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 Plains ceux qui ont peur car ils créent leurs propres terreurs. (Joan)

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MessageSujet: Plains ceux qui ont peur car ils créent leurs propres terreurs. (Joan)   Mar 9 Déc - 10:42




Planqué sous une table en bois, Adrian essayait de contrôler sa respiration. Les poings des zombies/monstres/créatures bizarres et effrayantes contre la paroi de la cabane où il avait trouvé refuge produisaient un vacarme assourdissant qui couvrait ses cris de détresse. Il était planqué comme un animal traqué par son prédateur. La horde de mort-vivants encerclait la demeure en bois et ne lui laissait aucune chance de s’en sortir indemne. Son cœur battait à une vitesse inquiétante et chaque instant était une épreuve contre l’arrêt cardiaque. Il s’accrochait fermement à une hache de bûcheron qu’il avait trouvé à quelques centimètres de lui et s’y cramponnait comme à la vie. Quelques larmes, fines et chaudes, coulaient le long de son visage. Il était absolument terrorisé, et l’atmosphère lourde emplie d’une chaleur pesante ne l’aidait pas à respirer convenablement, l’asphyxiant presque dans sa terreur étouffante, complètement paralysé. Il était terrorisé, affolé, et il attendait un miracle. Les murs oscillaient à chaque coup, il pouvait entendre les grognements des zombies, leurs cris affamés et le craquement de leurs os qui s’écrasaient sur les cloisons. Lui tremblait comme une feuille, serrant les lèvres, ne bougeant pas d’un pouce, avec l’espoir que ces créatures l’oublient et abandonnent leur chasse à la chaire humaine.

Inconscient qu’il était, il avait voulu à nouveau s’exiler aux abords de la ville, livre et carnet en main. Il s’était levé tôt pour ne croiser personne qui le dissuaderait de s’aventurer au-delà de la Nouvelle-Orléans. Ses voisins et ses proches le connaissaient bien et surveillaient ses états d’âme, de peur de ne jamais le voir rentrer. Cette fois-ci, il n’avait pas désiré aller bien loin et avait laissé sa voiture devant son appartement, pour de plus éviter tout soupçon sur sa fuite improvisée. Sac sur le dos, il avait erré jusqu’à la sortie de la ville, avait passé les barrages et les zones de décontamination en toute sérénité et s’était retrouvé dans la nature florissante, sous la chaleur brûlante de cette matinée qui s’annonçait ensoleillée –pour changer. Il avait apprécié sa solitude, son recueillement, en parfaite osmose avec lui-même et la flore des environs. Tout était calme et paisible. Il se sentait bien, pour une fois, loin de l’oppression de la ville et de la frayeur ambiante qui s’était installée dans le quotidien de chaque habitant, créant une atmosphère lourde et accablante. Ces moments étaient les seuls qui lui étaient consacré. Nul besoin de justifier son déni et ses espoirs. C’était lui et sa peine.

Il avait marché ainsi quelques heures, entre les troncs imposant des cyprès et des chênes prenant racine au cœur des marécages, contournant les plans d’eaux où des aigrettes et des hérons venaient se prélasser. Les moustiques bourdonnaient au creux de ses oreilles, qu’il chassait d’un geste brusque, mais qui ne parvinrent pas à cacher éternellement le craquement des branches produit vraisemblablement par un être vivant. Serein et placide, il se retourna et ne vit qu’une silhouette indistincte, dissimulée dans l’ombre d’un saule. Il pensa d’abord à un vagabond qui arpentait les marécages, cherchant la route de la Nouvelle-Orléans, à un homme perdu, un être humain en somme. L’individu semblait d’ailleurs l’avoir vu et se dirigeait nonchalamment dans sa direction. Cependant, la démarche étrange qu’il adoptait, les sons graves et sinistres qui sortaient de sa bouche, et l’odeur putride qu’il dégageait mirent à mal les hypothèses si innocentes d’Adrian. Il avait face à lui une créature qu’il redoutait. L’angoisse ne tarda pas à l’envahir, et uniquement armé d’un colt trouvé dans la boîte à gant d’une voiture abandonnée, dont il ne savait absolument pas se servir, il lutta contre sa paralysie habituelle pour détaler à toute vitesse. Il évita à plusieurs reprises de se prendre une branche en pleine face, courut à en perdre haleine à travers la forêt dense, tentant de semer l’épouvantable zombie qu’il avait à ses trousses. Il aperçut au loin, au beau milieu d’une clairière, une petite cabane et fonça en sa direction, ne se retournant même pas. Une ombre vint brouiller son champ de vision, contre laquelle il se heurta violemment jusqu’à se retrouver les fesses dans la boue encore humide. Un second mort-vivant se dressait devant lui, un morceau de chair coincé entre les deux, le regard vide. Adrian ne chercha même pas à utiliser son arme, bien trop incapable de la charger. Il roula sur le côté et reprit sa course les yeux braqués sur l’abri qui formait à présent son horizon, son but ultime. Sa vie dépendait de la réussite de sa fuite. Il réussit à s’engouffrer dans la cahutte à temps, barricadant la porte avec une chaise qui gisait là, aidée de tous les meubles qu’il trouva. Il s’abrita sous la table, attrapant au passage une hache, trop lourde pour ses membres frêles et tétanisés, et attendit l’action du Saint Esprit.

« Putain !!! » Il lâcha son juron dans un soupir. Il devait être à présent cinq, six, dix autour de la cabane. Il ne savait pas, il tentait de se boucher les oreilles. Cela devait faire une demie heure qu’il était cloué au sol entre les quatre pieds de sa table, de son refuge de fortune. Il se sentait seul, et pour une fois le regrettait. Personne ne viendrait le chercher ici. On le livrerait à la mort, on lui dirait qu’on l’avait prévenu, on maudirait son inconscience, on blâmerait son imprudence et sa sottise. Personne n’aurait de corps à enterrer, personne ne pensera à planter une croix dans un cimetière, à sa mémoire, car de toute façon personne ne lui aurait porté de fleurs. Il avait choisi l’isolement et l’exil, c’était isolé et exilé qu’il finirait, damné comme ces créatures sans foi ni loi, littéralement sans cœur ni âme. Crier ne servirait à rien à part rameuter une seconde horde. Il alors fit mentalement l’inventaire de ses amis, se rappelant qu’un téléphone primaire se trouvait dans son sac qui gisait à l’autre bout de la pièce. Une seule personne était susceptible de lui venir en aide. Non pas parce qu’elle le portait passionnément dans son cœur, mais parce que c’était son boulot et que tout lui semblait si facile. Elle l’avait déjà fait, elle n’aurait sûrement rien de mieux à faire. Adrian grinça les dents. Il lui fallait traverser la pièce pour récupérer le téléphone portable de son sac. Il se mit sur le ventre et commença à ramper sur le parquet. Chaque centimètre était minutieusement calculé, il se hissait délicatement sur le sol pour qu’aucune latte ne grince et ne vienne le trahir. Les minutes furent longues, il se sentait telle une vieille bagnole sur l’autoroute ne pouvant passer la seconde. Il avait honte d’être aussi effrayé, que Joan le trouve aussi faible et incapable, planqué sous une table au milieu de zombies, alors qu’il avait de quoi se défendre à sa portée, entre un revolver et des outils de bûcheron. Un lâche qui criait au secours au lieu de tenter n’importe quoi. A la hauteur de sa besace, il attrapa son téléphone, appela Joan, au bord des larmes, et attendit que sa sauveuse s’aventure dans les bas fonds de la Louisiane, où l’air était aussi infâme que les créatures qui l’habitaient.  
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MessageSujet: Re: Plains ceux qui ont peur car ils créent leurs propres terreurs. (Joan)   Mar 9 Déc - 23:47

Les pieds sur le bureau, les bras croisés, elle se balance légèrement sur sa chaise, passant ses nerfs autrement que par le meurtre. Le bois craque, sa mâchoire aussi. Lentement mais sûrement, ses yeux s’aiguisent sur la carcasse qui évolue de droite à gauche, de gauche à droite. Un jour, elle va l’étrangler. Burton relève les épaules entre deux soupires. Ridicule. Le mot s’articule sur sa bouche mais le son ne franchit pourtant pas ses lèvres. Il s’épuise en mouvements inutiles et l’épuise dans la foulée. Agacée, elle doit se mordre la langue pour ne pas lui cracher au visage tout le mépris que cet incompétent lui inspire. Une vraie source d’inspiration, en effet, en ce qui concerne la connerie humaine. Un blâme suffit largement pour la journée cependant. La brune ôte ses semelles de la surface en bois pour comprimer soudainement le sol. L’homme sursaute ce qui force un rire dans sa gorge. Il lui offre un regard courroucé. Sa petite fierté personnelle se froisse sûrement quand elle se permet ce genre de moquerie gratuite pour le petit garçon apeuré qu'il est. C’est déjà trop amusant pour s’arrêter là.« On a peur pour ses fesses, Burty ? T’inquiètes, ton ombre est pas encore prête à te manger. Elle rase le sol comme ta réputation. » Ses prunelles effleurent la ligne qui barre son front. La jolie veine de l’égo - comme elle se plait à l’appeler, semble prête à explose. Elle a dépassé la limite et savoure les retombées en s’occupant soudainement de sa manucure, un rictus narquois étirant ses lèvres. Juste retour des choses de toute façon. C’est sa faute si ils sont là. « Tu peux te foutre de ma gueule, Valentine. Tes miches sont également en danger, je te signale ! » Elle lui sert la moue la moins convaincante de l’année avant de se relever pour faire le tour du meuble face à elle. « Je suis effra-yée. Regarde comme je tremble. » La peacekeeper attrape une des pommes dans la corbeille de fruits près d’elle et la croque sans plus d’émoi.

Son coéquipier recommence à tracer des carrés, des cercles et des diagonales dans l’espace exigüe qu’ils occupent depuis maintenant deux clémentines, une pomme et bientôt une grappe de raisin si l’attente n’en finit pas. La trentenaire se perche au bout de la seule table pour terminer son énième goûter. Le silence les écroue durant encore quelques minutes ponctuées par quelques marmonnements et ricanements. Tandis qu’elle balance son trognon vers la poubelle, celui-ci heurte accidentellement le dos du stressé. Ce dernier se retourne  vivement vers elle en poussant deux jurons qui ne lui échappent pas. « T’étais sur ma trajectoire, j’suis pas désolée. »  Elle ne l’est jamais à vrai dire ou si peu et sûrement pas avec lui. Alors qu’il lève la main pour lui renvoyer puérilement la dépouille du fruit, la porte s’ouvre. Elle doit se tailler les lèvres de ses quenottes pour ne pas succomber à l’hilarité. Son comparse est remis à l’ordre par leur supérieur tandis qu’elle redescend de son perchoir pour se poster solennellement devant le nouvel arrivant. La sentence est moindre. On leur retire un peu de leur salaire pour la bavure mais ils ne sont pas suspendus. Quelle générosité d’âme. Elle ne commente pas cependant et s’en tient à un mouvement de tête. Quand ils dévalent l’escalier pour rejoindre la sortie, son charmant acolyte a l’audace de lui foutre un coup de coude dans les côtes. Elle se venge en lui marchant sur les pieds et ils se quittent sans le moindre mot. Au moins, on ne peut pas dire qu’ils s’ennuient.

Dans les rues, elle déambule. Libérée de ses obligations pour la journée, elle a rangé son uniforme pour privilégier une insouciance pourtant feinte. Perdue dans son méli-mélo de pensées, elle traverse une place et quelques allées en dessinant au fur et à mesure la suite de ses déplacements. Sa tasse de café a à peine rejoint sa paume qu’un sifflement trouble sa quiétude factice. Son insulte remplace facilement son allô ordinaire. Généralement, ce truc est éteint ou déchargé d’ailleurs. C’est son portable de boulot. Elle n’est pas censée s’en servir en dehors du service. Elle pourrait lui raccrocher au nez mais sa façon de geindre la force à agir avec un professionnalisme qu’elle ne possède pourtant même pas. Elle range son téléphone en buvant d’une traite son breuvage. Il lui brûle l’œsophage et elle ajoute ce désagrément à la liste qu’elle s’apprête à lui servir une fois sur les lieux.

Ce crétin de gamin à qui elle a filé son numéro durant un de ses moments évidents de faiblesse - elle doit y travailler. Elle se serait bien passé d’avoir un faiblard comme ça entre ses pattes. Pas fichu d’écouter, pas fichu d’obéir. Pleurnicheur en chef. On lui dirait que c’est le rejeton caché de Burton qu’elle le croirait, ils ont beaucoup en commun ces deux-là. Ah ça, il est beau le sexe fort. Joan rigole haut et fort en continuant son ascension vers les endroits reculés de la Louisiane. Sa voiture rutilante gère mal ses virages serrés et la vitesse exponentielle qu’elle l'oblige à endurer – voiture également liée à sa fonction au gouvernement mais elle est pratiquement en train de faire des heures supplémentaires. Elle peste entre deux tournants. Il ne lui a pas donné de grandes indications, elle se voit déjà fouiller le périmètre et se l’imagine mort à plusieurs reprises. Bien fait pour sa gueule. Pourquoi être aussi nerveuse alors ? Elle finit par garer son véhicule aux abords de la forêt pour continuer à pied, l’arme au poing. Elle tue deux zombies sur son chemin, appréciant l’adrénaline, détestant le gâchis de munition pour ce sauvetage tout bonnement stupide. Les aventuriers maudits, ils vivent d’eau fraîche et se nourrissent à l’encre – dans ce cas précis du moins. Des suicidaires en somme. S’il voulait jouer à ce jeu, il aurait dû au moins apprendre à en revêtir toutes les qualités nécessaires. Il en est loin. Très loin.

Quelques têtes de macchabées explosées plus loin, elle déniche la cabane. Les silhouettes dégustent le bois de leurs ongles. Elle les abat le plus loin possible, un à un en évitant de compter les balles qu’elle gâche dans cette entreprise. Quand elle recharge, elle est encore plus en colère. La dernière carcasse rejoint la poussière, elle la repousse pour ouvrir d’un coup de pied sec la porte. Ses yeux balaient la pièce et trouve l’humain replié sous une table, les mains sur les oreilles. Indignée, la sorcière l’extirpe de sa cachette sans ménagement, l’attrapant par le bras et le traînant au sol avec hargne avant de le relever férocement. Sa main rencontre la pommette humide de son protégé abruptement. Sa voix s’empresse de faire claquer les mots dans l’atmosphère pour rester dans la continuité.  « Tu t’es pissé dessus aussi ? Putain ! Arrête de chialer ! » Ses doigts s’emparent de son col aussi vite, elle le secoue d’avant en arrière violemment en beuglant.  « Tu t’es fait mordre ? »  Il ne répond pas assez vite à son goût, alors elle reprend plus fort encore  «  TU T’ES FAIT MORDRE ? » Elle finit par le relâcher tout aussi brutalement et défait le cran d’arrêt de son flingue, prête à l’abattre si la réponse est positive. La tension court entre eux. Tout peut arriver. Absolument tout.

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MessageSujet: Re: Plains ceux qui ont peur car ils créent leurs propres terreurs. (Joan)   Sam 13 Déc - 21:17

A peine avait-il passé son coup de téléphone qu’il se jeta de nouveau sous la table. Joan lui avait fait comprendre, sans enthousiasme, qu’elle viendrait. Il en était fort rassuré, et se fichait totalement si cela plaisait ou non à sa protectrice. Il voulait s’en sortir vivant, point. Peu importe l’effort que cela couterait à d’autres. Il était persuadé qu’elle s’était implicitement mise à son service en matière de sauvetage, d’intervention périlleuse en milieu hostile. Il lui fallait honorer sa dévotion. Cela était particulièrement égoïste de la part d’Adrian. Son orgueil et sa jalousie face aux capacités de Joan lui ôtaient toute culpabilité. Elle savait se défendre après tout. Et n’étant aucunement humaine, elle était en mesure de mettre ses dons -plutôt une malédiction irrationnelle d’après Adrian- au service de l’humanité. Il n’était probablement plus qu’une poignée de survivants humains, et pour Adrian il était hors de question de se faire exterminer par un gouvernement gangrené ayant collaboré avec des êtres surnaturels. Même s’il ne comprenait et n’essayait absolument pas de comprendre la politique, il savait parfaitement que l’Etat acceptait ces formes de vie. Joan se dévouait aimablement à le secourir, ce n’était que pour empêcher le génocide du genre humain par ces zombies malveillants, eux aussi purs produits des sorciers et de leurs pratiques occultes satanistes.
Néanmoins, grâce à Joan, il avait admis que leurs sortilèges n’étaient pas uniquement le fruit de magie noir, mais qu’il était possible qu’ils servent le bien. Cela ne l’empêcha pas de refuser ces faits antilogiques qu’il ne reconnaissait pas, au nom de son esprit buté par la rectitude de la science.

Espérant avec impatience, il en vint à surprendre quelques coups de feu. Son âme allait être sauvée, enfin. L’attente fut une torture interminable, et la perspective d’une fin à cette journée horrifique se faisait désirer. Les grognements s’intensifièrent un instant, mais les coups contre les murs de la cabane avaient déjà cessé. Une balle traversa la pièce, éclatant un carreau d’une des fenêtres, et venant s’écraser dans la cloison opposée. Adrian lâcha un cri aigu qu’il ne put retenir. On aurait dit une petite fille de dix ans face à une limace peu ragoutante. Il faisait pitié à voir, lui, l’homme d’esprit, planqué, dissimulé, fuyant comme un lâche. Il n’était certainement pas un guerrier, ni un gonfaloniere du temps des campagnes d’Italie. Il n’aurait pas été Alexandre le conquérant, mais un Machiavel dissimulé dans les forteresses protégées de Florence. Il se boucha les oreilles pour ne plus entendre les morceaux de plomb transpercer les os de morts-vivants. Ce bruit le rebutait. Ecouter les membres craquer pendant leur dislocation l’écoeurait. Les paumes de part et d’autre de sa tête, il ne discerna pas le son brutal que fit la porte quand elle se cogna contre le mur, la silhouette de Joan dans l’encadrement. Il sentit alors soudainement une main qui vint l’extraire de sa tanière. On le dégagea hors de la cabane, puis on le tira de manière à le mettre debout. Le corps engourdi après une heure enfermé dans une position de contorsionniste professionnel, les jambes d’Adrian flanchèrent et il dut se retenir aux bras de Joan, en train de le soulever avec fureur. Son regard n’était pas des plus avenant. La colère dans ses pupilles émanait de son visage crispé. Elle lui hurla dessus avec une force frénétique. Encore dans la tourmente de la scène qu’il venait de vivre, il était incapable de faire sortir un son de sa bouche. Ses entrailles étaient toujours remuées, sa bile brassée au cœur de ses intestins, et Joan s’acharnait à secouer d’avantage ce désordre entérique. Quand elle le relâcha, il vint choir sur l’herbe, n’ayant pas le temps de reprendre ses esprits qu’un pistolet était déjà braqué sur son front. Il pouvait sentir le métal glacé sur sa peau, et distinguait parfaitement les phalanges des doigts de sa sauveteuse devenue bourreau. Le son bref et sec du cran d’arrêt résonna dans ses tympans. Adrian tenta de déglutir, mais c’était trop tard. La peur lui nouait le ventre à l’excès, au point qu’il tourna la tête pour rendre tripes et boyaux. Depuis les Jours Sombres et toutes les horreurs qui apparurent simultanément, son corps avait pris l’habitude de vomir, comme si rendre son déjeuner pouvait lui permettre de dégurgiter la frayeur et l’effroi qui l’avaient emparé. Il essuya les restes peu ragoutant au coin de sa bouche à l’aide de sa manche. Son pull avait déjà vécu la boue, la terre, et la poussière de la petite bâtisse, un peu de bave assaisonnée ne changerait pas l’odeur. Reprenant une respiration normale, et calmant ses tremblements, il finit par lever les yeux sur la jeune femme qui le surplombait, son arme toujours suspendue au-dessus de sa caboche, ce qui avait tendance à l’angoisser –comme si il n’avait pas eu sa dose pour aujourd’hui. « Non je ne me suis pas fait mordre. Et de toute façon, je serai mort de trouille avant d’avoir chopé la fièvre fatale. Mais par pitié vire ton flingue de ma figure, ça me stresse et tu me fais flipper. » Il repensa à sa mère, morte de la sorte. A l’époque, il n’avait pas compris qu’un zombie avait causé son décès. Avec son père ils avaient pensé à un mélange de maladie et d’épouvante due au chaos ambiant. Elle n’avait pas du vouloir lutter, se sentait trop faible pour survivre dans ce nouvel ordre mondial. Adrian avait fini par apprendre que cette épidémie de fièvre n’était pas la nouvelle grippe aviaire, mais bien un mal contagieux de mort-vivant. Et il disait vrai en s’exprimant ainsi à l’égard de Joan ; sa vie se serait achevée par la crainte et l’horreur de l’infection avant que les premiers symptômes se soient manifestés.

Il valait mieux pour lui ne pas l’énerver. Il s’essaya à un sourire compatissant, complètement raté à cause de la peur encore palpable à travers ses membres. Il finit par se hisser sur ses mains, de sorte à se relever, reprenant une taille supérieure à Joan. Il secoua son pantalon et frotta son pull couvert d’herbe et de terre. « Heureusement que t’étais là, j’ai cru que j’allais y rester. Par contre je ne me pisse jamais dessus, je te remercie de ne pas me prendre pour un bambin de 3 mois. » Sa voix ressemblait plus à un grognement, articulant peu et bougonnant. Encore agacé par cette réflexion, bien que tout à fait légitime, il en oublia sa politesse et se garda bien de toute reconnaissance envers la gardienne de la paix. Jamais il n’aimait avouer son défaut d’audace et d’hardiesse et préférait suggérer une insuffisance de capacités physiques, nécessaires à sa défense. Il évita également de mentionner son propre pistolet dans son sac, il avait bien trop peur de la potentielle mais certaine réaction furibonde de Joan. Néanmoins, ce n’était pas un débile profond, et il voulait tout de même se racheter, même s’il ne manifestait aucun enthousiasme. Il grommela. « Tu veux une bière, un café, un resto ? »
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MessageSujet: Re: Plains ceux qui ont peur car ils créent leurs propres terreurs. (Joan)   Mar 23 Déc - 23:57

Ces moments sont presque dérangeants. Quand le seul son à vibrer dans son atmosphère est cet unisson inconvenant, cette respiration pesante qu’ils se renvoient comme une balle. Dérangeant, oui parce que dans moins d’une minute, il n’y aurait peut-être plus qu’elle pour aspirer l’air et l’éjecter. C’est toujours inconvenant de sentir à ce point la vie qu’on s’apprête à ôter et elle prend de l’ampleur de seconde en seconde. Ca demande plus de courage qu’on ne le pense. Joan ne rechigne jamais à cette tâche mais ce n’est pas pour ça qu’elle s’habitue tout à fait à cette sensation. Ses yeux glissent sur les traits de son comparse avec amertume et avec peut-être un soupçon de regret. Elle le trouve égoïste. Tellement égoïste et inconscient. Mais elle se garde bien de l’exprimer. Elle attend qu’il infirme ou non ses accusations. Ce qu’il fait d’abord est bien plus déstabilisant encore. Il vomit subitement. La brune exaspérée, pousse un juron et détourne à peine le regard, dégoutée par ce spectacle. Cette petite nature. Elle a envie de le secouer, de lui en coller une autre dans la figure mais elle doute que ça l’aide à retrouver suffisamment de contenance que pour articuler deux mots. Il est faible, tellement faible que ça lui donne vraiment envie de hurler. La trentenaire redresse le menton et retient son venin par simple nécessité mais pas de gaieté de cœur. La tension roule avec plus d’intensité encore entre eux. Elle perd le peu de patience qu’elle réussit à mobiliser. Si il ne parle pas dans les soixante secondes, elle lui fiche un coup sur la tête et analyse elle-même les dégâts. Un, deux, trois, quatre. Il tremble encore. Cinq, six, sept, huit. Il essuie sa bave. Répugnant. Neuf, dix, onze, douze. Son bras commence à montrer les premiers signes de faiblesse, faisant vaciller le flingue entre ses mains. Treize, quatorze, quinze. Elle représente une menace bien moindre quand elle peine à maintenir le canon en place. Merde. Elle ouvre la bouche et la referme aussitôt car enfin, ses cordes vocales à lui se souviennent du mode d’emploi.

Ses lèvres se serrent l’une contre l’autre quand elle accuse sa voix. Elle refuse que le soulagement se manifeste d’une quelconque façon parce que de toute manière, la colère la domine encore. A contre cœur, elle baisse lentement son arme après avoir remis le cran d’arrêt. Le bruit significatif met fin aux hostilités, ses muscles se décontractent machinalement tandis qu’elle lui répond sur un ton acerbe « Dis-moi plutôt ce qui ne te fais pas flipper hein ? C’est à se demander comment tu fais pour oser sortir de ton lit tous les matins, pauvre petit canard. Tu n’as pas peur des monstres la nuit ? » Ses dents grincent quand elle repose le regard sur la marre indigeste qui s’étend encore à quelques pas de là seulement. Elle n’a jamais compris ce besoin oppressif de retourner son estomac au moindre stress. C’est ridicule. L’odeur désagréable l’oblige à froncer un peu plus les sourcils alors qu’il se relève enfin. La sorcière l’avise d’un regard froid et totalement dénué de compassion. Le geste suivant lui arrache un soupire. Se soucie-t-il de son apparence désormais ? « Ah mais ne sois pas insultant envers les bambins de trois mois. Ils ont sûrement plus la rage de vivre que toi. On dirait que tu le fais exprès. T’es suicidaire, mec. Achète-toi des médocs ! Et une paire de couilles aussi tant que t’y es. » Sa hargne gagne du terrain à mesure que son immobilité perdure. Sa passivité la rend partiellement folle face à ce corps encore tremblant, éprouvé par une peur viscérale. Un fantôme pour interlocuteur mais elle ne pense pas uniquement ça à cause de son teint blafard. Peut-être qu’elle se retrouve en lui. Peut-être même que ça l’épuise.

La divorcée ne peut retenir son rire quand il éclot abruptement dans sa gorge pour froisser le semblant de quiétude qui les entoure. Le calme après la tempête ? Dans ses rêves. La seconde qui suit accueille un cri bref mais puissant « JE VEUX LA PAIX ! » A ces mots, elle lui attrape brutalement le bras et le tire jusqu’à l’extérieur sans ménagement. Elle le pousse presque sur la montagne de corps qu’elle a abattu juste devant la porte. Elle le force d’un coup rapide à courber le dos pour se rapprocher des macchabés au front perforé. « Alors t’as peur ? » Elle fiche un coup de pied dans l’une des créatures pour que le mouvement observé atteste de la rigidité de ce dernier. « Regarde-les, regarde-les bien. Ils ont failli te tuer, abruti ! Parce que tu es lâche. Parce que t’es peureux. Parce que tu es faible, vulnérable et incroyablement con. » Ses doigts s’incrustent dans le col de son interlocuteur et elle l’oblige à courber un peu plus l’échine encore. Si elle pouvait le mettre à terre et lui faire embrasser le cadavre, elle le ferait. Mais il y a toujours un risque de contamination. Ce n’est pas très hygiénique de rouler une pelle à un zombie quand bien même ses gencives seraient vierges de toutes quenottes venimeuses. D’autres maladies pourrissent dans leurs enveloppes putrides, microbes par dizaine, infection à la clé. En gardant sa prise sur le bras de son disciple, renforçant même la pression exercée, elle brandit soudainement son flingue pour tirer en l’air en espérant en attirer de nouveaux avec le bruit. Juste après, elle glisse la crosse dans la paume du jeune homme et se fait affreusement sérieuse. « Tu vas apprendre. Maintenant. Ça suffit, j’en ai marre d’être ton pantin qui rapplique dès que tu te promènes dans les bois pour cueillir dieu seul sait quoi. Je suis pas ta mère, Castello. Grandis, merde. » Sa bouche tremble dès le point marquant la fin de sa phrase mais elle se reprend à temps et efface Jill de sa mémoire fragmentée. Si elle avait été plus forte, si elle avait pu l’aider, si elle avait pu lui apprendre aussi… Non. Ce n’est pas le moment pour les remords.

La peacekeeper relâche le conteur et analyse les environs en quête d’une cible. Au moins l’un d’entre eux devrait débarquer dans les minutes qui viennent. Sans jeter le moindre regard sur son voisin de droite, elle parle très vite pour lui inculquer les évidences « Je parie que t’as jamais tiré de ta vie. Tu dois appuyer sur la gâchette hein. Et tu vises la tête, toujours la tête, pigé ? » Après, c’est de la pratique songe-t-elle amèrement. Et dire qu’elle va gâcher des balles pour ça. Mais si elle peut acheter sa tranquillité sur le compte du gouvernement, c’est tant mieux, pas vrai ? L’ombre d’un sourire se dessine sur son visage. Elle espère que ça va devenir intéressant et qu’il ne va pas se remettre à gerber. Elle n’est pas sûre de subir ça en silence cette fois-ci. Pas plus qu’elle n’est sûre de le ramener en terrain sécurisé s’il se remet à brailler comme une fillette. Il y a une limite à tout. Surtout à sa patience.

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MessageSujet: Re: Plains ceux qui ont peur car ils créent leurs propres terreurs. (Joan)   Mer 4 Fév - 22:40

Les mots de Joan claquent et résonnent dans le silence plombant de la forêt. On aurait dit un orage lors d’une lourde nuit d’été, les coups de tonnerres grondant dans le ciel, les éclairs venant annoncer la couleur. Adrian frissonna et subit les paroles blessantes hurlées à son égard. Il a compris qu’il était peut-être allé trop loin. Qu’il avait joué le malin, qu’il avait perdu. Il s’adonnait à un jeu misérable et finissait par être aussi pitoyable que son propre propos. Joan gonflait, Joan se retenait et Joan fustigeait. Elle le traite de lâche, et l’insulte de peureux. Couard lui sied parfaitement et poltron s’enfile comme un gant dans l’enveloppe charnelle qui n’est même pas capable de le protéger. Adrian tu fais pitié. Il en vient presque à penser qu’il ne mérite qu’à peine de faire partie du genre humain. Il sait qu’il ne plaît pas à Joan. Qu’elle ne pourra jamais avoir de la reconnaissance pour ce qu’il fait, et pour ce qu’il pense apporter à ce monde. Il est persuadé d’être un prédicateur optimiste, un fabricant d’espoir. Il ferait mieux de rester cloitrer chez lui, ou de prêcher dans une chapelle la bonne parole d’un Dieu qui abandonna ses brebis égarées au bonheur d’une poignée de mort-vivants. Il est déçu qu’on ne le soutienne pas dans sa cause pourtant vaine. Il ne voit pas que l’espoir est mort avec l’ancien monde. Il est aveugle, et s’acharne à vouloir rendre Joan fière de ce qu’il est certain d’être. Mais il ne peut admettre qu’elle sonne vrai. Il reste passif face à sa flagellation sur la place morbide qu’il occupe au milieu d’une clairière glauque. L’odeur de cadavre caresse déjà ses narines. Il ravale une seconde vomissure en baissant les yeux, concentré sur son déglutition et réfléchissant à ce qu’il n’avait pas craint depuis ces derniers mois. Rien ne lui vint à l’esprit, et l’envie de faire de l’humour était si amère qu’il ne  s’y risquât point. Peut-être avait-il réellement besoin de médocs.

Le cliquetis du cran d’arrêt était rassurant. Adrian relâcha ses sourcils restés froncés depuis que la brune avait braqué le pistolet sur sa face, la crosse serrée au creux de sa paume. Il n’était cependant pas plus rassuré, de plus que Joan s’empressa de l’agripper par le cou à peine son arme rangée. Elle le tira brusquement jusqu’à un corps. Il put sentir son tympan vibrer grâce aux paroles acerbes qu’elle n’arrêta pas de déblatérer. Son nez frôlant le front pâle et verdâtre d’une dépouille macabre, il arbora une grimace de dégout et d’affolement. Son coeur s’emballa. L’aspect charognard l’apeurait autant que la recherche avide de chaire humaine. Le contact de ces créatures l’angoissait et il tenta tant bien que mal de se débattre, à la fois crispé de terreur et avare de sa liberté de mouvement. « Putain lâche moi Joan ». La pression de ses phalanges sur son cou s’intensifia. Son visage se décomposait, tremblant, prêt à embrasser littéralement la mort, inquiet du désir qui brûlait chez la jeune femme. Que cherchait-elle à faire, si ce n’est de lui montrer sa connerie en pleine face, la farce qu’il incarnait, la médiocrité qui le passionnait ? Voulait-elle sa mort au point de lui transmettre le virus sorcier et ravageur que ces créatures transportaient du berceau au tombeau -encore aurait-il fallu qu’on prenne la peine de les enterrer ? La colère se mêla au désordre d’émotions qui se bousculaient en lui. Rage, peur, étouffement. « Oui j’ai peur bordel ! C’est ça que tu veux ? Tu n’avais peut-être pas encore compris que j’étais une merde sur pattes ? Lâche moi ! Tu me fais mal, et j’en ai marre que tu veuilles faire de moi un mec qui a des couilles. » L’extirpant alors du corps inerte qu’il était sur le point de toucher du bout des lèvres, elle brandit à nouveau son arme et tira. Adrian sursauta à chaque coups de feu, plissant les yeux comme si une balle pouvait l’éblouir. Ses oreilles sifflaient. Il brûlait en lui, ses boyaux s’enflammaient. « Mais arrête ça, idiote ! Et après c’est moi qu’on traite de con ! ». Il continuait à vouloir se débattre. D’autant plus que si une nouvelle horde de morts-vivants était amenée à se rameuter, il ne voulait point que Joan le balance dans la gueule du premier venu. Elle fit cependant pire; elle lui planta le pistolet dans la main. Elle eut alors la gentillesse de le relâcher, lui expliquant ce qu’il devait faire. Ne sachant que faire de cette arme, elle lui glissa entre les mains, lui n’étant pas assez brave pour la tenir avec assurance. Il la rattrapa de justesse. Il tendit les bras, comme pour l’écarter au plus loin de sa personne, pour se désengager de sa relation nouvelle avec le revolver. Il ne voulait pas de première fois avec lui. Il ne voulait pas jouir d’une balle plantée à travers la peau rugueuse d’un cadavre animé et enclencher le mécanisme. Il voulait s’en débarrasser mais savait pertinemment que Joan ne le laisserait pas fuir sur ce coup là. Il était coincé, prisonnier de l’arme métallique. Elle ne lui sied pas, ses paumes ne s’adaptent pas à la crosse et ses doigts tremblent malgré ses deux mains nouées autour du revolver. « T’es complètement folle ma pauvre fille. C’est sur toi que je vais finir par tirer. Ou pire, sur moi. On va finir pitoyablement achevés au milieu de nul part. »

Le recul que le coup de feu pouvait produire l’effrayait. Et la tension montait. Il pouvait entendre des pas se rapprocher. La seconde fournée n’était pas loin, s’avançait affamée. Son souffle reprit de plus belle. Ses yeux étaient braqués devant lui, sa nuque paralysée, ses jambes ne faisant qu’un avec le sol. Un ouragan ravageait son esprit et l’empêchait de penser aux instructions de son professeur de tir auto-attitré. Il attendait qu’une forme distincte se dessine à travers des arbres. Et s’il n’arrivait pas à tirer ? S’il se plantait ? Il ne savait pas comment enclencher une nouvelle balle. Il n’avait jamais lu le manuel d’utilisation de ce joujou ignoble. Etait-ce automatique ? Il n’eut pas eu le temps de chercher quelque réponse qu’un zombie sortit à sa droite. Ses bras restèrent tendus, aucune souplesse ne parcourut le haut de son corps et il se pencha juste devant Joan pour sa première tentative. Il ferma les yeux et retint son souffle, sa figure dessina une nouvelle grimace évoquant la peur, le stress, la crispation. Aucune bonne volonté ne lui vint et la balle qu’il tira timidement vint se loger au creux d’un arbre. Il fit instinctivement un pas en arrière, surpris par son propre acte. « Joan, je n’y arriverait jamais » lâcha-t-il épouvanté. La bête n’était plus qu’à une douzaine de mètres de leur emplacement. Sans réfléchir, il pressa à nouveau la détente. Ses biceps autrefois tendus tremblaient dorénavant. Il n’avait cependant pas quitté sa position d’amateur en matière de tir sur mort-vivants. Le zombie qui quelques secondes plus tôt était prêt à se jeter sur eux vint s’écrouler aux côtés de ses congénères, remuant encore. Il n’était plus en mesure de marcher, mais se traînait telle une larve sur les torses éparpillés. Un comparse déboula à l’opposé, surgissant de derrière la cabane. Adrian avait usé le peu de force qu’il était en mesure de mobiliser et avait sérieusement peur pour sa vie. Dans un murmure d’épuisement, il pencha la tête vers Joan « Dans mon sac ! J’en ai un autre dans mon sac. » Il se doutait qu’elle n’était pas armée de deux pistolets. L’un étant bloqué entre les paumes du jeune homme vacillant qu’il était, il l’encouragea à bondir sur son sac à dos dans lequel il avait caché son propre matériel.
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MessageSujet: Re: Plains ceux qui ont peur car ils créent leurs propres terreurs. (Joan)   Dim 1 Mar - 13:56

Les braillements renforcent sa volonté. Tant d’énergie déployée et gâchée dans un effort vain et absolument irritant. Ne peut-il le réaliser lui-même ? Son comportement le propulse dans les sommets de l’humiliation. Depuis ses hauteurs, il jappe comme un chiot qu’on arracherait à sa mère par la peau du dos. A une époque, elle portait les stigmates elle aussi d’une absence affolante d’orgueil. A croire que la fierté n’est pas innée et qu’on se doit de l’obtenir à coup d’épreuves quasiment insurmontables, de désillusions avilissantes. Adrian est autre et ce fait se multiplie jusqu’à devenir infini. Il est l’enfant qu’elle n’a pu élever jusqu’à un âge décent, il est ce qu’elle a pu être, il est la raison de son combat quotidien contre les spectres passifs. La possibilité d’un échec lui barre la gorge, c’est à peine si l’air parvient à s’y faufiler. S’essouffler dans une entreprise aussi dérisoire la rend malade. Son autarcie s’effondre sur elle-même dès qu’il titille le peu d’empathie dont elle est encore dotée. Pas disposée à en dispenser les gestes associés, refusant cette soumission à des sentiments qu’elle veut mort et disparu, elle attaque de front, la tête contre le mur jusqu’à se fendre le crâne et blesser sans doute la victime dans la manœuvre. Foncer. C’est le seul apprentissage qu’elle se doit de lui dispenser. C’est comme ça qu’elle s’est débarrassée de cette tare, de cette infirmité, de cette honte à traîner un corps docile et faible d’un point a à un point b sans jamais définir la finalité pour ses propres envies, besoins, choix. Devenir son propre ennemi. Sa seule stratégie, le feu par le feu. Il va apprendre à se brûler les doigts pour contrôler la flamme. Ce n’est pas par cruauté qu’elle le force. C’est même tout l’inverse, c’est une véritable considération qu’elle lui octroie au lieu de jouer l’indifférence.

La sorcière rigole au nez de toutes ses insultes. Plus il en débite, plus elle se montre extrême. Il ne la connait sûrement pas assez pour le réaliser mais ça viendrait, à moins qu’il ne soit complètement aveuglé par ses propres émotions pour raisonner comme un être censé. La brune ricane une seconde fois alors qu’il s’agite de plus en plus « Si t’arrêtais déjà de brailler comme un garçon de cinq ans, les choses iraient mieux déjà, concentre-toi crétin ! » Ses yeux se figent dans les siens, intraitables. Elle le toise férocement avant d’ajouter d’une voix agacée « J’ai abandonné la seule idée de te greffer des couilles depuis longtemps. J’essaie seulement que tu sois une fillette INDEPENDANTE. Tu me les brises Castello mais profond. Je sais pas, sors-toi les doigts du cul. T’as envie d’être une merde toute ta vie ou quoi ? » La peacekeeper croise les bras et l’observe à quelques pas seulement de lui. « Si tu me tires dessus, compte sur moi pour te rendre la pareille. Et si tu te fais mal, ça rendra service à l’humanité, crois-moi.» Elle crache ses derniers mots avant de reprendre sa position défensive, la main sur le couteau qu’elle dissimule sous la manche de sa veste. Bien sûr, elle joue l’insensible mais dans les faits, elle ne laissera jamais la situation dégénérée. De un parce qu’elle tient étrangement à sa vie maintenant et ensuite parce que ce gamin a beau être une plaie, il ne mérite pas de crever pour un manque certain de bravoure. Le corps tendu, l’œil avisé, elle voit sûrement le zombie avant lui mais n’en dit mot. « Redresse tes épaules déjà. » Elle fiche un coup de semelle sur sa cheville pour qu’il réajuste sa position. « T’as qu’à appuyer sur la gâchette, c’est tout. T’as des doigts, un cerveau, tu te démerdes. » Le regard de l’américaine se perd entre la silhouette décharnée et le flingue que le novice tient maladroitement. « Qu’est-ce que t’attends qu’il te déguste pour le petit déj ? J’ignorais que tu t’appelais Ronald McDonald, tu sers à volonté aussi ?» La raillerie camoufle le début d’appréhension qui éclot dans la poitrine de la jeune femme, craquelant sa confiance absolue sur la maîtrise des événements.

Le premier coup part. Elle expire l’air en sifflant à moitié. Enfin, il a réagi. La première tentative ne peut se solder par une réussite, à moins de bénéficier de la chance absolue du débutant mais de toute évidence, la fortune ne suivait guère le parcours de ce jeune homme. Elle roule des yeux devant sa remarque apeurée et ajoute toujours aussi irritée « Tu vas abandonner au premier essai en plus ? Tu veux être un lâche ? Une pourriture qui se cache derrière les autres ? T’as envie de passer ta misérable existence à chialer ? » Elle renifle bruyamment pour marquer son dédain alors qu’il se reprend juste assez pour viser une des jambes. Un léger rictus froisse la joue de Joan tandis que la tension noue les muscles de son acolyte. Il va lui faire un coma si ça continue. L’idée l’amuse et la répugne en même temps. Quand un autre bruissement supplante les râles du premier macchabée, elle sort abruptement son couteau et dévisage pesamment son coéquipier d’infortune. « Pendant tout ce temps, t’avais ça et tu t’en es pas servi ? T’es sérieux là ? J’hallucine. » Elle range grossièrement son arme en la passant à sa ceinture et extirpe l’engin du sac à dos qu’il lui désigne. Elle l’analyse brièvement et en déduit qu’il risque d’être vachement limité. Il semble mal entretenu. Elle grogne, le repose et se redresse. « Je ne vais pas m’en servir. Tu sais pourquoi ? Parce que tu peux très bien gérer ça tout seul. » Sauf que la première cible se rapproche en rampant.

Elle soupire, cale son talon sur l’épaule du mort vivant et s’abaisse afin de planter sa lame dans son crâne. « Occupe-toi de l’autre. Allez. » Elle penche la tête en captant d’autres sons encore lointains mais elle n’en dit rien. Plus tard… Un jappement la surprend pourtant soudainement, elle se retourne juste à temps pour éviter la mâchoire d’un autre prédateur, elle glisse sur le côté, chute à moitié et repousse l’assaillant de son pied. « Adrian ! ADRIAN ! » Le flingue qu'elle n'a pas pris est juste à côté de lui et elle ne parvient plus à trouver son couteau. Ses mains tâtonnent les environs mais sa concentration est occupée par son opposant qui tend déjà ses ongles putrides dans sa direction. Essoufflée, elle ne relâche pas une seule seconde, son attention, cherchant toujours frénétiquement un objet pour contrer l’imprévu. Et dire qu’elle doit faire confiance à un incapable pour la sortir de cette difficulté. Ça la fait bien rire et si elle n’était pas autant occuper à lutter pour sa survie, elle l’exprimerait haut et fort.

(Désolée pour l'attente Je devrais être plus rapide les prochaines fois !)


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