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 Tire sur la chevillette… || Faith

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MessageSujet: Tire sur la chevillette… || Faith   Mer 24 Déc - 12:24


ACTE I
" Hang me, oh hang me, and i'll be dead and gone.
Hang me, oh hang me...,i'll be dead and gone..
Wouldn't mind the hangin.. But the layin in the grave so long
Poor boy... I been all around this world.."




Devant la glace fendue de son appartement minable, Livio réajustait distraitement le col de sa chemise. Pour ce qu’il avait à faire, il fallait qu’il ait l’air un minimum propre sur lui. Il se passait méthodiquement en revue tandis que ses doigts fin tentaient de coiffer ses cheveux en arrière. Il grimaça ; ils avaient diablement poussé mais l’idée d’aller les couper ne lui plaisait guère, de toute façon il ne savait jamais comment les comment les coiffer, et ils restaient éternellement en bataille sur sa tête ( sauf quand bien sûr, pour le bien d’un déguisement il se devait de les dompter, les fourbes.  ).
Et puis, de toute façon comme susdit, il devait avoir l’air un minimum avenant.  Non pas qu’il eusse un rendez-vous galant, un diner d’affaire ou une rencontre avec la mafia. Non, aujourd’hui il devait simplement faire le vendeur, métier qu’il affectionnait : le colportage.
C’était tout à fait dans ses cordes, et il était plutôt bon vendeur, c’est pour ça qu’on faisait souvent appel à lui : il était passé maître dans l’art de baratiner sur des objets incongrus et à l’utilité douteuse. Surement que sa bouille devait plaire aux ménagères, puisqu’il repartait bien souvent avec un pourboire qui , quand ses petits larcins habituels lui rapportaient trop peu, n’était pas de trop pour avoir de quoi se remplir le ventre. Peut-être étaient-ce aussi, dans ce cas, ses joues un peu creuses et sa coupe en arbalète, qui faisaient s’émouvoir  les riches dames du French Quarter… Surtout lorsqu’il prenait cet air de chiot battu. Peut-être aurions-nous pu définir Livio comme une petite ordure manipulatrice, nous n’aurions pas été loin de la vérité, mais lui tout au contraire se définissait plutôt comme un artiste et ne voyait aucun mal à gagner son pain… «  légalement » pour une fois.
Qui plus est-il devait se rendre dans une partie de la Nouvelle Orléans qu’il appréciait tout particulièrement. Le French quarter qui lui rappelait l’Europe où il avait grandi. D’autant plus que là-bas tout se mélangeait : Français, anglais, espagnol. Tant de langues qu’il était a-même de maitriser, et qui faisaient de lui un atout plus que conséquent pour les petites entreprises minables qui l’employaient et qui se demandait encore comment il arrivait à vendre de telles conneries à des gens pas si idiots que ça. Pour eux ce garçon était une pierre philosophale, non il était même mieux que ça : il pouvait vraiment transformer de la merde en or.

S’observant une dernière fois dans la glace, il s’accorda que son déguisement était fin prêt, et qu’il était temps pour lui d’entrer en scène.
Attrapant sa vieille valise de cuir tanné remplie d’objets en tous genre, farces et attrapes et pseudos gris-gris, il se dirigea d’un pas dansant vers la sortie de sa pension faisant au passage la bise à la vieille bique, sa maitresse de pension, qui ne comprenait en rien pourquoi ce garçon semblait si guilleret.
En effet, Livio était d’une bonne humeur tout à fait contagieuse, et il se réjouissait déjà de pouvoir faire une bonne recette.


Assis sur un muret, non-loin d’un bar d’où s’échappait quelques airs de Jazz diablement connus, Livio comptait avec application sa recette.


« 80.. 90…95…100 ! 100 dollars, pas mal mon vieux » se félicita-t-il en souriant.

Encore qu’il était passé dans une barre d’immeuble où il était un habitué. Il connaissait les vieilles dames qui y habitaient et qui en plus de lui acheter n’importe quel objet pour ses beaux yeux, l’invitaient à prendre le thé ou à manger des biscuits. Livio aimait bien la sollicitude que lui portaient ces vieilles femmes, rougissant comme des gamines lorsqu’il leur faisait un compliment. Il trouvait cela mignon, d’ailleurs tenir un peu compagnie à ces riches veuves était le moins qu’il pouvait faire, puisqu’il les arnaquait grâce à ses petites ventes. Encore fallait-il qu’il résiste a ses tendances kleptomanes et qu’il s’empêche de trop lorgner sur les bijoux qui pendaient à leurs cous, les autres babioles brillantes et couteuse qui décoraient leurs maisons. Il avait parfois besoin de s’assoir sur ses mains ou de les coincer entre ses genoux tant celles-ci le demandaient.
Il rangea l’argent dans la poche intérieure de sa veste et soupira en voyant la poche volumineuse à ses côtés : remplie de Biscuits poussiéreux, de cakes aussi durs que des briques et de raisins sec d’au moins vingt ans d’âge.  Malheureusement il était aussi inconvenant, s’il voulait garder sa clientèle, de refuser ces présents empoisonnés, prétextant qu’elles le trouvaient bien trop maigrichon.
Il devait bien avoir une dizaines de poches comme celle-là chez lui, ne sachant pas vraiment quoi faire de ces denrées préhistoriques, pourtant offertes avec amour. Les manger ? Surement pas, il tenait à la vie.

Pas mécontent de son butin, il regarda sa montre. L’après-midi était à peine entamée, il pouvait bien continuer sa vente. Il se leva, reprenant ses affaires, et faisant bien attention d’oublier son sac de victuailles douteuses, il reprit sa marche.

C’est quelques instant plus tard qu’il s’arrêta devant cet immeuble. Certes, il s’était un peu éloigné du centre du quartier, et cela se voyait tout de suite à la tête de la bâtisse, beaucoup moins riche que celles qu’il avait visité auparavant.
Mais d’un autre côté il n’avait jamais visité cet immeuble, remplis de clients potentiels. Et de profits potentiels. Pour Livio «  il n’y avait pas de mauvais profits. ». C’était un peu son leitmotiv.
Réajustant son col une dernière fois, il poussa les portes de l’immeuble, félicitant au passage l’absence de digicode ou de panneaux stipulant l’interdiction aux colporteurs de venir exercer ici. Se faire mettre dehors à coups de pieds aux fesses était bien la dernière chose dont il avait envie.
Montant les escaliers Quatre à Quatre il se retrouva bien vite devant une porte. Avant même de frapper il observa les alentours, essayant de savoir à quoi s’attendre. Il était toujours mieux d’avoir une idée du client qui allait se présenter. On ne pouvait pas vendre de la même façon a une vieille dame qu’a un homme célibataire et aigris. Il priait pour une vieille dame, veuve de préférence ou avec des petits enfants qui ne venaient pas la voir souvent, comme ça le transfère affectif passait bien et elles étaient plus enclines à lui acheter quelque chose. De même pour les femmes seules et séparées, quelques sourires, quelques compliments bien sentis et c’était dans la poche.
Cette façon de penser était tout bonnement affreuse, mais c’était la dure lois des affaires, et le monde était tout aussi affreux, alors personne n’avait le droit de dire à Livio si sa façon de survivre était louable ou pas, il n’en avait égoïstement pas grand-chose à faire.
Prenant une grande inspiration il frappa à la porte, attendant patiemment qu’on viennent lui ouvrir. C’est une jeune femme brune qui lui entrouvrit sa porte.


«  Bonjour Mademoiselle, beau temps n’est-ce pas ? » Commença-t-il avec un grand sourire
« Est-ce que vous avez quelques minutes à m’accorder ? Je ne serais pas long. J’ai ici avec moi quelques articles susceptibles de vous enchanter ! »

Il se mit à genoux et ouvrit sa valise bien trop remplie, quelques objets sautèrent çà et là, débordant de leur contenant. Il essaya de tout remettre en place se riant «  les aléas du métier que voulez-vous… Alors, j’ai milles merveilles dans cette valise, de quoi vous donner envie de voyager ! »

Jamais il ne perdait son sourire. C’était très important le sourire. Il fallait sourire en toutes circonstances. Il se pencha un peu en avant pour essayer d’apercevoir discrètement l’intérieur de l’appartement, pas vraiment qu’il eusse l’envie d’y dérober quelque chose, mais il était plutôt inquiet, se demandant si un mari ou un petit ami allait sortir des tréfonds de la bâtisse pour le mettre dehors, mécontent qu’un vendeur fasse du charme à sa dulcinée.

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MessageSujet: Re: Tire sur la chevillette… || Faith   Mar 13 Jan - 22:02

HRPG:
 

Un samedi après-midi. Faith était chez elle, comme pendant quasiment tous ses temps libres depuis la nuit sanglante qui avait rempli la Nouvelle-Orléans d'horreur et qui avait emporté son voisin. Depuis ce jour, elle avait peur, même si elle n'avait rien eu. Cette voix qu'elle avait entendue de l'autre côté de la porte, elle ne l'oublierait jamais. Alors même que Shining aurait dû être beaucoup plus effrayant. Mais il y avait quelque chose de plus dans cette voix. Comme un sort qui l'enfermait chez elle.
Bien sûr, Faith avait conscience que cela avait lieu principalement dans sa tête, qu'elle oublierait. D'ailleurs, lorsqu'elle avait l'opportunité de sortir, elle le faisait, même si elle sentait en elle une crispation : elle était bien allée chez les Pechkov... Mais avait été heureuse que Shining accepte de la raccompagner. Pour cette raison et pour d'autres.
C'était chez elle qu'elle ressentait le plus cette insécurité, étrangement. Alors même qu'elle rechignait à quitter cet endroit. Elle envisageait sérieusement de déménager.
Elle sursauta. Quelqu'un avait sonné. Qui ? Elle n'attendait personne, et les personnes qui connaissaient son adresse étaient peu nombreuses. Et de toute façon, elles ne venaient plus jusqu'à sa porte...
Un instant, elle hésita à feindre d'être absente, et à ne pas ouvrir. Mais elle ne se morigéna. Elle ne devait pas laisser ses peurs la dominer. Elle inspira donc profondément, se leva, et se dirigea vers la porte en faisant de grands pas pour empêcher ses jambes de trembler. Elle posa sa main sur le verrou.

** C'est vraiment dommage qu'il n'y ait pas de judas sur cette porte... **

Elle tourna la serrure. A deux reprises. Plus de protection maintenant. Elle tira le battant vers elle, légèrement, suffisamment pour voir la personne qui se trouvait sur le palier.
Un jeune homme de son âge, plutôt séduisant. Et qui s'était préparé pour l'être, de plus : Faith avait suffisamment d'expérience pour repérer ce genre de choses. Un instant, la vétérinaire se demanda s'il venait pour tenter sa chance auprès d'elle, comme de nombreux autres avant lui, attirés par sa beauté. Souvent avec un succès d'une nuit, d'ailleurs. Mais elle chassa très vite cette idée : son apparence ne rayonnait pas encore à travers les portes, et elle était à peu près sûre de n'avoir jamais vu ce jeune homme auparavant.
Et puis, il avait une valise. Est-ce qu'il venait demander l'asile ? Il semblait pourtant à Faith qu'il n'y avait plus d'exilés en provenance du Nord... Comme elle l'avait été. Et puis, celui-là était bien trop soigné pour être en fuite.
Elle allait être fixée, car le jeune homme ouvrit la bouche pour parler :

- Bonjour Mademoiselle, beau temps n’est-ce pas ?

Sans lui laisser le temps de répondre, il enchaîna :

- Est-ce que vous avez quelques minutes à m’accorder ? Je ne serais pas long. J’ai ici avec moi quelques articles susceptibles de vous enchanter !

Faith se sentit étourdie par son débit de paroles et par la rapidité avec laquelle il les plaçait. Entre les lignes, elle comprit que ce jeune homme était un représentant, et qu'il s'était fait beau pour vendre ses produits. Ses bonnes dispositions s'effacèrent, sans qu'elle trouve moyen de répliquer. Le vendeur, lui, ne s'arrêta pas en si bon chemin, et ouvrit sa valise d'un mouvement si théâtral qu'il perdit en efficacité : des objets jaillirent dès qu'ils eurent l'espace nécessaire pour s'échapper. Cela ne décontenança pas le jeune homme, qui commenta tout en se baissant pour ramasser ses affaires :

- Les aléas du métier que voulez-vous… Alors, j’ai milles merveilles dans cette valise, de quoi vous donner envie de voyager !

Faith nota le regard qu'il lança en direction de son appartement, entre ses jambes. Elle se glaça immédiatement. Que voulait-il ? Avait-il des desseins cachés ? L'angoisse commençait à étreindre sa poitrine, et elle était confuse. Elle voulut lancer une remarque sèche pour mettre fin aux efforts du jeune homme, mais tout ce qu'elle trouva à dire fut :

- Beau temps ? Il fait toujours la même météo sur ce palier, vous savez.

La tirade avait été proférée sur un ton cinglant, mais son intonation n'atténuait pas la stupidité de ce qu'elle venait de dire.

** Ce que tu dis n'a aucun sens... **

Se doutant que le jeune homme essayerait de s'appuyer sur cette remarque absurde pour relancer le dialogue, elle se hâta d'ajouter :

- Enfin... Je veux dire... Non, je ne suis pas vraiment intéressée...

Un peu honteuse, elle avait perdu de son assurance habituelle, et s'était mise à bégayer... Elle espérait toutefois que son intention était suffisamment claire. D'ailleurs, pour l'appuyer, elle commença à refermer la porte. Doucement : elle n'était pas impolie. Même si elle avait la tentation de l'être. Elle n'aimait pas que des inconnus regardent à l'intérieur de son appartement. Rectification : elle n'aimait plus cela. Depuis la chanson de la nuit sanglante.
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MessageSujet: Re: Tire sur la chevillette… || Faith   Mer 18 Fév - 10:58

Hors rp:
 


ACTE II
" Hang me, oh hang me, and i'll be dead and gone.
Hang me, oh hang me...,i'll be dead and gone..
Wouldn't mind the hangin.. But the layin in the grave so long
Poor boy... I been all around this world.."





Comme un rideau se soulève pour la représentation, La porte de l’appartement s’était ouverte sur le personnage principal.
Une femme, brune. Elle était belle, ça oui drôlement belle. Mais une beauté étrange, Livio ne savait pas comment la définir mais sentait au fond de lui qu’il y avait quelque chose de caché, comme un masque. Ah oui, un masque pour du théâtre, filons les métaphore voulez-vous ?
Elle le dévisageait, l’analysait, coulant son regard de haut en bas sur sa personne. Livio avait bien remarqué a la façon dont elle semblait se cacher derrière le bois de la porte, à la façon dont elle avait pris soin de ne pas trop l’ouvrir pour ne pas s’exposer, que vendre quelque chose ici ne serait pas aisé.
Ça sentait, non, ça suintait la méfiance par tous les pores. A tel point qu’il pouvait presque sentir la peur lui vibrer en bas de l’échine. Son baratin habituel, ses petits coups de théâtre n’avaient pas semblés adoucir l’humeur de la jeune femme. Au contraire elle s’était refermée au premier flot de paroles comme une huitre. Et Livio n’avait jamais vraiment aimé les fruits de mer.
Il fit la moue recevant sa remarque glaciale

- Beau temps ? Il fait toujours la même météo sur ce palier, vous savez.Ah. Merci. Merci bien. Très spirituel. Le commerçant renifla mais ne perdit rien de son sourire. Eh bien non cela n’allait pas s’avérer être facile. Mais Livio aimait bien le défi, et cette jeune femme allait se révéler plus dur à convaincre que toutes les grand-mère du quartier. L’argent n’était pas le seul motif maintenant, il en allait de l’honneur du Gitan, il voulait lui vendre quelque chose, même la plus modique des babioles. Même la moins chère. Même si elle lui achetait pour le faire partir. C’était petit, mais il prendrait ça comme une victoire. C’est que le brun pouvait se révéler aussi tenace qu’un gamin de 10 ans dans certaines matières.

Il voulut dire quelque chose, répliquant peut être un «  Eh bien, heureux sont ceux chez qui il ne pleut jamais. Sauf les bégonias peut être. »  ou  un plus classique «  Ah, Vos cheveux ne doivent pas friser souvent. » Mais on lui coupa l’herbe sous le pied. C’était assez rageant à la fin.

- Enfin... Je veux dire... Non, je ne suis pas vraiment intéressée...

Fuite ! Fuite ! Il y avait Intention de fuite de la part de la jeune femme. Non ça ce n’était pas du jeu que de lui fermer la porte au nez. Il trouvait même cela très petit !
Il la vit refermer l’entement la porte et, dans un réflexe de vendeur méritant qui a longtemps exercé, il plaça son pied entre la porte et le seuil pour l’empêcher de se fermer. Il espérait très sincèrement que la jeune femme n’allait pas se décider à la claquer au dernier moment, sinon il donnait peu cher de son pied. Aïe.
Mais soudain, conscient que son geste peut être pouvait être mal perçu par la jeune femme, il releva la tête pour la regarder et présenta ses deux mains devant lui en signe de paix.
Il avait bien remarqué les regards fuyants, les bégaiements tous ces petits signes qui n’indiquaient qu’une chose : la peur.
Il regarda autour de lui, moins assuré qu’avant. Qu’avait-il pu bien se passer ici – car oui, c’était ici il le sentait- pour que cette femme soit en tous points apeurée par quelqu’un comme Livio. Il est vrai qu’il faisait tous les efforts du monde pour paraitre agréable, tant que ça pouvait parfois paraître suspect. Mais tout de même, il n’était pas non plus très imposant par sa carrure et se gardait bien de faire du mal, enfin ça elle ne pouvait pas le savoir. Comme elle ne pouvait pas savoir que si il avait mis son pied dans la porte, ce n’était pas pour entrer chez elle pour la voler, la violer, la violenter ou quoique ce soit dans le genre qui le répugnait ( sauf pour le vol évidemment, on ne se refait pas. Porter un costume ne changeait pas le petit voleur qu’il était ), mais juste pour essayer de lui vendre quelque chose.
Il se remit a sourire, un sourire plus petit cette fois, plus calme.

«  Attendez, attendez mademoiselle. Ne me claquez pas la porte au nez comme ça… ça me rendrait triste » Sa voix s’était tout de suite faire beaucoup plus douce, Beaucoup moins forte et bruyante que tout a l’heure. Il ne voulait pas effrayer l’animal apeuré qu’il avait en face de lui.
Réfléchir, vite réfléchir a un moyen de la calmer, a un moyen de charmer les sirènes et de ne pas les laisser retourner se tapir au fond de leurs eaux noires. Il l’eut cette idée, il regarda la jeune femme, la fixa dans les yeux de ses yeux clairs et limpide et lança malicieusement «  Je crois que vous avez quelque chose qui m’appartient ».

Doucement, très doucement il leva sa main et l’approcha du visage de la jeune femme, sans rompre le contact visuel, en faisant des gestes très doux pour ne pas l’effrayer et surtout, surtout en continuant de sourire. Puis hop, dans un geste souple, plus rapide il passa près de son oreille et en sortit une tissu bleu qu’il lui donna.
« Tiens donc, qu’est-ce que ça fait là ? »  Lança t’il gaiment.

Bon. Là il jouait le tout pour le tout. Certes c’était un tour très simple et très connu. Très ou trop cliché même. Mais il avait bon espoir de pouvoir détendre l’atmosphère comme cela. Sauf si la jeune femme décidait de lui rire au nez et de claquer définitivement la porte sur son pied.
Au cas où, il serrait les dents.




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MessageSujet: Re: Tire sur la chevillette… || Faith   Jeu 5 Mar - 22:08

Le vendeur a de bons réflexes. Ou de l'entraînement. Faith ne parvient pas à refermer la porte : il a un mouvement brusque et il pose son pied devant le montant, empêchant la jeune femme de terminer son geste. Cette dernière se crispe brutalement : il a plongé vers elle, rapidement, elle a un automatisme de peur. Elle se sent attaquée, elle veut repousser ces orteils hors de son territoire, elle écarte la porte pour prendre de l'élan et frapper fort, repousser ce pied intrusif.
Mais elle n'en fait rien. Elle est stoppée par le sourire du jeune homme. Une expression confiante, innocente. Accompagnée de paroles douces :

- Attendez, attendez mademoiselle. Ne me claquez pas la porte au nez comme ça… ça me rendrait triste.

Elle le regarde mieux. Il a deux grands yeux clairs, qui la fixe. Décidément, comme elle s'en faisait la réflexion tout à l'heure, il est beau. Et il a l'air gentil. Elle s'apaise. Il n'a pas une tête à représenter une menace. Elle fait confiance à son instinct pour cela. Elle reste suspendue, une main sur la porte, une autre sur le montant, mais les yeux dans ceux du vendeur.
Un instant passe, puis il dit :

- Je crois que vous avez quelque chose qui m’appartient.

Faith hausse les sourcils. De quoi peut-il bien s'agir ? Figée, elle le voit le jeune homme lever une main vers elle. Cette fois, le geste est tout sauf effrayant : il est lent, doux, presque tendre. Où vont donc se poser ces doigts ? Il semble filer vers la joue de Faith. Cela fait longtemps qu'on ne l'a pas effleuré, son visage. Il ne va pas le toucher, comme cela, alors qu'il ignore son nom et elle le sien ? Glisser ensuite derrière sa nuque, la tirer à lui...
Rêves que cela. Rêves causé par le vide d'hommes actuel inhabituel chez la jeune homme. Rêves dispersés en un claquement de doigts, en un mouvement rapide, alors que le vendeur fait apparaître un foulard bleu derrière l'oreille de Faith, en disant :

- Tiens donc, qu’est-ce que ça fait là ?

Le tour est éculé mais il fait sourire la vétérinaire. C'est une manipulation naïve, simple, gaie. Elle lâche la porte pour pouvoir saisir le tissu. Il est doux entre ses doigts.
Etrange comme elle change vite d'humeur. Elle n'a pas envie de dépenser de l'argent pour ces objets futiles, mais elle veut être à nouveau surprise. Elle déclare calmement :

- Peut-être que je vais vous écouter un peu, finalement.

Puis, plus espiègle, elle ajoute :

- Ce foulard était-il la seule chose que je vous ai dérobée ?

Elle libère son autre main, celle qui était posée sur le montant, pour la placer sur sa hanche et prendre la pose. Elle ne peut s'empêcher d'avoir une attitude séductrice, elle est comme cela avec les hommes qui ne lui déplaisent pas complètement. Elle ajoute :

- N'hésitez pas, j'ai envie d'être surprise.

Si elle est satisfaite, peut-être qu'elle prendra quelque chose dans le bric à brac de la valise, pour le spectacle plus qu'autre chose. A voir si le vendeur sera capable de réitérer l'exploit de la faire sourire... De toute façon, elle n'a rien à perdre.
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MessageSujet: Re: Tire sur la chevillette… || Faith   Lun 20 Avr - 19:03



ACTE III
" Hang me, oh hang me, and i'll be dead and gone.
Hang me, oh hang me...,i'll be dead and gone..
Wouldn't mind the hangin.. But the layin in the grave so long
Poor boy... I been all around this world.."




Il est des minois auxquels on accorde sans hésiter sa confiance, des sourires charmeurs et des paroles douces qui finissent de bercer de leur chant les vigilances et les peurs. Et Livio était ce genre d’animal. Non pas qu’il soit fardé de mauvaises intention, enfin… certes non ses intention vénales de petit marchand n’étaient certes pas les plus louables, mais elle ne faisait après tout de mal a personne.
Toute sa vie reposait sur ses charmes, sa façon de se vendre au regard des autres, là-dessus il faisait son commerce, même si cela lui portait parfois préjudice.
Et il espérait que cette fois-ci, cela n’allait pas mal finir pour lui. Ou plutôt pour son pied qui se retrouvait en dangereuse position dans l’ouverture de la porte. Ah ça, il n’avait pas vraiment envie de finir estropier pour une simple histoire commerce, même si son orgueil incommensurable le forçait a tenter toutes les pitreries, mêmes les plus idiotes et dangereuses pour arriver à ses fin.
Ça avait un côté puéril. Un côté naïf et enfantin qui pourtant lui seyait fort bien.

Il regardait la jeune femme en face de lui, ses yeux bleu se coulant sur son visage pour mieux y apprécier les nuances des émotions. Il voit un fin sourire naître sur ses jolies lèvres et en autorise un à venir fleurir un peu plus les sienne. Il semblait que la belle, à la manière dont elle lacha la porte pour se saisir de l’étoffe bleu,

«- Peut-être que je vais vous écouter un peu, finalement.
- Ce foulard était-il la seule chose que je vous ai dérobée ? »

Le sourire du Tsigane redouble d’intensité a la remarque maline. La demoiselle naguère effarouchée se révèle être une joueuse des plus amusantes ; une cliente exigeante. Mais le brun n’en était pas à se démonter, oh non. Il aimait à relever les défis pour son art.
Livio se sait séducteur pour mieux vendre, mais à en juger la posture qu’adopta sa cliente il était tombé sur aussi doué que lui.

« - N'hésitez pas, j'ai envie d'être surprise. »

Livio se redresse, et se met au garde à vous avant de s’incliner dans une très théâtrale courbette.
Le brun est un homme de théâtre, un acteur. Il use de son corps tout comme ses paroles pour mieux paraitre aux yeux des autres. Le dos courbée, il relève la tête et gratifie la brune d’un sourire, tordant sa bouche en un arc de cercle d’où s’entrevoyait le bout de l’email de ses dents.

« Mademoiselle, sachez que l’humble marchand que je suis se plierait en quatre pour satisfaire d’aussi agréables clientes. »

Il esquisse un geste vers sa valise, et agite un doigt devant son visage, accompagnant ses paroles de grand gestes, ponctuant ses phrases de mouvement de doigts étourdissant.

« Voyez, je traine ici ma pauvre valise et, malgré son air défraichi sachez qu’elle contient milles unes merveilles » Il accompagna ses dires, attrapant à la volée quelques étoffes colorée, les tendant sur son bras pour permettre d’en apprécier les nuances « Vous pouvez en apprécier la facture et les nuances, tout droit en provenance d’Europe, il est rare d’en trouver de nos jours ! » Mensonge, pas mensonge ? c’était tout l’art du commerce. Sa voix comme toujours s’amusait à faire rouler les consonnes et chanter les voyelles sur sa langue de façon exotique à cause de son indescriptible accent oscillant aussi bien entre l’espagnol que le polonais.
Il fit la moue et enchaina avec divers objets, babioles allant du peigne anti-calvitie a la bouilloire qui fait refroidir l’eau, bijoux colorés, des casse-têtes chinois, des encens aux odeurs exotiques. Une liste interminable de merveilles aussi inutiles que fantastiques, capable de faire ressurgir les instinct les plus enfantins même au fond des adultes les plus droits.
Livio, essoufflé d’avoir tant parlé tentait de reprendre son souffle, regardant autour de lui : un champ de bataille d’objets en tous genre gisait autour de lui, témoins de sa démonstration.
Il replaça sa chemise, passant ses mains dessus pour la défroisser. Il remonta sa mains jusqu’à sa nuque pour la masser, s’arrêta un instant pour laisser renaitre le sourire malicieux sur ses lèvres qui un instant c’était fané.

« Mais… J’imagine qu’une demoiselle comme vous cherche peut être quelque chose de plus… Hors du commun non ? Aiguillez moi donc… » Lança-t-il plus énigmatique encore, la malice faisant pétiller ses yeux bleus.






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