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 The water's sweet but blood is thicker. [PV Ange]

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MessageSujet: The water's sweet but blood is thicker. [PV Ange]   Sam 22 Nov - 11:52

Le papier s’étend à peine sur quelques centimètres. Menu, dérisoire et même pathétique par sa facture, sa taille rivalise pourtant avec la table en silence. Il n’est qu’un détail sordide dans un appartement ordonné. Qu’un élément perturbateur à chiffonner au fond d'une poubelle ou d’un tiroir. Moqueuse, anarchiste par défaut, la feuille semble s’amuser de cette situation, de ce déséquilibre qu’elle occasionne dans un espace quasi chirurgical et soigné à l’extrême. Ce n’est pas tant le support qui importe mais son contenu. Le bleu profond s’attarde à des endroits, pattes de mouche  distribuées quasi équitablement entre chaque mot. L’encre est une invitation, une destination, un cap. Il annonce son triomphe depuis déjà douze heures. Mais cette vérité, il ne la célèbre toujours pas. Il a couru après elle pendant plusieurs jours, s’est acharné à la traquer dans les recoins les plus inattendus, pactisant même avec ses anciens collègues, mettant en péril sa sécurité ainsi que sa reconversion. Le jeu en vaut la chandelle ? Il n’en est toujours pas sûr. Les mots proférés par Kyran instaurent à son esprit un drôle d’exercice. Une longue hésitation qui le tient en haleine jour et nuit, qui s’apparente à une succession d’éboulement mental. Un doute, un crissement aortique, un peu d’espoir et aussi vite son contraire. La peur d’être déçu, la crainte de ne pas trouver ce qu’il cherche. Mais après quoi court-il réellement ? Une famille ? Absurde. Il n’arrive pas à faire le tri. Au milieu de ce charabia, il a découvert un sentiment  porté disparu par un siècle d’errance animale. Il ne se comprend pas lui-même. Cette fidélité mal placée, il s’en passerait bien. Il s’est donné toutes les bonnes raisons pour ne plus l’éprouver – se rappelant encore et encore des propos blessants de son frère, le diabolisant de toutes les façons possibles. Et pourtant…

Pourtant, il a l’impression de le trahir. Dès qu’il ira la voir, dès qu’il confirmera leur lien de parenté, il va forcément aller contre sa volonté. Mais qui est-il, ce tyran, après tout pour décider de ses choix ? Qui est-il pour le séparer de sa sœur ? Non, demi-sœur. Qu’est-ce qu’une moitié de sœur en comparaison à un aîné avec qui il a tout partagé ? Leur passif comptera toujours. Sven ne peut pas oublier quand bien même il s’acharne.  Cette dépendance qu’il étouffe, ressurgit sous toutes ces formes inattendues. Après une heure à fixer le vide qu’Il a laissé et laissera toujours, l'infirmier se penche pour agripper l’adresse. Ange Dalton. Son pouce souligne la ligne inscrite. Au fond, celui qu’il maudit bien plus que le mafieux encore, c’est ce père qui n’a pu contenir ses pulsions. Il ne veut pas savoir ce qu’il s’est exactement passé  pour qu’elle ait vu le jour. Il s’invente le pire scénario et de ce dégoût naît une compassion sans nom pour les traits qu’il effleure encore. Il ne peut pas laisser son anxiété dicter sa conduite. Il refuse d’être à nouveau cet homme - celui qui s’est laissé tromper par le malheur jusqu’à échouer dans les pires endroits que cette planète avait à lui offrir. Il renie ce comportement et décide de réparer ses torts. Le norvégien s’attache à la dette pour parvenir à enfiler sa veste. Il lui doit sa liberté. Il se doit au moins de la remercier pour ça.

Il prend le chemin le plus rapide. La nuit excite ses sens, titille sa faim. Les ténèbres acceptent la bête et elle prend confiance dans l’absence solaire. Il redouble sa cadence quand il envisage sérieusement un repas improvisé au milieu du parcours.  Sa honte le propulse plus brusquement encore dans le bâtiment convoité. Chic, sans tâche, l’enseigne témoigne de la position influente de cette femme. Dans ce hall titanesque, le scandinave ne peut empêcher ses songes d’articuler les réactions du premier héritier Hogan. Ce luxe doit entacher la vanité de cet homme. Une des causes du rejet qu’il a opéré envers la porte-parole. La frustration tord son expression jusque-là  indifférente. Il n’aime pas le comprendre. Ça ne l’aide pas à avancer. Il se force pourtant à emprunter l’ascenseur sans passer par la réception. Il a déjà tous les renseignements et il préfère ne pas être annoncé. Toujours effrayé à l’idée qu’elle le repousse à son tour. Durant l’ascension, il a l’occasion de revoir son attitude lors de leurs brèves entrevues. Froid, distant, désintéressé. Il sait qu’il l’a blessé ce soir-là, quand elle ne parvenait même pas à tenir sur ses jambes. C’est dans l’ivresse qu’ils se retrouvent. Dignes rejetons de leur paternel, il en a la nausée. Ce n’est pas une bonne idée de l’affronter finalement mais c’est déjà trop tard pour envisager le repli. Les portes métalliques s’ouvrent sur un couloir. Incertain, il entreprend  sa marche, pieds martelant le tapis d’une exquise composition. Le gouvernement hante chaque recoin de cet hôtel. Ça le rend étrangement nerveux. Ses yeux gagnent les pans de plafond où il soupçonne férocement la présence de caméra de sécurité. Coupable de bien des façons, il évolue prudemment.

Il s’arrête devant sa porte et l’observe en espérant y dénicher une quelconque vérité. Mais cette dernière se cache derrière la paroi. Il aspire un peu d’air qu’il rejette aussi vite. Son poing se forme alors et il appose trois petits coups contre la plaque de bois. A chaque martèlement, une onde de choc démarre dans sa poitrine. Il tente de composer un masque mais quelque part au milieu de sa comédie, il a besoin viscérale de sincérité. Au moins pour cette fois. Elle n’a pas mérité d’appartenir à cette dégénérescence familiale. Elle n’a pas choisi ses frères. Et eux non plus d’ailleurs. Ça ne veut pas dire que ça ne signifie rien. Ni que ça peut signifier quelque chose pourtant.

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Dernière édition par Ezra S. Reilly le Ven 3 Avr - 1:17, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: The water's sweet but blood is thicker. [PV Ange]   Mer 26 Nov - 17:42

You? Here? Why?
Ezra & Ange. Des images me reviennent, comme un souvenir tendre. Une ancienne ritournelle... autrefois en décembre.


Qu'avais-je fait? Qu'avais-je bien pu faire pour mériter tout cela? Les images tournaient en boucle dans ma tête, comme dans un mauvais rêve qui n'aurait pas de fin. Même sous cette force, sous l'apparence et la protection de la louve de Tasmanie, je n'arrivais pas à fuir mes actes. Tout se mélangeait. Je me voyais, abandonnant une partie de mes cheveux, me débarrassant de leur longueur et allant jusqu'à en raser. Un peu plus et j'y tatouais n'importe quoi. La rage d'avoir revus ce frère, cet amour, cet enfant que j'aimais toujours... La souffrance à laquelle, s'ajoutait cette triste scène où je perdais le contrôle. La violence ayant pris possession de moi, les souvenirs qui suivaient cet acte avaient le don de me lever le cœur. Ce n'était pas moi, je n'étais pas ce monstre. Je ne l’avais jamais été. Incapable de pleurer sous ma forme animale, je continuais ma course effrénée, cherchant à perdre haleine. Je voulais tourner la page, je me le devais à moi-même.
J’ignorais depuis combien d’heure j’agissais ainsi, sans regarder autour de moi. Seulement à courir, ni comment j’avais pu me blesser. Seulement, mon corps me rattrapa et incapable de faire un pas de plus, je m’effondrais sur l’asphalte froid. Le souffle presque absent, les poumons en feu, j’eus à peine la force de mordre la main de cet humain qui se tendait vers moi. Je tremblais et je sentais les frissons que me procurait le changement de forme. J’allais redevenir femme, juste avant de perdre le contrôle de mon esprit d’humaine. Ce qu’au fond, je désirais ardemment. Certains parlaient d’une douleur insupportable lors des changements. Je n’y avais pas accès. Je ne ressentais pas grand-chose de ce qui arrivait à mon corps, je l’entendais plutôt. Les os qui craquaient, les muscles qui s’étiraient. Ça n’avait rien de jolie.

Sombrant dans un sommeil très peu réparateur, je me réveillais par la force du froid. Il avait pénétré chacun de mes membres, les malmenant sans que je ne puisse m'en défendre. Ma conscience mise de côté et rester dans cet état désagréable de culpabilité, je pris tout mon temps pour me redresser. Grimaçant en sentant la raideur qui était définitivement le maître actuellement. Nue dans cette situation peu orthodoxe, je n'eus d'autre choix que de me relever pour découvrir que j'ignorais où j'étais. Habituellement, j'avais des cachettes de vêtements dans toutes la ville, mais là... J'étais hors de mon secteur.
Je traversais quelques rues avant de trouver quelqu’un d’assez charitable pour me mener à mon hôtel. Il alla même jusqu’à me prêter son manteau, pour cacher ma nudité. Bien, que personnellement, je ne voyais pas la différence. Le voyage dura un moment et je sombrais dans un silence plutôt déprimant. J’avais besoin de changer des choses dans ma vie, de m’éloigner de ce passé qui me hantait. Je devais couper mes attaches à Kyran. Oublier jusqu’à notre lien de parenté. Je ne lui survivrais jamais sans ça. Lui et son frère aussi. Je ne devais plus les considérer comme les miens. J’étais orpheline, voilà. Je n’avais ni famille, ni rien. Je devais me débrouiller seule.

Essayant de me convaincre, j'avançais automatiquement jusqu'à ma chambre. J'avançais encore et encore, jusqu'à me figer devant ma porte. On cognait, relevant le regard, je pris quelques secondes pour identifier l'arrivant. Sa silhouette, son profil... Je le connais que trop. Ce n'était pas le moment. Non, je devais les oublier et arrêter de dépérir à cause des caprices de cette branche de ma famille. Zut... Je les voyais encore comme tel. Y avait-il un centre de désintoxication pour régler cette question? Et pourquoi je devais le croiser dans les pires moments? Saoul et maintenant, presque nue? Me mordant la lèvre pour ne pas grogner, j'avançais tranquillement. Passant côté de lui sans dire un mot, je ne pouvais pas le regarder avec cette tenue. Utilisant ma carte, j'ouvris la porte et la laissait ainsi, l'invitant à entrer. À mi-chemin de la cuisine, je me retournais pour le regarder. « Je vais enfiler quelque chose, laisse-moi une minute ou deux. Fais comme chez toi. » J'allais ajouter que de toute façon, ce n'était pas plus mon chez moi, mais je préférais ne rien dire. Courant presque pour retrouver ma chambre. Je ne pouvais pas le faire attendre en prenant une douche, comme je l'aurais fait avec l'autre tyran.

Attrapant le premier peignoir que je trouvais, j'abandonnais le vêtement offert par l'inconnu. Couverte, le plus possible, bien, que je n'avais jamais compris le malaise. Un rapide coup d'œil dans un miroir m'appris que je ne ressemblais en rien à celle qu'il avait vu la dernière fois. Mes cheveux coupés au carré et ce triste gâchis sur le côté de mon crâne, n'allait pas passer inaperçu. La minceur de mon corps, ni même les cicatrices laissées par mon époux... Il ne les avaient peut-être pas vues. Trop occuper à ne pas vouloir voir que j'étais si peu habillé. Revenant sur mes pas, j'essayais de le trouver. Où avait-il pu se diriger? Rester dans l'entrée ou parti explorer? Étais-ce de la nervosité que je sentais gagner du terrain?

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Lose You
I woke up in tears, With you by my side. A breath of relief And I realized... No, we're not promised tomorrow.
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MessageSujet: Re: The water's sweet but blood is thicker. [PV Ange]   Dim 30 Nov - 23:40

L’attente est dérisoire. Ses pas l’alertent déjà. A croire qu’elle a attendu qu’il se décide à frapper pour apparaître au bout du couloir. Les yeux du cadet fondent sur la silhouette énigmatique qui se glisse bien vite à ses côtés. Pas un mot d’abord. Il respecte leur silence respectif et se contente de la détailler. Ce sont d’abord ses cheveux qui attirent son attention. Il ne la connait pas suffisamment pour émettre un jugement sur ce changement capillaire. Il le trouve étrange néanmoins, témoin d’une instabilité sans qu’il ne puisse pourtant parler de certitude sur cette hypothèse. Se démarquer de la masse peut-être ? Il ne comprend pas. Son accoutrement vient en second et suffit à lui faire détourner le regard de sa frêle carrure, par simple pudeur. Sa nudité sous ce manteau lui semble assez évidente. Il ne veut pas savoir ce qu’il se passe. Il a peur de connaître la vérité, de lui trouver une de ces tares dont ils ont le secret dans la famille. Finalement, venir pour s’en assurer ne l’aidera pas. Pourtant, il est déjà dans l’entrée, droit comme un i, solennel jusque dans le signe de tête qu’il lui adresse quand elle prend subitement congés. Sa voix n’a toujours pas alimenté l’air, de crainte de briser le fragile équilibre mobilisé pour les circonstances. Il soupire, glisse ses doigts dans ses cheveux pour réordonner le fil de ses pensées. Tout ça n’a définitivement aucun sens. Mais Kyran a voulu la tenir éloignée, il en a été drôlement jaloux, il doit y avoir une raison. Cet acharnement démontre d’un intérêt vorace. Au-delà de la curiosité, il n’a rien à perdre à au moins tenter une approche. Il fait un pas mais ne s’avance pas trop, se contentant de la pièce la plus proche de sa position. Son regard balaie machinalement ce nouvel environnement en quête de réponse sur celle qui partage son sang. Il a envie de la connaître bien plus qu’il ne se l’avoue mais pénétrer dans son intimité le dérange encore.

La blonde ressurgit finalement alors qu'il cherche une raison à cette décision de passer d'hôtel en hôtel. Ezra la regarde vraiment cette fois-ci, face à face. Il est frappé par sa ressemblance physique avec… Ses paupières se referment pour chasser l’écho. « Pardon, je n’aurais pas dû débarquer à l’improviste. C'était impoli de ma part de ne pas au moins m'annoncer. » Il fait quelques pas vers elle sans vraiment savoir où se placer, ni quelle attitude adopter. La tension noue chacun de ses muscles et durcit son expression pourtant confuse. Entre sa dégaine et tous les mystères qui l’entourent, elle alimente le surréalisme et il ne peut que se noyer dans cette incompréhension. Mais il est là pour la dissiper justement. «Je ne prendrai pas beaucoup de votre… De ton temps. » Ses doigts lissent les plis de son front tandis que le malaise s’amplifie. « Je voulais vous remercier pour ... Tout. C’est grâce à vous que j'ai retrouvé ma liberté et je ne sais pas comment m’acquitter de cette dette. » Ce n’est pas que pour ce besoin de reconnaissance qu’il est là. Comment lui expliquer ? Le norvégien se force à marcher pour se donner un peu plus de contenance avant de reprendre de manière plus directe « J’ai discuté avec… Kyran. » Le prénom raisonne avec autant de rancœur que de mélancolie. Mais il est sûrement le seul à réaliser cette portée sonore. « Je lui ai parlé de v… De toi. Et il m’a tout avoué. » Il se retourne pour l’observer une nouvelle fois, laisse quelques secondes passer avant de s’agiter à nouveau.

Entre deux allers-et-retours dans la salle, il tisse la suite de la conversation. « Je suis désolé… » Il s’arrête pour s’emparer de ses prunelles, donner du poids à son discours. « Je suis désolé de ne pas t’avoir cru… Jusque-là… Je ne savais rien. » Sa phrase se termine en murmure. Honteuse confession, celle d’avoir été ignorant. Celle d’être l’imbécile au milieu de la farce. « Kyran ne m’avait rien dit et je ne pensais pas que notre… Que cet homme aurait pu… » Il déglutit difficilement et en quelques enjambées, se poste face à la jeune femme. Elle lui semble si fragile soudainement, si menue. La culpabilité l’assaille sans qu’il ne saisisse toute la valeur de ce sentiment. De son ténor plus grave et plus inflexible, il articule « Je n’aurais pas dû te rejeter ce soir-là. Je ne sais pas ce que tout ça signifie mais … Je ne voulais pas qu’on en reste sur cette note. » Ses épaules grimpent et redescendent à deux reprises avant qu’il ne soupire. « En toute sincérité, je ne suis pas certain de ce que je dois faire. Je ne pensais pas que ça pourrait être possible de… Trouver un autre membre de notre famille… » Notre. Pas de beau portrait de famille pourtant. De la perversion, du chaos. Il n’échappe pas à la règle quand bien même il y met tous ses efforts jour après jour. « Tu ne dois pas être particulièrement fière de ton héritage… » Un rire bref, nerveux, incontrôlé et la tristesse qui s’empare du reste. Peut-être que c’est elle qui aurait tout à gagner à les fuir. Non, il en est sûr. Indécis et désolé de ce qu’ils ont en commun, il la fixe longuement, mémorisant soigneusement ses traits, rattrapant le temps gâché par le secret comme il peut. Quelque part au milieu de ce gigantesque théâtre de mots et de maladresse, le petit garçon s’attend à retrouver la douceur d’un foyer. Ou du moins, à se rappeler de cette sensation. Il doute y parvenir pourtant. Pas sans son frère, ça ne rimerait à rien. Mais il est là cependant. Il est là pour ça.

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MessageSujet: Re: The water's sweet but blood is thicker. [PV Ange]   Ven 19 Déc - 18:21

You? Here? Why?
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Un léger tremblement dans mes mains, j'avais bel et bien la visite de la nervosité. Je devais la contrôler. Il n'était pas là... Dans ma... Chambre d'hôtel sans raison aucune. Mes dernières rencontrent avec ces frères n'ont pas eu des effets bénéfiques sur moi, Kyran avait même eu raison de certaine de mes barrières construites avec difficulté. Je me retrouvais si semblable à une funambule en déséquilibre, que je ne savais plus quoi dire ou quoi faire. Sven. Ezra méritait que je me comporte mieux que son aîné. « Pardon, je n'aurais pas dû débarquer à l'improviste. C'était impoli de ma part de ne pas au moins m'annoncer. » Sa voix contracte chacun de mes muscles, me ramenant dans cette autre existence. Mon ouïe l'écoute se rapprocher, tandis que je me retourne tranquillement vers ce personnage que je ne connais point. Que me voulait-il? Cette semaine avait été particulièrement souffrante et je voulais... Je rêvais d'un peu de tranquillité, d'amour et de tendresse. Était-ce trop demander dans cette existence condamnée aux rejets et à la souffrance? Je referme mes bras sur mon corps, cherchant à me réconforter de ce vide que je sens grandir en moi. Je ne l'ai pas encore vraiment regardé, je m'en cherche la force. « Ce n'est rien. Tu peux débarquer autant que tu le souhaites. » Ma voix est douce et délicate. Mais, je suis honnête. J'ai toujours voulu ma famille qu'on me l'ait refusé plus d'une centaine d'année n'y changeais absolument rien. Je le désirais encore. Sachant pertinemment, que ce ne serait que de me démolir à petit feu.

« Je ne prendrai pas beaucoup de votre... De ton temps. » Mes yeux le cherche et je le trouve. Aussi détendu que moi. Pourtant, à l'image de ce que je m'imaginais, il semble moins vulnérable que moi. Ce qui... à y repenser, n'est pas étonnant. Il a grandi avec le même bourreau que mon Kyran. Il... Ne doit pas avoir eu la vie facile. « Je voulais vous remercier pour ... Tout. C'est grâce à vous que j'ai retrouvé ma liberté et je ne sais pas comment m'acquitter de cette dette. » Je reste un instant figé, éberluer. Une dette? Je ne veux pas qu'il se sente redevable. Je n'ai pas agi dans ce sens, je n'aurais pas pu, même si je l'avais voulu. Pour moi, ce n'était qu'un acte de bonté pour un frère qui ne m'avait jamais connu. Je n'avais pas réfléchi plus loin. Je suis amusée de ce changement de pronom. Il hésite entre le tutoiement ou la politesse distante. Puis-je vraiment lui reprocher? Je n'existe à ses yeux, que depuis quelques semaines et il ne voulait pas me croire. Ce qui était logique, explicable. La situation est si inconfortable, que j'hésite à parler. Je me demande si le laisser vider son sac ne serait pas la meilleure idée. M'assurer de ne pas dire quelque chose qui le ferait fuir. Ses mouvements attirent mon œil, qui le suit, comme si je le traquais. Ma louve aime ce petit jeu, tout en sachant rester muette. Elle s’agita un peu, sans avoir le culot de gâcher l’instant. C’est sage de sa part et je m’étonne d’avoir autant de contrôle sur cette partie de moi.

« J'ai discuté avec... Kyran. » Ce nom assèche ma bouche et je recule d'un léger centimètre. Ma mâchoire ce contracte, tandis que la détresse de notre dernière rencontre s'inscrit dans mes yeux. Je ne peux pas cacher mes émotions à cet instant, je ne le peu que quand j'entre dans ce rôle de femme publique. En privé, je suis si... Une certaine personne de ma connaissance aurait dit faible, moi je préférais le mot sensible. Quelle ironie que mes émotions soient aussi différentes de mon corps. « Je lui ai parlé de v... De toi. Et il m'a tout avoué. » Encore cette hésitation et je ne peux retenir se sourire en coin. Mes mains se contractent sur mes bras. Je l'observe, soulignant les ressemblances communes à notre... sang. N'a-t-il pas le tournis à force d'autant bougé? Tandis que moi, je reste figé sur place à laisser ma louve, le traquer des yeux, pour être moins nerveuse en sa compagnie? « Je suis désolé... » Des mots doux et amer, je me retrouve prisonnière de son regard. Mon souffle restant cacher dans ma gorge. Le temps ce suspend et j'attends la suite. Aussi nauséeuse que si j'avais été en pleine tempête. « Je suis désolé de ne pas t'avoir cru... Jusque-là... Je ne savais rien. » Un Hogan s'excusant auprès de moi? J'aurais pu en rire, si je n'avais pas autant espéré une suite. Muette de stupeur et de peur. Mes propres ongles lacéraient ma peau sans que je ne le sache. Mon attention lui était entièrement dédiée et je n'avais de cesse que de me demander s'il était sincère ou s'il savait se jouer de moi comme... l'autre. « Kyran ne m'avait rien dit et je ne pensais pas que notre... Que cet homme aurait pu... » Il est là, soudainement. Si près de moi, que j'aurais pu tendre la main pour vérifier que je ne rêvais pas. Je sais que l'image que je lui renvois n'est pas celle d'une femme forte et indépendante. Il y a eu trop, trop longtemps pour que mes blessures soient camouflées. En privé, je n'ai jamais été une bonne menteuse et je ne peux que trembler sous les assauts qu'il fait, sans même se rendre compte. Un hoquet de stupeur se fait entendre, lorsqu'il parle de nouveau, tout en étant si proche. « En toute sincérité, je ne suis pas certain de ce que je dois faire. Je ne pensais pas que ça pourrait être possible de... Trouver un autre membre de notre famille... » Le mot frappe mes oreilles et les rougissent légèrement. N'a-t-il pas conscience que de l'entendre l'avouer est comme un coup de poignard de la part de son frère. On m'avait refusé ce titre si longtemps. J'en avais oublié à quel point j'en avais souffert. « Tu ne dois pas être particulièrement fière de ton héritage... »

Mon souffle est court, presque épuisé et pourtant, il ne m'a pas semblé très présent dans les dernières secondes. Je suis figée dans cette position de replis, comme si j'attendais la claque qui devait suivre cet aveu. Quelque part c'était le cas, trois hommes avaient rythmé ma vie... L'un m'avait rejeté en apprenant notre parenté, l'autre m'avait torturé par plaisir et le dernier... m'avait fait vivre une période de bonheur avant de me chasser comme un vulgaire chien. J'étais seule dans un monde que je ne connaissais que peu et en animal de compagnie habituée à la maltraitance, je m'étonnais qu'elle ne soit pas omniprésente. J'ouvris la bouche pour parler, mais seul un léger grognement s'entendit. Me rappelant la présence rassurante de la louve. Je devais l'oublier quelques instants. Fermant les yeux, je la suppliais de retourner dormir et de me rendre mon humanité. Ce qu'elle s'empressa de faire, sans pour autant s'endormir entièrement. Je prends une bonne respiration et décrispe mes doigts. Je lui adresse un sourire timide, en ouvrant de nouveau mes paupières. « Tu n'as aucune dette envers moi. Je... » C'était si difficile de lui parler après Kyran. Ezra ne pouvait pas savoir quel mal j'avais subi par ce lien de sang que moi, j'avais considéré comme heureux. Avant que notre aîné me le retire brutalement. « Juste le fait que tu sois là... Considère que tu l'as remboursé. Et je ne fais jamais rien pour obtenir quoi que ce soit en retour. » Ma voix s'est calmé, elle ne tremble plus et semble plus forte. Ce qui quelque part, me réconforte.

Je tends ma main et mes doigts frôlent sa mâchoire. C’est plus fort que moi, je touche les gens autour de moi. Lui adressant, cette fois, un sourire tendre. Je lui caressais innocemment l’avant bras. « Suis-moi. Je crois qu'on aura besoin de boire quelque chose. Tu as une préférence? J'ai de tout ici, enfin... tout ce que l'hôtel fournis. » Je prends la direction du salon, cherchant à éclaircir mes pensées. Je ne veux pas le voir me fuir lui aussi. Je veux avoir une chance d'apprendre à le connaître. Après tout, il est... En quelque sorte, mon petit frère. Figeant à mi-chemin du petit frigidaire fournis par l'endroit, je me retournais à moitié vers lui. « Je ne t'en veux pas, si une femme complètement saoul m'avait annoncé ça, je ne l'aurais sûrement pas cru. » Le fixant avec l'intensité de la femme que j'étais, je voyais les ressemblances et les différences physiques. Je ne pouvais m'empêcher de penser à ce que ça me ferait si les deux se tenaient devant moi. « J'ai découvert cette histoire par hasard. Enfin... Ma mère me trouvait trop proche de... Lui. Elle a préféré me dire la vérité. Donc, il est normal que tu n'en aies rien su. Je suppose que... qu'il aura préféré me laisser dans ma tombe, puisqu'il m'y croyait après un certain temps. » Que pouvais-je dire d'autre? Juste avant de reprendre ma progression vers les boissons, j'ajoutais en fronçant légèrement des sourcils : « Fière? Je n'ai nullement honte, j'étais même heureuse de me découvrir un lien de parenté avec vous. Étonnement, je le suis toujours autant aujourd'hui. » Malgré, la souffrance et l'horreur. Malgré, la tristesse et la solitude. Je ne pouvais qu'aimer mes frères de façon inconditionnelle et ridicule. J'étais ma propre victime et je ne m'en sortirais sûrement qu'une fois morte. « Je suis peut-être idiote après tout. »

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MessageSujet: Re: The water's sweet but blood is thicker. [PV Ange]   Ven 26 Déc - 13:08

Entre deux inspirations imprécises, il comprend. Juste assez pour espérer que Kyran n’ait pas été aveuglé que par sa jalousie maladive. Ange s’est épanouie au milieu d’un décor insensé. Elle a éclos au milieu du givre, elle a résisté aux tempêtes. Elle a apporté le printemps à un hiver éternel, elle a sublimé la glace, elle lui a insufflé un peu d’âme. Mais elle a dû lutter seule et trop longtemps. Abimée, piétinée, elle tend toujours vers la lumière néanmoins. Douce, bien plus que ce qu’il mérite vraiment, elle lui rappelle ces fleurs sauvages s’attardant dans les steppes gelées, empruntes de ténacité et d’espoir à une époque rude et intraitable. Les préférées de Kitty et il en a toujours connu la raison. Aussi belles, aussi improbables qu’elles soient, n’étaient-elles pas également une belle cause perdue ? Un beau combat voué à l’échec mais qui incitait les promeneurs à croire aux miracles ? En l’observant, il se dit qu’elle n’a pas assez de force pour résister elle aussi au froid qu’ils lui ont imposé. L’aîné par sa vanité et sa convoitise, le benjamin par son ignorance et sa méfiance. Est-ce que son frère a décelé aussi cette vulnérabilité ? A-t-il compris qu’elle nécessitait peut-être même plus attention qu’eux à l’époque ? Elle n’avait peut-être personne. L’argent n’engendre aucune chaleur et le mafieux devait le savoir, mieux que quiconque, emprisonné dans sa tour ivoire par ses désirs de grandeur.  A-t-il discerné les craquellements dans sa gestuelle ? A-t-il réalisé son besoin d’autrui ? Est-ce pour ça ? Ne voulait-il juste pas s’encombrer d’une autre tâche de cet acabit ? A cause de ce cadet qu’il traînait alors vers une survie incroyablement douteuse ? Le norvégien cherche encore des excuses à celui qui ne tente même pas de trouver un seul moyen pour se racheter. Il n'a jamais été là pour réparer quoique ce soit. Il n’a jamais été là pour ces raisons. Et le scandinave s’interroge lui-même sur l’étendue de ses propres capacités dans ce domaine périlleux.

La jeune femme semble se figer, rassemble de ses bras tout ce qu’elle peut à peine contenir d’elle-même. Elle s’effrite sous ses doigts ou en donne l’impression du moins. Lui fait-il du mal en se tenant ici ? Il ne sait pas. Est-ce que leur géniteur savait ? Est-ce qu’il l’a approché ? Il serre la mâchoire en s’inventant le pire scénario. Il veut tout savoir sans exception mais les questions ont beau se presser contre sa bouche encore fermée, elles ne franchissent pas naturellement ses lèvres. La porte-parole s’approprie le silence, feignant un sourire qui n’atteint jamais ses yeux. Sa sollicitude brise un peu plus les traits empreint de dureté de l’infirmier. Sa bienveillance calme une douleur qu’il veut ignorer depuis un siècle et en réveille bien d’autre pourtant. Il doute que ça devienne plus simple par la suite. Ils sont des fantômes l’un pour l’autre d’un passé qu’il a, pour sa part du moins, enterré assez grossièrement. Les événements ont toujours un sens de l’humour qui lui échappe férocement. Si sa voix à elle semble s’être stabilisée, celle de Sven vole sa fragilité d'un murmure à peine esquissé. « Quand bien même… Je ne… Je veux te remercier dans les formes, c’est la moindre des choses. » Ses yeux se relèvent quand sa main glisse légèrement sur son bras. L’ancien peacekeeper veut lui rendre son rictus mais il n’en trouve pas la force. Un peu plus bouleversé, il la suit jusqu’au salon, restant interdit par sa proposition et par la tendresse qu'elle lui témoigne.

Le dilemme. Celui de ne rien boire. - ça n’a rien d’agréable pour une créature maudite. Et justement masquer les apparences, adhérer à la convention sociale. La gorge sèche et l’esprit embrumé, la patience en friche, il préfère ne pas jouer une comédie, pas avec elle, même si elle doit ignorer la vérité pour son bien. « Non, merci. Je n’ai pas soif. »  Pour faire bonne mesure néanmoins, il s’assied sur le fauteuil le plus proche afin d’accepter son hospitalité autrement que par un verre. Son regard parcourt brièvement la pièce tandis que la mélodie reprend. Ses intonations continuent de l’apaiser, c’en devient ridicule. Il ne l’interrompt pas et se contente de la fixer avec calme malgré le tournant que prenne des révélations. Trop proches ? L’effroi se peint une demi-seconde sur le faciès de l’urgentiste. Il balaie les détails désagréables d’un revers de main, il n’est pas prêt à tout endurer. Quand elle s’arrête sur une constatation erronée, il fronce les sourcils et les détend aussitôt en soupirant lourdement. « Ne dis pas ça… »  Son pouce lisse le dos de sa propre main nerveusement. La culpabilité l’écroue sans qu’il ne veuille vraiment. « Kyran et moi ne sommes absolument pas un cadeau, c’est certain. Mais … Mais dans ce siècle, avoir une famille est un véritable luxe. »  Sa bouche se tord à ces mots en songeant à sa relation désastreuse avec leur aîné. « Kyran a toujours été possessif… Ce n’est pas surprenant, oui, qu’il n’ait pas voulu me mettre dans la confidence. »  L’ancien métamorphe ferme à demi les paupières. « J’ai voulu croire qu’il l’avait fait pour me protéger mais je sais qu’il l’a fait pour se protéger, lui. Il ne s’en est pas caché de toute façon. »  Ezra relève doucement le regard vers elle et prudemment, l’interroge. « Je sais que ça ne rime plus à rien maintenant mais… Je veux quand même savoir. Qu’est-ce qu’il t’a dit exactement quand il l’a appris ? Est-ce qu’il t’a vraiment tenu éloigné de moi ? »  Sven veut toujours y croire alors que l'insensible veut juste ajouter un peu plus de braise à sa rancœur. Sûrement qu’à l’époque, il aurait pu lui pardonner de lui avoir caché ça. Maintenant, ça s’ajoute juste à ses déceptions multiples.

Un énième soupire s’échappe de sa gorge et ses doigts fourragent dans ses cheveux emmêlés. « C’est moi, le plus idiot de nous trois. »  Un très léger sourire qui n’engrange pourtant aucune vraie chaleur, plisse la commissure de ses lèvres marquant tout au plus l’ironie et la tristesse. Il baisse la nuque subitement et avoue dans un frémissement, dans un souffle à peine audible « J’aurais aimé l’apprendre à cette époque. On aurait peut-être pu le sortir de sa folie ensemble… »  Il pense encore à lui au lieu de penser à elle. C’est inconvenant au fond. Peut-être parce qu’il se dit qu’elle n’aurait pu que leur être bénéfique de toute façon. Peut-être parce qu’il aurait aimé ne plus être seul quand Kyran l’abandonnait pour sa quête de pouvoir. Peut-être parce qu’il n’arrive pourtant pas encore à réaliser que se tient devant lui, sa demi-sœur.

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MessageSujet: Re: The water's sweet but blood is thicker. [PV Ange]   Ven 9 Jan - 20:17

You? Here? Why?
Ezra & Ange. Des images me reviennent, comme un souvenir tendre. Une ancienne ritournelle... autrefois en décembre.


« Quand bien même... Je ne... Je veux te remercier dans les formes, c'est la moindre des choses. » La fragilité de deux êtres ne peut pas être plus éloquentes que dans cet instant. Je l'observe et il en fait de même. Je ne sais pas vraiment comment je dois agir, je cherche et ne trouve que plus de souvenirs qui auraient été mieux en sa compagnie. Qu'aurait été ma vie, si j'avais pu vivre comme sa sœur? Je chasse ses idées et l'entraîne jusqu'au salon où je l'observe s'asseoir. Pou ma part, je me prends une bouteille d'eau, que je tripote nerveusement. « Si tu préfères. Mais, je t'en pris. Ne te sens pas redevable plus que cela. Je ne voudrais pas que tu... T'oblige à me parler simplement parce que je t'ai sorti de prison. » Ce serait beaucoup trop difficile à avaler. Je ne le supporterais pas. Qu'on m'accepte dans sa vie par devoir, aussi bien me jeter par la fenêtre. Le résultat serait le même. Je parle peut-être par nervosité, mais je remarque l'effroi qui se dessine sur ses traits. Je ne comprends pas. Qu'ai-je dit? Que nous étions trop proches? Oui, cette phrase pouvait laisser à confusion quand on ne me connaissait pas réellement. Ce qui... Je devais l'admettre était le cas. Je ne peux continuer. Je ne saurais quoi dire d'autre, de toute façon. Mon frère se trouve devant moi et il m'écoute. Je ne suis ni dans un rêve, ni dans une situation horrible, comme de le rencontrer saoul. Je ne pourrais jamais oublier mon humiliation. Jamais.

« Ne dis pas ça... » Je relève la tête, le regardant directement. Il a des traits en commun avec mon propre visage et je crois, que je pourrais m'accrocher à ce simple fait. Me contenter de cette miette, tellement j'ai souffert de ne pas pouvoir être présente. D'être mise de côté comme un objet qui avait perdu sa valeur et revendu au plus offrant. « Kyran et moi ne sommes absolument pas un cadeau, c'est certain. Mais ... Mais dans ce siècle, avoir une famille est un véritable luxe. » Une famille, je ne savais même pas ce que c'était. J'avais eu des parents qui m'avaient élevé comme du bétail de qualité et une famille d'adoption arnaqueuse, qui m'avait abandonné. Seul Kyran était resté, resté jusqu'à ce qu'on découvre notre véritable lien de parenté. Les paroles de Sven m'obligent à fermer les yeux. Il continue sur sa lancé et mon estomac se tord. Oui, Kyran avait toujours été égoïste. Je le voyais mieux maintenant, mais je ne pouvais m'empêcher de revoir ce garnement que je cajolais et à qui je pouvais offrir un amour sincère. Le seul qui ne m'avait jamais traité différemment, à une époque où j'étais considérée comme un monstre. « Je sais que ça ne rime plus à rien maintenant mais... Je veux quand même savoir. Qu'est-ce qu'il t'a dit exactement quand il l'a appris ? Est-ce qu'il t'a vraiment tenu éloigné de moi ? » Je fige et dépose la bouteille d'eau sans même y avoir touché. Je ne sais pas quoi dire. Ce souvenir, je l'ai chassé de ma mémoire pour ne pas y repenser sans cesse. Je ravale les sentiments contradictoires qui me viennent, puis, je m'approche des fenêtres. Regardant le monde infernal dans lequel nous sommes plongés. M'adossant à ce morceau de vitre, je me tourne de nouveau vers mon... frère?

« Il a... Je ne peux pas dire, qu'il n'est pas possessif, mais à l'époque... J'aurais tout donné pour que ce soit de moi qu'il l'ait été. Je n'avais personne à son exception. Bien, que j'ai grandi dans l'opulence. » Des images me reviennent et je plisse légèrement le nez. « Il n'a pas réagi sur le coup. Je crois qu'il digérait le choc. Mais, moi j'étais tout excité et naïve. J'aurais pu remarquer avant, qu'il ne semblait pas très heureux. J'ai continué et je vous ai proposé de l'aide. Je l'avais déjà fait avant... Cette fois-ci, toutefois, ça n'a pas donné le même effet. Kyran m'a simplement repoussé. M'a craché au visage qu'il ne voulait pas de ma pitié et que je ne vous reverrais jamais. Ni toi, ni lui. Il a tenu sa parole, jusqu'à ce que je sois ... Enfin, jusqu'à ce que je me retrouve ici. À cette époque. » Une main caresse mon cuir chevelu et je l'observe de nouveau. Ezra et Kyran vivant... J'y avais vu une chance. Mais, pouvais-je vraiment être encore aussi naïve?  Mes lèvres tremblaient à ce souvenir, je n’y avais pas réfléchis depuis trop longtemps. « Tu sais… Il n’est pas le seul à avoir fait des erreurs à ce moment-là. Je ne voyais que mon bonheur, je n’ai pas imaginé une seconde, que ça pourrait lui faire mal. » C’était un de mes plus gros problèmes, je n’avais pas vu ce qu’était notre relation. Je n’avais jamais été en mesure de voir les différences. Ma personnalité m’y empêchait si souvent…

« C'est moi, le plus idiot de nous trois. » Mes sourcils foncent, je n'aime pas le voir ainsi. Je peux être impitoyable envers moi-même, mais je ne vois que le meilleur chez ceux, que j'aime et de par sa nature même, Sven avait une place importante pour moi. Qu'il le sache, que ce soit logique ou non... Il avait sa place dans mes priorités. « J'aurais aimé l'apprendre à cette époque. On aurait peut-être pu le sortir de sa folie ensemble... » Je cesse mes tremblements et je lui rends ce sourire triste. Inquiète, je m'approche et m'installe à ses côtés. Du bout des doigts, je lui caresse les cheveux. J'aimais agir ainsi. J'avais l'impression de pouvoir au moins lui offrir une certaine tendresse. Qui lui avait défaut en enfance. « Non. Tu n'es pas idiot, tu étais jeune. Tu n'avais aucune idée que ton père avait pu mettre une autre enceinte. Comment tu aurais pu être idiot? » Regroupant mes jambes sous mon menton, j'y déposais ma tête et lui souriais de nouveau. « Je ne crois pas, que j'aurais pu aider avec du recule. Enfin, j'aurais sûrement tout fait pour te soutenir. Mais, ce que je suis... était devenu insupportable pour lui. Je suppose, que j'étais trop différente de l'univers dans lequel il s'enfonçait. » Prenant une grande respiration, main trouva la sienne pour mieux jouer sur ses lignes de mains. Je n'avais pas conscience de si j'étais trop envahissante ou non. « Tu sais la première fois que j'ai vu ton frère. Il pleurait. Votre père n'avait pas été tendre. Je me souviens que j'étais moi-même dans un sale état, mais j'ai tout de suite apprécié ce garnement. Autant que j'adorais, quand il me parlait de toi. Je le jalousais d'avoir un frère. Je suppose que d'avoir voulu m'y inclure aussi brutalement a été une erreur de trop. »

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MessageSujet: Re: The water's sweet but blood is thicker. [PV Ange]   Sam 24 Jan - 20:37

La distance frissonne, là où l’absence traîne péniblement des pieds, salissant les prémices d’une relation nouvelle. La prudence tapisse les légers silences qu’ils s’imposent. S’habituer à sa présence semble moins hasardeux que tolérer l’idée qu’elle ait pu demeurer anonyme pour l’éternité. Réduite à une compilation de traits, de contours et de sensations instables, condamnée à l’amnésie volontaire, refoulée dans les lambeaux mémoriels de Sven - un endroit où personne ne voudrait avoir sa place. Ezra le sent s’étirer dès qu’il l’effleure des yeux, des émotions endormies par simple carence affective. En cet instant précis, quand elle lui porte ces intentions de droiture, il aimerait gratter les croûtes, laisser derrière lui cette enveloppe qui ne lui appartient pas et saigner de chaque cicatrice afin d'être celui qu'il a pu être. L'innocence n'attend aucune monnaie pour rejouer ses torts, injustement  incorruptible. Le benjamin aimerait pouvoir la couvrir d'un regard bienveillant, ce qu'il n'a pu se permettre avant car captif du mensonge par omission, prisonnier alors de leur pays natal et des décisions de son aîné. Mais défiguré par ses choix, ses erreurs et par les conséquences, il ne peut désormais plus prétendre à l'altruisme absolu. Il recolle néanmoins les morceaux de ce souhait et s’exhorte à la quiétude alors qu'il est anéanti par la honte. Hogan repêché par ses soins derrière les barreaux pour des faits d'une gravité sans précédent. Il n'aurait pu se faire plus mauvaise publicité et engranger l’écho familial plus exactement. L'envie qu'elle ne le dépeigne pas sous son plus mauvais jour le rend dors et déjà hypocrite mais étrangement plus humain que jamais. Assurément, son identité bafouée reprend ses marques, annote le présent à l'imparfait et construit un troisième personnage au-dessus des autres existences. Il sent cette nouvelle personnalité se débattre, c'est presque un résumé de tout, une alliance temporaire entre deux noms, entre deux êtres. Le norvégien et l'américain accepte leur double nationalité juste pour quelques heures. Juste pour tenter d'atteindre cette sincérité qu'elle mobilise sans aucun effort.

L'infirmier se laisse dérouter, se tait sur les appréhensions de sa sœur pour l'instant car il faut passer à celui d'après. Il est déjà question de s'ouvrir la poitrine, juste assez, interstice par interstice pour donner en offrande une multitude de souvenirs, de douleurs ténues et de déceptions à répétition. Aussitôt l'interrogation morte dans l'air, la culpabilité à nouveau sans fioriture mordant son faciès. Il veut retirer ses mots mais c'est comme vouloir réanimer un cadavre. Les dégâts sont irréversibles et s'affichent sur les traits de la blonde. Sa peau opaline semble perdre son jeu de teinte et se voit délaissée par les roses qui soutenaient jusqu'alors ses pommettes. Elle lui échappe un peu plus en s'orientant vers la vitre. L’urgentiste peut percevoir les notes muettes qui rythment sournoisement leur atmosphère. La mélancolie se métamorphose en gravelas dans son larynx alors que la litanie s'impose de seconde en seconde tant qu'elle ne la brime pas de sa voix. Il attend et elle revient. La Norvège élance son décor une seconde fois quand elle les y ramène à son tour. Le scénario se tisse et les vérités dissipent l'ignorante cécité. Il trouve ça inconvenant que la rancœur se tasse quand la tristesse galope. Kyran et sa fierté, dévoué aux ténèbres et aux chemins sinueux, aux détours éprouvants. Il arque les sourcils, rentre le menton et lui offre son front pour seule contemplation afin de méditer sur chacune de ses paroles, fouillant ses entrailles pour y trouver la rage mais forcé de constater qu'il ne reste qu'un chagrin qui ne porte que son seul nom.

Il se tait, le temps de déguiser sa souffrance, de l'oublier, de l'enfermer. Mais déjà, elle approche. Ses doigts jouent avec sa chevelure subitement. Il continue à se butter au mutisme pour ne pas s'effondrer sur lui-même. Sa tendresse à elle appuie sur ses ecchymoses, les rappelle à son bon souvenir. Son pouls s'agite quand elle finit par atteindre sa main, apposant autant sur son épiderme que sur ses tympans, une tendresse sincère qui écorche le monstre jusqu'à l'os. Il s'accorde quelques minutes supplémentaires. Chacun de ses muscles s'est raidit, si il relâche la tension, il se brise. Elle le démonte sans s'en rendre compte. Est-elle de celles qui peuvent aussi le rassembler ? Il a envie d'y croire, suspendu à tout ce mal qui circule désormais sans difficulté à travers ses veines. Il ne remue pas, conscient que le moindre mouvement risque également de l'éloigner. Il ne le souhaite pas, pas quand elle lui apporte ce qu'il n'aurait pu rêver. « Je t'en supplie, ne te blâme pas. Ce n'est pas ta faute. » Ses intonations fébriles semblent appartenir à une autre gorge quand elles s'échappent. « Nous ne t'avons jamais mérité de toute façon. Kyran a juste eu peur. Il me l'a avoué... Il a eu peur que je ne le délaisse pour toi. Et je comprends pourquoi maintenant. » Chaque inspiration lui brûle l’œsophage, l'épuise, c'est presque comme si il tirait son propre cercueil de la terre et se forçait à contempler son squelette enfin pour la première fois depuis que Kitty l'a abandonné à son tour. « J'aurais sûrement cherché à te connaître, oui. Mais il ne nous en a pas laissé l'occasion. Son monde à lui n'a jamais comporté la moindre demi-mesure. Noir ou blanc. Toi ou moi.  Lui ou toi. Je ne sais pas pourquoi il a toujours fait les mauvais choix. Ou plutôt si... Je sais... » Les paupières closes, les images furtives. Les coups, sa voix graveleuse, les relents d'alcool et son frère se jetant sur lui pour le préserver. La conclusion tombe pourtant. « Mais ça ne change rien à ce qu'il a fait.» Les dents serrées, il se réapproprie son champ de vision avant de relever enfin les yeux vers elle.

Son souffle tangue, ses pulsations suivent le mouvement. Quelque chose en elle lui arrache tout ce qu'il a pu contenir et il se laisse faire, incapable de presser ses lèvres pour couper l'accès à son ténor craquelé. « Je ne suis pas venu ici parce que j'avais l'impression d'avoir une dette. Je ne sais pas exactement ce que je suis venu chercher en toute honnêteté. Mais nous sommes liés par le sang et même si ça ne réussit généralement pas aux gens de notre famille, je ne suis pas comme lui. Moi, je ne peux pas l'ignorer. » Craintivement, il avance sa paume vers la sienne, celle qui appuie son autre main. Ses doigts s'adossent à sa peau prudemment après plusieurs secondes d'hésitation. « Si, je suis idiot. C'était égoïste de ma part de venir te voir. C'est moi qui te fais du mal. Je le vois. Pardon. » Son expression adoucie rend hommage à Sven durant quelques instants. « Je ne suis pas venu ici pour te confronter à tout ce qu'il s'est passé là-bas. Si tu préfères que je te laisse tranquille... Je comprendrai. Je voulais juste savoir. Je voulais juste... Que tu saches que... » Que je n'étais pas comme lui. Mais c'est faux et il ne peut se résoudre à lui mentir. Il ravale ses paroles et ôte sa prise sur elle afin de déposer son poing fermé sur sa cuisse. Tout s'accélère un peu plus dans son esprit, se bouscule hâtivement. D'un ton empreint à la confiance et à la fois, à la fragilité, il finit par simplement délier « Tu n'as rien à nous jalouser... Théodora. C'est nous qui avions tout à apprendre de toi. Il est sûrement trop tard. Kyran et moi, nous ne connaissons que la destruction. C'est sûrement mieux qu'il t'ait tenu éloigné. Lui et moi, nous ne sommes bons pour personne. » La malédiction claque, consume tout sur son passage. Il a déjà compris qu'elle allait devoir le maintenir à distance. Parce que lui, il n'attend que ça, que de pouvoir retrouver tout ce qu'il a perdu ou même jamais connu. Il ne désire que son réconfort, qu'un peu de chaleur maternelle, de l'affection inconditionnelle. Ce qu'il n'a pu connaître de sa propre génitrice. Ce qu'il a pu obtenir de son frère. Ce qui rendait à chaque jour un peu de sa valeur. Ce qui l'aiderait dans cette survie grotesque. Mais il ne peut pas se l'octroyer. Pas si ça peut la tuer. Et il sait que ça la tuerait.

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MessageSujet: Re: The water's sweet but blood is thicker. [PV Ange]   Mer 4 Mar - 0:14

You? Here? Why?
Ezra & Ange. Des images me reviennent, comme un souvenir tendre. Une ancienne ritournelle... autrefois en décembre.


J'ignore que la douceur peut être une arme et je ne fais que l'offrir sans réfléchir. À mes yeux, le simple fait qu'il sache pour moi est déjà un changement imprévu et que je bénis. Je ne suis pas croyante, mais je veux bien croire au karma. Qu'on m'offre au moins la chance d'être plus ou moins reconnu par mes frères, étaient suffisant pour me raccrocher à l'espoir d'avoir une part dans cette famille. Alors, je le cajole un peu. Très légèrement, me retenant plus par timidité que par réel logique. Qu'il soit mon cadet, il n'en restait pas moins une personne presque inconnue. Je peux entendre une certaine faiblesse dans sa voix, alors, même que j'ai l'impression que je m'effondre intérieurement. Je sombre dans l'abîme qui m'a habité depuis trop longtemps. Ce manque insatiable qu'on a toujours amplifié, sans jamais combler. Inconsciemment, j'ai vraiment envie qu'il m'accepte, qu'il m'offre une importance dans sa vie. Que ce soit une histoire qui nous relies et non pas que notre sang. Mais, je le garde pour moi. J'ai trop souvent espéré rapidement, trop souvent été usé jusqu'à épuisement, puis jeté sur le paillasson. Bien que l'élan soit naturellement maternel et tendre, une petite voix s'infiltre en moi. J'ai peur. Peur de tout, en ce qui concerne mon jugement. Si j'avais été moins docile, je ne me retrouverais pas dans cette situation merdique. Poupée et visage d'un gouvernement qui méritait d'imploser. « Ou plutôt si... Je sais... » Ses paroles rendent mes yeux plus humide et je me mords l'intérieur de la joue pour évacuer mon envie de pleurer. Le goût du sang m'oblige à arrêter et me rappelle que je ne suis même pas capable de ressentir la douleur comme un être humain. « Mais ça ne change rien à ce qu'il a fait. » Je vois la contrariété et je peux ressentir la tension dans ses muscles. J'entends même la contraction de certains de ses muscles, c'est plus fort que moi et ma nature de louve s'indigne. Elle n'aime pas ce qu'elle devine. La tension entre nos frères et la douleur qu'on devine sur les traits de Sven. Elle aurait souhaité qu'il soit heureux et que nous puissions veiller sur lui, à notre façon. Ne pas y lire une lourdeur, que nous avions nous-mêmes fuit tant d'années.

« Tu... » Mais déjà, je me tais. Le laissant continuer et ravalant ce que je voulais lui dire. Je préfère l'écouter et ne pas dire une bêtise. Puis, ce regard... Ses iris qui m'observent m'obligent à me taire. J'aime cette familiarité dans sa façon de me regarder. Cette manière si... Hogan d'être. Enfin, de ce que je pouvais connaître de cette famille dont je n'avais jamais porté le nom. « [...] Moi, je ne peux pas l'ignorer. » C'est moi qui abaisse les paupières. Ses paroles étaient si douce à mes oreilles, mais si formel quelque part. Je suis terrorisée. Je ne veux pas être un poids de plus dans sa vie. Mais, son contact hésitant sur ma main rassure mes pensées, me donnant la force, de le regarder à nouveau. Je me cache dans mon silence, le laissant continuer. Assistant impuissante à ce qu'il semble vivre intérieurement. Je ne passe aucun commentaire, mais je grimace quand je le sens s'éloigner. Rompant un contact qui me sécurisait. « Tu n'as rien à nous jalouser... Théodora. C'est nous qui avions tout à apprendre de toi. Il est sûrement trop tard. Kyran et moi, nous ne connaissons que la destruction. C'est sûrement mieux qu'il t'ait tenu éloigné. Lui et moi, nous ne sommes bons pour personne. » Ces mots... Ces mots sont remplis d'une émotion que je n'arrive pas vraiment à décrypter et pourtant, je reste quelques secondes immobiles. Ma langue passe rapidement sur la morsure que je me suis infligée, avant de glisser rapidement sur mes lèvres avec une nervosité plus animal qu'humaine. Mes dents se serrèrent les unes contre les autres, puis ma main alla cueillir son menton. L'obligeant à me regarder. Ce geste avait quelque chose d'un ordre, sans pour autant en être un. « Ce n'est pas une question de mérite, Sven... Ezra. On ne mérite pas mon affection. Je ne suis certainement pas de celles qui exigent quoi que ce soit pour l'offrir. » Je respire longuement, avant d’ajouter : « Au fond, Kyran a simplement choisi de te garder près de lui. Si à ses yeux j’étais un obstacle, je ne peux pas vraiment lui en vouloir… » Oui, je suis trop gentille et compatissante. Je n’ai pas autant de rancunes que celle que je vois couleur dans leurs veines. Mais, je m’en fiche.

Relâchant ma prise sur son menton, je lui adresse un sourire presque trop angélique. « Ça risque de sonner égoïste, mais j'aime que tu ne puisses pas l'ignorer. Alors, tu peux bien te permettre de l'être un peu à ton tour. Que je revive le passé n'est pas de ton souci, je le revis depuis des mois. Depuis que j'ai repris forme humaine... » Ma voix se brise et je dois me racler la gorge avant de reprendre. « Je préfère que tu sois là, dans ce salon. À éveiller de vieux souvenirs, plutôt que loin à m'ignorer. Alors, ne te le reproche pas. » Sur ce, je m'éloigne. Allant m'asseoir sur le rebord de la fenêtre. Mettant une distance entre nous, pour ne pas céder à cette envie de le prendre dans mes bras et peut-être, le faire fuir à jamais. « Kyran ne m'a jamais détruite. Au contraire, il m'a empêché de m'enlever la vie dans cette existence vide qu'on m'imposait. Aussi cruel qu'il ait été, je l'ai toujours considéré comme une bénédiction dans ma vie. Toi aussi. Une sorte de faveur qu'on me faisait miroiter de loin. C'est stupide et enfantin, je sais. » Je lui adresse un nouveau sourire, triste malgré moi. « Je n'ai pas connu autre chose que la destruction... J'y ai même été marié. Crois-moi, rien de ce que vous êtes ne pourrait me faire fuir. »

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MessageSujet: Re: The water's sweet but blood is thicker. [PV Ange]   Mar 10 Mar - 17:43

Les silences précédant les vérités, brûlent l'épiderme. Bourrasque incendiaire qui tire dans ce cas précis, ses méfaits de contrées éloignées, puise sa froideur dans les hauteurs, là où tout a débuté. Là où tout a terminé aussi. Qui sont-ils aujourd'hui ? Des empiècements d'identité, des schizophrènes en fuite. Tout juste des mirages qui s'éternisent par vague habitude, qui rallonge les drames et multiplie les cicatrices. Des bêtes que le Destin refuse d'abattre par sadisme ou simplement par inadvertance. Le cycle s'est brisé, mêlé au fantasque, à l'impensable. La magie. Longtemps, il a approché le concept craintivement, comme un animal intrigué par la lumière mais certain de s’y consumer. Accoutumé à la noirceur, Kitty avait dû le bousculer pour qu’il s’y fasse, pour qu’il apprivoise cette réalité et qu’il en vienne à apprécier les bienfaits de la sorcellerie. Son raté à lui, sa déviation. Elle l’a sauvé, sa chair fracassée d’abord avant de se mettre à courir après son âme pour la rattraper et la coudre à son être morcelé. Il évite de penser à elle le matin, il en a fait son rituel. Mais quand le vent entêtant chatouille sa crinière, titille l'absence de ses ailes, ses songes finissent toujours par se traîner vers sa créatrice. Esprit rampant vers la sorcière, pleurant le décès de cette liberté absolue. Le dernier acte de Sven, à ses côtés. Qui sont-ils donc ? Des mélancoliques, des rappels fantomatiques.  Voilà ce qu’on gagne à vouloir, à ressentir et à obtenir. Des abandons à répétition, des douleurs qui raclent les poitrines et se métamorphose en mutisme convenu. Parce que crier, ça attire d’autres démons. Voraces et cannibales, quand ils ne se nourrissent pas du malheur des autres, ces humains s’enlisent dans la moquerie et dans le mépris. Alors, il faut se taire et prétendre. C’est ça qu’ils sont. Des imposteurs.

La blonde aurait dû s’éloigner à ses mots. C’est bien plus terrifiant de la voir réagir comme il l’a secrètement souhaité, acceptant chaque part d’obscurité. Ses doigts soutiennent son menton, le contact le force à redresser la nuque. Leurs prunelles se côtoient silencieusement. Soutenir sa sincérité lui fait mal. Sans doute parce qu’il est déjà abimé par ses erreurs, par sa honte et sa colère, sans doute parce qu’il sait que malgré ses paroles, il ne mérite même pas sa place ici. Elle butte sur son prénom, ramène toujours l’autre au centre de la pièce tout en ignorant pas ce qu'il est devenu. Il grimace, incertain sur la raison de ce malaise. Est-ce pour Sven ou pour Ezra ? Qui veut-il donc être aujourd’hui ? Sa confusion se poursuit parce que sa douceur triomphe là où les épines trépassent. Elle se fraie un chemin sans jamais détruire, sans jamais mentir. Est-ce donc ça qui a attiré puis repoussé Kyran ? Cette alternative doit écorcher ses propres idéaux. Le norvégien bouge sa main de quelques millimètres quand elle s’écarte, prêt à la retenir. Mais il se ravise. Ne pas devenir dépendant. Hors de question de redevenir cet enfant qui ne peut pas supporter le poids de son propre cœur tout seul. La solitude le cloue sur son siège avec plus de force encore tandis qu’elle déjoue les excuses qu’il leur a servi. Elle se brise contre quelques points, ne peut masquer ce déchirement qui semble la démolir de l'intérieur. Autant de spectres invisibles pour la renverser mais elle continue à tenir sur ses jambes pourtant. Elle écarte le noir pour s’abreuver du blanc. Une optimiste ? Quand elle clame la grandeur de leur frère, le scandinave retrouve un peu de son admiration détériorée par les années écoulées. Il imagine, ferme même les yeux pour se visualiser la scène qu’elle veut bien lui prêter. Il peut presque en sourire de nostalgie mais le présent épargne cette réaction. Mais le portrait qu’il se fait de sa sœur se dessine davantage, repoussant les traces de l’ancien Kyran, bordant ses traits d'effroi quand elle évoque son suicide. Ange est instable, son histoire est chaotique. Encore cette malédiction.

L’infirmier la détaille encore avant de rattraper le silence qu’ils s’imposent soudainement. Il se relève prudemment et approche. Son épaule se cale contre le mur près de la fenêtre, ses yeux se fixent sur ses mains alors que son pouce joue avec l’intérieur de son autre paume. La nonchalance qu’il tente de s’instaurer est mise à sac par son timbre voilé de fragilité et d’inquiétude pour elle. « Tu sembles être la personne la moins égoïste que je connaisse, tu sais. » Son regard tombe dans le sien assez soudainement et interpellé par sa détresse, il s’entend continuer « Ce n’est pas stupide, ni enfantin. Même si je continue de penser sur tu te trompes à notre sujet. »  Sa dureté le désarçonne alors il reprend « On est loin d’être des bénédictions mais j’aurais vraiment voulu te connaître. A vrai dire, je crois que je jalouse même Kyran d’avoir pu te venir en aide. » Sa propre franchise le déroute mais il efface ce fait d’un revers de main. « C’est ça l’erreur, tu devrais avoir peur, penser à toi, nous fuir comme la peste. Même si… »  A nouveau, il courbe l’échine pour figer ses prunelles sur le bout de ses chaussures, incapable de tous les aveux quand son innocence à elle lui calcine la rétine. « Même si j’aimerais pouvoir… Faire quelque chose pour toi. Je n’en suis pas capable. Je crois que c’est cruel de ma part, d’être venu te voir, de te faire croire que… » Il hoche la tête, rassemble les cheminements qui s’y amassent. Il prend le temps d’aspirer l’air, de le rejeter pesamment. Tout semble compliqué, difficile, douloureux. Il extrait des enfers toutes ses craintes. « Je ne sais plus ce que ça fait… D’avoir une famille. J’ai envie de te connaître pourtant. Mais je crois que je ne suis pas prêt pour ça. Et que toi non plus. Tu n’as pas besoin d’autres problèmes. »  Il ne peut pas prendre le risque de s’attacher à elle, de l’entraîner plus bas encore.

Son ultime peur, c’est sûrement de laisser à quelqu’un la possibilité de le briser. D’eux deux, c’est lui le plus égoïste, sans aucun doute. « Si les choses avaient été différentes… Peut-être que… »  Peut-être qu’ils auraient pu former une famille. « Je ne veux pas devenir pour toi ce que Kyran représente actuellement pour moi alors… Je crois que le mieux, c’est que je n’interfère pas avec ton existence. »  C’est sûrement sa conclusion. Alors il peut partir. Mais il reste. Il s’accroche à l’idée qu’il y a forcément une solution, une option. Que la fatalité n’existe pas. Il attend déjà trop de Théodora. Et elle ne le sait pas. Ses doigts s'avancent vers elle contre toute attente pour effleurer son bras juste une seconde. « Tu mérites mieux que ça, je te l'assure. »

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MessageSujet: Re: The water's sweet but blood is thicker. [PV Ange]   Mar 31 Mar - 5:05

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Déjà la distance est comme une souffrance pour mon esprit. Mon corps aime sa proximité, sans pour autant le ressentir de façon vicieuse. De toute, j'étais tout bonnement incapable de vraiment vouloir autre chose qu'une tendresse innocente. Mes mains me brûlent à l'endroit où je l'ai touché et me supplieraient presque de retourner chercher à nouveau sa chaleur. C'est une souffrance que personne ne me comprenait. On m'avait même trouvé faible d'être aussi dépendante de la chaleur humaine. À une époque on s'en était même servi comme d'une arme contre moi. Ne pas céder, ne plus me laisser embourber dans ses besoins qui étaient littéralement en carence. Prendre sur moi, même si je me consumais sous cette perte que Nikolas m'avait imposé. Je mordille ma lèvre, oubliant presque que je ne devais pas le faire. Pour éviter toute blessure inutile. « Tu sembles être la personne la moins égoïste que je connaisse, tu sais. » Je lui souris à peine. Je le suis pourtant, à mes yeux je le suis. Beaucoup trop, c'est une faiblesse que je tâche de ne pas nourrir au point d'en tomber dans son excès contraire. M'oublier dans le bien-être des personnes qui me sont importantes. Me rassurer avec leur bonheur et leur réussite. Mais, encore une fois... Ce comportement je souhaite le changer. Le laisser derrière moi et en faire quelque chose d'utile. Pour le peuple qui souffre et pour tous ceux qui n'ont pas le droit à la parole dans ce système antidémocratique. « Ce n’est pas stupide, ni enfantin. Même si je continue de penser sur tu te trompes à notre sujet. » Mes oreilles frissonnent sous cet assaut de dureté. N'a-t-il donc, aucun regard positif sur sa personne? De le voir se dénigrer ainsi, en si peu de mot, j'ai le cœur qui hurle au scandale. J'ai ma louve qui s'éveille pour gigoter. Elle veut chasser. Chasser ses tourments, chasser ceux qui ont eu le culot de blesser son frère de sang. Elle n'est pas commode et je la réprime difficilement. « On est loin d’être des bénédictions mais j’aurais vraiment voulu te connaître. A vrai dire, je crois que je jalouse même Kyran d’avoir pu te venir en aide. »

Je grogne légèrement, une habitude restée une fois que ma nature humaine avait de nouveau fait surface. Je n'aime pas qu'on proteste. À mes yeux, le fait de partager leur sang, leurs gènes seraient toujours une bénédiction. Une chance d'avoir un semblant de famille. Des oncles pour Vittoria. Des hommes pour lui servir d'exemple. « C’est ça l’erreur, tu devrais avoir peur, penser à toi, nous fuir comme la peste. Même si… » Ces paroles me transpercent sans laisser de marque. Je ne fuirai pas, je ne l'ai jamais fait. C'est espérer que je sois lâche de me dire qu'ils ne pourraient rien m'apporter et je ne peux que patienter, tandis qu'il fuit mon regard. Je sais que ma franchise, que ma douceur peut déranger. Je l'ai déjà vu, cette douleur que je finis par faire naître dans le regard de ceux qui ont été important pour moi. Comme s'ils flétrissaient sous ma délicate lueur chaleureuse. J'en reconnais les symptôme et je pourrais presque en pleurer de la voir renaître sur ses traits. Mon souffle s'accélère, tandis que j'attends la suite. Un mauvais pré-sentiment au creux des reins. « Même si j’aimerais pouvoir… Faire quelque chose pour toi. Je n’en suis pas capable. Je crois que c’est cruel de ma part, d’être venu te voir, de te faire croire que… » Muette, je me transforme peu à peu en statu de marbre. « Je ne sais plus ce que ça fait… D’avoir une famille. J’ai envie de te connaître pourtant. Mais je crois que je ne suis pas prêt pour ça. Et que toi non plus. Tu n’as pas besoin d’autres problèmes. » Pas prêt? « Si les choses avaient été différentes… Peut-être que… » Mes yeux ne réagissent même pas. Je concurrence certaine femme pausant pour une peinture. « Je ne veux pas devenir pour toi ce que Kyran représente actuellement pour moi alors… Je crois que le mieux, c’est que je n’interfère pas avec ton existence. » Ce n'est qu'au contact de son effleurement que je m'active de nouveau. « Tu mérites mieux que ça, je te l'assure. »

Ma main droit trouve la sienne, alors que je l'attire soudainement vers moi. Puis, je le coince dans une étreinte emplit de tout ce qui me fait. Je suis tendre et chaleureuse. Je suis forte et douce à la fois. J'en ai assez de les laisser me repousser, sous prétexte qu'ils ont trop souffert. Autant ce tyran, que mon petit frère que j'enlace au péril de cette relation naissante. Même cet idiot d'ex-époux sadique, qui n'avait jamais assumé son envie d'être cajolé... J'en avais assez de vivre, selon LEURS décisions. Trouvant le chemin de son oreille, je fis entendre ma voix pour une fois. « Tu n'es peut-être pas prêt. Tu penses peut-être que je suis mieux dans cette tour d'ivoire fabrique pour une princesse solitaire. Tu penses peut-être m'épargner ainsi... Mais sache qu'il est hors de question que tu ne sois pas dans ma vie et que tu peux t'éloigner autant que tu voudras. Je n'arrêterai jamais de veiller sur toi. Même si pour ça, je dois finir par me faire détester par toi, Sven. » Relâche mon étreinte et déposant de nouveau les pieds au sol, je le contournais pour mieux lui indiquer le chemin de la sortie. « C'est à toi de voir, le rôle que tu voudras me donner. Entre la méchante harceleur, ou la grande-sœur. »

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MessageSujet: Re: The water's sweet but blood is thicker. [PV Ange]   Ven 3 Avr - 1:16

(Italique = Norvégien)

A l’abri. Quand la nuit épaissit les nuances, métamorphose chaque hématome en tâche imperceptible, déforme le chaos de la chair grâce aux cris rutilants d’un animal agonisant loin, bien loin de la maison. Quand le noir le cache, quand le bleu s’associe, quand son bourreau s’effondre dans un coin et l’oublie. Quand Kyran se jette pour l’arrêter, quand il recouvre les démons de ses bras, quand il soigne les plaies à l’intérieur en déposant ses notes apaisantes sur son cœur que la peine a gonflé et mutilé sans relâche. Un foyer. Les significations ne manquent pas, les perceptions non plus. Elles sont là, à palpiter sur sa langue, contre les parois internes de son buste, à raisonner dans sa boite crânienne.  Ce souvenir pèse plus sur son organe aortique que les ombres instaurées par la bête. Il sublime la défaillance et rend à cet organisme dépecé de son humanité, un écho intarissable. Ce sentiment s’ébroue dans ses entrailles mémorielles et suscite l'attrait. Il galope déjà contre son échine, accordant chacun de ses mouvements à cette mélodie déjà évaporée par l’austérité contemporaine. Qu’elle soit souhaitée ou non, elle le manipule chaque jour d’une façon grossière et brutale, le projette contre chaque mur jusqu’à percevoir les fêlures sur son squelette. Dans ce siècle, la sécheresse alterne ses méfaits au pied des voyageurs. Les crevasses tordent les chevilles, capturent et assassinent. Aucun puits, aucune oasis, seulement cette attente craintive de la pluie. Cerné par ce désert depuis déjà trop longtemps, il ne croit plus aux miracles. Il se refuse entièrement à l’optimisme de ses anciens jours, délaissés à même la neige, habitants inavoués des boucles macassars de sa sorcière déchue. Quelque part entre ici et là-bas, il a dû s’inventer. Quelque part entre avant et aujourd’hui, il a décidé de ne plus y penser. A ce refuge, à cette vision idyllique d’un lendemain sans cauchemar. Maintenant, il en est un lui-même. Et pourtant…

Pourtant, elle l’attrape au centre des convulsions, elle le fauche en pleine ascension vers sa cité noire. Deux bras pour une seule personne, c’est déjà bien trop. Elle se perche pour atteindre ses hauteurs, sans se soucier un seul instant des températures indécentes tout là-haut. Elle ne frisonne pas contre son âme déchirée par ce mal inébranlable, elle ne craint pas la brise mortelle qui l’accompagne inéluctablement. Elle gravit les montagnes à mains nues sans jamais sembler en souffrir. Les gravats s’éloignent, elle est déjà là, tout contre lui apportant ses mots dissonants pour la fatalité. Paupières closes, il apprend à reconnaître sa fragrance, à l’associer à ce seul instant volé à l’obscurité. A l’abri, quelques instants seulement, dans cette étreinte protectrice, dans cet espace-temps clos sur cette seule évidence. Sven. C’est pour ne pas abimer l’essence de ce garçon qu’il a décidé d’adopter ses chimères. C’est pour qu’il ait une chance de perdurer dans les contrées glacées qui l’ont vu grandir et périr. Pour que ce Monde n’ait pas réussi, pour qu’il soit resté intact, entier, fidèle à ce qu’il a toujours souhaité être. Inatteignable comme l’utopie, l’innocence à son paroxysme. Des traits, un corps, ça ne fait pas une identité de toute façon. Mais la mémoire est plus cruelle encore que l’ADN et l’empêche d’accéder à ses dernières volontés. Mais ça n’importe plus désormais. Car contre sa sœur, il a envie d’être ce qu’il a toujours été. Il a envie d’être Hogan si ça peut les rapprocher. La chaleur roule contre ce reflet, déloge les balles de leurs impacts et reconstitue la douceur sur son faciès absenté. Elle s’écarte finalement et distribue ses derniers élans d’espoir.

L’urgentiste la couve des yeux juste quelques secondes de plus avant de poser subitement ses phalanges contre son épaule, le plus délicatement possible.  « Je ne pourrais jamais te détester, Théodora. Et quoiqu’il advienne, nous partageons le même sang pour le meilleur et pour le pire. » Ses doigts remontent furtivement sur la joue de la blonde. « Prends soin de toi, s’il te plait. » Un sourire triste se hisse avec difficulté sur ses lèvres meurtries par ce départ imminent. Effort douloureux emprunt de respect pour celle qui vient de lui accorder un répit déraisonnable au milieu de la tragédie. L’accalmie finira par passer. Il est temps de se presser avant que le charme ne soit rompu par sa nature traitresse. Il la délaisse et gagne l’entrée en quelques enjambées mesurées. La poignée accueille sa paume mais avant, il se retourne ultimement. « Merci. Merci pour tout, sincèrement. » Et il disparait enfin. Ses jambes frémissent, ses pieds désarticulent sa démarche. Le gel vient du sol. Roses de cristal qui cognent contre ses genoux et le font presque trébucher. L’infirmier va se transformer en statue de glace ici-même. A moins que ça ne soit l’inverse. L’été succèderait à l’hiver ? Qui pour le croire ? Pas lui, sûrement pas lui. Maudit, aliéné et porteur de trouble, il n’a plus rien à souhaiter mais encore quelqu’un à décevoir. Et ça, c’est déjà quelque chose en soi. C’est l’esquisse d’une cachette inopinée dans laquelle il serait facile de prétendre. Dans laquelle il serait facile de pardonner. Dans laquelle il serait facile d’oublier. Pour autant que le monstre soit enfermé. Pour autant qu’il puisse s’en dissocier.

- Sujet terminé -

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    Here I stand, helpless and left for dead
    Close your eyes, so many days go by. Easy to find what's wrong, harder to find what's right. I believe in you, I can show you that I can see right through all your empty lies. I won't stay long, in this world so wrong. Say goodbye, as we dance with the devil tonight. Don't you dare look at him in the eye, as we dance with the devil tonight. Trembling, crawling across my skin. Feeling your cold dead eyes, stealing the life of mine. ©endlesslove
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The water's sweet but blood is thicker. [PV Ange]

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