AccueilAccueil  CalendrierCalendrier  FAQFAQ  RechercherRechercher  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  

Partagez | 
 

 « Le voleur connaît le voleur et le loup le loup. » [pv Nikolaas]

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage

Féminin
↳ Nombre de messages : 838
↳ Points : 1183
↳ Date d'inscription : 01/04/2014
↳ Age : 24
↳ Avatar : Brett Dalton
↳ Age du Personnage : 32 ans
↳ Métier : Ministre à la place du ministre... il joue le rôle de Liam. (Expert en sécurité informatique - emplo
↳ Opinion Politique : anti-Gouvernement depuis les premières heures
↳ Niveau de Compétences : Niveau 2/3 en prémonition - Niveau 84 en blague à Toto
↳ Playlist : Underground || Parting Glass || The Hanging Tree || Some Nights || United we stand tall
↳ Citation : Paresse : habitude prise de se reposer avant la fatigue.
↳ Multicomptes : Rafael A. Morienval | Andreï C. Ievseï
↳ Couleur RP : goldenrod



Feuille de perso
↳ Copyright: (avatar) .sassenach
↳ Disponible pour un topic?: Oui =D
↳ Liens du Personnage
:



MessageSujet: « Le voleur connaît le voleur et le loup le loup. » [pv Nikolaas]   Mer 17 Déc - 16:14




Le voleur connaît le voleur, et le loup le loup.


(dialogue en italique: néerlandais)

Maarten n’avait jamais eu un caractère facile. Ca, il en convenait sans souci. Mais en même temps, ce n’était pas comme si les gens devaient y être habitués en même temps, et s’ils ne s’y étaient pas encore, c’était tant pis pour eux, ce n’était tout de même pas de sa faute à lui. Non mais. Il n’avait pas un caractère facile, il avait même un caractère qui retranscrivait parfaitement sa forme métamorphe – ou le contraire, il ne s’était jamais attardé plus de quelques secondes sur la question – et c’était comme ça. Et si ces derniers temps, ça avait empiré, il avait de bonnes raisons pour que ce soit le cas et qu’on ne puisse pas lui en tenir rigueur. Se trouver des excuses, essayer de ne pas trop s’en vouloir d’être aussi chiant avec tous ceux qu’il côtoyait, voilà quelle était devenue son activité favorite ces derniers temps. Et il n’arrivait pas à s’en vouloir, et d’une certaine manière avait l’imbécilité de s’en vouloir de ne pas s’en vouloir. Et ça rajoutait à son irascibilité.

Après avoir envoyé paître un laborantin maladroit qui avait oublié d’étiqueter un tube à essai, Maarten se surprit à pester et à fusiller du regard les autres scientifiques qui s’enfuirent loin de sa paillasse pour cesser d’être les cibles de sa méchanceté non pas gratuite mais peu appréciable. Et s’il avait des raisons pour être ainsi ? Oh oui. Il pouvait en citer des dizaines, en commençant par Myla, par la gamine, par le pompier, la fatigue, le mec qui avait osé faire un gosse à la Canadienne, le temps trop beau de la Nouvelle Orléans, celui trop froid de New York. Maarten, en fait, ne se contentait pas d’être exécrable, il se trouvait même, des raisons à cela. Et même si, pour être franc, seule sa fatigue et éventuellement les récents événements pouvaient être des excuses valables, le Néerlandais faisait volontairement la sourde oreille à d’éventuels remords. Et ne se privait pas d’hausser le ton. « B#rdel mais vous avez eu votre diplôme dans une pochette surprise ? Dégagez d’ici tout de suite avant de pourrir les autres échantillons ! Je ne veux plus vous voir franchir cette porte avant d’avoir vu vos résultats détaillés et commentés sur ce meuble ! Gedegenereerde idioot. » Le ton professoral n’était qu’un leurre, Maarten n’avait aucune patience devant l’incompétence et les maladresses, et les insultes néerlandais qu’il ne se gênait pas à maugréer n’en étaient qu’une preuve superflue. Etrange, se fit il la remarque, qu’il soit aussi vite énervé face tout ça, lorsqu’on considérait son meilleur ami. Si Bastien devait être surement très compétent dans son travail – Maarten ne s’était jamais posé la question et n’était pas particulièrement curieux de ce côté-là ni n’avait envie de l’être – sa maladresse en revanche parvenait à plus amuser le Généticien qu’autre chose. Contrairement à cet incapable qui se ramassa, rentra la tête dans les épaules avant de déguerpir. Un soupir, Maarten se passa une main dans les cheveux le temps de songer à l’endroit où il allait passer les prochaines heures. Une manipulation en cours n’allait pas donner de résultats avant trois voire quatre heures et il se savait capable de lui-même ruiner une semaine de boulot dans l’état actuel des choses. Un nouveau soupir, le généticien se traîna jusqu’aux vestiaires déposer sa blouse et récupérer tout juste son porte feuille, avant d’avertir d’un bout de papier l’autre Généticien sur le projet de sa sortie et de s’éclipser des laboratoires dans un énième soupir.

Quatre heures devant lui, et il était déjà désœuvré. C’était pitoyable. Pendant un court instant, Maarten se surprit à aller voir Myla et la gamine. Sérieusement ?. Ouais, nan, il valait mieux éviter. Aller les voir ? Non, finalement, il n’en était pas question, il n’y avait même pas songé une seule seconde. S’il ne voulait pas retomber totalement dans ce cercle vicieux et malsain qui l’avait fait fuir la Canadienne une première fois, il devait contrôler ses envies, contrôler ses pulsions, museler cet appel incessant qui lui hurlait de rejoindre sa sorcière pour rester maître de ses pensées et de ses actes. Voilà. Et ça commençait par ne pas bondir la voir dès qu’il avait une once de temps libre devant lui. Ca commençait aussi par écarter la possibilité d’aller boire un verre dans un bar quelconque pour se changer les idées. Lamentable il était, lamentable il semblait voué à rester. Il avait beau être un ingénieur, un adulte accompli  et un chien irascible, il restait finalement toujours le même délinquant qui avait grandi en famille d’accueil de l’autre côté de l’océan. Bravo, quel progrès ! Le poing crispé, Maarten se surprit à traîner dans les rues, ne parvenant à éloigner ses pensées de Myla plus de quelques secondes, se giflant le reste du temps de ne pas y parvenir. Un p#tain de cercle vicieux, oui. Le temps de rejoindre Bourbon Street, sa mauvaise humeur avait augmenté d’un cran encore, et lorsque ses yeux se posèrent sur un livre, il se jeta sur la première idée qui lui vint. Aller voir à la bibliothèque ce qui subsistait des multiples articles sur la génétique que des décennies de chercheurs avaient produit et qui avaient disparu dans les flammes de l’apocalypse – un sourire se dessina sur les lèvres du généticien à cette pensée si peu mélodramatique – pouvait être une occupation valable et productive. Et surtout suffisamment prenant pour qu’il arrache la brune de ses pensées. Parfait. Louvoyant entre les personnes sans même y penser – il fallait croire qu’il lui restait davantage encore que ce qu’il pouvait croire de ses années de rapine et de vols hollandais – il se fraya un chemin vers son objectif. Tenta de se frayer un chemin. Une personne le bouscula, croisa son regard et Maarten se souvint de sa méthode pour fouiller discrètement les poches de touristes naïfs et pathétiques. Aussitôt, plus par réflexe qu’autre chose, sa main glissa à sa poche pour sécuriser son portefeuille et rencontra une main qui n’avait rien à y faire. « B#rdel ! » Ses doigts s’enroulèrent autour du poignet de l’homme qu’il serra et envoya contre le mur, pour mieux le tenir au col et l’y plaquer, bras en travers du cou, pression légère sur la carotide. Associé au vol et aux pickpockets, ce fut le Néerlandais qui lui vint le premier lorsqu’il commença à cracher. « Tu te prends pour qui, merdeux ?  Où est ce que tu as appris ça, d'ailleurs ? » Sans aucune douceur, Maarten le relâcha pour faire un pas en arrière. Bah bravo, maintenant que tu l’as pris sur le fait, tu fais quoi stupide cabot ? Excellente question à laquelle il n’avait aucune réponse. Pas question d’aller voir les flics ou qui que ce soit, le Néerlandais les évitait comme la peste depuis son adolescence et ce n’était pas prêt de changer. Ses yeux bruns dévisagèrent le voleur, de son âge, de sa stature, qui avait ce petit quelque chose de connu qui empêchait Maarten de le laisser partir. Il le connaissait, c’était certain. Il l’avait déjà vu. Quelque part. Mais incapable de savoir où.


© charney


_________________
He says save me, save me; She says maybe, maybe…
She starts to turn away when he says…
Promise me you’ll never let us go
Push me, Crush me, Then save me, save me
She stops walking, walking; He stops falling, falling
He looks her in the eyes and he says… - © by anaëlle.


Dernière édition par Maarten D. Joen le Jeu 8 Jan - 10:05, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://consign-to-oblivion.forumactif.com/t3068-nolan-je-me-surm

Invité
Invité






MessageSujet: Re: « Le voleur connaît le voleur et le loup le loup. » [pv Nikolaas]   Ven 2 Jan - 23:01

« Quelle importance ? » répondit brutalement Nikolaas dans le soupir obligé par la prise brutale qui le priva rapidement d'air.

Le réflexe des sonorités familières avait fait jaillir la langue du fin fond de ses entrailles, d'un accent qu'il avait cru oublier. Il parlait peu sa langue natale, car personne ne le comprenait et qu'elle lui rappelait des choses bien trop douloureuses pour qu'il s'y accroche afin de ne pas sombrer dans la folie totale de sa sombre condition. Son regard étudia rapidement par réflexe de survie la carrure de son adversaire et il songea rapidement qu'il était foutu. Depuis quand engageait-on des peacekeepers aussi baraqués ?

Pourtant, l'inconnu – pas si connu que cela – ne sembla pas vouloir lui faire sa fête car il le lâcha, et sembla soudain se sentir bien con, comme s'il hésitait sur la marche à suivre. Nikolaas en profita pour reprendre son souffle peu à peu. Sa vue brouillée par la choc devint rapidement plus nette et la douleur irradiant son dos courut le long de sa colonne vertébrale avant de disparaître quelque part entre ses fesses. Conscient d'être vivant et en bonne santé, il en profita pour faire mentalement le tour de son environnement et des choses qui venaient de se produire.
Son esprit relia avec une lenteur inconcevable à l'ordinaire des éléments criant de vérité. Du néérlandais et un homme bourru qui connaissait cette technique. Comment cela pourrait...

C'était trop beau pour être vrai, ainsi il n'y crut pas tout de suite. Nikolaas se redressa lentement, comme dans un rêve, tachant de garder son sang froid et de prendre contenance. S'il ne se faisait pas des films, s'il faisait face à quelque chose qui existait vraiment, comment devait-il réagir ? Il l'avait poursuivi pendant plus de quinze ans avec la rancœur au ventre, mais jamais il ne s'était posé la question de la façon dont il devrait réagir quand ils se feraient enfin face.
Le tuer ? Pff, la dernière fois qu'on lui avait demandé de tuer quelqu'un, il s'était terré au fond d'une arène en attendant que tout le monde crève pour lui assurer sa gloire. Nikolaas se retrouva rapidement aussi con que l'autre homme ; bordel, qu'était-il sensé faire ?

Nick dévisagea lentement l'homme comme un animal dévisage sa proie pour savoir de quel côté frapper pour que la mort soit la plus rapide possible. Il remarqua que l'inconnu faisait de même. Leurs regards se croisèrent.

« On se connaît. »

Il ne posa pas la question que posaient les yeux de cet homme, car lui, il en avait la certitude. Combien de ses connaissances encore en vie parlaient-elles Néérlandais. Trois, guère plus. Quelques vieilles connaissances, ses parents, et d'après des sources sûres, Lui. Les entrailles serrées, Nikolaas se redressa, le souffle court, s'appuyant contre la pierre froide du mur.

« Qu'est-ce que deux frères sont sensés faire quand ils se rencontrent alors qu'ils ne se sont pas vus depuis quinze ans ? » pensa-t-il à voix haute.
Revenir en haut Aller en bas

Féminin
↳ Nombre de messages : 838
↳ Points : 1183
↳ Date d'inscription : 01/04/2014
↳ Age : 24
↳ Avatar : Brett Dalton
↳ Age du Personnage : 32 ans
↳ Métier : Ministre à la place du ministre... il joue le rôle de Liam. (Expert en sécurité informatique - emplo
↳ Opinion Politique : anti-Gouvernement depuis les premières heures
↳ Niveau de Compétences : Niveau 2/3 en prémonition - Niveau 84 en blague à Toto
↳ Playlist : Underground || Parting Glass || The Hanging Tree || Some Nights || United we stand tall
↳ Citation : Paresse : habitude prise de se reposer avant la fatigue.
↳ Multicomptes : Rafael A. Morienval | Andreï C. Ievseï
↳ Couleur RP : goldenrod



Feuille de perso
↳ Copyright: (avatar) .sassenach
↳ Disponible pour un topic?: Oui =D
↳ Liens du Personnage
:



MessageSujet: Re: « Le voleur connaît le voleur et le loup le loup. » [pv Nikolaas]   Jeu 8 Jan - 10:28




Le voleur connaît le voleur, et le loup le loup.


(dialogue en italique: néerlandais)

« Quelle importance ? » La réponse, brutale, rugueuse, néerlandaise du voleur surprit plus Maarten par son ton que par son contenu. Interloqué, le biologiste lâcha aussitôt sa prise pour faire quelques pas en arrière. Pourquoi donc fallait il que ce soit lui qu’un néerlandais veuille voler ? Pourquoi donc fallait il toujours que ça tombe sur lui, hein ? Dévisageant, pour une fois silencieusement, le voleur, Maarten ne trouvait pas de réponse à cette question. Il avait traversé un continent, changé d’identité, de langue, de profession, laissé courir une vingtaine d’année et pourtant, tout le rattrapait d’un coup. Presque tout. Déjà la nationalité du mec. A quand des fantômes ? La police ? Les meurtres ? Maarten se sentit mal à l’aise sans le laisser paraître. Il n’aurait pas du réagir aussi brutalement, il aurait du réfléchir, avant de faire une c#nnerie comme ça. C’en était une, de toute évidence. Et cette impression de déjà-vu, ce sentiment diffus qu’il connaissait l’homme face à lui n’arrangeait rien. Vraiment rien. Comme deux chiens se disputant un territoire, donc, ils se toisèrent et Maarten refoula avec difficulté le grognement nerveux de l’animal. D’une voix rauque, il finit par demander en même temps que l’autre. « On se connaît. » « On se connait ? » Une interrogation, une affirmation. Une certitude, une crainte. Parce que pour que Maarten tombe sur un Néerlandais qu’il connaissait, il en fallait une certaine dose, de poisse. Et si ça advenait quand même, comme c’était le cas, là, l’identité du malheureux ne faisait aucun doute. Presque aucun. Les années avaient beau se tenir entre eux deux, Maarten avait beau ne l’avoir jamais croisé depuis sa métamorphose, ce qui lui aurait permis de le reconnaître à l’odeur, il commença péniblement à mettre un nom sur le mec face à lui. Et il ne fut pas le seul, de toute évidence. Il ne me cherchait pas ? Bien sûr que non, stupide cabot, pourquoi t’aurait-il cherché ? Parce que j’ai tué sa sœur. Jumelle. Maarten déglutit avec difficulté. Il pouvait toujours nier, partir, mentir, fuir. Encore. Encore…

« Qu'est-ce que deux frères sont sensés faire quand ils se rencontrent alors qu'ils ne se sont pas vus depuis quinze ans ? » Les yeux bruns de Maarten s’échappèrent derrière ses paupières en recherche d’une réponse. Vous devez vous tromper de personne. La réponse stagna un instant sur le bout des lèvres du Néerlandais. Sans qu’il ne se résigne à la prononcer. Il n’était pas un menteur, pas quand il pouvait l’éviter. Son truc, ça avait toujours été une certaine discrétion et une franchise un peu trop direct la plupart du temps. Et la lâcheté, une lâcheté qu’il s’était découvert devant le cadavre de Christyntje et qui ne l’avait pas laissé seul depuis. « Aucune idée. » Elle semblait ne pas lui appartenir, cette voix. Que sont censés faire deux frères qui ne se sont pas vus depuis deux décennies ? « Tu… qu’est ce que tu fais ici ? » Direct, comme toujours. Pourquoi s’attarder sur des je suis heureux de te voir qui n’étaient pas tout à fait vrai ? Frères, ils l’avaient été. A défaut de l’être par le sang, ils avaient été plus proches que tout de l’être par la loi. Christyntje. « Ca fait un bail, oui. J’imagine que deux frères se serreraient la main et s’inviteraient à prendre un verre. » Mais il n’avait pas envie. Il n’avait pas envie de replonger dans ce passé qu’il fuyait. Et tout portait à croire que le monde entier n’était pas de cet avis, avec les questions de Myla et la réapparition de Nick. Maarten prit sur lui pour détacher son regard de son petit frère et regarda les commerces aux alentours avant de revenir sur Nikolaas. « Je te le dis d’avance : tu n’auras aucune réponse. » Pas envie. Pas envie du tout. Pas envie du tout du tout. Il préférait encore boire à nouveau que de répondre à de quelconques questions.


© charney


_________________
He says save me, save me; She says maybe, maybe…
She starts to turn away when he says…
Promise me you’ll never let us go
Push me, Crush me, Then save me, save me
She stops walking, walking; He stops falling, falling
He looks her in the eyes and he says… - © by anaëlle.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://consign-to-oblivion.forumactif.com/t3068-nolan-je-me-surm

Invité
Invité






MessageSujet: Re: « Le voleur connaît le voleur et le loup le loup. » [pv Nikolaas]   Lun 16 Fév - 20:11

L'une des plus grandes qualités de Nikolaas résidait dans sa capacité de s'adapter à toutes les situations qui s'imposait à lui : improvisation, la clé du jeu d'acteur. Cependant, il n'y avait ici aucun rôle à jouer si ce n'était celui de sa propre identité, ce qui imposait de se mettre à nul. Au sens propre comme au sens figuré, c'était une activité à laquelle peu de personnes aimaient s'adonner. Il trouva un semblant d'espoir dans le fait que Maarten semblait aussi surpris que lui du hasard qui les plaçait en face de l'autre, comme ça, comme une envie de pisser. Il aurait pu attendre moins que quinze ans, ce foutu hasard ; qu'ils se tapent un bon coup sur la gueule et qu'ils n'en parlent plus.
Mais là, Nikolaas n'avait pas envie de taper. Il n'avait envie de rien, car les deux forces en tension dans son corps, à savoir sa haine et son amour fraternel, s'annulaient en une sorte de malaise viscéral. Cela faisait vingt ans, bordel. Vingt ans. Ni l'un ni l'autre n'avait oublié et c'était bien ça le problème.

Vingt ans auparavant, si Nikolaas avait recroisé Maarten, il lui avait balancé son poing dans la figure jusqu'à ce qu'il avoue. Qu'il explique, qu'il éteigne rapidement le feu de sa haine toute fraîche. Présentement, il perdait tous ses moyens. Les deux stades de sa vie se rapprochèrent virtuellement dans son esprit afin de lui montrer à quel point il avait grandi. A quinze ans, on tire. A trente, on pèse les priorités parce que le moindre repère est vital. Dans le silence pesant que Maarten ne voulait briser que par des questions rhétoriques, Nikolaas n'entendait que les battements avides de son cœur, si puissants qu'il lui donnaient la nausée. Des flashs de son passé se succédèrent en voile noir de rage devant ses yeux, avant de s'estomper brutalement, comme un coup de vent.

« Parce que tu crois que je vais te poser des questions ? Tu crois vraiment que j'ai attendu vingt ans pour te demander une explication ? »

Il n'irait pas jusqu'à dire qu'au bout de cette période il y avait prescription, mais presque. Est-ce que tuer Maarten changerait les choses ? Est-ce que lui demander si c'était volontaire ou non ramènerait sa sœur à la vie ? Est-ce que lui demander des excuses réparerait la partie envolée de son cœur avec le dernier souffle de Christyntje ?
Bien sûr que non.
Et même si elle apparaissait là, devant lui, soudainement, ça ne changerait rien. Parce qu'il avait appris à vivre sans elle et parce que sa mort n'avait jamais effacé leur principal objectif : survivre.

« Y'a rien à demander : tout défile dans tes yeux avec une clarté dérangeante. »


Reprenant lentement son souffle, il recula. L'un des deux méritait clairement des coups mais aussi étonnant que cela puisse paraître, il n'aurait su dire lequel.

« Et maintenant ? Tu vas poursuivre ton chemin comme si de rien n'était ? Parce que personnellement j'ai pas la moindre foutue idée de ce que je dois faire maintenant que je sais que tu es encore en vie. »

Et pour la première fois depuis quinze ans, il était vraiment sincère.
Revenir en haut Aller en bas

Féminin
↳ Nombre de messages : 838
↳ Points : 1183
↳ Date d'inscription : 01/04/2014
↳ Age : 24
↳ Avatar : Brett Dalton
↳ Age du Personnage : 32 ans
↳ Métier : Ministre à la place du ministre... il joue le rôle de Liam. (Expert en sécurité informatique - emplo
↳ Opinion Politique : anti-Gouvernement depuis les premières heures
↳ Niveau de Compétences : Niveau 2/3 en prémonition - Niveau 84 en blague à Toto
↳ Playlist : Underground || Parting Glass || The Hanging Tree || Some Nights || United we stand tall
↳ Citation : Paresse : habitude prise de se reposer avant la fatigue.
↳ Multicomptes : Rafael A. Morienval | Andreï C. Ievseï
↳ Couleur RP : goldenrod



Feuille de perso
↳ Copyright: (avatar) .sassenach
↳ Disponible pour un topic?: Oui =D
↳ Liens du Personnage
:



MessageSujet: Re: « Le voleur connaît le voleur et le loup le loup. » [pv Nikolaas]   Lun 16 Fév - 21:10




Le voleur connaît le voleur, et le loup le loup.


(dialogue en italique: néerlandais)

Que pouvaient-ils bien se dire, hein ? Il apparaissait, là, comme une mauvaise conscience pouvait revenir au galop, et que pouvaient-ils se dire ? Maarten était tétanisé, vraiment. Il s’attendait presque à voir le cadavre de Christyntje débarquer, tant qu’on y était. Une surprise de plus, une surprise de moins, il n’en était plus à ça près, vraiment. Et vu la poisse qu’il semblait se traîner depuis plusieurs jours, c’était plus que probable que le corps ensanglanté de son ex-fiancée se ramène à la fête. Un soupir. Encore. Une déglutition. Quelques mots en néerlandais et en anglais. Vingt ans. Qu’est ce que tu fais ici ? Question de circonstance, à n’en pas douter. Un café ? Tu n’auras aucune réponse. Maarten ne s’embarrassait vraiment pas de faux semblants, à croire que les années avaient plus qu’accentué sa lâcheté et le côté direct de ses propos. Tu n’auras pas de réponse, vraiment ? « Parce que tu crois que je vais te poser des questions ? Tu crois vraiment que j'ai attendu vingt ans pour te demander une explication ? » Maarten ferma à nouveau les yeux en retenant sa respiration. Ah non, non, non. Ce n’était pas vraiment la réaction qu’il attendait de la part de… de la part de son petit frère. Pourquoi ne voulait-il pas lui demander d’explication, hein ? De toute manière, tu n’y répondras pas, non ? Maintenant que Myla était revenue dans sa vie, c’était la voix sarcastique, presque enfantine, de Christyntje qui résonnait dans son esprit. Et là où son amante était moqueuse, incisive mais amoureuse, son ancienne fiancée se contentait d’être dérangeante. Glaçante. Fantôme. C’était un fantôme venu le hanter, c’était un fantôme peuplé de remords auxquels il ne voulait pas faire face mais qu’il cherchait inconsciemment. Alors oui, même s’il était illogique, même s’il ne voulait pas répondre aux questions de Nikolaas, Maarten aurait aimé qu’il lui en pose. Juste pour qu’il soit mis au pied du mur, juste pour qu’il puisse exorciser le traumatisme de ce sang sur ses mains que deux décennies avaient été incapables d’effacer. Un haussement d’épaule, voilà tout ce que Maarten parvint à articuler, finalement.

« Y'a rien à demander : tout défile dans tes yeux avec une clarté dérangeante. » Un nouveau frisson. Maarten recula d’un pas, se concentra pour respirer. Pourquoi donc avait il parlé d’aller boire un verre ? Tout ce qu’il voulait c’était partir. Immédiatement. Disparaître, changer de continent, changer de ville, changer de langue. Mais il en était incapable, tétanisé par la surprise et la peur. Et par les scrupules. Et par les remords. Et par les regrets. Et par Cate qu’il ne pouvait pas décemment abandonner. Tu ne t’es jamais gêné pour abandonner les gens, Maarten, pourtant. Tes parents adoptifs, Nikolaas, Cate une première fois… « Et maintenant ? Tu vas poursuivre ton chemin comme si de rien n'était ? Parce que personnellement j'ai pas la moindre foutue idée de ce que je dois faire maintenant que je sais que tu es encore en vie. » Ne pouvant que lire une certaine sincérité dérangeante dans les yeux de son petit frère, Maarten se surprit à se demander ce qu’il pensait réellement de lui. Le voyait il comme un lâche ? Assurément. C’est ce que tu es en même temps… et tu te complais dans ta lâcheté. Peut être. Mais Nikolaas ne voyait il que cela ? En une fraction de seconde, Maarten se revit croisant le regard du Lodewijck orphelin fraichement arrivé dans sa famille d’accueil. Séparé de sa sœur jumelle, sans aucun repère. « Je n’en sais rien non plus. » Franc, il l’était. « Pour tout dire, j’ai bien envie me barrer, oui. » Peut être un peu trop. Mais vingt ans ne l’avaient pas changé. « Mais… je ne sais pas. » Il inspira, cherchant un point de repère. Pourquoi ne partait-il pas, puisqu’il en avait tant envie ? Parce que même fuir, il était trop lâche pour en prendre la décision en regardant Nikolaas dans les yeux ? C’était d’un pathétique… Le chien soupira d’exaspération. Il devait prendre une décision au lieu de tergiverser. Repérant un bar à quelques pas, il le désigna d’un mouvement de menton. « Une bière ? S’ils en ont ? Elles ne valent rien comparées à celles du port mais… Qu’est ce que tu es devenu après… » Il ne pouvait pas s’en empêcher. Il aurait du se transformer en papillon de nuit, fasciné comme il l’était par ce qui pouvait le détruire. Tout comme il était indubitablement attiré par Cate, il ne pouvait pas se retenir de s’interroger, de l’interroger, sur les jours, sur les heures, sur les mois qui avaient succédé son départ. En quelques pas – une nouvelle fuite ? - il n’attendit ni réaction ni réponse pour se précipiter vers le bar, demander deux chaises, se laisser tomber dans un fauteuil la respiration rapide. Partagé entre l’envie de se rendre compte qu’il était seul et l’appréhension à l’idée que Nikolaas ne l’ait pas suivi.


© charney


_________________
He says save me, save me; She says maybe, maybe…
She starts to turn away when he says…
Promise me you’ll never let us go
Push me, Crush me, Then save me, save me
She stops walking, walking; He stops falling, falling
He looks her in the eyes and he says… - © by anaëlle.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://consign-to-oblivion.forumactif.com/t3068-nolan-je-me-surm

Invité
Invité






MessageSujet: Re: « Le voleur connaît le voleur et le loup le loup. » [pv Nikolaas]   Lun 16 Fév - 22:15

Qu'est-ce qu'il restait au final ? Qu'est-ce qu'il restait de cet homme méfiant aussi méfiant que lui, qui se séparait de son frère par la violence physique quand Nikolaas se battait avec des mots ? Rien, à part un homme brisé, fuyant jusqu'au regard, parti quelques secondes plus tard se réfugier dans la lumière du premier bar qu'il avait furtivement repéré. Nikolaas leva les yeux, regardant son ombre se volatiliser une seconde fois et son cœur fit un bond dans sa poitrine, le ramenant à la réalité. Bordel, ce mec n'avait jamais été aussi paradoxal. Il semblait partagé entre l'idée de fuir encore et de discuter avec lui. Mais pour se dire quoi, s'il n'avait pas le droit de poser des questions ? Nikolaas ferma les yeux, prenant quelques secondes pour digérer cette apparition volatilisée aussi soudainement qu'elle lui était tombée sur le coin du nez. Oui Maarten était bel et bien vivant. Oui, il lui avait adressé la parole et oui, il lui avait proposé d'aller boire un verre.
Ouvrant de nouveau les yeux, Nikolaas se dirigea vers le bar.

Il y trouva Maarten affalé dans un fauteuil, le regard perdu, presque tremblant. D'une certaine manière, son attitude bouleversée rassura Nikolaas qui entreprit de prendre place à ses côtés et de commander deux bières – après s'être assuré qu'il se trouvait bel et bien en face de son grand frère adoptif.

« Désolé, je ne suis pas un rêve. »


Phrase qu'il aurait aimé entendre de la bouche de son frère dont il avait encore du mal à se rendre compte de l'existence. Il aurait presque voulu le toucher pour s'assurer de sa présence physique, même si c'était pour lui mettre un pain dans la figure. Il en profita pour le détailler du regard, suivre les courbes de sa mâchoire plus carrée qu'autrefois, dessiner des iris les rides qui s'accumulaient sur son front, contempler la forme de sa carrure plus marquée que jamais.
Les bouteilles juste décapsulées, encore mousseuses, le sortirent de sa rêverie en glissant sur la table qui les séparait. La question posée par Maarten lui revint à l'esprit. Comment pouvait-il lui-même évoquer le passé alors qu'il ne voulait pas donner de réponses ? Etait-ce un moyen détourné, au contraire, d'en chercher ? De prendre l'apparition de Nikolaas comme une catharsis ?

« Je n'ai pas changé. » répondit-il simplement.

C'était totalement vrai ; il continuait à jouer de ses talents d'imitateur pour gagner sa vie, comme il le faisait autrefois en compagnie de ses comparses préférés. Il avait même un nouveau compagnon que l'évocation serait capable de mettre Maarten en colère. Maarten qui semblait, lui, avoir réussi sa vie. Il ne portait pas sur lui la marque des jours douloureux et les accrocs des vêtements recyclés. Son ancienne vie semblait définitivement enfouie en lui ; pourtant, Nikolaas arrivait à en percevoir des bribes dans l'éclat fuyant de ses yeux bruns. C'était peut-être ce qui était le pire.
Nikolaas avala une gorgée de sa bière dont la saveur âcre parvint tout de même à lui rappeler dans ses notes surannées l'odeur du bois du port et de la sueur qu'il mettaient alors à l'ouvrage.

« Et toi ? »

Il le détaillait naturellement, avec le réflexe scientifique dont il se servait pour disséquer les manies de ses futures victimes, comme un tueur en série. Il n'y avait dans ses yeux ni haine, ni rage, ni méchanceté. Il n'y avait que les souvenirs dont son cœur ouvrait enfin les portes lourdes pour en dévoiler le reflet dans l'humidité acide de ses prunelles.
Et brusquement, il crut voir passer, comme un soupir, le cadavre de sa sœur dans les yeux de Maarten.
Revenir en haut Aller en bas

Féminin
↳ Nombre de messages : 838
↳ Points : 1183
↳ Date d'inscription : 01/04/2014
↳ Age : 24
↳ Avatar : Brett Dalton
↳ Age du Personnage : 32 ans
↳ Métier : Ministre à la place du ministre... il joue le rôle de Liam. (Expert en sécurité informatique - emplo
↳ Opinion Politique : anti-Gouvernement depuis les premières heures
↳ Niveau de Compétences : Niveau 2/3 en prémonition - Niveau 84 en blague à Toto
↳ Playlist : Underground || Parting Glass || The Hanging Tree || Some Nights || United we stand tall
↳ Citation : Paresse : habitude prise de se reposer avant la fatigue.
↳ Multicomptes : Rafael A. Morienval | Andreï C. Ievseï
↳ Couleur RP : goldenrod



Feuille de perso
↳ Copyright: (avatar) .sassenach
↳ Disponible pour un topic?: Oui =D
↳ Liens du Personnage
:



MessageSujet: Re: « Le voleur connaît le voleur et le loup le loup. » [pv Nikolaas]   Lun 16 Fév - 22:46




Le voleur connaît le voleur, et le loup le loup.


(dialogue en italique: néerlandais)

Les coudes sur la table, Maarten avait l’impression de se planquer. Vraiment. Il était rentré dans le bar sans chercher à regarder en arrière, il avait demandé deux places sans même vérifier qu’il était suivi, il s’était presque jeté dans un coin pour mieux se rendre invisible, dans une panique illogique lorsqu’on détaillait sa veste de costume et ses vêtements d’ingénieur. Un ombre, un mouvement de chaise, Maarten ne put retenir un soupir. De soulagement ? Très certainement. Nikolaas n’avait pas disparu. « Désolé, je ne suis pas un rêve. » Il parvint à arracher un sourire subit au Néerlandais qui ne s’hasarda même pas à s’en étonner. Un nouveau soupir, Maarten se prit la tête entre les mains, ses doigts se perdant dans ses cheveux qu’ils emmêlèrent avant de les quitter tout aussi précipitamment. Et se calant contre le dossier, Maarten fut obligé de regarder Nikolaas dans les yeux pour mieux le détailler. Vingt ans avaient passé. Et tout dans l’attitude et la silhouette de son petit frère le clamait. Lorsqu’il l’avait abandonné, Niko n’avait que seize ans s’il se souvenait bien. Oui, seize ans, c’était certain. Le même âge que Christyntje. Maintenant, il devait en avoir trente six dans la logique des choses. Comme s’il pouvait en être autrement… Levant les yeux au ciel une fraction de secondes, Maarten reprit son observation silencieuse, puisqu’il semblait évident que l’autre faisait de même de son côté. Le problème, c’était que loin de noter les différences accentuées par les années, le biologiste ne parvenait qu’à reconnaître dans le menton de Nikolaas celui de sa sœur. Dans ses yeux, l’éclat rieur d’une Christyntje qu’il voulait épouser, qu’il voulait voir sourire, qui le regardait encore d’un air choqué en voyant une tâche rouge s’élargir sur sa veste noire. Arrête, tout de suite. Ferme les portes de ces souvenirs, cache les loin. N’y pense pas, n’y pense plus. Il n’y arrivait pas. Pendant vingt ans, il avait rejeté le coup de feu au fin fond de sa mémoire, se réveillant en sueur après un cauchemar dont il refusait de se remémorer les détails. Les premiers mois, il n’avait pas pu dormir, certain qu’on le traquait, certain qu’on allait le retrouver. Les premières années, il se concentrait pour vivre au jour le jour, pour changer de vie, pour cesser de penser, pour oublier. Et voilà que tout lui revenir au visage. Un coup porté par Nikolaas n’aurait pas fait plus mal. Et c’était peut être ça qui manquait à leurs retrouvailles, au final : de la violence. De la violence accumulée, de la violence issue de non-dit, d’absence, de rancœurs et de remords. Des bouteilles glissèrent entre eux deux, décapsulées, couvertes d’une mousse que Maarten fixa un instant sans parvenir à en détacher le regard. Le silence, qu’il appréciait au début, commençait vraiment à devenir dérangeant. De la violence, donc, c’était ça qu’il manquait. Parce que c’était une des choses qu’il comprenait le mieux, s’étant toujours mieux exprimé avec ses poings qu’avec les mots, laissant l’éloquence et les jeux d’acteur à l’homme en face de lui.

« Je n'ai pas changé. » Maarten releva brutalement la tête, comme surprit de l’entendre parler. Comment ? bien sûr que si, il avait changé. Il avait grandi, il avait vieilli. Ils avaient tous les deux vieillis, ils avaient tous les deux… Le souvenir d’une main furtive se glissant dans sa poche lui revint en mémoire : Nikolaas n’avait pas changé, loin de là. « Ah. Je… j’ai cru voir ça tout à l’heure. » Se mordillant la lèvre, Maarten s’interrompit avant de partir sur un terrain qu’il n’allait peut être pas apprécier. Nikolaas non plus. Un nouveau silence. Gêné, pour Maarten. Comment ne pas l’être en même temps ? La seule chose à faire, c’était de boire. Un peu. Une gorgée, amère, qui lui laissa certes un goût râpeux sur la langue mais qui lui offrit un sursis.

« Et toi ? » Lui ? « Moi ? » Oui, toi, gros bêta. Quoi lui ? Tu as changé ? Maarten ferma les yeux, rassemblant ses pensées pour y établir un peu de cohérence et, si possible, un peu d’intelligence. « Je me suis rangé. J’ai repris des études, j’ai travaillé » Un sourire naquit au coin de ses lèvres à cette idée. Travailler, il l’avait expérimenté quelques mois, lorsqu’il avait décidé que les familles d’accueil et l’orphelinat n’avaient rien à lui offrir. Travailler, sur les docks, comme coursier. Puis il s’était rendu compte que braquer des entrepôts, voler les touristes, c’était bien plus rentable. Et avec une cambrioleuse comme Christyntje, un acteur comme Nikolaas, c’était surtout bien plus facile. Travailler… un concept étrange donc, qui le devenait davantage encore lorsqu’on rajoutait honnêtement derrière. « Je suis ingénieur maintenant. » Ingénieur… Et Nikolaas était encore dans l’illégalité. Etrangement revirement de situation si on considérait les milieux dans lesquels ils étaient nés tous les deux. De ses parents biologiques, Maarten n’avait jamais rien su. De ses parents adoptifs… ils n’étaient pas aisés, il les avait fuis à huit ans pour une raison qu’il n’avait jamais cherché à justifier. Nikolaas, lui, était né une cuillère en argent dans la bouche. Des escrocs, ses parents, certes, mais des escrocs riches. Amusant revirement de situation très exactement. C’était Maarten qui avait fait plonger Nikolaas dans l’illégalité, c’était Maarten qui avait tout fait pour en sortir lorsqu’il avait fait couler le sang pour la première fois. Un frisson le parcourut, Maarten avala une nouvelle gorgée pétillante. « Tu n’as jamais eu envie de… changer de vie, toi ? » La question franchit ses lèvres avant qu’il ne puisse ne serait-ce que songer à la retenir. « Devenir acteur, véritablement banquier ou… » Il haussa les épaules avant d’achever en néerlandais. « Tu vois, je n’ai pas changé, je suis toujours aussi… éloquent. »


© charney


_________________
He says save me, save me; She says maybe, maybe…
She starts to turn away when he says…
Promise me you’ll never let us go
Push me, Crush me, Then save me, save me
She stops walking, walking; He stops falling, falling
He looks her in the eyes and he says… - © by anaëlle.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://consign-to-oblivion.forumactif.com/t3068-nolan-je-me-surm

Invité
Invité






MessageSujet: Re: « Le voleur connaît le voleur et le loup le loup. » [pv Nikolaas]   Lun 16 Fév - 23:08

Complètement désemparé. Son seul repère vital vacillait en face de lui, une bière dans la main comme pour se raccrocher à la réalité. Et Nikolaas avait vécu pendant vingt ans avec l'espoir de retrouver ça...Triste. Désillusion. Presque comique, au final. Oui, Nick avait envie de se marrer, d'effacer tout ce qui avait pu se passer d'un grand éclat de rire sincère avant de finir sa bière d'une rasade et de retourner bosser sur le pont avec son frère et sa sœur, comme si de rien n'était. Au lieu de cela, il laissa échapper de sa bouche un ricanement sardonique lorsque Maarten lui expliqua le chemin qu'il avait pris par la suite. Travailler. Genre faire un truc régulier, avec un salaire. Et surtout, faire un truc honnête. Ouah. Et le pire, c'était qu'il n'avait pas l'air de plaisanter : son accoutrement n'avait rien d'un costume. Nick se sentit piteux à ses côtés.

« Effectivement. »
confirma-t-il son éloquence dans leur langue maternelle.

Ce fut son tour de prendre une gorgée de bière, comme il s'agissait d'une obligation pour prendre la parole. Elle trahissait surtout le malaise désespéré avec lequel ils essayaient, chacun de leur côté, de chasser le silence qui s'installait toujours plus pesant dès que leurs voix mourraient dans leur gorge. Aucun des deux ne voulait parler, prendre le risque de s'aventurer sur une pente glissante. Et pourtant, ils ne semblaient pas vouloir écourter la discussion ; comment rentrer chez soi et dormir sur ses deux oreilles quand on venait de recroiser son frère que l'on avait pas vu depuis vingt ans ?
Oui, le pire, c'était qu'ils ne s'étaient pas vus depuis vingt ans...et qu'ils n'avaient rien à se dire.

« Pourquoi, c'est une proposition ? Tu serais prêt à me sortir de la merde une nouvelle fois, comme il y a longtemps ? »

Pour me laisser tomber derrière et tant qu'à faire, tuer un de ceux qui me restent au passage ? Finit son esprit. Pf. Il n'y avait plus personne désormais. Hormis à Chayton, Nick ne s'était plus attaché à personne depuis la mort de Chris. Tous ses repères avaient flambé un par un et leurs cendres s'étaient dispersées vers d'autres horizons inaccessibles qu'il préférait oublier : ceux de sa mémoire douloureuse. Pinçant les lèvres, Nikolaas secoua la tête.

« Même si ce n'est pas toujours facile, j'aime ce que je fais. C'est ma vie, maintenant. C'est un chemin de vie que j'ai choisi il y a plus de vingt ans et que je ne veux plus lâcher. Que je ne peux plus lâcher, même si je le voudrais. La malhonnêteté me colle à la peau. Le jeu me colle à la peau. Toutes ces facettes incarnées jour après jour font partie de moi. Plus jamais je ne redeviendrai normal. Je ne pourrai pas faire la même chose que toi : je m'ennuierai. »

Il comprit alors pourquoi Maarten ne donnerait aucune réponse : parce qu'elles apparaissaient toutes seules au fil de leurs paroles, cachées derrière des mots banaux et pourtant terriblement éloquents. Il n'avait pas tué Chris de sang froid, sinon Nick aurait été aussi une de ses victimes, et il ne lui parlerait pas d'un air aussi tremblant. Il n'avait pas gagné la fonction d'ingénieur parce que c'était facile de le faire, mais parce que c'était la seule chose à faire. On ne faisait pas revenir les morts. Si leur vie s'arrêtait, la nôtre continuait. Et il fallait bien vivre, putain.

« De toute façon même dans les métiers les plus honnêtes du monde, on n'est jamais totalement sincère. »
Revenir en haut Aller en bas

Féminin
↳ Nombre de messages : 838
↳ Points : 1183
↳ Date d'inscription : 01/04/2014
↳ Age : 24
↳ Avatar : Brett Dalton
↳ Age du Personnage : 32 ans
↳ Métier : Ministre à la place du ministre... il joue le rôle de Liam. (Expert en sécurité informatique - emplo
↳ Opinion Politique : anti-Gouvernement depuis les premières heures
↳ Niveau de Compétences : Niveau 2/3 en prémonition - Niveau 84 en blague à Toto
↳ Playlist : Underground || Parting Glass || The Hanging Tree || Some Nights || United we stand tall
↳ Citation : Paresse : habitude prise de se reposer avant la fatigue.
↳ Multicomptes : Rafael A. Morienval | Andreï C. Ievseï
↳ Couleur RP : goldenrod



Feuille de perso
↳ Copyright: (avatar) .sassenach
↳ Disponible pour un topic?: Oui =D
↳ Liens du Personnage
:



MessageSujet: Re: « Le voleur connaît le voleur et le loup le loup. » [pv Nikolaas]   Mar 17 Fév - 22:39




Le voleur connaît le voleur, et le loup le loup.


(dialogue en italique: néerlandais)

Ah ça, pour sûr, Maarten n’avait jamais été très doué pour parler et encore moins pour baratiner. Tout dans les muscles, rien dans la tête, la seule chose qu’on pouvait lui trouver de bien c’était qu’il ne s’embarrassait jamais de faux-semblants lorsqu’il avait quelque chose à dire. Au mieux il le disait cash, au pire il balançait tout avant de se barrer, considérant sa tâche comme accomplie puisqu’il avait dit tout ce qu’il avait à dire. C’était comme ça qu’il était sorti avec Christyntje, d’ailleurs. Et c’était uniquement comme ça qu’il parvenait à s’exprimer. Oh, il ne fallait pas croire qu’il ne savait pas mentir, bien au contraire. Mais si vous attendiez de lui un peu de tact et de délicatesse, il fallait s’attendre, surtout, à être déçu de ne recevoir que la vérité crue et quelques insultes pour l’agrémenter, dans le meilleur des cas. L’éloquence, donc, ne faisait pas partie de ses qualités. Le courage non plus et la témérité encore moins. Sur ce plan là, il n’avait pas changé non plus. Et Nikolaas semblait s’en souvenir aussi bien que le petit frère de l’époque qui voyait en Maarten, et Maarten le sentait bien, un modèle ou quelque chose s’en approchant. « Effectivement. » Le Néerlandais offrit un sourire désolé à son interlocuteur. Il n’y avait rien de plus à dire. Et le silence en profita pour se jeter entre eux deux comme un chien affamé sur un cadavre encore fumant. Charmant. Maarten ferma les yeux, dans l’espoir de cesser d’entendre la voix chantante et surtout spectrale de la troisième néerlandaise.

Un soupir, une gorgée de bière, Maarten ne savait pas trop s’il était en train de se décrisper ou si, bien au contraire, son angoisse grandissait chaque seconde un peu plus. Pourquoi restait il là ? La question n’avait toujours pas de réponse tangible. Des pistes, des idées, des hypothèses voletaient en périphérie de son esprit comme pour le narguer de leur amusement. B#rdel. C’était à ne rien y comprendre. Ils ne s’étaient pas vus depuis vingt ans et tout ce que Maarten parvenait à raconter, c’était qu’il était désormais ingénieur. Bravo, vive la discussion. Tu es nul. Ca oui, mais il ne le savait que trop bien. On parvenait à le lui faire comprendre assez facilement d’ailleurs, la tension entre lui et Myla concrétisant ce constat un peu plus chaque jour passé depuis l’accouchement. Oh, tiens. Il pouvait le dire, ça, à « Pourquoi, c'est une proposition ? Tu serais prêt à me sortir de la merde une nouvelle fois, comme il y a longtemps ? » Hein ? Une proposition ? Non. Pas du tout. Maarten peina à refaire le fil de ses pensées et surtout de ses questions pour donner un sens à ceux de Nikolaas. Une nouvelle fois. A y regarder de plus près, Maarten avait plutôt l’impression de l’avoir mis dans la m#rde, pas de l’en avoir sorti. Mais tout ne devait être qu’une question de perspective après tout. Ce n’était pas le moment de se laisser embarquer dans une discussion stérile ou tout simplement explosive, même un cas désespéré comme Maarten pouvait s’en apercevoir et il se contraignit au silence en jouant avec la bouteille de bière avant d’en boire encore un peu, laissant l’opportunité à Nikolaas de continuer à parler. « Même si ce n'est pas toujours facile, j'aime ce que je fais. C'est ma vie, maintenant. C'est un chemin de vie que j'ai choisi il y a plus de vingt ans et que je ne veux plus lâcher. Que je ne peux plus lâcher, même si je le voudrais. La malhonnêteté me colle à la peau. Le jeu me colle à la peau. Toutes ces facettes incarnées jour après jour font partie de moi. Plus jamais je ne redeviendrai normal. Je ne pourrai pas faire la même chose que toi : je m'ennuierai. » Maarten leva les yeux au ciel, posant brutalement la bière. Pardon ? « Qu’est ce que tu en sais ? Tu ne sais même pas ce que je fais, tu sais juste que… laisse tomber. » Impulsif, direct, sûrement trop. Il n’avait pas pu se retenir cette fois et comme toujours, il s’apercevait un peu tard qu’il aurait mieux fait de se la boucler parce que Nick n’avait mais fini. « De toute façon même dans les métiers les plus honnêtes du monde, on n'est jamais totalement sincère. » Et il aurait mieux fait de se la boucler avant de l’ouvrir, vu comment Nikolaas venait d’achever sa prise de parole. Pour sûr, il avait beau avoir tout fait pour se ranger, la malhonnêteté lui collait à la peau tant et si bien qu’au bout de vingt ans il n’avait au final qu’appris à la cacher. On n’est jamais totalement sincère, il cachait depuis des années à Myla ce qui l’avait amené à venir aux Etats Unis, qui était Christyntje. Il n’avait même pas glissé dans la conversation que le nom qu’il portait n’était pas vraiment le sien. Un soupir.

Les doigts de Maarten glissèrent pour lâcher la bière et partir se réfugier dans ses cheveux avant d’étirer ses bras et de reposer les coudes sur la table, dans toute l’élégance Joennienne que l’on pouvait espérer de sa part. « C’était pas une proposition, Nick. Juste une question. Et ouais, la malhonnêteté… elle me colle à la peau aussi, ne te fais pas d’illusion. Quoique je fasse, s’il y a bien une chose que j’ai compris ces dernières années, c’est qu’il n’y a pas que moi qui t’ai appris deux trois trucs. Faux nom, pas d’histoire, je me fais passer pour un mec bien maintenant, j’arrive presque à me prendre au jeu et à y croire… » Et toi, tu débarques et tu t’amuses à donner des coups de pied dans les fondations par ta simple présence. Prenant sur lui, Maarten posa son regard dans les pupilles de son petit frère. « J’ai paniqué. Je voulais pas… on avait jamais eu besoin de tirer avec un flingue jusque là… le vigile a débarqué, j’ai paniqué et elle était… » Il se réfugia derrière ses mains le temps d’une seconde, le temps d’inspirer et de prendre sur lui. Ah et bien bravo, il ne pouvait plus regarder Nikolaas maintenant. Maintenant qu’il s’était jeté à plat ventre sur le terrain qu’il fuyait comme la peste. Maintenant qu’il avait ressorti un dossier qu’il aurait mieux fait de brûler plutôt que de conserver comme une grenade dégoupillée dans un coffre fort dont lui seul avait la clé. Il était masochiste, il n’y avait pas d’autres solutions, il ne voyait pas d’autre explication. « Je ne voulais pas… je l’aimais plus que tout, tu le sais, hein ? Tu étais mon frère, elle était… j’ai paniqué. C’est pour ça que je… » C’est pour ça que tu es parti avec tout le fric, laissant Nikolaas une fois de plus orphelin et totalement à la rue, en plus ? « Je savais pas quoi faire. » Et tu crois que c’est une excuse valable, ça ? Ta g#eule, Christyntje. Et dire qu’il allait devoir tout reraconter à Myla la prochaine fois qu’elle accepterait de le voir.


© charney


_________________
He says save me, save me; She says maybe, maybe…
She starts to turn away when he says…
Promise me you’ll never let us go
Push me, Crush me, Then save me, save me
She stops walking, walking; He stops falling, falling
He looks her in the eyes and he says… - © by anaëlle.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://consign-to-oblivion.forumactif.com/t3068-nolan-je-me-surm

Invité
Invité






MessageSujet: Re: « Le voleur connaît le voleur et le loup le loup. » [pv Nikolaas]   Mer 18 Fév - 21:36

« Je sais juste ce que tu m'as dit, que tu t'es ''rangé'' et c'est tout à fait suffisant. » répondit simplement Nikolaas avant de laisser réellement tomber.

Il ne se fichait absolument pas de savoir l'emploi dans lequel son grand frère s'était engagé : il ne pouvait pas prétendre tourner naturellement le dos aux milliers de questions qui le taraudaient alors que Maarten était le graal d'une recherche de quasiment vingt ans. Au contraire, même, il souhaitait savoir ce qu'il devenait, comment se construisait son quotidien, s'il avait oubli...remplacé Chris...La tâche de cet événement rendait son envie de demander des nouvelles amère, bizarre, presque malsaine. La logique voudrait qu'il conclue ses longues recherches par la mort de son grand frère. Mais le paradoxe bien présent dans cette pensée s'enroulait autour des babines du chien enragé que sa haine avait fait de lui comme une muselière indestructible. Il ne pouvait pas faire la connerie d'abattre d'une balle son seul repère. L'unique pilier de sa vie encore debout. Le seul objectif qui avait empêché son esprit de sombrer dans la démence.
Maintenant qu'il l'avait retrouvé, sa vie allait certainement lui paraître bien fade.

La suite de la scène lui sembla tellement invraisemblable que Nikolaas crut vraiment être spectateur de ces deux hommes qui évoquaient le passé sans vraiment mettre les deux mains dans les entrailles d'une plaie vieille de vingt ans...jusqu'à ce que Maarten se réfugie dans le creux de ses mains. Nikolaas ne sut quoi dire, quoi faire, quoi penser. La rage, la pitié et la tristesse se déversèrent dans son cœur et le tiraillèrent, le rendant tout simplement aussi confus que son grand frère. Bon sang, c'était au grand de soutenir le petit, pas l'inverse !

« Personne n'aurait su quoi faire, ajouta Nikolaas. Et te dire ce que tu aurais du faire ne changera rien. Je suis juste...blessé que tu n'aies jamais essayé de me retrouver. »

Nikolaas ne faisait jamais preuve de violence et ce n'était pas maintenant que cela commencerait. Le sentiment d'antipathie profonde qu'il avait ressenti durant toutes ces années s'était fossilisé jusqu'à faire corps avec sa vie quotidienne et dont les différentes facettes de sa personnalité instable. Il ignorait comment il pouvait procéder avec Maarten en connaissance du passé d'autant plus fort qui les unissait depuis le décès de Chris. La rancune qu'il avait pu ressentir pour cette chipie -Aeryn ? Aliénor ? Eléanor ? Il ne savait déjà plus- qui lui avait dérobé son œuvre n'égalait pas le dixième de ce que la vision de Maarten lui faisait éprouver actuellement. Son esprit se faisait violence tout en tentant de se calmer et de profiter de cet instant éphémère comme si Maarten n'était qu'un rêve qui allait s'évaporer au lever du jour. Tout en sentant affluer les pulsions du passé en une bile acide qu'il aurait voulu lui cracher à la gueule, Nick voulait dévorer chaque seconde qui s'écoulait en compagnie de cet homme comme pour rattraper tout ce temps perdu.

« Tu l'as remplacée ? Christyntje. Tu as refait ta vie ?»

Nikolaas matérialisa en quelques syllabes tranchantes le souvenir maudit qui les unissait, semblant tester lui-même sa résistance à la vision du cadavre qui peuplait leurs esprits. Le jeune frère déglutit avec la difficulté âcre que les contours ombrés du patronyme de sa sœur venaient de déposer sur sa langue.
Revenir en haut Aller en bas

Féminin
↳ Nombre de messages : 838
↳ Points : 1183
↳ Date d'inscription : 01/04/2014
↳ Age : 24
↳ Avatar : Brett Dalton
↳ Age du Personnage : 32 ans
↳ Métier : Ministre à la place du ministre... il joue le rôle de Liam. (Expert en sécurité informatique - emplo
↳ Opinion Politique : anti-Gouvernement depuis les premières heures
↳ Niveau de Compétences : Niveau 2/3 en prémonition - Niveau 84 en blague à Toto
↳ Playlist : Underground || Parting Glass || The Hanging Tree || Some Nights || United we stand tall
↳ Citation : Paresse : habitude prise de se reposer avant la fatigue.
↳ Multicomptes : Rafael A. Morienval | Andreï C. Ievseï
↳ Couleur RP : goldenrod



Feuille de perso
↳ Copyright: (avatar) .sassenach
↳ Disponible pour un topic?: Oui =D
↳ Liens du Personnage
:



MessageSujet: Re: « Le voleur connaît le voleur et le loup le loup. » [pv Nikolaas]   Sam 21 Fév - 10:29




Le voleur connaît le voleur, et le loup le loup.


(dialogue en italique: néerlandais)

« Je sais juste ce que tu m'as dit, que tu t'es ''rangé'' et c'est tout à fait suffisant. » Peut être. Mais Maarten n’avait jamais regretté de s’être rangé, d’avoir laissé cette vie d’illégalités derrière lui et d’avoir tenté de devenir quelqu’un non pas de respectable mais qui gagnait sa vie par la force de ses mains et non dans les poches des autres. Ce n’était en rien une critique, de toute manière, c’était juste une observation. Et si Maarten traînait derrière lui une bonne centaine de regrets plus ou moins variés, au moins son changement de carrière, si on pouvait le nommer ainsi, n’en faisait pas parti et c’était déjà ça de pris ; il n’allait pas cracher dessus. Un haussement d’épaules, donc. Le temps qu’il se la boucle et que Nikolaas termine ce qu’il avait à dire. La sincérité… la malhonnêteté… Son petit frère avait plus que raison en disant qu’elle collait à la peau : rien de ce que Maarten n’avait pu faire en vingt ans n’avaient pu réellement effacer ses vieux réflexes, preuve en était de sa tentative de vol chez le vétérinaire plusieurs mois plutôt et de leur rencontre inopinée vieille de quelques minutes à peine. Concentre toi, Joen. Il essayait de se concentrer. Sur ce qu’il avait à dire, sur ce qu’il voulait faire, ce qu’il voulait dire à un homme qu’il n’avait pas vu depuis deux décennies et qu’il avait pourtant formé à défaut de l’avoir véritablement élevé. Trois ans d’écart à peine, lorsqu’il avait vu Nikolaas débarquer dans sa famille d’accueil, il s’était senti plus vieux de deux siècles que ce gamin extrait violemment du cocon familial. Instinctivement, Maarten s’était senti adulte, plus mature. Il s’était placé comme un mentor, il avait pris le Lodewijck sous son aile avec une assurance qui lui paraissait, maintenant, plus qu’idyllique ; utopique même. Qui était le plus confiant à présent ? Qui était le plus serein, le plus sûr de lui ? Certainement pas toi, Maarten, qui tremble devant ton ombre et les fantômes d’un passé plus que lointain. Certainement pas lui non. Et ses doigts s’étirant autour de la bière, s’enroulant dans ses cheveux, lui offrant un refuge lorsqu’il céda à la tentation d’expliquer, n’en furent qu’une preuve presque superflue. La panique, oui. C’était ce qui avait motivé la plupart de ses décisions. La panique d’avoir tué, deux fois. La panique de ne pas savoir quoi faire. Juste avant que la peur ne prenne le relai et ne le fasse totalement déconner. La peur d’être pris, la peur de regarder Nikolaas dans les yeux, la peur de se retrouver face à ses responsabilités sans avoir ne serait-ce que le droit de détourner le regard.

Incapable de croiser les yeux de Nikolaas qu’il imaginait écœurés ou déçus, Maarten se borna à fixer la bière devant lui, comme si la mousse et sa couleur ambrée pouvaient lui dévoiler un avenir bien sombre. Je ne savais pas quoi faire… Telle était sa conclusion. Restait à savoir si elle allait convenir à Nikolaas. Restait à savoir comment il allait réagir. « Personne n'aurait su quoi faire. Et te dire ce que tu aurais du faire ne changera rien. Je suis juste...blessé que tu n'aies jamais essayé de me retrouver. » Ca n’avait certes pas la violence d’un coup de poing que Maarten aurait sûrement préféré – après tout, le langage des coups était un moyen de communication qu’il comprenait à merveille – mais ça lui fit le même effet. Il ressemble à Bastien, tu ne trouves pas ? Si. Ca en avait même quelque chose de dérangeant. La réaction du Néerlandais qui se trouvait face à Maarten ressemblait tellement à celle qu’aurait pu avoir le Français dans une même situation que c’en était bluffant. A la différence près que si ça avait été Bastien face à lui, Maarten aurait su quoi répondre. Il se serait même excusé, ou quelque chose s’en approchant. Là, il était incapable de faire un choix sur quels mots prononcer et quels mots impérativement éviter. Comme si pour la première fois de sa vie, il se résignait à surveiller ses paroles, un exploit très certainement. Parce que si j’avais peur et je ne voulais pas te le dire moi-même ne devaient pas être les réponses que Nikolaas attendait, celle qui lui était venue instinctivement au bord des lèvres aurait été pire encore. Tu étais en garde à vue, je ne pouvais pas me pointer chez les flics après un double homicide, tu comprends. Mais bien sûr. Non, il ne pouvait pas décemment dire ça à Nikolaas, quand bien même c’était vrai. En partie.

Alors Maarten se contenta de s’éclaircir la gorge dans un premier temps, sauvé par son frère qui reprit dans une dernière question. « Tu l'as remplacée ? Christyntje. Tu as refait ta vie ?» Ils allaient de Charybde en Scylla. Et à ce rythme là, Maarten n’était pas certain de vouloir savoir quel allait être le point final de cette conversation tant les sujets abordés et les réponses demandées l’effrayaient de plus en plus par leur contenu. Et si Maarten sentait déjà avant qu’il valait mieux pour eux deux qu’il contrôle ses réponses, là, c’était pire encore. Une seconde, un instant de flottement qui se transforma en minute. « Ca fait vingt ans… » Et alors ? Ca faisait vingt ans, oui. Mais que sous-entendait-il par là ? « Ca fait vingt ans, Nikolaas. A ton avis ? Oui, j’ai connu d’autres femmes, si c’est ça ta question. » Non Maarten, non. Stupide Joen, arrête de parler maintenant. Arrête d’être aussi c#n, arrête d’être aussi franc. Il ne pouvait pas, c’était presque plus fort que lui. Il lui devait la vérité. Il lui devait la vérité après tout, parce que s’il s’embourbait dans le miel à force de tourner autour du pot, il risquait de ne plus s’en sortir. D’autant plus que s’il était expert pour foncer dans le tas, ce n’était pas pour rien : il ne savait pas esquiver les problèmes. « Je ne l’ai pas remplacée, elle n’était pas remplaçable. Mais… je suis marié. Et père si tu veux tout savoir. » Deux mensonges. Il lui devait la vérité ? Voilà que Maarten transformait la vérité à sa convenance pour sortir deux mensonges en regardant Nikolaas droit dans les yeux. Myla n’était pas sa femme, ils n’habitaient même pas ensemble et leur nuit de fiançailles s’était soldée par une séparation de deux mois et sa transformation. Myla n’était pas sa femme officiellement, mais Maarten avait décidé qu’elle l’était désormais parce qu’il ne pouvait pas concevoir le contraire. Quant à la gamine… la mioche n’était pas sa fille, ce n’était plus possible, plus depuis que sa sorcière l’avait maudit. Et pourtant, c’était lui qui était allé la déclarer. Hope Christyntje Joen-Desmarais. Il avait tenu à ce qu’elle ait son nom. Myla avait catégoriquement refusé qu’elle porte le prénom de Christyntje, sans grande surprise. Tu vois, Niko, je ne l’ai pas oubliée. J’ai maladroitement tenté de lui rendre hommage même si elle n’était pas la femme de ma vie au final, juste un traumatisme vieux de vingt ans.


© charney


_________________
He says save me, save me; She says maybe, maybe…
She starts to turn away when he says…
Promise me you’ll never let us go
Push me, Crush me, Then save me, save me
She stops walking, walking; He stops falling, falling
He looks her in the eyes and he says… - © by anaëlle.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://consign-to-oblivion.forumactif.com/t3068-nolan-je-me-surm

Invité
Invité






MessageSujet: Re: « Le voleur connaît le voleur et le loup le loup. » [pv Nikolaas]   Sam 21 Fév - 17:38

Bonne réponse, bro'.
Quelque chose chuchota à Nick que c'était certainement la réponse la plus plausible tout en étant celle qu'il avait le plus envie d'entendre. Il espérait au fond de lui que la mort de Chris lui avait pourri l'esprit de remords éternels, mais ce genre de choses n'arrivait que dans les films. Chris hantait-elle ses rêves ? Apparaissait-elle au détour d'une rue, son visage collé sur celui d'une autre faisant croire à l'illusion par un habile jeu de lumières ?
Ce dernier s'effaça à l'esprit de Nick. Il avait trop longtemps pensé si fort à elle. Il s'était lassé de la douleur provoquée par les va-et-vient de cette réminiscence qui lui pilonnait le crâne comme un violeur. Désormais il accueillait l'image comme elle venait, ainsi qu'un nouveau mirage comme ceux qu'il construisait tous les jours pour les autres. Pour lui, aussi, à force.

« Tu t'es rangé jusqu'au bout. » conclut-il avec un sourire sincère.

Sans être heureux pour son frère, il le regarda avec gentillesse. A nouveau Maarten figurait comme un modèle, comme un idéal qu'il n'attendrait jamais. Même s'il en éprouvait un jour l'envie, Nick ne pouvait pas se ranger, se caser, se marier, fonder une famille. La vie lui avait montré à de trop nombreuses reprises que les gens partaient aussi vite qu'ils prenaient leur place dans son cœur. Perdre la moitié de son âme vous marque à vie et ouvre dans vos entrailles une plaie qui ne se referme jamais totalement. Une barrière éternelle dressée entre vous et un semblant de bonheur. Sa profession lui collait définitivement à la peau comme un cancer. Chaque masque était une métastase qui s'immisçait dans une cellule de son cerveau pour le gangrener, créer une nouvelle facette sur le diamant de son esprit. Pourtant, au sens propre comme au sens figuré, Nick n'avait rien de précieux, sinon Maarten ne l'aurait pas abandonné.

Songeur, Nick termina sa bière et la reposa sur la table dans un claquement banal, comme un point final. Il se révélait partagé entre l'envie d'en savoir davantage et le fait que de toute manière, cela ne changerait rien. Ils n'avaient pas grand chose à se dire. Ils ne semblaient pas s'être manqués plus que cela. Deux frères ne s'étaient pas vus pendant vingt ans et prenaient des nouvelles erratiques comme deux simples connaissances s'étant perdues de vue et se re-croisant par hasard. Nick cotoyait ce dernier chaque jour mais il aurait aimé que son chemin croise celui de son frère volontairement, par les informations que Kyran était sensé lui donner.
Il soupira intérieurement : Kyran n'y pouvait rien. Personne n'y pouvait quoi que ce soit. Les choses arrivaient de la manière dont elles allaient arriver.

« C'est triste de se dire qu'on va se quitter et reprendre nos vies comme elles étaient. »

Au plus profond de lui-même, il espérait sincèrement que cette impression soit fausse. Ils n'avaient clairement plus rien à faire ensemble. Plus rien à partager.
La fraternité semblait s'être effacée.
Revenir en haut Aller en bas

Féminin
↳ Nombre de messages : 838
↳ Points : 1183
↳ Date d'inscription : 01/04/2014
↳ Age : 24
↳ Avatar : Brett Dalton
↳ Age du Personnage : 32 ans
↳ Métier : Ministre à la place du ministre... il joue le rôle de Liam. (Expert en sécurité informatique - emplo
↳ Opinion Politique : anti-Gouvernement depuis les premières heures
↳ Niveau de Compétences : Niveau 2/3 en prémonition - Niveau 84 en blague à Toto
↳ Playlist : Underground || Parting Glass || The Hanging Tree || Some Nights || United we stand tall
↳ Citation : Paresse : habitude prise de se reposer avant la fatigue.
↳ Multicomptes : Rafael A. Morienval | Andreï C. Ievseï
↳ Couleur RP : goldenrod



Feuille de perso
↳ Copyright: (avatar) .sassenach
↳ Disponible pour un topic?: Oui =D
↳ Liens du Personnage
:



MessageSujet: Re: « Le voleur connaît le voleur et le loup le loup. » [pv Nikolaas]   Dim 1 Mar - 14:28




Le voleur connaît le voleur, et le loup le loup.


(dialogue en italique: néerlandais)

Maarten se caractérisait le plus souvent par l’adjectif franc, mais ce n’était pas tout à fait vrai. Pas tout à fait vrai voire pas du tout. Parce que s’il était immanquablement direct lorsqu’il s’adressait aux personnes, ne parvenant jamais à enrober ses propos dans du miel pour mieux les faire passer voire simplement s’abstenir de sauter les pieds dans le plat sans préparer le terrain avant, il était particulièrement faux de clamer qu’il se complaisait constamment dans une franchise déplacée. Mentir. Ce n’était pas une seconde nature, c’était plus un outil dont il usait quotidiennement pour mieux fuir et se protéger, en bon lâche qu’il ne manquait jamais d’être. Et le pire dans tout ça : c’était qu’il était conscient de ses travers tout en étant incapable d’y remédier, ancrés comme ils l’étaient dans son être, son comportement, sa façon d’agir et même son mode de fonctionnement. La lâcheté, sa délicatesse, tout cela formait un mélange dont l’unique produit était un Néerlandais buté et mal à l’aise, un Maarten dont le prénom même reflétait sa malhonnêteté. Des propos d’une franchise toute relative, donc, dégringolèrent de ses lèvres pour s’écraser comme des loques sur la table et étaler au grand jour ce qui était plus un amas de ses désirs que la réalité qu’il vivait actuellement : père, marié. Père d’une gamine avec laquelle il n’avait en commun que Myla, marié à une femme qui avait rompu leurs fiançailles, qu’il avait trompé, qui l’avait trompé, qu’il n’était capable ni de garder dans sa vie, ni de maintenir en dehors de sa vie. Un soupir, donc. Deux semi-mensonges. Et une bière qu’il venait de terminer et qu’il continuait à faire tourner entre ses doigts dans l’espoir de la voir se remplir seule ou juste pour occuper ses pensées histoire de ne pas s’inquiéter davantage des réactions que pourrait avoir Nikolaas face à tout ça.

NIkolaas. Nikolaas était devant lui, en chair et en os. Encore maintenant, tout cela lui semblait surréaliste. Incompréhensible. Il s’hasardait même à attribuer l’étiquette d’impossible à une telle rencontre, une telle coïncidence, sans trouver d’explication possible à la silhouette face à lui. « Tu t'es rangé jusqu'au bout. » Ce sourire… était-il sincère ? Maarten en doutait franchement. Lui-même, il avait beau savoir que Myla était l’amour de sa vie malgré toutes les plaies et les meurtrissures qu’ils s’infligeaient sans cesse, il n’arrivait tout de même pas à se sentir traitre. Il avait toujours l’impression, même vingt ans après, même deux décennies et un océan entre lui et ses meurtres, de trahir Christyntje ou du moins sa mémoire lorsqu’il acceptait d’aimer une autre davantage que la Néerlandaise. Alors que Nikolaas soit sincère… non, ce n’était pas possible. La personne face à lui ne pouvait décidément pas être réelle. Ce n’était qu’une incarnation de tout ce qui le torturait, une catharsis que sa folie latente avait décidée de lui infligeait pour qu’il parvienne enfin à affronter le traumatisme de meurtres anciens et qu’il puisse se regarder dans la glace sans voir danser dans son dos les fantômes de Christyntje et de Cate. Maarten se massa les tempes. Cherchant à distinguer la frontière entre les illusions et la réalité. Le soupir de Nikolaas n’était, au final, qu’un écho du sien. Sa présence, un soin comme un autre. Mais réel. Et inexplicable. Que Maarten n’avait pas envie de chercher à comprendre, contrairement à tout ce que ses pensées pouvaient laisser croire.

« C'est triste de se dire qu'on va se quitter et reprendre nos vies comme elles étaient. » Maarten releva la tête, interloqué. Songeur. Fronçant les sourcils. C’était triste, mais le pire était que c’était fort probable. Très certainement qu’une personne plus sensible, plus sociale, moins lâche que Maarten se serait empressée de démentir cette affirmation mais… mais… s’il voulait être franc avec lui-même, Maarten savait que revoir Nikolaas ne pouvait pas lui faire du bien. Ou peut être était-ce justement ça le problème ? Ca risquait de lui faire accepter finalement la mort de sa première fiancée et qu’il ne voulait pas en faire le deuil. Mais qu’est ce qui n’allait pas chez lui au final ? Hein ? Pourquoi était il toujours là, à douter, à se torturer, à fuir les choix et les décisions pour se complaire dans des souffrances qu’il s’imposait mais dont il se plaignait tout de même ? Pourquoi ne pouvait-il pas faire les choses simplement ? Accepter d’être celui qu’il était sans se lamenter de l’être ? Maarten, au comble du désarroi, haussa les épaules, cherchant ce qu’il pouvait répondre. Mensonge ? Vérité ? Mais quelle vérité ? Il ne savait même pas ce qu’il pensait réellement, ce qu’il voulait réellement penser, ce qu’il… b#rdel. Qu’il était beau, qu’il était vaste, qu’il était désirable ce pays du déni dont il avait fini par obtenir la nationalité à force de s’y traîner. « Ce n’est pas obligé, tu sais. Peut être que… » Peut être que quoi ? Il ne savait pas où il allait, il ne savait pas ce qu’il voulait, il ne savait même pas comment terminer sa phrase. « Je… » Non, décidemment, ça ne venait pas. C’était même lamentable. Maarten se réfugia au néerlandais, comme s’il allait trouver dans sa langue maternelle des réponses à ses questions stériles. « On peut toujours rester en contact. Réapprendre à se connaître. Je… » Il fronça les sourcils. Si même le néerlandais refusait de lui laisser une voie dégagée dans laquelle s’engouffrer… « Je pourrais commencer par te présenter ma fille ? Elle s’appelle Hope. Hope Christyntje Joen. » Un froncement de sourcil supplémentaire. « J’ai changé d’identité, si jamais tu veux me chercher. Maarten Doug Joen. Je… c’était plus sûr. » S’il était en train de se perdre dans des ramifications de justifications inutiles ? Oui, assurément. Mais c’était Maarten Joen, c’était Doug Stijn, c’était celui qui avait fugué de ses parents adoptifs à huit ans parce qu’il avait réussi à se convaincre qu’ils ne voulaient pas de lui et qu’il n’était qu’un fardeau pour ce couple aux revenus insuffisants.


© charney


_________________
He says save me, save me; She says maybe, maybe…
She starts to turn away when he says…
Promise me you’ll never let us go
Push me, Crush me, Then save me, save me
She stops walking, walking; He stops falling, falling
He looks her in the eyes and he says… - © by anaëlle.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://consign-to-oblivion.forumactif.com/t3068-nolan-je-me-surm

Invité
Invité






MessageSujet: Re: « Le voleur connaît le voleur et le loup le loup. » [pv Nikolaas]   Mer 18 Mar - 20:14

Les dernières phrases de Maarten, prononcées avec la plus grande difficulté du monde même enrobées des accents natals, firent cependant bondir les sourcils de Nikolaas sur son front. Il hésita, le temps que la proposition se balade dans tous les recoins de son esprit pour trouver sa véritable interprétation. Choisir, mixer entre la plus facile, la plus évidence et celle qui lui plaisait le plus. En attendant, son cerveau se mit en veille, comme en témoigna son exclamation pleine d'intelligence.

« Quoi ?! »

Disait-il cela pour lui faire plaisir ? Parce qu'il ne voulait pas de nouveau le perdre ? Par pitié ? Nikolaas se sentit réellement perdu comme s'il aurait presque souhaité qu'ils se lèvent après cette bière, se serrent la main, et repartent chacun de leur côté sans rien tirer de cette rencontre. Pour Maarten, quand ils étaient plus jeunes, tout semblait être facile ! Il prenait des décisions aussi rapidement que possible, mu par ce pragmatisme de la survie qu'il lui avait toujours envié. Il les protégeait, lui et sa sœur, le faisant se sentit en sécurité dans les moments les plus dramatiques où ils croyaient vraiment qu'ils allaient mourir. Maarten se battait, tant avec ses mots qu'avec ses mains et Nikolaas put voir à sa maladresse verbale et ses gestes mécaniques au niveau de sa bouteille de bière qu'il avait cessé de lutter. L'objet tournait étrangement dans ses doigts, vide, imperturbable, comme une image de son cerveau que Maarten retournait dans tous les sens pour trouver une solution, avant de se résoudre au vide intersidéral.

« Je suis surpris. Je pensais que tu apprécierais l'instant, avant de retourner de ton côté. » avoua franchement Nikolaas.

Ce dernier, comme le lui avait appris son frère, ne mettait jamais de barrières à son esprit. Ainsi, ses paroles s'échappaient de ses lèvres aussi clairement qu'elles se prononçaient dans son esprit. Sans passer par le moindre filtre. Surtout quand il s'agissait de sentiments. Et Maarten était l'incarnation la plus foutrement parlante de ce qu'il avait oublié : l'amour.
Quand on joue, chaque jour, on invente un personnage. On lui crée des tics, des tocs, des habitudes, une manière de faire, d'agir, un costume, un style, une façon de parler. On module une coquille parfaite, crédible, mais vide, dans laquelle on s'insère en tant que moteur juste pour la faire bouger. Il n'y a aucun sentiment, sinon, tout se perd. On se fond dans la coquille, et on commence à mourir. Pour ne pas prendre de risque, il ne faut pas ressentir.

Et Maarten était la brûlure violente du passé qui lui faisait se rendre compte de sa sensibilité. Donc de sa qualité d'être humain bien vivant.
Alors, forcément, tous ses moyens foutaient le camp.

« D'accord »
dit-il enfin.

POUF ! Le cerveau venait de court-circuiter, laissant ses instincts primitifs prendre le relais. Et les instincts primitifs ne connaissaient qu'une seule chose : l'approbation et l'absence d'hésitation. Nikolaas fouilla dans ses poches avant de trouver à grand peine deux petites pièces qu'il fit rebondir clairement sur la table afin de bien se rappeler de ces deux précieuses choses qu'il abandonnait, de ces deux morceaux de repas auxquels il disait adieu. Pour une putain de bière.
Qu'est-ce qu'on ferait pas pour sa famille.

« C'est quand tu veux. »
Revenir en haut Aller en bas

Féminin
↳ Nombre de messages : 838
↳ Points : 1183
↳ Date d'inscription : 01/04/2014
↳ Age : 24
↳ Avatar : Brett Dalton
↳ Age du Personnage : 32 ans
↳ Métier : Ministre à la place du ministre... il joue le rôle de Liam. (Expert en sécurité informatique - emplo
↳ Opinion Politique : anti-Gouvernement depuis les premières heures
↳ Niveau de Compétences : Niveau 2/3 en prémonition - Niveau 84 en blague à Toto
↳ Playlist : Underground || Parting Glass || The Hanging Tree || Some Nights || United we stand tall
↳ Citation : Paresse : habitude prise de se reposer avant la fatigue.
↳ Multicomptes : Rafael A. Morienval | Andreï C. Ievseï
↳ Couleur RP : goldenrod



Feuille de perso
↳ Copyright: (avatar) .sassenach
↳ Disponible pour un topic?: Oui =D
↳ Liens du Personnage
:



MessageSujet: Re: « Le voleur connaît le voleur et le loup le loup. » [pv Nikolaas]   Ven 3 Avr - 20:20




Le voleur connaît le voleur, et le loup le loup.


(dialogue en italique: néerlandais)

L’idée était tentante. Plus que tentante : attirante. Reposer la bière vide, déposer un billet sur la table, se serrer la main et se tourner le dos. Se séparer. Disparaître. Ranger cette rencontre dans une boite et ranger cette boite dans un placard. L’idée était tentante de prime abord, et elle l’était plus encore pour un lâche comme Maarten savait si bien l’être. Mais… ce n’était pas une solution. Ce n’était pas une porte de sortie, c’était un canal le dirigeant droit dans une nouvelle prison de remords et de culpabilités. Le Néerlandais avait déjà tourné le dos à Nikolaas, et même s’il n’avait jamais regretté avoir fui de l’autre côté de l’Atlantique, couper les ponts avec son petit frère lui avait offert un certain nombre de nuits blanches. Et il envisageait de recommencer maintenant, sans véritable raison autre que celle de vouloir laisser les cadavres enterrés et continuer à se voiler la face ? Non. Ce n’était pas la solution. Ce n’est pas obligé, tu sais. Peut être que… Fou. Il était fou de s’engager sur cette voie délabrée, cette voie trompeuse, cette voie laissée en friche dans son esprit, trop occupé qu’il était à se promener joyeusement du côté du déni. Direct, spontané, impulsif, Maarten avait beau l’être, il mentait à beaucoup de personnes à commencer par lui-même. Alors s’engager comme il était en train de le faire sur une route qui lui infligeait un soleil brûlant à fixer sans fermer les paupières… Fou. Il n’y avait plus de doute : il était fou. « Quoi ?! » Et son petit frère partageait son avis de toute évidence. Ou alors, il se contentait simplement de jouer l’avocat du diablotin qui lui sifflotait à l’oreille de saisir l’opportunité de ce quoi pour rebrousser chemin avant qu’il ne soit trop tard.

Un mot, une syllabe, Maarten se jeta dans le gouffre en achevant sa phrase. Fronçant les sourcils. Se justifia. S’enfonça. Se débattit pour échapper à l’étreinte mortelle de ses remords et de ses doutes, de sa culpabilité et de ses démons. Nouveau nom, fille adoptée sans même évoquer le fait qu’il ne partageait rien de son ADN, le Métamorphe ne faisait pas qu’étaler la noirceur de son comportement, il la revendiquait presque dans son attitude bravache de pleutre tremblotant. Un nouveau froncement de sourcils, Maarten relâcha sa respiration coupée en s’efforçant de décontracter les muscles de ses épaules. « Je suis surpris. Je pensais que tu apprécierais l'instant, avant de retourner de ton côté. » Une moue traversa les lèvres du Néerlandais devant l’aveu bien trop juste de son petit frère. « Il faut croire que j’ai changé… » maugréa-t-il dans sa barbe, ignorant délibérément qu’il venait d’ajouter un nouveau mensonge à sa liste. Il n’avait pas changé. Pas du tout. Vingt ans plus tard, il était toujours le même lâche qui préférait se terrer dans son coin plutôt que d’affronter la vérité en face. La seule différence, c’était qu’il était encore plus stupide qu’avant, à se forcer à mentir autant verbalement que dans son comportement. Ils pouvaient réapprendre à se connaître, oui. Il pouvait lui présenter Hope, oui. Mais Maarten devait être franc avec lui-même : il souhaitait plus que tout ne pas avoir proposé ces deux choses, ne pas avoir reconnu Nikolaas. Il appréciait trop le jeune garçon qu’il avait choisi pour frère pour risquer de tacher ce souvenir au contact de l’homme que le petit orphelin était devenu. Le silence s’étira entre les deux hommes. Pesant. Douloureux. Angoissant. Et même si Maarten jouait la décontraction avec l’habileté d’une longue pratique, tout dans son attitude réclamait une réaction autre que le mutisme de la part de Nikolaas. Allez, parle, b#rdel ; dis que tu refuses, dis que tu ne préfères pas, dis que tu me détestes et que tu ne veux pas entendre parler de moi. « D'accord » Maarten plissa les paupières. « Sérieux ? » Ca lui avait échappé. Bien sûr que Nikolaas était sérieux. Il n’aurait pas pris autant de temps pour répondre dans le cas contraire, et Maarten était prêt à parier que Nikolaas ne savait pas non plus ce qui venait de lui faire accepter la proposition naïve de l’autre Néerlandais. Ils étaient ridicules, tous les deux. Pathétiques. De vrais frères, même dans leur stupidité. « C'est quand tu veux. » Et il s’obstinait, en plus. Maarten se passa une main nerveuse dans ses mèches brunes coupées trop courtes, perdit ses doigts dans sa barbe naissante. C’est quand tu veux. Y avait-il une question cachée derrière cette phrase beaucoup trop plate pour ne pas être étrange ? Très certainement. La question était donc de déterminer laquelle, et le généticien n’était pas très fort à ces petits jeux là. Un soupir. Une moue hésitante. Un aveu en quelque sorte. Tout allait trop vite, et il n’était pas aussi prêt qu’on voulait le croire à faire se rencontrer ses deux mondes bien distincts. Myla, Hope, Bastien, c’était sa vie aux Etats-Unis. Une vie chaotique, mais la vie de Maarten et d’un généticien amoureux. Nikolaas… C’était son adolescence, c’était la violence, c’étaient les meurtres et la souffrance. Un Big-Bang, voilà ce que pouvait donner le choc de ces deux microcosmes. Et on ne survivait pas aux big-bang, quand bien même ils ne devaient qu’annoncer l’aube d’une nouvelle ère. C’est quand tu veux. Jamais ? « Hope est à l’hôpital en ce moment mais… dès qu’elle a le droit de rentrer à la maison, je te contacte ? Je pourrai te présenter ma femme… » Un mensonge de plus, deux mensonges de plus. Voilà ce que Maarten recommençait à tisser : une toile de mensonges. Rentrer à la maison ? Rentrer chez Myla, surtout. Myla qui ne voulait plus le voir. Présenter Nikolaas à la Canadienne ? Que pensait il à propos des mondes, des big-bang, des microcosmes et de l’explosion mortelle ? Mensonges, mensonges, mensonges, Maarten s’enveloppait dans un tissu de mensonges qui lui permettait de croire la réalité bien plus belle et acceptable que ce qu’il en était vraiment. Une façon comme une autre de fuir, une façon comme une autre de se trahir, encore et toujours. Il ne savait faire que ça, de toute façon. Fermer les yeux. « Mais on garde contact. Sans souci. » Mensonge, encore. Ou presque. Peut être. Ca restait à voir. Maarten se leva, extirpant de ses poches un portefeuille en cuir, du portefeuille un billet froissé qu’il écrasa sur la table pour bien marquer son départ à venir.


© charney


_________________
He says save me, save me; She says maybe, maybe…
She starts to turn away when he says…
Promise me you’ll never let us go
Push me, Crush me, Then save me, save me
She stops walking, walking; He stops falling, falling
He looks her in the eyes and he says… - © by anaëlle.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://consign-to-oblivion.forumactif.com/t3068-nolan-je-me-surm
 

« Le voleur connaît le voleur et le loup le loup. » [pv Nikolaas]

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

 Sujets similaires

-
» « Le voleur connaît le voleur et le loup le loup. » [pv Nikolaas]
» un « espion » permet d'arrêter un voleur
» Question! Jeux de Société
» Faire connaître mon Forum.
» Comment faire connaître son forum ?

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
CONSIGN TO OBLIVION .} :: The Fifth Chapter :: Memories-