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 On fait ce qu'on peut avec ce qu'on a (Chayton)

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MessageSujet: On fait ce qu'on peut avec ce qu'on a (Chayton)   Sam 29 Nov - 23:01

Il avait posté la lettre discrètement, sans donner d'expéditeur, et de préférence en se rendant dans une poste dont le quartier de base n'entretenait strictement aucun rapport avec sa planque actuelle. Toujours rester discret. Cela signifiait pas de téléphone et encore moins de mails. Désormais, on vous traçait à partir d'un morceau d'adresse IP ou d'un fragment de numéro de ligne. Les murs n'avaient jamais eu d'oreilles si perçantes que depuis ces dix dernières années. Bien entendu le recommandé s'excluait ; Niko se rendait donc au lieu de rendez-vous proposé avec l'espoir que la lettre avait bien atteint sa destination, avait été lue et surtout avait été détruite. Par sécurité, Nikolaas modifiait son écriture et son papier à chaque nouveau message mais la prudence ne possédait pas de limites dans ce métier.
Si tant est qu'on pouvait appeler cela un métier.

Malgré tout, Niko avait confiance. Il travaillait avec son partenaire depuis désormais un an. Il lui permettait un appui, comblait son absence de repères et surtout, inspirait considérablement son âme d'artiste. Les affaires décollaient depuis leur partenariat, ce qui permettait en tout cas à Nikolaas de subvenir à ses besoins modestes. Pas d'amis, pas de famille, pas d'attache, une vie en solitaire, des vêtements glânés ci et là...Ce qui coûtait le plus cher restait peut-être le maquillage et la nourriture.
Cependant des failles demeurait dans ce business qui semblait rouler net. Si Chayton avait appris avec une rapidité et une efficacité redoutable – la nécessité de se remplir l'estomac, sans doute…- il demeurait encore plutôt timide et manquait d'adresse dans certaines manipulations. Quelques clés supplémentaires s'imposaient.

Le quartier Français de Eastern N. O. constituait la cible parfaite pour les prochains exercices. Peuplés d'une race aux poches tentantes, et méfiantes de la moindre ombre comme de la peste, elle demeurait un lieu de jeu très intéressant et surtout décisif : si on réussissait, on pouvait empocher un pactole considérable. Si on se ratait...eh bien il fallait courir très vite.
Nikolaas ne doutait pas de son habitude à courir – ç'aurait été mal le connaître – mais la discrétion ne signifiait pas la fuite perpétuelle. Imiter et voler était un Art qui se pratiquait soigneusement et où la moindre bavure pouvait être fatale ; il fallait respecter le client dont on faisait les poches.

Nikolaas fumait toujours, quelque soit son déguisement. Mais il ne fumait jamais la même chose. Déguisé en banquier ce jour là, il arborait une tenue propre et voyante et une fine moustache qui le faisait croire soigneusement rasé. Ses cheveux avaient été plaqués en arrière et il tenait entre ses doigts un cigare sur lequel il tirait méticuleusement pour en extraire la saveur du tabac salvateur. Bien entendu il adoptait une position guindée et respectueuse du statut de ce jour ; lorsque l'heure du rendez-vous approcha cependant, il se glissa dans l'ombre d'un cul de sac pour attendre son partenaire et s'appuya nonchalamment contre la pierre foide.

Tout d'un coup, il se retourna, le sourire aux lèvres.

« Tu as failli m'avoir ! »


Dernière édition par Nikolaas A. Lodewijck le Dim 30 Nov - 18:44, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: On fait ce qu'on peut avec ce qu'on a (Chayton)   Dim 30 Nov - 12:37

Le léopard marchait avec élégance dans la forêt de la Nouvelle-Orléans. La chaleur collait à son pelage tacheté, mais il adorait cela. Chayton n'avait pas vraiment de demeure, il traînait dans le sud de la Nouvelle-Orléans, et allait chercher son courrier dans une poste postale de la ville. Il n'avait pas de logement, l'idée le dérangeait et tout de manière, il n'avait pas d'argent. Le skinchanger se figea soudainement et sans prévenir, bondit sur un arbre, plantant ses griffes dans l'écorce. Il grimpa avec agilité avant de se percher sur une branche et de se coucher dessus, observant le contre-bas. Il avait eu raison de se planquer car il avait entendu du bruit. Deux jeunes qui parlaient bruyamment, un homme et une femme qui déambulaient en se souriant. Ah l'amour... Il repensa à sa Maria, il savait au fond de lui qu'elle était morte et qu'elle ne reviendrait jamais. Une fois les deux personnes disparues, le léopard bondit en bas de sa branche et s'éloigna encore quelques kilomètres.

Ce genre de bête devait marcher des kilomètres et avait une grande zone de territoire, c'était autrefois ce que disaient les livres animaliers. Aujourd'hui, on ne se préoccupait plus de ce genre de choses car le monde était brisé. Le bruit d'une biche le fit s'arrêter et il s'accroupit, rampant au sol, bien décidé à se nourrir. Plus bête qu'humain, le skinchanger de dix ans était brisé, mais dans ce genre de moment, il se sentait terriblement vivant. Il bondit à vive allure et la biche n'eut pas le temps de protester que le félin la prit à la gorge et l'étouffa sans sommation. Il commença à dévorer sa carcasse avant d'emporter le reste dans un gros arbre bien touffu qui cacherait la viande. Il était bien repu, mais il se souvenait qu'il avait un rendez-vous. Le félin sauta au sol et reprit forme humaine, il tituba, le ventre bien rond et alla jusqu'à un vieux tronc d'arbre où se trouvait ses habits. Il les enfila, les épousseta du plat de la main et commença à marcher en direction de l'est de la ville et plus précisément en direction du quartier français. Il passa une main dans ses cheveux mi-longs. Il était habillé simplement pour la saison, mais cela lui convenait parfaitement. Des tatouages décoraient ses bras, faits lorsqu'il était humain.

Ce temps semblait tellement lointain, des vagues souvenirs dans sa tête, une autre vie qui ne reviendrait jamais. Chayton était convaincu que dans la région il pourrait trouver un éleveur de chevaux, mais la vérité était qu'il ne voulait plus monter à cheval, il avait peur. Peur de ce que la bête pourrait sentir, son odeur de fauve. Chayton avait l'air d'un artiste avec ces bracelets en cuir, sa chemise bleu clair aux manches courtes et son jeans un peu large qui rappelait le look d'un rancher ainsi que ses bottes. Les gens du quartier riche le regardaient étrangement, mais il s'en fichait. Il avait longtemps passé outre le regard des citoyens des différentes villes qu'il avait habité. Calmement, il se glissa dans une ruelle sombre avant d'entrevoir Nikoolas. Il ignorait beaucoup de choses sur lui, mais c'était son mentor.

« Ah bon ? »

Même pas un salut, ils étaient des rustres. L'étonnement se lisait dans son regard. Chayton était naïf sur le monde qui l'entourait, complètement en dehors de la réalité. Il était bien différent de l'homme qu'il avait été autrefois. Mais son ancienne personnalité était là, tapi dans son être. Quand l'autre voleur l'avait repéré, le skinchanger avait eu peur avant que l'homme ne le prenne sous son aile. Jamais l'amérindien n'avait avoué sa véritable nature. Même s'il était évident qu'il n'agissait pas comme un humain. Il détailla les gens autour d'eux puis la tenue de Nikoolas.

« Pourquoi es-tu habillé ainsi ? »

Sa voix était grave, basse. La voix d'un homme mûr qui avait été longtemps esclave. Cela lui faisait souvent drôle d'être libre, de déambuler comme il l'entendait. Cela faisait un an qu'il était libre, mais il ne s'y faisait pas encore. Alors en plus, voler et avoir un mentor qui lui enseignait cela, c'était encore plus le pompon !
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MessageSujet: Re: On fait ce qu'on peut avec ce qu'on a (Chayton)   Dim 30 Nov - 18:43

La démarche souple et agile, presque animale, avait toujours fasciné Nikolaas. Ils ne se saluaient pas, comme s'ils ne se quittaient jamais. Comme s'ils avaient simplement détourné le regard l'un de l'autre pour plonger dans leurs pensées respectives avant de se retourner de nouveau. Nikolaas regarda l'homme se rapprocher de lui, s'étonner d'une naïveté toujours aussi touchante de ses capacités, avant de lui demander la raison de son déguisement. Pour toute réponse, le charlatan professionnel détacha son dos du mur qui parut tout d'un coup crasseux à côté de la blancheur éclatante de son costume. Il bomba le torse, monta les épaules et serra les fesses, avant de jeter un regard suffisant à son partenaire, son cigare entre deux doigts, l'annulaire en l'air.

« Nous sommes dans le quartier Français, mon cher, déclara-t-il d'une voix de fausset en instant particulièrement sur la dénomination du lieu. Les habitants ici vivent dans le luxe et les bonnes manières. Un luxe que je n'ai personnellement jamais connu et que je ne peux qu'imiter pour me fondre dans la masse ennuyante de ces bourgeois paranoïaques. »

Se détendant, il reprit sa voix bourrue et son visage s'assombrit, de sorte qu'il parut tout d'un coup presque aussi âgé que son vis à vis.

« Les gens d'ici suent le fric par tous les pores et sont donc extrêmement méfiants. Chaparder dans ce coin est un exercice extrêmement difficile qui, s'il est concluant, te donne l'impression l'espace d'un instant d'être le Roi du Monde. Plus les gens se méfient, plus ils deviennent paradoxalement difficile à berner. On ne peut pas être au four et au moulin, après tout. »

Il adressa un clin d’œil à Chayton avant de tirer une bouffée de son cigare et de regarder les gens passer dans la rue par le cadre serré de la rue étroite dans laquelle ils se trouvaient. Même un an après, Nikolaas éprouvait quelques difficultés à donner des conseils à son partenaire à cause de leur différence d'âge. Si celle-ci ne s'étalait pas suffisamment pour que Chayton ai pu être son père, elle était tout de même grande et les expériences vécues par l'ancien esclave ne faisaient que creuser davantage les traits de son visage déjà taillés par le temps. Ainsi, Nikolaas conservait toujours le ton le plus respectueux possible envers son confrère.

« Si tu l'acceptes nous allons saisir cette opportunité pour nous exercer ensemble. Je n'ai jamais chapardé dans cet endroit, pour te dire la vérité. Tu as acquis au fil des mois une discrétion sans égale, quasi inhumaine, que je t'envie. Mais il te manque encore quelque chose : l'aplomb. Le culot. Une fois que tu sauras t'en servir, eh bien...Il ne me restera plus grand-chose à t'apprendre. »

Cet homme qui semblait pourtant dur et ferme conservait une sorte de timidité qui s'alliait avec sa discrétion exemplaire mais qui le bridait dans les mouvements les plus compliqués. Il n'allait évidemment pas lui demander de faire la même chose que lui ; chacun avait son propre style. Construire le sien permettait d'être quasi insaisissable.

« Je ne vais pas te demander de te déguiser comme moi. C'est mon truc. Mais nous pourrions profiter d'être ensemble pour nous attaquer à un gros morceau ; moi jouer de mes talents d'imitation, toi jouer de ta discrétion en prenant le risque de t'attaquer à quelqu'un d'horriblement méfiant aux poches terriblement remplies. D'après toi, comment devrions-nous procéder ? »
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MessageSujet: Re: On fait ce qu'on peut avec ce qu'on a (Chayton)   Ven 5 Déc - 23:20

Chayton l'étudia discrètement du regard comme il avait appris à le faire avec le temps. Un art qu'il avait appris aux côtés de sa maîtresse. Observer sans trop en montrer. Ce n'était pas toujours facile, voire souvent périlleux. Combien de fois s'était-il fait battre les premières années d'esclavage quand sa maîtresse le voyait la détailler ? De nombreuses fois. Il avait alors appris de ses erreurs. Il était devenu un léopard discret qui voulait s'en sortir par tous les moyens. Nikolaas était nettement plus jeune que lui, mais cela ne gênait pas l'ancien esclave qui passait au-dessus des âges. Il avait appris en dix ans que l'âge ne signifiait rien, seul comptait le statut. Bien entendu, Nikolaas n'était pas si différent de lui, au contraire, ils étaient à peu près de la même classe sociale. Chayton lui enviait par certains côtés sa manière de vivre si désinvolte. Il aurait voulu avoir autant de culot dans la vie, mais il ne pouvait pas en avoir autant. Pas du tout. C'était un prédateur discret, pas un opportuniste. L'humain l'était-il ? A ses yeux, assurément. Il le regarda s'écarter du mur et écouta ses explications.

La richesse il connaissait lui aussi, mais de loin. Certains de ces personnages avaient été des gens important dans l'ancienne capitale New-yorkaise avec les districts qui avaient brisé la population. La population n'était pas mieux aujourd'hui, la rage grondait en silence. Il observa l'homme jouer avec sa voix et les traits de son visage. Il était un félin et avait des excellents yeux pour voir la vérité, mais un humain s'y laisserait facilement prendre. Chayton savait bien que dans ce quartier, rien n'était facile. Mais les gens ici l'ignoraient. Il ne bougeait pas, n'occupait pas de place, il était tout simplement invisible. Il regarda autour de lui avant de reposer son regard sur Nikolaas qui venait de lui faire un clin d’œil, mais il ne sourit pas. Chayton était un homme rustre et ambivalent. Les terres d'Arizona l'avaient formaté et ce n'était pas dix ans de brisure qui changerait cela.

« Je vois. Ils sont différents des autres. Je connais ces gens. »

Il les connaissait que trop bien. Les fêtes mondaines, l'alcool, faire l'esclave tandis qu'on caressait son magnifique pelage de léopard. Dieu ce que sa maîtresse avait été cruelle, il chassa rapidement ces sombres souvenirs pour se concentrer sur Nikolaas qui parlait de parfaire son art de voler en rajoutant du culot et de l'aplomb. Rien que d'y penser, Chayton eut une sueur froide. Non, non.

« Tu ne te rends pas compte. S'ils nous voient, ils ne vont pas seulement nous dénoncer, ils vont tout simplement nous battre ! »

Bon peut-être pas battre, mais l'esclave avait été tellement frappé qu'il faisait rapidement l'amalgame. Il ne voulait plus recevoir un seul coup. Un an sans coup. Il se prenait un peu pour un alcoolique anonyme. Sauf que là c'était différent, il fuyait les coups, il les craignait tellement que la police peinait à l'attraper. De toute manière, il ne comprenait plus rien aux règles de ce monde, il était tout simplement perdu et ce n'était rien de le dire. Chayton secouait encore la tête alors que son mentor exposait son plan. Un plan à deux pour entuber un riche. Le léopard se reprit rapidement, un peu curieux de voir s'il y arriverait. Il pencha la tête de côté de manière très féline et laissa son regard se fixer sur un point invisible. Il changeait bien trop vite d'émotion, il sautait dangereusement de l'une à l'autre.

« Nous devrions endormir sa vigilance. Lui faire croire qu'il est en sécurité avec toi, tu es un homme comme lui, il ne craint rien. Il entrera dans la tanière du loup sans même s'en rendre compte que tu le croqueras. »

Son idée lui plaisait, même s'il se demandait bien ce que cela allait donner de manière concrète. Chayton se balança sur ses talons, les mains dans les poches, baissant légèrement l'échine comme s'il avait un chapeau sur la tête. Il avait souvent des vieux tics comme quand il était rancher. Au moins, le soleil tapait ici comme autrefois et lui rappelait un peu son Arizona et son ranch.

« Quand il se sentira en sécurité avec toi, tu devras le prendre au piège. Je serai le rabatteur. Celui qui va le pousser vers toi et lui faire peur. Tu seras son sauveur. »

L'idée lui plaisait de plus en plus, oh oui. Mais il manquait quelque chose à Chayton, il lui manquait la capacité de rendre réelles ses idées. Il comptait en secret sur Nikolaas pour rendre tout cela tangible.
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MessageSujet: Re: On fait ce qu'on peut avec ce qu'on a (Chayton)   Lun 8 Déc - 12:39

Son partenaire assimila parfaitement ses paroles comme s'il prenait des notes précises avec son esprit. Comme d'habitude, Nikolaas appréciait l'écoute de Chayton et ce respect mutuel qu'ils nourrissaient l'un pour l'autre. Chayton commenta finalement sa présentation du territoire par un ton et une lueur dans les yeux qui laissaient pleinement penser que « Ces gens » ne se rapportaient pas à des souvenirs très joyeux pour l'homme. Nikolaas acquiesça d'un signe de tête, tirant une nouvelle bouffée sur son cigare, avant de reporter son attention sur la rue bondée, inondée de la chaleur éternelle. Il fronça les sourcils lorsque Chayton assura qu'ils se feraient battre si jamais ils se faisaient prendre ; était-ce une plaisanterie ? Un abus de langage volontaire ? Il tourna la tête avec un sourire.

« Pas si nous savons courir. »

Il n'était pas interdit de voler ; il était interdit de se faire prendre. Chacun savait que l'autre savait parfaitement utiliser ses jambes pour s'enfuir. Ce genre d'art requérait de la force dans les jambes. Mais si l'on savait bien utiliser ses talents et ne pas s'attaquer à de gros morceaux trop tôt, on utilisait pas ses jambes aussi souvent que cela. Pas pour courir en tout cas.
Depuis le décès de sa jumelle, sa seconde moitié d'âme, il détestait fuir.

Nikolaas s'arracha de ses pensées pour écouter la proposition de son acolyte qui ne tarda pas à venir. Au fur et à mesure que les phrases se déroulaient à ses oreilles, son sourire s'élargissait. Lorsqu'il eu terminé, Nikolass frappa dans ses mains en signe de satisfaction, son cigare entre les dents.

« A chaque fois, je suis à la fois surpris et satisfait que nous soyons sur la même longueur d'ondes. Je suis d'accord avec toi. Nous allons devoir procéder à deux et jouer chacun de nos talents respectifs, comme tu le suggères. »

Se tournant de nouveau vers la rue, il observa cette dernière et l'explora de long en large jusqu'à ce que ses yeux se posent sur la terrasse d'un petit café où les bourgeois prenaient du bon temps. Certains fumaient tranquillement leur cigarette, les yeux perdus dans le vague, d'autre avaient disparu derrière leur journal, d'autres encore pianotaient sur leur portable, et certains étaient en grande discussion en prenant le café. Nikolaas écrasa son cigare avant de se rapprocher de Chatyon dans la position de la confidence.

« Regarde le petit café, là bas. Je pourrais m'installer avec l'un des clients prétextant vouloir du feu ou occuper une place alors que toutes les tables sont prises. Pendant ce temps tu pourrais te rapprocher discrètement, l'étudier et le surprendre. Il se rapprocherait de moi et je pourrai lui soutirer ce qui se trouve devant tandis que tu t'occuperais du sac ou des poches arrière...Ces gens là ont tendance à séparer leur fortune dans plusieurs endroits, pour ne pas tout se faire chaparder d'un coup. »

Il se redressa, toujours en train de réfléchir.

« Est-ce que ça te convient ? Ou peut-être souhaiterais-tu y aller en premier et l'occuper pendant que je lui subtilise ses atous ? »
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MessageSujet: Re: On fait ce qu'on peut avec ce qu'on a (Chayton)   Dim 14 Déc - 17:07

Courir, oh oui, cela il savait bien le faire. Chayton hocha donc la tête, son ami avait raison. Il écouta la suite et il fut heureux d'apprendre qu'il avait trouvé une excellente idée. Il réfléchissait comme un prédateur et même si les léopards ne chassaient pas en meute, lui tentait de le faire avec Nikolaas. Ils ne chassaient pas à proprement parlé, mais c'était de la chasse humaine. L'humain était un animal particulier, c'était un fait. Chayton avait oublié ce que cela faisait d'être humain. Il n'avait plus qu'un vague souvenir de la chose. Il pencha la tête de côté de manière très satisfait, comme un chat qui aurait réussi à avoir une bonne caresse après avoir ramené une souris.

« Je suis heureux que tu apprécies mon idée. »

Et il ne mentait pas en parlant, au contraire. Un petit sourire arrogant sur la pointe des lèvres et il se rapprocha de l'autre homme. L'amérindien avait été si longtemps écrasé qu'il avait oublié ce qu'était l'arrogance. Les rares fois où il avait souri ainsi, sa maîtresse avait vite fait de le battre en le sermonnant. Mais aujourd'hui, plus personne n'irait le battre, au contraire. On serait là pour l'encourager dans ses bêtises, ce n'était probablement pas une bonne chose. Mais Chayton vivait à présent dans une ville où on n'avait pas besoin de rancher et encore moins des chevaux. Son unique talent ne pouvait pas exister ici. Il ne pouvait donc que voler les riches qui avaient les poches trop pleines. Après tout, remarqueraient-ils vraiment qu'elles étaient vides ? Peut-être pas, ils avaient trop d'argent, tout simplement. Alors, ils les délestaient de ces monnaies en trop, on devrait les remercier pour un tel acte ! Mais qui irait les remercier, hein ? Personne sincèrement. Les gens étaient des véritables ingrats quand ils s'y mettaient. Il suivit le regard de Niko et regarda les gens à un café.

Ils étaient dans une aisance telle que cela donnait envie de vomir. N'avaient-ils donc pas de conscience qui leur murmurait que tôt ou tard tout cet argent leur serait pris et qu'on leur ferait payer ? Visiblement pas du tout. Chayton plissa les yeux tandis qu'il observa ce beau monde. Il fallait faire peur à la proie, la convaincre de se rapprocher d'un prédateur caché. Il hocha la tête quand Nikolaas lui demanda si cela lui convenait. Une pointe d'excitation venait de percer son bas ventre à l'idée d'acculer quelqu'un. On lui avait fait tellement de mal qu'à présent, en faire le rendait étrangement heureux. C'était cruel, mais c'était ce qu'il était devenu au fond de lui.

« Vas-y en premier, je serai là. »

Une promesse tandis qu'il attendit quelques secondes avant de suivre son ami. Il se glissait comme une ombre entre les gens tandis qu'il suivit la trace de Nikolaas qui avait pisté leur proie. Il était vrai que les lieux étaient bondés et quiconque voulait s'asseoir devrait un peu accaparer une personne. Chayton se dirigea vers leur cible, en premier lieu, il laissa l'autre homme le voir et s'agiter. Il ne fit même attention à ce qu'il pouvait dire, il convoitait simplement ses poches. C'était comme acculer un troupeau vers une autre lionne, c'était excitant. Chayton marchait volontairement lentement pour laisser transpercer toute sa grâce féline qui pouvait se cacher sous sa peau. Son léopard était là, tapi au fond de lui et attendant son heure tandis que l'homme marchait comme si tout allait bien. Mais il pouvait voir la panique dans leur victime. Et soudainement, il disparut, reculant et se faisant avaler par la foule. Pour la victime, ce serait sûrement le rêve, bien loin de se douter que le prédateur venait par derrière. La créature avait contourné le petit café pour passer par derrière. Il arriva derrière le bourgeois, passa rapidement entre les tables comme un serveur. On le hâla et gentiment, il prit des commandes l'air de rien.

Bande d'idiots, ils ne savaient même pas reconnaître un serveur d'une personne qui ne savait pas réellement s'y prendre. Ils étaient si hautains qu'ils ne voyaient pas la réalité devant eux, mais qu'importe. Chayton arriva à la hauteur des poches arrières et avec calme, les vida lentement. Il entendait vaguement la voix de Nikolaas, mais ne se concentrait pas dessus. Il se concentrait sur son butin. Vite, encore, encore. Après les poches, il vit le sac et les mains agiles, il tira la fermeture-éclair dans un silence de mort avant de regarder dedans. Ses mains s'arrêtèrent sur un petit boîtier qui devait comporter une bague, il regarderait après. Sans réfléchir, il mit le boîtier dans sa poche, prit des billets et recula aussi lentement qu'il était venu. Il se redressa enfin et quand un client le vit, il l'attrapa pour lui dire qu'il l'attendait depuis des longues minutes pour sa commande. Chayton s'excusa, prit commande sans plus attendre. Il jeta un regard discret par-dessus son épaule à Nikolaas, un signal.

Il fut bientôt en dehors du périmètre du café, tourna à l'angle d'une ruelle sombre et attendit son ami. Il ne sortit pas le butin de ses poches, bien trop prudent pour commettre ce genre de connerie. Ce serait le meilleur moyen de se faire coincer par un peacekeeper. Mais que faisait l'autre homme pour mettre autant de temps à se ramener bon sang ?
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MessageSujet: Re: On fait ce qu'on peut avec ce qu'on a (Chayton)   Ven 2 Jan - 22:43

Lorsque Chayton lui assura qu'il serait là, Nick lui adressa un signe de tête accompagné d'un regard éloquent. Ils n'avaient rien à se dire, rien à s'expliquer, juste à se regarder, car d'une simple étincelle dans les yeux ils se comprenaient. Malgré la nature de leur travail, Nick trouvait cette collaboration très agréable. Ce fut donc d'un pas léger qu'il sorti de l'ombre et se plaça directement dans son personnage lorsqu'il pénétra dans la rue inondée de soleil, comme si ce dernier l'avait frappé du maléfice de la transformation.

Il écrasa son cigare avant de pénétrer sur la terrasse du café, préférant ne pas s'attirer les foudres de sa cible potentielle si cette dernière ne fumait pas. Nick leva une dernière fois le regard afin de chercher Chayton, mais il se rendit à l'évidence selon laquelle son comparse s'était fondu dans la foule depuis longtemps, comme il savait si bien le faire. Se glissant entre les tables, il béni une force aléatoire d'avoir rendu ces dernières bondées de sorte qu'il soit obligé de se joindre à sa cible.

« Permettez madame puis-je me joindre à votre agréable compagnie ? Je crains que toutes les tables soient prises ? »

La dame en question, une bourgeoise qui devait crouler sous le poids des bijoux qu'elle portait, sembla s'arracha brutalement de sa rêverie dans laquelle la chaleur l'avait plongée et agita son éventail devant son visage comme une autorisation que Nikolaas saisit au vol. Tirant la chaise libre, il s'installa en face de la dame et entreprit de lui faire la conversation d'une voix de fausset en se complaisant dans ce nouveau rôle. Le tissu de sa chemise lui collait au dos et la soif lui faisait ressentir plus que jamais l'arrière goût âcre de son cigare à peine écrasé ; malgré tout il conservait son sourire aussi ravageur qu'il était forcé et évoqua le climat, la mode, les potins...tout ce qu'il était susceptible d'évoquer avec une femme aussi horriblement cliché que celle qui se trouvait devant lui.

Au détour de la conversation, il observa une silhouette se glisser entre les tables et posa brièvement ses yeux dessus par pur automatisme. Son regard aiguisé ne manqua pas de remettre dans son esprit la démarche ondulée de Chayton, presque féline, avec laquelle son comparse se mouvait agréablement entre les tables. Afin de ne pas corrompre la couverture de son collègue, Nikolaas alpagua la jeune femme sur le couturier probablement illustre au nom à coucher dehors qui avait coupé ses magnifiques vêtements. Lorsque Chayton se pencha derrière la dame, il la complimenta tout en ayant à l'esprit la pensée âpre selon laquelle une manche de ce magnifique tailleur le nourrirait certainement pendant plusieurs semaines.

Tout d'un coup, Chayton se redressa, lui lançant un regard sans équivoque. Il s'agissait du signal. Nikolaas éprouva toutes les peines du monde à ne pas soupirer de soulagement et se jeter hors de la terrasse. Il fit durer la conversation quelques minutes de plus avant de feindre de se rappeler d'un rendez-vous très important et de prendre la fuite avec courtoisie.
Lorsqu'il gagna enfin l'ombre sacrée d'une ruelle, il tira sur le col de sa chemise avec soulagement, ce qui fit sauter l'un des boutons qui s'écrasa sur le sol. Contournant le café, il rejoignit bientôt son comparse qu'il fit mine de bousculer.

« Désolé, elle ne me lâchait pas. On se retrouve à la planque ? »
murmura-t-il avant de disparaître au coin de la rue.

Il était particulièrement risqué qu'ils se retrouvent dans une ruelle sombre, soudainement, pour partager le butin. C'était le meilleur moyen de se faire prendre. D'autant plus que la victime, désormais seule, n'allait pas tarder à se rendre compte de la disparition de ses effets personnels. Mieux valait pour eux de quitter le périmètre. Séparément.
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MessageSujet: Re: On fait ce qu'on peut avec ce qu'on a (Chayton)   Lun 19 Jan - 10:25

Si Chayton ne connaissait pas Nikolaas, il se serait fait prendre au piège de son jeu. Car l'humain passait parfaitement pour un bourgeois et cela pouvait soulever le cœur en voyant son jeu d'acteur. Cette femme avait tellement d'affaire que cela ne la dérangerait probablement pas d'avoir moins d'argent, n'est-ce pas ? Une fois son méfait commis, il partit sans demander son reste. C'était le signal après tout. Le skinchanger attendait l'autre homme dans l'ombre, soudainement inquiet de ne pas le voir arriver aussi vite que d'habitude. Quand il le vit surgir, une vague de soulagement le traversa. Il laissa Nikolaas le bousculer et il hocha vivement la tête quand il lui dit qu'ils se retrouvaient à la planque. Le léopard s'éloigna à son tour. La planque se situait dans le nord de la ville, le coin le plus malfamé en ce moment. Là-bas il y avait de tout et les peacekeepers ne faisaient pas leur travail. Il y avait des choses plus importantes dirons-nous, ou plutôt des gens plus riches à aider. Chayton se dépêcha de quitter le quartier aisé pour s'enfoncer dans les bas fonds de la Nouvelle-Orléans. Sa tenue collait encore bien avec le paysage et il n'attirait pas tant que cela le regard. Malgré tout, certains SDF commencèrent à l'alpaguer, l'attraper par le bout de son pantalon.

Le léopard les évita vivement, sautillant comme un félin et grimpa par une échelle de secours sur le toit d'un vieil immeuble. La planque n'était pas si loin. Les deux voleurs s'étaient arrangés pour trouver une planque sombre dans un quartier qu'on ne fouillait pas. Mais même en trouvant une planque dans ce quartier, Chayton trouvait qu'il y avait trop de monde. Son contact avec les êtres humains remontait à si longtemps qu'il éprouvait des bouffées d'agoraphobie. Il se secoua, il devait faire vite sinon Nikolaas allait se poser des questions. Quelques ruelles plus tard, il descendit d'un autre toi et se glissa dans un immeuble qui semblait tomber en ruine, mais où des gens logeaient. Ici, on n'était pas regardant ici sur la condition humaine. Tant qu'on avait un toit et une pièce chauffée, les gens étaient heureux. Chayton lui pas, c'était pour cette raison qu'il préférait se planquer dans le sud de la ville, l'endroit le plus envahi par la végétation et qui apaisait sa bête. L'homme sortit une petite clef de sa poche qui lui permit de déverrouiller la porte d'entrée de l'appartement qui servait de planque.

Le lieu n'était pas du tout meublé comme un lieu de logement. Il y avait tout de même un canapé, des chaises plus ou moins confortables ainsi qu'une salle de bain et une cuisine. Ils avaient dû louer ce lieu pour l'utiliser comme planque. On n'était pas dans un film et laisser une planque dans les rues sauvages, c'était courir le risque qu'une bande de jeunes la découvre et la vide. Chayton grimpa sur le canapé et se mit en tailleur, pensif tandis qu'il vida ses poches calmement. Le loyer de « l'appartement » n'était guère élevé et permettait aux deux hommes de conserver leur salaire sans aucun problème. Le léopard était entrain de trier le butin quand il entendit la porte d'entrée s'ouvrir. Il ne réagit pas, reconnaissant les pas de Nikolaas. Il posa son regard clair sur l'acteur et un sourire amusé traversa son visage.

« Tu l'as vraiment bien dupé, hein. Elle a couru. Même si on a été probablement signalé. »

Dit-il avec une moue contrariée. Il n'appréciait vraiment pas les peacekeepers qu'il voyait comme des empêcheurs de tourner en rond. Même si on avait beau lui expliquer qu'ils étaient là pour faire régner la loi, il n'y comprenait rien du tout. Parfois il se demandait franchement si ces policiers croyaient eux-mêmes à toutes ces conneries ou si c'étaient des mensonges qu'ils se répétaient tous les jours.

« Bon de toute manière, ils ne nous trouveront jamais. La nana ne serait même pas capable de te décrire. »

Parfois, il y avait des mots sauvages, des mots vulgaires et populaires qui sortaient de la bouche de Chayton. Il avait beau avoir l'air tout propre sur lui, ce n'était qu'une image qu'il se donnait. En réalité, il avait toujours eu ce langage brut de décoffrage qu'on avait pris soin de lui retirer pour ne pas offusquer sa pauvre maîtresse. Lui le rancher du sud avait été complètement brisé. Mais de temps en temps, un sursaut de son ancienne personnalité refaisait surface.

« Bon, commençons à trier, tiens. »

Il lui tendit une grosse poignée d'objets. Il avait tout pris de ce qu'il avait vu dans ce sac offert et les poches. Il était normal qu'ils divisent le butin, après tout, Nikolaas avait fait sa part. On disait souvent de Chayton dans le milieu qu'il était bien trop gentil. C'était peut-être bien le cas.
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MessageSujet: Re: On fait ce qu'on peut avec ce qu'on a (Chayton)   Lun 16 Fév - 21:19

Il ne fallut pas plus d'une demi-seconde pour que Chayton perçoive le signal et disparaisse de son champ de vision. Nick était toujours surpris de voir à quel point il percutait rapidement ; l'esprit vif de cet homme lui plaisait et le rassurait car il trouvait dans chaque regard une preuve qu'il pouvait compter sur lui dans les pires situations envisageables. Une clameur s'éleva de la grand place qu'il venait de quitter. Il ne sut s'il devait espérer ou non en être la cause. Malgré son amour des prises de risques, il percevait, comme tout le monde, l'aura effrayante des peacekeepers qui le faisait toujours douter du chemin de vie qu'il avait choisi, plus de vingt ans auparavant. Son caractère provocateur ravalait vite fait bien fait ce petit pincement aux entrailles qu'on appelait la raison.

Bien évidemment, Nikolaas ne prit pas le même chemin que son comparse. Il de dépêcha cependant de s'éloigner du lieu de leur méfait d'une marche rapide, semant ça et là des accessoires de son costume. Au fur et à mesure qu'il s'en débarrassait comme un serpent en pleine mue, il pouvait remarquer que les quartiers s'assombrissaient pour mieux s'enlaidir. Même si ce soleil de plomb brillait de la même manière quelque soit l'endroit du pays, il n'était pas impossible de ressentir de plus en plus le vent glacial chargé d'urine et d'ordures tandis qu'on se rapprochait des quartiers les plus mal famés. Nikolaas se dirigea d'un pas de plus en plus rapide vers le nord tandis qu'apparaissait progressivement ses véritables vêtements sous son costume, plus larges et beaucoup plus confortables.

Il contourna un immeuble en quasi ruines simplement vêtu d'un tee-shirt délavé avalé par une horrible veste rose à la fermeture éclaire cassée dont les pans battaient contre son jean qui traînait sur le sol. Seules ses chaussures de ville contrastaient avec sa tenue actuelle, vestiges de son costume. Il passa une main dans ses cheveux pour les froisser et jeta le cadavre de son cigare dans un caniveau. Quelques minutes plus tard, il finit par pousser la porte d'entrée, constatant en sentant le mécanisme céder que Chayton l'attendait déjà. Nikolaas pénétra dans le salon dans un soupir avant de se débarrasser rapidement de ses chaussures.

« Qu'est-ce qu'on se sent mal là dedans, bon sang ! Comment y peuvent porter ça ? »

Se dirigeant vers un coin de la pièce, il plongea sa main dans un sac à dos affaissé contre le mur et en retira ses baskets abîmées, mais souples et pratiques. Puis il rejoignit Chayton assis en tailleur sur leur canapé fatigué. Remarquant sa mine contrariée, il lui adressa un clin d’œil.

« Ne t'inquiète pas, nous avons été très pro', et même si elle se souvenait de ma tête, ils ne sauront jamais me retrouv...wah, tout ça ?! »
s'exclama-t-il, éberlué.

Il regarda la main de Chayton, débordante de trésors, se diriger vers lui. Des perles blanches satinées s'échappaient d'entre ses doigts et semblaient vouloir s'écraser sur le sol d'une minute à l'autre. Se laissant glisser jusqu'au sol, il réceptionna une partie du butin dans la coupe de ses mains et l'étala à ses pieds. Tirant le collier, il le démêla de toutes les autres petites choses avant de le poser avec les quelques autres bijoux que Chayton avait déjà mis de côté. Des tickets de caisse traînaient ça et là ; peut-être Chayton était déjà tombé sur son portefeuille.

« On a payé le loyer ce mois-ci ? Demanda distraitement Nick. Parce que là mon gars, on a de quoi le payer jusqu'à l'année prochaine. »

Son attention fut attirée par un petit objet d'une forme indéfinie. Il s'agissait d'une petite sculpture de verre qui contenait un liquide dans les tons roses, comme du bonbon liquide. Le saisissant, Nick l'approcha de ses yeux, tel un expert. La petite sculpture était munie d'un coussinet ovale rempli d'air que le voleur pressa entre deux doigts. Dans un « pshit » sévère, une vapeur s'échappa d'un orifice indiscernable avant de se propager tout autour de Nick qui éternua...avant d'éclater de rire.

« Bon sang, mec ! C'est du parfum ! Ca fait un bail que j'avais pas eu du parfum dans les mains ! »


Les gouttelettes s'écrasèrent sur son visage et ses épaules, renforçant sa crise de rire.

« Et mon dieu qu'est-ce que ça pue ! »
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MessageSujet: Re: On fait ce qu'on peut avec ce qu'on a (Chayton)   Lun 23 Fév - 22:04

Chayton releva à peine la tête quand Nikolaas fut là, mais répondit volontiers à sa remarque sur l'habillement des riches.

« Ils se cachent derrière pour oublier ce qu'ils sont au fond d'eux. »

Des pourritures, tout simplement. Ils avaient une âme souillée, tous autant qu'ils étaient. Cela rendait fou le skinchanger, il les détestait tellement. Il savait qu'ils n'étaient pas tous ainsi, mais les sévices que lui avaient fait subir la sorcière serait à jamais gravé en lui. Il avait envie d'exploser de rage, de tout détruire sur son passage. Chayton pouvait s'avérer assez paranoïaque et ce n'était rien de le dire. Le fait d'avoir été arrêté par une peacekeeper n'avait rien arrangé pour le rendre confiant et sûr de lui. Heureusement que Niko était nettement plus positif que lui, sinon il allait les tirer vers le bas. Il ne manqua pas de sourire en voyant le sourire de son ami en voyant tout le butin. Sans hésiter, le voleur lui donna une part généreuse pour l'aider à trier tout cela. Il s'attaqua à une autre part du butin, mais il se figea en voyant un collier de perle. C'était le summum de la richesse, c'était évident. Un frémissement courut le long de son échine. Il dut se retenir pour ne pas toucher ce collier, chose qui n'était pas du tout facile. Il se concentra plutôt sur le reste et surtout le porte-feuille qu'il venait de trouver. Sans plus attendre, il l'ouvrit et regarda à l'intérieur.

Il y avait diverses cartes de visite dont il lut vaguement les noms et surtout, de l'argent.Il arracha les billets et les jeta sur le sol, avec le reste. Il avait tellement d'argent soudainement que la tête lui tourna. Il n'arrivait pas à en croire ses yeux. L'argent ne serait plus un souci durant des mois. Il serait difficile d'aller tout revendre, ils devraient s'y prendre plusieurs fois et à des acheteurs différents pour éviter d'attiser l'envie. Même quand vous étiez pauvres, surtout si vous l'étiez en fait et que vous arriviez avec une tonne d'argent, tout le monde vous sautait dessus. C'était la règle du milieu. Une règle qui lui soulevait le cœur à ce moment. On disait que l'argent rendait heureux, mais bien loin de là. Chayton ne se sentait pas meilleur, au contraire. La petite bouteille de verre prise par Nikolaas attira son attention et il se rapprocha comme tout bon félin curieux qu'il était. L'odeur agressa ses narines et il bondit en arrière en toussant bruyamment, du parfum ! Il n'avait pas oublié ce que c'était, aussitôt il crut voir devant lui sa maîtresse qui se parfumait généreusement. Comme si l'odeur du parfum allait effacer sa puanteur d'âme.

« Ça a dû coûter cher, mais il faut croire qu'elle s'en fichait vu comment elle se baladait avec. »

Les femmes prenaient leur maison sur leur dos, franchement il n'en voyait pas l'utilité. Mais compte tenu du fait qu'il ne mettait qu'un pantalon pour la semaine, il était très mal placé pour juger. Sa maîtresse lui avait bien fait comprendre à l'époque qu'il était important de toujours avoir des affaires pour se faire belle. Quelle connerie n'empêche. Il soupira longuement.

« On ne pourra rien faire de ce parfum. C'est aussi inutile qu'un paquet de mouchoirs. »

Enfin pas vraiment, les mouchoirs avaient une certaine utilité, mais là. Il espérait que l'autre homme avait compris l'idée qu'il tentait de véhiculer.

« On devrait convenir de ce qu'on va vendre d'abord. Je pense qu'on doit garder les perles quelques jours, elles risquent d'être signalées. »

C'était le problème avec les choses de valeur, elles manquaient forcément à quelqu'un. Ou peut-être pas. Mais bon la vieille finirait par se rendre compte que ses poches étaient bien vides. Chayton se redressa brusquement et alla attraper un sachet en papier, puis un second avant d'en tendre un à Nikolaas. Il remplit à ras bord le sien avec quelques bijoux et autres objets de valeur. Mais soudainement, un bruit attira son attention et il se redressa vivement, sur le qui-vive.

« Tu crois qu'on nous a suivis ? »

Sa paranoïa lui coûterait vraiment cher un de ces quatre, mais il s'en remettrait. Ou pas, il faudrait bien plus d'une année pour oublier ce qu'il avait été durant toutes ces années. Un esclave.
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MessageSujet: Re: On fait ce qu'on peut avec ce qu'on a (Chayton)   Mer 18 Mar - 19:49

Pour oublier ce qu'ils sont au fond d'eux.
Un peu comme Nikolaas lui-même, en vérité. Pourtant à l'heure actuelle il n'avait plus rien en commun avec la population qu'il s'attachait à voler quand elle s'y attendait le moins, à par peut-être ce glorieux talent pour la comédie, le mensonge et l'illusion : le jeu des apparences. Nikolaas finit par acquiescer silencieusement, avant de se figer lorsque les billets voletèrent légèrement dans les airs, telles des plumes d'anges tombées du ciel, pour venir se déposer directement sur le tas de leurs trouvailles. Le chapardeur crut s'étrangler : tant d'argent ! Mais qu'en faisaient-ils donc ?! Qu'en faisait-elle alors qu'elle venait juste se payer un café à la terrasse d'un bar ?! Est-ce qu'elle en prenait en guise de mouchoirs de secours au cas où les toilettes du café ne contiendraient pas de toilettes ?!

« Eh ben. J'en ai vu des grosses sommes en billets mais...Wow. »

Il ne put en ajouter davantage. Un seul de ces billets pourraient leur permettre, à eux deux, de vivre très correctement pendant un certain temps étant donné à quel point leurs besoins s'étaient contractés dans leur manque d'argent.
Lorsque Chayton s'écarta rapidement du parfum en faisant la moue, Nikolaas crut voir un chat à qui on faisait sentir de la menthe. Il conclut que l'objet était tout simplement inutile et le comédien s'accorda là dessus. Cette chose était moche, entamée, et sentait carrément mauvais. Il déposa la bouteille à côté de lui, sur le sol miteux, avec les choses qu'ils ne garderaient pas, avant de re-plonger ses mains dans le reste du butin. Chayton proposa de garder les choses de valeur un certain temps afin de ne pas éveiller les soupçons et Nikolaas acquiesça.

« Attendons de voir aussi si certains sont assez idiots pour proposer une récompense à ceux qui voudraient bien leur ramener leur trésor. Qui sait, si pour certains ce sont des bibelots comme ils en ont par centaines, pour d'autres cela a peut-être une valeur sentimentale. »

Quand on avait rien, on n'attachait d'importance à rien. Quand on bougeait tous les jours, on apprenait à tout laisser rapidement derrière soi, à ne se satisfaire que de l'essentiel. Paradoxalement, on apprenait à doser la valeur des choses et à reconnaître à quel point même un petit collier de perles pouvait valoir des assiettes remplies trois fois par jour pendant une semaine. Et quand on avait l'estomac tiraillé par la faim, un collier de perles, ça calait franchement la dalle. Chayton lui tendit un sac en papier fripé dont Nikolaas se saisit avant de se mettre à genoux pour y fourrer le maximum de choses de valeur. Bientôt il ne resta sur le sol que quelques tickets de caisse, un portefeuille vide, une boîte de pilules, un petit sachet de bonbons, et le parfum entamé. Tout d'un coup, Chayton se raidit et fixa la porte d'un œil vif. Nikolaas haussa les sourcils, n'ayant rien entendu.

« J'ai bien vérifié en venant et il me semble que non, mais rien n'est impossible. »

Il plaça son index tendu contre ses lèvres afin d'intimer à son partenaire de ne faire aucun bruit. Poussant les pacotilles de côté, il se dirigea vers le canapé autrefois occupé par Chayton et le poussa en arrière d'un bon mètre pour découvrir une trappe aménagée dans le sol. Il la souleva à l'aide d'un lourd maillon rouillé qui y était cloué et découvrit une petite cachette dans laquelle il fourra son sac avant d'inciter son comparse à faire de même. Puis, il se dirigea aussi discrètement que possible vers la porte avant de saisir le reste d'une planche de bois qui avait chuté du plafond. La soulevant au dessus de son épaule, il lança un regard à Chayton, attendant son aval.
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MessageSujet: Re: On fait ce qu'on peut avec ce qu'on a (Chayton)   Mar 24 Mar - 22:31

Chayton approuva, oui tant de billets. On ne savait plus où regarder, où tourner la tête, cela faisait tellement mal d'en voir autant. Ses yeux auraient pu brûler à dire vrai. Il déglutit lentement. Il se demandait ce qu'on faisait avec tout cet argent. Avait-elle prévu d'acheter des cadeaux pour sa famille ? Le mot famille résonna étrangement en lui, lui rappelant un lointain passé qu'il avait cru mort. Parfois il avait des bribes de souvenir, il revoyait sa compagne et sa fille, sa toute petite. Il renvoyait son petit visage, son sourire. Sa famille lui manquait même s'il savait bien qu'elles n'existaient plus. Le parfum rappelait aussi des souvenirs à la manière d'une madeleine de Proust. Il crut voir une silhouette, des courbes, des cheveux sombres et une voix « Chayton ». Le skinchanger cligna des yeux. Sa compagne de l'époque n'était pas là, ce n'était qu'un souvenir. Il regarda Nikolaas qui approuva son idée d'attendre. Le léopard regarda la bouteille de parfum, se demandant bien qui pourrait payer pour retrouver un tel trésor.

« Qui voudrait retrouver pareil objet sincèrement. »

Il secoua la tête et lui tendit un sac en papier pour tout ranger. Chayton était entrain de ranger lui aussi quand il crut percevoir un bruit. Réalité ou fiction ? Il hocha la tête quand son partenaire affirma avoir bien vérifié. Il n'en doutait pas. Mais bon... On n'était jamais à l'abri. Il l'observa déplacer le canapé avant de le rejoindre et de mettre l'argent dans leur planque digne d'un film de James Bond. La fiction s'inspirait bien trop souvent de la réalité. Le léopard serait bon pour partir, lui il n'aimait pas affronter. Bien entendu, ce n'était pas le cas de Nikolaas qui ne manqua pas de prendre un vieux bout de bois tombé du plafond quelques jours auparavant. Lentement, Chayton s'approcha de la porte et regarda son ami droit dans les yeux. Il attendit quelques minutes, attrapa la poignée et leva trois doigts. Il abaissa le majeur, trois, l'index, deux et finalement le pouce pour former un poing, un. Le signal. Il ouvrit brusquement la porte en grondant, mais se figea en reconnaissant le visage de leur voisin.

« Niko. »

Il vit la poutre arriver et eut juste le temps de la dévier d'un mouvement rapide de main, s'écorchant la chair qui s'ouvrit aussitôt et laissa échapper du sang. La douleur le traversa, mais il ne broncha pas. Leur jeune voisin couina et recula. Un adolescent qui rôdait dans ce quartier miteux et habitait dans un des logements. Chayton ne tenait pas à savoir comment il payait celui-ci. Il fallait parfois fermer les yeux sur la misère du monde. Une misère qui avait augmenté depuis l'abolition des jeux. Même si avant, franchement, ce n'était pas meilleur. Mais bien souvent l'ancien rancher éprouvait énormément de peine en voyant ces jeunes seuls avec eux-mêmes qui jouaient les prostituées ou les mules de bas étage pour la drogue. On prenait ce qu'il avait, tout simplement. Ce n'était pas simple.

« Qu'est-ce que tu veux ?
- Je vous ai entendu faire du bruit... Je me demandais... Juste... »

Il puait la faim, Chayton le sentait en le regardant. Il regarda discrètement Nikolaas, ils avaient de l'argent maintenant. Mais ils devaient rester discrets, si quelqu'un ici comprenait qu'ils avaient volé plus que d'habitude, cela irait bon train.

« Il doit nous rester une boîte de conserve, tu en penses quoi Niko ? »

Dit calmement le skinchanger en regardant son ami. Les boîtes de conserve étaient franchement dégueulasses, mais cela remplissait. Parfois il ne fallait pas être trop regardant. Chayton laissa le jeune entrer dans leur chez eux, en quelque sorte. Il ne manqua pas de regarder le couloir vide, se demandant si quelqu'un était planqué dans le noir et allait leur sauter dessus. C'était une possibilité tout à fait envisageable. Il claqua la porte et se tourna vers le jeune qui semblait franchement heureux à l'idée d'avoir un repas sans devoir payer de son corps. Chayton était contre le principe d'exploiter les gens, il avait été suffisamment exploité. Le vol n'avait rien à voir avec le fait d'exploiter à ses yeux, c'était se servir sur le dos des autres de ce qu'ils avaient en trop, tout simplement. On les déchargeait. Le félin s'appuya contre un mur, les bras contre son torse tandis qu'il regardait leur voisin. Il avait un drôle de pressentiment qu'il n'arrivait pas à s'expliquer.
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MessageSujet: Re: On fait ce qu'on peut avec ce qu'on a (Chayton)   Ven 3 Avr - 10:16

La poutre heurta la main de Chayton dans un bruit mat avant que son extrémité ne rencontre le sol : Nikolaas venait de la reposer avant de l'appuyer contre le mur dans lequel était taillée la porte. Intrigué, mais confiant, il se pencha légèrement de sorte que sa tête apparaisse dans l'encadrement de la porte, donnant ainsi une vision étrange à leur visiteur inopiné. Chayton se chargea de l'accueillir verbalement, donnant ainsi l'occasion à Nick de le détailler. Sans aucun doute il était plus jeune qu'eux, plus maigre aussi, mais pourvu d'un charme inexplicable. Peut-être vendait-il son corps contre de l'argent. Ses yeux recelaient de cette lumière grise qui donne l'impression que vous tenez juste debout jusqu'au prochain coup de vent. Nicko cligna des yeux quand Chayton lui jeta un regard, signifiant qu'il avait compris. Son partenaire s'effaça de l'embrasure, laissant entrer le visiteur, tandis qu'il lui demandait s'il restait une boîte de conserve quelque part. Alors que la porte claquait, les entrailles de Nick avaient envie de crier qu'avec le pactole qu'ils avaient ramassé, il se serait bien payé un resto, mais la prudence l'incita à ne rien dire. Ce jeune homme avait beau vivre dans le même monde qu'eux, il n'en restait pas moins un adversaire potentiel, et un ennemi, s'il venait à dénoncer quoi que ce soit.

Ne blâmant pas la charité alors qu'il la cherchait tous les jours, Nick désigna le canapé et les chaises vacillantes à leur invité avant de disparaître dans la cuisine d'un pas traînant. Il n'eut pas l'occasion de chercher et de choisir. Deux petites boîtes de conserve se tenaient piteusement chaud dans un coin d'une étagère branlante ; il faudrait penser à en chaparder quelques unes, même si lui-même n'en aurait pas donné le contenu à son chien, s'il en avait eu un. Saisissant les deux minuscules boîtes de métal froid dans une unique main, il attrapa trois fourchettes dépareillées et tordues, mais propres dans l'évier avant de réapparaître dans la pièce principale. Il y trouva Chayton appuyé contre le mur, en signe de méfiance, et leur invité assis sur une chaise. Il posa les deux boîtes de conserve sur la table avant de jeter un regard à son partenaire afin de lui demander s'il voulait manger – parce qu'en ces temps sombres, la question de la faim ne se posait plus : elle demeurait.

« C'est le fruit de votre dernier chapardage ? Demanda le jeune homme en désignant la bouteille de parfum et les quelques pacotilles laissées sur le sol à côté du canapé.

-Oui, mentit Nikolaas en ouvrant sommairement les deux boîtes de conserve à l'aide d'un couteau tiré de la poche arrière de son jean. Et toi, comment vont les affaires ?

-Elles vont – Merci. » ajouta-t-il lorsque Nikolaas poussa une des deux boîtes dans laquelle il avait planté une des fourchettes vers lui.

Nikolaas ne toucha pas à la sienne, malgré la faim qui lui tordait le ventre ; il préférait attendre le plus possible jusqu'à ce qu'elle devienne insupportable plutôt que d'avaler cette saloperie. L'ouvrant tout de même, il la laissa libre à Chayton tandis que le jeune homme mangeait timidement.

« Pas de manières ici : bouffe. » incita-t-il.

Le jeune homme, saisi par la fermeté de sa voix, se jeta sur la boîte de conserve en enfournant de grandes bouchées entre ses dents jaunies. Nikolaas se dirigea vers le tas de pacotilles et se pencha pour saisir un paquet de cigarettes entamés en cabossé par son mauvais séjour dans le sac de la vieille folle. Il y trouva le briquet enfoncé à l'intérieur et proposa un rouleau de tabac à Chayton. Alors qu'il allumait le sien, des coups se firent entendre de nouveau à la porte. Des coups de poing, vraisemblablement.
Nikolaas se figea et cracha sa taffe.

« Bon sang mais c'est la fête du slip aujourd'hui – On a bien payé le loyer ? » ajouta-t-il en direction de Chayton avant de se diriger de nouveau vers sa poutre, sa cigarette entre les dents.
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MessageSujet: Re: On fait ce qu'on peut avec ce qu'on a (Chayton)   Mer 8 Avr - 19:02

Chayton s'insulta de tous les noms quand il vit les babioles citées par leur voisin. Bien entendu qu'il remarquerait, cela sautait à la gorge. Le parfum était bien trop cher pour eux, c'était la preuve ultime du luxe. Le parfum permettait d'effacer les odeurs humaines, animales, tout ce qui renvoyait à leur vie d'avant, quand ils avaient été des singes dans les arbres. Nikolaas était parti chercher des boîtes de conserve. De la bouffe pour chien, ou quelque chose qui s'apparentait. Chayton avait appris à ne plus réfléchir quand il mangeait, à avaler, tout simplement. Il comprenait le jeune qui enfournait la nourriture offerte, quoi que timidement. Dès le top départ de son comparse, le jeune s'y donna à cœur joie. Cela brisa le cœur du skinchanger. Il observa les dents jaunes du jeune et se dit que même lui ne les avait pas dans un tel état. Sa maîtresse avait bien vérifié sa dentition durant dix ans. Elle l'avait énormément maltraité, mais elle avait toujours veillé à ce que physiquement, il tienne la route. Un esclave qui avait mal aux dents et ne pouvait pas bosser à cause des douleurs, ne servait strictement à rien. La douleur provoquée par les dents pouvait rendre fou, il le savait bien pour l'avoir vécu une fois.

Le voleur attrapa le paquet de cigarettes tendu par son compagnon de vol et glissa un bâton de nicotine entre les lèvres. Ce paquet était lui aussi volé. Vu ce qu'ils avaient comme argent – c'est-à-dire rien – ils en avaient encore moins pour les cigarettes. Les cigarettes étaient un luxe comme un autre, une drogue dure qui pouvait vous rendre désagréable quand vous étiez en manque. Il inhala quelques bouffées quand des coups contre la porte retentirent. Il tourna la tête vers la porte d'entrée, ayant un mauvais pressentiment. Le jeune avec eux se figea alors qu'il était entrain de manger, la fourchette en suspension non loin de sa bouche. Cet appartement devenait un moulin et le léopard n'appréciait pas cela. Il n'appréciait pas l'idée qu'on entre ici comme si de rien n'était. Il toisa Nikolaas.

« Oui, tout est payé. »

Murmura-t-il avant de toiser le jeune qu'il voyait suer, il transpirait la peur. Mer**. Un bruit étrange retentit et Chayton se jeta sur son ami.

« ATTENTION ! »

Il eut à peine le temps de le plaquer au sol que la porte fut traversée par des balles. Bor**, le jeune était venu se cacher chez eux ou quoi ?! Chez deux voleurs mal lotis ! Chayton se redressa sur ses coudes en grognant, le regard humain animé de bestialité. Son léopard et son alligator n'étaient pas contents. Le reptile avait bien envie de croquer les intrus tandis que le félin voulait courir. Plus félin que reptile, le skinchanger attrapa Niko par le bras pour l'entraîner à sa suite en direction de la fenêtre. Au passage, il attrapa aussi le jeune.

« On doit se tirer. »

Non sans blague. Ils étaient dans une merde pas croyable. Comment avaient-ils pu arriver à un tel stade d'emmerdes ? A croire que la poisse les poursuivait. Pourtant ils avaient fait le casse du siècle et ce sale merdeux de voisin venait leur apporter sa mer**. Qui le jeune beau gosse avait-il provoqué pour qu'on veuille le trouer de plomb plutôt que de le sauter ? Hein qui ?! Il se le demandait bien. Il tourna un regard dur sur leur voisin qui tremblait comme une feuille. Chayton sentit son cœur fondre, il détestait être sentimental et malheureusement, il l'était. S'il ne l'avait pas été, il se serait épargné énormément de choses ces dernières années sincèrement. Le skinchanger ne se vit pas ouvrir la fenêtre, mais il le fit. Il grimpa sur le rebord et regarda en contre-bas, une boule au ventre. Bon sang, il se détestait. Il n'y avait que le vide. Il tourna la tête à gauche, il y avait une échelle de secours. Il sentit presque les moustaches de son léopard s'agiter. Un sourire carnassier, limite fou, traversa son visage, parfait. Il tourna à peine la tête derrière eux pour voir des silhouettes s'avancer.

« Bon les gars, on va aller sur le joli escalier de secours en priant pour ne pas tomber dans le vide. Allez le jeune tu y vas, ensuite Niko et moi je ferme la marche. GO !! »

Il poussa le jeune voisin qui bondit, se rattrapa maladroitement. Chayton hocha la tête pour dire à Nikolaas d'y aller. Une balle siffla et se ficha dans son bras de skinchanger. Le léopard gronda, se penchant en avant tandis qu'il se tenait le bras. Bâtards. Il bondit à son tour et se réceptionna maladroitement de sa main non blessée. Un tressaillement courut le long de son échine. Il avait mal, mais il avait vécu pire, il pouvait tenir. Une onde de rage le traversa, il ne manquerait pas d'interroger le jeune voisin. Bon maintenant ils étaient sur cette foutue échelle... Et ils faisaient quoi, hein ? Descendre les marches ? Ils n'avaient pas le choix, lui ne voyait pas d'autre issu. Mais il se demandait si en bas, ils avaient le comité d'accueil pour les choper.
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MessageSujet: Re: On fait ce qu'on peut avec ce qu'on a (Chayton)   Sam 11 Avr - 22:13

Tout était payé mais ce n'était pas une raison pour se reposer sur ses lauriers. Dans ce genre de quartier, l'innocence n'empêchait en rien aux embrouilles de vous tomber dessus. Et en l’occurrence, Chayton et Nikolaas étaient loin d'être l'innocence incarnée.
Lorsque les bruits se rapprochèrent de trop, Chayton comme à l'accoutumée fut plus rapide que tout le monde. Nikolaas bascula sous la surprise en entra durement en contact avec le sol tandis qu'une tornade de coup de feu explosait dans l'appartement. Un nuage de poussière se souleva lorsque leurs corps entremêlés heurtèrent le parquet pourri et Nikolaas releva la tête juste à temps pour voir le panneau de la porte se moucheter d'ocelles laissant paraître la lumière du soleil brûlant. Une demie seconde plus tard, son partenaire l'entraînait déjà par le bras en traversant l'appartement sans qu'il n'ait eu le temps de faire quoique ce soit.
La rapidité bestiale de Chayton dépassait souvent les limites de l'humanité, mais l'adrénaline lui empêcha de penser à cela pour le moment. Tout ce qui importait désormais, c'était de se tirer, et Chayton le confirma.

Lorsqu'il monta à la fenêtre, Nick crut qu'il allait sauter. Le fait de comprendre qu'il n'en était pas loin fit accélérer brutalement les battements de son cœur. Le craquement de la porte sur ses gonds le fit se décider. Lorsque le jeune fut propulsé hors de l'appartement, Nikolaas n'hésita pas une seconde alors que les balles crépitaient déjà dans leur dos. Faisant abstraction du vide, Nikolaas se jeta sur l'échelle qui émit un grincement plaintif alors qu'elle était agitée de vibrations qui devaient se répercuter dans tout le quartier. Il imaginait déjà les habitants qui se penchaient à leurs fenêtres afin de voir ce qu'il se passait. Bon sang, ils n'avaient pas besoin de ça. Lorsque Chayton se lança à son tour sur l'échelle, Nick remarqua qu'il ne s'était réceptionné que d'une main. Son anxiété augmenta si bien qu'il perdit totalement son calme. Baissant la tête, il rencontra le regard de l'autre.

« Me regarde pas comme ça imbécile, descends ! Je veux pas mourir à cause de tes embrouilles ! »

Une volée de pas se fit entendre au dessus d'eux, mais bon sang ils étaient combien ? Pourquoi autant de monde pour un insignifiante petite p*te ?! Nick se surprit à appréhender le fait qu'ils fouillent l'appartement. S'ils trouvaient leur butin et le recoupaient avec les plaintes récentes, ils étaient fichus.
Mais Nicko avait l'habitude d'être fichu.

Le gamin descendit de l'échelle pendant un temps qui lui sembla interminable. Nick descendit le plus de marches possible jusqu'à être suffisamment prêt du sol pour sauter. Il se réceptionna maladroitement.

« Attrapez les ! » hurla une voix.

Nikolaas releva la tête et n'écoutant que son instinct de survie, se mit à courir tandis qu'une volée de balles se plantait dans le sol, à leurs pieds. Bénie soit l'idée qu'il avait eue de changer de chaussures. Nikolaas ne regarda pas derrière lui : il savait parfaitement que son partenaire courait bien plus vite. Mais aurait-il des idées de cachette aussi rapides que sa course ? Nick sauta par dessus les caniveaux, enjamba les vélos désossés et tombés à terre, sauta par dessus les poubelles éventrées. Lorsque le gamin tenta une échappatoire dans une veine sombre, le chapardeur le saisit rapidement par le bras avant de le ramener vers lui.

« Pas question. Tu nous a foutu dans la mouise, tu y restes ! »

Et étrangement, la lueur de peur qu'il discerna dans les yeux du gigolo le satisfit.
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On fait ce qu'on peut avec ce qu'on a (Chayton)

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