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 « Le masque du bonheur est peut-être le plus dur à porter. » - Violet & Rafael

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MessageSujet: « Le masque du bonheur est peut-être le plus dur à porter. » - Violet & Rafael    Dim 23 Nov - 20:28


   

   
❝« Le masque du bonheur est peut-être le plus dur à porter. » ❞
   Rafael & Violet
Un énième patient sortit de son cabinet et Violet souffla enfin. Orientant le ventilateur sur elle, la jeune femme se renfonça dans son fauteuil. Elle n'en pouvait plus. Etre toute transpirante alors qu'elle devait s'occuper de ses patients n'était pas chose aisée et nullement agréable. Tendant la main vers sa bouteille d'eau, elle en bu une longue gorgée se délectant du liquide presque tiède. Repoussant ses cheveux décoiffés, elle se remit au travail et vérifia le prochain patient qui devait arriver. Son doigt glissa jusqu'à l'heure suivante et elle se figea. Rafael. Son cœur se mit à batte la chamade et elle ne put empêcher une certaine euphorie s'emparer de son cerveau. Le revoir, encore, après quelques jours seulement lui donner envie de sourire, encore et encore. Il n'y avait rien de drôle dans leur relation pourtant mais … elle adorait discutait avec lui et l'écoutait parler. Sachant que les sentiments qu'elle commençait à ressentir pour lui n'étaient en aucun cas normaux ni sains, elle se disait simplement qu'elle faisait son travail. Et qu'elle le faisait bien. Elle se devait de l'aider, de toute manière. Il était là pour ça d'ailleurs. Elle était son hypnothérapeute et se devait de ne pas franchir la limite que toutes bonnes personnes faisant son travail se fixaient. Bien évidemment, dans d'autres circonstances, la jeune femme ce serait peut-être risqué à aller plus loin. A tenter le diable. Mais elle n'avait aucune envie de perdre un patient au profit de ses besoins à elle.  

Elle se souvint de la première fois où il était entré dans son cabinet. Beau mais entourée d'une forte aura mystérieuse. Elle n'avait pas tout de suite compris ce qui le tourmentait, ce qui lui faisait mal. Puis il avait ouvert la bouche et sa voix l'avait tout autant envoûtée. C'était fou, étrange et gênant. Ressentir ça pour un patient et de plus pour un être aussi inaccessible que lui, c'était fou. Consciente qu'elle devait se comporter comme une vraie pro, elle avait posée les questions qui s'imposaient. Puis l'avait laissé parler. Son histoire l'avait touchée et profondément émue mais … elle n'était pas là pour le lui montrer. Nerveuse, elle avait tentée de percevoir le fond du problème … En vain. Car bien malgré elle, ils avaient débutée une discussion tout à fait intéressante. De nos jours, rares étaient les personnes qui avaient une réelle conversation et à qui parlait Violet. A part Eileen, la jeune blonde ne parlait à strictement personne. Elle parlait très peu à ses parents même si l'envie y était … Et parfois, souvent, la solitude l'emportait. Alors Rafael était apparu presque que comme un cadeau. Un cadeau empoisonné et fort tentant …  

Entendant des pas derrière la porte, Violet sursauta et vérifia l'état de sa tenue. Sortant un miroir de son sac à main, elle s'observa et replaça les quelques mèches rebelles qui s'échappait de sa queue de cheval. Elle eut juste le temps de refermer l'accessoire alors que la porte s'ouvrait sur lui. Se levant, la jeune femme sentait ses jambes trembler et elle pria pour qu'elle ne trébuche pas en allant lui serrer la main.

Souriante, elle le salua :

-Rafael ! Ravie de vous revoir. Cela fait … longtemps, acheva-t-elle en scrutant le visage du jeune homme, sachant parfaitement que cela ne faisait qu'une semaine. Rien de bien long. Se raclant la gorge, elle l'invita à s'asseoir face à son bureau et s'empressa de se rasseoir. Mon Dieu. L'attraction était forte et bien trop oppressante. De plus en plus oppressante d'ailleurs.  

-Alors ? … Comment-allez vous aujourd'hui? Votre semaine s'est-elle bien passée ?  


Une question anodine mais qu'elle posait à chacun de ses patients et elle fut légèrement rassurer de ne pas entendre sa voix trembler. Tant qu'elle savait rester professionnelle en apparence, tout se passerait bien.

   
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MessageSujet: Re: « Le masque du bonheur est peut-être le plus dur à porter. » - Violet & Rafael    Dim 23 Nov - 21:38


   

   
❝« Le masque du bonheur est peut-être le plus dur à porter. » ❞
   Rafael & Violet
Mes yeux clairs dérivent une nouvelle fois sur l’horloge, mon doigt se plie, tapote sur le cadran, s’agace de voir que l’aiguille se traîne et se traîne encore sans daigner accélérer. Mon emploi du temps est simple, en général. Il se résume à diverses réunions, quelques comptes rendus, beaucoup de paperasse et du temps libre. Il n’y a jamais rien d’autres, rarement autre chose, les seules surprises qui poncturent mon quotidien sont les quelques interviews que je donne à ce qui subsiste de la presse artistique et mes expositions. D’ordinaire, lorsque je souffle, je me contente de peindre, de songer, de travailler, encore. Et de chasser : toujours. Des Nightkeeper, des traîtres, des lâches et quelques lapins les soirs de Pleine Lune. Mais aujourd’hui, mon emploi du temps dissone dans cette régularité qui rythme mes semaines. Aujourd’hui, je guette sans en avoir véritablement conscience l’accélération inopinée du temps. Lâchant l’horloge du regard, je reporte mon attention sur mon agenda, sur ce rendez vous écrit à l’encre lilas comme pour mieux me rappeler ce qu’il signifie. Je ne pensais pas, il y a de cela près d’un mois, trouver autant de… d’écoute, en allant voir cette hypnothérapeute. Ce serait presque dérangeant de confier aussi facilement mes pensées à cette jeune femme, à Violet, si ce n’était pas Violet, justement. Elle a quelque chose qui me met en confiance, elle à quelque chose… « M. Morienval ? Un appel pour vous. » La voix m’arrache à mes pensées, je contrôle mon agacement en foudroyant du regard l’importun et commence à m’entretenir avec l’un de mes contacts dans les Services de Renseignement qui se charge de me tenir au courant des différents déplacements de certains rebelles qui pourraient viser les personnalités que je protège. Moi, protéger des gens… Je serre les dents, le visage d’Azzura s’imposant à mon esprit, rapidement remplacé par celui de ma fille enterrée depuis plus de sept siècles et demi. La discussion tourne vite court, mes remarques incisives s’arquant d’intransigeance, comme le reflet de ma frustration, de mon impatience, de cette culpabilité qui me ronge et du fantôme d’Azzura qui volète de la pièce comme pour mieux me distraire et me reprocher davantage la confiance naissante entre moi et une autre femme. Azzura a toujours été la seule, Azzura a toujours été l’unique, et elle est morte maintenant, il faut que je m’en convainque, il faut que j’arrive à l’accepter, il faut que… Mes doigts s’agacent sur le bureau, font tournoyer mon stylo, le reposent, je me lève avant de me passer une main sur le visage. Il faut que je voie Violet, même si notre rendez vous est dans un peu plus d’une heure. Il faut que je m’aère l’esprit, que je lutte contre cette nervosité croissante.

Brutalement, je repousse les divers comptes rendus étalés sur mon bureau, les rassemble, les trie nerveusement et les enferme dans le coffre fort prévu à cet effet, fais le point sur la veille qui va s’effectuer cette nuit et les préparatifs en vue de la sortie d’un Ministre quelconque. Une demi-heure plus tard, tout est rangé et verrouillé, et je jette un dernier coup d’œil sur l’horloge avant d’attraper mes lunettes de soleil et ma veste de costume. Un appel, mon chauffeur m’attend en bas du Government Building et je dégringole les escaliers. Un deuxième appel, mes gardes du corps prennent congés, sachant exactement où je me dirige. Un troisième appel, je raccroche avant que la deuxième sonnerie n’ait retenti à mon oreille, et je verrouille le téléphone sur silencieux en espérant qu’Orfeo ne verra pas cet appel en absence. Et quelques marches plus loin, je pénètre dans le bâtiment que je commence à bien connaître et qui commence à bien me connaître. Pas d’autres patients dans la salle d’attente, les fenêtres ouvertes selon mes exigences, je ne daigne même pas saluer autrement que pas un hochement de tête la secrétaire qui note mon arrivée. Ma main nerveuse commence à trembler, comme toujours les quelques minutes qui précèdent mes… hum… retrouvailles avec la thérapeute. Et comme toujours, encore, je sors mon carnet et je courbe quelques traits, effleure quelques esquisses, fais naître un visage, me concentre pour le transformer et le faire disparaître dans une nuée de fleurs et de feuilles. Elle est toujours là, à me guetter, à s’emparer de moi à chaque respiration quand bien même je suis conscient qu’elle ne pourra jamais plus s’énerver contre moi. Et je me souviens de ma raison première d’être là. L’oublier. Effacer Azzura de ma mémoire. L’effacer à tout jamais. Il n’y a pas d’autre moyen, je ne vois aucun autre moyen d’arrêter d’avoir mal, d’arrêter de…

On me fait signe, je me lève, je passe la porte et pendant un instant, seul le sourire de Violet attire mon attention et fais s’évaporer le temps d’une seconde le fantôme de l’italienne. Mes doigts rangent le crayon, le carnet glisse dans ma veste et ma main se faufile dans mes cheveux pour les remettre en place. Rafael ! Ravie de vous revoir. Cela fait … longtemps Contre ma volonté, un sourire, un vrai, un rare, un franc, s’épanouit en réponse sur mes lèvres. Je me surprends à respirer librement, à suivre son regard qui traîne sur moi et m’ausculte à distance. Mes lunettes de soleil se réfugient dans ma veste, je romps la distance qui nous sépare sans trouver quoi rajouter à tout cela. Tendu, moi ? Non. Juste nerveux. En confiance et mal à l’aise. Heureux sans savoir pourquoi, détendu et crispé. Inquiet. Je me contente d’un « Le plaisir est partagé tout comme… » L’incertitude ne m’est pas familière, je suis presque surpris par l’interruption de mon propos que j’achève d’une voix troublée. « l’impatience, j’imagine. » Ma voix n’est qu’un murmure sur ce dernier mot, et appelant toute mon éducation aristocrate d’un temps passé, je m’installe sur le fauteuil sans la quitter du regard, retenant la nervosité de ma respiration et de mes mains qui cherchent à dessiner. -Alors ? … Comment-allez vous aujourd'hui? Votre semaine s'est-elle bien passée ?   Elle entre dans le vif du sujet, mon regard se trouble, s’agace, se perd. Comment vais-je ? Trop complexe. Ma semaine s’est bien passée ? Je fronce les sourcils. Fissure mon masque de certitude. Cherche une réponse, dans ce silence que je laisse si souvent s’écouler autour de moi. Je suis patient, je ne suis que très rarement impulsif, et me taire dix minutes pour prononcer un seul mot choisi avec soin est dans mes habitudes. Pas de précipitation, tonnait la voix de mon aïeul qui me formait à prendre sa suite à la tête d’une grande famille romaine. Pas de précipitation, hurlait il, précipité.

Mes doigts pianotent sur l’accoudoir du fauteuil, je croise les jambes, ouvre la bouche, articule un mot silencieux, avant de me lancer. Sincère. « Mal. » Mes yeux se plongent dans ceux de Violet, la seule personne à avoir toute ma confiance actuellement. « Cauchemar, insomnie. » La seule qui sache, vraisemblablement, la douleur qui me parcourt à chaque fois que je songe à Azzura. La seule à qui j’arrive à confier mes pensées, la seule à qui je peux le faire, d’ailleurs. Près d’un mois, nous n’avons pas commencé les véritables séances d’hypnose, je le sais, mais je persévère, autant pour nos discussions que pour l’apaisement qu’elle m’offre à chaque fois que la séance se termine. « Elle me hante, il n’y a qu’avec toi qu’elle n’est pas là, à me regarder, à me perdre, à me manquer. » Je me redresse, pour mieux cesser de m’égarer. Comme à chaque fois. Incertain, j’ajoute un timide – qu’Orfeo rirait s’il me voyait ainsi – « Et toi, ta semaine… ? Tu… » Rafael qui se soucie d’une autre personne que lui… « tu vas bien ? » Je me surprends à me demander si sa réponse m’intéresse. En général, cette question n’appelle pas de réponse ou simplement une réponse conventionnelle qui n’invite pas à approfondir. En général, je ne la pose même pas. En général, j’ai affaire à mes subalternes ou à des personnes qui m’intéressent tant que leur disparition ne me troublerait pas une seule seconde. Profondément égocentrique, l’assumant sans le moindre souci, ça me perturbe de me découvrir un intérêt pour la santé de quelqu’un qui ne soit ni de mon sang, comme mon frère, ni Azzura.

   
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MessageSujet: Re: « Le masque du bonheur est peut-être le plus dur à porter. » - Violet & Rafael    Sam 29 Nov - 23:29


 

 
❝« Le masque du bonheur est peut-être le plus dur à porter. » ❞
  Rafael & Violet


- Mal.

Violet cilla mais l'écouta poursuivre. Rafael n'était pas un patient ordinaire, voulant simplement se détendre et ayant vécu des choses mineures. Il avait apparemment perdue sa femme et son enfant. Ce qui en soi, ne laissait personne indemne. Que Rafael soit encore debout, capable de lui parler de tout ça était déjà un grand pas en avant … Même si cela incluait qu'il se replonge dans des souvenirs enfouis au fin fond de sa mémoire.

- Cauchemar, insomnie, poursuivit-il laissant Violet inquiète et bien trop concernée par l'état de son patient.

- Elle me hante, il n’y a qu’avec toi qu’elle n’est pas là, à me regarder, à me perdre, à me manquer.

Cette dernière remarque figea Violet qui ne s'y attendait pas du tout. Le lien qui l'avait uni -et qui l'unissait sûrement toujours- à cette femme devait être puissant. Très puissant. Savoir qu'elle était une source d'apaisement de cette souffrance était en soi effrayant mais … parfaitement excitant, elle devait bien se l'avouer. Elle ne s'était jamais imaginé qu'elle aurait pu avoir un tel pouvoir … Elle se redressa sur son siège, mal à l'aise. Cette situation ne présageait rien de bon. Définitivement pas. Elle ne devait pas avoir autant d'impact dans la vie d'un patient. Elle aurait simplement dû l'apaiser, le calmer, lui faire voir sa vie d'une autre façon et l'aider à avancer … Au lieu de cela, Rafael lui avouait presque qu'elle était un calmant. Elle ne savait pas si elle était flattée ou bien effrayée. En tant que femme, à part entière, elle se sentait flattée mais en tant que médecin … elle n'était pas du tout rassurée. Ce n'était pas lui qui l'effrayait mais ce qu'il adviendrait par la suite de toute cette histoire.

Il se redressa un peu et lui demanda alors d'une voix hésitante, comme si il n'avait pas l'habitude de le faire :

-Et toi, ta semaine… ? Tu… tu vas bien ?

Elle entrouvrit ses lèvres, toujours un peu sonnée, puis finit par esquisser un fin sourire et hocha la tête :

-Je vais bien. C'est … hum … j'essaye seulement de faire un peu le point sur ma vie, en ce moment.

Passant une main sur sa nuque, gênée, elle prit son carnet de note et reprit d'un ton apaisant :

-Concernant ces cauchemars et ces insomnies … Pouvez-vous … développer ? Me les raconter. Que s'y passe-t-il?

Violet se sentait mal. Affreusement mal de demander une telle chose alors qu'elle n'aurait sûrement pas dû. C'était son boulot mais … étrangement, elle n'avait aucune envie de lui faire revivre ces nuits qui le hantaient, de lui faire encore plus de mal. Elle était pourtant bien obligée. Son boulot était de le guérir, rien qu'un peu. De faire de ses patients des gens en meilleure santé mentale et physique. Elle avait croisé tellement de personnes ressemblant à de vrais zombies, entrer dans son cabinet, des gens suicidaires, des gens qui ne savaient plus ce que le mot "espoir" voulait dire. Elle les avaient aidés, pour la plupart, à traverser ces périodes où ils se sentaient égarés. Violet était donc jusqu'à aujourd'hui restée professionnelle. Elle avait toujours mis une barrière entre le patient et elle, de peur de s'attacher. Elle se connaissait assez pour se savoir trop proche des gens dans le besoin. Non pas par pitié mais car elle aimait aider et ne supportait en aucun cas la misère, la peine, la tristesse, la haine et la colère. Des sentiments qui se bousculaient le plus souvent dans la tête de ses patients. Seulement il y avait Rafael. Une énigme, intrigante, mystérieuse, déchirante, noire, excitante. Quelque chose s'était passé lors de leur première rencontre et elle n'arrivait plus à s'en détacher malgré tous les efforts du monde, toutes les flagellations mentales qu'elle pouvait s'infliger. Elle n'arrivait tout simplement pas à arrêter les discussions qu'ils avaient. Il en savait plus sur elle qu'Eileen. Ce qui était en soi effarant. Eileen était sa seule amie et dés son arrivée ici, elles s'étaient toutes les deux parfaitement bien entendues et un lien fort s'était fait entre les deux jeunes femmes. Violet lui avait confié des choses qu'elle n'avait jamais dites à personne, fautes d'être écouté. Mais à présent, la personne qui en savait le plus sur elle était face à elle et était connu en tant que garde du corps du Président, peintre reconnu … Et il était son patient. Violet se demandait vraiment comment elle allait sortir de ce mauvais pas … Cette situation des plus gênante et qui pourtant lui plaisait beaucoup trop. Prendre ses distances ? Elle s'en sentait légèrement incapable à présent.

 
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MessageSujet: Re: « Le masque du bonheur est peut-être le plus dur à porter. » - Violet & Rafael    Ven 5 Déc - 15:46


   

   
❝« Le masque du bonheur est peut-être le plus dur à porter. » ❞
   Rafael & Violet
Tout devient contradictoire lorsque je suis dans cette pièce, devant elle, devant ses yeux clairs et ses boucles blondes qui me regardent avec tout ce sérieux professionnel qui la caractérise. Tout perd de sa clarté habituelle. D’ordinaire, lorsque mon regard se pose sur une personne, je décortique sa classe sociale, ses aspirations, ce qu’elle peut avoir d’intéressant et de pertinent, et je la range dans un coin de mon cerveau aux côtés des autres êtres qui ont pu croiser mon chemin sans m’interpeller davantage. D’ordinaire, lorsque j’entre dans une pièce, j’en cherche inconsciemment les portes de sortie, j’en estime les distances, je critique sévèrement la décoration et la disposition des meubles avant de m’en désintéresser, de ça aussi. D’ordinaire, donc, j’attache à chaque détail son importance le temps d’une seconde. Et pendant mes rendez vous avec cette hypnothérapeute, je me contente de lui parler, de manquer de rougir, d’écouter les bribes de sa vie qu’elle me confie à son tour, comme pour m’inviter à parler davantage encore des sentiments contraires qui se bousculent à mon esprit.

En dehors du bâtiment, je suis Rafael Morienval, Rafaele Renzacci, je suis l’Officier chargé de la Sécurité Rapprochée des Personnalités Politiques, je suis un bourreau, un veuf, un assassin, un loup, je suis tant de choses et j’assume toutes ces facettes sans ployer, sans sourciller, sans même broncher un seul instant sous le poids du sang qui coule sur mes mains, sans me départir de ce calme et de ce sarcasme qui modulent mon visage et font de moi le Seigneur que je suis. En dehors du bâtiment, je suis tout cela. Et dans cette pièce, l’atmosphère offerte par Violet, sa voix douce, sa timidité, aussi, me mettent à nu et me dévoile pour ne laisser de moi que Rafael, qu’un ange qui n’en est plus un depuis bien trop longtemps. Face à elle, je suis vulnérable, plus encore qu’en présence de mon frère, ce que je pensais être impossible. Un frisson me surprend, m’assomme, me tétanise, avant de m’entendre répondre la stricte vérité à sa question. Elle n’est certes pas psychologue, Violet reste la seule confidente que j’ai et j’ai décidé la première fois que je suis revenu dans ce cabinet de ne pas m’embarrasser de mensonges. Si j’ai choisi pour une obscure raison de lui faire confiance, il faut que je m’y tienne. Je me connais trop bien : un seul pied dans l’engrenage et je me retrouverai à me protéger coûte que coûte dans des mensonges délétères et létaux. Comme moi. - Cauchemar, insomnie. Ce ne sont que des mots, mais ils portent en eux ce malaise et ce mal-être qui me pèsent et m’empêchent de me concentrer sur quoique ce soit. Je me perds un peu plus dans ce qui n’est finalement qu’un aveu de mon impuissance à aller de l’avant, comme la dernière fois que j’ai perdu Azzura. Cette fois là, en Italie, j’avais décidé d’être lâche et de me supprimer pour tenter de la rejoindre. Maintenant, c’est elle que je veux définitivement supprimer de ma mémoire, dans une lâcheté encore plus grande. Je me pensais courageux, j’estimais l’être, tout comme je voulais m’affubler des sobriquets d’intègre et d’honorable, mais il faut croire que ce n’est plus vraiment d’actualité. Un soupir, mes mots s’effacent et je décide de changer de sujet le temps de reprendre contenance. Comme à chaque fois. Comment allez vous ? Ma réponse, toujours franche. Puis une explication. Et je lui retourne la question. Un même schéma, inconscient, que je répète et auquel je me rattache. Que je change un peu à chaque fois aussi, m’intéressant de plus en plus à elle, parlant au final de plus en plus de moi. Un soupir, timide, hésitant, le tutoiement me vient tout seul tandis qu’elle s’obstine dans un vouvoiement qui me flatte et me convient. Un flottement minime se pose entre nous deux, le temps qu’un sourire se dessine sur ses lèvres étonnées. Le mien lui répond, gagnant en assurance, se laissant porter par ce port altier, guindé dirait mon frère, qui m’est naturel et qui reflète si justement mon aristocratie innée.
-Je vais bien. C'est … hum … j'essaye seulement de faire un peu le point sur ma vie, en ce moment. Concernant ces cauchemars et ces insomnies … Pouvez-vous … développer ? Me les raconter. Que s'y passe-t-il? Mes yeux se ferment un instant. Lui répondre ? Et en quoi ça la regarde, hein ? Qu’elle se mêle de t’hypnotiser et on n’en parlera plus. Le loup se montre agressif, me poussant à rétorquer, acerbe, qu’elle n’a pas à savoir ce qui relève de ma vie privée. Qu’elle n’a qu’à faire ses tours de passe passe, qu’elle n’a qu’à se concentrer sur son travail puisque je la paye pour un soin que nous repoussons depuis bien trop d’heures maintenant. Le loup montre les crocs, mes doigts cessent leur pianotage régulier, hésitent, en suspens, avant de reprendre leur course. Le loup n’a pas son mot à dire, pour le moment. Je suis un homme : je me concentre sur cette idée. Et j’ai choisi de faire confiance à Violet tout comme j’ai un jour choisi de livrer mon frère aux flammes. A présent, il convient d’assumer ce choix. J’inspire, lentement. « Faire le point sur ta vie ? » En bon politicien, je retarde ses questions pour relever ses quelques mots concédés. Une pointe d’inquiétude me surprend et je la laisse filer sous le coup de la surprise. « J’espère qu’il n’y a rien de grave. Même si je n’ai pas encore vu tes talents à… l’œuvre, je suis sûr que tu es une hypnothérapeute compétente, sans quoi je ne serais pas venu… » Je m’interromps, prenant le temps de considérer mes mots. De les peser. De faire le point, justement, sur ce que je viens de dire, de penser, sur ce décalage entre ce que mon impulsivité m’a fait prononcé et ce que les mots que j’aurai tu en temps normal. De l’introspection poussée ? Non, juste superficielle. Je m’attache à effleurer mes remords et regrets sans m’y attarder pour apaiser ma moralité.

Une fraction de minute, je reste encore silencieux, me contentant de la regarder, à la recherche de je ne sais quoi. D’une excuse, d’une raison, du point d’origine de ce trouble qui met Azzura en second plan, qui me laisse un peu réfléchir. Puis ma main glisse sur mon visage, se perd dans mes cheveux qu’elle décoiffe et recoiffe dans un même mouvement. « Je ne sais pas comment développer. Disons que… j’aimerai juste qu’Azzura passe en… second plan. Elles et Zaïra nuisent à mon travail et à ma concentration, il faut les supprimer pour que je sois pleinement efficace. » Ces mots me font mal par leur détachement. Le loup est en tout point d’accord, même si comme moi il souffre de cette décision désespérée que je renouvelle à chaque venue. Les supprimer, les faire disparaître définitivement lorsque le peu qu’il reste d’elles ne sont que des esquisses froissées et une vidéo écœurante qui m’offre le visage bien vivant de mon italienne me trainant dans la boue avec un vieil, très vieil, ami. Piètre constat, triste, même. Mais c’est la première fois que je suis aussi glacial et impassible devant Violet. J’hausse les épaules, et cette fracture même du protocole et du savoir-vivre appris dès mon plus jeune âge est un marqueur certain que je ne pense qu’à moitié ce que je dis. « Il n’y a pas d’autre solution donc… n’as-tu jamais eu l’impression que face à deux choix, aucun des deux n’était le bon ? » Je secoue la tête, légèrement. « Il n’y a rien de bon, de toute manière. Que la mort, la trahison, le dégoût et cette pourriture qui nous ronge tous et souille le peu d’innocence d’une crasse dense et ineffaçable. » Je suis amer, et cette amertume crachée sans y penser est destinée à l’ensemble des êtres que je peux côtoyer et que je méprise autant que moi-même.

   
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