AccueilAccueil  CalendrierCalendrier  FAQFAQ  RechercherRechercher  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  

Partagez | 
 

 Sillyworld {pv.}

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage

Féminin
↳ Nombre de messages : 5155
↳ Points : 113
↳ Date d'inscription : 03/09/2013
↳ Age : 26
↳ Avatar : Ben Whishaw
↳ Age du Personnage : 31 ans
↳ Métier : Médecin Légiste & Hacker
↳ Opinion Politique : Contre le Gouvernement
↳ Niveau de Compétences : 1
↳ Playlist :
SAEZ - A bout de souffle ♭ MCR - Famous last words ♭ ADELE - Skyfall ♭ THE KILLERS - Human ♭ ALEX HEPBURN - Reckless ♭ STONE SOUR - Tired ♭ SLIPKNOT - Dead Memories, Before I Forget, Snuff ♭ IMAGINE DRAGONS - Monster ♭

↳ Citation : « Je suis un trucage humain qui aspire à devenir un homme sans trucages. »
↳ Multicomptes : Stain E. Greyjoy & Regan Faulkner
↳ Couleur RP : #b68656



Feuille de perso
↳ Copyright: Cryingshame
↳ Disponible pour un topic?: Non =(
↳ Liens du Personnage
:



MessageSujet: Sillyworld {pv.}   Jeu 1 Jan - 20:23

Sillyworld

feat Svenja C. Gärdener & Aleksi S. Lenaïk
When someone takes your word away. It's seldom ever heart. So take your sentence full of things. You're not supposed to say. Carry on but don't write it down. Or you'll be gone. Peace is just two fingers now. Peace was just a phase. ‘Cause peace is gone.



La résistance cette simple appellation parvenait à me faire sourire. Pas de ce franc sourire qui me prend quand l’amusement se fait trop important. Non. Seulement, ce simple, fade et sarcastique petit sourire qui vient étirer mes lèvres quand le cynisme d’une situation m’effleure la nuque. Bien que peux certain de leur réussite, je ne me suis jamais engagé sur la voix de la raillerie et la haine évidente envers cette petite armée, comme pouvait le faire Kyran. Je n’ai jamais cherché à m’en intéresser non plus. Œuvrant pour un seul type de résistance, la Sienne. Jusqu’à ce que ma loyauté se voit remercier par un licenciement dans les règles. Oubliant par la même occasion la sensation des touches d’un clavier sous mes doigts. Le ronronnement enivrant d’un ventilateur tournant à plein régime. Les pixels dansant sur l’écran pour former des assemblages de zéros et de uns. Les arcanes du langage binaire et hexadécimal me manquent. Mes heures d’insomnie n’étaient plus dues à mon entêtement informatique, mais à des rêveries douteuses. J’en ai perdu la capacité de me ressourcer, brisé par les visions mesquines qui ne cessent de me hanter. Wesley, Kyran, Blake, tout s’assemblant, et se monte en un odieux film qui me détruit de l’intérieur. Même la chaleur conciliante d’Ezra n’est pas suffisante pour apaiser les délires de mon cœur en perdition. Alors, lorsque l’un de ces types est venu me chercher jusque dans le froid de la morgue, j’en suis resté profondément surpris. Le geek perdu entre deux cadavres, essayant de ne plus faire de vagues, se retrouve soudain face à quelqu’un réclamant des services qu’il s’était juré de ne plus accorder à personne. J’ai tenté de ne pas céder aux sirènes de ma décadence. Tenté, pour finalement mieux y succomber et hacker le système de communication du Gouvernement. Malgré moi, j’ai rejoint les rangs de la résistance. Malgré moi, je me suis retrouvé embarqué dans une histoire qui me dépasse et à laquelle j’aurais préféré ne pas être mêlé. Une autre belle réussite, à ranger dans le même tiroir que celle du MI-6.

J’ai signé un contrat que je n’ai pas su lire jusqu’au bout. En plus de mes talents informatiques, mes nouveaux employeurs entendaient aussi user des dons du monstre qui sommeille en mon sein. Je ne l’ai compris que trop tard, et maintenant que je marche dans leur rangs, un nœud se forme dans ma gorge et dans ma poitrine. Monstre chargé de faire parler les adorateurs de ce système tyrannique. Et de changer les plus fervents en une autre sorte de monstre. S’ils savaient, que cette facette de ma condition m’est totalement inconnue. Que j’en suis seulement conscient pour en avoir fait les frais. S’ils savaient, je doute que notre alliance s’éterniserait. Je redoute même cet instant et malgré moi un frisson me parcourt l’échine. Phalange glacée contre ma peau qui se voit rejointe par d’autres lorsque nous approchons de la bâtisse en perdition. Le lieu a quelque chose de lugubre, et je ne peux réprimer la vague d’appréhension qui vient se heurter contre ma poitrine. L’ensemble me semble surréaliste, comme sortie de l’imagination démente d’un être à part, perdu dans les méandres de son esprit dérangé. Je m’apprête à tenter de faire machine arrière, mais déjà mes acolytes se frayent un chemin à l’intérieur, faisant grincer les lourdes portes. Je me serais perdu, seul au milieu de cet assemblage d’acier et de béton. Tout se ressemble, tout est mort. Le bruit de nos pas résonne sur le sol miteux, s’écrasent contre les murs pour se répondre en un écho qui me brise le crâne. Malgré le trouble, malgré la crainte, je m’obstine à faire bonne figure. A jouer un rôle qui ne sied guère et qui me dérange. Une nouvelle porte et le décor change. L’ancienne salle des machines a été nettoyée, débarrassée d’une partie du matériel pour laisser en son centre un cercle de vide. Et la pauvre proie se tient au milieu de se vide, seule sur sa petite chaise.

Le prétendu chef du groupe m’agrippe le bras et me tire à l’écart, murmurant ses directives à mes oreilles pour que je sois le seul à entendre. Je n’ai pas besoin qu’il me fasse un dessin, ni qu’il m’explique mon rôle, j’ai vu suffisamment de film pour en connaitre les répliques de base. « - Et si jamais, Bubulle la fera parler pour toi. » Il agite la main en direction d’un coin de la salle, et le dénommé Bubulle se dessine dans l’ombre. Un mort-vivant, enchaîné telle une bête de foire, tire avec hargne contre ses entraves pour s’en défaire, les bras ballant contre son corps décharné. La vision de la créature me retourne l’estomac et renforce mon trouble. Un petit clin d’œil entendu scelle notre conversation à sens unique et je me retrouve seul. Debout comme un idiot près de la porte, à triturer mes pauvres doigts. Dans un raclement de gorge, visant à me donner un semblant de courage, je me rapproche de la chaise, la contourne pour me retrouver face à celle qui a mal choisi son camp. Mon regard glisse sur elle, et à peine eu-t-il atteint son visage que mon souffle se bloque. Mon cœur bute contre un obstacle invisible et le trouble sème alors sa place à une profonde aversion. Un savant mélange de jalousie et de haine pure qui me dévore les veines.

« - Tu as perdu ton garde du corps on dirait ? » Je le lance en reculant d’un pas, ouvrant et fermant ma main pour calmer les élancements qui la dévore. Son garde du corps… Sa seule énonciation parvient à me faire serrer les dents de colère.

_________________

Do I have to run and hide ?

I get the feeling just because. Everything I touch isn't dark enough. If this problem lies in me. I'm only a man with a chamber who's got me. I'm taking a stand to escape what's inside me. I'm turning to a monster. And it keeps getting stronger.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://consign-to-oblivion.forumactif.com/t885-aleksi-hold-your-

Invité
Invité






MessageSujet: Re: Sillyworld {pv.}   Dim 4 Jan - 23:36


L’écho des pas résonnaient violemment contre ses tympans, martelant sa boite crânienne avec une force suffisante pour rendre tous les autres sons diffus, à peine perceptibles. Derrière le tambour battant des semelles sur le sol, le chuintement rauque de sa respiration se mêlait à d’autres, confirmant cette impression persistante d’une présence étrangère, menaçante. La douleur explosa dans ses tempes au moment où une porte se refermait avec fracas, accompagnée d’une déflagration de points rouges derrière ses paupières closes. La pression se diffusa rapidement au reste de son crâne enserrant son front dans un étau et tordant sa bouche en une grimace aussi amère qu’éphémère. Il fallut plusieurs battements de cils pour soulever ses paupières alourdies par cette torpeur caractéristique de l’évanouissement. Au fur et à mesure que son mal de crâne refluait sa vision s’améliorait, laissant son regard s’attacher aux détails de la scène. Même temporairement privé de vue, son instinct avait pressentit le dépouillement des alentours à la manière dont les sons se réverbéraient, peu à peu changées en douloureuses vibrations. Ses yeux encore embués se fixèrent sur des silhouettes se découpant en face d’elle, au fond de cette pièce nue dont le sol et les murs bétonnés lui évoquaient quelque chose de vaguement industriel.  Un mouvement brusque dans le coin opposé attira son attention. Un hoquet de terreur lui échappa en saisissant que la chose agitant sa carcasse malingre n’avait rien d’humain. Une goutte de sueur roula sur sa tempe, s’écrasant avec lenteur sur son menton. Avant même que ses jambes ne finissent de se déplier, deux mains vinrent s’abattre sur ses épaules, la recollant contre le mince dossier de son siège d’une brusque poussée. Les pensées se bousculaient dans son esprit, cherchant vainement une explication à la présente situation. Pour toute réponse sa mémoire lacunaire lui renvoya les échos de ses propres hurlements mêlés à ceux d’étrangers et le souvenir d’un objet lourd s’écrasant sur sa nuque. Derrière elle, la présence battait en retraite dans un bruissement de tissus, comme pour mieux laisser place à l’ombre qui s’avançait à sa rencontre. Les traits de l’homme se découpèrent dans la lumière faiblarde qu’un rai de lumière produisait en filtrant par une issue condamnée à grand renfort de planches. Ce visage familier n’éveilla que brièvement son soulagement. Son nom peinait à se frayer un chemin jusqu’à ses lèvres. Des consonances scandinaves se heurtaient contre son palais sans prendre ni forme ni son. Svenja l’avait toujours envisagé que comme l’âme damnée de Kyran Hogan. Le terme de silhouette lui collait  définitivement à la peau, il n’était guère plus qu’un visage renfrogné accolé à une ombre s’esquivant au détour d’un couloir pour mieux se soustraire à sa présence. La voix du trafiquant tonna dans son esprit au moment où elle abandonnait la lutte : « Laissez-moi vous présenter mon collaborateur et ami, Aleksi Lenaïk. » Sa voix mourut sur la dernière syllabe de son prénom alors que son regard chargé de haine se posait sur elle. Son ton grave brisa le silence, lui faisant autant d’effet qu’un coup de poing entre les côtes. La hargne contenue dans sa voix glissa pourtant rapidement sur elle tandis que le sens des paroles percutait son esprit. Wesley. Son cou se tendit puis décrivit un mouvement circulaire à la recherche du moindre indice indiquant sa présence. Mais les silhouettes dans le fond restaient aussi amorphes qu’anonymes. Malgré la vague de panique menaçant de déferler sur son corps à l’idée du sort qui leur était réservé, sa nuque ne ploya pas et ses épaules restèrent droites. Son instinct lui soufflait qu’admettre sa peur ne ferait que nourrir l’étrange flamme brillant dans les pupilles sombres d’Aleksi.

« - Et toi, Aleksi, où est ton patron ? Moi qui te pensais incapable de faire trois pas sans lui… » Bien que consciente de n’être aucunement en position de se permettre ce genre de saillies, la sorcière savoura cette mince provocation. A l’instant présent, son insolence lui servait de bouée de sauvetage, comme un repère auquel s’accrocher pour ne pas céder à la panique. Son regard s’attarda sur le spectacle à la fois pathétique et terrifiant qu’offraient les gesticulations du pantin désarticulé en arrière-plan. La salive se bloqua au fond de sa gorge au point de la forcer à déglutir fort peu discrètement. Elle entreprit d’articuler encore ses lippes desséchées, la force avec laquelle sa propre voix résonnait calmait les battements désordonnés de son cœur. « Je vois  que malgré la décoration spartiate, vous avez un certain sens du spectacle. Je suppose que ce n’est pas ma qualité de consultante qui me vaut cet accueil chaleureux ? » Sa main vint masser sa nuque avec une certaine théâtralité, en un aller-retour sciemment exagéré. « Par contre, un carton d’invitation aurait suffit, je me serais déplacée moi-même. Votre escorte est un peu trop…zélée à mon goût. » Si ses formulations volontairement pompeuses et ses intonations narquoises sonnaient faux à ses propres oreilles, elles avaient ménagé leur petit effet sur son auditoire à en juger par la soudaine agitation régnant sur la partie de la pièce où la pénombre persistait à régner. Derrière son aplomb, se cachait un pari. Son impudence lui servait de bouclier et de glaive. Elle hantait chacune de ses répliques tour à tour pour masquer l’angoisse étreignant sa poitrine et forcer son interlocuteur à croiser le fer dans l’espoir qu’une information lui échappe au passage.
Revenir en haut Aller en bas

Féminin
↳ Nombre de messages : 5155
↳ Points : 113
↳ Date d'inscription : 03/09/2013
↳ Age : 26
↳ Avatar : Ben Whishaw
↳ Age du Personnage : 31 ans
↳ Métier : Médecin Légiste & Hacker
↳ Opinion Politique : Contre le Gouvernement
↳ Niveau de Compétences : 1
↳ Playlist :
SAEZ - A bout de souffle ♭ MCR - Famous last words ♭ ADELE - Skyfall ♭ THE KILLERS - Human ♭ ALEX HEPBURN - Reckless ♭ STONE SOUR - Tired ♭ SLIPKNOT - Dead Memories, Before I Forget, Snuff ♭ IMAGINE DRAGONS - Monster ♭

↳ Citation : « Je suis un trucage humain qui aspire à devenir un homme sans trucages. »
↳ Multicomptes : Stain E. Greyjoy & Regan Faulkner
↳ Couleur RP : #b68656



Feuille de perso
↳ Copyright: Cryingshame
↳ Disponible pour un topic?: Non =(
↳ Liens du Personnage
:



MessageSujet: Re: Sillyworld {pv.}   Mer 7 Jan - 20:05


L’appartenance à la résistance ne m’avait jamais parue aussi vivace qu’en cet instant. Elle me met dans le même panier que ces êtres qui se tiennent dans mon dos. Ces ombres dont les murmures me parviennent sans que je ne puisse en saisir le sens. A vrai dire, je me coupe de ces paroles, refuse de les entendre par crainte de me voir flancher. Ma détermination ne tient qu’à un infime fil, dont les composantes sont en train de se faire ronger par un acide bien plus fort : ma lâcheté. Je déteste cette femme pour tout ce qu’elle représente. Un jouet du Gouvernement, une tortionnaire partageant leur idéaux. Une créature qui partage la chaleur de Ses draps et réchauffe Son corps. Ce que je ne serais jamais. Un coeur m’entoure la gorge et je bas légèrement en retraite, esquisse pas un arrière lorsque ses mots me parviennent. Mon patron. La mention de mon ancien supérieur me fait esquisser un sourire amer, tire sur mes traits pour qu’ils se figent dans un masque d’amertume.  En situation de faiblesse, mais elle joue la carte de la provocation. Elle me ressemble, et ce constat m’est douloureux. Elle use d’armes qui sont d’ordinaires miennes et je me sens désœuvré. Perdu, déstabilisé de voir une personne autre que moi user de ce stratagème. Je me redresse et me racle la gorge, feignant le dédain alors que mon cœur saigne. La plaie ne se referme pas, le moindre heurt réveille la douleur et ravive la blessure. J’ai beau tenté d’endiguer le flot écarlate, de recoudre les chairs, rien n’y fait. Il a laissé une telle empreinte dans ma chair que je ne parviens pas à en guérir.

« - Navré de malmener tes pensées. Il semblerait que j’ai appris à marcher seul. » Je le lâche en usant de désinvolture, hausse légèrement un épaule tout un apposant un sourire factice sur mes lèvres. L’amusement n’est que passager, il déserte mon visage dans un battement de cil et la gravité de la situation revient s’apposer sur mes traits. Vous… Je frissonne malgré moi, et l’impression désagréable de sentir des yeux me torturer la nuque revient faire couler le venin de la gêne dans mes veines. Je n’ai pas ma place en ce lieu. Je me retrouve alors à regretter le froid aseptisé de la morgue et la compagnie des cadavres. Cette part de moi lutte pourtant face à une autre force qui me dépasse. Ce besoin latent de profiter de cette occasion pour faire payer à cette femme son audace. « - Il faut bien palier aux défauts de notre décorateur. Détrompe-toi, je crois que si. Ils ont fait l’effort de te faire un accueil digne de ton rang. » Le nous est éphémère, malgré mes efforts je ne parviens à m’associer à tout ceci. Mais profite malgré tout de la moquerie pour lui laisser l’occasion de deviner la raison de sa  présence ici. Même si je suis certain qu’elle a compris. Brave petite suffisamment maligne pour savoir ‘entourer et trier ses clients sur le volet. Les murmures s’accentuent et je perçois le gémissement d’une mise en mouvement. Ils ne doivent pas intervenir. Inconsciemment, je lève légèrement la main, m’octroyant le droit d’ordonner quelque chose à ces hommes. J’aurais tellement voulu qu’ils s’éclipsent. Me laisse seul avec mes propres démons. Même la présence de cette créature dans l’ombre m’indispose. Il gratte, gémit et tire sur ses chaînes dont le cliquetis résonne jusque dans ma poitrine.

« - Je leur dirais. Pour la prochaine fois, ils essayeront de se montrer plus modérés. » Il n’y aura pas de prochaine fois. Pour elle, pour les autres. Pour moi. C’est maintenant ou jamais. Maintenant que la menace est bien réelle, ils ne peuvent se permettre de laisser filer cette chance inespérée. « - En revanche, je doute que les sarcasmes te soient d’une grande utilité ici. » Je me rapproche de la captive et laisse mon regard s’amarrer au sien. En découdre toutes les nuances pour mieux sonder les secrets de son âme. Je n’aperçois que très peu de chose, son zèle est admirable, j’en conviens. « - A moins que ce soit comme cela que tu amadoues tes clients et que le Gouvernement t’as mis dans ses petits papiers ? » Un frisson parcours à nouveau les silhouettes dans mon dos. Elles m’agacent. Je ferme les yeux, fronce les sourcils et me mord la langue pour éviter de laisser s’exprimer la haine qui me lèche la langue. Une profonde inspiration et je me tourne légèrement vers les ténèbres au fond de la pièce. Mes sens me permettent de les voir comme s’ils se tenaient en pleine lumière. D’un infime hochement de tête, la question est posée. Et la réponse me parvient lorsque les gonds de la porte grincent lourdement et que le silence vient alors s’installer dans la pièce. Même la créature semble avoir perdu de sa vigueur pendant quelques instants. Le calme se dissipe et le mort-vivant reprend sa vaine tentative d’évasion avec encore plus de conviction.

_________________

Do I have to run and hide ?

I get the feeling just because. Everything I touch isn't dark enough. If this problem lies in me. I'm only a man with a chamber who's got me. I'm taking a stand to escape what's inside me. I'm turning to a monster. And it keeps getting stronger.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://consign-to-oblivion.forumactif.com/t885-aleksi-hold-your-

Invité
Invité






MessageSujet: Re: Sillyworld {pv.}   Dim 18 Jan - 14:15



D’aigue la douleur sévissant entre ses tempes se faisait de plus en plus sourde, annonciatrice de l’hématome qui ne manquerait pas d’orner sa nuque d’ici quelques heures. En d’autres circonstances, l’exagérée lenteur avec laquelle son organisme semblait absorber le choc l’aurait alarmée. Mais tout ce qui précédait son réveil se perdait dans le vague. Chaque tentative de s’enfoncer dans les limbes de son esprit la laissait plus confuse encore. Elle s’accrochait désespérément à des sons, des impressions diffuses parsemant le fil de ses pensées avec l’espoir futile qu’une image viendrait enfin s’imprimer sur sa rétine. Les circonstances même de sa capture lui importaient peu, en réalité. Aucun don pour la divination n’était requis pour comprendre les motivations de ses agresseurs. La décrépitude des lieux entrait parfaitement dans cette théâtralité grandiloquente indissociable de la résistance. Tout, jusqu’aux sarcasmes de son geôlier s’inscrivait dans le modus operandi de cette troupe d’arrogants trouillards. Suffisamment hardis pour venir la cueillir au nez et à la barbe de son garde du corps mais pas assez pour lui révéler leurs visages.

Son garde du corps. D’une phrase anodine, Aleksi était parvenu à éveiller en elle le plus traitre des sentiments. Ce même sentiment qui la poussait à écumer rageusement sa mémoire à la recherche d’un visage en particulier. L’angoisse entamait sa danse dangereuse au fond de ses entrailles, éveillée par la musicalité particulière avec laquelle sa raillerie sonnait. Une variation de ton à peine perceptible, et pourtant immédiatement assimilée à une menace. A moins que cela ne soit du triomphe ? Perdre un être. Le double sens de cette locution anodine excitait son désarroi tandis que le flou cotonneux de ses souvenirs s’épaississait encore. Sa respiration se fit plus ténue, le dernier filet d’air se frayant un passage jusqu’à ses poumons déclencha une vive brûlure le long de son larynx, comme si ses organes venaient de se remplir de verre pilé. Faire lentement reculer la panique, l’enfermer dans un coin secret de son esprit où elle ne pourrait pas la paralyser. Surtout ne pas échapper la question brûlant ses lèvres en cet instant. Les paroles d’Aleksi coulèrent sur elle. Juste assez de temps pour reconstruire ses défenses et se retrancher derrière le rempart hermétiques de ses pensées.

« Digne de mon rang ? » un rire mauvais agita ses épaules  avant que sa voix ne se change en un murmure amer. « Si tu crois avoir touché le gros lot avec moi, tu es tombé encore plus bas que ce que je pensais… » L’apostropher directement lui paraissait bien plus naturel que ce ‘ils’ invisible, l’épiant sournoisement depuis les coins sombres de la pièce. Malgré sa tentative de creuser encore la distance physique les séparant par ce choix de vocabulaire, elle ne pouvait décemment pas accorder à Aleksi ce droit-là. Avec la méfiance d’une bête que l’on accule, elle refusait de fixer son regard sur un point précis. Ses pâles iris ne connaissaient pas de repos. Ils se perdaient dans cette pénombre bruissant de chuchotements puis revenaient se poser sur le visage fielleux de son interlocuteur à intervalles réguliers. Son ultime raillerie parvint cependant à troubler le rythme presque mélodieux de ce bruit de fond. Le volume sonore s’amplifia subitement tandis que leurs pas se rapprochaient. A la surprise de Svenja, la crainte que soulevait une intervention trouva son reflet déformé sur les traits de son interlocuteur. Au-delà de l’impatience que ce simple geste de la main trahissait, il représentait la marque d’une certaine autorité sur la foule massée dans la pénombre. L’idée qu’il exerce une quelconque influence au sein de ce groupuscule éveillait en elle une incrédulité où crainte et espoir se mêlaient. L’image d’Aleksi telle qu’elle se projetait dans son imagination n’admettait ni sadisme ni violence.

Il avait tort, les sarcasmes représentaient sa meilleure arme en cet instant. Une fois de plus, sa promptitude à dissimuler son trouble derrière des paroles vides de sens la sauvait. Les brefs silences que ses effronteries lui ménageaient intervenaient juste à temps pour lui permettre de reprendre ses esprits. Quelques secondes tout au plus durant lesquelles le résistant assimilait ses propos mais réaffirmait aussi sa position dominante. Rien que la façon dont son regard sondait le sien, vrillant ses pupilles étrécies sur celles de la sorcière, témoignait du rapport de force en cours. Des picotements désagréables, semblables à un flux électrique courant le long de sa colonne vertébrale secouaient son échine déjà violentée par la brusquerie de ses ravisseurs. Sur sa peau, le derme autrefois lisse se regroupait en plaques qu’un instinct primaire hérissait. C’était comme si chaque parcelle de son être se rebellait contre le rapprochement soudainement opéré. Jamais son instinct n’avait éprouvé un tel degré de répulsion face à un être à une exception près. Ainsi, Aleksi et Kyran ne partageait pas seulement leur demeure. La même aura sombre enveloppait leurs âmes damnées. D’inoffensif, son interlocuteur n’en avait finalement que l’aspect. Svenja prenait brusquement conscience que l’image de sa longiligne silhouette l’épiant depuis l’encadrement de la porte représentait une présence bien plus hostile qu’elle ne l’avait alors soupçonné.

Le silence s’infiltra dans la pièce avec plus de violence que n’importe quel vacarme. Même l’innommable créature sembla un moment affectée par le courant d’air glacial sur lequel surfait l’absence de bruit dans la moiteur suffocante de la Nouvelle-Orléans. Le tintement de cette lourde porte se refermant sur sa liberté lui fit l’effet d’une sentence au même titre que la dernière question d’Aleksi. Qui qu’ils soient, les hommes la retenant ici estimaient qu’un tête à tête avec lui constituait un châtiment supplémentaire. Comme une vipère qui se prépare à cracher son venin, son corps se ramassa légèrement sur lui-même, prêt à projeter sa voix en une nouvelle attaque. Comme pour mieux effacer cet effroi que lui inspirait sa soudaine proximité, sans oublier la lancinante pantomime du mort-vivant reprise avec plus d’entrain encore.

« Il faut dire que mes clients ont l’habitude de me traiter avec plus de considération. Pourtant à l’image de ton… grand copain, tous ne sont pas dans les meilleurs termes avec le gouvernement… »

TOPIC TERMINE


Dernière édition par Svenja C. Gärdener le Sam 18 Avr - 23:22, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas

Féminin
↳ Nombre de messages : 5155
↳ Points : 113
↳ Date d'inscription : 03/09/2013
↳ Age : 26
↳ Avatar : Ben Whishaw
↳ Age du Personnage : 31 ans
↳ Métier : Médecin Légiste & Hacker
↳ Opinion Politique : Contre le Gouvernement
↳ Niveau de Compétences : 1
↳ Playlist :
SAEZ - A bout de souffle ♭ MCR - Famous last words ♭ ADELE - Skyfall ♭ THE KILLERS - Human ♭ ALEX HEPBURN - Reckless ♭ STONE SOUR - Tired ♭ SLIPKNOT - Dead Memories, Before I Forget, Snuff ♭ IMAGINE DRAGONS - Monster ♭

↳ Citation : « Je suis un trucage humain qui aspire à devenir un homme sans trucages. »
↳ Multicomptes : Stain E. Greyjoy & Regan Faulkner
↳ Couleur RP : #b68656



Feuille de perso
↳ Copyright: Cryingshame
↳ Disponible pour un topic?: Non =(
↳ Liens du Personnage
:



MessageSujet: Re: Sillyworld {pv.}   Lun 19 Jan - 20:20


Elle cherche la faille. Analyse la situation de son regard pale qui parvient à me mettre dans un état de profonde confusion. Je réfute à croiser son regard, mais je ne m’empêcher de m’y heurter. En essayant d’éviter la confrontation, je cherche aussi à la provoquer. J’oscille stupidement entre deux positions aux antipodes l’une de l’autre. Je joue à l’équilibriste et mes compétences dans ce domaine sont bien dérisoires pour me préserver de la chute. L’amertume avec laquelle elle s’exprimer me frôle et fait naître sur mes lèvres l’ombre d’un sourire, qui s’y installe et perdure. Je ne crois rien. Elle ou quelqu’un d’autre, le résultat aurait été le même. On m’a mis dans cette pièce avec l’espoir que je joue mon rôle de tortionnaire à la perfection. Que je sois capable de punir l’apostat en lui offrant une seconde existence des plus morbides. Dans un domaine comme dans l’autre, je risque de faire un bon étalage de ma médiocrité. Soutirer des informations, j’ignore comme on s’y prend. Je ne suis que le technicien, celui qui se cache derrière un écran et laisse son patron pétrit de charisme faire le reste. Il revient toujours. Il se glisse dans mes pensées, me force à faire des comparaisons qui n’ont pas lieu d’être pour bien me prouver que, même loin de Lui, je ne suis qu’une de ses possessions qu’Il ne tardera pas à retrouver. Je me crispe tout entier, brisé par ce misérable constat. Et le côté pitoyable de la situation dans laquelle je me suis jeté à corps perdu. Je ne suis qu’une suite d’erreur et de bugs. Une machine qui a besoin d’être frappé pour fonctionner correctement et qui au lieu de s’exécuter sans rechigner, attend avec un certain délice le prochain coup pour se mettre à ronronner avec plus de force.

« - Je ne crois rien. Je suis les ordres, c’est tombé sur toi comme ça aurait pu être quelqu’un d’autre. » J’accompagne la désinvolture verbale d’un haussement d’épaule tout aussi expansif. Ils ne pouvaient pas savoir que je la connaissais. Que me mettre face à elle revenait à me jeter dans la fosse aux lions. Et pourtant, je m’astreins au calme. Tente de contrôle le flot d’amertume qui me déchire tout entier. Sa seule présence, le simple fait qu’elle respire le même air que le mien m’insupporte. Je ne connais plus la demi-mesure lorsqu’il s’agit de Kyran, et cette nouveauté dans un comportement que je pensais immuable me bouleverse. Le silence retombe dans le cœur de cette usine délaissée. Débarrassé de mes camarades d’infortune, mon cœur semble plus léger. Plus à même d’agir comme bon lui semble, sans être assailli par la crainte de faire un faux pas. Et maintenant que je me retrouve seule face à Svenja, je me surprends à espérer une quelconque coopération de sa part. Qu’elle démente ce pour quoi on l’accuse. Qu’elle m’évite un tourment qui m’accable déjà. Un rire sarcastique et nerveux m’échappe en entendant ses mots. Je me renfrogne, recule de quelques pas comme pour mettre une distance protectrice entre l’ennemi et la forteresse que je tente d’ériger au fil du temps. Je me replie derrière une sécurité que je pense salutaire. Et si l’aplomb coule sur mes épaules, je suis en train de m’effondrer de l’intérieur. La présence seule de la créature dans l’ombre me brûle la gorge. Elle ravive la morsure qui a incrusté ma peau, me donne l’affreuse sensation que les dents reviennent grignoter les chairs à vif. Comme piquer par ses paroles, ma main s’appose sur ma gorge en feu. Mon cœur s’emballe, comme pour repousser l’agresseur et faire cesser cet afflux soudain de venin contre ma gorge.

« - Je n’en doute pas, tu as les arguments pour mériter de tels traitements. » Acerbe, je le lâche sans lui adresser le moindre regard. Les ongles de la jalousie griffent ma peau, se glissent dans les entailles pour mieux me meurtrir de l’intérieur. Je m’en veux, de ne pas être capable d’abandonner tout cela sur le bas côté. De faire ce pour quoi je suis là, sans me retrouver assailli de pensées parasites. « - Et c’est pour cette raison que tu traites avec eux ? Pour mieux les faire tomber ensuite ? » Appartenir à un camp ou l’autre, le but de la manœuvre reste le même. Mais osciller entre les deux, cela m’échappe. Je me fais violence et repose mon regard sur la captive, revient sonder ses prunelles sans vraiment savoir ce que je cherche réellement. Pas grand-chose. Trop de chose peut être aussi. Le feu de la morsure contre mon cou attise un autre feu. Les cendres de mon ressentiment perdurent, volètent contre mon cœur pour mieux l’incendier à chaque inspiration. « - Tu devrais revoir ton carnet d’adresses en tout cas, il semblerait qu’un de tes clients n’ait pas apprécié tes services et t’ait trahi. »  Elle n’est pas stupide, et sait pourquoi elle est là. J’aurais dû commencer par ça. Je me sens stupide, tangue d’un pied à l’autre pour récupérer les miettes d’aplomb qui tombent à terre.

« - Leurs idéaux sont-ils vraiment les tiens ? » La question s’arrache du bout de ma langue. Murmurée avec une candeur qui me fait honte tant elle jure avec l’image que je tente de renvoyer. Je déteste l’autorité, et cette tyrannie ne m’inspire que dégoût. Et pourtant, maintenant que je suis contraint de faire un choix, je me rends compte que la neutralité est de loin la meilleure option pour moi. Le parasite que je suis, se fiche de vivre au crochet d’un ministre ou d’un rebelle. Du moment qu’on le laisse en paix. J’oscille entre trois camps. Celui de la raison, celui de la révolte et celui du cœur. Ce n’est qu’une façade derrière laquelle je me cache, quand je sais déjà pertinemment vers quel camp mon choix se porte. C’est mon orgueil, que je croyais aux abonnés absents, me pousse à me montrer déraisonnable.

_________________

Do I have to run and hide ?

I get the feeling just because. Everything I touch isn't dark enough. If this problem lies in me. I'm only a man with a chamber who's got me. I'm taking a stand to escape what's inside me. I'm turning to a monster. And it keeps getting stronger.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://consign-to-oblivion.forumactif.com/t885-aleksi-hold-your-

Invité
Invité






MessageSujet: Re: Sillyworld {pv.}   Dim 1 Mar - 0:22


Sur le fil. Cette expression revenait inéluctablement s’imposer à son esprit les rares fois où les yeux fuyants de son ravisseur l’effleuraient. Regards par en dessous et paroles sibyllines se succédaient. Ils jouaient au chat et à la souris, se tournaient autour sans en venir aux faits.  Elle pouvait presque toucher du doigt le moment où les rôles s’échangeraient, où elle se ferait prédateur et lui proie. Presque. Il s’arrangeait pour roder en lisière sans jamais vraiment la franchir. Malgré de longues années d’expérience circassiennes, elle se serait trouvée bien en peine de déterminer si le numéro de funambule en cours relevait d’un talent inouï ou d’une tragique maladresse. Toujours était-il que ses sarcasmes s’épanouissaient librement, rebondissant avec force contre les murs de sa cellule de fortune sans qu’il ne cherche à les étouffer vraiment. Derrière le ton ferme de ses paroles une certaine fébrilité semblait percer sans que Svenja ne parvienne à déterminer s’il se trouvait vraiment à l’étroit dans son costume de grand inquisiteur ou s’il instillait habilement en elle une illusion de contrôle.

« - Je ne crois rien. Je suis les ordres, c’est tombé sur toi comme ça aurait pu être quelqu’un d’autre. »

Information capitale. L’homme imaginé jusque-là comme dépositaire de son salut n’était même pas l’instigateur de sa capture. La chaîne de commande de ses kidnappeurs paraissait aussi obscure que les intentions de leur porte-parole en cet instant. La déception la saisit à la gorge, inutile de se servir d’Aleksi comme levier, donc.

« Tu suis les ordres…» un rictus goguenard vint éclairer son visage « Ca ne te fatigues pas de passer ta vie dans l’ombre des autres ? » Puisqu’il ne possédait de son propre aveu aucune autorité sur sa situation, rien ne servait de le ménager. Avec un peu de chance même, sa nature subalterne allait s’affoler face à la morgue qu’elle lui opposait. Etrangement l’apparente décontraction affichée par son interlocuteur lui paraissait infiniment plus dangereuse qu’une fureur manifeste. On peut facilement se jouer d’un homme qui réfléchit avec ses poings, mais il est beaucoup moins aisé de le tromper s’il pense avant de les utiliser. Plus que les coups, Svenja cherchait les menaces. Impossible d’avoir un coup d’avance sur son adversaire en ignorant ce qu’il lui reste à perdre.

Des paroles d’Aleksi ne restèrent qu’un vague écho agaçant les tympans de la sorcière. Un détail anodin, une différence de poids dérisoire tout contre sa cuisse accaparait toute son attention. Bercée par l’éclat lointain de ses murmures rocailleux, elle contint les commissures de ses lèvres prêtes à s’étirer en un sourire carnassier. En apparence, cela relevait d’un jeu de jambes d’une élégance terriblement déplacée dans l’atmosphère inquiétante de sa cellule de fortune. A l’issu de cette coquetterie un brin futile, ses bras se croisèrent délicatement pour masquer le léger renflement que faisait sa manche droite au niveau du poignet. Contre sa peau délicate, le contact rêche de l’étoffe grossière dans laquelle se découpait la silhouette humanoïde de l’artefact extirpé de sa poche faisait bondir son cœur en des sursauts désordonnés où se mêlaient adrénaline et espoir. Pas tout de suite lui chuchotait cependant la voix de la raison. La comédie devait reprendre.

Sa langue vint se coller à son palais en un claquement sonore, signe manifeste de l’agacement provoqué par les propos qu’il tenait. « Si j’étais du genre à trahir mes clients, tu ne serais pas en position de me tenir ce genre de discours… Notre ami en commun,pour ne citer que lui, c’est toujours révélé on ne peut plus satisfait de mes prestations. » Elle appuya sa réplique d’un clin d’œil goguenard. « Il faut dire que j’y ai toujours mis un zèle particulier. Mais soit, imaginons que l’un d’entre eux ne soit pas satisfait de ma prestation. Cette parodie d’interrogatoire peut-elle vraiment se justifier par une livraison de champagne tardive ? Permets-moi d’en douter. Viens-en aux faits, Aleksi. Est-ce que je travaille pour le gouvernement ? Évidemment. Ce n’est pas un secret d’Etat, loin de là. Toute cette foutue ville est au courant. Alors qu’est-ce que tes petits copains et toi voulez vraiment savoir ? » Même avec sa récente découverte, les forces en présence étaient loin d’être équilibrées. Difficile d’oublier qu’une poignée de personnes grouillaient au fond de la pièce quelques minutes auparavant. Plus difficile encore d’oublier le mort-vivant dont la complainte lancinante ne finissait pas de leur vriller les tympans. Une indignation croissante finissait cependant par prendre le pas face aux errances et aux tergiversations de son prétendu geôlier.

Un nouveau ricanement sardonique lui échappa face à l’ultime question posée.
« - C’est donc de ça dont il s’agit ? Un procès d’intention ? » Ses épaules se secouèrent encore quelques secondes sans qu’aucun son ne filtre, comme si elle prenait le temps de savourer la plus hilarante des plaisanteries. Lorsque sa tête se redressa pour vriller ses pupilles dans celles de son interlocuteur, ses traits se durcirent cependant. « Mes convictions ne regardent que moi. Je vous conseille par contre de vérifier vos sources d’information, je ne suis pas votre ennemie. Loin de là… »
Revenir en haut Aller en bas

Féminin
↳ Nombre de messages : 5155
↳ Points : 113
↳ Date d'inscription : 03/09/2013
↳ Age : 26
↳ Avatar : Ben Whishaw
↳ Age du Personnage : 31 ans
↳ Métier : Médecin Légiste & Hacker
↳ Opinion Politique : Contre le Gouvernement
↳ Niveau de Compétences : 1
↳ Playlist :
SAEZ - A bout de souffle ♭ MCR - Famous last words ♭ ADELE - Skyfall ♭ THE KILLERS - Human ♭ ALEX HEPBURN - Reckless ♭ STONE SOUR - Tired ♭ SLIPKNOT - Dead Memories, Before I Forget, Snuff ♭ IMAGINE DRAGONS - Monster ♭

↳ Citation : « Je suis un trucage humain qui aspire à devenir un homme sans trucages. »
↳ Multicomptes : Stain E. Greyjoy & Regan Faulkner
↳ Couleur RP : #b68656



Feuille de perso
↳ Copyright: Cryingshame
↳ Disponible pour un topic?: Non =(
↳ Liens du Personnage
:



MessageSujet: Re: Sillyworld {pv.}   Dim 1 Mar - 20:55


Le rictus me heurte. Si pendant un temps je m’en serais indigné, cette fois il ne me fait pas grand-chose. Je ne suis rien dans cette machinerie. Pas plus que je n’étais quelque chose dans les délires de mon ancien employeur. Je suis le pion que l’on contrôle, celui que l’on appose sur l’échiquier avant qu’il ne se fasse voler par le joueur opposé. Electron libre, je me place là où me porte mon inconscience. Et cette existence de pariât semble me convenir au fond, puisque je n’ai de cesse d’y revenir. Je me surprends à hausser les épaules sans prendre la peine de la regarder, je me mords la lèvre. « - Pas le moins du monde. A vivre dans l’ombre, on attire difficilement l’attention sur soi et sur ses actions. Tu devrais essayer. » Je lui adresse un infime sourire, espiègle. Sans le savoir, je viens de prendre un étrange chemin. Je m’engage sur la voie de la provocation. Je me heurte à ses réponses sarcastiques et le vil automate que je suis imite. La provocation est ma meilleure arme, et sans que je ne le veuille vraiment, elle revient se jeter à mes pieds pour mieux me prendre à la gorge. Elle n’y va pas de main morte, et sa vaine tentative pour me faire réagir est un échec. Kyran m’a habitué à pire, il m’en faut bien plus pour que la colère ne vienne me tirailler. Passif, jusqu’à ce que la brèche ne devienne que trop importante.

Je l’agace, et ce constat m’amuse. Grandement. Nous sommes dans ce cas de figure, j’en ai bien peur. Depuis le jour où j’ai croisé sa route dans les couloirs de la demeure de Kyran, elle m’insupporte. Cette jalousie qui me consume dès qu’il s’agit de Lui me rend fou. J’en ai honte et je m’efforce au mieux de l’étoffer. De la contrôler afin de ne pas me laisser ensevelir par ce flot d’immondices qui ne me ressemble pas. Il éveille mes plus sombres passions. Déchaine mes instincts les plus ignobles, et je parviens à me faire peur. Et en cet instant, c’est cette peur qui vient gratter la surface. Le rôdeur qui grogne dans le fond de la salle n’est qu’une infime source de frayeur. Je suis le seul monstre dans cette pièce et cette prise de conscience m’oblige à reculer d’un pas. A m’éloigner d’elle au moment où elle croise les jambes. Malgré moi, mes prunelles se posent sur ses guiboles. Le jeu possède quelque chose de fascinant dans son exécution, mais il me laisse de marbre. Ruse ou non, le résultat reste le même. Notre ami en commun. L’allusion me fait frissonner et cisaille mes traits. Je m’enferme dans un mutisme de façade, me mords l’intérieur de la joue pour ravaler le venin qui vient me caresser la langue. L’agacement se change lentement en quelque chose de beaucoup plus destructeur. Et pour tenter de l’ignorer au mieux, j’extirpe une cigarette de ma poche, la porte à mes lèvres pour l’allumer. Je tire e longue bouffée, relâchant la fumée tout en savourant la saveur de la nicotine sur ma langue. La satisfaction du drogué efface pendant un bref instant les tourments qui me dévorent. « - A quoi t’attendais-tu ? Une après-midi thé pour bavarder ? Tu as toi-même répondu à la question. Tu travailles pour eux, ce simple fait de toi un ennemi. » Je m’autorise à hausser une épaule avec une fausse désinvolture. Qu’elle se contente d’organiser des festivités pour ces imbéciles ou qu’elle joue un rôle plus important dans cette débauche de violence, elle s’est condamnée dès l’instant où elle a commencé à les côtoyer.

« - Ce n’est que l’interrogatoire avant ton procès, dont il sera le seul juge j’en ai peur. » Je le lance en désignant la créature d’un signe de tête. Elle semble avoir compris que je venais de parler d’elle et s’agite un peu plus, les chaînes la retenant frappant sur le sol avec plus de force. Les frissons me dévorent l’échine, remontent se perdre contre la cicatrice qui sommeille sur mon cou. Je les balaye en un raclement de gorge nerveux et fais quelques pas de côté afin de ne pas m’enliser dans un immobilisme douteux. A vrai dire, je suis incapable de rester prostré sur place. J’ignore qu’elle attitude adopter tant le rôle du bourreau m’est étranger. La victime me sied mieux, et ce soudain inversement des rôles est aussi grisant que perturbant. « - Ce n’est plus un secret pour personne, et c’est justement ça le problème. Ton allégeance à ces monstres t’a mise dans cette affaire. Et sûrement pas le champagne mal livré. » Comme si elle ne le savait pas. Blonde mais pas stupide non plus. J’en suis presque à regretter la présence de mes petits camarades d’infortune. Et malgré moi, je me surprends à jeter un regard par-dessus mon épaule en direction de la porte laquelle ils sont partis. Je suis définitivement seul avec Svenja et le monstre. Ce constat m’indispose et j’en suis réduit à grignoter nerveusement l’ongle de mon pouce. « - Quant à notre ami, il se laisse trop facilement distraire… » Je le lâche dans un soupir avec une amertume évidente. L’allusion me reste en travers de la gorge, et je me surprends à contempler la cigarette qui fume entre mes doigts. Et sans le vouloir mon regard se pose sur la captive. Un nœud  m’enserre la gorge, mais quelque chose d’encore plus fort vient gratter contre mon cœur. Je reviens tourner autour d’elle, porte une nouvelle fois la cigarette à mes lèvres, en tire une nouvelle bouffée. Et sans que je n’en rende compte, le cylindre incandescent achève son existence contre le bras nu de Svenja. La chair brûle, crisse et l’odeur me vrille les narines. « - Tu te caches derrière de bien belles paroles. Tu penses vraiment que ton honnêteté va te sauver ? » Le timbre que prend ma voix m’étonne tant il diffère de celui avec lequel je m’exprime d’ordinaire. Et ce qui est en train de m’incendier les veines me laisse tout aussi perplexe que le geste que je viens d’avoir.

_________________

Do I have to run and hide ?

I get the feeling just because. Everything I touch isn't dark enough. If this problem lies in me. I'm only a man with a chamber who's got me. I'm taking a stand to escape what's inside me. I'm turning to a monster. And it keeps getting stronger.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://consign-to-oblivion.forumactif.com/t885-aleksi-hold-your-

Invité
Invité






MessageSujet: Re: Sillyworld {pv.}   Sam 18 Avr - 23:15



« - […] A vivre dans l’ombre, on attire difficilement l’attention sur soi et sur ses actions. Tu devrais essayer. »

Cette simple affirmation contenait trop de vérité pour se laisser balayer d’une nouvelle effronterie. Aleksi l’avait percée à jour, elle, la créature de la nuit se satisfaisant d’une pâle copie d’astre céleste, à ses risques et périls. Son avidité à capter la lumière était au centre même de tous ses maux. Incapable de s’effacer, de se laisser avaler par cette ombre dans laquelle il semblait se complaire, elle était comme ces pâles hétérocères papillonnant jusqu’à l’épuisement autour de la première source de lumière croisant leur route. Le feu des projecteurs exerçaient leur irrépressible attraction sur la volatile slave sous l’œil attentif de ses détracteurs. Ce qu’ignorait son geôlier, c’est que son absence de mesure n’avait rien d’une exhortation à la haine, c’était plutôt le fruit d’une abdication face à sa nature profonde.  Pas plus que le silence, la discrétion n’avait jamais été une option envisageable pour sauver sa peau. Svenja aurait préféré subir milles morts plutôt que de voir ses propos étouffés par un bâillon qu’elle se serait elle-même imposé.

Les mots semblaient traverser son geôlier sans l’affecter, à peine tiraient-ils quelques frémissements moqueurs de ses épaules malingres. A contrario, la captive se tortillait sur son séant, tour à tour prise d’une quinte de toux ou d’un faux rire.  Tous deux prisonniers de rôles qu’on leur avait imposés, ils jouaient la comédie avec les armes qui leurs étaient propres. Là où Svenja n’était qu’éclats et emphase, Aleksi se réfugiait dans une sobriété quasi monacale pour mieux masquer ses émotions. Un feu couvait pourtant sous la glace de ses prunelles impavides lorsqu’il la regardait. Ses dires s’apparentaient à de grands coups de bâtons dans le vide dans l’espoir d’attiser les braises de son égo. Au-delà de tout calcul, de toute stratégie, elle repoussait frénétiquement la froide indifférence que l’homme lui imposait. Rien de pire que d’être impersonnelle à ses yeux, une poupée de chiffon que l’on malmène par habitude, faute de pouvoir atteindre directement le gouvernement. Même si c’était pour revêtir l’apparence d’un visage honni. Si violence il devait y avoir, ce serait pour effacer ce sourire insolent qui rehaussait ses pommettes et non pas pour la punir d’un parti pris par opportunisme plutôt que conviction. Un léger tic sembla soudainement perturber l’harmonieuse rigidité des traits de son interlocuteur. Un doute s’empara d’elle. Ce pourrait-il qu’elle ait enfin mis le doigt sur un sujet sensible en évoquant leur seul point commun ?  Mais la fugace impression s’envola lorsque vint rougeoyer ce poison bien connu de la sorcière entre ses lèvres entrouvertes.

« Et quel ennemi ! Le plus dangereux de tous ! Il vous a fallut au moins… trois, que dis-je quatre hommes pour me terrasser. » Ces propos-là n’étaient que présomption et rhétorique, les heures précédentes s’entouraient toujours de cette brume cotonneuse qui tardait à se dissiper. « Vraiment, vous avez fais une superbe prise, je suis LA personne à abattre. Sans moi le gouvernement s’effondre ! » Sa verve s’étouffa quelques peu sur la déclaration qui suivit. La pantomime de procès annoncée n’avait rien pour la ravir. La simple évocation de l’atrocité participant à l’échange à grands renforts de grognements, l’incita à caresser du bout de l’index la présence rassurante du léger renflement déformant sa manche.

De nouveau, certaines mimiques trahissant sa nervosité vinrent frapper les rétines attentives de la captive. Cela tenait à peu de choses, le tic nerveux agitant son doigt, un piétinement trop pressant et surtout, de nouveau ce regard fuyant. Mais aucun sentiment de victoire pour Svenja. A la place, une nouvelle explosion de douleur. Un cri strident accompagna le grésillement aux caractéristiques sonores et olfactives propres à toute chair brûlée. Passée la douloureuse stupéfaction face à la brutalité du geste, son égo se souleva, mortifié par la soudaine réalisation que ce son de détresse s’échappait de ses propres lippes. Un flux d’adrénaline vint secouer son échine à l’épiderme encore hérissée tandis que les dernières paroles d’Aleksi heurtaient le silence poisseux de la cellule. La voix chuchotante de son instinct s’était muée en hurlement tandis que son regard englobait la pièce, la créature difforme et son tortionnaire dans un même mouvement circulaire. A la lumière de la satisfaction sadique éclairant les prunelles de son tortionnaire, la conviction que cette scène ne pouvait se conclure qu’en un déferlement de violence finit de la saisir.

Dans un acte de vengeance irréfléchi, son index s’enfonça violemment dans une partie molle de l’artefact dissimulé dans le pli de son vêtement. Quasi immédiatement le reflet d’une douleur bien plus vive que la sienne se dessina sur le visage encore figé dans son rictus sadique de l’abject individu. Le résultat allait au-delà de toutes ses espérances.
En une fraction de seconde, ses chevilles vaguement flageolantes trouvèrent suffisamment d’aplomb pour la porter jusqu’au milieu de la pièce.  « Mon honnêteté peut être pas. Mais mes ressources aident. » cracha-t’elle à la silhouette agitée de soubresauts de son tortionnaire en le dépassant. Aiguillant toujours du doigt la force surnaturelle le clouant sur place dans un tourbillon de maux, elle agrippa les chaînes de la créature démoniaque. Une vague hésitation handicapa brièvement ses gestes, le temps d’un dernier regard par-dessus son épaule sur le pantin désarticulé au centre de la pièce. Ses mains glissèrent sur l’enchevêtrement de métal, laissant une nouvelle amplitude de mouvement au mort-vivant sans pour autant le libérer. D’une détente il se projeta en direction de la plus faible des proies en présence, laissant l’autre se faufiler hors de la pièce.

Ses paupières battirent un instant, dans l’attente d’une nuée de coups accueillant sa fracassante sortie. Au lieu de ça, un silence oppressant à peine perturbé par les cris mêlés de l’homme et la bête que l’épaisseur des murs étouffait en grande partie. Ses jambes tremblantes  la portèrent encore sur quelques mètres à travers un couloir désert se terminant sur l’explosion de lumière et de chaleur de l’astre rythmant la vie de la Nouvelle-Orléans. Garée trois pas de là, comme un signe du destin, une vieille camionnette bosselée. Ce n’est qu’en trouvant les clefs laissées sur le contact que Svenja admit que ses ressources l’avaient peut être effectivement sauvée.
TOPIC TERMINE

Revenir en haut Aller en bas
 

Sillyworld {pv.}

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

 Sujets similaires

-
» Sillyworld {pv.}

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
CONSIGN TO OBLIVION .} :: The Fifth Chapter :: Memories-