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 Violet Hill [PV Kyran]

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MessageSujet: Violet Hill [PV Kyran]   Lun 22 Déc - 1:36

Norvège - 1877 Passé Alternatif. Kyran n'a jamais succombé à ses blessures et a été sauvé à temps par Ezra. Quelques années plus tard, les Hogan sont toujours côte à côte pour survivre de la seule façon qu'ils connaissent.


 
“ I don't despise you for what you allowed to happen to me. I despise you because when I was released, you refused to be found and I needed you more than anything in my life. Not to mend my broken bones. I needed my brother to mend my broken spirit. ”  Kyran&Ezra

 
Violet Hill
 
   
(c) Bloody Storm



La neige s’agglutine autour de ses semelles, traque ses pas, court après sa silhouette filante sans jamais la retenir. Elle s’obstine, grimpe ses bras à demi-dénués d’une brise glacée. Le givre gagne peu à peu ses prunelles, tyrannisent l’azur jusqu’à le comprimer autour de sa pupille dilatée. La nuit, alliée éternelle d’un froid permanent, mène une autre offensive en encadrant sa carrure et en entourant son souffle disparate. Les ténèbres tâchent ses traits d’ombres opaques et engloutissent chaque cri expulsé. Il jappe entre ses doigts comme un chien pris en pleine faute. Ses globes oculaires se révulsent dans leur cavité quand le norvégien lui appose un coup sec sur la trachée. « Ferme-la abruti. » Ses ongles s’enfoncent sans mal dans le bras de sa proie alors qu’il le pousse toujours plus en avant. La colère fait craquer sa mâchoire, assomme la candeur sur son faciès, celle que les quelques empreintes du temps n’ont pas encore tout à fait désorganisées. Comme une vieille mélancolie qui s'attarde par mégarde. Un regard par-dessus son épaule pour admirer le vide et son œuvre. De longs sillons irréguliers fissurent le manteau blanc. Chemin aplati, bordés de pétales chimériques, de roses rouges dissoutes à même les flocons telles de vieilles amantes abandonnées dans des draps déjà refroidis. La flore s’épanouit de la seule plaie qu’il lui a infligé. Son crâne fendu contemple les étoiles. Message imparfait laissé à même le sol, signé par le sang. Il va mourir. Il le sait. Si la mort porte un masque, elle s’inspirerait de ce qu’il peut contempler depuis la terre. Cet homme va bientôt l’achever. Il se débat un peu plus, appelle des fantômes qui ne lui répondent que par silence sournois et macabres échos. Ezra le relève juste assez pour le projeter contre la paroi la plus proche. Sa tête propulse son hémoglobine comme un trait de pinceau sur le mur choisi pour l’assaut. Assez assommé pour se montrer docile, il se laisse porter sans mal par son bourreau, piégé dans un rire muet qui l’ouvre à la moquerie, à l’indifférence d’une nuit sans compagnon,  délaissée de toute substance humaine.

Le truand s’écaille les doigts contre le bois d’une porte. C’est là le tombeau de la victime. Elle glapit d’ailleurs. Son agresseur n’a aucune pitié quand il l’allonge rageusement, nez dans la neige pour jouer avec la protection rudimentaire de la plaque rongée par l'humidité. Il délivre l’accès en quelques coups bien placés avant de saisir les épaules du gisant et de le propulser à l’intérieur hargneusement. Les fondations se plaignent dès qu'il pénètre dans son repaire. Un nouveau condamné. Un défilé sans photographe, hanté par des spectres invisibles et non des flashs empressés. C’est un cimetière, davantage un hommage architectural à la fin funeste. N’est-il de plus beau dessein que d’appartenir à un ordre secret, à un concept touchant de si près au céleste qu’il en devient saint par définition ? La perversité et la barbarie sont des limites à franchir pour damner son essence, pour la consacrer à quelque chose de plus grand, de quasiment divin. Le scandinave soupire, déferlant dans l’atmosphère une prière sans mot, sans portée musicale. Pas un simple souhait, pas plus qu’une requête. Un besoin qui suture ses paupières. Il allume les deux bougies sur la table, évoluant dans la pénombre avec habitude et rigueur. La cire embaume l’air, calfeutre les relents de pourriture. Les flammes dissipent sa cécité et étendent leur influence jusqu'aux ballots de paille souillés pour la plupart. Le rayon de lumière annonce la couleur. Rouge.

Des bruissements dérangent la quiétude maladive et factice. Le nouvel arrivant n’attend pas qu’il se retourne pour attraper le gémissant au sol et l’attacher à la chaise proche. Il se poste juste à côté, tête suffisamment penchée pour réclamer un ordre. « Va me chercher, Kyran tout de suite. » Le cadet gagne un recoin masqué de la grange après avoir beugler ces paroles. Il en tire en quelques bruits métalliques de vieux objets rouillés. Il les place méthodiquement devant son interlocuteur solidement fixé à son siège. La terreur devient sueur sur les tempes du traître. Le tortionnaire extirpe un couteau d’un petit étui avant de s’installer très posément face à son invité. Ses doigts jouent avec la lame nonchalamment. Les idées se bousculent, prennent parfois forme et se réarrangent selon chaque angle formé par la rage. L’urgence mène à l’efficacité. Il se penche, agrippe le poignet du martyre et place sa paume au centre de la seule surface les séparant. « Je veux des noms. Avec qui as-tu collaboré ? » Le canif effleure le dos de sa main très lentement. Le détenu se tait, boit son propre sang, suffoque. Le tourmenteur arque les sourcils en remontant son arme sur l’index de l’autre homme. « Choisis bien ta phalange. »  Il ne sait pas s’il va pouvoir l’attendre. Sa langue claque sur ses dents quand il coule un énième regard vers l’entrée du royaume. De leur royaume. Gouverner avec son frère n’est pas une corvée. Gérer une impatience grandissante, l'est par contre.

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MessageSujet: Re: Violet Hill [PV Kyran]   Lun 29 Déc - 21:04

Une sensation glacée effleure ses poumons, remonte ses côtes et l’arrache brusquement de son sommeil. Ses paupières clignent, acceptent difficilement d’abandonner le néant pour mieux se heurter à d’autres ténèbres. Sa main appuie contre son torse, s’abime contre les stigmates argentés qui y nichent alors qu’une grimace déforme ses traits de fer. Il lui faut une poignée de secondes supplémentaires pour réussir à vraiment s’éveiller. Le froid fait claquer ses dents, le tenaille et fige dans sa bouche l’arrière-goût acre du sang. Des perles vermeilles s’échappent de sa lèvre inférieure, encore gonflée d’une précédente bagarre. Il a dû la mordre par mégarde lorsqu’il était inconscient. Sa paume l’essuie distraitement, alors que ses prunelles apprivoisent l’environnement. Il ne reconnait rien et pourtant tout lui semble étrangement familier. Les doigts du givre l’écorchent et l’obnubilent, sa peau s’hérisse et des souvenirs sordides l’écorchent au moindre frisson. Lui rappellent qui il est, où il se trouve. Mais il s’y sent étranger, et appréhende mal la faim qui lui creuse le ventre, vague écho des besoins cannibales encore ancrés à ses tripes. Ce dont il a besoin n’est plus éphémère, impalpable, invisible. Il pourrait s’en emparer, croquer dedans et s’en remplir l’estomac. La tête lourde d’une migraine à s’en fracasser le crâne contre les murs, son effort pour se lever est aussitôt rejeté dans les affres de l’enfer. Il retombe assis sur la paillasse qui lui sert de couche, tente vainement de rassembler ses esprits. Les morceaux s’éparpillent, se noient à la surface. C’est toute une part de lui qui lutte pour rester ailleurs, dans une réalité qui s’étouffe lentement dans un murmure. Des bribes d’un cauchemar, qu’il se dit sans en être tout à fait convaincu. Les fractions d’âme d’un être voué au déclin perpétuel malgré toutes ses tentatives d’ascension.

Des bruits de pas achèvent de l’extirper de sa torpeur, alors que des coups affolés frappent le bois de l’entrée. Il entend qu’on le réclame derrière. Un soupir agacé filtre la barrière de ses lèvres mais il s’exécute et se lève pour découvrir le visiteur impromptu, sans manquer de lâcher un juron. Il ouvre la porte à la portée, se maudit lorsque la morsure du froid se plante sur son torse nu. « - Qu’est-ce que tu me veux ? » Crache l’ours bourru à l’encontre du sous-fifre, trop peureux et affable pour son propre bien. Dernière recrue de leur organisation de malfaiteurs. Un élan incongru de culpabilité lui lacère les viscères, comme s’il n’était pas habituel pour lui de se montrer si détestable d’emblée. « - C’est… C’est votre frère. Il vous cherche. Il était avec un prisonnier. » Lâche-t-il d’une traite, le souffle court, de l’air de celui qui a récité son discours tout le long du trajet. Il grogne légèrement pour toute réponse, et va chercher quelque chose de décent à s’enfiler sur le dos avant de sortir. Il suit docilement le jeune bandit, se doute de la destination mais n’ose pas demander davantage d’explications. Un horrible pressentiment lui bousille les tripes, les décape à l’acide. Il a bien du mal à l’admettre, mais le benjamin devient incontrôlable. Le cœur en rage et la raison aux portes de mourir. L’étincelle de la violence s’est d’abord muée en une flamme, puis en un brasier qu’il a alimenté sciemment avec ses désirs de luxe et de richesse. Mais il ne sait plus comment éteindre l’incendie. Un barbare encouragé par un fou prostré dans ses désirs de revanche.

L’empreinte de ses pas dans la neige est rapidement effacée, remplacée par d’autres flocons blancs. Elle recouvre les ruelles lugubres et putrides d’un manteau blanc, cache la misère tant bien que mal. L’aurore ne s’est pas encore levée, l’obscurité est encore trop âpre. L’air vicié s’infiltre avec peine dans sa cage thoracique, se fige avant d’avoir pu alimenter correctement la machine. Le malfrat grelotte presque, frotte ses paumes pour y insuffler un semblant de chaleur pendant la marche. Il a toujours détesté ce climat austère, qu’importe qu’il soit né et ait survécu à l’aube d’un hiver meurtrier. La glace ne servait qu’à rendre leur pauvreté plus insoutenable qu’elle ne l’était déjà. A le faire frémir chaque fois que son frère éternuait et qu’il craignait qu’un mauvais rhume ne l’emporte. Leur père les rendait si faibles. Éreintés physiquement, menacés de vaciller psychologiquement. Long et douloureux processus qui a néanmoins forgé ce qu’ils sont. Les fêlures qui tailladent leurs enveloppes participent autant à leur survie qu’à leur autodestruction. Ils finissent par arriver devant la grange. L’entrée salie par Ses méfaits fait éclater dans ses rétines la couleur de Ses vices. Rouge. Assassine. Sans retour possible. Il s’immobilise un instant, puis entre pour constater les dégâts par lui-même. Le tortionnaire a étalé ses instruments de torture devant sa proie, solidement ligotée à une chaise. Le scandinave s’attarde sur l’expression apeurée de son visage, sur l’écarlate qui descend en rigoles pourpres le long de ses tempes. Il blêmit lorsque ses pupilles translucides migrent plus bas et reconnaissent l’uniforme caractéristique des autorités chargées de faire régner l’ordre dans les bas-fonds. Il s’approche du pauvre bougre, de celui qui l’a fait captif par la même occasion. Le blessé tremble comme une feuille, tétanisé à l’idée des sévices qui l’attendent. « - Tu t’amuses bien ? » Siffle-t-il, avant d’agripper la nuque de Sven pour l’entrainer plus en arrière. A l’abri du regard de la victime, mais peut-être pas suffisamment éloigné de ses oreilles. La douceur de ses gestes est absente mais il contient sa brutalité. « - T’es devenu complètement malade ? Séquestrer un garde royal ? Tu veux nous faire pendre ? » Sa voix n’est qu’un murmure, mais elle gronde de colère sur le dernier mot. L’angoisse racle ses chairs, latente. Il Le relâche, tend nerveusement le bras vers l’homme pétrifié pour le désigner. « - Puis qu’est ce qui t’as pris de faire ça tout seul !? Il aurait pu t’arriver n’importe quoi, bordel ! » Ses phalanges viennent lisser son front, repoussent les plis de contrariétés qui s’y sont formés. « - Personne ne t’a vu j’espère. » Il l’accable comme un gosse pris en faute mais ne peut s’en empêcher, profondément irrité. Anxieux de songer à la suite nécessairement funeste des évènements.

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MessageSujet: Re: Violet Hill [PV Kyran]   Mar 6 Jan - 22:58

Plus de retour possible. Le sait-il seulement ? Quelque chose tremble. Un soupçon d’incompréhension craquelle l’angle de son menton. Ses doigts s’écartent un instant de la scène. Ses yeux s’attardent sur la construction, délaissant d’un même mouvement les prunelles éteintes de sa victime. Sa respiration observe quelques rebonds perplexes avant qu’il ne se penche pour contempler la distance entre chaque instrument. Les échos mémoriels ne l’interrogent pas spécialement. Une fatigue s’empare de ses membres dès qu’il cherche à mettre le doigt sur l’inconfort qu’il a nié quelques instants plus tôt. S’abandonner à cette sensation naturelle, à cette humanité affable et imparfaite surpasse les chemins, les décors et les abimes. Est-il là où il voudrait être ? Ça n’importe pas. L’oxygène gonfle ses poumons, la nuit emballe ses gestes et les bruits édifient l’atmosphère. Son regard se jette sur l’entrée et se braque tout aussi brusquement sur le futur sortant. Son scalpel redescend lentement vers la chair. Des notions si lointaines et si proches lui offrent des indications perturbantes sur la manière de séparer l’un de ces doigts en maximisant la douleur. Il fait coulisser sa lame très prudemment sur la chair, juste assez pour laisser une ligne rouge entraver l’une des phalanges. Fin filet qui relève plus du crayon d'avant chirurgie. C’est là qu’il frappera s’il s’obstine au silence. Sven redresse le couteau et le fait doucement luire à la lueur de la bougie. La rouille grignote lentement le métal, promesse d’infection à celui qui ne soignera ses plaies. Sans détacher son attention des reflets ambrés, il explique très calmement à son invité « Tu peux encore choisir la manière douce. » Il repose calmement son arme pour s’emparer d’une autre plus élimée encore avec laquelle trancher simplement et nettement est tout bonnement impossible. L’horreur gagne une nuance supplémentaire dans les prunelles éteintes du prisonnier, lui lacère d’une grimace d’effroi, sa bouche ensanglantée.

Le truand continue à amplifier les affres macérant leur environnement, en faisant tournoyer ses engins de torture quand enfin, des pas annoncent une arrivée. La désapprobation s'agglutine à l'orée de la grange. Le parfum de son frère froisse les traînées olfactives que la cire chaude et le sang frais avaient pu tisser. Le cadet le détaille très calmement dans ce mélange de fierté, d’admiration et d'une émotion manquante qui ça s'attarde à la manière d'un poignard entre ses côtes. Un mal innommé qui pourrit entre ses os, placé là presque par hasard. Ou non. Kyran l’influence toujours mais il n’aime pas forcément lui laisser entrevoir le degré de cette dépendance. Il s’avance vers lui, produit l'effet redouté, un jet de lumière au milieu d’une marée noire. Aveuglé par sa prestance, le plus jeune des Hogan ne bronche pas quand il le tire vers l’arrière. Agacé pourtant par sa remarque, il ne peut s’empêcher de grincer des dents. L’irritation se laisse soudoyer très vite néanmoins. Comme si l’âpreté du pays n’avait pu entailler l’entièreté de sa juvénilité, ses traits bridés par la multitude d’épreuve révèlent un instant une candeur dissoute. Un léger sourire, un peu nerveux pour être tout à fait sincère éclot dès que l’aîné implique sa santé dans l'affreux tableau des conséquences. Cet homme oublie qu’ils sont frères avant d’être relégué aux rôles hiérarchiques que les circonstances leur imposent. Par bien des aspects, le mafieux lui a indiqué les routes à emprunter, il l'a relevé, épaulé. Pourtant, la réciproque doit se vérifier. Dès lors pourquoi agir en dominant-dominé ? D’un ton dénudé d’animosité, tout juste laconique, il réplique. « Tu me prends pour un débutant ? » Très nonchalamment, ses épaules se soulèvent et retombent. « C’est presque vexant que tu me penses à ce point incapable de marcher sur tes pas. Voilà donc toute le crédit que tu m’accordes ? Je suis déçu. » Sa moue marque le point. La légèreté dont il fait preuve, donne étonnamment raison à l’image que son aîné cherche à plaquer sur sa carrure.

D’un soupir, il lève ses doigts vers son interlocuteur et lui tapote calmement l’épaule. « Détends-toi un peu, tiens tu devrais boire quelque chose. » Un regard sévère sur la gauche et leur laquais du moment s’acclimate en rythme à l’ordre sous-jacent. Tandis que ce dernier ramène une bouteille planquée dans un coin de l’étable, le jeune homme reprend d’une voix plus basse. Un chuchotis plus rauque et plus intransigeant. « C’était nécessaire. » Sa paume s’empare du récipient, l’arrache littéralement aux mains du garçon avec impatience. Son index et son pouce tire le bouchon avec dextérité. Il tend ensuite le contenant à son comparse de toujours d’un geste bien plus courtois et élégant. « Il allait nous faire couler. On était fichus de toute façon. Alors autant prendre les devants, pas vrai ? C’est ce que tu aurais fait à ma place de toute manière. Les morts ne parlent pas. » Un rictus entendu dispose de ses lèvres. Dans une de ses mains, le couteau git encore et en le sentant peser, il se sent forcé d'ajouter ironiquement « Cela dit si on lui coupe la langue… Ça résout aussi le problème. » Ses yeux mènent une nouvelle inquisition vers la proie recroquevillée. « Mais avant on doit l’interroger. » Ce que la faim, la honte et l’injustice ont causé d’un même choeur, ficelle sur son faciès, une expression rude et intraitable. La bête sort le nez une fois de plus, née des conflits internes, engendrée par le chaos et alimentée par l’abus quotidien. L’ultime faute, l’abjecte réalité sort par sa bouche comme une sécrétion putride qu’il doit recracher avant qu’elle n’infecte sa gorge. « Quelqu’un nous a trahi. » Son regard retombe dans celui de son seul parent, ami et frère. La loyauté. C’est la seule valeur qu’il croit absolue et ça, c'est grâce lui. Grâce ? Ou à cause. Kyran, c’est la dernière limite avant la liberté totale, la rage complète. C’est ce qui distance l’humain de la créature. Ce qui contient les relents génétiques qui s’évertuent à les noircir même en plein soleil. Des éclipses voilà ce qu'ils sont. Mais pas des astres morts qui reflèteraient encore une lumière déjà disparue dans une galaxie lointaine. C’est pour ne pas finir figé dans cette éternité glaciale, sans repère et sans appui qu’il ne doit pas le perdre. Jamais.



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