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 Walk On The Wild Side {Livio/Chayton}

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MessageSujet: Walk On The Wild Side {Livio/Chayton}   Lun 1 Déc - 13:31







Walk On The Wild Side



Livio & Chayton








Loterie du RP




« Plucked her eyebrows on the way
Shaved her leg and then he was a she
She says, hey babe, take a walk on the wild side
Said, hey honey, take a walk on the wild side
»

La forêt inspire le repos, un lieu magique, l'endroit où Blanche-Neige a rencontré des animaux adorables et séjournait chez les sept nains. Mais nous ne sommes pas chez Disney ici. Messieurs méfiez-vous car un sorcier malveillant a décidé de ne pas y aller de main morte. Vous enfermant dans une illusion abominable, alors que vous vous promeniez tous les deux dans les bois, au même endroit. Quelle idée saugrenue à une heure si noire et avancée de la nuit ! Peut être vous étiez-vous perdus ? Tout se passera dans votre tête mais cela paraîtra tellement réel... La forêt ne sera plus peuplée de jolis oiseaux qui chantent jusqu'à vous rompre les tympans mais de malsains Cerbères prêts à faire de vous leur repas. Encerclés, sans échappatoire. A vous de savoir combattre ces chiens de l'Enfer ou plus raisonnable... les fuir. Les arbres s'agrandissent, la forêt entière s'agite. Qu'en penses-tu Chayton ? Le léopard qui niche en toi va t'il t'inspirer la ruse légendaire des félins, sauras-tu te faufiler hors de ce terrible faux pas ? Et toi Livio ? La terreur te paralysera t'elle ou vas-tu réussir à rassembler tes esprits ?

Ordre de Passage:
 



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MessageSujet: Re: Walk On The Wild Side {Livio/Chayton}   Sam 6 Déc - 21:05


ACTE I

"I'm goin' deeper underground
There's too much panic in this town"




Pourquoi ? Pourquoi la forêt ?
Très bonne question certainement, mais la réponse n’en n’était pas moins floue. Un obscure lubie qui tout d’un coup était née sous le crane tempétueux de Livio.
Maintes raison auraient pu expliquer cette envie irrépressible d’aller marcher qui s’était emparée de lui : Le carcan insalubre de son appartement, l’agitation de l’immeuble, la foule qui dans cette après-midi n’en finissait pas de s’agiter, de le contrarier. Livio aimait la foule, mais à double tranchant : il lui arrivait parfois que cet amas de gens ne le saoule jusqu’à l’ivresse, la mauvaise ivresse. Oui, parfois les gens lui donnaient la gueule de bois.
Alors, il n’avait rien dis. Il avait fermé la porte, tourné la clef dans un geste quasi mécanique. Il n’avait salué personne en descendant et avait à peine entendu les recommandations de sa logeuse qui s’inquiétait de le voir si peu vêtu : les soirées étaient fraiches en ce moment, ses rhumatismes ne mentaient jamais la dessus.
Mais le petit gitan n’en n’avait cure, il voulait marcher, il voulait courir, ses jambes l’en démangeaient presque.
Les mains dans les poches il avait fait un détour par le quartier français, à peine s’était-il approché  des immeubles que la musique lui parvint aux oreilles. C’était son quartier préféré, il y passait le plus clair de son temps et se demandait toujours comment les gens n’avaient pas réussi à le lier aux divers vols à l’étalages. Il était peut-être trop bon pour eux ?
Mais malgré la musique, malgré le réconfort que cette pensée portait à son orgueil, il n’arrivait pas à faire passer sa nausée du monde, son dégout de l’autre.
A contre cœur il avait alors laissé les voix, la joie, la fête pourtant si tentatrice. Il avait remis ses mains dans ses poches et continué sa route sans savoir où aller.

       Peut-être que cet indéterminisme de ses pas, ce subconscient de son trajet ne l’avait pas mené à cet endroit précis pour rien ?
Ou peut-être que si au final. Quoi qu’il en soit, devant lui se trouvait l’entrée de la foret. Il sentait parvenir à ses narines les effluves de lycènes : cette mousse sauvage qui s’appliquait à couvrir l’écorce des arbres, il y avait dans l’air l’odeur du petrichor, des feuilles humides, de la terre vierge. Lentement, il entreprit d’enlever ses chaussures. Le contact de ses pieds nus contre le sol doux et froid lui arracha un frisson de plaisir. Fermant les yeux il se concentra un instant sur la sensation étrange que lui prodiguaient les chatouilles des brins d’herbe contre la plante de ses pieds, le fond de l’air frais pourtant semblait le revivifier quelques peu, et poussé par cet élan de vie il entra dans la foret.
Mais il avait au fond du cœur, au fond des os un mauvais pressentiment : ce genre de pressentiment qui ne vous lâchent pas, comme une petite angoisse, un instinct primaire qui s’éveille en vous, qui vous dis «  attention danger », de plus la nuit tombait. Mais malgré cet avertissement, rien n’aurait pu le conforter dans l’idée de rebrousser chemin.

L’intérieur de la forêt n’était pas bien diffèrent de celui des autres forêts qu’il avait déjà vu. Mais le calme olympien qui y régnait avait quelque chose d’étrange. En tendant l’oreille on ne pouvait pas distinguer les bruit de la ville pourtant si proche, surement bloqués par l’épais rideaux de végétation. Mais au-delà de ça, les oiseaux eux même semblaient être aux abonnés absent, même les craquement de bois ou le bruissement des feuille semblait sinistre.
Livio inspira un grand coup, de moins en moins convaincu par l’idée d’une balade dans une forêt aussi peu accueillante. Déglutissant, il sentit un instant la force lui manquer, les arbres tout en tronc et feuille se mirent un instant à tourner devant ses yeux et il eut la désagréable sensation de tomber à l’intérieur de lui-même. Se rattrapant à ce qu’il put il cligna des yeux rapidement et sursauta à l’entente de ce qui lui avait semblé être un grognement. Instantanément le brun se plaqua contre l’arbre le plus proche : dans ce silence si sinistre, le grognement avait parfaitement dénoté, trop dénoté pour n’être qu’un coup de son esprit.
Qu’est-ce que ça pouvait bien être ? Une bête ? Un loup ? Il y avait vraiment des loups par ici ? Il n’avait pas vraiment envie de faire face à un loup, il était même certain qu’il ne ferait pas le poids face à un loup. Mais des loups a New-Orleans ? Etait-ce vraiment possible ?
Un nouveau grognement le fit se ratatiner un peu plus contre l’arbre, le souffle haletant. Cette fois c’était plus proche, beaucoup plus proche, beaucoup plus distinct. Soudain, il sentit un souffle lourd et moite dans son coup, une haleine fétide. Les yeux exorbités Livio les tourna très lentement, jusqu’à voir à sa droite un museau. Un museau qui devait au moins faire la taille de son torse. Tétanisé par la peur immonde qui lui nouait les tripes ses jambes tremblèrent. Il se décala dans un spasme violent espérant s’enfuir mais tout ce qu’il fit fut tomber à la renverse. A côté de ses pieds tombaient des filets de baves et il entendait renâcler un museau faisant de la buée dans la fraicheur de la nuit. Il faisait très froid, mais Livio s’en fichait : Relevant lentement la tête, à la source des filets de baves l’horrible tête de cerbère l’attendait.

Il est vrai que la peur donne des pouvoirs magiques, la peur donne des ailes surement… Mais actuellement Livio aurait très certainement battu Usain Bolt en course à pied. Il fonçait à travers l’épaisseur de la foret, fuyant dans tout le panache du couard, espérant peut être échapper au monstre qu’il avait vu.
C’était peut-être un mirage, songea-t-il un instant. Il pria pour que cette hallucination ne soit que le fruit de son cerveau fatigué. Aussi est-ce pour cela qu’il tourna un instant la tête, peut-être pour voir s’il était effectivement suivit. Mauvaise idée : Il rentra dans quelque chose. Quelqu’un. Quelque chose. Aucun moyen de savoir.
Le choc le coupa de plein fouet, avec violence tant il courrait vite. Sa fuite stoppé si durement le laissait pantelant, essoufflé comme jamais. Lentement il releva la tête vers la chose, ou la personne, en face de lui. De peur et de froid, il tremblait.
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MessageSujet: Re: Walk On The Wild Side {Livio/Chayton}   Mer 10 Déc - 22:10

La journée n'avait pas été des plus faciles. Voler les gens s'était avéré être plus dur que d'habitude, chose étonnante. Depuis un an que Chayton pratiquait le vol, il n'avait jamais eu de difficulté. Mais là en comptant son butin, en répertoriant les objets qu'il avait « emprunté » à durée indéterminé, il se sentait bien plus lasse que d'habitude. Il avait un drôle de pressentiment depuis le matin, un pressentiment qui ne le quittait pas. Il descendit de son petit muret qui marquait la fin de la ville et parcourut le reste du chemin qui allait le mener dans la forêt. Il prendrait soin de cacher l'argent dans un coin le temps de sa transformation. De toute manière qui irait chercher un trésor dans une souche de bois mort ? Personne. Le Skinchanger marchait avec légèreté et grâce, un pas qui n'était pas sans rappeler son léopard qui était là, juste sous sa peau. Il était un animal et quoi qu'il fasse, il le resterait à jamais. Voué à être une bête à cause d'une sorcière, sa maîtresse était toujours vivante, il le savait. Sinon, il ne serait plus de ce monde, il serait une bête à jamais, l'humain serait mort. L'homme marchait calmement, mais rapidement en direction de sa petite planque. Il n'avait pas de logement fixe, allant d'un lieu à un autre selon les jours.

Des lieux qui lui paraissaient plus ou moins accueillants selon les moments. Mais quelque chose clochait aujourd'hui dans la forêt. Chayton s'arrêta brusquement, ayant l'impression d'avoir entendu un bruit. Un tressaillement courut le long de son échine à cette pensée, impossible. Il avait l'impression de flairer une bête qu'il n'aurait jamais dû sentir. Il tourna la tête et sans réfléchir se mit à courir. Il tentait d'échapper à quelque chose. Quoi ? Il ne savait trop rien, il courait, tout simplement. Courir pour survivre alors que vous sentiez le très méchant croque-mitaine non loin de vous prêt à vous croquer. Il l'entendit, cette fois-ci il l'entendit et il le vit. Chayton tourna la tête pour voir une immense bête qui ne devrait exister que dans des mirages. Un cerbère, une bête à trois têtes. Le félin en lui feula. Le skinchanger détestait se sentir coincé et là, il l'était et pas qu'un peu. Sans plus attendre, il se remit à courir, sautant par-dessus des troncs d'arbre, des fougères. Il ne devait pas s'arrêter, sous aucun prétexte. Mais quelque chose l'emboutit.

L'homme tomba au sol et se redressa lentement avant de reconnaître l'individu devant lui.

« Livio ? Mais... Qu'est-ce que tu fais là ? »

Chayton avait le souffle rauque alors qu'il regarda le voleur gitan, un gamin qu'il avait croisé une fois et qui passait son temps à l'enquiquiner. Oh en soi ce n'était pas grave, le léopard le tolérait dans sa vie sans broncher. L'homme se redressa et regarda par-dessus son épaule.

« On doit y aller... Il y a des choses dans cette forêt, on y va ! »

Il attrapa l'autre homme par le bras et le tira soudainement en direction d'un tronc d'arbre.

« Il faut grimper, en hauteur on sera mieux, ok ? Monte ! Monte ! »

Il le poussa, tentant de le faire monter. Le léopard en lui grondait, oui, monter. C'était la solution. Aucun prédateur n'irait le chercher en hauteur, sauf un autre léopard. Mais cette bête, en réalité plusieurs, qui les coursait ne pouvait pas monter, c'était du moins ce qu'il espérait. Sans plus attendre, Chayton chopa une branche et se hissa sans difficulté dessus. Il s'accroupit et regarda en contre-bas. La bête approchait, soufflant, écrasant des branches sur son passage. Un éléphant dans un magasin de porcelaine. Il se sentait encerclé par la forêt qui semblait s'étirer infiniment comme jamais. Il avait l'impression d'être dans une cage et il détestait l'idée. Il s'était justement échappé de l'une d'elles, ce n'était pas pour en plus y retourner ! Son souffle s'accéléra alors qu'il jeta un regard sur Livio, nerveux. Son plan risquait de ne pas marcher, pas du tout même.
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MessageSujet: Re: Walk On The Wild Side {Livio/Chayton}   Sam 13 Déc - 22:52


ACTE II

"I'm goin' deeper underground
There's too much panic in this town"




Il n’avait pas du tout pensé que sa balade tournerait ainsi. S’il avait su, mon dieu s’il avait écouté sa logeuse pour une fois, s’il était retourné sur ses pas, s’il avait écouté ce fichu pressentiment il serait peut-être au chaud au fond de son lit à cette heure-ci. Pas en train de mourir de peur dans une forêt obscure de la banlieue de N. o. Mais qu’est-ce que ça pouvait bien être que ces choses ?
Des tremblements agitaient nerveusement son corps, pourtant aussitôt il releva la tête vers ce qu’il avait percuté. Il s’attendait à tout, un arbre, un rocher, n’importe quoi sauf une personne.
Surtout pas lui. Chayton. Ou papy comme il aimait à l’appeler. Il aimait bien ce vieux grigou qui exerçait le même métier que lui, il avait d’ailleurs remarqué que celui-ci s’était amélioré dans l’exercice de son art mais qu’il manquait parfois d’un peu d’assurance.
Assurance il pouvait bien parler lui, le roi des trouillards.
Ce qu’il préférait chez Le vieux, c’était sa façon d’être déconnecté de la réalité, et même s’il savait que c’était désagréable, il adorait passer son temps à l’embêter et lui jouer des tours comme un gamin insupportable. C’est ce qu’il était au fond, un gamin insupportable.
Et actuellement un gamin apeuré.

« Livio ? Mais... Qu'est-ce que tu fais là ? »

Il se posait exactement la même question.
Il aurait voulu lui répondre, mais son souffle était erratique et coupé. Les mots qui se bousculaient dans sa bouche refusaient ne serait-ce que de sortir. Il hésitait entre lui répondre, crier son prénom désespérément, l’avertir du danger ou lui dire de courir. Autant de choses qu’il ne pouvait formuler tant l’horreur avait pris le pas sur lui.
L’autre qui semblait en meilleurs état que lui se releva.

« On doit y aller... Il y a des choses dans cette forêt, on y va ! »

Le brun se mit à hocher la tête compulsivement, essayant de se relever. Heureusement Chayton se mit a le tirer par le bras. Il vacillait encore sur ses jambes, elle semblaient presque en coton. Peut-être était-ce à cause de la violence avec la laquelle il s’était stoppé alors que sa course avait été si rapide ?

« Il faut grimper, en hauteur on sera mieux, ok ? Monte ! Monte ! »

Un instant il crut tomber quand Chayton le poussa, mais un grognement qui se fit entendre au loin sembla lui redonner toute son énergie. Aussitôt qu’il s’approcha de l’arbre, ses reflexes d’acrobate ( ou ceux de survie) se mirent en branle. D’un bond agile il agrippa une branche et se hissa dessus, puis une autre, et encore une ; pour être à l’abris de ces prédateurs. Ses doigts étaient complètement crispé contre le bois, ses ongles s’enfonçaient dans l’écorce au point de presque l’arracher en lambeaux.


La respiration erratique de Livio tranchait dans le silence de plomb. Sa gorge le brulait terriblement et chaque respiration se faisait douloureuse. Soudain il sentit  du mouvement en dessous de lui, tandis que Chayton se baissait pour observer, lui s’écrasa un peu plus dans les branches couvrant sa bouche de sa main, pour étouffer les bruits de sa respiration. Il ferma les yeux, son corps n’arrêtant pas de trembler. Un grognement plus fort le fit sursauter. Qu’est-ce que ça pouvait bien être ? Ces.. Ces monstres, c’est bêtes sorties tout droit du bestiaire de Satan. Madre de dios, abuelita avait il fauté à ce point ? qu’elle croyance avait-il perverti ? était-il maudit à jamaaaaaais ?
Stop, il fallait qu’il arrête. Sinon il allait se mettre à paniquer monstrueusement, plus qu’il ne le faisait déjà.

Il senti alors une œillade insistante sur lui. Rouvrant les yeux, son regard se confronta à celui, inquiet de Chayton. Une même interrogation commune dans leur regard de bête traquées : que faire ?

« O-on…est p-piégés… » C’était un constat. Une affirmation. Sa voix était un murmure, pour éviter peut être que les bêtes ne les entendent.

Il s’était tut. Et avait commencé à se ronger les ongles nerveusement, observant le plus âgés à ses côtés.

« Chayton…qu’est-ce que c’est que ça ? Pitié dis-moi que je suis ivre, que j’ai pris quelque chose mais… que ce n’est pas vrai. »

Il passait ses mains sur son visage, lentement, dans l’espoir de se clamer, soufflant doucement par la bouche. Après quelques seconde de cet exercice, troublé plusieurs fois par les grognement et les bruits de branche qui craquaient il se décida à jeter un coup d’œil. Sous eux, il voyait se mouvoir des ombres très peu rassurantes. Il dégluti.
Tournant la tête à droite et à gauche il ne voyait aucune échappatoire dans leur prison de branche

« T’as un plan ?... dios mio… on est mal…»

Un instant il essaya de se hisser sur une autre branche, mais le craquement sinistre qu’elle fit ne lui plut pas vraiment. Il retourna donc s’assoir sur sa branche frottant ses bras engourdis à cause du froid.
C’est là qu’il remarqua une chose étrange. Sur l’écorce écorchée de la branche, un étrange liquide rouge rubis brillait dans la pénombre…du sang ?
Livio regarda ses pieds. Ils étaient toujours nu et… en sang ; il ne s’en était pas rendu compte !
Le froid qui lui mordait tout le corps avait totalement endormit la douleur. Il avait dû se les ouvrir quand il avait fui la première fois…
Il n’avait pas mal et les blessures étaient légères tant qu’elle ne s’infectaient pas, pourtant il lança un regard horrifié à Chayton : Il priait pour que les bêtes ne sentent pas l’odeur du sang…
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MessageSujet: Re: Walk On The Wild Side {Livio/Chayton}   Ven 19 Déc - 23:20

Le silence rythmait la forêt. Un peu trop de silence à son goût d'ailleurs. Il jeta un regard en coin à Livio qui semblait étrangement silencieux et en état de choc. Chayton était inquiet, il ne fallait pas croire. Mais il tentait de se raisonner. Il avait vécu de nombreuses terreurs en dix ans d'esclavage et il avait appris quelque chose dans l'horreur, il avait appris à survivre. Jamais le léopard n'avait cru que l'autre homme serait capable de grimper et d'un autre côté, grand Dieu heureusement ! Son regard se posa sur la forme en contre-bas tandis qu'il vit du coin de l’œil l'homme se couvrir la bouche. Le skinchanger ne fit aucun commentaire, continuant d'observer ce qu'il avait sous les yeux. Il n'y croyait tout simplement pas. Une créature d'horreur, voilà ce qu'il avait sous les mirettes. Un cerbère des enfers, qui irait les croire ? Oui piégés comme des rats et le félin n'aimait pas la sensation. Son regard se posa sur Livio qui se rongeait les ongles. Il détestait les gens qui se rongeaient les ongles, cela avait l'affreuse tendance à le stresser. Chayton savait très exactement ce qu'il voyait. Malheureusement, il semblerait que cela soit réel, mais comment ?

« Ce sont des cerbères. »

Murmura-t-il faiblement, non pas par peur, mais parce qu'il avait l'impression que s'il le disait cela trop haut, cela rendrait les choses tangibles. Une onde de choc le traversa tandis qu'il tenta de réfléchir. Mais ce n'était pas facile avec Livio à côté de lui, cela avait tendance à le rendre encore plus nerveux à dire vrai. Il tentait de réfléchir, mais l'homme secoua la tête, ce qui amena le léopard à se concentrer sur lui. Il avait envie de lui hurler de se taire. Ce comportement n'était pas habituel et il fronça les sourcils. Ce n'était pas quelqu'un d'agité habituellement. Mais le skinchanger crut que son sang n'allait faire qu'un tour alors que l'homme grimpait sur une branche. Quoi il voulait tomber dans le vide ?! Il en avait marre de vivre ? Le léopard le regarda d'un air dur et il se figea en voyant un liquide carmin couler le long de l'écorce. Il suivit le regard de Livio et regarda ses pieds. Oh non... Son regard se posa alors sur le sol là où se trouvaient à présent deux cerbères. Il n'en crut tout simplement pas ses yeux alors que le félin crut jurer entendre tomber une goutte de sang. Aussitôt, un des cerbères redressa la tête et ses mâchoires claquèrent dans l'air.

Repas, ils seraient leur repas. Chayton se tétanisa, les muscles bloqués tandis qu'il réfléchissait à vive allure. L'autre cerbère se jeta contre l'arbre, faisant onduler l'arbre dans un mouvement étrange.

« On doit partir et vite. »

Sinon, le tronc allait bientôt céder. Quoi c'était impossible ? Rien ne semblait impossible dans ce cauchemar, au contraire. Tout semblait si réel, si tangible, cela en était dérangeant. Il regarda le jeune voleur et lui posa une main sur l'épaule.

« Nous n'avons pas le choix, ils vont nous manger, ils ont senti le sang. »

Il ne rajouta pas qu'ils allaient se faire chasser, pourquoi faire ? Chayton se redressa sur sa branche et ce fut à ce moment qu'elle décida de céder. Le skinchanger s'entendit hurler et par chance réussit à se rattraper à un bout de branche tandis qu'il sentit sous lui les cerbères qui claquaient leurs mâchoires. Il tendit sa main et la referma sur la cheville de Livio avant de lui jeter un regard brûlant.

« Aide-moi, ne me laisse pas. »

Sa voix ne résonnait pas de peur, elle résonnait de la certitude que s'il n'était pas aidé, il ne s'en sortirait pas. Il leur fallait une diversion, mais comment faire une diversion quand vos jambes pendaient dans le vide ? Le skinchanger avait beau être en meilleur forme qu'un simple humain, il avait tout de même des limites. Lentement, il glissa sur sa branche et ses yeux s'agrandirent tandis que ses jambes approchaient dangereusement des gueules béantes. Les grondements sous lui étaient la preuve qu'ils avaient faim et n'hésiteraient pas à le dévorer, lui d'abord ensuite Livio. L'homme posa alors son regard sur une branche proche de lui et une idée étrange traversa son esprit, une idée de félin.

« Passe dans l'autre arbre, vas-y maintenant. Tu ne te retournes pas et tu utilises une branche solide proche de toi. Tu m'entends ?! »

Une idée de gros chat le torturait de plus en plus. Il regarda Livio, espérant qu'il allait accepter de fuir pendant que le chat allait jouer avec les chiens. Ils ne pouvaient pas s'en sortir ensemble, l'aîné voyait bien que son cadet paniquait. Il devait l'aider. Trop bon, trop con, hein ?
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MessageSujet: Re: Walk On The Wild Side {Livio/Chayton}   Ven 26 Déc - 13:39


ACTE III

"I'm goin' deeper underground
There's too much panic in this town"





N’importe quel endroit sur terre aurait été préférable à celui-ci. Absolument n’importe lequel. Même les cellules de prison aussi insalubre soit-elle l’aurait plus rassuré que cet endroit. Et il en avait passé des nuits en prisons pour sûr. Mais là… Là c’était très mauvais. Quand Chayton lui annonça la vrai nature de ces bêtes, il dû se retenir de ne pas rire craignant que ses nerfs lâchent. Des Cerbères. Des… Cerbères.

« c’est…pas… p-possible… pas possible. » Murmura-t-il presque en silence, ses lèvres seulement bougeant mais sans presque sortir aucun son.

Tant bien que mal il essaya de se calmer de respirer. De faire quelques chose pour ne pas se mettre à paniquer vraiment. Mais c’était impossible presque, à chaque respiration il avait l’impression que les choses devenaient de plus en plus réelles.

Et les choses se mirent à empirer lorsque qu’il découvrit l’état de ses pieds. Son regard suivant celui de Chayton, une grimace d’horreur lui apparut sur le visage. Oh mon dieu non. Non non non.
Il se sentait de plus ne plus mal, prêt à défaillir alors qu’il voyait une longue goutte couleur rubis glisser sur l’écorce, lentement, très lentement. Dans une course inexorable qu’aucun d’eux ne pouvait arrêter. Et le sentiment d’impuissance fasse à la fatalité qui allait se produire était une émotion qui lui tordait les boyaux. Quand la goutte quitta son perchoir pour tomber, happée par mère gravité, il ferma les yeux. C’était fini pour eux.
Le secousse était aussi inattendu qu’horrible. Il se rattrapa in-extremis à la branche, manquant de tomber. S’il avait encore des doutes quant à sa santé mentale et la véracité de l’existence de ces bêtes démoniaques, ces doutes pouvaient s’être envolé avec la dureté et la réalité de ce choc contre l’arbre.
Leur cachette n’était que dérisoire, au bout de quelques instant elle finirait par les lâcher, l’arbre par tomber. Avec un peu de chance ils mourraient dans la chute, avant que ces bêtes de viennent leur dévorer les entrailles, vivant.
Ce que Chayton lui dit, un simple constat, lui sembla pourtant la parole la plus sensé depuis des décennies. Effectivement partir, il fallait partir. Il ne pouvait pas détacher son regard du sol, trop horrifié de voir que quelques gouttes de son sang avaient suffi à énerver en un tel point les cerbères. Il sursauta au contact de la main de son ainé, se retournant vivement il plongea son regard désespéré dans le sien. Oublié le Livio sûr de lui et au bagou impressionnant, il avait actuellement plus l’air d’un gamin en plein cauchemar et complètement perdu.

« Nous n'avons pas le choix, ils vont nous manger, ils ont senti le sang. »

Le brun hocha la tête vivement. Le contact rassurant du plus vieux avait réussi à le calmer quelque peu. Fuir. Se calmer. Et fuir. Il avait maintenant l’étiquette « apéritif de choix » collé sur la tête.
Lentement il suivit Chayton du regard lorsque celui-ci se releva, mauvaise idée puisque c’est là que sa brancha lâcha. Le bruit et le hurlement le figèrent sur place, tétanisé par la brusque chute de son compagnon d’infortune. Il dû se faire violence pour se ramener à la réalité et voir, que l’autre le fixait avec un regard rempli de quelque chose qu’il n’aurait su d’écrire mais qui ne l’ébranlait pas moins pour autant.

« Aide-moi, ne me laisse pas. »

Il ne sut quoi répondre à la supplique. Il se contenta de hocher la tête assez vite pour se déboiter les cervicales. Son corps toujours refusait de lui obéir et il voyait Chayton glisser lentement le long de la branche. Est-ce qu’encore une fois il allait faire le lâche. Mais que pouvait-il faire, il n’était pas un sorcier, il n’était pas un battant, il n’était qu’un pauvre humain maigrichon qui s’efforçait chaque jour de survivre jusqu’au suivant dans ce monde de dingues.
Trouver une solution à cet enfer semblait être peine perdue…

« Passe dans l'autre arbre, vas-y maintenant. Tu ne te retournes pas et tu utilises une branche solide proche de toi. Tu m'entends ?! »

Il sursauta de panique quand l’autre haussa le ton. Il hocha la tête vigoureusement une seconde fois, Il avait l’air de savoir ce qu’il faisait, et pour l’instant suivre les indications lui semblait le mieux à faire. Il fallait bien qu’il se secoue dans un cas d’urgence si extrême. Articuler un mot était surement encore trop difficile, mais mieux valait faire une chose à la fois. Il ferma les yeux un instant et décrocha les mains de Chayton pour les lui tenir. Il en profita pour s’assoir sur la branche et s’y accrocher fermement grâce à ses jambes. C’était comme quand il était gamin.

« V…Va falloir que tu m’fasse confiance trente s-secondes avant. »

Il n’était pas dans une forêt sombre, entouré de bêtes des enfers. Il avait encore 13 ans, et avec quelques frères il fuyait les policiers en passant par la voie des air, les arbres, l’un d’eux avait glissé mais ce n’était pas un problème pour cette troupe d’acrobates. C’était tout. La routine. Pas de quoi s’inquiéter.
Il accrocha fermement les avant-bras de l’homme et se pencha un peu en avant. Certes il déglutit quand un cerbère réussi presque à mordre les pieds de l’homme qui pendant dans le vide… Puis d’un coup sec, il se laissa tomber en arrière, remontant Chayton à l’occasion ( ou du moins lui permettant de s’accrocher plus haut sur la branche et de remonter plus facilement ). Il se tint sauf de la chute grâce à ses jambes, fermement amarrées à leur branche commune. Après cet exercice de haute voltige, il n’eut pas le temps de reprendre son souffle. Il voulut poser sa main sur le dos de l’autre, lui dire qu’ils étaient tous les deux dans la même merde et qu’il n’allait pas le laisser. Mais il se souvint du regard qu’il lui avait lancé. Un regard qui lui avait bien fait comprendre qu’il serait un boulet plus qu’autre chose. Il se mordit la lèvre, regarda ses pieds en serrant les poings : ce n’était pas totalement faux.
Il prit une grande inspiration et se releva sur la branche, elle était pleine de sang. A ce moment-là un autre coup de tête de cerbère fit trembler leur perchoir précaire Il se cramponna tant qu’il put et lança un dernier regard à Chayton, mêlé d’inquiétude, de peur, mais surtout d’incertitude quant à leur devenir a tout deux.

« J’espère que tu sais ce que tu fais. »

Murmura-t-il, autant à lui-même qu’a son vis-à-vis.

Observant la branche solide légèrement en contre-bas, il évalua la distance. Un saut court. Il devait se rattraper dessus élégamment pour éviter de la fragiliser. Bandant tous les muscles de son corps, il rassembla son courage et sauta. La chose n’était trop difficile pour lui en réalité, mais la peur et le stress aidant, on avait vite fait de rater une réception.
Un fois stabilisé, il voulut se retourner pour voir l’état de Chayton, mais à peine sa tête eut esquissé le quart d’un tour qu’il se stoppa. Tu ne te retournes pas . L’injonction était étrange, pourtant un sens primaire, au fond de lui intima de suivre le conseil : fuir et ne pas se retourner.
Ainsi, sans un regard, il fuit. Il sauta de branche en branche, essayant de s’éloigner au possible de cet endroit maudit. L’autre ne lui avait pas dit quoi faire une fois son saut fait. Mais la peur déraisonnée qu’il ressentait lui avait hurler de fuir tant que les monstres semblaient occupé avec une proie toujours immobile.
A vrai dire, il se sentait un mal, encore une fois sa lâcheté avait fait des siennes et il avait abandonné quelqu’un à son sort. Mais que pouvait-il faire d’autre ? Il n’était pas un héros. Il n’était pas quelqu’un de bien.
Après un temps de fuite qui lui avait semblait interminable, il regarda autour de lui. Tout se ressemblait, partout les mêmes arbres, les mêmes bosquets. La seule chose qui pouvait indiquer sa provenance était la trainée carmin qu’il laissait derrière lui sur l’écorce, le sang qui s’effaçait un peu plus à chaque pas. Dans ce satané labyrinthe impossible de savoir où il allait, s’il sortait de ce cauchemar ou si au contraire il s’enfonçait un peu plus dedans à chaque pas.
Une idée lui vint alors. Il se mit à grimper plus haut dans l’arbre qui l’abritait, toujours plus haut. Jusqu’à la cime, jusqu’à ce qu’il puisse distinguer le haut de la forêt.
L’air glacé de la nuit et le vent lui fouettèrent le visage sans ménagement, il tremblait du haut de son perchoir de branches fines et craquantes. Devant lui, dans l’obscurité de la nuit s’étendait une mer noire, opaque : la foret. Si dense et sombre qu’il ne pouvait à aucun moment voir ce qui la constituait. Mais ce n’était pas ça qu’il cherchait, Il balaya cette mer du regard. Ce qu’il cherchait c’était un phare : les lumières de la ville qui n’étaient pas si loin. Lorsqu’il les aperçut, il ne put s’empêcher de se perdre dans un rire hystérique : le nord, il fallait qu’il remonte vers le nord.
Le craquement sinistre arrêta le temps. Pendant une longue seconde, il sut. Il sut que la branche sous lui avait craqué. Il sut qu’il y aurait chute. Il prit conscience de tout ce qui aller arriver. Et pendant ce temps qui lui sembla interminable il attendit. Et il chuta.
Comme Icare peut-être avait-il voulu aller trop haut ? Et sa chute alors qu’était-elle ? Un punition ? un châtiment pour ce qu’il avait abandonné plus tôt ?
Les bras des arbres, avec leurs mains griffues lui laceraient le visage et le corps, tandis que son dos frappait, rompait, emportait dans son passage bon nombre de branches . Il lui semblait alors que ce n’était plus une chute mais de véritables coups porté par ces être d’écorce. Ah ! Eux aussi alors avaient décidé de s’en prendre à lui.
Si à chaque branche heurtés il se faisait mal et perdait conscience, elles avaient au moins le mérite de le ralentir dans sa chute. Et quand l’irrémédiable ballet de branche arriva à sa fin, ce fut au tour du sol.
Ils sera les dent, attendant la plus horrible des chutes. Mais le mal ne fut pas celui attendu : il eut la chance de tomber sur un cercle de fée, un amas discret de mousses et de fougère. Certes, la douleur était toujours là, irradiante et prenant le pas sur sa conscience, mais il ne s’était pas fendu le crâne ou brisé le dos. A moitié sonné, il repris peu à peu conscience, sa tête plongeant parfois, partant en avant. Il ne s’était pas fait trop mal, mais saignait de diverses petites coupure, et d’un plus gros choc à la tête. Rien de grave, les plaies saignait plus qu’elles n’étaient dangereuses et s’arrêteraient bien vite de couler. Mais le choc enduré allait bien le laisser K.O quelques instant.
Un bruit soudain fit s’agiter des fougères non loin de lui : quelque chose se rapprochait... Un cerbère ?
Et merde. Pour l’instant il n’était pas en état de bouger.


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MessageSujet: Re: Walk On The Wild Side {Livio/Chayton}   Jeu 1 Jan - 14:47

Un félin retombait toujours sur ses pattes, mais là, il n'était pas sûr de pouvoir se réceptionner correctement. Chayton regarda un Livio paniqué qui ne semblait plus savoir où se mettre. Cela lui faisait une belle jambe tiens ! Le skinchanger serra les dents tandis qu'avec ses sens surdéveloppés, il pouvait flairer la panique de l'humain. Quand ses mains attrapèrent les siennes, le voleur l'interrogea du regard. Qu'avait-il prévu ? Il ne bougea pas tandis qu'il crut sentir l'haleine fétide des chiens contre sa plante des pieds. L'homme se tendit comme une corde tandis que bientôt, Livio se pencha en avant avant de reculer en arrière et de l'entraîner avec lui. Brusquement, le léopard dégagea une main pour attraper fermement une branche. Des échardes se plantèrent dans sa peau, mais ce genre de douleur était tout à fait supportable, il ne dit rien, se contentant de serrer les dents. Il pouvait se douter que le cœur de Livio battait follement. Il aurait voulu rassurer son cadet, lui dire que tout allait bien, qu'ils allaient s'en sortir. Mais la vie n'était pas aussi facile que des phrases qu'on balançait ainsi.

Le léopard ne savait pas vraiment s'il allait tenir son plan, mais il n'avait pas le choix. Il devait aider ce gamin, qu'importe comment. Probablement s'y prendrait-il comme un manche, voire sûrement, mais il n'avait pas le choix. Le félin hocha vaguement la tête quand Livio lui dit qu'il espérait qu'il savait ce qu'il faisait. Le skinchanger devait tenter l'aventure, tant pis pour le reste. Il le regarda filer, puis posa son regard foncé sur les cerbères qui attendaient en contre-bas. Sans plus attendre, il attrapa une branche de ses deux mains et se mit à se balancer dans le vide comme un gymnase. Un, deux, trois et soudainement, il sauta dans le vide. Il fit un roulé-boulé avant de se réceptionner au sol devant des cerbères médusés. Sans plus attendre, le félin piqua un sprint dans le sens inverse que Livio. Il n'avait pas le temps de se transformer. Il entendit le bruit rauque des chiens infernaux qui se mirent à le suivre. Chayton laissa ses sens le gouverner, cessant tout simplement de réfléchir. La bête en lui effleura la surface, incapable de venir.

L'homme courut, bondit par-dessus des branches, s'en moquant de se faire érafler la joue. Le sang jaillissait, mais les petites plaies se refermaient rapidement. La douleur qui tendait ses muscles n'attirait que son indifférence. Il pouvait le faire, il devait courir suffisamment longtemps pour éloigner ces monstres du gamin. Il y avait eu effectivement de la pitié dans son regard, de la pitié qui l'avait poussé à protéger Livio. Les léopards n'étaient pas des animaux de meute, c'étaient des solitaires, mais Chayton appréciait encore un peu les autres. Il n'avait pas complètement perdu sa foi. Peut-être bien un jour, mais pas aujourd'hui. Cours, cours soufflait la petite voix animale dans sa tête, ou la voix de la raison. Il ne savait même plus. Cela faisait dix ans qu'il n'était plus humain, il avait oublié ce que c'était. Les cerbères lui couraient encore après, le léopard était agacé et pas qu'un peu. Sans plus attendre, l'ancien rancher s'accrocha à une branche et se mit à grimper, encore et encore. Il avait mal partout, avait les cheveux en broussaille et il avait une faim de loup. Mais il s'interdisait de s'arrêter, il continuait de grimper. Il arriva bientôt au sommet de l'arbre, le souffle rauque.

Il s'appuya contre la branche, complètement en sueur, mais redressa la tête en entendant non loin du lui un bruit rauque. Crac, crac, des branches au loin se brisaient. La curiosité du félin le poussa à passer dans un autre arbre. Par chance une branche proche de lui, lui permit de passer dans le fameux conifère. Il continua lentement son chemin, se rappelant vaguement d'où provenaient les craquements. Il avait l'impression d'avoir rêvé. Un étrange rêve. Il écoutait les murmures de la forêt, se demandant bien où étaient les cerbères, cela lui faisait peur car il ne pourrait pas recommencer une seconde fois le cirque qu'il avait accompli. Il s'arrêta net en voyant des branches brisées et tendit la main. Le passage de quelque chose de lourd avait cassé de nombreuses branches. Il suivit le chemin, voyant des traces de sang ici et là. Il trempa son index dans une petite trace et huma l'odeur. Cela ne lui disait rien, quoi que... Mais Chayton fronça les sourcils et continua de descendre prudemment, les sens aux aguets. Il fut bientôt par terre et il le vit dans un amas de mousse et fougère, Livio. Dieu soit loué, il était vivant. Lentement, le léopard s'approcha de lui.

« Livio. »

Murmura-t-il. Il regarda autour de lui et eut bientôt franchir les derniers mètres qui les séparaient pour le regarder. Il regarda les traces de sang et du bout des doigts, tenta de les essuyer. Il allait encore se faire sentir ! Chayton grogna et le palpa vaguement, espérant que le jeune n'avait rien de cassé.

« Ça va aller. »

Non ce n'était pas vrai, cela n'allait pas aller du tout. Le skinchanger glissa un bras autour de la taille de Livio, contracta les muscles et le força à se redresser.

« Allez gamin, je ne vais pas te laisser crever, debout. »

Où étaient les cerbères ? Avec un peu de chance, de l'autre côté de la forêt, ouais c'est ça... Il n'y croyait vraiment pas. Chayton était vraiment entrain de se demander à quoi il jouait. Pourtant il n'en avait pas marre de vivre, mais là, il agissait vraiment comme un suicidaire. Sans plus attendre, il entraîna Livio, le portant plus qu'autre chose, ou le traînant selon les informations. Ils eurent une chance pas possible, une chance de joueur de loto. Sauf que le loto n'existait plus vraiment. Un arbre au tronc ouvert s'offrait agréablement à la vue du félin. Un arbre discret. Le trou ne se pénétrait pas ainsi, il fallait un peu grimper.

« Je vais t'aider. »

Et il poussa le petit voleur dans ce trou creux qui s'avérait bien plus grand que prévu. Qui pouvait bien avoir pu creuser sa petite maison là-dedans ? Sans plus attendre et avec souplesse, le félin se glissa dans la cavité et soupira de soulagement. La bête en lui appréciait ce petit coin caché où on pouvait se rouler en boule tout en observant l'extérieur. Chayton promena son regard sur Livio, tentant d'évaluer les plaies. Quant à celles du skinchanger, les plus légères étaient déjà fermées, n'ayant laissé qu'une marque de sang sur les zones à présent vierge. Et maintenant ? Attendre ? C'était un peu l'idée, se reposer et repartir dans cette histoire complètement folle.
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MessageSujet: Re: Walk On The Wild Side {Livio/Chayton}   Dim 4 Jan - 11:34


ACTE IV

"I'm goin' deeper underground
There's too much panic in this town"





Actuellement son cerveau s’était mis en pause. Il ne pensait plus. Oh si, il ne pensait qu’a une chose : Une toute petite ritournelle qui s’étant frayée un chemin dans sa cervelle ne voulait plus en repartir et se contentait d’y tintinnabuler. Elle se résumait en très peu de mots : j’ai mal, j’vais crever ici.

Adossé comme il le pouvait à cet arbre d’où il venait de choir, il s’efforçait de se fondre dans le décor, tout en gardant les yeux ouverts, écarquillés même, vers la source du bruit entre les fougères.
La tension qui semblait encore retenir ses membres tendus s’évanouie d’un seul coup quand c’est la trogne de Chayton qu’il vit sortir des herbes hautes. Un soupir de soulagement passa la barrière de ses lèvres, emportant un peu plus que sa conscience avec lui.
Il le suivit du coin d’un œil absent alors qu’il faisait des tours autour d’eux, cherchant quelque chose ? ou plutôt inspectant les lieux, essayant vainement d’effacer les traces de sang qu’il avait laissé dans sa chute. Malheur. Il avait fait office d’un vrai jeu de piste pour les cerbères, il n’avait qu’à suivre la route tachée de sang qu’il leur avait gentiment tracé pour arriver jusqu’à leur goûter qui les attendait bien sagement à moitié assommé sur un lit de salade.
Lorsque l’ainé lui lança un « ça va aller » peu convaincant, il lâcha un petit rire qui lui contracta le ventre. Il admirait l’optimisme du vieux, ou du moins la sollicitude qu’il avait à son égard, c’est gentil de lui promettre qu’ils allaient s’en sortir. Ça faisait chaud au cœur d’un côté. De l’autre c’était assez stupide.
Il ferma les yeux et les rouvrit rapidement en sentant un bras passant contre sa taille. Il voulut dire à Chayton de le reposer mais n’en eu pas l’occasion et à la place c’est un déplorable gémissement qui sorti de sa bouche.

« Allez gamin, je ne vais pas te laisser crever, debout. »

Le surnom le fit sourire, puisqu’il avait lui-même l’habitude de l’appeler papy. Mais une chose l’interrogeait, pourquoi est-ce que ce type s’enquiquinait avec lui ? Il était encore en état de marche, il pouvait fuir, pourquoi alors s’inquiétait-il pour lui ? Pourquoi prenait il la peine de le trainer comme le boulet qu’il était ?
Livio avait la chance, ou le désavantage c’était à débattre, d’être taillé comme un cure-dent aussi le plus vieux n’eut pas trop de problèmes à le trainer ( car oui, à ce niveau-là on pouvait dire que les jambes de Livio ne répondaient plus assez pour être en état de marche ).

« où..e-est qu’on v..v-va ? »

Parvint-il a marmonner entre ses dents. Soudain, le voleur s’arrêta, semblant observer quelque chose. Le gitan voulut à son tour lever la tête, mais il n’arrivait presque plus à bouger, ses membres paraissaient comme gelés. Même son cerveau semblait s’être mis sur Off.
Chayton lui parla tout en approchant d’un arbre. Il ne comprit pas ce qu’il lui disait, la seule chose qui se détacha du bourdonnement innommable qu’on lui déversait dans les oreilles, était un seul petit mot. Grimper.
A cet instant Là, Livio avait vraiment dépassé le stade de l’inconscience, mais une sorte d’instinct de survie primaire, quelque chose d’automatique avait pris le pas sur lui. Aussi, aidé de Chayton, ses réflexes le firent monter dans cet arbre creux. Il ne prit même pas la peine de s’extasier sur le bonheur de trouver une cachette; Il se contenta de tomber comme une masse, se roulant en boule, et ne bougeant plus. Il essaya de se redresser un instant.

« aah… »

Et le courant se coupa pour de bon dans sa tête. Trop, ça faisait trop.
Trop de stress, trop de peur, trop d’adrénaline. Son cerveau, non tout son corps avait besoin de s’arrêter. Et c’est ce qu’il fit. Ses yeux se révulsèrent, tentant vainement d’échapper à l’étau de l’inconscience. Mais une fois de plus il eut l’impression de tomber à l’intérieur de lui-même, dans un noir interne, calme. Et puis plus rien. La petitesse de l’endroit avait fait qu’il s’était légèrement affalé sur l’épaule de Chayton sans s’en rendre compte dans le processus, au moins, il n’était pas trop lourd.
Il avait peut-être l’air presque mort à ce moment-là, immobile, le corps presque gelé, même si on l’avait secoué de la plus violente des façons, il ne se serait pas réveillé.

Il sursauta , semblant reprendre une respiration immense après un douloureuse apnée, son cœur battant à la chamade voulant lui aussi fuir loin de son corps. Il se redressa un peu se rendant compte qu’il s’était complètement laissé aller contre le plus vieux voleur. Il brisa un certain contact qui dans un tel moment de perdition lui avait semblé être une potentielle source de réconfort.
Il passa ses mains glacée sur son visage, sentant au passage les diverses griffures qu’il comportait. Depuis combien de temps était-il inconscient ? Quelques minutes ? Un heure ? Il n’en avait aucune idée, du moins il se sentait un peu mieux.

« Merde…désolé. » lâcha-t-il avant de se décaler et d’enserrer ses genoux avec ses bras.

Il resta en silence pendant un instant, essayant de remettre en place ses pensée brumeuse. Son regard coula sur Chayton, l’observant dans la pénombre. Son visage déjà marqué de base était coloré de taches de sang séché, pourtant, même en forçant sur ses yeux Livio n’arrivait pas à distinguer de blessures sur son corps. Ce sang était-il le sien ?  Secouant la tête il ne tarda pas pourtant après des minutes d’un silence mal à l’aise et forcené, s’obligeant à oublier les cerbères, à poser les questions qui lui brulaient les lèvres.

« Pourquoi ?... » il déglutit, ayant la gorge sèche «  Pourquoi est-ce que t’es revenu m’aider papy ? T’aurais pu t’enfuir depuis longtemps au lieu de me trainer dans la moitié de la foret… J’ai rien à te donner en échange. »

Non. Non Livio ne comprenait pas. La notion d’altruisme n’était pas pour lui ce qui régissait l’univers. Pour lui les actes désintéressés n’existaient pas, puisque tout acte était le découlement logique d’une cause. Et ce que Chayton venait de faire en lui sauvant plusieurs fois la vie était un acte suicidaire en plus d’être d’un altruisme qui lui échappait totalement. D’où l’embarra croissant du plus jeune. Que voulait-il ? il ne pouvait pas ne rien vouloir de lui en échange. Pourquoi alors agissait-il comme ça ? De plus ils ne se connaissaient pas si bien que ça, et Livio avait toujours été assez embêtant avec le plus vieux.
Une chose était sûre : Il lui était maintenant redevable, et il détestait ça. Les dettes dans le métier étaient une très mauvaise chose. Ou une bonne cela dépendait d’où on se plaçait dans la balance des dettes.
Il secoua la tête et fini par marmonner.

« On est parti trop au nord… Il faut remonter vers le sud pour sortir de cette fichue foret… Et impossible de voir où en est le soleil, peut être que ces choses se cachent la journée ? Les arbres sont trop épais, on ne voit pas le ciel…. »

Il lâcha un soupir désespéré avant d’enfouir sa tête entre ses genoux.


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MessageSujet: Re: Walk On The Wild Side {Livio/Chayton}   Dim 11 Jan - 21:56

Il ne savait pas s'ils allaient s'en sortir, mais Chayton refusait de l'abandonner. Il ne répondit pas à sa question tandis qu'il le fit glisser dans le tronc d'arbre et que bientôt, il le rejoignit. Le lieu n'était pas chaleureux,mais il semblait les préserver de l'humidité ambiante. Un soupir franchit ses lèvres tandis qu'il secoua la tête. Le skinchanger posa son regard sur l'homme qui venait de s'endormir sur lui, l'air de rien. Lentement, il passa un bras autour de ses épaules comme pour le protéger, mais aussi pour partager sa chaleur humaine. Il n'avait aucunement l'attention de réveiller le jeune voleur, au contraire. Il savait qu'il devrait se reposer lui aussi, mais il n'arriva tout simplement pas à fermer les yeux. Il était à vif, les yeux ouverts comme deux fenêtres béantes. Sa bête intérieure aurait probablement grondé et hérissé les poils, mais lui ne pouvait pas. Il tentait de rassembler les différents éléments pour comprendre ce qui se passait. Il était convaincu que quelque chose clochait et il n'arrivait pas à s'ôter cela de la tête. Un tressaillement courut le long de son échine quand Livio se détacha de lui en s'excusant. Le skinchanger fit un bref hochement de tête pour signifier que tout allait bien.

Il était convaincu que pour s'en sortir, ils devraient sortir de ce tronc et partir, mais pour aller où ? Il ne savait pas encore. La question de l'autre voleur le surprit, le pourquoi encore plus et il fronça les sourcils. C'était vrai, il aurait pu s'enfuir sans demander son reste et cela aurait été probablement plus facile que survivre. Mais bon... Il n'était pas ce genre de personne. Car il estimait tout de même que si quelque chose de semblable lui arrivait, on l'aiderait, n'est-ce pas ? Peut-être que c'était complètement utopiste et qu'il allait le payer de sa vie, mais si son heure devait venir, elle viendrait. Il avait attendu sa mort durant dix ans et elle n'était jamais venue, alors il n'allait pas chercher la difficulté là où il n'en avait pas.

« Je ne veux rien. Je l'ai fait car cela devait être fait. J'espère que tu comprendras un jour. »

N'y avait-il pas un code d'honneur de voleurs ? Apparemment cela n'existait que dans des livres qu'il avait lu il y avait fort longtemps, quel naïf il faisait franchement ! Il était un peu déçu de ce genre de comportement, mais il ne pouvait pas le reprocher. Livio était quelqu'un qui semblait méfiant. Dans ce monde fait d'artifice, quand on était un voleur, il fallait vraiment se débrouiller par soi-même. À la dure, voilà tout. Il se redressa légèrement, aucunement gêné d'être dans ce genre de lieu. Il était au contraire satisfait car il pouvait épier le monde sans que celui-ci ne le voit. Les arguments de Livio étaient intéressants, mais Chayton avait comme la nette impression que trouver la ville serait juste impossible, ils devraient s'y prendre autrement. Il avait comme la nette impression de vivre en plein rêve, un rêve qui ne se défaisait pas, un cauchemar alors. L'homme se redressa soudainement dans le tronc d'arbre, manquant presque de s'assommer.

« Mais c'est ça ! Nous ne sommes pas dans la réalité, mais dans une illusion. »

Il avait fréquenté suffisamment de sorciers pour savoir qu'ils étaient capables d'une telle chose. Mais Livio avait raison, on ne voyait pas le ciel, les arbres étaient trop épais. Le cerveau du léopard tournait à toute vitesse, ne sachant pas exactement par où ils devaient commencer pour sortir d'une illusion. Toutes les illusions qu'il avait subi, il n'en était jamais sorti volontairement, c'était la sorcière le torturant psychologiquement qui l'avait relâché. Quelle bonté d'âme, hein ? Lui n'en était pas si sûr, mais bon. Il avait presque envie de grincer des dents pour le coup, mais il prit sur lui. Son ancienne maîtresse n'était pas sa priorité à cet instant, sa priorité se situait ailleurs. Ils devaient se sortir de là.

« Tu as probablement raison, il faut qu'on attente le jour. Ils n'apparaissent pas le jour, enfin on peut partir de ce principe. »

Déjà il sortait sa tête du tronc et leva les yeux pour observer le ciel sombre caché par les arbres. On ne voyait rien là-dessous et cela le contrariait particulièrement.

« On doit tenter de s'éloigner et peut-être chercher la ville comme tu dis, en route. »

Il bondit hors du tronc comme un fauve en pleine chasse, ne réfléchissant pas. Déjà il avait fait un pas en avant quand il huma l'air avant de lever la tête et d'observer le ciel caché.

« Penses-tu qu'il ait une limite à ces arbres ? »

Peut-être bien, ou peut-être pas, le mystère était complet pour le coup.
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MessageSujet: Re: Walk On The Wild Side {Livio/Chayton}   Dim 15 Fév - 11:52


ACTE III

"I'm goin' deeper underground
There's too much panic in this town"




La faiblesse avait toujours fait partie de sa vie. Dès petit déjà il avait toujours su qu’il était faible. Il n’était pas aussi fort que les autres, et malgré ses talents d’acrobate se faisait toujours mal beaucoup plus souvent que ses frères. De même quand les virus trainaient, il fallait croire que son corps n’avait pas de défense ou que sa santé elle-même pouvait être qualifiéé du même adjectif : faible.
Dans un monde un peu trop dur où la nature avait repris ses droits sur les humains, les réduisant à l’état animal où seule règne la lois du plus fort, il fallait faire preuve de prudence outre-mesure quand on était un faible, quand on avait du mal à dépasser le mètre 77 et qu’on était épais comme du papier à Bible.
Mais Livio avait toujours eu conscience de ses faiblesses, aussi était-ce parce qu’il les connaissaient bien qu’il avait réussi à survivre pendant toutes ces années. Une règle c’était d’ailleurs installée dans son esprit et était bien difficile à déloger : Si tu es faible, ne le montre pas.
Et ce qu’il venait de faire en pionçant allègrement sur l’épaule de Chayton, c’était s’exposer au grand jour devant quelqu’un, chose qui allait grandement à l’encontre de ses principes. Il ne pensait pas vraiment que Chayton soit quelqu’un de nuisible ou qui pourrait exploiter ses faiblesses mais la façon dont il se comportait avec lui, lui envoyait des signaux totalement contraires, cette manière de sembler se soucier de son malheur, sans apparente volonté de lui demander quelque chose, ça cachait surement un dessein plus sombre… non ? Il voulait certainement quelque chose de lui.

Sa question avait semblé surprendre le vieux voleur, mais la réponse qu’il lui offrit ne l’en surprit qu’encore plus, le plongeant dans un certain désarroi.
Si la réponse allait à l’encontre de tous les principes qu’il s’était forgé comme une grosse carapace, elle semblait pourtant être sincère. Ça devait être fait. Rien que ça. Alors il ne lui était pas venu à l’esprit une seule seconde de demander une contrepartie pour s’être entiché d’un boulet comme Livio ? Quel drôle de voleur, songea le brun.
Il ne put s’empêcher un instant de sentir ses principes de voleur né, méfiant et égoïste, être ébranlés par la sincérité et la naïveté de la réponse, comme s’il s’attendait à ce que l’on fasse la même chose pour lui. Chose qui n’aurait pas été très probable quand Livio repensa ( non sans une pointe de honte ) a comment il avait détalé sans demander son reste ,le laissant aux prises avec deux cerbère.
Il avait parlé sans rien dire, sans vraiment que l’espoir ne vienne teinter sa voix, émettant des hypothèses sur la façon dont ils pourraient s’en sortir, tout en restant plongé dans ses réflexions sur l’éthique. Quand tout d’un coup, Chayton, comme un diable hors d’une boite se leva, manquant de transpercer le bois avec sa tête et de se faire une belle bosse.

Une illusion ? une illusion . Livio était un amateur de l’illusion quand elle se cantonnait à ses larcins ou à ses tours de scène, pas quand elle devenait aussi tangible que ces cerbères lui rappelant tous les récits occultes et rituels qui avaient bercés son enfance.
Mais l’illusion induisait aussi un réveil, un réveil possible et donc un espoir de s’échapper de cet enfer. Il suivit les paroles de Chayton, les buvant presque, un instant requinqué par le retour d’une lueur d’espoir au sein de sa poitrine.
Il regarda le vieux sauter du tronc et humer l’air frais de la nuit ( pour ne pas dire glacial ), un instant il se surprit à comparer cet homme a un gros félin, ou à un fauve assez placide, il secoua la tête agacé par ses idées qui dans l’état où il était ne devaient pas être bien claires et s’engagea rejoindre l’autre qui avait déjà fait quelques pas méfiants.
S’étirer hors du tronc et marcher lui causa une douleur dans tout le corps, surement le contrecoup de son somme. La plante de ses pieds avait noircie de sang séché, il les frotta un instant contre l’herbe humide pour les nettoyer, et éviter de se rendre plus repérable a l’avenir, il avait retenu la leçon.
Il s’approcha du second voleur et se plaça en face de lui. Il le regarda dans les yeux un instant, le jaugeant avec ses yeux bleu presque transparent, comme il avait l’habitude de le faire. Il repassait en boucle dans sa tête ce qu’il lui avait dit. Ces mots l’avaient troublés au plus haut point, d’autant plus parce qu’ils sortaient de la bouche de ce qu’il pouvait considérer comme un confrère.
Il ne savait pas quoi faire, il ne savait pas comment réagir. Alors il fit une chose très simple, il se contenta de le prendre dans ses bras, un bref instant, et de marmonner un merci presque inaudible. L’éphémère de l’instant ne gâchait rien à son étrangeté, ni même à sa force. Livio ne dit rien, ne revint pas dessus, et d’un commun accord il espérait que l’autre comprendrait qu’il n’avait pas envie de parler de ce moment d’égarement, ou de ce remercîment silencieux. Qui une fois de plus n’était pas dans ses habitudes. Certes, Livio avait toujours été quelqu’un d’extrêmement tactile, mais dans une situation comme celle-ci, un geste aussi simple prenait d’autre sens, plus abstraits.

«  Quand je suis monté tout à l’heure, j’ai pu voir la ville, on s’est dirigé beaucoup trop au nord, mais la sortie n’est pas si loin, il faut remonter dans cette direction. Et prier un peu.»

En silence il se mit à marcher.
Les arbres défilaient toujours égaux et uniques, comme un seul motif se répétant à l’infini. Peut-être était ce qui pouvait vous rendre fou à la longue : se méfier de chaque arbres, de chaque pierre couverte de mousse, de chaque craquement un peu trop suspect.
Soudain, dans le calme factice de la forêt une ombre se mouvait devant eux. Un peu plus en avant, Livio eu le temps de plonger sur Chayton une main sur sa bouche pour éviter un quelconque bruit et se cacher sous un buisson assez épais, entre herbe et boue.
Lentement il enleva sa main de la bouche de son comparse et reporta son attention sur la bête, car oui, c’était bien un cerbère qui se tenait un peu plus en avant. Il tremblait de peur, tout était pourtant si bien parti, mais essayait de se contenir, faisant son possible pour rendre sa respiration inaudible.
La chose immonde renâcla l’air un instant, puis se mit à gémir tandis que le vents qui leur soufflait par devant ramenait a leurs oreilles des murmures ésotériques .Etrangement. Livio croisa son regard marqué d’incompréhension vers Chayton : il se passait des choses étranges dans cette forêt.

Le calme était revenu, plus rien ne bougeait, mais d’un commun accord ils restèrent en silence jusqu’à s’être assurés que le cerbère n’était plus là. Risquant sa tête hors du fourré Livio ferma vivement ses paupières, comme blessé aux yeux par une flèche dorée.
Dans toute sa dureté, confrontant ses prunelles habituées à l’obscur et à la nuit, filtrait alors par-delà le manteau opaque des arbres, la pale lumière de l’aube.




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MessageSujet: Re: Walk On The Wild Side {Livio/Chayton}   Dim 22 Fév - 10:37

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Walk On The Wild Side {Livio/Chayton}

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