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 Bowling

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Féminin
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↳ Date d'inscription : 16/11/2014
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↳ Opinion Politique : Pro gouv en remise en question (rebelle come on *.*)
↳ Niveau de Compétences : mon incroyable beauté ? Niveau 2 en rateaux, à partir de 3 la pelle est offerte !
↳ Playlist : Imagine dragon / Alt-J / StoneAge / Mumford and sons / les enfoirés (et oui quand on est français...) / the coors / the lumineers / de palmas (je sais je sais..) / les disney (aucune honte) / thriving Ivory / bien d'autres... aaah et évidement CELINE DION ! (je blague, je blague, on souffle)
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MessageSujet: Bowling   Mer 7 Jan - 18:00

Bowling

« Une moitié de la victoire est dans le choix du champ de bataille, l’autre moitié dans le choix du moment. »



« Mes très chers compatriotes, c’est avec une joie immense que je vous annonce, la réfection des arènes et l’ouverture prochaine de nouveaux Hunter's Seasons ! »

« L’ouverture prochaine de nouveaux Hunter’s Seasons… » cette fin de phrase me brûle encore les tympans. Comme si nous avions besoin de ça pour avancer. Je n’en reviens pas que ce gouvernement puisse à son tour, tomber dans ces dérives de pouvoir. Je cours encore et encore. Ce n’est plus la chaleur qui m’empêche de respirer c’est ce poids qu’on appelle culpabilité. Je cours alors plus fort, plus loin, je m’enfonce dans le bayou sans trouver un quelconque chemin vers la liberté. Je finis toujours par m’étaler sur le sol. Ca fait presque une semaine que cela dur. Comment accepter ce choix politique ? Comment travailler pour ces nouveaux tyrans ? Je ne comprends pas les raisons. Je ne vois que les conséquences qui, à long terme, ne vont créer que notre destruction. Ai-je dis long terme ? Stupidité de mon esprit à espérer la contre-attaque si éloignée. Il n’a pas fallu longtemps aux rebelles pour exprimer leur désaccord. Première arène remise en état, première arène détruite, juste retour des choses. Parfaite adéquation. J’en ai souris me délectant presque de voir les murs exploser et les employés courir oubliant les morts sacrifiés. Ce monde faisait de nous des êtres insensibles. Je frappe le sol de mon poing avant de me relever tout transpirant. J’ai du mal à respirer et me courbe en deux alors que je suis saisi par un vertige. Je revois la note de service appelant à la vigilance ou encore le message de Noah me demandant de trouver plus et plus vite. Je ne sais pas ce qui est le pire : Accepter de remplir les nouveaux quotas sans chercher la vérité ou Accepter les agissements radicaux de la résistance en refusant de dénoncer pour tuer ?

Qui du Tyran et du Martyr est le plus à plaindre ? J’en ai marre de ces positions ambivalentes où le positif devient le négatif en fonction de là où on pose ses fesses. Le visage de ce nouveau frère me fait froncer les sourcils. Je n’ai pas non plus pu statuer sur son cas et il n’est pas venu répondre à une curiosité qui aurait dû le démanger. Ma clémence envers son existence devait-elle s’accorder à ce nouveau dilemme ? Devais-je accepter ce que je réprimais jusque-là pour la seule raison que le gouvernement montrait encore un peu plus ses intentions ? Je secoue la tête en m’apercevant que mon cerveau fuit de toute part pour ne pas trouver de réponse. LACHE. Je n’attends pas la fin du vertige et pars dans le sens inverse. Je me concentre sur le chemin emprunté pour la deuxième fois et m’imagine revenir sur mes pensées comme si je marchais dans une vérité que je ne pouvais comprendre quand rembobinant absolument tous les éléments. Idée fausse mais elle me rassure. Je remonte ainsi tous mes pas et toutes les pensées qui les ont accompagné jusqu’à ce petit bout de refuge dans le bayou. Une semaine a joué à ce petit jeu ne m’a permis de statuer sur un comportement mais je ne m’avoue pas vaincu. Mon esprit a besoin d’un réconfort, une échappatoire à toute cette misère. Il se joue de moi mais j’apprécie la danse. J’aimerai connaitre cette vérité qui expliquerait ce que ce monde veut de nous autre. Nous nous allions à l’impensable en se croyant plus fort et plus malin que tous les autres mais n’est-ce pas pactiser avec ce qui nous a détruit ? Mes parents font leur intrusion, doucement mais surement, dans ce rembobinage. Me voici projeté dans un film très lointain. Un film que je n’ai jamais aimé revoir, que je visionne bien trop souvent à mon gout. Mon esprit est un lecteur DVD usé et fourbe. Toutefois, il m'offre une certaine conscience d’haïr pour des causes antérieurs à l’ouverte des portes, ce qui, en réalité, n’apaise pas mes craintes et ma colère.

Je cours encore. Je suis tellement fatigué que je me demande un instant ce qui pousse mes jambes à avancer. Le bout de ville que je traverse n’est le reflet que de la honte et de la cupidité de ce gouvernement, le mien. Je ressens cette honte en moi, légère puis farouche. Je m’efforce pourtant de ne pas les voir, ces gens complètement oubliés d’une ville qui se dit L’Eden d’une guerre inhumaine alors que les principales batailles se déroulent en son sein. Je frissonne à cette constatation. Je ne suis pas rassuré pour un sous. Je veux que l’ordre et la paix. Je veux la protection d’un gouvernement désireux de sauver la race humaine pas celle d’un gouvernement affaibli par la cupidité. Rien que la présence et l’influence de Noah sur celui-ci me dégouttent. Mais les relents de mon estomac s’accordent davantage à mon visage. Je n'assume pas ma nouvelle position et cette ambivalence. Je ne sais comment prendre ces derniers événements, je ne veux qu’oublier. Je cours. Je cours.

Lorsque j’ouvre les yeux, je suis allongé sur le sol et j’ai mal. J’ai mal de partout mais principalement à la tête. Mes mains trouvent le visage de mon crâne comme si elles pouvaient remédier à quoique ce soit, je grimace et me tourne sur le flan. Un instant je ne sais même pas où je suis. Une petite brise me fait croire en un doux New York printanier mais ce n’est qu’un leurre. La lumière me vrille les rétines ce qui me fait râler le temps de m’accoutumer. J’ai l’impression de sortir d’un long rêve mais rapidement les écorchures sur ma peau me rappellent à cette réalité, la mienne. Je cherche alors du regard l’autre type, celui qui a dansé avec moi une fraction de seconde. Mes yeux ne le trouvent pas avant mes jambes, nous nous sommes emmêlés comme deux beaux idiots. Je fronce les sourcils et me relève tant bien que mal en le repoussant avec mes pieds. Je ne cherche pas à voir s’il va bien, je l’entends respirer et le vois s’articuler à peu près normal et puis mince, n’est-ce pas lui qui m’a foncé dedans ? Si, j’en suis sûr. Cet infime moment de certitude m’emporte dans un espace temps de paix. Je me sens fort. Plus que je ne le suis depuis ma rencontre avec Noah. Puis Rozen. Et enfin Bastien. La science infuse coule presque dans mes veines c’est pour dire, mon être se joue de moi. Je fonce. Je ne suis qu’un sot dans un monde d’incertitude. Je n’attends pas qu’il se redresse complètement et l’attrape par les épaules pour lui faire rencontrer le mur.

J AI L AIR D UNE QUILLE ? JE DEVRAIS TE FAIRE ENFERMER !

Je l’écrase un peu plus contre le mur et le relâche d’un bon en arrière. Si mes paroles me glacent, ceux sont mes pensées qui me pétrifient. Puis-je tomber si bas et me délecter à l’idée de le faire entrer dans des quotas de supposition ? Je ne pouvais pas atteindre ce sous-sol de la bassesse humaine. Non.


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MessageSujet: Re: Bowling   Mer 7 Jan - 23:44

L’annonce avait fait grand bruit. Si le gouvernement avait voulu qu’on se rappelle de son existence, il n’aurait pas pu trouver meilleur moyen. Mais, concrètement, lorsque le poids de la conscience se fait absent, ce genre d’annonce laisse indifférent. C’était ce qu’éprouvait Morgan. Il aurait pu enfoncer des portes ouvertes en disant qu’il fallait s’y attendre, que c’était couru d’avance... hors, pour avoir ce genre de discussion, il faut être engagé. N’étant engagé que celui qui a un point de vue à défendre, une cause, un idéal, il s’excluait d’office de la conversation. Il n’avait rien à en dire, pas grand-chose à en penser. Gouvernements despotiques, tyranniques, dictatoriaux... il y en avait eu, toujours. Il doutait d’ailleurs que ce fait disparaisse. De tout temps, l’Homme avait cherché à dominer son prochain, il suffisait de le comprendre pour s’en sortir au mieux. Quand on attend rien de personne, on ne peut pas être déçu, c’était pourtant logique. Malheureusement pour ce monde, il espérait encore et toujours, voyant du bon ou du récupérable là où il n’y en avait plus. Il aurait pu illustrer les maux du monde avec un passage du chapitre 5 de l’Evangile de Saint Marc : « Mon nom est Légion, car nous sommes nombreux. » Un bon résumé - s’il en était - de sa vision des choses. Se qualifier lui-même de Légion aurait été présomptueux, quoi que plaisant. Mais, il n’était pas une aussi grande plaie pour l’humanité même s’il se donnait parfois du mal.

La journée bien avancée et une longue pause se profilant à l’horizon jusqu’aux prochaines livraisons, Morgan avait troqué son vélo contre quelque chose de bien plus commun, un skateboard. À son époque, il ne lui serait jamais venu à l’idée de s’occuper de la sorte. Pourtant, quand il était tombé par hasard sur ce divertissement... il avait retiré une certaine joie de voir les possibilités qui pouvaient s’offrir à lui. Avec une bonne analyse, c’était un choix cohérent, tout comme ses autres moyens de se déplacer. C’était rapide, facile et indépendant. Là où d’autres étaient coincés, il pouvait passer. C’était du bon sens. Mais, reconnaître qu’il y prenait du plaisir ? Rien n’était moins sûr, ou alors, tout dépendait des circonstances. Depuis peu, il avait même développé un intérêt certain pour les acrobaties et même ces déplacements abracadabrants de murets en toits, de toits en balcons, etc. Il l’avait admis depuis un certain temps, il menait une autre vie, dans un monde tout à fait différent et il aimait ça, bien qu’il restait un homme profondément blasé par la vie.
C’est donc sur ses quatre roues et son bout de bois artistiquement décoré que Morgan se détendait entre quelques rides de trottoirs et d’escaliers. La satisfaction de ne rien faire de constructif après avoir passé une éternité retenu en enfer devait y être pour quelque chose, dans cet amour du loisir inutile. Des vies entières mises de côté par le simple plaisir de la figure exécutée. Peut-être était-il effectivement devenu fou, pleinement et sans détour... peut-être oui, mais, il aimait ça. La simplicité avait parfois du bon.
Loin sur la stratosphère, plongé dans son univers de poche personnel de bitume et de pavé filant sous la gomme, il n’était pas spécialement attentif. Un tort qu’il n’avait pourtant pas sur deux roues et qui, ici, allait être plutôt problématique. Brutale, inattendue, la collision fit bien plus mal que la dernière en date et pourtant, il avait fait une belle chute. La violence se celle-ci était peut-être due à son élan, sa position au moment de tourner... Il n’aurait pas pu le dire mais, sa tête avait pris un sacré coup. L’espace d’un instant, sa vue resta brouillée, s’ouvrant finalement sur le ciel toujours trop bleu de la Nouvelle-Orléans. Il reprit son souffle, dans son air toujours trop pesant. Il grogna, presque d’instinct, quand l’autre bougea pour finalement le coller au mur. Les mots bourdonnèrent à ses oreilles, furieux, avant de s’atténuer et disparaître tout comme la pression contre son dos.

1... 2... 3... Reste calme et tout ira bien.
4... 5... 6... Tu es sorti de l’enfer.
7... 8... 9... Oublie les voix dans ta tête.
10... Recommence.


Ainsi se répéta plusieurs fois son mantra jusqu’à ce que le bourdonnement s’atténue enfin, jusqu’à ce que la folie s’éloigne. Il inspira, s’allumant une cigarette avant de se composer un visage adéquat, loin de la démence qu’avaient contenu ses yeux quelques secondes auparavant, loin de l’expression de terreur qu’il avait affichée juste avant. Cette fois, son expression était neutre, calculée, il devait se reprendre avant de se composer un rôle sur mesure pour l’occasion. Il choisit la confusion.

- « Je suis désolé, j’étais ailleurs. Faut pas vous énerver comme ça pour ça. » Une pointe d’agacement, un soupçon de colère. « La route est à tout le monde après tout ! » Une pause de circonstance. « Même si j’reconnais que c’est de ma faute. Tout va bien ? »

Sans savoir à qui il avait à faire, il valait mieux jouer cette rencontre tranquillement. Il envisagea de proposer une cigarette pour la peine. Il se frotta légèrement le coude et puis enchaîna.

- « Louées soient ces protections légères... » Et particulièrement le fait qu’elles empêcheraient de douter de sa bonne foi quant à ses contusions.

Il se pencha un peu à gauche, à droite, de quoi faire jouer son dos et ses vertèbres, fit craquer ses poignets, dénoua ses épaules et s’accroupit un instant pour vérifier que tout allait réellement bien. Il guérissait peut-être plus rapidement mais, il valait mieux être certain de son coup quand on était quelqu’un comme lui. Prudence était mère de sûreté.

- « Une cigarette ? »
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MessageSujet: Re: Bowling   Sam 10 Jan - 0:36

Bowling

« Une moitié de la victoire est dans le choix du champ de bataille, l’autre moitié dans le choix du moment. »



Son regard picore le mien. Il a peur. Non. Il est terrifié. Ou c'est peut être moi qui le suis. Je recule d'un bond comme si je venais de voir le diable en personne. J'ai passé mon temps à définir ce qu'était le mal dans l'espoir d'éviter de le devenir. D'être ce qu'ils voulaient que je sois alors même que j'avais conscience vouloir leur accorder cette conception de ma personne. Le paradoxe est violent, il l'a toujours été. Entre celui que je ne voulais pas devenir et celui que j'aspirai consentir pour leur bon plaisir, la frontière est fine. Frontière presque invisible dans laquelle je ne faisais que me fracasser lamentablement loin de cette belle métaphore océanique qu'on pourrait accorder à ce verbe. Je n'étais pas l'océan qui s'acharnait sur la terre, je n'étais même pas la conscience qui s'attaquait à polir des désirs inhumains de parents complétement leurré par leurs désirs de puissances et reconnaissances. Je n'étais qu'un homme perdu dans l'espoir d'être ce qu'a priori, il n'est pas. Je suis terrifié à l'idée de leur ressembler et malheureusement apeuré de ne pas un jour obtenir leur pardon. J'oscille entre stupidité et hypocrisie. Cette quête est vaine et le regarde ce pauvre homme me le rappelle. Il reflète ma propre peur et ma propre folie. Cela fait une semaine que je dérape sur une colline glissante sans parvenir à m'accrocher bien longtemps à une certitude. Je ne suis même pas sûr d’y parvenir avant de me retrouver devant le fait accompli et là encore, qu’est-ce-que je pourrais bien faire ? Aider qui ? Empêcher qui ?

Je secoue la tête pendant que l’homme reprend contenance et respire calmement. Moi, je ne bouge pas comme si nous étions tous deux au milieu d’une partie d’1,2,3 Soleil. A cet instant, je suis excellent. Je suis certain de le battre mais un bon arbitre m’accuserait de triche car j’ai arrêté de respiré. Je ne suis même pas certain d’être encore présent. Mon regard vide pendant que mes sourcils se froncent. Je serre les poings et tente de combattre ma culpabilité avec ce que je me connais de positif. Je ne suis pas habitué à avoir tort, à craindre, à ne pas savoir quoi faire et ces derniers temps ce n’est pas une situation mais une succession de situations qui m’ont fait douter. Noah est probablement mon problème le plus important puisqu’il me pousse à m’improviser archéologue dans le passé d’un meilleur ami mort et d’un ami ressuscité tout en essayant de comprendre ce qu’attend vraiment ce Noah de moi. Vient ensuite Rozen et son intrusion dans mon appartement puis Bastien, ce frère jumeau que je me suis voué à détester pour au final ressentir une étonnante confusion en le percutant. Son visage m’agace et je le sache en me concentrant sur l’homme en face de moi.

Je suis désolé, j’étais ailleurs. Faut pas vous énerver comme ça pour ça. La route est à tout le monde après tout !

Je manque un battement en sentant ma précédente impulsion revenir. Il faut que je me calme. J’inspire profondement en détournant mon regard. Personne ne semble s’être arrêté, c’est un monde. Nous aurions au moins mérité de signer des autographes pour le double soleil que nous venions de réaliser. Je souris. Heureusement que j’ai ma dérision. Qui peut se vanter d’un tel talent ? Personne, nous sommes d’accord.

Même si j’reconnais que c’est de ma faute. Tout va bien ?

Oui.. et vous ? Désolé pour ce … coup de sang…

L’homme remercia ses protections ce a quoi je répondis par un sourire tout en me contorsionnant pour voir l’état de mon coude. Léger grimace et je relâche mon bras, totalement vaincu par mon état général. J’ai conscience de ressembler à dépravé depuis plusieurs jours et ce n’est pas avec cet accrochage que mon Néandertalien de voisin me regardera un peu plus normalement. Je soupire et l’observe du coin de l’œil s’étirer doucement. Je devrais probablement faire comme lui mais je sais pertinemment que mon corps ne sera satisfait qu’après un coma d’au moins trois jours alors à quoi bon lutter ? Je ne sais trop pourquoi je reste là à osciller entre mon désir de reprendre la course et la présence d’esprit de me dire que j’en suis parfaitement incapable. Cette semaine à courir n’avait pas fait de mal qu’à ma conscience mais à l’ensemble des fibres de mon corps.

Une cigarette ?

Hum ? Je tends la main vers le paquet qu’il me tend avant d’arrêter mon geste en fronçant les sourcils. Nan merci, y a bien assez de … choses qui peuvent me tuer. Je crois que je préfère me faire tuer par un truc que je peux combattre…

Je souris en relevant le regard du paquet à l’homme tout en passant une main dans ma fine barbe. Voila que je me retrouvai à faire une « pause clop » dans une rue perdue avec un inconnu qui venait de me rentrer dedans et que je venais de menacer d’emprisonnement. Point, fort heureusement, qu’il n’avait pas semblé relever. Je n’aime pas particulièrement qu’on connaisse mon emploi et encore moins ces derniers temps. Avisant le skate sur le côté, je m’approche pour le retourner avec le pied et le faire claquer dans ma main. Ma curiosité me fait oublier toutes règles de politesse et j’observe sans autorisation l’ensemble de la planche en passant une main sur les autocollants. Sympa, pour un gars de son âge dixit un gars de 28 ans mais passons.

C’est quoi qui vous a poussé à me prendre pour une quille, mauvais positionnement dans le virage ou les roues lisses ? En tout cas, belle boule de bowling…





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Quiconque lutte contre des monstres devrait prendre garde, dans le combat, à ne pas devenir monstre lui-même. Et quant à celui qui scrute le fond de l'abysse, l'abysse le scrute à son tour. (⚡) Nietzsche
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MessageSujet: Re: Bowling   Mar 13 Jan - 15:14

Morgan haïssait cette faiblesse qui était la sienne concernant les fractures dans son esprit. Il ne savait plus quand, ni comment elles allaient se rappeler à lui. Il craignait cette faille plus que toute autre chose. Plus que la mort, plus que Darkness Fall... Il ne pouvait se permettre de s’y perdre, il n’en avait pas le droit. Une faiblesse se combat généralement. Mais comment combattre quelque chose qui est ancré si profondément en nous au point que cette chose fasse partie intégrante de notre personnalité.
Jamais il n’aurait cru devoir faire face à l’une de ces fractures suite à une chute, encore moins parce qu’un homme l’avait pris au dépourvu. Pourquoi maintenant ? Pourquoi comme ça ? Il l’ignorait. Tout ce qu’il savait, c’était que c’était parti, presque aussi subitement que c’était venu. Pour une fois, il n’avait pas à s’inquiéter de savoir si ce qu’il vivait était réel, il avait senti la crise venir et repartir. Le plus dur, c’était ça. Faire la distinction.

La piètre excuse qu’il servit au type qu’il avait heurté était pourtant bien réelle. Il était ailleurs, au sens propre comme au figuré, avant et après la chute. Cet état de fait l’aurait mis en colère s’il avait été seul et pourtant, il restait étrangement calme malgré la situation. La comédie n’en était que plus facile à jouer. Une bénédiction. Il devait maintenir les apparences, coûte que coûte, sans cesse.
Il se mit à regarder alentour mais, la vie ne s’était pas arrêtée malgré leur chute, autre preuve - s’il en fallait davantage - qu’il n’était pas en crise. Comme si c’était normal, Morgan fit un geste de la main comme pour éloigner les excuses qu’il venait de recevoir.

- « Je crois que je me serai aussi énervé à votre place. » C’était juste, quoi qu’on ne lui en avait pas laissé le temps la dernière fois que ça lui était arrivé...

Quelques étirements, des vérifications. Une attitude de rigueur dans cette situation. Du moins lui semblait-il. La comédie humaine était une obligation. Il devait s’y soumettre pour ne pas paraître suspect. Et puis, les gens comme lui pouvaient souffrir. À condition qu’ils en aient quelque chose à faire, ce qui était une autre histoire. Il n’en était pas rendu au stade où il se croyait tout puissant, il en était bien loin - contrairement à autrefois. Et encore, il ne l’avait jamais été. Dans le cas contraire, il ne serait pas mort de cette façon, trahit par d’autres comme lui.
L’homme refusant la cigarette qu’il avait proposée, il rangea son paquet, tirant sur celle qu’il avait allumée quelques instants plus tôt. Devant l’argument, il haussa les épaules, en toute simplicité.

- « Maintenant, plus tard. Mourir, c’est mourir. Choisir la façon d’y passer ne rend sûrement pas ça plus facile. » Il savait de quoi il parlait même si ça ne pouvait pas s’entendre au son de sa voix ni à sa tournure de phrase. « Et puis, c’est une façon de choisir son poison. » Pouvait-il seulement claquer d’un cancer ? Il avait des doutes.

Tout en regardant le gars retourner sa planche, il s’assura qu’il n’y avait pas trop de dégâts d’un coup d’œil. À part les éternelles éraflures de rigueur, ça allait plutôt pas mal. Il n’avait pas vraiment prévu de racheter une planche dans les prochains jours. Il en avait plusieurs bien sûr mais, il l’aurait remplacée, il se connaissait. Ces engins étaient devenus une sorte... d’obsession. Une collection. Un genre de symbole. Bordel, qu’il était ridicule par moment.

- « J’ai dû mal prendre mon virage. J’avais la tête ailleurs. J’ai changé les roues y a pas si longtemps, donc, ça ne peut pas être ça. » Ce qui n’était que la pure vérité. « C’est idiot, mais on s’attache à ces trucs. J’ai pas pu m’empêcher de le personnaliser. »

Parler, discuter, faire retomber la tension qui était là auparavant. Agir normalement. Après tout, rien de tout ça n’avait été volontaire. Il n’avait pas agi de sorte à provoquer cet incident et l’autre n’avait probablement pas agi pour causer ça non plus. Il n’avait rien à lui reprocher à ce type, si ce n’est son coup de sang, comme il disait.
Il avait bien conscience d’être un homme de plus de trente ans amateur de roulettes mais, après tout, cette composante de sa personne était authentique. Il ne jouait pas. Et, à sa plus grande surprise, il était plaisant d’être soi-même, au moins un peu. Quand bien même, les meilleurs mensonges avaient un fond de vérité, une part de réel, ou bien ils s’effilochaient comme une vieille tapisserie usée. Reconnaître que ce loisir lui apportait quelque chose était une autre paire de manche. Mais, pourquoi vivre si l’on éprouve rien ? C’était la question qu’il se posait régulièrement. Devait-il vivre dans le passé, agir avec rage, ou s’adapter pour vivre une nouvelle vie ? Il n’en était pas encore tout à fait sûr, même si la réponse tendait à s’orienter vers cette dernière partie de la question. Cette foutue question qui régissait actuellement sa vie, sans compter sur son besoin de se nourrir, évidemment.

- « On dirait que je ne vais pas devoir le changer. Ça m’aurait fait chier. » Un instant avant qu’il ne s’attarde sur le visage, un prétexte offert pour une question qui lui brûlait la langue depuis quelques minutes. « Mais dites-moi, on se serait pas déjà croisés, vous et moi ? »

Et pour cause, ce visage lui disait effectivement quelque chose. Il était persuadé de l’avoir déjà vu et il se fiait généralement à ses impressions. Il livrait tellement de gens à tellement d’endroits différents que ça ne pouvait être que dans un cas comme celui-là. S’il ne l’avait pas mémorisé, c’était parce qu’il n’en avait pas eu l’utilité alors.


Dernière édition par Morgan A. Thorne le Dim 1 Fév - 15:31, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Bowling   Jeu 22 Jan - 21:06

Bowling

« Une moitié de la victoire est dans le choix du champ de bataille, l’autre moitié dans le choix du moment. »



J’en avais une fut un temps. Une belle boule de bowling rapide et précise. Aucune égratignure ne m’avait fait regretter son achat. Elle était devenue une échappatoire, le seul moyen pour fuir une réalité qui ne me plaisait pas ou plutôt un mensonge que je n’acceptai pas. Jouer la comédie est usant et adolescent bien plus encore. Ce n’était pas le fait de cacher les capacités de mes parents le plus compliqué, non, après tout qui aurait cru un jeune garçon qui n’aurait même pas pu prouver ses dires ? Personne. Ce qui était compliqué c’était de faire perdurer cette image de famille soudée, unie, plaisante et attachante. Image que j’avais concédé naturellement à établir dans l’esprit du voisinage si bien que personne n’avait compris mon changement de comportement. Quelles raisons à vouloir fuir ? Quelles raisons à s’évader si tard la nuit ? Au fond, il n’y en avait pas des tonnes, je n’étais ni battu ni maltraité juste oublié. Ce qui a suffi à me faire investir dans une boule comme celle-ci. Je souris en faisant tourner une roue et me souviens de mes essais tout d’abord laborieux avant de parvenir à faire des figures. Elle avait été mon premier moyen de locomotion avant d’en changer pour la course urbaine, plus physique. Au final, je crois bien avoir toujours essayé de trouver un moyen de m’échapper. Qu’importe la méthode, qu’importe la période, si je m’habitue à une méthode, j’en change jusqu’à ne plus avoir de solution ou peut-être, jusqu’à ne plus rien avoir à fuir. Skate. Course. Roller. Velo. Roller. Course. Course. Course. « Et puis, c’est une façon de choisir son poison. » Je repense à ses paroles et je souris de plus belle. Quel est mon poison ? La course ou la fuite ? Les deux surement mais il a raison, nous choisissons si la cigarette est son choix, je semble avoir voté pour l’arrêt cardiaque. Je ne sais si ce sera une délivrance mais au moins ce sera aussi rapide qu’une mort devrait l’être.

J’ai dû mal prendre mon virage. J’avais la tête ailleurs. J’ai changé les roues y a pas si longtemps, donc, ça ne peut pas être ça. C’est idiot, mais on s’attache à ces trucs. J’ai pas pu m’empêcher de le personnaliser.

Oh.. avec le matériel de récupération qu’on trouve en ce moment, je suis pas sûr que l’achat récent de roues soit l’argument de sécurité le plus convaincant… Je lui souris et passe un pousse sur le contour de la planche. Je comprends… je me souviens encore parfaitement de mes déco…

Ma planche repose quelque part à New York. Dire que je l’ai gardé toutes ces années pour me voir l’abandonner à cause de simples, quoique dangereux, zombies et daybreakers. Je retourne la planche une seconde fois et la pose contre le mur près de son propriétaire. Le skate, moyen thérapeutique pour se détendre. C’est un concept comme un autre et une méthode efficace puisque je sens tout mon corps douloureux relâcher sa tension. Si j’ai conscience de ne pas être en état d’essayer quoique soit sur cette planche, je sens une envie puissante de m’en trouver une.

Surtout qu’on a tendance à se souvenir longtemps de sa première planche… et des gamelles qui vont avec…
Je ris et détourne le regard quand le sien bloque sur mon visage. Je fronce les sourcils en constatant qu’il essaye d’invoquer ses souvenirs. Très bien. Lui ne me dit rien. Le visage de Bastien me vient en tête et si .. ? non. C’est stupide, nous n’avons pas le visage assez ressemblant, pas au poing qu’on puisse nous confondre. Jumeaux mais pas trop tout de même, c’était d’ailleurs tout le nœud du problème. Bastien n’aurait pas pu douter bien longtemps de ma déclaration si nous avions la même tête ou un visage extrêmement similaire. Au lieu de ça, une ressemblance troublante, gênante existe. Juste assez pour interroger et distraire n’importe quel individu tout en lui faisant conclure à un lien de bons cousins. J’observe donc ses rouages s’articulaient autour de la question fatidique. Je connais déjà ma réaction et l’exécute à point nommé avec perfection. J’hausse les sourcils, grimace légèrement en passant une main dans mes cheveux : gêne. La main passe dans ma barbe tandis que mes sourcils se froncent comme si en me concentrant davantage sur son visage va provoquer une quelconque illumination de mon esprit. Au final, je relâche la pression, comme lui d’ailleurs et recule d’un pas en haussant les épaules.

Alors là ! Je te remets pas du tout –allons y dans les familiarités, sommes-nous pas des skateurs à peine trop vieux ? (dur de se dire ça d’ailleurs… c’est la crise d’identité à coup sur d’ici 5 ans…) – Tu travailles où ? Peut-être qu’on s’est croisé au détour d’une rue ou…

Pi-tié toutes les excuses étaient bonnes pour justifier son intérêt. Toute pourvu qu’il n’était pas le premier type que je rencontrais à me prendre pour mon frère. Notion qui, de base, était pas facile à intégrer, alors accepter qu’on puisse me confondre… Je secoue la tête pour chasser l’idée et l’image qui va avec. Sa tête de carpe hors de l’eau ne fait pas bon ménage avec ma conscience ni même mon inconscience d’ailleurs.


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MessageSujet: Re: Bowling   Dim 1 Fév - 15:28

Curieux, il ne l’était que par intérêt. Pour s’intéresser aux gens, il fallait être capable d’un minimum d’empathie... d’un minimum d’envie. Hors, Morgan s’en fichait pas mal. Et puis, il fallait avoir un cœur, au sens figuré. Mais, il n’en avait pas. Le sien suintait probablement de ce liquide noirâtre qui coulait désormais dans ses veines. Une couleur à la hauteur de ce qu’il était. Rien n’était jamais fait sans intérêt de sa part, ses véritables élans de passions étaient rares. Et, quand passion il y avait, elle concernait une activité très personnelle, jamais des êtres fait de chair et de sang.
S’il daignait donc jouer à cette mascarade de sociabilisation dans l’immédiat, c’était pour ne pas paraître totalement désintéressé par le monde. Aucun être humain ne restait en dehors et, s’il voulait avoir une certaine paix, il devait jouer le jeu. Ici, il avait la parfaite occasion de le faire, aussi, il fallait qu’il en profite. De plus, il était réellement persuadé d’avoir déjà vu ce visage avant. Il devait en avoir le cœur net.

Du matériel d’occasion en vente et qui se fait passer pour neuf ? Alors ça, curieusement, il n’en savait rien. Ce qu’il savait en revanche, c’est que si on lui avait fait prendre des vessies pour des lanternes... la rubrique nécrologique allait compter un nom supplémentaire dans quelques temps. Il n’était pas de ceux à se laissait arnaquer tranquillement sans rien dire.

- « C’est bon à savoir, je n’en avais pas entendu parler. Quoi que... j’aurais peut-être dû m’en douter un peu, que ce genre de trafic existait. »

Vu ce dans quoi il baignait régulièrement, il ne devrait même pas s’étonner que ce genre de marché parallèle existe. Il y avait du trafic pour tout, alors pourquoi pas ça ? Dans le fond, c’était une activité comme une autre.

Discuter avec un parfait inconnu d’une de ses véritables passions, une activité qu’il appréciait vraiment faire, était quelque chose d’étrange. Il était sincère quand il parlait de ça, c’était vraiment surprenant et il n’aimait pas vraiment ça. Morgan détestait se mettre à nu, même si en face, la personne n’en avait pas conscience. Il n’assumait pas, pas du tout même. Mais, force était de reconnaître que ce type avait raison. On se souvenait parfaitement des premières gamelles qu’on se prenait... On oubliait jamais non plus la sensation d’être libre et en paix. Encore et toujours, il en revenait au même problème, à la sempiternelle question : Assumait-il qu’un divertissement tel que celui-là, lui apporte quelque chose ?
Toujours était-il qu’il ne savait toujours pas si ce parfait inconnu en était vraiment un. Son visage lui parlait, il était persuadé de l’avoir déjà vu. Il se fiait généralement à sa mémoire pour ça, elle le trompait - à ce sujet - plutôt rarement. Et, même s’il répondait avec aplomb qu’il ne le remettait pas, ça n’arrivait pas à le convaincre.

- « Je suis coursier. Je livre partout en ville, souvent dans les bâtiments officiels. » Partout en réalité, sans distinction aucune mais, ça, pas besoin que ça se sache. Il préférait dire ça, ce qui était totalement vrai. On aimait que ce soit lui, parce qu’il était rapide et qu’il disparaissait souvent aussi sec et le tout, sans rien demander à part la paperasse obligatoire. « Je suppose que c’est pendant une course quelconque. Je suis bon physionomiste. Pas tellement le choix dans ce métier tu me diras, confondre l’amant de madame ou la maîtresse de monsieur, ça la foutrait mal. »

L’excuse était presque parfaite. Cela dit, ça avait quelque chose de réel. Il valait mieux ne pas confondre les visages. Certains coursiers avaient été blâmés pour ce genre de conneries. Le romantisme n’était pas mort - même si la notion lui échappait totalement - mais, le romantisme se faisait discret et c’était le coursier qui prenait dans la face quand ça tournait mal. Ce genre d’événements l’amusait franchement d’ailleurs. Il avait tendance à se réjouir du malheur d’autrui. Encore une fois, ce n’était pas qu’il en avait réellement quelque chose à faire. C’était juste divertissant. Il était spectateur du monde et moins il y prenait part, mieux il se portait, bien qu’il avait conscience que ça ne durerait pas éternellement. À un moment ou un autre, il en deviendrait de nouveau acteur, comme autrefois. Un fait qui était loin de le ravir.

- « Ouais, je crois qu’on a dû se croiser pendant une de mes courses. Ou dans un bar peut-être ? » Ce qui aurait été étonnant puisqu’il ne sortait franchement pas si souvent.
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MessageSujet: Re: Bowling   Dim 8 Fév - 13:13

Bowling

« Une moitié de la victoire est dans le choix du champ de bataille, l’autre moitié dans le choix du moment. »



Je m’imagine en train de faire une danse afin d’implorer les dieux où qui que ce soit pour m’éviter une crise cardiaque hors course. Si l’éventualité de mourir foudroyé de la sorte ne me dérange pas tant que ça dans l’exercice de mon activité favorite, j’avoue avoir du mal avec l’idée de crever pour simplement avoir un frère. Un jumeau assez ressemblant pour émettre un doute mais pas assez pour nous confondre totalement. Heureusement d’ailleurs, pour moi. Pour lui. Pour nous deux. Après tout si je connais mes raisons, je suppute les siennes puisqu’il n’est toujours pas venu toquer à ma porte. C’est bien qu’il a fait son choix préférant l’ignorance à une vérité qui, je lui accorde, n’est vraiment pas à son avantage. Quoique…. Le coup du sort pourrait éventuellement le faire sourire, plus qu’à moi et c’est l’une des raisons qui me fait à la fois accepter et refuser la situation. Après tout je n’ai pas eu le choix, moi que de vivre cette réalité, ce coup du sort. Pourquoi serait-il exempté de cette souffrance ? Mais d’un autre côté, voir sa réaction selon pour laquelle il opte, pourrait m’offrir tout l’inverse de ce que j’espère. De plus, n’est-il pas un frère ? Je me suis toujours cru seul et ce n’est pas le cas, ça n’aurait jamais dû être le cas…

Je suis coursier. Je livre partout en ville, souvent dans les bâtiments officiels. Je redresse la tête. Sa réponse me sort de mes songes et je l’en remercie d’un sourire avant de froncer des sourcils. Un coursier ? J’en croisais souvent c’était une « poste » très utilisée avant les portes et après c’est carrément devenu le moyen privilégié de tous les pans de la société pour transmettre documents et objets divers. Un instant je repense à cette vieille série américaine diffusée à l’époque de la trilogie sur M6, MAX. Le monde était devenu chaos et ce système de transfert était le seul à s’être développer. Bref, moment nostalgique de mes temps de sérénité télévisuel. En y réfléchissant, ce genre de travail aurait pu me plaire, loin du bureau et du labo dans lesquels je passe mes journées, au grand air. Et si on oubliait la chaleur, c’est ce qui se rapproche le plus d’une liberté. Loin, très loin de mes soucis de conscience actuels. Je suppose que c’est pendant une course quelconque. Je suis bon physionomiste. Pas tellement le choix dans ce métier tu me diras, confondre l’amant de madame ou la maîtresse de monsieur, ça la foutrait mal. Je ris à sa remarque en ponctuant d’un J’imagine mais au pire, ils avaient qu’à être plus discret…. Ceux qui payent le prix de leur tromperie sont ceux qui se font attraper… Je suis assez bien placé pour le savoir. J’ai beau n’avoir trompé personne et ce dans aucun domaine que ce soit, j’ai tout de même eu l’occasion de faire arrêter ceux qui n’étaient pas discret. J’ai également été frustré de ne pas pouvoir arrêter certains responsables pour fautes de preuves assez percutantes mais j’ai aussi été dupé par la discrétion et le talent de certains. Brashen. Je m’assombrie un instant en me remémorant son visage et des souvenirs qui s’y attachent. J’ai toujours du mal à croire ce qui semble évident aujourd’hui. Ouais, je crois qu’on a dû se croiser pendant une de mes courses. Ou dans un bar peut-être ? Peut-être…. Tout dépend si ton talent s’effectue même sans qu’on ait eu à se parler… Parce qu’honnetement, je ne pense pas t’avoir croisé dans un bar… Je penche plus pour l’autre option. Beaucoup d’entre vous passent la porte de mon lieu de travail. Si tu livres beaucoup les mêmes établissements on a dû s’y croiser à plusieurs reprises… Travailler pour le gouvernement n’est pas une tare, pas vraiment, mais dans les circonstances actuelles il est devenu bien moins sécurisant d’en faire mention. Le gouvernement ne protège plus, ni l’habitant ni ses membres, c’est une réalité qui m’effraie puisqu’il va ainsi à l’encontre de ce que je lui offrais d’intérêt. L’idée de me positionner entant que flic face à un inconnu me semble peu opportune. Restons vague. Je tends néanmoins ma main et me présente par mon simple prénom. Ce n’est pas parce que le monde devient con que la politesse doit se soustraire aux bonnes mœurs.

J’ose espérer que tu livres en vélo et pas en skate …. Sinon je crains pour les colis fragiles que tu transportes…. Sauf si tu ne sais pas pédaler… Je lui souris et lâche un léger rire qui me foudroie le corps. Gentil rappel de mon état physique. Merci.


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MessageSujet: Re: Bowling   Sam 21 Fév - 14:32

S’il s’intéressait réellement à la conversation, ça n’était plus tant pour jouer son rôle d’être humain mais, plus pour en apprendre sur son interlocuteur. Maintenant qu’il était presque persuadé qu’il avait déjà vu ce visage quelque part, il n’en démordrait plus. Le problème de Morgan était qu’il était le genre de personne à ne plus lâcher l’affaire une fois qu’il était persuadé que ça pouvait lui rapporter quelque chose. Il n’était pas obsessionnel mais, il n’en était parfois pas très loin. Au fond, le travail qu’il exerçait n’était pas vraiment salutaire sous cet angle puisqu’il en apprenait toujours plus sur les gens qui devenaient ses clients, aussi bien dans la partie légale qu’illégale de son job. Il n’avait guère trouvé le moyen d’exploiter les informations en sa possession mais, pour l’heure, ça lui était égal, car justement... il voulait employer ces infos correctement. Il était hors de question de gâcher des ressources de façon stupide. Sa patience lui rendait dès lors un fier service, il ne se précipitait jamais.
Quoi qu’il en soit, il attendit de voir si son vis-à-vis avait lui-même une vague idée d’une probable rencontre. Qu’il en ait une ou non n’y changerait plus grand-chose, Morgan tenterait d’en apprendre plus sur cet homme. Que ce soit de manière détournée ou par de simple questions anodines comme ils en posaient depuis le début.

Lorsqu’il parla à nouveau, une forme d’évidence me frappa, il était amer. Amer envers ceux qui passaient entre les mailles. SI Morgan n’avait pas connu comme il le connaissait le genre humain, ça aurait pu lui échapper. Hors, il connaissait bien son affaire sinon, il n’aurait pas pu en jouer comme il le faisait. Pour tromper son monde, il valait mieux savoir ce que l’on faisait ou ça se passait mal.

- « La plupart des gens ont quelque chose à cacher. Ça m’arrange, ça fait tourner les affaires. » Surtout les siennes, celles qu’ils pratiquaient hors des horaires habituelles de livraisons, parfois même à pied pour n’éveiller aucun soupçon.

Son talent... On pouvait effectivement appeler ça comme ça. Il était même parfois délicat. Il reconnaissait de temps à autres des visages, des silhouettes. C’était parfois très étonnant de voir le nombre de sorciers et de monstres dans son genre qui étaient sortis par les portes. Si eux ne savaient pas à qui ils parlaient, il savait d’où ils venaient. C’était d’ailleurs nettement mieux pour tout le monde qu’ils ne se doutent pas qu’il aurait pu griller leur couverture de braves citoyens.

- « Je n’ai pas besoin de parler aux gens. Très peu s’aperçoivent de mon existence quand je travaille. Je ne suis qu’un coursier à leurs yeux et donc, un être négligeable. C’est très arrangeant, je ne suis jamais pris à partei lorsque je ne travaille pas. On m’oublie rapidement même si j’ai plus ou moins toujours les mêmes clients. »

Il ne livrait rien d’extraordinaire en parlant de ses clients ou de ses tournées. Son travail était parfois répétitif et ça avait ses bons côtés. La routine aussi contribuait à ce qu’on oublie qu’il était passé. Les seuls à faire attention à lui était les concierges, les éboueurs, les portiers, les gardiens, etc. Ces gens, tout comme lui, avait l’habitude d’être ignoré et se souciaient donc plus souvent de ce qui, comme eux, l’étaient aussi. C’était bien souvent utile pour en apprendre plus sur les gens. Un verre, une partie de carte, une bête discussion de cinq minutes valaient souvent bien mieux qu’une enquête approfondie. Régulièrement, cette façon de faire était utile à Morgan, car s’il ne se souciait pas des gens, il en donnait une parfaite illusion.

À son tour, il se présentait de la même manière que Timothée qui semblait vouloir garder son nom pour lui-même. Il n’offrit donc que son prénom pour maintenir une distance identique à celle de son interlocuteur.
Il rit, comme si la chose était habituelle, à la remarque qu’il venait de faire tout en haussant les épaules.

- « Je livre toujours à vélo. C’est le moyen le plus rapide pour atteindre une destination et en repartir rapidement. De toute manière, quelle que soit nos moyens de livraisons, nous sommes toujours décrier. C’est le charme du métier. »

Son casier contenait un certain nombre d’infraction au code de la route. Il avait sans doute plus de procès-verbaux liés au roulage que ses collègues mais, ça aussi, c’était très utile d’une certaine façon. À part lui reprocher son imprudence sur un vélo, des rollers ou un skateboard, on ne pouvait l’accuser de rien. Pas même d’ébriété.
D’un geste habituel, il jeta sa cigarette et l’écrasa du pied. Il n’était pas de ceux qui ramassaient leur mégot. Il ne l’avait jamais fait. Il l’envoya d’ailleurs dans le caniveau d’un geste du même pied.
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MessageSujet: Re: Bowling   Mer 25 Fév - 11:20




Morgan. J'hoche la tête comme pour cocher une case : à retenir. A retenir autant le prénom que son visage puisqu'il semblait certain de me connaître, il valait mieux que je m'en assure de mon côté. Il est évident que c'est une rencontre du hasard mais qui pouvait s'assurer des intentions profondes du gars d'en face ? de l'inconnu ? Aujourd'hui l'heure était à la méfiance et le fait de l'intégrer aussi facilement me donne envie de vomir. J'ai toujours préféré faire confiance partant du principe que l'homme n'est pas foncièrement mauvais mais plutôt qu'il fait de mauvais choix. Une vision assez utopiste dans un monde qui était déjà très individualiste, très égoïste et bien trop souvent dénué d'échanges en particulier à New York. Je dois avouer que c'est justement pour ce manque de profondeur dans les échanges et relations que j'ai choisi NewYork pour ma énième fuite. Des échanges simples, efficaces sans trop développer sur nos vies. Personne n'en avait le temps ni l'envie et au final que de rares relations importantes. Paradoxale pour un mec qui aime à se dire optimiste, confiant en l'homme pas vrai ? C'est vrai et je m'en rends bien compte pourtant même la bas j'étais pro "présumé innocent" bien sur, sauf des cas où la certitude des crimes ne fait défaut que des preuves tangibles. Bref, la méfiance. Morgan pouvait autant être un gentil samaritain un peu trop fumeur, un peu trop rapide sur son skate et un peu trop distant qu'un rebelle, peacekeper, nightkeeper ou daybreaker. Lui dire aujourd'hui ou demain mon lieu de travail pouvait m'apporter plus d'ennuie qu'autre chose. Et s'i venait à passer au bureau, je suis certain que cette fois-ci il me remettra comme moi. A ce moment là, moins il en savait sur moi mieux c'était. Méfiance. Paranoïa. La frontière était de plus en plus mince. Pourtant si nous l'étions assez, peut être qu'on ferait plus attention aux coursiers, au personnel d'entretien et au final, toutes les personnes qui pouvaient faire partir d'un mouvement qui veut se venger du gouvernement. Il avait raison, ces personnes étaient négligeables. Ils passaient puis disparaissaient, pourquoi s'en préoccuper? Peut-être parce que, justement ils l'étaient trop, invisibles. Je fronce les sourcils démasquant ma réflexion soudainement plus sérieuse. La découverte sur Brashen aurait déjà dû me pousser à faire plus attention à ce qui se tramait au plus proche du commissariat. Il était temps de s'inquiéter de tout ça ne serait-ce que pour s'assurer de la sécurité de ceux qui, au fond, travaillent au gouvernement sans pour autant être d'accord avec eux. Ceux qui n'ont rien demandé si ce n'est vivre tranquillement.

Je livre toujours à vélo. C’est le moyen le plus rapide pour atteindre une destination et en repartir rapidement. De toute manière, quelle que soit nos moyens de livraisons, nous sommes toujours décrier. C’est le charme du métier

Je quitte mes songes pour notre conversation qui, l'air de rien, outre toute méfiance, offre un bol d'air frais à mon esprit tourmenté. Là encore, il a raison. En vélo ou à pieds, les mêmes réactions d'habitants indignés. La différence se trouvait juste dans nos motivations. Il pédalait pour manger, je courais pour me libérer. Mon métier n'était pas plus apprécier que le sien même si, bien heureusement, je ne faisais pas parti des peacekeppers. Je n'étais qu'un scientifique dans une tour de flic qui, un peu trop souvent surement, se retrouvait sur le terrain de manière officielle ou officieuse. Je souris en songeant au moyen le plus rapide de circuler dans cette ville encombrée...

Je n'en doute pas, les gens ne sont pas très aimables avec ce qui les percutent en général... Je devrais penser à rejoindre ton agence, ça doit être bien fun ! Cela dit... je sais si le vélo est le moyen le plus pratique dans certain quartier... le parkour ça peut être plus rapide ou, au pire, les rollers... non ?

Je passe ma main dans mes cheveux ce qui me fait de nouveau grimacer. L'idée fugace d'une course pour le déterminer s'envole dans le même temps. Je suis incapable de bouger. Me mettre dans le coma semble le mieux à faire pour le moment et qui sait, ça me permettra peut être d'avoir la réponse à toutes mes questions. Je l'observe un moment jetant sa clope dans les égouts. Quelque chose m'intrigue chez ce type, rien à voir avec la raison de notre rencontre, juste lui. Quelque chose, je ne sais pas. Ma curiosité, encore. Toujours elle. Serait-il judicieux de mener une de mes enquêtes sur ce type ?

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MessageSujet: Re: Bowling   Dim 1 Mar - 0:20

La rencontre, bien que fortuite, commençait à s’étirer un peu trop en longueur à son goût et poser davantage de questions pourraient entraîner une méfiance dont il n’avait guère besoin en ce moment. Il préférait limiter les remouds en quelque sorte. La discrétion était quelque chose à laquelle il accordait grande importance. Ce gars-là aussi probablement, du moins lui semblait-il. Morgan n’avait pas vraiment creusé mais, lorsqu’il s’agissait du travail, il avait soigneusement évité d’en parler. Il ne savait pas ce qu’il faisait de sa vie mais, il ne semblait vraiment pas vouloir le mentionner. Les gens avaient leurs secrets sauf qu’ils concernaient rarement leur boulot. Soit il en avait honte, soit il craignait que les autres trouvent quelque chose à y redire. Dans les deux cas, mieux valait ne pas chercher. Pas directement. Mais, il chercherait, c’était évident. Il l’avait déjà vu, il en était persuadé et ce genre de pensées persistantes n’était jamais là pour combler l’ennui. Morgan connaissait son esprit, même lorsqu’il déraillait, il ne faisait jamais dans la fixation sans raison.
Ce que lui, racontait sur son travail ne portait pas à conséquences. Son personnage, celui du brave coursier - légèrement cinglé sur les bords -, était bien réalisé. Même le gouvernement n’avait rien trouvé à y redire. Son dossier était clean en dehors d’un nombre d’infraction de roulage faramineux. En tant que coursier - bon coursier s’entend -, c’était le minimum. Ces procès-verbaux faisaient partie intégrante du personnage et, ne lui en déplaise, partie de lui également. Mine de rien, il aimait ce qu’il faisait, tout du moins le côté trajet. En lui-même, ce travail n’avait rien de gratifiant. Rien de comparable avec ce qu’il faisait autrefois de sa vie. Il se serait menti à lui-même s’il avait tenté de se persuader qu’il ne regrettait pas le pouvoir qu’il avait eu.

Les gens... pas aimables. Si seulement Morgan en avait eu quelque chose à faire. La plupart du temps, il n’avait cure de leurs états d’âmes ou de leur humeur. Tout ce qui l’intéressait au final dans son approche, c’était ce qu’ils pouvaient apporter. Non content d’être un monstre de la pire espèce, il n’y avait que peu de choses qu’il rechignait à faire dans la liste des comportements mal vus en société. Mensonge, vol, chantage, menace, meurtre... tout cela n’était parfois qu’un moyen d’arriver à ses fins.

Finalement, il haussa les épaules en entendant les propositions. Il avait déjà réfléchi à toutes ces options, évaluant la meilleure car même si ça n’avait rien de fascinant, il se donnait à fond.

- « Mes trajets sont bien trop longs. Je livre dans toute la Nouvelle-Orléans et même aux limites si besoin. Impossible de tout faire sur des rollers ou en parkour. Quant aux engins à deux roues munis d’un moteur... très peu pour moi. C’est bien trop coûteux. »

Fouillant ses poches, il sortit une autre cigarette, plié, dont la feuille s’était déchirée. Il la remit à sa place, il réparerait ça plus tard. C’est cet instant précis que choisit son téléphone pour se mettre à sonner. Il grogna, sortant l’appareil de sa poche, décrochant à la vitesse de l’éclair sans même regarder l’appelant.

- « Hum. Humhm. » ... « Ouais. J’ai compris. » ... « Oui ! J’ai compris j’ai dit. Je sais. » ... « C’est pour hier, comme toujours. Tu me dois une demi-heure. » ... « Rien à foutre. C’est dans mon contrat. Si tu me la files pas, tu me la paies. La moitié des autres veulent plus y aller. Démerde-toi. » Il raccrocha, relevant la tête vers son interlocuteur. « Désolé. Le devoir m’appelle. Je m’excuse encore pour tout à l’heure. À une prochaine fois peut-être. »

Il remit la planche sur ses roues d’un geste vif, fit un dernier signe et fila. Il ne pouvait réellement pas se permettre de rater cette livraison. Elle était on ne peut plus légale mais, c’était le genre de livraisons qui rapportaient très gros et qui permettait de se faire un nom. Si c’était bien fait, l’extra serait peut-être au rendez-vous. Mieux, des infos lui tomberaient peut-être dans le creux de l’oreille.
Son attitude pouvait passer pour de l’impolitesse mais, comme tout bon coursier, il devait jouer le jeu. Le temps, c’était de l’argent et il n’avait - de ce fait - pas le temps de se payer le luxe de prendre congé en long en large et en travers. Il descendit du trottoir, passa comme un fou furieux derrière une voiture qui klaxonna et à qui il offrit un geste grossier immanquable. Son rôle de coursier, il le tenait fort bien. Un peu trop peut-être parfois. Heureusement, il ne laissait pas ce personnage déteindre sur celui qu’il était. Les deux étaient incompatibles et c’était bien mieux ainsi.

-Rp terminé-
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Bowling

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