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 Heaven has no rage like love to hatred turned. {Blake}

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MessageSujet: Heaven has no rage like love to hatred turned. {Blake}   Ven 19 Déc - 17:10



Il glissa un regard à sa montre – vingt-et-une heure trente-quatre – et laissa échapper un soupir. Que foutait donc Ava ? Voilà maintenant plus de quatre heures qu'elle avait emmené June pour un film et une glace, cela commençait à faire long. Wesley hésitait à lui passer un coup de fil afin de savoir de quoi il en retournait mais se ravisa bien vite – si sa sœur apprenait à quel point le Hunter couvait son rejeton, il n'en verrait pas la fin. Accepter la requête d'Ava avait été ardu, le milicien n'aimait guère savoir que son enfant musardait dans les rues de la Nouvelle-Orléans sans réelle protection, d'autant plus qu'il ignorait si oui ou non il faisait confiance à sa demi-sœur. La confiance qui s'était tissée entre eux était encore précaire, balbutiante et tous deux avançaient à tâtons dans cette relation nouvelle, les Ignatev étant farouches de nature. Toutefois, Wesley avait fait abstraction de ses doutes et avait donné sa bénédiction à la cadette, espérant qu'elle y voie là un gage de bonne volonté, ce qui impacterait positivement leur dynamique.

Windsor reposa donc son portable, se saisissant plutôt de son verre de rhum, qu'il fit tourbillonner distraitement et le porta à ses lèvres, accueillant avec délectation la morsure chaude de la liqueur, attendant que les bienfaits de l'alcool anesthésient l'élancement qui lui tiraillait le flanc. Le milicien rehaussa le paquet de glace sur ses côtes et la douleur térébrante lui crispa le faciès. Plus tôt dans la journée, n'ayant pas à pourvoir à la surveillance de June, il s'était abandonné à un de ses plus vieux vices ; le combat illégal. Un seul coup de fil à l'une de ses accointances et il était branché, ayant eu vent d'un désistement. Wesley avait gagné, mais de justesse, tel en témoignaient les ecchymoses maculant son corps et la profonde entaille qui lui creusait la pommette. Il n'en demeurait pas moins que ce fut une belle rixe, à en juger par les vivats de la foule.
Il se rencogna dans son fauteuil, son épiderme nu collant au cuir vieux du siège. L'air était moite et les températures hautes, écho d'une journée caniculaire, alors que l'astre coruscant était en train de choir derrière la ligne d'horizon, la nuit dévorant peu à peu la voûte céleste. Le Hunter abhorrait le climat de ces lieux, cette chaleur constante et accablante, couvrant en permanence sa peau d'une fine pellicule de sueur. Il abhorrait ces quartiers pittoresques et anachroniques, semblant figés dans le temps, qui jouxtaient les bas-fonds. Putain, il exécrait même les autochtones. Wesley fut parcouru d'un léger rire : regarde-moi à pester dans ma barbe tout seul dans ce foutu appart. Il secoua la tête afin de chasser ses songes oiseux, s'empara de la commande et alluma la télévision. Le poste, cadeau de Jade, était antique, la qualité d'image, dégueulasse. L'écran vomissait sa lueur fantomatique, seule source de lumière dans cet appartement lugubre. Encore une babiole des filles, nota Wesley, affligé par la bêtise sans nom de l'émission qu'il regardait. Elles semblaient de plus en plus coloniser l'environnement, à en juger par les gadgets et autres décorations qui ornaient toutes les commodes. D'ailleurs, certaines de ces dites décorations flirtaient éhontément avec le kitsch. Enfin, force était de reconnaître que cela égayait la sobriété attristante de l'appartement et pour être tout à fait honnête, cela ne le dérangeait pas outre mesure. Atterré par l'idiotie crasse de l'émission, Windsor préféra éteindre le poste et profiter de ses derniers instants de quiétude, portant une nouvelle fois le verre à ses lèvres, se sentant s'engourdir, ses sens s'émousser et se laissa conquérir par le sommeil.

Cinq minutes ou une heure plus tard – il n'aurait su dire combien de temps s'était écoulé depuis son endormissement -, il fut réveillé par un tambourinement sauvage à la porte. Ne prenant pas la peine d'enfiler un t-shirt, il s'extirpa de son fauteuil moelleux, ses cotes froissées protestant lourdement, si bien qu'il dut étouffer un grognement de douleur et se dirigea à pas lourds vers la porte, qu'il ouvrit à la volée. « Il fut t- oh putain. » Devant lui, un fantôme arraché à son passé. Wesley n'allait pas sans savoir que ce moment fatidique allait arriver tôt ou tard mais il était si agréable d'espérer. L'adolescente qu'il avait naguère aimé n'était plus ; c'était bel et bien une femme qui se dressait au devant de lui. Furibonde, de surcroît. La haine à fleur de peau, le Hunter ébaucha un sourire peu amène. « J'dirais bien que je suis content de te voir, mais c'est pas vraiment le cas. »

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MessageSujet: Re: Heaven has no rage like love to hatred turned. {Blake}   Mer 7 Jan - 1:28



Les verres s'accumulaient sur la table de chevet, laissant la décadence s'idolâtrait dans cette chambre obscurcie par le peu de clarté. Au milieu de ce bordel véhément, cette femme, dévastée, alcoolisée par des maux incertains, irréguliers. Ses larges prunelles émeraudes étaient noyées par l'aigreur de ce poison qu'elle s'était injecté, cet alcool qui s'écoulait dans ses veines bleutés. Elle coulait au milieu de la marée, le souffle court, le coeur lourd. Les yeux humides par les faits de la réalité. Elle était perdue, haineuse dans ses questions sans réponses, colérique au milieu de ce besoin constant, anéantie par le manque. Ce besoin de savoir la rendant malléable à cette descente en enfer qu'elle vivait depuis des mois. Des mois où elle se rongeait le sang, où la quiétude outrepassée s'évadait, flirtant avec sa panique chronique, cette peur d'avoir perdue une partie d'elle même ce fameux jour. Le pire n'était pas le fait de ne pas connaitre l'origine exacte de cet enlèvement mais bien de ne pas pouvoir agir. L'attente... Cette impression indéfendable de rester vulnérable, paralysée par l'acide vérité. Lui. Wes. Son nom résonnait dans son crâne défait, alors que Blake se révélait de son lit, nauséeuse, cette envie de vomir la ramenant à la réalité. Peut être qu'elle avait trop forcé ce coup ci ? Oh et puis merde ! Glissant ses mains dans ses cheveux, la rousse respirait difficilement, ne pouvant plus supporter sa propre ombre à cause de cette lâcheté qu'elle méprisait. Elle s'haïssait tellement pour son inactivité, par sa phobie de revoir ce regard ambré qui l'avait fait chuté tellement de fois. Cette peur de la chute et de ne jamais pouvoir se relever. Mais le choix ne s'imposait plus, cette agonie quotidienne n'était plus possible. Elle se devait d'agir et qu'importe les cicatrises que cet affront réouvriraient, qu'importe la douleur qu'elle ressentirait. Elle devait y aller.

La vie est constituée étrangement. Une accumulation de petits interrupteurs qui s'enchaînent, l'un ouvert, le suivant fermé, et on est obligé de prendre une direction différente; ainsi nous propageons le courant de nos existences à coups de trajectoires sinusoïdales aux amplitudes plus ou moins larges, sans qu'aucun de nous sache réellement pour qui tel ou tel interrupteur est allumé. Les gens appellent ça le destin, ou les aléas de la vie. Ce retournement constant de situation qui nous pousse dans nos retranchements, qui nous pousse à lutter contre nos cauchemars pour sortir la tête de l'eau. Blake en prenait conscience alors qu'elle s'était élevée de sa misérable candeur. Elle sortait de cette maison qui était devenue une prison dorée depuis des jours, et elle avait marché jusqu'à en perdre son souffle. Sans réfléchir aux mots qu'elle allait prononcé ou encore aux gestes qu'elle allait commettre. Elle n'était qu'une jeune femme amère de la perte de sa fille, de cet acte cruel de lui arracher ce qui était le plus chère à ses yeux. Et cette haine qu'elle avait gardé pour elle, la retournant même contre sa petite personne avait besoin d'être déversé sur un véritable coupable, sur une personne qui l'avait détruite. Sur cet homme qui avait été un poison pour elle, comme une morphine anesthésiante. Il était la raison de sa descente en enfer, l'origine même de son mal être, la source de ses émotions diverses qui la chamboulaient. La jeune femme se perdait dans l'aigreur de ses pensées, marchant sous le soleil qui éblouissant son visage de porcelaine brisé. Mais peu à peu son chemin se dessinait de familiarité, et au bout de quelques minutes, elle arrivait à destination. Ses mains glissaient entre ses cheveux, recalant les quelques mèches frivoles qui se baladaient avant qu'elle ne dépose son poing contre la porte d'entrée.

Blake attendit quelques minutes avant de frapper, le temps de songer à ce qu'elle allait faire. Le contact froid de son arme blanche à sa ceinture lui rappelait qu'elle n'aurait pas du boire autant. Puis elle osait, tapant trois fois calmement, prête à affronter ce qui l'effrayait. Son coeur s'emballait alors qu'une voix commençait à gronder à l'intérieur. "Il fut t- oh putain." La rousse perdait de son éclat en voyant le blond apparaître, attendant certainement quelqu'un d'autre que ce fantôme outrepassé. Wesley la fixait, détaillant du regard cette adolescente qui n'était plus, elle, elle tentait de rester calmer, la paume de ses mains tremblant légèrement tant son palpitant défonçait sa cage thoracique. Puis ce sourire faussé au creux de ces lèvres."J'dirais bien que je suis content de te voir, mais c'est pas vraiment le cas." Ces mots n'étaient que pur venin, il lui crachait au visage. Blake ne s'attendait pas vraiment à avoir un accueil chaleureux de toute manière. Cependant, la rousse se teintait sous un masque de froideur, se cachant de ses réelles émotions. " Crois moi, ce sentiment est partagé. " Ne lui laissant pas le choix, elle pénétrait chez lui, se glissant dans l'encolure de la porte sans le besoin d'une quelconque invitation. Puis elle scrutait ce lieu d'un oeil averti, remarquant diverses détails ambiguës. Mais elle n'était pas là pour observer, elle était là pour avoir des réponses. Ne tardant pas, elle lançait déjà quelques pics à l'égard de son ex amant. " A ce que je vois tu ne perds pas tes bonnes habitudes... " Elle glissait ses doigts sur une bouteille de bière vide, faisant allusion bien évidemment à l'alcool mais également à ces hématomes sur son corps à moitié dénudé, et à cette entaille à la pommette. C'était une des raisons pour laquelle elle l'avait quitté et qu'elle lui avait retiré la garde de sa fille. Sans attendre, elle rentrait dans le vif du sujet, sa patience ayant des limites." Tu te doutes que cette visite n'est pas une visite de courtoisie. Alors dis moi où est-elle? "


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MessageSujet: Re: Heaven has no rage like love to hatred turned. {Blake}   Dim 25 Jan - 18:56




Il n'aurait pas dû être surpris, pas vraiment, il savait cette confrontation inéluctable, mais voir cette silhouette, arrachée à un passé révolu, se découper sur le seuil de sa porte était surréaliste. Wesley ne la quitta pas du regard tandis qu'elle entrait dans son appartement. Ses traits juvéniles à l'époque s'étaient affinés mais mis à part cela, elle demeurait la même, toujours ce regard de jade perçant, cette crinière de rouille et cette carnation de lait. Déjà, la frustration et le désir grouillaient sous son derme, approfondissaient sa respiration. Il sentit son palpitant marteler sa cage thoracique et maudit ce cœur traître d'encore réagir à sa vue. Lorsque leur relation était encore balbutiante, et lui rendu niais par la découverte de l'ambroisie qu'était un premier amour, son implacabilité momentanément anesthésiée par l'influence de l'enjôleuse demoiselle, il se disait bien souvent qu'elle était faite de la même matière que les rêves. Cette représentation qu'il avait d'elle était encore à ce jour inébranlée, à condition de se souvenir que les cauchemars, eux aussi, étaient du domaine du rêve. D'emblée, Blake fit allusion à ses sempiternelles habitudes, qui furent jadis le noyau et la source de toutes leurs discordes. Ses lèvres se tordirent en un rictus mauvais. « Quant à toi, je vois que tu en as pris des nouvelles. » Le Hunter avait aussitôt remarqué le regard vitreux de son ex-amante, les effluves d'alcool dans sa voix. Quelle hypocrite. Une rage nouvelle lui fouetta les veines, serrer les mâchoires mais il s'astreignit à garder la tête froide, hurler et la brusque le desservirait. Il se força à expirer lentement et fit d'une voix blanche : « Sa tante l'a emmenée voir un film et manger une glace. » Lui cacher la vérité ne servirait à rien, lui mentir serait contre-productif. En vérité vraie, séparer la mère et sa fille n'était nullement son but, il avait uniquement agi de la sorte car la conduite et les mensonges de la rousse l'avaient ulcéré jusqu'au point de non-retour et sa nature impétueuse avait prévalu. Quand bien même il abhorrait cette succube, il ne désirait pas que June grandisse sans sa mère. Il avait vécu cet ignoble abandon et savait les ravages que cela pouvait causer sur un enfant. La seule évocation de sa mère à lui lui fit serrer machinalement les poings jusqu'à ce que les jointures blanchissent. Derechef, il expira lentement afin de se rasséréner. « Et toi Blake, où étais-tu ces sept dernières années ? » fit-il d'une voix doucereuse. Lorsqu'il purgeait sa peine, ses songes s'étaient très souvent tournés faire elle, essayant d'imaginer sa vie, ce qu'elle faisait, qui partageait désormais ses nuits. Le milicien n'avait rien oublié de cette abjecte trahison, de cette perfidie sans nom. Il se mit à arpenter la pièce, un fauve en cage, la mirant d'un regard pâle et haineux, la lippe retroussée, attrapant d'un geste rageur un paquet de cigarette qui traînait sur la table et pendit avec toujours la même turbulence une clope à la commissure de ses lèvres. Il sentait une terrible colère se dresser en lui, un cobra se dressant, prêt à fondre sur sa proie. Pendant des années, cette rancune avait corrompu son âme, l'avait dévoré de l'intérieur, tel un cancer, l'avait tourmenté et l'occasion d'enfin laisser libre cours à cette ire incoercible se présentait. Comme un feu de paille, il se sentait s'embraser, se perdant dans la délicieuse étreinte de cette colère noire, la folie coulant dans ses yeux opalins. Wesley avait voulu s'astreindre au calme mais sa raison ployait sous la vague déferlante de la rage. « On avait dit qu'on élèverait ce bébé ensemble mais tu m'as abandonné comme la dernière des salopes quand les choses se sont envenimées. » éructa-t-il, pointant un index rageur sur elle. « Et t'as eu les couilles de me mener en bateau à ma sortie de taule. » Son agitation le rendait étonnamment loquace, lui à l'accoutumée si laconique. Sous l'empire de la furie, il grondait, se mouvait avec véhémence. Dans la pénombre, il ne pouvait clairement discerner les traits de la succube, ne pouvait jauger l'effet que ses mots avaient sur elle. Son visage s'assombrissait-il, signe de tempête, ou bien était-elle sur la défensive, éteinte par la violence qui habitait Wesley ? « Putain, t'as cru que j'allais rester là les bras croisés ? T'as oublié qui j'étais ? » La frénésie l'enivrait, lui ôtait ses facultés de réflexion ; il accumulait les erreurs, l'altercation ne menait nulle part avec Blake, il le savait pertinemment mais le Hunter se montrait rarement rationnel lorsque la jeune femme était concernée, ses émotions contraires et pétulantes s'entrechoquaient, le submergeaient, le rendaient esclave. La confrontation avait fort mal débuté et s'annonçait désormais orageuse.


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