pour tempérer ma saute d’humeur. Si je suis ici, c’est que c’est un refuge. Si je suis ici, c’est qu’il peut m’aider. Si je suis ici, ce n’est pas pour l’agresser. Et si je refuse de parler, c’est parce que la réponse me déplait, pas parce que la question m’insupporte. Je considère la serviette posée sur la table basse, la désigne d’un geste comme pour demander une autorisation que je n’attends pas, m’en saisis, me la passe sur le visage et dans les cheveux le temps que je cherche mes mots. « Je… » Une inspiration, douloureuse, m’apprend que je ne dois pas forcément avoir que la jambe de brisée. Peut être y-a-t-il aussi une côté de fêlée. De réparée par ma nature mais de sensible encore. « Je suis tombé d’une falaise. Dans une chute d’eau. J’ai… failli… me noyer. » Un frisson me parcourt, un haut-le-cœur me surprend, je tousse et un mélange d’eau, de sang et de bile atterrit sur la serviette. Ma presque noyade m’effraie plus encore que tout le reste. Je ne sais pas nager, et même si cela me semble normal, cette faiblesse me hante. « Dites moi… » Mon regard glisse sur les bandages, sur la table basse, sur le reste de l’appartement. « Qui êtes vous exactement, et pourquoi vous connais-je ? » J’ai besoin de faire le point entre les échos d’une mémoire canine que je ne contrôle pas et cette impression olfactive de confiance que j’applique à la présence de cet homme dont j’ignore jusqu’au nom. « Nous nous sommes rencontrés… il y a longtemps ? » Je fronce les yeux devant cette incapacité que j’ai à placer mes souvenirs sur une échelle temporelle.



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MessageSujet: Re: « Ce n'est pas le temps qui passe, mais plutôt nous qui le traversons ! » [pv Ethan]   Jeu 11 Déc - 20:39

Dès qu'il rentra de nouveau dans le salon, serviettes et tout le matériel médical nécessaire sous le bras, ses yeux l'interpelèrent. Pas qu'il ait réussi à se relever tout seul, ni même qu'il se soit entortillé dans le plaid mais ses yeux. Il avait encore le regard d'un loup. Des yeux alertes, méfiants. Ethan réalisa que l'homme derrière l'animal n'avait peut-être pas prévu de se réveiller en terrain inconnu et qu'il devait composer avec la situation. Lui aussi connaissait ce sentiment, il savait que ce n'était pas forcément la plus géniale du monde sauf que dans l'état où il était, il ne pouvait plus vraiment s'enfuir en courant pendant que l'anglais avait le dos tourné.

Les questions d'Ethan semblaient lui déplaire. Il nota la lueur sombre qui brilla dans les yeux du loup tandis que son visage se durcissait imperceptiblement. L'humain y voyait peut-être une tentative de s'incruster dans ses pensées mais non seulement répondre à quelques questions n'allaient pas le tuer surtout qu'il lui devait bien ça étant donné que c'était lui qui était venu chez lui, mais surtout, l'anglais avait aussi besoin de quelques informations pour savoir ce qu'il avait à faire. Parce que désinfecter, bander une blessure, remettre des articulations disloquées ou faire des points sutures, ça il savait faire, pour ça pas de problème. Mais, par exemple, s'il savait poser des attelles provisoires, rien ne remplaçait le plâtre de quelqu'un dont c'était le travail. Avec Internet ou un bon livre explicatif ouvert à côté de lui, ça pourrait être possible s'il avait eu du plâtre et s'il n'était pas pressé par la douleur évidente qui se lisait dans les grimaces du visage du loup.

Ethan ne pouvait bien sûr pas le forcer à lui répondre, ça aurait été mieux et sûrement plus sympa mais, d'un autre côté, l'autre homme n'était pas venu trouver quelqu'un pour le cuisiner sur ce qu'il avait fait tel une entrecôte cuite avec des petits oignons. Il le laissa donc tranquille, lui et son silence pendant qu'il prenait des cotons pour les imbiber du rouge de la bétadine. L'anglais releva les yeux en le voyant se saisir de la serviette qu'il avait ramené pour se la passer dans les cheveux, avec l'air de chercher ses mots. Puis il se décida à expliquer ce qui l'avait mît dans cet état-là. Tombé d'une falaise, hein ? Ses yeux tombèrent sur la partie de ses jambes que le plaid ne recouvrait pas. Entre les blessures ouvertes toutes fraîches, il y en avait d'autres qui semblaient plus anciennes, déjà en cours de cicatrisation. Alors combien de fois, au juste, était-il tombé de cette falaise ?

_ Ah...

Bon, d'accord, la bouillie qu'il recracha venait attester son histoire mais l'anglais avait quand même du mal à croire que seule la chute était à l'origine des plaies en tout genre qui semblaient recouvrir son corps. Mieux valait sans doute ne pas insister, après tout, ils ne se connaissaient pas vraiment. Juste d'une fois. Pas dans n'importe quelles circonstances mais finalement, ils ne savaient rien l'un de l'autre. D'ailleurs, maintenant qu'il était certain qu'Ethan allait s'occuper de lui, le loup était repassé au "vous". De politesse ou de distance, l'anglais ne savait pas trop même s'il penchait plus pour la deuxième solution. Voilà qui était clair au moins. Que pouvait-il faire d'autre que de le suivre sur la lancée du vouvoiement ?

Tiens, lui aussi avait des problèmes de mémoire. Exactement comme la renarde. Ethan allait finir par croire qu'il était le seul à se souvenir des autres. Quoique... Bon s'il fallait être parfaitement honnête, s'il se souvenait aussi bien du loup, c'était parce qu'il l'avait rencontré quand il était humain. Quelques heures après un événement qu'il ne pourrait jamais au grand jamais oublier et quelques jours à peine avant qu'il ne se retrouve coincé dans la peau de son renard. Les souvenirs sous forme animale s'enchevêtraient comme une succession d'événements placés sur la même échelle temporelle. L'anglais ne savait pas comment il réagirait si quelqu'un venait lui dire qu'il l'avait déjà rencontré. Il ne savait absolument pas s'il réussirait à se souvenir de lui et si en plus, quelque chose le poussait à croire fermement qu'il pouvait faire confiance à cette personne, il serait sans doute très perturbé. Peut-être donc qu'il ne pouvait pas lui en vouloir. Si ses souvenirs étaient aussi confus que les siens... Le jeune homme se laissa retomber sur ses talons pour le regarder en attendant qu'il pose toutes ses questions.

_ Il y a une centaine d'années... à peu près. Sur un paquebot appelé le Carpathia. L'équipage nous avait sorti de l'eau et nous faisions route pour New York, il ne restait que quelques minutes à peine avant d'atteindre le port. Vous étiez dans les cales, enfermé dans une cage avec d'autres animaux, je ne sais pas pourquoi. Quand j'ai vu ça, je me suis dit que s'il y avait quelqu'un comme moi à l'intérieur, je ne pouvais pas le laisser dedans parce que moi je n'aimerais pas me retrouver enfermé. Donc je vous ai tous fait sortir. Voilà.

S'il fallait qu'il juge de son travail, il estimait plutôt avoir fait du bon boulot pour résumer la situation et expliquer comment ils se connaissaient. Ah ! Sauf qu'il avait oublié une chose.

_ Et je m'appelle Ethan, Ethan Crawley.

Se présenta t-il sans pour autant tendre la main dans sa direction comme le voulait l'usage. Vu la grimace qu'il avait fait quand il avait voulu le rassurer un peu, il se doutait qu'il aurait sans doute du mal à lever le bras pour lui rendre sa poignée de main. À la place, il rassembla vaguement tous les cotons qu'il avait imbibé de désinfectant pour s'occuper les maison le temps de son interrogatoire. Avec ses réponses, il espérait avoir satisfait sa curiosité, assez, du moins il l'espérait, pour qu'il lui rende la politesse en se présentant à son tour. Il était seulement la deuxième créature comme lui qu'il rencontrait sous sa forme humaine et quelque chose lui disait qu'il serait sans doute plus aimable que la renarde.

_ Et vous êtes ?

Demanda t-il en retour, attendant calmement sa réponse avant d'ajouter :

_ Est-ce que vous me laissez jeter un coup d'œil à votre jambe ?
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MessageSujet: Re: « Ce n'est pas le temps qui passe, mais plutôt nous qui le traversons ! » [pv Ethan]   Dim 21 Déc - 17:28


Ce n'est pas le temps qui passe, mais plutôt nous qui le traversons !

(pv) Ethan Crawley


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Sans être acariâtre, je me sais désagréable. C'est plus fort que moi dans les circonstances présentes, la faible barrière qui sépare le comportement du loup de celui de l'homme est brisée sous les assauts constants de la douleur et le contre coup de mon altercation avec Orfeo. Méfiant, agressif, bestial, je suis tout ce que je refuse d'être en temps normal, ou plutôt ce que je cache être. Même mon comportement dissone. Je me recroqueville, m'enveloppe d'une couverture, sèche mes cheveux encore humides d'une serviette attrapée sans attendre de permission. Ce qu'il m'est arrivé ? Je frémis rien qu'en me remémorant les trop récents événements. Décès d'Azzura, mon propos souhait mortifère, mon frère, la chute, les cris et la colère. Et cette blessure dans mon orgueil qui, à l'instar des multiples coupures et fractures qui parsèment mon corps, refuse de se refermer. Ce qu'il m'est arrivé donc ? Je me contente de quelques mots. Ma voix faiblit, se craqueler, échappe à mon contrôle. C'est troublant de se sentir aussi vulnérable face à un inconnu. Ca m'effraie et toute ma concentration enlace cette terreur pour la garder sous mon emprise et ne pas descendre un cran encore dans la spirale de déchéance qui me guette. On peut dire que c'est antique, que c'est suranné, que c'est désuet d'être aussi à cheval sur mon orgueil, mon apparence, sur le maintien de mon honneur et le contrôle parfait de mon comportement ; on peut dire ce que l'on veut, tout cela reste primordial à mes yeux de Seigneur et c'est comme un phare dans la tempête qui agite les fondements même de ma raison de vivre. Je suis un être perdu dans une époque que je rejette, sans même être heureux véritablement d'avoir survécu à la mort, sans même être heureux d'être un miracle et un vestige d'un temps ancien. Je suis en décalage. Et même si ma place et mon argent me positionnent parmi les plus puissants, je ne me sens pas chez moi ici. Et pourquoi suis-je en train de penser à tout ça ? Parce que c'est pour cette raison que je m'accroche à ce point à ce qui fait de moi un Seigneur et non un être lambda.

Ah... Fait-il en réponse à mes mots. Je ne suis pas dupe, je ne pense pas l'être du moins: il est sceptique, voire plus que cela. Son regard sur mes plaies qui imbibent le tissu d'une couleur pourpre en est une preuve. Ah... et bien oui, ah. Je frissonne comme un louveteau trempé séparé de sa mère, suffoque, m'étouffe, rejette un mélange de bile qui me laisse un goût acide dans l'oesophage. Sans tarder, je reprends pied en lui retournant des questions. Le vouvoiement, naturel, prend le dessus sur le reste. Qui est il, que fait-il, où nous sommes nous croisés une première fois ? Je cherche des indices pour compléter ceux que daigne m'offrir ma mémoire lacunaire. Ce n'est pas que je ne m'en souviens pas, c'est juste que le loup ne considérait pas cela important de se souvenir de quand c'est arrivé. Plus de sept siècles, c'était trop pour tout conserver, il a du mettre de côté quelques souvenirs, lâcher des détails pour sauvegarder juste le primordial. Mes mots trébuchent, titubent, s'interrogent et le questionnent. J'observe l'homme s'asseoir en contre bas.

Il y a une centaine d'années... à peu près. Sur un paquebot appelé le Carpathia. L'équipage nous avait sorti de l'eau et nous faisions route pour New York, il ne restait que quelques minutes à peine avant d'atteindre le port. Vous étiez dans les cales, enfermé dans une cage avec d'autres animaux, je ne sais pas pourquoi. Quand j'ai vu ça, je me suis dit que s'il y avait quelqu'un comme moi à l'intérieur, je ne pouvais pas le laisser dedans parce que moi je n'aimerais pas me retrouver enfermé. Donc je vous ai tous fait sortir. Voilà. Quelqu'un comme moi… Je fronce les sourcils, lui épargne une question rhétorique qui confirmerait ce que je comprends et assimile que loin d'être un sorcier ou un daybreaker, il appartient de toute évidence à la même race que moi. Mes yeux glissent vers le reste de la pièce pour revenir sur lui dès qu'il reprend la parole. Et je m'appelle Ethan, Ethan Crawley. Mes sourcils se froncent à nouveau, je préfère rester silencieux pour le moment. Et puisqu'il commence déjà à rassembler des cotons imbibés d'un liquide étrange, je préfère surveiller ses mouvements, tout entier dévoué à la méfiance de l'animal, plutôt que réfléchir à quel nom je vais lui offrir. Et vous êtes ? Mes yeux clairs plongent dans les siens. Il ne m'a guère laissé le temps à la réflexion. Dans un soupir et une voix cassée, je finis par lui concéder un « Antonio » enveloppé dans cet accent italien qui chante par mon nom. Antonio. Mon deuxième prénom, celui de mon grand-père, celui que j'ai déjà donné à Lili la première fois que nous nous sommes croisés, celui qui me sert à ne pas mentir lorsque je ne veux pas étaler mon nom trop connu de Morienval ou celui plus douloureux de Renzacci. Je tousse dans une piètre tentative d'éclaircir ma voix. « Tu peux m'appeler Antonio. » Je resserre la couverture autour de mes épaules, grimaçant sous un faux mouvement qui déclenche une vague de douleur. Je n'ai plus l'habitude d'attendre aussi longtemps que mes plaies disparaissent ou du moins se referment.

Je n'ai plus l'habitude que la douleur physique supplante celle psychologique. Et dans un sens, ça fait du bien. Peu de secondes s'écoulent avant qu'Ethan ne reprenne la parole. Dans une prudence qui me plait, me convient, me rassure. Est-ce que vous me laissez jeter un coup d'œil à votre jambe ? Aussitôt, mon regard se déporte sur ses mains devenues menaçantes à cette seule question. Un pourquoi? franchit mes lèvres avant que je ne puisse le retenir. Question stupide, vu son état, vue ma présence en ces lieux, vu les soins qu'il compte m'apporter avec ses cotons. Je suis fragile, plus encore que d'habitude. Je suis vulnérable, presque sans défense avec le loup blessé qui lèche ses blessures et demeure hors de mon atteinte pour le moment et cette faiblesse qui frisonne dans le moindre de mes muscles. « Je… que comptez vous faire ? Si vous êtes comme moi, comme vous le prétendez, vous devriez savoir qu'en théorie, il n'y a rien à faire normalement. Vous êtes guérisseur ? » Une fois de plus, l'italien s'est immiscé dans mes mots sans que je n'y fasse attention. La fatigue est de plus en plus apparente. Qu'il est loin le noble et le fier Rafael. Réduit à néant par les actions conjuguées d'un frère et d'une belle-sœur… Qu'il est loin, l'impassible, l'inébranlable, le fort Renzacci. Je suis un louveteau malmené qui choisit d'avoir confiance en un homme qu'il ne connaît pas. Me concentrant sur l'anglais, je cherche le terme qui me manque. « Médecin, c'est cela ? Je ne connais guère la médecine de ce temps... » Un soupçon de doute, une fraction d'hésitation. Mes yeux bleus plongent dans les siens le temps d'un soupir. « Tout cela me dépasse... » Bel euphémisme pour désigner la médecine qui a drastiquement changé en plus de sept cent ans. « Quel âge avez vous, Ethan ? Quel âge avez vous réellement ? » Une pause, je me mordille la lèvre, Mon regard fixe le vide lorsque je murmure un « J'ai plus de sept cent cinquante ans m'a-t-on dit... » qui me fait me sentir vieux.



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MessageSujet: Re: « Ce n'est pas le temps qui passe, mais plutôt nous qui le traversons ! » [pv Ethan]   Jeu 15 Jan - 14:07

Son accent qu’Ethan avait à peine remarqué – mais comment le lui reprocher étant donné le peu qu’avait parlé son mystérieux invité – résonna dans la petite pièce, lui révélant sans peine l’origine de cet Antonio. Un petit cadeau de ses souvenirs du temps où le monde lui était familier malgré son immensité et où il tournait encore dans le bon sens. Avant sa majorité et juste après ses études, l’aristocrate s’était offert un petit voyage autour de l’Europe grâce au pécule de ses géniteurs avant de partir dans les contrées d’Orient, de Londres au Caire en passant par Istanbul et bien entendu Florence et Athènes. Destinations qu’un homme de son rang se devait de voir le plus tôt possible. Il avait connu une fille en Italie, une jeune beauté qui lui avait fait entendre toutes les tonalités de l’accent florentin et même s’il était loin de se revendiquer expert de l’italien, le brun se targuait de pouvoir en reconnaître les notes. Et son Italien, en l’occurrence, semblait être vraiment en mauvais état. Plus vite il l’aurait ausculté, plus vite il serait fixé sur ce qu’il convenait de faire: s’il suffisait de lui filer des antidouleurs en attendant que ses blessures se referment d’elles-mêmes ou s’il allait devoir s’assurer qu’il ne guérirait pas mal.

Il le lui proposa avec toute la douceur dont il pouvait faire montre mais le renard le vit reculer comme s’il venait de lui annoncer qu’il comptait lui arracher les paupières à la pince rouillée séance tenante. Le moins qu’on puisse dire, c’était qu’il ne respirerait vraiment pas la confiance. Ethan ne pouvait pas lui en vouloir vu l’état dans lequel il était mais il ne pouvait pas rester là les bras ballants pendant qu’un des siens agonisait de douleur sur son canapé. Peut-être qu’il n’y avait rien d’autre à faire que d’attendre que la magie opère mais il ne pouvait être sûr de rien tant qu’il ne l’aurait pas examiné et l’ignorance ne lui réussissait pas. Tout comme le loup, cet Antonio, ne semblait pas à l’aise avec le fait qu’on se préoccupe un peu de lui. Sa question le laissa sans voix. L’aristocrate qui pourtant connaissait de grands mots, de bons mots, de belles tournures pleines d’intelligence et de verve se retrouva muet devant une interrogation à deux syllabes aussi simple que la sienne. Que répondre ça ?

_ Que... Quoi ?

Bafouilla-t-il, les yeux perdus, hésitants entre se poser sur le matériel qu’il avait apporté ou son hôte, comme s’il pouvait deviner ce qu’il voulait entendre rien qu’à plonger dans ses prunelles claires.

Qu’est-ce qu’il voulait l’entendre dire ? Que non, il ne voulait absolument rien faire pour l’aider, juste le charcuter parce qu’il le pouvait ? S’il était là, s’il ne s’était pas mis à hurler ou user de la force pour le faire sortir de chez lui après l’avoir découvert là – et il n’aurait eu aucun mal à le faire vu l’état dans lequel Antonio était – ce n’était pas pour l’aider à souffrir encore un peu plus. Alors le brun resta sans voix, lui laissant ainsi l’occasion d’approfondir un peu ce qu’il voulait dire. Ethan acquiesça platement. Oui, il savait ce que disait la théorie, mais il se doutait aussi de ce qui se faisait en pratique pour l’avoir vécu. Il savait qu’il y avait des blessures, qui mal soignées, pouvaient rester même des années après. L’anglais n’était pas certain d’avoir compris le dernier mot, son italien étant plus grippé que simplement rouillé mais il en avait saisi le sens complet. Antonio précisa, traduisit plutôt, la fin de sa phrase et il eut la confirmation que ce qu’il avait cru comprendre était bien ce qu’il avait dit. Le problème, maintenant, c’était qu’il ne pouvait pas vraiment dire être un médecin parce qu’il ne l’était pas officiellement. La médecine était sa passion et il avait recommencé à étudier depuis qu’il avait retrouvé sa forme humaine, étudiant de son côté en lisant des ouvrages spécialisés ou en assistant aux cours ouverts à l’université du coin quand ses horaires le lui permettait.

_ J’apprends.

Glissa-t-il entre deux de ses réflexions qui laissait deviner que, comme lui, cet homme avait enduré les tourments du temps enfermé dans le corps d’un animal et que, encore tout comme lui, Antonio devait réapprendre à vivre dans ce monde moderne aux airs fantaisistes dans lequel il avait dû sauter à pieds joints. Et même si son hôte ne connaissait pas grand-chose à la médecine, Ethan ne comptait pas le tromper en lui promettant des merveilles qu’il n’avait pas. Cela faisait bientôt trois ans qu’il réapprenait cette discipline qu’il aimait tant dans le but de pouvoir aider des gens comme lui, il savait quand même les bases et était tout à fait capable de se débrouiller. Et si ce monde qui n’avait pris que cent ans depuis la dernière fois qu’il l’avait foulé avec deux pieds parfaitement plats et pourvus d’orteils le dépassait, il n’imaginait même pas ce que ça pourrait être pour une personne comme son hôte qui, à son ton, laissait deviner un très grand âge.

_ Et pour répondre à votre question, je vais regarder, désinfecter ce que je peux pour éviter des risques superflus. Mais au moins, je pourrais dire s’il suffit d’attendre que ça guérisse tout seul ou s’il faut faire quelque chose... Même si nous guérissons très bien, il ne faudrait pas que quelque chose se remette mal en place et vous fasse souffrir.

Expliqua-t-il doucement. Après tout, personne ne voulait boitiller parce qu’un genou s’était mal remis ou se voir incapable de lever le bras parce qu’une épaule disloquée était restée dans cet état-là. Avec un peu de chance, Ethan n’aurait rien d’autre à faire que de lui offrir son canapé en attendant avec quelques antidouleurs en guise de douceur du soir. Il fut tiré de ses réflexions par une question singulière faisant écho à ses réflexions d’avant. Quel âge avait-il réellement ? Il était vieux, déjà très vieux et s’il avait eu des enfants, il aurait eu sûrement le même âge que les petits-enfants de ses petits-enfants. C’était dire. Et pourtant, Antonio semblait l’avoir battu sur ce coup-là... Plus de sept cent ans, hein ? Ça en faisait des petits-enfants de petits-enfants... Qui aurait cru qu’un tel ancêtre soit si bien conservé ?

_ Je n’en ai que centre trente-quatre...

Répondit-il, laissant ainsi deviner sa stupéfaction devant sa révélation qui aurait pu en désarçonner plus d’un. Sauf que c’était là un bon point de leur espèce. Ils avaient pu survivre des siècles durant, à la seule condition d’être un animal. Cent ans étaient déjà long mais il ne pouvait même pas imaginer en passer sept fois plus sous sa forme animale.

_ Est-ce que... Est-ce que vous arrivez à vous y retrouver avec ce nouveau monde ? Malgré toutes ces années ?

Quelle question ? Il était bien placé pour avoir une petite idée de ce que ça pouvait faire. Abandonner une vie, des repères, des certitudes pour tomber dans un monde aussi dingue que celui-ci. Sans pouvoir se vanter d’avoir eu de la chance, sa transformation avait eu lieu au bon moment. Sa femme avait eu le bon goût de mourir juste au moment idéal. Il avait échappé à ceux qui auraient pu le ramener devant la potence pendant cent ans. Maintenant, on avait oublié son nom et ce qu’on l’accusait d’avoir fait.
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MessageSujet: Re: « Ce n'est pas le temps qui passe, mais plutôt nous qui le traversons ! » [pv Ethan]   Ven 23 Jan - 13:53


Ce n'est pas le temps qui passe, mais plutôt nous qui le traversons !

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Mes questions m’horripilent. Ma vulnérabilité m’inquiète. Et cet homme, ce médecin, réussit malgré tout à me mettre presque en confiance, ce qui me perturbe davantage encore. Lorsque mon pourquoi franchit mes lèvres, je me fais surprendre par cette spontanéité qui ne m’appartient en rien. Lorsque son interrogation franchit les siennes, mes yeux clairs ne peuvent que se perdre un peu plus, et mes explications arriver avec un temps de retard. Que... Quoi ? Que veut-il me faire ? En temps normal, mes blessures se referment, ma vitalité revient, la douleur s’estompe. Sous forme de loup, sous forme humaine, j’ai déjà été blessé et à de nombreuses reprises, mais jamais la douleur n’a à ce point subsistée au point de masquer toutes mes autres pensées. Est-ce cela qui me fait actuellement le plus peur ? Sûrement. L’italien intervient au milieu de ma phrase, je cherche un instant sa traduction, son équivalent, son évolution et crache un médecin qui me dépasse d’autant plus que je n’en fréquente pas. Sa réponse, loin de me convaincre, me laisse circonspect ; voire sceptique. J’apprends. A son âge ? Je retiens avec difficulté une remarque sarcastique. Un apprenti digne de ce nom commence à apprendre à l’adolescence. On n’apprend pas une discipline devenu adulte, c’est une perte de temps, c’est impensable… Je ne comprends pas ce monde, je me perds dans les ères et les époques, dans les traditions, dans les cultures, dans les évidences illogiques et les logiques oubliées. Tout cela me dépasse Oh oui… Tout cela me dépasse et je ne peux que regarder les nuages filer à l’horizon sans parvenir à les retenir ou à les suivre. Ils sont déjà loin devant moi, les années perdues – ou gagnées ? - sous forme lupine les ont vu passer et je n’ai plus qu’à m’adapter, à présent.

Et pour répondre à votre question, je vais regarder, désinfecter ce que je peux pour éviter des risques superflus. Mais au moins, je pourrais dire s’il suffit d’attendre que ça guérisse tout seul ou s’il faut faire quelque chose... Même si nous guérissons très bien, il ne faudrait pas que quelque chose se remette mal en place et vous fasse souffrir. Je ne m’attendais pas à ce qu’il reprenne et approfondisse ses propos, un acquiescement appréciateur lui répond alors que mes yeux surveillent attentivement le moindre de ses gestes et le sang qui continue de s’écouler d’une plaie qui aurait du être refermée depuis longtemps. Sans savoir si cela peut lui être utile, mes connaissances en médecin sont si faibles que je ne peux que faire confiance à son jugement d’apprenti, je lui demande son âge pour mieux lui offrir le mien. Plus de sept siècles et demi m’a-t-on dit. Un vertige, un nombre bien trop grand pour que l’on puisse l’appréhender sans points de repère, points de repères que je n’ai pas. Je n’en ai que cent trente-quatre... Son que m’arrache un sourire amusé, que j’hésite aussitôt à effacer. Sans savoir s’il convient de répondre et, ou, d’intervenir, je me contente d’un « Vous me semblez bien conservé pour un centenaire… » ironique si on pense que je multiple bien par six son âge. Est-ce que... Est-ce que vous arrivez à vous y retrouver avec ce nouveau monde ? Malgré toutes ces années ? En évitant de bouger mes membres blessés, j’hausse les épaules d’un mouvement si peu distingué que les yeux bleus de mon Grand Père me foudroient du regard.

Nouveau monde Pensez vous… Pensez vous, Ethan, pensez vous… Nouveau monde, l’expression est bien choisi. Ce n’est pas ma terre natale que je foule, j’ignorais même l’existence de ce continent. Lorsque l’on m’a présenté une carte de la Terre, pour me demander d’où je venais, j’ai eu peine à reconnaître dans ces terres étendues et fractionnées celle que je connaissais. Je m’humecte les lèvres, me recoiffe d’un geste songeur, le temps de choisir les propos et les mots que je vais lui donner. « Je pense que l’on peut dire que oui. Nous ne sommes que des hommes, ou du moins nous l’étions, tout comme ceux de ce temps. Finalement, les mêmes motivations intrinsèques guident leurs mouvements au même titre les miens. Et je suis un survivant, dans le sens le plus noble du terme. Je survis, je m’adapte. » J’hausse à nouveau les épaules, un sourire se dessine sur mes lèvres face à cette attitude qui ne me ressemble en rien et paraît permise par l’anonymat que je me suis offert. « Tout est si différent que je n’ai aucun repère autre que les hommes et leurs bas instincts. Et étrangement j’imagine que c’est pour cette raison même que je m’en sors plutôt bien. Une langue à apprendre, une terre à découvrir, dont j’ignorais la seule existence, des… » Le mot, sans équivalent dans mon italien natal, se heurte à mes lèvres sans oser les franchir. « technologies… » Je me redresse dans une grimace douloureuse. « Ce ne sont que des variables, finalement. Non ? » Mon regard se pose sur lui. « Qu’en pensez vous, Ethan ? » Mes yeux se font inquisiteurs, de cette autorité naturelle que j’ai hérité de mon aïeul. « Je viens d’une ère du temps d’où plus rien ne subsiste dans la mémoire collective. En dehors des historiens… » Mes pensées vont vers ledit historien curieux avant de se recentrer. « Vous devez soulever bien plus de question, non ? Peut être même avez-vous encore de la famille, ou de la petite famille quelque part ? »



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