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 Wishing wells and magic spells and everything between ▬ Aeryn & Gawain [terminé]

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MessageSujet: Wishing wells and magic spells and everything between ▬ Aeryn & Gawain [terminé]   Jeu 29 Jan - 20:54


Le soleil est encore à son zénith. Le cabaret est désespérément vide. J’y passais beaucoup trop de temps. J’allais finir par m’y noyer. Ce jour là, je me suis levé particulièrement d’humeur mélancolique. Il y avait bien longtemps que je ne m’étais point réveillé avec ces vieilles nausées. Cette amertume. Je suis arrivé débraillé, près à me foutre en l’air. J’ai demandé au barman de me préparer une boisson chaude avant de m’engager dans un couloir. Comme si j’étais chez moi. Les toilettes. J’ai envie de gerber. Je prends la porte des toilettes des filles. Je suis en train de dérailler. De nouveau. Je me laissais sombrer, ces jours là où j’étais emporté par les abysses de mes cauchemars de mon passé. J’ai claqué la porte derrière moi. J’ai ouvert tous les robinets d’un geste de la main ; manipulant les ombres d’un geste de rage à tel point que j’aurais pu faire sauter la robinetterie. L’eau brulante coule. Je me suis approché des miroirs. Fou de rage. Je vais m’esquinter. M’épuiser à rien. D’une folie qui me ronge les entrailles. Aujourd’hui, plus que jamais. Je n’en peux plus de voir cette gueule. Je n’en pouvais plus de me voir. Face à mon reflet je me suis mis en rage. J’ai grondé férocement. Frappant de mon poing. Ouvrant ma peau. Eclatant le verre. J’ai tourné le verrou de la porte principale. Personne ne me fera sortir d’ici.

J’éclate de colère. Les néons se mettent à grésiller et moi. Je me suis mis à pleurer. Putain de perles salines qui enlaidissent bien plus ce visage. Ma main dans mes cheveux, les mettre bien plus en bataille encore. Puis me mettre la gueule sous l’eau. Faire couler ce maquillage qui s’efforce de me masque. De planquer cette pâleur maladive. L’homme malade que je fus, que j’étais encore visuellement. Je me suis ébouillanté et ma peau n’est pas blanche, juste rosée. Mes vaisseaux se dilatent et je pense exploser. Puis enfin, je me calme. Peu à peu. Reprendre ma respiration. Appuyé contre le lavabo. Les miroirs en bouillie au sol. Le visage barré de mes larmes ; ma douleur. Je ne vais jamais m’en sortir, c’est évident. Plus que jamais. Ces crises que je ne contrôlais pas. Cette hystérie qui me poussait à me démolir. Cette mélancolie. Ce n’était pas une mélancolie poétique. C’était ce vieux démon. Ce versant de la dépression. Marqué par ces idées d’indignité de ma personne, de crise suicidaire. Non. Je devais me reprendre. J’étais déjà mort. La douleur morale était dévastatrice. J’étais dévasté. J’allais me relever…

J’entendis une porte grincer. De l’une de ces nombreuses cabines. Je n’étais pas seul. Quelqu’un était resté là. Quelqu’un qui devait pisser joyeusement, troublé par ma folie. Quelqu’un sur qui reporter ce mal être qui me ronge. Je me suis tourné, sans chercher à m’arranger. C’est là que je la vis. Elle. La fille de l’autre soir. J’ai redressé l’échine. Et sans effacer mes larmes je me suis mis à sourire, paradoxal. Enfin… « Tiens... Te voilà, toi... Je ne t’attendais plus. » Cette fille avait été délicieuse. Nous étions enfermés ici, ensemble, tous deux ; pour une tête à tête qui promettait d’être violent. Une retrouvaille que j’avais espérée puis oublié. Puis parfois, quand je m’ennuyais, il m’était arrivé d’observer la foule dans l’espoir de retomber sur ce joli minois. Oh, elle ne devait pas savoir ce que c’est que de détester être soi. « T’as l’air en forme beauté… » Commentais-je simplement, observant le néon qui a cessé de clignoter sous mon contrôle. En fait, il n’avait jamais clignoté, je n’avais fait que jouer avec son ombre. Etouffer la lumière, c’était ce que je faisais de mieux. Je fis mine de me repeigner avant de serrer le poing et de le tourner lentement pour fermer l’eau. Je n’ai rien ajouté, l’avantage c’est que je ne peux plus voir ma gueule à cet instant. J’ai l’air tellement humain, mais je ne le suis pas. Je le sais ; je ne le suis plus depuis tellement longtemps. Depuis que l’humanité a commencé à avoir pitié de moi et que je ne l’eut jamais supporté.



Dernière édition par Gawain J. Fronzak le Sam 21 Mar - 11:49, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Wishing wells and magic spells and everything between ▬ Aeryn & Gawain [terminé]   Ven 6 Fév - 16:09

A travers la porte des toilettes, elle l’avait entendu entrer, fou de rage et de colère. Ce n’était pas une femme pour se comporter ainsi, grommelant et s’énervant. Dans un réflexe, elle avait entendu l’espace d’une minute, se demandant ce qu’il se passait, sa violence dans les tympans. Comme sorti de nulle part, débouchant d’un endroit qu’elle n’aurait pas imaginé, elle avait reconnu le son de sa voix, malgré le ton de la colère employé Encore lui, celui-là même qui l’avait vidé de son énergie, s’en délectant, s’en amusant. Celui-là même à qui elle ne ferait pas de cadeau, dût-elle user de violence pour se faire comprendre. Surtout de violence, en fait. Il n’y aurait pas de cadeau pour celui qui l’avait presque laissée pour morte, il n’y aurait pas de pitié. Aeryn n’appréciait pas d’être dupée et froissée, il allait le comprendre à ses dépens. D’après ce qu’elle avait remarqué en plus, il était résistant n’est-ce pas ? Le genre de gars zombifié avec la peau dure, c’est ça ? Raison de plus pour ne pas lui faire le moindre cadeau. Il aurait la peau dure, elle l’aurait aussi, qu’il ne la sous-estime. Elle remercia même sa nature animale, une première pour tout avouer. Sa renarde semblait d’ailleurs déchaînée de l’entendre. Comme pour confirmer son identité, elle monta sur la cuvette des toilettes en toute discrétion pour apercevoir cette tignasse rose dégueulasse, confirmant que cet homme était bien celui qu’elle avait malencontreusement rencontré. Redescendant de son perchoir, Aeryn prit une profonde inspiration, peu encline à rester là, à attendre qu’il dégage. Il avait cherché, il allait trouver. Il ne lui faisait pas peur, et son poids plume allait certainement jouer en sa faveur. L’idée en tête, elle se résolut à la mettre en pratique, sans savoir jusqu’où cela les mènerait. N’appréciant que l’on gère ses affaires, la jeune grecque allait régler le problème avec l’avorton par elle-même.

Elle sortit des toilettes, ouvrant la porte avec un calme olympien. Trop, peut-être, trop étrange même qu’elle se comporta ainsi. Ces rares fois où c’était arrivé, il y avait eu une catastrophe. Aeryn n’était pas une tueuse, refusant de se reléguer au rang des salauds qui avaient tué ses parents, seulement, elle ne le laisserait pas ainsi faire pas un homme à tête de gamin.
Elle a l’air en forme ? Oui elle l’ait, en effet. S’approchant de lui, sans mot dire, elle plaqua sa main dans sa nuque, connaissant parfaitement l’endroit le plus douloureux pour les articulations. Tout n’était que pure mécanique, et même si son corps était pourri de l’intérieur, ses muscles et ses articulations bougeaient toujours. Pressant avec force pour paralyser la zone et empêcher tout mouvement brusque, Aeryn plaqua sa tête entre deux lavabos, faisant écraser sa joue contre le carrelage froid. Sans la moindre douceur ou même le moindre amusement sur son visage, elle attendit, le laissant souffrir silencieusement de sa douleur. Canif sorti, elle l’aiguisa sous sa gorge, près à la trancher au moindre petit mouvement de sa part. Il allait regretter son geste, il allait le regretter. La brune ne ressemblait plus à cette femme froide de la soirée précédente, elle avait été gentille, clémente, l’avait repoussé mais il avait chargé pour au final la piéger. Pas question que cela n’arrive une seconde fois, ni même jamais. Et s’il se permettait encore une fois la remarque qu’elle le faisait bander, alors il les perdrait aussi ses testicules et sans préavis. Pas de seconde chance pour les connards. Finalement, elle le prévint de ses intentions, pour la prochaine fois.

« La prochaine fois c’est ton ventre que j’ouvre. J’en sortirai les tripes, les boyaux et je te regarderai agoniser sur le plancher. De toute façon tu es déjà mort, ça ne passera même pas pour un meurtre. »

Tellement dommage même. Alors elle attendit, une remarque une réponse, qu’il se plie, surtout. Parce qu’elle ne le laisserait pas filer avant qu’il n’ait craché les mots, devant elle. Qu’une femme entre, et il passerait en plus de cela pour le pervers. Qu’il essaie, elle l’attendait au tournant.
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MessageSujet: Re: Wishing wells and magic spells and everything between ▬ Aeryn & Gawain [terminé]   Sam 14 Fév - 12:08

Je savais que cette fille était une sale pisseuse. C’était bien pour cela que je l’avais choisi, tant désiré, obtenu avec tant de passion. Ah oui, c’est doux comme sa présence chassa mon chagrin qui me rendait si instable. Ma douce friandise est là. Et nous allons nous amuser. Je ne veux pas avoir l’air humain et elle est tout ce qui me tend à être un monstre. Sa main fut douloureuse sur ma nuque, je me laissais plaquer contre le mur. Savait-elle seulement que sa peau contre la mienne n’était qu’un portail pour moi afin de recommencer à tout lui voler. Mais je ne fis rien. Je me laissais écraser contre le carrelage, écrabouillant les larmes qui pouvaient rester sur ma joue. Allé dégage saloperie d’humanité, je la pisserais pour ne plus jamais enrager d’être moi. Non pas par culpabilité d’être un monstre, mais simplement pour avoir cette même gueule depuis plus de cent-cinquante ans. Je ne disais rien, clairement excité par la situation. Elle se tenait contre moi et je senti la lame sur ma peau. Mieux valait ne pas bouger. Quel dommage. J’avais de quoi lui trouer la peau sous ma chemise, je l’aurais fait avec passion. Mais je n’ai pas bougé. Pourquoi faire ? J’étais convaincu que ma fin n’était pas venue. Je ne l’avais pas tué. Juste torturé d’une certaine manière. Œil pour œil.

La prochaine fois. Je me mis à ricaner alors, mes cordes vocales encore engluées par mes larmes. Je ricanais un instant, me foutant pas mal qu’elle fasse couler mon sang si noir, si maudit. Cadavre… Comme elle l’avait si bien souligné. Puis le silence se posa sur mes lèvres. Elle voulait peut-être que je m’excuse, ou promette de ne jamais recommencer avant de me relâcher ? Oh quel odieux chantage… Cela me plaisait. Elle était sale. Tellement. Oh, elle qui pensait avoir plus de valeur que moi, elle se trompait. Elle avait juste un corps et une beauté que je n’avais pas, que je ne me voyais pas. « Tu le sais pourtant. Que tu ne gagneras jamais contre moi… » Lui disais-je alors, la tête tournée ainsi je ne pouvais que l’entrevoir. Mais elle pouvait elle, voir mon éternel sourire sans âme. Je pourrais prendre le contrôle de son ombre, je pourrais l’étrangler lentement ou pénétrer l’intérieur de son corps et écrabouiller son cœur. Je pourrais faire des choses si immondes. Je pourrais me débarrasser d’elle en un battement de cil. Mais je m’ennuierai… « L’on ne gagne pas contre les cauchemars… Le monstre sous le lit ou celui caché dans ton placard… Que te chantais ta maman quand tu avais peur ? Uhm ? » Je la provoquais. Je testais ses limites. Je ne savais pas si je réagirais assez rapidement pour me soustraire à sa lame qui n’aurait qu’un geste à faire pour m’égorger. Mais si elle était à ce point persuadé de ne point être moi, la caricature du diable ; alors elle ne me tuera pas. Pas de cette façon. J’ajoutais toujours dans l’insolence et la provocation. « Tu ne veux pas me le dire ? Dois-je… Dois-je le chercher moi-même ? » Devais-je pénétrer ses souvenirs les plus enfouis ? Je me languissais de dévorer son histoire, d’avaler sa vie. Lui dérober chaque recoin de son intimité, de ses secrets. Ah oui, je pourrais la vider de cette manière… Miam.

J’y pensais souvent à toutes ces choses qui animent ma rage de vivre, je hais l’humanité. Tellement que je me suis tué autrefois. Je hais les émotions et je préfère être une salope. Cette fille se laissait bien trop porté par ses émotions, si seulement elle abandonnait l’humanité… Mon regard se posa sur un morceau de miroir survivant accroché au mur. Je me vis, je la vis elle. La haine l’habite. « Tellement de visages et pas assez de miroir ; nous voici enfin un point commun. »
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MessageSujet: Re: Wishing wells and magic spells and everything between ▬ Aeryn & Gawain [terminé]   Mer 25 Fév - 16:37

Sa fierté incontestable n’avait d’égal que son arrogance. Depuis le début, il ne faisait que la sous-estimer, la prendre pour une gourde, et pire encore, la traiter pour une moins que rien. La vipère ne gagnait pas la bataille si son venin ne touchait pas celui de sa victime, parfois bien plus grande et massive qu’elle. Il n’était rien, n’avait pas la moindre force qu’elle ne saurait en mesure de défier et de vaincre, parce qu’elle était également un monstre, d’une certaine manière. Nullement comme lui, fort heureusement, qu’elle n’avait pas de ressemblance avec lèvres baveuses, mais elle pourrait se défendre quand le besoin s’en ferait sentir. Malgré la posture dans laquelle il se trouvait, il faisait mine d’avoir toujours l’avantage, de gagner la partie même lorsqu’une lame menaçait de le trouer sur place. Le type pouvait bien l’insupporter, ses paroles ne l’atteignaient nullement, remarquant bien aisément combien il ne faisait guère le poids face à elle. Néanmoins, elle se permit la remarque, froideur sur ses traits impassibles. Cette vengeance, elle l’avait longuement maugréée et fait mariner, et maintenant, elle la savourait enfin, bien moins qu’elle ne l’aurait pensé.

« Tu es en bien mauvaise posture pour me dire cela »

Excuse suffisante pour passer à l’attaque, sa lame n’attendit pas qu’il cherche à se battre pour passer à l’offensive. Le prix à payer pour la dernière fois, le prix dont elle avait fixé une fourchette. Déjà, elle s’enfonçait dans la trachée de l’homme écrasé comme le carrelage des lavabos,  le sang suintant. Sous-estimer la renarde n’était pas une bonne chose pour lui, vraiment pas. S’il avait gagné la première bataille, c’était pour mieux perdre la guerre entre eux. Tuer, Aeryn n’aurait pas le moindre mal à achever son existence poisseuse pour le faire disparaître de sa vue. Ce ne serait même pas un meurtre, son corps étant déjà bien pourri de l’intérieur, carcasse dont il ne restait peut-être plus rien de vivant.

« Qui te dit que je fais des cauchemars ? »

Parle, vas-y parle, fais-moi peur… Aeryn n’en avait rien à faire. Des cauchemars, des monstres, il n’y en avait pas pour l’empêcher d’avancer et de mettre les moyens pour s’en débarrasser. Il n’était rien, rien d’autre qu’un connard parmi tant d’autres. Devait-il en plus se mettre dans la peau d’un monstre de son enfance pour l’effrayer ? D’un pathétisme à la hauteur de l’homme dont le gabarit jouait quand même en faveur de la jeune femme pour le maîtriser. A chacune de ses paroles, elle n’avait qu’une seule, envie, celle d’enfoncer davantage sa lame dans la peau, ce qu’elle fit sans grand ménagement, traçant une énorme liquide pourpre partant de derrière son cou et se prolongeant jusqu’au niveau de sa poitrine. Elle avait l’avantage et frapperait jusqu’à ce qu’il en souffre, jusqu’à ce qu’il lui supplie de s’arrêter. Tuer ne faisait pas partie de ses gênes, mais elle l’avait vue de nombreuses fois en face ; la mort, celle qui ne lui faisait pas peur, celle qu’elle ne craignait nullement de côtoyer même avant de rejoindre l’au-delà. Disciple travaillant à sa solde, elle n’allait pas la rejoindre de sitôt maintenant qu’elle donnait des âmes damnées aux enfers. Dont la sienne, celle de cette infâme vermine qu’elle ne lâcherait pas tant qu’il ne la supplierait pas, et ne plierait pas le genou. Il était temps qu’il comprenne que les choses ne s’amélioreraient nullement pour lui s’il ne faisait pas des concessions maintenant.

« Je réitère mes propos : si tu continues dans ce sens, tu ne seras plus en mesure d’ouvrir ta grande gueule. »

Sa lame pouvait également couper une langue… faisait-il toujours autant le malin maintenant ?
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MessageSujet: Re: Wishing wells and magic spells and everything between ▬ Aeryn & Gawain [terminé]   Jeu 26 Fév - 14:10

Le sang noir et maudit coule sur ma peau albâtre. Une jolie nuance. Diable que ça fait mal. Elle me questionne, mais je n’arrive pas à parler cette fois ci, un flot noirâtre envahissais ma bouche et me força à cracher mon propre liquide vital si sombre. Pourriture. Je ne suis que pourriture, ne suis-je pas venu chercher la mort dans ses bras ? Peut-être bien. J’ai appréciais sa force ; mais j’appréciais la détruire. Elle devenait si sombre et lugubre. Je crois qu’elle est tout aussi moisie que moi là dedans. Elle n’avait pas de mal à me maintenir dans cette position, j’étais faible physiquement. Une chance pour elle, j’avais toujours mes pouvoirs. Sans quoi, nous nous ennuierons. Elle gagnerait trop vite et cette victoire n’aura eu que le gout de mon sang. Peu amusant en soit. La lame quitte ma gorge pour glisser vers ma poitrine. J’ai faiblement souris. Déjà les capillaires cessent de saigner. C’est douloureux, mais cette sensation je la connais déjà. Elle a tracé le trajet d’une corde… « Tu sais ce que ça fait chérie, d’avoir une corde autour du cou ? » Articulais-je d’une voix faible ; elle m’avait bien endommagé la peste, mais elle ne perdait rien de son mordant. Cette voix. Insolente. Elle pouvait me haïr, ils le font tous. Cela ne m’atteignait pas plus que son couteau. Rien n’avait eu raison de moi ; ni la pendaison, ni les zombis, ni l’enfer. Rien…

Lentement, l’ombre se glisse autour de la gorge de la jeune femme. Je m’étais bien amusé, mais ne serais-je point égoïste de ne pas lui permettre de s’amuser elle aussi ? L’avantage de l’ombre était que celle-ci s’infiltre peu à peu. L’ombre glissait lentement et personne ne la remarque. Personne ne prend garde à son ombre. N’est-elle pas la plus fidèle alliée que nous possédions ? La plus loyale. Puis j’ai serré les dents près à accueillir la douleur quand j’ai resserré la corde noire autour de sa gorge. Je l’ai tiré en arrière et la lame se planta bien plus dans ma peau, déchira mon poitrail d’une entaille bien nette qui fit dégouliner mon sang. J’émis un pseudo rugissement, mêlé entre douleur et un intense plaisir. Le noir imbiba ma chemise et je ne m’en préoccupais que peu. Me tournant lentement. Ecrasant mon dos contre le mur froid. Respirer. Ah bon dieu que ça fait mal ! Merci !

Je la regarde et lui octroyait alors le droit de respirer, une laisse autour du cou. Comme ça lui allait bien… J’ignorais quelle créature sommeillait en elle. Mais il m’était agréable de la torturer de cette manière. C’était tout ce qui comptait. Ma chair peinait à stopper l’hémorragie et je ne pouvais pas parler. Je me suis lentement laissé dégouliner le long du carrelage jusqu’à trouver le sol ; ne la quittant pas des yeux. Nous partagions un plaisir fou à cet instant. Elle de me voir sombre et moi, de la tenir même si je m’effondrer. Je la fixais, pour ne pas lâcher ce contrôle bancal que j’exerçais sur sa petite personne. Dommage pour elle… J’avais besoin maintenant, de me nourrir. « Tu n’es pas aussi minable que je ne le croyais… » Avouais-je finalement d’une voix esquintée par sa lame. Grace à elle, je ne pleurais plus. Je crois que je lui devais quelque chose. Un autre baiser merveilleux, elle pourrait vomir dans ma bouche et ça me plairait quand même. « Je hais… Les fins heureuses. » Je hais l’idée de mourir, je hais cette idée de paix. Je hais quitter ce corps et la légèreté de n’être qu’un fantôme. Je hais cette fin. Nous entrions dans une sorte de bras de fer sans nous toucher. Combien de temps vais-je la retenir ; elle pourrait tout aussi bien jeter ce couteau et me traverser la tête. Elle pourrait tellement… « L’on fait tous des cauchemars, viens et je chanterais pour toi. » J’ai mollement balayé la jeune femme d’un signe de la main pour relâcher la laisse. Approche, si tu veux connaître tes plus grandes angoisses ; si tu veux savoir à quel point tu es humaine. Approche pour cette expérience sans retour… J’ai faiblement souris ; elle ne viendra pas. Trop lâche.
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MessageSujet: Re: Wishing wells and magic spells and everything between ▬ Aeryn & Gawain [terminé]   Jeu 19 Mar - 15:20

Elle ne lui laisserait pas sa chance. Elle ne lui laisserait pas une seconde pour reprendre son souffle, pas un instant pour pouvoir respirer. Lui laisser une issue, la moindre fissure pour lui donner l’avantage, c’était courir à sa perte. Parfaitement consciente de ce que cela endurait, elle ne pesait pas sur ses mots, ni sur ses actes ; des hommes comme lui ne méritaient nullement de vivre. Des montres même, puisqu’un comportement de ce genre ne se qualifiait pas d’humain. De lui, ne restait plus rien qu’un sale goût dans la bouche, qu’elle lui aurait volontiers vomi dessus. Il lui parlait, comme tentant de faire une diversion, cherchant la faille pour qu’elle lâche l’affaire, pour qu’elle fasse une erreur pour la faire chuter. Hors de question, Aeryn ne le laisserait pas faire, méfiante au possible, attendant la riposte. Parce qu’il y en aurait une, il ne se laisserait certainement pas faire aussi impunément, c’était mal le connaitre. La renarde avait vu combien il était capable d’avoir l’avantage et de le garder, elle l’avait se comporter avec elle, elle l’avait vu être mauvais et savait mieux que quiconque que la déconcentration serait sa perte. Il semblait en état de faiblesse, et ce n’était pas encore une raison pour lui accorder la moindre confiance et relâcher ne serait-ce que pour rendre sa douleur moins forte. Jamais.

« Tu es bien loin d’être le mieux placé pour m’apprendre cela, crois-moi. »

Une corde, pourquoi la mentionnait-il, là, maintenant ? Je compris bien trop tard que ma vigilance aurait dû être bien plus forte, que j’aurais dû faire bien plus attention plutôt que de me laisser entrainer par ma haine, sans faire attention à mon environnement. J’avais eu l’audace, mais l’expérience manquait pour être de taille à affronter un homme de cette trempe. Sans comprendre ce qu’il m’arrivait, je me retrouvais propulsée avec violence en arrière, enfonçant entre temps la lame dans son cou avec force. Ce monstre ne s’arrêterait donc jamais. Et il n’aurait de cesse que de me détruire, et m’envoyer six pieds sous terre si seulement il en avait le courage. Ses mains se cramponnèrent à son cou, réflexe pour essuyer une tentative face à ce nouveau démon qui attaquait. Il n’avait pas montré ce pouvoir précédemment, prise de revers, elle ne savait pas comment s’en défaire, s’en défendre. Pas préparée, ridicule et puérile. Son père n’aurait certainement pas été fier d’apprendre que sa fille allait à l’assaut de l’ennemi sans connaître leurs failles, sans chercher à le calculer et le comprendre pour ainsi garder l’avantage. De la pure inconscience, de la folie pure. Par chance, elle s’en sortait encore, avec une certaine chance, le laissant agoniser sur le sol, pendant qu’elle s’étouffait dans son ombre. Se défendant avec force, tirant autour de cette laisse à laquelle il ne lui semblait pas noter la moindre matière, et qui pourtant lui brûlait la peau, Aeryn cherchait une porte de sortie, une issue de secours ou elle allait cette fois mourir pour son excès de zèle. Foutues, qu’ils disaient, tous, là, quand elle avait fini au commissariat avec sa sœur juste après le meurtre de ses parents. Pourquoi pensait-elle d’ailleurs à cette salle bondée de flics dont elle haïssait le souvenir. Probablement parce qu’ils avaient raison avec un peu d’avance finalement. Là, elle était foutue, et doublement morte par la même occasion. Y attachait-elle de l’importance ? Elle s’en fichait presque puisqu’il n’y avait rien de suffisamment puissant et cher pour qu’il y ait l’ombre d’un regret…

Il parlait, et elle s’en fichait. Il lui parlait, cherchant à la ronger, à la mettre davantage en colère. Allait-il encore une fois recommencer ce qu’il avait fait précédemment ? Ou se contenterait-il cette fois de sourire comme d’ordinaire, la provoquant ouvertement ? Son instinct penchait pourtant pour la première option. Pourtant, il finit par la lâcher, certainement trop faible pour pouvoir la contenir une fois de plus, se débattant comme une forcenée pour le rester. A peine libérée que la provocation ouverte s’ensuivit, celle des cauchemars. Il ne le comprenait pas, ne l’acceptait pas, mais il n’était nullement son pire cauchemar, ne l’avait jamais été.

« Sois satisfait alors, ce n’est pas une fin heureuse. »

Veillant à ne pas l’approcher, elle s’éloigna de lui, sortant des toilettes, le laissant en plan se vider de son sang. Sa revanche satisfaite, sa seule réaction fut d’ailleurs évidente, et teintée d’un certain sarcasme.

« Nous sommes quittes. »




HJ : Je te laisse conclure, sauf si tu veux poursuivre =)
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MessageSujet: Re: Wishing wells and magic spells and everything between ▬ Aeryn & Gawain [terminé]   Sam 21 Mar - 11:49

Elle c’était longuement débattue et je ne l’avais pas tué. Cela ne me procurait aucun plaisir aujourd’hui, pas de cette manière. Mon sang noir échappait de mon être et je décidais de la relâcher. J’aurai pu tenir, il n’aurait pas eu besoin de plus de temps pour terminer de l’asphyxier ou j’aurais pu lui briser les vertèbres cérébrales. Mais je n’avais rien fait. Je lui ai rendu sa liberté, animal. Triste fin heureuse. Cette soirée était minable. Elle se relève et je restais à ma place je ne me sentais pas encore en mesure de me relever. Mes plaies peinaient à cesser de saigner malgré ma compression d’une main peu experte, preuve que j’avais très peu l’habitude de voir mon intégrité physique en péril. Elle avançait alors qu’elle me fit savoir qu’il ne s’agissait pas une fin heureuse. Elle me fuyait, elle n’avait pas le cran nécessaire pour me réexpédier en enfer. Pourtant, elle en avait eu envie. Elle aurait pu cette fois ci. Je me suis trompé à son sujet : elle était bien plus minable que je ne le pensais. Elle ouvre la porte en déclarant que nous étions quitte je me suis contenté de ricaner. « Ce n’est pas terminé. » Non, cela ne le sera pas. La fin, sera au péril de l’un de nous d’eux. Ce ne sera pas moi. Nous jouerons encore jusqu’à ce que l’un d’entre nous se lasse de ce jeu. Si elle me laissait en vie, c’était qu’elle voulait encore jouer avec moi. C’était une invitation à la revanche, comme je l’eu fait. Je savais que ce n’était pas une histoire d’équité, de loyauté. C’était une belle foutaise. Non, elle m’avait laissé en vie parce qu’elle aime ce jeu. Elle est partie. La prochaine manche nous départageait-elle ? Si nous avions l’occasion un jour de la jouer.

Je suis étendu sur le carrelage froid quand la porte grinça de nouveau. Pauvre petite chose qui se jette dans les bras de la mort… ‘Monsieur Fronzak…’ J’ai faiblement souris un air pensif « Appelle-moi Dr Death chérie. » soufflais-je avec douceur d'une voix frêle. Pauvre garce de compassion, c'est terminé pour toi.

Je suis sorti des toilettes impeccablement propres. Sans miroir. J’ai posé cette fille dans l’une des cabines des toilettes verrouillées de l’intérieur et suis sorti de là couvert de sang. Mon sang. Je me suis fait aussi discrètement que possible. Attrapant une veste au hasard avant de m’extraire du cabaret et grimper dans le premier taxi ‘Hôpital ?’ Demande l’homme d’un air faussement inquiet ; j'en avais envie de vomir de tant d'empathie. Je lui balançais une adresse à proximité de la mienne en payant d'avance. Une fois sur place je me suis trainé là bas avant de m’effondrer dans le canapé. Je crois que cette soirée est réussie. Ma nuit fut si paisible, tous ces cauchemars sont envolés et j’ai froid. Si froid. Je semble si mort. Je suis bien vivant. Trompeur de mort, revenant. L’on pourrait me traiter de monstre que j’en serais ravi. Quel ennui ce paradis, quel bonheur ce calme. Comme c’était étrange. J’ai simplement fermé les yeux et j’ai laissé mon corps décider pour moi. Tu vivras monstre, voila ce qu’il avait choisi.
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