AccueilAccueil  CalendrierCalendrier  FAQFAQ  RechercherRechercher  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  

Partagez | 
 

 Shattered pieces will remain {.pv}

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage

Féminin
↳ Nombre de messages : 5152
↳ Points : 113
↳ Date d'inscription : 03/09/2013
↳ Age : 26
↳ Avatar : Ben Whishaw
↳ Age du Personnage : 31 ans
↳ Métier : Médecin Légiste & Hacker
↳ Opinion Politique : Contre le Gouvernement
↳ Niveau de Compétences : 1
↳ Playlist :
SAEZ - A bout de souffle ♭ MCR - Famous last words ♭ ADELE - Skyfall ♭ THE KILLERS - Human ♭ ALEX HEPBURN - Reckless ♭ STONE SOUR - Tired ♭ SLIPKNOT - Dead Memories, Before I Forget, Snuff ♭ IMAGINE DRAGONS - Monster ♭

↳ Citation : « Je suis un trucage humain qui aspire à devenir un homme sans trucages. »
↳ Multicomptes : Stain E. Greyjoy & Regan Faulkner
↳ Couleur RP : #b68656



Feuille de perso
↳ Copyright: Cryingshame
↳ Disponible pour un topic?: Non =(
↳ Liens du Personnage
:



MessageSujet: Shattered pieces will remain {.pv}   Dim 25 Jan - 13:46

Shattered pieces will remain

feat Kyran R. Hogan & Aleksi S. Lenaïk
I can't feel my senses. I just feel the cold. All colors seem to fade away. I can't reach my soul. I would stop running, if knew there was a chance. It tears me apart to sacrifice it all but I'm forced to let go. I can feel your sorrow. You won't forgive me, but I know you'll be all right. When memories fade into emptiness. Only time will tell its tale. If it all has been in vain.


« - On s’les gèle ici putain ! » Le froid, même  à l’abri du vent mordant, reste affreusement présent. J’ai passé mon enfance à côtoyer les températures négatives. A me prendre pour un viking du grand nord, dans les déserts enneigés de Finlande, pendant des heures. Alors cette ère glaciaire qui règne sur New York, m’affecte, c’est une certitude mais bien moins que mon camarade qui claque des dents à s’en péter la mâchoire. « - Hey, Leksi… tu voudrais pas faire une pause ? » Le sous-entendu me fait soupirer, et je secoue la tête de dépit, sans chercher à lever le nez de mon écran. La connexion entre les deux machines s’est faite comme un rien. Pénétrer dans le système pour ouvrir les portes de l’arène est une toute autre affaire. Je me perds dans les méandres de ce codage des plus sophistiqués et le froid qui ronge mes phalanges ne m’aide pas à aller plus vite. « - Tu disais pas ça hier soir. » Je me mords la langue pour ravaler l’élan d’agacement qui vient me heurter. La désinvolture dont il fait preuve me détruit, brise les remparts de ma patience déjà mise à mal devant la résistance de cette foutue machine. Je ne disais pas ça hier soir, je lui accorde cela. Tout comme les autres instants d’égarements qui ont pu avoir lieu entre nous depuis mon arrivée dans les rangs de la Résistance. Je me fais honte, à tomber si bas dans la piètre estime que je pouvais déjà avoir de moi-même. Je me laisse dominer par des instincts qui me dévorent, et par le vide qui s’étend dans mon corps à chaque battement de cœur. Je comble ce manque en possédant un être qui ne représente rien à mes yeux. De la possession physique dans sa forme la plus primaire, il s’en accommode et semble trouver l’exercice plaisant. Mais quand mes reins s’enchaînent aux siens, le vide reste présent. Le plaisir est éphémère, il dégringole sur ma peau et disparaît dès l’instant où la domination que j’exerçais sur lui s’arrête dans un soupir.

Roy tourne tel un lion en cage, soupire et se frotte les mains pour effacer la sensation de froid. La contrariété me fait froncer les sourcils, et me pousse à m’acharner encore un peu plus sur la machine. Je vérifie que les câbles sont toujours en place, inspecte la borne sur le mur face à moi d’un œil suspicieux et revient contempler le chaos informatique qui se dresse devant mes yeux. Les barrières s’écroulent néanmoins, lentement, elles tombent les unes après les autres. Le silence qui règne dans ce hall désert me vrille le cœur, et le malaise s’accroit. Roy est supposé faire le guet, et si je ne me réfugiais pas avec insistance sous ma capuche pour me couper du reste du monde, je passerais mon temps à jeter des regards inquiets par-dessus mon épaule. « - Y a pas un rat ici. J’suis sûr qu’ils s’en foutent de cette arène, et que les armes n’y sont plus. » Possible. Mais un tel système de sécurité pour protéger du vide, je n’y crois pas. Ce qu’il y a derrière cette porte, je m’en fiche. Ce qui m’importe c’est l’adrénaline qui accompagne le processus d’intrusion. Et le plaisir incisif que chaque ligne de code peut faire naître en mon sein. Ils ne peuvent pas comprendre ce que représentent ces machines à mes yeux. Ils ne peuvent me prendre que pour un fou. Un imperceptible sourire s’appose sur mes lèvres, s’y étend jusqu’à ce que Roy vienne se poster derrière moi. La pause est toujours ancrée dans son esprit, et je me crispe lorsqu’il pose son menton sur mon épaule. Dire que je n’en ai pas envie serait un doux mensonge. Mais entre une étreinte lascive et le ronronnement de la machine qui se trouve sur mes genoux, le choix est vite fait. Ses doigts tapotent sur mon épaule, et sous l’imposant manteau qui me recouvre le dos, sa vaine tentative pour me faire céder ressemble à un murmure. Je devine le manège de ses phalanges dans mon dos, et mon absence de réaction le pousse à soupirer plus lourdement et à laisser sa main se glisser dans la poche de mon jean. C’est un peu comme lorsque l’on donne un jouet pour distraire un enfant qui devient trop turbulent, qu’il réchauffe sa main, je m’en fiche, du moment qu’il cesse de perturber le raisonnement chaotique qui est en train de sévir dans mon cerveau.

Perdus au milieu de ce couloir désertique, je me suis enfermé dans mon univers binaire, oubliant le reste du monde. Remerciant Roy et son entêtement scabreux, pour être venu se coller contre moi. La chaleur émanant de son corps réchauffe le mien, l’immobilité prolongée dans laquelle je m’enlise depuis je ne sais combien de temps commence à me glacer le sang. « - Comment tu fais pour comprendre ces trucs ? » Je fronce les sourcils et ma seule réponse est un infime grognement de frustration. J’écrase avec une violence difficilement contenue la touche 'entrée', à plusieurs reprises. Jusqu’à ce que le déclic tant attendu résonne dans le silence lugubre du couloir. Roy ne bouge pas, le menton toujours sur mon épaule, il se contente de lever les yeux en direction de la porte. De rouge, la borne vient de passer au vert et les verrous ont cédé. Un vent violent de satisfaction me lacère l’échine, et l’ombre d’un imperceptible sourire vient effleurer mes lèvres. L’euphorie de cette mince victoire me pousse à sortir de mon immobilité, et sans lui laisser le temps d’esquisser le moindre geste, mes doigts glacés agrippent son menton pour laisser à mes lèvres tout le loisir de venir se brûler contre celles de Roy. Le contact m’électrise autant qu’il me brise. Dans ma poitrine, les martèlements s’accélèrent, et la douleur se fait plus intense. Je comble le vide avec du vide. Le néant reste total et lorsque je romps l’étreinte, la respiration hachée et les sens engourdis, l’excitation retombe aussitôt. Freinée par une barrière que j’ai dressée contre mon cœur et autour de mon corps. L’impasse dans laquelle je me trouve me fait soupirer. Je lâche mon partenaire d’infortune et laisse mes doigts revenir caresser les touches afin d’achever ma tâche.

_________________

Do I have to run and hide ?

I get the feeling just because. Everything I touch isn't dark enough. If this problem lies in me. I'm only a man with a chamber who's got me. I'm taking a stand to escape what's inside me. I'm turning to a monster. And it keeps getting stronger.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://consign-to-oblivion.forumactif.com/t885-aleksi-hold-your-

Féminin
↳ Nombre de messages : 8378
↳ Points : 337
↳ Date d'inscription : 31/08/2013
↳ Age : 25
↳ Avatar : Jonathan Rhys-Meyers
↳ Age du Personnage : 37 ans d'apparence, 177 ans en réalité
↳ Métier : Mafieux influent, fondateur de la Nemesis
↳ Opinion Politique : Anti-Gouvernement
↳ Niveau de Compétences : 3
↳ Playlist :
THE ROLLING STONES - satisfaction | PUSCIFER - the undertaker | 30 STM - the kill | PAPA ROACH - getting away with murder | DEPECHE MODE - wrong | LINKIN PARK - castle of glass | IMAGINE DRAGONS - shots | THE KILLERS - shot at the night | HURTS - somebody to die for | BLACK LAB - this night

↳ Citation : « Nous sommes tous frères sous la peau, et j'aimerais écorcher l'humanité pour le prouver. »
↳ Multicomptes : Nymeria C. Grimes & Rhys Steinsson
↳ Couleur RP : Navajowhite



Feuille de perso
↳ Copyright: Cyrine & Pathos & Tumblr
↳ Disponible pour un topic?: Non =(
↳ Liens du Personnage
:



MessageSujet: Re: Shattered pieces will remain {.pv}   Mer 28 Jan - 20:06

Le froid polaire cisaille ses membres, se faufile sous la couche pourtant massive de vêtements. Ses paupières se referment sur le néant, capturent les ténèbres pour mieux s’en repaitre. L’odeur âcre du sang le fait frissonner. De plaisir. De culpabilité, certainement un peu aussi. Son épaule écorchée par l’acier d’une balle suinte, se disperse en gouttelettes pourpres sur la neige. La sphère brûlante est entrée et ressortie, arrachant un morceau de chair sur son passage. « - Patron ? » Le murmure anxieux s’abime à peine contre ses oreilles, ne fait que le frôler. Prisonnier de sa transe assassine, il ne daigne pas reporter son attention sur son employé. Il n’a pas besoin d’ouvrir les yeux pour le voir osciller d’un pied à l’autre, fébrile et empoté. C’est la main suicidaire qui ose se poser sur son bras qui extirpe ses prunelles de l’obscurité dans laquelle elles se sont réfugiées. Il se dégage vivement, esquisse un pas sur le côté en coulant enfin son regard de glace sur le sbire. « - Patron, qu’est-ce qu’on fait des corps ? » Répète-t-il, des trémolos dans la voix. Sa dernière recrue n’est pas encore habituée à un tel déferlement de barbarie, et à ses conséquences sordides. Le malheureux n’est qu’à l’essai, et doit sans doute regretter de s’être engagé dans la voie de la criminalité. S’il jouait les durs jusqu’à présent et n’a pas hésité à donner la mort, assister et participer à une telle boucherie l’a remué. L’excitation passée s’est affaiblie, cédant sa place aux doutes et à la nervosité. Sauf qu’il n’y a plus de marche arrière possible. Il est enfoncé jusqu’au cou dans les emmerdes. Et quand on travaille pour le scandinave, c’est marche ou crève. Il en sait déjà trop pour se désister et retourner à des occupations plus tranquilles. Le mafieux le scrute longuement, analyse toutes les nuances de peur qui viennent embrumer ses rétines. Une lueur d’amusement éphémère fait vaciller les siennes, jure avec le flegme apparent. Il se complait dans sa position de tyran intransigeant, qui lui échappe bien trop souvent depuis qu’il est contraint d’endosser le rôle du flic droit dans ses bottes. L’autorité malsaine qu’il dégage lorsqu’il trempe dans des affaires illégales lui sied infiniment mieux.

La boucherie à leurs pieds aurait de quoi retourner n’importe quel estomac. Le sien ne fait pas exception, même s’il se laisse happer par la satisfaction profonde d’avoir réduit au silence ces incapables. Il jette une œillade autoritaire à ses comparses encore debout et désigne les cadavres d’un geste méprisant. « - Dégagez les le plus loin possible, leurs carcasses nourriront les rôdeurs. »  Aboie-t-il avant d’agripper par le col le petit dernier pour l’enjoindre à pénétrer du bâtiment. « - Toi, tu suis. Et sois discret, il en reste forcément à l’intérieur. » Des résistants. Ces crétins qui poussaient comme des champignons vénéneux depuis les récents évènements. Soudainement dotés d’idéaux patriotiques et des désirs réels de rébellion. Il avait promis à Sanjana d’essayer. De leur prêter main forte et d’encourager leur regain d’activité inespéré pour une bande de moutons ineptes comme eux. Mais partager le butin, et en récolter une part moindre de surcroit, l’a poussé à piétiner leur arrangement factice. A saboter leur alliance précaire. Il trouvera bien de quoi se faire pardonner ou une couleuvre à lui faire avaler. Que ces misérables avaient attaqué les premiers, à titre d’exemple. Il n’y aura personne pour contredire ses inepties. Si la belle indienne maitrise parfaitement l’art de la séduction, en embobinant les hommes sous leurs ordres pour leur faire cracher la vérité, elle est loin de les intimider comme lui. La pression délicieuse qui s’agglutine dans leur second cerveau est dérisoire en comparaison de la menace que le norvégien exerce sur eux. Ceux qui se sont essayé à bafouer ses instructions au profit de la brune incendiaire ne sont plus vivants pour s’en vanter.

Le moindre bruit résonne à l’intérieur du hangar, les obligent à redoubler de prudence pour ne pas se faire repérer. Les éclats d’une conversation qui semble à sens unique se propagent au détour d’un couloir. Ils se rapprochent à pas feutrés de la source, pour se retrouver devant une salle remplie de machines informatiques. L'escroc se fige, ses sphères métalliques vrillées sur le ‘couple’ face à lui. Il ne lui faut pas plus d’une seconde avant d’identifier le finlandais, lorsqu’Il se retourne à demi et écrase lascivement Ses lèvres contre celles de son partenaire. Ses prunelles horrifiées dévient, distinguent les phalanges aguicheuses qui s’approprient la poche de Son jean. Son maudit cruor martèle avec une brutalité démesurée ses tempes, fracasse son front en deux. Il le sent qui bourdonne, qui le paralyse littéralement. Une tempête sans précèdent sévit sous sa peau, lacère ses nerfs pour les réduire en cendres. Le dégoût et la répulsion lui perforent le cœur. L’acide sombre qui s’y nichait dégouline, se répand sur le lit de ses entrailles. Il ignore ce qui incendie le plus ses veines de fureur. Le baiser échangé avec fougue, qui lui fait le même effet que des doigts de glace en train de fouiller sauvagement ses tripes. Ou qu’Il se soit engagé dans la rébellion. Lui qui passait son temps à s’échapper, à protester. A prétendre qu’Il ne voulait pas être mêlé à tout ce cirque. Sonné, engourdi, il rassemble néanmoins ses esprits. Possédé par une fureur à son paroxysme, il en a même oublié sa blessure ouverte. Irrationnelle et meurtrière, la jalousie mène la danse et l’enferme dans un carcan anesthésiant. Un ricanement amer s’extirpe brièvement de ses lippes, avant qu’il ne recompose son visage d’un masque sévère et hautain. « - Si les petits branleurs comme vous passaient moins de temps à s’astiquer mutuellement au lieu de bosser, peut être que vos petits copains dehors auraient pu être sauvés. » Susurre-t-il, mesquin et moqueur. Il se délecte de la stupeur de Son amant, son arme à feu pointée dans sa direction. Il vise la cervelle, songe fortement à repeindre les façades ternes avec son contenu. Le clic qui accompagne le cran de sécurité retiré est assourdissant. Le rouge écarlate donnerait tellement plus de cachet à la pièce... « - Fouille-le. Ensuite, on les emmènera au feu d’artifice. » Siffle-t-il entre ses dents, venimeux, en baissant le pistolet. La jeune brute ne se fait pas prier, repousse le rebelle vers le mur avec véhémence. Le malfrat s’approche d’Aleksi, pose sa main rêche sur Sa nuque pour forcer le hacker à revenir face à l’écran. La poigne de fer pourrait broyer Ses os s’il ne se retenait pas, et il se demande ce qui l’en empêche. Il se fait violence pour ne pas Lui exploser le crâne contre les touches, jusqu’à ce qu’il n’en reste plus que de la bouillie. Mais l’électricité qui incendie son épiderme par ce simple contact l’en dissuade. « - On ne se laisse pas abattre à ce que je vois, Lenaïk. Tout se remplace. » Le souffle acerbe se glisse dans Son organe auditif, dans un murmure hargneux qu’Il est le seul à pouvoir entendre. Sa bouche s’éloigne de Son enveloppe corruptrice, pour enrayer le trouble qui le dévore aussitôt. « - Termine ce que tu étais en train de faire, et je ferai peut être preuve d’indulgence à ton égard. » Il relâche son emprise accablante, sans se défaire de ses intonations austères. La douceur rare dont il l’a gratifié lors de leurs retrouvailles à la morgue est enterrée, reléguée aux oubliettes. Et il craint cette fois d’en avoir perdu la clef.

_________________
I've got blood on my name
There's a reckoning a'comin. And it burns beyond the grave. With lead inside my belly. Cause my soul has lost its way.


Dernière édition par Kyran R. Hogan le Lun 2 Fév - 14:27, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://consign-to-oblivion.forumactif.com/t876-kyran-chaos-isn-t

Féminin
↳ Nombre de messages : 5152
↳ Points : 113
↳ Date d'inscription : 03/09/2013
↳ Age : 26
↳ Avatar : Ben Whishaw
↳ Age du Personnage : 31 ans
↳ Métier : Médecin Légiste & Hacker
↳ Opinion Politique : Contre le Gouvernement
↳ Niveau de Compétences : 1
↳ Playlist :
SAEZ - A bout de souffle ♭ MCR - Famous last words ♭ ADELE - Skyfall ♭ THE KILLERS - Human ♭ ALEX HEPBURN - Reckless ♭ STONE SOUR - Tired ♭ SLIPKNOT - Dead Memories, Before I Forget, Snuff ♭ IMAGINE DRAGONS - Monster ♭

↳ Citation : « Je suis un trucage humain qui aspire à devenir un homme sans trucages. »
↳ Multicomptes : Stain E. Greyjoy & Regan Faulkner
↳ Couleur RP : #b68656



Feuille de perso
↳ Copyright: Cryingshame
↳ Disponible pour un topic?: Non =(
↳ Liens du Personnage
:



MessageSujet: Re: Shattered pieces will remain {.pv}   Dim 1 Fév - 19:57


Brisé par le bruit des touches sous mes doigts et le ronronnement de la machine sur mes genoux, le silence en reste néanmoins pesant. Je ne sais pas ce qui aurait été le mieux. D’être ici et de m’enliser dans ma drogue la plus douce, ou de me retrouver avec les autres, dehors. L’une comme l’autre, les deux situations auraient apportées leur lot d’échecs et de satisfactions. Seuls au milieu du silence, mon coéquipier semble avoir oublié la prudence et ignorer les menaces qui pèsent sur nos épaules. Je l’oublie moi aussi, trop obnubilé par ce qui se passe sous mes yeux. Endigué par ma fièvre, je me mords la lèvre et fronce soudain les sourcils. Les bruits de pas ne me parviennent pas, c’est cette odeur de sang qui se glisse autour de moi qui me fait frissonner d’appréhension. Les sens décuplés du monstre que je suis m’avertissent du danger avant qu’il ne soit présent. Je savais que je devrais me rendre dans cette ville aujourd’hui, et malgré toute ma répulsion, j’ai profité de cette excursion pour me nourrir. Voler la vie d’une victime innocente pour faire rugir le sang sous ma peau. Et malgré la honte, je l’avoue, cette sensation de pleine puissance m’électrise. Se sentir vivant, comme du temps où je n’étais encore qu’un simple mortel a quelque chose de plaisant. Je m’enlise dans cette satisfaction et apprécie de plus en plus mes larcins. Malgré l’arrière-goût détestable qui reste sur ma langue. La moquerie brise le silence pour de bon. Je me fige, écarquille les yeux et mon souffle se bloque dans ma poitrine. Suspendus au-dessus des touches, mes doigts tremblent et sont incapables d’agir. Mon cerveau s’est mis en pause de lui-même, refuse de fonctionner tant la surprise est grande. La main de Roy abandonne mon jean et en moins de temps qu’il ne faut pour le dire, il se retrouve sur ses pieds, face à l’ennemi. Un rictus amer s’appose sur mes traits et je secoue la tête. C’était prévisible. Trop facile. Je ne les connaissais pas depuis longtemps, certains n’étaient que des noms pour moi, mais un sentiment de profonde tristesse s’enroule autour de ma gorge en apprenant leur trépas. Au cliquetis de l’arme, le rebelle lève les mains avant de retrouver violemment plaqué contre le mur par le second du norvégien.

Je n’ai pas bougé. Mes jambes se font de plomb et refusent de se détendre. Je tourne le dos à la menace et je sens qu’elle se rapproche. L’instinct me pousserait à me recroqueviller pour éviter l’impact. Ma volonté m’oblige à rester de marbre lorsque Sa main s’écrase sur ma nuque. Et me force à recoller mon nez devant l’écran. Je serre les dents, ravale la colère qui s’éveille sous ma peau et laisse l’ébauche d’un rire sarcastique se briser contre l’agresseur. « - Rien n’est irremplaçable. » Je voudrais croire ce doux mensonge. Tout se remplace c’est vrai. Pas Lui. Il est la douloureuse exception qui confirme la règle. Celle qui me détruit un peu plus chaque jour. Sa présence, son absence, tout est prétexte à la souffrance. Et malgré tout ce que m’inspire ce contact, je frissonne. D’un délice interdit qui m’a fait affreusement défaut depuis notre dernière rencontre à la morgue. La proximité fait battre mon cœur à tout rompre, l’organe à l’agonie retrouvant de sa vigueur en présence de son unique propriétaire. Son ordre me fait esquisser un infime sourire, sombre et assassin.

« - Ordonne, mais ce n’est pas certain que j’obéisse, Hogan. » Son nom claque sur ma langue, en écho à l'usage qu'il a pu faire du mien. Ce nom, qui appose une distance supplémentaire entre nous et qui me déchire de toute part. Qu’il fasse preuve d’indulgence, je n’y compte même pas. Pas maintenant, pas dans cette situation. J’ai bafoué mes  principes. J’ai accepté de rejoindre une cause qui n’avait jamais vraiment trouvé grâce à mes yeux. Je ne suis pas à ma place avec eux, j’en ai conscience, mais leur présence parvient à atténuer ma solitude.  « - Je suis surpris de te voir ici, toi qui affectionne tant les climats tempérés. » Le sarcasme est évident. Je ne cherche pas à le dissimuler, ni à le ménager. J’ai pourtant conscience que nous sommes en position de faiblesse. La brute qui a pris soin de fouiller mon infortuné camarade, s’est aussi occupé de récupérer son arme. Et moi. Trop inutile avec un tel jouet entre les mains, j’ai préféré m’abstenir. La détention d’une arme à feu me dérange au plus haut point de toute façon. Je n’ai pas repris ma tâche depuis que Kyran m’a lâché. Je n’ai fait que regarder l’écran, essayant de trouver une solution pour nous sortir de cette mauvaise passe. Les verrous de la porte ont été levés, il ne reste plus qu’à actionner le mécanisme pour qu’elle s’ouvre. L’hésitation me fait trembler, et l’appréhension revient se glisser sur ma langue. Dans un raclement de gorge, je lève enfin la tête et pose mon regard sur mon acolyte et l’homme qui l’immobilise. « - Nouvelle recrue hein ? Tu aurais dû réfléchir à deux fois avant de t’embarquer dans cette histoire. » Le cynisme m’incendie la langue tant la situation m’est familière. Pauvre type, aveuglé par de belles promesses, enrôlé dans l’armée du Diable. Et quel Diable… Je me perds à nouveau dans mes délires et sans attendre la réponse de l’interpellé, je reporte mon attention sur ma machine et recommence à me mordiller la lèvre.

« - Le fait pas, ils ne doivent pas mettre la main sur les armes. Leksi… » La supplique de Roy me déchire le cœur. Il a raison je le sais, mais le drogué qui s’agite sous ma peau en réclame encore. Je me suis lancé un défi, il est hors de question que je le laisse en suspens à cause d’un tel contretemps. Nous sommes condamnés, que je le fasse ou non. Alors après un nouvel instant d’hésitation, j’écrase mes doigts sur le clavier. Et la porte du hangar faisant office d’arène d’entraînement s’ouvre en silence. Comme si elle n’avait jamais été close. La menace qu’elle représente m’assèche la gorge et par-dessus l’écran, je ne peux m’empêcher de contempler les ténèbres qui s’échappent de cette bouche béante. Un nouveau tapotement sur les touches et les néons de la salle s’allument les uns après les autres. Chassant les ténèbres pour les remplacer par un éclairage cru et accablant. Malgré moi, je me replie sur moi-même. Abandonnée et pourtant, rien ne laisse penser que cet endroit n’a pas été utilisé depuis des mois. Ils avaient vraiment l’intention de rétablir ces jeux morbides. Un frisson d’angoisse glisse le long de mon dos. Plongé dans un immobilisme déconcertant, j’ignore quel comportement adopter. Je n’ose pas non plus me lever et Lui faire face. Il se passe trop de chose dans ma poitrine pour que je sois certain de ma réaction une fois que mon regard se perdra dans le Sien. Au fond je sais, même si je choisi de m’enliser dans un détachement douloureux, je sais pertinemment que la faiblesse reviendra.

_________________

Do I have to run and hide ?

I get the feeling just because. Everything I touch isn't dark enough. If this problem lies in me. I'm only a man with a chamber who's got me. I'm taking a stand to escape what's inside me. I'm turning to a monster. And it keeps getting stronger.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://consign-to-oblivion.forumactif.com/t885-aleksi-hold-your-

Féminin
↳ Nombre de messages : 8378
↳ Points : 337
↳ Date d'inscription : 31/08/2013
↳ Age : 25
↳ Avatar : Jonathan Rhys-Meyers
↳ Age du Personnage : 37 ans d'apparence, 177 ans en réalité
↳ Métier : Mafieux influent, fondateur de la Nemesis
↳ Opinion Politique : Anti-Gouvernement
↳ Niveau de Compétences : 3
↳ Playlist :
THE ROLLING STONES - satisfaction | PUSCIFER - the undertaker | 30 STM - the kill | PAPA ROACH - getting away with murder | DEPECHE MODE - wrong | LINKIN PARK - castle of glass | IMAGINE DRAGONS - shots | THE KILLERS - shot at the night | HURTS - somebody to die for | BLACK LAB - this night

↳ Citation : « Nous sommes tous frères sous la peau, et j'aimerais écorcher l'humanité pour le prouver. »
↳ Multicomptes : Nymeria C. Grimes & Rhys Steinsson
↳ Couleur RP : Navajowhite



Feuille de perso
↳ Copyright: Cyrine & Pathos & Tumblr
↳ Disponible pour un topic?: Non =(
↳ Liens du Personnage
:



MessageSujet: Re: Shattered pieces will remain {.pv}   Mar 3 Fév - 20:41

Le goût du sang inonde sa bouche, s’écoule dans sa trachée. Le norvégien serre les dents à s’en éclater la mâchoire, régurgite son venin. Etrangement, il ne retrouve un semblant de contrôle qu’en sentant la chaleur de Sa nuque contre son épiderme et les picotements interdits qui l’accompagnent. Il est l'unique à détenir ce pouvoir singulier sur lui, depuis le début. Faire déferler sa haine en torrents destructeurs, avant de la canaliser brusquement. Elle ne diminue pas, ne s’évapore pas. Elle s’agglutine seulement dans ses os et les ronge jusqu’à la moelle. Elle implose, brise sa résistance mécanique et projette ses particules tranchantes en travers de ses nerfs. Mais les projectiles brûlants se contentent de le déchirer de l’intérieur, et la douleur le dissuade de commettre un meurtre regrettable. Rien n’est irremplaçable. La confirmation de ses craintes profondes renforce l’amertume qui a pris possession de son palais, le pousse à relâcher sa prise. L’étau se referme autour de son palpitant, l’effrite comme du papier de verre. Il se sent roulé dans la farine, par l’effronté qui s’évertue à lui tenir tête au lieu de s’écraser et de se faire le plus petit possible. L’assurance suicidaire qu’Il dégage alimente son écœurement, lui noue les tripes et en serre les nœuds. La traitrise n’est pourtant légitime que dans sa cervelle détraquée. Le hacker a quitté son poste, ne lui doit plus rien. Pas plus qu’Il n’est supposé rester fidèle jusqu’à la fin de ses jours à une ombre, et se priver d’assouvir ses besoins primaires avec un autre que lui. Viscéralement possessif, il ne réussit cependant pas à se raisonner. Il n’essaie même pas. Il préfère boire la tasse et cracher sa bile, noyé dans une rancœur vaseuse et démesurée.

« - Oh que si tu vas obéir, si tu ne veux pas qu’il vous arrive des petites bricoles à ton petit copain et toi. Tu ne voudrais pas avoir sa mort sur la conscience, n’est-ce pas ? » Souffle-t-il, penché vers Son oreille. Le pauvre bougre est condamné de toute façon. Il l’a été à la seconde où il a posé ses rétines embrumées de convoitise sur le finlandais. Tout ce qui s’est enchainé ensuite n’a servi qu’à précipiter sa déchéance. Mais les rouages retors de sa cervelle aliénée ne sont pas aussi simples à décrypter que les ordinateurs bien rodés. Le doute a beau être infime, il reste permis. Il s’est suffisamment acharné à Lui faire croire qu’Il n’était rien. Qu’Il ne représentait rien, hormis une vulgaire erreur de parcours. Alors peut être peut-Il espérer qu’il épargnera Son amant, qu’il ne fera pas du malheureux un sinistre dommage collatéral. La teneur de sa question n’est cependant pas si limpide. Le malfrat ne cherche pas qu’à l’effrayer et le faire docilement obéir. Il teste, se leurre lui-même sur ses intentions. Inconsciemment, il cherche à découvrir à quel point Il est attaché à son camarade d’infortune. S’Il serait affligé par sa perte, prêt à se sacrifier pour l’éviter. Ou si Sa loyauté appartient encore à son ancien tortionnaire. La raillerie qui suit tire davantage ses traits de fer. Aleksi le connait mieux que la plupart des membres de son entourage, et il a horreur de ça. Il peut appuyer sur les points sensibles, le confronter à ses propres contradictions. « - Va savoir, peut être que le grand froid me manquait. » Certainement pas. Même si son corps reste conditionné aux températures négatives, le climat polaire le met au supplice. Le givre fait courir les doigts de la faucheuse le long de son échine, creuse le sillon de ses hideuses cicatrices. « - Et toi, les cadavres de la morgue ne te suffisaient plus ? Tu t’es dit que ce serait une bonne idée que leurs canines retournent te tâter de près, pour venir narguer les monstres jusque dans leur repère ? » S’enquit-il, narquois, en laissant son index glisser cruellement le long de Son cou et épouser la vilaine trace y nichant. Stigmate sordide des crocs acérés de Sa fiancée. Le sous-entendu mesquin ne Lui échappera pas, il en est certain. « - T’auras pas perdu de temps avant de replonger dans tes vieilles addictions en tout cas. Si peu de volonté... » Un rictus méprisant écorche ses babines. L’amusement est factice et il ne se retient qu’avec peine de vomir un flot de reproches. Il ne parvient pas à rassasier sa colère, elle gonfle au moindre de Ses mots fielleux et s’offusque même de Ses silences. Des sourires mauvais qu'il devine, même s'Il ne lui fait pas face.

L’échange fourbe passe au-dessus de son employé, décontenancé par la tension qui règne dans la pièce. Il a seulement la décence de rester muet et de ne pas chercher plus loin. Mais il ne peut s’empêcher de blêmir lorsque l’avertissement du geek vient l’effleurer. Renforcer son angoisse. « - Ferme-la et occupe-toi de tes fesses, c’est encore ce que tu feras de mieux. Et visiblement t’as pas été si traumatisé que ça, sinon t’aurais pas rejoint cette bande de corniauds juste après. » Siffle le tyran, en poussant Sa chaise vers le meuble pour l’en rapprocher et l’inciter à coopérer. Il ignore comment demander gentiment ou poliment. Le scandinave ne sait qu’aboyer des ordres et faire ployer sous la menace ses cibles. C’est à cause de ça qu’il a perdu l’apprenti légiste, et qu’il continuera irrémédiablement de le faire. La malédiction s’applique aussi à son frère, comme à tous ceux qui ont dérobé un morceau de chair entre ses côtes. Il fait le vide autour de lui et se retrouve seul au bord du gouffre, un trou béant à la place du cœur.

Leksi. Le surnom affectueux lui fait l’effet d’une décharge électrique. Ses paupières retrouvent l’obscurité salvatrice brièvement. L’animosité souveraine le fait trembler. En dépit de la supplique un brin désespérée, Il finit par s’exécuter et libérer l’arène des ténèbres. Immense, elle se dévoile sous leurs prunelles et il ne peut s’empêcher d’être captivé par le spectacle. Les jeux macabres lui sont étrangers. Intervenus alors qu’il luttait pour sa survie dans les géhennes. Abolis lorsqu’il a pu s’en enfuir. Qu’ils terrorisent le plus grand nombre l’intrigue mais il reste convaincu que l’horreur de Darkness Falls bat à plate couture les festivités organisées par la Dictature. La fascination morbide n’est que furtive et il s’avance vers le résistant téméraire, maintenu immobile par sa jeune recrue. Son arme à feu retourne dans la poche de son jean, il l’échange contre une fine lame. Il toise le rebelle avec arrogance, se délecte de sa fébrilité soudaine avant que son poing refermé sur la dague ne vienne brutalement s’abattre entre ses parties intimes. Suffisamment violemment pour que sa victime se plie en deux et s’écroule au sol, une imposante tâche écarlate au niveau de l’entrejambe. Même s’il survit par miracle à une telle hémorragie, leurs petits jeux salaces n’auront plus lieu d’être. Glaciales, les sphères d’acier du bourreau viennent se heurter aux Siennes et les sonde avec hargne. Indifférent aux atroces gémissements du rebelle mutilé à ses pieds. « - A toi l’honneur. » Lui susurre-t-il en désignant l’intérieur de la salle, pour qu’Il s’y aventure le premier. Histoire de voir s’Il en mène encore large, sans Son clavier.

_________________
I've got blood on my name
There's a reckoning a'comin. And it burns beyond the grave. With lead inside my belly. Cause my soul has lost its way.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://consign-to-oblivion.forumactif.com/t876-kyran-chaos-isn-t

Féminin
↳ Nombre de messages : 5152
↳ Points : 113
↳ Date d'inscription : 03/09/2013
↳ Age : 26
↳ Avatar : Ben Whishaw
↳ Age du Personnage : 31 ans
↳ Métier : Médecin Légiste & Hacker
↳ Opinion Politique : Contre le Gouvernement
↳ Niveau de Compétences : 1
↳ Playlist :
SAEZ - A bout de souffle ♭ MCR - Famous last words ♭ ADELE - Skyfall ♭ THE KILLERS - Human ♭ ALEX HEPBURN - Reckless ♭ STONE SOUR - Tired ♭ SLIPKNOT - Dead Memories, Before I Forget, Snuff ♭ IMAGINE DRAGONS - Monster ♭

↳ Citation : « Je suis un trucage humain qui aspire à devenir un homme sans trucages. »
↳ Multicomptes : Stain E. Greyjoy & Regan Faulkner
↳ Couleur RP : #b68656



Feuille de perso
↳ Copyright: Cryingshame
↳ Disponible pour un topic?: Non =(
↳ Liens du Personnage
:



MessageSujet: Re: Shattered pieces will remain {.pv}   Mer 4 Fév - 20:45


La moquerie touche sa cible en plein cœur et j’en esquisse un sourire. Viser dans le mile est devenue chose facile avec Lui. Je connais son aversion pour les grands froids et le croiser dans un tel lieu a quelque chose d’affreusement surprenant. Et la raison qui L’a poussé à venir se perdre dans ces étendues de glace doit vraiment valoir le coup. J’en fronce les sourcils et la suite des railleries me fait tressaillir. Je me crispe malgré moi, enfonce ma tête dans mes épaules et reste figé face à ma machine. Aussi ignoble que les railleries que j’ai pu lui lancer à la figure. Le retour de Fanny me fait l’effet de doigts de glace qui courent le long de mon échine. Et là où Il pose ses phalanges, la sensation est tout simplement affreuse. Je me défais de ce contact d’un coup d’épaule et passe ma main sur la boursouflure laissée par la morsure. « - Je me suis dit que cette fois peut-être, les canines de ces cadavres auraient un autre effet que de me changer en monstre. Mais vu que tu es là, je vois que mes plans tombent à l’eau. » La légèreté n’est plus de mise cette fois. L’aplomb que je m’efforce de conserver depuis Son entrée en scène s’effrite. Détruit par cette seule mention qui me fait bien plus mal que n’importe quelle plaie purulente. Ma voix se heurte contre les mots et prouve à elle seule combien l’allusion peut m’être douloureuse. « - On m’a fait une offre que je n’ai pas pu refuser. Et grâce à toi, j’étais libre, pourquoi aurai-je dis non? » Je m’autorise à jeter un coup d’œil par-dessus mon épaule dans Sa direction. Et l’accable d’un regard mutin et empli d’une provocation brûlante. Mon travail d’apprenti légiste me comble, c’est une certitude. Mais il reste toujours un vide ignoble qu’une seule chose peut effacer. Les résistants m’ont offert l’occasion de remplir ce trou béant qui me dévore. Même si, je dois l’avouer, j’aurais préféré que mon ancien poste me soit rendu.

L’ordre et le geste qui l’accompagne me font serrer dents et phalanges. Et sous ma peau je sens la chaleur de la colère. Elle commence à gronder dans mes veines et m’enivre de son poison. Je m’astreins au silence, mais les mots s’échappent de mes lèvres avant que je ne puisse les retenir. « - Quant au traumatisme, j’ai bénéficié d’un traitement de faveur qui aura permis d’atténuer ce genre de désagrément. » Je m’octroie le droit de hausser les épaules avec une désinvolture factice et d’accorder un regard à Sa nouvelle recrue, comme pour appuyer mes paroles. S’Il a joué avec les sous-entendus, je réponds en usant de la même carte. Quitte à me montrer vil et affreusement puéril. « - Tu te compares à eux ? Ne me fais pas rire, tu n’as rien à avoir avec eux. Absolument rien. » Le murmure s’emplit d’un venin des plus corrosifs juste avant que la porte ne s’ouvre et brise le silence revenu se glisser entre nous. Et plus je m’abîme dans la contemplation de ce nouveau décor, plus l’angoisse me prend à la gorge. Contraint d’être le spectateur de ces jeux de l’horreur même en prison, l’annonce d’une possible remise au goût du jour me fait peur.

La menace est évidente. Si l’immobilité qui nous a tous pris à la gorge lorsque les portes se sont ouvertes avait perduré, je n’aurais pas réagi. Fasciné malgré toute la menace que peut représenter une telle salle. Et pourtant, je me surprends à jeter un bref regard en direction de Kyran. Juste à temps pour le voir se rapprocher de Roy. Je scrute la scène, l’échange de regards et surtout, l’échange d’arme qui a lieu dans l’ombre de la scène. L’éclat d’une crainte sourde me vrille le cœur et d’un seul mouvement, je me redresse, un hoquet d’angoisse s’échappe de mes lèvres et se meurt une fois le châtiment infligé. La violence du geste me coupe le souffle. Mais ce qui me choque le plus c’est la région qu’Il a visé. Mes doigts fébriles s’agrippent à la chaise, et je m’oblige à m’y rassoir pour ne pas perdre pied. L’odeur du sang me vrille les narines et mes prunelles se retrouvent attirées par l’ignoble tâche qui vient maculer le jean de Sa victime. Je suffoque, noyé sous un flot de ressentiment exécrable. La colère fuse sous ma peau, et se partage la vedette avec une contrariété sans borne. Je devrais peut être me sentir touché de Le voir se mettre dans un état pareil pour un flirt sans véritables attaches. Une part de moi l’est, mais plus grande est celle qui ne tolère pas un tel déferlement de violence gratuite. Je me renfrogne, fronce les sourcils et ravale au mieux la bile venue me caresser la langue. Je Le déteste, ce qui n’est d’ordinaire qu’un murmure devient une évidence des plus entêtantes. Et sous la haine, pointe l’amertume de la peine. Je m’en veux. D’avoir mêlé un innocent à mes horribles histoires. D’avoir signer son arrêt de mort dès l’instant où j’ai eu l’audace de poser mes mains sur sa peau. Il ne survivra pas, cette évidence me broie le cœur et fige mes traits dans une expression de profonde tristesse. Je m’y étais attaché, plus que je ne voulais bien le croire. L’horreur qui me prend aux tripes me coupe de ce déferlement de violence auquel je viens d’assister. Je me rends sourds aux gémissements de Sa victime. Et par-dessus tout, je m’éloigne de cet être tyrannique. A toi l’honneur… Je relève la tête pour poser un regard lourd de rancœur et de colère sur Kyran. Je sais pourtant que ce mélange n’est pas le seul qui me ronge. La peur revient peu à peu s’insinuer dans mon cœur et je me surprends à Le considérer à nouveau comme une véritable menace. Je m’exécute après un long moment d’hésitation et pénètre dans la salle, les deux autres sur mes talons. Immobile, je tourne le dos au tyran, serre le poing et fais volteface.

« - Ca t’amuse ?!  C’est un besoin chez toi pas vrai ? D’avoir sans cesse du sang sur les mains ? Ca ne t’a pas suffi de tous les exterminer, il fallait que tu en  rajoute une couche ? » Le trop plein de tourments qui hurle sous ma peau se brise dans les échos de ma voix. Je Le fusille du regard et recule d’un pas, afin d’apposer une distance entre nous. Après ce qu’Il vient de faire, une proximité trop importante me détruirait. « - Ce n’est pas parce qu’un malade s’amuse à trucider tes conquêtes que cela t’octroie le droit d’en faire de même avec celles des autres. » Glacial et amer, je Le toise et me pare d’un aplomb de façade. Quand tout derrière la barricade est en train de s’effondrer. Amant ou simple ami, je suis incapable de tolérer le sort qu’Il a infligé à Roy. Le sort qu’Il a infligé à tous les autres. Je me fais honte, de m’être épris d’une telle créature et je n’aspire plus qu’à quitter cet endroit. M’éloigner de lui le plus possible pour ne plus avoir à souffrir de ses excès. L’angoisse s’accroit et le côté lugubre de l’endroit me met affreusement mal à l’aise. L’inquiétude me pousse à parcourir le lieu du regard, à tenter de discerner quelque chose dans les recoins sombres de cette immense salle. Troublé plus que de raison, meurtri par ce qu’il vient de se passer, je me laisse accabler et m’appuie contre un établi. Branlant, une des roues se détache du reste dans un bruit sourd et roule dans l’ombre. La soudaineté de la chose me fait perdre l’équilibre, je trébuche et j’en viens à buter contre je ne sais quoi. Quelque chose m’agrippe la cheville et me tire en arrière. L’odeur du sang me vrille les entrailles et mon regard se pose sur un visage décharné, toutes dents dehors. L’apparition me tétanise, mon cœur se fige puis s’emballe. Je suis incapable de me débattre quand mon cerveau est pourtant en train de hurler les ordres à mes membres. Ces doigts qui remontent le long de ma jambe, la proximité avec la créature, l’instant se calque sur un autre et me plonge encore plus dans cet immobilisme morbide. La douleur me vrille le tibia, l’écorchure saigne et tâche le sol d’un liquide noirâtre. J’ai joué la carte de la provocation, et maintenant que je me retrouve face à l’une de ces créatures, j’assiste à la fin d’un autre. Je me suis seul dans la tourmente, le sang qui frappe contre mes tempes me rend sourd. Et les grognements de la créature qui s’agrippe à moi résonnent dans mon crâne avec force. Au milieu des brumes qui m’entourent, j’ai pourtant l’impression de percevoir d’autres grognements et le bruit feutré de pieds décharnés sur le sol.

_________________

Do I have to run and hide ?

I get the feeling just because. Everything I touch isn't dark enough. If this problem lies in me. I'm only a man with a chamber who's got me. I'm taking a stand to escape what's inside me. I'm turning to a monster. And it keeps getting stronger.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://consign-to-oblivion.forumactif.com/t885-aleksi-hold-your-

Féminin
↳ Nombre de messages : 8378
↳ Points : 337
↳ Date d'inscription : 31/08/2013
↳ Age : 25
↳ Avatar : Jonathan Rhys-Meyers
↳ Age du Personnage : 37 ans d'apparence, 177 ans en réalité
↳ Métier : Mafieux influent, fondateur de la Nemesis
↳ Opinion Politique : Anti-Gouvernement
↳ Niveau de Compétences : 3
↳ Playlist :
THE ROLLING STONES - satisfaction | PUSCIFER - the undertaker | 30 STM - the kill | PAPA ROACH - getting away with murder | DEPECHE MODE - wrong | LINKIN PARK - castle of glass | IMAGINE DRAGONS - shots | THE KILLERS - shot at the night | HURTS - somebody to die for | BLACK LAB - this night

↳ Citation : « Nous sommes tous frères sous la peau, et j'aimerais écorcher l'humanité pour le prouver. »
↳ Multicomptes : Nymeria C. Grimes & Rhys Steinsson
↳ Couleur RP : Navajowhite



Feuille de perso
↳ Copyright: Cyrine & Pathos & Tumblr
↳ Disponible pour un topic?: Non =(
↳ Liens du Personnage
:



MessageSujet: Re: Shattered pieces will remain {.pv}   Sam 7 Fév - 20:45

Le ressac de la colère continue d’égratigner ses nerfs, inlassablement. Il en repousse à peine la progression, que déjà une nouvelle vague assassine se heurte aux récifs acérés de son esprit. Pendant un instant, le masque austère se craquèle et écarquille furtivement ses prunelles de surprise. Connaissant l’effronté, il aurait dû voir l’attaque venir mais il pensait la menace trop importante pour qu’Il se risque à un sous-entendu aussi déplacé. Le finlandais le provoque, ostensiblement. Il attise la bête féroce nichée dans ses entrailles. La titille comme s’Il ignorait qu’elle pouvait tout déchiqueter sur son passage. L’allusion lascive rend plus clair encore l’acier translucide qui ronge ses rétines, renforce l’expression sévère et inquiétante de son visage. Polaire, le norvégien l’a rarement été autant que cela en Sa présence. Et pourtant, le hacker s’entête à adopter un comportement des plus masochistes. La honte poisseuse glisse le long de son échine et lui arrache un violent frisson de répulsion. Il n’ose même plus reporter son regard sur son employé, de crainte d’y voir briller une lueur de compréhension et d’être contraint de s’en débarrasser. C’est tout ce qu’Il va y gagner. Une énième mort sur la conscience, juste pour une remarque stupide. « - Tu as raison. J’aurais dû te tuer pour m’assurer que tu n’irais pas à la concurrence. Et arracher ta langue bien trop pendue. » Comme tous les enfants capricieux, Kyran ne supporte pas et ne tolère pas qu’on s’approprie ses jouets. Même une fois cassés et abandonnés dans le ravin. Avec Lui, la chose prend des proportions particulièrement extrêmes, tant Il est loin d’incarner simplement une possession. Ni un nom en bas d’une liste, qu’on peut rayer d’un trait. La promesse qu’il regretterait amèrement Son licenciement a été tenue. Une grossière erreur, commandée par son orgueil et lourde de conséquences. Le manque qui se creuse jusqu’à faire de lui une coquille vide, de plus en plus poignant et viscéral. Ses grands projets de coup d’Etat, fortement entravés et paralysés sans le talent précieux du génie informatique. « - Ton éternelle capacité à t’attacher et à te faire laver le cerveau comme un parfait benêt est tellement attendrissante. Tu crois peut être que tu viens d’intégrer une famille de substitution, mais tu n’es qu’un pion. Pour ces incapables, comme pour moi avant eux. » Grince t’il, furibond, avant l’ouverture de la porte.

Le déferlement de rage qui s’ensuit n’est pas réellement calculé. La pulsion sadique mord ses tripes et le seul moyen de desserrer la mâchoire qui s’y plante est de la libérer. D’une sauvagerie sans nom, le geste est aussi précis que létal. Une part de lui se dégoute, mais un soulagement morbide l’étreint dès que sa piteuse victime se fracasse sur le sol. Il n’aurait pas pu. Le laisser survivre en songeant à leurs reins scellés, emportés par une frénésie langoureuse au rythme de leurs gémissements de plaisir. La vision lubrique était trop infâme. Le scandinave s’efforce d’éclipser la pensée de son frère, l’horreur absolue qui serait la Sienne, et ne se concentre que sur la satisfaction brute. Vouée à l’éphémère et à le torturer tant le châtiment a été extrême, même pour un monstre tel que lui. Ce n’est toutefois pas la première atrocité qu’il commet, et probablement pas la pire non plus. Il n’est pas à la tête d’une organisation mafieuse seulement grâce à son autorité naturelle et à son ambition dévorante. La barbarie est le fondement. L’effroi évident qui Le grignote lui déchire cependant le cœur, fait cogner son hémoglobine contre ses tempes avec une ardeur démentielle. Un rictus amer épouse ses lèvres lorsqu’Il se retourne pour lui faire face et lui cracher Sa bile à la figure. La distance de sécurité qu’Il inflige à leurs deux corps le brise, même s’il s’efforce de ne rien en laisser paraitre. « - Celles des autres, non. Mais les tiennes, oui. Je me contente d’honorer ton si cher traitement de faveur. Il te plait moins, d’un seul coup ? » Ironise t’il, sa voix ondulant sur des intonations glaciales et menaçantes. Un ricanement acerbe lui échappe en surprenant Son poing serré et le tyran se rapproche, par pur défi. Juste pour sentir Son épiderme se hérisser de fureur et de crainte. « - Tu t’apprête à me frapper ? Mais je t’en prie, défoule-toi. Vise bien surtout, une occasion aussi belle risque de ne pas se renouveler. » Susurre t’il, son timbre oscillant volontairement sur des nuances faussement mielleuses et enjôleuses. Il se moque, ouvertement. Il doute fort qu’Il tombe aussi bas. Il prétend s’amuser de Sa profonde aversion, alors qu’elle lui tord le ventre. « - Tout ne tourne pas autour de ton nombril, je l’aurais liquidé de toute façon. Ne jamais laisser de témoins, c’est la première règle. Mais je te l’accorde, je n’ai visé l’entrejambe que pour t’emmerder. » Il hausse les épaules, s’arrête à un pas de son ancien amant. « - Tu n’as récolté que ce que tu as semé. Je t’ai trop souvent averti que ton assurance puérile te mènerait à ta perte. Que ça allait finir par te sauter à la gueule. » Il ne connait que cette façon-là pour se faire respecter, depuis qu’il est enfant. Susciter la peur, pour se faire obéir. Pour souligner sa domination. Plus ou moins consciemment, il reproduit le même schéma que son géniteur. Il a vu, ce que cela donnait de se montrer conciliant et tempéré. Des souillures et des injures. Se faire sans cesse rabaisser et piétiner, le cœur en charpie. S’il n’a pas entretenu que des rapports de force malsains au cours de sa piètre existence, ce sont les plus marquants et traumatisants. Ceux qui ont fait décliner lentement son âme. Il est convaincu qu’il ne pourrait rien obtenir de ses sbires, pas plus que de Lui, sans se comporter en despote. Là où il devrait discerner l’affection et la considération, il ne distingue qu’irrespect et mépris. Qu’Il ait baissé Sa garde n’est que le signe de son odieuse faiblesse. Qu’il ne l’intimide plus assez pour pouvoir Le contrôler. Qu’Il puisse se montrer loyal de lui-même lui passe complètement au-dessus. Ce serait une aberration à ses yeux.

Ses sphères métalliques s’éloignent finalement des Siennes, embrassent le reste de l’arène en quête d’armes utiles. Quelques secondes sans Le surveiller, et le bruit sourd de Sa chute vient heurter ses tympans. Et ramène avec elle des invités intempestifs. Les créatures nécrosées sortent de l’obscurité, trainent leurs voutes plantaires décharnées contre l’asphalte putride. Son palpitant trébuche dans sa cage thoracique, s’emmêle entre deux battements tant il se croyait à l’abri de ce genre d’attaque. L’odeur de putréfaction avancée le prend à la gorge. Dépassé par sa jalousie maladive, il en a oublié la prudence. Que ce territoire n’est pas le leur, mais celui des cannibales décérébrés. La réaction de sa recrue inexpérimentée ne se fait pas attendre et le transforme en fou de la gâchette. En proie à une panique saisissante, il tire dans le vide, manque la plupart de ses cibles et ne fait que renforcer leurs grognements. Leur hâte à se repaitre de leurs misérables carcasses. Le malfrat n’a pas le temps de lui aboyer des ordres, les dégâts sont faits. Le plus sûr pour sauver sa peau serait de reculer et de fuir à toutes jambes, tant la supériorité numérique est écrasante. Mais il n’hésite pourtant pas à se précipiter vers Lui, pour écarter les créatures funestes prêtes à Le dévorer cru. Toujours serrées sur sa lame, ses phalanges s’abattent contre le crâne vide des zombies. Bataillent pour éviter qu’elles n’arrachent sa trachée à mesure que d’autres arrivent et attrapent ses mollets et ses chevilles. Il Le relève à la hâte, lui déboite certainement l'épaule dans la manœuvre tant l’urgence s’empreigne au moindre de ses gestes. Il ne Le relâche pas pour autant lorsqu’Il se retrouve sur pied, accentue au contraire démesurément sa prise par instinct de protection. Une certaine résistance se fait sentir mais il l’ignore et le tire vers la sortie. Le légiste pourra bien le détester tant qu’Il le voudra plus tard, la priorité est de s’extirper de ce guêpier. « - Arrête de jouer les suicidaires. Tu vas te faire hacher vivant si tu ne suis pas. » Souffle seulement la brute contre Son oreille en le ramenant vers son enveloppe pour l’enjoindre à coopérer. Il Le pousse vers la sortie, jette un dernier regard en arrière à sa recrue malchanceuse, happée par les tueurs affamés. Forcé d'ignorer ses hurlements de détresse et ses affreuses suppliques. Sauver les deux était impossible, le choix a été fait sans avoir à y réfléchir.

L’air vif du froid lui glace les poumons lorsqu’ils parviennent à l’extérieur, bloque sa respiration. Attirés par les coups de feu, des êtres décrépis se trainent déjà dans les rues défigurées par le givre. En masse. Ses employés se sont évaporés, et il fait emprunter au captif la direction opposée à celle des trainées écarlates qui maculent le manteau de neige. Plusieurs mètres de course laborieuse avant de s’engouffrer dans l’un des immeubles. De barricader les entrées avec les moyens du bord. Les meubles à portée sont repoussés pour faire barrage. Son poignard en main, il fait le tour des pièces, scrute les recoins au cas où un cadavre ambulant s’y dissimulerait. La respiration sifflante, il retourne ensuite dans ce qui faisait office de salon dans une autre vie. Lutte pour se calmer. Il avise Sa silhouette recroquevillée, s’avance doucement et s’accroupit à Ses côtés. Ses doigts gantés se posent sur Son genou, l'effleurent. Ses pupilles inquisitrices cherchent les Siennes, se heurtent à Son mutisme. « - Tu n’as rien, Aleksi ? Ils t’ont... fait du mal ? » Ses intonations sont basses, presque tendres. L’inquiétude perce la surface, jure avec son abjecte conduite dans le local informatique. « - Tu es blessé ? » Répète-t-il avec plus d’insistance, appuyant légèrement sur Son jean pour L’enjoindre à parler. Il a besoin de s’assurer que les lésions du résistant ne sont que psychiques. Qu’Il n’a pas été une deuxième fois infecté par le virus mortifère.

_________________
I've got blood on my name
There's a reckoning a'comin. And it burns beyond the grave. With lead inside my belly. Cause my soul has lost its way.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://consign-to-oblivion.forumactif.com/t876-kyran-chaos-isn-t

Féminin
↳ Nombre de messages : 5152
↳ Points : 113
↳ Date d'inscription : 03/09/2013
↳ Age : 26
↳ Avatar : Ben Whishaw
↳ Age du Personnage : 31 ans
↳ Métier : Médecin Légiste & Hacker
↳ Opinion Politique : Contre le Gouvernement
↳ Niveau de Compétences : 1
↳ Playlist :
SAEZ - A bout de souffle ♭ MCR - Famous last words ♭ ADELE - Skyfall ♭ THE KILLERS - Human ♭ ALEX HEPBURN - Reckless ♭ STONE SOUR - Tired ♭ SLIPKNOT - Dead Memories, Before I Forget, Snuff ♭ IMAGINE DRAGONS - Monster ♭

↳ Citation : « Je suis un trucage humain qui aspire à devenir un homme sans trucages. »
↳ Multicomptes : Stain E. Greyjoy & Regan Faulkner
↳ Couleur RP : #b68656



Feuille de perso
↳ Copyright: Cryingshame
↳ Disponible pour un topic?: Non =(
↳ Liens du Personnage
:



MessageSujet: Re: Shattered pieces will remain {.pv}   Lun 9 Fév - 21:17


Il se rapproche, et moi je reste immobile. Plongé dans la glace de Son regard, j’ignore ce qu’il serait le plus judicieux de faire. Frapper pour de bon, comme il semble le croire. Rester ici. Ou bien tourner les talons et quitter cet endroit qui me donne la chair de poule. Toutes ces possibilités se pressent contre mon cœur, et me retournent le cœur. Elles m’attirent toutes, mais aucune ne parvient réellement à me satisfaire. « - Tu sais très bien, que de nous deux, c’est toi la brute qui frappe à la moindre contrariété. J’en meurs d’envie c’est vrai, mais je ne m’abaisserais pas à ton niveau. » Je provoque, encore et toujours. L’habitude refuse de m’abandonner et malgré la crainte qu’Il m’inspire de nouveau, je ne parviens à faire profil bas. Dans le silence qui règne dans la salle, les plaintes de mon compagnon d’infortune se frayent un chemin jusqu’à mes oreilles. Je maudis mes sens et leur faculté décuplé. Je maudis ma nature qui m’a poussé à me nourrir il y a peu et à renforcer des dons qui me révulse. Et une nouvelle envie me frôle, celle de rejoindre Roy et de prendre le risque d’aller retrouver les autres. De Le planter là pour porter secours à celui qui a partagé mes nuits depuis des semaines. Ce serait la meilleure chose à faire. Ce serait un pur suicidaire, j’en ai pleinement conscience. Quoi que je veuille bien m’obstiner à penser, il est condamné. Un blessé dans un tel froid, au milieu d’un environnement aussi hostile signe de son propre sang son arrêt de mort. La suite de Ses paroles me fait serrer les dents et je le fusille du regard. Lutte à nouveau contre mes envies les plus sombres. Je ne suis plus rien pour Lui, frapper reviendrait à finir comme tous les autres. La prise de conscience me broie le cœur et efface le fer de mes traits. « - Ce que j’ai semé ? Pitié, ne me sors pas de discours moralisateurs de ce genre. Tu n’es pas crédible. » Ma langue claque, accompagne le cynisme de mes mots et je secoue la tête tout en esquissant un infime sourire en Sa direction. Sa nouvelle recrue n’en mène pas large, prise entre deux feux, elle assiste à une partie de tennis à laquelle elle ne comprend rien. Le pathétisme de la situation en devient risible, mais mon cœur n’a pas envie de rire. Le malaise m’accable un peu plus à mesure que les secondes défilent. « - Une famille de substitution… Sûrement pas. Je ne suis qu’un pion, mais ces incapables ont fait bien plus en quelques mois que tout ce que tu as pu accomplir en une année. » Et au fond, Il sait que j’ai raison. Sa passivité agressive l’aura poussé à se retrouver relégué au second plan. J’aurais aimé pourtant, qu’Il soit celui qui craque l’allumette et embrase cet horizon de glace. J’aurais aimé que la bêtise du Gouvernement soit pour Lui l’occasion de sortir de l’ombre et de tous les écraser. Les dirigeants tout comme mes nouveaux compagnons d’infortune. La déception ne devrait pas me toucher et pourtant elle est en train de le faire, caressant ma peau de ses doigts perfides.

Ma chute n’est qu’un murmure, terrassé par les grognements lugubres qui emplissent l’arène. La prudence, aussi stupide l’un l’autre, elle nous a glissé entre les doigts. Ils sont les maîtres des lieux, c’est une évidence. Et pourtant. La main décharnée qui m’agrippe la jambe me plonge dans un état léthargique des plus profonds. Ce n’est qu’une moitié de corps, il se traine au sol comme une vulgaire serpillère mais l’étau de ces phalanges nécrosées est la plus violente des menaces. Les coups de feu fusent, mais le brouillard qui m’entourent les assourdis grandement. Un nouvel hoquet de stupeur me détruit la poitrine et dans un sursaut de lucidité ridicule, je tente un mouvement de recul au moment où la créature tend sa main dans ma direction. Mon geste est inutile, la prise me broie l’épaule. Les ongles déchirent ma veste et s’incrustent dans ma chair. Le monstre glisse et dans sa chute, il me déchire la peau. La nausée devient violente, elle me tord le ventre et l’odeur de mon sang qui se mêle aux relents de décomposition manquent me faire perdre connaissance. La douleur qui me transperce l’épaule fait perler les larmes sur mes cils, mais ce qui me détruit le plus, c’est d’être à nouveau la victime passive d’une de ces créatures. Ce n’est pas une petite brûlure qui s’élance le long de mon bras, mais un incendie. J’ai l’affreuse impression d’avoir la peau en feu, de brûler de l’intérieur. Et la main qui se saisit de mon bras sans le moindre ménagement n’arrange rien. Un éclair de souffrance me déchire le crâne, me donne envie de hurler mais aucun son ne parvient à se frayer un chemin jusqu’à mes lèvres. Amorphe jusque dans les manifestations de ma douleur. On m’extirpe de l’arène, et malgré mon état comateux, je me surprends à résister. A vouloir presser celui qui s’octroie le droit de décider à ma place de revenir sur ses pas. Ma machine. Il faut retourner la chercher. Tout ce qu’elle contient va se perdre. Les mots frôlent mes oreilles mais n’y rentrent pas. Ce n’est qu’un assemblage de sons qui me semble totalement étranger. Je m’obstine encore un moment puis abandonne la lutte. Vidé, terrassé par la panique sourde qui a pris possession de mon sang.

Tout se passe dans un nuage opaque. Son bras qui me brise la taille semble appartenir à une autre réalité. Le froid qui me mord la peau et la tiédeur qui s’ensuit me vrille encore plus le crâne. J’ai le cœur qui bat à tout rompre dans ma poitrine, le sang qui hurle contre mes tempes. Je ne parviens pas à remplir mes poumons d’air, à chaque inspiration j’ai la sensation d’avoir des masses de plomb accrochées à mes poumons. L’air me manque et lorsqu’Il me lâche enfin, je m’effondre comme une vulgaire poupée de chiffon. Je ne prête pas attention à Son manège. A vrai dire, peu de choses me parviennent à cet instant. Je me concentre sur la peur qui me ronge. Le choc est là, profondément ancré en moi. Bouger, ne serait-ce qu’un doigt m’effraie. Je redoute de voir une de ces créatures surgir du moindre recoin de la pièce dans laquelle nous sommes. Je sursaute lorsque quelque chose me touche le genou. Les tremblements reviennent, me brisent et la panique m’empêche de faire preuve de bon sens. Je ne peux pas faire l’effort de poser mon regard sur la silhouette accroupie à côté de moi. Je me recroqueville, m’enferme dans mon monde de noirceur et renoue avec le détenu brisé que je fus durant mes premières années de détention.  Tu es blessé… La question se fraye un chemin au milieu des brumes. Je lutte avec moi-même pour sortir de cet état apathique dans lequel je me suis enfermé. Je lutte et parviens enfin à poser les yeux sur Kyran. J’oscille entre une profonde crainte et le besoin de m’éloigner au plus vite. Et l’envie dévorante de trouver un quelconque réconfort dans la chaleur de Ses bras. Aucune de ces envies ne se réalisera. Je suis incapable de bouger, tétanisé jusqu’au bout des doigts. Le silence plane, se fige entre nous et les mots ne parviennent pas à s’assembler dans mon esprit. Les connexions ont été défaites par cette attaque. « - Non. » La réponse m’échappe, se jette dans le vide avec automatisme. C’est là, la seule parole que je peux lui offrir. La seule qui me semble logique. Avant que la raison ne me revienne dans un violent spasme.

Blessé… Je le suis. Dans les tréfonds de mon âme corrompue et de mon cœur en morceaux. Blessé dans les méandres de ma mémoire. Je le suis aussi dans ma chair. La douleur qui fuse de mon tibia lacéré n’est qu’un murmure en comparaison de celle qui me dévore l’épaule. Là où les créatures ont plantées leurs ongles nécrosés. La nausée revient, un haut-le-cœur me retourne les tripes et je me crispe, mes doigts sortant de leur mutisme pour venir s’agripper à mon épaule en sang. « - Si… » Je pensais connaître tous les degrés de la peur. Je me trompais. C’est une nouvelle forme de frayeur qui me ronge en cet instant. Elle rétracte mes pupilles et me fait pâlir. Le sang me délaisse, et s’échappe de par cette ignoble plaie. « - Kyran… Qu’est-ce qu’il va se passer ? » Mes tremblements se font plus intenses et les doigts d’une sueur froide me caressent la nuque. « - Je… Je vais mourir c’est ça ? » La panique fait trembler ma voix, je m’agrippe à la main qu’Il a posé sur ma jambe, scrute et sonde Son regard dans l’espoir d’y lire une quelconque réponse. J’ai endossé le rôle du masochiste téméraire, face à la menace qui pèse sur mes épaules, mon rôle de composition fond comme neige au soleil. En cet instant, tout tourne autour de mon nombril et une seule question ne cesse de se heurter contre mon crâne : que va-t-il se passer maintenant ? La perspective de finir comme l’une de ces créatures me fait trembler avec plus de hargne. Et plus mon cœur s’échine à frapper contre mes côtes, plus la chaleur de la fièvre se dissipe dans mon corps.

_________________

Do I have to run and hide ?

I get the feeling just because. Everything I touch isn't dark enough. If this problem lies in me. I'm only a man with a chamber who's got me. I'm taking a stand to escape what's inside me. I'm turning to a monster. And it keeps getting stronger.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://consign-to-oblivion.forumactif.com/t885-aleksi-hold-your-

Féminin
↳ Nombre de messages : 8378
↳ Points : 337
↳ Date d'inscription : 31/08/2013
↳ Age : 25
↳ Avatar : Jonathan Rhys-Meyers
↳ Age du Personnage : 37 ans d'apparence, 177 ans en réalité
↳ Métier : Mafieux influent, fondateur de la Nemesis
↳ Opinion Politique : Anti-Gouvernement
↳ Niveau de Compétences : 3
↳ Playlist :
THE ROLLING STONES - satisfaction | PUSCIFER - the undertaker | 30 STM - the kill | PAPA ROACH - getting away with murder | DEPECHE MODE - wrong | LINKIN PARK - castle of glass | IMAGINE DRAGONS - shots | THE KILLERS - shot at the night | HURTS - somebody to die for | BLACK LAB - this night

↳ Citation : « Nous sommes tous frères sous la peau, et j'aimerais écorcher l'humanité pour le prouver. »
↳ Multicomptes : Nymeria C. Grimes & Rhys Steinsson
↳ Couleur RP : Navajowhite



Feuille de perso
↳ Copyright: Cyrine & Pathos & Tumblr
↳ Disponible pour un topic?: Non =(
↳ Liens du Personnage
:



MessageSujet: Re: Shattered pieces will remain {.pv}   Sam 14 Fév - 20:09

L’état de profonde détresse dans lequel se renferme le finlandais le brise, fait fondre l’épaisse couche de glace qui enveloppe son palpitant. Son sang rugit contre ses tempes avec une ardeur effroyable et d’abominables picotements martèlent ses terminaisons nerveuses. Son cœur semble se recroqueviller dans sa paume et il a l’affreuse sensation qu’il lui suffirait de serrer le poing pour qu’il explose. Qu’un simple coup de vent pourrait les balayer, tous les deux, et les détruire en mille morceaux. Il se sent tiraillé par la peur, dans sa forme la plus brute et viscérale. Sauf qu’il ne craint pas pour sa propre vie. Il s’en moque. Royalement. Aleksi est tout ce qui importe. Il se surprend à chanceler et se suspend à Ses lèvres dans l’espoir vain de se faire détromper. La négation qui s’envole dans l’air ne le soulage pas, tant elle sonne faux. Il est bien trop tétanisé pour réussir à le convaincre et à le rassurer. Aucun son ne s’extirpe pourtant de sa bouche. Ses sphères d’acier continuent de scruter les nuances contradictoires de Ses émeraudes, et il attend. Il attend que le couperet tombe et se laisse happer tout entier par le silence de mort qui plane. Si… Le démenti lui arrache un frisson meurtrier. Son échine est lacérée par une sueur froide, il serre fort les dents pour les empêcher de claquer. Ses prunelles suivent fébrilement le trajet de Ses phalanges et se heurtent à la vue de Son sang. A l’odeur âpre qui s’extirpe de la plaie purulente, également. Recouvert de multiples hémoglobines, il ne l’a même pas sentie. Les arômes capiteux se sont frayés jusqu’à ses narines sans qu’il s’hasarde réellement à les identifier.

Je vais mourir c’est ça ? Un brin désespérées, semblables à de terribles suppliques, les interrogations lui déchirent le torse. L’espace d’une infime seconde, il a l’impression de revoir son frère. D’être propulsé dans les quartiers sordides et malfamés de son enfance. Lorsqu’ils se cachaient sous le lit ou dans un placard poussiéreux, tapis dans l’ombre pour ne pas se faire repérer. Lorsqu’ils n’étaient plus que des boules de terreur, recroquevillés dans un coin de leur taudis puant. Et que la voix de leur père ivre résonnait dans toute la maison, que ses pas claudicants faisaient vibrer le plancher lorsqu’il partait en chasse de ses souffre-douleurs. Il fallait déployer des trésors de tendresse pour calmer Sven, encore trop jeune et trop frêle pour adopter les bons réflexes. Il fallait se montrer plus fort qu’il ne l’était vraiment, lui le gamin fragile et incapable de se faire respecter par qui que ce soit. Il fallait mentir, murmurer des paroles apaisantes. Et hélas, il échouait bien trop souvent à la tâche. Il suffisait d’un rien pour que le monstre les repère. Un sanglot étouffé. Un reniflement. Un craquement. Doté de sens horriblement aiguisés pour un ivrogne tel que lui, lorsqu’il s’agissait de trouver ses fils et de les passer à tabac. D’évacuer sa rage sur eux, et de les démolir juste assez pour qu’ils survivent et servent à nouveau d’exutoires le jour suivant.

« - Je ne… » Commence t’il sans parvenir à achever sa phrase. Je ne sais pas. Voilà ce qu’il devrait lui asséner. La vérité crue, et surtout pathétique. Après toutes ces années d’expérience, ce siècle dans la peau d’un démon, il ignore une chose aussi rudimentaire. Si on peut survivre une seconde fois à la fièvre. Il s’est toujours arrangé pour ne pas réitérer l’expérience et l’indienne en a fait de même. Il s’en mord les doigts maintenant. « - Non. » Tranche-t-il, sur un ton qui se veut confiant et assuré. Il refuse en bloc l’idée qu’Il puisse décéder des suites du virus. « - Tu vas t’en sortir. Je veux que tu te rentres ça dans le crâne. » Il insiste, plante son regard métallique dans celui du blessé. Il essaie d’y insuffler toute la conviction et le réconfort possibles, chasse l’angoisse qui lui broie sauvagement les tripes. « - Tu as déjà survécu une fois, il n’y a pas de raison pour qu’il en soit autrement. » Il cherche à s’en persuader en même temps que Lui, se répète qu’il s’agit de l’unique issue à ce guet-apens désastreux. Sa main serre la Sienne avec force, il la garde un moment avant de la relâcher pour retirer ses gants. Les serpents inquisiteurs remontent vers Son épaule ensanglantée, écartent doucement les couches de tissu. Il ne lui laisse pas le choix, ne lui demande pas l’autorisation avant de s’exécuter. Ses sourcils se froncent devant les vilaines traces de griffures. Devant les magmas noirâtres qui s’en échappent. Le tableau n’est pas joli à voir et promet de lui laisser probablement une belle cicatrice s’Il en réchappe. Une vague de nausée lui tord le ventre mais il tente de rester de marbre. De garder ses traits inexpressifs et de ne pas grimacer, pour ne pas davantage l’alarmer. Les phalanges dénudées se posent contre Son front avec une certaine tendresse, et frémissent sous le contact brûlant. Elles y restent quelques secondes, puis écartent une mèche rebelle qui s’y est collée. Son orgueil de mâle dominant tombe presque en lambeaux à Ses pieds. « - Je… Je reviens. Je vais chercher de quoi désinfecter ça. » Sa voix n’est plus qu’un bruissement, un infime murmure qui se perd dans les méandres de ses profondes inquiétudes. Il hésite puis se penche pour embrasser le haut de Son visage. Un baiser volé avant de se lever et de disparaitre dans une autre salle. Sa conduite tendre et protectrice contraste violemment avec tout ce auquel il l’a habitué, et surtout avec la barbarie dont il a fait preuve dans le hangar abandonné. Toute la colère agglutinée dans ses os s’est subitement évaporée, autant que le besoin hargneux de Lui faire mal. De Lui faire payer Ses infidélités. De Lui faire ravaler Ses sarcasmes déplacés. Il ne pense plus qu’à se racheter. Ou il en a peut-être simplement assez, de se comporter comme le pire des salopards et de se faire haïr des seules personnes qui importent. Il préfèrerait endurer Ses affronts à nouveau contre l’assurance de ne pas Le perdre. A chacun des stades de sa piètre existence, il a incarné celui qui part, d’une manière ou d’une autre, et non celui qu’on quitte. Lorsqu’il a rejeté férocement et définitivement sa demi-sœur, pour une raison incroyablement stupide. Lorsqu’il a rendu son dernier souffle, agonisant dans la neige à cause de son arrogance suicidaire. Lorsqu’il gracie ses conquêtes d’une mort lente, en aspirant leur énergie vitale après des ébats langoureux. Ou ses employés défaillants, lorsqu’ils échouent et le déçoivent lamentablement. Il fuit systématiquement, déguise sa lâcheté derrière un tempérament impitoyable. Mais en cet instant, il n’est qu’un gosse qui tremble d’anxiété comme un damné. Dévoré par un trouble qui dépasse l’entendement et le met au supplice. Il se sent pitoyable d’éprouver ça mais qu’Il puisse se changer en cadavre affamé le pétrifie littéralement.

Particulièrement nerveux, le mafieux fouille les placards de la cuisine, envoie des babioles se fracasser contre le sol avec hargne lorsqu’il ne trouve pas ce qu’il cherche. Endiablé, son myocarde se précipite contre sa cage thoracique, l’écorche avec un masochisme absolu. Ses côtes s’effritent dangereusement, transpercent ses poumons au passage. Il finit par mettre la main sur une bouteille de vodka et ramasse un torchon avant de revenir dans la pièce. Une once de soulagement s’empare de lui en constatant qu’Il n’a pas bougé. Qu’Il n’a pas profité de l’intermède pour prendre Ses jambes à son cou. Ce serait compréhensible, après le sadisme ignoble dont il a fait preuve. Et il sait qu’Il redoute désormais d’autres représailles, qu’une majeure partie de la confiance aveugle qu’Il lui vouait a été cruellement éradiquée. Le scandinave retourne néanmoins près de Lui, débouche le flacon d’arsenic. Ses narines se plissent lorsque les effluves malsains de l’alcool les frôlent. L’écœurement fait faire des nœuds à ses entrailles. Il s’efforce néanmoins de poursuivre sa basse besogne et renverse un peu de son contenu sur le linge. Ses rétines polaires plongent dans les Siennes, avant qu’il n’appuie vigoureusement le textile trempé contre la lésion putride. « - T’es quand même un aimant à emmerdes… Faut toujours que tu te fasses charcuter ou que tu te retrouves coincé dans des situations impossibles. » Grogne-t-il, pour ignorer Son affliction contagieuse. Les reproches amers viennent plus facilement que le reste. Il remet son armure en ferraille rouillée, la laisse lui bousiller les omoplates, pour empêcher le chagrin fourbe de dévaler la pente. Ses gestes deviennent de plus en plus maladroits et empreints de brutalité, parce qu’il commence clairement à paniquer. Nettoyer la chair souillée contribue à aggraver l’état délabré de ses nerfs. Ne sert qu'à rendre plus tangible et vorace la sinistre menace qui pèse sur Lui.

_________________
I've got blood on my name
There's a reckoning a'comin. And it burns beyond the grave. With lead inside my belly. Cause my soul has lost its way.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://consign-to-oblivion.forumactif.com/t876-kyran-chaos-isn-t

Féminin
↳ Nombre de messages : 5152
↳ Points : 113
↳ Date d'inscription : 03/09/2013
↳ Age : 26
↳ Avatar : Ben Whishaw
↳ Age du Personnage : 31 ans
↳ Métier : Médecin Légiste & Hacker
↳ Opinion Politique : Contre le Gouvernement
↳ Niveau de Compétences : 1
↳ Playlist :
SAEZ - A bout de souffle ♭ MCR - Famous last words ♭ ADELE - Skyfall ♭ THE KILLERS - Human ♭ ALEX HEPBURN - Reckless ♭ STONE SOUR - Tired ♭ SLIPKNOT - Dead Memories, Before I Forget, Snuff ♭ IMAGINE DRAGONS - Monster ♭

↳ Citation : « Je suis un trucage humain qui aspire à devenir un homme sans trucages. »
↳ Multicomptes : Stain E. Greyjoy & Regan Faulkner
↳ Couleur RP : #b68656



Feuille de perso
↳ Copyright: Cryingshame
↳ Disponible pour un topic?: Non =(
↳ Liens du Personnage
:



MessageSujet: Re: Shattered pieces will remain {.pv}   Mer 18 Fév - 20:03


J’attends Sa réponse, et m’enlise plus avant dans l’angoisse qui me prend à la gorge. La peur se lit sur mon visage, elle suinte du moindre de mes pores et me fragilise. Le sang qui glisse entre mes doigts renforce la nausée et dans un spasme, mes phalanges se crispent contre la peau à vif. Suspendu à Ses lèvres, son début de phrase accélère la course de mon cœur. Un infime espoir s’y niche, avant que l’ensemble ne tombe en morceaux. Il se veut réconfortant, et malgré les brumes qui m’enveloppent, je comprends. Il n’en sait rien. Absolument rien.  L’effroi tire encore un peu plus mes traits et je me décompose. « - Tu... tu n’en sais rien en fait ? » Ce n’est qu’un murmure, chargé de tout l’accablement qui peut m’envahir en cet instant. Je pensais, bêtement, que Son expérience lui donnait toutes les clés. Qu’il connaissait les tenants et les aboutissants de cette essence qui me dépasse. Je me suis leurré, et le moment pour en prendre conscience est affreusement mal choisi. Le réconfort de Ses paroles glisse sur ma peau en feu. Je secoue la tête, ferme les paupières et ravale tout ce qui se déchaîne contre mes tempes. « - Je n’étais pas déjà atteint la première fois.  Et c’est ce qui se dit, qu’il ne faut plus se faire toucher par ces créatures après la première attaque. » Trop rationnel pour croire à une hypothétique option, je ne peux pas me laisser bercer par les chimères qu’Il glisse contre mes oreilles. Et Sa main qui vient serrer la mienne, ne m’apaise pas. Et pourtant, je frissonne avec plus de force quand Il se lève et quitte la pièce. Je le suis du regard, paniqué. J’ai peur qu’Il ne revienne pas. J’ai peur de me retrouver seul. Un hoquet de douleur m’échappe et je me recroqueville encore un peu plus sur moi-même, ramenant mes jambes vers moi pour poser mon front brûlant contre mes genoux.

La fièvre me ronge jusqu’à la moelle. Elle me fait trembler, et la sueur qui se glisse sur ma peau me glace le sang. Je suis écartelé entre les étendues froides des fjords et la chaleur étouffante d’un brasier. Je suis obligé de faire un immense effort pour empêcher mes dents de s’entrechoquer avec violence, et serrer la mâchoire accentue le mal de crâne qui me cisaille la tête. A moitié conscient, je tente péniblement de me défaire de ma veste, ou du moins, de libérer mon bras blessé pour faciliter les soins. L’exercice m’arrache un infime soupir de douleur. Tu résistes Aleksi, c’est ça qui rend l’épreuve aussi désagréable. Je relève soudainement la tête et pose mon regard embrumé sur une silhouette familière. Fanny se tient immobile dans l’encadrement de la porte par laquelle Kyran a disparu. J’écarquille les yeux, stupidement et je la fixe. Elle aussi réel que l’homme qui revient se poster à côté de moi. L’odeur qui vient titiller mes narines m’indispose presque autant que celle de mon sang. Je plisse le nez, mes prunelles ancrées aux Siennes et retient mon souffle dans l’attente du châtiment. Le contact brûlant de l’alcool contre ma peau feu me fait sursauter. Un spasme douloureux me déchire et malgré la souffrance, j’esquisse un faible sourire en entendant Ses mots. « - C’est pour attirer ton attention. » La moquerie se fraye un chemin entre les larmes qui m’inondent les yeux et celles qui m’obstruent la gorge. C’est une vérité au fond. La brutalité qui accompagne Ses gestes me donne l’impression d’être un pauvre pantin, renforce ma fragilité et je me réfugie dans les ténèbres. La douleur s’élance jusque dans le bout de mes doigts, elle remonte contre ma gorge et s’infiltre jusque dans mon cœur. Je ne peux m’empêcher de soupirer tant le mal qui me ronge se fait intense. Ma main libre vient alors  se poser contre Son poignet pour l’enjoindre à arrêter. « - Tu perds ton temps. C’est trop tard… » Je le lâche dans un misérable soupir tout en reposant mon regard sur Lui. Voilà, c’est plus raisonnable déjà.

Au milieu des ombres qui m’entourent, Fanny s’avance, ignore Kyran et vient se poster à mes côtés, sa main se posant sur mon autre cuisse. Réfléchi, c’est mieux ainsi. Depuis que tu es sorti de prison, tu accumules les déconvenues. Tu t’enlises dans tes rêveries ridicules, comme tu l’as fait pour nous. Arrête… Le murmure effleure mes lèvres mais aucun son ne parvient à se frayer un chemin jusqu’à ses oreilles. Elle est réelle. Aussi vivante que Kyran, je peux sentir la chaleur de sa peau contre la mienne. Je t’ai aimé tu sais. Au début, j’étais persuadée que tu ne sortirais jamais, c’était facile. Et puis tu es sorti, on s’est fiancés, et Il est arrivé. Tu sais de quoi je parle, tu connais ses talents aussi bien que moi. Sa voix qui trébuche dans ma tête me retourne le ventre. Je me réfugie dans les ténèbres, ferme les paupières avec force et ravale les larmes qui me brûlent les yeux. C’est une torture, les mots qu’elle me lance me blesse et se mêlent à la fièvre qui n’en devient que plus violente. « - Ca n’a pas été aussi rapide la dernière fois. » Je repousse Sa main cette fois, L’oblige à arrêter et je tente de me relever. L’exercice est difficile, et lorsque je me retrouve sur mes jambes, j’ai l’impression que ces dernières vont se briser sous mon poids. Péniblement, je me traîne jusqu’au sofa où je me laisse lourdement tomber.  « - J’ai toujours su que je mourrais jeune, mais de cette manière, je ne l’avais jamais imaginé… » Je ne m’adresse à personne. Ni à Lui, ni à Fanny. A moi seulement. C’est une certitude qui ne m’a jamais quitté, et cela depuis bien longtemps. Un accident, une maladie, un suicide, des options toutes plausibles. Mais mourir à cause d’une griffure prodiguée par une créature à moitié morte, je n’y avais jamais pensé. Ce pessimisme. Tu vois, chéri, c’est ça ton problème. C’est pour ça que tu te retrouves toujours seul au final. Ce n’est pas vrai. La discussion continue, et elle me fatigue. Physiquement et moralement. Fanny s’installe à côté de moi, me scrute et tapote doucement sur mon avant-bras. Tu vois, tu continues. Tu t’évertues à lutter, alors que tu as perdu. Une fois passe encore, mais deux ? C’est impossible de survivre. Surtout pas dans un endroit pareil. Pas vrai les filles ? Je sursaute en l’entendant éclater de rire. Elle se penche, tapote sur ma joue et lance un regard en direction de la fenêtre. Je croise alors les visages fermés de ces victimes qui me hantent. Celles qui poussent les enquêteurs à faire des allers-retours à la morgue. Celles qui m’obsèdent plus qu’elles ne le devraient. Ca te rappelle quelque chose ? Allez fait un effort, ça va te revenir. « -  Tu ne devrais pas rester là, je te mets en danger. » Je coupe cours à la discussion qui a lieu dans ma tête, et m’adresse à la seule personne réelle qui se tient dans cette pièce. J’espère, qu’Il ne va pas s’attarder ici. Je cille, à maintes reprises, la fièvre me broie le coeur et m'incendie les poumons. Je tremble une dernière fois avant de céder. D’abandonner une lutte trop difficile à tenir cette fois.

[...]

Le bruit est lugubre. La vision est trouble et il lui faut un long moment avant que les images ne deviennent nettes. Le silence se couple avec le bourdonnement des acouphènes qui envahissent mes oreilles. Les frissons et les tremblements sont toujours là. La chaleur aussi, même si elle est devenue nettement plus supportable. Et dans cet entrelacs cotonneux qui m’entoure, mon bras me fait souffrir. Je grimace et me redresse avec peine, ma main valide agrippant mon bras meurtri. La douleur me cisaille la peau, mais autour de la plaie, je ne sens rien. La chair est ankylosée. Morte. Une sueur froide dégringole le long de mon échine et les frissons gagnent en force. Je n’ai pas la force nécessaire pour me lever, le simple fait de laisser mon pied s’apposer sur le sol me le fait savoir. La faim me cisaille le ventre. Je serre les dents, me réfugie derrière les ombres qui entourent mes paupières, et l’angoisse me frappe. « -Kyran ? » Le murmure est une supplique. Une question ridicule qui ne trouvera certainement pas d’écho. J’espère malgré tout qu’Il est toujours là. Et l’autre part de mon cœur prie pour qu’Il soit partit. Qu’Il est retrouvé cette chaleur qu’il affectionne tant et la sécurité qu’elle apporte. La souffrance physique devient dérisoire, supplantée par celle qui souille mes pensées et écrase mon cœur. Vivant et pourtant j’ai l’affreuse impression de ne pas l’être. Comme mort à l’intérieur, mon propre corps refuse d’obéir à la volonté chaotique qui est la mienne en cet instant. Le doute s’immisce dans les brèches et j’ai pendant un instant peur que tout ceci ne soit qu’une vulgaire machination engendrée par la fièvre.

_________________

Do I have to run and hide ?

I get the feeling just because. Everything I touch isn't dark enough. If this problem lies in me. I'm only a man with a chamber who's got me. I'm taking a stand to escape what's inside me. I'm turning to a monster. And it keeps getting stronger.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://consign-to-oblivion.forumactif.com/t885-aleksi-hold-your-

Féminin
↳ Nombre de messages : 8378
↳ Points : 337
↳ Date d'inscription : 31/08/2013
↳ Age : 25
↳ Avatar : Jonathan Rhys-Meyers
↳ Age du Personnage : 37 ans d'apparence, 177 ans en réalité
↳ Métier : Mafieux influent, fondateur de la Nemesis
↳ Opinion Politique : Anti-Gouvernement
↳ Niveau de Compétences : 3
↳ Playlist :
THE ROLLING STONES - satisfaction | PUSCIFER - the undertaker | 30 STM - the kill | PAPA ROACH - getting away with murder | DEPECHE MODE - wrong | LINKIN PARK - castle of glass | IMAGINE DRAGONS - shots | THE KILLERS - shot at the night | HURTS - somebody to die for | BLACK LAB - this night

↳ Citation : « Nous sommes tous frères sous la peau, et j'aimerais écorcher l'humanité pour le prouver. »
↳ Multicomptes : Nymeria C. Grimes & Rhys Steinsson
↳ Couleur RP : Navajowhite



Feuille de perso
↳ Copyright: Cyrine & Pathos & Tumblr
↳ Disponible pour un topic?: Non =(
↳ Liens du Personnage
:



MessageSujet: Re: Shattered pieces will remain {.pv}   Lun 23 Fév - 20:23

Tu n’en sais rien en fait. Les mots martèlent violemment sa boite crânienne, lui coupent littéralement le souffle. Il se sent inutile, impuissant. Il essaie de se montrer rassurant et réconfortant, mais l’échec est retentissant. De son discours, la victime des rôdeurs ne retient que son ignorance. Il se sent terriblement stupide. Désolé, d’être d’une si pauvre aide. « - Justement, tu as de meilleures armes pour y résister maintenant. » Les dons d’auto-guérison dont ils disposent ne peuvent pas capituler si facilement. Pas comme ça, pas si bêtement. « - Et les on dit tu sais… Si tu commences à leur accorder du crédit, t’es foutu. » Affirmer ça lui va bien, lui qui ne pourrait pas s’afficher publiquement avec un homme. Pas même avec Lui. Surtout pas avec Lui. Si la critique qu’il s’inflige est particulièrement sévère, elle n’est pas la seule qui le rebute. Quoi qu’il en pense, quoi qu’il en dise, le regard des autres le blesse aussi. Il y a des plaies qui ne se referment pas. Jamais. Invisible mais affreusement cruelle, la lame a refusé de s’éloigner de sa chair. Il y a encore un peu en lui de ce gosse lasse d’être rabaissé sans cesse, de se faire regarder de travers à cause de sa condition misérable. Il y a toujours quelque part en lui cette volonté étouffante de plaire, de ne pas être rejeté. De se conformer à la ‘norme’, même s’il s’en est trop souvent écarté pour que le concept ait encore du sens. Il refuse en tout cas de croire que Son sort est scellé, sous prétexte que certains ragots prolifèrent. Il veut croire qu’Il s’en sortira aussi bien que la première fois.

Et pourtant. Ses doigts tremblent en nettoyant la blessure, butent sur l’horrible trace de morsure. Ravagées par l’angoisse, ses prunelles se relèvent légèrement vers Son visage fragilisé par la souffrance physique et mentale que l’épreuve lui fait subir. Il s’attarde un instant sur les émeraudes embuées de larmes, avale difficilement sa salive. Le surprendre dans un tel état de détresse le détruit, son cœur se décroche de sa cage thoracique et plonge dans l’abîme. Il voudrait le prendre dans ses bras, le serrer fort et empêcher Sa vie de s’échapper de Son enveloppe. Voler un peu de la chaleur démesurée qui Le grignote comme un parasite, pour qu’elle cesse de Le faire vaciller. Mais il est incapable d’esquisser le moindre geste. Il refuse l’idée même de Le perdre, de se comporter comme s’Il était mourant. « - Tu n’as pas besoin d’aller si loin pour ça. De jouer avec ta vie. » Souffle t’il doucement. Il le pense. Il l’attire comme un aimant sans rien avoir à faire de spécial, et c’est bien là son drame. La main qui se pose sur la sienne le fait frissonner, mais ce n’est rien à côté de Son affirmation fataliste et résignée. Il ne veut pas l’entendre, il ne peut pas l’accepter. Ses rangées de nacre manquent de se pulvériser l’une l’autre et il fait mine d'être atteint de surdité précoce. La remarque suivante le pousse néanmoins à obtempérer enfin. Les membres engourdis par le froid polaire qu’Il a jeté. L’écho acéré se répercute dans sa cervelle aliénée, cogne et grille l'intégralité de ses neurones. « - Arrête de répéter ça comme si tout était déjà écrit. Tu n’en sais rien non plus. » Tu te berces d’illusions, tu devrais le tuer avant de devenir son repas. Son pessimisme lui vrille les nerfs, fait remonter sa colère par vagues. Elle hurle dans sa poitrine, déchaine cette folie qu’il prend soin de ne pas nommer mais qu’il arrive à reconnaitre sans mal. Il s’en veut de ne pas avoir été capable de Le protéger. D’avoir été là, tout près, trop près, et d’avoir été obnubilé par des besoins factices. L’argent, les armes, le pouvoir. D’avoir été dominé par des pulsions malsaines. La jalousie, la vengeance, la haine. En perdant de vue l’essentiel. La dépendance qui l’enchaine, dont il ne peut se défaire.

Le mafieux le laisse s’éloigner, l’observe s’étendre comme une loque dans le premier sofa à portée. Ses vertèbres tendues se coulent contre le mur incommode, face à Lui. Ses rétines piquent comme si on y avait jeté des poignées de sel mais restent attentives au plus infime de Ses mouvements. Il veille et n’envisage pas une seule seconde de fuir. La sécurité absolue est un luxe qu’il n’a de toute manière jamais pu s’offrir. « - Te fatigue pas va, tu connais mon esprit de contradiction. C’est pas comme ça que tu vas réussir à te débarrasser de moi. » Ironise-t-il avant de reprendre un ton plus sérieux. « - J’irai nulle part. » Conclue-t-il, autoritaire, alors que l’apprenti légiste sombre dans les bras de Morphée. Il reste seul avec l’obscurité, et le bruit de fond de Sa respiration désordonnée. Le froid lui lacère la peau, y plante hargneusement des tenailles. La terreur le submerge, fait crouler sa tête détraquée sous les prédictions catastrophiques. Du plomb dans les jambes, il est incapable de se lever. Il sait qu’il s’effondrera avant d’avoir atteint Sa carcasse malade à en crever, qu’il va devenir fou s’il s’approche pour vérifier Son pouls. Que le sol tangue trop pour ne pas se dérober sous ses pieds. Il préfère guetter de loin, s’accroche pour se tenir éveillé. Jusqu’à se faire vaincre par les ténèbres, à son tour.

[…]

Un grognement inhumain l’extirpe brusquement du néant. Ses paupières se relèvent, et son palpitant se serre d’effroi. Manque plusieurs notes capitales, avant de discerner les contours diffus de Sa silhouette famélique. Il se recroqueville instinctivement, son dos bute contre le mur. La tentative de repli est inutile. Il veut se relever mais sa léthargie l’en empêche. Comme paralysé sous la ceinture. Voué à ramper. « - Aleksi ? » Quémande-t-il, la voix chevrotante. La supplique Lui arrache un râle guttural et Ses chevilles trainent contre le parquet. Le teint est livide, cadavérique. Les sphères autrefois si enivrantes ont été aspirées par du vide, injectées de sang. La vision est abominable, elle lui retourne sauvagement les tripes. Il s’avance dangereusement mais le scandinave est prisonnier de sa propre enveloppe, replié dans son mutisme. Sans aucun contrôle. Au fond de lui, il l’a toujours pressenti. Qu’Il serait sa mort. Qu’Il signerait sa déchéance. Leurs reins damnés ont scellé le contrat. Il a à nouveau huit ans, apeuré par le démon qui lui servait de géniteur et qui incrustait avec ses poings une galaxie de bleus sur son épiderme. Les dents de la créature décérébrée qui a pris sa place claquent près de sa mâchoire. Il repousse l’assaut faiblement de ses paumes mais Son corps si maigre semble peser des tonnes. Un cri d’horreur reste bloqué dans sa trachée, ses phalanges empoignent faiblement Sa chevelure d’ébène. Sa gorge se déchire, crisse sous les canines du fauve dans une mare écarlate. L’encre pourpre s’écoule, l’emporte dans une frénésie mortifère et…
« - Kyran ? »

Ses iris translucides abandonnent brusquement les nébulosités, il inspire au lieu d’expirer. Le jour filtre à travers l’unique fenêtre de la pièce. Il l’avise, assis sur ce qui Lui a servi de matelas de fortune. Gelée, la sueur est restée collée à son échine et à ses tempes. Un soulagement intense se répand dans ses poumons et il parvient à se remettre debout, non sans grimacer. Ses muscles n’ont pas apprécié de dormir dans une position si rigide et clament leur mécontentement. « - Je… je suis là. Bouge pas. » La distance est rompue, l’un de ses genoux vient mourir contre le canapé, l’autre s’appuie contre l’une de Ses guiboles. Ses doigts s’approprient sans gêne Sa chair meurtrie, cherchent à deviner Sa température. « - Je crois que… Tu n’es plus aussi brûlant, ça a baissé. » Ou alors, tu prends tes désirs pour des réalités. Le murmure se perd près de Ses lèvres gercées. Océans de glace, ses yeux sondent les Siens. En dévorent les nuances capiteuses, pour s’extirper pleinement du cauchemar où il n’y avait à leur place que deux orbites effrayants. Un sourire sincère écorche son masque de fer, avant que ses lippes ne s’écrasent avidement contre celles du finlandais. Il ne demande pas la permission, prend le risque plus qu’élevé de se faire repousser comme il le mérite. La convoitise physique n’est qu’une braise, encore trop faible et enfouie pour se muer en véritable flamme. Ce n’est pas ce qu’il cherche si avidement, si passionnément. Ce n'est pas trivial. Il a juste besoin de sentir Sa vie contre la sienne. D’entendre les battements du forcené niché dans Son torse répondre aux siens, pour mieux s’en repaitre. Les serpents voraces se crispent contre Ses boucles brunes, avant qu’il ne relâche son emprise. Son front s’écarte d’abord, puis le reste suit. Ses bras restent cependant de chaque côté de Son cou, descendent le long de Ses épaules pendant qu’il scrute la cicatrice cramoisie. Elle commence à se refermer, les lambeaux recousent maladroitement les griffes de la faucheuse défaillante.

« - Tu as passé le pire. » Il en est maintenant certain. Le malfrat recule, pose son postérieur sur la table basse. Lessivé comme rarement, la peur a rongé ses os jusqu’à la moelle toute la nuit durant. Il ne se souvient pas avoir déjà tant redouté le trépas de quelqu’un, si ce n’est celui de son frère. Mais il voit bien que le hacker est encore plus à bout que lui, que la lutte l’a épuisé. Sa santé n’est pas la priorité. Ce n’est pas lui qui ressemble le plus à un fantôme revenu des géhennes. « - Tu dois être affamé. Tu devrais te nourrir… » Suggère-t-il, trop rapidement pour que son égoïsme ait le temps de l’en dissuader. « - Je filtrerai les images. » Rajoute-t-il précipitamment, pour anticiper Ses réserves. Les réminiscences si douloureuses qu’elles pourraient l’assassiner à coup de hache. S’il n’est pas certain d’y parvenir, il est déterminé à les retenir.

_________________
I've got blood on my name
There's a reckoning a'comin. And it burns beyond the grave. With lead inside my belly. Cause my soul has lost its way.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://consign-to-oblivion.forumactif.com/t876-kyran-chaos-isn-t

Féminin
↳ Nombre de messages : 5152
↳ Points : 113
↳ Date d'inscription : 03/09/2013
↳ Age : 26
↳ Avatar : Ben Whishaw
↳ Age du Personnage : 31 ans
↳ Métier : Médecin Légiste & Hacker
↳ Opinion Politique : Contre le Gouvernement
↳ Niveau de Compétences : 1
↳ Playlist :
SAEZ - A bout de souffle ♭ MCR - Famous last words ♭ ADELE - Skyfall ♭ THE KILLERS - Human ♭ ALEX HEPBURN - Reckless ♭ STONE SOUR - Tired ♭ SLIPKNOT - Dead Memories, Before I Forget, Snuff ♭ IMAGINE DRAGONS - Monster ♭

↳ Citation : « Je suis un trucage humain qui aspire à devenir un homme sans trucages. »
↳ Multicomptes : Stain E. Greyjoy & Regan Faulkner
↳ Couleur RP : #b68656



Feuille de perso
↳ Copyright: Cryingshame
↳ Disponible pour un topic?: Non =(
↳ Liens du Personnage
:



MessageSujet: Re: Shattered pieces will remain {.pv}   Mer 25 Fév - 21:45


La vision est trouble. Le décor, perdu dans un nuage de brume qui ne semble pas prêt à se dissiper. Et ce bruit. Les échos qui se brisent contre mes oreilles me vrillent le crâne. Je m’extirpe d’un monde duquel je pensais ne jamais revenir. Tu vois mon chéri, même la mort ne veut pas de toi. Cette voix me brise, elle me déchire le crâne et le cœur. La gorge déjà sèche, elle se resserre encore plus, pour que le chagrin puisse mieux s’y enrouler. J’ai mal. La douleur perdure, elle s’insinue dans la moindre fibre de mon être. Les frissons courent, me dévorent tout entier. Je ne suis qu’un assemblage branlant prêt à se détruire au moindre coup de vent. Et cet état d’infinie faiblesse me laisse croire que rien n’est terminé. Que le sommeil que je quitte avec tant de difficultés, n’est qu’une étape sur la route dangereuse sur laquelle je me suis engagé. Je ne sens plus mon bras. Ou que très légèrement. Je tente alors de faire bouger mes phalanges, mais le voile brumeux qui recouvre mes prunelles m’empêche de voir si les indociles s’exécutent ou non. J’ai appelé, je m’en souviens, mais je suis incapable de dire si je l’ai rêvé ou non. Et pendant que le temps s’étend au-dessus de ma tête, l’angoisse revient. La certitude qu’Il a abandonné le lieu déserté et la ville enneigée ne cesse de battre contre ma poitrine. Je l’ai voulu. Qu’Il parte. Qu’Il retourne en sécurité loin de cet enfer de glace qu’Il arbore. Et pourtant. Au milieu des bonnes intentions, je redoute de me retrouver seul. Dans cet état, survivre à la fièvre n’est qu’un infime point noir au milieu de tout ce qui me menace. Les tremblements reviennent, se forcent un passage et mes dents claquent. Je ferme lentement les paupières, crispent mes phalanges engourdies contre le pauvre sofa. Tiraillé entre un froid démesuré et une chaleur enivrante, la sueur qui se glisse contre mes tempes me glace le sang. Une voix s’élève des ténèbres, elle me pousse à ouvrir les yeux et à les laisser se poser en direction de sa source. Je cille, plusieurs fois. Et je sursaute comme un enfant redoutant un nouvel accès de rage de la part de son père lorsque quelque chose vient me frôler. Le contact contre ma jambe m’électrise autant qu’il me révulse. Et les phalanges qui viennent courir sur ma peau me poussent à me recroqueviller encore un peu plus. Et à me laisser aller contre leur chaleur réconfortante. Sous la peur, le souffle d’une étrange tendresse vient se mêler à mes réactions instinctives.

Les nerfs se tendent et se relaxent d’eux-mêmes. Tiraillés entre deux entités bien distinctes qui ne peuvent être provoquées que par un seul être. Les mots traversent le brouillard, s’apposent contre mon cerveau pour que leur sens me parvienne vraiment cette fois. J’esquisse un infime sourire, réprime un nouveau claquement de dents et je dois me faire violence pour parvenir à desserrer la mâchoire. « - T’es mains son glacées. Elles altèrent ton jugement. »  Je le lâche d’une traite, redoutant de ne pas pouvoir terminer ma phrase et de la voir se perdre dans un claquement de dents incontrôlé.  La proximité me gêne. Et Ses prunelles qui viennent se perdre contre les miennes me laissent un arrière-goût étrange sur la langue. Je m’obstine malgré tout à maintenir le contact, me concentrant sur les taches brunes qui se perdent dans le bleu de Ses prunelles. L’exercice m’hypnotise, ravive la netteté de ma vision. Et pourtant, ce qui arrive ensuite, je ne le vois pas venir. Le sourire qui vient s’apposer sur Ses lèvres me laisse perplexe. Mais plus encore, Sa bouche qui s’empare de la mienne me fige dans une profonde stupeur. La peur revenue se glisser dans mon cœur me pousse à vouloir faire machine arrière. A éviter la provocation même s’Il est celui qui vient de s’y jeter sans sourciller. La rigidité de mes muscles finit par fondre comme neige au soleil, et je me laisse aller contre Ses lèvres. Je ne suis qu’une pauvre poupée de chiffon entre Ses doigts. Servile et docile comme jamais je ne l’ai été en Sa présence. L’instant ne s’éternise pas, et le froid revient se heurter contre mes lèvres lorsque les Siennes les délaissent.  Mes bras restent pantelants tandis qu’Il se plonge dans une nouvelle exploration de mon état déplorable.

« - Le pire… A chaque fois que je pense avoir buté contre le pire, je chute à nouveau. »  Une profonde amertume s’infiltre dans mes paroles. Un claquement de langue résonne dans le silence en réponse à mes paroles. Je ne prends pas la peine d’en chercher la source, je sais que Fanny est toujours là. Je sais par ailleurs que sa présence signifie que la fièvre n’a pas entièrement disparu. Tu devrais te nourrir… Les mots se heurtent contre mon crâne. Y résonnent avec force et je pose un regard hébété sur Kyran. « - Non… »  La faim me cisaille le ventre. Elle m’obsède comme si je ne m’étais pas nourri depuis des semaines. La lutte que mon corps mène pour avoir le dessus sur la fièvre m’affaiblit bien plus que je le pensais. « - Je me suis nourri hier… »  Je m’arrête en plein élan, fronce les sourcils et me perd un instant dans la contemplation du vague. « -  Combien de temps ai-je été… ? »  Du coin de l’œil je jette un regard en direction de la fenêtre condamnée. Le jour commence à filtrer au-travers des planches. Un nouveau frisson dégringole le long de mon échine et je me racle la gorge pour faire disparaître le malaise qui me gagne. Son offre est affreusement tentante. Et dans les dédales de mon cerveau, elle ne cesse de revenir se heurter contre mon front.

« -  Je vais t’affaiblir si je fais ça. Tu n’as pas besoin de te retrouver dans un tel état. »  Je cherche des excuses. Je repousse ce qui me paraît pourtant être inévitable. Je sais que je finirais par craquer. La tentation qu’Il représente m’obsède. Les battements de Son cœur se frayent un chemin jusqu’à mes oreilles fatiguées. Je laisse s’échapper un lourd soupir et je me replie contre le dossier du sofa. Le silence revient planer dans la pièce, et je lutte pour rester éveillé. Je me risque à jeter un regard vers ma blessure. Et plisse le nez une fois l’horreur affichée sous mes yeux. Le tableau est encore plus ignoble maintenant que le sang a séché et que les chairs commencent à se recoudre. Lamentablement. Un spasme me déchire le ventre, et une nouvelle série de violents tressaillements revient courir sur ma peau. De ma main valide, j’agrippe ma veste et tente de la remettre au mieux sur mon épaule blessée. Le geste m’arrache une grimace de douleur et j’abandonne bien rapidement l’idée. Le vêtement retombe lamentablement sur le sofa, et je me renferme à nouveau dans le silence. J’évite soigneusement de croiser Son regard, redoutant ce que je pourrais y lire. J’ai beau me dire qu’Il reste le même, ce qu’Il a pu faire devant cette maudite arène ne cesse de me tirailler. La menace qu’il représente revient, pernicieuse elle s’enroule autour de mon cœur tel un dangereux serpent. Lui qui trouvait que je m’autorisais trop de liberté. La tendance est en train de s’inverser. J’hésite un instant. Je détends mes jambes et m’assois au bord du sofa, mon genou frôlant le Sien. Et je m’abandonne dans l’examen de Son visage. Tirés, la fatigue abîme la singularité de Ses traits. Ce n’est plus de la peur que je ressens, mais de la honte. La honte de puiser dans Ses réserves, quand son état nécessiterait la pleine conservation de Son énergie.  

« - Je suis désolé… »  Je le murmure alors que ma main vient se poser contre la Sienne. Le contact est infime, faible, et ne gagne pas en puissance lorsque mes doigts se lient aux Siens. Son absence de réaction enhardie mon cœur dont les battements s’accélèrent sensiblement. J’abandonne la douleur qui me dévore pour m’abîmer les genoux sur le sol devant Lui. Le naturel confondant avec lequel j’ai pu agir dernièrement avec Lui s’est changé en une hésitation frôlant la soumission. Je redoute le retour de flamme, la réserve me cisaille le ventre lorsque je m’autorise à déposer mes lèvres au coin des Siennes. La mécanique s’enclenche sans que je ne le décide. Le larcin s’active et la chaleur de l’énergie dérobée vient glisser le long de mon bras. Mes doigts se resserrent contre les Siens, renforcent la prise pour l’empêcher de se rétracter. Des étendues de glace s’étendent contre mes paupières closes. Apportant les réminiscences d’un autre temps. La Norvège cède pourtant sa place à une réalité déroutante. Les images me glacent le sang. Aux photos qui s’affichent sur les murs, se juxtaposent les corps que j’ai examinés à la morgue. Ces successions de flash me donnent la nausée, m’indisposent. Je m’enlise dans une spirale infernale, et le sang qui recouvre les victimes se retrouve sur mes mains. Le choc et la violence de ce qui s’incruste contre mes paupières me fait lâcher prise avec violence. J’en perds bêtement l’équilibre, chute sur le sol, le souffle en berne.  Les paupières closes, je m’enferme dans l’obscurité. La chaleur se rue dans mes veines, et l’inconfort me cisaille la peau. Et comme pour effacer ces horreurs, j’agrippe mon bras meurtri, y crispe mes doigts pour que la douleur efface celle qui me ravage l’esprit. Ce n’est qu’un amalgame de plein de choses, un rapprochement basé sur les choses que j’ai côtoyé pendant ces dernières semaines. Sans le moindre sens.

_________________

Do I have to run and hide ?

I get the feeling just because. Everything I touch isn't dark enough. If this problem lies in me. I'm only a man with a chamber who's got me. I'm taking a stand to escape what's inside me. I'm turning to a monster. And it keeps getting stronger.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://consign-to-oblivion.forumactif.com/t885-aleksi-hold-your-

Féminin
↳ Nombre de messages : 8378
↳ Points : 337
↳ Date d'inscription : 31/08/2013
↳ Age : 25
↳ Avatar : Jonathan Rhys-Meyers
↳ Age du Personnage : 37 ans d'apparence, 177 ans en réalité
↳ Métier : Mafieux influent, fondateur de la Nemesis
↳ Opinion Politique : Anti-Gouvernement
↳ Niveau de Compétences : 3
↳ Playlist :
THE ROLLING STONES - satisfaction | PUSCIFER - the undertaker | 30 STM - the kill | PAPA ROACH - getting away with murder | DEPECHE MODE - wrong | LINKIN PARK - castle of glass | IMAGINE DRAGONS - shots | THE KILLERS - shot at the night | HURTS - somebody to die for | BLACK LAB - this night

↳ Citation : « Nous sommes tous frères sous la peau, et j'aimerais écorcher l'humanité pour le prouver. »
↳ Multicomptes : Nymeria C. Grimes & Rhys Steinsson
↳ Couleur RP : Navajowhite



Feuille de perso
↳ Copyright: Cyrine & Pathos & Tumblr
↳ Disponible pour un topic?: Non =(
↳ Liens du Personnage
:



MessageSujet: Re: Shattered pieces will remain {.pv}   Dim 1 Mar - 20:03

La docilité sans précèdent dans laquelle s’enferme le finlandais devrait le ravir. Faire glisser dans ses veines la satisfaction d’avoir remis ses chaines au prisonnier. Réduit à néant l’insolence qui éraflait rudement ses nerfs, et les laissait dénudés. A vif. Mais c’est contre toute attente l’amertume qui glisse sur sa langue, et qui brûle ses lèvres. Les battements sourds de son cœur lui vrillent le crâne, l’écœurent. Le son se rue contre ses tempes avec véhémence et le met au supplice. C’est lui qui a recherché le contact mais la chaleur voluptueuse réchauffe à peine ses reins. Il sent seulement la morsure des remords s’accrocher à ses tripes, lui rappeler qu’il est l'unique responsable de cet ignoble gâchis. S’aventurer dans cette ville prisonnière d’un hiver polaire et meurtrier était une grossière erreur. N’en faire qu’à sa tête et achever l’alliance précaire avec les rebelles dans un bain de sang n’était pas plus raisonnable. Il n’y a rien gagné, à part de lourdes pertes dans ses propres rangs. A part de risquer de Le perdre, de toutes les manières possibles. Le froid engourdit ses membres lorsqu’il rompt le baiser et s’écarte, son souffle mortuaire le tétanise. Il hoche vaguement la tête pour toute réponse à Son pessimisme. Il a la sensation qu’Il s’adressait davantage à lui-même, et que l’affirmation n’attend pas de quelconque contradiction. Le déni est inutile, ne servirait qu’à apposer une énième chape de plomb sur leurs épaules.

Non. Le refus, même s’il n’est pas catégorique, lui lacère l’échine et ses barrières de nacre se serrent. Offrir de Lui servir de garde-manger est suffisamment humiliant, sans qu’il ait besoin de L’implorer d’accepter en prime. L’intention a beau être très honorable, elle titille savamment les braises de sa colère. Un soupir supplémentaire, et les cendres funestes s’élèveront sous les décombres pour mieux l’aveugler. La rancœur est toujours là, même si elle est devenue négligeable en comparaison de la terreur qu’Il ne survive pas aux griffures infectées. Mais la lave n’attend qu’un mot, qu’un geste, pour se ruer dans ses veines et les calciner. « - Ne m’oblige pas à me répéter. Je ne vais pas te supplier. » Siffle-t-il, sur un ton plus abrupt que ce qu’il souhaitait. Chassez le naturel, et il revient au galop. Je me suis nourri hier. Un rictus médisant traverse ses traits tirés, éreintés, même s’il s’efforce de rapidement l’effacer. « - Tu as enfin fini par accepter ta condition ? Ou est-ce que tu continues à te laisser mourir de faim jusqu’à ne plus avoir aucune autre solution ? » La curiosité le tiraille, obscurcit ses prunelles. Le pervertir, assombrir totalement Son cœur écorché par la mort violente de Sa fiancée. C’est l’objectif qu’il s’était fixé, qu’il a poursuivi avec un acharnement affreusement malsain. Mais qu’Il ait pu l’atteindre en son absence, sans son influence, le dérange atrocement. Fait courir sur sa langue le goût médiocre de l’échec. Aleski est ce parasite qui le démange furieusement, mais qui a absorbé une trop grande quantité de son sang pour que le retirer de son épiderme ne soit pas un calvaire. Il s’est niché trop profondément dans son palpitant pour s’en faire expulser sans encombre. « - Quelques heures je crois, tout au plus. » Il reste évasif, préfère ne pas avouer qu’il les a vues défiler. Que les secondes se sont égrenées à un rythme insoutenable, avant que les ténèbres ne l’emportent de force. Il sent encore Ses dents aiguisés contre sa gorge, et un frisson carnassier se plante dans son échine à cette simple pensée.

« - Ne t’inquiète pas pour moi, tu as bien assez à craindre avec toi. A ce stade, c’est de la folie de refuser. » L’idée n’est cependant pas la plus brillante qu’il ait eu. Très loin de là. Redonner au pirate informatique un semblant de force mais s’affaiblir dans la manœuvre est une stratégie périlleuse. Lorsqu’ils se heurteront à nouveau à l’air extérieur, les rôdeurs affamés ne vont probablement pas les manquer. Leurs dépouilles encore vives seront une aubaine pour les cadavres putrides qui errent en quête de viande fraiche au milieu des étendues désertiques. Pour autant, il ne peut se résoudre à L'abandonner dans un état si déplorable. Le silence lugubre accentue l’angoisse qui le ronge. Il est convaincu qu’Il finira bien par céder, trop affamé pour résister, mais l’attente interminable crispe ses muscles. Fixées sur le plancher abimé, ses sphères d’acier se relèvent brusquement lorsque Son genou vient buter contre le sien. Il en sourirait presque, si l’expression de son visage n’était pas figée dans le marbre. Engloutie par une fatigue trop colossale pour que l’amusement y prenne place. C’est ainsi que les choses ont démarré. Par Sa jambe qui a frôlé sciemment la sienne dans ce bar miteux, où ils se sont enivrés jusqu’à plus soif d’alcool puis de baisers ardents. Le scandinave a longtemps cru qu’Il avait mis quelque chose dans son verre, pour que la soirée emprunte un tournant aussi inattendu. Songer qu’Il avait pu le droguer pansait à l’époque sa cruelle blessure d’amour propre, mais il sait maintenant que l’addiction était déjà logée au creux de ses viscères. Qu’il suffisait d’un effleurement de Sa part pour que la poudre s’embrase. Les débris de l’implosion continuent de se mélanger à son hémoglobine, se plantent dans le moindre de ses organes. La lubricité est cette fois-ci absente du manège mais l’impact creuse le manque dans son ventre.

« - Ne le sois pas. Ça aggrave les choses… » Murmure-t-il doucement, la voix légèrement éraillée, balayant les excuses d’un revers de main. Qu’Il se montre si prévenant accentue son malaise. Des deux, il est le seul qui doit véritablement porter le blâme. Se faire pardonner. La traitrise de l’apprenti légiste reste en travers de sa trachée, mais il a conscience qu’il n’a récolté que ce qu’il a semé. Lui permettre de se nourrir n’est qu’un faible sacrifice en comparaison du reste. Ses doigts restent immobiles lorsque Ses phalanges enlacent les siennes. Le mafieux ne remue pas non plus lorsqu’Il s’agenouille à ses pieds, insufflant à la scène une symbolique proche de l’asservissement. La hiérarchie semble se replacer naturellement mais c’est l’aversion qui tient les rênes. Même s’il répugne à le reconnaitre, ce n’est pas ce qui le fascine tant chez Lui. Ce n’est pas ce qui ce qui le grise réellement. Sa sensibilité l’attendrit mais devient infecte lorsqu’elle s’éternise. Il préfère de loin Son impertinence. Son habilité suicidaire à le faire osciller d’un extrême à l’autre, et à piétiner allègrement la menace que le tyran est supposé représenter. A malmener le monstre pour faire rejaillir l’homme. L’énergie s’écoule hors de sa misérable carcasse, le pousse instinctivement à esquisser un mouvement de recul. Aussitôt avorté. Chiffon froissé, le larcin le plonge dans un état quasi-léthargique. Ses dents crissent, alors qu’il lutte pour endiguer le flot d’images sordides et scabreuses vomies par son esprit détraqué. Il se concentre autant qu’il le peut pour retenir celles qui sont le plus susceptibles de Le meurtrir mais il perd peu à peu pied. Le mélange de contrôle et de lâcher-prise est horriblement douloureux, lui arrache un gémissement d’affliction.

Le voleur se détache soudainement, se fracasse contre le sol. La migraine cisaille en deux sa boite crânienne, le fait se pencher en avant en tenant son front de ses mains. Il appuie avec force, jusqu’à ce que les bourdonnements se calment. Il ne se baisse vers Lui qu’au bout de plusieurs minutes de torture, ses pupilles dilatées examinent Son enveloppe avachie. Ses guiboles titubent lorsqu’il se relève, il se retient de justesse au sofa avant de se reprendre. L’espace entre eux redevient dérisoire, sa jambe s’appuie contre la Sienne, allongée. L’effort de tenir debout reste toutefois trop intense après ce qu’il vient d’endurer et il se laisse finalement à son tour mourir au sol, assis sur les planches de bois. « - Est-ce que ça va ? J’ai fait ce que j’ai pu, mais il n’y a rien à sauver, tout file la gerbe. » Grogne-t-il, mauvais et acerbe. Sa vie n’est que ça. Une succession d’abominations, toutes plus barbares les plus que les autres. A part eux. Sa demi-sœur et son frère. Il doit bien rester quelques instants de bonheur volés dans les recoins oubliés de sa mémoire. Éphémère, salis par la substance noirâtre visqueuse qui a pris toute la place dans son organisme aliéné. Elle s’écoule dans les fissures, avale les miettes de tendresse. Sa main se perd machinalement contre Sa cuisse, froisse le tissu pendant que les autres serpents restent par terre, agrippés à la poussière. Juste pour Lui signifier qu’Il n’est pas le réceptacle de sa haine. Ou parce qu'il a terriblement besoin du lien physique qui s’est d’emblée noué entre eux, aussi abject et infect lui paraisse t’il souvent. Bien avant que son fourbe myocarde ne s’en mêle. Bien avant d'apprendre à Le connaitre. Peut-être que c’est à ça qu’ils se résument. Du métal attiré par un aimant, et réciproquement. A la différence qu’ils restent faits de chair, et que s’en éloigner revient à arracher des lambeaux de peau à l’acide.

_________________
I've got blood on my name
There's a reckoning a'comin. And it burns beyond the grave. With lead inside my belly. Cause my soul has lost its way.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://consign-to-oblivion.forumactif.com/t876-kyran-chaos-isn-t

Féminin
↳ Nombre de messages : 5152
↳ Points : 113
↳ Date d'inscription : 03/09/2013
↳ Age : 26
↳ Avatar : Ben Whishaw
↳ Age du Personnage : 31 ans
↳ Métier : Médecin Légiste & Hacker
↳ Opinion Politique : Contre le Gouvernement
↳ Niveau de Compétences : 1
↳ Playlist :
SAEZ - A bout de souffle ♭ MCR - Famous last words ♭ ADELE - Skyfall ♭ THE KILLERS - Human ♭ ALEX HEPBURN - Reckless ♭ STONE SOUR - Tired ♭ SLIPKNOT - Dead Memories, Before I Forget, Snuff ♭ IMAGINE DRAGONS - Monster ♭

↳ Citation : « Je suis un trucage humain qui aspire à devenir un homme sans trucages. »
↳ Multicomptes : Stain E. Greyjoy & Regan Faulkner
↳ Couleur RP : #b68656



Feuille de perso
↳ Copyright: Cryingshame
↳ Disponible pour un topic?: Non =(
↳ Liens du Personnage
:



MessageSujet: Re: Shattered pieces will remain {.pv}   Mer 4 Mar - 20:33


Ca aggrave les choses. Au milieu des images sanglantes qui m’assaillent de toute part, ces mots résonnent dans mon crâne. Je le sais pourtant, que le pardon et les excuses n’amènent rien de bon. Je l’ai comprise le jour où ces mots m’ont échappés, adressés à ma sœur dans l’espoir de sécher ses larmes et d’apaiser sa douleur. Je me suis fourvoyé et le résultat me blesse. Je viens de m’excuser pour le vol que j’allais commettre, et la douleur que j’en retire est insupportable. Ce n’est pas Sa faute. Ce que j’ai vu dans les méandres de Sa mémoire n’aurait pas dû avoir un tel effet sur moi. Mais couplé à mes propres cauchemars, l’ensemble se pare d’un côté horrifique qui me détruit de l’intérieur. « - J’excelle dans l’art d’aggraver les choses, tu le sais. » Je le susurre avec un faux amusement, accordant la parole à un infime haussement d’épaule qui s’achève dans un soupir d’affliction. Le silence s’installe à nouveau. Il se pose sur mes épaules et me pousse à me courber plus que je ne l’étais déjà. Ecrasé par le poids de tout ce qui reste suspendu à mes lèvres. Ecrasé par le goût du sang sur ma langue. J’ai la désagréable sensation d’avoir les mains poisseuses, teintées d’écarlates. Le revers de mon travail à la morgue sans doute. A côtoyer la mort à longueur de journée, j’ai tendance à l’apercevoir à chaque coin de rue. Sur chaque visage. Mon existence était déjà un ramassis d’ombre, elle n’en devient que plus sombre et garder la tête hors de cette eau saumâtre relève de l’exploit. L’effort m’affaiblit, et fait battre mon cœur avec hargne. La fragilité coule toujours dans veines, soufflée par Son énergie le temps de quelques inspirations, elle revient se coller contre ma peau. Et je sursaute à nouveau lorsqu’Il en vient à s’assoir à côté de moi sur le plancher poussiéreux. La proximité me tiraille le cœur. Entre la crainte et l’apaisement. La contradiction qui a dicté les prémices de cette relation viciée qui est la nôtre, revient sur le devant de la scène. La peur du tyran restera ancrée dans ma chair cette fois, mais je sais qu’elle ne parviendra pas à faire taire mon éloquence suicidaire. Le provoquer, aussi fou cela puisse paraître, j’adore ça. Le pousser dans Ses derniers retranchements pour le voir se consumer de colère. Et me renvoyer une image qui ne sera jamais la mienne. Et qui me fera défaut tout le restant de ma pauvre existence. Faible et servile jusque dans mes derniers soupirs. C’en est affreusement risible.

« - Ne t’en fais pas pour moi. » Je ne parviens pas à Le regarder. J’ignore de quoi je peux bien avoir peur. De tant de choses. « - Tout file la gerbe parce que tu fais tout pour. Tu cherches tout ça. » La raillerie fait trembler ma voix, la rend fébrile. C’est Son attitude qui m’effraye. Cet intérêt soudain qu’Il me porte et toute l’inquiétude que je sens perler à chacun de Ses mots. A être normal s’en sentirait touché, reconnaissant. Je le suis, c’est certain, mais ce soudain revirement de situation me laisse perplexe. Et dépose sur ma langue un arrière-goût étrange, dont la saveur m’est totalement nouvelle. Et Sa main contre ma cuisse achève ce curieux tableau. La situation a quelque chose d’affreusement insolite et j’ignore qu’elle attitude adopter face à cela. « - Je n’accepterais jamais ce que je suis. Et si je me suis nourrit, c’était uniquement parce que je savais qu’il me fallait venir ici. J’aurais repoussé l’échéance jusqu’à sa dernière limite sinon. » L’évidence me pousse à m’assombrir, et à serrer les dents. La faim m’était insupportable il y a quelques mois encore. Aujourd’hui, elle fait partit de ma morne existence. Et le plaisir coupable que je peux éprouver à chaque larcin me tiraille entre l’impression d’être un monstre et celle de ne répondre qu’à un besoin tout ce qu’il y a de naturel. J’en ai honte, c’est certain. Mais la honte se perd dans les flots du dérisoire à chaque nouvel assaut de cette nature qui me répugne toujours autant. Paradoxe et contradiction, les fils s’entrelacent encore un peu plus autour de ma carcasse pour parfaire le tableau de l’équilibre instable que je peux être.

Je me replonge dans le silence. Laisse couler les minutes sur nous, tremblant légèrement d’une appréhension sourde. D’où elle vient, je l’ignore. Et sans avoir eu le temps de pleinement réfléchir, je m’engage sur la voie du suicide affectif. Sa main contre ma cuisse n’est qu’une escarbille sur ma peau. Un souffle qui s’effacera dès que je prendrais le risque de bouger. Ma main vient se poser sur la Sienne. Ce n’est qu’une brève caresse avant que je ne vienne me saisir de Ses phalanges, s’y noue pour renforcer le contact. J’en ai besoin. Et c’est ce besoin viscéral qui me pousse à sortir de ma réserve, et à L’enjamber pour me retrouver stupidement assis sur Lui. J’effleure du bout des lèvres la texture des Siennes, m’y perd avant de sceller ma bouche à la Sienne.  Le goût de Lui sur la langue, un peu plus tôt, ne m’a pas suffi. J’en redemande avec une avidité nouvelle. La crainte perdure, elle me vrille ventre mais elle ne parvient pas à brider mes besoins. L’asservissement évident me pousse à osciller entre voracité et réserve. J’ai pourtant besoin de ce contact physique. Dès le premier instant j’en ai éprouvé la nécessité. Je me perds contre Son torse, m’y presse par crainte de le voir disparaître et agrippe Sa nuque de mon autre main. Ce n’est que la manifestation d’une folie sourde. Un moyen de vérifier que je suis bel et bien vivant, et non cette forme apathique qui se traînait sur le sol poussiéreux. La frénésie pousse mes jambes à se resserrer contre les Siennes, accentuant un peu plus l’étau dans lequel je L’emprisonne. La docilité placide qui fut mienne se retrouve calcinée par les braises d’une attirance impérieuse. Ce serait tellement plus simple s’il n’était question que de ce besoin primaire. De cette peur de la solitude et de l’abandon qui me pousse à venir me heurter contre d’autres corps sans chercher à m’encombrer de sentiments. Il n’est plus question d’un tel jeu entre nous. Plus pour moi. Et depuis longtemps. Je me brise contre Ses lèvres, m’accroche à Sa présence comme un fou à son oreiller. L’étreinte perdure, se prolonge jusqu’à ce que l’asphyxie menace. Le contact se brise, mon souffle éreinté s’échouant contre Sa peau. Grisé par l’instant, des frissons n’ont de cesse de dégringoler contre ma peau. La brûlure s’apaise, et je m’éloigne légèrement. Mes doigts sur Sa nuque se desserrèrent, sans pour autant trouver la force de l’abandonner.  

« - Le froid t’adoucit Kyran. Pour un peu, j’aurais presque du mal à te reconnaître. J’aurais presque l’impression que tu… » Le reste la phrase reste coincé dans ma gorge. Déjà sèche, elle se serre avec plus de force, et je mords la joue au passage. J’aurais presque l’impression qu’Il tient à moi. La tournure de la chose est grotesque. Stupide au possible. Mon cœur butte sur quelques battements et l’hésitation revient se percher sur mon épaule. Mes doigts se défont lentement des Siens, ils se libèrent de l’éreinte pour venir se poser contre Sa poitrine. L’écho de son cœur se répercute contre mes phalanges, et un léger sourire vient se poser contre mes lèvres. « - Tu manques d’effectif pour venir en personne couper l’herbe sous le pied des résistants ? » Je le murmure contre Sa peau, comme si je craignais que des oreilles indiscrètes ne viennent à nous entendre. Je me risque alors à laisser mes prunelles s’ancrer aux Siennes, et je m’enivre des nuances singulières que je peux y trouver.

_________________

Do I have to run and hide ?

I get the feeling just because. Everything I touch isn't dark enough. If this problem lies in me. I'm only a man with a chamber who's got me. I'm taking a stand to escape what's inside me. I'm turning to a monster. And it keeps getting stronger.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://consign-to-oblivion.forumactif.com/t885-aleksi-hold-your-

Féminin
↳ Nombre de messages : 8378
↳ Points : 337
↳ Date d'inscription : 31/08/2013
↳ Age : 25
↳ Avatar : Jonathan Rhys-Meyers
↳ Age du Personnage : 37 ans d'apparence, 177 ans en réalité
↳ Métier : Mafieux influent, fondateur de la Nemesis
↳ Opinion Politique : Anti-Gouvernement
↳ Niveau de Compétences : 3
↳ Playlist :
THE ROLLING STONES - satisfaction | PUSCIFER - the undertaker | 30 STM - the kill | PAPA ROACH - getting away with murder | DEPECHE MODE - wrong | LINKIN PARK - castle of glass | IMAGINE DRAGONS - shots | THE KILLERS - shot at the night | HURTS - somebody to die for | BLACK LAB - this night

↳ Citation : « Nous sommes tous frères sous la peau, et j'aimerais écorcher l'humanité pour le prouver. »
↳ Multicomptes : Nymeria C. Grimes & Rhys Steinsson
↳ Couleur RP : Navajowhite



Feuille de perso
↳ Copyright: Cyrine & Pathos & Tumblr
↳ Disponible pour un topic?: Non =(
↳ Liens du Personnage
:



MessageSujet: Re: Shattered pieces will remain {.pv}   Lun 16 Mar - 22:19

Ne t’en fais pas pour moi. Un rictus ironique se glisse furtivement sur ses traits éreintés lorsque le conseil frôle ses tympans. Il est trop tard pour ça. L’angoisse continue de lui ronger le cœur et il sait qu’elle ne disparaitra pas tant qu’ils ne seront pas à l’abri. Loin de cette ville de glace et des créatures mortifères qui y sont piégées. Mais surtout pas tant que l’infection n’aura pas été éradiquée de Son organisme. Même s’il s’efforce de se montrer rassurant, la menace plane encore comme un couperet au-dessus de leurs têtes. « - On croirait entendre mon frère. Vous vous êtes passé le mot ? » Persifle-t-il, sur un ton qui se veut léger mais qui reste chargé de reproches latents. Il ignore s’ils se voient toujours, mais qu’ils aient pu se côtoyer lui déplait. Fortement. La faiblesse peut bien trop facilement se retourner contre lui, et l’ancien informaticien aurait toutes les raisons de s’en servir. Il n’a aucun doute sur le fait que c’est la raison qui l’a poussé à s’en rapprocher à l’origine, qu’elle soit toujours d’actualité ou non. « - Et je ne l’ai pas toujours cherché. » Ce n’est qu’un bruissement infime, marmonné sans réelle intention de toucher la cible. Il n’est pas responsable des relents poisseux de son enfance, même s’il a autrefois été amené à le croire. A se sentir coupable de l’aversion viscérale que ses géniteurs lui vouaient sans raison apparente. Il ne représentait pour eux qu’une abomination de la nature. Un parasite qui n’aurait jamais dû survivre à sa naissance et encore moins faire office d’énième bouche à nourrir. Une vulgaire erreur, juste bonne à servir d’exutoire sordide.

« - Tu as tort… Ne rien contrôler, c’est ça qui te rend faible. Et encore plus dangereux pour les autres en même temps. » Nier sa véritable nature ne représente qu’une piètre échappatoire, bancale sur le long terme. « - Tu ne cesseras jamais d’avoir faim et d’en avoir besoin, tu ferais mieux de commencer à l’accepter. » Déplore-t-il, sur un ton un brin moralisateur. Les explications sont vaines, il en a conscience. Leur espèce comporte une majorité d’êtres comme Lui, incapables d’assumer ce qu’ils sont. Qui préfèrent attendre que le mécanisme s’enclenche seul et jouer aux autruches plutôt que d’apprendre à le maitriser. Ses phalanges s’octroient le droit de rester contre l'une de Ses guiboles, hésitent plusieurs fois à s’éloigner. Les frissons intempestifs se propagent de Son enveloppe à la sienne, emplis d’une anxiété qui lui retourne le cœur. La répulsion viscérale est parfaitement logique, humaine. C’est le contraire qui l’étonnerait, après la barbarie dont il a fait preuve avec Son amant. L’horreur de son geste reste nichée dans un coin de son crâne dérangé mais il ne parvient pas à éprouver de réels remords. Il le referait, sans hésiter. Mais en contrepartie, il ne peut plus s’attendre à ce qu’Il lui tombe dans les bras sans rechigner.

Ses sourcils se froncent sous le coup de l’étonnement lorsque Ses doigts fébriles se mêlent aux siens. L’enlacement a quelque chose de trop affectueux pour le mafieux, le met légèrement mal à l’aise. Son premier réflexe serait de s’en défaire s’il s’agissait de quelqu’un d’autre mais le manque est trop lancinant pour qu’il s’y astreigne. La proximité se renforce, lui arrache un soupir de plaisir lorsque Son poids plume s’appose sur ses jambes. La chaleur délicieuse se répand, consume violemment ses reins alors qu’il dévore sans retenue Ses lèvres capiteuses. Que le finlandais se montre si entreprenant le surprend agréablement, ravive les braises enfouies sous sa peau. Fait courir des décharges électriques le long de son échine. L’étreinte perdure, devient plus ardente à mesure que leurs souffles se perdent. Qu’Il accentue l’étau de fer autour de ses hanches ne fait que renforcer son trouble, son torse se plaque davantage contre le Sien. Un grognement animal lui échappe lorsqu’Il s’écarte, le laisse sur sa fin. Les serpents qui emprisonnent sa nuque le calcinent, entretiennent le feu qui lui ravage le bas du ventre. Rendent la pression quasiment insoutenable. Ses mains se font caressantes, glissent et suivent la courbe de Ses cuisses jusqu’à s’approprier Sa taille frêle. Presque trop maigre, trop délicate. L’illusion qu’il pourrait la briser d’un mouvement brusque traverse son esprit détraqué, avant qu’il ne la chasse. La phrase inachevée stoppe subitement son mouvement, le laisse quelque peu interdit. Il ne veut pourtant pas qu’Il la termine, a sa petite idée sur ce qu’Il s’apprêtait à affirmer. Un arrière-gout amer inonde son palais et il songe un instant à Le repousser. A mettre un terme à cet intermède suave, qui fissure l’armure de glace qui recouvre son palpitant. Les émeraudes singulières l’en dissuadent et apaisent les tourments qui meurtrissent sa poitrine. « - Je crois que la fièvre est en train de te faire délirer. » Susurre-t-il au bout d’un moment, sur un ton qui se veut désinvolte, alors que le blessé relâche sa prise pour effleurer sa poitrine.

L’interrogation le fait sourire et le pousse à reprendre les hostilités. Le scandinave agrippe fermement Ses hanches tentatrices, les rapproche le plus près possible de son propre bassin. « - Un peu. Et ils s’apprêtaient surtout à nous entuber. » Se justifie-t-il, volontairement évasif. Les viles curieuses s’aventurent sous la montagne de tissu, se pressent contre Son dos. Avant de descendre sensiblement contre la chute de Ses reins, rendant l’exploration plus sulfureuse. L’escroc se redresse, et ses lippes tortionnaires s’entrouvrent puis s’échouent contre l’arrête de Sa mâchoire. Les indécentes s’abreuvent de Son épiderme, en mémorisent à nouveau la saveur enivrante. Le manège sensuel gagne en ampleur. Sa bouche se blesse contre la Sienne, s’y scelle avec une tendresse cannibale. L’une de ses mains se faufile contre Son cou, approfondit l’échange. La brûlure s’intensifie avant qu’il ne délaisse ses partenaires grisantes. Le norvégien se recule pour se confronter à Ses rétines entêtantes, laisse le silence planer avant d’oser enfin s’exprimer. « - Reviens… J’ai besoin que tu reprennes ta place. J’ai été un pauvre imbécile, je m’en mords les doigts depuis des mois. » Murmure t’il, la voix rendue rauque par le désir mais surtout fébrile. La supplique, qui n'est qu'un euphémisme, lui assèche la gorge. La crainte d’un refus l’angoisse, le tiraille. Il n’a pas l’habitude des excuses, encore moins de faire ployer son orgueil de la sorte. S’Il le rejette, il sait que sa fierté sera sévèrement égratignée. Et qu’il n’aura plus la force de Lui redemander de retrouver son poste.

_________________
I've got blood on my name
There's a reckoning a'comin. And it burns beyond the grave. With lead inside my belly. Cause my soul has lost its way.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://consign-to-oblivion.forumactif.com/t876-kyran-chaos-isn-t

Féminin
↳ Nombre de messages : 5152
↳ Points : 113
↳ Date d'inscription : 03/09/2013
↳ Age : 26
↳ Avatar : Ben Whishaw
↳ Age du Personnage : 31 ans
↳ Métier : Médecin Légiste & Hacker
↳ Opinion Politique : Contre le Gouvernement
↳ Niveau de Compétences : 1
↳ Playlist :
SAEZ - A bout de souffle ♭ MCR - Famous last words ♭ ADELE - Skyfall ♭ THE KILLERS - Human ♭ ALEX HEPBURN - Reckless ♭ STONE SOUR - Tired ♭ SLIPKNOT - Dead Memories, Before I Forget, Snuff ♭ IMAGINE DRAGONS - Monster ♭

↳ Citation : « Je suis un trucage humain qui aspire à devenir un homme sans trucages. »
↳ Multicomptes : Stain E. Greyjoy & Regan Faulkner
↳ Couleur RP : #b68656



Feuille de perso
↳ Copyright: Cryingshame
↳ Disponible pour un topic?: Non =(
↳ Liens du Personnage
:



MessageSujet: Re: Shattered pieces will remain {.pv}   Mer 18 Mar - 20:44


Aucune réponse ne vient compléter Sa question. Seulement un infime rire qui se meurt sur ma langue. Je n’ai pas besoin d’Ezra pour lui asséner ce genre de réplique. Mais que son cadet soit un adepte de ces remarques ne me surprend qu’à moitié. Bien plus semblable à son frère que je ne peux l’être avec lui. Un infime frisson court le long de mon échine et vient serpenter le long de mon bras meurtris. Le mal qui se distille dans mon épaule me fait esquisser une infime grimace de douleur. Et je me renfrogne face à Ses paroles. Me borne à ne pas vouloir entendre. Une part de moi sait qu’Il a parfaitement raison. Que cet acharnement à renier ma véritable nature n’est qu’un moyen supplémentaire de souffrir. Mais l’autre part refuse de céder à ces appels. Ils me terrifient malgré la profonde satisfaction qu’ils me provoquent dès que j’use de mes dons. Je suis un monstre incapable d’assumer ses actes et ses pulsions. Incapable de faire ce qu’il faut pour apprendre à contrôler des pouvoirs qui restent à mes yeux, des aberrations de la nature. « - Si seulement c’était aussi simple. Pardonne-moi de vouloir m’accrocher à ce qu’il me reste d’humanité. » Je le soupire avec un profond désespoir. Brisé par l’évidence : mon humanité n’est plus qu’un leurre. Une belle mascarade qui ne trompe plus personne. Pas même moi.

La réplique désinvolte fait naître l’ombre d’un sourire sur mes lèvres. Il a peut-être raison. Mais la fièvre n’est pas la seule responsable. Ca reste en latence, dissimulé sous la couche de parjure et de faux-semblants. L’attachement qui me lie à lui n’est pourtant plus un fil tendu dans une seule direction. Et cette simple constatation réchauffe ma chair et efface les maux qui me brisent le cœur. « - Tu as sûrement raison. » Je le murmure contre sa peau, ma voix se parant de notes mutines et se fait ronronnante. Mes doigts se crispent contre Son torse lorsque la distance entre nous se retrouve réduite en cendres par Sa propre volonté. Mes paupières se ferment dans une tentative de faire perdurer le calme de façade qui est en train de me glisser entre les doigts. Et ces phalanges qui s’insinuent sous mes vêtements rendent l’exercice encore plus ardu. Un soupir de profonde frustration m’échappe et mes jambes tremblent contre Ses cuisses. « - Tu vois le mal partout. Faire cavalier seul n’est pas toujours la meilleure option. » Je lâche cette misérable réplique avec toute la difficulté du monde. La gorge sèche et serrée par le désir qui me tiraille, je me cambre sous l’impulsion de Ses phalanges qui se glissent contre mes reins. Et je me fais docile, m’abandonne contre les récifs de ce manège dans lequel Il en train de m’entraîner. La situation a quelque chose de risible et un sourire vient frôler mes lèvres avant qu’elles ne deviennent à nouveau les captives de leurs partenaires de choix. Et ma main posée contre Son torse vient s’agripper à Sa nuque.

Le souffle me manque. Ma respiration n’est que déroute et la frustration me fait gémir lorsqu’Il m’abandonne. La chaleur suave de Sa bouche contre la mienne me laisse orphelin. Et l’arrière-gout d’inachevé que cela appose sur ma langue est déjà en train d’effacer la saveur de Sa langue. Après ce qu’Il vient de m’offrir, la caresse de Ses phalanges contre ma peau, les mots qui se brisent contre mes oreilles me laissent sans voix. Mon cœur se serre, rate un battement et je cille. A plusieurs reprises. J’en ouvre la bouche, la referme aussitôt pour venir me perdre dans la glace de Ses pupilles. J’y cherche le canular. Ce n’est tout bonnement pas possible qu’Il m’est demandé une telle chose. Reviens, le mot n’a de cesse de se heurter contre mon crâne avec un délice que je refuse de m’avouer. La fierté d’avoir fait plier un orgueil aussi démesuré se distille dans mes veines. Une part de moi a envie de pousser le vice. De l’obliger à se répéter. De lui offrir un refus pour l’entendre à nouveau. Mais ma raison sait pertinemment que L’obliger à commettre une telle chose reviendrait à laisser filer cet instant de faiblesse. Le silence plane au-dessus de nos têtes. Et je le laisse s’installer. Perdurer alors que je pousse un infime soupir. Je suis resté de marbre, effaçant toute expression de mes traits ou de mes prunelles. Mais l’ignorance et la froideur ne peuvent perdurer devant une telle demande. Je m’adoucis. Et un fin sourire vient se poser sur mes lèvres. Cet instant ne ressemble à aucun autre. Il est perdu à des années lumières du monde chaotique qui est le nôtre. Mes mains tremblent légèrement lorsqu’elles viennent se poser de chaque côté de Son cou. Et mes lèvres viennent effleurer le coin des Siennes.

« - Nous sommes deux dans ce cas. » Je le murmure contre Sa bouche, l’effleure de la mienne. Lentement. Et je m’autorise à la mordre, sans pour autant en abîmer l’armure fragile. « - Je risque de regretter ce choix, mais j’accepte de reprendre ma place. Et Perk me manque. » Comment lui dire que je n’attendais que cela ? Que j’aurais été capable de le supplier de me reprendre comme un parfait idiot ? Il n’y a pas de mots pour cela. Et me traîner devant Lui n’est en aucun cas une chose que je compte faire. Pas après ce qui a pu se passer. La peur plane toujours au-dessus de ma tête.  Et elle va continuer à le faire. Je m’autorise pourtant à jouer avec Sa patience. J’ai jeté la première dose d’huile sur le feu, attendant de voir Sa réaction. Et les braises ont pris feu sous Sa propre volonté. Je me suspens à Ses lèvres, laisse nos souffles se mêler sans que nos bouches ne viennent à se toucher. Je m’enivre de la proximité, de la chaleur de Son torse contre le mien. Et mes phalanges entreprennent alors de défaire la boucle de Sa ceinture. L’exercice s’exécute avec une infinie lenteur, avant que ne vienne le tour des boutons de Son jean. L’envie me terrasse, mise de côté depuis trop longtemps, je suis incapable de résister à cette attraction fauve qu’Il exerce sur moi. Au jeu des échanges lascifs, je suis un bien piètre joueur. Je reviens déjà me heurter contre Ses lèvres, les possèdent avec une avidité cannibale, tout en obligeant Sa main à venir défaire mon propre jean. Je m’abîme la paume contre le feu de la peau de Son ventre, la marque d’une possessivité sans limite. La décadence me possède entièrement et la bienséance n’est plus qu’un soupir contre Sa bouche lorsque le nouveau contrat qui me lie à Lui se retrouve scellé en même temps que nos corps. Il n’y a que Lui. Les autres n’étaient que des pis-aller. Des ombres pour éclipser l’éclat de Sa présence. Et maintenant que Ses reins se brisent contre les miens, le vide dans ma poitrine se comble. Et sous la peau, le cœur flétrit retrouve alors toute sa vigueur.

| TOPIC TERMINE

_________________

Do I have to run and hide ?

I get the feeling just because. Everything I touch isn't dark enough. If this problem lies in me. I'm only a man with a chamber who's got me. I'm taking a stand to escape what's inside me. I'm turning to a monster. And it keeps getting stronger.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://consign-to-oblivion.forumactif.com/t885-aleksi-hold-your-
 

Shattered pieces will remain {.pv}

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

 Sujets similaires

-
» Taille des photos en pieces jointes
» Pieces detachées
» (Safrane) Vends pieces de biturbo
» Le réseau que vous ne verrez pas dans les magazines
» [résolu ]puzzle

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
CONSIGN TO OBLIVION .} :: The Fifth Chapter :: Memories-