AccueilAccueil  CalendrierCalendrier  FAQFAQ  RechercherRechercher  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  

Partagez | 
 

 On fait ce qu'on peut avec ce qu'on a (Chayton)

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
Aller à la page : Précédent  1, 2
AuteurMessage

Invité
Invité






MessageSujet: Re: On fait ce qu'on peut avec ce qu'on a (Chayton)   Jeu 16 Avr 2015, 19:47

Son bras lui faisait très mal, voire trop. Il avait envie de hurler, mais il ne le faisait pas, il empêchait les mots de jaillir de sa bouche. Son cœur battait à vive allure. Pourtant, il ne guérissait pas comme d'habitude, il sentait bien que cela était trop lent. Il devait être sacrément amoché. Une transformation sous forme animale l'aiderait. Il toisa Nikolaas et se fit la remarque intérieure que son ami devait être paniqué. Il suivait le mouvement malgré les voix qui résonnaient autour d'eux comme un écho. Chayton crut entendre une femme hurler et il leva les yeux pour voir l'une de leurs voisines, la main sur la bouche, entrain de fixer le trio. La peur faisait briller son regard de manière inédite. Le félin au fond de lui fut heureux de voir la peur, de la flairer, de la goûter brièvement. Le skinchanger bondit en bas de l'échelle et quand il se réceptionna, la douleur vibra le long de son bras, saloperie. Il ne s'arrêta pas, continuant de courir, talonnant Nikolaas et le voisin gueule d'ange qui apportait des emmerdes. Quelle ironie quand on voyait ce joli cœur hein ? Lui aussi bondit par-dessus les poubelles, il laissait pendre son bras meurtri.

Il ne pouvait rien faire pour l'instant, il devait attendre de trouver un lieu calme pour s'en occuper. Quand il vit le jeune tenter de fuir et Nikolaas le retenir, son sang ne fit qu'un tour. Il se rapprocha, menaçant et sans plus attendre, attrapa l'autre bras et sans cérémonie le fit craquer sombrement. Un hurlement berça la rue et ce n'était pas le sien pour une fois. Chayton s'était autorisé de la méchanceté gratuite sans même réfléchir, juste en regardant durement ce jeune. Il était rare que le skinchanger soit méchant.

« La prochaine fois, c'est l'autre qu'on se casse. »

Sa voix était cassée par la douleur, il souffrait terriblement et il prit la tête de l'équipe, marchant rapidement. Ils perdaient du temps. La balle n'était pas sortie, il allait devoir la chercher, comme si l'idée lui plaisait, sincèrement pas du tout. Il avait envie de grogner sa rage, mais il ne pouvait pas. Il ne savait pas s'ils avaient semé l'équipe de tueurs, mais en réalité, le skinchanger ne voulait même pas le savoir. Il s'enfonça dans une rue sombre qui semblait fermée. Lui le gentil Chayton n'avait pas hésité à blesser quelqu'un. Il avait compris que pour survivre, il fallait être parfois le salopard de l'histoire. Il n'aimait pas l'idée, mais il en avait assez d'être sympa. Il avait pris une balle pour être sympa. Voilà ce qui en coûtait d'être cool. Être cool vous coûtait une douleur horrible et un bras. Chayton poussa une poubelle et dessous, il y avait une petite trappe poussiéreuse et tellement sale qu'on ne la voyait même pas. Il l'ouvrit avec force et fit un signe de tête.

« Allez hop, dedans. »

Il jeta un regard noir à leur voisin qui se tenait le bras en pleurant silencieusement. Au moins on ne pourrait pas l'accuser de rameuter du monde en pleurant, dommage hein. Il leur fit signer d'entrer. La petite cachette était en réalité un couloir qui conduisait à un studio miteux. Chayton était derrière eux, mais dut bientôt les dépasser tout en sortant une petite clef avec une corde au bout de sa poche. Il l'enfonça dans une porte envahie par la poussière et les toiles d'araignées. Le studio se dévoila alors, un vieux machin rempli de saletés et d'air irrespirable. Le skinchanger alla s'affaler dans un coin comme un chat blessé, après avoir fermé la porte d'entrée si on pouvait l'appeler ainsi. Il releva la manche de son haut, regardant son avant-bras qui saignait abondamment. Saloperie, c'était vraiment moche à regarder et cela ne le réjouissait pas du tout. Dans quoi était-il tombé encore ?

« Ne laisse pas le jeune s'enfuir. »

Il pouvait l'entendre geindre à présent qu'ils étaient à l'abri des regards, à la bonne heure. Chayton se mit à trifouiller sa blessure, s'en fichant de ses doigts sales, ce n'était pas cela qui allait le tuer. Cela faisait mal et il serra les dents tandis qu'il tenta de retirer la balle. Il sentait dégouliner la sueur le long de son dos et bientôt elle fut là, la balle. Il haletait bruyamment tandis qu'elle reposait dans sa paume, cette saloperie de balle qui lui avait fait tant mal. Il appuya sa nuque contre le mur, fermant à demi les yeux. Il était tellement épuisé, il n'en pouvait plus, tout simplement. Il déglutit plusieurs fois, ayant des nausées. Chayton détestait se sentir ainsi, aussi faible.
Revenir en haut Aller en bas

Invité
Invité






MessageSujet: Re: On fait ce qu'on peut avec ce qu'on a (Chayton)   Sam 18 Avr 2015, 08:41

Lorsqu'un craquement retentit à côté de lui, Nikolaas n'y prêta pas attention, pensant à un détail de son environnement. Il se fichait de tout à présent, ne pensant qu'a sa survie. Comme il s'en doutait, Chayton les devança, marchant rapidement, son bras blessé pendant mollement à son côté, comme privé de vie. Le gamin le suivait désormais docilement en pleurnichant. Tout à coup Chayton bifurqua dans une nouvelle rue sombre avant de pousser quelque chose pour découvrir une trappe recouverte de poussière. Il la souleva avant de leur indiquer de descendre et de les devancer une nouvelle fois dans une veine totalement obscure. Nikolaas se fia aux bruits de pas de son ami, avant d'entendre une clef tourner dans une serrure. Une seconde planque, bien joué vieux. La porte se referma et Nikolaas réprima un haut le cœur en sentant des relents de renfermé, de sueur, de sang, d'urine et de moisissure pénétrer dans ses narines.

Chayton s'affala contre le mur d'en face comme un animal à l'agonie tandis que leur compagnon de fortune s'écroulait à son tour sur le sol, à genoux, comme dans une prière silencieuse. Lorsque Chayton lui demanda de contrer les éventuelles tentatives de fuite du gamin, Nikolaas répondit simplement en se laissant glisser contre le panneau de la porte, visiblement l'unique ouverture vers l'extérieur. Là, seulement, il donna l'occasion à son souffle de se calmer. Il connaissait les courses poursuites pour en avoir vécu un sacré paquet vu son métier, ce qui ne l'empêchait pas de très mal les vivre. Son cœur cognait dans sa poitrine et le sang battait à ses tempes. Un liquide âcre et acide remontait dans son œsophage. Il déglutit avec difficulté et passa une main sur son visage crasseux pour tenter d'en éponger la sueur grasse.
S'ils fouillaient leur planque, ils étaient foutus, songea-t-il encore une fois avant de se satisfaire d'être en vie. Après tout, il avait l'habitude de tout perdre.

Il regarda Chayton fouiller dans sa blessure avec tous les petits bruits sympathiques qui s'y attachaient. Il allait lui proposer de l'aider quand la balle s'extirpa douloureusement de la chair meurtrie, laissant le sang goutter sur le sol et former des fleurs d'un rouge presque noir sur la pierre nue et crade.

« Merci. » souffla simplement Nick en appuyant sa tête contre le bois pourri.

« Merci. » imita le gamin entre deux sanglots.

Nikolaas redressa brutalement la tête pour lui dire de fermer sa gueule avant de saisir au vol l'occasion qu'il avait de causer.

« Bon, maintenant qu'on a pas la sécurité aux fesses, tu vas peut-être pouvoir nous expliquer dans quelle mouise tu nous as fichus ? »

« Je ne... »

« C'était pas une proposition, gars, coupa Nikolaas. J'espère que t'étais pas droitier parce que tu pourras plus faire de branlette pendant un moment, alors il me semble que t'as plus grand chose à perdre, pas vrai ? »

Silence approbatif. Niko s'appuya négligemment sur le panneau de la porte.

« Tu sors pas tant que t'as rien dit. » répondit-il simplement.

Il éprouva alors l'irrésistible envie de fumer. Bien évidemment, il avait laissé les cigarettes chapardées dans la planque. Ou ce qu'il en restait. Le jeune s'essuya le nez d'un revers de main, secoué de spasmes de douleur, avant de daigner cracher quelques trucs.

« J'ai été payé...pour être au service d'un de ces gars d'riche...Et...il a fait des trucs que j'ai pas apprécié...alors...j'me suis défendu...et...je crois que je l'ai...je crois que j'lai buté... »

Nikolaas poussa un soupir de frustration.

« Toi un gringalet, buter quelqu'un ? Tu croyais vraiment qu'on allait te laisser tranquille ? Quelle idée t'es passée par la tête de venir chez nous ramener tes emmerdes...tu... »

Il cracha de débit sur le sol, entre ses jambes repliées, avant de fermer les yeux et d'appuyer de nouveau sa tête contre le panneau, reprenant son calme.

« Dans tous les cas mon partenaire que tu vois là s'est pris une balle à cause de tes conneries. T'as une dette envers lui, mon gars. »
Revenir en haut Aller en bas

Invité
Invité






MessageSujet: Re: On fait ce qu'on peut avec ce qu'on a (Chayton)   Lun 27 Avr 2015, 20:04

Chayton ne rétorqua rien quand Nikolaas le remercia, se demandant même pourquoi il disait merci. Par contre ses yeux clairs se foncèrent de rage quand il entendit la voix jeune et craintive de leur voisin. Il fallait avouer que même si le skinchanger était quelqu'un de calme, là on venait de s'attirer ses foudres. Il avait mal au bras, mais se taisait humblement tandis que son ami avait décidé de passer à la moulinette le jeune. Et ce qu'il apprit lui fit plisser les yeux. Il croyait avoir mal entendu. Pourtant Chayton n'était pas sourd, pas du tout même, mais là, il avait l'impression de halluciner pour le coup.

« C'est une blague j'espère ? »

Dit-il après leur magnifique voisin qui venait d'avouer qu'il avait commis un meurtre. C'était juste un cauchemar. Ils venaient de se planquer avec un tueur, voilà le résumé du bordel qu'ils s'étaient construits. Chayton avait bien envie de se taper la tête contre le mur pour faire passer la douleur de son bras, mais aussi pour se réveiller de ce cauchemar. Non parce que franchement, cela ne pouvait être qu'un cauchemar. Il avait envie de feuler et de claquer des mâchoires, sauf qu'il ne pouvait pas. De toute manière cette histoire ne tenait pas la route pour deux sous. Comment un gringalet pouvait tuer quelqu'un ? Il n'avait pas la tête de l'emploi. Le skinchanger plissa les yeux, réfléchissant tandis qu'il écoutait son comparse. Ah pour avoir une dette, le jeune en avait une sacrée envers lui, mais pas seulement.

« Tu en as aussi envers Niko. Tu en dois une à nous deux. »

Et valoir une dette à deux voleurs, ce n'était pas forcément la meilleure chose qu'il soit, surtout deux voleurs comme eux. Chayton se renfrogna et s'appuya mieux contre le mur, pensif. Il était vraiment contrarié. Il aurait eu envie d'un lit bien moelleux, d'une tasse de thé et j'en passe. Mais c'était beau de rêver car il n'aurait rien de cela et cela le rendait encore plus ronchon. D'habitude, il n'était pas autant de mauvaise humeur, mais la douleur ne le rendait pas des plus agréables, au contraire. Il aurait bien voulu que cette plaie ait une meilleure gueule, mais seule une transformation pourrait l'aider à ce stade. Sauf qu'il ne pouvait pas dévoiler ce qu'il était ainsi. Ce serait trop gros et il doutait sérieusement que son ami voleur le prendrait magnifiquement bien. Il ne fallait pas se voiler la face non plus. Chayton n'avait pas besoin d'avoir des meilleurs sens pour remarquer que le jeune non loin de lui n'en pouvait plus. Un peu plus et il allait vraiment crever de peur à force d'attendre sa réaction et sa sentence.

L'ancien cow-boy aurait bien voulu le rassurer, mais il n'y arrivait vraiment pas. Il manquait d'empathie pour le coup. Il avait plus envie d'exprimer sa rage et c'était bien pour cela qu'il avait décidé de prendre sur lui et se taire. Ce serait mieux. Mais au final, il serait bien obligé de s'exprimer car il sentait le regard de cet admirable jeune beau gosse se poser sur lui.

« Niko, on doit causer. »

Il détestait décider seul. Il n'avait en rien un tempérament de leader. Lentement, il se redressa, prenant garde d'épargner son bras qui prenait une teinte violacée. Il n'était pas convaincu que ce genre de couleur soit normal. Mais il se rassura en se disant qu'il se transformerait dans la soirée pour tenter de réparer les dégâts. Ils n'avaient pas beaucoup de pièces pour s'isoler alors, Chayton les entraîna derrière un vieux paravent troué qui permettrait d'espionner l'autre. Une maigre consolation pour le coup, mais on faisait avec. Chayton posa son regard foncé sur son ami.

« Alors on fait quoi de lui ? C'est à un aimant à emmerdes ce jeune. Tu le crois vraiment capable de tuer quelqu'un ? »

Il avait quand même du mal à y croire à celle-là. Comment un jeune qui avait l'air si bien pouvait tuer quelqu'un ? Non ce n'était pas possible. Il plissa les yeux, tentant de réfléchir. Si lui aussi avait été désespéré dans la vie, aurait-il tué quelqu'un ? Non, il aurait tenté de négocier comme il l'avait fait avec sa maîtresse. Au fond, c'était un hippie. Mais au moins cela avait le mérite de ne pas attirer les emmerdes sur les autres et c'était déjà pas mal à ses yeux.
Revenir en haut Aller en bas

Invité
Invité






MessageSujet: Re: On fait ce qu'on peut avec ce qu'on a (Chayton)   Mar 28 Avr 2015, 06:16

« Tu t'es empêtré, mais empêtré dans les ennuis, et en plus de ça, tu nous y a emmenés avec toi. » ressassa Nikolaas en secouant la tête, sa main cachant ses yeux comme pour éteindre les flammes de colère qui s'en échappaient. « J'y crois toujours pas. »

Quand on relativisait, pour un de plus ou de moins, cela ne faisait pas grande différence : ils continueraient à courir pour sauver leur peau et à chaparder pour pouvoir vivre. Nikolaas aimait autant qu'il détestait ce petit jeu de survie auquel il s'adonnait sous couverture d'illusionnisme artistique. A présent, derrière la colère, s’immisçait de nouveau cette faim viscérale qui ne le quittait plus. Ce jeune homme constituait une nouvelle preuve qu'on ne pouvait pas faire confiance à un inconnu et qu'en dehors des plus proches partenaires – il pensait alors à Chayton et à Livio – on ne pouvait compter que sur soi-même. Oui, clairement, il pensait pouvoir affirmer à juste titre que Chayton et lui avaient clairement autre chose à faire que de s'occuper d'un gamin et d'endosser toutes les embrouilles qui le suivaient comme des ombres, désormais.

Chayton le tira de ses pensées en le prenant à l'écart. Ils se glissèrent derrière un paravent défoncé. Nikolaas pris soin de regarder que leur proie ne s'éloignait pas par la porte dont le corps du voleur constituait autrefois le verrou humain. L'espace de quelques instants, Chayton redevint son apprenti, celui qui demandait conseil et qui argumentait sur la situation pour en tirer le meilleur profit. Mais surtout, il faisait preuve de pragmatisme : ils ne pouvaient pas garder ce gamin ici, ni dans cette pièce, ni dans leur entourage.

« Mon instinct de survie me supplie de le réduire en bouillie pour avoir quelque chose à me mettre sous la dent, mais ma raison n'est pas violente. Que veux-tu qu'on fasse d'autre à part le relâcher ? Il est blessé et il crève de peur, il n'ira pas bien loin. Je ne sais même pas s'il se souviendra de nos visages ; par contre, nous, nous nous souviendrons du sien. Même s'il nous dénonce, il donnera un portrait falsifié par l'angoisse, je crois pas que nous craignions quoique ce soit d'autre de lui maintenant. » chuchota-t-il.

Il leva les yeux pour s'assurer que leur victime se trouvait toujours affalée contre le mur avant de poursuivre.

« Quand à son histoire à dormir debout, peu importe si elle est vraie ou pas. Le fait est qu'il a attiré quasiment une dizaine de peackeepers, donc il a vraiment du faire quelque chose de pas sympathique. Il a l'air terrifié, et faible, mais nous savons toi et moi qu'il ne faut jamais se fier... »

Quelque chose se planta dans son dos avec une vitesse qui lui tira un regard surpris. Il fallut moins d'une demie seconde à la douleur pour se propager dans son corps, et Nikolaas d'expirer dans un gémissement de souffrance.

« ...aux apparences. »
Revenir en haut Aller en bas

Invité
Invité






MessageSujet: Re: On fait ce qu'on peut avec ce qu'on a (Chayton)   Mar 05 Mai 2015, 19:16

Des ennuis, ce n'était rien de le dire. Chayton était sincèrement désolé pour leur voisin, mais c'étaient eux qui risquaient gros sur ce coup-là. Ils risquaient probablement la mort si les peacekeepers leur mettaient la main dessus. L'homme n'était pas suffisamment fou pour croire en un service de justice. La justice ne signifiait rien, tout simplement. C'était un mirage qu'on pouvait offrir, rien de plus. Il n'aimait pas plus que cela les mirages. La situation leur échappait complètement et cela le rendait furieux. Chayton n'avait plus ressenti une telle rage depuis longtemps. Cette même rage qui brûlait ses entrailles et menaçait de tout renverser sur son passage. C'était bien pour cette raison qu'il demandait conseil à Nikolaas car il craignait le fait de ne pas arriver à se contrôler, d'exploser complètement. Le skinchanger avait déjà toutes les réponses à ses questions, mais il n'était pas convaincu que cela soit une bonne chose. Il grogna quand il entendit Nikolaas dire qu'ils ne pouvaient que le relâcher, c'était soit ça, soit le tuer. Dans un cas comme dans un autre, cela ne serait pas bon.

Mais le léopard ne pensait pas comme son ami, convaincu que le jeune les dénoncerait pour sauver sa peau. Il n'avait aucune loyauté envers eux, il n'était pas un voleur, lui. C'était du moins ce que pensait Chayton. Il n'était pas un tueur, refusait d'en devenir un, mais on ne pouvait pas toujours faire ce qu'on voulait dans la vie, c'était un fait.

« C'est notre voisin, il ne va pas oublier notre tête ainsi. »

Malheureusement, sinon tout serait si simple et il en serait bien heureux. Il aimerait bien que la vie se résolve en un claquement de doigts, n'est-ce pas ? Tout pourrait bien aller. Mais la vie n'était jamais aussi facile qu'on ne l'espérait, bien au contraire. Elle était bien souvent semée d'embûches et cela pouvait donner bien des migraines. Chayton était entrain de réfléchir tout en écoutant Nikolaas quand quelque chose clocha. Il posa son regard foncé sur son ami qui venait de cesser de parler pour pousser un gémissement et enfin terminer sa phrase. Sans réfléchir, le skinchanger l'attrapa dans ses bras, l'entourant. Ses yeux s'écarquillèrent quand il vit le jeune debout, avec une arme à la main. Non, c'était un cauchemar. Le jeune qui avait semblé si faible auparavant, avait un visage fermé et aussi froid que de la roche. Chayton aurait pu croire qu'il était entrain de délirer, mais il était tout sauf entrain de délirer et il le savait bien. C'était cela le plus horrible, quand on se trompait sur quelqu'un et que la dite personne vous renvoyait sa réalité sans aucune pitié. Le skinchanger posa son regard sur Nikolaas.

« Mec, on a un problème de taille là. »

Et ce n'était rien de le dire, il vit le jeune s'approcher. Même sa manière de se mouvoir n'avait rien à avoir avec le reste. Chayton tira son ami pour l'aider à avancer et automatiquement, se mit entre lui et leur très cher voisin psychopathe. Sans réfléchir, il laissa un grondement remonter le long de sa gorge en signe d'avertissement. Soit il ne grondait pas suffisamment fort, soit il avait vraiment l'air inoffensif.

« C'est pas contre vous les mecs... Mais vous allez me créer des emmerdes. Des indices. »

Non mais c'était le pompon celle-là ! Chayton étouffait de rage tellement il n'en croyait pas ses oreilles. Il devait être entrain de délirer, il allait ouvrir les yeux, se réveiller et se taper une barre avec Nikolaas, s'était obligé pour le coup. Non, aucune barre en vue, juste l'horreur du moment que ce jeune avait tiré sur son ami voleur. La rage remplaça tout le reste. Le skinchanger bondit en avant et avant que leur voisin ait tiré, il lui brisa le poignet, faisant tomber l'arme. Il n'entendit pas son hurlement, Chayton était complètement dans sa bulle. Ses mains se placèrent autour de la tête du jeune et une voix résonna dans son esprit. Une voix qu'il n'avait plus entendu depuis un an. La voix de sa maîtresse qui disait qu'il pouvait le faire. Bien entendu qu'il pouvait le faire. Les cervicales se brisèrent dans un bruit rauque et le corps s'effondra alors que Chayton observa le corps inerte, n'y croyant pas. Il venait de tuer quelqu'un froidement. Un hoquet de surprise lui échappa.

« Nikolaas. »

C'était un appel à l'aide. L'appel à l'aide d'un tueur. Risible, n'est-ce pas ? Mais il était ainsi, le skinchanger n'assumait aucunement ce qu'il était.

Spoiler:
 
Revenir en haut Aller en bas

Invité
Invité






MessageSujet: Re: On fait ce qu'on peut avec ce qu'on a (Chayton)   Jeu 07 Mai 2015, 06:43

Une lance de douleur le traversa de parts en parts avant de ressortir du côté par lequel elle avait pénétré sa chair. Des étoiles dansèrent devant les yeux de Nikolaas qui tomba en avant, déséquilibré par la surprise. Son corps entra en contact avec celui du Skinchanger qui pivota, semble-t-il pour le protéger. Nikolaas chercha sur son torse, mais le sang chaud suintait de son dos. Il appuya d'une main tremblante sur sa blessure pour sentir son flot vitale s'écouler entre ses doigts. Ses omoplates entrèrent en contact avec le mur, contre lequel il devait se faire violence pour rester conscient. Ensuite tout se passa extrêmement vite. Nikolaas ne comprit pas un mot de ce que leur dit leur voisin mais il vit distinctement Chayton se jeter sur lui. Il luttèrent quelques instants dans un amas de rage, jusqu'à ce qu'un craquement distinctif retentissent. Le cœur de Nikolaas rata un battement. Le gigolo éructa avant de s'écrouler sur le sol comme un vulgaire tas de chiffons.
Un long frisson glacial parcourut la colonne vertébrale du chapardeur. Et ce fut le silence.

Il s'écoula de longues secondes durant lesquelles le voleur se sentit dans un autre monde, comme s'il se trouvait hors de son corps entrain d'observer la scène. Ce n'était pas possible, ce ne pouvait pas être réel. Nikolaas connaissait la mort, il avait perdu sa sœur, il avait fait les Hunter Seasons. Il connaissait le sang, l'odeur des cadavres en putréfaction, les hurlements des derniers souffles. Mais jamais, jamais jusqu'à présent, il n'avait vu quelqu'un mourir devant ses yeux.
Et de toute évidence, vu l'angle étrange que la tête du garçon faisait avec le reste de son corps, plus aucun souffle ne s'échapperait plus de ses lèvres.

Ce furent les syllabes du prénom du chapardeur qui se faufilèrent entre celles de Chayton. Nikolaas leva les yeux pour découvrir, éberlué, le visage blême de son partenaire. Ni l'un ni l'autre n'avait voulu ça. Ni l'un ni l'autre ne savait quoi faire à présent.

« Chayton. »
répondit-il pour signaler sa présence.

L'écoulement de son sang le rappela à l'ordre et il percuta aussitôt quelque chose d'étrange : Chayton avait réussi à tuer quelqu'un. Avec une main reliée à un bras qui le faisait souffrir car perforé par une balle. Etait-ce la rage qui lui avait donné cette force ? L'instinct de survie ? L'homme était capable de tout pour sauver sa peau. Davantage quand celle de quelqu'un à qui il tenait était aussi en jeu.
Nikolaas tituba jusqu'à son ami et posa une main sur son épaule valide.

« Nous nous occuperons de lui plus tard... La nuit... ne devrait pas... tarder à tomber. On ne nous remarquera pas, nous ne serons que.... deux blessés de plus... parmi la racaille qui traîne à cette heure. Viens... »

La douleur pour l'instant lui faisait se foutre de tout. Ils devaient aller quelque part, retourner à la planque et vérifier si celle-ci n'avait pas été fouillée, tout en évitant les éventuels peacekeepers qui pouvaient traîner. Prendre le fric. Déménager serait le plus simple, ils ne pouvaient pas décemment rester dans un appartement dont la porte était défoncée par les balles. Ils devaient se casser ; avec le fric de leur dernier larcin, ça ne devrait pas poser trop de problème.
Et surtout, songea-t-il son instinct en alerte, ils devaient se soigner. Ils devaient bouffer.

Nikolaas se baissa, tremblotant, pour faire son manège habituel. Il saisit l'arme tombée à terre et la confia lourdement à Chayton – il ne voulait pas de ça dans ses affaires. Parcourant le corps du prostitué, il trouva une petite bourse presque vide, mais donc chaque pièce compterait par la suite. Il s'appuya sur ses genoux vacillants pour se redresser, avant de fixer Chayton d'un regard brillant.

« Rentrons à la maison. »

Spoiler:
 
Revenir en haut Aller en bas

Invité
Invité






MessageSujet: Re: On fait ce qu'on peut avec ce qu'on a (Chayton)   Mer 13 Mai 2015, 19:44

Il devait être dans un mauvais rêve. Il allait forcément se réveiller de cet affreux cauchemar. Chayton avait l'impression qu'il allait rendre ses tripes. Il regarda ce corps mort, le cou brisé. Il ne pouvait pas croire que cela était arrivé et pourtant c'était bel et bien le cas. C'était lui qui avait fait cela. En réalité l'ancien cow-boy savait tuer. C'était un bon gars, mais un gars complètement brisé. Dix d'esclavage avaient suffit pour lui faire perdre la tête. Il s'en rendait seulement compte à présent. Il refusait d'être ce genre de personne, ce genre de monstre et pourtant il l'était. Un haut le cœur le secoua. Le skinchanger avait oublié la douleur du bras, mais elle se rappela vivement à lui et il regarda la plaie béante comme s'il la découvrait. C'était vraiment un cauchemar. Qu'est-ce qui se passait ? La journée avait si bien démarré avec ce vol et voilà où ils en étaient à présent. Devant un corps encore chaud d'avoir été tué. Il appela Nikolaas à l'aide en prononçant son prénom, clairement. Il avait peur d'être abandonné et de souffrir éternellement.

Il ne voulait pas de cette vie de solitude et de souffrance. Le brun plus âgé que l'autre voleur le regarda. Il avait les pupilles extrêmement dilatées, preuve de sa panique immense. Il avait l'impression qu'il allait crever sur place. Peut-être bien que cela pouvait arriver quand on avait autant peur. Chayton était complètement déconnecté de la réalité tandis que le sang lui battait aux tempes de manière régulière. Respire, respire ne cessait de dire une petite voix au fond de sa tête. Une main chaude sur son épaule le sortit de sa rêverie et il se tourna vivement vers Nikolaas. Il aurait pu oublier son ami s'il n'avait pas pris garde et délirer toute la soirée sur ce corps qui gisait devant lui. S'il avait été seul nul-doute que les peacekeepers auraient mis la main sur lui, mais il n'était pas seul, clairement pas.

« Laisser le corps ? »

Certes le jeune avait semblé vouloir leur peau, mais était-ce une raison suffisante pour laisser un corps ? Chayton n'aimait pas laisser un défunt dans un coin, cela le dérangeait profondément. Mais il se demandait si on en avait quelque chose à faire de ses idées. D'un côté mieux il fallait mieux pas lui demander son avis vu l'état dans lequel il se trouvait. Il était complètement dans les vapes sans savoir vraiment quoi faire. Il était perdu et ce n'était rien de le dire. Mais ils devaient se soigner. Chayton se doutait bien que dès qu'il s’assiérait, toute l'adrénaline retomberait et il souffrirait comme un chien, chose qu'il n'était pas. Le voleur hocha donc la tête et suivit Nikolaas un peu à la trace pour le regarder prendre une arme. Cette dite arme atterrit dans ses mains, mais il ne dit rien, complètement stoïque. Il regarda l'autre homme fouiller le corps. Cela ne semblait pas lui poser problème et le léopard se demanda sérieusement comment il faisait cela. Rien que la vision lui donnait envie de vomir. Quand il entendit enfin les mots pour partir, il hocha vivement la tête. Il planqua l'arme sur lui avant d'attraper par le coude Nikolaas pour le tirer, clairement.

Cette soirée avait terminé en véritable fiasco et il n'osait pas imaginer ce qui les attendait par la suite. Peut-être bien qu'on viendrait les interroger pour leur voisin ? Il espérait bien que non.
RP TERMINE
Revenir en haut Aller en bas
 

On fait ce qu'on peut avec ce qu'on a (Chayton)

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 2 sur 2Aller à la page : Précédent  1, 2

 Sujets similaires

-
» Empêcher un train de partir en marche arrière
» Header de Fond Parfait
» peut on faire ce jeux avec game maker
» Que peut-on faire avec GameMaker ?
» Un membre ne peut pas poster avec sa wii

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
CONSIGN TO OBLIVION .} :: The Fifth Chapter :: Memories-