AccueilAccueil  CalendrierCalendrier  FAQFAQ  RechercherRechercher  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  

Partagez | 
 

 What might have been lost [PV Ellie]

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage

Féminin
↳ Nombre de messages : 5823
↳ Points : 2210
↳ Date d'inscription : 28/11/2013
↳ Age : 27
↳ Avatar : Max Irons
↳ Age du Personnage : 28 ans ( apparence ) - 169 en réalité
↳ Métier : Infirmier pour la Falciferae
↳ Opinion Politique : Pour le gouvernement et l'ordre
↳ Niveau de Compétences : 1
↳ Playlist : We Might Fall - Ryan Star / Running up that hill - Placebo / Broken Crown - Mumford & Sons / Everybody wants to rule the world - LORDE / Bad Blood - Bastille / Lydia - A Fine Evening For A Rogue / Placebo - Where is my mind PLAYLIST YOUTUBE

↳ Citation : " We are each our own devil, and we make this world our hell. "
↳ Multicomptes : Elias S. Kaligaris & Joan C. Valentine
↳ Couleur RP : #FFFFFF



Feuille de perso
↳ Copyright: Nanami
↳ Disponible pour un topic?: Non =(
↳ Liens du Personnage
:



MessageSujet: What might have been lost [PV Ellie]   Sam 3 Jan - 0:45

Le crépuscule se décline avec douceur sur ses traits. Le ciel pose ses derniers efforts sur ce faciès dénué de vie. Cri visuel, convocation à la lumière, empreintes fortes, des paumes invisibles se dressent pour tracer de longs sillons sur ses tempes. Vermeil et ocre se disputent sur sa mâchoire, dissipant la sévérité, juste assez pour que la mélancolie franchisse les limites imposées par ses paupières. L’embrasement éphémère s’étouffe et l’horizon s’éteint bientôt. Chorégraphie colorimétrique se consumant gratuitement, tons froids sur visage opalin et la nuit succèdera au jour. Les cycles apportent un réconfort incomparable aux êtres bercés par leur ignorance existentielle. Les imprévus dérangent, là où les désastres programmés sont digérés avec plus de simplicité. Etre dans le secret, savoir, c’est pouvoir. Savoir, c’est avoir l’impression de posséder encore la maîtrise de son Univers. Depuis le début, il ne s’agit que de ça. Contrôler. Son Destin, celui des autres. Avoir assez d’importance pour imposer sa volonté, pour espérer courser le vent, disposer de la Terre, décider des endroits où la nature éclot et où elle meurt, forcer l’eau à réajuster ses trajectoires, dépecer les entrailles de ce qui brille, prendre la vie d’un animal par plaisir de la traque. Juge avant d’être accusé. Qui sont-ils ? Des fourmis qui s’extasient en déplaçant des cailloux, se prenant pour des Dieux en buttant contre la liberté des autres jusqu’à s’ouvrir le crâne et à en crever sur le macadam. Le pouvoir de changer le cours des choses. Personne ne peut le posséder totalement car la société n’abat jamais les mêmes cartes et elle impose ses règles décennie après décennie. Les révolutions sont donc vouées à l’échec. L’esprit mortel trop fragile pour endurer l’insécurité, trop incohérent pour survivre aux conséquences et assez stupide pour répéter ce schéma pourtant. Parce que ça rassure l’humanité, encore et toujours. L’air joue avec ses cheveux, balaie son inquiétude. L’aube est lointaine, inatteignable même quand il songe aux prochaines heures. Il ne la reconnaît plus de toute façon. Ses promesses gisent tous les soirs à l’ombre de sa réalité.

Les nouvelles ont éclaté comme des bulles d’encre. Inoffensives, chargées pourtant en noirceur, s’abandonnant sur l’épiderme des passants, se mélangeant à leur rétine, créant des infections oculaires - des larmes coulaient, parfois pulmonaires – la panique grondait dans les poitrines. Aveuglée par la terreur, la population s’est laissée porter par son désir d’endormir les craintes. La réouverture des arènes, la réorganisation des Jeux, impensable. La majorité a cherché à oublier, à ne pas y croire, à nier les évidences. Les signes somnolent pourtant dans chaque molécule composant leur oxygène. A leur réveil, les cendres habiteront les terres et plus les esprits. Ezra pressent l’orage. Ses poumons se gonflent de quiétude lancinante. Lui aussi veut taire les tambours qui clament la prochaine guerre mais ils rythment déjà le sang battant ses veines. La démence est proche. Ses pas regagnent l’équilibre incertain, le quotidien toujours en décalage. Les portes de l’hôpital l’engloutissent, les couloirs s’enchaînent. Ses yeux traînent sur ses collègues sans s’y arrêter. Déjà la question palpite, elle surpasse les avertissements muets et dépasse la raison. Sa propre folie tient actuellement en une succession de cinq lettres. Une charade sans indice, un labyrinthe sans issue, un casse-tête sans solution. Une énigme improbable qu’il ne cueille pas du regard alors qu’il regagne docilement son bureau. Sa frustration tortille son ennui quand il aligne de nouvelles feuilles devant lui. Concentration relative qui se brise dès que la porte s’ouvre et se referme sur des personnes sans intérêt. Une tornade de soupires emporte chaque méprise. Il se relève quand on l’interpelle. Et il comprend bien vite que c’est arrivé. La tempête est à leurs portes.

Les brancards s’amassent dans les allées exigües. Des plaintes émergent de tous côtés. L’infirmier se penche sur le premier cas à sa portée. Fièvre, délires ne trompent. Infecté du même mal, il reste longuement impuissant devant ce spectacle. Sur la civière d’à côté, une femme implore qu’on lui ampute la jambe avant que le venin ne se répande. Terrifié, le norvégien s’enquiert des patients suivants. Contaminés, une majorité d’entre eux. L’effroi se plaque un instant sur ses traits quand il réalise qu’ils vont sûrement succomber aux blessures et se changer eux-mêmes en mort vivant dans le meilleur des cas. Une partie d’entre eux porteront pourtant les mêmes stigmates que lui. Les soigner pour les réduire à sa condition ? Les laisser devenir des monstres ? Lui aurait préféré mourir. Et il n’est pas assez courageux pour y remédier désormais. Mais tous ces autres ? Le dilemme se loge en arrière-plan dès que ses supérieurs lui ordonnent de s’affairer aux soins. Il s’exécute, renonçant au sacrifice et aux explications tandis que d’autres blessés affluent dans les urgences. Le personnel débordé se bouscule, s’insulte même parfois quand les nerfs lâchent. Des objets tombent, les fracas font échos aux espoirs en branle. Le scandinave gâche son temps sur des damnés. Il écrase sa sueur d’une main faiblarde. Sa faim désagrège sa chair de l’intérieur et l’effort accentue la douleur. Loup suspendu au toit de la bergerie, après deux erreurs honteuses, il brime tous ses principes et dérobe un peu d’énergie aux existences vouées à l’échec. Leurs plaintes prennent des formes mémorielles parfois. La culpabilité le cloue à plusieurs reprises sur place, le force à tituber. Les souvenirs qu’il aspire sans le vouloir, engendrent une compassion pour leur hôte bien dérangeante. Bientôt, il voudra tous les sauver. Bientôt, il se montrera incroyablement stupide. Alors il se contente de ce qu’il a réussi à prendre pour persévérer.

Minuit cogne quand il l’aperçoit enfin au bout du couloir bondé. Étoile filante dans une obscurité grandissante, il suit les derniers filaments flamboyants qu'elle laisse en quittant le lieu, s’abreuvant du peu de lumière qu’elle daigne semer. Il n’a même pas eu le temps de faire un vœu. Celui qui consiste à débusquer les météores fuyant. Armé d’une grimace, il réprime ce songe et se focalise sur sa tâche en déviant toujours mentalement sur ce qui n’a lieu d’être. Quand le flot s’apaise, quand la tiédeur de la bâtisse et les antalgiques font effet sur les carcasses mutilées, quand enfin il peut redresser la nuque pour la regarder à quelques mètres de lui, tout s’efface brutalement. Cécité soudaine mais surdité absente. Les gémissements reprennent et l’affolement devient danger. On hurle par-dessus les geignards, il reconnait les intonations d’une interne « Le générateur de secours ! Que quelqu’un aille l’activer ! Un médecin qui possède le passe. Wilson ? Wilson, s'il te plait ! » A tâtons, ils sont plusieurs à se heurter. L’ancien peacekeeper sait que l’électricité ne s’est pas coupée toute seule. Il sait aussi ce qui les attend. Piégés avec des zombies en devenir et sûrement sous peu traqués par une inquisition rebelle. Habitué aux situations désespérées et désespérantes, son sang-froid se déploie sans mal. Ce n’est pas vers le générateur qu’il évolue naturellement. Son épaule rencontre brutalement la carrure d’Ellie. Il ne s’excuse pas et assure sur un ton condescendant qui ne traduit rien de ce qu’il ressent « Tu ne sais même pas où il se trouve, je parie. » Ses doigts n’osent s’aventurer vers elle et demeurent étrangement figés contre lui. D’une voix moins assurée, il articule un simple « Il y a une lampe torche dans les vestiaires. » Quelque part au fond de ses entrailles, il sent la peur. Il la goûte d’autant plus à proximité de la brune. Mais il refuse de l’admettre. Parce que ce n’est pas pour lui qu’il craint. Absolument pas pour lui.

_________________

    Here I stand, helpless and left for dead
    Close your eyes, so many days go by. Easy to find what's wrong, harder to find what's right. I believe in you, I can show you that I can see right through all your empty lies. I won't stay long, in this world so wrong. Say goodbye, as we dance with the devil tonight. Don't you dare look at him in the eye, as we dance with the devil tonight. Trembling, crawling across my skin. Feeling your cold dead eyes, stealing the life of mine. ©endlesslove
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://consign-to-oblivion.forumactif.com/t1061-ezra-s-reilly-ho

Féminin
↳ Nombre de messages : 2334
↳ Points : 34
↳ Date d'inscription : 31/12/2014
↳ Age : 22
↳ Avatar : Crystal Reed
↳ Age du Personnage : Vingt-huit ans
↳ Métier : Journal de la mafia Nemesis
↳ Niveau de Compétences : 1
↳ Playlist : Take me to church (Hozier) ∆ Hurricane (Halsey) ∆ I'm a ruin (Marina and the diamonds) ∆ 1965 (Zella Day) ∆ I found (Amber Run) ∆ Here with me (Susie Suh) ∆ The One (Kodaline)
↳ Citation : In the same way some beginnings are endings and some endings are beginnings.
↳ Multicomptes : unique compte
↳ Couleur RP : #872929



Feuille de perso
↳ Copyright: milkovich / endless love / sense8
↳ Disponible pour un topic?: Non =(
↳ Liens du Personnage
:



MessageSujet: Re: What might have been lost [PV Ellie]   Dim 4 Jan - 0:12


What might have been lost
Elle oublie un instant, la frontière qui les sépare. Le silence qui les observe.

« C’est trop tard Docteur. » Les mots courent, les mots résonnent, les mots cognent dans un vacarme incessant. Ils se déchirent, s’oxydent au creux de ses tympans qui rejettent la symphonie meurtrière de cet instant. La fatalité s’esquisse au milieu du chaos, comme un murmure, un chuchotement qui rôde le long de ces couloirs obscurs. Elle se dessine sur son visage, à coup de pinceaux, qu’on aurait trempés dans l’acide avant de l’étaler sur sa peau. Les cendres tapissent son regard, disloqué par la réalité qui lui arrache tout espoir. C’est ainsi que prend fin, l’histoire de ces âmes innocentes. C’est ainsi qu’on les condamne à ce drame.  

L’impuissance la bouleverse, l’émotion la transperce. Elle les entend, la supplier. Elle les voit, l’implorer. Elle peut sentir leur souffrance, frôler leur détresse, deviner leur tourment. Et pourtant, elle aimerait en être inapte. Juste une seconde. Amputer sa propre conscience. Juste une seconde. Éteindre les battements de son cœur. Juste une seconde. Être ailleurs. Une seconde intemporelle. Mais les doutes sont renversés par l’urgence qui frappe violemment l’enceinte du bâtiment. L’obscurité déploie ses ailes et la panique émerge des profondeurs des ténèbres. Ellie tente de garder son calme alors que l’affolement se répand comme un virus mortel. « Le générateur de secours ! Que quelqu’un aille l’activer ! Un médecin qui possède le passe. Wilson ? Wilson, s’il te plaît ». C’est à contrecœur qu’elle accepte de s’en charger. Le noir l’inquiète, réveille des souvenirs enfouis au fond de sa mémoire, loin des regards, loin du sien, surtout.

Néanmoins elle tente d’avancer, d’ignorer la noirceur qui l’épie de toute part. C’est alors qu’elle percute quelqu’un, la collision n’est pas brutale, seule sa crainte est décuplée. Instinctivement, elle sursaute, incapable d’altérer cette réaction. « Tu ne sais même pas où il se trouve, je parie. » Elle aurait pu reconnaître sa voix parmi des milliards. Tel un instrument de musique chaque son qui s’échappe de ses lèvres est unique. Et sa présence en cet instant, la rassure, l’apaise telle une caresse, douce, tendre. « C’est une façon détournée d’exprimer ton désir de m’escorter ? » C’est une façon détournée de lui demander de l'accompagner. Parce qu’ils communiquent à mi-mots. Parce que la pertinence de leurs échanges émerge des silences qu’ils formulent, l’un après l’autre, l’un dans l’autre, l’un contre l’autre. «  Il y a une lampe-torche dans les vestiaires. » Il ne peut le voir mais peut-être, est-il capable de le deviner. Ce sourire qu’elle ne réserve qu’à lui. Cette expression, anodine, qui prend tout son sens à ses côtés. « Je vais considérer ça comme un oui »

La crainte persiste mais n’évolue pas. Ellie décide alors de reprendre son ascension vers le générateur de secours dont elle connaît l’emplacement. La réponse se trouve dans cette mémoire photographique qu’elle cultive et organise de façon rigoureuse. Elle détient en tête le plan détaillé de l’hôpital, avec tous les accès, les sorties, les numéros de chambres, les alarmes incendies, les grilles d'aération, les pompes électriques et le générateur de secours. Il était inconcevable qu’elle ignore ces informations capitales en cas d’urgence. Mais sous le conseil avisé d’Ezra, elle se rend d’abord aux vestiaires. Enfin, elle tente. Avancer dans le noir est une aptitude dont il lui reste tout à apprendre. Elle aurait préféré que l’alarme incendie se déclenche plutôt que d’être plongée dans une cécité forcée. « Est-ce que c’est ton bras ? » Elle connait la réponse mais la question se propage dans les airs. Un frisson la parcourt, l’effleure quand elle comprend l’ampleur de ce contact.

N’est-ce pas déroutant ? N’est-ce pas enivrant ? Les battements de son cœur s’accélèrent, sa tension s’élève et son attention se focalise entièrement sur lui. Elle oublie un instant, l’obscurité qui les berce, la peur qui se cramponne à son estomac, l’affolement qui persiste dans tous les recoins. Elle oublie un instant, la frontière qui les sépare. Le silence qui les observe. Elle oublie les secrets qui l’accompagnent, les cauchemars qui la hantent, les craintes de son existence. Son souffle lui semble loin, pourtant, elle respire. C'est peut-être ça, qu’elle avait oublié depuis si longtemps ... respirer.  

(c) AMIANTE

_________________
    damned
    I struggle with the feeling that my life isn’t mine. It's so cold it's so cold. Use your heart as a weapon hurts like heaven. It hurts like heaven.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://consign-to-oblivion.forumactif.com/t2045-ellie-wilson

Féminin
↳ Nombre de messages : 5823
↳ Points : 2210
↳ Date d'inscription : 28/11/2013
↳ Age : 27
↳ Avatar : Max Irons
↳ Age du Personnage : 28 ans ( apparence ) - 169 en réalité
↳ Métier : Infirmier pour la Falciferae
↳ Opinion Politique : Pour le gouvernement et l'ordre
↳ Niveau de Compétences : 1
↳ Playlist : We Might Fall - Ryan Star / Running up that hill - Placebo / Broken Crown - Mumford & Sons / Everybody wants to rule the world - LORDE / Bad Blood - Bastille / Lydia - A Fine Evening For A Rogue / Placebo - Where is my mind PLAYLIST YOUTUBE

↳ Citation : " We are each our own devil, and we make this world our hell. "
↳ Multicomptes : Elias S. Kaligaris & Joan C. Valentine
↳ Couleur RP : #FFFFFF



Feuille de perso
↳ Copyright: Nanami
↳ Disponible pour un topic?: Non =(
↳ Liens du Personnage
:



MessageSujet: Re: What might have been lost [PV Ellie]   Lun 5 Jan - 0:39

Le chaos suspend chaque plainte, les amplifie en les noyant d’un silence visuel. La douleur des uns se heurte à l’impuissance des autres, engendre un malaise ambiant qui grandit sans mal dans les ténèbres. Les plaies, la fièvre et l’absence de lumière ne sont qu’un avertissement. Ce sont les premières secousses avant l’irruption. S’en rendent-ils compte ? Sûrement pas. Les blessés sont trop occupés à gaspiller leur oxygène en gémissant, penchés sur leur souffrance et le triste sort qui l’accompagne inévitablement. Pour le personnel, il doit justement gérer cet afflux de condamnés. La plupart ne doit pas réaliser qu’on vient de leur envoyer des bombes à retardement. Tic-tac. Tic-tac. Il suffit de s'accroupir près d'eux, d’attraper le premier objet coupant et de leur transpercer le cerveau tant que la cécité générale est à déplorer. Désamorcés aussi simplement dans un brouillard optique. Réflexe qui serait jugé inhumain bien que pragmatique pourtant. Le scandinave chasse les fourmillements au bout de ses doigts en considérant les conséquences. Les insectes invisibles se réfugient dans d’autres endroits de sa chair, elles se concentrent sur la cicatrice qui longe inéluctablement son flanc droit. Les petites bêtes fictives avalent les peaux mortes semble-t-il. Piqûre de rappel. Instinct de survie précaire. Le norvégien se défait du malaise, le délogeant de ses épaules dès qu’il entre en contact avec l’ombre de sa lumière. Elle s’amuse de ses détours, cela le renfrogne même s’il cueille le sourire dans sa voix. Surtout pour ça à vrai dire. Il ne répond pas à ses douces provocations et refuse de lui concéder le moindre point. A la place, il la devance pour évoluer au cœur des ténèbres, se prétendant hôte de cette sombre antre. Dracula parmi les hommes, certes mais simple valet d’une organisation médicale tout de même. Dès le premier pas, il veille à étendre ses sens et à aviser sa proximité avec sa compagne d’infortune. Il ne faudrait pas l’égarer au milieu de cauchemars dormants.

La belle le suit avec pour seule comptine, son souffle pesant. Il régule inconsciemment leur avancée sur cette berceuse, les traquenards mentaux jouissent d’un toit où proliférer grâce à cette seule action. A l’abri des pluies acides que sa raison projette, ses pensées retordes se multiplient jusqu’à devenir sensation dès que leur carrure s’effleure par accident. Imprévu consentit pourtant. Ezra ne cherche pas vraiment à s’opposer aux lois de l’attraction, il y a longtemps qu’il a compris qu’on ne peut tout à fait lutter avec la physique. Son bras s’attarde un peu plus longuement contre le sien, juste assez pour qu’elle perturbe leur progression de ses cordes vocales. Le norvégien recule instinctivement, presque pris en faute. D’un ton acerbe et sec, il s’entend lui répondre « A ton avis ? » Cette indisposition se décale aussi vite pour qu’il puisse alors palper la crainte derrière la simple interrogation. Ses sourcils s’arquent jusqu’à former cette expression à mi-chemin entre la désapprobation et l’inquiétude. Avec cette noirceur pour seul masque, elle ne peut lire sa consternation. Pourtant, elle ne peut pas être plus en sûreté qu’ici. Éloignée des créatures détériorées par une infection grandissante, avec pour seule compagnie, un monstre entrainé au combat. Est-ce cet isolement soudain qui la perturbe désormais, le danger tacite qu’il continue de représenter ? N'a-t-il pas dérober de son énergie, n'a-t-il pas montrer sa laideur à multiples reprises ? Ou a-t-elle compris ce qu’ils risquent dans les heures à venir, elle aussi ? Défaitiste, l’urgentiste mise sur sa première hypothèse et dégoûté à l’idée d’entretenir sa répugnance, il veille à ne plus jamais heurter la moindre parcelle de son corps.

Ses doigts cherchent à tâtons la porte et l’ouvre après quelques secondes d’égarement. Ses mains se plaquent sur les objets aux alentours, sa mémoire trace les angles, les contours indiscernables actuellement. Il compte les casiers jusqu’à atteindre celui qu’il convoite. Non verrouillé, ce dernier délivre son contenu en un coup bien placé. L’infirmier fouille la diversité d’objet avec frénésie mais de façon méthodique tout de même, s’empressant de faire une pile sur sa droite de tout ce qu’il identifie comme inutile à sa quête. Chaque seconde perdue est une longueur d’avance pour ce qui se construit doucement dans les entrailles de la bâtisse. Ses paumes arrachent finalement la lampe au reste du fouillis et met en marche l’engrenage pour étouffer l’assombrissement. Le halo faiblard perd en intensité et en regagne pourtant aussitôt. Instables, les degrés de lumière les projettent d’autant plus dans l’urgence. D’un air entendu, il souligne l’évidence. « La pile doit être usée. » Il soupire et redresse vivement leur seule source de clarté vers un bruit distinct.

D’un mouvement fluide et rapide, il se poste aux côtés d’Ellie juste au cas où. Il analyse les environs sans trouver la cause. « Tu devrais me donner ton laisser-passer. Je peux m’en charger seul, je n’ai pas besoin que tu sois dans mes pattes. » L’idée de la laisser ici semble tout à coup bien moins périlleuse que d’approcher le seul endroit risquant d’être pris d’assaut par la résistance. Son non-sens lui dicte pourtant l’inverse mais il tend déjà sa main vers elle pour recevoir le ticket gagnant vers le générateur. D’un ton impatient, il reprend « Ce n’est pas une simple panne. Il risque d’y avoir des … Complications. » Ses paroles semblent provoquer les événements aussi soudainement. Une silhouette traverse leur espace proche, renverse des objets sur un bureau dans la précipitation. Dans un geste purement irréfléchi, l’ancien peacekeeper attrape sa coéquipière par le bras et la pousse vers l’arrière jusqu’à ce que son dos rencontre la paroi la plus proche, afin qu’il puisse faire barrage entre elle et l’intrus. Il vise de son halo l’étranger, déjà prêt à anticiper l’altercation avec un potentiel mort-vivant. C’est un patient désorienté qui le dévisage pourtant avec un pyjama trois fois trop grand pour lui. Sa peau décharnée et Ses cernes attestent de son manque de vitalité, il leur demande des explications sur la situation actuelle. Agacé, Ezra se tourne alors vers Ellie, ignorant promptement le nouvel arrivant « Bon, tu me files ce passe ? Il faut que tu le ramènes de toute façon, maintenant. » Honteux d’avoir réagi de façon aussi excessive, il ne croise même pas ses prunelles et se butte aux paumes encore vides de sa comparse. Conscient qu’avec la manœuvre, il s’est rapproché d’elle. Conscient qu’elle risque d’avoir peur à nouveau. N’est-il pas lui aussi un ennemi, et ce à juste titre ?

_________________

    Here I stand, helpless and left for dead
    Close your eyes, so many days go by. Easy to find what's wrong, harder to find what's right. I believe in you, I can show you that I can see right through all your empty lies. I won't stay long, in this world so wrong. Say goodbye, as we dance with the devil tonight. Don't you dare look at him in the eye, as we dance with the devil tonight. Trembling, crawling across my skin. Feeling your cold dead eyes, stealing the life of mine. ©endlesslove
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://consign-to-oblivion.forumactif.com/t1061-ezra-s-reilly-ho

Féminin
↳ Nombre de messages : 2334
↳ Points : 34
↳ Date d'inscription : 31/12/2014
↳ Age : 22
↳ Avatar : Crystal Reed
↳ Age du Personnage : Vingt-huit ans
↳ Métier : Journal de la mafia Nemesis
↳ Niveau de Compétences : 1
↳ Playlist : Take me to church (Hozier) ∆ Hurricane (Halsey) ∆ I'm a ruin (Marina and the diamonds) ∆ 1965 (Zella Day) ∆ I found (Amber Run) ∆ Here with me (Susie Suh) ∆ The One (Kodaline)
↳ Citation : In the same way some beginnings are endings and some endings are beginnings.
↳ Multicomptes : unique compte
↳ Couleur RP : #872929



Feuille de perso
↳ Copyright: milkovich / endless love / sense8
↳ Disponible pour un topic?: Non =(
↳ Liens du Personnage
:



MessageSujet: Re: What might have been lost [PV Ellie]   Mer 7 Jan - 22:54


What might have been lost
Lorsqu’un bruit détourne son regard. Obscur. Fatal. Un bruit qui sonne comme un râle.




Le charme est rompu, comme une fleur se fane, comme une lueur s’éteint, comme une vie s’asphyxie. Lentement, brutalement. Doucement, violemment. Pourtant, l’espace d’un instant, il lui semble encore pouvoir sentir sa peau contre la sienne. Un souvenir. Une sensation dont les détails s’écrivent sur les pages de sa mémoire. Pour en former les contours. Pour en laisser une trace, inébranlable, inaltérable, immuable. La rupture s’insère alors dans son esprit, se forme dans sa pensée, se révèle dans sa chair. Elle reprend goût à la réalité, retrouve l’obscurité de ces couloirs, semblable au voile de la nuit qui englobe l’univers tout entier dans l’infinité de son cortège. «La pile doit être usée.» La fatalité s’impose, s’expose comme une évidence : la lumière ne parvient à disperser les ténèbres. Ils demeurent, respirent encore; errent ici et là, rodent tels des ombres cousues à même la peau. Ils nourrissent les craintes de chacun, dévorent les espoirs de l’un, les certitudes de l’autre. Et ce, dans un tourbillon sans fin, une volute de fumée qui opprime l’air. «Tu devrais me donner ton laisser-passer. Je peux m’en charger seul, je n’ai pas besoin que tu sois dans mes pattes.» Elle oscille entre indignation et déception alors que ses mots la troublent. D’une façon tout à fait particulière. D’une façon tout à fait inédite. Est-ce un fardeau qu’il aperçoit, quand il pose son regard sur elle ? Est-ce l’image qu’elle lui renvoie, quand il croise ses prunelles ? Cette pensée lui fait mal. Cette pensée la déconcerte, la dérange, l’interroge. Et l’explication qu’il tente de lui donner n’arrange en rien la situation. Au contraire, elle lui concède une allure déplorable. Presque mortelle.

Excédée, elle s’empresse de répliquer. «J’ai l’impression que tu oublies …» Ses paroles se perdent dans l’agitation qui retient leur attention. Surtout celle d’Ezra. La rapidité avec laquelle il réagit déconcerte Ellie qui ne comprend pas ce qui se passe. Les évènements se bousculent, se renversent et la peur convulse dans les échos de sa pensée. Un soupir de soulagement lui échappe quand la menace est évincée. Ezra, que l’affolement n’a pas dérouté, persiste dans sa démarche. Plutôt que de s’engager dans un débat polémique avec lui, elle l’ignore et s’empresse au près du patient. «Monsieur Nicolson, je suis le docteur Wilson. Vous vous souvenez de moi ?» L’individu hoche la tête mais aucun mot ne délie ses lèvres. «L’hôpital est touché par une coupure de courant. Je vais vous demander de rester ici et d’attendre qu’on vienne vous chercher. Je ne peux pas vous ramener, les ascenseurs sont hors service, les escaliers hors de votre portée.» Elle lui explique, calmement, le contexte qui les loge au centre de l’action, sans entrer dans les détails ; de la même façon, elle apporte une réponse à la demande d’Ezra. Réponse qui se veut absolument non négociable : s’il veut atteindre le générateur de secours, c’est avec elle. Il peut très bien tenter sans, mais en absence du laisser-passer qui ouvre la porte, il n’a aucune chance de pénétrer dans la pièce. Autant dire qu’il n’a pas le choix. Autant dire qu’elle ne lui en laisse pas.

«Vous n’avez qu’à vous asseoir. Ce ne sera pas long.» Dit-elle en s’adressant au patient qu’elle escorte sur un banc. Puis, dans un silence lourd de sens, elle se retourne vers Ezra et avance dans sa direction. Ses pas sont audacieux, son regard intrépide. Elle abat la proximité qui les sépare en un mouvement et dans un élan furieux, lui arrache littéralement la lampe des mains, sans en demander la permission. En effet, elle s’octroie ce droit, question de hiérarchie. Retour à la case départ avec un halo lumineux qui tient à peine la distance. Cependant, il lui permet de gagner la cage d’escalier sans trébucher sur les obstacles du parcours. C’est alors qu’elle remarque, sans surprise, la présence de l’infirmier dont la détermination frôle l’acharnement. Elle s’abstient de tout commentaire et s’aventure sur les premières marches. Le temps semble se suspendre, l’atmosphère suffoquer, la peur se renforcer. Elle peut sentir cette angoisse qui lui tort les entrailles. Comme un pressentiment, une appréhension qui se dessine à chaque seconde. Elle redoute la suite des évènements lorsqu’elle aperçoit la porte du dernier étage. Cette fois, elle avance avec prudence et méfiance. Son regard foule la poignée, sa main s’en approche, ses doigts s’en emparent.

Quand tout à coup, elle s’immobilise. Un détail capture son attention, focalise son esprit, distrait sa manœuvre. Du sang. Une mare de sang recouvre le sol. Tel un avertissement, les palpitations cardiaques résonnent dans sa poitrine. L’anxiété est au bord du gouffre, la terreur attend impatiemment de la remplacer. Pourtant, dans un geste purement irréfléchi, Ellie renforce sa prise et engloutit la poignée. La porte cède et la panique jaillit. Le couloir, entièrement désert, est recouvert de traces de sang qui suscitent l’effroi. Mais plus encore, le doute. Le doute à l’état pur. Le doute à l’état brut. Le doute au bout des lèvres. Le doute dans ses tremblements, dans ses tourments, dans ses retranchements.  Elle franchit le seuil de la porte sans même s’en rendre compte. L’horreur la secoue, l’incompréhension la tue, la terreur l’inonde. «Je ne comprends pas. Le … le.» Les mots lui sont étrangers, ils volent en éclat. «Le couloir devrait être … bondé. Par des médecins, des infirmiers, des gardes. Les premiers … les premiers patients infectés ... ils ... ils ont été mis à cet étage. Pour … mais que s’est-il passé ici ?» Elle n’en revient pas. Complètement dépassée par ce qui arrive, elle se tourne, de ce fait, vers le seul capable de lui venir en aide. Lorsqu’un bruit détourne son regard. Obscur. Fatal. Un bruit qui sonne comme un râle. Un souffle court. Un souffle qui parcourt l’obscurité alors que le halo de lumière se noie dans les ténèbres. Instinctivement, Ellie attrape le bras d’Ezra comme si sa vie en dépendait. Comme si son existence se résumait à lui. Comme si le monde entier lui appartenait.

Elle s’accroche, résiste, persiste. Jusqu’à sentir cette brise glaciale qui les traverse, caresse, avant de disparaître. Une brise qui laisse derrière elle un étrange parfum. Une odeur acerbe, amère, acide. Une odeur qui fracture l’air, entaille la foi, morcelle la raison. Une odeur de mort.

(c) AMIANTE

_________________
    damned
    I struggle with the feeling that my life isn’t mine. It's so cold it's so cold. Use your heart as a weapon hurts like heaven. It hurts like heaven.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://consign-to-oblivion.forumactif.com/t2045-ellie-wilson

Féminin
↳ Nombre de messages : 5823
↳ Points : 2210
↳ Date d'inscription : 28/11/2013
↳ Age : 27
↳ Avatar : Max Irons
↳ Age du Personnage : 28 ans ( apparence ) - 169 en réalité
↳ Métier : Infirmier pour la Falciferae
↳ Opinion Politique : Pour le gouvernement et l'ordre
↳ Niveau de Compétences : 1
↳ Playlist : We Might Fall - Ryan Star / Running up that hill - Placebo / Broken Crown - Mumford & Sons / Everybody wants to rule the world - LORDE / Bad Blood - Bastille / Lydia - A Fine Evening For A Rogue / Placebo - Where is my mind PLAYLIST YOUTUBE

↳ Citation : " We are each our own devil, and we make this world our hell. "
↳ Multicomptes : Elias S. Kaligaris & Joan C. Valentine
↳ Couleur RP : #FFFFFF



Feuille de perso
↳ Copyright: Nanami
↳ Disponible pour un topic?: Non =(
↳ Liens du Personnage
:



MessageSujet: Re: What might have been lost [PV Ellie]   Sam 10 Jan - 0:40

Au milieu des gouffres visuels, des sons distendus par le lointain, ses yeux deviennent un rivage auquel s’agripper. Deux lueurs dans les abysses, presque des signaux de détresse, deux satellites qui poursuivent bien vite leur trajectoire dans cette galaxie sans astres. La satisfaction se fragmente dès que le vide la remplace à ses côtés. L’inquiétude fracasse le soulagement fictif. Ici ou ailleurs, le danger la guette à chaque angle mort. Abandon, invitation au massacre ? La peur se délecte de son faciès, le trouble tisse sa toile sur sa chair, encombre sa vision. Le mobilier rit au nez de ses angoisses, glissant ses ombres sur la peau blafarde de sa jeune protégée. Chaque silhouette silencieuse ressemble à une menace intraitable. Ezra ravale ses frémissements pour noter l’absence du passe entre ses mains. Ses pieds n’ont pas encore rejoint l’extrémité de la pièce qu’elle abolit toute trêve qu’il a cru avoir conclue avec elle. Si elle résout ses problèmes de conscience antérieurs, elle coud habilement les contradictions contre la poitrine de l’urgentiste d’un fil tantôt doré, tantôt d’argent, parfois de bronze quand il octroie peu de valeur aux risques encourus quand il envisage le raid en duo. Pour la forme, il ne peut que marquer son irritation cependant. La fierté par-dessus le menton, qui s’arrache précipitamment à son mutisme d’un simple claquement de langue. Les indications posées qu’elle a offert au patient lui donnent la conviction soudaine qu’elle a sa place avec cet étranger et non au cœur des enfers. De son faisceau vacillant, il balaie les environs et conscientise une fois de plus qu’il n’y a pas besoin d’une personnification de Satan pour sentir la proximité avec les flammes. Les mêmes élucubrations se jouent de ses nerfs, de ses songes et finalement, elle prend sa décision comme il l’a pressenti. Ses doigts vont jusqu’à lui dérober la lampe torche. Un regard vers le désorienté, il n’a pas besoin d'une seule seconde pour se décider. « Restez-là. » Et il la talonne. Parce qu’elle a cru se débarrasser de lui ?  

Assez excédé, il la suit dans les escaliers, ravalant ses commentaires par simple pragmatisme. Provoquer du bruit en terrain hostile serait incroyablement stupide. S’avancer seule dans une obscurité forcée avec des succubes aux identités chancelantes derrière l’épaule l’est pourtant tout autant. L’urgentiste laisse peu d’écart entre les deux carcasses, principalement parce qu’elle possède désormais leur seule source de clarté mais pas que. Ses sens traquent le silence en veillant à absoudre la distraction qu’il pourchasse sans même le souhaiter. Elle le défie par ses actes, par sa présence et son absence. Insolente jusqu’au bout alors qu’elle mène cette avancée sans même se retourner. Sa détermination se fendille dès qu’elle atteint la porte néanmoins et il ne faut qu’une demi-seconde au norvégien pour en saisir la cause. L’hémoglobine cogne contre leurs chaussures, un avertissement de plus. L’expression plus dure, la respiration moins mesurée, le scandinave se fait violence pour ne pas la pousser abruptement, prendre sa place en tête du peloton d'exécution. Il pense un instant à tort qu’elle va raisonner comme un être humain persuadé de sa mortalité. Mais Ellie démontre une fois de plus de son entêtement en leur offrant l’espace nécessaire pour franchir le seuil de ce qui s’apparente désormais à leur tombeau.

Le vermeil les traque au sol, un gardien aux desseins inébranlables, témoin d’un déclin, tonalité caoutchouteuse remplissant d’affabilité d’autres endroits exigus. A défaut de chasser les fantômes, les traces laissées leur rappellent leur existence. Avant même d’avoir identifié les emplacements des différents objets abandonnés et du décor dans sa globalité, les intonations frileuses de sa comparse lui écartèlent le crâne et l’échine. L’ancien métamorphe aurait pu se transformer si l’animal était resté. La créature absurde qu’il est, se contente de resserrer ses pupilles sur l’obscurité, figeant sa rétine comme ses serres sur des indices d'événements passés. La brune tremble, le cœur du jeune homme suit cette même logique. Il a déjà compris avant même qu’elle n’ait décidé de gagner ces locaux. Il pense subitement à son arme qu’il n’a jamais rendue quand il a quitté ses fonctions de peacekeeper. A ce flingue reposant dans le troisième tiroir de sa commode. Son réconfort personnel et pas pour des raisons avouables. Hors d'atteinte désormais en moment critique. Il ne peut pas la protéger. Cette évidence lui lacère les cordes vocales « Maintenant, ça suffit, redescends et… » La mort s’avance. Son râle les interpelle, le prélude au cimetière. Inquiet, Ezra se surprend à poser sa paume sur la main qui lui serre le bras. Ça va aller s’entend-il penser avant que son humanité soit congédiée par son instinct primitif de survie. Il tire son acolyte vers le mur du fond, ses doigts serrent une ultime fois les siens tandis qu’il force la témérité naturelle de sa consœur à fléchir sous ses inflexions indomptables « Ne bouge pas de là, ne fais pas de bruit, éteins la lampe. » Il coupe le contact avec la jeune femme aussi sèchement. Elle ignore tout de son parcours professionnel, elle ne sait pas qu’il a été formé dans ce but précis mais il l’espère qu’elle l’écoutera pour une fois. En s’avançant à pas mesurés dans l’allée, il note des contours dans la pénombre. Il s’arrête à hauteur d’un scalpel délaissée près d’une envolée de bandages. Il s'en empare vivement que le zombie ne s’attarde enfin dans son champ de vision. Prenant une grande inspiration et abolissant la vague de souvenirs amère qui lui picore l’esprit ainsi que le flanc droit, il se jette sur la bête avec précision et lui fiche la lame dans le crâne. Le corps s’immobilise, s’effondre et emporte l’assaillant avec lui. L’infirmier cesse de respirer quand il se dégage du cadavre avec empressement. Le dégoût pour seule sensation quand il rebrousse chemin afin de retrouver sa collègue, la panique dès qu’il l'approche.

Ses prunelles s’élancent prudemment vers elle, s’approprie cette fragilité qui la caractérise. Une étreinte optique qui force les mots hors de sa gorge. Habitée par sa frayeur, sa voix ne devient plus dictature mais supplique. « Ce ne sera pas le seul. On double nos risques en restant ensemble, ici. Pars. Laisse-moi gérer ça. Tu es incapable de te défendre de toute façon. » La vérité s’impose de seconde en seconde quand encore, les échos dans leur horizon se font provocants et sans équivoque. Quand un enchevêtrement de grognement gagne le coin du couloir, il la pousse dans la première pièce sur leur gauche et bloque la porte à l’aide d’une chaise aussi rapidement. Il s’active aussi vite en ouvrant le bureau sur sa droite, en fouillant le tiroir « Cherche. Une arme, quelque chose de pointue de préférence. Il faut que je les élimine avant qu’ils ne rejoignent l’étage inférieur. » Son chuchotis se poursuit tandis qu’il attaque le contenu de la poubelle. « Tu dois les avertir, redescendre, il faut évacuer le bâtiment aussi vite que possible. Il suffit que j’atteigne l’autre côté, qu’on ait à nouveau du courant pour voir afin de préparer la fuite et puis… »  Il heurte une seringue usagée se disputant le terrain avec des papiers souillés par un liquide nauséabond, il la place sur la surface lisse proche très calmement avant de tourner la nuque vers sa coéquipière. D’un hochement de tête, il est forcé de revoir plusieurs fois ses priorités. Et puis… On verra.

_________________

    Here I stand, helpless and left for dead
    Close your eyes, so many days go by. Easy to find what's wrong, harder to find what's right. I believe in you, I can show you that I can see right through all your empty lies. I won't stay long, in this world so wrong. Say goodbye, as we dance with the devil tonight. Don't you dare look at him in the eye, as we dance with the devil tonight. Trembling, crawling across my skin. Feeling your cold dead eyes, stealing the life of mine. ©endlesslove
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://consign-to-oblivion.forumactif.com/t1061-ezra-s-reilly-ho

Féminin
↳ Nombre de messages : 2334
↳ Points : 34
↳ Date d'inscription : 31/12/2014
↳ Age : 22
↳ Avatar : Crystal Reed
↳ Age du Personnage : Vingt-huit ans
↳ Métier : Journal de la mafia Nemesis
↳ Niveau de Compétences : 1
↳ Playlist : Take me to church (Hozier) ∆ Hurricane (Halsey) ∆ I'm a ruin (Marina and the diamonds) ∆ 1965 (Zella Day) ∆ I found (Amber Run) ∆ Here with me (Susie Suh) ∆ The One (Kodaline)
↳ Citation : In the same way some beginnings are endings and some endings are beginnings.
↳ Multicomptes : unique compte
↳ Couleur RP : #872929



Feuille de perso
↳ Copyright: milkovich / endless love / sense8
↳ Disponible pour un topic?: Non =(
↳ Liens du Personnage
:



MessageSujet: Re: What might have been lost [PV Ellie]   Ven 23 Jan - 20:09


What might have been lost
Elle plonge en plein cauchemar, la peur gifle son visage. Elle inspire, expire l’air aride.


« Qu’est-ce que tu vas faire Hope ? Tu es incapable de te défendre ! » Elle tente de résister mais sa force lui fait défaut. Elle plonge en plein cauchemar, l’eau gifle son visage. Elle résiste, s’acharne mais le sort la condamne. Elle hurle, personne n’entend. Elle respire, encore un instant. Avant de suffoquer, prisonnière de ce tourment. Son pou s’accélère, elle comprend le danger. Ses pupilles se dilatent, elle panique. Son souffle s’épuise, elle perd conscience. On ne sait pas vraiment si elle est morte ou vivante, c’est une de ces énigmes qui défient l’existence.

« Tu es incapable de te défendre de toute façon. » Les mots sont comme des brûlures à même la peau, ils cicatrisent mais ne s’estompent pas. Et lorsque les souvenirs refont surface, ils écorchent le cœur, rappellent la douleur. On aimerait les étouffer, pour ne plus avoir à les supporter. On aimerait les oublier, pour ne plus avoir à les deviner. Mais on ne peut s’en débarrasser, ils restent incrustés sous la chair, démangent, dérangent, refusent de se taire. Alors on les ignore, comme s’ils n’avaient aucune importante. Un mensonge de plus, une vérité de moins. La dualité pour unique réalité. La dichotomie au sein d’un même esprit. Ce n’est pas une solution à long terme, c’est un piège qui se referme. On égare la clef, tourne en rond, perd la raison. Et on finit par commettre une erreur. Par entraîner le reste du monde dans son propre enfer. Par l’entraîner, lui. Elle le fixe de cette façon tout à fait particulière, sans avoir le courage de l’admettre, sans avoir la force de le nier.

Il parle mais elle n’écoute pas. Il s’affole mais elle ne bouge pas. Elle vient d’être percutée par une idée à en faire trembler son corps tout entier. C’est la première fois qu’elle envisage cela. Sans comprendre pourquoi. Sans savoir ce qui a changé. D’ordinaire, son instinct de survie régit ses actions. Mais le cœur a ses raisons que la raison ignore. Elle s’approche d’Ezra, le visage désamorcé, le teint blafard, les lèvres épinglées. Et dans une douceur inouïe pose une main sur son épaule, plonge son regard dans le sien. « Tu as besoin de moi. » Elle met fin au contact, bref et saccadé, qui lui a permis de trouver un instant de réconfort alors qu’elle s’apprête à affronter la mort. « Tu t’occuperas des créatures. J’irai allumer le générateur de secours. » Elle annonce son plan, d’une voix résignée, comme un soldat accepte sa mission aussi suicidaire soit-elle. « C’est la seule façon de te garder en vie. » Plus qu’un aveu, plus qu’une confidence, plus qu’un secret. Une révélation.

Elle sait parfaitement qu’il est capable de se défendre mais l’obscurité représente un risque trop élevé. D’après cette logique, il sera en danger. « L’’alarme incendie va nous permettre de prévenir tout le monde. Une fois déclenchée, on ne pourra plus faire marche arrière. » La machine sera engagée, le point de non-retour atteint. « Je garde la lampe-torche, le diffuseur lumineux de l’alarme qui se trouve dans le couloir te permettra d’avoir un visuel, reste dans son périmètre. » Si elle avait eu le choix, elle n’aurait pas fait celui-là. Mais ses décisions ne lui appartiennent plus, c’est ce qui arrive quand on se préoccupe des autres. Quand on baisse sa garde … on devient vulnérable. Elle est terrorisée par ce qu’elle entreprend de faire mais l’idée de le perdre l’effraie bien plus. « Je dois t’avouer quelque chose, avant qu’on ne sorte de cette pièce. » Elle ne sait pas vraiment pourquoi elle s’apprête à lui dévoiler cette information. Elle ne pense pas non plus aux conséquences à venir. Parce qu’en toute sincérité, elle n’est même pas certaine de s’en sortir.

« Tout ce que tu sais à propos de moi … n’est qu’un mensonge. » Elle s’éloigne de lui, s’écarte, se détourne et instaure en quelques pas une distance sensible entre eux. « Même mon prénom. » La porte lui semble proche, la poignée à sa portée. « Je m’appelle Hope. » Elle a conscience de l’ampleur de ses mots, de l’effet qu’ils vont avoir lorsqu’il va les entendre et surtout les comprendre. Elle ignore ce qui va se passer quand ils sortiront mais si cet instant est le dernier qu’elle détient, elle souhaite qu’il soit authentique. Mémorable. Mais elle n’est pas prête à affronter sa réaction et sans plus tarder, retire la chaise qui bloque la porte pour pénétrer les ténèbres. La lampe-torche peine mais émet un halo de lumière qui lui permet d’apercevoir le déclencheur manuel d’alarme. La sonnerie retentit dans tout l’hôpital, le compte à rebours est lancé.

Elle plonge en plein cauchemar, la peur gifle son visage. Elle inspire, expire l’air aride. Elle tremble, face à son assaillant. Elle hésite, encore un instant. Ses muscles se contractent, ses doigts craquent. Son cœur est prêt à succomber, sous l’afflux sanguin en voie d’exploser. Elle ignore la fin du dénouement, vivre ou mourir, c’est une de ces questions qui hantent son existence.

(c) AMIANTE

_________________
    damned
    I struggle with the feeling that my life isn’t mine. It's so cold it's so cold. Use your heart as a weapon hurts like heaven. It hurts like heaven.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://consign-to-oblivion.forumactif.com/t2045-ellie-wilson

Féminin
↳ Nombre de messages : 5823
↳ Points : 2210
↳ Date d'inscription : 28/11/2013
↳ Age : 27
↳ Avatar : Max Irons
↳ Age du Personnage : 28 ans ( apparence ) - 169 en réalité
↳ Métier : Infirmier pour la Falciferae
↳ Opinion Politique : Pour le gouvernement et l'ordre
↳ Niveau de Compétences : 1
↳ Playlist : We Might Fall - Ryan Star / Running up that hill - Placebo / Broken Crown - Mumford & Sons / Everybody wants to rule the world - LORDE / Bad Blood - Bastille / Lydia - A Fine Evening For A Rogue / Placebo - Where is my mind PLAYLIST YOUTUBE

↳ Citation : " We are each our own devil, and we make this world our hell. "
↳ Multicomptes : Elias S. Kaligaris & Joan C. Valentine
↳ Couleur RP : #FFFFFF



Feuille de perso
↳ Copyright: Nanami
↳ Disponible pour un topic?: Non =(
↳ Liens du Personnage
:



MessageSujet: Re: What might have been lost [PV Ellie]   Mar 27 Jan - 22:05

Les secondes se décalent, les minutes semblent s’absenter et les heures peuvent bien attendre. Au milieu de l’urgence, l’instant s’impose comme une toile tirée sur les vitres. Espace vierge que ses doigts viennent peindre en mille couleurs dès qu’elle l’approche, arrosant les ténèbres d’ocre. Horizon crépusculaire qu’elle fige dans leur espace en s’appropriant son épaule. Elle délie cinq mots, assemble une vérité qui l’arrache définitivement au mouvement. Invitation à la perdition visuelle, franchise du regard, intimité acceptée, il croise ses résolutions et rejette la natte aussi sèchement quand elle s’écarte abruptement. La tentation coulisse entre leurs carcasses, le tutoie alors que le temps finit par les rattraper brusquement. Le traître distille les envies, réarrange les besoins et adosse un soupir à sa bouche. Les flammes dansent autour de la brune quand elle annonce sa suite sans esquisser la moindre hésitation semble-t-il. Le bûcher grésille à ses pieds mais elle marche sur les braises sans se soucier du feu. Sa peau opaline va jusqu’à déranger la noirceur. Rebelle du dernier instant, indomptée des jours arides courant après la pluie en traquant l’orage, Ellie se butte à ses mirages, à cette bravoure insensée qu’elle puise sûrement dans son esprit de contradiction. Doit-il la supplier de venir pour qu’elle s’éloigne enfin ? Inverser les dialogues, marcher à contre-sens, c’est lui qui serait captif. Exposition trop importante au jugement d’une intransigeance, étalage et conscience de ce qu’il veut enfouir jusqu’à la perte. Sa confusion fait échos à ce qu’il refuse quand elle continue sur sa lancée, le bousculant davantage sur une voie sans issue, sur les rails. Le train risque de le percuter, il suffit qu’il soit à l’heure. En attendant, ligoté au chemin de fer, il la suit simplement des yeux, s’appropriant sa silhouette à défaut de la retenir autrement que par la vision. Doux secret luisant à l’ombre du mensonge.

Son timbre sec tranche soudainement son mutisme d'une manière cruelle et méprisante « Parce que tu penses sincèrement réussir ? T’as oublié qui de nous deux est un… » Monstre. Paupières closes, respiration erratique. Il complète le puzzle. « … N’est pas humain ? » Le danger, il y a élu domicile, il y puise la vie qu’elle lui prête. Ne peut-elle réaliser qu’il n’a jamais été plus à sa place que dans ce décor macabre, partageant sa damnation avec ces êtres décharnés ? L’ennemi en son sein, elle contemple des simulacres d’existence. Si négligente envers sa propre humanité, si insouciante dès qu’il s’agit de ses chances de survie. Petit caméléon qui oublie d’ajuster les tonalités de son épiderme. Arc-en-ciel en mouvement, appel aux périls. Ezra tend l’oreille, retient ses bras tandis qu’elle monte son plan bancal et défectueux. Il grogne, s’apprête à s’opposer ultimement à cette folie quand ses doigts à elle coulissent sur une partie du voile pour le tirer. Il entrevoit celle qu’elle est, il admire celle qu’il ne connait pas, celle qu’il traque sans se l’avouer. Hope. Espoir fragile, espoir tout de même. Un fragment, un son, une autre dimension. La Faucheuse hante son souffle pourtant, s’y glisse sournoisement, il lui suffit de remonter ou de descendre pour s’attaquer aux organes vitaux. Pas le temps d’analyser, de traiter l’information. Sa vulnérabilité lui saute à nouveau à la gorge, elle lui coupe le souffle et lui ôte tous les cheminements censés qui trouvent d’ordinaire leur place bien rangée dans son esprit. Organisation contraire, pulsations fébriles. Comme un Adieu dissimulé, un anonymat dérangeant pour un trépas inévitable.

Le norvégien rassemble rageusement ses trouvailles alors qu’elle file sans qu’il ne l’ait jamais autorisé. L’alarme marque le début de la course, il s’élance sur la piste mais pas pour répondre docilement aux intentions de son acolyte. Le bruit désoriente les créatures putréfiées, elle les tire hors de leur tanière, elle les fait remuer. Ellie a déjà parcouru quelques mètres. Suffisamment loin pour que l’irrationalité l’emporte, il s’avance mais les râles grimpent sur sa gauche, ensuite sur sa droite. Le scandinave prend seulement quelques secondes pour bloquer la porte menant à l’étage inférieur. Juste quelques secondes, suffisantes pour qu’elle ait disparu. Les ombres l’ont engloutie, sans tâches, sans bruissements, sans accrocs. Les premiers zombies à l'atteindre sont à peine discernables au milieu de la nuit. Il abat deux de ses cibles à proximité du faisceau lumineux et s’enfonce toujours plus dans les entrailles de ce qui semble être l'enfer, droit vers le générateur. Des corps jonchent le sol, la mort s’invite par tous les interstices. L’odeur avariée soudoie la raison de l’urgentiste, il augmente sa cadence, tait sa vigilance et relègue toutes ses priorités antérieures au dérisoire. A l’angle d’un couloir, un cadavre l’interpelle. Corpulence, cheveux, sang frais. La terre tremble mais il s’accroupit sans être déséquilibré, retourne la carcasse dans un spasme, prêt à vomir son cœur. Non. Pas elle. La fouille reprend aussi sèchement. Les sonorités proches étouffées par les cris du dispositif de sécurité, la vue obstruée par l’opacité, la poitrine encombrée par l’appréhension sont autant d'handicaps notoires qui l’obligent à se focaliser sur le peu de sens restant. Ses mains effleurent des contours incertains, il ne s’arrête pas jusqu’à percevoir au milieu du néant, la lueur. Le phare au centre de la houle. Il s’approche, il est proche mais une silhouette émerge brusquement d’une pièce adjacente et se jette sur sa protégée. Il s’entend pousser un cri. Il sent qu’il bouge. Mais il a perdu la connexion, à croire que son système nerveux s’est éteint, congédié par les battements oppressants qui ne régissent plus seulement que sa cage thoracique.

Le vide mental se déchire quand il entre en contact avec sa supérieure hiérarchique. Il repousse d’un coup d’épaule l’assaillant. Trop tard ? Il veut s’en assurer quand une voix le détrompe sur l’origine de la menace. « Aidez-moi… Ils ont commencé à se… Ils étaient tous… » Une patiente ? Une interne ? Le scandinave reste prudent face à la rescapée, repliant un peu plus son bras autour des épaules de sa coéquipière, déterminé à ne rien laisser au hasard. Sa paume se pose même sur le poignet de sa captive pour orienter l’halo faiblard vers la nouvelle arrivante. Il ne peut pas déterminer son identité mais sur son avant-bras, la sentence tombe. Entre ses dents serrées, il crache aussi simplement « Vous avez été mordue. » Dans un geste mécanique, il resserre sa prise sur la New-Yorkaise, appose même sa paume contre sa tempe pour caler sa tête tout contre lui, dissimulant son visage candide à la menace quand l’infectée tente de les agripper en réclamant vainement leur aide. Quand les ongles de la condamnée cherchent à se ficher dans la peau de son amie, il n’hésite pas et relève son pied afin d’atteindre la hanche de leur opposante.  Elle s’écroule à terre grâce à l’impact. Il recule en emportant sa compagne d’infortune dans le mouvement. Immobile, leur adversaire semble avoir perdu connaissance. Les doigts de l’infirmier relâchent sa prisonnière lentement, dévalant sa joue, effleurant la naissance de sa mâchoire avec prudence avant de la délaisser pour de bon. Le froid reprend ses droits dès qu’il abolit leur proximité. D’un geste hargneux, il lui arrache la lampe et place les rayons erratiques sur elle. Il la détaille très calmement, établit un diagnostic rapide avant de se pencher sur son oreille pour murmurer d’une voix basse mais menaçante « Si tu t’éloignes encore de moi, je te jure que je te le ferai payer, Wilson. »  Il replace plus calmement leur seule source de clarté entre les doigts de l’imposteur, glisse doucement sa paume contre la sienne dans l’entreprise. Ses intonations plus âpres que ces quelques rapprochements insolites, lui font reprendre pied « Le générateur n’est plus très loin. Allez, qu’on en finisse. » Sa main déserte son épiderme pour s’armer d’un objet quelconque. Il attend qu’elle reprenne la marche, prêt cette fois-ci à la talonner et à la suivre jusqu’en enfer.

_________________

    Here I stand, helpless and left for dead
    Close your eyes, so many days go by. Easy to find what's wrong, harder to find what's right. I believe in you, I can show you that I can see right through all your empty lies. I won't stay long, in this world so wrong. Say goodbye, as we dance with the devil tonight. Don't you dare look at him in the eye, as we dance with the devil tonight. Trembling, crawling across my skin. Feeling your cold dead eyes, stealing the life of mine. ©endlesslove
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://consign-to-oblivion.forumactif.com/t1061-ezra-s-reilly-ho

Féminin
↳ Nombre de messages : 2334
↳ Points : 34
↳ Date d'inscription : 31/12/2014
↳ Age : 22
↳ Avatar : Crystal Reed
↳ Age du Personnage : Vingt-huit ans
↳ Métier : Journal de la mafia Nemesis
↳ Niveau de Compétences : 1
↳ Playlist : Take me to church (Hozier) ∆ Hurricane (Halsey) ∆ I'm a ruin (Marina and the diamonds) ∆ 1965 (Zella Day) ∆ I found (Amber Run) ∆ Here with me (Susie Suh) ∆ The One (Kodaline)
↳ Citation : In the same way some beginnings are endings and some endings are beginnings.
↳ Multicomptes : unique compte
↳ Couleur RP : #872929



Feuille de perso
↳ Copyright: milkovich / endless love / sense8
↳ Disponible pour un topic?: Non =(
↳ Liens du Personnage
:



MessageSujet: Re: What might have been lost [PV Ellie]   Mer 4 Fév - 23:12


What might have been lost
Son esprit s’efforce d’activer les connexions mais les liens semblent rompus, les pensées mises à nues.


Courir, il faut courir. Continuer, ne pas s’arrêter. Retenir son souffle, accélérer. Avancer, ne pas céder. Et surtout, ne pas se retourner. Renoncer à faire marche arrière, à partir, à disparaître. Ignorer les tremblements qui s’accentuent dans le temps. La pénombre qui l’attend, à chaque recoin. La mort qui s’annonce, au bout du chemin.

Elle aimerait s’arracher le cœur pour ne plus l’entendre battre en son nom. Pour oublier cette vérité qui ne lui laisse aucune échappatoire. Qui la plonge dans le noir. Qui oscille l’espoir. Mais elle ne parvient à l’occulter, c’est comme une trace, une cicatrice qui s’incruste au creux de ses veines. Alors elle retient son souffle pour tromper la peur. Parce qu’il faut l’éviter. S’en dérober. Parce qu’il ne faut pas s’effondrer. Sous la pression qui lui lacère la peau. Sous la tension qui la crève à mi- mot. Chaque pas est une seconde de moins, une tentative en vain. Certainement alimentée par une raison en déclin. La logique ne fonctionne plus, elle s’est perdue en terrain inconnu. Au contact d’une brise qui se déguise pour mieux la traquer. Pour l’achever. Son corps s’écroule au sol dans un fracas violent. Elle perd le sens de la gravité, plonge sans parvenir à éviter, la chute qui s’annonce, mouvementée. Aucun son ne lui échappe, l’apnée retient ses lèvres prisonnières de ce calvaire. Pourtant, le halo de lumière la glace d’effroi lorsqu’elle constate le sang qui la recouvre ici et là. Affolée, elle s’agite dans tous les sens avant de parvenir à s’extirper de l’océan d’hémoglobine qui marque son territoire le long du couloir. « Aidez-moi. »  C’est à peine si elle perçoit le chuchotement. « Pitié. » Il lui faut quelques secondes pour percuter. Pour finir par entrevoir ce visage. Dévoré par le désespoir. Accablé de toute part. Elle est frappée par ce qu’il en émane, touchée au plus profond de son âme.

L’intervention d’Ezra la secoue, l’éveille, l’interpelle. Son esprit s’efforce d’activer les connexions mais les liens semblent rompus, les pensées mises à nues. « Qu’est-ce que tu. » Sa phrase se perd dans ce qu’il reste d’air, bouffée par la noirceur, qui se prolonge durant l’heure. « Aidez-moi … Ils ont commencé à se … Ils étaient tous. » Elle écoute attentivement comme si cette révélation allait la soulager. Mais son état empire, sa voix se déchire, le silence devient son élixir. L’infirmier fait tomber la sentence, révèle le diagnostic, impose la transparence. C’est alors qu’elle se rend compte de ses mains qui parcourent les fragments de son épiderme. Elle ressent toute l’intensité de son geste, la clarté de son intention, la profondeur de son regard. Elle ressent son cœur battre sans avoir besoin de l’entendre, elle le devine, l’imagine. Lui donne des couleurs qui n’existent pas. Dans des teintes qui ne se côtoient pas. Elle le découvre un instant pour le perdre celui d’après. Sans pouvoir le retenir. Sans avoir le droit de lui dire. « Merci. » Alors elle trouve autre chose à sortir. Un composé brut. Comme on en fait plus depuis longtemps. La menace qu’il profère se décompose sous différentes allures qu’elle tente d’identifier. De disséquer. De trancher. Pour déchiffrer le message qui se dissimule sous cette intimidation. Mais l'interprétation qui lui vient est pleine de contradiction, à lui en faire remettre en question, toute l'équation.

« Garde ton énergie pour te rendre utile et file moi cette lampe. » Parce qu’elle ne peut pas le laisser entrer. Parce qu’elle ne sait plus comment faire. Parce qu’elle a oublié. Ce n’est pas comme le vélo, on ne garde pas le mode d’emploi en tête. Le fonctionnement ne revient pas de lui-même, il faut le provoquer, l’instruire, l’éduquer. Apprendre à ne plus fuir … cela reviendrait à mourir. Pourtant c’est la leçon qu’il lui prodigue depuis leur rencontre. Sans qu’il ne s’en doute une seule seconde. Et ça l’effraie, de changer. D’envisager une autre option. De vivre dans la confusion. Alors, elle tente d'abolir cette emprise qu’il possède. Cette influence qui l’achève. Quitte à lui faire mal. Quitte à anéantir son propre cœur. « C’est par là. » Elle a l’impression que le cauchemar n’est pas prêt de s’arrêter. Comme une appréhension. Un sentiment. Pourtant leur périple se termine, le fruit de leur convoitise se trouve derrière cette porte. La dernière à franchir. C’est presque trop facile. Ellie s’empare de son badge d’une main tremblante, hésitante, haletante. La délivrance se présente sans plus attendre. Sa silhouette s’élance à toute vitesse, dans ce qui semble être, la fin de leur quête. Elle active le générateur de secours qui les libère des ténèbres. Juste pour respirer. Juste pour soupirer. La victoire est de courte durée, le naufrage en train d'arriver. Des coups de feu viennent bafouer la trêve, enclencher la guerre. Telle une note de piano qui ne s’accorde pas au morceau.  

Par réflexe, elle s’empresse de refermer la porte qui les sépare de l’inévitable. Du carnage. « C’est de ça dont tu parlais ? Cette journée ne va jamais se terminer … »  Il est interdit de s’écrouler. D’abandonner. De fléchir. Et surtout, de se retourner. Renoncer à lui faire face, à le confronter, à le regarder. Au risque d’avoir un aperçu de ce qu’ils vont devoir affronter. Au risque d’être tentée par la proximité. De ce dilemme qui devient mortel.

(c) AMIANTE

_________________
    damned
    I struggle with the feeling that my life isn’t mine. It's so cold it's so cold. Use your heart as a weapon hurts like heaven. It hurts like heaven.


Dernière édition par Ellie Wilson le Ven 13 Mar - 10:58, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://consign-to-oblivion.forumactif.com/t2045-ellie-wilson

Féminin
↳ Nombre de messages : 5823
↳ Points : 2210
↳ Date d'inscription : 28/11/2013
↳ Age : 27
↳ Avatar : Max Irons
↳ Age du Personnage : 28 ans ( apparence ) - 169 en réalité
↳ Métier : Infirmier pour la Falciferae
↳ Opinion Politique : Pour le gouvernement et l'ordre
↳ Niveau de Compétences : 1
↳ Playlist : We Might Fall - Ryan Star / Running up that hill - Placebo / Broken Crown - Mumford & Sons / Everybody wants to rule the world - LORDE / Bad Blood - Bastille / Lydia - A Fine Evening For A Rogue / Placebo - Where is my mind PLAYLIST YOUTUBE

↳ Citation : " We are each our own devil, and we make this world our hell. "
↳ Multicomptes : Elias S. Kaligaris & Joan C. Valentine
↳ Couleur RP : #FFFFFF



Feuille de perso
↳ Copyright: Nanami
↳ Disponible pour un topic?: Non =(
↳ Liens du Personnage
:



MessageSujet: Re: What might have been lost [PV Ellie]   Mar 10 Fév - 22:34

Frêle, frémissante et fourbe, elle devance ses intentions, couvre ses actes miséricordieux d’une nouvelle trainée de filaments incandescents. La honte ne froisse pas les traits crispés de l’urgentiste. L’orgueil hisse ses couleurs néanmoins, stature étudiée, position de force pour un seul cap. Droit et menton relevé, l’arrogance déjouant les craquelures que l’inquiétude a causé, il la domine de sa hauteur implacable déversant sur sa menue silhouette, une ombre supplémentaire, à peine visible au milieu des spectres nocturnes. Pas besoin d’acuité visuelle pour qu’il sache, pour qu’il devine l’empreinte menaçante que sa projection fantomatique occasionne. Aucune victoire pour cette entreprise muette. Simple rappel pour un loup se pensant habitant de la bergerie. Ezra dissimule ses crocs habilement en se tenant à ses côtés, prêt à frapper la prochaine menace. Il en oublie presque la malédiction tatouée sur ses veines, incrustée dans ses tripes si profondément qu’elle court, crie, jubile et palpite. La créature dévore son porteur en suscitant sa faim inlassable, il la contient à peine et refuse le dialogue une fois de plus. Ellie ondule devant lui, couvant en son sein et dans l’ignorance la plus totale, un fragment d’humanité du démon qui la poursuit dans les entrailles de cette bâtisse. Le norvégien traque les sons ascendants et les reflets descendants, se propulse dans des anticipations chaotiques avant de saisir leur proximité avec l’issue ou du moins, avec le rideau marquant le terme de l’acte un. Textile symbolique qui se replie sur eux quand ils franchissent le seuil. Le malaise se prolonge néanmoins, il se rapproche instinctivement de l'américaine croyant devenir bouclier contre des monstres éparses et invisibles, toujours déterminé à abolir la réalité de ceux qui le consument heure après heure. L’hypocrite ne supervise pas les mouvements de son alliée, convaincu de son aptitude à résoudre cette énigme et se contente d’analyser les alentours de façon frénétique en la talonnant cependant durant l'ascension. Encore étreint par l’obscurité, encore habité par cette conscience exacerbée de leur étrange intimité, il doute un instant de son propre comportement. Il sait que dans quelques instants, les relents de douceur seront définitivement écrasés. L’amnésie ou le réveil ? Peu importe la dénomination car déjà, la lumière est là.

L’infirmier chasse les premières lueurs nerveusement de sa rétine confuse. Quelque part dans ce chaos éblouissant, les vociférations métalliques dérangent la quiétude. L’estomac du scandinave se contracte jusqu’à la douleur alors que son regard traverse la brune sans jamais s’y arrêter tout à fait. Elle remue, il réagit à peine. Mais la plainte de sa coéquipière s’ancre à contrario dans ses méninges jusqu’à perforer sa cervelle. Il se retourne brusquement vers elle et laisse la glace remonter son larynx avec empressement. « Au contraire, elle peut se terminer rapidement mais d’une façon plutôt radicale. » Sa langue claque sur le dernier mot alors qu’il analyse leurs maigres probabilités de défense efficace dans cette espace exigu. Dans un besoin d’épancher sa haine pour la résistance avant qu’elle ne pourrisse dans ses entrailles jusqu’à transposer la démence à ce plan, il s’entend gronder quelques mots « Les rebelles en ont après le gouvernement. C’est marche ou crève. Ils ont sûrement des noms. » Il ne voit pas utile d’ajouter que leur liste noire comporte un Reilly. Sa propre survie ne l’intéresse pas. Les hurlements doivent retentir mais à cet étage, on ne perçoit que les heurts des balles et de l’acier ébranlé. Envolée de détonations assourdissantes qui provoquent immédiatement une succession de notes dans l'esprit de l'ancien peacekeeper. Les images se superposent, se mélangent jusqu’à devenir rythmique oppressante. Il n’ose entrevoir les dégâts et déplore l’absence de cachette. Il crée néanmoins une possibilité, une seule. D’un mouvement brutal, il attrape les épaules de sa protégée et la force à se replier dans un coin, dissimulée juste assez par l’imposant générateur pour ne pas être repérée depuis la porte. Il s’accroupit et s’autorise un contact furtif avec sa paume pour y glisser la seringue qu’il a déniché un peu plus tôt.

Ses sourcils soulignent durement son regard intransigeant, son ténor alors s’approprie leur silence, casse de chaque syllabe un peu plus la sollicitude qu’il exprime cependant « Tu vises l’œil si quelqu’un t’approche. Il y a une issue de secours deux couloirs plus loin, tu tournes une fois à droite, une fois à gauche. Tu fuis à la première occasion. Tu pars, tu ne t’arrêtes pas, tu ne te retournes pas. Rentre chez toi, Wilson. Enferme-toi, barricade-toi.» En refermant les doigts du jeune médecin, il croit bon de préciser avec toute la sévérité qu’il parvient à mobiliser  « Et je ne te demande pas ton avis, pigé ? Alors pour une seule fois dans ta foutue existence, tu m’obéis. Je sais de quoi je parle, tu ne fais pas le poids face à ce qui se prépare. Tu n'as pas ta place ici.» Le mépris se distend déjà, la fragilité persiste. Il remonte sa main jusqu’au visage de sa collègue, attrape son menton pour la défier plus froidement encore. « Si tu es blessée parce que tu ne m’as pas écoutée, je te jure que je te le ferai doublement regretter. » Derrière la violence verbale se terre l’anxiété de plus en plus mordante et contraignante. Elle l’embarrasse assez pour qu’il la délaisse subitement et reprenne son poste face à l’entrée. Les pas battent déjà la mesure derrière la pauvre paroi qui les sépare du cauchemar. Aucune peur, de l'adrénaline à revendre. Les mains vides mais la poitrine garnie de rage, il attend en sachant cette fois-ci qu’il n’a besoin d’aucune arme pour abattre. Il accepte de l’être. Juste pour maintenant. Juste pour elle.  

Dos contre le mur qui longe la porte, il attend, il guette. Ses yeux ne cognent jamais les contours de la jeune femme, trop concentré pour ne pas oublier de l’être et ça pour les bonnes raisons. Le bois craque sous l’assaut, ils sont déjà entrés. L’air s’engouffre nerveusement dans la gorge de la bête alors qu’il bondit sur le premier assaillant et plaque ses deux mains sur ses joues afin de lui dérober la totalité de son énergie. Diable enivré par l’absence de culpabilité, il sent la température se dissoudre sous ses doigts alors que le second opposant grignote violemment sa frénésie, le flingue déjà pointé sur sa comparse débusquée en un temps record. Il relâche l’évanoui très calmement sous la menace, relève lentement les mains en signe de réédition. Il avise le résistant et choisit son changement d'angle de tir pour plonger sur lui. Le coup part, la bile métallique entaille son épaule sans obstruer pour autant sa chair. L’ébène galope doucement contre son épiderme mais indifférent, il désarme le molosse et l’assomme avec la crosse. Essoufflé,  à demi-penché sur sa seconde proie, il fouille vigoureusement les poches du traître et en sort deux chargeurs qu’il glisse dans son jean avec empressement. En se redressant, il évite soigneusement de croiser le seul témoin du massacre. Pas encore de mort. Pas encore… L'animal l'hypnotise. La hargne et l’expérience appuient la perversité de sa nature, lui murmurent la suite logique. Mais la messagère silencieuse de Sven implique une remise en question dont il préfère se débarrasser au plus vite. Rageur, il tend l’oreille à cette voix atrocement ferme qu’il reconnait à peine « Qu’est-ce que tu fiches encore là putain ? Je t’ai dit de courir. Barre-toi. »  Parfois, il pense que Kyran s’exprime par sa bouche. Souvent, il reconnaît qu’il n’est qu’un Hogan qui ne renie plus son héritage salissant. Maintenant plus que jamais, il n’est résumé qu’à ça. Du mauvais sang.

_________________

    Here I stand, helpless and left for dead
    Close your eyes, so many days go by. Easy to find what's wrong, harder to find what's right. I believe in you, I can show you that I can see right through all your empty lies. I won't stay long, in this world so wrong. Say goodbye, as we dance with the devil tonight. Don't you dare look at him in the eye, as we dance with the devil tonight. Trembling, crawling across my skin. Feeling your cold dead eyes, stealing the life of mine. ©endlesslove
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://consign-to-oblivion.forumactif.com/t1061-ezra-s-reilly-ho

Féminin
↳ Nombre de messages : 2334
↳ Points : 34
↳ Date d'inscription : 31/12/2014
↳ Age : 22
↳ Avatar : Crystal Reed
↳ Age du Personnage : Vingt-huit ans
↳ Métier : Journal de la mafia Nemesis
↳ Niveau de Compétences : 1
↳ Playlist : Take me to church (Hozier) ∆ Hurricane (Halsey) ∆ I'm a ruin (Marina and the diamonds) ∆ 1965 (Zella Day) ∆ I found (Amber Run) ∆ Here with me (Susie Suh) ∆ The One (Kodaline)
↳ Citation : In the same way some beginnings are endings and some endings are beginnings.
↳ Multicomptes : unique compte
↳ Couleur RP : #872929



Feuille de perso
↳ Copyright: milkovich / endless love / sense8
↳ Disponible pour un topic?: Non =(
↳ Liens du Personnage
:



MessageSujet: Re: What might have been lost [PV Ellie]   Sam 21 Mar - 22:55


What might have been lost
Elle est là, dans les recoins les plus violents, dans l’oracle des événements.  


Il est là, dans les recoins les plus sombres, dans l’oracle des hécatombes. Il est là, au bout de son regard, au détour de son âme, au creux de son souffle. Elle entend son hurlement, perçoit son scintillement. Jusqu’à sentir sa peau se déchirer en lambeaux. Il se répand sous sa chair, pour mieux agripper la vie qui déferle, dans les profondeurs de ses veines. Il est là, ce silence aux funestes nuances qui prend tout son sens, lorsqu’il reconnaît les battements de ce cœur qui le font vibrer.

Elle se laisse manipuler comme une poupée de chiffon, sans poser la moindre question. Parce qu’elle n’arrive plus à réfléchir. Parce qu’elle ne veut pas choisir. Trancher. Bousculer son univers entier. Pour lui. Pour une autre vie. Pourtant, le choix ne lui appartient pas. Il est seulement fictif. Transposé sur une image qui n’existe pas. Que son esprit créé de toutes pièces pour la rassurer. Pour la tromper. Mais l’illusion s’effrite, la réalité apparaît. Et elle abdique, l’instant d’après. A croire qu’il existe une entité au-delà de toute logique, qui peut braver la mécanique de n’importe quel cœur. Trouver la lueur apte à l’enclencher. Parvenir à réanimer ce qui était, jadis, inanimé.  

Elle fait totalement abstraction de la situation pour trouver une solution. Sans aucune hésitation, remet sa vie aux mains de la seule personne capable de la protéger en cet instant. Et ce, dans l’unique but de pouvoir le protéger à son tour. Instinctivement elle fouille dans ses poches, à la recherche des fioles de morphine qui lui ont permis de calmer les patients. Seule l’une d’entre elles contient suffisamment de liquide pour remplir la seringue qu’elle détient dans sa paume. Son plan n’est pas très élaboré mais le temps lui manque cruellement. Il faut agir. Maintenant. « Qu’est-ce que tu fiches encore là putain ? Je t’ai dit de courir. Barre-toi. » Elle aimerait courir, partir. S’enfuir sans aucun regret. Sans aucun remords. Mais elle reste clouée à ses côtés. Encore.

Elle observe quelques secondes l’atmosphère qui les propulse en enfer. Les corps à terre qui lui rappellent ce qu’elle doit faire. Comme une évidence. Dans le silence qui la guette, elle se relève, un but en tête. Sans se trahir par un bruit ou un soupire, elle lui plante la seringue dans le bras, affronte son regard une dernière fois. « Je te donne de l’avance. Ne gâche pas tout. » Elle le voit faillir alors qu’il ignore ce qui lui arrive et le rattrape avant qu’il ne s’écroule pour le poser au sol. En théorie, l’effet de la morphine va s’estomper au bout de quelques minutes car son organisme est spécial, plus précisément son sang. Il ne réagit pas de la même façon qu’un corps sain. Le compte à rebours est enclenché.

Elle s’empare du flingue et des chargeurs, laisse tomber la lampe-torche qui ne fonctionne plus et inspire un bon coup avant de désactiver le générateur de secours. Le noir n’est pas une partie de plaisir, c’est une stratégie offensive. « Une fois à droite, une fois à gauche. J’espère que tu as raison Ezra. » Elle attend que les chuchotements se multiplient au bout du couloir pour tirer dans le tas. La manœuvre est simple : devenir l’appât, la diversion, la proie. Elle s’élance alors et tire dans le vide. Les faisceaux de lumière qui la suivent lui indiquent la distance qui lui reste à parcourir et les chances de parvenir à réussir. Heureusement, l’adrénaline augmente sa rapidité, ses pieds dévorent les mètres comme si le couloir allait s’effondrer.

Elle fonce dans la porte qui lui fait face avant de la repousser pour atteindre la cage d’escalier. La cécité l'handicape mais son mental lui permet d’avancer, de dévaler les marches sans prendre le temps de respirer. Même si elle manque de trébucher, sa vitesse perdure. Elle s’empare de la première poignée qu’elle trouve mais n’a pas le temps de l’abaisser. Son équilibre la fait flancher, elle finit par s’écrouler, sous le poids de la douleur instantanée. La balle a touché son mollet, la course est terminée. La panique bouscule tout sur son chemin, elle rampe en vain ... l’espoir la maintient. Elle espère qu’il soit en train de s’échapper avant de se retrouver piégé. Les pompiers vont arriver, mettre l’hôpital en quarantaine, exécuter les créatures mortelles. Il ne doit pas en faire partie. Il doit survivre. C’est impératif. Vital. Primordial.

Elle est là, dans les recoins les plus violents, dans l’oracle des événements. Elle est là, au fond de sa poitrine, comme une épine qu’on ne parvient à retirer. Elle est là, la vérité qu’elle ne peut ignorer. Brutale, cruciale. Celle qui lui lacère les cordes vocales. Qui l’empêche d’hurler alors qu’elle a mal à en crever. Sous la forme d’une impulsion. Sous le sceau d’un sentiment. Qui résonne en boucle. Qui s’affranchit de tout.


(c) AMIANTE

_________________
    damned
    I struggle with the feeling that my life isn’t mine. It's so cold it's so cold. Use your heart as a weapon hurts like heaven. It hurts like heaven.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://consign-to-oblivion.forumactif.com/t2045-ellie-wilson

Féminin
↳ Nombre de messages : 5823
↳ Points : 2210
↳ Date d'inscription : 28/11/2013
↳ Age : 27
↳ Avatar : Max Irons
↳ Age du Personnage : 28 ans ( apparence ) - 169 en réalité
↳ Métier : Infirmier pour la Falciferae
↳ Opinion Politique : Pour le gouvernement et l'ordre
↳ Niveau de Compétences : 1
↳ Playlist : We Might Fall - Ryan Star / Running up that hill - Placebo / Broken Crown - Mumford & Sons / Everybody wants to rule the world - LORDE / Bad Blood - Bastille / Lydia - A Fine Evening For A Rogue / Placebo - Where is my mind PLAYLIST YOUTUBE

↳ Citation : " We are each our own devil, and we make this world our hell. "
↳ Multicomptes : Elias S. Kaligaris & Joan C. Valentine
↳ Couleur RP : #FFFFFF



Feuille de perso
↳ Copyright: Nanami
↳ Disponible pour un topic?: Non =(
↳ Liens du Personnage
:



MessageSujet: Re: What might have been lost [PV Ellie]   Lun 23 Mar - 0:08

Croire. S’offrir suffisamment à ce concept, s’entailler la chair jusqu’à la fragmentation. Devenir porteur d’une idéologie, celle qui met en danger, celle qui peut pourtant sauver. Poser en d’autres lieux les embryons d’un espoir parfois bien démesuré. Posséder cette foi inébranlable en ce qui pourrait se passer, ce qui pourrait être au détriment de ce qui est, de ce qui fût. Une rêverie à laquelle il ne peut prétendre. Une confiance qu’il n’accorde pas, cernant le mal, écartant le bien. Un crédit coûteux qui se retourne trop souvent contre l’utopiste. L’optimisme arrache bien plus de peau qu’elle n’en restaure. Cette leçon se niche dans le creux de souvenirs discontinus, de douleurs fulgurantes et de séparations répétées. Dangereuses récidives qui ont placé cet homme au centre de sa tragédie pour la réitérer jusqu’à désirer l’isolement. La contradiction le pousse alors à penser que sans attache, la chute libre ne surviendra plus. Omettant la possibilité que d’autres bras puissent altérer cette course infernale vers le contrebas. Il est de ceux qui garde leur joue collée au plancher, déterminé à ne plus se décrocher du sol pour ne plus devoir connaître l’effondrement. Sécurité précaire qui oublie d’estimer l’infini. Il suffit que le parquet se fissure, il suffit juste que les dalles s’entrechoquent et l’étage suivant cueillera à nouveau sa dépouille. Tomber sans effort, sans doute. Et pourtant malgré ses précautions, elle est là devant lui. Cette certitude ne cherche même plus à faiblir devant l’obstination contraire. Sans elle, il se risquerait à la démence absolue sans degrés intermédiaires pour dissoudre son déclin. Sans elle, il s’étranglerait dans ce réalisme craintif et succomberait aux sentiments qu’il souhaite morts et inhumés. Il ne faut que deux mouvements, quatre inspirations et plusieurs battements de cil pour le séparer de ce qu’il vient à peine d’effleurer, ce à quoi il s’est juré de ne plus jamais adhérer. Croire. Qu’elle va l’écouter, qu’elle va lui épargner cette souffrance quasi organique à l’idée de sa perte. Ellie ne piétine pas seulement sa seule aspiration. Elle anéantit absolument tout ce qui constitue  les élancements surréalistes de perspectives positives.

Un grognement lui échappe, ses doigts s’insurgent contre la seringue mais l’heure n’est déjà plus à l’extraction. Les traits figés sur la terreur, il bascule déjà  dans la somnolence. Hachée, empressée, gonflée à l’angoisse, sa voix expulse sa vaine panique déjà rattrapée par les effets analgésiques  de la morphine. « Ellie… Non… Ne fais pas … Ca… » La traitresse le rattrape, poupée de chiffon ramassant des gravats, abimant sûrement sa douceur contre les recoins anguleux de son squelette. Il veut l’arrêter, il veut la forcer à rester là. Sa main remonte pour atteindre la fuyarde, se débat contre l’absence mais l’inconscience le foudroie et pendant de très longues minutes, l’obscurité le berce. Dans les ténèbres, il se reconnait. Il tutoie le silence et s’abandonne à l’oubli jusqu’à l’aveuglement. La lumière criarde que le générateur expulse, déchire son cocon fait d’amnésie. Il émerge, l’effroi en masque, la peur comme seule amie. Elle fourmille contre sa nuque, dans ses bras, ses jambes. Elle circule absolument partout, présence oppressante qui l’oblige à se relever vite. Trop vite. Il titube, se rattrape, s’effondre et recommence. La torpeur l’oblige à glisser de mur en mur. Serpent ivre qui peine à contourner les obstacles que les hommes ont dressé sur sa route. Des sons, des échos tout au plus pour son esprit mordu par l’engourdissement et déjà, on l’empoigne. L’instinct, cet animal qui brise les conventions sociales, qui rit au nez de la civilisation, surgit de ses entrailles et rugit dans la nuit. La bête prend à revers son opposant et lui dérobe la totalité de son énergie vitale. Éradication qui lui rend ses sens, sa vitalité et noie la fatigue dans son sinistre système veineux. Il court désormais. Son regard écorche les détails, les cadavres tracent des allées intermittentes. Il la cherche obstinément parmi les vivants, se refusant à croiser les prunelles vides des corps qui saluent continuellement sa progression d'un cynisme blessant.

La porte s’annonce et dans son embrasure un spectre à peine crayonné, un croquis qu’il s’empresse de gommer. Ezra bondit sur lui, suffisamment proche pour lui dérober un pan de son horizon. Ses yeux la percutent de plein fouet, la fauche à même le carrelage. Elle remue à peine. L’aliénation broie les fracas d’humanité, l’autre en profite. La crosse de son flingue creuse dans le crâne de l’urgentiste, une cavité inquiétante. La douleur crânienne cogne son estomac et sa rage. L’infirmier sonné, désarme pourtant son adversaire, s’appuyant sur sa hargne, sur son désespoir pour atteindre son objectif. Il n’hésite pas un seul instant à appuyer sur la détente. La cervelle du rebelle virevolte autour de lui, ballet sanguinolent qui consume l’entièreté de sa détermination pour divulguer le trouble. Le spectacle est délaissé. Le scandinave rejette son arme quand il se propulse au pied de la brune. Il s’empare de ses frêles épaules, la force à s’asseoir. Ses paumes et ses yeux la palpent, survivent au choc, subsistent après l'analyse. Seulement sa cheville. Seulement. Ses ongles s'introduisent dans l'épiderme de la blessée alors qu’il remonte visuellement l’hémoglobine qu’elle délaisse. Animé par sa transe, il se met à secouer sa carrure sans ménagement, la bousculant rageusement d’avant en arrière. Ses intonations graves, rauques, désarticulées accompagnent ses gestes intransigeants. « A quoi tu pensais ? Mais à quoi tu pensais ? Tu aurais pu te faire tuer. Tu as failli mourir. T’es folle ? Tu as perdu la tête ? » L’ironie s’allonge juste derrière lui, la tête fleurie, embourbée dans son propre sang. Mais ça n’a pas d’importance. Ce qu’il est, ce qu’il a fait pour la retrouver, ça n'a plus la moindre importance. L’épouvante trace encore ses sillons infectieux dans son regard éprouvé, la douleur pulse encore dans sa poitrine à la seule vision de sa silhouette rampante dans l’hostilité de cet hôpital. Cette image le hante, le déchirement le poursuit. L’évidence racle les parois de son thorax, le contamine par sa vérité nue. Ses mains remontent déjà sa nuque pour emporter sa mâchoire. Il ne peut pas lutter contre ça. Il ne le veut plus de toute façon.

Sa bouche heurte la sienne brusquement, récif pour sa perte, refuge pour ses attentes garrottées. Ses doigts animent les lancements aortiques, défont ses boucles, courent désespérément après sa gorge, après ce pouls qui balbutie misérablement entre eux. Il réapprend l’asphyxie et la résurrection, cette rythmique cardiaque qui contre l’éternité et aspire l’apathie, démunit les sordides succubes, habitantes miséricordieuses des tréfonds de son âme noire. Contre ses lèvres, il réécrit son identité, sème sa monstruosité pour tenter de la déchiffrer. Il s’éloigne pour mieux la chercher, inlassablement. La brutalité s’égare entre deux inspirations précipitées qui lui brûlent le palais. Il ne respire déjà plus que contre ses lippes, dans son souffle, il dérobe son oxygène entre ses côtes qu’il serre jusqu’au craquement. Réalité tangible qu’il croit pouvoir comprendre. Le reste est artifice, une peine quasiment physique. Celle de ne plus lui appartenir. Et pourtant, il doit s’écarter. Car le danger gratte à quelques pas de là. Le norvégien défait prudemment sa prise sur l’américaine et sans un mot, déchire un morceau de sa veste afin de lui confectionner un garrot. Il enroule la plaie soigneusement dans le restant du textile. Sans un regard, il passe un bras sous ses jambes, un autre autour de sa taille et la soulève. Il se met ensuite à dévaler la distance qui les sépare encore de la sortie, évitant les conflits, s’arrangeant pour atteindre l’extérieur sans encombre. Ce n’est que protégé par les ombres de la rue qu’il parvient à émettre un son. « Ne me refais plus jamais ça. » Sa fragilité le désarçonne alors il entretient son mutisme durant sa marche, fuyant les combats, désertant l’agitation et se souciant peu du sort des autres survivants. Il n’y a plus rien à sauver mais il y a encore tout à risquer. Ce tout, il le cale contre lui et le préserve du pire tant qu’il en est capable. Demain viendra bien assez tôt pour tout lui reprendre. Une fois de plus, une fois de trop.

_________________

    Here I stand, helpless and left for dead
    Close your eyes, so many days go by. Easy to find what's wrong, harder to find what's right. I believe in you, I can show you that I can see right through all your empty lies. I won't stay long, in this world so wrong. Say goodbye, as we dance with the devil tonight. Don't you dare look at him in the eye, as we dance with the devil tonight. Trembling, crawling across my skin. Feeling your cold dead eyes, stealing the life of mine. ©endlesslove
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://consign-to-oblivion.forumactif.com/t1061-ezra-s-reilly-ho
 

What might have been lost [PV Ellie]

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

 Sujets similaires

-
» [DOCUMENTAIRE] Raiding The Lost Ark
» Lost in the Burgundy Forest
» The Lost Vikings Reborn
» [Résolu] Compteur à la LOST
» City of Delusion ♦ Lost In The Echo (Saison 2)

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
CONSIGN TO OBLIVION .} :: The Fifth Chapter :: Memories-