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 Stay calm and keep smiling (pv Li) [terminé]

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« Le prodige et le monstre ont les mêmes racines. »

Féminin
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↳ Métier : Chef des Services Secrets et de la protection rapprochée du Gouvernement.
↳ Opinion Politique : Pro-Gouvernement
↳ Niveau de Compétences : Niveau 4 - Niveau -58 en communication verbale - Vue : 0.5 à chaque œil
↳ Playlist : Wolf || Bleeding out || Save me || Te he echado de menos || Ego
↳ Citation : C'est de cela dont j'ai vraiment peur. D'être véritablement un monstre. Je n'ai pas envie d'être un tueur, mais je ne peux pas m'en empêcher.
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MessageSujet: Stay calm and keep smiling (pv Li) [terminé]   Lun 26 Jan - 23:04


Stay calm and keep smiling.

(pv) Li Mei


~


Le vent qui balaye mes cheveux et le bas de ma nuque a beau être brûlant, il me glace le sang. Depuis quelques semaines maintenant, les choses se sont brutalement accélérées. Renouveau chez les rebelles, enlèvement parmi les membres du Gouvernement ou plus simplement les citoyens qui nous soutiennent,… cela faisait longtemps que je n’avais pas eu autant de sollicitation. Mon service est censé protéger les Ministres, pas les citoyens me contente-je de rétorquer en général. Mais lorsque c’est un ministre qui se fait enlever… Mon dos se crispe davantage, mes doigts s’enroulent autour du pommeau de cette canne qui me traîne et me supporte depuis tout autant de semaines que les récents événements, à croire que tout est lié. Un soupir, je jette un regard dans mon dos où deux de mes hommes surveillent les alentours, un nouveau soupir et je ferme les yeux pour davantage me concentrer sur mon ouïe. Une piste, que je ne suis pas supposée suivre, m’a mené jusque là. Une piste pour les Shadowhunter, interceptée par mes bons soins, interceptée par le loup en manque d’action qui ne supporte guère être mis sur la touche lorsque son orgueil et l’orgueil de son service est piétiné par des rebelles qui se pensent supérieurs sous prétexte qu’ils prônent un chaos anarchique.

Les yeux fermés, mon poids bascule inconsciemment sur ma jambe valide, celle qui a supporté le mieux l’accumulation rapide de blessures. Le pommeau ciselé de ma canne s’imprime dans ma main, j’en ressentirais presque toutes les marbrures, et mes pensées glissent forcément vers cet instrument de moins en moins indispensable, mais que j’affectionne de plus en plus, étrangement, pour son petit côté princier qu’il ne manque pas de me donner. S’il n’y avait mon boitement évidemment. A cette simple pensée, ma mâchoire se crispe. Se contracte. Un nouveau soupir se faufile entre mes dents fermées dans un petit sifflement agacé. Elle doit l’ignorer, ils même, mais les blessures infligées coup sur coup par Cora et Orfeo ont fait atteindre à mon organisme les limites de sa régénération. Je ne doute pas pouvoir sous peu l’ensemble de mes capacités mais cette douleur diffuse dans ma jambe gauche ne semble pas donner signe de disparition pour le moment. Et cette claudication qui me poursuit m’épuise davantage que tous ces enlèvements que je traque et que je tente de contrecarrer, main dans la main – soi-disant – avec les Services Secrets. Un nouveau soupir, mes oreilles trop sensibles se focalisent sur les crissements des armes des deux autres gardes du corps et des respirations des humains environnants. Dans un claquement sonore, ma canne s’avance en même temps que mon pas arythmique, mes yeux bleus se posent à nouveau sur les environs et d’un geste de la main, j’ordonne à mes hommes de rester en retrait, une odeur s’attardant dans les environs, une odeur que je connais trop bien. Même si je commence à y être réellement habitué, il y a peu de choses capables de me déstabiliser longtemps, mes sens surdéveloppés me sidèrent souvent. La bouche entrouverte, je laisse mes papilles goûter l’air au même titre que mon odorat, les informations se complétant pour me renseigner sur tous les êtres vivants des alentours. Les flagrances, les sons, les mouvements en périphérie de mon champ de vision, tout se range et s’ordonne dans mon esprit à la façon d’un loup, sans que je ne fournisse le moindre effort supplémentaire et même volontaire. Instinctif, c’est le mot. Et cet instinct me fascine autant qu’il me débecte. Mon odorat, donc, m’informe qu’une de mes connaissances est dans les parages, qu’elle approche ou qu’elle s’éloigne, mais qu’elle est là dans tous les cas. Une connaissance que je n’attendais pas. Une connaissance qui pourrait tout à fait m’avoir mené dans un guet-apens puisque s’il faut être franc, elle fait partie de ceux qui connaissent bien, ou qui apprennent à bien connaître mes travers. Pendant un instant, j’hésite entre tirer tout cela au clair et renvoyer mes gardes du corps, ou au contraire conserver cette supériorité numérique qui ne peut conclure un combat à venir que par une victoire et sa mort, à elle, ou son aller simple dans les prisons du Gouvernement.

Je fais signe à l’un de mes hommes d’avancer. Mon chuchotement incisif ne laisse place à aucune remarque. « Restez quelques pas en arrière, n’intervenez que si je vous en donne l’ordre et pas avant. » Mes yeux se désintéressent aussitôt de la silhouette qui s’éloigne et transmet mes instructions pour chercher parmi les véhicules et autres débris abandonnés ma petite danseuse. Un mouvement et mon sourire crispé s’accentue sur mes lèvres. De ma voix la plus nonchalante, confiant malgré tout de ma supériorité en toute circonstance, je m’adosse à une carcasse de voiture en veillant toutefois à ne pas salir mon costume. « Bonjour, Lili. C’est toi qu’on a envoyé pour moi, c’est bien cela ? » Où est-ce le contraire ? Excellente question. Mon sourire s’intensifie à cette pensée. « Ca ne fait guère longtemps depuis la dernière fois. Es-tu toujours aussi détestable ? » Etrangement, je me sens d’humeur non pas joyeuse, mais quelque chose s’en approchant. Le défi, j’imagine. Le risque, le jeu, cette danse qui nous lie elle et moi, une danse mortifère voire létale à long terme, mais une danse dont je ne peux qu’apprécier les subtilités tant l’égalité parfaite dicte nos mouvements, dans ce jeu de haine et de dégoût qui guide nos pas et nos passes à un rythme brûlant d’Orient et d’Italie antique. Sans faire le moindre geste, je reste adossé à mon support, attendant patiemment une réponse ou une réaction de sa part. Pendant une fraction de seconde, j’envisage la possibilité de m’être trompé sur l’identité de la personne. Pendant une fraction de seconde, je remets en question mon intelligence et mon instinct. Pendant une fraction de seconde, je me renie tant et si bien qu’un soupçon de mépris coule sur cette hésitation et que je me redresse avec cette grâce transmise par des siècles de noblesse et des années d’éducation aristocrate.




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You're a drifter, shapeshifter, Let me see you run,
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Dernière édition par Rafael A. Morienval le Lun 20 Avr - 19:27, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Stay calm and keep smiling (pv Li) [terminé]   Sam 7 Fév - 20:02



Stay calm and keep smiling.

(pv) Rafael A. Morienval


~

Le bleu du ciel inonde ton regard, écrasant ton insignifiante personne de toute sa splendeur. Les nuages défilent comme si la vie ne les touchait pas, comme si la fin du monde n'existait pas. Là, allongée sur le capot d'une voiture abandonnée, les bras croisés derrière le crâne, te sens-tu plus humaine que tu ne l'as jamais été ? Profite que le vent souffle encore sur ton visage et que les oiseaux acceptent de voler au-dessus de ton corps. Fais donc comme si un monstre tu n'étais pas. Fais comme si l'ombre n'était pas là, vacillante, comme si tes doigts n'étaient pas prêts à lécher la voûte céleste à la recherche d'une âme à damner. Fais-lui croire que l'enfer l'attend et elle se sentira plus morte que vivante, bien qu'elle n'ait jamais fait de mal conséquent. Ils sont prêts à tout croire pour que leurs inventions prennent vie et les séduisent plus encore qu'elles ne l'ont fait dans leur imagination. Fantômes, vampires, succubes. Dis-leur que tu es le Diable en personne, venu punir et chercher les pêcheurs, et ils se jetteront à tes pieds. Le Monde est bête, n'est-ce pas ?
Plus bête que tu ne l'es ? Voilà qui frise l'impossible. Crois-tu qu'il est temps de flâner, de faire une petite sieste dans un lieu aussi découvert, de prendre un bain de soleil les yeux fermés ? Le monde est déchiré. Les uns attaquent les autres et ceux qui ne prennent pas part à tout ça y sont mêlés contre leur gré. Et toi, tu es encerclée de la plus incroyable des manières, poussée d'un côté par les résistants qui t'accusent de traîner avec le gouvernement, et d'un autre par le gouvernement qui te suspecte d'être passée chez les rebelles pour les blesser avec tes dons monstrueux. Pourtant, toi, dans tout ça, tu es allongée sous la voûte, soupirant sous la chaleur des rayons, souriant au silence environnant. Tu n'as jamais pris part à cette guerre étrange et tu es traquée plus encore que tu ne l'étais avant que ça n'éclate, avant que les rues ne soient pleines de protestations. Crois-tu qu'ils ne peuvent pas te suivre ici, venir te chercher là où personne ne se cacherait ? Ce n'est pas si bête, finalement, te montrer au lieu de te cacher, comme si la mort qu'ils te promettent ne te donne même pas envie d'avoir peur. Comme si ta force était telle que tu ne crains nullement qu'ils viennent te trouver.

Un bruit, une odeur, une nuisance qui approche lentement de ta position. Tu ne pensais quand même pas que tu resterais à jamais tranquille ? Certainement même que tu as été suivie par quelque animal au nez assez développé pour te retrouver. Ils seraient prêts à tout pour toi. Vois comme le monde ne peut te résister, ma sœur, tu les rends fous, tous autant qu'ils sont. Ils te haïssent plus que leurs démons, prêts à se jeter en enfer pour t'y rejoindre et finir de te détruire. Y arriveront-ils, Lili ? Arriveront-ils à te réduire en cendres ? Plus le temps passe et plus tu grandis, ce sourire que je te connaissais réapparaît peu à peu sur tes lèvres, défiant le monde de te détruire à tout jamais. Tu redeviens la grande dame que tu as un jour été, quoique tu me sembles plus amusée par les événements que tu ne l'étais auparavant. Le Monstre en toi prend le pas sur l'humaine, n'est-ce pas ? Ne change rien, danseuse, tu es bien mieux ainsi.
La voix atteint tes oreilles comme un long susurrement annonçant la fin proche d'un couple gagnant. Gagnant ? Vous vous déchirez mutuellement et on ne peut pas dire que votre dernière rencontre ait été calme, bien qu'elle fut certainement la moins destructrice de toutes vos entrevues. Mais tu étais déjà détruite, alors peut-être n'étiez-vous pas dans les meilleures conditions pour vous faire face. Aujourd'hui, tu es presque une femme nouvelle, tu es prête à risquer ta vie, à le laisser faire couler ton sang au creux de ses mains. Puisqu'il est là pour ceci, n'est-ce pas ? Et tu as tant rêver de cet instant, de ce moment où ses mains se poseront sur ta gorge pour la briser brusquement. Tu es prête à mourir, oui, si c'est lui qui te pousse de l'autre côté. Il est le seul à pouvoir le faire, le seul à devoir le faire, le seul qui, peut-être, ne le fera jamais finalement. Mais, Lili, votre danse meurtrière devra prendre fin, un jour ou l'autre.

Tu étires ton petit corps lentement, te laissant glisser le long du capot jusqu'à sentir la terre sous tes pieds. Tu prends le temps de tapoter ta robe blanche pour en enlever la poussière et autres parasites à sa blancheur qu'elle aurait pu amasser lors de ta sieste sur la ferraille rouillée. Les femmes doivent savoir se faire attendre par les bonshommes qui leur rendent visite, n'est-ce pas ? Secouant maintenant tes longs cheveux noirs, tu profites une fois encore de la brise, frissonnant un instant avant de te mettre en marche. Tes talons claquent sur le sol encombré de la route, laissant la tension s'installer entre vous tandis que tes yeux ont le loisir de découvrir la canne dans le creux de sa main. Le voici donc comme tu étais la dernière fois : déchiré.

Voyons, pas de bêtises, mon grand. Tu sais autant que moi que je n'ai rien à voir là-dedans. Tu t'arrêtes face à lui, tes doigts agrippant la cravate à son cou. C'est toi qu'ils ont choisi pour moi ? Quelle bonne idée... Tes doigts frôlent un instant ses lèvres. Plus détestable encore mais tu sembles remis de la dernière fois, tu te remettras cette fois-ci aussi. Ta main se pose sur sa cuisse gauche. Mais je vois que le travail a été mâché cette fois. Tes doigts appuient fortement sur sa blessure. Arriveras-tu à me tuer avec ça, mon petit loup ? Tes yeux fixent les siens, un large sourire sur tes lèvres. Les chiens vont-ils surveiller notre belle intimité et intervenir si je me tiens trop près ? Ta voix n'est plus qu'un murmure provocateur qui s'écrase sur la proximité de son visage. Ca donne envie de les tester un peu, non ?

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MessageSujet: Re: Stay calm and keep smiling (pv Li) [terminé]   Sam 7 Fév - 21:55


Stay calm and keep smiling.

(pv) Li Mei


~


Il est amusant de voir à quel point, finalement, mes sentiments peuvent tourner. En arrivant, j’étais agacé. En colère. Je voulais trancher des chairs, faire couler le sang et entendre des gémissants de ces êtres qui ne méritent rien si ce n’est du mépris. L’ordre, la loi, la justice et l’humanité, voilà tout ce qui a de la valeur. Le reste, ces rebelles qui se croient au dessus de tout gouvernement, ces sorciers qui se pensent légitime à manipuler des forces provenant directement des enfers où ils séjournaient, ces créatures monstrueuses qui foulent la terre sous leurs formes désirables… rien de tout cela n’a droit à une rédemption, à un pardon, à une clémence. Moi-même, d’ailleurs, n’y ai-je pas le droit. Tout ce que je peux faire, c’est éliminer la gangrène, trancher les membres, détacher la chair purulente pour mieux soigner le reste du corps malade. En arrivant, donc, c’étaient cette rage et cette soif de sang qui brillaient dans mes yeux clairs. Et cette odeur, cette flagrance détestable – ne nous y trompons pas – a changé tout cela. Si elle reste une cible à abattre, sa présence teinte le tout de couleur envoûtante, d’un jeu et d’un défi mortels que je ne peux que relever lorsqu’on me les propose. Mon sourire s’accentue lorsque je saisis enfin un mouvement pour accompagner l’odeur. Une silhouette, qui se faufile dans ma direction lorsque je l’interpelle. La provoque, même. Mes yeux suivent son avancée sans se cacher, mes dents blanches s’amusent dans un sourire. C’est en la voyant ainsi, dans cette robe blanche légèrement poussiéreuse de la terre qui nous entoure, ces cheveux détachés qui tombent en cascade sur ses omoplates, que je me rends véritablement compte de l’ironie de la chose. En la voyant, on peut croire à la pureté. Je ne vois pour ma part que de la putréfaction dans ses gestes déliés et ces talons qui claquent sur le sol comme ma canne quelques minutes auparavant. Un monstre, voilà ce qu’elle est, mais un monstre aux courbes désirables, une sirène présente pour charmer et mieux dévorer après, une succube qui s’assume et se sait aussi détestable qu’attirante. Je ne suis pas dupe : elle me fascine autant qu’elle m’écœure, nous sommes trop semblables pour que son chant m’atteigne d’une façon ou d’une autre. C’est évident. Pourtant, lorsqu’elle réduit l’espace entre nos deux silhouettes à quelques centimètres, lorsque je la laisse venir jusqu’à moi, jusqu’à cette cravate qu’elle agrippe et que j’imagine déjà entortillée entre ses doigts assassins, je ne peux que me demander ce qui la différencie des autres.

J’évite, en général, tout contact physique inutile. Il me met mal à l’aise et elle n’y fait pas exception, alors que mon cœur et mes muscles se crispent à ses doigts sur les lèvres que je me retiens de fermer. Pourquoi la laisse-je faire ? Je l’ignore. Mais le fait est que ses mots dégringolent les pores de ma peau, que la pulpe de ses doigts m’effleure sans que je ne fasse quoique ce soit pour l’éloigner. Voyons, pas de bêtises, mon grand. Tu sais autant que moi que je n'ai rien à voir là-dedans. C'est toi qu'ils ont choisi pour moi ? Quelle bonne idée... Plus détestable encore mais tu sembles remis de la dernière fois, tu te remettras cette fois-ci aussi. Je lui souris, attendant mon tour pour parler, savourant sa présence et la rixe qui ne va pas tarder à éclore entre nous, pour mieux accompagner la tension déjà présente. Mais à sa main se posant sur ma cuisse, je sens ma gorge se dessécher. Ma main libre monte, se place sur son épaule pour mieux la pousser à distance et me laisser respirer alors qu’elle assène encore quelques coups de bienvenue. Mais je vois que le travail a été mâché cette fois. Une pointe de douleur lorsque ses doigts s’attardent sur les blessures qui s’attardent dans ma chair, j’accentue la faible pression que je lui impose, tétanisé que je suis par sa proximité et l’emprise qu’elle a sur moi à cet instant. Arriveras-tu à me tuer avec ça, mon petit loup ? Les chiens vont-ils surveiller notre belle intimité et intervenir si je me tiens trop près ? Ca donne envie de les tester un peu, non ? Ma voix, cinglante, la coupe avant qu’elle ne termine sa phrase. « Cesse, tout de suite ! » Je peine à respirer. « Cesse donc, Lily » De la tension, un soupçon de panique lupine. Ma voix tremble légèrement. Elle mène la danse, Rafael. La situation m’échappe complètement. Pourquoi l’as-tu laissée s’approcher ? Parce que si elle mérite de mourir, moi aussi. Mais pourquoi n’écoutes-tu pas le loup et sa crainte des contacts ? Parce qu’elle est… elle. De toute évidence. Parce que son contact lorsqu’elle me vole mon énergie me vivifie, parce que cette danse mortifère que nous exécutons avec la plus parfaite coordination égaye mon quotidien. Parce que j’ai besoin de me sentir vivant depuis qu’Azzura est morte, et que risquer ma vie devant un monstre est un moyen comme un autre de sentir mon cœur battre à toute vitesse dans ma poitrine. La pression sur son épaule s’accentue néanmoins, se fait violente, crée de la distance entre elle et moi alors que je me détache de la voiture où j’étais acculé.
« Eux ne réagiront pas sans un ordre. Mais ce n’est pas d’eux dont tu dois avoir peur, tu le sais bien petit monstre… » La colère est revenue. Bien malgré moi. La terreur de son contact prolongé, la douleur réveillée… Je lui en veux. Elle a gâché en un temps record le plaisir que j’avais à danser avec elle. Mais… je ne peux m’empêcher d’être satisfait de la voir me surprendre, encore. La colère est revenue, donc, brille dans mes yeux mais je prends le parti de l’étouffer. Il serait mal avisé de perdre mon sang froid pour le moment. « En revanche, si tu appelles cela de l’intimité, ta vie privée fait peine à voir, Lily… » Reprends toi, Rafael… Un sourire carnassier. « Et tu sais bien que je peux te tuer quand je veux, quelques cicatrices n’y changeront rien… et puis, je n’ai besoin de rien pour te tuer, c’est toi qui réclames une mort provenant de ma main… » De la prétention ? Un certain réalisme, aussi. Elle est rapide ? Moi aussi. Elle peut voler ma vie d’un simple contact ? Je peux la dépecer d’une transformation qui lui imposera mes crocs dans sa gorge désirable. « Ne t’inquiète pas pour moi… je suis plus résistant que toi, petite poupée fragile… » Mes yeux, mesquins, parcourent son visage, envient son dos que j’aimerais voire arborer encore le généreux présent que je lui ai offert à notre dernière rencontre, reviennent sur ses pommettes. « Mais trêve de politesse… Que fais-tu ici ? »




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MessageSujet: Re: Stay calm and keep smiling (pv Li) [terminé]   Dim 8 Fév - 1:00



Stay calm and keep smiling.

(pv) Rafael A. Morienval


~

Le jeu a à peine commencé, la musique n'est même pas lancée que déjà il veut se séparer de toi, posant sa main sur ton épaule pour te repousser. Voyons, voyons, a-t-il si peur de toi et de ce que tu peux lui faire ? Ou ne peut-il tellement pas supporter ta personne que savoir tes doigts sur son visage lui donne envie de débecter ? Ah oui, ce doit être ça. Personne ne touche le roi, Lili, que crois-tu ? Pourquoi, tu demandes ? Eh bien, ma sœur, le chat peut paraître féroce mais caresse son crâne et il ronronne. Cet homme est hautain, sûr de lui et arrogant – des synonymes, certes, mais nécessaires – prêt à prouver que le monde est inférieur à son sang. Féroce, donc. Pose tes doigts sur son corps et laisse-le devenir plus vulnérable qu'un petit chaton, rien qu'un homme qui n'est pas moins qu'une marionnette entre tes mains. Mais qui pourrait résister ?

Tes sourcils se froncent aux quelques mots qui s'échappent de sa bouche comme un ordre. Se croit-il toujours en droit de te donner des ordres ? Ne lui as-tu pas prouvé que vous étiez bien loin de ça ? Mais le tremblement de sa voix ne te trompe pas. Tu sens la panique, la tension qui s'emparent de son corps. A-t-il peur que tu ne mènes la danse jusqu'au bord des escaliers ? Alors pourquoi ne pas te fuir au lieu de te chercher sans cesse ? Voilà qui est idiot. D'un côté, il semble vouloir que tes doigts se posent sur ses joues et volent à son corps son énergie. D'un autre, il souhaite te voir crever au plus rapidement, bien loin de lui et de sa majesté. Tiraillé, le pauvre chou ? Il déteste ne pas avoir le contrôle de la situation, et tu le sais. Tu le sais aussi bien que tu sais n'avoir le pouvoir que pour un court instant, un instant qu'il te faut donc savourer et pousser à son extrême. C'est ainsi que l'on doit faire les choses et en profiter.

Tu recules sous la violence de sa poigne, grimaçant devant son envie croissante de te savoir loin de lui. Là est le problème : près de lui, tu mènes, loin de lui, tu te laisses mener. Ton pouvoir est grand si ton corps touche le sien. S'il s'éloigne de trop, tu ne pourras même pas ralentir sa transformation comme tu l'as déjà fait, ni même prendre sa vie avant qu'il ne le fasse. Mais en as-tu réellement envie, Lili ? Tu es une vilaine danseuse qui ne fait rien comme je lui indique. Tu aurais pu le tuer depuis tellement longtemps, ma sœur. Déjà ce jour malheureux dans la forêt où vous vous êtes rencontrés pour la première fois, où ses crocs ont bien failli te déchiqueter. Puis encore tout en haut du phare, avant qu'il ne te balance dans les escaliers. Et enfin, dans sa demeure-même, alors que ses lèvres ont audacieusement volé les tiennes. Le laisserais-tu gagner volontairement, ma chère ? Ne me dis pas que ce n'est pas volontaire, que tu ne peux que perdre. Je sais de quoi tu es capable et de quoi tu serais capable si tu laissais parler le monstre en toi. Tu serais si intouchable que même le loup fermerait son clapet devant toi.

Que feront-ils si je ne te laisse pas le temps d'ordonner, Rafael ? Ta main se referme sur son cou, menaçante et pourtant inoffensive... pour l'instant. J'ai juste peur qu'ils ne te volent ton plus merveilleux meurtre.

Reprenant tes distances d'un pas en arrière – tout en arrachant ton corps à sa poigne, non sans douleur – tu souris calmement, les bras croisés sur la poitrine.

Ma vie privée ? Tu sais pourtant ce que le gouvernement en a fait et ce qu'il fera de la tienne aussi si tu n'obéis plus aux autres, toutou. Ton sourire s'agrandit. Quand tu veux ou quand je veux ? Mais n'est-ce pas la plus belle façon de mourir ? Par des mains qui sèment la mort plus facilement que les miennes... C'est notre destin.

Son regard te fait frissonner discrètement. Tu devines ce qu'il cherche à voir, ce qu'il aimerait que tu lui prouves. Il serait déçu, pourtant, de comprendre que plus aucune marque n'abîme ton beau corps, danseuse. Que ce soit les coups du gouvernement ou la porcelaine du loup. Plus rien n'ose déchirer la douceur de ta peau. Jusqu'à ce jour où tu oses te dresser face à lui de nouveau. Tu sais pourtant que ça ne peut finir bien et que le sang coulera lentement sur la légère couleur de ton épiderme.

Voyons qui sera le plus résistant de nous deux, petit chiot. Je suis curieuse de savoir.

Ton regard avise son corps de haut en bas, puis dans son ensemble, s'amusant à voir ce qu'il a déjà vu. C'est que le loup n'a que très peu de secret pour ta personne, et ce depuis le premier jour, ce jour fatidique qui a lié vos chemins pour ne plus les séparer. Le fil de la vie les relie, il doit être coupé si vous voulez être séparés et ne plus rien avoir à faire ensemble. Mais si c'est ce que je te souhaite de tout cœur, tu ne sembles pas disposée à penser de cette façon, prête à sauver la vie du loup si celle-ci était en danger. Parfaitement idiot.

Ce que je fais ici ? Tu t'étires et t'appuies contre une carcasse de voiture, soulevant tes cheveux noirs afin qu'ils ne se coincent pas entre ton corps et la ferraille. Une petite sieste en attendant qu'un des deux camps se décide à venir me tuer. La mort est arrivée, alors je me suis réveillée. Tu es en retard. Un sourire, presque complice. Jusqu'où leur loyauté va-t-elle ? Si tu ne me tues pas, l'un d'eux le fera. Et je n'accepterai pas ça. Ton sourire se transforme, ne perd pas sa complicité mais semble bien plus carnassier. Je pourrais les tuer, si tu me le demandais. Un soupir, presque las d'un mauvais jeux ou d'un futur fâcheux. Toi ? Pourquoi viens-tu boitiller sur mon terrain de chasse ?

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MessageSujet: Re: Stay calm and keep smiling (pv Li) [terminé]   Lun 9 Fév - 23:22


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(pv) Li Mei


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Le loup est fait pour vivre en meute mais le loup est fait pour dominer. Je suis fait pour dominer. Ses doigts contre mes lèvres sont une brûlure mortelle. Son contact non désiré est un coup de poignard lent et douloureux qui s’enfonce peu à peu dans mon espace vital, m’asphyxiant, m’ôtant tout sang froid et liberté. Ma main sur son épaule est une mise en garde. Un ordre. Une supplique. Et lorsque je franchis finalement le pas pour mieux la repousser, mes lèvres laissent passer des impératifs qui sonnent à mes oreilles comme des pleurs. Et elle s’éloigne. Et je respire. Et ses sourcils se froncent. Et mon sourire se raffermit, se rassure, revient. Comme ma colère. Petit monstre, je réponds à sa provocation. J’ai peut être brisé la danse et les pas que nous faisions en marchant sur les siens pour mieux l’écarter, je n’oublie pas ce rythme qui lance et balance entre nous, dans ces insultes et ces menaces planant entre elle et moi. Une respiration, ma panique est sous contrôle, pour le moment. Un soupir et voilà que je montre les crocs dans ce sourire carnassier que je lui offre, colère dans les yeux, nonchalance crispée dans mon corps qui s’écarte du véhicule. Eux ne te feront rien sans un ordre lui chuchote-je d’une voix assurée. Moi en revanche… Que feront-ils si je ne te laisse pas le temps d'ordonner, Rafael ? J'ai juste peur qu'ils ne te volent ton plus merveilleux meurtre. Je déglutis péniblement. Elle a à nouveau fait disparaître la distance entre nous sans que je ne fasse rien. Qu’est ce qui ne va pas chez moi ? Tout, absolument tout. J’en serais presque à en rire si des années de contrôle de mon être n’étaient pas là pour assurer les apparences. Elle recule, échappe à mon bras toujours posé sur son épaule, m’observe dans ce sourire prédateur que j’ai l’habitude d’observer dans le miroir. Ma vie privée ? Tu sais pourtant ce que le gouvernement en a fait et ce qu'il fera de la tienne aussi si tu n'obéis plus aux autres, toutou. Je fronce les sourcils, peu certain de comprendre ce qu’elle sous entend ou ce qu’elle a compris de ce que je voulais dire. Son sourire s’agrandit, le mien l’imite, dubitatif. Quand tu veux ou quand je veux ? Mais n'est-ce pas la plus belle façon de mourir ? Par des mains qui sèment la mort plus facilement que les miennes... C'est notre destin. Certes. Ce n’est que juste retour, même si je ne goûte guère au toutou insultant. D’un mouvement négligé des épaules, une moue légèrement écœurée au visage, j’acquiesce sans grande conviction, dans une nonchalance qui ferait grimacer mon aïeul. « La mort n’a de raison que lorsqu’elle est justifiée. Il n’y a pas de belle façon de mourir, il n’y a qu’une agonie ou un départ rapide… » Ma moue refuse de disparaître, mes pensées s’attardent sur ce qu’elle dit, ce qu’elle pense, ce qu’elle imagine dans ses méninges tordues de cadavre animé. Je ne peux oublier ce qu’elle est tant son apparence le cache bien. Mes blessures font écho aux siennes, mon regard s’attarde sur ses courbes et le frisson qui traverse sa chair lorsqu’il se perd sur son dos hors de ma vue. Reprends toi, Rafael. Qu’est ce qui te rend si curieux, au juste ? Mes blessures qui subsistent contre toute attente. Les siennes qui volent en fumée. Sa présence qui transgresse toutes mes limites sans que je ne suis capable de maintenir le rythme de la danse. Je suis plus résistant que toi, petite poupée. Je n’en suis pas si sûr. Et c’est cette incertitude qui m’agace présentement. Vulnérable, je le suis constamment face à elle. Mais jamais moins que sa chair tendre à proximité d’une arme à feu, d’un éclat de porcelaine, du rouge carmin qui s’échappe d’une coupure et de la gueule du loup. Ne t’inquiète pas pour moi… Cynisme ? Si peu. Si elle s’inquiétait pour moi, cette relation entre elle et moi qu’aucun mot ne peut décrire perdrait tout son éclat. Voyons qui sera le plus résistant de nous deux, petit chiot. Je suis curieuse de savoir. Sous son regard, mon arrogance ne se gêne pas pour parader. Je me sais avenant, j’ai un tel ego et narcissisme que je n’en ai plus conscience. Ce n’est pas volontaire, c’est naturel. Et cette canne qui supporte le poids que mes jambes peinent à maintenir debout n’est en rien rabaissant, fort heureusement. Même elle, je la porte et je l’empoigne avec dignité. Mais soit. Mes yeux se perdent à nouveau sur sa silhouette opaline, je me redresse, remets en place la cravate qu’elle a malmenée, retends les manches de mon costume de deux coups secs. Changement de pas, changement de rythme, je décide que la musique fluctue, pour partir sur un air bien plus entraînant. Un air de chasseur, un air que je maîtrise. Quittons ton terrain, jolie danseuse, venons dans le mien.

Trêve de politesse. Cessons pour le moment ce petit jeu stérile. J’y perds trop. Passons au plus intéressant. Mon sourire renaît, encore une fois. Un phénix qui se pose sur mes lèvres pour brûler toute trace de trouble, toute trace d’incertitude, pour faire renaître un peu plus le Seigneur que j’étais voué à être que tous veulent piétiner, asphyxier sans comprendre – ou peut être en comprenant justement – qu’étouffer mon arrogante noblesse c’est m’étouffer et me tuer à petit feu. Lorsque plus rien n’est stable, j’ai besoin de ce sang qui coule dans mes veines, de cet enseignement ancestral, d’un point de repère intemporel. Que fais-tu ici ? Un point de repère comme cette question. Ce que je fais ici ? Sa grâce se délie lorsqu’elle s’étire dans une provocation que je ne peux qu’admirer, prompt que je suis à voir l’art et la beauté en bien des choses. Je ne suis pas insensible, loin de là, loin de ce que l’on pourrait penser. J’aurai pu, même, être hypersensible à tout cela. Ses muscles, cet appui sur la carcasse d’une voiture, la sublime autant que cette luminosité me sublime moi. Mes yeux pétillent, je guette quelques mots supplémentaires. Quelques pas de valse que sa démarche féline et ses lèvres mutines ne pourront qu’esquisser avec la douceur de la danseuse qu’elle se plaît à être.  Une petite sieste en attendant qu'un des deux camps se décide à venir me tuer. La mort est arrivée, alors je me suis réveillée. Tu es en retard. Jusqu'où leur loyauté va-t-elle ? Si tu ne me tues pas, l'un d'eux le fera. Et je n'accepterai pas ça. Mes lèvres s’étirent, toujours, dans ce même sourire plaisant dont je n’aime me départir. Voilà. Nous l’avons retrouvé. Ce rythme, cette souplesse, cette joute que j’affectionne tant. Une petite sieste, vraiment ? Je l’écoute, je la laisse poursuivre, goûtant à ses mots et à sa nonchalance dans une sérénité que je sais vouée à mourir. A la prochaine mesure. Au prochain mouvement. Lorsque nous partirons allegro sur le rythme d’une estampie aux pas claquant sur ce sable et ce goudron qui nous environnent. Je pourrais les tuer, si tu me le demandais. Toi ? Pourquoi viens-tu boitiller sur mon terrain de chasse ? Boitiller ? J’écarte sa remarque d’un claquement de canne, annonçant mon tour, annonçant ces mots qui me titillent, que je prends mon temps pour choisir.

« La mort est arrivée… mais c’est toi qui es en retard, l’as-tu donc oublié ? Elle est passée, la Mort, tu as juste négligé de la suivre lorsqu’elle t’y a convié d’une embrassade. Nous sommes tous les deux en retard, c’est cela qui fait notre charme et notre monstruosité… » Cette fois, c’est moi qui romps la distance entre nous deux. C’est à mon tour d’avancer, et plus de panique puisque je contrôle. Tout. Absolument tout. Du claquement rigide du bois sur le sol à mes yeux qui ne la quittent pas un seul instant. De cet index qui redessine la courbe de sa mâchoire, une courbe audacieuse qui me guide jusqu’à son menton, à mes lèvres souriantes. « Tu pourrais les tuer, certes, mais serait-ce vraiment utile ? Lily ? » Je me recule, jetant un regard à mes hommes que je devine nerveux. A tort ou à raison ? Je ne saurais le dire. D’un geste de la main, j’attire leur attention. « A ton avis, Lily, que suis-je venu faire dans la poussière et la vacuité de ces lieux ? » Mon regard clair s’amuse. Je fais signe à mes hommes de me ménager quelques minutes de tranquillité supplémentaire. Je suis venu pour tuer, pour faire payer quelqu’un de la mort de mes subordonnés, pour participer réellement à cette éradication de la gangrène qui suinte de plus en plus des pores de la ville. Et je me retrouve confronté à… elle. « Que fait un loup avec les autres membres de sa meute ? » Je me tourne vers elle, désignant sa personne d’un mouvement de menton. « Il chasse, sans savoir exactement à quelle proie s’attendre, mais il chasse. » Mes yeux dérivent à nouveau vers mes hommes qui ne nous quittent pas du regard. « Regarde les… ils sont loin, ils patientent. » Revenons à l’important. Je reviens près d’elle, pose une main sur sa cage thoracique pour l’appuyer contre la voiture sans aucune délicatesse alors que je me penche à son oreille pour mieux lui chuchoter. « Je vais te dire un secret, Lily : j’étais venu tuer. Pas te tuer toi, certes. Mais tuer, de mes propres mains. Ces deux là… ils évitent juste que l’on me dérange. Tu vois, il n’y a pas de quoi s’inquiéter. » Ma main posée sur sa poitrine remonte vers sa gorge en se faisant plus légère qu’une plume. Mes doigts s’amusent sur sa carotide, titillant sa trachée. Se retirent brutalement alors que je cesse d’être à son oreille et que lâchant ma canne mes deux mains se heurtent à la carrosserie, posées chacune de part et d’autre de la tête de la danseuse. « Mais je t’avoue que je ne sais pas exactement ce que je vais faire, finalement. Te tuer maintenant… » En serais-tu capable, Rafael ? Oui, bien sûr. Si elle me le demandait. Des morts inutiles ne sont pas dans mes habitudes. Si elle se révèle comme membre actif d’une comédie telle que la résistance, oui, bien sûr. Si elle me le propose une nouvelle fois, oui, encore. Mais en attendant… J’inspire, appuie sur la carrosserie pour me redresser et époussette mes mains. « Notre dernière discussion m’a laissé un goût d’inachevé. Et je suis soigneux : je n’aime pas l’inachevé. » Je sors un mouchoir de ma poche, affine le nettoyage de mes doigts plein de poussières. « Quelle raison a donc poussé le Gouvernement à t’empêcher d’avoir la vie privée que tu souhaitais tant avec mon… jardinier ? » Mon regard se durcit lorsque je conclus, quittant ce ton badin dans lequel je m’emmitouflais à moitié jusqu’à présent. « Quelle raison aurai-je, moi, de faire exploser ta misérable cervelle de Daybreaker parmi cette poussière ocre et ces cadavres de voiture ? Il m’en suffit d’une pour que tu cesses d’être en retard et qu’un raccourci te fasse recroiser le chemin de cette mort que tu sembles chérir de plus en plus… » Pourquoi la cherches-tu, d’ailleurs ? Un frisson d’eau glacé me rappelle que je l’ai cherchée, moi aussi, cette mort, il n’y a pas si longtemps. Par deux fois, je l’ai frôlée. Plus de deux fois, si on compte l’énergie que je lui ai offert, volontairement, à de multiples reprises.




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Dernière édition par Rafael A. Morienval le Mer 11 Fév - 18:01, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Stay calm and keep smiling (pv Li) [terminé]   Mer 11 Fév - 0:28



Stay calm and keep smiling.

(pv) Rafael A. Morienval


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Le claquement de la canne résonne au fond de tes oreilles et t'arrache un frisson sur lequel je ne ferai aucun commentaire. La joie te gagne, l'impatience, l'excitation face à la tension qui naît entre vous. Tue-le immédiatement, ma jolie, avant que cette relation étrange que vous entretenez ne finisse par dépasser des limites qu'il ne faut pas franchir. Je te renie, ma sœur, si tu continues plus encore ce jeu avec lui, cette longue chasse qui ne prendra jamais fin, car, au fond, aucun de vous deux n'a envie qu'elle se termine. C'est ce qui me fait peur, Lili, que tu finisses par t'y habituer, par aimer ça plus encore que tu ne le devrais, que tu finisses par t'inquiéter qu'une autre prenne ta place, qu'aucun autre n'ose poser ses mains dangereuses sur ce corps qui t'appartient. Mais non, danseuse, ce corps n'est pas à toi et ne le sera jamais, cesse cette folie qui te consume, cette profonde jalousie qui bat en toi depuis ta naissance. Non, arrête, ne mords pas ta lèvre et ne serre pas les poings dans la hâte de le voir prendre le contrôle de la danse... pour un temps, du moins.

Son doigt trace une ligne de feu sur ta mâchoire, te faisant relever le menton de quelques millimètres à peine. Tu pourrais les tuer, oui, je suis d'accord avec lui. Tu pourrais le faire si bien, ma jolie, posant tes belles mains sur leur vilaine joue, puisant dans leur corps une force qu'ils ne s'imaginaient même pas posséder, amenant par ce lien des images de leur passé. Tu serais alors grandie, plus forte qu'à ton arrivée, totalement rassasiée, prête à faire face au vilain loup, à user de pouvoirs dont tu ne te sers jamais pour le réduire au silence. Peut-être même que tu pourrais le faire taire à tout jamais, une bonne fois pour toute, et nous serions enfin débarrassés de la vermine, enfin tranquilles. Tu pourrais alors me rejoindre, dans toute la splendeur de ta grandeur, de ta puissance monstrueuse, le sourire aux lèvres et les bras ouverts à mon étreinte glacée.

Chasse. La réponse te vient avant même qu'il ne pose la question. Que pourrait-il faire d'autre, en bon loup, en bon membre, non, en bon toutou du gouvernement ? Tu ne doutes pas qu'ils utilisent à leur fin les sens de l'animal et la docilité de l'homme – bien que cette dernière soit moins évidente. Il est pourtant une chose inévitable : donner de l'importance à l'italien revient presque à l'acheter, non ? Les événements récents laissent à penser que le gouvernement se donne donc un malin plaisir à lancer le loup à la poursuite de ses ennemis les plus effrayants : les résistants et leur alliance avec l'engeance du diable, les Daybreakers. Certainement même qu'il doit s'en donner à cœur joie, lui qui t'a un jour promis d'éradiquer les sorciers de cette terre, et qui pourtant semble aussi peu pressé que toi de mettre fin à ta lente agonie.

Sa main se pose sur ton torse, autoritaire, plaquant ton dos contre la voiture abandonnée. Tu ne souris plus, parfaitement concentrée sur le moindre de ses gestes, sur la moindre de ses paroles. Un seul pas de travers et l'irréparable pourrait bien être commis, de ton côté comme du leur, parce que oui, tu n'en doutes pas, ces hommes là-bas ne te laisseront pas lui faire du mal, et si tu te retrouves à terre, ils seront les premiers à te rouer de coups jusqu'à ce que mort s'en suive. Il susurre alors à ton oreille des choses qui ne t'intéressent guère, des raisons qui ne changeront rien au cours des choses actuel. Certes, il est venu tuer, mais tu n'es pas celle qu'il cherchait, quoi que... peut-être, tu étais celle qu'il cherchait sans le savoir. Il l'a dit lui-même : le loup chasse sans savoir à quelle proie s'attendre.

Sa main remonte sur ta gorge et tu te surprend, un instant, à rêver qu'il referme ses doigts sur ton cou fragile, qu'il serre du mieux qu'il puisse et te laisse tomber dans la poussière, morte. Pourtant, la peur fait également briller ton regard car, de tout temps, l'étouffement t'a effrayée. Tu redoutes qu'un jour arrive où l'air te manquera et où tu suffoqueras, crachant l'inexistant pour mieux accueillir la mort dans tes bras. Mais déjà il se retire, laisse tomber cette cane élégante et emprisonne ton corps de ses deux mains, posées l'une et l'autre de chaque côté de ton doux visage. Là, voilà les pas du loup, les pas du seigneur qui avoue ses désirs les plus profonds, ces mêmes désirs qui battent au fond de ton cœur. La mort, oui, voilà quelque chose que tu pourrais accepter de sa main, peut-être même est-ce le but, le dénouement, le nœud qui délie vos chemins. Il faudra bien un jour que vous passiez par là.

Les mots s'enchaînent alors dans ton crâne tandis que tu contemples le travail minutieux de ses doigts se nettoyant mutuellement. La poussière ne doit pas atteindre le seigneur, elle doit le contourner. Tu en avais presque oublié cette histoire de jardinier, homme avec autant d'importance qu'un porc dans une porcherie. Là que pour son laissez-passer pour la tanière du loup. Tu ne l'as, d'ailleurs, jamais revu et tu serais bien en mal d'essayer de le reconnaître dans la rue. Cette histoire n'était pas déjà loin derrière vous ?

Premier pas en avant, tu tournois un instant sur toi-même, gonflant ta robe d'air qui flotte alors haut sur tes cuisses. Puis tu attrapes sa main à lui dans une révérence qui approche tes lèvres de ses doigts sans jamais les toucher. Enfin, d'un second pas, tu réduis la distance entre vous et saisis sa seconde main.

Ne m'inviteras-tu jamais à danser, mon amour ? Murmure provocateur, sourire aux lèvres, clin d’œil faussement complice. La danse reprend. La mort ne m'a pas demandé de la suivre, elle m'a embrassée, comme tu l'as fait, d'ailleurs. Elle est devenue moi, je suis devenue elle. Et tu aimerais qu'elle t'implore de la suivre, qu'elle referme ses bras dans ton dos et qu'elle t'emporte de son baiser glacé. Tu recules d'un pas de danse calculé, et attires de nouveau à toi le corps de l'italien. Ni beauté ni utilité dans la mort, si ce n'est la survie des vivants. Sûrement patientent-ils, jaloux de savoir que mes mains viennent à toi plutôt qu'à eux, comme a cru bon de penser ton vilain jardinier.

Nouveau pas de danse, en avant cette fois-ci, qui colle vos deux corps tandis que ta main se glisse sous sa veste, dans une envie certaine de le voir se rhabiller une énième fois depuis ce début de jour. Tu t'amuses de cette danse que vous avez toujours pratiquée sans jamais en esquisser le moindre pas et tu joues de ta vie comme si la mort n'était qu'un jeu. Un jeu dangereux.

Le pourrais-tu ? Me tuer maintenant ? M'égorger comme un vulgaire animal ? M'enlever cette vie qui s'amuse de la tienne ? Et à qui, dis-le-moi, donneras-tu alors ta précieuse énergie ?

Tu souris plus encore, presque fière de toi, comme une idiote. Tu recules une nouvelle fois, tires le loup à toi, pivotes, et le pousses alors, les deux mains sur son torse. Son dos vient heurter cette carcasse de voiture qui a su accueillir le tien, quelques minutes auparavant.

Quelle raison, tu demandes ? Ce mot est pourtant à tes lèvres autant qu'aux leurs : Daybreakers. Ils font les beaux dans leurs costumes de grands hommes mais ils ont peur, ils sont effrayés par l'inconnu, par le pouvoir que nous possédons et qu'ils ne connaissent pas. Ils veulent tout savoir car l'ignorance est une faiblesse, Rafael, et ils perdront leur trône pour cela. Je me fiche bien du roi et de la reine tant qu'ils me gardent en dehors de tout ça. Un petit rire vient sortir de ta bouche, glacial. Voyons, mon loup, tu as un millier de raisons de me tuer, ici ou ailleurs. La question est : pourquoi ne le fais-tu pas ?

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MessageSujet: Re: Stay calm and keep smiling (pv Li) [terminé]   Jeu 12 Fév - 20:22


Stay calm and keep smiling.

(pv) Li Mei


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Il faut croire que l’un comme l’autre, nous nous attardons sur la limite entre la logique et son contraire. Des survivants, nous avons déjoué une mort venue nous chercher un peu trop tôt. Des monstres, nous ne subsistons qu’à travers une magie malsaine dont nous ne voulions mais que nous acceptons malgré nous. Que nous apprenons, malgré nous, à aimer. Peut être ne parle-je que pour moi, mais il faut que je me rende à l’évidence : cet animal lové dans mon être est si profondément ancré en moi que pour rien au monde je ne m’en séparerai. Mais pas Azzura ? Faire revenir les morts une atrocité pire encore que la survie dont je suis la conséquence. Il faut croire, donc, que nous sommes si semblables que nous nous comprenons, Li et moi. Une danseuse, un aristocrate. Un cadavre, un pluricentenaire. La grâce et la magnificence. Un frisson, je lui souris, mon doigt redessine les traits de son visage, mes lèvres lui chuchotent un secret qui n’en est pas un. Un mouvement brusque, j’encadre son visage. Une poussée, je m’écarte à nouveau, un mouchoir détachant une poussière égarée sur mes doigts fins. Ma voix quitte son ton badin pour revenir sur ce qui nous préoccupe. Devrait nous préoccuper. Comment cette rencontre va-t-elle finir ? Est-ce donc le point final d’une danse qui s’accélère, qui refuse de s’interrompre, d’un jeu de chien et chat que nous poursuivons depuis que le loup l’a plaqué dans cette forêt ? Un nouveau frisson, mes lèvres crachent sa nature, Daybreaker et je la mets au défi de m’offrir une seule raison de sortir victorieux. Une seule me suffira. Un mot, une phrase, un geste ou un sourire, un rien sera une excuse à mes yeux si elle se justifie. Tu ne la tueras pas. Si. Peut être pas sans remords, peut être pas sans une certaine tristesse, mais je le ferai. J’ai tué mon frère, pour sauver deux vies. Je tuerai bien un monstre, aussi charmant soit il, pour purger l’Humanité de la pourriture qui la ronge. L’Humanité mérite-t-elle que tu tues encore ? Pourquoi ne pas tuer pour toi, pour une fois ? Je fronce les sourcils, chassant ces pensées saugrenus d’un sourire lorsque d’un pas en avant elle tournoie. Elle chavire. Elle éclot, dans toutes la grâce de la danseuse orientale aux gestes parfaits. Je ne suis pas aveugle à la beauté, surtout lorsqu’elle frôle la perfection. Maniaque, artiste, je sais reconnaître des œuvres d’art lorsque mes yeux s’y attardent. Et sa main qui se pose dans le creux de la mienne, la légèreté de ses mouvements… Je savoure la beauté que cette civilisation a perdue en sept siècles. La grâce. Que ce soit un monstre qui en soit à l’origine n’accentue que plus encore la perdition de cette humanité, pervertie dans les moindres recoins par la noirceur et le dégoût, par des siècles et des siècles peuplés de sorciers et d’hommes corrompus par des utopies factices de liberté et d’émancipation. Un second pas, nos mains sont rejointes et la distance entre nos deux corps n’existent plus. Mon sourire, en revanche, s’épanouit d’avantage, sur lequel plane un nuage d’appréhension. Je ne résiste pas, je cherche à prévoir ce qu’il va se passer.

En la laissant me guider. Ne m'inviteras-tu jamais à danser, mon amour ? Pendant une fraction de seconde, c’est la voix d’Azzura que j’entends. Un soupir, un battement de cœur, je la mets au défi. « Je n’attendais que le bon moment, chérie… »  De mes lèvres coule une moquerie dans ce mot italien. Provocateur, à l’image de son murmure. Complice, à l’image de son clin d’œil. Nous jouons et le plus beau, c’est que nous en sommes plus que conscient. Un frôlement, les pas viennent naturellement à nos pieds qui se cherchent et s’évitent. Mes oreilles ne peuvent que percevoir les battements de son cœur trop prêt du mieux, l’agitation nerveuse des gardes du corps, le murmure de nos talons qui claquent et caressent le sol à rythme régulier. La mort ne m'a pas demandé de la suivre, elle m'a embrassée, comme tu l'as fait, d'ailleurs. Elle est devenue moi, je suis devenue elle. Et tu aimerais qu'elle t'implore de la suivre, qu'elle referme ses bras dans ton dos et qu'elle t'emporte de son baiser glacé. Un pas en arrière, nos corps se séparent pour mieux se retrouver, distant d’un soupir seulement. « J’ignore si ce que tu décris est un rêve ou un cauchemar, ce n’est en aucun cas la réalité, mon cœur » Je ne cherche même pas à attendre mon temps pour rétorquer, de sarcasmes doucereux.  Ni beauté ni utilité dans la mort, si ce n'est la survie des vivants. Sûrement patientent-ils, jaloux de savoir que mes mains viennent à toi plutôt qu'à eux, comme a cru bon de penser ton vilain jardinier. Mon sourire s’élargit un peu plus encore, dévoilant mes crocs, dévoilant mes dents blanches d’un éclat rieur. La danse s’accélère, je sentirai presque la chair de poule se déposer sur mes bras tant l’atmosphère crépite d’une intensité que je n’ose qualifier. Un pas, un autre, c’est un jeu, c’est une danse comme je n’en ai pas dansé depuis des siècles. Et je me sens me perdre à chaque battement de cœur un peu plus dans des limbes incertaines. Tu ne pourras pas la tuer. Si, chaque seconde le prouve d’avantage. Elle s’amuse, autant que moi. Je pourrai te tuer, Lily, si tu m’en donnais l’occasion. Le pourrais-tu ? Me tuer maintenant ? M'égorger comme un vulgaire animal ? M'enlever cette vie qui s'amuse de la tienne ? Et à qui, dis-le-moi, donneras-tu alors ta précieuse énergie ? Ma pomme d’adam s’agite d’une déglutition délicate. Oh oui… pourrais-tu la tuer maintenant ? J’en reste convaincu. Ou obstiné. Mais dans cette situation, les deux se confondent pour ne laisser qu’une certitude butée. Elle recule, on pivote et brusquant la sortie de la danse, je me retrouve projeté contre la carcasse d’une voiture dans un grognement de surprise que je ne peux retenir. Quelle raison, tu demandes ? Ce mot est pourtant à tes lèvres autant qu'aux leurs : Daybreakers. Ils font les beaux dans leurs costumes de grands hommes mais ils ont peur, ils sont effrayés par l'inconnu, par le pouvoir que nous possédons et qu'ils ne connaissent pas. Ils veulent tout savoir car l'ignorance est une faiblesse, Rafael, et ils perdront leur trône pour cela. Je me fiche bien du roi et de la reine tant qu'ils me gardent en dehors de tout ça. Voyons, mon loup, tu as un millier de raisons de me tuer, ici ou ailleurs. La question est : pourquoi ne le fais-tu pas ? C’est une excellente question, Rafael… Cette fois, pas de sarcasme, pas de réplique immédiate ne franchit mes lèvres. Je prends le temps de retrouver mes esprits, de calmer les battements effrénés d’un cœur qui m’échappe. Comme moi un peu plus tôt, elle vient de laisser tomber le manteau de la nonchalance pour jeter sur la scène le problème épineux que nous devons résoudre. Maintenant. Depuis quand est-ce devenu un problème épineux ?

Je ferme les yeux. Me redresse. La chaleur de sa main glissée sous ma veste me brûle encore la chair. En quelques gestes, je me rhabille, incapable que je suis d’être débraillé. En quelques gestes, je cherche mes mots, je cherche une réponse. Je cherche la réponse. Et mes doigts ne saisissent que du vide. Mes yeux s’attardent sur sa silhouette, reviennent sur son sourire. Un pas en avant, la situation s’est étrangement inversée. C’est à mon tour de m’incliner légèrement. De saisir sa main d’autorité, de verrouiller mes doigts dans sa paume, dans ses paumes. La franchise est la seule chose qui me vient à l’esprit. La franchise d’un Seigneur, la franchise d’un prince, la franchise d’un Renzacci : relative. « Peur… les hommes sont terrifiés depuis la nuit des temps. C’est ce qui distingue un homme d’un lâche d’ailleurs : cette capacité à ignorer sa peur pour mieux s’en affranchir. Ils ont peur de toi, mais n’ignorent pas ce que ces doigts… Je lève sa main à mon visage pour mieux les frôler de mes lèvres taquines … peuvent faire. Mais ce n’est pas la peur qui guide leurs actions, crois moi. C’est la lucidité : un ennemi commun est un ennemi en moins. » Un pas en arrière, un pas sur le côté, c’est une bien étrange valse que nous exécutons sur une route encombrée. « Mais je reconnais que ta question est justifiée : pourquoi ne le fais-je pas… » J’inspire, jette un coup d’œil par-dessus son épaule. D’un mouvement de poignet, je lui impose une rotation, la récupère et efface la distance que je maintenais jusque là entre nous, lâche ses mains pour poser les miennes sur ses hanches, dans une étreinte qui guide mon visage dans le creux de son cou. « J’enlace la Mort, comme tu l’as prédit. Mais je me demande si ta question ne pourrait pas venir de moi à son tour. J’enlace la Mort, mais j’ai le sentiment que je ne risque rien. » Un souffle chaud dans son cou, je m’écarte, repousse son corps et recule d’un pas avant de m’incliner comme il se doit, en remerciement pour la danse. Je ne suis pas fou, pas encore. Je refuse de rester plus longtemps en contact avec elle, je ne veux pas forcer le sort et me voir prouver que j’ai tort. « Il me semble que nous avons un problème, Lily. » Je refuse de penser qu’il n’y a que moi de concerner. « Un épineux problème, même, si j’ose le qualifier ainsi. » Mon sourire ignore s’il doit paraître ou rester dans l’ombre. « Le sang n’a pas encore coulé et nous parlons depuis plusieurs minutes… »




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MessageSujet: Re: Stay calm and keep smiling (pv Li) [terminé]   Lun 16 Fév - 0:24



Stay calm and keep smiling.

(pv) Rafael A. Morienval


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Ca y est, le voilà qui se redresse, qui glisse ses mains sur son costume pour redonner forme à ce que tu as volontairement déformé. Tu glousses, intérieurement, de le voir si pointilleux, de le savoir si peu enclin au désordre. Tu aimerais détacher un bouton, relever le col, sortir la cravate et faire glisser le nœud. Tu aimerais, en quelques gestes, raviver la haine au fond de ses yeux et admirer les mouvements parfaits du gentleman bien habillé. Tu pourrais t'amuser de tellement plus, Lili, pourquoi donc te contenter de si peu ? Tu pourrais voler un peu de son énergie et voir la peur faire cligner son œil. Tu pourrais user de tes pouvoirs monstrueux pour annuler les siens, priver, pour un petit temps, l'homme de son loup intérieur. Ah ! quel spectacle ce doit être... Délectable, à n'en pas douter. Mais tu ne fais rien, tu ne fais jamais rien alors que tu pourrais, tu te contentes de danser comme tu l'as toujours fait. Un pas, deux pas, trois pas. Let's dance, lady.

Il s'incline devant ton sourire qui s'élargit et tes mains s'ouvrent pour accueillir les siennes. La curiosité guide tes pas, danseuse, et tu n'as toujours éprouvé qu'une trop grande affection pour la danse pour ne pas accepter de danser. Seulement, ces danses-là, aucun professeur ne peut te les enseigner. Il faut savoir mêler les mouvements, sans perdre pied, aux paroles, valse dangereuse qui vous amène aux portes des enfers. Un pas de travers, une faute d'inattention, et l'un de vous continuera sans l'autre à semer la mort. Jusqu'alors, vous imaginiez les notes sans les jouer, chacun de votre côté, usant parfois de quelques gestes pour blesser l'autre. Désormais, il vous faut marcher sur ces deux fronts en même temps, le précipice s'ouvrant à vos pieds. Ne sens-tu pas les flammes lécher tes chevilles, ma sœur ? Elles dansent et se languissent de vos corps qui les narguent et s'apprêtent à tomber. Il se pourrait bien que, dans votre idiotie infinie, vous finissiez par vous perdre, l'un et l'autre, au même instant. Deux corps quand elles n'en attendaient qu'un, les flammes sauront en faire un incroyable festin.

Tu suis avec la grâce que je te connais tant, cette souplesse dans tes mouvements, cette précision dans chacun de tes pas. Il pourrait se tromper, en cet instant, que ton professionnalisme saurait cacher le faux mouvement et rattraper le tout d'un nouveau pas, sans que rien ne se voit. Après tout, tu danses aussi bien que tu t'accroches à la vie, et nous savons tous les deux combien la Mort cherche à t'emporter sans jamais y arriver. Tout comme ces mains sur tes hanches ont tenté de te tuer et se sont froissées contre ton fil de vie, plus solide que ne l'est ce putain de pays.
Tu te recules comme lui, agrippant les pans de ta robe pour le suivre dans sa révérence d'un autre temps. Tu souris car tu sais, oui, nous savons qu'il s'éloigne parce qu'il ne supporte pas d'être près de toi, de savoir que tes doigts peuvent, à tout moment, toucher sa peau et l'éliminer à tout jamais. Il ne pourrait même pas revenir à la vie pour t'emporter avec lui, que c'est triste. Même moi, j'ai eu le droit d'essayer.

Ah ! Enfin ! Nous pouvons passer aux choses sérieuses. Vous avez un problème, oui, je suis assez d'accord avec lui. Regarde-toi, un sérieux problème psychologique. Tu devrais soit essayer de le tuer, soit essayer de le fuir. Et pourtant, que fais-tu donc ? Tu danses, tu ries, tu souris. Tu te moques, tu le provoques. Tu fais tout ce qui ne doit pas être fait, tout autant de futilité pour atteindre ton but : la mort. Certes, c'est une chasse. Tu traques et tu joues avec ta proie avant de l'achever. Mais regarde bien, idiote, cette chasse n'a que trop duré, vous vous courez après depuis plusieurs mois et ni lui ni toi n'est décédé. Ce n'est pas que vous êtes increvables. C'est que vous ne cherchez pas à crever.
Ton rire t'échappe, court et léger, tandis que ta tête pivote de quelques millimètres à droite et à gauche, désapprouvant simplement ses paroles. Il t'est impossible de penser que là, à cet instant, tu ne serais pas capable de le tuer. En fait, il te suffirait d'une provocation, un mot de travers et tu te jettes sur lui sans hésiter. Seulement... tu sais qu'il n'arrivera jamais à te provoquer assez, à proférer les quelques phrases qui pourront réveiller en toi une haine incontrôlée. Car tout ne repose que sur ça, en réalité : le contrôle du monstre et de ses pouvoirs.

Devrais-je te rappeler toutes les fois où tu es tombé à mes pieds, vidé ? Devrais-je te rappeler ce que tu m'as promis, ce que je n'oublierai pas de venir chercher ? Tu es fou si tu crois que je pourrais m'inquiéter, à vie, de te laisser en vie. Un jour viendra où je ne me retiendrai pas. C'est ainsi que sont les monstres, Rafael, et tu le sais. A toi de bondir le premier.

Comment, en quelques mots, se décharger de toute responsabilité ? Si tu crois que tu pourras t'en sortir ainsi, Lili, autant ne plus compter sur moi pour vouloir de toi, même à ta mort. Tu sais, tu le sens, tu comprends que quelque chose ne va pas, que ce jour tant attendu ne viendra pas. La grande question est : pourquoi ? Parce qu'il est le seul à avoir le droit de te tuer et que s'il meurt, alors qui le fera ? Ce sont des idioties tout ça. Cesse d'être une enfant, Lili.

Je te l'ai dit pourtant. Un mot de toi et leur sang coulera. Tes doigts agrippent un bout de ferraille, assez gros pour servir d'arme de jet. Je suis curieuse de savoir comment tu t'y prendras pour expliquer leur mort. Regarde-les. Est-ce moi qu'ils surveillent ou toi ? Laissant le temps à l'idée de germer dans son cerveau, tu te hisses et t'assois sur le capot d'une des voitures avant de reprendre. Mais si je te tuais maintenant, Rafael, qui me tuerait moi ? Ils sont nombreux à vouloir le faire mais il n'y en a pas un à pouvoir le faire. Toi, tu le peux mais tu ne le veux pas. Nouveau rire avant que tu ne craches, pleine de mépris. Quel mal ai-je fait au bon Dieu pour qu'Il s'acharne ainsi sur moi ?

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MessageSujet: Re: Stay calm and keep smiling (pv Li) [terminé]   Mar 17 Fév - 22:35


Stay calm and keep smiling.

(pv) Li Mei


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Nous avons un problème Non, c’est moi qui ai un problème, il est inutile que je la mêle à ça. Non, il faut être lucide : nous avons un problème. Nous avons un problème, et un sérieux problème même. Ce n’est pas tant de ne pas parvenir à la tuer qui m’inquiète, puisque j’en suis tout à fait capable, là n’est toujours pas la question, c’est que je m’interroge à ce point sur mes capacités à mettre de côté ce que je ressens pour faire ce que me chuchote mon devoir. Et depuis quand mon ressenti intervient lorsque l’on parle de Lily ? Son rire crisse à mes oreilles, résonnant dans mon esprit comme celui d’une hyène fière d’avoir ferré sa proie. Le jeu était clair depuis le début pourtant. Je la déteste, je l’apprécie aussi, je ne vois en elle qu’un reflet légèrement difforme du dégoût que je m’inspire. Ce n’est qu’un double mal exécuté de ma personne, je ne devrais même pas sourciller un seul instant à l’idée de la tuer, je ne devrais que regretter l’ombre d’une seconde de devoir mettre fin à cette danse qui nous lie depuis plusieurs mois maintenant. Presque un an d’ailleurs, si mes souvenirs sont bons. Un frisson. Son rire désapprouve mes paroles, cette distance qui se positionne entre nous, infime et pourtant bien présente, me fait l’effet d’une protection et d’un gouffre infranchissable. Je ne la quitte pas un seul instant du regard, lorsque j’articule que nous avons un problème. Ce rouge qui teinte toutes nos rencontres, où est il en ce moment ? Reclus dans nos veines, battant sous notre peau à quelques millimètres d’une liberté que l’on s’offre habituellement ? Pourquoi ce rire ? Je ne suis pas perplexe, je suis presque vexé qu’elle ne s’amuse pas de mon observation, je suis presque vexé qu’elle en rie. Devrais-je te rappeler toutes les fois où tu es tombé à mes pieds, vidé ? Devrais-je te rappeler ce que tu m'as promis, ce que je n'oublierai pas de venir chercher ? Tu es fou si tu crois que je pourrais m'inquiéter, à vie, de te laisser en vie. Un jour viendra où je ne me retiendrai pas. C'est ainsi que sont les monstres, Rafael, et tu le sais. A toi de bondir le premier. Je lève les yeux au ciel une fraction de seconde. Je lui souris, je n’ai rien de plus à faire ou à dire pour qu’elle comprenne ce que je suis en train de penser. Un jour viendra où je ne me retiendrai pas. Vraiment ? N’est ce pas ce que je m’affirme, ce que j’affirme moi aussi depuis des mois, ce à quoi nous jouons depuis trop longtemps déjà ? Ne voit-elle pas que c’est exactement cela notre problème, de nous restreindre à des mots et quelques égratignures sans franchir le pas d’une mort délibérée que l’on infligerait à l’autre le premier. « Et pourquoi serait-ce au loup d’ouvrir la danse ? Là est le problème tout compte fait : nous nous renvoyons la responsabilité l’un à l’autre, pressé que nous sommes d’en finir avec cette vie qui nous déplait et à laquelle nous nous accrochons malgré tout… » J’étouffe un soupir, lissant ma veste une fois de plus pour canaliser une certaine nervosité qui ne m’est pas familière.


Je te l'ai dit pourtant. Un mot de toi et leur sang coulera. Inconsciemment, mes muscles se contractent lorsque ses doigts crissent sur un morceau métallique pour le plier à leur volonté et le rendre contondant voire plus que cela. Mes lèvres s’étirent davantage, se teintant cependant d’une certaine méfiance excitée. Je suis curieuse de savoir comment tu t'y prendras pour expliquer leur mort. Regarde-les. Est-ce moi qu'ils surveillent ou toi ? Je ne parviens pas à voir où elle veut en venir, je me contente de l’observer mettre en place les pièces sur l’échiquier en cherchant à reconnaître une position d’attaque qui m’offriraient de quoi anticiper, prévoir, planifier quelques coups à venir, qu’ils soient dans ce jeu d’échec qui nous disposons entre nous ou dans le visage satiné de l’asiatique. « Tout dépendra de ce que tu penses vouloir faire, ou attendre, ou provoquer j’imagine. J’attends que tu te décides, tu sais ? » Je me baisse une fraction de seconde récupérer cette canne que j’ai lâchée un peu plus tôt afin de soulager ma jambe la plus faible qui commençait à trembler un peu trop fort. Lorsque je me redresse, la voilà assise sur le capot du véhicule. Mais si je te tuais maintenant, Rafael, qui me tuerait moi ? Ils sont nombreux à vouloir le faire mais il n'y en a pas un à pouvoir le faire. Toi, tu le peux mais tu ne le veux pas. Quel mal ai-je fait au bon dieu pour qu'Il s'acharne ainsi sur moi ? J’arque un sourcil, la considérant pour la première fois, peut être, avec un soupçon de mépris dans mon regard pour cette dernière phrase. Cela ne me prend qu’une fraction de temps pour savoir quoi répondre et cracher d’une voix doucereuse, presque sifflante.

« J’imagine que c’est maintenant qu’il faut que je te plaigne ? » Mes yeux clairs ne supportent pas de se poser sur sa silhouette et se glissent vers mes hommes qu’elle désignait un peu plus tôt. « Je ne parlais pas de leur sang, et là est tout le problème. Si tu me tuais maintenant, crois moi, tu n’aurais pas le temps de t’écrouler sur cette carcasse que tu sembles tant affectionner que ton soupir rejoindrait déjà le mien dans un repos que nous ne méritons pas et que nous cherchons tout autant que nous le fuyons. » Ne m’imaginant pas un seul instant m’adosser ou me poser sur la surface poussiéreuse du véhicule, je fais quelques pas pour amoindrir la tension sur mes jambes. Le temps de réfléchir. Tout cela n’a que trop duré. Nous avons un problème. Pour le moment, elle admet que j’en ai un, j’admets que j’en ai un. Mais refuse de voir qu’elle partage le même. J’en suis convaincu : mon orgueil ne pourrait souffrir être le seul à se trouver atrophié par des sentiments, quels qu’ils soient, totalement malvenus. Il est absolument nécessaire de lui prouver que si je doute pouvoir la tuer, il en est de même de son côté. Il est absolument nécessaire… Mes yeux bleus se perdent un instant dans ma réflexion, offrant mon dos à Lily et mon regard aux gardes du corps perplexe qui hésitent encore à s’approcher. « Mais j’admets que ce serait dommage que ce soit eux raclent enfin la pourriture que tu dissémines que cette terre. Après tout, depuis le premier jour, tu es ma proie. » Ma main libre glisse à mon côté, se referme sur la poignée de mon revolver, caresse un instant le métal glacé pour partir en arrière et laisser partir un tir si ajusté que j’aurai pu l’exécuter les yeux fermés. La souplesse du loup m’aura suffi pour délier mes muscles et agir trop rapidement pour un œil humain. Un claquement, de la fumée, une projection de gouttelettes d’un noir profond, les moindres de mes sens s’imprègnent de tout cela et lorsque mon bras retombe, lorsque mes jambes achèvent ce brutal demi tour que je leur ai imposés, je me surprends à relâcher ma respiration. Etait-ce inévitable ? Assurément. Pourtant, mes pupilles s’inquiètent, d’un geste de la main je fais signe à mes hommes de déguerpir, de me laisser seul, et de ne pas s’en faire parce que je l’ai tuée et qu’il n’y a plus de proie à chasser. Les battements de mon cœur vibrent, régulier, dans mes oreilles choquées par le bruit de l’arme à feu.

Ca y est ? Tu l’as tuée ? Non. Mes doigts ont tremblé à l’ultime seconde, mon bras a flanché, et le coup qui aurait du se lover dans son cœur doit à présent tracer son chemin quelque part dans son épaule, une brûlure argentée originellement prévue pour un métamorphe se perdant dans ses veines et ses muscles, déchiquetant la chair.




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MessageSujet: Re: Stay calm and keep smiling (pv Li) [terminé]   Mer 25 Fév - 14:22



Stay calm and keep smiling.

(pv) Rafael A. Morienval


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Ton sourcil gauche se lève, ton dos se redresse et tes bras se croisent sous ta poitrine. Croit-il que ça te touche, que tu veux réellement de lui qu'il te plaigne ? Tu ne fais que jouer et jamais, jamais il n'y a eu de pitié dans ce jeu-là, il le sait tout autant que toi. Et le voilà qui enchaîne sur des idioties sans nom que tu ne veux pas écouter. Pourquoi ? Parce que tu bluffes, tu veux croire que tu peux le tuer, que tu vas le tuer, mais tu sais que tu ne le feras jamais. Il promet que vos morts seront jumelles, que vous vous effondrerez en même temps sur cette route, au milieu des carcasses abandonnées. Et qui viendra vous chercher ici-bas ? Certainement le Diable se fera une joie de glisser ses griffes sur le bitume et de traîner vos corps derrière lui. Et le monde fêtera votre départ, les sorciers et les hommes crieront victoire. Personne ne te regrettera, ma sœur. Personne ne te pleurera. Seule à jamais dans les ténèbres et l'oubli des Enfers, seule avec tes péchés, seule pour t'ennuyer. Seule avec ceux que tu as tués, pas plus que des spectres aux yeux vitreux qui saliront ton corps de leur peau décharnée.
N'a-t-il pas raison, pourtant ? Tu fuis cette mort que tu cries attendre de pied ferme. Regarde la vérité qui se présente à toi. Jamais tu n'as eu envie de mourir, jamais tu n'as voulu quitter ce monde, aussi pourri soit-il. Pourquoi ? Parce que tu as peur, Lili. Tu as peur de la mort. Tu as peur de l'oubli. Tu as peur de moi.
Tes sourcils se froncent, tes muscles se crispent. Que fait-il ? Dos tourné au monstre, tu es en état d'alerte, prête à bondir s'il se montre suspect. Que peut bien cacher un membre du gouvernement sous sa veste, en pleine chasse ? Rien de rassurant. Tu es sa proie, oui, et le chasseur blesse sa proie quand il ne veut plus chasser. Tu déglutis péniblement et glissent tes doigts sur la ferraille rouillée pour te préparer à l'irréparable. Va-t-il te tuer ? Là, maintenant, pour te prouver que tu as tort. Pour enfin t'offrir à mes bras qui n'attendent que toi. Un mouvement, il semble glisser sa main dans sa veste et tu devrais déjà avoir bondi, avoir stoppé son geste, avoir planté tes griffes dans ses bras et aspiré son énergie. Mais tu n'as rien fait, tu as à peine ouvert les yeux et tu as souri.
Le coup est parti, faisant vibrer l'air dans son râle profond. Tu aurais dû mourir, oui, car l’œil est aussi expert que la main qui tient l'arme. Et pourtant, l'air remplit tes poumons douloureusement, tu sursautes et t'écroules au sol dans un gémissement plaintif. Il a osé, il a tiré, il a blessé ton corps de sa vilenie argentée. Tu souffres, tu souffles, tu as envie de pleurer la rage qui gagne ton cœur, de crier, de hurler, de le tuer. Tout simplement. D'effectuer enfin la vengeance qui lui est due, de fermer à jamais ce clapet trop bavard, ces doigts trop meurtriers. Tu en as envie, oui, mais tu ne bouges plus, tu n'oses plus. Ton épaule te lance, tu sens le sang ruisseler entre tes doigts, chaud et obscur, tu ne sais si la balle est ressortie ou si elle est pleine de joie, déchirant ton corps de l'intérieur, prête à te tuer si sa pointe s'enfonce dans ton artère. Vas-tu mourir ? C'est ce qu'il souhaite, ce qu'il a toujours souhaité, ce que tu as cherché, encore et encore, sans jamais trouver. Voilà, ma mie, voilà que la terre s'ouvre à tes pieds et t'appelle. Elle te veut, les flammes lèchent ce sang qui est le tien, ce sang monstrueux. Toutes ces années pour mourir d'une balle et d'un homme qui n'a pas osé tirer avec franchise. Aurais-tu préféré qu'il referme ses doigts sur ta gorge, qu'il bloque l'air à l'intérieur de tes poumons ? Oui, tu en as souvent rêvé, tu as toujours détester suffoquer. Là, regarde, tu dépéris sans étouffer, la vie s'échappe à petit pas avec ce sang noir qui s'écoule sur les graviers.
Qu'attends-tu, alors, pour crever ?

Connard...

Un souffle qui s'échappe de ta bouche avec haine. Il a osé là où tu as toujours hésité. Pour quoi, finalement ? Rater ton cœur et te faire souffrir comme un chien. Il n'est pas mieux que toi, aspirant une partie de son énergie sans jamais le tuer. Vous êtes les mêmes, des lâches sans intelligence. Vous faites les mêmes erreurs et vous prétendez être maîtres de vos corps. Vous n'êtes même pas capable de devenir maîtres de vos esprits. Tu es décevante, Lili, tout autant que lui. Relève-toi, idiote, tu fais pitié à voir, recroquevillée au sol, une main pressant ton épaule pour en retenir le flot sanguin. Quelle chance que ton sang ne soit pas celui d'un humain, alors qu'il glisse, visqueux, entre tes doigts, car déjà il coule moins.

Tu es content de toi, idiot ? Tu te relèves difficilement, fixant tes yeux sombres dans les siens. Tu fais le malin, tu te crois supérieur et tu n'es même pas capable de faire correctement les choses. Tu t'approches, les pas lourds et le doigt accusateur. Ne me fais pas croire que tu n'as pas voulu me tuer pour que je souffre encore et encore avant ma mort. Nous n'y croirons pas, ni toi ni moi. Tu t'arrêtes à quelques pas de lui. Tu ne veux simplement pas le faire, Rafael. Ta main agrippe son menton. Pourquoi ? Parce que le loup vit en meute et que, sans moi, tu es seul.

Un mot craché et des doigts meurtriers qui, pourtant, ne lui arrachent pas une seule parcelle de son énergie. Est-ce pour prouver que tu es comme lui ? Ou pour le punir parce qu'il souhaite de tout cœur la mort que tu pourrais lui donner ? Ou n'est-ce qu'idiotie infinie ?

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MessageSujet: Re: Stay calm and keep smiling (pv Li) [terminé]   Sam 28 Fév - 21:36


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(pv) Li Mei


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Le recul de l’arme fait vibrer mon bras par sa violence. Le coup a beau être parti, mon bras a beau être retombé le long de ma silhouette pour mieux ranger l’arme dans mon holster, je sens encore la vibration qui se répand dans mes os et se fraye un chemin jusque dans ma colonne vertébrale. Ca y est, tu l’as tuée ? Non. Je n’ai même pas besoin de la regarder pour savoir qu’elle est encore en vie. Peut être salement amochée, tirer à bout portant même simplement dans une épaule n’est jamais bénin, mais elle n’est certainement pas morte. Pourtant, je n’arrive pas à calmer mon esprit tétanisé. Ca y est, tu l’as tuée ? Cette question innocente que me chuchote le loup résonne comme une moquerie, comme une preuve violente de mon incapacité désormais prouvée à lui ôter définitivement la vie. Des raisons, j’en ai pourtant. Pléthore. Sa nature, ce jeu auquel nous nous livrons sans nous lasser… Sa provocation, ses tendances toujours plus fortes à me mettre mal à l’aise en pointant mes faiblesses et à s’amusant avec pour me mettre à sa merci. Je dénoue mes doigts encore crispé, suivant à l’oreille le déplacement de plus en plus lointain de mes hommes qui m’obéissent et quittent les liens. Un claquement, ma canne boite en direction du corps de la Daybreaker, dans une lenteur exagérée. Tu l’as tuée ? Non. Surtout pas. J’ignore ce qui m’effraye le plus : que mon tir, véritablement ajusté contre toute attente, l’ait tué ou que mon bras ait refusé d’exécuter mon ordre en défaillant au dernier instant. Un pas. Un deuxième. Mes yeux clairs soupirent de soulagement lorsqu’ils croisent les siens et la colère qui lèche ses doigts maculés d’un sang noir et lourd. Connard... Un sourire pour toute réponse, je m’immobilise à distance de sa haine et me contente de l’observer vaciller. Souffler. Respirer. Un spectacle fascinant, dans un sens, de voir un monstre s’extirper des limbes, se battre pour sa survie ; de voir ce sang qui refuse de suinter, de couler, de quitter ses veines putrides. Tout en elle clame un instinct de préservation, une rage de vivre qu’elle nie malgré tout. Son corps même refuse l’hémorragie qu’il mérite après un tel traitement. Immobile, silencieux, je me contente de faire la même chose qu’elle : respirer. Pas un geste pour l’aider à se relever, pas un mouvement trahissant une volonté de partir ou de l’achever, je préfère attendre, incapable que je suis de prévoir ce qu’elle va faire. Stratège, joueur d’échec, voilà que je suis aveugle, ne pouvant anticiper ni ses mots et ses choix, ni les miens. Et cette incapacité à se projeter a étrangement quelque chose de rafraichissant, comme si ma réflexion cédait le pas devant l’impulsivité et l’attention du loup.

Une minute, peut être deux. Sa main se presse sur son épaule, elle tarde à se redresser et cela commence non pas à m’inquiéter, mais à m’agacer. Qu’attend-elle ? Que je parte ? Tu es content de toi, idiot ? Mes yeux clairs suivent sa remontée difficile. Je reste toujours silencieux, considérant que sa question n’appelait ni réponse, ni remarque. Elle est en colère, de toute évidence. Comme si la réalité venait de la frapper aussi durement que cette balle qui a fait exploser sa chair en milliers de fragments sanguinolents. C’est sûrement le cas, d’ailleurs, vu son air furibond qu’ont délaissé toutes danse et musique, qu’ont abandonné moqueries et provocations. Tu fais le malin, tu te crois supérieur et tu n'es même pas capable de faire correctement les choses. J’arque un sourcil lorsqu’elle s’approche, mon orgueil me refusant un retrait stratégique. Je ne suis pas capable de faire correctement les choses ? Ce serait mentir de me targuer d’avoir maîtrisé tous les tenants et aboutissants de mes dernières décisions inconscientes, mais ne vois-tu pas, Lily, que tu es morte aux yeux des hommes et que tu foules pourtant toujours cette Terre qui ne te mérite pas ? Est-ce ce simulacre de mort que tu me reproches ou mon incapacité presque avérée à t’éliminer aussi simplement ? J’ignore son doigt qui m’accuse, les sens du loup affolés par l’odeur du sang et ma concentration attachée à son visage et l’ensemble de sa silhouette que je considère toujours menaçante. Ne me fais pas croire que tu n'as pas voulu me tuer pour que je souffre encore et encore avant ma mort. Nous n'y croirons pas, ni toi ni moi. Elle n’a pas tort. Je sais. C’est pour cela que je n’ai même pas essayé de m’égarer dans cette voie dangereuse du déni : elle est sans issue et me ferait perdre un temps qui m’est précieux. Mes épaules s’agitent dans un léger haussement et mes lèvres se plient d’une moue désintéressée. Elle s’approche un peu plus, et ma respiration jusque là tranquille menace de s’égarer. Conflit entre le loup qui me murmure d’être prudent et mon ego qui m’impose de rester sur place, de ne pas la craindre, de ne pas lui céder le moindre pouce de terrain. Comme à mon habitude, comme toujours, c’est au second que revient la victoire. Tu ne veux simplement pas le faire, Rafael. Ses doigts rompent la distance, frôlent et agrippent mon menton, manquant de me couper la respiration. Mes yeux quittent un instant les siens pour venir se rassurer sur le sang brillant qui fait de moi celui qui a l’avantage. Pour le moment. Pourquoi ? Parce que le loup vit en meute et que, sans moi, tu es seul. Mes sourcils se froncent devant cette attaque aussi basse qu’inutile. Et vraie. Suis-je seul sans elle ? Même avec elle, je suis seul. Mes sourcils se froncent davantage encore, guettant un deuxième coup plus violent qui me ferait payer cette balle étrangère à son organisme. Lâchant ma canne, je chasse ses doigts d’une main pour poser la deuxième sur son épaule et descendre vers la tâche sombre et visqueuse. « Et qu’essayes-tu de sous entendre par là, Lily ? » La moiteur de son sang macule mes doigts, je presse légèrement sa blessure, comme pour la lui rappeler à son bon souvenir. Au cas où… Je n’ai pas peur de me salir les doigts, j’ai trop souvent joué avec le sang et la souffrance des autres dans ce qui me parait de plus en plus être une autre vie, pour que s’il faut le faire, aucune hésitation ne vient retenir le bourreau que j’ai appris à être. « Que c’est parce que je suis seul que j’ai peur de me détacher d’une personne aussi détestable que toi ? » Un pas. Immatériel. Je m’égare, tout en ayant conscience. Finalement, ce chemin de déni, je m’y engage, bien consciemment, comme si c’est la seule solution pour ne perdre ni la face, ni une crédibilité que je m’imagine encore avoir mais qui se glisse entre mon poing ferme comme une eau vainement retenue. « Tu ne peux pas plus te tromper… » Mon doigt, mutin, redessine la courbe de sa mâchoire, remonte sur son nez. « Tu es une distraction, rien de plus. Une distraction dont je n’arrive de toute évidence pas à me séparer, sur ce point, tu as raison, mais une distraction, rien de plus. » Vraiment ? Un soupçon de nonchalance se fraye un chemin dans ma voix, insensible à la tension qui m’habite pourtant à l’idée de ce qu’elle pourra me faire à une distance si faible. Si je joue avec le feu ? Non. Je me contente de danser avec la Mort. Rien d’inhabituel en soi. Ma lèvre se plie pour se retrouver mordillée, alors que mon corps ignore s’il doit s’écarter ou goûter à ses lèvres tentatrices, s’il doit fuir ou rester à proximité. « Mais si tu supposes que je suis seul au point de m’abaisser à supporter ta compagnie et à la quémander, même, peut être est-ce parce que c’est toi qui te sens bien seule ? Monstre sans horde, louve sans meute… tu t’énerves et tu jappes, mais au final, c’est toi qui agis le moins… »



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MessageSujet: Re: Stay calm and keep smiling (pv Li) [terminé]   Mer 25 Mar - 21:08



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(pv) Rafael A. Morienval


~

Oh oui... tu aimerais croire un seul de tes mots, penser qu'il se sent si seul qu'il a besoin de toi dans sa misérable vie. Tu n'as pas tout à fait tort, d'un autre côté, ma jolie, puisqu'il a longtemps compté sur toi pour prendre soin de drainer sa vie. Il arrive un moment où l'homme se perd, il ne voit plus sa poitrine se soulever, il n'entend plus battre son cœur. Il se demande, alors, s'il s'agit bien d'une vie, s'il n'est pas mort à quelque tournant, s'il n'a pas trépassé et simplement oublié, pouf, pour se protéger. Vient ensuite la grande interrogation : dois-je continuer de vivre ? Il se sent mort et pense vouloir l'être, il s'évertue donc à rechercher celle qui ne vient pas l'embrasser. Il croit à ce point que plus rien ne le retient, qu'il se jette à ses doigts glacés et supplie qu'elle l'emporte de l'autre côté. Oui, l'homme alors comprend ce qu'il avait oublié, il voit son corps et son esprit se rebeller, gagner en force et combattre la mort. Il ne veut pas mourir, non, il veut vivre. Aah... voilà, enfin, l'homme peut embrasser la vie qu'il n'a jamais voulu quitter. Ou quelque chose comme ça, n'est-ce pas ?
Si tes yeux ne lâchent pas les siens, ton ouïe suit le sifflement de la canne et tes doigts glissent, chassés, de son visage pour mieux te concentrer sur sa main, sadique, qui s'approche dangereusement de ta blessure. Si tu ne le sens, tu sais que ton sang roule sur sa peau, salissant le faux gentleman, le seigneur hautain que la moindre poussière dérange. Mais il est de ces hommes qui adorent le fluide écarlate et qui sont prêts à tout pour le voir couler. Gentleman ou seigneur, un bourreau restera toujours un bourreau. Une légère grimace vient déformer tes traits tandis que ses doigts appuient sur ta blessure, évacuant un peu plus de ton sang noir qui refuse de s'écouler comme un autre. Vois comme ton corps est fier de ne pas être un autre, comme il dévoile au monde, sans honte, ce qu'il est devenu, ce que tu es devenue. Un monstre, certes, mais un si joli monstre, ma sœur, que l'on accepterait volontiers la mort que tu as à donner.

Détestable, oui, à n'en pas douter. Tu es redoutable, forte et faible à la fois, incontrôlée et incontrôlable, tu provoques, tu frappes, tu poses tes doigts meurtriers sur les peaux tentées et tentatrices. Tu danses, joues et ries de ta survie. Tu observes et analyses, tu comprends, tu devines, tu sous-entends, tu émets des hypothèses. Oui, oui, tu sais faire toutes ces choses-là mais seulement quand contrôle sur toi tu n'as pas. Quand enfin le monstre sourie, qu'il glisse, sinistre et sournois serpent, ton corps de crime en crime avec la grâce de la danseuse que tu crois être. Oui, il a de quoi détester le mal qu'il a devant les yeux car, ma sœur, le monstre en toi devient bien malicieux et s'empresse à chacune de tes failles, guettant sa prochaine heure de gloire. Du moins est-ce ce que tu te forces à croire mais, laisse-moi te le dire, il n'est pas plus entêté qu'il ne l'était au commencement des choses, c'est toi, Lili, ma douce mie, qui te laisses ronger, non, mieux encore, qui te laisses combler. Tu goûtes aux plaisirs du meurtre toi aussi et, si tu continues, tu finiras comme lui, à ne plus pouvoir t'en passer.

Ah oui ? Mais regarde-nous, si semblables et pourtant si différents. Ne vois-tu pas ce qui nous oppose ? Oui, je suis seule, sans horde, sans meute, sans amour ni ami. Sans famille. Mais, tu oublies le plus important : j'ai créé cette solitude, je l'ai cherchée et trouvée. Toi, ils te fuient, ils se mutinent contre toi, ils meurent par la main d'un autre, et il ne te reste plus que moi. Prends garde au silence, Rafael, car il te tuera. Le plus discrètement possible, ta main blessée se resserre sur le bout de ferraille que tu as eu l'intelligence de garder au cœur de ta paume. Une distraction, bien... alors distrayons-nous !

Même coupée, la tête du loup mord encore, n'est-ce pas ? Retenant ta respiration derrière tes dents serrées, tu plantes le morceau de fer dans la jambe déjà blessée du loup avant de prendre ton élan et d'abattre ta main libre sur son torse, poussant son corps en arrière. Tu n'as pas appris les arts martiaux pour te vanter de souplesse, tu savais qu'ils te seraient utiles. L'apocalypse est bien tombée, pas vrai ? Loin de regretter et prête à lentement lui prouver qui agit le moins, tu t'avances jusqu'à lui d'un pas certain, préparant mentalement tes prochaines attaques. Si j'ai grand respect pour le monstre que tu es, ma sœur, il me paraît évident que la femme aurait dû jouer de son intelligence pour convaincre ton corps de n'effectuer aucun mouvement car, déjà, la douleur explose à l'intérieur de ton crâne et tu t'affales contre une voiture en grimaçant. C'est que la balle n'est jamais sortie de ton petit corps, Lili, elle est là, furieuse et fourbe, et elle se glisse lentement un chemin jusqu'à tes veines, cherchant à arracher ta vie. Tu sens le mal qui te ronge, la mort qui approche à grands pas plus sûrement encore que toutes les autres fois.

Je ne peux pas mourir... En réalité, tu ne veux pas mourir car tu sais que je serai là où tu iras, et tu as peur de moi. Oui... j'ai peur. Dure réalité. Tu auras finalement réussi ton coup, hein ? Je suis si pitoyable.

Tu sens la fièvre, tu l'inventes, et les larmes déjà qui perlent aux coins de tes yeux. Et ton cœur te déchire plus encore que ton épaule alors que tu as eu la folie de croire que jamais ça n'arriverait, que jamais sa main ne te tuerait.

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MessageSujet: Re: Stay calm and keep smiling (pv Li) [terminé]   Lun 6 Avr - 21:04


Stay calm and keep smiling.

(pv) Li Mei


~


La danse a repris. Elle est là, quelque part. Elle esquisse quelques pas de brume autour de nous. Enveloppe mon immobilité, épouse les formes de ma respiration, se joue de la souffrance de Li Mei pour goûter à ce sang âcre qui tache son épaule. La danse a repris, je la sens qui s’empare de nous pour mieux nous étouffer. Comme la haine. Comme la tension. Comme cette atmosphère pesante qui m’extirpe de cette gravité écrasante. Je joue, je danse, j’effleure la Mort dans un ensemble de pas qui me ramène aux bals de l’aristocratie italienne. Ma main brûle à son contact, lorsque mes doigts mutins se libèrent de ma canne pour venir palper et s’imbiber du liquide noirâtre dans une pression que j’imagine douloureuse pour ses chairs déchiquetées. Nos yeux refusent de se séparer, mes lèvres articulent, répondent, s’amusent et se froncent. Détestable, elle l’est. Détestable nous le sommes. Lorsque je la contemple, je ne parviens pas à ne voir dans son visage que cette chair putréfiée que je hais. Lorsque je la regarde, je vois mon portrait, je vois cette force qui est mienne, ce dédain qui est mien, cette rage de vivre inexplicable qui m’anime encore plus de sept cents ans après ce qui aurait du être ma mort. Détestables, donc. Et si semblables dans notre déchéance que nous en devenons beaux. D’une certaine façon. Un pas immatériel, ma main onirique lui impose une rotation, alors que mes doigts redessinent la courbe de sa mâchoire, la modelant à mon image par ce contact non désiré. Elle n’est qu’une distraction. Qu’un pion sur un échiquier, qu’un fou pour divertir la Reine. Elle n’est qu’une poupée, un monstre, une égale qui me permet le temps de nos discussions d’équilibristes de revivre un peu pour mieux échapper à cette gravité qui m’oppresse. Qu’une distraction dis-tu ? Alors pourquoi ne peux-tu t’en séparer ? As-tu à ce point besoin de te distraire ? Je joue avec le feu. Mon corps se tend, mon corps se crispe, mes pensées se figent d’incertitude et renâclent à l’idée de rester ainsi tétanisées. Quémander, monstre, horde, louve, meute, jappes Son vocabulaire est devenu mien, dans un sarcasme qui n’est rien de plus, au final, qu’un voile jeté négligemment sur une vérité trop agressive pour les rétines de ma conscience.

Recule. Le loup s’inquiète ? Je reste immobile. Recule. Je n’ai plus mes gardes du corps pour couvrir mes arrières. Protège toi. Fuir ? Non. Nous venons de nous prouver qu’aussi loin qu’iront nos actions, elles ne seront toujours que confinées dans les frontières de cette incapacité égoïste que nous avons à offrir à l’autre ce qui nous est refusé. Tu viens de lui prouver ; la réciproque n’est qu’une illusion que tu t’infliges pour panser ton ego malmené par ton échec… Non. Je suis certain qu’elle est tout autant que moi incapable de… Ah oui ? Mais regarde-nous, si semblables et pourtant si différents. Ne vois-tu pas ce qui nous oppose ? Oui, je suis seule, sans horde, sans meute, sans amour ni ami. Sans famille. Mais, tu oublies le plus important : j'ai créé cette solitude, je l'ai cherchée et trouvée. Toi, ils te fuient, ils se mutinent contre toi, ils meurent par la main d'un autre, et il ne te reste plus que moi. Prends garde au silence, Rafael, car il te tuera. Ma seule réaction est aussi la plus expressive que je puisse lui offrir : le silence éloquent de celui qui n’a rien à répondre à une accusation aussi justifiée que douloureuse. Je suis seul. Oui. Et alors ? Tu l’as été pendant sept cent ans en loup, ça ne t’a pas marqué. Certes, mais je n’avais pas une conscience humaine de cette solitude. Mon silence s’étale, s’étire, s’impose. M’étouffe. Me noie. Et dans ce défaut vulnérable de mon armure de nonchalance, la danseuse s’engouffre pour reprendre le contrôle des pas, du rythme, qu’elle accélère brutalement sur une dissonance orientale. Une distraction, bien... alors distrayons-nous ! La douleur se diffuse dans toute ma jambe qui cède, me forçant à poser un genou à terre, à rouler dans la poussière alors que des larmes involontaires glissent de mes paupières. Je cherche de l’air. N’en trouve que gonflé de poussières. « Qu’est ce que… » Ma main dérape vers ma cuisse, revenant rougie de mon sang après avoir été tachée du sien. Elle fait un pas en avant, mes mains rejoignent la poussière pour me tirer péniblement en arrière, quelques centimètres raclant l’asphalte rugueux, quelques centimètres illusoires et misérables. « Si tu appelles ça une distraction, alors nous ne parlons pas la même langue, je le crains » Ma mâchoire crispée articule avec difficulté. Je retire le morceau de fer dans une grimace si peu élégante qu’elle en appelle aussitôt une deuxième plus contenue, plus réservée, plus respectable. Elle s’avance, donc, me dominant de toute sa hauteur. Son ombre joue un instant avec la mienne, se superposant à ma silhouette pour mieux m’étouffer. Son épaule suinte encore, menace susurrée au creux de mon oreille, quand je me sais incapable de me relever. La transformation craintive m’est suggérée par le loup, je la balaye d’un clignement de paupière lorsqu’à son tour, elle s’écroule dans un froissement de tôle, sur l’un de ces cadavres de métal qui compose le cimetière environnant. Bien pathétiques nous voilà, qui étions simplement détestables quelques minutes plus tôt. Je profite de cet instant de répit pour me redresser, tituber jusqu’à elle sans savoir ce qui me pousse à me rapprocher de la mort de cette manière. L’idée que nous sommes tous les deux dans le même état, peut être, ou celle pire encore qu’elle soit dans un état plus grave que ma seule jambe déchiquetée. Je ne peux pas mourir... J’hausse un sourcil, tendu. Inquiet. « Tout être peut mourir, c’est ce qui fait de notre vie une denrée aussi périssable et précieuse. » Je ne m’écoute pas parler, esquissant un pas supplémentaire dans sa direction. Oui... j'ai peur. Tu auras finalement réussi ton coup, hein ? Je suis si pitoyable. A nouveau, la seule réaction que je perçois et que je lui offre est un silence bien plus communicatif que des phrases quelconques.

Je ne la reconnais pas. Plus de gangrène, plus de putréfaction. Les larmes qui coulent de ses yeux nettoient sa noirceur le temps d’un soupir pour révéler ce que nous sommes si prompts à effacer : son humanité. Si fragile qu’elle me blesse. Si présente qu’elle m’obsède. Si brûlante qu’elle me fait suffoquer. J’en oublie la douleur diffuse dans ma jambe. J’en oublie que je la hais autant que je me hais. J’en oublie que nous sommes dans une terre aride, balayée par le vent d’un temps que j’abhorre qui refuse de me ramené dans un passé que je contemple d’un regard fatigué. J’en oublie qu’elle est morte tout comme moi, et que nous ne sommes voués qu’à réussir à mourir, et le plus tôt possible pour le bien du reste de l’Humanité. Un pas, un dernier pas, me porte à distance. Mes mains glissent sous ses bras pour la soutenir dans une poigne autoritaire que je n’offrais qu’à une poignée de personnes jusque là. « Lily… » Mes sourcils se froncent. Ma voix s’inquiète. Me perd. « Que fais-tu ? » Ma voix ne se contente pas de m’agresser par son inflexion, elle s’attaque aussi à elle à présent, dans une accusation injustifiée. Ca y est, tu l’as tuée. Ce n’est même plus une question que me pose le loup, et ces quelques syllabes factuelles me glacent le sang. Ce n’est pas que fais-tu la question que tu dois te poser, Rafael, mais qu’as-tu fait et ce n’est pas à elle mais à toi qu’elle doit être adressée… Je la plaque contre la voiture pour qu’elle ne s’effondre pas, la fixant dans les yeux. « Tu n’as pas à avoir peur, tu sais ? » Alors pourquoi ce souffle de panique ? « Regarde moi dans les yeux. Tu ne peux pas mourir. » Mon mensonge l’effleure, comme ma main sur sa blessure. Qui se referme. Deux doigts s’infiltrent dans la chair en lambeaux, à la recherche du corps étranger. Mon autre bras se pose en travers de sa poitrine pour mieux la maintenir sans que je ne la quitte des yeux. Et lorsque ma main ressort de son épaule le petit fragment argenté qui consume ma chair à défaut de tuer la sienne, je relâche la pression pour laisser mes lèvres glissent sur sa joue, vers son oreille. Un chuchotement. « Tu ne peux pas mourir. Parce que l’on a passé un marché. » Je force le contact, glissant une main dans sa nuque, l’autre qui effleure son cou. Je ne sais pas ce qui me pousse à agir de cette manière, moi qui ai porté le premier coup. Je ne sais pas l’expliquer, alors même que le contact s’intensifie, se jouant de sa vulnérabilité pour capturer ses lèvres, les relâcher, chuchoter à son oreille. « Prouve-moi que tu es comme moi : une survivante. Prouve moi que tu ne sais pas mourir, que tu ne veux pas mourir, que tu ne veux pas me faire cette fleur de partir avant moi. » Mon chuchotement devient murmure. Imperceptible. Soufflé dans sa nuque, soufflé dans son oreille, comme un secret que moi-même je ne veux pas entendre. « Ne me laisse pas seul. »



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MessageSujet: Re: Stay calm and keep smiling (pv Li) [terminé]   Sam 11 Avr - 23:08



Stay calm and keep smiling.

(pv) Rafael A. Morienval


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Et alors quoi ? Tu croyais qu'il ne serait pas capable de te tuer ? Qu'il mettrait fin à cette folie qui vous gagne ? As-tu oublié le premier de vos jours ? Ses crocs menaçants et ses yeux pleins de haine ? N'as-tu pas compris qu'il ne veut que ta mort encore et encore ? L'étouffement, les escaliers, l'éclat menaçant qui glisse dans ton dos et cette balle, meurtrière, qu'il a logée dans ton épaule. Tu ne peux nier l'évidence, Lili, il n'a jamais voulu que ton mal. Certes, il a hésité, son bras a tremblé, son œil a mal visé, mais le résultat est le même. La balle est bien là, logée dans ta chair. Elle te déchire, te transperce, menace d'arracher ta vie en s'approchant de tes veines, tes artères. Même le monstre ne pourra empêcher une hémorragie, ma sœur. Tu vas mourir aussi idiotement que tu as vécu, traînée dans la boue, oubliée, méprisée pour ton sang, détestée pour ton contact. Le monde entier n'a jamais pensé que tu as pu être une femme avant cette vie de crimes, et même dans ta mort tu ne le seras jamais.

Tu sens ses mains sur tes bras et les larmes coulent d'elle-même tandis que tu cherches sur son visage la vérité cachée. Mais la vision se brouille, la douleur confond ton jugement, emmêle tes pensées. Tu aimerais pleurer. Non, tu pleures déjà, ma sœur. Tu veux crier, hurler au monde l'idiotie de cette vie. Aucun son ne sort de ta bouche rendue muette par la sienne. Il t'appelle, il te parle, écoute donc, monstre, ce que le loup a à te dire, écoute comme il aime te voir en mal, en sang, en pleurs. Écoute son rire dans les ténèbres, entends son cœur qui bat de joie. Personne ne t'a aimée de ton vivant, Lili, ne croyais-tu quand même pas qu'ils t'aimeraient dans la mort ? Tu es si idiote, et c'est presque jouissif de le voir s'accrocher à toi pour mieux admirer tes derniers souffles.
Que fais-tu ? Oui, dis-nous, qu'attends-tu pour mourir, idiote ? Mais l'interrogation claque à ton oreille et résonne dans ton cerveau comme une accusation. Ooh... que la vie est vilaine avec toi, ma mie. Il te restait l'espoir d'un regret, d'un repentir précipité, d'un aveu et te voilà brusquement ramenée à la réalité, enchaînée dans ta solitude désespérée, perdue dans un monde hostile duquel tu n'as pas su te protéger, me protéger. Et tu vas lentement commencer ta descente en enfer, la terre s'ouvrira pour toi et mes bras te porteront de l'autre côté du miroir, là où plus rien d'autre n'a plus d'importance que ton pêché. Tu pourras pleurer, crier, murmurer et danser à ta guise, ma sœur, entre les bras de la mort et de l'absolution. Je serai là pour t'accompagner, te critiquer et t'admirer, je pourrai enfin dire tout ce que je n'ai pas eu le temps de te dire, tout ce qui reste au fond de ma gorge et qui m'étouffe à chaque seconde. Qu'attends-tu pour me rejoindre, Lili ? La mort est plus agréable à deux.

La perfidie des hommes est infinie. Le voilà qui te pousse contre la voiture et une vague de douleur transperce ton corps de part en part. Veut-il accélérer le processus ? S'ennuie-t-il de la lenteur à laquelle tu meurs ? Ca ne serait pas arrivé s'il n'avait pas raté son coup. Que veut-il à la fin ? Savoir qu'il l'a fait déchire déjà bien assez ta fierté, ne peut-il pas partir, simplement ? Se sent-il obligé de regarder jusqu'à ta fin, de détailler tes souffrances de ses yeux sadiques ? Eh bien, si tu ne meurs de douleur, de sang, c'est la honte qui t'emportera alors qu'elle pique ton cœur à chaque instant, s'enfonçant plus profondément à mesure que son regard se fixe au tien, perdu et embrouillé.
Les mots s'infiltrent dans ton cerveau, s'y fraye un chemin, s'y trouve une place au chaud, près de mon trône de glace et d'argent. Ta tête s'effondre dans un relâchement, un souffle de soulagement qui s'empare de ton être. Tu n'as pas à avoir peur. Ca pue le mensonge à plein nez, tu le sais et pourtant... tu espères. Tu espères qu'il a raison, que tu n'as pas à craindre la mort, qu'elle ne viendra pas ce jour. Tu espères, tu oses ! Idiote jusque dans la mort, traîne donc dans la boue que tu mérites, monstre, rampe et crève, souffre et pleure, hurle pour qu'on t'achève et prends conscience de la seule vérité : la mort est la pire des solitudes.
Tes lèvres se pincent et tu fais face, tu relèves le menton et fixes le loup dans les yeux, obéissant à ses ordres comme une enfant. C'est ce que tu es restée, tu ne crois pas ? Bloquée dans tes seize ans foirés, à essayer de comprendre un monde qui n'est pas de ton age, à jouer les grandes que tu n'es pas, à tromper le monde sur la profondeur du vide qu'il y a en toi. Tu n'es pas morte avec moi, tu es morte avec eux et tu n'as plus jamais vécu. Errant sur Terre comme un misérable fantôme qui a perdu son temps.

Tu ne peux pas mourir ? Quelle idiotie est-ce là ? Personne n'est immortel, ma belle, et certainement pas toi. Tu mourras, oui, tu mourras tôt ou tard, ce n'est qu'une question de temps. Regarde comme tu souffres de ses doigts sur ta peau. Et tu hurles, la voix te revient pour un râle que l'on te connaît si peu. Tu aimerais écraser sa gorge dans tes mains, frapper son crâne sur la carcasse de la voiture jusqu'à ce qu'il n'en reste plus rien. Tu aimerais faire toutes sortes de choses violentes pour qu'il cesse de s'amuser avec toi. Tu aimerais le tuer, tout simplement, avant qu'il ne le fasse. Et tu voudrais ôter ce bras qu'il pose sur ta poitrine pour pouvoir respirer et ne pas stresser de ce manque d'air soudain. Crois-tu qu'il voit dans ton regard les scènes sanglantes qui passent dans ton esprit, toutes plus imaginatives les unes que les autres ? Non, bien sûr, et il rate quelque chose.
La balle scintille entre ses doigts qui souffrent déjà de l'argent, et tu halètes entre ses mains, la panique envahissant ton cœur. Tu ne sais pas, tu ne sais plus, tu es perdue entre la vie et la mort. Que va-t-il se passer maintenant ? La Grande tape à ta porte et l'horloge claque toujours ses secondes. Elle n'attendra pas éternellement que tu te décides à mourir, elle finira par venir cueillir ton âme de ses propres doigts. Ne pouvait-il pas t'achever au lieu d'essayer de te sauver, aussi brillamment que sauvagement ? Sûrement préférait-il continuer d'abuser de ta monstruosité, plutôt que de devoir s'en priver. Et alors qu'il relâche sa pression sur ta poitrine, l'envie irrésistible de le baffer, de le frapper, de le tuer fait lentement remuer ta main... qui s'évanouit aussi vite.
Dis-moi, Lili, dis-moi pourquoi, comment c'est possible, explique-moi ce que je ne comprends pas. Tu as imaginé toutes sortes de façon d'assouvir ta vengeance, fulgurante et terrible. Pourtant, te voilà aussi vulnérable, aussi inoffensive qu'un chaton à peine né. Tes griffes et tes crocs sont bien rangés, ne te reste plus qu'un ronronnement félin qui, chez le monstre que tu es, s'apparente au double saut douloureux de ton cœur au fond de ta poitrine et au silence, à l'abandon. Il t'a vaincue, il a abattu toutes tes défenses, déjoué tes attaques, il t'a mise K.O. de quelques mots, d'un chuchotement à ton oreille. Mettons les choses au clair, danseuse. Ne serais-tu pas en train de surinterpréter ses paroles ? Elles te ravissent, pourtant, ces deux phrases sans intérêt, sans aveu particulier. Il n'y a, dans ces mots, que ce que tu sais déjà, Lili.

Ses doigts glissent sur ta peau colorée et tu laisses faire, impuissante, les yeux perdus dans un vide bien trop grand. Tu pourrais le faire, en cet instant, voler l'énergie nécessaire à ta survie, à ta guérison. Et tu ne le fais pas, tu restes les bras ballants, les larmes sur les joues, la douleur dans le cœur. Tu restes immobile, le regard ailleurs, l'esprit trop présent. Tu pourrais le repousser, lui dire d'aller se faire voir de cette belle bouche qui est la tienne et qu'il croit sienne à présent. Tu n'en fais rien, tu ne penses plus ce que tu as toujours pensé, tu ne cries pas ce que tu lui as toujours murmuré. Non, tu restes muette, tu écoutes ses chuchotements, ses murmures. Tu écoutes les mots, lourds de sens, qui s'écrasent entre vos corps si proches désormais.
Tes yeux expulsent les larmes avec plus de ferveur tandis que tu glisses tes bras dans son dos, serrant contre ton cadavre ce corps qui a déjà tant vécu. Et tu oublies un instant la douleur, souffles un grand coup et poses ton front sur son épaule pour pleurer tout ce que tu n'as pas pu pleurer ces dernières années. Le soulagement t'envahit et laisse tes doigts courir, découvrir la largeur, la musculature d'un dos masculin. Et tu penses, oh oui, tu oses penser que tu as besoin de lui, d'un corps sur lequel t'appuyer, d'un bras auquel t'accrocher, une bouée à laquelle te cramponner. Tu as besoin de savoir qu'il est comme toi, détesté et détestable, proche de la mort mais jamais dans ses bras. Et, même si je suis là, moi, tu as besoin de le savoir. De savoir que tu n'es pas seule.

Tu es folle, folle à lier, danseuse, et le monstre, pourtant, est endormi, silencieux. Ta folie, tu ne la dois qu'à toi-même, qu'à la femme que tu n'as jamais été, à ce corps féminin qui se détache du sien pour le retrouver, à ces lèvres trop souvent embrassées et qui en redemandent, s'unissant aux siennes presque avec autorité. Et, toutefois, là où une autre se serait sentie pleine de joie, tremblante d'envie refoulée, là où tu fixes tes yeux sombres dans les siens, où tu regrettes d'avoir attaqué l'homme déjà blessé, il n'y a rien d'autre dans ton cœur qu'un trou béant, un vide incommensurable que l'on ne peut plus combler. Tu as beau être une femme, tu ne seras jamais comme les autres, Lili, tu ne seras jamais complète.

Et à tes lèvres, il n'existe plus de provocations, plus de douleur, d'attaque, de défense. Plus de guerre, de bataille, de moquerie et d'insulte. Il ne reste rien que le silence et la courbure discrète d'un sourire étrange, indéfinissable. Tu contemples la mort qui te fait face, la mort qui te rejette une fois de plus, non sans oublier d'engourdir ton bras sous la douleur. Alors, tu oses, tu oses ce que tu ne devrais pas oser avec un loup de son espèce, la pire espèce. Tu oses reculer tes doigts de son corps, détourner le regard pour contempler le meurtre sur tes ongles. Tu oses essuyer les larmes, secouer la tête et poser tes yeux dans les siens. Tu comprends, tu sais, tu t'effraies. Tu as la mort au creux des mains et la vie qui bat si près de ton corps affamé, dure réalité. Et tu oses alors, du bout des lèvres, ce que vous n'aviez jamais osé.

Je ne veux pas te tuer.

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MessageSujet: Re: Stay calm and keep smiling (pv Li) [terminé]   Ven 17 Avr - 19:08


Stay calm and keep smiling.

(pv) Li Mei


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Les larmes dégringolent de ses joues. Passent sur ses épaules. Nettoient. Tout. Dévoile ce que je refusais de voir, trop concentré que j’étais sûr nos similitudes pour ne plus en voir l’humaine qui se cachait derrière le monstre. Et ce que j’observe, ce que je contemple à présent me laisse suffoquant. Quelque part, au fond de moi, l’homme égocentrique et narcissique veut se détourner de sa silhouette balbutiante. Veut retrouver sa liberté dans le détachement, veut faire volte face d’un pas guindé pour se réfugier dans sa tour de verre, son forfait accompli. Mais mon bras a tremblé, mon âme a faibli, et je contemple dans ses yeux et dans son humanité dénudée devant moi les conséquences de ma faiblesse. Je ne peux pas la laisser là. Pire : je ne peux pas la laisser mourir. Et lorsque mon bras la plaque contre une voiture, lorsque mes lèvres lui chuchotent, assurées, paroles de vérité, des questions et des affirmations entremêlées de secret, cette réalité s’impose à mon regard : je ne peux pas la laisser mourir. Parce qu’elle a raison et que c’est cela qui est douloureux : je suis seul. Depuis mon réveil. Depuis la mort d’Azzura. Et il n’y a que dans la violence de notre relation, que dans cette flagrance malsaine, que nos pas mortifères guidées par les violons de la Mort que je parviens à m’arracher à ma solitude. Alors Lily, tu ne peux pas mourir. Parce que nous avons passé un marché. Parce que je te l’interdis, tout simplement. Parce que mes doigts consumés extraient de ta chair ce fragment métallique qui appelait la mort, parce que je capture tes lèvres, encore une fois, parce que j’enfonce jusqu’à la garde mon poignard dans ta vulnérabilité, que mon souffle s’enfuit dans ta nuque. Parce que je livre ma vie et cette énergie vitale qui te régénère dans un contact prolongé qu’une part de moi ne sait que savourer. Parce que dans ta nuque, encore une fois, je te murmure un simple secret.

Je te souffle mon âme. Une petite boule de lumière que je vois scintiller lorsque, prononcée, elle m’arrache le cœur et l’expose dans mes mains, dans ta nuque, sur tes lèvres. Ce n’est rien qu’un aveu, mais c’est tout ce que je peux t’offrir pour te forcer à revenir. Tu n’as pas le droit de mourir. Regarde, vois comme je t’offre ma vie sur un plateau d’argent qui brûlent mes mains jusqu’aux os. Vois comme je m’abaisse à devenir ta proie, quand tu étais la mienne à notre première rencontre. Vois comme je me sacrifie, comme je me laisse guider par l’homme plus que par le monstre, par Rafaele plus que par Rafael. Vois comme j’étouffe le loup pour faire paraître l’enfant délaissé par ses proches. Ne me laisse pas seul. S’il te plait. L’épiderme grignoté par la balle d’argent, je la laisse dégringoler dans la poussière. Elle halète. De douleur. Ses yeux perdus dans le vide se laissent faire. Je force le contact, avec douceur, appelant le monstre qui se cache sous sa peau, appelant ses griffes avides de vie, avides de sang. Réveille-toi, Lily. Caresse ma peau. L’un comme l’autre, nous ne parvenons pas à mourir, alors ne me démontre pas le contraire. Les larmes sur ses joues recueillent le soleil et le font exploser dans ma rétine. Ma main quitte un instant sa nuque et d’une phalange, je recueille la perle salée. Ne me laisse pas seul

Le contact imposé m’effraie. Me révulse. Panique le loup. Et pourtant, lorsque ses bras glissent dans mon dos et font frissonner l’ensemble de mes muscles, lorsque ma respiration se coupe face à cette première réponse qu’elle m’offre après mon monologue, je continue de la regarder. De respirer ses cheveux, lorsque son visage se cache dans mon épaule. Lorsque des sanglots imbibent ma chemise, maculent de détresse l’homme déstabilisé. Que sommes-nous en train de faire ? Nous perdre. Nous nous perdons, autant l’un que l’autre. Et tout a commencé par un jeu, par une danse, par l’incapacité des deux protagonistes de réaliser ses promesses, de mettre ses menaces à exécution. Ses larmes, ce sont celles que je suis incapable de verser spontanément. Ce souffle qu’elle a lâché dans ma nuque, c’est ce hurlement que le loup lance à la lune, comme un défi, comme une provocation. Et ses doigts se promènent, encore, toujours, dans mon dos qu’ils découvrent.

Que sommes-nous en train de faire ? Nous sommes déjà perdus. Nous étions égarés dans une demi-vie que nous ne voulions pas. Nous étions des solitaires, errant dans des grands champs de ruines. Des solitaires qui se sont retrouvés au détour d’un désert. Que sommes-nous à présent ? Sommes-nous devenus fous ? Son corps qui se détache du mien pour retrouver mes lèvres me le prouve à nouveau. Quand ce n’est pas moi qui fais un premier pas de perdition, c’est elle qui nous précipite dans le gouffre de la folie. Je suis incapable d’aimer. Je le sais. Mon cœur s’est putréfié lorsque l’on a jeté le cadavre marmoréen d’Azzura dans une fosse. Je suis incapable d’aimer. Et je dérive, je dérive lentement sur un océan de folie. Peut être n’est elle au final qu’une bouée à laquelle je cherche désespérément à m’accrocher, mais d’un certain côté, c’est tout ce dont j’ai besoin. Une bouée. Un secours. Un point d’appui. Un point de repère. Cela me suffit pour me raccrocher au rivage. Je réponds à l’appel pressant de ses lèvres avec plus d’insistance encore, comme pour me prouver sa présence et notre acceptation. Et je guette. Je guette le moment où elle cessera de répondre à la mort, je guette le moment où dans un sursaut de panique, je sentirai ma vie rejoindre son corps pour la refuser à nouveau aux doigts de la Faucheuse, pour renouer le lien que les Parques ont brisé. Qu’un nouveau nœud éclose sur le fil où nous dansons en équilibre. Plus de provocation, plus d’attaque, plus de domination. Nos lèvres sont certainement plus honnêtes qu’elles ne l’ont jamais été. Et même si son sourire, ces doigts qui s’intercalent entre nous et la font reculer, brisent cet instant de complicité qui a détruit tout ce qui existait jusque là.

Elle n’est plus contre moi, et si je ne ressens pas cette sensation de vide à laquelle une part de moi s’attendait, je me surprends à ressentir autant son absence que le fantôme pressé contre mon corps et ma chemise humide où ses larmes, à présent essuyées, ont coulé en cascades. Elle secoue la tête, mes sourcils se froncent. Et nos regards se croisent à nouveau, lorsque je m’humecte les lèvres pour effacer dans l’ombre d’un soupir le souvenir des siennes. Je ne veux pas te tuer.

Je ferme les yeux. Six mots. Tout est détruit. Il ne reste plus rien de notre danse. Les faibles vestiges de notre animosité se disloquent lorsqu’un « Moi non plus » s’expose comme une évidence. Un frisson parcourt ma peau. Un pas en arrière. Un pas plus loin d’elle. Je déglutis péniblement. Où est passé Rafael Morienval ? Il n’y a que l’homme, le père, l’amant, qui fait face à Lily. L’Homme. Pas le loup, pas le métamorphe. L’Homme. Qui aurait pu être charitable, qui aurait pu être bon, qui aurait pu être père. L’Homme. Que l’on a traîné dans la boue, auquel on a tout arraché pour le laisser en lambeaux. Je lui tends une main, paume vers le haut. Ouverte. Sur le ton de l’évidence, je lui offre un sourire sincère. Hésitant. Qui me ressemble si peu qu’il me déroute. « Alors ne prends que ce dont tu as besoin. Mais sers toi. » Pendant une fraction de seconde, je regrette d’avoir envoyé mes hommes au loin. S’ils avaient été là, elle aurait pu se servir sur l’un d’entre eux. Je les aime, je les respecte, mais je n’hésiterais pas à les sacrifier pour ce qui me semble juste. Ou ce que je veux. A moins que… Je rétracte ma main, repliant le poing pour le mettre hors de sa portée. Ils sont loin certes mais… Ma lèvre se mordille. D’incertitude. De résolution. Je m’écarte. Redeviens Rafael Morienval. Sors mon téléphone. « Oui ? Stevenson, revenez s’il vous plait, j’aimerais que vous observiez le corps de la Daybreaker, j’ai à faire. » Je me tourne dans la direction de Lily. J’ai à faire. N’y a-t-il meilleure excuse pour prendre congé ? J’en doute. « Tu ne peux pas me tuer, mais j’ose espérer qu’il ne seras qu’une proie facile pour toi. » Je la regarde droit dans les yeux. « Je te l’offre cette fois. Mais n’oublie pas : ne me laisse pas seul. Viens me voir, ce soir. S’il te plait. » Mes yeux clairs trahissent ce que je ne peux avouer à voix haute. J’ai besoin de toi.



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